DES ECOLES DIFFERENTES école parallèle, alternative, nouvelle, pilote, différente, 
collège, lycée, parallèle, autrement, différent, innovant, expérimental ... alternatif ?
 des écoles différentes

... parce que de l'uniformité et la conformité,
naissent l'ennui et l'idiotie ...
et des mystifications et soumissions,
le mépris et la barbarie.
LE GUIDE ANNUAIRE DES ECOLES DIFFERENTES
UNE ÉCOLE DIFFÉRENTE :
ÉDUQUER AUTREMENT...
ENSEIGNER AUTREMENT...
VIVRE AUTREMENT ?

"montrer que prendre le risque de faire l'école autrement n'en est pas un.
C'est en effet prendre un bien plus grand risque encore,
parce qu'il s'agit d'enfants, de continuer à appliquer des méthodes dont on connaît les limites et la nocivité."

connaître, soutenir les pédagogies actives en France, 
et leurs écoles alternatives
COUSINET - DECROLY - FREINET - HOLT - MONTESSORI - NEILL - OURY - STEINER...

DES ECOLES DIFFERENTESContreles armes d'instruction massive ...

... l'ennui, l'échec et les violences scolaires :

Apprendre autrement ?
TOUT sur les écoles différentes
...& TOUTES les écoles différentes :

CHANGER D'ÉCOLE ?
 
DES ÉCOLES, DES COLLÈGES
et DES LYCÉES
DIFFÉRENTS

 

ET L'HORREUR ÉDUCATIVE ?

"SAVEZ-VOUS QU'IL EXISTE D'AUTRES FORMES DE PÉDAGOGIE ?"

Rapports, statistiques et colloques ont abouti à un diagnostic : 
notre très vieux système scolaire est inadapté aux exigences d'une société post-industrielle. 
Et depuis toujours à la nature, aux rythmes, aux besoins et aux capacités des enfants. 
C'est-à-dire aux exigences d'une société ... humaine.

... Ces critères - référence à une pédagogie ambitieuse et émancipatrice, équipe volontairement réunie autour d’un projet - constituent l'essentiel de la différence des écoles, publiques et privées, figurant dans ce guide-annuaire.
Au-delà d’un fond commun de valeurs, de repères ... et de pratiques, qui dépassent - du moins à l'origine (l'après 14-18) - les vrais, et faux clivages public-privé, il est évident que chacune de ces pédagogies, de ces écoles, en fonction de son origine, de son histoire, de celles des femmes et des hommes qui l’animent, a aujourd'hui des critères, des modes de fonctionnement, de recrutement, de formation et d’évaluation,qui lui sont propres.
Elles sont, aussi, (très) différentes entre elles....
ConfusionS :
entre égalité des chances et loterie truquée,
entre citoyenneté et formatage,
entre enfance et infantilisation,
entre école obligatoire et parking "gratuit",
entre école nouvelle et plan de carrière,
entre alternative et gratuit-pas-cher,
entre innovation et foire aux thérapies,
entre alternative et fourre-tout,
entre socialisation et conformisme,
entre socialisation et arrivisme ...
 
...ou CHANGER L'ÉCOLE ?

 

Lorsqu'un enfant/ado s'ennuie, décroche, 
se décourage, se révolte,
il n'est jamais trop tôt pour rassembler
le maximum d'informations
(... et non de "pubs" ! )
pour faire, à temps, le meilleur choix :
changer l'école 
ou ... changer d'école !
LE GUIDE ANNUAIRE DES ECOLES DIFFERENTES
LE guide
annuaire
des écoles
différentes
DEPUIS 30 ANS : 
LE GUIDE DE RÉFÉRENCE

Trente éditions plus tard, l'échec scolaire est devenu un fait de société, et il commence même à se dire, timidement mais publiquement, qu'il s'agit en fait d'échec de l'école, plus que de l'écolier. 
Quant à l'idée d'"écoles différentes", et à ce qu'elle induit en termes de réflexion et de choix le plus en amont possible, comme en termes de pratiques et de cohérence,
c'est une autre affaire !
 


L'heure de la... It's time for ... Re-creation

Avec un détour flagorneur par la "Génération Morale", la "Bof Génération" s'est vue qualifiée de "Génération Sacrifiée". Elle sait suffisamment calculer pour comprendre que diplômes ou pas, il n'est pas prévu d'emploi pour tout le monde. Et suffisamment lire ou décrypter les informations pour savoir que c'est parce que de plus en plus d'emplois sont et seront transférés dans les pays de l'Est ou du Sud, où des enfants travaillent jour et nuit pour survivre. ..


Et l'horreur éducative ?

Dans une république assoupie, dénaturée et détournée par son «élite», déboussolée par les corruptions, tentée par le racisme, et toujours (néo-) colonisatrice par tradition ou par mondialisation, des rapaces, pas plus «modernes» que le mammouth, aimeraient bien saisir dans leurs griffes les morceaux les plus intéressants du monstre.
Ni viande à canon, ni code-barres, les enfants ont droit à un autre avenir, et donc à un autre présent. A une autre éducation, différente, parce qu’enfin émancipatrice, fondée sur la nature, les besoins, et les formidables capacités de chacun...

école différente, école autrement, école alternative, innovante  ...
2016 - 2017 : Une autre école est-elle possible ?
Certains l'affirment. Avec des variantes : "une autre école est possible", "une autre école est nécessaire" ...

Mais ils sont rarement très nombreux à être très longtemps d'accord sur le sens de "autre" (les objectifs, les moyens), les détails de sa mise en oeuvre, et leur cohérence.
Plus nombreux sont ceux qui en restent à la forme interrogative.
Ou très personnelle : pour mes enfants.
   Archives
 
Les forces qui ont provoqué la montée des inégalités au cours des quarante dernières années sont toujours présentes. L’innovation récompense ceux qui se trouvent au sommet. Il y a de moins en moins d’emplois décemment payés pour la classe ouvrière.
Comment relancer l’économie américaine ?
Je commencerais par l’éducation. C’est un domaine dans lequel nous sommes très en retard par rapport à l’Europe. Nous devons intervenir de manière intensive auprès des familles les moins bien loties pour empêcher la pauvreté d’être transmise d’une génération à l’autre. Nous devons complètement réformer la manière dont nous finançons l’école élémentaire et secondaire, elle dépend pour le moment de la taxe foncière locale, ce qui entraîne une forte inégalité de ressources. Nous devons réduire le coût des études supérieures et l’endettement qu’il génère. C’est encore un autre domaine dans lequel l’Europe fait mieux que les Etats-Unis.
  AMERICAN WAY OF LIFE
 

... La prochaine fois qu’on aura envie de rire à un débat républicain,
ou à une proposition de Trump,
regardons-nous d’abord dans un miroir.


Il y a quelques jours, comme à l’accoutumée à cette période de l’année, les roulements de tambours républicains du ministère de l’Éducation nationale nous livraient, en s’en félicitant, les records du cru 2016 pour le baccalauréat. Une telle fanfaronnade médiatique ne saurait néanmoins éluder le problème central de notre école, à savoir la persistance de la force du déterminisme social dans la réussite scolaire…

… En fait, le déterminisme social dans les résultats scolaires jette ses premiers filets bien avant le niveau du baccalauréat. Dès l’entrée en sixième, on mesure déjà des différences de niveau significatives chez les enfants en fonction de leur origine sociale, héritées de l’école primaire…
… La méritocratie selon laquelle la distribution des positions sociales se fait selon les talents et les efforts de chacun, sans qu’intervienne l’influence des origines sociales, grâce à une école qui assurerait une égalité des chances face à la réussite scolaire, représente donc toujours bel et bien une gigantesque fiction, derrière laquelle, dans les faits, oeuvre un système conçu pour organiser le plus précocement possible (dès l’école primaire !) la sélection d’une élite, dans le cadre d’une compétition scolaire pipée dès le départ….

Près de 7 millions de Français signent ainsi des pétitions, voire en créent. «En France, 4 000 pétitions sont mises en ligne chaque jour», assurait à «L’Obs» la plateforme. «Et le nombre de signatures par texte ne cesse d’augmenter.»
Ce que les signataires ne savent pas toujours, c’est que Change.org n’est pas une organisation caritative ou une ONG, mais bien une entreprise. Et son modèle économique repose sur la vente des données personnelles des utilisateurs, révèle l’hebdomadaire italien «L’Espresso»
… Tameeka Bennett n’est pas la seule habitante de East Palo Alto à avoir vu sa maison saisie pour ne pas avoir pu payer son loyer. Dans la Silicon Valley, pas moins de 70 000 travailleurs aux faibles revenus font plus de 80 km rien que pour se rendre au travail
… Caprice Powell, une jeune femme de 24 ans qui a du déménager cet été à Atlanta (Georgia), également citée par le Guardian : «Facebook arrive et apporte avec lui toutes ces personnes riches. Les prix de nos maisons sont abordables pour eux, ils ne représentent rien.»

Le monde numérique vit toujours dans l’illusion de son immatérialité. Alors que les gouvernements se sont engagés, au moment de la COP21 de Paris, à réduire leurs émissions de carbone pour limiter le réchauffement climatique sous la barre des 2 °C, le déploiement du numérique s’effectue sans le moindre souci environnemental. La vogue actuelle du bitcoin et de la blockchain en constitue l’exemple parfait…

… Le numérique absorbe déjà 15% environ [PDF] de la consommation électrique nationale française, et autant d’énergie, à l’échelle globale, que l’aviation. Rien ne laisse aujourd’hui penser que la masse à absorber va baisser, ni que le numérique permet une réduction des consommations, comme l’affirment les industriels du secteur …

… Au final, les affaires continuent et les banques américaines, que l’on voyait en si mauvaise posture au moment de la faillite de Lehmann Brothers, tiennent de nouveau le haut du pavé. Et la plus puissante d’entre elles, Goldman Sachs, vient encore de s’illustrer en recrutant José Manuel Barroso, ancien président de la Commission européenne, pour l’aider à s’en sortir au mieux dans l’affaire du Brexit…

Il y a les petites mains des entrepôts d’Amazon, aux conditions de travail peu enviables, décrites comme celles de forçats des temps modernes, soumis à des exigences de productivité folles. Et il y a les livreurs de vos paquets commandés en ligne (chez tous types d’e-commerçants), l’autre versant méconnu de nos emplettes sur Internet : le Guardian leur consacre une enquête édifiante…
Pour environ 45 pence le colis (soit 53 centimes d’euro), sans protection sociale ni retraite : pas d’arrêt maladie, ni congés payés, et la crainte d’être mis sur la touche si l’on n’a pas effectué de livraison les dimanches par exemple…

Chaque jour, chaque minute sur le Web, en cherchant sur Google, en postant sur Facebook ou Snapchat, je, tu, il, nous produisons de la donnée, des données qui ne nous appartiennent pas vraiment la plupart du temps, qui nous échappent le plus souvent, et qui constituent surtout le puissant carburant des géants de l’économie numérique.
Pour mieux comprendre les batailles qui se trament sur la Toile mais aussi les moyens de reprendre la main, au niveau individuel et collectif, l’ouvrage  «Datanomics» décortique ces «nouveaux business models des données»….
… ce rapport montrait par exemple que les courtiers en données proposent des services permettant de cibler des publics vulnérables comme les «mères célibataires endettées»Evidemment pas dans un but philanthropique !



…  Au vu du ramassis de bêtises et de raisonnements à l’emporte-pièce que l’on peut lire sur les réseaux sociaux en cliquant sur le moindre hashtag lié à la tuerie de Nice, il est évident que certains parents, frères et soeurs, oncles et tantes risquent de créer la psychose et d’alimenter la haine chez les jeunes qu’ils côtoient. Mais depuis leurs lieux de vacances, les enseignants n’ont d’autre choix que de s’évertuer à faire confiance aux adultes qui entourent leurs élèves, tout en réfléchissant à la façon dont ils pourront aborder le drame de Nice si jamais l’occasion se présente. En espérant que d’ici là, aucun autre événement traumatisant ne soit venu s’ajouter à une liste de plus en plus lourde.


… remonter jusqu’à «la marche des Beurs» qui s’acheva en décembre 1983 par la présentation à François Mitterrand de revendications à caractère politique et social. Occasion manquée, selon Kepel : il y a eu dilution «des revendications spécifiques des marcheurs dans un antiracisme à plus large spectre sous l’égide de la petite main jaune de SOS Racisme». On est loin de l’intégration économique et sociale. Les conséquences de ce rendez-vous manqué ont été désastreuses. Une génération entière a grandi dans un sentiment inchangé de marginalisation et de frustration. De là à écouter avec ferveur les prêches de haine sur Internet, il n’y a qu’un pas…
… la proclamation de l’État islamique fut la conséquence de la déliquescence des États de la région. Quelles sont les causes de cette déliquescence ? La destruction de l’Irak par George Bush en 2003, le Printemps arabe de 2011, bien sûr, mais d’autres mécanismes étaient à l’œuvre, depuis au moins un siècle. Il faut remonter jusqu’aux accords Sykes-Picot de 1916, qui trahissaient allégrement les promesses faites aux Arabes et qui ont charcuté toute la région…

… «Reste que la vraie nouveauté, c’est l’adhésion de milliers de jeunes qui avaient déserté la politique ou votaient occasionnellement pour les Verts. Et qui, pour la première fois, ont l’impression d’avoir face à eux un homme qui parle un autre langage, rejette l’austérité et refuse catégoriquement de céder aux sirènes xénophobes. Il est bien le seul. C’est cette nouveauté que n’ont pas comprise ni digérée tous ceux qui ont été surpris par la victoire de Corbyn à la tête du Parti travailliste en septembre.»…
… Son expérience récente d’institutrice à Birmingham lui a«ouvert les yeux» : «J’étais en poste dans un quartier très défavorisé, j’ai vu des enfants venir à l’école le ventre vide, des parents accablés par les difficultés financières», explique la jeune femme, encore troublée de s’être retrouvée confrontée aux «conséquences concrètes de l’austérité imposée au pays depuis six ans»…
… «Ce n’est qu’une tentative de putsch orchestrée par la droite du parti et les nostalgiques de Tony Blair
British way of life
Oh so British !

… A moins de réduire l’insécurité et les inégalités générées par les tendances du marché du travail, le glissement vers des politiques populistes va s’accentuer, en France et ailleurs. Le précariat est anxieux, dépourvu d’objectifs et en colère. A moins qu’on ne lui procure une certaine sécurité économique, qui à mes yeux devrait prendre la forme d’un revenu de base universel, nous nous dirigeons tout droit vers la politique de l’enfer.

… En mars 2015, la France avait été condamnée par le Conseil de l’Europe au motif qu’elle «ne prévoit pas d’interdiction suffisamment claire, contraignante et précise des châtiments corporels». Pour l’instant, le droit français autorise un «droit de correction» des enfants au sein des familles, alors même que les punitions corporelles sont interdites à l’école et dans l’armée. La France a pourtant signé la Charte européenne des droits sociaux, qui précise que les Etats doivent «protéger les enfants et les adolescents contre la négligence, la violence ou l’exploitation».

Le 12 juillet 2016, la France a été lourdement condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Les cinq affaires concernent des familles enfermées avec des enfants mineurs entre 2011 et 2014 dans les centres de rétention de Toulouse, pour quatre d’entre elles, et de Metz. La Cour déclare à l’unanimité qu’il y a eu violation de l’article 3 de la Convention : «Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants.» Dans certaines affaires, la France est également condamnée pour violation de l’article 5 (droit à la liberté et la sureté) et de l’article 8 (droit au respect de la vie familiale)…


Ca ne va pas mieux en ce qui concerne le recrutement des enseignants. Les résultats de l'admissibilité , en mai, avaient attiré notre attention. Les résultats des Capes de lettres et de langues montrent une aggravation de la crise de recrutement. Déjà 795 postes d'enseignants du second degré restent sans titulaires.

83% de postes sans titulaire
L'année dernière, pour les 4 disciplines de lettres modernes et classiques, anglais et allemand, 646 postes n'avaient pas trouvé preneur.  Cette année, selon les résultats du capes externe publiés le 4 juillet, ce sont 795 postes pour lesquels l'éducation national n'a pas trouvé de titulaire, soit 150 de plus….
C'est donc que l'attractivité du métier s'est dégradée depuis 2015. Même si ce mois de juillet s'ouvre par une revalorisation des enseignants , comme des autres fonctionnaires, les efforts faits semblent insuffisants pour attirer des jeunes vers le métier d'enseignant dans les disciplines fondamentales…
 
… Ils ont écrit une lettre ouverte à la ministre de l’Education nationale : «Regrouper dans un même lycée, après un processus administratif qui devait permettre la mixité scolaire, plus de 80% de jeunes qui ont pour caractéristique commune d’être issus de milieux sociaux défavorisés est inique
Le processus administratif dont ils parlent s’appelle Affelnet …
 
Des mots à obsolescence programmée, créés pour dire des réalités nouvelles - ou donner un air nouveau à un vieux refrain - ; des mots qui saturent le débat avant d’être jetés, remplacés par d’autres ou recyclés, voire récupérés, symptômes autant de la tyrannie de la nouveauté que d’une accélération du temps politique.
… Car enfin l’on peut s’interroger sur la consistance réelle de cette prolifération de termes dans la langue politique. «Elle peut être interprétée comme un signe de sa vacuité, souligne l’auteur. C’est le règne des slogans, des communicants, des éléments de langage, de la langue de bois.»…

Les stéréotypes ont la peau dure. Problèmes : ils amènent parfois à marquer des buts contre son propre camp. Comme le prouve la campagne que vient de lancer l'artisanat en faveur de l'apprentissage.

Peu de débats sont autant enfermés dans les stéréotypes que le débat sur l'école. L'illustration en a encore été donnée par la récente campagne de publicité en faveur de l'apprentissage, financée par le Fonds national de promotion et de communication de l'artisanat (FNPCA).
Prétendant précisément lutter contre les stéréotypes dont serait victime l'apprentissage, une de ses affiches martelait ainsi, en gros caractères : «Quand la fac est finie, on cherche», tandis que «Quand l'apprentissage est fini, on trouve».
On voit bien quelle opposition mécanique est ici suggérée entre savoirs théoriques et savoirs pratiques, entre études longues mais fumeuses et études courtes mais porteuses, entre esprit et main, entre cols blancs et cols bleus
 
… Le mouvement se nourrit en outre d’appels pressants du monde économique, heurté de plein fouet par la mutation numérique. Dès 2012, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) lance sa «stratégie sur les compétences». Un an plus tard, une étude sur le futur du travail menée par deux chercheurs d’Oxford chiffre l’urgence : 47 % des métiers sont susceptibles d’être exercés par des machines d’ici à 2020. Pour affronter ce monde, l’école est priée d’en rabattre sur la transmission des connaissances – périssables et accessibles au premier possesseur de smartphone – et de promouvoir les savoir-faire que la machine, pour l’instant, ne semble pas en capacité de disputer à l’humain : la créativité, l’empathie, le désir de construire un monde plus juste…
… Près de 60 % des élèves ont «une maîtrise de ces compétences qui devrait les mettre à même de poursuivre une formation, peut-on lire dans la note publiée par le service statistique du ministère (DEPP), même si la moitié d’entre eux doit encore progresser». Un peu plus d’un quart des jeunes testés ont un excellent niveau. A l’opposé, 15 % s’avèrent n’avoir pratiquement «aucune maîtrise ou une maîtrise réduite» de ces compétences, avec un noyau dur de 3 % en grande difficulté.
De très bons élèves, d’autres en très grande fragilité, un «ventre mou» aux performances moyennes : l’image des inégalités sociales et scolaires qu’exacerbe notre système éducatif est connue. L’enquête PISA – dont on attend la prochaine livraison en décembre – a même décerné à la France le triste titre de championne des inégalités.
 
… Pour cet ancien «colon» et animateur, vendre son patrimoine immobilier de loisirs est «un vrai choix politique» qui consacre une «forme de désengagement des mairies par rapport à leur responsabilité éducative». Car, contrairement aux idées reçues, le loisir n’est pas à ses yeux «un moment où on peut faire n’importe quoi» mais «construit l’enfant: les séjours de vacances, c’est aussi important que l’école»…
… Mais, «perte de l’habitude du séjour collectif» ou «peur de l’accident», les colos connaissent une baisse continue de fréquentation, «surtout chez les classes moyennes» …
Le fantasme du remplacement des enseignants par des machines se porte bien. Il faut pourtant lui tordre le cou.
Étrange question que celle posée à des parents d'élèves …
… C'est aussi instiller le poison du doute. Donner à penser que la question pourrait se poser. Que le numérique serait intrinsèquement porteur d'une menace pour l'existence même de l'institution. Comme si la machine avait une vie propre, déconnectée des desseins de ceux qui la programment…
… Laisser entendre, fût-ce en filigrane, que ces questions pourraient être résolues par les machines seules ne peut que retarder le nécessaire consensus social préalable à la mise en œuvre du chantier. Dont les fondations demeurent politiques et non technologiques ; elles se résument à cette éternelle question : quelles priorités assigne-t-on à l'école ?

… Les attendus de ce projet de loi de janvier 2013 finissaient par un couplet sur «l'égalité» auquel l'ultra démocrate et égalitariste sénateur Serge Dassault ne pouvait qu'être particulièrement sensible : «L'uniforme a depuis toujours été utilisé pour symboliser un lien d'appartenance. Il n'est pas une panacée mais un outil permettant de gommer symboliquement les différences sociales, ethniques et religieuses».
Avec une touche finale tout à fait fausse historiquement :«Le port de l'uniforme n'est plus obligatoire depuis les événements de Mai 68». En réalité, le port de l'uniforme (ou de la blouse uniforme) n'a jamais été obligatoire dans les écoles communales (il suffit d'ailleurs de regarder les photos de classe, même jaunies, pour le constater). Il ne l'a jamais été non plus, dans le cadre national, pour les collèges ou lycées : c'étaient des politiques d'établissement possibles, mais choisies. Et leur raison d'être était bien moins la recherche de «l'égalité» que celle d'un ''patriotisme d'établissement'' dans le champ complexe de la ''distinction''.
Historiquement, le port de "l’uniforme’’ n’a jamais été un gage «d’égalité» (même formelle) …



Jusqu'alors, 27 des 47 pays membres du Conseil de l'Europeavaient adopté une législation interdisant, en toutes circonstances, d'infliger des châtiments corporels aux enfants, mais certains pays, comme la France, étaient des plus rétifs à légiférer pour inclure le cadre familial. Le vote sur l'ensemble du projet de loi «égalité et citoyenneté» a fait objet de 42 heures de débats. Le vote devrait avoir lieu mercredi…

... En France, deux enfants meurent chaque jour de maltraitances infligées par leurs parents et 45 % des Français soupçonnent un cas dans leur entourage.

 
 
… une conférence de presse sur le thème des établissements scolaires privés hors contrat et de l'instruction à domicile. Un sujet historiquement sensible
«ce sujet exige quelques développements, en raison de son importance d'abord, mais surtout à cause des débats passionnés et confus auxquels il a donné lieu».
Comme il n'est pas exclu que cela se reproduise, on devrait prendre la précaution de passer quelque temps à relire des passages significatifs de ce long et ancien article sur «la liberté de l'enseignement». Les esprits pressés (il paraît que c'est gage de modernité) feront l'impasse... 
… Rue de Grenelle, on prend soin de déconnecter ce projet du contexte politique et sécuritaire. On précise surtout que la ministre travaille sur ces questions "depuis longtemps". Faut-il également voir dans ce projet de réforme un alignement du gouvernement sur sa droite? Le 27 avril, 28 députés, dont le député LR des Alpes-Maritimes Éric Ciotti, ont, eux, déposé un projet de loi à l'Assemblée qui va dans ce sens. Il souhaite conditionner l'instruction à domicile "à l'autorisation préalable de l'inspecteur d'académie". En cause: "La déscolarisation d'un nombre croissant d'enfants, surtout des filles, pour des motifs d'ordre essentiellement religieux". Selon ces élus, "les enfants sont alors victimes de propagande idéologique sous couvert de programmes éducatifs alternatifs". .. 
Instruction à domicile : L'amendement du gouvernement 

"Dans le cadre de la mobilisation de l’école pour les valeurs de la République, et afin de garantir le plein respect du droit à l’éducation de tous les enfants de France et ce, quel que soit le mode d’instruction choisi librement par la famille, il est nécessaire d’améliorer l’effectivité du contrôle de l’instruction dans la famille". Un amendement à la loi égalité et citoyenneté introduit les controles annoncés par le gouvernement sur l'instruction à domicile.
 L'amendement

… L'opposition a trouvé dans le député Noel Mamère un allié inattendu. Défendant les écoles particulières, Freinet ou Montessori, il dénonce dans le projetgouvernemental, "une conception sectaire et univoque de la pédagogie et de l'éducation". Le gouvernement a défendu les textes en argumentant qu'ilsrespectaient la liberté de l'enseignement.

L'article 14bis instituant le choix du lieu de contrôle par l'administration et sanctionnant les refus de contrôle de l'instruction à domicile a été adopté. L'article 14 decies donne aussi le droit au gouvernement de prendre par ordonnance  les textes sur l'autorisation d'ouverture d'établissements hors contrat.

Le point qui a fait le plus débat c'est le régime d'autorisation qui va être édicté par ordonnance pour les écoles hors contrat. Jusque là elles s'ouvraient sur simple déclaration. Le régime d'autorisation donnera un poids bien plus fort à l'Etat. Du coup il limitera la libertéd'enseignement. L'article 14 de la loi augmente aussi le contrôle sur l'instruction familiale, notamment en autorisant l'administration à fixer le lieu du contrôle en dehors du domicile familial. Ces dispositions ont été critquées par l'opposition de droite. Mais elle était gênée par le dépôt d'une proposition de loi venant de ses rangs instaurant un régime d'ouverture encoreplus strict aux écoles hors contrat…

La loi

... La prochaine fois qu’on aura envie de rire à un débat républicain, ou à une proposition de Trump,
regardons-nous d’abord dans un miroir.



Ce qui nous arrive de la Silicon Valley vient liquider l’Etat de droit en tant qu’Etat délibératif fondé sur des légitimités réfléchies. En France, «l’accélérateur de start-up» TheFamily, qui s’inspire de la Silicon Valley, se présente sous cette formule : «Les barbares attaquent.» Il s’agirait pour ces néobarbares de semer le chaos dans tous les secteurs - logement social, transports, éducation, immobilier, environnement… Pendant la terrible année 2015, nous avons rencontré la barbarie de Daech [acronyme arabe de l’EI, ndlr]. A côté de cette barbarie horrifique, il existe une autre forme de barbarie, plus «soft», une barbarie technologique qui nourrit la barbarie terroriste…

... Or les ruptures technologiques se produisent à intervalles de plus en plus rapprochés. Et depuis peu de temps, avec la réticulation numérique, nous sommes dans un dispositif qui fait que tout bouge en permanence, que plus rien n’est stable. Et que la société ne peut plus s’en nourrir : elle s’en trouve au contraire désintégrée…

… L’information digitale, elle, peut circuler sur les fibres optiques aux deux tiers de la vitesse de la lumière… elle est plusrapide encore que la foudre divine. C’est donc à une vitesse plus que foudroyante que la réticulation numérique pénètre, envahit et parasite nosrelations sociales, avec des effets dévastateurs : elle les « neutralise et les annihile de l’intérieur, en les prenant de vitesse et en les phagocytant », écrit Bernard Stiegler dans son nouvel ouvrage, Dans la Disruption. Le philosophe s’alarme : la société automatique et réticulaire devient « le facteur planétaire d’une colossale désintégration sociale ».

L’ouvrage s’ouvre sur des exemples tragiques de ce nihilisme automatique, stérilisant et détruisant la vie sociale. Transformés en big data, les individus et les groupes sont dépossédés de leurs propres désirs et attentes...


Le téléphone sera cette chose qui rentre en compétition avec la réalité, et gagne. C’est une sorte de drogue. Un peu comme les écrans de télévision, mais disponibles tout le temps et plus puissants.
Le problème, c’est que ça nous change à l’intérieur, on devient de moins en moins patient avec la réalité, surtout quand c’est ennuyeux ou inconfortable. Et parce que la réalité ne correspond pas toujours à nos désirs, on en revient à nos écrans, c’est un cercle vicieux.
Ce qui est mauvais, c’est que nos écrans, en nous «remplissant», tout en nous donnant faussement l’impression de choisir, menacent notre liberté fondamentale de vivre notre vie comme on l’entend, de dépenser notre temps comme on le veut. Et remplacent les choix que l’on aurait fait par les choix que ces entreprises veulent que l’on fasse.
Ça ne risque pas de s’arranger, j’imagine…
C’est vrai. Parce qu’on est dans une économie de l’attention, avec une compétition entre les applications, ça va devenir de pire en pire…
… C’est un peu tendu de dire ça, mais bon, c’est comme réveiller des gens qui sont dans une secte, qui croient en un système qui est vraiment puissant et fait vraiment des choses pour eux. Et c’est très inconfortable pour eux de voir la vérité en face, que ce système n’est pas totalement bon….
… J’y ai expliqué comment une poignée de personnes, des hommes pour la plupart, vivant à San Francisco, décidaient de la façon dont des milliards de personnes dans le monde utilisaient leur attention…
des millions d’heures sont juste volées à la vie des gens, manipulés tous les jours de leur vie, et il n’y a pas un seul débat public là-dessus !..

... «les données disponibles montrent une très forte expansion de l’usage des nouvelles technologies sans fil, notamment chez les très jeunes enfants.» Ceux-ci possèdent leur propre téléphone mobile «de plus en plus précocement, même si la première utilisation se situe rarement avant l’âge de sept ans.» En outre, «la multiplicité et la diversité des lieux fréquentés (domicile, école, lieux publics, installations sportives et culturelles) engendrent des situations d’expositions très variables.» Si bien que très tôt, et même «dès la phase de développement in utero », la plupart sont exposés à des sources « placées à proximité et parfois au contact du corps»...

... «Pour une fois, les choses bougent dans le bon sens, se félicite Janine Le Calvez, présidente de l’association Pour une réglementation des antennes-relais de téléphonie mobile (Priartem). Le rapport pointe des questions sanitaires que nous soulevons depuis longtemps. Nous avons enfin le sentiment d’être écoutés. Reste à mettre en œuvre les recommandations, à commencer par la suppression des appareils sans fil dans les écoles primaires
... Certaines études semblent aussi associer «un usage intensif du téléphone portable par des jeunes et une santé mentale affectée», qui se traduit par des comportements à risque, de la dépression ou des idées suicidaires, relève l’Anses ...
«Weapons of math destruction» (math au lieu de mass, vous aurez compris), que l’on pourrait traduire par «Armes de destruction matheuses». Elle y raconte «comment le big data augmente les inégalités et menace la démocratie». …
Il faut s’assurer que ces algorithmes procèdent de façon équitable. Il n’y a aucune raison de penser que ce soit le cas, car il y a des opinions incrustées dans le code. Mon objectif est de mettre en lumière les exemples les pires, dans l’éducation et la justice typiquement, pour que tout le monde prête davantage attention à ce problème…

"LES-RYTHMES"

Les écoliers sont-ils plus fatigués à cause des nouveaux rythmes scolaires ? C’est l’une des critiques récurrentes faites à la réforme depuis sa mise en place sur tout le territoire à la rentrée 2014. Interrogée à ce sujet vendredi 17 juin sur i-Télé, la ministre de l’éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, a affirmé que non, les élèves de primaire et de maternelle ne sont pas plus épuisés qu’avant. A tort ou à raison ?…

Ses conclusions peuvent donc apparaître limitées pour décrire la situation sur l’ensemble du pays, d’autant que les adultes, eux, jugent de manière assez tranchée que les enfants seraient plus fatigués depuis 2014 qu’avant.

"LE-BAC"
Et puis de quel examen parle-t-on ? Parler du bac au singulier – « une fiction juridique», fait valoir l’historien Claude Lelièvre – n’a guère de sens, tant celui-ci est divers : les trois examens – bac général, technologique et professionnel –, inégaux socialement, «ségrégués», disent les chercheurs, sont loin de tenir les mêmes promesses.

Avec 78% d'une génération reçue au bac en 2014, l'objectif des 80% semble presque atteint. Mais plus le bac se banalise , plus les différences se creusent entre ses séries. Si presque tout le monde obtient le bac, alors le bac des uns n'a plus rien à voir avec celui des autres. La massification du bac se fait au détriment de sa démocratisation. Un sacré problème pour un système éducatif qui fait de ce diplôme à la fois la validation d'une formation secondaire et un passeport pour l'enseignement supérieur.
L'explosion du bac repose sur le seul bac pro …

… Pour Nathalie Mons, les formations ont grand besoin d'être actualisées, "mais le système est lourd et très peu réactif par rapport aux mutations rapides du marché du travail". Le Cnesco préconise également un accompagnement individuel des lycéens souhaitant se tourner vers un BTS, de mettre de l'ordre dans l'offre pléthorique ou encore d'enrayer la pénurie de professeurs (28% des postes étaient non pourvus en 2015).
Des propositions qui prendront du temps à mettre en place.




 

Si la section «Vous connaissez peut-être» vous faisait parfois flipper en vous proposant des profils précis et éloignés de vos réseaux habituels, vous n’avez encore rien vu.
La section «Vous connaissez peut-être» («People you may know») de Facebook est une source inépuisable de spéculations. Cette fonction, en apparence sympathique puisqu’elle nous propose d’ajouter de nouveaux amis, semble détenir des informations très personnelles sur chacun d’entre nous…
... Il faut imaginer Facebook comme un aspirateur à données géant...

«C’est compliqué», parce que la vie des adolescents – à mi-chemin de l’enfance et de l’âge adulte – est compliquée.

«C’est compliqué» parce que le contexte économique, social et moral dans lequel grandissent ces adolescents a beaucoup changé ces dernières décennies.
«C’est compliqué» parce que les adolescents ne sont pas une catégorie uniforme – danah boyd est très attentive aux inégalités d’accès et de milieux.
«C’est compliqué» parce que les attentes des adolescents peuvent être contradictoires, conflictuelles.
Snapchat, c’était un peu le Pays imaginaire des réseaux sociaux. Un espace de discussion déserté par les adultes – qui ne connaissaient pas ou n’y comprenaient rien... Son succès auprès des adolescents et des jeunes adultes s’expliquait, en partie, par l’arrivée de leurs parents sur d’autres réseaux sociaux, comme Twitter et Facebook. Snapchat leur offrait une forme de refuge. Alors quand les parents débarquent à leur tour sur Snapchat, c’est la panique. ..
 
… La bataille qui consiste à contraindre les ados à ne pas s’endormir vers 2 heures du matin en semaine a donc plus d’un enjeu. Et il semble que rattraper durant le week-end le retard de sommeil accumulé pendant la semaine ne constitue pas une tactique satisfaisante, étant donné que c’est la régularité qui prime. L’AASM insiste sur ce point fondamental: les quantités de sommeil indiquées sont bel et bien journalières et ne peuvent être multipliées par sept pour obtenir des volumes hebdomadaires que l’on pourrait gérer comme on le souhaite. Bonne chance à tous les parents de collégiens et lycéens.

Depuis quinze ans, l’Education nationale (dans une loi du 4 juillet 2001 relative à l’interruption volontaire de grossesse et à la contraception) est censée assurer aux écoliers, collégiens et lycéens trois séances annuelles sur le sujet (quitte à faire appel à des intervenants extérieurs). Depuis cette année, ces séances doivent aussi s’appliquer à présenter une «vision égalitaire entre les femmes et les hommes». Et ? On n’y est pas.
Selon le rapport, dans un quart des 3 000 écoles publiques et privées passées au crible par le HCE, la loi n’est carrément pas mise en œuvre. Et quand elle est appliquée, c’est souvent de manière «parcellaire, inégale, voire inadaptée à la réalité des jeunes»…
Mais qu’est-ce qui coince tant ? Le HCE pointe d’abord une disparité des financements, qui pénalise particulièrement les zones rurales. Mais, surtout, «des blocages sur le sujet même»
Le Rapport

«Après cinq décennies de révolution informatique, les gens travaillaient plus qu’avant, dans des conditions dégradées, subissaient plus de stress et d’anxiété  ; ils avaient perdu en savoir-faire, en sécurité, en pouvoir, en protection sociale et en rémunération.»
Pourquoi, se demande-t-il, les travailleurs ne se rebellent pas contre ces techniques  ? Pourquoi les gens continuent-ils à accueillir à bras ouverts une technologie qui, leur dit-on, va bientôt les mettre au chômage ou du moins sérieusement déqualifier leur emploi  ? …
… «Selon une étude, près d’un expert sur deux estime que l’essor de l’automatisation va détruire des emplois et augmenter les inégalités de revenus.»
Ou, comme le dit le «conseiller innovation» d’Hillary Clinton, Alec Ross,
«Demain sera meilleur qu’aujourd’hui mais pas pour tout le monde »



 

Deux ans après la généralisation de la semaine de 4,5 jours d’école, le rapport des inspections générales sur son «efficacité pédagogique» le laisse penser. Il a été rendu public vendredi 10 juin, dans le sillage de plusieurs autres enquêtes sur la fatigue des enfants et sur l’organisation des activités périscolaires. Ensemble, ces travaux brossent un tableau très mitigé de la situation….
… Parmi les autres «chiffons rouges» agités au plus fort d’une contestation qui a coûté son poste au ministre de l’éducation de l’époque, Vincent Peillon, l’absentéisme des élèves se confirme, en particulier lorsque la demi-journée d’école a été fixée au samedi, et non au mercredi…
 … Difficile de gommer le sentiment qu’ont encore bien des parents d’une école «à plusieurs vitesses». Avec une offre plus riche dans les grandes villes que dans les petites ; des ateliers mieux pensés dans les agglomérations pionnières, comme Paris …


«C’est donc bien par l’enseignement professionnel que se poursuit l’objectif "d’amener 80% d’une classe d’âge au niveau du baccalauréat". La démocratisation du système scolaire passe par là aujourd’hui, l’enjeu est donc crucial», insiste Nathalie Mons, la présidente du Cnesco.
… Mais une insertion professionnelle à la peine
Une fois diplômé, les perspectives d’insertion sur le marché de l’emploi sont maigres. La France fait partie des pays de l’OCDE qui insèrent le moins bien les jeunes issus de l’enseignement professionnel …
… Aujourd’hui, explique le Cnesco, l’offre des CAP et bacs pro obéit à d’autres logiques, parfois éloignées des intérêts de l’élève. Par exemple, les bacs pro tertiaires sont les plus proposés car ce sont aussi ceux qui coûtent le moins cher à l’Education nationale, ne nécessitant pas de plateau technique…
pendant que les uns et les autres s’écharpaient sur le latin et le grec, la réforme du collège a institutionnalisé les classes de troisième dites «préparatoires à l’enseignement professionnel». Ces classes concernent aujourd’hui 5% des élèves de troisième, soit 35 000 jeunes. Une grave erreur selon l’équipe de chercheurs, toutes les études montrant qu’il faut au contraire éradiquer ces classes où se cumulent difficultés scolaires et sociales allant à l’encontre de l’objectif de mixité scolaire et sociale, pourtant défendu par la ministre Najat Vallaud-Belkacem.


 
 
 

«T’es partie en vacances ?  «Je voudrais bien mais j’ai pas d’argent. Non, j’ai cherché du travail.» «Et t’as trouvé ?» «Je viens de terminer ma période d’essai chez Cora, c’est la mission locale qui m’a proposé ça. Ils m’ont payé 230 euros les six semaines, alors que je faisais les 35 heures et tout ! C’est affolant.» «Et c’est terminé, là ?» «Oui, mais ils vont m’embaucher pendant six mois en contrat pro.»
«Contrat pro, ça veut dire que t’as une formation et tout ?» «Nan, enfin oui, mais c’est à l’intérieur de l’entreprise, une formation pour tenir la caisse ! Alors que j’ai déjà fait ça chez Match pendant toutes mes études. C’est pour qu’ils puissent toucher les aides, ils sont exonérés je crois.» «Tu seras payée combien, là ?» «50 % du smic. Et dans six mois, rebelote.» Laurelyne travaille. Elle ne va pourtant pas se payer un costume tout de suite.

Après les ouvrières «illettrées» des abattoirs Gad, après le refrain éculé sur les jeunes qui rêvent de devenir «milliardaires», voici la séquence «Rolex» du fringant ministre de l’Economie. En déplacement vendredi à Lunel, dans l’Hérault, il a donc insulté un chômeur en fin de formation et en lutte contre la loi EL Khomri, en lui rétorquant : «vous n’allez pas me faire peur avec votre tee-shirt. La meilleure façon de se payer un costard, c’est de travailler»...
... Nous revendiquons d’être ringards au côté de Ken Loach, contre les ministres de la Star Academy, qui aiment les costards, les Rolex, la Loi Travail et son monde.

On retrouve avec la loi travail le même mélange d’impréparation et de cynisme. Si le chômage n’a cessé d’augmenter depuis 2008, avec à la clé un million et demi de chômeurs supplémentaires (2,1 millions de demandeurs d’emploi de catégorie A à la mi-2008, 2,8 millions mi-2012, 3,5 millions mi-2016), ce n’est pas parce que le droit du travail serait subitement devenu plus rigide. C’est parce que la France et la zone euro ont provoqué par leur excès d’austérité une rechute absurde de l’activité en 2011-2013, à rebours des Etats-Unis et du reste du monde, transformant ainsi une crise financière venue d’outre-Atlantique en une interminable récession européenne

...  «Donc, vous avez tous entendu ce qu’a dit Macron. Il paraît que si on ne peut pas se payer des costard, c’est parce qu’on ne bosse pas... Mais Macron, tes costards c’est des Lagonda, ça coûte 1 200 euros pièce...
    Tu sais que 1 200 euros, c’est le salaire d’une caissière en un mois ? Tu crois qu’elle bosse pas, elle ? Tu crois qu’elle reste toute la journée sur un transat à rien foutre ?»

... Tout ça est apparu depuis les années 1980, avec le risque d’une droitisation radicale de la France. Et cela parce que dans notre pays jacobin, si l’on tue l’espoir du peuple, il part vers l’extrême droite. Il faut le savoir : nous avons des démons, en France...
... C’est terrible à dire, mais je sens un désir inconscient de fascisme dans ce pays...
 ... On nous vante tous les jours le modèle anglais qui a de grandes qualités. Pourtant, à Londres, on croise dans la rue des petites filles avec des niqabs. L’ultralibéralisme, c’est aussi ça : chacun dans sa communauté. Ce n’est pas la France dont nous voulons, et nous devons lutter pour que ce communautarisme-là ne s’impose pas...

... Nous voilà donc condamnés à la schizophrénie : déchirés entre des convictions idéologiques que nous voudrions faire valoir pour contribuer à la construction du «bien commun» et nos intérêts personnels immédiats. Nous sommes convaincus des bienfaits de la mixité sociale à l’École ou de l’égale dignité des voies de formation… mais plutôt pour les enfants des autres. Et n’hésitons pas, quoique nous soyons invités en tant que citoyens à nous inscrire dans une «institution» qui nous dépasse, à dévoyer celle-ci pour en faire un «service» assujetti à sa clientèle dès que cela nous concerne personnellement.
C’est pourquoi, sans aucun doute, la libéralisation du système scolaire est déjà largement engagée...

... Je vais finir par croire que le conformisme et le conservatisme ne sont pas des vertus de droite. Tous s’en réclament en défilant sous des bannières multicolores...

 
depuis 1945 : «Quelle forme est-il encore envisageable de donner à la résistance ? Peut-on espérer voir se lever les populations superflues contre le capitalisme technologique et ses soutiens politiques ?»
Il faudrait pour répondre à pareilles questions avec une certitude scientifique, maîtriser la théorie du chaos et connaître la situation dans toutes ses conditions initiales et toutes les chaînes de réactions qu’elles peuvent déclencher. Heureusement, ni les big data, ni les logiciels des sociologues et de la Rand Corporation, malgré tous leurs modèles, ne peuvent encore traiter l’avenir comme un mécanisme programmé…
… une troisième informulée, qui se résume classiquement par : Que faire ? et à laquelle tout partisan de l’émancipation s’efforce de répondre, en paroles et en actes. Que peut cet individu ? Que peut-il avec ses semblables pour transformer la situation donnée ? Et d’abord quelle est cette situation ?..
Faute d’avoir à offrir, comme d’autres, un grandiose plan stratégique, nous avançons les quelques directions dont nous sommes sûrs, jusqu’à ce que les faits les contredisent, pour servir ce que de bon semblera… 
Machines arrière !
des chances et des voies d’un soulèvement vital
Par Pièces et main d’œuvre

… Cependant les superflus mangent, boivent, respirent, s’habillent, se logent, circulent, consomment. Dans un monde de raréfaction des ressources en eau, en nourriture, en espace, en énergie et minéraux, ils ne sont pas seulement superflus, mais nuisibles. La technocratie n’a que faire d’opprimer les superflus. Elle se soucie comme d’une guigne de leur assurer les conditions d’existence qui leur permettent au moins de vivre dans la servitude. Elle se moque de leur assurer une existence d’esclaves parce que leur existence d’esclave est pur gaspillage. Le règne de la technocratie repose sur les machines, sur la symbiose du cyborg (cyber-organisme), de l’homme bionique (bio-électronique). Il faut prendre au sérieux le discours transhumaniste des entrepreneurs et scientifiques de la Silicon Valley qui a déjà gagné leurs pareils en Asie et en Europe …
… C’est pourquoi les innovateurs s’acharnent à dénigrer et à détruire les facteurs de transmission (la famille, l’école, la culture) pour livrer la jeunesse à la seule autorité du showbiz, des mass media et des pairs d’âge. La dictature, présentéiste et amnésique, de l’innovation s’appuie sur la jeunesse, flattée, dupée, génération après génération, pour s’imposer. Ainsi, l’actuelle promotion des digital natives, ennemie de l’écrit autant qu’amie de l’écran…
… Il aurait fallu d’abord comprendre que la technologie était devenue la politique de notre temps – la réelle politique du capital et de la technocratie - et non pas un simple moyen, susceptible de «dérives» et de «dysfonctionnements»…
… Si nous voulons sortir du sempiternel retard de la conscience sur le désastre, il faut cesser de passer de «on n’en est pas là» à «de toute façon, c’est trop tard»


Mais cet engagement ne débouche pas sur un projet politique global– 20% seulement souhaitent que le mouvement se transforme en parti politique – en particulier parce qu’il paraît morcelé : les enquêtés, tous de sensibilité de gauche (et souvent des déçus de la gauche), expriment une pluralité de causes et de positions, qui rend difficile, malgré le slogan de la «convergence des luttes», la construction d’un horizon commun…
… Les médias se sont passionnés pour ce cocktail d’expressions protestataires difficile à déchiffrer. Successivement ont été passées au crible la possibilité d’un mouvement culturel proche de mai 1968, celle d’une version française des Indignés, celle d’une insurrection visant à créer le chaos et à renverser le gouvernement, celle d’une révolte de la jeunesse «sacrifiée». Aucune de ces voies ne frappe par sa pertinence …
une société en proie à une psychose collective. Un spectacle de tous nos malheurs réunis, un opéra déchainé qui parle de nos révoltes intérieures et de nos déchirements, alors que parallèlement le pays, qui n’a jamais vraiment été à l’arrêt, tentait, cahin-caha, de continuer à vivre à peu près normalement. C’est notre regard tremblant qui a fait Nuit Debout. Juste un moment.

Ce n’est pas un hasard si le terme «debout» surgit précisément au moment où notre métamorphose est achevée : «Debout» est d’abord le cri d’une société de rampants. Hyperadaptés qui en occupent le centre ou inadaptés relégués dans les marges, nous n’existons socialement que métamorphosés en cloportes. Précaires, ouvriers, employés, tous rampent. Les cadres, c’est nouveau, rampent à leur tour.
Peur du patron, du petit chef, des horaires, des postes, des mutations. Toutes ces petites peurs quotidiennes (surveillance et auto-surveillance) sont naturellement elles-mêmes sous le pouvoir de la grande peur du chômage...

... cette membre du collectif Pas sans nous cogne :
    « Ici, cela fait trente ans qu’on est debout. On n’a pas attendu pour combattre la précarité, les violences policières, les injustices sociales…
Vous venez libérer notre parole ? Mais notre parole est libre. Personne ne l’entend parce qu’elle est censurée et stigmatisée »
Face à elle, l’auditoire est presque exclusivement composé de militants associatifs, d’étudiants et de journalistes ...

... C’est aussi simple que ça...
... Il ne faut pas se raconter des histoires : un surgissement événementiel comme la Nuit debout n’a en lui-même aucun pouvoir de retravailler aussi profondément le terreau social pour y produire une modification massive comme la délepénisation...



… Mais il doit bien y avoir, entre le divertissant et l’éducatif, de belles solutions à proposer pour que les vacances d’été ne finissent pas par durer trois mois au cours desquels l’activité intellectuelle de la majorité des élèves n’ira pas au-delà de la rédaction d’une demi-tonne de SMS et de snaps.
La situation n’est guère plus reluisante dans les collèges, où le mois de juin est synonyme de sévères ralentissements puisque tous les yeux sont tournés vers les épreuves écrites du brevet, qui auront lieu cette année les 23 et 24 juin. La quantité de collégiens qui repointent le bout de leur nez après les épreuves est supérieure à celle des lycéens, notamment parce qu’il y a plus de parents soucieux de ne pas laisser des gamins de 11-12 ans livrés à eux-mêmes pendant des semaines. Mais la passivité est à peu près similaire. En cette fin d’année scolaire 2015-2016, où plusieurs journées seront consacrées à des réunions sur les nouveaux programmes de collège, comme l’a annoncé la ministre Najat Vallaud-Belkacem, il est clair que la reconquête du mois de juin n’aura pas lieu...

.. Tout le monde étant désormais conscient de cela (et tout le monde ayant envie de rentrer chez soi avant 22 heures), les conseils de classe ressemblent désormais moins à des conseils de classe qu’à leur propre bilan. On se contente d’y résumer pour l’assemblée ce qui a été décidé sans grande concertation avant même la réunion. ..
... Sauf que, si doubler le temps de réunion pouvait permettre de décupler les effets positifs de celle-ci, nous serions sans doute un certain nombre à signer des deux mains.



... Voulons-nous vivre dans une société qui conditionne nos enfants à une surveillance constante ?
Et si c’était le cas ? ...
... Bien sûr, les enfants doivent être informés des dangers de cette nouvelle configuration, mais les parents doivent y apprendre aussi les nouveaux contours de la discrétion et du respect de la vie privée de leur progéniture.
Ambivalence
Au-delà, c’est l’ensemble des technologies qui offrent des nouvelles possibilités et nous obligent à redéfinir des lignes qui, par ailleurs, doivent tenir compte des âges.
Ça n’a pas le même sens de poser un baby-phone avec caméra détectrice de mouvement dans la chambre d’un nouveau-né que de stalker sa fille adolescente. Mais la question pourrait se poser dès l’installation de webcams dans les crèches.
Tout cela illustre notre terrible ambivalence vis-à-vis de la surveillance. A quoi sert-il de glorifier Edward Snowden si c’est pour se comporter comme la NSA avec nos enfants ?
… le Président de la République a souhaité faire de 2016, l'année de La Marseillaise", annonce le B.O. Mais qu'en est-il vraiment ?  La Marseillaise est-elle vraiment enseignée par l'école ?  Et si oui, comment ? Comment les enseignants voient-ils cet enseignement ?..
"La Marseillaise", conclue F Durpaire, "dit quelque chose de la fin d'une certaine école fondée sur la transmission verticale d'une socialisation nationale". L'écart entre les discours des politiques et l'éthique et les pratiques des enseignants , qui existe depuis au moins les années 1970, est bien là, Année de la Marseillaise, ou pas.
... F. Durpaire n'a pas dû interroger beaucoup d'enseignants. On en connaît qui, sur le sujet, se posent d'autres questions et depuis longtemps

Ce qui caractérise le système de sélection des élites en France, selon Agnès van Zanten, c'est la parfaite articulation des stratégies familiales et de la compétition scolaire. Il y a bien des "processus facilitant l'accès aux positions d'élite pour les enfants issus des classes sociales supérieures et limitant la mobilité ascendante des autres groupes sociaux", écrit A van Zanten. Elle parle de "clôture  sociale". "L'efficacité de ces processus tient à ce qu'ils reposent sur l'articulation étroite des stratégies familiales et des offres institutionnelles", dit-elle. Elle évoque des "logiques sous jacentes largement convergentes" entre familles et institution scolaire. Pour elle il y a un "parrainage institutionnel" des élites....
... Les dispositifs imaginés par N Vallaud Belkacem pour plus de mixité sociale à l'école ne sont pas à même de changer les régles du jeu. Les tentatives pour empêcher la création de filières élitistes au collège sont déjà déjouées.
Alors que le quinquennat se termine , le système de fabrication des élites reste intact. Les ministres qui ont essayé de s'attaquer à la sélection sociale dans le système éducatif l'ont payé cher. Mais finalement l'addition est pour nous tous.

... En France, tout particulièrement, les grandes enquêtes nationales et internationales font apparaître un état préoccupant de l’école, plus inégalitaire que dans d’autres pays, et dont les personnels et les élèves expriment moins de satisfaction qu’ailleurs...
... la nécessité de sortir de certaines croyances, médiatiquement martelées, qui ne sont pas des savoirs. A titre d’exemple, le topos des « territoires perdus de la République » qui stigmatise certains quartiers, mais oublie le 16e arrondissement de Paris dont certains habitants ont témoigné récemment de leur mépris pour les valeurs fondamentales de la République. Celui de la guerre civile menaçante, qui mérite d’être historiquement réévalué quand on sait que Jules Ferry décrivait en 1880 la France comme un « pays inflammable » nécessitant « une école qui concilie, qui réunit, qui répare »[5]. Celui encore du « système éducatif », qui laisse croire à une architecture pensée par un architecte, alors que la construction  académique française est le fruit d’une histoire multiséculaire et de sédimentations qui de l’Ancien régime à celui de Vichy ont, en passant par les républiques et l’Empire, commencé par le toit, puis le milieu, et fini par les fondations. Ceux, enfin,  selon lesquels il suffit que les savoirs soient transmis pour qu’ils soient acquis ...

A ces incertitudes s’ajoute un contexte démographique potentiellement dévastateur. S’apprêtent en effet à frapper aux portes des filières de l’enseignement supérieur les générations du baby-boom des années 2000 : à court terme, environ 40.000 bacheliers supplémentaires se présenteront dans les filières postbac, soit l’équivalent, chaque année, d’une université de belle taille.
Faute d’avoir suffisamment anticipé ce choc pourtant inscrit de longue date dans les courbes démographiques et les projets politiques ...

