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Lettre ouverte au Premier ministre pour l'amnistie des lycéens poursuivis

18-07-05  -   Le collectif de soutien aux lycéens poursuivis en justice pour des faits intervenus en marge des manifestations contre la loi Fillon a, à nouveau, demandé un projet de loi d'amnistie en leur faveur au Premier ministre, dans une lettre ouverte rendue publique lundi.

"Nous souhaitons que les faits reprochés à ces jeunes fassent l'objet d'une loi d'amnistie", a écrit le collectif - qui réunit une cinquantaine d'associations, syndicats et partis - dans cette lettre également adressée aux ministres de la Justice et de l'Education nationale, ainsi qu'aux présidents de groupes de l'Assemblée nationale et du Sénat.

"Cette procédure a déjà été utilisée de nombreuse fois dans notre histoire pour tenir compte d'infractions commises dans des circonstances exceptionnelles", a-t-il ajouté, rappelant "le caractère disproportionné et déraisonnable" des poursuites.

Le dépôt d'un projet de loi d'amnistie "permettrait de tourner la page", a ajouté le collectif.

Une douzaine de personnes, notamment des lycéens mineurs, ont déjà comparu pour des faits de violence ou de dégradation lors des manifestations lycéennes du printemps. Tous ont été condamnés, a assuré à l'AFP Olivier Messac, de la FCPE Paris, membre du collectif.

Il a précisé que "plus d'une vingtaine d'autres" devaient encore passer devant le tribunal correctionnel, notamment au Mans au mois d'août.

Le ministre de l'Education nationale, Gilles de Robien, a déjà affirmé qu'il ne ferait "pas de demande formelle" d'amnistie. "Si le gouvernement voulait vraiment rétablir le dialogue dans l'Education, il ferait voter l'amnistie", a déclaré à l'AFP Michel Sangam, un autre membre du collectif.



Le Collectif de soutien aux lycéens reçu à l'Education nationale

28-06-05 -   Le Collectif de soutien aux victimes de la répression du mouvement lycéen, qui a été reçu mardi au ministère de l'Education nationale, a indiqué n'avoir pas obtenu l'abandon des poursuites contre les jeunes incriminés lors du mouvement anti loi Fillon.

Une délégation, essentiellement lycéenne, de dix membres du collectif (une cinquantaine d'organisations politiques, syndicales, associatives de gauche et d'extrême gauche) a été reçue par le chef adjoint du cabinet de Gilles de Robien, ont déclaré les lycéens à la sortie.

"Nous avons d'abord demandé l'abandon des poursuites et le retrait des plaintes déposées par l'Education nationale, notamment après l'occupation d'une de ses annexes dans le XVe. Nous nous sommes heurtés à une fin de non-recevoir totale", ont-ils dit.

"En revanche, le ministère nous a répondu plutôt positivement pour nos demandes de levée des sanctions administratives prises sur le terrain comme des refus de réinscription de lycéens pour l'année prochaine. On nous a dit de constituer des dossiers solides et de les adresser à la direction de l'enseignement scolaire", ont-ils ajouté.

La délégation, enfin, a demandé que le ministre appuie, au sein du gouvernement, l'élaboration d'une loi d'amnistie. "La répression de la police et de la justice constituait une réponse politique au mouvement, une loi d'amnistie pourrait constituer une nouvelle réponse politique, différente, soucieuse d'apaisement", ont-ils dit.

Le collectif a, par ailleurs, annoncé qu'il avait demandé à être reçu samedi à Matignon.

 
Le Collectif de soutien aux lycéens en appelle à Gilles de Robien

08-06-05 -   Le "Collectif de soutien aux victimes de la répression du mouvement lycéen" en a appelé mercredi, devant la presse, au nouveau ministre de l'Education nationale, Gilles de Robien, lui demandant d'intervenir pour l'abandon des poursuites et la levée des sanctions.

Le Collectif (une cinquantaine d'organisations politiques, syndicales, associatives de gauche et d'extrême-gauche) a rendu publique une lettre au ministre lui demandant une audience et sollicitant son intervention.

Il y évoque "la disproportion entre les faits reprochés et la répression policière et judiciaire" des lycéens et souligne: "quelle image de la justice et de la démocratie est ainsi donnée à la jeunesse et à l'opinion !".

Il ajoute: "vous pouvez choisir de ne pas assumer la continuité d'un conflit. Vous avez fait savoir que vous entendiez user de la concertation et du dialogue. Une de vos premières décisions a été de retirer du calendrier ministériel les projets de décrets que votre prédécesseur avait programmés afin d'achever le passage en force de sa loi. Nous sommes convaincus que parallèlement, vous aurez à coeur d'intervenir pour le retrait des poursuites et sanctions".

Les responsables du Collectif, dont des lycéens de la coordination nationale lycéenne, ont estimé que "la répression n'était pas celle d'individus mais de tout un mouvement social".

"Les lycéens sont victimes d'une chasse aux sorcières, les faits reprochés sont incohérents. En réalité, on criminalise un mouvement. Les procès sont politiques: nous demandons l'abandon des poursuites et l'amnistie totale pour les lycéens déjà condamnés. Quand on pense à la façon dont on traite des adolescents, on peut craindre ce qu'on ferait à des adultes, c'est tout le mouvement social qui est attaqué", ont-ils estimé.

Continuant à réclamer l'abrogation de la loi Fillon, les lycéens présents ont affirmé: "le mouvement n'est pas mort". "Si nous n'obtenons pas satisfaction, il reprendra en septembre, nous ne baisserons pas les bras devant une loi injuste et inégalitaire", ont-ils prévenu.



