| Une
école différente ? Pour une société
différente
? Qui n'en veut ?! I Des
écoles différentes ? Oui, mais ... pas trop |
|
L'heure
de la... It's time for ... Re-creation | Appel
pour des éts innovants et coopératifs |
Aéroport
de Roissy
Un livre témoignage sur la zone d'attente des clandestins «L'urgence humanitaire, c'est ici et maintenant. Ce que vous
allez lire se déroule chaque jour à 30 km de Paris. »
Anne de Loisy raconte dans un livre* qui vient de paraître son expérience
de médiatrice à la Croix-Rouge, en zone d'attente de l'aéroport
de Roissy, où sont placés les clandestins arrêtés
à leur arrivée en France.
Présents 24 heures sur 24, les médiateurs se sont ingérés dans un univers jusqu'alors fermé au regard extérieur. Parmi eux, Anne de Loisy. Journaliste indépendante, elle s'est fait embaucher sur son expérience précédente au centre d'accueil des clandestins de Sangatte (Pas-de-Calais). Ce sont les premiers pas hésitants et délicats que l'auteur nous livre à travers un carnet de bord. « Je n'ai surtout pas voulu faire de procès à la Croix-Rouge », insiste-t-elle aujourd'hui. Passé « la peur qui lui noue l'estomac », elle découvre la « terrible sensation d'enfermement ». Double clôture, sas de contrôle d'accès, caméras de surveillance, fenêtres sans poignée, la zone d'attente compte 172 lits. Dans ce qui n'est ni un hôtel ni une prison, les « maintenus » peuvent y séjourner au maximum vingt jours. Actes de violence Au fil de ses jours et de ses nuits en Zapi, Anne de Loisy est confrontée à des histoires qui la choquent. « J'ai eu des témoignages directs de violences, de personnes affirmant avoir reçu des coups et montrant les traces sur leur corps, raconte la jeune femme. Comment nier ces faits quand des certificats médicaux en attestent ? » Anne de Loisy dit avoir été marquée par le cas d'Isabela, une Vénézuélienne de 19 ans qui a fait l'objet d'un chantage sexuel de la part d'un policier pendant son transfert vers la Zapi. En annexe du livre sont reproduits des extraits de plaintes manuscrites et les interrogations que le personnel de la Croix-Rouge reporte dans son « cahier de liaison ». Aujourd'hui, le souhait d'Anne de Loisy est simple : « Je voudrais que les droits des étrangers en situation irrégulière soient respectés. » * « Bienvenue en France ! Six mois d'enquête clandestine
dans la zone d'attente de Roissy », d'Anne de Loisy. Editions
du Cherche Midi,
Claire Guédon
|
Quatre
jeunes mineurs étrangers
Le Monde - 10.01.05 Une jeune Congolaise attend d'être renvoyée en Chine, pays par lequel elle a transité, alors que son père l'attendrait en France. Quatre mineurs de moins de 15 ans ont été retenus dans la zone d'attente de l'aéroport de Roissy (Seine-Saint-Denis) durant le week-end du 8 et 9 janvier. Ces enfants, dont un âgé de 10 ans et un autre de 4 ans, sont menacés de renvoi ou ont été réacheminés vers leur pays d'origine alors que des parents les attendent sur le sol français. La première, Emilie, adolescente congolaise de 14 ans, est retenue en ZAPI 3 (zone d'attente pour personnes en instance), où sont maintenus les étrangers non admis sur le territoire. Selon l'Association nationale d'assistance aux frontières (Anafé), c'est son second passage après un renvoi en Chine le 27 décembre 2004, pays par lequel elle avait transité pour se rendre en France rejoindre son père allemand. Arrivée le jour de Noël, elle avait été renvoyée, "menottée pendant tout le voyage", selon l'Anafé, avant d'être refoulée par les autorités chinoises et réacheminée vers Roissy. Malgré le dépôt d'une demande d'asile, la Police aux frontières (PAF) a tenté de la reconduire une nouvelle fois vers Shanghaï dimanche. Emilie a refusé d'embarquer et a été maintenue en zone d'attente malgré une demande de placement auprès du juge des enfants. L'avocate désignée par le père, Me Nathalie Vittel, du barreau de Seine-Saint-Denis, n'a pu la rencontrer lors de son retour, l'administrateur ad hoc ayant refusé de la reconnaître comme avocate de la jeune fille. "C'est absurde ! La PAF veut la renvoyer vers une destination où elle sera refoulée une deuxième fois alors que son père l'attend", s'indigne Me Vittel. "GRAVE ERREUR" Un second adolescent congolais, C., 14 ans, a tenté de rejoindre sa mère et son frère jumeau, tous deux en situation régulière en France. La mère y réside depuis quatorze ans après avoir fui son pays en laissant ses deux enfants. Avec l'aide d'une amie, elle avait pu faire venir un premier fils, séparé de son jumeau au début de la guerre, en 1997. Après avoir tenté en vain de bénéficier du regroupement familial, le second est entré le 6 janvier clandestinement. La PAF entend le renvoyer vers le Congo. Il devait passer devant un juge de Bobigny, lundi matin, pour une prolongation de son maintien en zone d'attente. Le sort des deux autres mineurs a été plus expéditif. W., Camerounais de 10 ans, retenu à l'hôtel Mercure où les moins de 14 ans sont confiés à une nurse, a été renvoyé dimanche 9 janvier vers Yaoundé. Selon le ministère de l'intérieur, il était arrivé vendredi accompagné d'une Française aux papiers falsifiés, qui n'a pu prouver son lien de parenté avec l'enfant. L'Anafé assure que sa famille avait tenté de le faire venir par le regroupement en France et l'attendait à Roissy. Enfin, une petite fille de 4 ans a été renvoyée dimanche en Centrafrique après avoir été placée à l'hôtel Mercure. Elle avait été emmenée par son père, résidant régulier. La PAF, contestant son lien de parenté, a refusé de laisser entrer l'enfant sur le territoire. L'Anafé assure qu'"une grave erreur a été commise", sa mère l'attendant à l'aéroport. La jeune femme a embarqué à son tour pour Bangui pour tenter de récupérer son enfant. Les associations s'inquiètent de ces "renvois à répétition".
"C'est désastreux et démoralisant, affirme Claire Rodier,
représentante du Groupe d'information et de soutien des immigrés
(Gisti). La place d'un enfant n'est pas en zone d'attente."
Sylvia Zappi
|
La Défenseure des Enfants ne peut que désapprouver les conditions de contention souvent employées lors de l'embarquement et du voyage de ces mineurs. Elle rappelle que ses services ont été conduits, en 2004, à saisir à plusieurs reprises la Commission nationale de déontologie de la sécurité pour des violences commises sur des mineurs dans de telles situations. Au-delà
de la question particulière des enfants en zones d'attente, la Défenseure
des Enfants rappelle solennellement que tout mineur étranger isolé
se trouve, par définition, dans une situation de danger objectif
qui justifie pleinement sa prise en charge par les autorités responsables
de la protection de l'enfance.
|