.... "Nous, parents d’élèves, considérons que cette réforme a été engagée sans concertation suffisante, ni les moyens nécessaires pour répondre à toutes nos attentes", affirme la Fcpe. "Les nouvelles pratiques pédagogiques annoncées telles l’accompagnement personnalisé (AP) et les enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI) sont trop peu définis et non financés... La mise en oeuvre de cette réforme, à l’instar de la carte des langues dévoilée le 22 janvier, génère déjà de nombreuses inégalités territoriales... La FCPE ne peut cautionner la mise en oeuvre d’une réforme dont les premiers signes ne respectent pas son esprit initial"...

... De quoi parle-t-on exactement? Pour faire un match, il faut jouer selon les mêmes règles: l’école privée, bien que largement financée par les deniers publics et appliquant les mêmes programmes scolaires, est payante, premier filtre. Et elle n’a pas d’obligation d’accueillir tous les élèves, deuxième filtre. ..
... «Cette volonté d’ouverture largement partagée –il en va parfois de la survie économique des établissements– s’accompagne, quoique de manière marginale, de réactions de parents qui, jugeant les écoles privées sous contrat trop mixtes socialement et/ou religieusement, les quittent pour créer des écoles hors contrat.» ...
Surtout, elle n’est pas soumise à la sectorisation, la fameuse carte scolaire.

...La ghettoïsation par le haut des établissements privés et la dualisation des secteurs public et privé peuvent faire l'objet de plusieurs explications. D'une part, les collèges privés sont situés davantage dans les quartiers favorisés du centre-ville et cette implantation géographique exerce un effet sur leur recrutement social. D'autre part, les directions diocésaines ont tendance à fermer leurs établissements au recrutement plus populaire car ceux-ci sont délaissés par les parents recherchant un établissement privé. Les nouveaux établissements privés sont construits préférentiellement dans les communes aisées..
 ... L'enseignement catholique défend avec constante sa liberté de choisir ses élèves. Il s'est toujours opposé à des mécanismes de carte scolaire ou de régulation sociale de son recrutement. Quelle a été le résultat de cette politique ? Cette liberté des établissements privés a contribué à leur fermeture sociale, non à leur mixité. La liberté de choix a primé sur le principe d'égalité, en l'occurrence l'inscription de «tous les enfants sans distinction d'origine, d'opinion ou de croyances». ...

... Que ressortira-t-il de ces différents rapports, s’ajoutant à ceux des associations d’élus et des Caisses d’allocations familiales (CAF), et interrogeant, tous azimuts, tout le spectre des nouveaux rythmes ?..
... Pris entre le temps de l’école et celui de la politique, la gauche peut difficilement différer. D’autant que les opposants à la réforme mettent, eux, en avant leur propre bilan : 98 % des 800 professeurs des écoles parisiens sondés par le SNUipp-FSU-Paris, fer de lance de la contestation des nouveaux rythmes, estiment que les «objectifs ne sont pas atteints». «Les élèves sont plus fatigués, moins disponibles pour les apprentissages. Leur comportement s’est dégradé», soutient Jerome Lambert, porte-parole syndical, en résumant l’enquête rendue publique le 9 mai.
Reste qu’à un an de l’échéance présidentielle

... C'est un constat bien sombre que dresse ce service du premier ministre sur l'Ecole. Un peu comme si, entre 2012 et 2016, pas grand chose ne s'était passé en éducation. Un constat qui ressemble à ce qui s'écrivait au début d'un quinquennat : une école où on n'investit pas assez, où les inégalités se creusent et où la pédagogie n'est pas adaptée au monde de demain. L'étude d'ailleurs utilise largement les données de Pisa 2012...
... " Une troisième difficulté réside probablement dans l’organisation du travail des enseignants. Selon l’enquête TALIS, en 2013, les enseignants français travaillent de manière très individuelle (78 % disent ne jamais observer le travail de leurs collègues en classe, contre 45 % en moyenne dans l’OCDE) et utilisent peu les méthodes pédagogiques dites «actives» ou une pédagogie différenciée selon le niveau des élèves (22 % contre 44 % en moyenne)"...

Le système éducatif français est à l'image de la société qui l'a construit : violent et inégalitaire. Inégalitaire car il ne se contente pas de refléter les inégalités sociales existantes mais les perpétue et les aggrave. Violent car cette reproduction, le tri et le dressage qu'elle opère, sont oppressifs pour les élèves de la maternelle à l'université.
Les gouvernements successifs portent une responsabilité majeure dans ce processus : par leur refus d'accorder les moyens nécessaires à une éducation pour tous et toutes et d'entendre tous les acteurs et toutes les actrices de l'éducation ; par leur conservatisme sur les contenus enseignés et les pédagogies utilisées ; par leur peur et stigmatisation, enfin, des élèves des quartiers populaires et des zones délaissées.
Nous ne pouvons accepter cet état de fait. Contre une éducation de structure répressive, du tri social et de l'obéissance irréfléchie, battons-nous pour une éducation émancipatrice, qui développe l'esprit critique des élèves,  qui favorise leur autonomie et leur épanouissement personnel.


... Pour certains, le cauchemar va bientôt prendre fin. Pour d’autres, sans doute un peu moins nombreux, il reste deux jours de parenthèse enchantée. C’est en effet dimanche que s’achève le défi lancé par trois écoles élémentaires de Noisy-le-Grand (Jules-Ferry, Haut-Bâton et Gavroche) : 7 jours sans écran.
Selon un premier bilan tiré ce vendredi, l’expérience est très positive. Pour obtenir ces résultats, les enseignants ont vraiment joué le jeu, les parents beaucoup moins.
La télévision, bannie du salon ? Le téléphone portable à la poubelle ? Le retour en fanfare du Monopoly ? Non, sans doute pas...

...  "jette un stylo par la fenêtre", "lèche la vitre", "cachez-vous tous sous la table"… Autant de défis qu'un élève de 5e et ses quelques camarades ont accepté de relever en plein cours de mathématiques, dans un collège de Belfort. Au tableau, le professeur tente de corriger des exercices mais semble avoir échoué à maintenir un semblant de discipline dans sa classe. ..
... "On ne se fait jamais prendre ! Le prof nous voit avec le téléphone et nous demande juste de le ranger : la plupart ne connaissent pas Periscope !"....

... Le «coin portable» se reconnait à son attroupement d’élèves, à l’image des anciens coins fumeurs des lycées.
Le fait de concentrer les élèves à un seul endroit facilite le travail des surveillants qui veillent notamment à ce que les élèves ne prennent pas de photos ou de vidéos. «Il y en a qui le font, on les voit passer sur les réseaux sociaux», reconnait la CPE qui regarde régulièrement les profils (non protégés) de certains élèves.
En dehors de ce coin portable, le règlement dit que les téléphones doivent être éteints. Si un élève enfreint cette règle, son portable passe la journée dans le coffre-fort de l’établissement.
La direction tient les comptes des premiers avertissements : en cas de récidive, les parents sont convoqués pour venir le chercher...
... Les apiculteurs français en sont tout abasourdis : le moratoire européen sur certains usages des néonicotinoïdes semble jusqu’ici avoir été inopérant. Depuis sa mise en place en 2013, l’utilisation de ces insecticides, mis en cause dans l’effondrement du nombre d’abeilles et de pollinisateurs sauvages (bourdons, papillons, etc.), a même explosé. C’est le principal enseignement des statistiques obtenues, jeudi 26 mai ...
...  «Il y a des moyens pour contourner les interdictions de certains usages des néonicotinoïdes», dit-il.
«L’écart entre la réalité et le discours du ministre de l’agriculture [Stéphane Le Foll], qui se pose en défenseur des abeilles, est choquant, ...

... Dix millions de tonnes de nourriture sont jetées chaque année en France. Soit l’équivalent de 16 milliards d’euros et de 15,3 millions de tonnes de CO2. Ce sont les chiffres d’une étude, inédite par son ampleur, publiée par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), jeudi 26 mai. L’organisme, qui lance une vaste campagne de communication et de sensibilisation «Ça suffit le gâchis», confirme que le gaspillage alimentaire est bel et bien une aberration, tant éthique qu’économique et écologique...
... En réduisant de 80 % ses pertes et gaspillages, Mouans-Sartoux, ville des Alpes-Maritimes de 11 000 habitants, a ainsi pu passer ses cantines scolaires au bio, à coût constant. Et ce faisant, favoriser la conversion des agriculteurs locaux au bio. Les parents, quant à eux, non indifférents à ce qui se passe à l’école de leur enfant, sont amenés eux-mêmes à changer leurs habitudes....



.. Enfin, si les acteurs de terrains ne sont pas contents c’est parce que l’école, malgré ces efforts qu’on les juge insuffisants ou pas, ne change pas vite. Les 60.000 postes promis durant la campagne ont bien été au rendez-vous mais ils se voient très peu sur le terrain car ils sont surtout passés dans la formation des enseignants et ont été dispersés. Du coup, le problèmes du non-remplacement des enseignants absents reste très aigu, comme en Seine-Saint-Denis. La grande difficulté scolaire de certains élèves, l’alarmante vétusté d’une partie des établissements, comme à Marseille, ou le contournement de la carte scolaire restent des réalités qui plombent l’école publique dans de nombreux territoires.
Alors qu’est-ce qui a évolué dans le bon sens depuis quatre ans? Notre système est-il plus juste, plus efficace, plus épanouissant? À l’exception notable de bons chiffres de baisse du décrochage scolaire, on ne sait pas trop...

A l’aune de ce consensus, deux désastres s’annoncent. Le premier concerne la substitution progressive à la présence humaine d’un incroyable fatras de prothèses numériques (…) et bien sûr, pour justifier le tout, une armée d’experts complaisants, aussi agiles à protéger leur progéniture de cette folie qu’à s’assurer une confortable notoriété en vantant partout le génie de ces formidables outils.
Comment peut-on sans honte proférer de telles impostures ? Comment peut-on laisser croire qu’un écran pourra jamais approcher la puissance onto-génétique d’un parent attentif, d’un enseignant compétent ou d’un copain de jeu ? (…) »
.. une volonté assumée de faire table rase des trois mesures les plus emblématiques portées par la gauche: nouveaux rythmes, nouveau collège, nouveaux programmes. Trois des réformes les plus décriées, aussi.
Et après?? Plus qu’un programme, c’est un empilement d’idées-chocs et de formules magiques – «CP +» pour les écoliers en difficulté, service militaire adapté pour les décrocheurs, préapprentissage en classe de 4e, internats de réinsertion scolaire… – qui résonnent sur la scène politico-médiatique. Et pas, ou peu, dans les «salles...

... «La droite, sous couvert de modèle éducatif, ­livre en réalité une tribune, reprend le sociologue François Dubet. Elle passe ainsi à côté des vrais problèmes de l’école. Car la difficulté ne vient pas d’enseignants en manque d’autorité ou d’autonomie, mais bien d’enfants qui n’apprennent pas…» Pour qu’ils y parviennent, la recherche a montré l’apport des classes hétérogènes, d’un «tronc commun» le plus long possible; l’importance, aussi, de ne pas externaliser la difficulté scolaire en boutant hors de la classe les élèves les plus fragiles...

... Les chiffres de l’observatoire marquent un tournant : «Même avec un diplôme élevé, quelle que soit l’origine, les habitants des quartiers sont fortement exposés au chômage», souligne l’ONPV.
Le taux de chômage des niveaux bac + 2 et plus est presque trois fois supérieur à celui des unités urbaines proches (18,8 %, contre 6,5 %). Le décalage est aussi marqué pour les populations les moins diplômées, dépassant 31 % pour les personnes sorties du système scolaire sans BEP ni CAP...

... En France, deux enfants meurent chaque jour de maltraitances infligées par leurs parents et 45% des Français soupçonnent un cas dans leur entourage, selon un sondage réalisé en 2015 par l’association l’Enfant bleu. Et si, pour beaucoup, donner une fessée n’équivaut pas à frapper son enfant, selon un rapport de l’Unicef de 2003, il existe un «risque que la punition physique débouche rapidement sur des formes plus graves de violence». En effet, la limite entre «punition raisonnable» et maltraitance est variable...

 

... Reste à savoir si une hirondelle numérique suffit à faire un printemps pédagogique.
Sur bien d'autres sujets, à commencer par la réforme du collège, «bottom up» et «liberté pédagogique» ne semblent pas à l'ordre du jour. On ne change pas une culture institutionnelle par simple décret : de nombreux témoignages de terrain alertent sur la persistance de réflexes autoritaires voire autoritaristes de la hiérarchie intermédiaire, y compris parfois sur la question des usages numériques.
Mais plane surtout l'ambiguïté de l'idée de «renforcer le rôle des enseignants». Tout dépend ici du rôle qu'ils s'assignent, tant on sait que le numérique peut servir les meilleures comme les pires ambitions – il accroît la coopération comme le contrôle, il appelle la créativité comme la soumission aveugle, il donne accès au savoir comme il démultiplie la rumeur…
L'avenir dira donc si un changement de méthode suffit à entraîner un mouvement effectivement… révolutionnaire.

Y a-t-il un pilote dans le consensus ?

La réponse hautement probable est oui. Et un pilote d'une redoutable efficacité, qui sous des apparence d'ouverture et de démocratie a dirigé la rédaction de 47 recommandations présentées comme des certitudes, dont les premières sont tellement dangereuses pour les petits, tellement contraires à leur intérêt, à leur psychologie, aux moyens qui sont les leurs, que ne pas protester devient de la non assistance à enfants en danger.
Je considère de mon devoir de dénoncer ce danger en analysant, ne serait-ce que la première de ces recommandations, avec les présupposés qui la sous-tendent, et les conséquences qui vont s'en suivre, ceci afin de tenter désespérément de convaincre mes collègues de maternelle et de CP de ne pas les suivre, s'ils ne veulent pas détourner de la lecture une bonne partie de leurs élèves.

... "Dans ma classe de CE1, nous sommes 31 élèves mais il n'y a que 20 places assises..." C'est par ces mots que Robin, 8 ans, débute sa lettre au président de la République...
... Robin a lu la lettre du président à ses copains de classe et il a ensuite décidé d'envoyer une deuxième lettre au Président dans laquelle il évoque ses cousins de Loraine. "Ils ont tous une table et une chaise. Ils ont même des tablettes, des salles infos, une classe par salle, pas de rats..." Et de conclure, "c'est le minimum pour travailler : une table et une chaise. Nous sommes à 3 par banc de 2 élèves." ...

... Education : la France déçoit
Du côté de l'éducation, "très peu de pays sont parvenus à réduire à la fois l'écart de réussite et le nombre d'élèves en difficulté en lecture". Auparavant exemplaires, la Finlande et la Suède ont même vu augmenter les inégalités et le niveau de réussite baisser. Dans tous les pays de l'OCDE, les enfants les plus défavorisés éprouvent un retard équivalant à trois ans de scolarisation en lecture par rapport à "l'enfant moyen"
La France déçoit tout particulièrement: "le fossé entre les performances des élèves en fonction de leur milieu social est très important", d'après le rapport.
Egalité à l'école : la France 35ème sur 37
Les inégalités se renforcent en France où les élèves défavorisés accusent un retard scolaire "très préoccupant"
Le pays de Jules Ferry est classé par l'Unicef 35e sur 37 pays de l'OCDE en termes d'écarts de performance en lecture, maths et sciences en fonction du milieu social...

... si la France se situait en milieu de tableau en 2010, elle figure aujourd’hui parmi les pays les plus inégalitaires, au 28e rang en moyenne, mais au 35e sur 37 en éducation, au 23e sur 35 en santé,  au 28e sur 35 en satisfaction dans la vie, alors qu’elle se situe 13e sur 41 en revenus....
... Parmi les plus inégalitaires, la France ne devance que la Belgique, le Luxembourg, la Slovaquie, l’Italie, la Bulgarie, la Turquie et Israël...

... le bilan est alarmant. «Ce rapport, qui étudie la queue du peloton, montre que les inégalités s’accroissent et que la France est particulièrement mal placée, que ce pays est parmi les plus inégalitaires, la situation est vraiment en train de déraper», constate Olivier Thévenon, économiste à la division des politiques sociales, à l’OCDE...

 
... Reconnu comme étant l’un des plus difficiles de France. En dépit de ce label, nous avons perdu 60 heures d’enseignement annuel depuis la rentrée 2014, 200 heures depuis 2007. En dépit de ce label, notre équipe enseignante est très peu expérimentée et vient apprendre le métier auprès des enfants pauvres, là où des professeurs chevronnés, sûrs de leur discipline et de leur motivation, sont réservés aux élèves plus favorisés des centres-villes : en moyenne, un enfant des banlieues coûte à l’État 30 % de moins qu’un Parisien. En dépit de ce label, du fait du mauvais encadrement des équipes et de leur manque chronique de formation, avec environ 7 professeurs absents par jour, les élèves perdent en moyenne 150 heures d’enseignement par semaine. En dépit de ce label, et de la perte des heures enseignées, les effectifs de notre collège ne cessent d’augmenter, et il doit recevoir une cinquantaine d’élèves supplémentaires à la rentrée prochaine...

... Le taux de pauvreté des enfants franciliens s’établit au niveau régional à 24,3% en 2013 (contre 22% quatre ans auparavant), soit une progression de +2,3 points par rapport à 2009. Fin 2013, la pauvreté frappe donc en Île-de-France près d’un enfant sur quatre...

... Le ministère de l'Education estime que plus de 700 000 élèves sont affectés chaque année par le harcèlement. «Les risques sont plus grands en fin d'école primaire et au collège.» 4,5% des collégiens sont victimes de cyberharcèlement. Deux numéros vert ont été mis en place : le 3020 et le 0 800 200 200, plus spécifique au cyberharcèlement...
... Le cyberharcèlement a pour moi largement pris le dessus sur la bonne vieille altercation et il nous semble important d’accentuer nos efforts là-dessus. En général, sur les dix gros problèmes disciplinaires que l’on rencontre dans l’année, neuf sont des conséquences de choses qui se passent sur les réseaux sociaux le soir ou le week-end. Avant, le jeune harcelé se disait qu’en rentrant à la maison, il allait pouvoir respirer. Ce n’est plus le cas avec le cyberharcèlement.
Malheureusement, exister sur les réseaux sociaux est une chose extrêmement importante pour les élèves aujourd’hui et ils n’ont aucune maîtrise de ce qu’ils font ou ce qu’ils disent...
... Dans ce bureau, face à moi, j’ai souvent des parents qui sont complètement effondrés. «Facebook ? Ah non, il n’est pas abonné. Si?» Et là les parents tombent des nues. ..

... Ils réclament une «école normale», «des classes avec un instituteur tous les jours devant les élèves». Ce mercredi, près de 200 maternelles et primaires de Seine-Saint-Denis seront occupées par les parents pour dénoncer le non-remplacement des profs absents...
... en moyenne 400 classes sur 8 309 se retrouvent, au quotidien, sans maître ou maîtresse. Un chiffre invérifiable. Aucune donnée officielle n’est transmise par l’Education nationale...

... il y a une prise en charge du secteur associatif à travers notre intervention, et j’en suis très heureux.»
Pourquoi c’est contestable
Difficile de savoir à quoi fait référence le ministre lorsqu’il parle de «prise en charge du secteur associatif». En outre, les acteurs de ce dernier se plaignent depuis de nombreuses années de voir la réduction progressive de leurs subventions. Toutes s’estiment victimes de la chute des dotations de l’Etat ...
... le budget consacré au sport, à la jeunesse et à la vie associative a augmenté de près de 65 % en 2016. Mais c’est avant tout à la faveur du développement du service civique, évoqué ci-dessus. Le développement de la vie associative a certes vu les crédits qui lui sont alloués augmenter de près de 9 millions d’euros en 2016 par rapport au budget 2015, à comparer aux 153 millions supplémentaires alloués pour les services civiques...



... Au Proche-Orient, il y a 14 millions d’enfants traumatisés, orphelins, mutilés, abandonnés, non éduqués ou survivant dans des familles misérables. Quand on est en détresse, on est vulnérable. Quand on coule, on s’accroche à tout ce qui flotte. C’est dans le chaos que poussent les héros. Les meneurs d’âmes vous indiquent le chemin, la cause du mal et les moyens de s’en sortir. Dans des conditions dramatiques, un grand nombre de jeunes deviennent ainsi des armes consentantes.» ...
... Toutes les cultures ont inventé des initiations pour adolescents, sauf la nôtre, qui a inventé des initiations tout autres comme le baccalauréat. Les gosses sont inertes, ils ne bougent pas. On sélectionne nos enfants sur leur aptitude à ne pas bouger, à la sédentarité. D’où l’apparition d’une nouvelle forme de pathologie qui n’existe qu’en Occident: l’hyperkinésie. 

En Ile-de-France, 15% (1,8 million) des 12 millions d'habitants disposent de moins de 990 euros par mois par unité de consommation et la moitié d'entre eux de moins de 750 euros, selon un rapport de l'association ...
... «Il y a plus de personnes pauvres» et leur niveau de pauvreté «s'aggrave», s'inquiète Hervé Du Souich, président du Secours Catholique Ile-de-France. «On veut lancer un cri d'alarme: jusqu'où on va continuer dans ce sens-là?»
De plus en plus d'enfants touchés. Cette précarité touche aussi les enfants franciliens, dont le taux de pauvreté a grimpé de 22% en 2009 à 24,3% en 2013, une hausse encore plus marquée en Seine-Saint-Denis, avec des conséquences directes sur la santé (malnutrition, obésité) et l'échec scolaire.
Un manque de logements «très sociaux». Les zones les plus pauvres, comme la Seine-Saint-Denis ou le nord-est parisien, sont aussi celles qui concentrent le plus de centres d'hébergement d'urgence, ajoutant de la pauvreté à la pauvreté.
Et «les logements sociaux actuellement construits ne sont pas adaptés au profil des demandeurs» ... 
... «On va vers une bio à deux vitesses», explique Brooks Wallin, du syndicat professionnel Natexbio. «D’un côté, la bio avec des matières premières françaises et le souci des emballages biodégradables. De l’autre, la bio commerciale où le prix domine et la provenance des matières compte moins. Cette bio-là avance à vitesse grand V au niveau mondial.» ...

... «La grande distribution vante l’accroissement de ses gammes bio, mais en lisant cette charte, j’espère qu’elle comprendra que l’agriculture biologique ce n’est pas qu’un cahier des charges, ce sont aussi des valeurs et un système différent qui replacent l’humain au centre de tout» ...

... Le problème vient, souvent, d’une conception très étroite de l’utilité des apprentissages : une utilité qui doit se voir, qui doit sauter aux yeux, tomber sous le sens, imposer son évidence. Il faut, somme toute, qu’un apprentissage serve à quelque chose de manifeste, qu’on lui voit une conséquence immédiate, qu’on en perçoive facilement un prolongement direct, une application visible, qui en serait une justification indéniable.
Apprendre à lire, on voit bien à quoi cela va servir, apprendre à écrire, à compter aussi. Apprendre à parler anglais, c’est assez parlant également, on voit bien l’utilité de la chose. Pour d’autres apprentissages, c’est plus compliqué ...

Et concernant les données, ces datas qui bien exploitées servent à bien, trop bien, nous connaître individuellement et collectivement?
Est-ce qu’on en parle à l’école? Réponse du prof de maths de Slate, Thomas Messias:
    «Que dalle. Et du côté des maths, on reste dans la pure superficialité. Le programme est tellement contraignant qu'on ne peut pas tout envoyer valser pour parler data... Un élève de première S, par exemple, ne sortira jamais le nez des théorèmes de maths et des tubes à essais de chimie. (…) On est toujours dans l'abstrait, le purement scientifique.»
L’école paraît donc décalée, face à des gamins sont souvent laissés à eux-mêmes sur ces sujets-là.
    «Sauf s'ils font la démarche eux-mêmes ou si leur environnement familial est favorable à la discussion, les élèves ne sont au courant de rien....
...     Dans le monde du futur, nous aurons besoin de travailler de manière plus coopérative et collective. Au lieu de cela, l’école ne cesse de mettre les enfants en compétition
J’y ajouterai aussi la curiosité qui n’est pas beaucoup stimulée par les activités des enfants...

Toute la jeunesse ne se reconnaît pas dans ces valeurs. Elles se diffusent largement parmi les diplômés, notamment dans ceux des grandes écoles, mais ne convainquent pas celles et ceux qui croient aux vertus du «vrai métier», celui qu'on embrasse au sortir des études et «dont on aura toujours besoin» - du plombier au médecin. Surtout : elles demeurent étrangères à ceux qui restent de l'autre côté de la barrière du diplôme, barrière toujours plus élevée et dont l'effet délétère est renforcé par l'importance des droits attachés au CDI (ou au fonctionnariat) - toutes celles et tous ceux qui ont tenté de décrocher un prêt ou de louer un logement sans le précieux sésame en savent le prix.
L'unanimité intergénérationnelle qui se dessine dans les rues contre la loi Travail n'est donc peut-être qu'une illusion...

... Que sait-on de la scolarisation actuelle des moins de trois ans ? Ce que montrent les chiffres c'est que la droite a largement coupé dans la scolarisation avant trois ans. De 2001 à 2012 le taux de scolarisation a été divisé par trois , passant de 35 à 11%. Au primaire les restrictions de postes se sont d'abord sur ces enfants. Mais depuis 2012, on ne peut pas dire que l'effort ministériel ait été surhumain. Il y avait 91 000 enfants de moins de trois scolarisés en 2012. Il y en a 93 600 à la rentrée 2015. Si le ministère a créé 25 000 places il est clair qu'elles ont servi à scolariser d'autres enfants plus âgés...

... La refondation c'est la promesse d'une école plus juste mais les résultats des jeunes de milieu populaire continuent de chuter...
... les parents qui vivent dans la grande pauvreté veulent que leurs enfants réussissent à l'école.
Or l'Ecole les élimine très tôt. "Les parcours scolaires des enfants pauvres sont édifiants : aucun n'a un parcours normal", dit-elle. Par exemple, on compte 84% d'enfants de pauvre en Segpa. L'Unapei, une association d'enfants handicapés, se plaint que les IME soient pleins d'enfants handicapés de la seule pauvreté. Ainsi va le sort des 1.2 million enfants qui vivent dans la grande pauvreté dans l'Ecole de la République...


... - la cantine scolaire génère 80% de déchets en moins qu’en 2010 : triés et pesés, les déchets que 3 à 5 kg par repas (contre 25 kg avant); la moyenne française, en restauration collective, est de 150 g de déchets par assiette, à Mouans-Sartoux, 30 g.
- la réduction des déchets représente un gain de 20 centimes par plateau : 150.000 repas étant servis chaque année, c’est une économie de 30.000€ annuels qui a permis de financer le tout-bio.
- les repas sont passés de 20% bio en 2008 (1,90 € de coût aliments par repas), à 100% bio en 2012 (1,86 € par repas); le prix moyen de participation pour les familles est de 3,13 €, ce qui n’est pas plus cher qu’ailleurs. Sauf que, depuis 2012, les élèves de Mouans-Sartoux mangent 100% bio toute l’année...
... Mouans-Sartoux n’est pas un cas isolé : plusieurs dizaines de collectivités se sont déjà regroupées au sein de l’association «unplusbio» et ont signé le manifeste «Quand les cantines se rebellent» en faveur d’une restauration collective bio, locale, saine et juste...


... Le 2 avril, comme tous les ans c’est la journée de l’autisme ! Les monuments sont bleus, tout le monde sourit : c’est la fête. Les prises en charges, accompagnements et méthodes éducatives et comportementales, recommandées par la Haute autorité santé sont remboursées à 100% ! Des auxiliaires de vies scolaires sont formées et sont intégralement prises en charge par la sécurité sociale.
C’est en tout cas ce qu’affirme Madame Marisol Touraine au micro de Jean Jacques Bourdin sur RMC ce 24 mars dernier. Pas besoin d’être psychanalyste pour diagnostiquer un déni total de la réalité chez Madame la ministre de la Santé, doublé d’une sérieuse langue de bois....
... Pourtant ce n’est pas là une faute de moyens, puisque la sécurité sociale rembourse intégralement l’enfermement en hôpital psychiatrique de cette population, processus onéreux qui peut coûter jusqu'à 1500 euros par individu chaque journée, alors qu’un accompagnement en milieu ordinaire ne dépasse pas les 3.000 à 5.000 euros par mois...
... Difficile, ici, de ne pas parler d’une discrimination des autistes au service d’un gigantesque système de profiteurs, peu prompts à mettre à jour leur connaissances à la lumière des avancées scientifiques.
L’autisme concerne directement 600.000 personnes en France. Or tous les plans autisme qui se suivent et se succèdent ne s’évertuent qu’à pérenniser les structures existantes périmées, au détriment de solutions innovantes s’orientant vers l’aide à l’accès à une autonomie partielle ou totale des personnes autistes. On parle encore de créer des places ...

 
... On le sait cette coupure reflète une frontière sociale. Le bac général est le bac des classes sociales moyenne et supérieure. Sur les 139000 enfants de cadre, 77% passent un bac général et 9% un bac professionnel. Sur les 105000 enfants d'ouvriers, 45% passent un bac professionnel et 32% un bac général. D'un coté ceux-là font des études dans des établissements qui assurent un taux de réussite qui évolue vers les 100% de reçus. De l'autre ceux-ci sont maintenus dans des bacs professionnels où le taux de réussite stagne et même s'abaisse.

... il n’y a pas de mérite particulier à recruter des élèves triés sur le volet comme on le fait, par exemple, dans les établissements publics du Quartier latin à Paris et à obtenir ainsi 100% au bac...
... Si vous aimez les statistiques et les classements, regardez plutôt celui de l’école française par rapport aux autres pays de l’OCDE: c’est pas ouf comme disent les lycéens. La France est championne des inégalités socio-scolaires (cf. le fameux rapport Pisa). Et ça commence bien avant le lycée...
... ce n’est pas le bac qui pose le plus de problème. Les taux de réussite sont même hallucinants: plus de 91% dans les filières générales, 87,8% d’admis toutes filières confondues. En tout, c’est 77% d’une génération de jeunes Français qui accèdent aujourd’hui au bac. Si vous aimez les statistiques et les classements, regardez plutôt celui de l’école française par rapport aux autres pays de l’OCDE: c’est pas ouf comme disent les lycéens. La France est championne des inégalités socio-scolaires (cf. le fameux rapport Pisa). Et ça commence bien avant le lycée...


... Les instructions officielles adressées aux enseignants pour contourner la difficulté, non seulement ne font rien à l’affaire mais l’embrouillent encore davantage : d’abord, parce que replacer l’apprentissage de la Marseillaise dans le contexte de l’époque révolutionnaire, comme il est spécifié, ne correspond évidemment pas aux capacités cognitives d’élèves aussi jeunes, ensuite et surtout parce que, une fois cet obstacle éliminé, reste la contradiction fondamentale qui consiste à promouvoir une éducation à la citoyenneté qui s’appuierait sur la violence, la déshumanisation de l’autre vu comme un ennemi, la légitimité de la guerre, sur l’idée que, finalement, la fin justifie toujours les moyens. Peut-on prétendre faire grandir et éduquer en banalisant des mots, des conduites, des représentations aussi peu fondées moralement, en opposition avec toutes les valeurs que l’école encourage au fil des ans ?
De nouvelles paroles pour la Marseillaise : un bon début…

... celui qui arbore la mine contrite d'un enfant de choeur qui aurait bu du vin de messe à l'insu de son plein gré. «Si l'enseignement privé donne de bons résultats, nous n'avons aucune raison de vouloir nous en passer et nous devrions même desserrer les carcans qui en limitent la portée. Depuis un quart de siècle, la part des établissements privés sous contrat est limitée à 20%. Il faut se poser la question de savoir s'il convient de revenir sur cette contrainte, surtout si l'on voit naître de plus en plus, dans toutes les couches sociales, une volonté de libre choix qui n'a plus rien à voir avec l'élitisme ni avec les vieux ressorts religieux de la ''guerre scolaire''. Je n'ai pas sur ce point de doctrine établie. Je soumets cette question à une réflexion qui prendra le temps qu'il faudra» ...

... La réussite d’un lycée relève d’une «construction complexe» qui ne peut être pensée hors sol. «Pour avancer, peut-être peut-on déjà arrêter de feindre l’indignation quant à la mise en concurrence des deux secteurs, lâche M. Dubet. C’est oublier que les familles qui ont les codes de l’école exercent aussi leur choix d’établissement dans le public !»



... les plus jeunes préfèrent les activités calmes et statiques à d’autres loisirs plus physiques. Selon des chiffres du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA), ils passent en moyenne deux heures devant un écran d’ordinateur, leur télévision ou les yeux rivés sur une tablette. Et seuls 50% d’entre eux respectent les 60 minutes d’activité physiques recommandées par les médecins...
... les plus jeunes sont de moins en moins performants. Avec un exemple édifiant : les enfants couraient en moyenne un 800 mètres en trois minutes en 1971. Un peu plus de 40 ans plus tard, c’est quatre minutes qu’il leur faut pour parcourir la même distance.
"En 40 ans, nos collégiens ont perdu environ 25 % de leur capacité physique”, déplore le Professeur François Carré, cardiologue au CHRU de Rennes dans un communiqué de la Fédération Française de Cardiologie. ..

En principe c'est très simple. La loi d'orientation prévoit la création de conseils école - collège (CEC) chargés de veiller à la continuité pédagogique entre le premier et le second degré. Mais qu'en est -il réellement ? Les CEC sont-ils réellement opérants ? De quoi s'occupent-ils ?...
... Des remarques qui montrent que le fossé est bien plus profond. D'abord parce que le système éducatif envoie des injonctions particulièrement contradictoires en fixant des principes éducatifs mais en ne créant pas les conditions minimums pour leur existence. Ensuite parce que les objectifs même de l'interdegré semblent flous...
Quand ils ne récupèrent pas leurs enfants, le pantalon mouillé à la sortie de l’école Paul-Langevin de Villejuif, ils ont parfois le corps couvert de plaques rouges...
... Ce virus, qui se transmet par voie respiratoire ou contact direct, peut également entraîner une mononucléose. D’autant plus que son fils Alexis, 7 ans, l’a aussi attrapé. Samia met en cause les conditions d’hygiène : «Ma fille ne veut plus aller aux toilettes là-bas, elle dit ’maman, ça pue’. » Les témoignages s’enchaînent, sensiblement les mêmes. «L’odeur est toxique, ça sent jusque dans le couloir...

... Il y a dans le monde quelque 500 000 enfants soldats. Ce ne sont pas nos ennemis, ce sont des enfants de sociétés qui se délitent. Face auxquels le choix martial est absurde. Le traitement qui s’impose n’est plus militaire, mais social. Réfléchissons donc à un travail de containment et de police internationale plus que d’action militaire internationale...

... Babar Baloch, lui, a d’autres préoccupations : «Vous voyez tous ces enfants ?» lance-t-il en montrant ceux qui jouent dans la boue d’Idomeni. On en compte plus de 4 000 pour tout le camp. «Ce qu’ils vivent va marquer leur mémoire. Les dirigeants européens ne pensent qu’au court terme. Mais un jour, ils subiront l’effet de boomerang de ces générations sacrifiées, qui n’oublieront pas comment l’Europe les a rejetées.»...



...L’idée est née après les attentats de janvier 2015. Pour permettre aux élèves de s’informer de manière plurielle avec des sources d’informations fiables et de «se repérer dans la masse d’informations disponibles», indique la ministre de l’Éducation Najat Vallaud-Belkacem. L’offre est totalement gratuite pour les établissements et sans obligation pour les élèves...
 ... Reste que l’opération sonne un peu comme une opération de la dernière chance pour la presse française pour séduire la jeunesse…
...  «Il vaudrait mieux apprendre aux profs à lire sur Snapchat, non?»
Peut-être! D’autant que de plus en plus de médias, de Vice à CNN, sont présents sur l’application et Le Monde prépare son arrivée prochaine sur le réseau social préféré des ados. On attend avec impatience le partenariat Snapchat/Éducation nationale.

... «Notre volonté est de prêter les tablettes aux familles et non aux élèves. Le bien reste au collège, c’est un prêt : il faut donc que la famille aide à faire en sorte que le bien reste accessible, en bon état et que les enfants pensent à les recharger... Ça nous fait un peu peur.» ...
...      «Par le biais de l’introduction des tablettes dans les milieux familiaux, on a l’intention de revenir à des notions de coéducation parfaitement classiques. Parler de l’heure à laquelle il faut arrêter les écrans, le fait qu’il est préférable de ranger la tablette dans le cartable et le cartable loin de la chambre et aussi parler des autres écrans, notamment les portables, avec lesquels s’endorment certains enfants.»
Quand un conflit entre élèves implique des embrouilles sur les réseaux sociaux, Christian Garcia voit passer des captures d’écran où apparaissent des «heures de connexion dantesques»...

... Le ministère fait sans cesse de nouvelles annonces, sans qu’en amont, personne ne se demande par qui et comment ces nouvelles mesures vont être mises en œuvre. Pour nous inonder de circulaires, ça, ils savent faire ! Mais pour nous dire qui fait quoi et comment, là, rien n’est prévu. Les chefs d’établissement doivent se débrouiller...
... On est aussi pris dans des injonctions contradictoires, comme avec cette histoire de classes bilangues. Il y a quelques années, on nous encourageait à en ouvrir partout...

... En cherchant un peu, la journaliste a pu découvrir que les enseignants sont moins absents que la moyenne des fonctionnaires. En allant chercher un peu plus loin, elle aurait trouvé que les enseignants sont également moins absents que la moyenne des employés français, tous secteurs confondus.
Voilà le mythe des profs champions de l’absentéisme bon à jeter à la poubelle…
... Le vrai souci, dans l’absentéisme des enseignants, c’est qu’il se voit comme le nez au milieu de la figure. Passe encore en collège ou en lycée : quand un prof est absent, cela fait un trou d’une ou deux heures dans la journée des élèves. Mais en primaire, un prof absent, c’est 25 à 30 élèves qui restent cartable au dos. Sauf si le prof est remplacé, évidemment. On comprend alors que le fond du problème n’est pas l’absentéisme enseignant, mais le non remplacement des profs absents ...

... Le décrochage scolaire, qui voit chaque année plusieurs milliers de jeunes s’évaporer du système éducatif, est une réalité complexe, du moins le croyait-on jusqu’à ces dernières semaines lorsque l’Education nationale, jusque là fort démunie, a fièrement fait savoir qu’elle tenait enfin sa solution : confier les décrocheurs à l'armée...
... Le tout, en étroite collaboration avec la Mission de lutte contre le décrochage scolaire (MLDS) dont on découvre ici le volontarisme et l’imagination sans limites...



... Ils se disent surpris. «Ça nous a étonnés qu’autant d’enfants de CM1 et CM2 aient un portable. Nous, on a eu notre premier téléphone en troisième…» ...
... 28 % des CM1-CM2 (9-10 ans) ont un téléphone portable (dont 60 %, un smartphone). En quelques années, l’âge de l’arrivée du premier portable a chuté...
... Autre étonnement pour ces lycéens, 17 % des CM1-CM2, et même 10 % des CE2, sont inscrits sur un réseau social, Snapchat, Skype et Instagram en tête, alors que cela est théoriquement interdit avant l’âge de 13 ans, notamment en raison des risques de harcèlement...
... Les alertes et autres bips en réveillent la moitié, la plupart consultent le message et, pis, 79 % y répondent. Les plus jeunes se donnent parfois rendez-vous la nuit...

... Ils ont entre 16 et 25 ans, ils ont grandi dans les campagnes misérables, élevés par leurs grands-parents tandis que leurs parents travaillaient en ville. Internet leur a donné accès aux images de la société de consommation et les a fait rêver à une vie urbaine «pleine de richesse et de merveilles», comme dit Tian Yu, une jeune fille de 17 ans.
Dès qu’ils peuvent, ils prennent le train ou le bus et partent s’embaucher dans les grandes usines. Ils y découvrent épuisement, brimades et solitude. Certains en meurent, tous sont brisés...
... Dans son usine, la chaîne de montage fonctionne jour et nuit. Les journées de travail durent douze heures, les cadences sont infernales. Chaque geste est chronométré à la seconde près, les pauses sont restreintes et les humiliations publiques, fréquentes. Isolés, exténués, les ouvriers souffrent de solitude et de dépression.
Pourtant, chaque matin, les managers crient à leurs employés : «How are you ? ? ?» Les ouvriers sont obligés de répondre : «Good, very good ! ! !» ...
... Eux ne peuvent même pas se payer l’iPhone qu’ils ont assemblé, raconte Yu ...
Parmi les commentaires :
"Oui mais grâce à Yang je vais avoir un Samsung Galaxy S7 avec lequel je pourrai en toute quiétude préparer et commenter la révolution.......numérique. Merci camarade."

.. Léa (un pseudo), 26 ans, professeure des écoles dans les Deux-Sèvres, a stalké ses CE2 pour la première fois. Elle les a entendus parler de Facebook dans la cour et se demandait s’ils y étaient (alors que le réseau social est théoriquement interdit aux moins de 13 ans).
    «Sur 25 enfants, j’en ai trouvé quatre ou cinq. Rien n’était privé, tout était public. Ils n’étaient pas très actifs, si ce n’est pour jouer à “Candy Crush” et d’autres jeux jusqu’à tard le soir. J’ai mieux compris pourquoi ils étaient fatigués en classe !» ...
... «J’ai trouvé des choses anodines : le nom des petits copains, les photos des vacances, les états d’âme... Pour que ça ait vraiment un sens pour eux, et une portée, j’ai projeté au tableau leurs pages Facebook, en leur précisant bien évidemment que je ne leur voulais et souhaitais aucun mal.» ...



... Les NAP (nouvelles activités périscolaires) concernent près de 2 enfants sur 3 : 43% y participent tous les jours, 20% certains jours, 37% n’en fréquente pas du tout. 54% des enfants qui participent aux NAP n’ont pas choisi leur activité, et ils participent à 3 activités en moyenne dans l’année.
A la lecture de l’enquête, c’est l’hétérogénéité, voire l’inégalité des situations qui apparait ...
... La question la plus importante est sans doute celle du bien-être des enfants et là, l’avis des parents est sans appel : 69% des parents estiment que la réforme a eu un effet négatif sur le bien-être de l’enfant (42% plutôt négatif et 27% très négatif), 13% qu’elle est sans effet particulier et seulement 5% qu’elle a un effet positif 5% effet positif (1% très positif) sur leur enfant...

... une partie de la Génération Y (née vers 1980-1990) doit renoncer à économiser pour la retraite, vit au jour le jour, voire survit quand le poids de l’endettement est trop lourd. Jusqu’ici, la présidence Obama n’a pas pris la mesure de cette plaie qui obère l’avenir.
Un modèle pour «sauver» l’Université française ? Actuellement, ce grave problème ne préoccupe guère les médias dominants, américains ou français, plus friands des provocations de Trump sur les musulmans ou les immigrés et des pronostics sur le prochain hôte de la Maison Blanche. Pourtant, il s’agit de l’expérience quotidienne de 40 millions de jeunes Américains diplômés, ainsi que de leurs familles et amis qui sont nécessairement au courant de leurs difficultés. Or, certains admirateurs français de «l’Amérique» voudraient guérir l’Université française de sa misère, de sa «rigidité» (qui est celle de la loi sous laquelle elle doit fonctionner) ou de la prétendue «frilosité» de ses professeurs, en tentant de naturaliser en France les recettes américaines...

...  "On a plus de la moitié des étudiants qui travaillent pour financer leurs études, relevait William Martinet en début de semaine dans Le Figaro (...) Et là, finalement ce qu'on leur explique avec ce projet de loi Travail, c'est que non seulement ils seront précaires pendant leurs études mais que finalement la précarité va les concerner toute leur vie." ...
 


... La réalité, c’est que vous n’avez pas pris en charge les mineurs isolés comme l’impose pourtant la loi française...
... Depuis le début du démantèlement du camp, ce sont des images d’une grande violence qui nous parviennent de la jungle. Faire la guerre à ceux qui la fuient, cela n’a pas de nom...

... Zimako vit ici, dans cette école qu’il a créée de toutes pièces il y a quelques mois dans la «jungle» de Calais. «C’était un terrain plein de ronces, il n’y avait rien d’autre, raconte Dominique, une autre bénévole. Il me disait : "Tu vois, Domi, ici, ce sera la classe des enfants ; là, celle des adultes. L’infirmerie sera comme ça. On aura une salle de réunion. Au fond, des chambres." J’essayais de le raisonner : "Enfin, Zimako, ce n’est pas possible…" Il l’a fait. Regardez.» Les classes, la salle de réunion, l’infirmerie… Tout y est ...

... Ça devient une zone de guerre totale, le Mordor!  Pour les Calaisiens aussi,c’est un cauchemar, quelque chose de super violent et qui ne règle rien. Le problème va se déporter ailleurs, comme après Sangatte. On n’arrête pas de refaire les mêmes erreurs. On crée des murs et donc des tensions, des blocages, donc des réseaux de passeurs, c’est une machine infernale qui se nourrit d’elle-même...



... S'il est un mystère pour les parents, c'est bien celui-là : que font (vraiment) leurs ados avec leur téléphone ? Car si tout le monde, aujourd'hui, télécharge les mêmes applis, parents et enfants n'en font pas le même usage. Du coup, les aînés sont largués.
En cédant sur l'achat du portable, ils pensaient maintenir un lien, mais en réalité ils ont perdu le fil...

... les Programmes de réussite éducative (PRE) visent à  prendre en charge de façon globale, et sous la direction du Ministère de la Ville, les enfants les plus fragiles à partir de 2 ans, repérés souvent par l'école...
... Les résultats sont sans appel puisque sur tous les aspects, les PRE s'avèrent n'avoir aucun effet ou même, parfois , des effets négatifs...
... En clair, la République veut bien aider les enfants fragiles, souvent ceux des pauvres, mais en low cost... Au final, note le rapport, il apparait que "l’Etat a fait le choix de limiter son effort (financier) en mettant l’accent sur des questions d’ingénierie institutionnelle, qui sont sans aucun doute un passage obligé, mais sans mettre de moyens pour développer les actions elles-mêmes".
Du soutien scolaire inefficace ...

... Le nouveau rapport "qualitatif" que vient de publier le CGET a été réalisé par Pascal Bavoux, Valérie Pugin et Justine Lehrmann pour Trajectoires. La méthodologie est bien différente. L'étude n'interroge pas l'évolution des compétences des enfants. Elle repose sur 128 entretiens réalisés majoritairement avec des acteurs des PRE (référents, directeurs d’école, assistantes sociales, etc.) parfois avec des familles sur 8 territoires.
Globalement les acteurs interrogés ont une opinion positive des PRE....
... Mais l'engagement financier des collectivités et de l'Etat en faveur de ces enfants est insignifiant : environ 850 euros quand les exemples qui réussissent à l'étranger exigent 10 fois plus.
Si l'on conclue sur ces deux rapports, on peut dire que maintenir les PRE en l'état c'est se désintéresser des enfants qui ont besoin de la solidarité nationale et tromper les acteurs. Cela ramène à une conclusion du rapport quantitatif...

... «Rassembler des enfants d’origine sociale ou culturelle différente ne suffit pas, met en garde la sociologue Agnès van Zanten. Il faut développer un travail pédagogique autour de la mixité, se demander aussi quelle société on veut construire. Aujourd’hui, par exemple, le gouvernement nous parle de mixité tout en développant un discours très crispé sur la laïcité, c’est contradictoire.» ...
... «L’école ne peut pas résoudre tout le problème de la mixité, précise Isabelle Marsala, adjointe au maire déléguée à la réussite éducative. Cela relève aussi de la politique de la ville, du logement.» ...

C'est le prix du mètre carré
qui fait la différence...
...En Ile-de-France, le marquage social des quartiers
souligne l'inégalité devant l'école.
La carte scolaire et l'apartheid...
(septembre 2005)

Pas de consensus à gauche, et ce depuis belle lurette
Son combat historique pour l'égalité ne fait plus l'unanimité, y compris en son sein, faute d'avoir évité ou corrigé les effets pervers de l'égalitarisme, qui interdisent, au moins sur le papier, d'apporter des réponses suffisamment différenciées sur le terrain.
Son attachement à la méritocratie républicaine se heurte aux mécanismes de reproduction sociale qui font de ce principe, le meilleur allié des catégories les plus favorisées et\ou les mieux informées des mécanismes de sélection.
Sa volonté de revivifier la formation pédagogique des enseignants est lestée par l'échec des IUFM, la mise en place chaotique de leurs successeurs – les Espé – et les graves insuffisances de la formation continue. Sur tous ces dossiers, et d'autres encore, il n'existe pas de consensus à gauche, et ce depuis belle lurette.
La droite héberge les mêmes contradictions...

... Des rumeurs ont couru sur les exigences réduites des jurys, particulièrement ces dernières années, en raison de la crise du recrutement. Une chose est sûre : ces concours connaissent une sélectivité très variable suivant les époques...
...  les territoires sont très inégalement attractifs. Les académies de Rennes ou de Nice sont prisées, celles de Créteil ou de Reims boudées. En Seine-Saint-Denis, le département le plus pauvre et le plus jeune de France, rattaché à l’académie de Créteil, il a fallu organiser un second concours en 2015 pour arriver à pourvoir tous les postes : 500 n’avaient pas trouvé preneur à l’issue du concours «normal»...
... En 2015, selon les statistiques officielles, 63,8 % des candidats ayant concouru aux épreuves d’admission ont été reçus au concours classique de Créteil, qui proposait 1540 postes, contre 27 % de réussite à Bordeaux (397 postes proposés) et 22,3 % à Toulouse (300 postes)...

... «Le bizutage est l’une des expressions de la violence de notre système éducatif, de la course au ‘’bon diplôme’’ […]. La réussite scolaire est un enjeu vital. Ceux qui sont concernés par le bizutage sont sur le point de toucher au but, de décrocher une peau d’âne qui les mettra à l’abri jusqu’à la retraite» ...
... Parce qu’il n’y a pas, d’un côté les violents, et de l’autre les non-violents. Si nous étions placés dans ces situations où, non seulement nous pourrions être assurés de l’impunité, mais où ces déchaînements trouveraient une pseudo-justification liée aux ‘’traditions’’, sommes-nous sûrs que nous pourrions résister aux pressions collectives ? […]

… En Seine-Saint-Denis, le non-remplacement, "c'est systématique...", déplore Laurent Salters, de la FCPE du département, père d'un enfant scolarisé à Montreuil. "Il y a un ras-le-bol généralisé."
"On estime qu'il y a chaque jour en ce moment au moins 400 classes d'école primaire sans maître", soit 5 à 6% du total des classes du département …
… La FCPE 93 estime que sur l'ensemble de son premier cycle, un enfant perdra environ un an de cours…
… Pour combler les trous, les académies font appel à une rustine de plus en plus utilisée: les contractuels. Renforcé par Luc Chatel, ministre de l'Éducation de 2010 à 2012, ce système se banalise. Recrutés simplement par téléphone par Pôle emploi, ils n'ont parfois reçu aucune formation adaptée.

Selon un scientifique britannique, pour avoir de meilleurs résultats scolaires, un adolescent de 16 ans ne devrait pas commencer les cours avant 10h.
De la «torture», voici à quoi s’apparente le fait de commencer sa journée de travail ou de cours avant 10h selon le Dr Paul Kelley, de l’Université d’Oxford. Pour le scientifique, le fait de se lever tôt va à l’encontre des rythmes circadiens naturels de l’homme et provoque de sévères soucis de santé et de concentration…
… Lorsqu’il était directeur de collège, il avait d’ailleurs décidé de changer l’horaire du début de journée à 10h au lieu de 8h30, et avait constaté une hausse des bonnes notes d’environ 19%...

"L’avenir de notre système scolaire ne repose pas sur les fantasmes d’une transformation structurelle ou méthodologique radicale et miraculeuse mais sur la progression continue, laborieuse, collective des compétences professionnelles. Il ne sert à rien de fustiger la réalité de l’école et d’en noircir les traits pour quelques mirages et enthousiasmes provisoires…
… on peut toujours théoriser un principe mais c’est autre chose que de devoir le décliner dans une organisation pédagogique efficiente. La pédagogie inversée ne résout aucun de ces deux problèmes majeurs"
Pour lui cette pédagogie est surtout l'occasion pour l'institution de nouvelles économies ce qui expliquerait le vif soutien institutionnel à la classe inversée.

95 000 de nos élèves n’ont pas, à 15 ans, un bagage minimum pour se repérer dans la société, souligne un rapport de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE)…
… Du terrain, à un an de l’échéance présidentielle, le refrain qui résonne ne va guère dans le bon sens : le «changement» promis par ce gouvernement, tous les enseignants en ont entendu parler (presque trop, déplorent-ils, en épinglant le rythme des annonces), mais ils sont rares à le percevoir en classe.
Ce qu’ils voient passer, en revanche, ce sont ces élèves qui progressent d’une classe à l’autre mais pas, ou très peu, en termes de niveau. L’OCDE en livre un portrait-robot en listant «obstacles» et «désavantages» qui, cumulés, finissent par entraver les destins scolaires …

… Le jeu des options, défendues par les parents influents, permet aussi de protéger l’entre-soi de la classe supérieure, et d’offrir plus de moyens horaires à ces lycées. Il existe donc toujours des moyens de la contourner. En fait, lorsque la ségrégation spatiale est forte, le problème de la carte scolaire est insoluble….
… Les stages de troisième sont presque caricaturaux, entre ceux qui les font dans de grandes entreprises, voire à l’étranger, et les autres. Et ça continue par la suite. Les élèves de milieu favorisé bénéficient d’un bon réseau qui leur permet de trouver facilement des stages bien rémunérés, dans des entreprises très intéressantes. Or, les stages sont aujourd’hui un élément essentiel d’un CV, que ce soit pour entrer dans une école ou pour décrocher un emploi….
… ce que l’on observe aujourd’hui, c’est la marchandisation de l’Education, qui attire les fonds de pension et autres grands investisseurs. Ces derniers délaissent parfois les maisons de retraite pour investir dans ce secteur, ce qui montre que c’est rentable. L’Education est devenue un marché sur lequel agissent des entrepreneurs, où il y a des marques, des stratégies, du benchmarking … Ce n’est toutefois pas une fatalité, mais une question de choix sociétal

Vincent Peillon se lâche au cours d'un long entretien accordé à Jean-Michel Djian, dans un documentaire, La Fabrique du citoyen, diffusé sur Public Sénat courant mars…
… "Quelques semaines après mon installation au ministère, j'ai demandé une réunion interministérielle pour mettre en oeuvre ce que le président avait proposé pendant sa campagne, à savoir une ambitieuse politique pour la jeunesse et l'éducation. Malgré mon insistance, cette réunion n'a jamais eu lieu."