Le bâtonnier de Paris saisit la justice après les incidents du 31 mai

08-06/05 -   Le bâtonnier de Paris Me Jean-Marie Burguburu a annoncé mercredi avoir "saisi les autorités judicaires et administratives" à la suite des incidents qui se sont produits, le 31 mai au Palais de justice de Paris lors du procès de deux lycéens.

Lors de la comparution pour "violences et dégradations" d'Adrien Nicolas, 23 ans, et Salah Mougharbel, 18 ans, des échauffourées se sont produites entre gendarmes et lycéens, parents et enseignants venus les soutenir.

L'agitation a débuté lorsque les gendarmes assurant la sécurité du palais ont refusé l'accès à la 24e chambre correctionnelle à plusieurs lycéens puis les ont expulsés du palais. Deux avocats, qui avaient voulu s'interposer, ont également été expulsés et "molestés", ont-ils dit.

Dans une déclaration publiée dans le dernier numéro du Bulletin du barreau, le bâtonnier souligne que rien "ne peut donner un fondement valable à l'attitude des gendarmes, l'excuser ou en diminuer l'extrême gravité".

"Des avocats en robe, délégués du bâtonnier expulsés du palais, une mission de bons offices bafouée par ceux qui sont chargés de maintenir l'ordre, des lycéens traités comme des terroristes quand ils font appel à un avocat : l'attitude publique des forces de l'ordre est inadmissible et devra entraîner des suites légitimes", a-t-il ajouté. "J'ai saisi les autorités judiciaires et administratives. Cette scandaleuse voie de fait ne restera pas impunie", a conclu M. Burguburu.



La FCPE réclame une amnistie pour les lycéens condamnés
Le Monde -  09.06.05 


L'arrivée de Gilles de Robien au ministère de l'éducation nationale redonne espoir aux soutiens des lycéens poursuivis ou condamnés dans le cadre du mouvement de protestation contre la loi Fillon.

Le président de la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE), Georges Dupon-Lahitte, a écrit, mercredi 8 juin, au président de la République, pour lui demander d'amnistier, "à l'occasion de la traditionnelle loi d'amnistie du 14 juillet", les condamnations prononcées pour des actes commis lors des blocages d'établissements ou de manifestations contre la loi sur l'avenir de l'école, au printemps. Dans son courrier, il souhaite aussi que M. Chirac intervienne "afin que soient retirées les plaintes de représentants de l'Etat à l'encontre des lycéens qui ne sont pas encore jugés aujourd'hui". Une quarantaine de jeunes font ou ont fait l'objet de poursuites pour outrages, violences à agents de la force publique ou dégradations de biens d'utilité publique.

Dans un courrier du 8 juin, le collectif de soutien "aux victimes de la répression du mouvement lycéen", qui regroupe une quarantaine d'organisations syndicales, politiques et associatives de gauche et d'extrême gauche, réclame, de son côté, une entrevue avec le nouveau ministre afin de solliciter son intervention "pour le retrait des poursuites et des sanctions à l'égard des lycéens, et pour que, dans les établissements, aucun jeune ne soit sanctionné pour sa participation au mouvement" .

"Vous pouvez choisir de ne pas avoir à assumer la continuité d'un conflit mal géré par votre prédécesseur, qui a choisi la répression au lieu du dialogue", écrit le collectif. Ce dernier poursuit, par ailleurs, le recueil de témoignages de lycéens pour dénoncer les conditions dans lesquelles ont eu lieu certaines interpellations et gardes à vue et n'exclut pas le dépôt d'une "plainte collective" .

Par ailleurs, le bâtonnier de Paris, Jean-Marie Burguburu, a annoncé, dans le dernier bulletin du conseil de l'ordre, avoir "saisi les autorités judiciaires et administratives" à la suite des incidents survenus, le 31 mai, au Palais de justice de Paris, lors du procès de deux lycéens (Le Monde du 2 juin). Des échauffourées s'étaient produites entre des gendarmes et des lycéens, parents et enseignants venus les soutenir. Deux avocats, qui tentaient de jouer les bons offices, avaient été "molestés" et s'étaient "retrouvés quai des Orfèvres -siège de la police judiciaire-", déplore Me Burguburu. "Cette scandaleuse voie de fait ne restera pas impunie", assure-t-il.

Martine Laronche

Education: la CGT réclame "l'abandon des sanctions" contre les lycéens

09-06-05   La CGT a demandé dans un communiqué publié jeudi au ministre de l'Education nationale, Gilles de Robien, "l'abandon des poursuites et l'annulation des sanctions" à l'"encontre des lycéens et a réclamé une négociation en vue d'élaborer une "loi de progrès social" sur l'école.

La confédération "prend acte" du fait que le nouveau ministre "a décidé d'ajourner l'examen des textes d'application de la loi Fillon, une décision qui "correspond" à l'une des demandes de ses organisations (Ferc, Unsen) du secteur.

Elle estime ainsi que "le ministère est contraint de prendre en considération les luttes des personnels, des parents et des jeunes exprimant leur refus d'une loi qui menace le service public d'éducation".

"Le refus de l'écoute et du dialogue a conduit aux violences policières, à la répression, à la condamnation de lycéens à des peines hors de proportion alors qu'ils exprimaient leurs revendications, leur légitime inquiétude quant à leur avenir", ajoute la CGT. Selon elle, "le premier signe fort de la part du ministre serait l'abandon de toutes poursuites et l'annulation des sanctions envers les jeunes lycéens", une "exigence de la Cgt".

Jeudi dernier le syndicat lycéen UNL avait lui aussi demandé l'annulation des poursuites à l'encontre des lycéens jugés ou en passe d'être jugés pour outrage ou dégradations de bien, lors de la contestation de la réforme Fillon.

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