
| RESF
appelle à dresser un "rempart humain"
23-09-05 - Le réseau Education sans frontières (RESF) a appelé vendredi à "constituer un rempart humain" en signant une pétition contre l'expulsion d'une mère congolaise et de ses quatre enfants, dont deux sont en fuite et protégés par l'association. Les responsables syndicaux, associatifs et politiques signataires de l'appel "revendiquent la protection qu'ils accordent à Rachel, 15 ans, et Jonathan,14 ans", les deux enfants en fuite, précise le texte. Parmi les premiers signataires figurent notamment Mouloud Aounit (MRAP), Gérard Aschieri (FSU), Olivier Besancenot (LCR), José Bové (Via Campesina), Marie-George Buffet (PCF), Jacques Nikonoff (ATTAC France) et Maurice Rajsfus (Observatoire des Libertés publiques). Barbe Makombo, ressortissante de République démocratique du Congo (RDC), a fui la RDC après la disparition en 2001 de son mari, qui avait déjà été arrêté et torturé plusieurs fois, selon elle, et de quatre de leurs enfants. Le couple tenait un café à Kinshasa considéré, après l'assassinat en janvier 2001 du président de RDC Laurent-Désiré Kabila, comme un lieu de réunion de militaires mêlés au meurtre, a précisé à l'AFP Richard Moyon de RESF. Victime de violences, elle a décidé de fuir vers la France avec les quatre enfants qui lui restaient. Elle a été déboutée du droit d'asile "+faute de preuve+", comme dans 85% des cas, souligne RESF. Puis cette femme de 47 ans a été assignée à résidence à Migennes (Yonne) avec Naomie, 10 ans, et Grace, 12 ans, dans l'attente de l'expulsion collective, retardée par la fuite des deux aînés. "Une fois +réunie+ la famille sera envoyée vers l'enfer (la RDC) -- trois millions de morts depuis 1998, le viol collectif considéré comme arme de guerre -- nous ne pouvons l'accepter", soulignent les signataires. "Certains d'entre nous ont aidé, caché, hébergé, nourri et protégé de la police" les deux adolescents en fuite, souligne RESF. "Nous sommes prêts à continuer et à faire de même pour tout enfant se trouvant dans cette situation". Le réseau, créé en 2004, comprend 70 organisations
militant contre les expulsions et pour la régularisation de tous
les jeunes étrangers en situation irrégulière.
Deux enfants scolarisés à Pantin séparés de leurs parents sans-papiers 26-09-05 -- Deux enfants de 3 et 7 ans scolarisés à Pantin (Seine-Saint-Denis) sont séparés de leur parents algériens sans-papiers qui ont été placés en centre de rétention il y a une semaine au Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne), a annoncé lundi le réseau Education sans frontières (RESF). Comme le révèle lundi Le Parisien, ces deux enfants ne fréquentent plus leur école à Pantin depuis que leurs parents, des ressortissants algériens menacés d'expulsion, ont été placés au centre de rétention du Mesnil-Amelot les 17 et 18 septembre. Les deux enfants ont donc été séparés de leur mère aux portes du centre de rétention et pris en charge chez une tante à Paris, selon le Parisien, qui précise que les enfants ne sont pas allés à l'école depuis une semaine. Selon RESF, lors d'une audience d'appel au TGI de Paris vendredi, le juge a maintenu la rétention de la mère, "avec des arguments à faire frémir" : "Pas d'assignation à résidence de +la mère qui n'a pas les moyens financiers d'assurer son départ avec ses deux enfants+". "La séparation des enfants de parents sans-papiers expulsés
n'est pas plus acceptable que leur internement en centre de rétention",
a ajouté le réseau.
Libération des parents sans-papiers séparés de leurs 2 enfants à Pantin 29-09 -05 -- == Les époux Mekhelleche, deux parents sans-papiers menacés d'expulsion et séparés de leurs deux enfants scolarisés à Pantin depuis onze jours, ont été libérés jeudi à la demande du ministre de l'Intérieur, au terme d'une lutte intense de leur entourage et de leur école. La nouvelle de la libération des deux parents, qui étaient menacés d'expulsion vers l'Algérie, a été annonçée jeudi soir à l'AFP par la préfecture de Seine-et-Marne, et par Mouloud Aounit, porte-parole du Mrap, qui participait à un rassemblement à Pantin devant l'école des deux enfants privés de leurs parents depuis les 17 et 18 septembre derniers. Dans un communiqué, la préfecture annonce jeudi soir que: "saisi par le préfet de cette situation, le Ministre de l'Intérieur (...) a souhaité, en considération de l'intérêt des enfants, qu'ils puissent poursuivre une scolarité normale jusqu'à la fin de l'année scolaire en compagnie de leurs parents". "M. et Mme Mekhelleche ont quitté ce jour le centre de rétention du Mesnil-Amelot", ajoute la préfecture, qui précise que "la reconduite à la frontière a été suspendue et la voie d'un départ volontaire, le moment venu, rappelée à la famille". "Ca fait 10 jours que je n'ai pas vu mes enfants... mais maintenant je suis très heureux", a déclaré Benaouda Mekhelleche à l'AFP au téléphone, en larmes. Sa femme, Souad, s'est dite "extrêmement émue". Leurs deux enfants de 3 et 7 ans, accompagnés par Mouloud Aounit, sont venus les chercher à la sortie du centre du Mesnil-Amelot. Le quartier des "Quatre Chemins" et une école de Pantin avaient entamé depuis lundi une importante mobilisation autour du cas de ces deux enfants, séparés de leurs parents placés en centre de rétention les 17 et 18 septembre au Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne). "A l'annonce de cette nouvelle nous avons explosé de joie devant l'école", a raconté à l'AFP l'institutrice d'un des deux enfants, Monique Morineau. Selon l'enseignante, "nous avons le sentiment que la lutte a payé". Elle demande aussi, à l'instar des autres maîtres d'écoles du groupe Edouard-Vaillant, "que les arrêtés préfectoraux de reconduite à la frontière visant les deux parents soient abrogés". Cette école, soutenue par sa directrice, avait également lancée une pétition et placardée ses grilles de messages de soutien à cette famille, dont les deux enfants n'allaient plus à l'école depuis les arrestations des parents. Dans un communiqué, SOS Racisme a salué une "bonne nouvelle", tout en ajoutant qu'elle n'occultait pas "le constat désespérant de l'attitude du gouvernement". Pour Jean-Michel Delarbre, membre de la Ligue des droits de l'Homme et membre du réseau Education sans frontières, cette décision est "une victoire", mais "l'arrêté de reconduite à la frontière est suspendu, pas abrogé" et les époux Mekhelleche gardent donc "une épée de Damoclès au-dessus de leur tête". La mère avait été arrêtée dans le
centre de rétention même le 18 septembre, alors qu'elle apportait
à son mari son passeport, accompagnée de ses enfants, selon
RESF et leur avocate, Me Virginie Bardet.
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