… annoncé sur France 2 un appel à projets «auprès de toutes les écoles qui feront un plan de lutte contre le gaspillage alimentaire». «Les 1 000 premières écoles seront dotées d’un potager»
… des élèves se sont donc fendus d’un poème adressé à «Madame la ministre du potager» : «Dans ce jardin très malin, l’épinard y sera “peinard” et la fraise à l’aise / A l’approche de l’hiver, le petit pois sera bien couvert, comme son frère le haricot vert.» La lettre de réponse signée Ségolène Royal est arrivée plus de deux mois plus tard, en pleines vacances de Noël. «Je vous remercie chaleureusement pour votre gentil message, peut-on lire. Je vous félicite pour cette belle initiative de lutte contre le gaspillage alimentaire.» Un dernier petit mot sur les guides mais, sur la demande de potager, queue de cerise.
«Déchéance d’exemplarité»…


… des classes ferment en même temps qu'est mis en place le dispositif «plus de maître que de classes», censé permettre à une école de compter un enseignant de plus que de classes. Résultat: en cas de fermeture de classe, il y a autant de professeurs qu'avant, mais davantage d’élèves par classe. Une absurdité pour notre enseignant:
«On voit bien la "combine": on ferme une classe et on rajoute un professeur du dispositif…
… Le succès du privé semble bel et bien une coproduction des parents angoissés par l'école (qui restent les plus favorisés ou les moins défavorisés) et de l'Education... nationale…
… Nous nous retrouvons donc, école par école, à nous mobiliser chacune de notre côté alors que nos problématiques sont les mêmes. L’éventuelle satisfaction d’être passés cette fois entre les gouttes sera entachée par ce constat: si nous arrivons à sauver notre classe, ce sont toutes les autres écoles du secteur qui perdront un poste.»…
«Alors qu’on parle d’unité nationale, les écoles en lutte contre ces projets de fermeture se retrouvent en concurrence les unes par rapport aux autres! ...

On pourra toutefois observer que la difficulté scolaire, faible ou importante est donc considérée, dès l’entrée en sixième, comme une fatalité déterminante pesant sur le projet scolaire, oblitérant dès la sixième l’avenir de l’élève aux yeux de sa famille.
Il est en revanche frappant de constater que «la situation la plus fréquente– souhait en 2008 et en 2011 que l’enfant prépare un baccalauréat GT – est partagée par les trois quarts des familles de professions libérales et les deux tiers de celles d’enseignants et de cadres, mais seulement une famille d’ouvriers qualifiés sur quatre et une famille d’ouvriers non qualifiés et d’inactifs sur cinq (…) En 2011, une orientation dans l’enseignement professionnel est retenue, toutes situations de départ confondues, par seulement 6 % des parents exerçant une profession libérale et 9 % des cadres, alors qu’un tel choix s’observe parmi plus de 50 % des familles d’ouvriers non qualifiés et d’inactifs».

"C'est l'absence de mixité sociale qui explique ces inégalités", nous dit Eric Charbonnier. "Quand les classes sont hétérogènes cela crée une dynamique. Mais certains établissements défavorisés ont tellement d'élèves en difficulté qu'il n'y a pas de dynamique positive. La solution c'est donner plus de moyens aux établissements défavorisés de façon à ce qu'ils recrutent des jeunes plus favorisés".
PISA en fournit aussi une preuve inversée. Selon l'organisation, à catégorie sociale égale, les élèves des établissements privés sous contrat ont deux fois plus de chances d'avoir un niveau faible que ceux du public. C'est leur recrutement social favorisé qui fait que leurs résultats sont généralement supérieurs à ceux du public…
… En France on aime dire qu'on verra les fruits de la Refondation dans 20 ans. "Dans PISA on voit qu'avec de bonnes réformes , notamment dans la réduction des inégalités, des pays obtiennent des résultats au bout de 4 à 5 ans".
 Dans quelques mois on aura les chiffres de PISA 2016…

… parallèlement à cette crise migratoire, le Bureau of Investigative Journalism, une ONG britannique révèle un tout autre problème: celui du renvoi de milliers d'enfants réfugiés dans leur pays une fois qu'ils ont atteint la majorité. Même si celui-ci est toujours en proie au chaos…
… chaque année, plusieurs dizaines de jeunes majeurs sont aussi renvoyés vers l'Irak malgré la présence sur une large partie du territoire de l'État islamique.
Pourtant, ces enfants qui fuient le chaos et la guerre font en sorte de s’adapter au mieux à la vie britannique. D’ailleurs, pour Tim Farron, leader des Libéraux-Démocrates, une grande majorité d’être eux sont parfaitement intégrés…

… Aujourd'hui, le taux de chômage des 15-24 ans est de 24% et, chiffre moins connu, 17% des 15-29 ans sont des «NEET»: ni en emploi, ni à l'école, ni en formation. Ils sont les «laissé tomber». Comme l'Éducation nationale continue de se donner comme objectif premier de «trier» les meilleurs et que la croissance se fait attendre, ce ne sont plus seulement les enfants des moins qualifiés qui tombent, mais les enfants des classes moyennes. Une «contagion de la précarité» à l'origine de la mortifère peur du déclassement, la source des populismes.
La crise de l'école pousse les familles à se réimpliquer fortement dans le suivi éducatif de leurs enfants, mais, en conséquence logique, les plus aisées s'en sortent mieux que les plus faibles …

… selon les experts de l'OCDE, le coût financier du soutien à ces élèves en difficulté serait moins élevé que les conséquences d'une scolarité manquée ou inaboutie. Les mauvais résultats scolaires "ont des conséquences à long terme", avec "un risque élevé de décrochage complet" pour ces jeunes et une croissance économique amoindrie
… Ainsi, en moyenne, plus d'un tiers de la différence de performance en maths entre élèves est imputable à des différences entre les établissements. En France, les élèves scolarisés dans des établissements défavorisés sont "plus de 40 fois plus susceptibles d'être peu performants en mathématiques que leurs pairs scolarisés dans des établissements favorisés"
" les systèmes qui répartissent plus équitablement dans les établissements d'enseignement à la fois les ressources scolaires et les élèves sont avantageux pour les élèves peu performants, sans pour autant porter préjudice aux élèves ayant un meilleur niveau".



… L’internet nous donne ainsi accès à une quantité d’informations sans précédent et dans le même temps nous devons paradoxalement moins intelligents et plus superficiels.
Dans son livre, «The Shallows: What the Internet is Doing to Our Brains» (Les superficiels: Ce que l’internet fait à nos cerveaux) qui était un des finalistes pour le Prix Pulitzer, Nicholas Carr défend la thèse que la technologie conduit à un affaiblissement de nos capacités intellectuelles…
«nous transférons un bric-à-brac de bribes d’informations pas un flux cohérent provenant d’une seule source». Nos cerveaux n’assimilent pas l’information de façon riche et profonde et créent moins de connexions avec nos autres mémoires. «Nous devenons des consommateurs irréfléchis de données»

… Il n'existe pas de statistiques fiables sur la part d'adolescents qui utilisent Snapchat, la compagnie ne les communique pas, mais des estimations placent ce chiffre à près des 85­ %. Comment une jeune fille de 13 ans, usager type, utilise-t-elle Snapchat ? Constamment, compulsivement. Fasciné par la façon dont elle répond à une vingtaine de Snapchats en quelques secondes, il lui demande ce qu'elle fait  :
"Il n'y a pas de conversations. C'est surtout des selfies. Le selfie change en fonction de la personne. […] Je ne regarde pas vraiment ce que je reçois. Je tapote si vite. C'est une rafale."…

La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), l’autorité chargée de la protection des données personnelles, a annoncé avoir mis en demeure Facebook, lundi 8 février, lui reprochant de nombreux manquements à la loi française sur la protection des données personnelles. Un long réquisitoire, contre la manière dont Facebook collecte et exploite les données de ses 30 millions d’utilisateurs français, que la CNIL a décidé de publier.
Que reproche-t-elle à Facebook ? La liste est longue

Cela peut vous sembler curieux, mais une bonne partie des adolescents et des jeunes adultes utilisent quotidiennement Snapchat comme d'autres s'envoient des SMS ou des messages sur WhatsApp. Outre l'envoi de photos et de vidéos éphémères …
...  Outre les "snaps" privés, vos enfants peuvent également envoyer leurs images dans leur "story" personnelle, où elles sont accessibles de manière illimitée pendant 24 heures à tous les utilisateurs abonnés à leur compte. Et là où les correspondances privées sont utilisées pour les conversations du quotidien, les "stories" leur permettent d'exhiber des scènes dont ils tirent une certaine fierté…
… Capturer des images éphémères à l'insu de leurs émetteurs est à la portée de n'importe quel utilisateur un peu bidouilleur. Des applications non-officielles, disponibles sur les iPhones déverrouillés, mais aussi sur n'importe quel téléphone Android, proposent cette fonctionnalité, pourtant explicitement interdite par les conditions d'utilisation de Snapchat.



... Mais depuis un an –depuis Charlie– l’école est censée se mobiliser pour les valeurs de la République. On peut le prescrire d’en haut par de vibrants appels à nos belles valeurs républicaines. L’éducation nationale instaure enseignement moral et civique; une «réserve citoyenne» a été créée pour que des intervenants extérieurs viennent notamment parler aux élèves de la laïcité, de la liberté d’expression. Certaines écoles ont comme projet pédagogique d’apprendre la Marseillaise à des élèves de grande section...
Pourquoi pas. Mais ...

… La présence de la Marseillaise à l’école n’est pas une chose nouvelle, incrustée dans les programmes d’éducation civique depuis 1985, malgré les critiques récurrentes qui lui sont adressées…
… La vie en société, la vie dans le monde, devenir adulte, ça ne s'apprend pas avec des cantiques ou des leçons de morale, les belles paroles, les grands discours ou les mouvements du menton mais bien plutôt dans le quotidien d'une salle de classe.
L’année de la Marseillaise à l’école, ce n’est pas seulement une sinistre farce, c’est le signe d’un régime politique qui a perdu, avec le sens des réalités, toute conscience morale.

La Marseillaise, c’est l’inverse de  «Maréchal, nous voilà‘».
Sans doute. Mais «La Marseillaise» a pourtant accompagné le chant pétainiste «Maréchal nous voilà !». Pas toute la «Marseillaise» certes. Car, durant cette période, deux couplets ont été généralement privilégiés : le premier, et le sixième («Amour sacré de la patrie») . Et deux autres couplets (les plus  «républicains») ont été tout à fait censurés …

… Mineurs étrangers isolés, enfants roms ou handicapés, châtiments corporels, justice pénale… C’est un inventaire à la Prévert peu flatteur que le comité sur les droits de l’enfant de l’ONU (CRC) a publié, jeudi 4 février, sur la France…
Le rapport onusien égrène d’autres sujets de préoccupation, qui vont de l’absence de données chiffrées sur la maltraitance au besoin de renforcer les efforts de lutte contre les stéréotypes de genre, en passant par le droit de l’enfant de connaître ses parents biologiques…

... Le vivier d'un demi millier de contractuels a été utilisé, les enseignants titulaires remplaçant aussi. Dès lors, la direction académique peine à remplacer les enseignants absents, même ceux dont les absences sont prévues de longue date. La FCPE Aubervilliers donnait une conférence de presse à ce sujet mercredi 27 janvier, sa comptabilité des absences non-remplaçées est édifiante …
… Le constat est foncièrement aporétique. Face à la pénurie de moyens savamment entretenue (le ministère a par exemple refusé de financer le recrutement de 151 lauréats inscrits sur la liste complémentaire du concours supplémentaire de professeurs des écoles en Seine-Saint-Denis), la direction académique fait le choix de porter plainte contre des parents venus exiger le remplacement des enseignants. Les parents eux mêmes ont parfois recours à la justice contre les services de l'Etat pour discrimination territoriale (voir ici et là). Au moment où la communication du ministère tente de convaincre l'opinion publique de son combat acharné contre les inégalités scolaires tout en affirmant que la refondation de l'école en est arrivée à "son aboutissement", la situation en Seine-Saint-Denis sonne comme un démenti à la fois cinglant et insupportable.

Mais la colère est là, rentrée, et elle risque de sortir un jour avec violence si aucun espoir n’est apporté… A l’heure où l’on répète l’urgence d’investir dans les générations futures et de redonner tout leur sens aux valeurs de la République, il y a là un chantier prioritaire à lancer si l’on ne veut pas achever de discréditer l’école publique et installer sans le dire un système à deux vitesses qui ne profitera qu’aux plus aisés. La responsabilité en incombe d’abord à la mairie de Marseille, mais aussi à un ministère de l’Education qui, après tout, se veut aussi «nationale».

… N’empêche: le système opère avec la brutalité d’une machine à trier et fait de l’école l’horizon obsessionnel des familles françaises….
… Les débats autour du système éducatif, l’appel à sa démocratisation, les attentes et les frustrations qui l’entourent sont des éléments qui vont se crisper encore plus violemment dans les années à venir, tant la lutte pour les (meilleures) places va s’intensifier, éclatant encore davantage les disparités entre les fractions de la jeunesse.



60.000 postes en cinq ans dans l'éducation.
À quoi serviront ces postes ? Viennent-ils en échange d'une future bienveillance syndicale ? Aucune réponse n'est apportée dans le programme. Ce dernier cultive même un flou savant destiné à éviter de trancher entre les différentes sensibilités socialistes en matière d'éducation, qui vont du républicanisme méritocratique le plus conservateur au quasi-libéralisme assumé.
Faute de légitimité démocratique, d'un pacte clair avec les électeurs, le premier ministre de l'Éducation, Vincent Peillon, tente de bâtir un consensus au sein de la communauté éducative.
Vient le second péché : la concertation, menée tambour battant, s'enferre dans l'entre-soi.
Quelques centaines de professionnels de la profession s'enferment en Sorbonne et tracent, en chambre, quasi hors sol, les contours de la future loi. Qui, elle aussi, consiste essentiellement à énoncer de grands principes …

en dépit de ces atouts et de ces déclarations de principes,notre école est bien plus inégalitaire qu’elle ne devrait l’être en fonction de la seule amplitude des inégalités sociales.
L’impact de l’origine sociale sur les résultats scolaires des élèves est de 22,5 % en France, le même qu’au Chili, pays beaucoup plus inégalitaire et libéral …
… Dans un pays qui ne cesse d’affirmer que l’école est le principal vecteur de la justice sociale, cette situation est paradoxale et scandaleuse…
… Derrière un décor républicain et national homogène, l’offre scolaire reste profondément inégale. Le lycéen français coûte environ 30 % de plus que son camarade de l’OCDE, l’élève de l’école élémentaire environ 20 % de moins. Or, c’est à l’école élémentaire que se cristallisent les inégalités …

«Le logement est le reflet des inégalités mais il est aussi accélérateur des inégalités», souligne le délégué général de la Fondation Abbé Pierre…
Quant à certains objectifs annoncés comme la construction de 500 000 logements par an, dont 150 000 logements sociaux, ils «sont bien loin d’être atteints», souligne le rapport…

3 Français sur 4 jugent leur pays comme inégalitaire, le logement leur apparaissant comme la troisième source d'inégalités la plus grave et la deuxième la plus répandue. (sondage TNS Sofres - octobre 2015)
La Fondation Abbé Pierre analyse le logement comme un facteur majeur dans l'approfondissement des inégalités, au coeur du processus de décrochage des couches populaires.

| 21e rapport sur l'état du mal-logement en France 2016 – pdf ]
 

C'est le prix du mètre carré
qui fait la différence...
...En Ile-de-France, le marquage social des quartiers
souligne l'inégalité devant l'école.
La carte scolaire et l'apartheid...
(septembre 2005)

nostalgie de ces instits à l’ancienne (un homme, comme dans "Etre et avoir", ce n’est sans doute pas anodin), la vocation du hussard noir chevillée au corps, nostalgie des vieilles pierres, des clochers et des monuments aux morts. Il y a ici un peu de la France de Charles Péguy, un peu de celle de Marcel Pagnol…
… Tout ce sépia plaira, à n’en pas douter. Il renvoie à une époque où la France n’avait pas de problème (croit-on se souvenir), à une époque où les instits savaient instruire et éduquer, à une époque sans crise ni crise de l’école, une époque qui valide que «c’était mieux avant».
Il plaira au grand public, qui en a marre d’entendre PISA lui dire que l’école dysfonctionne et qui pourra se réfugier, une heure et demie durant, dans cette école éternellement souriante…

Quand il publiait 1984, il y a près de soixante-dix ans, George Orwell savait-il que son Big Brother, arme de surveillance généralisée dans une société dystopique …
… Plus inquiétant encore, Snapchat explique qu'il peut «sauvegarder indéfiniment» les vidéos que vous soumettez aux «Stories» et «autoriser le visionnage à nouveau à travers tous [ses services] ou sources tierces». On est très loin des promesses de messages éphémères mises en avant par l'application…
… «Désormais, ce sont les outils numériques et techniques qui altèrent notre façon d'être ensemble» …
… «Le renouveau de la télé-réalité et la banalisation de la webcam apparaissent au tournant de notre siècle, nous explique Sophie Jehel. Ces supports réussissent, et le rapport avec Orwell est tout fait, à transformer le consentement à la surveillance en une forme d'expression de soi et de liberté d'expression. C'est un tournant idéologique. [...] On propose à l'individu de se mettre lui-même sur écoute



… Cette note d’information conforte donc involontairement ce que le billet du 9 décembre dernier constatait à propos de l’appel à projet «collège numérique et innovation pédagogique» : «cet appel à projet, comme tout texte, se lit aussi en fonction de ce qu’il passe sous silence. Si on recherche une occurrence de «espaces scolaires», «vie scolaire», «centre de documentation et d’information», «centre de connaissances et de culture , «salle d’étude», on n’en trouve aucune. Tout se passe donc comme si la forme scolaire traditionnelle était immuable, avec un seul espace scolaire valorisé et nommé, celui de la «classe», le reste étant un indéfini «hors la classe». Et comme si on avait oublié le premier paragraphe de la lettre de mission du 8 septembre 2015 adressée à Catherine Becchetti-Bizot (c’est nous qui mettons en gras la deuxième phrase) : «Le déploiement du numérique dans le système scolaire représente un dossier stratégique de la refondation de l’Ecole pour améliorer l’efficacité des enseignements, réduire les inégalités sociales et culturelles, et ouvrir l’école sur son environnement. Pour atteindre ces objectifs, les démarches pédagogiques, les modes de suivi, d’accompagnement et d’évaluation des élèves ainsi que l’organisation des temps et des espaces scolaires sont appelés à évoluer.»

nouvel épisode de ce palpitant feuilleton, dévoilé vendredi 22 janvier par la ministre de l’éducation nationale. Comme souvent quand il s’agit de réformes de l’éducation, l’imbroglio est si compliqué que de solides explications sont indispensables pour tenter de comprendre…
… La présentation que vient de faire la ministre de sa «stratégie langues vivantes» ne manque donc pas de surprendre. Il apparaît en effet, que 70 % des sections bilangues seront finalement maintenues à la rentrée 2016…
… Il est vrai que cette impression de bricolage n’est pas propre au ministère de l’éducation nationale

…Ainsi, dans l'académie de Paris, 100% des bilangues seraient maintenues. Mais à l'inverse, 95% des classes bilangues de l'académie de Caen disparaîtraient à la rentrée 2016, avec la mise en place de la réforme du collège…
… Certes, nous sommes ravis que des recteurs décident de valoriser l'allemand dans leur académie, mais les écarts vont se creuser entre les établissements, d'un région à l'autre. Un comble pour une réforme qui se voulait d'inspiration égalitaire!" …



... il est écrit aussi: "...les raisons de la résistance sensible de certains au numérique dans la relation parents-école. Inversement, dans certaines familles, il est observé une consultation jugée excessive des notes des enfants par les parents grâce aux logiciels le permettant sur les ENT, qui provoque de l’anxiété chez les enfants et se révèle contreproductive."…
… L'ENT, parce qu'il permet aux familles d'accéder à des informations variées sur ce qui se passe dans l'établissement, ouvre un droit de regard sur un espace qui est considéré comme devant être protégé par et pour certains. Cette crainte liée à ce que Robert Ballion appelle le "consumérisme scolaire" se comprend dans certains cas. Il y a dans tous les établissements des familles intrusives, qui parfois outrepassent certaines limites… 
… le cobalt, un minerai qui est aussi un composant essentiel des batteries rechargeables de type lithium-ion, lesquelles alimentent nos téléphones portables, tablettes, appareils photos......

… une grande partie de ce précieux minerai est extrait des mines de la République démocratique du Congo. Et de nombreux enfants sont exploités par des compagnies chinoises très proches des gouvernements chinois et congolais pour remonter le cobalt à la surface…
… En 2012, l'Unicef avait affirmé que 40.000 enfants travaillaient dans les mines de la région du Katanga, dont la majorité dans l'industrie du cobalt…

[ VOILA POURQUOI ON MEURTRapport Amnesty – janvier 2016 – pdf ]


Chassez l'excellence, elle revient au grand galop. Flash-back : mai 2012, la gauche fraîchement de retour au pouvoir entreprend de «nettoyer» dix années de politiques éducatives de droite. Parmi ses premières cibles symboliques, les internats d'excellence, alors récemment lancés…
… le retour de «l'excellence» dans le vocabulaire gouvernemental induit bien une rupture, au moins symbolique, avec le dogme égalitaire : ici comme sur tant d'autres sujets actuellement, les marqueurs idéologiques entre droite et gauche tendent à s'estomper au profit de la première.

On peut évidemment se désoler que ce marché soit si juteux: que l’école ne suffise pas et que les plus aisés puissent ajouter à l'avantage culturel, l'avantage économique. Mais ni l’Éducation nationale ni ses enseignants ne semblent être en mesure de réagir face à ces abus…
«Les mamans [sic] que j’ai au téléphone demandent parfois des cours dans trop de disciplines, nous sommes obligé de les réfréner. Et, pour certains élèves, c’est davantage un luxe qu’une nécessité.»
Des étudiants brillants mais modestes, qui ont besoin d’argent pour financer leurs études, vont aider les élèves dont les parents, peu regardant à la dépense, font tout pour prendre un avantage scolaire grâce aux moyens financiers dont dispose leur famille. Triste ironie de notre «méritocratie scolaire», favorisée par l'ubérisation de l'économie.

... On pourra toutefois observer que la difficulté scolaire, faible ou importante est donc considérée, dès l’entrée en sixième, comme une fatalité déterminante pesant sur le projet scolaire, oblitérant dès la sixième l’avenir de l’élève aux yeux de sa famille.
Il est en revanche frappant de constater que «la situation la plus fréquente– souhait en 2008 et en 2011 que l’enfant prépare un baccalauréat GT – est partagée par les trois quarts des familles de professions libérales et les deux tiers de celles d’enseignants et de cadres, mais seulement une famille d’ouvriers qualifiés sur quatre et une famille d’ouvriers non qualifiés et d’inactifs sur cinq (…) En 2011, une orientation dans l’enseignement professionnel est retenue, toutes situations de départ confondues, par seulement 6 % des parents exerçant une profession libérale et 9 % des cadres, alors qu’un tel choix s’observe parmi plus de 50 % des familles d’ouvriers non qualifiés et d’inactifs»...

[ Évaluation et statistiques : Seule une famille sur deux a décidé du projet scolaire de son enfant dès la sixième - Note d'information - N° 01 - janvier 2016 ]

Priorité au primaire "diluée", nouveaux programmes scolaires en retard, création d'une formation des profs à la peine: un rapport au Parlement pointe mercredi une mise en oeuvre "difficile" de la loi de refondation de l'école de 2013…
… Le débat public s'est focalisé sur la réforme des rythmes scolaires, qui ne faisait pas partie de la loi. "D'où un sentiment important de déception et des attentes encore très fortes", souligne le texte…
… Le rapport pointe aussi "des positionnements concurrents" entre le CSP, l'administration centrale du ministère et l'Inspection.
Concernant le Conseil national d'évaluation du système scolaire (Cnesco), le rapport estime qu'il traite "de sujets d'actualité et de thèmes de recherche le plus souvent en dehors de (sa) mission".
… Dans la loi de refondation, figurait aussi comme principe fondateur: «la coéducation», «l’effort devant toucher les parents les plus éloignés de l’école». Ça, c’était l’objectif… Car dans les faits, «malgré un effort réel de l’institution, la mise en œuvre de la coéducation se révèle inégale, les parents demeurant les fantômes de l’institution», tacle le comité de suivi. Là encore, même conseil: «cla-ri-fier» les rôles de chacun.

Rapport du comité de suivi :
 
… demandons-nous aujourd’hui quelle société on produit avec des générations d’élèves si étroitement surveillés? Des gamins qui inventent des systèmes de mouchards et que la presse applaudit parce qu’ils vont s’enrichir et qu’Apple s’y intéresse? Des êtres qui ne peuvent plus faire un pas de côté sans que 150 personnes ne soient prévenues? Des gamins qui pensent que la surveillance n’est pas un problème tant qu’on n’a rien à se reprocher et surtout qu’elle nous protège.
Milad Doueihi, historien des internets, me confiait quelle était sa conviction profonde sur le sujet:
«Il faut abandonner l’idée qu’il y aurait une négociation délibérative entre avantages (sécurité) et inconvénients (surveillance), c’est un piège absolu.»

«Sur la COP21, l’avenir dira si c’est le début d’une extraordinaire ambition ou la fin d’une ultime mystification»… Nous n’avons pas encore mis en cause le modèle économique qui est à l’origine de la crise climatique à laquelle nous sommes confrontés.
Il reste beaucoup de chemin à faire pour entrer véritablement dans l’ère postcarbone.
Nous ne sommes pas sortis d’un modèle capitaliste qui crée la rareté, qui épuise les ressources.
Les dirigeants font mine de ne pas comprendre, par exemple que le traité Tafta [traité de libre échange entre les Etats-Unis et l’Europe] est incompatible avec les régulations qu’il va falloir mettre en place pour tenir nos engagements climatiques…

… A l’aune de l’examen de l’application de la Convention internationale des droits de l’enfant, si chacun livre sa vision et son analyse de la mesure de son effectivité, tous parviennent à un constat critique : reconnaître des droits ne suffit pas. Un long chemin reste à parcourir, celui de l’effectivité des droits". Avec "Les enfants peuvent bien attendre", l'Unicef jette un pavé dans la mare au moment la France va être auditionnée par l'ONU sur le respect des droits des enfants.

Malgré la volonté perceptible et probablement sincère de progresser, énoncée par la secrétaire d’Etat chargée de la Famille, de l’Enfance, des Personnes âgées et de l’Autonomie, et malgré une préparation interministérielle de l’audition, à son initiative, plus sérieuse par rapport aux fois précédentes, les réponses de nombreux ministères pendant l’audition ont encore principalement montré :
• Une approche théorique, «sur le papier» des droits de l’enfant, se référant à l’état du droit interne, aux textes définissant les politiques ministérielles, voire à des projets non encore vraiment décidés ou dont on ne sait pas même s’ils vont se concrétiser (comme la réforme de la justice pénale applicable aux mineurs ou les 60 000 postes supplémentaires dans l’Ecole à l’horizon 2017),
• Et faisant apparaître la plupart du temps un décalage important, avec ce que les ONG constatent sur le terrain en termes de respect EFFECTIF des droits dans la vie quotidienne des enfants, notamment pour les plus vulnérables. Les réponses des administrations ont ainsi pu être ressenties parfois comme d’un «insolent détachement» devant des situations pourtant indignes.

[ Dernières remarques du collectif AEDE suite à l’audition de la France les 13 et 14 janvier 2016, en vue d’une transmission aux membres du Comité pour la rédaction des observations et recommandations finales. ]
 

Après avoir pendant 4 ans, hésité, décidé que non, puis que oui, s’être perdue dans des débats interministériels et parlementaires pour en minimiser les effets, la France vient enfin de décider de ratifier de la façon la plus claire qui soit, sans aucune réserve ni déclaration venant en amoindrir la portée, le troisième protocole additionnel à la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant. Ce protocole entrera donc en vigueur en France le 7 avril 2016…


Laisser les parents libres de décider de l'orientation de leur enfant à la fin de la troisième est-il une bonne chose ? Après un premier rapport d'étape déjà fort critique en décembre 2014, le rapport de suivi de l'Inspection générale, dirigé par Aziz Jellab, publié le 10 janvier tranche négativement. "Le libre choix sans accompagnement et sans évolution dans les pratiques, notamment pour ce qui est de la liaison collège - lycée, risque de porter préjudice aux élèves moyens ou fragiles scolairement et de créer de la déception chez les parents". Un bilan sans appel qui va peser sur la survie de l'expérimentation

[ Suivi de l’expérimentation du choix donné à la famille dans la décision d’orientation au collège - Rapport 2014-2015]


… voici une liste succincte des produits absolument pas indispensables même si les marques font tout pour convaincre les parents que s'ils ne les achètent pas, leur enfant sera en moins bonne santé, moins en sécurité et plus con que les autres…
… L'autre problème, c'est que «Montessori» n'est pas une marque déposée et que n'importe qui peut s'en réclamer. Et c'est exactement ce qui se passe…
… Que dire également de la pelle et la balayette Montessori, vendus 11,90 euros dont Nature et Découvertes dont il est dit qu'ils permettent des «manipulations idéales pour développer la motricité de l'enfant»
… Mais comme en matière de puériculture, le pire est toujours possible, vous pouvez aussi découvrir ici, le protège-pipi ou bloque-tétines. Et tant d'autres façons de prendre les parents pour des veaux.

«un programme de cadets de la défense pour les 12-18 ans».Il s’agirait d’élargir une structure, créée en 2008, et qui regroupe aujourd’hui 300 jeunes de 14 à 18 ans – activités diverses le mercredi après-midi, camps d’été, participation aux cérémonies patriotiques, le tout sous encadrement militaire -  pour en toucher si possible 100 000, avec un âge d’entrée abaissé à 12 ans. Si, du moins pour l’instant, les deux parlementaires n’envisagent pas la généralisation du système à l’ensemble de la classe d’âge, ce n’est pas qu’ils soient retenus par un scrupule pacifiste …

Bien malin pourtant qui saurait prévoir l'issue du bras de fer. Car ni l'Éducation nationale ni l'intersyndicale ne peuvent, à ce jour, pavoiser.
La première est prise au piège d'une réforme qu'elle a voulu globale afin de rompre avec des années de mesures ciblées qui, faute d'embrasser la problématique dans son entier, échouaient à modifier en profondeur le fonctionnement du système. D'où l'idée d'attaquer tous azimuts …
… Douze années ont-elles suffi à cautériser les plaies et à réinventer des modalités de lutte susceptibles de faire plier un gouvernement ? Rien n'est moins sûr – la droite en profita largement, entre 2007 et 2012 : la suppression de dizaines de milliers de postes …

…  si chacune des fédérations martèle son indépendance, elle n'hésite pas à émettre le doute sur celle de sa «concurrente»
… Mais ces représentants sont-ils aussi indépendants et apolitiques qu'ils le prétendent? Pour les responsables de la PEEP et de la FCPE, il n'y a pas de doute: ces associations sont beaucoup plus politisées que leurs fédérations. Cela ressort parfois dans leur profession de foi, relève la vice-présidente de la FCPE Paris: «Ils vont défendre la conservation des filières d'élite, vont affirmer que l'arrivée de la mixité sociale a engendré des problèmes sécuritaires...» Ou vont prendre position sur les menus de substitution à la cantine, ou sur le genre…
… Toute vision de l'école, quelle qu'elle soit, porte des valeurs, qui sont nécessairement politisées, au sens générique du terme…

…Il est certes possible que 2150 assistants d’éducation puissent être recrutés à compter du 1er janvier 2016 dans les établissements de l’éducation prioritaire, mais une partie d’entre eux prendront la place d’autres assistants d’éducation en fin de contrat et une autre partie d’entre eux ne seront pas recrutés pour un temps plein, ce qui est fréquent.
On a affaire là à une belle entourloupe, pour ne pas parler d’une belle malhonnêteté.
 Et les 60 000 postes dans tout ça.
Si on ne s’intéresse qu’aux vrais postes, nous serons à la rentrée prochaine à un peu moins de 45000. (44867). Il en faudrait 15 000 au budget 2017, pour que l’engagement présidentiel soit tenu ! Les aurons-nous et combien d’entre eux seront de vrais postes ?

"Ces comportements sont choquants", affirme la rectrice. "En tant que fonctionnaires de l'Etat ils doivent mettre en oeuvre cette réforme". La rectrice fournit un argumentaire aux chefs d'établissement pour prévenir cette opposition.
Et elle termine en demandant aux chefs d'établissement de "signaler les personnels qui entravent délibérément le bon déroulement des journées de formation". A ceux là elle promet "une lettre de remarque qui sera versée à leur dossier".

Ces 4,5 millions de jeunes "Tanguy" ont en majorité entre 18 à 24 ans. Mais 1,3 million d'entre eux (29%) ont plus de 25 ans. 480 000 ont même plus de 35 ans. Parmi l'ensemble des jeunes hébergés, 44% sont élèves, étudiants ou en stage ou formation non rémunérés. Mais 32% d'entre eux ont un emploi ou sont en apprentissage rémunéré. Chez les 25-34 ans, la proportion de ceux qui gagnent de l'argent passe à 55%. 18% sont au chômage…

quatre élèves sur dix – principalement des garçons – jouent à un jeu d'asphyxie à la récréation en primaire. Trois joueurs sur dix affirment même avoir commencé à "jouer" dès la maternelle à se couper la respiration, ou à s'étrangler avec une écharpe. Tout aussi inquiétant, plus de 70 % des élèves connaissent ces jeux. Des statistiques d'autant plus surprenantes que, toujours selon cette étude, près de la moitié des enfants savent que ces "jeux" sont dangereux…
75 enfants sont morts depuis 1999 en s'adonnant à cette activité. Mais ces chiffres reflètent cependant mal la réalité …

«A l’époque, les regards s’étaient tournés vers l’école, souvenez-vous». De nombreux citoyens s’étaient alors proposés bénévolement. «Une dynamique spontanée», qu’elle décide d’institutionnaliser en «réserve citoyenne» : un vivier de bénévoles pour parler «engagement, solidarité, laïcité…»
… Les rangs se vident dans le brouhaha général. Le recteur et ses acolytes restent bouche bée.

… C’est effectivement une solution toute simple au chômage des jeunes les faire travailler sans les payer – avec, en sus, une période d’encasernement obligatoire pour les enfants des milieux modestes : dans la guerre au terrorisme, le «choc républicain» prend décidément des allures de guerre à tout autre chose…
… un «service national républicain» qui concernerait tous les jeunes de 16 à 25 ans. Tous les jeunes ? Pas tout à fait, puisque la proposition envisageait d’en dispenser les jeunes disposant des moyens d’acquitter l’amende de 15 000 euros prévue pour les réfractaires…
… Ces derniers jours, la presse relayait en l’amplifiant, en s’en délectant, cette information selon laquelle les bureaux de recrutement militaire auraient été submergés d’une vague de demandes d’engagement…
… Aux plus jeunes, visés par une propagande irresponsable à laquelle une certaine éducation à la défense n’est pas étrangère, les éducateurs devraient quand même rappeler qu’une centaine de leurs anciens élèves, ont trouvé la mort ces dernières années en Afghanistan. Morts pour rien, trompés par des dirigeants politiques qui confondent l’intérêt général avec leur petite carrière politique et les gros profits des industriels de l’armement…

… Plusieurs de ces professeurs ont raconté leur passage devant la commission. Ils ont dit comme il leur avait semblé que les questions allaient toutes dans le même sens, que tout se passait à charge, leurs réponses étaient à peine écoutées, fréquemment coupées, l’affaire était entendue, jouée d’avance, les audiences se déroulaient dans une atmosphère d’inquisition
…Ecoute, respect, argumentation, échange, débat, voilà ce qu’on tente d’apprendre à nos élèves, et pas seulement en «instruction civique», devenue «éducation morale et civique» depuis janvier, mais en toute occasion. En sortant de l’école, ce sont ces mêmes élèves qui ont pu voir, chez eux ce mardi, comment les plus hauts représentants élus de la France s’arrangent de ces notions, eux qui ne se sont pas gênés pour faire la leçon à l’école depuis janvier…

La guerre est économique, c’est la leur, et elle fait des victimes, dont moi, qui ne dors plus la nuit, non pas à cause des terroristes, mais à cause de l’absence d’avenir de mes enfants…
… La disruption est un phénomène d’accélération de l’innovation qui est à la base de la stratégie développée dans la Silicon Valley : il s’agit d’aller plus vite que les sociétés pour leur imposer des modèles qui détruisent les structures sociales et rendent la puissance publique impuissante. C’est une stratégie de tétanisation de l’adversaire…
… étendre leur écosystème et intensifier la colonisation de l’Europe : faire exploser les transports, l’immobilier, l’éducation, toutes les filières, via de nouveaux modèles type Uber. Or cette pratique disruptive détruit les équilibres sociaux – ce que [le philosophe allemand] Theodor W. Adorno anticipait en parlant dès 1944 de «nouvelle forme de barbarie» à propos des industries culturelles…
… Lançons une nouvelle politique européenne plutôt que de nous aligner sur un modèle américain disruptif qui est suicidaire…

contrairement aux idées reçues, la France est la championne des fondamentaux. En moyenne dans l’OCDE, on consacre 37% du temps scolaire à la langue et aux maths en primaire. En France, c’est 58% du temps qui y est consacré, tous les autres pays y consacrent moins de la moitié du temps de classe (à part le Mexique, 55%). Le temps dévolu au français représente 37% du total, aucun pays n’accorde plus de place à la langue (22% dans l’OCDE, 24% en Finlande, le modèle). Le temps consacré aux maths représente 22% en France, nettement plus que la moyenne (15% dans l’OCDE, 16% en Finlande, le modèle), seul le Portugal fait mieux (27%).
Voilà qui clôt le faux débat sur le «retour aux fondamentaux»

      [ la note de l’OCDE pour la France ]

L’asphyxie financière de l’école, de l’Université, de la recherche publique, et le poujadisme anti-intellectuel dont a fait preuve à leur encontre la droite oublieuse que la République dont elle se gargarise avait été celle des professeurs et des instituteurs, à la fin du 19e siècle, nous a privés des moyens de comprendre ce qui est en train de nous arriver…
L’alternative est claire



Il est question d’investissement, de marchés émergents, de retour sur investissement, d’évaluation et d’impact éducatif. Les entreprises, les fondations et les fonds d’investissement (Ernst et Young, linkedin, HSBC, twitter…) sont très bien représentés et le sujet de la privatisation de l’éducation n’est même pas une question: c’est un pré-requis.
Cursus, compétences et privatisation
Lors de la conférence d’ouverture la question est directement posée par une représentante de la branche education d’Ernst et Young: «Ne faut-il pas confier l’enseignement primaire aux entreprises?» Sur scène, les intervenants ne cillent pas…
… Ce sommet dit deux choses au fond, sur lesquelles on ne peut fermer les yeux: l’éducation est un business pour une bonne moitié du globe, l’éducation est un outil politique ultra-puissant. Si puissant que le Qatar en a fait l’arme de son «softpower».

le moins qu’on puisse dire, c’est que le Qatar n’est pas un exemple de démocratie ni d’égalité des sexes. Le Wise est d’ailleurs un événement vivement critiqué pour cela.
Et donc? Que faut-il dire? Y faire? Y aller ou non? Cette année, j’ai dit oui. Je suis invitée ici (avion et hôtel) et coincée dans le fauteuil d’un centre de conférence ultra climatisé…
Quand l’éducation devient un grand business mondialisé. Et c’est plutôt à cette réalité que les belles valeurs rappelées ici servent de paravent.


"LES-DROITS-DE"

c’était la journée de lutte contre le harcèlement à l’école. Parmi les outils mis en place par le ministère, un clip a défrayé la chronique …
… Je sais que beaucoup de collègues ont hurlé en voyant les images, moi, j’ai bien rigolé ! Pour tout dire, j’ai une théorie : ceci n’est pas une enseignante. En tout cas, pas une instit. Voici quelques arguments, et autant d’hypothèses sur la véritable profession de la dame.
- son ton, sec, détaché, quasiment administratif : on ne parle pas comme ça à des enfants de 8-9 ans => elle était guichetière à Pôle Emploi il y a peu ;
- son écriture, presque illisible pour un enfant : aucun instit parmi les dizaines que j’ai rencontrés n’écrit de manière aussi dégueulasse (pas même moi, qui ai une sale écriture) => elle est médecin généraliste …



La France va être auditionnée en janvier prochain par le Comité des droits de l’enfant: le fait de ratifier le 3è protocole avec les déclarations proposées dans l’étude d’impact du projet de loi aurait immanquablement un effet désastreux et notre pays, après avoir traîné 3 ans pour se décider à ratifier, se discréditerait gravement aux yeux de la communauté internationale …
[ « Ratifier le 3è protocole sur les droits de l’enfant : OUI, mais sans restriction ! » - communiqué DEI France 6 oct. 2015 – pdf ]

… Dès lors que la France émet des déclarations et réserves - alors qu’aucun autre pays ayant ratifié le protocole à ce jour n’a pris cette liberté - tous les Etats qui n’ont pas encore ratifié la Convention pourront s’appuyer sur l’exemple français pour adopter leurs propres règles interprétatives. Cela contribuera à faire de ce protocole, et par conséquent de la Convention elle-même, un texte vidé de sa substance


… Madame la ministre, vous nous devez ce geste de reconnaissance pour l’action salutaire que nous avons menée en défense de l’école de la République.
Nous sommes d’autant plus enclins à effectuer cette requête que tous les dispositifs pédagogiques que nous avions contestés et que nous avions refusés ouvertement d’appliquer, ont été abrogés par Vincent Peillon dans le cadre de la refondation de l’école…
En commençant par annuler des sanctions injustes et disproportionnées infligées à des enseignants réellement engagés pour la réussite de leurs élèves, vous enverriez, sur toutes ces questions, un signal qui, dans la morosité ambiante, pourrait être perçu comme une petite lueur d’espérance
Offres d’emploi
Concepteur-linguiste
«Le secteur est toujours à la recherche de plumes capables de formaliser et conceptualiser les nouvelles tendances», explique Edmond Driant, conseiller artistique à pôle emploi. Le monde de l’art est friand de «terminologies un peu abstraites, d’oxymores spécieux. Une seule règle: le concept doit être incompréhensible par le grand public. Les profils avec double formation en linguistique et sémiologie sont très recherchés. Avoir travaillé dans les services centraux du ministère de l’Education nationale constitue un plus. Comme job d’appoint, on peut aussi écrire des étiquettes dans les musées.» 
La-Réforme-De-La-Refondation-De-La-Continuité-Dans-Le-Changement

(et réciproquement)

La situation est très contrastée aujourd'hui : 700 établissements accueillent plus de 42% d'élèves d'origine très favorisés (enfants de chefs d'entreprise, d'enseignants) et à l'autre bout de l'échelle, 700 établissements en accueillent moins de 6%. C'est l'éternel écart entre collège de centre-ville, et le collège de cité…
… les "instances locales de pilotage" se chargeront de répartir les élèves de façon équilibrée entre les différents établissements, en fonction de critères objectifs qui auront été décidées en accord avec les familles. En clair, sous couvert d'offrir plus de choix aux parents, on va probablement envoyer leur enfant dans un autre collège que celui de leur premier vœu.
Pourquoi l'accepteraient-ils ?..
Au pire, ils pourront toujours se tourner vers le privé, qui échappe à la sectorisation. Mais lui aussi va devoir faire un effort de mixité. Najat Vallaud-Belkacem entend bien qu'il s'engage à accueillir davantage d'élèves défavorisés. C'est désormais à cette seule condition qu'il pourra bénéficier de moyens supplémentaires.
Devinette: quel est le point commun entre l'enseignement professionnel, les formations en apprentissage et la mixité sociale dans les établissements scolaires? Réponse: tout le monde trouve ça formidable, mais seulement pour les enfants des autres…
Rendez-vous dans un an pour savoir si cet appel à l'esprit citoyen des parents a porté ses fruits. Ou simplement contribuer, dans les territoires-tests, à faire gonfler les rangs du privé.

Pour la ministre, il y a «urgence à agir». «La mixité ne fait pas de perdants, a-t-elle assuré lundi. Les élèves en difficulté sont tirés vers le haut, et les autres ne sont pas pénalisés. De plus, dans notre société où le repli sur soi progresse, il n’est pas question de reculer sur l’apprentissage de la citoyenneté et du vivre ensemble.» Il aura tout de même fallu attendre trois ans pour que la gauche, qui a affiché comme priorité la lutte contre les inégalités à l’école, s’empare du sujet «mixité».

les "mesures pour renforcer la mixité sociale au collège" présentées par N. Vallaud-Belkacem, F. Robine, directrice de la Dgesco, et C. Moisan, directrice de la Depp, le 9 novembre restent minces.
Quatre ans après l’arrivée au pouvoir de François Hollande, pour lutter contre la ségrégation scolaire, le ministère lance une simple expérimentation sur une base peu convaincante…
… Mais, en réalité, le projet ne concerne qu'un secteur par département avec en moyenne deux collèges par secteur. Au total c'est donc 37 collèges, peut-être 40 demain. Avec un effectif moyen de 337 élèves par collège en France, les nouvelles mesures ne concerneront que 12 à 15000 élèves sur les 2,6 millions de collégiens. Soit 0,5% des collégiens.
C'est la taille d'une expérimentation pas d'un plan pour sauver les valeurs de la République...

Les statistiques concernant la réussite scolaire montrent que celle-ci est corrélée au milieu social et à la profession des parents (oui, les enfants d’enseignants réussissent statistiquement bien à l’école) et, adossée à cette réalité, s’est peu à peu construite l’idée que la réussite est l’œuvre d’une coéducation qui ne dit pas son nom dans laquelle les familles assurent une partie du travail scolaire ou le délèguent quand elles le peuvent: la France est le premier consommateur de cours particuliers payants au sein de l’Europe.
L’école française fait globalement réussir les enfants de ceux qui les feraient réussir de toute façon

Sur le papier, personne n'est contre la mixité sociale. Mais qui va jusqu'à inscrire son enfant dans un établissement réputé «mauvais» pour jouer le jeu d'une carte scolaire contournée par tant d'autres ?
Le résultat collectif des stratégies individuelles est désastreux. Actuellement, un collégien sur dix étudie dans un établissement sans mixité, où plus de 63 % des élèves sont des enfants très défavorisés, fils et filles d'ouvriers, de chômeurs ou d'inactifs…

En réalité, l’expérimentation ne concernera pas l’intégralité de ces (17) départements mais des «territoires» comprenant un petit nombre de collèges dans un périmètre pas trop grand, avec des écarts significatifs dans la composition sociale des établissements.
Au final, cette expérimentation devrait toucher «entre 30 et 50 collèges» sur 7100

«Réforme du collège : il ne reste plus qu'à convaincre». Il ne s'agit sans doute pas au premier chef d'un ''déficit de pédagogie'', mais avant tout d'un manque (historique) d'éclaircissement sur ce que peut signifier «démocratisation»…
Où en est-on actuellement ? Eh bien, dans une certaine confusion persistante. De Pierre Laurent à Nicolas Sarkozy (en passant notamment par Jean-Luc Mélenchon et François Bayrou ou bien d'autres) on se trouve (au moins en paroles) peu ou prou dans la mouvance ''radicale-socialiste'' de l'entre-deux-guerres (celle d'une conception ''individualiste'' de la démocratisation). A certains égards, ils sont tous (et nous sommes tous) désormais plus ou moins ''radicaux-socialistes'' (de l'entre-deux-guerres...) en matière de «démocratisation».
La version ''individualiste'' de la «démocratisation» est toujours celle qui domine ou que l'on a beaucoup de mal à surmonter dans les conceptions et les choix.


 

«Cette réforme, j’ai envie d’y croire. Mais comment va-t-elle pouvoir se mettre en place dans les collèges où une majorité de professeurs sont dubitatifs, voire hostiles ? Le risque, dans ces établissements, c’est qu’on en vienne soit à faire porter la réforme sur quelques volontaires, soit à réinventer l’existant. Dans les deux cas, ce serait un échec.» Une façon de rappeler que cette réforme, pédagogique par nature, ne se fera pas sans les enseignants.

Je me fais guère d'illusions sur ce qui va suivre. Je m'inquiète au regard des évolutions politiques possibles de la montée des discriminations et de ses effets sur le climat scolaire. On risque de se heurter à des difficultés. On parle beaucoup de transmission des valeurs républicaines. Mais ce n'est pas la transmission qu'il faut faire avancer mais la concrétisation. Or le climat scolaire dépend de la démocratie à l'école et aussi de la démocratie dans la société…
« …Il s'agit de faire en sorte que l'établissement soit la maison des élèves. Je témoigne que la plupart des établissements proposent (...) des toilettes non entretenues, non surveillées, manquant de papier hygiénique, de savon, de sèches-mains. C'est un scandale ; la plupart des adultes n'admettraient pas que leur entreprise leur propose de tels "lieux d'aisance". D'aisance.
Que la cour soit suffisamment grande et équipée : que les élèves puissent s'y défouler, s'y asseoir et bavarder entre eux… »

On dit des enfants de professeurs qu’ils sont toujours des premiers de classe. Et de fait, de nombreuses données mettent en évidence leur réussite scolaire, supérieure à celle de tous les autres…
Les raisons de cet avantage ont déjà été explorées. La sociologie a mis en évidence le capital scolaire, économique et social des enseignants, la proximité culturelle de la sphère familiale avec l’école, leur connaissance du système qui leur permet de trouver la bonne information, choisir la bonne option, éviter la mauvaise classe…

s'il est vrai que les élèves faibles, moyens et bons ne sont pas pénalisés par un environnement hétérogène, c'est faux pour les élèves les meilleurs, dont les progrès sont ralentis. Leurs parents l'accepteront-ils au nom d'une idée : les vertus de la mixité scolaire et sociale ? Rien n'est moins sûr.
Le second obstacle est encore plus complexe à surmonter car il relève généralement du non-dit ou de l'implicite : nombre de parents sont en quête, pour leurs enfants, d'un certain «entre soi». Pour le dire simplement : ils veulent éviter les «mauvaises fréquentations» à leurs enfants et, sachant les mécanismes d'influence qui s'exercent à l'adolescence, ils n'ont pas forcément tort. Or, là aussi, la notion de «mauvaise fréquentation» est extrêmement extensible – elle ne concerne pas seulement les milieux les plus favorisés.
«Un vivier nouveau pour les écoles privées hors contrat, en pleine croissance depuis le début des années 2010»
Tout est en place, en somme, pour que le premier réflexe de nombre de familles …

… Ce parti pris commode et réducteur condamne les élèves à n’être que racontés, «parlés», devenant objets et non plus sujets pensants et agissants. «Je connais mes élèves, je sais ce qu’ils pensent» dit même l’un des intervenants. Mais n’est-ce pas faire preuve d’une certaine présomption que de prétendre savoir ce que pense un adolescent que l’on ne côtoie que quelques heures par semaine, qui plus est en tant que figure d’autorité ?..
… «En fait, [les jeunes] n’existent pas. Ils sont des chiffres, des créatures de papier, des cauchemars […] Leur vérité tient tout entière dans le cliché philanthropique ou le bavardage des médias». «Ils», «eux», sont continuellement ramenés par le film à une identité culturelle ou religieuse : «ils» sont majoritairement issus «de forte immigration d’origine maghrébine et africaine», «de familles arabes», «musulmans», «d’Afrique du nord».




 
 
 

Les firmes de high-tech de la Silicon Valley et même celles de capital-risque n’auraient jamais existé sans les programmes technologiques de l’armée américaine ; la plupart des innovations dans les technologies dites «génériques» (avec un large domaine d’application et conduisant au développement de techniques et innovations associées) ont été financées sur fonds publics ; la biotechnologie n’existerait pas sans les recherches universitaires publiques, etc. C’est le grand mérite de l’économiste italienne Mariana Mazzucato d’avoir mis en évidence le fait que toutes les technologies rendant le smartphone «smart» ont vu le jour grâce à la recherche publique.
Dans ces conditions, pourquoi les profits tirés des innovations devraient-ils être concentrés entre les mains d’un nombre restreint d’acteurs privés (qui au surplus excellent à échapper à l’impôt) ?..
( L’innovation ne justifie pas les inégalités )



faire de l’État non plus un recours, une «solution», mais un «problème». Tant Reagan que Thatcher s’attachèrent à réorganiser ainsi la base idéologique de leurs pays.
Toujours très gramsciens, les néolibéraux savaient que l’instauration de leur «bloc historique» n’aurait pas été possible sans l’appui de groupes initialement non acquis à leur cause…

On est dans une grave crise de la puissance politique. Le politique n’a plus d’action, ou, pour être plus précis, les structures politiques ont de moins en moins d’efficience sur les choses. Cela crée une peur panique dans la vie des gens. On le voit à travers l’abstention, le vote des extrêmes, une souffrance sociale qui s’accumule. Jusqu’où ? On se dit chaque jour que cela va s’arrêter, or ça continue de plus belle, dans un état de délitement général. Il y a des appels d’air de partout, mais il n’y a rien qui unifie…



"La-Carte-Scolaire" : à la carte
… Au pays de la méritocratie républicaine, la promesse égalitaire de l'école est, chaque année, plus bafouée.
Pourtant, la lente montée du secteur privé n'y est pas pour grand-chose…
… la privatisation de la réussite scolaire doit moins au libéralisme débridé qu'à l'intensité d'une compétition scolaire qui, dans notre pays, est d'autant plus forte que le diplôme initial pèse d'un poids disproportionné sur les carrières.
Faire la morale aux parents – et aux enseignants – qui alimentent ce système ne le fera pas reculer d'un millimètre : aucun d'entre eux n'a le sentiment de faire «mal», aucun n'enfreint la loi, et bien peu renonceront à donner les meilleures chances à leurs enfants – ou à leurs élèves – au motif que cela déstabilise le bel édifice égalitaire républicain…

A maintes reprises depuis le début du quinquennat, la majorité s’est engagée à agir pour plus de mixité à l’école. C’est même écrit dans l’article 1 de la loi de refondation de l’école de Vincent Peillon : «Le service public de l’éducation veille à la mixité sociale des publics scolarisés au sein des établissements d’enseignement.» Najat Vallaud-Belkacem a réaffirmé plusieurs fois cet objectif …
Politiquement, c’est une plaque de verglas. L’approche des régionales n’arrange rien …
… Najat Vallaud-Belkacem le sait bien, la colère des parents peut être sa meilleure arme politique pour obliger les élus locaux à fléchir.

