| Loi Fillon : censurée
par le Conseil Constitutionnel
22.04.05 - Deux articles du texte portant
sur les missions de l'Ecole et "les objectifs et orientations" ont
été censurés ce vendredi. Le ministre a vivement réagi,
déclarant "qu'il est maintenant impossible de faire des lois
d'orientation".
Le Conseil Constitutionnel a rejeté vendredi
22 avril deux articles de la loi d'orientation et de programme sur l'avenir
de l'école dont l'article 7 qui définit les missions de l'Ecole
et l'article 12 qui approuve "les objectifs et orientations" du
rapport annexé.
"Cette censure porte non sur le fond mais
sur la procédure et la forme", précise le Conseil constitutionnel
dans son communiqué.
L'article 7 de la loi précisait "les missions
de l'Ecole" notamment que "l'objectif de l'école est la réussite
des tous les élèves". Le Conseil a estimé que
cet article était "dénué de portée normative
en raison de l'évidence de son contenu".
Pour l'article 12, le Conseil a jugé que
le rapport annexé à la loi constituait une "loi de programme
à caractère économique et social" et que "de
telles lois doivent être soumises (...) au Conseil économique
et social".
Le projet avait été adopté
le 24 mars par le Parlement.
Le Conseil Constitutionnel avait été
saisi fin mars par les députés et sénateurs socialistes.
Fillon en colère
Le ministre de l'Education nationale François
Fillon a regretté cette censure.
"C'est un revirement de la jurisprudence du
Conseil constitutionnel.
Je ne vais pas commenter mais j'estime qu'il
est maintenant impossible de faire des lois d'orientation", a commenté
le ministre devant des journalistes.
"Je le regrette car je considère important
que des orientations puissent être débattues par le Parlement",
a
poursuivi François Fillon qui a dit son intention de mettre en oeuvre
les mesures censurées "par la voie réglementaire".
"Cela ne va pas m'empêcher d'avancer",
a-t-il ajouté.
Les "moyens censurés", selon le PS
Le député PS du Nord Yves Durand
a pris acte vendredi de la décision du Conseil constitutionnel en
affirmant que "toutes les promesses de moyens, déjà virtuelles"
du ministre de l'Education nationale ont été censurées
par les Sages.
Tous les "objectifs" prévus par
la loi (80% d'une classe d'âge au bac) ainsi que la "partie programmation",
avec "les deux milliards d'euros promis par François Fillon pour
financer la loi", ont ainsi été censurés, a affirmé
Yves Durand, spécialiste des questions d'éducation pour le
groupe PS à l'Assemblée nationale.
"Pour le Conseil constitutionnel aussi, la
loi Fillon est une copie bâclée.
En effet, après sa saisine par le groupe
socialiste, il vient de censurer une grande partie de la loi Fillon, à
savoir tout le rapport annexé qui ne fait plus partie de la loi",
a-t-il dit en expliquant que le gouvernement n'avait pas respecté,
avant l'examen au Parlement, la procédure d'avis obligatoire du
Conseil économique et social.
"Programmation virtuelle"
"Toute la programmation des moyens sur laquelle
François Fillon s'était engagé devant le Parlement
est censurée. Comme le groupe socialiste n'avait cessé de
le dire, il s'agit donc bien d'une programmation virtuelle puisque les
moyens financiers ont désormais disparu de la loi", a ajouté
Yves Durand.
"La décision du Conseil constitutionnel
confirme ce que nous n'avons cessé d'affirmer: la loi Fillon est
sans ambition et surtout aujourd'hui définitivement sans moyens.
Il ne reste de la loi que les aspects les plus réactionnaires de
la politique éducative du gouvernement", a-t-il poursuivi.
Réactions du SNPDEN et
du SNUipp-FSU
22 04 05 - Le SNPDEN, principal syndicat de personnels de direction
de l'Education nationale, s'est félicité, vendredi dans un
communiqué, de la décision du Conseil constitutionnel rejetant
le rapport annexé de la loi Fillon.
"Ce rapport n'a plus de caractère législatif. Nous
nous en félicitons", a-t-il dit. Il se félicite également
du rejet de l'article 12 qui déclarait approuver ce rapport. "Il
faisait avaliser de manière législative, d'un seul article,
toute la politique éducative de François Fillon", déclare
le syndicat qui s'était prononcé contre la loi.
Le principal syndicat du primaire, le SNUipp-FSU, s'est également
félicité de la décision du Conseil.
"Cela montre, s'il en était besoin, que François Fillon
doit abandonner son projet de loi et reprendre de véritables négociations",
a-t-il
dit. "L'avenir de l'école mérite mieux qu'une loi bâclée
qui a suscité une large hostilité", a-t-il ajouté. |