… Avant l’assouplissement de la carte scolaire en 2007, les phénomènes de ségrégation étaient déjà présents et puissants. Obliger les parents est vain, il y aura toujours des stratégies de contournement. Le défi de la mixité ne pourra s’atteindre qu’avec la volonté des parents. L’enjeu, c’est de sortir du discours moralisateur «il faut mettre son enfant dans le collège de secteur pour être un bon citoyen». Et convaincre les parents qu’ils ont individuellement un intérêt à mettre leur enfant dans le collège du quartier …
… Chaque fois que cet effort n’est pas fait et que l’on crée de la ségrégation, on fabrique une bombe à retardement pour la future société française.

Pas sûr que l'affectation autoritaire d'un enfant dans un collège éventuellement loin de chez lui sur la base de critères sociaux contribuent à endiguer cette "fuite" vers les établissements privés.
D'après la DGESCO, chaque année, 10% des entrants en 6e et en 2nde demandent à bénéficier d'une dérogation à la carte scolaire. 64% des ces demandes reçoivent une réponse favorable. Des statistiques qui ne prennent pas en compte le contournement de la carte scolaire "invisible", c'est à dire celui qui conduit les parents à choisir leur lieu d'habitation en fonction de la réputation du collège

… Mais l’Etat a beau leur promettre un accompagnement, mettre sur pied un comité scientifique pour les aider, rien ne dit que les élus vont oser s’aventurer sur ce terrain glissant. D’ailleurs, seule une «petite dizaine de départements», selon Libération – sur 101 – seraient prêts à s’engager pour la rentrée 2016. On aurait pu s’attendre à davantage, alors que les élections départementales sont désormais passées.
Reste que si leur affectation ne leur plaît pas ...

la recomposition de l'offre éducative en un schéma qui, grossièrement, laisserait à l'Etat la formation des élites et des plus fragiles, au privé sous contrat celle des classes moyennes soucieuses d'entre-soi, et drainerait un public "bobo" et solvable, attentif avant tout à l'épanouissement de l'enfant?
Cette hypothèse semble plausible
… si on la relie à la forte expansion des établissements hors contrat: 51 ouvertures en 2014, 67 déjà en 2015 selon la Fondation pour l'école, parmi lesquels "Montessori, bilingues et écoles écologiques tiennent le haut du podium". A ce rythme, leur nombre aura doublé en dix ans, pour atteindre 1500 établissements. Pas assez pour faire basculer le système. Mais …

… Les enseignants ayant participé à l’enquête Talis de l’OCDE adhèrent massivement «à une vision constructiviste de la pédagogie : ils perçoivent l’apprentissage comme un processus actif visant à favoriser une réflexion critique et autonome.» Ils sont 94% à estimer que leur rôle est d’aider les élèves à effectuer leurs propres recherches …
Mais dans leur pratique, les enseignants sont nettement moins nombreux à privilégier des voies d’enseignement actives et «déclarent avoir plus souvent recours à des pratiques pédagogiques passives»
… Parallèlement, presque symétriquement, on comprend le regain d’intérêt pour les pédagogies actives type Freinet, Montessori, etc. (trop souvent mises dans le même sac alors qu’elles fonctionnent très différemment et reposent sur des philosophies parfois éloignées les unes des autres)

«Le compte n’y est pas. Ce qui reste pour l’instant de cette priorité au primaire, c’est un beau slogan Rue de Grenelle, pas une réalité dans les écoles.»
… Seulement 2 300 postes (sur 7 000) sont créés pour les maîtres surnuméraires. Et à peine 800 postes (sur 3 000 annoncés) pour les moins de 3 ans.
Les efforts seront-ils, un jour, perceptibles sur le terrain ? Rien n’est moins sûr, car un autre facteur entre en compte : la poussée démographique …

L’enseignement en ligne ne transforme donc pas le professeur en simple tuteur ou accompagnateur, ne le dispense pas d’atteindre un haut niveau académique, ne lui évite pas d’avoir à bâtir une progression didactique adaptée au niveau de ses étudiants. Il exige en revanche un changement de posture qui fait effectivement descendre l’enseignant de son estrade pour se placer dans l’arène, aux côtés des étudiants.
Les technologies numériques ne sont pas les premières à impliquer un tel mouvement. La plupart des pédagogies non conventionnelles le font, depuis longtemps – Freinet, Montessori, Steiner, etc. Et elles sont, pour cette raison, critiquées par certains tenants des approches traditionnelles, ceux-là même que l’on retrouve aujourd’hui en première ligne pour s’opposer à l’introduction des technologies numériques dans l’éducation.
Le débat sur numérique et éducation n’est donc pas un débat sur la place de la machine par rapport à l’enseignant mais sur celle de l’enseignant par rapport à l’élève.

… Accompagnement juridique, soutien psychologique et moral, protection des dommages corporels: voici ce que prévoient les assurances "anti-menace" que les professeurs sont de plus en plus nombreux à souscrire.
Plus d'un professeur sur deux s'assure contre les agressions, insultes et autres menaces... "461 000 profs ont souscrit cette assurance si particulière"…
Les violences lourdes ont tendance à diminuer, mais ce sont bien les seules: un tiers des 9000 dossiers traités chaque année concerne des insultes ou des menaces, un autre tiers recouvre des diffamations …

Exception faite des parents qui militent pour une plus grande liberté accordée à leurs rejetons, les enfants sont aujourd'hui bien plus couvés qu'ils ne l'ont jamais été dans l'histoire. Dès lors, les enfants sont en général moins susceptibles de s'attirer des ennuis.
Mais comme le soulignait un récent article du New York Times Magazine, tout un tas de gamins adoreraient faire de la moto, crapahuter sur des falaises ou se jeter en skateboard du haut d'une rampe de 30 mètres si leurs parents les autorisaient à participer à ce genre d'activités extrêmes. Et quand des enfants sont laissés à eux-mêmes, comme le prouvent des faits-divers tragiquement familiers, ils sont tout à fait capables de prendre des risques, que ce soit en partant en rodéo avec la voiture familiale ou en décidant de jongler avec des armes à feu.

"Les-Droits-De"
«Pourquoi tu reviens encore me voir, à quoi ça sert ?»
Il dit que le 115 (le numéro du Samu social) ne répond pas.
«J’appelle tous les jours. J’attends, j’attends… Personne.
Une fois, quelqu’un a dit "Allo" et m’a demandé le nom de mes parents.
Après, il a dit qu’il n’y avait pas d’hôtel.
Après, j’ai encore rappelé. J’ai donné que mon nom à moi, Slavi,
 j’ai dit que j’avais 10 ans et que je cherchais un hôtel pour une famille. Mais j’ai pas eu d’hôtel.»
Il ne s’épanche pas, ne souhaite pas parler de l’expulsion du camp La folie. Il dit juste :
«Avant c’était pire, maintenant, c’est plus pire.»

C’est ainsi que l’État ne fait pas respecter l’obligation municipale d’inscrire les enfants roms dans les écoles.Pire : loin de poursuivre les élus récalcitrants, le parquet va jusqu’à requérir la relaxe de la maire de Sucy-en-Brie, qu’il obtient le 2 septembre 2015, en prenant son parti contre le Défenseur des droits. Or cette politique influe sur l’opinion

… La France va être auditionnée en janvier prochain par le Comité des droits de l’enfant : le fait de ratifier le 3è protocole avec les déclarations proposées dans l’étude d’impact du projet de loi aurait immanquablement un effet désastreux et notre pays, après avoir traîné 3 ans pour se décider à ratifier, se discréditerait gravement aux yeux de la communauté internationale …
[ « Ratifier le 3è protocole sur les droits de l’enfant : OUI, mais sans restriction ! » - communiqué DEI France 6 oct. 2015 – pdf ]

En 2015, l’égalité des chances dans ­les écoles de la République est-elle ­enfin un horizon atteignable?
On en est loin. On observe même un accroissement des inégalités sociales en matière de performance entre les élèves?: les plus faibles scolairement, qui sont aussi les plus désavantagés socialement, ont des résultats en baisse. En France, la position sociale des parents joue plus fortement qu’ailleurs sur l’avenir scolaire des enfants. Ce n’est pas juste, car les élèves ne choisissent ni la famille dans laquelle ils naissent ni leur école…
... Quand les inégalités et les manques s’accumulent au primaire, ils s’accentuent au collège. A ce moment de leur parcours, les élèves sont dirigés vers des établissements qui leur offrent des chances d’apprendre très inégales, alors que, parallèlement, les exigences scolaires sont plus fortes.
Agir d’abord sur le primaire est donc une question de bon sens. Dès qu’on mesure des inégalités, dès qu’il y a une difficulté, il faut s’y attaquer. Car il sera plus compliqué d’apprendre à lire à un élève de 15 ans…
C’est ainsi que l’école devient une machine à trier les élèves, certes de manière formellement équitable, formellement méritocratique, mais en s’intéressant finalement plus au classement qu’aux résultats…


En France, l’usage de la calculatrice est depuis longtemps imposé. On en exige une à l’entrée au collège.
... On en exige une autre au début de l’année de seconde, avec mille touches impressionnantes …
… Chez Texas Instruments, le but implicite est de transformer les professeurs en «évangélistes» de la marque …
… la marque nous a fait une fleur, à mes collègues et moi-même, en nous offrant à chacun la TI-83 Premium CE, moderne, rétro-éclairée, avec le mode examen intégré (d'une valeur d'environ 80 euros). Quelle consigne croyez-vous que nous avons donnée à nos élèves à la rentrée? Nous avons été faibles. En offrant à quatre enseignants leur instrument de travail, TI s’assurait de vendre tôt ou tard plus de 200 nouvelles machines dans notre seul établissement…
le même prof de maths dit se «sentir sale». «On affirme aux parents qu’il faut acheter une calculatrice, alors que je sais très bien que je peux m’en passer pour enseigner»

… Les rapporteurs encouragent le gouvernement à réformer ce niveau d’enseignement pour lequel l’Etat dépense sans compter : 26 milliards d’euros, ont-ils chiffré. Il faut moins d’heures de cours, moins d’établissements, moins d’options et simplifier le baccalauréat, conseillent-ils.
Ils ont peu de chance d’être entendus…
… la France privilégie le lycée alors que la plupart de ses voisins favorisent le primaire, là où tout se joue. Un lycéen français coûte 10 102 euros, contre 7 347 euros en moyenne dans les autres pays de l’OCDE...
Mais avant de pouvoir engager une réforme du lycée, il faudrait déjà évaluer celle conduite par Luc Chatel en 2010, dont beaucoup d’enseignants soulignent les points communs avec la réforme du collège engagée par Najat Vallaud-Belkacem : accompagnement personnalisé, autonomie accrue des établissements…

… les élèves peuvent les noter après chaque leçon,
comme le ferait un client d’Uber sur l’application
… Pour les autres, il reste l’école publique. Reste à savoir …

Dix-sept ans après, il semble clair que la meilleure arme contre le bizutage n'était pas une loi spécifique mais l'instauration d'une école plus juste, plus généreuse, plus attentive aux plus fragiles, fidèle en actes et pas seulement en paroles à ses promesses d'égalité, ainsi que la promotion d'une société moins obsédée par la compétition. Tant qu'elles n'adviendront pas, les ministres continueront à copier-coller le même communiqué à chaque rentrée, en pure perte.

Un élève sur cinq change d’établissement au cours de sa scolarité au collège.
Deux raisons essentielles motivent le changement de collège. Le déménagement de la famille en est la cause la plus courante. L’insatisfaction des familles vis-à-vis de la discipline, la sécurité ou l’aide en cas de difficultés scolaires constitue le second motif de mobilité scolaire.
Celle-ci est d’autant plus fréquente que le niveau scolaire de leur enfant était faible en sixième.
Par ailleurs, les élèves du secteur privé changent plus souvent de collège que ceux du secteur public …
[ NOTE D’INFORMATION DEPP - DIRECTION DE L’ÉVALUATION, DE LA PROSPECTIVE ET DE LA PERFORMANCE - n° 32 – Octobre 2015 ]
 

"Les-Droits-De"
J’ai un peu mal au coeur quand, pendant leurs discours de présentation, j’entends des élèves affirmer qu’ils feront tout pour organiser des voyages et des sorties de fin d’année. Dans 99,9% des cas, ces décisions-là se font sans les élèves. Les sorties de l’année (qui doivent être à but pédagogique) sont souvent déjà décidées au moment de l’élection des délégués. Elles ont été budgetisées et présentées au conseil d’administration (où siègent d’ailleurs deux délégués, qui n’ont absolument jamais la parole sauf s’ils ont le cran de la demander face à un parterre d’adultes). Faire croire aux élèves qu’ils sont décisionnaires dans ce domaine, c’est leur mentir

l’autonomie, dont l’école doit favoriser l’acquisition. Le glossaire de l’Éducation nationale rappelle que le concept «ne signifie pas “faire sa loi” mais reconnaître et vouloir ce qui peut effectivement prétendre au statut de loi, c’est-à-dire ce qui peut effectivement être voulu par tous sans contradiction»…
… Au même moment, sur les murs de la plus grande gare d’Europe, étaient placardés trois slogans: «Sème le désordre», «Gagne tout», «Impose tes règles» illustrés par les figures de trois footballeurs renommés. Les trois s’éclairent les uns les autres, et leur ordre est important. Il s’agit d’une stratégie de réussite individuelle: elle passe d’abord par le «chaos» –«Crée le chaos» recommande le site d’Adidas avec un autre slogan–, puis vient la victoire, écrasante, qui ne laisse aucun interlocuteur en mesure de dialoguer, voire d’échanger fut-ce un ballon. Enfin, le gagnant peut rafler la mise et imposer la transformation des règles du jeu, sans voir l’ombre d’un arbitre auquel il faudrait rendre des comptes. ..

On est loin des ambitions portées à la naissance, en 2013, de la Semaine de l'engagement lycéen. Pour G Pau-Langevin, alors ministre déléguée à la réussite éducative,  la vie lycéenne devait être un outil de transformation en profondeur des lycées….
… La démocratie lycéenne est à bout de souffle dix ans après son existence : les élus lycéens sont déçus du manque de légitimité et de crédibilité qui leur est accordé. S’il est vrai que les générations passent, la déception et la désillusion liées à ce que certains surnomment une «mascarade» restent bien trop présentes".
Depuis janvier 2015, la citoyenneté est portée dans les lycées par un enseignement moral. Les lycées doivent détecter les jeunes "en voie de radicalisation". Bref, la citoyenneté ça vient d'en haut

une vision de l'école comme gare de triage. Réputée infaillible, la note apparaît ici comme une façon d'aider chacun à se situer par rapport aux autres plutôt que par rapport aux savoirs: c'est la note des concours et des classements, celle qui prétend objectiver de futures hiérarchies sociales et professionnelles. Reposant - nous l'avons vu - sur une fiction au plan scientifique, elle relève de la pure convention: pour quelques points, parfois quelques dixièmes de points, élèves et étudiants acceptent de s'en remettre au jugement des enseignants pour décider de leur avenir.
Supprimer les notes n'aurait guère de sens, et il faut croire Najat Vallaud-Belkacem quand elle affirme que telle n'est pas son intention. Dire à quoi elles servent en aurait un, celui de signifier si l'école est d'abord là pour former ou pour trier.

Il existe, en France, une école attentive à enseigner les fondamentaux de la langue et du calcul, à initier aux vertus de la coopération et du travail en équipe, à s’appuyer sur la dynamique naturelle du jeu et de la curiosité pour faciliter les apprentissages…
… Cette école, chaque élève – ou ancien élève - la connaît : c’est l’école maternelle…
… Si, pour une fois, au lieu de lorgner sur le niveau à venir, le collège et le lycée s’inspiraient un peu de ceux qui précèdent, la continuité pédagogique et la réussite des élèves y gagneraient.

"La-Réforme"
… Ces huit modules EPI (développement durable, citoyenneté, langues et cultures de l’Antiquité, etc.) censés, à partir dès la 5e et à raison de une à trois heures par semaine, croiser les disciplines tout en privilégiant la pédagogie par projets sont destinés à lutter contre «l’ennui» des élèves en classe, selon les propos de la ministre …
De «potion magique» il n’est pourtant pas question. D’abord parce que les effets de l’interdisciplinarité sur l’attention et les performances scolaires des élèves restent encore à prouver. Les EPI sont effectivement inspirés d’expérimentations «qui fonctionnent» sur le terrain, selon les termes du ministère. Mais aucune étude scientifique récente ne vient appuyer cette généralisation souhaitée par le ministère


... Riches et puissants, les dirigeants et les cadres de ces entreprises qui dessinent notre avenir numérique ne connaissent pas la crise. Pire, ils la créent indirectement. La haute technologie faisant la fortune de San Francisco, les prix du marché de l’immobilier ont explosé. Dorénavant, il faut compter 8 500 euros par mois pour se loger dans un trois-pièces. Un chiffre qui n’est pas sans conséquence. Les ménages les plus pauvres sont expulsés et peinent à trouver un autre logement. En deux ans, le nombre de personnes sans domicile fixe a grimpé de 25 %. ..
… A ce phénomène de gentrification s’ajoute celui de la privatisation de services publics par ces colosses. De quoi- jeter davantage encore d’huile sur le feu. Sans compter que certaines de ces entreprises ont réussi à être exemptées de tout impôt sur leurs bénéfices. Sans avoir à redistribuer les richesses, elles ont de quoi… croquer la pomme à pleines dents.

… Axelle Lemaire, secrétaire d’Etat chargée du Numérique et porteuse du projet de loi, affirme vouloir ainsi «libérer les start-up», soit mobiliser les services de l’Etat afin de faciliter le développement de systèmes et d’applications marchands nourris par la mémorisation de nos gestes collectifs de tous ordres.
Que cette disposition soit rangée dans un alinéa du texte sous le terme de «commun informationnel» relève d’un grossier tour de passe-passe rhétorique qui cherche à faire passer des vessies pour des lanternes…
… La loi s’intitule «Pour une République numérique», ce qui ne veut à peu près rien dire, sinon que la formule témoigne d’une dénégation masquant le fait que la res publica se soumet ici, et plus que jamais, aux desiderata de la res privata…
…Le tour de force qu’aura réussi à opérer l’«esprit de la Silicon Valley», c’est de faire passer ce qui relève d’un anarcho-libéralisme, soit une sauvagerie entrepreneuriale effrénée, pour un modèle paré de toutes les vertus incarnant un nouvel horizon économique souhaitable…

accorder un temps supplémentaire au numérique à des adolescents déjà surconnectés est un non-sens.
Ils constatent notamment une baisse d’intérêt des élèves pour des outils technologiques qu’ils connaissent déjà :
«Déjà, le vidéoprojecteur généralisé a bien perdu de son attrait. Il y a fort à parier que les tablettes, sitôt l’effet de nouveauté estompé, subiront le même désintérêt. Ce n’est pas le numérique qui donnera de l’appétence pour le savoir aux élèves.»
Le gouvernement table sur un milliard d’euros en trois ans dédiés à l’école numérique. Ovnivalenceregrette que cet argent ne serve pas à employer du personnel pour alléger les classes. Pour Loys Bonod, rien ne sert de mettre le paquet sur le numérique si le minimum n’est déjà pas assuré dans l’établissement :
«Moi j’aimerais déjà que les chiottes soient propres.»
 

Faire de la France un des pays leaders en matière de "e-enseignement". Telle était l'ambition de François Hollande quand il a présenté en mai dernier un énième plan pour développer l'école numérique. Le chef de l'Etat promettait alors un milliard d'euros sur trois ans...
... et c'est là que la surprise apparaît, utiliser ces outils dans les écoles n'est pas une garantie de succès scolaire. Dans le meilleur des cas, utiliser les nouvelles technologies en classe n'apporte que des résultats mitigés. Si l'étude suggère qu'une utilisation limitée de ces outils est préférable à pas du tout d'utilisation, elle montre aussi que "les niveaux d’utilisation supérieurs à la moyenne actuelle des pays de l’OCDE sont associés à des résultats significativement plus faibles"...
... "Les nouvelles technologies ne sont pas d’un grand secours pour combler les écarts de compétences entre élèves favorisés et défavorisés. C'est sans doute le constat le plus décevant de ce rapport"...
 
Rapport OCDE - Programme international pour le suivi des acquis des élèves - sept. 2015 :
Connectés pour apprendre ? LES ÉLÈVES ET LES NOUVELLES TECHNOLOGIES - pdf
  Pouce !

Oh... so british !
Ce qui est mis en accusation c'est la réforme suédoise installée à la fin des années 1990. La réforme a doté les districts scolaires d'une large autonomie. Les écoles sont gérées au niveau communal et le curriculum lui même est partiellement local.
Le pays a installé le libre choix de l'école avec la mise en place de chèques éducation et l'ouverture de free schools, des écoles publiques mais à gestion privée, un peu sur le modèle des "academies" anglaises
… Ce n'est pas le collège unique bienveillant qui s'est mis en place avec la réforme mais sous la pression de la concurrence une véritable "déconstruction du collège unique" (N. Mons) avec une ségrégation scolaire accrue, un mauvais climat scolaire et un comportement inefficace des chefs d'établissement noyés sous une autonomie qui a généré une montagne de taches administratives…

Les Londoniens ne parlent que de ça. S’ils sont propriétaires, ils font mine de s’offusquer des sommets « a-ffo-lants» qu’atteignent les prix de l’immobilier et des difficultés qu’ont leurs enfants pour accéder au même statut. S’ils sont locataires, ils fulminent …
… Dans ce contexte tendu, de plus en plus de jeunes sont contraints d’abandonner leurs projets d’émancipation. Selon le site de colocation EasyRoommate, 20 % des 20-34 ans sont contraints de retourner vivre chez leurs parents et 15 % ne les ont jamais quittés. La moitié de ces «enfants aux ailes rognées» citent le cout des logements comme le motif de ce retour ou de ce maintien involontaire…

British way of life (Archives):
"Le pouvoir aux parents !", disent-ils
Dès leur retour au pouvoir, les conservateurs veulent créer 5000 écoles "indépendantes"

... Plus inquiétant, près d’une sur trois déclare peiner à assurer trois repas par jour ou à régler la cantine. Signe de la progression de la précarité à de nouvelles couches sociales, la difficulté à s’offrir des loisirs s’installe : une personne interrogée sur deux explique avoir du mal à envoyer ses enfants au moins une fois par an en vacances, ou à leur payer un cours de sport ou une place de cinéma...
... 87 % des Français estiment que le risque que leurs enfants connaissent un jour la pauvreté est plus élevé qu’il ne l’était pour leur génération. 55 % pensent même qu’il l’est « beaucoup plus ». Un record depuis neuf ans que le baromètre existe.
L’anxiété s’est naturellement transmise aux enfants. ..
... près de six sur dix redoutent de devenir pauvres ; près des deux tiers parmi ceux âgés de 11 à 14 ans. Ils disent côtoyer la pauvreté, tant à l’école (61 % d’entre eux) que dans leur quartier (47 %). Et estiment à 31 % le nombre de leurs camarades qui ne mangent pas à leur faim. L’avenir pour eux n’est donc guère souriant ..

"Les-Rythmes"
... Pourtant, sur le terrain, la crainte perdure d’une école à deux vitesses. Ou plutôt d’un accueil périscolaire à deux vitesses. Les TAP (pour « temps d’activités périscolaires »), autre acronyme popularisé par la réforme des rythmes, se révèlent très divers d’un territoire à un autre : des activités artistiques et culturelles priment (77 %) selon l’examen des 14 000 premiers PEDT divulgué avant l’été, mais l’on y fait aussi beaucoup de sport (75 %), de l’éveil à la citoyenneté et au développement durable (40,5 %), des ateliers de lecture, de l’informatique, de l’aide aux leçons… et des jeux, beaucoup – jeux collectifs, jeux calmes, jeux de stratégie… Avec un impact financier : les trois heures d’activités périscolaires organisées en plus, chaque semaine, ne sont gratuites que «pour près de la moitié des PEDT»...

"La-Laîcité"
...«Que cette charte ne s’applique pas aux deux millions d’élèves de l’enseignement privé, n’est-ce pas la preuve d’une laïcité à deux vitesses?» ...
... «Ce discours moralisateur surplombant l’élève, les familles, et qui semble tomber d’en haut alors qu’eux-mêmes expérimentent au quotidien un système éducatif inégalitaire, cela ne peut pas parler aux jeunes, observe la professeure à l’université de Cergy-Pontoise. On leur vante la fabrique du “commun” et, dans la pratique, les écarts de réussite se perpétuent à tous les niveaux du système éducatif !» ...

"Les-Droits-De"
Pour la première fois depuis 50 ans, la mortalité infantile progresse à Gaza. C'est l'agence de l'ONU en charge des réfugiés palestiniens (UNRWA) qui fait le constat...
... faute de fonds des donateurs internationaux, la rentrée des 225.000 enfants inscrits dans les dizaines d'écoles de l'UNRWA à Gaza est menacée. L'Unicef avait déjà estimé que la dernière année scolaire avait été marquée par un taux d'échecs très élevé, de nombreux enfants étudiant dans des écoles portant encore les stigmates de la guerre...


... Cette nuit, l'humanité a franchi le jour du dépassement : nous avons épuisé les ressources annuelles de la Terre. Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs prennent en compte la biocapacité de la planète, c'est-à-dire sa capacité à produire des ressources pour nourrir l'humanité et à absorber les déchets issus de leur consommation, notamment le dioxyde de carbone. Ils calculent alors le jour de l'année où l'empreinte écologique dépasse la biocapacité de la Terre. Une date qui arrive de plus en plus tôt. Un constat alarmant ...

... il importe d'être clair sur les finalités de cette mobilisation : il ne peut s'agir d'inculquer une quelconque morale officielle, ni d'avoir une visée purement défensive, ou de mobiliser les valeurs de la république ou de la laïcité comme simples vecteurs de maintien ou de rétablissement de l'ordre ...
... liberté, égalité, fraternité, ces valeurs ont vocation à protéger et à émanciper, mais force est de reconnaître que les modèles français d'éducation, d'insertion sociale, d'intégration, ou de politique de la ville, qui ont prévalu jusqu'à présent, peinent à conférer à ces valeurs fondamentales une réalisation concrète pour l'ensemble de ceux qui vivent en France. Se construisent en effet des frontières intérieures symboliques, entre les différentes composantes de la société, dont l'édification est aussi le fait des catégories sociales qui par des mécanismes d'évitement contribuent à alimenter un phénomène de "ghettoïsation par le  haut". Ces frontières intérieures ...

...  il doit être clair que la laïcité républicaine ne saurait être de l'ordre de la ''neutralisation'' : elle porte des valeurs qui demandent des engagements. Il avait été prévu qu'il y ait une formation ad hoc dans le cadre du tronc commun en formation initiale des enseignants. Cela n'a généralement pas été le cas dans les ESPE, et des mesures à ce sujet s'imposent. Enfin on devrait décider un plan d'urgence inédit de formation continue pour être à la hauteur de la situation.


... Lancés en 2013 par Vincent Peillon, à l’époque ministre de l’éducation nationale, les EAP ont en effet connu un succès mitigé. A l’origine, ce dispositif visant à accompagner des étudiants boursiers souhaitant devenir professeurs devait attirer 12000 bénéficiaires.
Ils n’ont été que 7900...

... Bref, bien souvent si on est pas 100% parent positif, on est juste 100% nul...
... Si notre héritage éducatif est sans aucun doute à critiquer, du fait de son âgisme (domination des adultes sur les enfants), de son sexisme, ou encore du fait de son attachement aux punitions et récompenses, cette vision en fait, au même titre que la psychanalyse en son temps, un élément de plus de constitution d'un dogme...

«Les adolescents ne vont plus dans des cabanes au fond des bois. Ils restent chez eux, dans leur chambre
... ne peut s’empêcher de scruter les «likes» ou commentaires postés sur les profils Facebook que Blaire consulte dans la panique. Avec son ambition de teen movie supposément choquant, Unfriended présente une toute petite portion de l’immense attirail d’imaginaire qu’offre la sphère informatique, dévoile une part de notre propre voyeurisme face à la fabrication en ligne des personnalités.
Sur l’écran unique du film, les ados disparaissent un par un

A quel point l’usage compulsif d’un téléphone portable en classe nuit-il à la réussite scolaire ? C’est la question que vous vous posez certainement à chaque fois que vous épluchez le profil Facebook de vos amis plutôt que d’écouter votre professeur disserter sur un sujet un peu moins attrayant. Moment d’égarement sans gravité ou perte d’attention dommageable?...
«Que les étudiants apportent leur téléphone et l’utilisent d’une manière pertinente, en rapport avec le contenu du cours, est une piste que nous devons privilégier.» Et le professeur assistant d’ajouter, un brin défaitiste, que lutter contre l’usage des mobiles en cours est, de toute manière, une «bataille perdue d’avance».
 

… Il est possible qu’en réalité ce soit le texte lui-même qui soit en train de disparaître.
Après tout, les premiers visiteurs du Web passaient leur temps à lire des magazines en ligne.
Ensuite sont venus les blogs, puis Facebook, puis Twitter.
Maintenant, c’est sur des vidéos Facebook, sur Instagram et SnapChat que la plupart des gens passent leur temps.
 Il y a de moins en moins de texte à lire sur les réseaux sociaux, et de plus en plus de vidéos et d’images à regarder.
Le stream, les applications mobiles et les images qui bougent : tout indique un déplacement de l’Internet-livre à l’Internet-télévision.
Il semble que nous soyons passés d’un mode de communication non-linéaire - nœuds, réseaux et liens -
à un mode linéaire fait de centralisation et de hiérarchies...
  Pouce !

"Les-Droits-De"

Les suicides,comme en temps de guerre
… Deuxièmes victimes, les enfants. A ses consultations, le psychiatre Menelaos Theodoroulakis a vu affluer des gamins qui culpabilisent d’être devenus «un poids trop lourd [pour leurs parents]». Ces petits désespérés sont ceux qui, à l’avenir, poseront «le problème le plus dramatique»

… La révolution industrielle s’est produite sur plus d’un siècle. Aujourd’hui les révolutions technologiques se mettent en place en quelques années.
La première grande vague de chômage sera liée aux voitures, camionnettes et camions autonomes. Elle aura d’immenses avantages en éliminant les accidents de la route et les embouteillages, en rendant le transport quotidien plus productif et en réduisant la consommation d’énergie. Mais elle va faire disparaître des millions d’emplois.
Avec les progrès rapides de l’intelligence artificielle, les tâches qui nécessitent une analyse d’informations pourront être tenues par des machines. Cela comprend des emplois de médecins, de juristes, de comptables, de traders et de journalistes. Et les machines auront besoin de peu d’hommes pour les aider
 

… Et voici qu’après les policiers, une autre catégorie de personnels pourrait bientôt en être doté : le personnel scolaire. C’est ce qu’une école du sud de l’Iowa a récemment décidé. Doter chaque encadrant d’une body-caméra qui filmerait ses interactions avec les élèves et avec les parents
… Si l’initiative venait à essaimer en France (jurisprudence police) on pourrait imaginer que la caméra ait son utilité pour surveiller si le prof suit bien le programme. «Tiens, madame machin, j’ai visionné la bande de votre cours sur l’histoire des religions …
… Et puis pourquoi s’en tenir à l’école ? Après tout, la famille est aussi un lieu de conflit où chacune des parties peut avoir besoin de montrer les preuves des torts qu’elle subit : allez, on équipe parents et enfants de body-caméras


Donald Tusk s’inquiète du «risque politique et idéologique»
«Quand l’impatience devient un sentiment collectif, elle peut conduire à une révolution», alerte le président du Conseil européen.
" … A mon avis, l’atmosphère aujourd’hui est très similaire à 1968 en Europe. Je sens un état d’esprit, peut-être pas révolutionnaire mais d’impatience.
Mais quand l’impatience devient un sentiment collectif, elle peut conduire à une révolution.
Le chômage massif des jeunes est peut-être la raison la plus claire et visible..."
(Le Monde du 18 07 15 - pages economie)

Il n’y a aucune raison pour que le pays s’en sorte avec la batterie de «réformes» passées en force. Imposées. Elles ne parlent pas de l’annulation d’une partie de la dette que tout le monde sait insoutenable. Elles ne mettent rien en branle pour que le pays sorte de la plus grande récession depuis la guerre. Elles ne sortiront pas les 40% d’enfants qui vivent sous le seuil de pauvreté ou les 50% de jeunes au chômage, sans aucun avenir. Elles sont des ordres, pas des réformes. Où est le professionnalisme, où sont les propositions sérieuses, débattues, qui ne seraient pas jetées sur un coin de table ? …
… A la façon de l’Allemagne avec la zone euro, les Etats-Unis ont tenté d’imposer, pendant des décennies, leur politique économique expansionniste dans leur zone dollar d’Amérique latine. On a vu le résultat : l’échec absolu et la déstabilisation politique



«Le dispositif "meilleurs bacheliers" ne privilégie pas les plus méritants»
ce dispositif qui part d’un bon sentiment ne se base sur aucune donnée statistique solide : rien ne garantit que les 10% des élèves de chaque lycée ayant les meilleures notes au bac viennent de milieu populaire et aient un parcours méritant ! On sait même que c’est rarement le cas : 80% des élèves décrochant une mention très bien viennent de milieu favorisé, pas forcément financier mais au moins culturel…

le Défenseur, qui précise dans son document que la dépense publique par élève parisien est supérieure de 47 % à celle pour un élève de l’académie de Créteil, «reconnaît clairement la discrimination dont sont victimes nos enfants, en raison de leur lieu d’habitation». Qui plus est dans une ville où la totalité des écoles font partie des réseaux d’éducation prioritaire (REP), qui entrent en vigueur à la rentrée prochaine et qui permettent d’obtenir plus de moyens...
... En plus de souligner une «très grande approximation» dans les procédures de recrutement des enseignants contractuels, le Défenseur des droits s’interroge sur le «caractère suffisant des moyens déployés pour rendre effectif» le service public de l’éducation en Seine-Saint-Denis. Dans l’entourage de la ministre de l’éducation, on estime que le document fait état de la situation «au moment de la rentrée 2014» ...


… Certes, tout n’est pas idyllique dans nos maternelles, les classes sont horriblement surchargées, il faudrait plus d’atsem pour s'occuper des enfants, et les postes supplémentaires prévus depuis trois ans ont été absorbés par l'augmentation du nombre d'élèves en primaire. Mais, au fond, et surtout, nous vivons dans un pays dans lequel il est tout aussi normal de proposer des centaines d'options au lycée que d'organiser des classes d'une trentaine d'élèves en maternelle et en élémentaire. Pourtant le primaire était annoncé comme la priorité éducative du mandat de François Hollande. Si lui et ses ministres avaient pris le temps d'observer un peu mieux des enfants, de passer un moment dans les écoles maternelles, ils passeraient des promesses aux actes.

… «La réalité, en effet, c’est que les parents préfèrent l’inégalité pour leur enfant, pour qu’il ait plus de chance que les autres, a insisté Najat Vallaud-Belkacem. Il y a cette idée ancrée que la réussite n’a de valeur que par rapport à l’échec des autres. Le défi, c’est de prouver par des études scientifiques qu’au contraire, on a tout intérêt à la réussite de tous. Pour cela, nous avons besoin de l’OCDE.»
Entre deux compliments, le secrétaire général a demandé à la France «d’aller plus loin dans la réforme», notamment en faisant en sorte que la formation initiale et continue des enseignants soit satisfaisante. Et que des professeurs bien formés et les plus expérimentés soient dans les établissements les plus difficiles,
ce qui est loin d’être le cas en France

… Les évaluations positives des réformes récentes, restent néanmoins contrastées par un bilan très négatif du système scolaire français, «en 2012, l’un des plus inégalitaires des pays de l’OCDE» note le rapport. Des inégalités qui se développent dès la maternelle et ne cessent de progresser jusque dans le secondaire et le tertiaire.
L’organisation pointe du doigt une école à deux vitesses, maintenue à flots par des bons élèves qui restent aussi nombreux qu’auparavant, mais au détriment des jeunes les plus en difficulté. Et ce sont les élèves issus de familles défavorisées qui restent les plus touchés…
L’OCDE prend l’exemple de la Corée, de la Finlande et du Japon pour montrer que ce sont les systèmes qui font le moins redoubler leurs élèves qui obtiennent les meilleures performances…
 

Parce que reconnaître la réapparition des bidonvilles nécessiterait de reconnaître l’ampleur de la crise du logement mais aussi celle de l’hébergement d’urgence. Parce que reconnaître cette ampleur nécessiterait de s’y atteler. Parce qu’il est plus facile d’accuser les passeurs ou les différences culturelles. De bafouer le droit d’asile ou la convention relative aux droits de l’enfant. Il est plus difficile d’oser une véritable stratégie de résorption de ces espaces exclus du droit, où les acteurs institutionnels n’osent pénétrer qu’accompagnées de la police alors que des centaines de riverains, de citoyens, d’associatifs s’y rendent quotidiennement par simple humanité. Pour pallier l’inaction de l’Etat.
Taire, c’est nier. Ne pas être nommé, c’est ne pas exister


Après les politiques et les intellectuels, les Immortels de l’Académie française et une partie des syndicats enseignants, la réforme du collège qui doit entrer en vigueur à la rentrée 2016 est-elle en train de se trouver de nouveaux adversaires inattendus ? C’est en tout cas ce que peut laisser craindre à la ministre de l’éducation, Najat Vallaud-Belkacem, la récente prise de position du SNPDEN-Unsa, premier syndicat des chefs d’établissement…
… Le SNPDEN regrette aussi que la circulaire «se mêle de fixer comment les élèves doivent être répartis dans les classes», alors même que le code de l’éducation stipule que les collèges disposent d’une autonomie qui porte sur les modalités de répartition des élèves.
«Soit on nous confie plus de responsabilités et on nous laisse ensuite travailler, soit le ministère fait tout et il n’a donc pas à nous demander notre avis.»

Sans croire béatement à une inversion immédiate et définitive de la tendance au turn-over dans les établissements les plus difficiles, les mesures liées à cette refondation avaient, à l'époque, soulevé quelques espérances. Elles visaient avant tout à fixer, le plus longtemps possible, les jeunes enseignants dans ces établissements manquant cruellement de stabilité, à tous les niveaux. Une prime supplémentaire de 100 euros par mois et la baisse du temps d'enseignement d'1h30 est donnée à partir de septembre prochain aux enseignants de 350 collèges REP+ et de 50 euros sans allégement de service pour 781 collèges REP.
 Il faut croire que ces mesures ne suffisent toujours pas à faire «grandir en ZEP» ces jeunes enseignants qui poursuivent et amplifient «l'effet tourniquet». Ils y «font leurs années», celles nécessaires pour ouvrir à un bonus de points pour muter, puis s'en vont. Rien dans les mesures énoncées par le gouvernement ne permet de changer ce constat intangible

«Ce qu’il y a de nouveau dans ce qu’on a vécu depuis deux mois, c’est le mélange d’approximation et de couverture médiatique des débats qui n’a pas forcément  été à la hauteur des débats possibles autour de la réforme du collège. On a l’impression que le principal débat c’était les classes bilangues : ce n’était pas le principal sujet.»…
C’est en réalité un échec patent de communication : dans le timing (collusion entre réforme des programmes et réforme du collège ce qui a décuplé la grogne), dans la forme (des messages principaux inaudibles et une claire sous-estimation des risques que représentaient la suppression des classes bilangues et l’affaiblissement du latin et du grec), dans la gestion de crise (la seule communication de crise a consisté à publier le décret au lendemain d’un mouvement de grève…on a déjà fait plus subtil)…

«Attaque contre l’école publique», «coup de rabot», «politique d’austérité» : les parents d’élèves, syndicats et politiques concernés par des fermetures de classe à Paris à la rentrée prochaine n’ont pas de mots assez durs pour qualifier la carte scolaire 2015…
«On n’a jamais vu ça», peste Isabelle Rocca, la vice-présidente de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) de Paris, mobilisée aux côtés des enseignants concernés depuis six mois. En plus de la hausse du nombre d’élèves dans les autres classes, elle craint que des postes de remplaçant ne soient utilisés pour ouvrir d’éventuelles classes à la rentrée (si de nouvelles inscriptions ont lieu pendant les vacances), alors même que l’année 2014-2015 a déjà vu beaucoup d’absences d’enseignant non remplacées…

"La priorité à l'école primaire"
"On a mis des moyens sur le 'plus de maîtres que de classe' pour la rentrée prochaine." La loi de refondation prévoyait 7000 postes pour cette mesure, mais, pour l'heure, rentrée 2015 comprise, seuls 2400 postes y ont été consacrés…
… 20% des stagiaires sont en CP et en CM2, ce qui est totalement contraire au texte de la circulaire qui organise l'année des stagiaires. La circulaire préconisait bien de ne pas nommer les stagiaires en CP et d'éviter de les nommer en CM2.
Bilan: durant cette année d'étude, les enseignants stagiaires ne savent pas où donner de la tête entre la validation de leur master, la classe et la formation théorique et pourtant, ils devront être garant eux aussi de la priorité au primaire…

pour le cycle 4, celui du collège, qui concentre les critiques les plus virulentes. «On ne trouve dans aucune discipline une majorité d’enseignants s’accordant à dire que le projet de programme semble opérationnel, peut-on lire en page 161. Ils sont même moins d’un tiers à le juger opérationnel en mathématiques,...
… La lisibilité et l’écriture de cette deuxième version des programmes, attendue en septembre, feront l’objet d’un «gros effort». Pour qu’elle soit compréhensible des enseignants mais aussi du non-initié, une «écriture à deux niveaux» est possible, avec une partie clairement destinée au grand public. Mais sans que l’on sache encore s’il s’agit d’une double écriture ou de deux versions

Après l'enlisement de la loi Peillon et l'interlude Hamon, la réforme de l'éducation promise par la majorité semblait mal partie…
La mise en oeuvre de ces trois chantiers demeure précaire, notamment car le gouvernement n'a pas su expliquer suffisamment clairement à l'opinion leur articulation et leur contribution commune à la construction d'une école moderne, adaptée aux défis de notre temps. Il est en outre resté très timide dans les avancées proposées – le chantier numérique doit être accompagné d'un plan de formation massif ; l'interdisciplinarité au collège reste modeste ; la philosophie des nouveaux programmes demeure largement marquée par les approches disciplinaires…

Les Espé ne délivrent pas toujours ce dont les profs ont besoin. Il n’y a aucun enseignement sur la gestion de la classe, sur la cohésion entre les élèves... L'hétérogénéité des enfants est un gros problème par exemple qu’il faut apprendre à gérer : tous les enfants n’ont pas les mêmes niveaux, les mêmes acquis et les mêmes rythmes de travail.
Le contenu de la formation est très variable d’un Espé à l’autre, le cadrage de l’éducation nationale est beaucoup trop souple. Il faut recentrer le programme sur des problèmes comme la gestion de l’hétérogénéité, sur les enseignements propres à la maternelle et à l’école primaire, comme le langage, la lecture, la numération, la psychologie de l’enfant… N’oublions pas qu’outre leur formation à l’école, les lauréats au concours de prof des écoles ont en charge une classe à mi-temps avant même d’être titularisés !..
… 67% des enseignants stagiaires qui ont répondu à notre questionnaire déclarent n’avoir reçu qu’une à trois visites dans l’année de la part de leur tuteur. Ils ont plus un rôle d’évaluateur que de conseiller. Un écart renforcé par le fait que 95% d’entre eux n’exercent pas dans le même établissement que les profs débutants qu’ils encadrent.

pourquoi l'ONU demande des comptes à la France sur sa violation des droits des enfants autistes. En cause: une vision archaïque de l'autisme.
Autisme France a rédigé un rapport alternatif au rapport de l'Etat français, grâce au Comité ONU des Droits de l'Enfant, pour dénoncer les violations des droits des enfants autistes. L'ONU a relayé la liste des violations constatées. Le Comité des Droits prie donc la France de s'expliquer sur les discriminations et maltraitances subies au titre du handicap de manière générale et parce que ces enfants sont autistes…
L'école inclusive pourtant garantie par une loi n'existe pas pour les enfants autistes. La France devra expliquer pourquoi...

…Comment, à l’avenir, éviter de nouveaux attentats terroristes ? C’est tout simple : il suffit de faire porter un uniforme scolaire aux élèves et de rétablir les estrades dans les salles de classe.
Ces fabuleuses suggestions ont été avancées le plus sérieusement du monde par de farouches défenseurs de la laïcité …
… Une préoccupation tellement obsessionnelle qu’elle en vient chez ces braves gens à occulter tout le reste : pour Kessel, c’est sur le voile et uniquement qu’ «il ne faut rien lâcher». Le reste – l’échec scolaire fondée sur la ségrégation, les ghettos urbains, la pauvreté de 3 millions d’enfants dénoncée par l’Unicef, en un mot la question sociale – tout cela peut attendre…
…Un de leurs collègues, J.-F. Mancel, est même l’auteur d’un projet de loi concurrent visant à étendre l’obligation de l’uniforme aux enseignants. L’imagination du législateur est décidément sans limites…
… Que ce projet soit partagé par une large fraction de l’opinion publique allant de l’extrême gauche à l’extrême droite n’est pas une circonstance atténuante…

Des uniformes à l’école à la mise au rebut des crèches de Noël dans les halls des mairies, les maires de France ont décidément un avis sur tout. Avec un côté Peppone assez prononcé. Revue de détail…
… L’AMF rappelle par ailleurs que les mairies n’ont pas l’obligation d’assurer un service de cantine scolaire, que ces cantines représentent un coût important pour les collectivités, et qu’il n’est donc nullement critiquable de s’en tenir à un seul menu, si les finances de la commune ne permettent pas de faire autrement…
… C’est un scoop. Même si le socialiste André Laignel a gardé des mauvais souvenirs de ses années en pensionnat, l’AMF "pourrait évoquer avec l’Education nationale l’idée du port de tenues homogènes marquant l’appartenance à l’établissement scolaires", "afin de gommer les inégalités sociales trop visibles" et de "réduire les tensions dans les familles". François Baroin, très enthousiaste à cette idée …
… Constatant une multiplication "préoccupante" des scolarisations dans des écoles privées hors contrat ou à domicile, elle souhaite enfin que l’Education nationale renforce ses contrôles pour s’assurer que les enseignements prodigués soient conformes aux principes républicains…

… Relevant la difficulté des maires devant la déscolarisation d'un certain nombre d'enfants, et surtout de filles, dont le nombre va croissant, elle alertera les pouvoirs publics, l’Education nationale en particulier, et demandera instamment des moyens de contrôle en adéquation avec ce phénomène très préoccupant …
… La facilité, permise par la loi, de créer sous forme associative des structures scolaires confessionnelles interroge l’AMF qui va interpeller l’Etat, et particulièrement l’Education nationale, sur un régime d’autorisation et surtout, un contrôle a posteriori de la réalité de la pratique des structures éducatives privées hors contrat
[ AMF – conférence de presse du 24 juin 2015 – Les propositions de l’AMF en faveur de la laïcité – pdf ]

... ce sont des professionnels aux prises avec des terrains et des situations toujours difficiles, là où les effets de la crise socio-économique sont les plus visibles, là où reculent le vivre ensemble et parfois la citoyenneté, s’agissant notamment des dits exclus, des jeunes désœuvrés ou des populations dont l’intégration est contrariée ; d’autre part, ils font ce que le citoyen ordinaire ne fait généralement pas, ils vont au contact des gens en difficulté …
Réduits à l’état de gardes-chiourmes d’un «parc humain» de surnuméraires dans lequel, selon ses besoins, la machine économique viendrait piocher de temps à autre pour faire baisser les prix de production, ils n’auraient plus de «travailleurs du social» que le nom. D’autant plus qu’un certain nombre d’usagers, pour des raisons de handicap ou de maladie invalidante, ne représentent aucune «valeur»sur le marché...

Le nombre d’enfants vivant sous le seuil de pauvreté a explosé ces dernières années en France pour atteindre le chiffre de 3 millions, dénonce dans un rapport publié mardi 9 juin l’Unicef, le Fonds des Nations unies pour l’enfance.
Entre 2008 et 2012, 440 000 enfants et leurs familles ont basculé dans la pauvreté. Selon le rapport intitulé «Chaque enfant compte. Partout, tout le temps», ils sont désormais un sur cinq à vivre sous le seuil de pauvreté dont 30 000 sans domicile fixe et 9 000 vivant dans des bidonvilles. Ils sont 140 000 à arrêter l’école chaque année.
Le Comité des droits de l’enfant des Nations unies se dit «préoccupé par l’absence d’une stratégie globale nationale pour les enfants et d’un plan national pour sa mise en œuvre».
5 ans plus tard, force est de constater que cette stratégie globale n’existe toujours pas, qu’il n’y a pas de véritable politique publique de l’enfance et de l’adolescence consolidée et articulée, ni mécanisme de suivi et d’évaluation de la mise en œuvre intégrale du plan d’action ...
[ CHAQUE ENFANT COMPTE. PARTOUT, TOUT LE TEMPS.
RAPPORT ALTERNATIF DE L’UNICEF FRANCE ET DE SES PARTENAIRES DANS LE CADRE DE L’AUDITION DE LA FRANCE PAR LE COMITÉ DES DROITS DE L’ENFANT DES NATIONS UNIES - 9 juin 2015 ]

 

Chroniques locales 
Faits divers, rubrique chiens écrasés, perdus sans colliers, en voie de disparition ...

- Palo Alto :

Derrière le vernis doré de Palo Alto, berceau de la Silicon Valley où vit l’élite de la société américaine, se cache une sombre réalité : celle d’une ville où le suicide d’un adolescent est trop souvent réduit à un simple numéro. Les suicides «sont presque devenus une routine», commente Danielle, élève à Paly. «Je sais comment chacun de mes professeurs va réagir lorsque cela se produit, et je trouve cela tragique.»…
… du trop-plein de devoirs à l’effet nocif des téléphones portables, en passant par la tricherie omniprésente (certains parents sont prêts à tout pour que leurs enfants soient les meilleurs, même à payer des professeurs particuliers, en général des étudiants, afin qu’ils écrivent leurs dissertations). Marc Vincenti présente ses propositions depuis huit mois au comité municipal chargé de l’éducation. A ce jour, il n’a eu aucun retour…
«J’ai parfois le sentiment d’être en échec parce que je n’arrive pas à tenir le rythme, alors que j’ai l’impression que les autres élèves y arrivent. A Palo Alto, on passe notre temps à essayer d’être meilleur que les autres.» Au lieu de le passer à grandir…

- Saint-Ouen-Plage
… Ce dimanche, l’objectif est aussi d’obtenir des signatures pour éviter les fermetures de classes en 6e au collège Joséphine-Baker. «Chaque semaine, la demande pourra être différente : un problème de toilettes dans une école, de prof non remplacé dans un collège, précise Sophie. L’idée, c’est que les parents de la ville utilisent cette table à tour de rôle. Et qu’elle soit un nouveau relais de communication au-delà des réunions organisées à l’école

- Paris-sur-Seine:
… A Paris, selon la FCPE, la principale fédération de parents d'élèves, c'est la catastrophe. La suppression de 85 postes l'an prochain dans la capitale est un véritable problème. En réalité, il n'y aura que 48 postes en moins car il y a tout de même 37 postes supplémentaires. Mais le solde est négatif. C'est la conséquence de l'intégration pour la première fois des critères sociaux dans l'attribution des postes. Le niveau socio-économique des familles étant plus élevé sur Paris, le nombre de postes diminue …

- Koh Lanta :
… Parfois, la salle des profs ressemble à l’une des îles de Koh Lanta: clans, trahisons et ragots créés de toutes pièces. Je l’ai vécu et je suis loin d’être le seul. Et si l’univers des enseignants est loin d’être le seul à ressembler parfois à une mare aux requins, je trouve que c’est bien plus grave lorsqu’on confie aux requins en question des élèves qui ont besoin d’apprendre et de se construire…

- Planète Terre :
Jamais, selon eux, la planète n'a perdu ses espèces animales à un rythme aussi effréné que depuis la dernière extinction de masse, il y a 66 millions d'années, celle des dinosaures. Leur étude, publiée dans le journal Science Advances, «montre sans aucun doute possible que nous entrons dans la sixième grande extinction de masse», a affirmé Paul Ehrlich, professeur de biologie à Stanford.
Et les humains feront probablement partie des espèces qui disparaîtront, préviennent-ils. «Si on permet que cela continue, la vie pourrait mettre plusieurs millions d'années à s'en remettre, et notre espèce même disparaîtrait probablement assez tôt», a précisé Gerardo Ceballos, de l'université autonome de Mexico…



… Employant le même concept que Snapchat, les ragots ne sont visibles que de façon éphémère, pendant 10 secondes. Et à l’égal de Twitter, les messages ne peuvent pas dépasser les 140 caractères. Les personnes concernées sont identifiées clairement et pas sous pseudonymes. Il est aussi possible, en plus des potins écrits, de poster une photo ou une vidéo de 10 secondes aussi, accompagnée d’une légende. Si l’application est normalement interdite au moins de 16 ans, cette mesure n’a pas forcément été prise en compte lors de son téléchargement…
… En France, 40 % des élèves (collège et lycée) déclarent avoir été victimes d’une agression en ligne
… Mais même si Gossip est suspendue aujourd’hui, d’autres applications du même genre existent déjà aux États-Unis et pourraient très bien s’exporter en France…
L'application ne devrait donc pas être supprimée
Outre les améliorations à apporter sur la modération, la créatrice de Gossip a également pointé du doigt le fait que l'Apple Store l'appli y donne accès à partir de l'âge de 12 ans

Il est possible d’y publier une «rumeur» (simple message texte) ou une «preuve», c’est-à-dire une vidéo ou une photo que chaque utilisateur ne peut afficher qu’une seule fois, et pendant dix secondes seulement. On peut également voir les ragots publiés par ses contacts, mais aussi tous ceux qui les concernent s’ils sont inscrits sur le service. Certains lycéens parlent d’attaques sur le physique ou de rumeurs sur la vie amoureuse des élèves…

… En janvier, c’était une fillette de 10 ans qui se faisait humilier publiquement. Parce qu’elle avait créé plusieurs comptes Facebook sur lesquels elle se faisait passer pour plus âgée, son père a posté une photo d’elle flanquée de barrettes, d’un sac à dos princesse et d’un T-shirt «J’ai 10 ans». Une photo postée... sur Facebook….
Comme si la maltraitance était devenue une valeur éducative, la preuve que l’on est un bon parent. Il serait urgent de s’interroger sur cette société qui prétend lutter contre le harcèlement à l’école mais qui laisse de la place aux parents harceleurs, voire qui rit avec eux…

  Pouce !
malgré les mantras promouvant la créativité de la Silicon Valley, tous les travailleurs de demain ne feront pas ce qu'ils souhaitent ou ce qu'ils aiment. Beaucoup devront être insérés dans des systèmes d'automatisation hybrides, à la manière des employés des centres d'appels. Beaucoup d'humains demain feront les tâches ingrates qui sont trop couteuses pour être faites par des robots. En automatisant toujours plus avant notre société, la main-d'oeuvre de demain doit être formée pour interagir avec des systèmes automatisés. Et la chercheuse de poser en creux la question du système éducatif dont a besoin le système technique qui se met en place, qui aura certainement bien plus d'impact sur l'éducation que bien des discours bienveillants. 
L'éducation a longtemps été tenue comme une solution à la disparité économique, même si en fait, elle remédie assez peu à l'inégalité

Un million de dollars pour "le meilleur professeur du monde". Tel est le montant promis par une riche fondation dédiée à l'éducation au gagnant d'un concours international qui a pour objectif de valoriser le métier d'enseignant. ..
… La fondation a été créée par la famille Varkey, des Indiens immigrés dans les années 50 aux Emirats arabes unis, alors protectorat britannique. Ils y font fortune en créant des réseaux d'écoles privées, au début destinées aux enfants des expatriés occidentaux ou du sous-continent indien venus dans le Golfe après le boom pétrolier. 
Le groupe, baptisé GEMS, détient et gère aujourd'hui des dizaines d'écoles privées dans quelque 70 pays, dont la Grande-Bretagne …
…  La fondation émane de la GEMS Education, un groupe privé détenteur de réseaux d’établissements sur tous les continents qui vient d’acquérir l’Ecole des Roches. Soit l’établissement le plus onéreux de France
... L’avenir de l’éducation s’écrit ici en lettre «Capital»: c’est une évidence pour tous les intervenants, puisque « l’école publique ne fonctionne pas et que l’Etat ne peut pas tout », assure Dino Varkey, directeur de GEMS. Dans une sorte de confiance parfois béate dans la vertu du  marché, l’on nous explique ici que puisqu’une entreprise cherche la performance, 
elle seule peut créer les conditions de l’excellence dans le secteur éducatif…

..."Nous ne sommes pas des adolescents. Nous sommes des corps sans vie dans un système qui engendre la concurrence, la haine et empêche le travail en équipe et l'apprentissage authentique. Nous sommes sans passion sincère. Nous sommes malades." …
… un programme scolaire ou une pédagogie ne suffisent pas, en tant que tels, à forger un sentiment de communauté, à promouvoir ce qu'on appelle en France le "vivre ensemble". Sur le papier, le système américain prétend promouvoir l'épanouissement de l'enfant, favoriser son aisance sociale, l'inviter à la coopération et à l'esprit de communauté. Dans les faits, ces belles ambitions se heurtent au mur de l'extrême sélectivité des grandes universités, qui pousse parents et enseignants à une surenchère scolaire permanente: ils savent qu'à l'heure fatidique le chacun-pour-soi balaiera les bons sentiments coopératifs.
C'est également le principal angle mort du débat qui fait actuellement rage, en France, sur la réforme du collège …


De quoi discute-t-on sur les réseaux : des caractéristiques de sa nouvelle montre connectée, de la possibilité et de l'utilité d'y installer un navigateur, des applications disponibles pour l'iPhone 6, des comparaisons avec le Samsung Galaxy 6.
Il fut une époque où on a un peu discuté des conditions de travail chez Foxconn, son sous-traitant chinois qui, grâce en partie au succès de l'iPhone 6, a enregistré l'an dernier un bénéfice en forte hausse …
… pour ne pas avoir à toucher à ses liquidités placées dans des paradis fiscaux (leur rapatriement conduirait le groupe à payer des impôts sur le bénéfice), Apple envisage de continuer à emprunter sur les marchés internationaux pour financer en partie ses libéralités envers ses actionnaires…
… Aujourd'hui encore, quand on s'interroge sur les aspects cachés d'un conflit, on recherche d'éventuelles odeurs de pétrole. Peut-être un jour s'apercevra-t-on que les outils numériques ne sont pas que conviviaux.

«Il nous faut un nouveau contrat social»
les postes créés par les nouvelles activités ne compenseront pas ceux qui seront détruits.
On parle de 30% à 50% d’emplois perdus dans les dix à vingt ans, avec 
une hypothèse extrême, pour les Etats-Unis, de 70% de postes disparus d’ici à trente ans…
… Le cabinet de conseil Roland Berger table sur trois millions de chômeurs supplémentaires en France dans dix ans : en Seine-Saint-Denis, cela signifie une immense majorité des jeunes au chômage


 
 

Les reproches de l’Académie française portent sur à peu près tous les aspects du nouveau collège censé voir le jour à la rentrée 2016 : défaut de structure, dissimulation de la logique des réformes, effacement des disciplines traditionnelles, dispersion des savoirs, écriture incompréhensible… On retrouve, rassemblés sur deux pages, tous les griefs entendus depuis la mi-mars, à droite comme à gauche de l’échiquier politique, à l’extérieur comme à l’intérieur des salles des professeurs…
… « Le bouleversement complet du calendrier », tel que l’Académie française le perçoit dans les projets de programmes présentés en mars, et dont une version remaniée doit être présentée en septembre, « ne permettra pas de lutter contre l’échec scolaire, ne favorisera pas la réussite pour tous (…) et a toute chance de perpétuer voire de développer les inégalités », estiment les Académiciens…

il n'est guère étonnant que les tenants du discours sur «le niveau qui baisse» se recrutent majoritairement dans le camp de ceux qui ont transformé le plus beau mot en matière d'éducation – pédagogie – en insulte infamante - «pédagogisme». De fait, si une filière n'accueille que des élèves dûment sélectionnés, la nécessité de faire oeuvre de pédagogie est moindre voire inexistante, leur réussite étant quasiment assurée à l'entrée.
Ce sont d'ailleurs les mêmes qui, de plateaux en tribunes, viennent de monter au créneau pour dénoncer une réforme du collège certes loin d'être parfaite mais qui tente, tout de même, d'introduire plus de variété dans les situations pédagogiques et se situe dans une logique résolument «anti sélective». Ne vous y trompez pas : la seule chose qu'ils déplorent, c'est la tentative, si souvent malheureuse, d'aller vers une école dont la priorité serait de former et non de trier.

Le bilan de la mixité sociale dans les écoles françaises réalisé par les membres du Conseil national d'évaluation du système scolaire (CNESCO) n'est guère réjouissant. Il révèle une école qui cultive trop souvent l'entre soi, et pratique le tri des élèves: ainsi 50% des collèges ont des classes de niveau.
Pour favoriser la mixité sociale dans les établissements, le CNESCO a présenté lundi 15 juin une ordonnance de dix mesures, à mettre en place à court ou moyen terme…
[ Mixités sociales et scolaire à l’école: Agir, impliquer, informer - Les préconisations du Cnesco – pdf ]

L’école à deux vitesses ? Elle existe – elle est même à trois ou quatre vitesses. Le tassement du niveau en lecture ou écriture ? Il est enkysté depuis vingt ans. En bonne partie pour les deux raisons précédemment mentionnées – inertie de la base, frilosité du sommet , qui interdisent de faire évoluer résolument un système déficient. Reste à comprendre à qui profite la manoeuvre. Ici la réponse est simple : aux enfants des classes favorisées et des enseignants, grands vainqueurs de la compétition scolaire, qui trouvent auprès des syndicats enseignants les plus conservateurs, y compris ceux qui se réclament de la gauche, des alliés aussi précieux qu’intangibles. Et qui, pour masquer cette perverse manipulation n’ont d’autre choix que de continuer à hurler au loup à chaque tentative de réforme, aussi modeste soit-elle.

Chaque année, la grande majorité des collégiens et des lycéens qui ne passent ni le brevet ni le bac se retrouvent en vacances deux à trois semaines avant la date officielle de début des grandes vacances. Ce qui réduit d'autant la durée de l'année scolaire. La faute à qui? …
… mai 2007. Xavier Darcos, alors tout juste nommé ministre de l'Education nationale, lançait parmi d'autres grands chantiers "la reconquête du mois de juin". Objectif: récupérer ce mois de cours perdu, notamment en repoussant les dates des examens du secondaire, brevet des collège et baccalauréat. Effet limité. Cinq ans plus tard, au tour de Vincent Peillon de s'attaquer à ce trou noir du calendrier scolaire, en proposant notamment de repousser les conseils de classe à la fin du mois de juin. Encore raté. Début 2015, la "reconquête" semblait un lointain souvenir, même pas évoqué

C’est une profonde mutation du métier qu’il faut faire. L’enseignant ne peut plus être cet ouvrier qui répète sans cesse et sans cesse les mêmes actions, distillant çà et là quelques aides pour des élèves en difficultés. Si je donne encore de l’herbe à ma chèvre malade, elle mourra d’indigestion. Et les autres quitteront les prés pour aller voir si l’herbe de l’école privée est meilleure. Non, c’est toute la pédagogique qui doit s’articuler autour de chacun. Et ce n’est plus, je le sais, ce métier fantasmé du Hussard de la République. Ni ce métier fantasmé par les intellectuels. …
… C’est pourquoi enseigner, ce n’est plus faire un cours pour 25 élèves (euh… 28-29-30 !) mais des cours pour tous les élèves. C’est réfléchir en amont de la classe sur l’organisation de la classe afin que chacun y travaille, conformément aux programmes et bien plus, en fonction de ses besoins. C’est créer les conditions d’une fourmilière où chacun vaque à ses activités intellectuelles au service de soi-même et de tous. Le risque, c’est d’atomiser l’unité classe. C’est un risque qu’il faut dépasser …

… On nous affirme que l'amélioration qualitative du service public d'éducation repose sur une plus grande autonomie donnée aux établissements, qu'il en résulterait systématiquement une dynamique favorable aux élèves. Les pays qui ont fait un tel choix devraient pourtant nous appeler à des prudences élémentaires…
dans un contexte d'insuffisance de moyens, ce n'est pas du dynamisme pédagogique qui en résultera mais une concurrence entre les établissements, les disciplines, les personnels, les projets et un renforcement des pouvoirs hiérarchiques produit par une tension entre une injonction et les moyens.. Alors que la réforme postule une meilleure concertation des équipes, elle risque de conduire à ce que des stratégies managériales décident de ce qui devrait résulter de la construction collective.
La qualité des services publics a un coût

Les syndicats parlent de «crise des recrutements» et d’«hémorragie». Le ministère de l’éducation nationale d’une «amélioration». Mais on le sait maintenant, la campagne de recrutement dans l’enseignement secondaire public ne remplira pas, une fois encore, tous ses objectifs…
«Attractivité» : le mot est dans toutes les bouches dès qu’on parle métiers de l’enseignement. Car à l’image des mathématiques, d’autres disciplines pourraient ne pas faire le plein à la rentrée malgré une amélioration du nombre d’inscrits – donc d’admissibles et d’admis…
là encore, une question d’«attractivité» inquiète les syndicats : celle de certaines académies. Parmi lesquelles Créteil, Reims, Amiens ou Rouen.

«Depuis trente ans, le système éducatif multiplie les efforts pour retarder les échéances de l’orientation. Trois mois auront suffi à François Bayrou pour effacer ces trente ans. La sixième devient le cycle d’observation, et c’est donc la fin de la sixième et non plus de la cinquième ou de la troisième qui constitue désormais le palier d’orientation essentiel : c’est une régression en deça de la réforme gaullienne du collège d'enseignement général de 1963, et un retour à la case du début des années 60»…

«Je l’ai dit, ces programmes ne sont pas scandaleux, il y a quelques maladresses. Mais j’ai une profonde inquiétude quand je vois la passion qu’ils suscitent.»La preuve pour Nora, de la crise identitaire qui traverse le pays.«Il y a un double langage inconciliable, a-t-il encore dit. Ceux qui considèrent, et j’appartiens plutôt à ceux-là, que l’enseignement de l'histoire doit être celui d’une mémoire commune». Et ceux qui «veulent rendre justice à des mémoires brisées», avec une «histoire plus moralisatrice» pour «panser les plaies plutôt que de les penser»…
La question de la formation des professeurs, initiale et continue, est plusieurs fois revenue sur le tapis.
«C’est l’enjeu essentiel, si vous voulez mon avis», a confié à la sortie Michel Lussault. Qui a promis, pour pacifier autant que possible les débats, de «revoir sensiblement l’écriture des programmes. C'était médiocre sur ce point, certaines formulations sont trop allusives.»

un débat sur l'école englué dans les intuitions trompeuses et les stéréotypes, où les tenants des recettes de grand-mère pédagogiques - qu'ils soient enseignants, parents, "intellectuels", journalistes ou politiques - peuvent s'exprimer avec une égale crédibilité que les chercheurs, a fortiori quand ces derniers laissent l'inévitable jargon propre à toute discipline scientifique envahir leur expression publique…
… D'où, finalement, la relative vanité des actuelles empoignades sur les effets supposés des réformes du collège et des programmes qui, sans action résolue en matière de formation et de recherche, ne produiront guère d'effet dans les classes.

«Crise de gouvernance» ou premier contrecoup du passage en force de la réforme du collège ?
… C’est la première fois depuis la fondation de la FCPE en 1947 qu’un président rééligible n’est pas reconduit comme membre du conseil d’administration…
les crispations sur le collège sont vives. Si, depuis avril, la fédération a multiplié les marques de soutien à la réforme, certains conseils départementaux ont fait savoir qu’ils ne se reconnaissaient pas – ou plus – dans cette ligne...
… Du coup, les règlements de compte, justement auront lieu, ce week- end.
Le président joue son fauteuil. Paul Raoult est accusé d'être trop suiviste par rapport au gouvernement.
En réalité, j'ai un peu enquêté. Peu de divergences idéologiques. Mais des querelles d'ego et des luttes de pouvoir.
Du classique. ..


La-Réforme-Du-Collège-De-La-Refondation...

«Nous sommes en faveur de la réforme du collège. Mais ce qui est proposé actuellement dans les programmes pour le cycle 4 ne nous convient pas, c’est même un retour en arrière. Selon nous, ce nouveau programme entraînerait chez les élèves une culture de la victoire à tout prix, de la gagne. Ce texte va favoriser les élèves les plus sportifs et mettre les autres à l’écart. Il suffit de regarder les mots employés pour détailler certaines compétences attendues, comme "vaincre un adversaire" pour les activités de combat ou encore "dans le but de remporter le match" pour les sports collectifs.»…
… Reste à savoir lequel des deux syndicats sera le plus entendu et quelle vision de l’éducation physique et sportive sortira gagnante de ces consultations. Mais quoiqu’il arrive ...

Prenons le cas des classes bilangues. Il y a d'un côté les défenseurs de Goethe qui ne se sont jamais aperçus que la plupart des élèves ne savent pas aligner trois mots d'allemand en sortant du lycée et que l'amour de la langue n'est pas la question (même si elle mérite d'être aimée). Et de l'autre ceux qui pensent qu'il suffit de supprimer les classes d'élites (dont l'allemand est le bras armé) pour s'abstenir de se poser la question du sort des bons élèves dans les établissements sinistrés, voire des établissements sinistrés tout court…
Alors, au milieu de tout ça, des flots de paroles, de considérations qui nous éloignent chaque jour de la réalité des classes, des élèves, du collège, que faire, que penser ? Eh bien ça donne envie de regarder passer les trains, d'attendre sagement la réforme, d'en faire ce que l'on pourra sur place, sur le moment, avec ses collègues choisis. De rester calme tout en déplorant que le collège tel qu'il est reste invisible dans sa réalité …

« Egalitarisme » contre « élitisme » : toutes les polémiques sur la réforme du collège tournent, depuis la fin du mois de mars, autour de ces deux mots. Au centre de l’attention, hissée au rang de symbole du « nivellement par le bas » du collège que préparerait Najat Vallaud-Belkacem selon ses détracteurs : la disparition des « bilangues », dispositif permettant d’apprendre deux langues dès la classe de 6e…
… Dès lors, la suppression des classes bilangues règlera-t-elle les problèmes ? Pas si sûr. «Les établissements comme les familles ont de toute façon tendance à développer d’autres facteurs de différenciation», commente la présidente du Cnesco, Nathalie Mons. Des voies de différenciation – ou de relégation – dont l’apparition a ponctué les quarante ans d’existence d’un collège qui se veut unique.

Le ''roman national'' au collège: une légende!
L'histoire n'a jamais été enseignée de cette façon au collège dans l'Ecole républicaine, même lorsque l'un de ses tenants célèbres était aux commandes du ministère de l'Education nationale, à savoir Jean-Pierre Chevènement (contrairement à ce qu'il a encore soutenu récemment...)…
… Il accuse le collège unique «d’aller vers le règne de l’uniformité, digne des démocraties populaires et vers la dépersonnalisation absolue, celle des steppes et des supermarchés». Il condamne cet «égalitarisme absurde, forcené, uniformisateur et lacunaire». «Ce mythe égalitaire – précise-t-il – est digne de ce peuple de guillotineurs que nous sommes depuis 1793, et se traduit par la culpabilisation de tout aristocratisme, de tout élitisme dans le savoir : raccourcir ce qui dépasse, ce qui excelle, voilà le mot d’ordre»

… Comme souvent quand les débats d’éducation tournent au pugilat, il n’y plus grand-chose à en retirer, l’heure est aux coups et aux invectives, c’est toujours comme ça, il faut réfléchir tôt, à l’aube des débats, car le risque existe toujours que le bruit remplace le dialogue, que les fumées succèdent aux pensées, et alors il est trop tard….
… Et bien non, l’école, c’est complexe, cela demande et mérite bien plus qu’un avis à l’emporte-pièce, malheureusement l’époque est à la caricature, aux généralités, au syllogisme, aux fausses évidences, au simplisme. C’est le règne du raccourci, la victoire du slogan, le triomphe de la punchline en 140 caractères. Oser la complexité est une incongruité, exiger la justesse, la précision, est un affront, demander le temps d’exposer est un ennui…
Précision et rigueur : absentes, toutes les deux, du brouhaha qui tient lieu de débat sur le collège. Une fois de plus, nous nous montrons incapables de penser correctement et sereinement l’éducation, et c’est un crève-cœur.

à aucun moment de la campagne présidentielle, François Hollande n'est entré dans les détails sur le sujet, pour la simple raison qu'il lui aurait fallu réaliser la synthèse au sein de son propre camp. Elle est loin d'être évidente : les débats actuels montrent que le clivage, sur le collège, ne recouvre pas les territoires politiques (voir l'étonnant attelage qui appelait hier à la grève, où partis et syndicats de gauche comme de droite se sont retrouvés au coude à coude).
Ajoutons à cela l'insigne maladresse consistant à laisser le Conseil supérieur des programmes réveiller tous les corporatismes disciplinaires avec un projet jargonnant à souhait et la confusion est totale, comme si la majorité, qui avait déjà laissé la loi de refondation de l'école être totalement polluée par la réforme des rythmes, n'avait pas compris la leçon – mieux vaut éviter d'ouvrir trop de fronts d'un même mouvement…

Tous les gouvernements le savent bien : quand une réforme voit se lever contre elle une coalition des contraires, c’est à la fois le signe d’une grande maladresse et d’une grande confusion. Les réformes du collège nous en offrent une nouvelle illustration.
De la maladresse, il y en eut de la part du pouvoir qui n’a pas su en temps utile, c’est-à-dire en amont, expliquer la philosophie de sa réforme et démontrer de façon convaincante en quoi celle-ci permettrait d’en finir avec un collège injuste et inefficace qui voit chaque année 150.000 élèves décrocher du système scolaire sans diplômes.
De la confusion, il y en a évidemment dans l’alliance contre-nature des opposants …

Cette virulence est stupéfiante, car tout le monde prétend viser la même ambition : une jeunesse mieux formée et mieux armée pour trouver sa place dans la société de demain, accédant à 80% au niveau du baccalauréat (objectif fixé par la gauche comme par la droite depuis le milieu des années 1980) et à 50% au niveau d’un diplôme de l’enseignement supérieur (objectif de la loi Fillon de 2005). Mais la violence du débat n’est pas moins logique, car personne ne s’accorde sur les moyens d’y parvenir ou sur les conséquences pédagogiques et sociales d’une telle mutation.
Cela fait bientôt un siècle que dure la polémique. En 1937, déjà, Jean Zay …
… Lancinant depuis quarante ans, tel est, en réalité, le dilemme irrésolu. Mais il est clair que chaque projet éducatif dessine un projet de société

cela sonne un peu comme un appel désespéré : les réformes du collège et des programmes sont en train de prendre une place médiatique démesurée. Pas un jour sans son édito sur le latin, son billet sur les classes bilangues, sa Une «pour» et surtout «contre», sa pétition d’élus et ses indignations d’intellectuels. On appelle ça un bourbier: la séquence rappelle assez tristement celle des rythmes scolaires, sujette à une opposition de la majorité des parents, des élus et des syndicats, obligeant le président à tuer la réforme dans l’oeuf en reportant d’un an son application. On connait la suite. Selon nos informations, il n’est pas exclu que François Hollande procède de même sur le collège …
… La suppression des classes bilangues et des sections européennes illustre bien le jeu de bonneteau qui préside aux réformes éducatives dans notre pays. La suppression de ce dispositif permet en effet d’économiser 900 ETP (équivalents temps plein), alors que 20% des élèves bénéficient de ces classes. Pour une réforme coûteuse -116 heures à la rentrée 2017 contre 110,5 aujourd’hui- difficilement financée, et confrontée à la forte hausse de la démographie, c’est une aubaine. La toute première logique de cette réforme est là.
La gauche, vu sous cet angle, imite la droite


Je veux bien admettre que le projet est mal fagoté. Aucune critique ne m’effraie. Mais il y a eu un emballement médiatique lié à la surréaction de certains intellectuels qui n’avaient pas lu le projet. Je peux travailler avec des gens qui m’ont traité de tous les noms. La ministre de l’éducation va rencontrer des historiens. Nous allons organiser un forum en Sorbonne… Nous écouterons tout ce qui se dira, pour présenter la mouture finale en septembre.
Mais le CSP se fixe deux limites. Pas de recul sur la liberté pédagogique laissée aux enseignants grâce aux thématiques au choix. Pas, non plus, d’évolution de l’histoire vers un «roman national», qui serait un dévoiement de ce en quoi nous croyons…


 
 
 

En deux mois, tant de fronts se sont ouverts – sur le latin, l’allemand, les classes bilangues, l’enseignement de l’histoire… – qu’on en aurait presque oublié que la réforme dite du collège 2016, avant d’être contestée, avait été adoptée à une large majorité par la communauté éducative, lors d’un Conseil supérieur de l’éducation (CSE) le 10 avril. Presque oublié, aussi, que la refonte des programmes, deuxième wagon de la refondation du collège, est, elle, à peine engagée : le coup d’envoi de la consultation des enseignants à leur sujet vient d’être donné, ce lundi. Presque oublié, enfin, qu’une refonte du «collège unique», instauré il y a tout juste quarante ans et reconnu comme le «maillon faible» du système éducatif, était il y a quelques semaines encore réclamée de tous


La-Formation : Initiale et Continue
... Ce semble être une habitude très française, de réformer l’école sans former les enseignants. Au primaire, on doit enseigner l’anglais sans avoir été formés, on doit enseigner l’informatique (et bientôt le code) sans avoir été formés, on accueille des élèves à «besoins spécifiques» (dyslexie, dyspraxie, dyscalculie, troubles envahissant du développement, autisme, etc…) sans avoir été formés…
… Si la formation initiale des profs, supprimée pour faire des économies par Xavier Darcos et Nicolas Sarkozy, a été rétablie par Vincent Peillon en 2013, la formation continue reste la grande absente de la Refondation de l’école

Malheureusement, à bien des égards, le dispositif actuel n’améliore pas réellement la formation des enseignants et ne permet pas de relever les défis d’aujourd’hui…
… L’intégration des E.S.P.E. à des universités se traduit par le dépeçage systématique des premières, dans la continuité du démantèlement des I.U.F.M. Ce dépeçage se poursuit cette année alors même qu’on annonce une remontée des effectifs étudiants. Des milliers d’heures de formation et des centaines de postes de formateurs sont transférés vers d’autres composantes. Il en est de même pour une partie des budgets. Les universités font aussi fréquemment le choix de fermer des sites, au détriment du maillage territorial qui existait et qui permettait une offre de formation initiale et continue de proximité...
[ Réformer la réforme de la formation des enseignant : une urgence ! - Le G.R.F.D.E. - 11 mai 2015 – pdf ]



«On se bat pour un CPE qui ne soit pas un remplaçant. Chaque année depuis huit ans, nous sommes obligés de nous mobiliser, et on obtient juste le renouvellement d’un second CPE stagiaire sur un an». Ce poste est central dans la vie du collège, «il est le garant de la bonne gestion de l’établissement, et le superviseur direct de tous les assistants d’éducation». Il gère aussi les moments de vie scolaire entre les cours…
… au delà de la situation du collège, il existe une réelle inégalité territoriale. «En Seine-Saint-Denis, le ratio est de 600 élèves pour un poste alors que sur Paris on voit des collèges qui ont deux CPE pour 400 élèves»

… Après des efforts allant dans le sens de l'égalité des territoires, l'écart se creuse à nouveau entre l'école des villes et l'école des champs.
Fanny, qui vit à Néoux, a travaillé comme EVS (emploi vie scolaire) dans une école du secteur, a vu la situation se dégrader. «Il y a encore trois ans, les enfants en difficulté pouvaient être pris en charge par le Rased, il y avait aussi des maîtres qui intervenaient avec le technobus ou le gymnobus. Et même un enseignant qui venait aider les enfants qui ne parlent pas français.» Aujourd'hui, «il n'y a plus rien, poursuit-elle, les enseignants des écoles rurales se retrouvent complètement seuls dans leur classe. Autant ils peuvent faire face à des difficultés d'apprentissage, autant ils sont démunis face à des troubles comportementaux.»
«On fragilise les petites écoles, afin de préparer le regroupement»
Le nombre de postes des Rased a été divisé par deux en Creuse. Et les maîtres spécialisés qui restent ne viennent plus dans les écoles rurales «car leurs frais de déplacement ne sont plus payés», souligne Fanny. Cette année, un enfant de Moutier-Rozeille a besoin d'être suivi : «Ses parents n'ont pas obtenu un rendez-vous avant juin au Centre médico-psycho pédagogique.»


Il était une fois le chèque-éducation, les écoles-indépendantes, yaka, etc…
Suède : « … Les chefs d’établissement et leurs employeurs devraient privilégier la direction pédagogique, favoriser une plus grande coopération entre les enseignants et investir davantage dans le développement professionnel. Un institut national (financé sur fonds publics) chargé du niveau de qualité des enseignants et des chefs d’établissement contribuerait à améliorer les recrutements et le niveau de qualité des enseignants et chefs d’établissement au sein du système éducatif.
Réformer le financement du système scolaire. Les mécanismes de financement actuels ne permettent pas d’atteindre les objectifs d’amélioration de la qualité tout en préservant l’équité. Plusieurs options sont possibles, notamment des financements pré-affectés, la définition de critères à l’intention des communes et des écoles, ou encore le recours à des formules de financement par élève, afin d’assurer l’équité et surtout la cohérence des financements sur l’ensemble du territoire.…»

« L’échec de la privatisation des écoles en Suède ». La correspondante d’Arte, Paula Dahlberg, y explique la défaillance des Friskol, écoles indépendantes subventionnées et gratuites, dont la mise en place date des années 1990 et qui représentent 13% des écoles primaires (2012).
Cette réforme avait pour objectif d’offrir à tous les parents le choix de l’école (et de la pédagogie). Pour ce faire, l’État verse aux écoles un chèque éducation pour la scolarité de chaque élève. Les Friskol sont gérées par des associations, des fondations ou des entreprises. On parle d’entreprise scolaire, de groupes. Ainsi, le groupe Academedia
… Cela contraste quelque peu avec ce que nous savions ou pensions savoir sur le système éducatif suédois. La décentralisation engagée par le gouvernement conservateur au début des  années 1990 (les communes ont en charge le financement, l’organisation et le recrutement) a été plébiscitée, notamment par les économistes. Encore récemment, certains ont salué les effets positifs du système de chèque scolaire «pour introduire la compétition entre écoles et offrir le choix d’une autre école»

Depuis une bonne vingtaine d'années - ici aussi, évidemment - le"chèque éducation" (ou "bon scolaire") - en anglais "voucher"- fait partie d'un blabla yakaiste au sujet des indispensables réformes, "simples, urgentes et radicales", disent-ils, du système scolaire.
USA 2008 :"dans le Milwaukee, il n'y a pas eu de miracle" (Sol Stern). L'un des plus fervents promoteurs du chèque-éducation aux USA, Sol Stern, vient de faire brusquement volte-face en affirmant, constats à l'appui, que le voucher n’avait pas du tout amélioré le système public.
Après avoir depuis longtemps réclamé, soutenu et contribué au développement des vouchers et des charter schools ...


La-Réforme-Du-Collège-De-La-Refondation...

Je ne comprends pas que certains syndicats qui se disent de gauche défendent des classes qui sont des enclaves d’élitisme social au sein d’un système public. Ce sont des classes où l’on ne met que des bons élèves qui sont par ailleurs des gosses extrêmement favorisés socialement, et qui profitent d’un enseignement qui coûte plus cher que celui qu’on donne aux autres. Comparez le voyage de classe d’une classe européenne et celui d’une classe lambda ! Il faut que tout le monde en bénéficie.
Il ne s’agit pas d’être contre l’élitisme, mais de faire que l’aide qu’on apporte aux bons élèves ne nuise pas aux autres. Je suis très favorable à l’idée que tous les enfants aient le même enseignement, et que ceux qui sont «meilleurs» dirons nous en terme scolaire, puissent bénéficier d’enseignements qui leur permette d’être meilleurs. Mais il ne faut pas constituer des classes à partir de cela, il faut proposer des options.
En défendant les classes européennes, on ne peut pas protester contre le privé qui choisit ses élèves, car c’est faire strictement la même chose au sein du public. Au fond dans le privé, les parents payent …

La mesure phare de cette réforme– je vous promets, ce n’est pas la suppression du latin (pas supprimé mais si mais non mais un peu quand même mais pas tout à fait)– c’est la mise en place des EPI: enseignements pratiques interdisciplinaires. C’est-à-dire l'obligation de 20% d’heures de travail interdisciplinaire, pour toutes les classes de tous les collèges…
… Mais, plus grave: ce type de pédagogie renforcerait les inégalités: «Ce que nous avons observé, depuis quelques années, c’est que les meilleurs élèves tirent un avantage supplémentaire de ce genre de dispositif. Les entrées par thème favorisent les élèves qui savent construire un texte ou une réflexion en cherchant dans différents domaines. Ils naviguent entre les savoirs. C’est une tâche sophistiquée qui laisse les plus faibles sur le bord de la route. Avec la généralisation de telles méthodes les écarts vont se creuser.»
… Pourquoi dès lors rendre l’interdisciplinarité (personne n’a empêché des enseignants de la pratiquer jusqu’alors, elle est déjà possible) formelle et obligatoire?
De plus, et qu’on soit pour ou contre, tous les observateurs, chercheurs, enseignants s’accordent sur une chose: les professeurs doivent être formés à l'interdisciplinarité pour la pratiquer (formation initiale ou continue). Et rien n’est prévu à ce jour! Et là, franchement, c'est très inquiétant. ..

Zep Rep Idd Epi ...
lorsque les demandes sont motivées et que les établissements sont bloqués, les directions académiques finissent, comme un aveu, par lâcher des heures d'enseignement supplémentaires. Ainsi, au collège des Aiguerelles à Montpellier, ce sont finalement 17 heures qui ont été obtenues...après 6 semaines d'occupation. Ce grand marchandage qui implique que les moyens nécessaires ne pourront être débloqués ...qu'en cas de blocage est décourageant. De plus, il n'est jamais satisfaisant car, à moyens constants, les heures supplémentaires sont prises aux moins mobilisés pour faire taire les plus véhéments. Drôle de conception du service public où l'on gère au quotidien la pénurie…
… La ministre et ses services font donc le choix de mettre la charrue des réformes avant les bœufs des moyens. Dans le même temps l'écart entre les grandes déclarations volontaristes et la dure réalité du terrain ne cesse de grandir…
"Le-Collège-du-Secteur"
… En l’écoutant expliquer que «non la grammaire n’est pas un dieu», ou que ces programmes s’adressaient d’abord aux familles, j’ai eu le sentiment que le CSP n’avait peut-être pas pris la mesure de ce qui était en train de se passer. Et que d’une certaine manière, le Conseil creusait sa propre tombe.
La campagne de dénigrement dont ces programmes sont la cible est d’une rare violence. Elle est aussi pleine de mauvaise foi (l’exercice consistant à sortir de son contexte quelques items et d’en moquer le caractère jargonnant aurait pu être fait à chaque nouvelle mouture de programmes). Mais ce n’est pas en en rajoutant une couche sur la désacralisation de la grammaire que le CSP va éteindre l’incendie! En s’enfermant dans une posture défensive, le président du Conseil échoue à recréer du consensus autour de son projet

… L’actualité de ces derniers jours nous a offert un exemple éclairant de ce renoncement ausculté par Todd, où l’on a vu la gauche de gouvernement, par la bouche de la ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, annoncer des programmes destinés au collège qui ne sont pas conçus pour émanciper les enfants par un savoir nouveau, mais pour leur donner à apprendre ce qu’ils ont envie d’apprendre, selon les vues de leur milieu socio-culturel d’origine. "Jaurès, Ferry revenez !" a visiblement envie de hurler Todd. Et nous avec ?
Le diagnostic du démographe se conclut ainsi : "La "néo-République" est cet objet sociopolitique étrange …

Si des inégalités criantes perdurent dans l’école, force est de constater que les élites qui en ont profité ne les interrogent pas. De plus, les pratiques d’une partie du corps enseignant, formé dans les logiques disciplinaires élitistes, tendent à reproduire ce système en opposition avec les objectifs de réussite éducative pour tous. Ceux qui appellent à la grève sont les mêmes qui se plaignent de l’état actuel du collège, mais lorsque le changement est proposé, ils préfèrent le statu quo

Le tout baigne dans un «enseignement moral et civique» qui laisse à penser que l’école peut remédier aux maux d’une société minée par les égoïsmes et les incivilités…
… L’école française des siècles antérieurs inculquait de force aux jeunes pousses une culture nationale idéalisée, une discipline de fer et un amour obligé de la patrie. Celle d’aujourd’hui, tombée de son piédestal et complexée par l’univers ludique et médiatique qui l’entoure, cherche désespérément à se faire entendre des jeunes. Ce n’est pas une raison pour se perdre dans une démagogie bavarde et brouillonne.

Les élèves issus de milieux favorisés –et les d’enfants d’enseignants!– continueront, dans l’enseignement privé ou grâce à des séjours linguistiques plus nombreux et fréquents, à mieux apprendre les langues étrangères que les autres, livrés à la seule compétence en la matière de l’Éducation nationale; comme ils continueront à bénéficier d’un accès privilégié aux humanités et à la culture classique, dont on connaît de longue date les vertus non seulement en termes linguistiques mais aussi rhétoriques et de compréhension des codes culturels (art, littérature, histoire…). Le rôle du capital social et culturel sortira donc encore renforcé comme moyen de sélection scolaire
… Impossibilité liée en partie au fait que l’éducation des enfants et des jeunes échappe désormais largement à l’école et au fait que la réflexion politique collective, de l’ensemble de la société, sur les finalités d’une «éducation nationale» est au point mort depuis des années…
… Ce qui frappe, c’est la capacité à jouer politiquement, par provocation même, sans se rendre compte des dégâts potentiels sur les élèves et, finalement, la société à venir, avec des réformes trop souvent impensées et incohérentes…
… L’éducation nationale mérite mieux, bien mieux…

Faut-il, pour soigner les bobos du collège, attaquer les collèges bobos ? C'est-ce que semble croire l'Éducation nationale …
… Et tant qu'elle n'envisagera pas de réveiller la querelle scolaire en imposant au privé sous contrat les mêmes règles qu'au public, elle n'aura d'autre choix, pour éviter les contournements de la carte scolaire que d'enrichir et améliorer son offre là où elle doit l'être.
À défaut, tout ce qu'elle parviendra à faire est de renforcer la pression sur le privé, qui deviendra de plus en plus sélectif, et la pression économique sur les familles qui n'auront d'autre choix que de résider dans les zones de chalandises des collèges les plus réputés, qui sont aussi les plus onéreuses.Dans tous les cas, la compétition et l'entre soi triompheront.

"La-Cantine"
… Cette manière de procéder, de rédiger un étiquetage sans que le consommateur puisse savoir ce qu’il mange, ou connaître l’énergie vide ajoutée, est choquante, et a surtout des conséquences très graves sur le plan de la santé publique si l’on en juge par l’épidémie mondiale d’obésité qui touche en premier les classes les plus défavorisées…
… Comme dans bien des pays, il se développe en France une alimentation à deux vitesses dans laquelle les classes les plus défavorisées font les plus mauvais choix alimentaires, avec des répercussions négatives sur leur état de santé ou sur la surcharge pondérale…

… L'Union européenne a autorisé vendredi 24 avril l'importation et la commercialisation de 19 OGM, deux jours après avoir proposé aux Etats membres une réforme leur permettant d'interdire leur utilisation sur leur territoire.
Onze produits de la multinationale américaine Monsanto figurent au nombre des OGM autorisés, a précisé la Commission européenne dans un communiqué.
… Cinq organisations environnementales, dont Greenpeace et les Amis de la Terre, ont accusé Juncker de violer ses promesses d'une gestion plus démocratique du dossier des OGM face aux pressions des multinationales, au premier rang desquelles le géant américain Monsanto…

... Pendant longtemps, le vivant en général et les végétaux en particulier ont été complètement exclus de la brevetabilité en Europe. Mais les industriels de l’agrochimie puis des biotechnologies s’intéressent de plus en plus au marché des semences et «cherchent à imposer l’idée que pour développer la recherche biologique, animale comme végétale, le brevet est nécessaire» ...
... On peut citer l’entreprise hollandaise Rijk Zwaan, qui a obtenu un brevet sur des salades résistant à un puceron. Un trait déjà connu, présent dans 90% des variétés de laitues commercialisées, entre autre par Gautier Semences. N’ayant pas les moyens de financer un procès pour faire invalider le brevet, l’entreprise provençale a donc dû payer des redevances à Rijk Zwaan pour continuer à exploiter sa variété...



En plein cœur de la Silicon Valley en Californie
… Étant donné cette concentration de cerveaux et d'argent, les lycées publics de la ville sont parmi les meilleurs des États-Unis mais, depuis plusieurs années, ils sont touchés par une vague de suicides. Depuis janvier 2015, trois lycéens de la ville se sont suicidés en se jetant sur les rails du train régional…
… ces 18 derniers mois, une quarantaine de lycéens ont été hospitalisés pour dépression et idées suicidaires. La ville songe à installer des caméras qui permettraient de détecter les personnes sur les rails afin que les trains puissent s'arrêter à temps…
une autre application destinée aux parents a beaucoup fait parler d’elle. Conçue par le ministère sud-coréen de l’Education pour aider à la prévention du suicide chez les jeunes, elle passe au crible toutes les activités de l’utilisateur d’un téléphone, messages comme recherches internet, et lance des alertes aux parents (par téléphone, bien sûr) quand elle détecte des mots-clés jugés alarmants… Champion des nouvelles technologies, le pays bat en effet des records en matière de suicide, affichant le taux le plus élevé de l’OCDE avec 40 cas par jour.
Si les syndicats d’enseignants ont jugé le procédé intrusif, la population sud-coréenne a tendance à adopter rapidement les nouvelles applications technologiques, sans beaucoup se soucier des questions de confidentialité, comme c’est le cas en Europe…

Après avoir acheté 120000 iPads et augmenté les accès internet en 2013 pour 650000 élèves – en vue notamment d'améliorer le niveau scolaire (anglais et maths) des enfants des milieux défavorisés - le district scolaire de Los Angeles constate que seulement deux écoles utilisent encore, tant bien que mal, les tablettes et les logiciels. Et tente de se faire rembourser…
Les logiciels éducatifs Pearson fournis avec les ipads s’avèrent inutilisables.
Sans compter de nombreux problèmes de «sécurité» du matériel ...
[ L.A. Times : L.A. school district demands iPad refund from Apple - BBC : US schools refund over $1.3bn iPad project ]
  Pouce !

Plus d'un millier d'adolescents texans ont déjà fait un tour dans les prisons du "Lone Star State" ces trois dernières années pour avoir manqué l'école. Et dans certains cas comme celui de Serena Vela, raconte le site "Buzzfeed", cette application d'une loi qui devait obliger les enfants à rester à l'école a eu l'effet inverse en ruinant leur scolarité…
… Serena fait partie du millier d'ados emprisonnés au Texas ces trois dernières années pour avoir raté l'école. Les étudiants sont régulièrement enfermés avec les adultes, parfois avec des compagnons de cellules condamnés pour violences ou braquage…

"J'aimerais que ma maîtresse sache que je n'ai pas de crayons chez moi pour faire mes devoirs." C'est en proposant à ses élèves de lui confier leurs secrets qu'une enseignante américaine a mis au jour les difficultés vécues par les enfants. Faibles ressources, parents absents: sous forme de petits mots, les élèves ont confié ce qu'ils avaient sur le coeur à Kyle Schwartz, institutrice à Denver …
… Les enfants y révèlent avec franchise ces problèmes qui, bien souvent, se répercutent sur leurs chances de réussite.
"J'aimerais que ma maîtresse sache que mon cahier n'est pas signé car ma mère n'est pas souvent là"
  AMERICAN WAY OF LIFE


Information ou publicité? D’après une étude parue sur le site de l’Académie de Finlande le 22 avril, un enfant sur cinq seulement serait en mesure de reconnaître une publicité sur Internet. L'étude a été effectuée sur 160 classes de notre équivalent de la sixième (11-12 ans)…
presqu'un élève sur deux a cru le message publicitaire et que seulement un sur cinq a été capable d’identifier qu’il s’agissait bien d’une publicité…
  Pouce !

… Depuis 2007, chaque enseignant doit bénéficier d’un entretien annuel de formation. Il ne s’agit pas d’une possibilité offerte mais d’une obligation légale (loi n° 2007-148 du 2 février 2007 de modernisation de la fonction publique). Huit ans plus tard, pas un seul enseignant français n’en a bénéficié. La Cour des Comptes regrette également qu’il soit impossible «de retracer le parcours de formation des enseignants» : il n’y a aucun suivi, les formations ne sont pas données dans un cadre global de valorisation des compétences des enseignants, ni de cohérence ou de vision à long terme …
… Le pire pour le ministère, dans ce texte, est doute le rappel à ce que devrait être une formation continue digne de ce nom – manière de dire en creux tout ce qu’elle n’est pas, actuellement…
… Ce semble être une habitude très française, de réformer l’école sans former les enseignants. Au primaire, on doit enseigner l’anglais sans avoir été formés, on doit enseigner l’informatique (et bientôt le code) sans avoir été formés, on accueille des élèves à « besoins spécifiques » (dyslexie, dyspraxie, dyscalculie, troubles envahissant du développement, autisme, etc…) sans avoir été formés…

«Ce qui est frappant, c'est que ce débat sérieux et profond –élitisme dynastique versus élitisme républicain, qui suppose qu'on rebatte vraiment les cartes en offrant de mêmes chances de réussite à chacun– n'est jamais mené de façon franche, en tombant les masques. Les défenseurs d'un système inégalitaire et de reproduction sociale ne vous le diront jamais frontalement, sans doute parce qu'ils perçoivent ce que leur position peut avoir d'intenable dans un pays amoureux d'égalité.»
Il s'agit surtout de ne pas perdre les options qui permettent de trier les élèves, des privilèges accordés aux bonnes classes et bons établissements. Pour ne jamais se mélanger…
… L'équation reste difficile: les difficultés scolaires lourdes concernent surtout les enfants des milieux populaires. Redistribuer, ou même simplement repenser la distribution des moyens et des options en direction de ces derniers, inquiète les élites.
À gauche comme à droite

Pour le dire crûment : le rapport "coût-avantages" des études littéraires est, aujourd'hui, le plus défavorable du système éducatif. Les jeunes en ont pris acte, et leur désamour des langues anciennes n'est que le symptôme de ce mal…
… Ce sont ces disciplines, ces "humanités du XXIe siècle", qui nous aideront à éviter le monde qu'annonce la littérature d'anticipation depuis Orwell et Huxley - hypercontrôle social et politique, eugénisme larvé, anesthésie des consciences par les mass media... Si quelques heures de latin et de grec supplémentaires au collège suffisaient à préserver notre civilisation, l'affaire serait simple. Malheureusement, le chantier est d'une tout autre ampleur.



Enrayer la chute ?
Le co-pilote dépressif enfermé, enclenchant la descente qui va condamner 150 êtres humains à la mort …
Qui sont les pilotes qui hantent les salles de marchés, les clubs internationaux à 100 smics de cotisation, qui font construire le yacht qui sortira trois jours en mer dans l’année mais qui aura 10 mètres de plus que celui du rival, qui spéculent sur la faim de centaines de millions d’êtres humains en jouant sur les marchés des céréales à la bourse de Chicago, qui laissent les pauvres de la planète s’entretuer au nom de religions diverses et souvent à l’intérieur de la même religion, qui créent un septième et un huitième continents de détritus, déchets et ordures au milieu des océans, qui laissent – voire ordonnent de – torturer en divers camps et prisons, « secrètes » ou pas, qui chassent l’homme et l’enfant en bateaux de réfugiés en perdition ou camps de rétention aux marches des « démocraties », qui raclent les fonds des mers et fracturent les tréfonds des terres, qui s’acharnent à détruire ce qu’il reste des ressources de la planète à la recherche éperdue de la moindre miette de profit à arracher au concurrent ? … 
Certains craindront l’émergence d’une école qui n’est plus la même partout ; d’autres, une «primarisation» du collège. Ce dernier, pensé historiquement comme l’antichambre du lycée est, de fait, avec cette réforme, rattaché au premier degré. La France se construit, sans le dire, une «école du socle» de 6 à 16 ans, un peu comme ces écoles moyennes des pays nordiques.

Dans le document se lit cependant, au fil des pages, la volonté de ne pas diviser. Il donne des gages aux partisans de méthodes dites traditionnelles - exercices répétés, par cœur -, autant qu’à ceux enclins à défendre l’école du plaisir, de la bienveillance. «On a voulu dépasser les vieilles querelles de chapelle, confirme M. Lussault. Peu importe la méthode, du moment qu’elle est bien appliquée»

Un collège unique, mais moins uniforme. Qui accueille tous les élèves, sans séparer les bons des moins bons dans des «classes d’élite» ou des filières de relégation, tout en prenant en compte leurs différences. Tel est le principe de la réforme du collège, qui entrera en vigueur à la rentrée 2016…
Actuellement, chaque collège propose, à quelques détails près, la même organisation. Dans le nouveau collège, les équipes disposeront d’une marge de manœuvre de trois heures par semaine…
… Reste que les enseignants auront peu de temps – un an tout juste – pour s’y préparer. « Il va falloir qu’ils soient accompagnés », souligne Frédéric Sève. Sans quoi la réforme du collège de Najat Vallaud-Belkacem viendra s’ajouter à la longue liste de réformes avortées que compte ce ministère.

Le Pôle Innovant Lycéen de Paris, structure publique de type micro-lycée, recherche pour la rentrée 2015
un professeur en sciences (SVT ou physique-chimie) pour un projet pédagogique alternatif.
Contact :poleinnovant@gmail.com
Inscriptions élèves - prochaines réunions d'informations:
- PIL : samedi 11 avril, 11h -12h.
- Micro-lycée :  mardi 19 mai, 14h - 15h.
Au 94 rue Barrault, 75013 Paris (M° Corvisart - RER B Cité Universitaire - Tramway T3 Charlety)
Lycée expérimental de Saint-Nazaire : Deux postes à pourvoir.
L'établissement public expérimental propose une pédagogie alternative.
Il recrute à la rentrée deux personnes : un professeur d'arts et pratiques manuelles et un gestionnaire.
Contact :ce.0442286w@ac-nantes.fr

… 74% des personnes interrogées jugent que "les enfants d'aujourd'hui sont en général moins bien élevés qu'à l'époque où ils étaient eux-mêmes enfants". Les sympathisants de droite sont plus sévères à cet égard (86%) que les sympathisants de gauche (61%).
Pas besoin d'attendre d'être âgé pour éprouver ce sentiment que "c'était mieux avant": les jeunes sont "presque aussi nombreux que les seniors à trouver les enfants d'aujourd'hui «moins bien élevés» qu'à l'époque où ils étaient eux-mêmes enfants (71% des 18-34 ans et 76% des 65 ans et plus)"…
… 85% des sondés estiment que la plupart des parents ne sont "pas assez sévères" avec leur descendance. Les enfants des autres, ces mal-élevés. ..


 

Comment pourrait-on, aussi accros à nos smartphones, être des garde-fous crédibles ? On se répète qu’il faut les protéger des pièges du Net, mais les ados ont mis moins de temps à comprendre qu’il valait mieux ne pas être amis avec leurs parents sur Facebook qu’il n’en a fallu aux parents pour comprendre qu’ils n’étaient pas obligés d’accepter leur employeur en ami… Si on cherchait encore une preuve de la parfaite maîtrise des écrans par les parents, une étude conduite au Royaume-Uni en 2014 par un cabinet d’avocats a montré que Facebook était cité dans un cas de divorce sur trois.
«Ils sont comme leurs enfants, fascinés par la technologie moderne. Ils veulent la dernière tablette, le téléphone dernier cri… Ils sont autant piégés que leurs enfants, voire plus»


 

… Léa est en 4e, collégienne « normale » et bien intégrée dans sa classe. Elle sort avec le beau Mattéo et, malgré les jalousies des copines, tout va bien. Jusqu’à cette soirée filles qui dégénère…

… une situation où les adolescents sont à la fois obsédés par leur image et par le besoin de plaire, et incapables de maîtriser leur image. 76% des jeunes ne savent pas comment réagir face à des situations de cybersexisme. «C’est bien pour ça qu’il faut communiquer sur le cyberharcèlement »
                       [ campagne« Arrêtons le cybersexisme » ]

Pouce !


La France, championne d’Europe du stress scolaire. Le phénomène a pris ces dernières années des dimensions d’épidémie invisible.
Dans un pays où le suicide est devenu la 2eme cause de mortalité chez les moins de 14 ans, le psychiatre Boris Cyrulnik appelle ça le "sprint" scolaire : l’obsession de la réussite et le culte de la performance qui se sont emparés de toute la société. Pourquoi la peur d’échouer a-t-elle remplacé l’envie de réussir chez nos collégiens ? Pourquoi et comment la culture de la performance et de l’évaluation des salariés sont-elles en train de s’insinuer dans le système scolaire français ?
  Rediffusion sur LCP TNT : dimanche 3 mai 2015 à 15h10
"La-Carte-Scolaire"
cette reconnaissance de l’inégalité par l’institution est à double tranchant. Si elle permet de sortir d’une certaine forme d’hypocrisie (non, l’école républicaine n’est pas la même pour tous et partout), cette information alimente aussi les logiques de choix et de marchés scolaires.
Cela renforce même les inégalités sociales. Les sociologues comme Agnès van Zanten, chercheuse au CNRS et à Sciences-Po, le savent: ceux qui utilisent le mieux ces informations sont les élèves issus des familles les plus aisées et proches du monde scolaire. Les milieux populaires privilégient davantage la proximité. C’est paradoxal: en matière scolaire, l’information est facteur de disparités.
Pire, cela fait 22 ans que le ministère publie ce type de données, et que cela ne fait pas vraiment avancer l’école

Les-Rythmes-Scolaires
… il ne faut pas chercher les grands gagnants du nouveau calendrier trop loin : le tourisme a obtenu à peu près tout ce qu’il voulait et même davantage, il faut dire que le ministre des Affaires étrangères en personne était monté au créneau. D’abord, le zonage n’est pas touché, alors que toute la communauté éducative (parents d’élèves, syndicats enseignants) s’était prononcée pour un passage de trois à deux zones de vacances, ce qui aurait mécaniquement équilibré l’alternance école / vacances …
l’alternance vacances / école vole en éclats, certaines zones se retrouveront avec des périodes de 5 semaines de classe en janvier et 11 semaines pour finir l’année. Actuellement, ce déséquilibre existe déjà et, plutôt que de le corriger, le choix est fait de l’accentuer !..

c’est le baccalauréat qui, en France, détermine le calendrier scolairedès les petites classes. Tant qu’il sera maintenu dans sa forme actuelle – un examen final organisé sur tout le mois de juin –, on n’arrivera pas à toucher à l’année. Le transformer en contrôle continu est une proposition explosive… Au moins pourrait-on envisager de distinguer le calendrier scolaire du lycée et celui du primaire et du collège…



Les-Connaissanes-&-Les-Compétences
se composer un portefeuille individualisé de connaissances et de compétences répondant au plus près aux attentes des employeurs…
… La dette étudiante a dépassé, en volume, le montant annuel des encours des cartes de crédit, laissant craindre le pire si les diplômés ne parviennent pas à trouver, à la sortie, des emplois suffisamment rémunérateurs pour rembourser leurs prêts. Le poids de ces contraintes économiques, de part et d'autre, ouvre, forcément, les esprits au changement. Elles sont moindres en France.
Est-on, pour autant, à l'abri ?

Mais alors à quoi servent ces indicateurs, quand, par ailleurs, la ministre de l’Education nationale annonce qu’elle veut plus de mixité sociale dans les établissements scolaires, ce qui passe par une moins grande liberté de choix laissée aux familles? Dans ce contexte, pourquoi publier encore ces données ? …
depuis toujours, c’est cette contradiction majeure dans le message envoyé par l’Education nationale. En publiant ces indicateurs, l’institution reconnaît que tous les établissements n’ont pas les mêmes performances toutes choses égales par ailleurs. Et dans le même temps, le ministère répète aux familles qu’elles n’ont pas à décider de l’établissement pour leur enfant afin de garantir une mixité sociale… Il faut choisir.

L’enterrement de la loi Jospin (1989) aurait pu être une leçon notamment quant à l’absence de pédagogie de la réforme. Elle a été enterrée une nouvelle fois, voire incinérée. Personne n’en parle...
on continue, en fermant les yeux sur sa propre responsabilité, à fabriquer le terreau qui permet aux extrémismes de prospérer et on perd l’école. Emmanuel Davidenkoff pourrait réécrire son livre de 2003 (Hachette Littératures) : «Comment la gauche a perdu l’école», en sachant que bien au-delà de l’école, c’est l’avenir de notre société qui est en jeu.
Depuis Savary en 1981, toutes les réformes scolaires ont été refusées.
Pour n'importe quel ministre de l'éducation, le risque maximum est de vouloir réformer.
LOI D'ORIENTATION SUR L'ÉDUCATION : Loi n° 89-486 du 10 juillet 1989
... Ainsi disparaît une esquisse d’évaluation et l’une des sources de rénovation du projet...
 (Extrait du Rapport de Bernard Toulemonde)

D’école il n’a qu’à peine été question. «L’école et la laïcité  (…) seront au coeur de l’action de mon gouvernement».
Un  propos incantatoire qui prouve exactement l’inverse de ce qui est dit: l’école sera bien évidemment à la périphérie de l’action de ce gouvernement. Et la défaite politique dudit gouvernement conforte un peu plus cette intuition. Une fois de plus, les échéances électorales vont polluer le temps et les enjeux éducatifs. Rappelons que la ministre Najat Vallaud Belkacem a jusqu’au 10 avril pour négocier avec les organisations syndicales une réforme importante, celle du collège que l’on tente en vain de mettre à l’agenda politique depuis 15 ans…


Classe unique multiâge - petites écoles - accueil des moins de 5 ans ...

Droit dans ses bottes, l'inspecteur ne cille pas : "Quelle que soit leur compétence, la classe unique est une mission impossible pour les enseignants", répète-t-il. "Si on veut relever le niveau de la maternelle, il faut améliorer les choses", insiste-t-il encore."En interdisant l'inscription des enfants de moins de cinq ans, vous asséchez la classe que vous ferez disparaître", accuse un élu…
… L'inspection d'académie envisage 64 fermetures de postes dans les Pyrénées-Atlantiques à la rentrée 2015…
[ Défendons nos petites écoles - Pour la survie du monde rural – Pétition ]

Le point sur les recours au Tribunal administratif :
("Ecole & Territoire")
2015 - 06 mars : Audience devant le Conseil d'Etat. Le ministère fait appel devant le conseil d'Etat pour demander l'annulation des arrêts de la cour administrative de Marseille nous donnant raison contre l'inspecteur du 04 qui refusait de donner les dérogations aux élèves de moins de 5 ans dans les classes uniques qu'il avait l'intention de fermer (voir 2012). Gagné.
C'est une décision très importante pour l'ensemble des maires de petites communes ayant encore une école à classe unique.La décision n°365663 du 18 mars 2015, sera publiée dans la jurisprudence du site du Conseil d'Etat et celle de "Légifrance".

2014
14 août : audience en référé au TA de Pau contre la fermeture d'une classe maternelle à Soulom (65). Perdu
04 août : audience en référé au TA de Limoges contre la fermeture de l'école maternelle de Fléré la rivière (36). Perdu...
                                          [ Conseil d’Etat -18 mars 2015 - Moins de 5 ans en classe unique ]

La déclaration des professeurs n’y va pas par quatre chemins.
N’ayant «aucune garantie quant à la forme et l’usage qui seront donnés à [leurs] propos»,
ils disent «refuser d’être entendus»
… les difficultés d’enseignement dans l’établissement sont dues «au chômage de masse»
qui touche les familles, aux discriminations, à l’insuffisance de médecins et de logements décents… autant de freins qu’ils refusent de voir «instrumentalisés au profit d’un discours visant à stigmatiser la jeunesse de Seine-Saint-Denis»...

Depuis trente-cinq ans, les décideurs politiques et les partenaires sociaux n’ont opté que pour un enchevêtrement de dispositifs ciblés en fonction de critères d’âge, de statuts, de lieux d’habitation. Ceux-ci ont en grande partie échoué et la précarité est devenue la norme de l’entrée dans la vie active pour beaucoup de jeunes. L’âge moyen du premier CDI, signe de stabilité, se situe entre 28 et 29 ans, il était à 22 ans en 1992. Le diagnostic est connu depuis de nombreuses années

lorsqu'on en vient aux solutions qui pourraient être mises en oeuvre afin qu'elle remplisse sa "mission première de faire partager aux élèves les valeurs de la République", c'est pour constater que nombre de mesures et de dispositifs sont en place, parfois de très longue date, mais que cela ne suffit pas. Rien ne dit, en outre, que nous soyons collectivement d'accord sur les "valeurs"à transmettre, ni prêts à en déléguer la transmission à l'école.
Celle-ci est certes la matrice de la société, mais elle en est aussi le miroir

… Premier cas : celui d’un professeur de CM2 dont des élèves, appuyés par leurs parents, s’opposent à une sortie prévue dans une église pour écouter du Vivaldi. Dans le deuxième cas, c’est un cours sur l’islam qui vaut à un enseignant la réaction courroucée d’un parent. A chaque fois, les familles ont mis en avant leur religion – musulmane dans le premier exemple, catholique dans le second –, affirmant agir au nom même de la laïcité. ..
ces sujets qui agitent l’opinion : les repas de substitution, les mères voilées… Des anecdotes que l’on se répète entre professeurs – ici, un cours de natation problématique, là, une leçon de SVT contestée –, en se demandant si elles sont avérées ou de l’ordre de la rumeur…

UMP et PS ont pourtant raison.Il faudrait évaluer. Il vaudrait mieux éviter de reproduire ce qui s’est passé avec la loi d’orientation de 1989, enterrée sans une larme et sans bilan sérieux, ou ce qui s’est passé avec les programmes intéressants de 2002, balayés d’un revers de main sans évaluation pour être remplacés par des programmes débiles en 2008. Encore faut-il se mettre d’accord sur ce que l’on évalue et comment.
Comment évaluer une prétendue refondation qui n’a jamais été précisément définie, jamais clairement distinguée de la réforme, de la réparation, du replâtrage, de la rénovation.
Il serait plus facile aujourd’hui d’évaluer la continuité que la refondation

Le caractère "libre" du privé, largement théorique
Ici, la ressource privée peut être massivement mobilisée tout en continuant à profiter de la bienveillante protection de l'Etat. Le mécanisme est simple : l'offre scolaire présentant, de notoriété publique, un inégal accès aux filières les plus recherchées, ceux qui en ont les moyens les dépensent, afin de bénéficier du meilleur service pour leurs enfants. Domiciliation dans la "zone de chalandise" d'établissements recherchés. Investissement dans des activités parascolaires ou extrascolaires susceptibles d'offrir un avantage concurrentiel -cours particuliers, séjours linguistiques, etc. Recours à l'enseignement privé sous contrat (le hors-contrat demeure marginal).
Le tout sous couvert de méritocratie républicaine …
… Ce dispositif contribue depuis des décennies à entériner les positions sociales acquises à la naissance, ce qui serait peut-être moins choquant s'il ne prétendait pas l'inverse à longueur de discours…
La question est non pas de savoir si le libéralisme fera irruption dans le secteur éducatif,
mais dans quel délai et avec quelle ampleur. ..

 
mêmes programmes, même paperasse, mêmes pratiques autoritaristes, même mépris pour la charge de travail des enseignants. L'autoritarisme exacerbé poursuit inexorablement son développement avec injonctions, contrôles, jugements, sanctions, menaces...
… On s'est habitué à la continuité. On s'habitue à la souffrance.
Mais avec les nouvelles déclarations ministérielles, on passe à la marche arrière. L'évaluationnite que j'avais qualifiée de "malheur de l'école" il y a bien longtemps, revient en force, à la grande joie des pilotes, des managers et des caporaux.
J'ai appelé Eveline Charmeux au secours

2012 n'a pas eu lieu. Aujourd'hui, en dépit des appels au secours de nos amis, Pierre et les autres, c'est en 2009 que nous sommes : pour ouvrir l'année scolaire 2015, la Ministre a décidé d'offrir aux enfants de CE2, une belle évaluation nationale.
Brusque remontée d'évaluationnite foudroyante, qui achève le lent travail d'érosion d'une refondation, celle de l'école …


… l’école publique n’était pas un modèle efficient. Il n’y avait aucun contradicteur dans la salle…
… Comment vont se réorganiser les systèmes éducatifs des pays en voie de développement et même ceux des pays développés? Quelles ressources y consacrer? Quels modèles pédagogiques y déployer? Doit-on laisser l’innovation pédagogique et sa promotion à des associations et des fondations? En tant que française, je me pose évidemment une autre question: l’école publique, laïque et gratuite n’est-elle pas une alternative intéressante du point de vue de l’égalité et de la démocratie? Il n’y a personne pour la défendre ici.

L’avenir de l’éducation s’écrit ici en lettre « Capital »: c’est une évidence pour tous les intervenants, puisque « l’école publique ne fonctionne pas et que l’Etat ne peut pas tout », assure Dino Varkey, directeur de GEMS. Dans une sorte de confiance parfois béate dans la vertu du  marché, l’on nous explique ici que puisqu’une entreprise cherche la performance, elle seule peut créer les conditions de l’excellence dans le secteur éducatif
Il a manqué quelques experts français pour défendre notre modèle éducatif, laïc et gratuit, qui, il y a un siècle encore faisait figure de standard mondial. Ce temps-là est manifestement derrière nous…

la demande sociale adressée à l'école n'a pas grand rapport avec le "partage des valeurs de la République". Au triptyque "Liberté, Egalité, Fraternité" se substituent, au choix : le triptyque "lire, écrire, compter" et sa cohorte de polémiques techniques, voire technicistes, au premier rang desquelles la querelle des méthodes de lecture ; la demande d'autorité renforcée, qui exonère au passage les parents de leur part de responsabilité ; l'exigence de mieux préparer les jeunes à la vie active. Ces trois demandes, parmi d'autres, peuvent évidemment se combiner


"Le-Collège-du-Secteur"
… Enfin, si, comme les rumeurs le laissent entendre, le calendrier scolaire annuel ne devait être modifié qu’à la marge, il ne fait guère de doutes que cette réforme du collège, très éloignée de la «refondation» – à laquelle, de toutes façons, personne ne croyait plus – n’est qu’une réponse très partielle aux enjeux mis en avant…
… si les élèves échouent en collège, c’est parce qu’ils y ont été mal préparés par leurs premières années de scolarité ou encore qu’ils ne sont décidément pas «faits pour les études».
Et tant pis si les élèves concernés sont tous issus des milieux défavorisés : une sorte de sélection naturelle sera plus facile à faire passer dans l’opinion publique qu’une ségrégation sociale sciemment organisée par l’institution scolaire…
… c’est à la rentrée 2016 que le «nouveau» collège devrait voir le jour… à quelques mois d’une échéance politique majeure qui ne rend guère optimiste. Dans le domaine éducatif également

… les nouveaux secteurs devraient voir le jour à la rentrée 2016, en même temps que la réforme du collège.
Mais pour l’affectation des élèves au sein d’un secteur élargi, le ministère renvoie la balle aux acteurs locaux. A eux de déterminer qui ira où et sur quels critères.
Or, rien ne dit que ceux-ci oseront s’aventurer sur ce terrain glissant et que les élus prendront le risque de se mettre à dos une partie de leur électorat…
… le redécoupage des secteurs sera «l’un des chantiers des futurs conseils généraux, une fois les élections départementales passées».
Reste aussi la question des collèges privés. «Seront-ils intégrés dans la réflexion ? Se verront-ils imposer des contraintes de mixité ?, s’interroge Philippe Tournier, du SNPDEN. Si tel n’est pas le cas, les familles qui ne sont pas d’accord avec l’affectation de leur enfant pourront toujours quitter le public et se tourner vers le privé, et la mesure risque d’être un coup d’épée dans l’eau



… Le ministère de l’Education a publié fin février la carte par académie des CIO que l’Etat est prêt à garder… Et c’est catastrophique.
C’est-à-dire ?
Le ministère ne veut financer que 66 CIO parmi les 230 départementaux existants. Si en face, les conseils généraux décident de se désengager, vous mesurez le désastre. On ne peut pas rester sans rien faire, c’est insupportable pour ces milliers de jeunes, et moins jeunes d’ailleurs, qui n’auront plus personne vers qui se tourner. Et après, la ministre répète à tout va que la lutte contre le décrochage scolaire est une priorité ! ..

le décrochage scolaire peut être très précoce et survenir bien avant l’adolescence. Certains enfants vivent douloureusement un « non-accrochage », et d’autres, un décrochage en tout début de leur parcours scolaire. Ces enfants, en raison de leur histoire personnelle, familiale, sociale, ne parviennent pas à s’inscrire dans les apprentissages de leur classe ou dans les liens sociaux nécessaires pour devenir des élèves….
les RASED ont été décimés par des fermetures massives de postes et par celle des Centres de formation. Entre 2008 et 2012, les équipes ont été disloquées, dispersées, 5000 postes en RASED étaient supprimés, à bas bruit, utilisés comme « variables d’ajustement » des budgets successifs de l’Education nationale. Les RASED ont connu une perte de 50% d’enseignants spécialisés…



Heureux, mais inquiets. Déprimés, mais optimistes. Avides d'expériences, mais demandeurs de limites posées par les adultes... A lire l'étude publiée par l'Inserm ce jeudi, on a d'abord l'impression que les ados d'aujourd'hui ne sont pas très différents des ados d'hier: parfois bien dans leur peau, parfois, non. Mais cette enquête réalisée auprès de 15 235 jeunes de 13 à 18 ans permet aussi d'en savoir un peu plus …
… en 1993, les amis étaient les premiers interlocuteurs en cas de difficulté. Vingt ans plus tard, ils ne sont que le troisième recours évoqué par les adolescents, après l'isolement et la musique. ..
… les tentatives de suicide des adolescents sont en hausse: 7,8% des jeunes de 2013 en ont déjà fait une, contre 6,5% en 1993.
Quand à la dépression, elle touche inégalement suivant le sexe: 16,8% des filles sont concernées, et 7% des garçons…
… hausse de l'échec scolaire, du décrochage, du harcèlement, de la violence à l'école...
Des professionnels qui s'inquiètent de l'omniprésence des écrans dans la vie des ados, qui compliqueraient les apprentissages, par désinvestissement de l'imaginaire et des mots au profit des images "clés en mains"…

          [ Enquête épidémiologique « Portraits d’adolescents »INSERM– pdf ]

De l’autre côté de la porte ...
… on signalait le cas d’adolescents ayant fini par se murer dans leur chambre le plus calmement du monde, passant leur journée à lire des mangas et à jouer aux jeux vidéo. Aucune ambition, envie de rien, aucune préoccupation vis à vis de l’avenir: ces jeunes gens se distinguaient des autres adolescents, certes fréquemment apathiques, par un désintérêt total pour le monde réel. …
… La France commencerait également à être touchée: le docteur Marie-Jeanne Guedj-Bourdiau, pédopsychiatre, chef de service des urgences psychiatriques de l'hôpital Sainte-Anne, affirme dans l’ouvrage collectif que des dizaines de cas ont été constatés dans notre pays, concernant non seulement des adolescents, mais également de jeunes adultes qui aurait eu du mal à terminer leurs études supérieures.
Le taux de chômage chez les jeunes ainsi que le nombre croissant d’accros à Internet et aux jeux vidéos n'aidera pas à endiguer le phénomène.

Nous dormons une heure et demie de moins aujourd'hui par rapport à ce qui était mesuré il y a quatre-vingts ans. Une étude publiée le 2 mars par le réseau Morphée a mis en évidence qu'en consultant les écrans tard le soir, voire pendant la nuit, les adolescents français se coupaient de leurs besoins en sommeil.

Pour 30% des répondants, le lever est extrêmement difficile, le matin, les jours de cours (note de 9 ou 10 sur une échelle de 10). Cela va de pair avec un coucher  de plus en plus tardif et une privation de sommeil pour 27% des ados (il leur manque au moins 2 heures de sommeil en période d’école, par rapport aux vacances ou aux jours de repos).

 
 

On observe donc un empiètement de l’activité de plus en plus important sur le temps de sommeil, pourtant indispensable pour pouvoir récupérer et être efficace le lendemain. Cela est particulièrement préjudiciable à cette période de la vie où la personnalité se construit et où les apprentissages se mettent en place…
Autre chiffre marquant, 23% des collégiens interrogés sont somnolents ou s’endorment en classe : c’est énorme!

Pouce !


le diagnostic est sombre : le collège aggrave les difficultés, particulièrement dans les disciplines fondamentales – français, mathématiques, histoire. «Les élèves s’y ennuient, les parents se sentent démunis et les enseignants bridés»
 … Pour quel coût ? A cette question, Mme Vallaud-Belkacem a donné une réponse aussi technique que lapidaire : «4 000 équivalents temps plein». Une référence aux 4 000 postes promis par son prédécesseur, Vincent Peillon, en décembre 2013 pour accompagner cette même réforme.
4 000… pour 7 100 collèges publics et privés

"Le-Collège": Réforme ? Refondation ?
… sur les intentions de la ministre de l’éducation nationale comme sur les réserves syndicales,
tout – ou presque – a déjà été dit. Interdisciplinarité, souplesse et autonomie sont les maîtres mots d’une réforme qui, sans entamer le dogme du « collège unique », cet idéal d’une formation commune offerte à toute une génération, doit permettre dès la rentrée 2016 de diversifier les enseignements en tenant compte des besoins des élèves, ici de leurs fragilités, là de leurs forces. Mettre en œuvre un collège unique mais pas uniforme…
…  «Révolution copernicienne», comme l’espère le SGEN-CFDT, ou «ravalement de l’existant», comme le redoute le SNPDEN (majoritaire parmi les chefs d’établissement) ?
La réponse est probablement entre les deux

les pédagogies et les comportements attendus des élèves à l’école élémentaire sont très différentes de celles du collège:
« Les élèves qui nous arrivent ne sont pas incompétents mais il faut mesurer à quel point le changement est radical pour eux! En élémentaire, ils peuvent avoir le droit de se lever, d’intervenir plus librement. Finalement ils sont plus autonomes qu’au collège où on attend d’eux qu’ils soient plus statiques et silencieux. »…
… les programmes, les cours, les manuels pourraient aussi être directement plus explicites et demander moins de décodage! Et sans doute faudrait-il tout simplement adapter davantage l’enseignement aux enseignés que l’inverse. Cette mesure est donc aussi, en même temps qu'une amélioration notable, un aveu d'échec. ..

Un nouveau découpage de la carte scolaire
Il doit introduire plus de mixité sociale dans les établissements. "Nous commençons par construire un outil diagnostic avec des chercheurs, dont Agnès Van Zanten et Eric Morin", a précisé la ministre. L’école privée sous contrat devrait être "mise dans la boucle", une formule de la ministre suffisamment vague pour ne pas soulever de mécontentement prématuré. On se demande comment la ministre, malgré toute sa bonne volonté, pourra faire avaler la pilule aux familles qui se verraient brutalement rattachées à un collège difficile...

… Pour ces trois raisons, la réforme qui sera présentée mercredi par la ministre ne prendra pas ces risques: sans rouvrir le dossier de la carte scolaire, sans allouer des moyens en fonction de critères de mixité, et sans décréter l’autonomie des établissements – et pas simplement l’autonomie pédagogique des enseignants-, il serait illusoire de prétendre sortir du statu quo dans lequel s’enlisent des générations de collégiens…

Le collège: branle-bas et bis repetita?
… le dégagement envisagé semble-t-il par la ministre de l'Education nationale de trois heures hebdomadaires disciplinaires (à l'instar des ''10%''), ne concerne cette fois ci que les collèges (mais pas les lycées), et selon des attendus plutôt renouvelés comme on peut le voir dans son intervention devant  la Commission des affaires culturelles et de l'éducation de l'Assemblée nationale du 28 janvier 2015…
en organisant le temps de façon plus libre. Une plus grande place sera laissée au travail en commun, au travail par projets, à l’interdisciplinarité. La réforme des collèges donnera à cet effet une grande autonomie aux établissements et une grande liberté pédagogique aux équipes enseignantes, avec l’introduction d’enseignements complémentaires où plusieurs disciplines pourront se croiser afin d’être plus parlantes pour les élèves, de les amener à comprendre des concepts à partir d’un projet concret sur lequel ils auront travaillé avec plusieurs enseignants »

Si l’école française est capable de former une élite recrutée dans les milieux privilégiés, elle ne parvient pas à faire réussir tous les élèves. Voilà des décennies qu’elle tente, en vain, de résorber le «noyau dur» d’échec scolaire, dont près d’un élève sur cinq fait partie.
Ce constat, déjà ancien, la Cour des comptes le reprend dans un rapport publié mercredi 4 mars et consacré au «suivi individualisé des élèves». Sa conclusion est sévère : les dispositifs visant à répondre aux besoins spécifiques des élèves, qui coûtent deux milliards d’euros par an, sont inefficaces. Politique «hésitante», pilotage «défaillant», poids des traditions…
… Parmi les autres recommandations de la Cour des comptes figure la généralisation de l’accompagnement individualisé des élèves au collège.
Une préconisation qui ne pourra passer inaperçue, à quelques jours de l’annonce d’une réforme du collège.
         [ Cour des Comptes - Le suivi individualisé des élèves : une ambition à concilier avec l’organisation du système éducatif – 4 mars 2015]

     .Alors, c’est l’entrée en sixième.
Le premier jour de sixième, l’enfance française tombe au milieu d’une foule enragée qui se précipite sur elle-même comme l’océan dans le Titanic. Des corps ployant sous leurs sacs de quinze kilos sont projetés à travers les couloirs où l’on avance dans la terreur, les coups et les crachats. Des surveillants trempés de sueur tentent d’empêcher que les plus petits soient piétinés. La bousculade semble à chaque instant basculer dans l’émeute ; on jurerait qu’il vient de se produire une catastrophe, un incendie ou un attentat, de quoi justifier que tous les systèmes nerveux craquent simultanément. Mais il n’est rien arrivé.
On assiste au phénomène le plus ordinaire qui soit dans un collège français : l’interclasse

Obliger les familles à scolariser leur enfant dans un collège qui a mauvaise réputation pour «le bien commun» demande un certain courage. «Les parents accepteront à une condition : que l’éducation nationale mette le paquet et devienne irréprochable sur tout le territoire, assure Françoise Cartron. Il faut notamment que les profs absents soient remplacés tout de suite, et non plus seulement dans les collèges où les parents sont là pour râler.» Le 22 janvier, la ministre a dévoilé son plan d’attaque, entièrement basé sur la concertation…
… Mais on ne construira de la mixité que si les écoles privées entrent dans la boucle de la carte scolaire. L’enjeu, il est là aujourd’hui.» Mais ce n’est pas gagné. «Juridiquement, on ne peut pas obliger les établissements privés, ils sont libres de choisir leurs élèves», précise le ministère…

… L'idée émise par le gouvernement d'établir des zones multicollèges est-elle la bonne?
Le vrai problème est celui de la ségrégation urbaine. Si vous arrivez à assurer sur un bassin scolaire un profil moyen d'établissement, tous les collèges présenteront à peu près le même profil social. Bien sûr certains devront plus se déplacer, mais on peut l'organiser, et actuellement je ne vois pas d'autres solutions. Je pense même qu'il faudrait impliquer le privé. ..
    [ Circulaire relative à l'amélioration de la mixité sociale au sein des établissements publics du second degré - 7-1-2015 ]


… il n’existe aucune formation spécifique au harcèlement scolaire dans leur parcours, que ce soit en formation initiale ou continue. «J’ai été formé à l’encadrement, pas au harcèlement», précise Bernard[*], enseignant en arts plastiques dans un collège de Seine-Saint-Denis depuis 7 ans. «On en a parlé pendant les formations. Mais c’est arrivé comme ça dans la discussion, ils n’avaient prévu aucun conseil sur le sujet. Ce n’était clairement pas prioritaire», juge quant à elle Marie, enseignante au collège à Sarcelles, et qui a passé le concours en 2013.
Pas plus de formation spécifique pour les jeunes pousses de l’enseignement, qui débutent leur première année …
il est difficile de repérer un élève harcelé, qui souvent va essayer de cacher ce harcèlement. «Les élèves ont honte d’être victimes, si un prof se pose des questions, ils vont essayer de se faire tout petit»

"Les-Rythmes"
… Et oui, la France et son école vivent sous le régime des vacances à deux vitesses: d’un côté ceux qui peuvent partir ou envoyer leurs enfants se mettre au vert, ces jolies familles avec des grands-parents dans des maisons à la campagne, de l’autre les enfants qui passent des vacances entre le centre de loisirs (jusqu'au CM2) et chez eux, ce qui est souvent fort sympathique, mais a moins le goût des vacances …
… Personne, au Snes ou au Ministère de l’éducation ne peut imaginer que les vacances d’été sont trop longues pour des enfants dont les parents ont cinq semaines de congés par ans? Trop longues pour les enfants qui ne partent pas? Que ces moments ne sont pas mis à profit, vraiment pas, par tous de la même façon?
Les ministres successifs ne cessent de déplorer le fait que l’école française perpétue les inégalités sociales…
… Que ce calendrier de l'Éducation nationale soit pensé dans l’intérêt de deux catégories d’adultes: les enseignants et les professionnels du tourisme relève du pur et simple double discours de sa part.

… La loi d’orientation du 14 juillet 1989 fixe pour objectif le rééquilibrage de la journée, de la semaine et de l’année. En juin 1989, le Conseil supérieur de l’éducation adopte à la quasi-unanimité un calendrier triennal fondé sur cette fameuse alternance « 7/2 ». Une fois encore, le progrès ne dure guère : en février 1991, après des bouchons terribles au retour des congés d’hiver, le premier ministre de l’époque, Michel Rocard, se prononce publiquement pour un retour aux trois zones, allant jusqu’à suggérer qu’on pourrait de nouveau étaler les congés d’été (comme en 1980, avec des départs échelonnés en juin-juillet).
Les lobbys touristiques s’engouffrent dans la brèche. Le 28 mars 1991, la France en revient aux trois zones, même si 56 des 62 membres du Conseil supérieur de l’éducation quittent la salle au moment du vote…


… il conviendrait donc de relativiser les inégalités de résultats scolaires entre filles et garçons à l’école! D’ailleurs les différentes études de l’OCDE, PISA sur les adolescents et PIAAC sur les adultes montrent que les retards scolaires des garçons sont rattrapés, en moyenne, dans la vie professionnelle.
Mais le vraie bonne nouvelle de l’étude reste que, concernant les inégalités sexués à l’école, la France est très proche de la moyenne de l’OCDE, elle fait même mieux que la… Finlande, souvent désignée comme un modèle éducatif.

en matière de lutte contre les inégalités « le soufflé est retombé ». Ici, comme dans 250 autres écoles primaires, l’équipe s’était saisie, le temps d’un semestre l’an dernier, des « ABCD de l’égalité », ce dispositif de lutte contre les stéréotypes sexués interrompu par le gouvernement en juin 2014, face aux assauts des lobbys traditionalistes. « Un coup de frein à une belle dynamique », regrette-t-elle. Ici, aucun parent d’élève n’était venu s’en plaindre – bien au contraire….
… Auditionnée avant l’élaboration des documents pédagogiques – ceux des ABCD de l’égalité, puis ceux du plan d’action –, la sociologue Marie Duru-Bellat partage en partie ce constat. « Les enseignants ont la liberté de se saisir de la thématique, mais vont-ils tous le faire ? Ils ne sont pas cette avant-garde éclairée qu’on évoque parfois. On retrouve en leur sein les mêmes clivages que dans le reste de la société, et, en particulier, différentes conceptions de l’égalité. »
            [ Filles et garçons sur le chemin de l'égalité, de l'école à l'enseignement supérieur
Statistiques - publications annuelles - Édition 2015 ]



"La-Fessée"
«c'est très très massif et clair, affirme Jérôme Fourquet, directeur du département opinion publique à l'Ifop. Sept Français sur dix ne veulent pas que la loi interdise la fessée.»Il y voit deux explications principales: «Les Français accordent sans doute à la fessée un certain nombre de vertus pédagogiques, détaille-t-il, et ils trouvent incongrue cette injonction européenne, alors qu'il y a par exemple des failles béantes sur la question de la délinquance des mineurs.» Autre élément sur ce score sans appel: «La part des tout à fait favorables à l'interdiction s'élève à 7 %, insiste-t-il. Tandis que les tout à fait opposés sont 27 %.»
33 % des femmes sont favorables à l'interdiction, contre 27 % des hommes
Le consensus existe chez tous les partis politiques, même si

          [ Les Français et l’interdiction des châtiments corporels envers les enfantsIFOP – Figaro – mars 2015 ]

la plupart des Français ont reçu des corrections de leurs parents, en ont donné, et la très grande majorité (80 % selon les derniers baromètres), sont hostiles à une interdiction. Certains observateurs craignent qu’une loi bannissant les châtiments corporels ne sape l’autorité des parents à un moment où celle-ci est déjà mise à mal.

Une loi poserait en outre des problèmes concrets d’application. Et ne prendrait pas en compte les violences psychologiques, sur lesquelles il est impossible de légiférer…
… Le Conseil de l’Europe incite depuis plusieurs années ses Etats membres à bannir les châtiments corporels envers les enfants. 27 des 47 pays membres ont adopté une législation en ce sens. La justice française de son côté punit les violences éducatives mais tolère un «droit de correction», à condition que cette correction soit légère et qu’elle ait un but éducatif.

… La secrétaire d’Etat à la famille Laurence Rossignol plaide pour une «prise de conscience collective» autour des punitions corporelles administrées par 40% des parents français à leurs enfants. Si elle n’a pas clairement évoqué la possibilité d’une loi interdisant la fessée, elle a néanmoins estimé que «si on voit deux adultes qui se battent, on va essayer de les séparer; si on voit quelqu'un qui martyrise un animal, on va intervenir et, au final, les seuls êtres vivants que l'on peut frapper sans justifier que l'on puisse intervenir, ce sont les enfants. Il y a probablement quelque chose à travailler collectivement...»
… Une proposition de loi visant à interdire ces fessées ou autres gifles avait déjà été déposée en 2010 par l'ex-députée UMP et pédiatre Edwige Antier, sans être suivie d’effets (mis à part la menace de Philippe Bilger de lui donner une fessée) (soupir).
Rappelons également qu’en Europe, 18 pays ont déjà interdits les claques, tapes, fessées y compris quand elles sont administrées à la maison...

Si l'idée d'une loi fait aujourd'hui son chemin, la France a longtemps contemplé avec amusement les expérimentations scandinaves en la matière. En 1979, date de la toute première loi anti-fessée au monde, on pouvait lire dans "L'Express" un article intitulé : "Ils sont fous ces Suédois !" :
Une loi sur la fessée ! Quand la France a appris ça, elle s'est tapé sur les cuisses tout en grinçant des dents. Comment conformer les générations successives au juste modèle des pères, si ces derniers n'ont plus le droit de retrousser leurs manches? Bref, les Suédois font, plus que jamais, figure d'épouvantail aux yeux de la tradition latine."

Les châtiments corporels sont en principe rigoureusement interdits depuis la création de l’Ecole républicaine et laïque afin notamment de se démarquer ainsi des congrégations qui encadrent l’école rivale.
Ce n’est sans doute pas un hasard si Jules Ferry lui-même, en plein cœur des débats sur les grandes lois scolaires laïques des années 80, met clairement en évidence deux tabous majeurs que ne doivent transgresser en aucun cas les maîtres de l’Ecole républicaine et laïque. «Si un instituteur public s’oubliait assez pour instituer dans son école un enseignement hostile, outrageant pour les croyances religieuses de n’importe qui, il serait aussi sévèrement et aussi rapidement réprimé que s’il avait commis cet autre méfait de battre ses élèves ou de se livrer contre eux à des sévices coupables» (Discours à la Chambre des députés du 11 mars 1882)…
dès 1889 (deux ans après l’interdiction réglementaire formelle des châtiments corporels dans l’Ecole républicaine) la Cour de cassation a reconnu aux maîtres un droit de correction au même titre que celui attribué aux parents, dans la mesure où il n’y a pas excès et où la santé de l’enfant n’est pas compromise…


 

La perception du rôle de l’école :
L’école devrait donner avant tout le sens de la discipline et de l’effort : 64 %
L’école devrait former avant tout des gens à l’esprit éveillé et critique : 35 %
Ne se prononcent pas : 1 %
(tableau 47/71)

[ Opinionway - Cevipof - 26 février 2015 ]


quand vous pensez à la politique, à quoi pensez-vous d'abord ?
- méfiance : 40% / - dégoût : 25%/ - intérêt : 12%/ - ennui : 11% / etc (tableau 54/71)
la France de "l’après-Charlie" est une France du repli.
Inquiète, méfiante, angoissée. Une société de défiance,
plus encore qu’elle ne l’était fin décembre 2014…

1) Les Français très sévères sur l’éducation des enfants d’aujourd’hui
2) L’école continue de très fortement diviser les Français
3) Les Français très sévères sur la réforme des rythmes scolaires et très hostiles à l’abandon des notes
4) L’histoire-géographie, matière préférée des Français ...
[ Sondage BVA-Doméo-Presse régionale – février 2015 ]
 
 

août 1999 - "Plus spectaculaire, enfin, est le renversement observé sur le rôle de  l'école
dans l'enquête déjà citée du Cecop et de la Sofres.
Pour 61 %  des Français (+ 10 points depuis 1995), l'école doit en priorité
donner le sens de la discipline et de l'effort,
 contre 36 % qui pensent qu'elle doit avant tout former des esprits éveillés et critiques. (...)

 

Les pages Facebook qui annonçaient en français, anglais et espagnol la tenue de cet événement — événement soutenu l'an dernier par 145 000 francophones — ont déjà été supprimées par les gardiens du réseau.
«Une journée de réflexion sur Facebook, ça ne peut qu'avoir du bon», lance à l'autre bout du fil Julie Van der Kar, porte-parole de la campagne «Facebook te fiche» lancée dans le monde depuis la Belgique pour sensibiliser les internautes à l'impact de ce réseau sur leur vie privée.

Le problème est que les gens qui décident de l'action publique dans ce pays n'écoutent pas les jeunes, même quand il s'agit de prendre des décisions les concernant.
Un exemple. Récemment, j'ai participé à une consultation au ministère de la Jeunesse sur les jeunes et Internet. Il y avait des représentants du ministère, de la Police, des acteurs de la Jeunesse... mais pas de jeunes! Le sujet: "Les jeunes et les réseaux sociaux". Résultat, l'essentiel de la discussion a tourné autour des dangers liés aux réseaux sociaux, des risques d'embrigadements, etc. Et mes interlocuteurs parlaient beaucoup de Facebook ou Twitter, mais …

Paris, XVIème arrondissement. Là où tout le monde croit que la sécurité n'est pas un problème, là où tout le monde pense confier ses enfants à de "bons" établissements privés catholiques, réside en vérité un véritable climat de haine. Coups, menaces, violation de ma vie privée, diffamation, moqueries, humiliations, exclusion …
À force, je n'avais plus une heure de répit, ils m'insultaient en cours, discrètement afin que les professeurs ne les entendent pas. De plus, Facebook était devenu une plateforme d'humiliations…

Plus d’un milliard de jeunes dans le monde sont menacés par des troubles auditifs parce qu’ils écoutent de la musique trop forte, a averti vendredi l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Le niveau sonore dans les concerts et boîtes de nuit est souvent trop élevé, de même que le volume dans les écouteurs des appareils audio et autres smartphones. Selon des données recueillies par l’OMS, environ 50% des jeunes entre 12 et 35 ans des pays à haut et moyen revenus sont exposés à des niveaux sonores trop élevés…
…Les adolescents doivent réduire le volume de leurs appareils audio et smartphones, ne pas les utiliser plus d’une heure par jour, mettre des bouchons dans les oreilles dans les locaux bruyants et faire des pauses…

  Pouce !
"Les-Rythmes"
… Le ministre des Affaires étrangères et du Tourisme Laurent Fabius en profite pour relayer une demande récurrente du lobby des stations de ski qui demande que soient avancées d'une semaine les vacances de printemps…
«incompréhensible» que le gouvernement n’ait pas décidé d’amorcer également un étalement des vacances d’été. «Il n’est pas possible, conclut-il, de laisser de côté les professionnels des transports et du tourisme. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : concilier réellement les intérêts des enfants à l’école, ceux des enfants en vacances et ceux de la société».
Tout est dit. Et on attend la fin de l’Histoire...

"La-Cantine"
… Entre février 2005 et février 2008, les prix alimentaires ont augmenté de 83%, enregistrant des hausses records de 191% pour des denrées de base comme le blé. Ces violentes fluctuations des prix touchent sévèrement les ménages les plus pauvres des pays du Sud, qui peuvent consacrer jusqu’à 75% de leur budget à l’alimentation…
«Ces activités toxiques mettent en péril le droit à l’alimentation de centaines de millions de personnes», explique Clara Jamart, auteure de l’étude pour Oxfam France. «La spéculation galopante sur les marchés dérivés de matières premières agricoles aggrave la volatilité des prix alimentaires, et prive les populations les plus pauvres de l’accès aux denrée alimentaires de base».
... les résultats de cette nouvelle étude démontrent que trois groupes bancaires français proposent toujours à leurs clients des outils permettant de spéculer sur les prix des matières premières agricoles

[ rapport "Les banques françaises spéculent-elles toujours sur la faim"FEVR. 2015 ]
existe-t-il un dopage légalisé pour les enfants ? Loin de prendre en compte l’histoire et la singularité de chaque élève, l’école est-elle devenue un agent d’homogénéisation et de répression des jeunes jugés "différents" ? Cette drogue de l’obéissance ne serait-elle pas utilisée comme une "méthode pédagogique" perverse ? Qu’est-ce que cela signifie ? Et pourquoi n’y a-t-il pas dans l’ensemble de la société un grand débat sur le sujet ? ..

… Nous aurons des campagnes de promotion de la maladie financées par les laboratoires pharmaceutiques qui entraîneront un surdiagnostic et un surdépistage, comme ça s’est passé aux Etats-Unis, englobant sans distinction tous les comportements perturbateurs des enfants et des adolescents, puis étendu aux adultes distraits ne sachant pas s’organiser, instables et en difficulté d’insertion sociale. Autrement dit: beaucoup de gens.
Une grande partie sera diagnostiquée hyperactif à tort …
… Ce médicament permet aussi de masquer les responsabilités politiques, sociales, pédagogiques, éducatives et familiales dans le malaise de certains enfants. Cette propagande mensongère est non fondée scientifiquement. Elle  prend des hypothèses spéculatives pour des faits.
Mais cela influence malheureusement les politiques publiques car cette propagande se fait passer pour scientifique, grâce à un lobbying très actif…

le diagnostic de troubles de l'attention concerne environ 20% de la population étudiante américaine, et beaucoup prennent de la Ritaline pour gérer les symptômes.
Les personnes diagnostiquées ont moins de récepteurs de dopamine que la moyenne, ce qui veut dire qu'une activité normalement intéressante a tendance à leur paraître ennuyeuse.
Ceux qui souffrent de ces troubles ont donc tendance à rechercher constamment la nouveauté, et les comportements en ligne typiques –avec possibilité de cliquer sur quelque chose de nouveau toutes les 20 secondes– ont tendance à renforcer ces symptômes…


Extrait du COMPTE-RENDU de la RÉUNION DU COMITÉ DE SOUTIEN
au Lycée Expérimental de Saint-Nazaire
(février 2015)

"Rappel historique de la création du lycée par son co-fondateur, André Daniel:
/.../  La cuisine, inexistante lors du démarrage, est née de l' idée d'un élève. Il pose la question de la prise de décisions.
 Tout mode de fonctionnement du Lycée Expérimental mis en cause par un élément extérieur doit être refusé.
 Entre les origines et l'époque actuelle, il y a eu la décentralisation, ce qui en résulte est que le Ministère de l' Education Nationale ne veuille plus s'en occuper. /.../ "

Adhérer, être informés, soutenir :
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"La-Laïcité-Vivre-Ensemble-L'Esprit-du11/01-Etc..."
… Quand on voit les enquêtes PISA et le triste record de la France, où l’origine sociale joue le plus dans l’accès au diplôme ! Que l’école tienne ses promesses ! Tout cela me rappelle le "plus jamais ça" après les émeutes de banlieue de 2005, qui n’a débouché sur rien….
On nous rebat aussi les oreilles avec le "vivre ensemble". Mais on pourra demander à l’école ce qu’on voudra, tant qu’il n’y aura pas une réelle politique de mixité sociale —  une problématique complexe qui dépasse l’école — menée au niveau de la nation, on n’y arrivera pas. Le vivre ensemble, c’est très concret.
Mais qui veut vivre avec ces jeunes ? Qui veut habiter ces quartiers ?

"Les-Notes"
… Pourquoi Najat Vallaud Belkacem a t-elle été si prompte à réagir ? pourquoi n'a-t-elle pas attendu le mois d'avril comme prévu pour faire part de ses décisions sur le sujet de l'évaluation au même moment que les annonces sur la réforme du brevet et celle du collège ?
A deux ans des élections présidentielles, le mot d'ordre est "pas de vagues". Par ailleurs, Najat Vallaud Belkacem n'allait pas prendre le risque de contredire le président de la République qui le 21 janvier avait bien précisé que l'école devait continuer à noter…
… Et si on travaillait sur les appréciations ? si l'on exigeait des profs d'écrire systématiquement des appréciations détaillées, juste autre chose que "nul", " bien", "quelques efforts", "leçon mal apprise", ou "décidément trop paresseux"...
Chiche?

« Forcément, les notes, il y est attaché. Hollande est un pur produit de la notation et du tri sélectif.» Si le système de notation suscite de tels débats passionnés, juge-t-il, c’est parce qu’il traduit la conception politique du système éducatif et de la société même. «C’est cela qui se joue aujourd’hui, et la ministre vient de répondre : circulez, y a rien à voir

… le storytelling ambiant nous assure que le Président de la république et son Premier ministre n’ont pas souhaité, un mois après les événements de janvier, remettre en cause l’autorité des professeurs en supprimant les notes
… Malaise en feuilletant ces photos de jeunes gens pâlots alanguis comme dans un film de Visconti dans un salon de l’Elysée. Ce cliché a un effet dévastateur. Au delà de l’erreur de communication -quelques semaines après les attentats de janvier…- il désamorce de façon définitive tout discours sur  la réussite pour tous, l’égalité des chances, l’école républicaine etc. En regardant ces jeunes énarques «nés du bon côté du périphérique» mis en scène de façon très provocante, on ne peut croire que le pouvoir en place ait la moindre volonté d’amener le plus grand nombre à réussir. Et encore moins que ce gouvernement n’ait eu un instant l’intention de modifier le système qui a façonné cette jeune «garde» : des notes, des notes et encore des notes.

Il y aura toujours des notes chiffrées en 6e. Leur suppression, préconisée par un rapport, a été écartée par la ministre de l'Education Najat Vallaud-Belkacem …
… Le jury de la conférence -avec une moitié d'usagers de l'éducation et une moitié de professionnels- ne retiendra pas l'expression de l'"évaluation bienveillante"
"Pour des raisons qui nous dépassent, l'expression ['bienveillante'] est devenue aux yeux du public [synonyme de] perte d'exigence", a expliqué son président, le physicien Etienne Klein. Des critiques accusaient le ministère de vouloir "casser le thermomètre"



… Pratiquement la moitié de ceux qui deviennent enseignants ont leur premier poste dans un établissement difficile. La plupart sont issus des classes moyennes et n’ont guère été formés pour affronter la situation dans laquelle ils/elles (2/3 sont des femmes) sont mis. C’est un véritable choc culturel. Le résultat est, d’une part, un fort taux d’absentéisme, d’autre part, le fait que les professeurs, personne ne peut leur en faire grief, demandent leur mutation dès qu’ils le peuvent. D’où un manque criant de stabilité des équipes éducatives dans les lieux qui en auraient le plus besoin. Ne nous étonnons pas si, parfois, ce choc culturel aboutit à une apparence de choc des civilisations. Ce choc est socialement construit.
D’autant plus que la République et l’éducation nationale consacrent plus de moyens pour des élèves de milieux favorisés que pour ceux de quartiers populaires. On sait que les professeurs des classes préparatoires, choisis par l’Inspection, disposent d’un horaire nettement allégé, ce qui leur permet d’effectuer un accompagnement quasi individuel des élèves, payé en heures supplémentaires.  Je n’insiste pas

"Les-Rythmes"
74% des professeurs des écoles estiment que l'organisation des rythmes scolaires du décret Hamon ont un impact négatif sur les élèves. Ils ne sont que 4% à juger que cette réforme a un impact positif.

Le périscolaire (activités sportives, culturelles, artistiques) est jugé "très inégal d'une ville à l'autre", parfois "sans locaux adaptés", "bruyant" ou "même synonyme de garderie". C'est en maternelle que les critiques sont "les plus vives" : sieste insuffisante, enfants désorientés par "les différents temps morcelant la journée"...
les enseignants sont 79% à demander une nouvelle organisation des horaires à l'école, 70% à vouloir supprimer les activités pédagogiques complémentaires et 70% à considérer qu'il faut repenser l'organisation et le contenu du temps d'activité périscolaire…
… Et comme les effectifs restent aussi chargés, comme les programmes scolaires toujours aussi lourds n’ont pas encore changé, seuls 9% des enseignants constatent un effet bénéfique sur les apprentissages
"La-Carte-Scolaire"
… Dit autrement: les parents qui pensent "échapper" à leur collège de quartier en assurant que leur enfant veut apprendre le chinois ou tout autre langue rare enseignée dans un établissement mieux côté, risquent d'être déçus. ..
"Puisque nous ne pouvons pas modifier la composition sociale des quartiers, il faut élargir la base de recrutement des établissements" explique-t-on à la DGESCO.
Un projet réaliste? Pour Valérie Marty, présidente de la Peep, une fédération de parents d'élèves, cet objectif de mixité forcée relève de l'utopie

"La-Cantine"

 

Même dans les aliments réputés sains, vitamines A et C, protéines, phosphore, calcium, fer et autres minéraux ou oligo-éléments ont été divisés par deux, par 25, voire par 100, en un demi-siècle.
Pour retrouver les qualités nutritionnelles d’un fruit ou d’un légume des années 50, il faudrait aujourd’hui en manger une demi-cagette ! ..
… quand nos grand-parents croquaient dans une transparente de Croncels, ils avalaient 400 mg de vitamine C, indispensable à la fabrication et à la réparation de la peau et des os. Aujourd’hui, les supermarchés nous proposent des bacs de Golden standardisées, qui ne nous apportent que 4 mg de vitamine C chacune. Soit cent fois moins…
… Il y a un demi-siècle, une seule orange couvrait la quasi-totalité de nos besoins quotidiens – les fameux AJR (apports journaliers recommandés) – en vitamine A. Aujourd’hui, il faudrait en manger 21 pour ingurgiter la même quantité de la précieuse vitamine. De même, une pêche des années 50 équivaut à 26 pêches aujourd’hui.


 
Vous trouvez que vos enfants passent trop de temps sur Internet ? Si vous habitez Taïwan vous pouvez désormais légalement les empêcher d’utiliser une tablette ou un téléphone portable trop longtemps…
… le temps passé par les mineurs devant des écrans est un vrai problème. D’après l’Académie américaine des pédiatres, un Américain de 8 ans passe en moyenne 8 heures par jour devant un écran alors qu’elle ne recommande que 2 heures d’utilisation maximum.
En France, les jeunes passent près de 1.200 heures par an, soit 3,30 heures par jour, devant un ordinateur ou la télévision…

… Très vite, je n'ai plus les yeux en face des trous, je sue, et j'appuie au hasard sur des symboles runiques dans le funeste espoir d'arriver à consulter les messages de mes amis avant qu'ils ne s'effacent.
En gros, avec Snapchat, je me sens vieux
Facebook est globalement devenu un foyer socioculturel pour trentenaires –soit, des vieux– qui y postent des photos savamment choisies de leurs mariages, de leurs bébés et se plaignent de leur trentenitude. Si les ados l'utilisent, c'est à contre-cœur, à cause d'un exposé à rendre ou parce qu'ils veulent faire croire à leurs parents qu'ils sont bien, comme promis, à réviser chez Brayden alors, qu'en réalité, ils sont en train de se la coller chez Kayden…

  Pouce !


Le harcèlement touche un élève sur dix, soit plus d’un million de jeunes. Et il serait responsable de dizaines de morts d’adolescents chaque année. Le documentaire "Souffre-douleurs, ils se manifestent", d’Andrea Rawlins-Gaston et Laurent Follea, donne la parole aux victimes…
... La douleur brouille la voix de Raphaël lorsqu’il raconte la journée fatale où il n’a pas su rassurer son fils Matteo, 13 ans, dont on se moquait parce qu’il était roux : ""Ton père, il a la bite rouillée"… Raphaël n’a pas eu le temps d’en reparler avec son fils, de lui dire que son calvaire allait s’arrêter. Après une énième séance de coups, Matteo s’est pendu. Du chagrin à perpétuité pour Raphaël et sa femme Virginie. "Il faut nommer le harcèlement scolaire, martèle la réalisatrice. Il peut tuer. Les harceleurs ne se rendent pas toujours compte du mal qu’ils font, disent que c’est pour rire."

"Souffre-douleurs, ils se manifestent", mardi 10 février, à 22h25, sur France 2.
Suivi d’un débat, à 23h20, "Harcèlement, briser le silence".

… En 2013, selon une enquête de la Depp (direction de l'évaluation de la prospective et de la performance) 18% des collégiens ont été insultés et humiliés sur internet. Mais en 2013 aussi il y a eu les suicides de Matteo et de Marion, 13 ans …
… La chute de résultats scolaires, la perte d'appétit, des changements de comportement, il faut guetter tout ça. Mais souvent, les parents ne voient rien. Parce que l'infernale mécanique du harcèlement s'appuie sur la honte. C'est pourquoi les profs ont un rôle à jouer


… Ce travail au cœur même de l’école s’est fait, se fait, continuera à se faire bien longtemps après que les «je suis Charlie»auront disparu des profils et des balcons. Mais malgré cette forte mobilisation, et peut-être en partie à cause d’elle, l’école a été pour ainsi dire placée en position de coupable.
L’école, coupable idéale
En quelques jours, quelques heures presque, dès l’affaire des minutes de silence non respectées (dans 4 ou 5 % des établissements scolaires, peut-être, mais une place considérable conférée par la loupe médiatique), l’école s’est retrouvée au beau milieu de la place publique, pointée du doigt par la Cité entière : si elle ne peut faire respecter le silence, c’est qu’elle ne sait plus se faire respecter, qu’elle ne sait plus former de citoyens, qu’elle ne sait plus transmettre l’esprit et les valeurs de la République…
… si les élèves sont à ce point perméables à ces théories, à leur développement sur le web, c’est que l’école ne sait plus former de jugement critique, ne sait pas poser de garde-fou à l’usage d’Internet…
… Il semblait pourtant qu’une évaluation diagnostique de la situation aurait pu mener à des mesures dans des champs aussi variés que les affaires sociales, les affaires familiales, la politique de la ville et l’aménagement urbain, le logement, notamment social et la mixité urbaine, le chômage et l’insertion des jeunes, la prison, le suivi et la réinsertion des anciens prisonniers, l’intégration et l’inclusion, mais on n’a pas beaucoup entendu sur ce sujet les ministres de la Ville, de la Jeunesse, du Logement, de l’Egalité des territoires, des Affaires sociales, du Travail, de l’Emploi, de la formation professionnelle et du Dialogue Social
 
 
 

 

Les enseignants en font l’amère l’expérience depuis quelques jours: de nombreux jeunes Français, et pas seulement dans les banlieues, ne se sont pas sentis concernés par ces événements. Avant comme après le 11 janvier, l’altérité demeure suspecte, le désir de vivre-ensemble s’estompe et les discours xénophobes prospèrent. Cette défiance, véritable poison quand elle atterrit entre les mains du FN, provient en partie du fait que les citoyens, et notamment les jeunes, abstentionnistes récurrents et fournisseurs de contingents importants de votes d’extrême droite, se sentent tenus à l’écart des décisions collectives. ..
… l’histoire d’un enfant de 14 ans qui a déclaré «ils ont eu raison» pendant un débat lancé par le prof, au lendemain de la minute de silence effectuée en classe (qu'il a respectée). Un enfant contre qui le principal du collège, une fois l’exclusion temporaire décidée, une fois le conseil de discipline programmé, a porté plainte…

«Est-ce que vous, journaliste, vous trouvez que coller une conscience politique à des gamins, c’est normal ? Et pourquoi citer systématiquement la religion des élèves rencontrés, si vous être dans une démarche laïque ?» Pas facile, dans la classe, d’ouvrir le débat sur la laïcité. Laïcité ouverte ? Laïcité de combat ? Beaucoup d’élèves semblent penser qu’elle implique de taire leur foi. Chez Ryan, le ton vindicatif cache à peine sa détresse. «Ça veut dire quoi cette injonction de minute de silence ? Et pourquoi la faire à ce moment-là, et pas pour d’autres victimes, au Congo, en Palestine ?»

Quel est le rapport entre la laïcité et les attentats contre Charlie Hebdo ? En quoi un renforcement de l’enseignement de la laïcité, qui n’est synonyme ni de tolérance ni d’égalité hommes-femmes, mais qui régit les rapports des Eglises et de l’Etat (selon la formulation de la loi de 1905), résoudra-t-il le problème des quartiers populaires ? Les mêmes qui piétinent allègrement les principes de la République, particulièrement celui d’égalité, voudraient faire de la laïcité un concept fondateur, mais dans le seul but de justifier leur islamophobie. Répétons-le, la laïcité concerne la place de la religion et garantit le droit de tous les fidèles à exercer leur foi en toute liberté (y compris dans l’espace public : la loi de 1905 n’a jamais aboli les processions religieuses, par exemple)…
« Autrefois, dans les examens pour rire qu’on faisait passer aux bizuths dans certaines classes, il y avait un sujet de dissertation qui revenait souvent : “Métaphysique et bicyclette”. On sourit. Pourtant, est-ce plus farfelu que “Piscine et laïcité” ? » Et que Charlie et laïcité ?

Si les mots des responsables politiques sont de plus en plus forts, c’est que la situation qu’ils dénoncent ne s’est guère améliorée depuis une trentaine d’années. Intégration, emploi, logement, éducation, laïcité… De nombreux chantiers laissés en jachère ont resurgi après les tueries de Charlie Hebdo, de Montrouge et du magasin juif de la porte de Vincennes…
… Depuis la fin des «trente glorieuses», on constate l’incapacité absolue des gouvernements successifs à endiguer le chômage, à corriger les échecs de la politique de la ville, à éviter l’effondrement du tissu urbain. Tout cela a touché d’abord les fractions les plus fragiles et les plus exclues de la population. Celles-ci sont très souvent issues de l’immigration, mais il ne s’agit pas d’un «problème d’immigration»
On s’expose à de fortes désillusions si l’on croit qu’il suffira de prêcher un catéchisme républicain pour résoudre les problèmes de la jeunesse. L’histoire de la République montre que la laïcité a toujours été un enjeu de luttes entre une conception disciplinaire et une conception ouverte, tournée vers l’émancipation des citoyens. Le refus du consensus, en particulier à l’adolescence, doit être géré dans la compréhension. Sinon on renforce les gens dans leur sentiment d’injustice…

C'est le prix du mètre carré 
qui fait la différence...
...En Ile-de-France, le marquage social des quartiers
souligne l'inégalité devant l'école
La carte scolaire et l'apartheid...
(septembre 2005)


… Le plan publié par le ministère parle essentiellement de l’éducation à la citoyenneté. Le drapeau, la Marseillaise… Je me souviens que Chevènement nous avait déjà fait le coup quand j’étais élève. Aujourd’hui l’institution parle de parcours citoyens, pour «apprendre les valeurs de la République de l’école élémentaire à la terminale» et c’est ce qui va faire le plus réagir…
… Le problème de la mixité sociale dans les établissements, c'est la grande hypocrisie de la République. Car non seulement la ségrégation sociale spatiale fait son œuvre mais en plus elle est renforcée par des pratiques d’évitement…
Reste un vrai, gros, énorme problème: l’Éducation nationale recherche 25.000 nouveaux enseignants diplômés. Au vu de ce qui s’est passé ces dernières années, rien ne dit qu’elle arrive à pourvoir tous ces postes avec des candidats de niveau suffisant…

Un concours externe supplémentaire de recrutement de professeurs des écoles
devait donc être mis en place pour pourvoir 500 postes dès la rentrée 2015, 
exclusivement dans l'académie de Créteil. C'est chose faite.
Un arrêté publié ce samedi au journal officiel précise les conditions 
de l'ouverture de cette session supplémentaire. ..


«Dès qu’on a un débat de société, que ce soit l’égalité garçon/filles, la délinquance, la contraception, on se tourne en France bien plus qu’ailleurs vers l’école, à qui l'on a confié la mission historiquement non seulement de former des citoyens mais aussi de sauver la patrie», renchérit le sociologue François Dubet, qui rappelle que la défaite de 1870 avait, déjà, été attribuée à la supériorité de l’instituteur prussien. Les termes employés tant par la ministre que par le président de la République, indiquant que l’école était « en première ligne » dans les événements qui viennent d’avoir lieu, portent d’ailleurs bien la trace de cet héritage.
Inégalités, ségrégation sociale, décrochage scolaire… le diagnostic d’une institution à bout de souffle est parfaitement connu et rappelé dans pléthore d’études chaque année. Que nous disent donc les attentats des 7, 8 et 9 janvier sur les faillites de l’école que nous ne sachions déjà ?..

… Tout ce qui veut redonner de la solennité à l'institution scolaire tient de l'incantation : valoriser l'hymne national, le drapeau, la devise république…tout cela est déjà recommandé, et se fait déjà… ou pas. Les chefs d'établissement ont le dernier mot dans ce domaine. Certains n'apprécient pas ces manifestations qui ont un fort relent de Troisième République. ..
L'essentiel est ailleurs. Plus urgent sont les volets "lutte contre l'échec scolaire" et "pour la mixité sociale à l'école". Rien de nouveau, pourtant…
Mais les annonces ne disent pas grand-chose du collège, ces quatre années de tous les dangers où beaucoup d'élèves fragiles dés-adhèrent des règles de la République. Suffira-t-il, comme le propose la ministre, d'introduire un peu plus de mixité sociale dans les collèges pour y développer une dynamique de réussite ? Compte-t-elle revoir la carte scolaire pour y parvenir ? On touche là au cœur du débat sur les valeurs de la république, mais les propositions de ce 22 janvier n'y répondent qu'à la marge.

Là, il faut profiter d’une émotion collective pour nous donner les moyens d’agir», assure François Dubet. Parmi les acteurs du monde éducatif, ces rodomontades sur l’école ont pourtant un parfum de déjà-vu. En 2005, les émeutes au cours desquelles plusieurs établissements scolaires avaient été pris pour cible avaient donné lieu à de grandes envolées lyriques sur le thème du tout pour l’école… Prélude à une décennie où l’institution a pourtant été saignée à blanc.
Le sentiment que la classe politique fait mine de redécouvrir les problèmes de l’école à l’occasion de telles circonstances agace aussi le monde enseignant…
… Autant dire qu’il y a peu d’espoir qu’un nouveau catéchisme républicain ait de quelconques effets sur un terrain scolaire aussi dégradé.
Point aveugle de la refondation de l’école lancée par Vincent Peillon en 2012, la mixité sociale à l’école, pour laquelle rien n’a été vraiment essayé hormis un retour à une plus stricte application de la carte scolaire, dont on sait à quel point elle n’empêche pas l'évitement scolaire et les phénomènes de ghettoïsation, a été renvoyée par Najat Vallaud-Belkacem à un « état des lieux » qui devra être réalisé au cours de l’année à venir…
Lequel donnera lieu sans aucun doute à un nouveau rapport...

… Comme le rappelle le Conseil national d’évaluation du système scolaire dans une note publiée ce 22 janvier, «plus les écoles sont ségréguées socialement et ethniquement, plus les problèmes de santé des jeunes, leur consommation de stupéfiants, les incivilités, les maternités précoces, l’intolérance vis-à-vis de l’étranger ou plus généralement de l’altérité, la difficulté à dialoguer et à travailler avec des jeunes de milieux sociaux et culturels différents… progressent. Les écoles ghettos créent de plus des dynamiques d’apprentissage négatives qu’éclairent aujourd’hui les statistiques scolaires». Ainsi, «les résultats scolaires des élèves issus de l’immigration se sont dégradés durant la dernière décennie et l’écart de performance entre les jeunes autochtones et les immigrés de la seconde génération est supérieur, en France, à celui observé dans les autres pays de l’OCDE», précise la note.
[ Apprentissage de la citoyenneté dans l’école française : un engagement fort dans les instructions officielles, une réalité de terrain en décalage -  CNESCO - Conseil National d’Evaluation du Système SCOlaire – 13 janvier 2015 ]
Si l’école dysfonctionne, ce n’est pas en raison d'élèves aux paroles provocatrices qu’il faudrait «détecter» et «traiter», mais parce qu’elle a été notamment dévastée par des économies budgétaires opérées sur le dos des personnels et des élèves, particulièrement dans les quartiers populaires comme le rappellent depuis des mois les mobilisations pour le maintien des réseaux d'éducation prioritaire. Des zones entières du pays concentrent un chômage endémique et n'offrent que des services publics dégradés, une partie importante de leurs populations subissant un racisme structurel. La République «une et indivisible» est ainsi une formule qui se vide quotidiennement de son sens. Nous refusons donc la stigmatisation et la criminalisation des adolescent.e.s qui se dessinent aujourd’hui…

… Il est -quasiment- impossible que les jeunes de 12 à 18 ansaient échappé aux vidéos ou images circulant sur les réseaux sociaux. "Ils sont nés avec des portables ou des manettes de jeux vidéo dans la main!", ironise Alix Foulard."Sauf que là, ce n'est pas virtuel, mais bien réel."  Une fois encore, il ne faut pas en minimiser l'emprise, et ouvrir le débat. "Comme les adultes, les ados sont en capacité de supporter une certaine dose d'images choquantes", déclare Pierre Mannoni…

Il faut travailler sur la formation des enseignants. Lorsqu'un parent ou un adolescent refuse l'enseignement du fait religieux, il faut pouvoir argumenter, expliquer en quoi cela relève des missions de l'école. Si un élève brandit un tract qui présente la contraception comme un crime, le professeur ne doit pas être déstabilisé ni démuni, il doit pouvoir répondre. Souvent, devant la contestation des élèves, les enseignants s'auto-censurent et ne traitent pas certains sujets. Il faut par ailleurs réaliser un véritable travail sur la laïcité qui est perçue par certains comme anti-religieuse. Un cours de morale ne suffit pas il faut faire travailler les élèves sur des cas pratiques, concrets. Enfin, il faut apprendre aux enseignants comment réagir aux questions des élèves, et notamment à ce qu'ils voient sur internet

… En 2013, la mission sur l’enseignement de la morale laïque, installée par l’ancien ministre Vincent Peillon, faisait état d’instances de vie lycéenne «peu connues et peu valorisées, parfois perçues comme une simple obligation réglementaire», et d’une faible participation des élèves aux élections de leurs représentants (50 %). Enfin, si des projets collectifs sont mis en place pour incarner les valeurs transmises, ils restent peu nombreux et apparaissent «essentiellement dans les moments de tension», selon cette mission.
Pour réduire le décalage entre le prescrit et le réel, nombre d’observateurs insistent sur le rôle crucial de la formation des enseignants…
[ Apprentissage de la citoyenneté dans l’école française :un engagement fort dans les instructions officielles, une réalité de terrain en décalage -  CNESCO - Conseil National d’Evaluation du Système SCOlaire – 13 janvier 2015 ]


Le patrimoine cumulé des 1% les plus riches du monde dépassera en 2016 celui des 99% restants, affirme Oxfam. Etude à l'appui, l'organisation non-gouvernementale informe que "la part du patrimoine mondial détenu par les 1% les plus riches était passée de 44% en 2009 à 48% en 2014, et dépasserait les 50 % en 2016"…l



… «Je suis très frappé par beaucoup de discours que j’entends, sur la magie scolaire, comme si cette institution avait le pouvoir, à part tout le reste de la société, de créer les conditions pour que s’épanouisse un véritable esprit républicain !  Mais nous avons affaire à des jeunes qui n’ignorent pas que pour un grand nombre d’entre eux, ce qui les attend à la sortie de l’école, c’est le chômage ! Problème majeur. Nous avons affaire à une jeunesse sans perspective sociale. On peut difficilement attendre qu’ils aient une attitude enthousiaste et positive à l’égard d’une institution scolaire supposée les préparer à cet avenir».
«L’incantation ne fait du bien qu’à ceux qui la prononcent, ceux qui l’écoutent n’en retirent pas grand-chose ! Sortons des incantations ! C’est très bien de louer l’esprit républicain et la laïcité, mais il faut prendre le problème très concrètement : comment fait-on pénétrer cet esprit dans les établissements scolaires ? …
… Comment donner aux enseignants les moyens d’être des interfaces efficaces entre cette pression de l’information qui nous assaille de toutes parts avec ce qu’elle suppose de connaissances pour être déchiffrée, et des élèves très démunis et portés qui plus est à mettre systématiquement en doute la parole institutionnelle, d’autant plus que leur situation sociale les fait se sentir exclus de la société»…

Le voisin avec qui nous partageons rues, structures publiques, écoles et lieux de travail était hier encore un lointain étranger. Une proximité déstabilisante, puisque nous ne savons pas à quoi nous attendre. Et, à l'inverse de ce qui se passe dans la dimension virtuelle et sur les réseaux "sociaux", il n'est pas possible de supprimer ou d'ignorer d'un clic des différences presque trop réelles, inconciliables avec notre point de vue.
Les réponses que nous avons concoctées jusqu'ici se sont révélées un échec. Un multiculturalisme superficiel, une fascination pour la diversité ont envahi nos vies, qui se traduisent par un goût de la cuisine ethnique ou des festivals du dimanche, de simples flirts avec un brin d'exotisme. Des variantes du consumérisme mondial au temps de Facebook
… Nous vivons sur un terrain miné, sans pouvoir prévoir les prochaines déflagrations…

Quand j’entends qu’on va "transmettre des valeurs", je bondis : les valeurs - comme d’ailleurs, les savoirs - ne se transmettent pas, elles se construisent. Je ne joue pas sur les mots : l’idée de transmettre porte en elle le cours traditionnel. L’enseignant parle depuis son estrade, les enfants écoutent et doivent mémoriser ce qu’on leur dit. Ce serait catastrophique, car comme le disaient les pionniers de l’école de la IIIe République, on n’apprend pas "la France par cœur mais avec le cœur"

… Après le temps de la mobilisation pour défendre la liberté d’expression en France suite aux tragiques attentats de la semaine dernière, doit venir le temps de l’introspection sur une société française capable de générer en son sein, sur son territoire, par des jeunes grandis dans ses écoles, de telles atrocités …
… ces heures d’enseignements, intégrées le plus souvent à l’histoire-géographie ne sont pas toujours dispensées dans leur totalité. Ces heures peuvent servir notamment à achever la couverture des programmes scolaires dans d’autres matières …
[ Apprentissage de la citoyenneté dans l’école française :un engagement fort dans les instructions officielles, une réalité de terrain en décalage -  CNESCO - Conseil National d’Evaluation du Système SCOlaire – 13 janvier 2015 ]


Mais que faut-il en attendre sachant que notre pays est celui qui, en Europe, formalise le plus et consacre le plus de temps à l’instruction civique et la vie démocratique à l’école selon le CNESCO ? Et que ces instructions restent surtout des vœux… pieux.
L’instruction civique est une discipline chez nous. La France est même le seul pays européen dans lequel cet enseignement concerne les niveaux et avec des moments bien définis…
Ma conclusion: il n’y a pas de message plus délétère que de ne pas faire ce qu’on dit. Les ministres, les cadres de l’éducation nationale, les politiques et les observateurs se paient souvent de mots sur le rôle de l’école dans notre démocratie. Il faut regarder ce qui se fait concrètement dans les classes et en tirer les conclusions…

… Mais voilà qu'avec la crise, avec la compétition sociale pour l'emploi, même ceux qui ont réussi à décrocher un CAP ou un BEP se retrouvent massivement au chômage. Eux sont 120.000, 17% d'une génération. Et au total, ce sont 200.000 jeunes chaque année, soit presque un tiers d'une génération, qui se trouvent peu ou prou exclus du monde du travail. Et qui sont ces "mauvais" élèves de notre école républicaine, elle qui prétend pratiquer l'égalité des chances, récompenser le "mérite" des uns et des autres sans distinction de naissance, sans privilèges ?
Ils sont massivement issus des milieux les plus modestes, comme le rappelle la sociologue Marie-Duru Bellat …
"J'ai traversé cette incroyable période d'angoisse quand votre ado rentre en classe de seconde. On est pris d'une telle fébrilité, plongé dans mille démarches, calculs, qu'on en oublie tout le reste

… A l’évidence,malgré la «rénovation pédagogique» des années 1970, tentée par la droite, malgré les efforts de la gauche au pouvoir en 1981, malgré la loi révolutionnaire de 1989, abandonnée par ses auteurs et leurs amis, malgré le constat en 2012 de la nécessité de refonder l’école, malgré les travaux des mouvements pédagogiques et même des groupes d’experts du parti au pouvoir, rien n’a changé au fond…
Nouvelles audiences, nouvelles commissions, nouvelles concertations, nouvelles grandes déclarations sur les valeurs et les finalités… pour aucun changement possible sans courage politique et sans ruptures, sans recherche de mobilisation de la Nation autour d’une autre école. Dans 20 ou 50 ans, les participants à des colloques sur l’école si …

   A défaut de "hussards", noirs, quelques "grognards", grognons ...
… il ne s’agit pas de savoir «comment» parler aux élèves des crimes abominables commis les 7, 8 et 9 janvier. Il ne s’agit pas d’analyser et de comprendre les réactions de certains élèves, fermés à toute empathie, ou justifiant des actes terroristes. Ce temps là est déjà dépassé. Il s’agit de penser à ce que leurs enseignants leur diront demain, et les jours qui suivront….
… On ne peut plus laisser les enseignants seuls face à cette faille, ce fossé – culturel, social, religieux – qui se creuse entre une partie de nos enfants et les autres. On ne peut plus cacher la poussière sous le tapis, afficher une «charte de la laïcité» dans les couloirs en pensant que ça fera le boulot.
Cacher la poussière sous le tapis. Oui: car ces trois dernières années, deux rapports ont décrit de manière détaillée des situations alarmantes et similaires …

C’est le résultat d’une politique pourrie qui a cru que l’intégration se ferait toute seule, que l’école réussirait à faire partager les valeurs de la République alors qu’on a laissé des collèges ghettos se constituer. Pour protéger l’entre soi qui arrange tout le monde»…
… il demeure que l’élève imaginaire de l’Ecole républicaine est un enfant docile, conforme à ses attentes et ses valeurs, une sorte de mini moi des enseignants. Cet idéal reste très vivace, pour ne pas dire central, dans la culture scolaire française.  Il expose les éducateurs à bien des déconvenues.
La seule personne qu’il faut virer de l’école c’est cet élève imaginaire qui fait considérer à trop d’enseignants que les enfants ne sont jamais assez bien pour eux…

des centaines de portraits d’enfants non identifiés, aux visages généralement maculés de sang, sont projetés sur quatre écrans afin que des parents ou voisins puissent les identifier et se recueillir sur leur tombes numérotées dans le cimetière voisin.
A tuer des enfants que peut-on espérer sinon plus de deuils, de haine et de violence ?


L'histoire (tarabiscotée mais d'autant plus significative) des «devoirs envers Dieu» dans les programmes de l'école primaire publique commence en 1882 et dure jusqu'au régime de Vichy .
Les débuts eux-mêmes sont quelque peu étranges. Lors de la première discussion au Sénat de la loi de 1882 sur l'obligation scolaire et la laïcité des écoles primaires publiques, le sénateur républicain (et spiritualiste) Jules Simon propose dans un amendement d'introduire les «devoirs envers Dieu et envers la patrie». Cet amendement est refusé par Jules Ferry : «on ne vote pas Dieu dans les assemblées !»

... Smartphones, iPad et iPod interdits. Les PDG du secteur des nouvelles technologies veillent jalousement sur leur progéniture en prenant soin de la protéger des sirènes numériques ...
"Vos enfants doivent adorer l'iPad " avais-je lancé à Steve Jobs, en essayant de changer de sujet. La première tablette d'Apple venait d'être lancée sur le marché. "Ils ne s'en sont pas servis, m'a-t-il répondu. Nous limitons l'utilisation de la technologie par les enfants à la maison."
Depuis lors, j'ai rencontré un certain nombre de PDG de la Silicon Valley qui m'ont tenu le même discours. Ils limitent strictement le temps d'écran de leurs enfants, interdisant souvent les gadgets électroniques les veilles d'école et fixant des limites très strictes les week-ends.
Ce mode d'éducation m'a laissé perplexe. La plupart des parents que je connais semblent adopter la stratégie inverse : ils laissent leurs enfants se plonger nuit et jour dans la lueur des tablettes, des smartphones et des ordinateurs. ..
... Si ceux qui évoluent hors de l'univers high-tech offrent des smartphones à leurs enfants dès l'âge de 8 ans, nombre de parents qui travaillent dans les nouvelles technologies attendent que leur enfant ait 14 ans. Et il existe une règle universelle parmi les parents high-tech que j'ai interrogés. "La règle numéro un, c'est: pas d'écrans dans la chambre. Un point c'est tout" .

Une armée secrète de gentils pédagogues attend-elle que les écoles ferment
pour permettre aux enfants des quartiers populaires de faire leur miel des pédagogies actives?
Les enfants, une fois les écoles fermées, se mettront tous à vouloir davantage apprendre?
Et bien sûr, tous les parents sauront se saisir de cette merveilleuse opportunité
de devoir apprendre à lire, écrire, compter, raisonner à leurs enfants …

… Chaque privatisation, par définition, ouvre un marché.
Cela vaut pour les autoroutes autant que pour l’école.
La privatisation de l’éducation constituera une manne exceptionnelle pour le capitalisme.
C’est ainsi qu’il attend son heure, patiemment, et que nous allons assurément vers la généralisation d’un business de l’éducation, qui rend notre discussion déjà caduque… 
Balivernes ! Si le TTIP voulu par les multinationales passe, toutes les normes et les acquis européens en matière de protection sociale, environnementale et sanitaire risquent de sauter. Les emplois dont il est question, à quelles conditions sont-ils créés ? Vu les prémices, il n'y a pas de quoi être optimiste...

… En Espagne, 18,2 % des enfants de moins de dix ans sont en permanence gravement sous-alimentés. En Angleterre, à Berlin, il y a des exemples où des syndicats d'enseignants organisent des collectes parce que les enfants ont faim.
La démocratie peut disparaître en Europe…

…A l’évidence, on n’a pas tiré les leçons de l’abandon de la loi révolutionnaire de 1989. Pas une larme, même pas chez les auteurs de la loi et leurs amis. Et jamais la moindre référence à cette loi, comme si l’on en avait honte
… On n’a toujours pas compris en haut de la pyramide EDNAT, que hormis quelques héros et militants pédagogiques, le projet d’école et le socle sont dans les tiroirs, car il est impossible à un enseignant de mettre en œuvre un socle et une tonne de programmes disciplinaires juxtaposés, prioritaires, sauf à ne plus faire l’école et à ne faire que de la paperasse…
… On a dit à MM. Darcos et Chatel que tout allait bien, on leur a dit que tout le monde avait compris et appliquait : les 4 jours, les nouveaux vieux programmes de 2008, la formation remplacée par une vague animation, l’aide personnalisée (un scandale), les évaluations (une maladie), les feuilles de route, les contrats unilatéraux de progrès, les injonctions… On dit la même chose aux ministres de gauche. Il suffit de retourner une demi-manche de sa veste …

"Les-Rythmes"
… Cependant, devant l’impasse dans laquelle le Ministère de l’Education Nationale n’en finit pas de se fourvoyer, en toute indépendance et sans rechercher le moindre avantage personnel,
j’ai décidé de vous écrire une longue lettre, susceptible de vous apporter un éclairage sans fard sur la réforme des «rythmes scolaires», incroyablement bâclée. Pourtant, elle était une «pièce» maîtresse du projet de «refondation de l’école»
… S’agissant du développement et des rythmes biologiques de l’enfant-élève, il n’y a aucun expert au Ministère de l’Education Nationale… malgré les apparences…

   A défaut de "hussards", noirs, quelques "grognards", grognons ...
"Le-Redoublement"
… Les collégiens et lycéens perçoivent bien les effets négatifs du redoublement. Et pourtant, ils restent très attachés à cette pratique. Près de 70 % sont opposés à sa suppression
… L’attachement au redoublement est encore plus prononcé chez les lycéens, qui peuvent y voir une stratégie d’orientation, un moyen de retenter sa chance quand on n’a pas obtenu la filière demandée. Les trois-quarts d’entre eux souhaitent que le redoublement soit conservé, contre les deux-tiers des collégiens…
… Pour en limiter le recours, la Rue de Grenelle sait qu’elle devra aller à contre-courant de l’opinion.

Le redoublement coûte cher. La France y consacre chaque année deux milliards d’euros, si l’on en croit les calculs des économistes de l’Institut des politiques publiques (IPP). Un milliard en primaire et au collège et un autre milliard au lycée. C’est bien plus que l’argent dépensé pour l’éducation prioritaire
… Au final, si le ministère de l’éducation nationale décidait, cette année, de supprimer totalement le redoublement – alors qu’un décret, paru en novembre 2014, prévoit de le rendre « exceptionnel » –, il ne pourrait espérer revoir ses 2 milliards d’euros… qu’à la rentrée scolaire 2027.

supprimer le redoublement ne réglera jamais les problèmes d’un système d’éducation si on ne met pas en place des solutions efficaces pour gérer autrement la difficulté des élèves. Le cas de la France illustre d’ailleurs parfaitement la question du redoublement puisque le pourcentage d’élèves de 15 ans ayant redoublé au moins une fois a diminué entre 2003 et 2012 pour passer de 38 % à 29 %, et pourtant, sur cette même période,
l’échec scolaire a continué d’augmenter significativement. La réflexion doit donc se focaliser sur la recherche d’alternatives au redoublement…
… la réforme des Écoles supérieures du professorat et de l'éducation (ESPE) a-t-elle vraiment changé la façon dont on forme les étudiants au métier d’enseignant? Quels sont les plans qui vont être annoncés pour renforcer l’accès à la formation continue des enseignants déjà en exercice ? Les primes pour les enseignants en zone prioritaire ont-elles exercé un effet positif pour inciter certains d’entre eux  à choisir de travailler dans ces zones ?..


… "Le mariage, les enfants, un salaire et une maison sont les marqueurs traditionnels de l'âge adulte.
Prenez un effondrement économique qui touche particulièrement les jeunes, associez le avec une culture toujours plus grande d'individualisme et de narcissisme, et vous aurez comme résultat une disparition progressive de ces marqueurs"…
… "d'après nos observations, un quart des millenials ne se seront jamais mariés lorsqu'ils auront atteint le milieu de leur vie.
Ce sera la part la plus haute jamais observée dans l'histoire moderne." …
It’s complicated : the social lives of networked teens(disponible gratuitement en anglais, en attendant une traduction en français) veut expliquer aux parents ce que font concrètement leurs enfants sur Internet, s’attachant à démonter plusieurs fantasmes et à nuancer les risques les plus couramment évoqués (cyberaddiction, perte d’identité, disparition de leur vie privée, harcèlement, mauvaises rencontres).
It’s complicated, du nom d'un statut Facebook, illustre toutes les facettes de cette vie en ligne qu’ont
ces adolescents aux yeux rivés sur leur smartphone

Comme pas un collègue n’est prêt à consacrer son temps au maintien en vie du parc informatique, notre bahut fait appel à une société privée (hum, hum) qui, pour un tarif pas spécialement bon marché, règle les soucis les plus urgents, laissant les très urgents s’accumuler dans un coin.
Imaginons que, par-dessus ce joyeux bordel, on équipe les élèves de tablettes

… Cette consommation accrue n’isole donc pas les collégiens. Cependant, son impact négatif se ressent en ce qu’elle rogne le temps de sommeil chez les adolescents. Ceux qui utilisent un ordinateur dorment moins longtemps (8 h 06 vs 8 h 50), de même ceux disposant d’un téléphone portable équipé d’Internet (7 h 59 vs 8 h 44) ou encore ceux regardant la télévision le soir dans leur chambre (8 h 16 vs 8 h 48). À l’inverse, les collégiens qui lisent dorment plus longtemps que les autres : 8 h 52 vs 8 h 28. Le sommeil apparaît ainsi en compétition avec l’utilisation des divers outils électroniques et audiovisuels disponibles dans la chambre.
Internet ouvre aussi un débat sur son impact potentiellement négatif sur la vie sexuelle des jeunes…

… Pour un jeune enfant, aller chercher le pain pour la première fois est une victoire terrible ! Si dans le même temps on lui met une puce GPS, c'est ce qu'on appelle dans notre jargon une injonction paradoxale. C'est comme lui faire porter un bracelet électronique. La question, c'est : qu'est ce qui angoisse les parents et les pousse à adopter ce genre de solutions ?..
… Se greffent là-dessus les nouveaux outils et les réseaux sociaux, qui démultiplient la force de frappe du X. Equipés dès la sixième des smartphones usagés de leurs géniteurs, les garçons s'envoient des vidéos par Bluetooth, se connectent sur les sites et font circuler des photos grâce à Twitter ou Instagram…
… Les copains du garçon sont venus dire à la jeune fille : «Soit tu nous fais la même chose, soit on diffuse les images.» Les filles sont toujours à la merci d'un portable dégainé par un petit ami indélicat, dans une soirée bien arrosée ou au sortir de la douche…

Un "tsunami porno", voilà comment Christian Spitz (3), le Doc de Fun Radio, qui a repris le micro de son émission mythique en août 2013, décrit aujourd'hui le paysage. "Le X est devenu pour les jeunes un passage obligé", observe-t-il après vingt ans d'antenne libre. Selon une enquête récente de l'Association française de promotion de la santé dans l'environnement scolaire et universitaire, un tiers des consommateurs de sites pornographiques sont des ados, parmi lesquels 75 % ont moins de 12 ans

la séduction du modèle californien alternatif, qui aux «existences d'automates zombies des cadres d'entreprise» substituait le travailleur nomade, libre et rebelle, sorte de cow-boy des autoroutes de l'information, n’a rien perdu de son attrait, en particulier auprès des jeunes générations qui associent l’entrepreunariat à une discipline de développement personnel et à un parcours d'accomplissement de soi:
«Je pense qu’on vit encore dans l’ombre de l’idéologie de la nouvelle économie, celle selon laquelle les individus sont supposés être des entrepreneurs, laisser derrière eux les institutions afin d’explorer leur propre créativité, devenir des citoyens émancipés et changer le monde»
… L’économie numérique et sa capitale mondiale, la Silicon Valley, se sont tournés vers une relecture plus cynique et tacticienne des mythes des pionniers

Loin de bouleverser les hiérarchies sociales, comme l’ont tant proclamé Wired et les prophètes du réseau,
l’expressivité connectée des engagés de l’internet a sans doute
plus transformé les modalités d’exercice de la domination que la composition sociale des dominants
  Pouce !


"Les-Devoirs-à-la-Maison"
Au beau milieu du très médiatique "débat" sur les notes, la parution du dernier Pisa à la loupe, consacré aux devoirs, est passée totalement inaperçue. Pourtant, le rapport comporte quelques données intéressantes et parfois inattendues…
… La France fait partie des pays où la variation du score en fonction du temps consacré aux devoirs est parmi les plus importants, bien au-dessus de la moyenne de l’OCDE, puisqu'une heure de devoirs hebdomadaire en plus se traduit en France par une amélioration conséquente de 13,4 points. [Curiosité : au Monténégro, chaque heure de devoirs en plus se traduit par une baisse de 7 points !]…
[ Les devoirs entretiennent-ils les inégalités en matière d'éducation ?PISA à la loupe – décembre 2014- pdf ]

"Les-Notes"
…Le débat est très clivant. Du coup, cette conférence présidée par le physicien Etienne Klein et qui formulera ses recommandations à la ministre en janvier a d'ores et déjà annoncée que l'idée de remplacer les notes ne ferait pas partie de ses recommandations. "La question du système de notation est un faux problème. Il n'y aura donc pas de suppression des notes. Par contre le jury recommandera "une évaluation plus riche"," a til dit. Ouf. Grand soulagement au premier rang de la classe. L'annonce est une façon habile d'éteindre le début d'incendie et surtout d'éviter l'écueil de tomber une fois de plus dans un débat caricatural et stérile.
Bien joué pour l'instant.
Le sujet néanmoins reste sur la table…

·  … le système éducatif prépare mal les élèves à réussir leur vie (67%) et qu’il les a eux-mêmes mal préparés à intégrer le monde professionnel (53%).
·  Les Français ont le sentiment que la qualité du système éducatif a été dégradée par les réformes de ces cinq dernières années (68%), et que sa fragilité est plutôt à chercher au niveau du primaire (38%) ou du collège (40%) qu’au lycée (13%) ou dans l’enseignement supérieur (7%).
… les personnes les plus jeunes gardent visiblement un souvenir plus négatif de l’enseignement reçu au collège: parmi les moins de 30 ans, 50% désignent le collège comme point faible du système éducatif, quand des proportions équivalentes citent le primaire (16%) le lycée (17%) et l’enseignement supérieur (15%)
[ chaine parlementaire (LCP-AN) déc. 2014 « L’école permet-elle encore de réussir en France ? »-Institut Montaigne - sondage Harris Interactive ]

… Et si les 15 % de jeunes qui ânonnent encore en fin d’école primaire avaient tout simplement manqué de temps pour apprendre à lire ? C’est la thèse que défend Bruno Suchaut, directeur de l’Unité de recherche pour le pilotage des systèmes pédagogiques (URSP) suisse et professeur à l’université de Lausanne. Son article, qui sera publié prochainement dans une revue scientifique, pourrait offrir une aide précieuse à la «priorité au primaire» promise par les ministres successifs de l’éducation – et le chef de l’Etat, François Hollande – mais jamais concrétisée
La volonté politique suffirait. Mais aujourd’hui, les quelques maîtres supplémentaires arrivés dans les classes sans contrat précis risquent fort de ne pas permettre d’augmenter ce temps réel d’apprentissage …

l'école doit donner envie d'apprendre, apprendre à innover et à créer. Les auteurs américains évoquent les 4 C : créativité, communication, collaboration, (esprit) critique. Les traits de caractère font ainsi partie du champ de l'apprentissage, Poltov appelle ainsi à une école qui doit savoir nourrir la persévérance. Quand la recherche nous montre que 43 % des métiers d'aujourd'hui seront automatisés d'ici vingt ans, et que 65 % des actuels élèves de maternelle exerceront des métiers qui n'existent pas, on se dit que l'école doit préparer à l'incertitude

Le débat en cours sur les notes et leur éventuelle suppression suit la recette classique du bon débat bien ringard sur l'école qui se reproduit chaque fois qu'un nouveau sujet est mis sur la table. Nous vous fournissons la recette pour le reproduire à volonté …
… Il est plus compliqué de débattre sur comment améliorer l’école –par exemple en évaluant mieux pour faire progresser les élèves– que de lancer un débat «pour ou contre la suppression des notes». Donc optez pour le deuxième. Surtout quand on sait pertinemment que ces notes, elles, ne seront jamais totalement supprimées étant donné que le bac reste un examen noté et que le lycée vit dans l’attente du bac. Bref, c’est le tour de magie à appliquer au débat scolaire: un coup de baguette et toute réflexion devient opposition binaire.
On l’a vu avec le redoublement …
Où est le problème si la soupe est bonne, ou pas trop mauvaise pour ce que l'on croit être la majorité de nos concitoyens? A fortiori pour les enfants de journalistes et de politiques– à savoir ceux qui régissent les débats? Notre repère c’est notre école et celle de nos enfants… Et, nous qui prenons la plume ne sommes pas ceux qui avons rencontré de gros problèmes scolaires…
 

 

"REP-ZEP-Quartiers-Défavorisés"
qui peut croire que 48,6 % d'enfants sous le seuil de pauvreté (données CAF) ne sont pas une priorité ? Voici un autre indicateur qu'on ne peut négliger. Certes, il y a plus de pauvreté ailleurs mais 48,6 % n'est-ce pas déjà trop ?
Quand on sait la levée de boucliers qu'il y a eu quand les professeurs de classes prépa ont été sollicités pour répartir les moyens vers le niveau d'enseignement le moins bien doté... aujourd'hui, ce sont les zones d'éducation prioritaires qui se partagent entre elles les moyens. Cela affecte considérablement le discours de l'augmentation du budget de l'éducation car on a l'impression de gérer ce paquebot à moyens constants à côté des milliards du pacte de responsabilité…
… Bref, on tue dans l’œuf la volonté de refondation puisqu’au final on s'occupe des conséquences de la difficulté scolaire sans s'attaquer au moment où elle se forme : dans les premières années de la scolarité…

… Reste qu’à l’échelle des trente académies, la pression démographique, avec plus de 20000 enfants supplémentaires attendus sur les bancs de l’école, continuera d’absorber pratiquement la moitié des emplois dans le premier degré (1062 sur 2511). En collège et lycée, où 30000 élèves de plus sont prévus, le changement de cap reste difficile à discerner : la répartition des 2 528 emplois ne distingue pas les dotations au titre de la démographie de celles liée au contexte socio-économique…
On saura au printemps, à l’annonce des fermetures et ouvertures de classes, si le nouveau modèle, qui promeut la solidarité des territoires, est transposable de la théorie à la pratique. Une échéance qui s’annonce d’autant plus compliquée qu’auront lieu, dans le même temps, les élections territoriales…

… la ministre de l’Education a indiqué que les collèges concernés bénéficieraient d’une «clause de sauvegarde négociée avec chaque établissement, pour que le nombre d’enfants par classe reste bas, et une indemnité sera versée pendant trois ans aux enseignants [les profs en ZEP touchent une prime ndlr]»….
… Dans la mesure où les objectifs assignés à l’éducation prioritaire ne sont pas clairs, il est très difficile de tirer un bilan. En fait, tout dépend de ce qu’on attend d’une politique publique : qu’elle corrige des inégalités, ou qu’elle transforme le système ? La quantité ou la qualité ? Mais il est certain que les ZEP ont limité la casse par rapport à la dégradation socio-économique observée dans les bassins d’habitat où se trouvent certains établissements…

Définir des simples zones géographiques où le ministère donnait plus de moyens, comme c’était le cas dans les premières années, s'était avéré inefficace. L’effort a alors porté sur le développement d’une pédagogie différente, mieux adaptée, et sur le recrutement de professeurs volontaires…
… A y bien comprendre, c'est à la mesure du public accueilli que l'argent devrait être débloqué. Compte-tenu des disparités entre les centre-ville et leurs périphéries, cela promet de nouvelles manifestations.

CAPE : Convention Académique de Priorité Educative.
Retenez bien ce nouvel acronyme. L’Education Nationale en est friande. Il est promis, comme les autres, a un brillant avenir d’au plus 3 ans. Il sera vite chassé par un autre,l’important est ici d’enrober un cache-misère dans un emballage sémantique donnant l’illusion du dynamisme



... 60 000 postes pour l’école à l’horizon 2017. A la moitié du quinquennat, le ministère de l’éducation nationale reconnaît en avoir créé 3 856 dans l’enseignement public (2 906 dans le primaire et 950 en collèges et lycées).
Il s’agit là de vrais postes, d’emplois de titulaires, pérennes, à temps plein devant les élèves – quand l’essentiel des créations faites depuis 2012 concerne des stagiaires
Or, depuis 2012, il n’y a pas de miracle. Le recrutement des stagiaires est savamment calibré pour compenser les départs en retraite des professeurs, à peine plus. La préoccupation n’est ni d’offrir des moyens d’enseignement sur le long terme aux 12,3 millions d’élèves ni de réellement transformer l’école primaire, comme promis. Il s’agit plus de jouer les artifices pour faire du chiffre sans grever les finances publiques que de réinventer une école capable d’enseigner à tous à lire, écrire et compter… 
… Vous nous expliquerez à grand renfort de tableaux et de statistiques qu'il y a plus misérables que nous. Nous nous rejouissons qu'un grand nombre d'etablissements dont les difficultes n'étaient pas justement reconnues fassent leur entrée en REP, mais nous refusons le chantage qui consiste, à moyens constants, à prendre aux pauvres pour donner aux plus démunis.
Quand on sait que les efforts consentis pour l’éducation prioritaire ne peèsent que 2 % de votre budget, les mots « équité », « justice sociale » et « prioritaire » sonnent dans vos discours comme de simples éléments de langage

C’est une habitude à l’Education nationale: prendre des mesures qui font sens sur le papier, assez consensuelles en théorie, mais qui ne passent pas sur le terrain. En l’occurrence: modifier l’organisation de l’éducation prioritaire.
L’idée ne semblait pas poser problème lors des réflexions de la Refondation à l’été 2012…
… Aujourd’hui, l'éducation prioritaire englobe presque 20% des élèves français... avec un bilan disons, mitigé, puisque l’école française est désastreusement inégalitaire…
Reste une vraie interrogation: la péréquation doit-elle se faire entre les établissements défavorisés? Car certes on ne peut pas étendre l’éducation prioritaire à l’infini mais on pourrait aussi imaginer que les moyens, la répartition des postes (jeunes enseignants et professeurs expérimentés) soient pensés autrement. Comme le montrait la Cour des comptes en 2012, les élèves parisiens coûtent beaucoup plus cher que ceux du 93…

… L'éducation prioritaire comptera toujours un millier de réseaux (collèges et écoles de leur secteur), certains établissements entrant en ZEP et d'autres en sortant, un choix effectué par chaque académie suivant un indicateur social. De quoi faire redouter aux enseignants et parents des classes plus chargées et la perte de dispositifs de soutien des élèves.
D'autant que Paris fait partie des académies qui auront moins de réseaux, passant de 32 à 29…


"Sur les 222 écoles que comporte le Lot en 2013, ce sont plus de 179 écoles qui sont concernées par la fermeture annoncée", assurent les opposants au projet. Francetv info revient sur cette menace, qui pourrait bien toucher d'autres départements ruraux…
"On n'en est plus à l'époque des hussards noirs de la République, où il fallait sortir les enfants des champs pour les ramener à l'école", argue Guillaume Lecuivre. Pour l'inspecteur, "l'école de village, la communale à la Jules Ferry, doit forcément évoluer". Dans le Lot comme ailleurs.


"Après une classe prépa et un bac+5, j'ai travaillé dans un musée mais ensuite j'ai enchaîné les faux stages, un service civique, deux ans de chômage...Je cherchais un travail plus stable. C'est un ami enseignant qui m'a conseillé d'envoyer mon CV au rectorat de Créteil". Bonne pioche: Delphine reçoit très vite une réponse positive, puis le nom de la circonscription dans laquelle elle est affectée - "J'ai été recrutée par mail, sans jamais avoir eu une seule personne au téléphone".
Pas de formation à la tenue de classe, juste un entretien avec l'inspectrice de sa circonscription, et zou: une semaine après la rentrée, Delphine débarque dans une école d'Aubervilliers, classée REP (Réseau d'éducation prioritaire), où l'attendent 25 élèves de CE2…

ce plan défait tout le système des Espé, les écoles supérieures du professorat, en envoyant en alternance les futurs profs dès l’obtention du Master 1 (sans attendre la fin du M2 comme c’est la règle depuis 2012). Vincent Peillon avait eu à cœur de « réparer » la formation enseignante, détricotée par la droite. De ce point de vue, on ne peut qu’être surpris qu’un gouvernement de gauche emprunte à la droite en renforçant l’apprentissage dans le parcours de formation des professeurs du 93…
On le voit bien : les totems de l’Education à la française, égalité entre les territoires, programmes, concours et formation nationaux, ne fonctionnent plus. Sans le vouloir (ou pas?), avec la Seine-Saint-Denis, Najat Vallaud- Belkacem a ouvert la voie à une territorialisation de l’éducation.

Elections: Les profs sont des Français comme les autres
Pourquoi les profs seraient ils différents du reste des Français, qu’ils auraient la pêche et croiraient encore aux promesses présidentielles ? Il n’y a aucune raison. Les élections professionnelles à l’Education nationale prouvent qu’ils sont bien des Français comme les autres, désabusés à l’égard de la politique, dubitatifs face aux réformes, de plus en plus tentés par le repli sur soi. Ca ne fait pas vraiment rêver, mais c’est comme ça. 
Si l’on regarde les chiffres, deux conclusions s’imposent. D’abord, l’abstention est élevée…


Le temps du quinquennat est court: chacun sait que devenir ministre à mi-mandat, après le vote d’une loi d’orientation, et alors que dans notre pays les budgets sont triannuels corsète de toutes façons l’action publique. Donc oui: « elle » ne fera pas de grandes réformes, parce que le temps politique ne lui laisse pas d’autre choix. Le temps médiatique lui a faim: alors donnons lui de la limitation du redoublement (pratiqué depuis des années et inscrit dans la dernière loi d’orientation), de la lutte contre le décrochage (relancé tous les 6 mois depuis 10 ans), ou du plan numérique (financé par les collectivités…ça n’engage à rien).
Cette situation ne laisse pas de susciter un certain malaise: journalistes spécialisés, politiques, cadres de l’administration, nous sommes dans le même bateau:
nous faisons tous semblant.
Pertes et gaspillage alimentaires
Chiffres clés : 179g/pers/repas (collège) – 200g/pers/repas (lycée); moyenne 185g/pers/repas.
… données issues d’une campagne de pesées par l’association «De mon assiette à notre planète» menée dans 30 collèges en France (29 publics et en gestion directe et 1 privé en gestion concédée) ...
Aujourd’hui les pesticides sont partout : dans les sols, l’air, l’eau. La question de l’impact sur la santé humaine des cocktails de molécules dangereuses est posée. Sans même parler des insectes pollinisateurs qui disparaissent à grande vitesse, tandis qu’on épand toujours plus d’insecticides.
Est-il possible de restreindre la boulimie de substances chimiques dans un pays qui en est le plus gros consommateur de l’Union européenne ?..

L'échec est palpable : le plan Ecophyto de réduction de l'usage des pesticides lancé par le Grenelle de l'environnement en 2008 s'est avéré impuissant pour inverser la dépendance de l'agriculture française à la chimie, malgré une vraie demande de la société….
… Issu du Grenelle de l'environnement, le Plan Ecophyto visait à diviser de moitié, "si possible", l'usage des produits phytosanitaires aussi bien en zone agricole qu'en ville et dans les jardins.
Or le bilan 2013 publié lundi par le ministère de l'Agriculture a montré un usage en hausse de plus de 9% pour l'année

… les rues de Paris étaient aussi polluées qu’une pièce de 20 mètres carrés occupée par huit fumeurs
…  L’OMS estime que plus de 2 millions de personnes dans le monde meurent chaque année du fait de l’inhalation de particules fines
présentes dans l’air intérieur et extérieur – parmi les 7 millions de décès dus à la pollution globale de l’air…
… La lutte contre la pollution passe par l’éradication des moteurs diesel – l’une des principales sources de particules fines
– dont la nocivité a été reconnue par l’OMS dès 1988. Pendant des années, malgré les alertes, la France a subventionné l’achat de ce type de moteur.
Résultat, le pays compte le parc automobile le plus «diésélisé» au monde (61 %)


Un enfant né en 2014 a toutes les chances de connaître l'apocalypse climatique puisque, sur le siècle écoulé,
la teneur en dioxyde de carbone est supérieure à celle produite pendant 800.000 ans."
Et de prévenir :
"D'ici à 2050 il faudra réduire cet accélérateur des gaz à effet de serre de 40 % à 70 %, et les supprimer d'ici à 2100.
Le tout dans un esprit de coopération, c'est-à-dire en renonçant aux intérêts particuliers.
Autant dire une belle utopie et un défi immense à relever si l'humanité ne veut pas finir carbonisée."..

Les recommandations se succèdent aux recommandations, les rapports aux rapports, les mises en garde aux mises en garde…
… 20% des Français sont responsables de 60% des émissions. Le Cerema dresse un portrait-robot de ce "grand émetteur" :
"un homme, riche, diplômé, actif, possédant une ou plusieurs voitures, vivant dans un foyer comportant un ou deux enfants,
installé dans un territoire rural ou périphérique relativement éloigné des transports publics, des établissements scolaires et des commerces"…
… Autrement dit, plus les gens ont passé de longues années sur les bancs de l’université ou des grandes écoles,
plus ils ont tendance à se déplacer en émettant des gaz à effet de serre. En forçant le trait, on peut même ajouter que,
plus on a les moyens d’être conscients du risque que représente le CO2, plus on en émet.

… L’Europe abrite 421 millions d’oiseaux de moins qu’il y a 30 ans et la gestion actuelle de l’environnement apparaît incapable d’enrayer l’hécatombe …
déclin allant jusqu’à 90% a été enregistré chez des espèces aussi communes que la perdrix grise, l’alouette des champs, le moineau et l’étourneau…


 

… 17 des 158 millions d'enfants qui travaillent (diaporama)
Le 20 novembre célèbrait la Journée Mondiale des droits de l'enfant
et les 25 ans de la signature de la Convention internationale.
Pourtant 158 millions d'enfants de 5 à 14 ans sont actuellement au travail, obligés, forcés
et exposés à tous les dangers, selon l'Unicef.


Hors de lieux paradisiaques que les hiérarques s’empressent de montrer aux ministres en retournant provisoirement une manche de leur veste, on ne parle que de morosité, de doute, de découragement persistant, d’absence d’engagement, de souffrance au travail pour les enseignants et d’ennui terrible pour les élèves…
La succession de trois ministres pour un projet qui s’inscrit nécessairement dans la durée, et même si possible, dans un temps long qui n’est pas celui de l’électoralisme à court terme, a sans doute été un frein plutôt qu’un stimulus…
L’intoxication de l’opinion publique pour laquelle la refondation n’a pas de sens en soi, persiste et s’aggrave avec l’accumulation d’annonces et avec la tendance à se laisser entraîner dans des débats secondaires qui n’ont que peu d’intérêt, mais qui permettent toujours d’éviter les problèmes. On a commencé fort avec le temps scolaire qui a complètement occulté les vrais enjeux de la refondation. La réduction de la journée scolaire n’a aucun rapport avec la refondation. On peut toujours modifier les horaires…
Si on ne change pas les programmes, les contenus, les pratiques, les regards, on ne changera rien
   A défaut de "hussards", noirs, quelques "grognards", grognons...


"Les-Notes"
… cette étude vient rappeler, à l’heure où l’exécutif a pris le risque de politiser le débat sur l’«évaluation bienveillante» en le portant sur la place publique, que celui-ci dépasse, et de loin, la question récurrente et simpliste «pour ou contre les notes?»…
«Les notes des enseignants sont en moyenne 6,2 % plus élevées pour les filles que pour les garçons, à notes anonymes égales», écrit-elle…
… les biais de la notation ont été révélés par les chercheurs. Ils ont montré qu’à compétences égales, les enfants des milieux aisés sont mieux notés que ceux des catégories populaires. Idem des élèves qui n’ont aucun retard par rapport aux redoublants, ou des filles par rapport aux garçons.…
L’argumentaire est désormais connu : l’évaluation doit être bienveillante sans être laxiste, encourager au lieu de trier, valoriser les compétences sans renoncer aux connaissances…

"Un 4 ou un 5 sur 20, surtout pour un 'petit' de 6e, c'est quand même très violent, explique Béatrice Delandre. Trop d'enfants se démotivent et ont une très mauvaise image d'eux-mêmes parce qu'ils ont des mauvaises notes." A 11 ou 12 ans, et même plus tard, difficile de faire la différence entre ce qu'on "vaut", et les notes qu'on décroche. Supprimer les notes, une façon de se montrer bienveillant avec les élèves? "Oui, mais 'bienveillant' ne veut pas dire 'laxiste', précise la principale…

1900: «C'est une chose très digne de remarque que notre pays soit le seul, ou peut s'en faut, où les compositions et les classements ont pris dans l'éducation publique la part que nous leur accordons, le seul où la notation peut se faire sur 20. Nos usages à cet égard font sourire les étrangers et leur cause plus de surprise que d'envie».
Il est non moins remarquable que ce type de notation (sur 20 et ''classante'') apparaît comme délibérément réservé à une élite sociale (celle de l'enseignement secondaire public, alors encore payant) …
il s'agit «d'éluder l'obsession de la note presque aussi pernicieuse que l'obsession de la ''place''». Et les enseignants sont invités à abandonner «sans regret » le système de notation mis en place à la fin du XIXième siècle.

Pour ou contre les notes ? C’est en ces termes navrants que le grand débat sur l’évaluation est posé depuis quelques jours, avec ses réponses attendues et ses réactions outrées. Une fois de plus, un important débat de fond sur l’éducation est phagocyté par sa caricature en mode binaire, présenté de manière sommaire par les médias, pensé de façon simpliste par la doxa, merci la société du sondage, un clic à droite pour non, un clic à gauche pour oui, résultats dans quelques minutes
… (Et, plus trompeuses encore que les notes : les moyennes, qui portent en quelque sorte au carré les lacunes des notes, elles débouchent sur les classements, et un classement, c’est un jeu de dupes, on est toujours le con de quelqu’un)…
… il me semble que le CSP se trompe en parlant de «notation bienveillante», la note elle-même ne peut être bienveillante ou malveillante, il faut arrêter d’en faire une poupée vaudou. Ce qui est bienveillant, c’est la méthode, la démarche même du professeur, son attention portée aux élèves, à tous, notamment ceux en difficulté…

… il est peut-être trop tard pour changer le réacteur. La culture de la note irrigue l’ensemble de notre système de l’école élémentaire à l’entrée dans le monde du travail. Si l’on veut vraiment prendre cette proposition au sérieux, voyons les choses en grand: plus de notes au bac, plus de dossier scolaire à l’entrée en seconde, plus de notes dans l’Enseignement supérieur, plus de classement de sortie à l’ENA, et des concours d’entrée aux grandes écoles remplacés par des oraux «bienveillants».
Sinon rendez-vous dans six mois pour le prochain débat sur la note.

"REP-ZEP-Quartiers-Défavorisés"
Comment pouvez-vous affirmer en souriant, dans une émission de télévision populaire, que les enseignant-e-s ne travaillent pas pour l'argent ? Serions-nous des missionnaires bénévoles dans des contrées reculées et parfois exotiques ? Comment pouvez-vous présenter comme une avancée la création d'un concours au rabais en Seine-Saint-Denis ? Les élèves du 93 seraient-ils juste bons à se contenter des recalés des concours nationaux ou de contractuels recrutés via Pôle Emploi ?..

Compte tenu de sa réussite, il est bien évidemment légitime que cette politique d'éducation prioritaire s'élargisse à d'autres établissements. Mais à partir du moment où davantage de moyens sont débloqués pour cette politique par le Ministère, n'est-il pas nécessaire de la laisser en place -à défaut de pouvoir l'approfondir- là où elle commence à faire ses preuves?..

«Venez voir ici pour comprendre ce qui se passe et comment ça se passe.»
C'est ce qu'on voudrait crier à ceux qui prennent leurs décisions sans s'inquiéter des conséquences.
La situation dans les établissements scolaires comme le nôtre est très compliquée.
Le niveau de tension est très élevé

"Les-Rythmes"
«Le but est de montrer l'extrême difficulté des petites communes. L’État va baisser les dotations et ce sont les villes plus pauvres qui vont le prendre de plein fouet», a expliqué le maire EELV Michel Bourgain…
… la ville devrait perdre 750.000 euros de dotations de l’État d'ici 2017, presque 10% de son budget annuel.
A titre d'exemple, «cela représente un an de fonctionnement des centres de loisirs ou un mois de fermeture des services publics», a poursuivi l'édile, qui souhaite par son action «inciter les autres maires de France à protester».
Le collectif «Les plumé-e-s de l'austérité», composé d'élus et d'habitants de la ville, est à l'origine de plusieurs initiatives décalées et fait circuler actuellement une pétition.

Quelle que soit leur taille, la très grande majorité des communes (de 74% à 86%) déclare rencontrer des difficultés d'application de la réforme ou, pour celles qui la mettent en oeuvre en 2014-2015, anticiper de telles difficultés: dans l'ordre décroissant, problèmes de financement, de locaux, de personnel principalement.

… Critiqué par les maires, l'Etat va finalement prolonger le fonds d'amorçage de la réforme des rythmes scolaires dans son intégralité. Manuel Valls a annoncé mardi au Sénat que les aides de l'Etat seraient maintenues à leur "niveau actuel" pour toutes les communes. Il était prévu jusqu'ici de n'en conserver qu'une partie…
… Comme en 2014-2015, les mairies bénéficieront d'une aide de l'Etat de 50 euros par an et par élève (90 dans les Zones Ubraines Sensibles et Zones Rurales Revitalisées). Seule différence, elle sera versée à condition de mettre en oeuvre des activités périscolaires de "qualité"

«Une politique dépourvue de tout ce qui la rend souhaitable», écrit Morozov. Plus spécifiquement, «des humains ayant perdu leur capacité innée de raisonnement moral », «des institutions culturelles moroses - si ce n'est moribondes»... Et surtout:
Un environnement social parfaitement contrôlé, qui rendrait toute contestation non seulement impossible, mais également inconcevable…
Le citoyen doit être visible, performant, contrôlable. Alors que les grandes entreprises maîtresses des data, le gouvernement et les institutions ne sont pas astreints à cette transparence…

Selon une enquête du ministère de l'Education nationale, un collégien sur cinq dit avoir été victime d'insultes, humiliations ou menaces via Internet ou SMS.
… "Le plus souvent, le motif premier d'agression est la vengeance, ou le désir de renforcer sa popularité. Si l'agresseur passe à l'acte, c'est parce qu'il sait qu'il bénéficie d'un public. Nous parlons aujourd'hui du chiffre d'un collégien sur cinq qui se dit victime de 'cyberviolence'.
N'oublions pas tous ceux qui ne participent pas directement à l'agression, mais qui l'ont vue, sue.
La majorité de la population collégienne est donc directement ou indirectement affectée par le phénomène. D'où l'importance, en tant qu'adulte, de faire comprendre à son adolescent qu'il doit oser intervenir quand il est témoin. Qu'il ne s'agit pas d'être une balance, mais que cela relève de sa responsabilité. Pour se protéger et protéger l'autre." …

… Il suffit généralement d’utiliser quotidiennement un smartphone pour prendre la mesure de ce que peut être l’addiction. Et il suffit d’observer le comportement compulsif des plus jeunes avec ces outils de communication pour se poser quelques sérieuses questions …
… L’analyse montre que l’usage du smartphone et le «texting-SMS» sont corrélés de manière négative aux critères de réussite scolaire. Ils sont en revanche corrélés de manière positive à l'anxiété. Or il est par ailleurs établi que statistiquement la réussite scolaire est inversement associée aux différentes manifestations de l'anxiété. Les résultats établissent ainsi, avec un fort degré de signification statistique, que l’augmentation de l’usage des smartphones est inversement proportionnelle au bien-être et aux performances universitaires

… Les auteurs ont besoin d'un auditoire, de spectateurs pour leur violence. Ils veulent se venger ou acquérir un statut social au sein d'un groupe. Ils cherchent donc des témoins pour faire du «buzz» et gagner des «like», afin d'asseoir leur popularité…
… Mais selon mes propres études,c'est plutôt 42 % des jeunes qui sont atteints au moins une fois dans l'année. Et près de la moitié d'entre eux sont à la fois victimes en ligne et dans la cour d'école. La majorité de la population collégienne est concernée par le phénomène, en tant qu'auteur, témoin ou victime…

Plus jamais sereins. 18% des collégiens déclarent avoir été insultés, humiliés ou victimes d'actions dévalorisantes via Internet ou téléphone portable, pointe une étude de la Depp publiée ce jeudi. La plupart du temps, ils sont déjà victimes de brimades dans la cour de l'école, soulignent ces statistiques élaborées par le ministère de l'Education nationale pour l'année 2013…
… Pour les jeunes, les médias sociaux sont un prolongement de leur vie sociale.
Ils ne font pas la différence entre 'cyber' et 'pas cyber'." …

… Les films et vidéos dévalorisants sur Internet sont envoyés à l’élève concerné (43 %) ou à un groupe d’élèves de la même classe (26 %), mais encore plus souvent en dehors de la classe (36 % à des élèves du collège), ce qui participe à une diffusion massive des insultes
Un collégien sur cinq concerné par la « cyber-violence  - DEPP - Note d’information n° 39 – nov. 2014 ]
 

La Silicon Valley n'a jamais autant généré de richesses. Plus, toujours plus de fortunes rapides. Plus d'inégalités également. Depuis plusieurs années déjà, le nombre de sans-abri grimpe à mesure que les loyers augmentent…
une soixantaine de camps de "homeless" se sont développées, cachés derrière les échangeurs d'autoroute et les sièges de multinationales de la high-tech …

… la Silicon Valley compterait une cinquantaine de milliardaires, et une dizaine de milliers de millionnaires.
Et de plus en plus de pauvres, aussi. Depuis deux ans, le nombre de homeless a grimpé de 8%, l'un des plus mauvais chiffres enregistrés aux Etats-Unis. Autour de San José, il y a une soixantaine de camps de sans-abri, cachés derrière les échangeurs d'autoroute. Sans compter les SDF qui dorment dans leur voiture, chassés de leur appartement par la hausse des loyers. Depuis trois ans, l'immobilier a explosé …
… Les libéraux vantaient l'effet trickle down - l'effet "ruissellement" de la croissance, l'argent des riches boostant l'économie, et donc bénéficiant aux plus pauvres...
Les "nouveaux aristocrates"
Dans la Silicon Valley, le "ruissellement" a été radioactif, rayant progressivement la classe moyenne de la carte et aspirant les plus fragiles vers le fond. C'est l'application grandeur nature du best-seller de l'économiste Thomas Piketty "le Capital au XXIe siècle", sur l'explosion des inégalités. Et l'émergence d'une classe de "super-cadres", oligarchie dominante dans un peuple de gueux. Retour à l'Ancien Régime ?..

J’ai 24 ans, je suis développeur et je suis frustré. C’est simple : tout au long de ma scolarité, j’ai suivi les conseils de mes profs, de mes parents, des conseillers d’orientations. Ils me disaient tous la même chose : «Va dans l’informatique, il y a du travail.»Mais moi, du travail, je n’en trouve pas

«Vos élèves lisent beaucoup trop» a déclaré la principale d’un collège à l’une des professeures de lettres de l’établissement…
... c’est le boulot de l’école. Une école qui ouvre l’esprit. Pas une machine à évaluer et à faire passer des examens. Et trouver que la lecture est élitiste, que cette pratique culturelle est réservée à certains et pas pour tous, c'est ça qui est élitiste…

  Pouce !


« Do schools kill creativity ? » (les écoles tuent-elles la créativité ?) : la question a été posée aux quelque 1800 participants de cette sixième édition du WISE, venus d'une centaine de pays. Le résultat est sans appel :
66 % ont répondu par l’affirmative
« A 4 ans, un enfant pose une centaine de questions par jour. A 7 ans, il commence à comprendre qu’il vaut mieux savoir répondre aux questions plutôt que d’en poser. »
 

Si le budget de cette fastueuse opération reste un secret bien gardé - "de l'ordre de plusieurs millions d'euros"
sait-on seulement -, la richissime Qatar Foundation semble ne pas compter pour organiser le sommet.
Elle a ainsi entièrement financé le déplacement de 400 personnes "qui n’auraient pas pu venir autrement".
Se faire une place au soleil de la connaissance n'a pas de prix...

A l’occasion des 25 ans de la Convention internationale des droits de l’enfant célébrés jeudi, Jamais sans toit a appelé à des occupations et à diverses actions dans une dizaine d’écoles, collèges et salles polyvalentes de l’agglomération lyonnaise. Selon un recensement du collectif, «194 enfants scolarisés sont SDF et plus de 100 non scolarisés vivent dans les bidonvilles de l’agglomération lyonnaise»… 
"Bienveillance" - "Evaluation"

Comment rendre l’évaluation scolaire «bienveillante» ? Comment faire pour qu’elle ne soit plus cet instrument de tri au service d’un système élitiste, mais le moyen de faire progresser tous les élèves sans les casser ?..
… fini l’inflation des contrôles, la profusion de notes et de moyennes. Fini, aussi, le diplôme national du brevet tel qu’on le connaît aujourd’hui, avec sa semaine d’épreuves au mois de juin.
Rien ne dit que le ministère ira dans son sens
… Moins de stress pour les élèves et leurs parents, sans doute. Sauf qu’ils ne pourraient plus miser sur les stratégies de compensation, telles que le système actuel les autorise, pour faire grimper leur moyenne générale…

Najat Vallaud-Belkacem arrive en seconde partie de mandat. La loi d’orientation a été mise en place par un autre. Il est impossible d’ouvrir de vrais dossiers aujourd’hui, vu la cote d’impopularité de François Hollande et des siens et au regard de la déception palpable des enseignants sur le terrain, face aux postes promis qui se font attendre. Alors pourquoi se priver d’un tel sujet qui, même s’il ne change pas l’école, ne mettra personne dans la rue ?

"Les-ABCD"
… Des «ABCD de l’égalité» qui ne disent pas leur nom ? On ne nie pas, au ministère, avoir «conservé la partie la plus efficace» de l’expérimentation et chercher à mettre à profit l’expertise acquise, l’an dernier, par les enseignants des 250 écoles volontaires. Une maigre consolation pour des équipes souvent placées en première ligne, face aux campagnes lancées par la militante Farida Belghoul, que Mme Vallaud-Belkacem juge aujourd’hui «discréditée», ou les partisans de La Manif pour tous.
Reste le sentiment que, sans dispositif formalisé et volontariste, sans cadre imposé, la lutte contre les inégalités pourrait bien se diluer parmi les nombreuses autres missions de l’école.
Cela fait trente ans que le combat contre les préjugés sexistes est inscrit parmi les objectifs de l’institution, sans qu’il dépasse le stade de l’injonction

Les parents balisent. Des applications permettaient déjà de scruter, depuis son téléphone portable, celui de ses  enfants. Les objets physiques se multiplient désormais pour les suivre à la trace, sous la forme d’un innocent porte-clef ourson à géolocalisation, d’un manteau connecté lancé par Gemo ou d’un bracelet électronique.
Comment ne pas faire le rapprochement avec le bracelet qui permet aux prisonniers de ne pas être enfermés derrière des barreaux ?..
… Symptômes d’un monde inquiet, «avec tout ce qui arrive», et d’un ancestral désir de surveillance rendu possible avec les nouvelles technologies, ces balises sont également un outil de discipline. «Cela participe à l’angoisse sécuritaire ambiante :
plus il existera de possibilités de surveillance, plus ce sera utilisé»…

"Les-Décrochés"
…Dans le sud de la Sarthe, la plate-forme de suivi et d’appui des décrocheurs observe une accélération du phénomène en milieu rural
… Selon l’Insee, les garçons et les jeunes dont les parents sont peu diplômés sont les plus concernés. «En milieu rural, la faible ouverture culturelle et la pauvreté économique des parents ont un fort impact», ajoute Dominique Lehuta-Gelly. Or, s’il y a encore dix ans, les jeunes sans diplôme entraient directement sur le marché du travail, les portes des entreprises leur sont désormais fermées...

seuls 5 % des décrocheurs sont des enfants de cadres contre 48 % d'enfants d'ouvriers. Le niveau de vie influe sur le décrochage scolaire car 60 % des familles touchées déclarent n'avoir pas assez de revenus pour permettre aux enfants de poursuivre leurs études, relève l'Insee.
Le décrochage scolaire frappe davantage les familles nombreuses : plus d'un quart des élèves concernés (29 %) a plus de trois frères et sœurs. Leurs mères sont généralement peu diplômées, seules 15 % d'entre elles étant titulaires d'un baccalauréat.
Enfin, les élèves touchés ont souvent rencontré un «parcours de vie difficile»
[ Les décrocheurs du système éducatif : de qui parle-t-on ?INSEE – pdf ]

"Les-Notes"
… Dans cet établissement rural qui accueille 250 enfants de milieux modestes, les notes ont tout bonnement disparu
… Et ils sont plus actifs en classe.
Bravo ! Mais quel signal envoie donc la ministre de l'Education en passant la journée dans cet établissement ? Veut-elle orienter les travaux de la conférence nationale sur l'évaluation censée lui remettre des recommandations à la mi-décembre ?
La ministre a-t-elle déjà fait ses choix ?

Donc ça a été décidé. Et contrairement à ce qu'on croit c'était une réforme venant du gaullisme, et non pas des post-soixante-huitards…
… Il y a une sorte de conflit entre la façon dont nous recrutons nos élites, en particulier les enseignants, et la volonté d'évaluer les enfants différemment…
… En France, nous nous caractérisons par le fait qu'en moyenne, nous sommes moyens.
Mais en revanche, nous sommes devant des résultats beaucoup plus inégaux et beaucoup plus sensible à l'origine sociale. Nous ne sommes pas dans une situation catastrophique, mais dans une situation plus inégalitaire. Ce qui, à mes yeux, n'est pas étonnant, car tout notre système est toujours de demander si on est le premier, le deuxième ou le dernier. Les notes font partie de ce système de classement.

Encourager ou sanctionner: c'est l'éternel dilemme et l'éternel débat, en France, depuis des années. Selon le sondage de l'APEL, 90% des parents considèrent les mauvaises notes comme anxiogènes et 75% comme un facteur déstabilisant pour l'élève. Membre du Conseil supérieur des programmes et auteur de "Ce que l'école devrait enseigner"* Roger-François Gauthier, dénonce une machine à décourager qui met en selle des élèves saturés d'évaluations et notés sans relâche. "Rares sont les exercices gratuits où l'erreur est comprise comme l'épisode normal d'un apprentissage"
[ Les Français et les notes à l’école Opinionway – APEL – nov. 2014 ]

"Globique ? Syllabale ?"
… « Dans le débat sur ''les méthodes de lecture'', la science a bon dos. Invoquée à la fois par le ministre de l'Education nationale et par ses opposants, elle semble se plier aux différents points de vue »…



"Le-Code"
… François Hollande a annoncé pour la troisième fois, en l'amplifiant, un grand plan numérique pour l'Ecole. A l'instar de François Mitterrand, une trentaine d'années plus tôt, et lui aussi à la télévision…
… dans un éclair de lucidité ou un accès de sincérité, il reconnaît que «le pari n’est pas automatiquement gagné : l’objectif sera atteint si les nouvelles technologies sont intégrées dans la pédagogie; mais, pour l’instant, aucun pays n’a réalisé cette intégration».
 On connaît la suite

… les collectivités locales vont être sollicitées, les mairies pour les écoles et les conseils généraux pour les collèges étant en charge des infrastructures, du matériel et de la maintenance. On parle de 80% du financement par ce biais, on est curieux de voir la réaction des maires notamment, lesquels ont déjà eu du mal à avaler la pilule des nouveaux rythmes scolaires. Le ministère ne paraît pas inquiet sur ce sujet, et il est prévu de créer un fonds d’amorçage pour aider les collectivités locales à s’équiper, dans un premier temps, sur le modèle de ce qui s’est fait pour l’aménagement des rythmes scolaires, avec le succès que l’on sait : inégalités territoriales massives, communes refusant d’investir dans le périscolaire, parents d’élèves mis à contribution…

… François Hollande, lors de son intervention télévisée le 6 novembre, a annoncé la mise à disposition de tablettes numériques à l’attention de chaque collégien dès la classe de cinquième. Décision qui n’aurait fait l’objet d’aucune concertation préalable avec le corps enseignant, ni d’études d’impact menées sur la durée…
Jusqu’à quand et jusqu’où allons-nous accepter que quelques milliers de personnes dans le monde, principalement composées de dirigeants de groupes économiques et d’ingénieurs, infléchissent le cours individuel et collectif de nos existences, sans que des oppositions, des digues juridiques, ou des contre-pouvoirs ne se dressent ? Il s’agit d’un combat politique et citoyen majeur de notre temps

… Car les tablettes sont principalement conçues pour «consommer» – lecture, visionnage de vidéos  – et moins pour «produire», car l'absence de clavier physique rend l'écriture de textes longs peu pratique sur ces supports. Fin 2013, le spécialiste de l'enseignement en ligne Donald Clark notait, dans un texte publié en France par Framasoft, que ni les élèves, ni les étudiants, ni les salariés ne se servent de cet outil spontanément pour apprendre ou travailler.
«Les tablettes sont faites pour consommer du contenu, les ordinateurs [portables] permettent la création de contenus.
Ce n'est pas parce que les choses sont belles …
… «Des tablettes propriétaires brident les outils et les contenus mobilisables par les enseignants. (...) Un inconvénient majeur des tablettes est la quasi impossibilité de les rendre interopérables.» Lors de la publication du rapport, plusieurs membres du Conseil avaient d'ailleurs fortement critiqué les plans d'équipement d'établissements scolaires en tablettes tactiles….

On recensait en janvier 2014 environ 76.000 tablettes en expérimentation dans les établissements scolaires (écoles, collèges et lycées) …
… la réflexion porte désormais sur l'intégration du matériel personnel des élèves au sein de l'école. Une piste qui permettrait certes de faire des économies, mais qui se heurte encore "à l'hétérogénéité du parc et les problèmes de compatibilité technique inhérents, comme à celle des moyens financiers des parents" …
… on est encore loin du compte. En effet, seulement 64% des écoles élémentaires disposent actuellement d’un débit supérieur à 512 Kb et 93% n’ont aucune ressources éditoriales en ligne mises à disposition des élèves.
Par ailleurs, le ministère prévoit de conduire une étude spécifique sur les problématiques liées à la protection des mineurs et au filtrage de contenus…
le "grand plan numérique".
Mais gare au cyber-enfumage, le ministère prévient déjà que le plan ne débutera pas avant 2016 !

Entre les statuts Facebook, les tweets et les photos Instagram postées à longueur de journée, nous passons trop de temps, tête baissée, à scruter le petit écran de notre smartphone: en moyenne deux à quatre heures par jour, soit 700 à 1400 heures par an. Et nous martyrisons notre dos …
… chacun devrait au moins faire l’effort de regarder son smartphone en adoptant une meilleure position, et en évitant de passer des heures au quotidien penché sur ces appareils.

… les membres de la classe moyenne éduquée et connectée sont nombreux à vivre aujourd'hui une «crise de l'attention». L'accélération technologique multiplie les sollicitations qui nous sont adressées et bon nombre d'entre nous sont en permanence débordés. Mais le problème réside moins dans les interruptions permanentes de l'attention au niveau individuel (le téléphone qui sonne pendant une discussion, le mail auquel je dois répondre en urgence) que dans la déformation invisible à laquelle est sujette l'attention collective.
La multiplication des sollicitations est une manière de façonner l'attention des publics et donc de définir les sujets qui comptent. Lorsque les médias enchaînent les sujets alarmistes …

  Pouce !

 
 

… Dans le 1er volet de son étude, publié en avril 2014, Georges Fotinos avait constaté une dégradation des relations entre les parents et les directeurs d'école. Dans les collèges et lycées, le constat est identique : en 2013, près de 21 % des Personnels de direction (Perdir) indiquent une dégradation dans leurs relations avec les parents d'élèves. Au cours de l'année 2012/2013, un Perdir sur deux se déclare sujet au harcèlement, quatre sur dix ont reçu des menaces et trois sur dix des insultes…

  Co-éducation ?


"Le-Redoublement"
La pratique du redoublement a considérablement diminué au cours des vingt dernières années.
La baisse concerne tous les niveaux et résulte d’une politique mise en œuvre dans toutes les académies. Cette politique a eu un effet positif sur la fluidité des parcours des élèves et leur réussite aux examens, mais cette évolution profite davantage aux milieux favorisés.
À l’échelle internationale, la France demeure l’un des pays où le retard est le plus important et où la discrimination en fonction de l’origine sociale est la plus forte.
[ n° 36 – Octobre 2014 - NOTE D’INFORMATION – DEPP/ DIRECTION DE L’ÉVALUATION, DE LA PROSPECTIVE ET DE LA PERFORMANCE ]
Article 15
Au deuxième alinéa de l'article D. 331-34 du même code, les mots : «ou de redoublement,» sont supprimés.
Le troisième alinéa est remplacé par les dispositions suivantes :
«Le chef d'établissement peut conseiller, notamment quand le conseil de classe l'a recommandé, à l'élève et à ses représentants légaux que celui-ci suive un dispositif de remise à niveau.» …
[ Décret n° 2014-1377 du 18 novembre 2014 relatif au suivi et à l'accompagnement pédagogique des élèvesJ.O. du 20 nov. 2014 ]
"Le-Programme" & "Le-Socle"
… les enseignants sont sans arrêt tentés de sacrifier les apprentissages réels des élèves sur l’autel du sacro-saint programme. Car il faut avant toute chose terminer le programme, tant pis si on laisse des élèves en cours de route, toutes les notions doivent avoir été abordées sans quoi les parents, l’enseignant lui-même et sa hiérarchie ne seront pas satisfaits…
… le livret de compétences qui servait à évaluer les acquisitions a dû être simplifié deux fois et qu’il reste terriblement jargonnant. En fait, aujourd’huimême Claude Thélot, qui avait organisé la grande consultation nationale qui avait accouché du concept, dit qu’il serait bien incapable de maîtriser toutes les compétences et connaissances du socle!..
"Le-Code"
… Selon un récent sondage Pew Research, 91% des adultes américains pensent que les consommateurs ont perdu le contrôle de leurs données personnelles et n'ont aucun moyen de savoir ce que collectent exactement les entreprises et ce qu'elles en font. Plus précisément, 80% des usagers des réseaux sociaux se disent préoccupés par l'accès que peuvent avoir des tiers aux données qu'ils y partagent.
Et ils ont raison de se faire du souci parce que, voyez-vous, des erreurs sont toujours possibles. Il arrive que des serveurs se fassent pirater, que des informations tombent entre de mauvaises mains et que la NSA conçoive des backdoors…
… Mais ils vous jurent qu'ils ne s'en serviront qu'à des fins publicitaires. Parole de scout.

…Les découvertes faites par le journaliste Martin Boudot sont à des annees lumière du monde merveilleux qu’affichent les publicités vantant les mérites de téléphones de plus en plus perfectionnés et de plus en plus chers. Pourtant, en Chine ou ailleurs, ce sont encore trop souvent des enfants payés une misère qui assurent le montage de ces produits sophistiqués...
... Apple et Samsung  seraient coupables d'après l'ONG China Labor Watch de négligences et d'exploitations d'enfants. La plupart des fabricants de produits électroniques font leur business en Chine. Les portables sont fabriqués dans des conditions de travail qui seraient jugées illégales aux USA et en Europe.
Les mines, ou plus exactement les trous, d’où est extrait le coltan (un minerai appelé «or gris»), connaissent régulièrement des accidents mortels, se transformant en tombeaux pour ceux qui y restent coincés. On risque sa vie pour chercher du minerai, pas pour remonter un cadavre.



Outre l'exploitation du travail, les smartphones doivent leur bon fonctionnement à plusieurs minerais (cassitérite, coltan) qui proviennent de la République Démocratique du Congo. Selon un rapport de l'ONU, il existerait un lien entre les téléphones portables et la guerre du Congo. Il y est écrit que les "minerais servant aux mobiles financent une guerre qui a déjà fait 5 millions de morts".
Les enfants embauchés par cette usine travaillent 13 heures par jour, parfois de nuit, avec un jour de congé toutes les deux semaines, deux jours fériés par an.
Même les lois chinoises sont largement violées…
… nous avons cherché du côté des minerais qui font tourner nos téléphones et notamment le tantale, un matériau rare qui permet de sauvegarder nos données quand le téléphone s’éteint. 80% des réserves mondiales de ce minerai sont en République démocratique du Congo. On s’y est donc rendu pour savoir comment il était extrait.
Notre constat a été effrayant : les puits sont creusés dans le sol, sans aucune mesure de sécurité, les éboulements causent la mort de cinq mineurs par mois en moyenne, ensevelis vivants…
                                                          [ Replay : Cash investigation - FR2 - du mardi 4 novembre 2014  ]

Ce que changent les Mooc en particulier, et le numérique en général, dans ce paysage mouvant? Ils promettent de faire tomber les ultimes barrières qui s'opposent à une standardisation mondiale de la formation des élites, en suscitant des offres nouvelles adaptées au marché de l'emploi. Elles seront aussi profitables aux filières les plus immédiatement rentables (commerce, gestion, sciences, informatique, ingénierie...) que fatales aux formations moins directement productrices de valeur ajoutée (humanités et sciences humaines). ..

… le rapport organise ses trois premières recommandations autour d’un nouvel enseignement disciplinaire, organisé à travers un CAPES, une agrégation informatique et la mise en place d’un bac spécifique.
Autrement dit un énième plan informatique, dont on sait les échecs successifs. Autrement dit, une énième logique d’empilement vertical contraire en outre à l’esprit-même du numérique, très horizontal !
Nous proposons une approche transversale …
… Nous proposons que toutes les filières de formation introduisent la question du numérique dans ses dimensions culturelles, citoyennes et techniques et non pas réserver les atouts du numérique à une seule. On ne peut séparer ceux qui sauront tirer partie des atouts du numérique de ceux qui seront abandonnés à un usage consumériste et partiel.
Au delà, en lisant le rapport, nous sommes surpris de la méconnaissance de la réalité des jeunes qui sont en décrochage du système éducatif… qui amène les auteurs, à penser que le numérique va être en soi le moyen de les raccrocher…

… Parmi les mesures auxquelles le président du CnNum est particulièrement attaché, une série de trois se détache: celles qui visent à "désenclaver" le numérique à l'école - à ne pas le réserver aux filières scientifiques mais aussi, sinon avant tout, à en imprégner les filières littéraires; à créer un bac Humanités numériques - "un signal fort,
parce qu' à force de vouloir mettre du numérique partout, on n'en a mis nulle-part"; à enseigner dès la 3e le code informatique, un nouveau langage, mais surtout une manière "d'apprendre à apprendre différemment, plus horizontale". ..

… on se trouve sans doute dans une sorte de cercle vicieux : pour que l’utilisation de la nouvelle technologie porte vraiment ses fruits (et suscite donc une émulation et une extension généralisée), il faut une autre organisation de l’enseignement qui repose actuellement sur la formule dominante suivante : un enseignant dans une classe, les élèves recevant l’enseignement simultanément. Mais on attend aussi précisément de cette introduction des NTIC qu’elles imposent d’elles-mêmes cette révolution de l’organisation de l’enseignement…

… Soyons honnêtes, ce "plan numérique" ne sera pas totalement inutile... pour nos meilleurs élèves, qui eux sauront en tirer parti. Est-ce le public visé?
Nous l'avons déjà vécue, la révolution numérique. Moi du moins. En 1985, avec le "Plan informatique pour tous", dont j'ai toujours pensé qu'il servait surtout à essayer de sauver Thomson de la faillite. Qui n'a jamais planté un MO5 ou 6 et vaillamment tenté de recharger un programme de la gamme ne peut pas comprendre...
Les défauts de l'époque sont presque les mêmes aujourd'hui : manque de formation, manque de maintenance, obsolescence matérielle, etc.

… On le voit, le «tsunami numérique» déferle bien sur l'école. Et avec, derrière lui, l'intention plus ou moins avouée de changer l'école radicalement en imposant de nouvelles manières d'enseigner ou d'évaluer, manières que l'on connaît très bien parce qu’elles ont déjà fait la preuve de leurs nocivité.
Face à la chronique à venir d'un échec retentissant et d'une gabegie annoncée, il est effectivement temps de tourner casaque.
Quant aux élèves, à qui doivent-ils dire merci pour cette «impasse» ?

  Pouce !
… L’Unicef parle d’une génération «mise de côté». Elle compare la situation des enfants à celle des personnes âgées, vulnérables elles aussi. Ces dernières s’en sortent mieux que les plus jeunes…
«Non seulement de nouvelles personnes entrent dans la pauvreté, mais, phénomène inquiétant, une génération d’enfants s’ancre dans l’exclusion : certains n’ont jamais vu leurs parents, ni leurs grands-parents, travailler»
  "Droits de l'enfant"
L'enfer... Il est dans ma classe !
Alertée par le harcèlement subi par Nicolas, son neveu de 12 ans, la réalisatrice Virginie Saclier a décidé d'enquêter en immersion dans un collège de Bourgogne, afin de décortiquer ce processus, qui touche de plus en plus d'adolescents. Des collégiens témoignent de ces situations, qu'ils vivent pour certains en tant que victimes, pour d'autres en tant que harceleurs ou spectateurs. Des scientifiques apportent eux aussi leurs connaissances en matière psycho-sociale pour tenter d'expliquer comment s'installe ce type de situations, qui peuvent tourner au drame. La réalisatrice s'interroge également sur le rôle de l'Education nationale dans cette lutte contre le harcèlement et les violences scolaires...
… Si le documentaire explore au plus près le phénomène, il ne dit en revanche pas un mot, au cours des cinquante minutes du film, sur le cyber-harcèlement, qui prolonge les violences par textos, sur les réseaux sociaux en dehors des murs de l’école…
[ FR3 - Lundi 27 Octobre - 23h15 – Rediffusion : le 2 Novembre 2014 à 04h05 ]

c’était la fête des «co» : la coconstruction, la cocréation, coparticipation, coproduction, coopération… En gros, si t’es pas co, t’es pas in. L’open governement, c’est la démocratie du futur. Langue officielle : le franglais. Pour réduire le gap avec le pouvoir et en pousser le bottom-up, on fait de l’empowerment de la population. Puis il faudrait «dégoogliser» les digital natives. Et pour dégager du leadership dans les quartiers populaires, on fait du community organizing. On «think tanke» pour revitaliser, réengager, remobiliser, réinvestir…
… Ceux qui survivent sont ceux qui «tiennent le plus longtemps en réunion». Parce que la politique, c’est «passer sa vie et ses week-ends en réunion» et s’exprimer sur les réseaux sociaux. «Le "tweetisme", c’est une maladie générale», bondit le soixante-huitard…

… Les chercheurs ont constaté une baisse régulière des résultats scolaires à partir d’une demi-heure de temps d’écran par jour. Cette baisse était beaucoup plus prononcée après deux heures et, au-delà de quatre heures, la moyenne générale de l’enfant chutait d’une classe. Ce phénomène était particulièrement prononcé chez les collégiens …
… Quand un enfant de cette étude ne disposait que d’un temps d’écran limité et qu’il devait aider aux tâches ménagères, il avait au final de meilleurs résultats scolaires, s’entendait mieux avec les personnes de son entourage et était plus équilibré…

C'est un problème auquel sont désormais confrontés la plupart des enseignants du supérieur, mais aussi ceux du secondaire et même du primaire : durant les cours, l'usage quasi-systématique des téléphones portables par leurs élèves. Ceux-ci ne cessent d'échanger des messages (et des photos), de consulter leur appareil, de guetter l'arrivée de la réponse à leurs envois... Résultat, une baisse spectaculaire du niveau général de l'attention et de la concentration en classe…
… Là où les choses prennent une tournure assez cocasse, c'est que les enseignants et pédagogues ne sont pas eux-mêmes épargnés par ce fléau qu'ils dénoncent. Il suffit pour s'en convaincre d'observer leur comportement lorsqu'ils participent à une réunion - conseil de classe ou d'établissement, colloque, conférence, réunion de travail, etc…

… Une jeune fille interpelle la tribune :
«Vous avez décrit l’outil numérique de façon très positive, mais j’ai l’impression que c’est plutôt un anesthésiant.
On ne construit plus, on "s’exprime" sur Internet, et ensuite, on retourne sur son canapé» …

"Les-Rythmes"
… nous rappelons ces recommandations déjà formulées en mai 2014 :
- La durée du temps scolaire journalier doit être plus courte.
- Le temps scolaire hebdomadaire doit être réparti sur 9 demi-journées. Le vendredi après-midi doit exclusivement être réservé aux enseignements. En effet, plus la coupure du weekend est longue, plus la reprise des apprentissages scolaires est difficile. De plus, si tel n'était pas le cas, les activités complémentaires de l'école n'étant pas obligatoires, la coupure du week-end se ferait ressentir encore plus longtemps (lundi, mardi matin) et plus négativement (fatigue, performances scolaires plus faibles)…

Rappel : l'association nationale de parents d'élèves FCPE,
en partenariat avec la section française de Défense des Enfants International,
procède à une enquête nationale sur les règlements intérieurs des établissements scolaires
Il n'est pas trop tard pour envoyer les copies de règlements intérieurs à Bernard Defrance :
par courrier, 57 allée Bayard, 93190 Livry-Gargan et par courriel.

"Le-Code"
… une critique de la stratégie numérique de l'Education nationale. Une analyse de la pensée magique qui, dans l’école, consiste à dire que l’achat de matériel, par ailleurs onéreux, va changer les pédagogies, la transmission et faire progresser les élèves. Voici comment l’auteur résume sa pensée sur l’état de la réflexion autour du numérique à l’école:
«L’illusion technologique, l’inertie de notre système éducatif, l’échec d’un évangélisme digital.»
Et, Lannoy29, c’est son nom sur Twitter, s’interroge sur les paroles creuses, du type«le numérique est un acteur majeur» alors que les contenus et les pratiques pédagogiques sont, eux, très peu discutés.
Il s’interroge sur l’avenir d’une illusion: «Illusion de croire que l’objet puisse être performatif par lui-même. “Distribuons des TBI et des tablettes, et vous verrez, plus rien ne sera comme avant!” Mais c’est justement l’inverse qui se produit!»
… Bien sûr il est plus facile, en termes de retombées médiatiques, d’annoncer que les élèves vont avoir droit à des tablettes fournies par l’école… Mais, il faut le dire, nous sommes en train de perdre du temps (et de l’argent) pour économiser de la réflexion et du débat!
Par exemple, le code, faut-il vraiment l’apprendre?

Evitons donc deux pièges. Celui du fraîchement digital-converti qui évangélise en excluant et dénonçant toute pensée contradictoire (aussitôt taxée d’hérésie). Et celui du révisionniste qui réécrit l’histoire en rejetant les échecs de l’école sur le numérique (procédé commode qui évite de se poser les bonnes questions).
Le numérique n’est qu’un ensemble d’outils. Sans doute au potentiel gigantesque. Mais rien de plus néanmoins que des outils. Plus que jamais, la pédagogie doit redevenir la priorité

La révolution numérique, comme avant elle les révolutions agricole ou industrielle, réservera un sort funeste aux formations qui n'auront pas compris à temps qu'elles devaient se concentrer sur la part irréductiblement humaine des métiers auxquels elles préparent : la capacité à créer, à penser différemment, à donner du sens, à inventer des solutions nouvelles, à offrir de l'empathie, à ancrer nos histoires singulières dans un récit collectif...

… "Malgré les demandes répétées de l'ONG Carbon Disclosure Project (CDP) [qui incite les entreprises à communiquer publiquement leurs émissions de CO2], le géant des réseaux sociaux refuse depuis des années de dévoiler quelle quantité de CO2 et autres gaz à effet de serre il émet."…
… "Il devrait pourtant savoir que les jeunes détestent qu'une figure d'autorité leur dise quoi faire et ne s'applique pas la même règle", s'indigne le journaliste du Guardian

Tant que la France n'aura pas compris que le numérique résiste à la logique du plan quinquennal, et ne se sera pas concentrée sur des dispositifs pédagogiques propres à faire entrer les élèves dans la "pensée numérique", tant qu'elle n'aura pas admis que cette évolution ne se résume pas à une affaire d'équipement (condition nécessaire, malgré tout, mais en aucun cas suffisante) ; tant qu'elle n'aura pas repensé une formation des enseignants aujourd'hui en jachère, voire, pour ce qui est de la formation continue, totalement sinistrée; eh bien, il y a fort à parier que les tablettes dont on aura submergé les collèges resteront au fond des cartables

"Certains disent qu'ils n'ont 'rien à cacher', mais dire cela, c'est inverser les responsabilités", a expliqué Edward Snowden. "Dire : 'Je n'ai rien à cacher', cela revient à dire : 'Je me fiche de ce droit'. C'est dire : 'Je ne dispose tellement pas de ce droit que j'en suis arrivé au point où je dois m'en justifier'. Alors que normalement, c'est le gouvernement qui doit se justifier de ne pas respecter vos droits", a-t-il développé, pour appuyer son appel à une réforme de la politique américaine en matière de respect de la vie privée…

« On va finir dans un système kafkaïen »
… en ce moment, être pro-innovation est toujours bien vu, notamment parce qu’il n’y a plus assez d’argent pour s’attaquer aux grands problèmes de manière ambitieuse. En ces temps de crise politique et économique, les géants de la Silicon Valley ont la vie facile et peuvent se présenter comme nos sauveurs, car les solutions qu’ils apportent semblent fonctionner…
… comment les gouvernement vont-il gérer la pression qui va s’exercer pour qu’ils privatisent les données de leurs propres citoyens ? Selon moi, c’est la prochaine évolution. Les Etats vont accéder aux données des gens comme vous et moi et les vendre en masse aux publicitaires, cela arrive déjà un peu en Grande-Bretagne où le gouvernement vend des données médicales...

  Pouce !

"La-Refondation"
Le développement de l’autoritarisme, avec de nouvelles générations de petits chefs formatés au centre de conditionnement de l’ESEN, lié à « l’administratisation », à la technicisation, au règne de l’évaluationnite technocratique et au culte de l’apparence,  a accéléré la déshumanisation du système.
Les inspecteurs soudain mus en « jeunes » cadres dynamiques, armés de leur ordinateur, de leurs courbes et camemberts, sont devenus des contrôleurs et des fabricants de feuilles de route. « Montrez moi vos évaluations et je vous donnerai votre feuille de route »…
… On aurait pu espérer que la volonté affichée de refonder l’école allait conduire inéluctablement à une refondation du système, de sa gouvernance, de la «gestion des ressources humaines», à la fin de l’effet «pyramide / tuyaux d’orgues / parapluies», à une remise en cause de l’autoritarisme et du mépris, à la démocratisation des pratiques, au dialogue vrai entre inspecteur  et inspecté. Il faut bien reconnaître que deux ans après la loi de refondation, il n’en est rien
   A défaut de "hussards", noirs, quelques "grognards", grognons ...
… Le gouvernement "s'est épuisé depuis deux ans dans des initiatives sectorielles qui n'ont pas été rattachées à un véritable projet", et il a manqué à la refondation "un slogan". "On aurait aimé entendre que la refondation a pour enjeu de construire une école vraiment démocratique, lutter contre l'échec".
"Combien de +Pisa chocs+ faudra-t-il ?", a-t-il relevé, rappelant que l'enquête de l'OCDE sacre la France championne des inégalités scolaires…
… Mais la refondation "ne peut se réduire" à des moyens, "la question centrale est l'évolution de la pédagogie, cela passe par la formation continue qui reste insuffisante".

… Vous avez dénoncé la folie de l’évaluation qui envahit tout. Avez-vous le sentiment qu’elle recule?
Non, elle ne fait que s’accroître. Il s’agit dans tous les cas d’inciter par tous les moyens matériels et symboliques à ce que les professionnels du soin, de l’éducation, de la recherche, du travail social, de la justice, de la police, de l’information, de la culture, ne puissent pas penser leurs actes autrement que sur le modèle de la marchandise, du produit financier et des services tarifés. Cette injonction à devoir concevoir les actes professionnels sur le seul modèle de la pensée néolibérale, de ses catégories symboliques et matérielles, participe à une véritable civilisation des mœurs au sein de laquelle l’humain se réduit à un «capital», un stock de ressources qui à l’instar de la nature doit être exploitée à l’infini

L’autonomie de l’élève : émancipation ou normalisation ?
La soumission des élèves à l’autorité symbolique des savoirs et à l’autorité pédagogique du maître chargé de les transmettre recule. L’éthique contemporaine de la discussion, de la négociation, de la reconnaissance des droits et libertés de l’enfant ébranle le processus institutionnel de normalisation des rôles. Dans ce cadre, il est davantage fait appel à l’autonomie des élèves chargés de s’autocontrôler, de se mobiliser dans les apprentissages ou de se juger scolairement et moralement. Or, l’apprentissage de l’autonomie nécessite des conditions socialement définies, de sorte que l’idéal d’émancipation qu’elle symbolise pourrait dissimuler les rapports de domination qu’elle perpétue sous d’autres formes…
[ Recherches en éducation - Octobre 2014 ]
  "Droits de l'enfant"


"Les-Inégalités"
DÉSINTOX. Après plusieurs années de pénurie sévère des enseignants remplaçants, fruit des réductions de postes voulues par la droite, l’éducation nationale ne laisserait désormais plus aucun élève sur le pavé. La thèse de Najat Vallaud-Belkacem ne fonctionne qu’à moitié…
… En promettant de recréer 60 000 postes d’enseignants, François Hollande a stoppé cette hémorragie. Mais sa ministre de l’Education pèche par optimisme. Car contrairement à ce que Najat Vallaud-Belkacem suggère,le vivier de remplaçants n’a pas été reconstitué
… Résultat : sur l’année scolaire 2012-2013, les écoliers ont encore perdu l’équivalent de 659 293 journées de cours, indique un rapport de la Direction générale de l’éducation scolaire (DGesco)

… L’enquête PISA montre de façon systématique que le montant des ressources consacrées à l’éducation – notamment financières, humaines et matérielles – ne présente qu’une faible relation avec la performance des élèves …
dans les systèmes d’éducation plus performants, l’affectation des ressources est plus équitable entre les établissements favorisés et les établissements défavorisés sur le plan socio-économique. Le soutien aux établissements défavorisés ne passe pas nécessairement par l’augmentation de la quantité des ressources qui leur sont affectées, mais plutôt par la garantie de ressources matérielles et humaines de qualité.

[ Équité de l’affectation des ressources : quels liens avec la performance des élèves ? - OCDE - Pisa à la loupe n° 44 ]

Les études supérieures coûtent de plus en plus chères, de 400 euros à l’université à 15 000 euros/an dans certaines grandes écoles (voire 30 000 dollars dans certaines universités américaines) …
… Dans une période caractérisée par des niveaux records de chômage, les débouchés semblent incertains, et le retour sur l’investissement éducatif aléatoire : le jeu en vaut-il encore la chandelle ?
Assurément, la question fait sens et l’avenir de la France passe incontestablement par l’éducation, la recherche et l’innovation …
… Améliorer le modèle économique des universités et des grandes écoles françaises sans marchandiser l’éducation et sans surendetter les étudiants, telle est l’équation complexe que la France est d’ores et déjà amenée à résoudre …

une discussion sur les chances d’une réforme de la société qui passerait par une nouvelle répartition des richesses et non par des conflits violents
… Depuis la parution aux États-Unis de son livre Le Capital au XXIe siècle (Le Seuil), le succès planétaire de celui-ci ne se dément pas. Ces dernières semaines en Corée et en Allemagne, le mois de novembre prochain en Chine, l'économiste français connaît partout des audiences impressionnantes autour de la thématique de l’explosion mondiale des inégalités.

mais que se passe-t-il dans ce pays pour que les sujets de fond soient systématiquement raccourcis, phagocytés, submergés et dépassés par leur contexte ou leur périphérie, pour que le débat d’idées soit à ce point difficile ?
Car il s’agit ni plus ni moins que de définir le minimum culturel partagé que tout jeune doit, posséder à la sortie de l’école obligatoire. Rien que ça


"Les-Profs"
… Bon nombre d’observateurs et d’acteurs périphériques qui croyaient bien connaître «les profs» peinent aujourd’hui à saisir la métamorphose en cours. Les associations complémentaires de l’école, les mouvements d’éducation populaire, se retrouvent déboussolés, à force d’être restés trop longtemps campés sur les images d’Epinal...
les trois quart (76 %) de ces moins de 35 ans sont inscrits sur Facebook et que 85 % d’entre eux s’y connectent au moins une fois par jour. «Les jeunes enseignants figurent même dans le trio de tête des groupes les plus connectés», rappelle Christophe Lafond, délégué national de la MGEN. Lors de l’enquête, «62 % ont déclaré ne pas pouvoir se passer d’un accès à internet mobile, quand ce n’est le cas que de 39 % des salariés du pays»…

"La-Formation"
la difficile mise en place des nouvelles écoles de formation des enseignants.
Les étudiants ont du mal à voir leur «utilité effective»…… La nouvelle formation, conçue comme devant allier alternance - avec des stages de terrain - et acquis disciplinaires de haut niveau, devait permettre de former une nouvelle génération d'enseignants censés être mieux armés pour, entre autres, enlever à la France son triste statut de championne des inégalités et éviter que 140.000 jeunes ne sortent chaque année du système scolaire sans qualification.
Le rapport pointe «une mise en oeuvre laborieuse et complexe» des nouvelles écoles et des «insuffisances»…

[ La mise en place des Ecoles Ssupérieures du Professorat et de l’EducationRapport  IGEN-IGAENR – sept. 2014 ]
[ Rapport d’information sur les ESPESénat – juin 2014 – pdf ]

La conséquence, c’est la suppression d’heures disponibles de formation donc, la panade pour assurer les enseignements que l’Espé doit donner aux fonctionnaires-stagiaires. Mais le choix est cornélien: assurer la formation en Espé, qui rapporte moins d’argent que la recherche, ou chercher à gagner plus d’argent de l’Etat en ayant plus de chercheurs publiants?
En théorie, les universités doivent faire les deux. Dans les faits, c'est presque impossible. Cela s’appelle des injonctions contradictoires…
… D’accord, la rentrée est fichue. La formation des professeurs va passer l’année à essuyer les plâtres.
Mais l’an prochain, ça ira mieux, non? ..

"Les-Rythmes"
L’Association des petites villes de France, que préside Olivier DUSSOPT, Député de l’Ardèche et Maire d’Annonay, a saisi la ministre de l’Éducation pour lui faire part de la vive inquiétude de ses élus à propos de la non pérennisation du fonds d'amorçage pour les rythmes scolaires à partir de la rentrée scolaire 2015-2016…
… Elle contribue également à une forte instabilité des règles financières, rendant très difficile l’élaboration des budgets locaux à venir, et risque de mettre en péril la réforme des rythmes scolaires dans de nombreuses communes, aggravant ainsi les inégalités sur l’ensemble du territoire
Le résultat est sans appel : un taux de chômage record de près de 24 %, soit plus de deux fois supérieur à celui de leurs ainés; un « bizutage social » de plus en plus long, qui, de stages en mission d'interim, de CDD en contrats aidés, concentre sur les moins de 25 ans l'essentiel de la flexibilité du travail et se traduit par une durée moyenne de cinq ans de précarité, avec ou sans diplôme. Et autant de retard pris, de prêts refusés en locations inaccessibles, à sortir de la dépendance parentale et entrer dans l'âge adulte et l'autonomie.
Déclassée, appauvrie, tenue loin des responsabilités politiques, réduite au silence dans un paysage idéologique en ruines, notre génération est gagnée plus que les autres par le vote d'extrême-droite. Soumise aux mêmes mots d'ordre productivistes et consuméristes que ceux contre lesquels nos aînés s'étaient battus, elle se les voit à présent infligés par toutes les ondes et les voies hiérarchiques …

… Une constante enfin : le lourd handicap des non-diplômés. Comme pour les jeunes sortis de l’école sans diplôme, ceux sortis sans rien du supérieur - plus de 20% - subissent la crise de plein fouet. Près d’un quart se trouve au chômage trois ans après leur entrée sur le marché du travail. Et, lorsqu’ils trouvent des emplois, ils sont de plus en plus souvent précaires et non qualifiés. Le diplôme reste donc, malgré tout, un plus…

Les résultats de l’étude du Céreq ne sont pas étonnants, analyse Mme Duru-Bellat.
En quoi faire une ou deux années d’études supplémentaires créera-t-il les emplois que les jeunes attendent ?
C’est une conception magique des choses : on va allonger la formation et ça ira mieux. »…
… Diplômer de plus en plus d’étudiants ne crée pas de manière magique des emplois qualifiés pour les accueillir. Il faut une activité économique dynamique pour les absorber. »…

[ CEREQ - Insertion professionnelle des jeunes : 2010-2013 – Premiers pas dans la vie active – sept. 2014 ]


"Les-Quartiers"
Comment exercer sa profession d’enseignant, comment travailler avec des enfants pour la plupart en grande difficulté scolaire mais aussi sociale, enfants d’immigrés ou immigrés eux-mêmes, habitants d’une cité omniprésente où les codes n’ont rien en commun avec l’école ?.
[ Le cod et le coquelicot - France 3 – vendredi 10 oct. 2014 – 1 h 16 ]

… Pour mémoire, à l'origine des ZEP, certaines communes avaient refusé d'intégrer le dispositif jugé stigmatisant pour l'image de leur ville. Les temps ont bien changé, depuis 2004 le nombre de pauvres en France a augmenté de 30% (voir ici) et aujourd'hui ces villes mais aussi les personnels qui y enseignent se battent pour que leur établissement reste ou même entre dans l'éducation prioritaire. Le réveil risque d'être très difficile pour les déclassés et les recalés.

"Les-Parents"
Parents d'élèves: toujours plus de «listes indépendantes»
Ce n'est nullement un phénomène récent puisqu'il s'est déployé dès les vingt dernières année du XXe siècle où la part des suffrages qui est allée aux «listes indépendantes» est passée de 25% en 1978 à 58 % en 1998. Et les élections de parents d'élèves qui viennent de se tenir vendredi et samedi derniers ne vont sans doute pas revenir là-dessus…

… En 2013, le taux de participation aux élections des représentants de parents d'élèves a atteint 46% au primaire, et 24% dans les collèges et lycées. C'est dire si ce scrutin mobilise peu les parents. Et ce d'autant moins que les résultats ne varient guère d'une année sur l'autre. ..
… Au primaire, les listes de parents "indépendants", non constituées en association ont raflé près de 60% des votes, suivies de loin par la FCPE (15,4%).
Dans le secondaire, c'est l'inverse: la FCPE est arrivée en tête en 2013, avec 46,9% des suffrages, devant les listes de parents indépendants (18,2%). ..
En pratique, le rôle des représentants des parents d'élèves varie grandement d'un établissement à l'autre, notamment en fonction de la place que veut bien leur laisser la direction. Dans le secondaire notamment, leur voix est parfois assez peu audible …

Rappel : l'association nationale de parents d'élèves FCPE,
en partenariat avec la section française de Défense des Enfants International,
procède à une enquête nationale sur les règlements intérieurs des établissements scolaires
Il n'est pas trop tard pour envoyer les copies de règlements intérieurs à Bernard Defrance :
par courrier, 57 allée Bayard, 93190 Livry-Gargan et par courriel.


La messagerie Snapchat, très populaire chez les adolescents, permet de s'envoyer des messages éphémères, qui s'autodétruisent au maximum au bout de 10 secondes….
... et on peut craindre que nombre de photos et de vidéos ayant été volées contiennent des situations (très) intimes. Leurs auteurs pensaient les envoyer de manière privée, et éphémère...
… Il faut dire que la moitié des utilisateurs de Snapchat ont entre 13 et 17 ans….
Snapchat a toujours connu des controverses quant à la sécurité de son service. Les "snaps" ne sont pas réellement éphémères. Il est écrit noir sur blanc dans les conditions d’utilisation que les messages ne disparaissent pas : "Il peut y avoir des moyens d’accéder aux snaps en stockage temporaire sur les appareils du destinataire, même s’ils ont été effacés

beaucoup de patrons de la Silicon Valley sont méfiants à l’égard de leur propre technologie.
«Les évangélistes de la technologie sont souvent bien plus conservateurs quand il s’agit de leur vie privée.»
Steve Jobs, patron emblématique, interdisait l’iPad, chez lui, à ses propres enfants, comme le révélait il y a peu un article du New York Times.
 Les enfants d’Evan Williams, co-fondateur de Twitter, n’ont pas d’iPad, mais «des centaines de livres», des vrais
«La réalité, c’est que ces patrons savent mieux que la plupart des parents jusqu’à quel point la technologie peut mal tourner.»
Depuis plusieurs années, de nombreuses études vont également dans ce sens. En 2010 déjà, les enfants américains passaient en moyenne plus 7 heures par jour devant les écrans. Un chiffre inquiétant quand on sait que, selon une autre étude, passer plus de 45 minutes par jour devant un écran serait dangereux pour un enfant…


… la pratique scolaire qui bute sur une difficulté imprévue :
la production de passivité par les méthodes actives.
En pratique, la majorité des élèves quand on sollicite leur activité, s'ennuie, se bloque.
Finalement, cette méthode fonctionne bien dans les milieux les plus favorisés mais pas dans les quartiers populaires…
… le numérique valorise spontanément le bagage de capacité logique et d'organisation des connaissances dont les individus disposent très tôt, notamment du fait de leur vocabulaire. De ce point de vue-là, mieux on est outillé intellectuellement, plus on est efficace grâce au numérique.C'est donc un facteur d'inégalité...

  Pouce !
"Le-Code"
… Les professeurs attendent notre rapport - même s'il ne faut pas se cacher derrière son petit doigt: il y a là de vrais défis pour eux. Ils doivent apprendre à enseigner autrement, apprendre des choses qu'ils ne savent plus ou pas encore, à coder, etc. Eux aussi sont désormais tenus de se former en permanence, tout au long de leur vie professionnelle. Mais ce défi les replace au centre du dispositif. …
[ Rapport du CCNum Ferry 3.0 - JULES FERRY 3.0 -  Bâtir une école créative et juste dans un monde numérique - Octobre 2014 ]

l'essentiel du budget de l'éducation est consacré à rémunérer les enseignants. Pour diminuer les coûts, le levier le plus immédiat consisterait à payer moins d'enseignants. Or la plupart des acteurs et experts du secteur estiment que le numérique, s'il invite à une réinvention du rôle des enseignants, ne pourra pas s'y substituer – voire, dans certains cas, qu'il implique d'augmenter le nombre d'adultes dans les établissements….
… Pour le dire autrement, Education nationale et Enseignement supérieur pratiquent une politique finalement pas très éloignée des compagnies aériennes : elles panachent offres "premium", réservées aux élites, et produits de base "low cost" pour gérer les grandes masses…

Les principaux freins au développement du numérique sont donc le manque d’équipements et de crédits pour acheter des ressources. Immédiatement après, les enseignants évoquent leur manque de formation (51% des instits), ainsi que les problèmes techniques et de maintenance. Parmi les principaux avantages du numérique, 83% des profs soulignent qu’il «capte l’attention de toute la classe», et 74%qu’il «stimule la curiosité des élèves et les motive». Seuls 15% des enseignants pensent qu’à moyen terme, le manuel numérique remplacera le papier…

Quoi, la stratégie numérique, vous ne vous en souvenez pas? Pourtant, ce n’est pas ancien. Dix-huit mois. Le numérique, intégré dans une stratégie globale appartenant au «redressement productif», était présenté comme un pilier de la refondation de l’école.
Les discours des ministres étaient assez flous sur les attendus du numérique à l’école: il fallait fournir davantage de matériels et diffuser les pratiques et usages. Pour quel bénéfice pédagogique? Dans quel but? ..
… Au-delà de la moquerie, faut-il en penser quelque chose, de ce douzième plan numérique? ..

… L'annonce des 60000 postes a pu un temps aveugler nos concitoyens, mais trois rentrées plus tard, on se rend compte que ce chiffre parviendra péniblement à combler les départs à la retraite et à encaisser la hausse démographique. Sans compter que le recrutement est problématique …
… Il ne s'agit donc pas de regretter cette énième annonce d'un grand plan numérique mais bien de hiérarchiser les priorités. Les enseignants sont très nombreux à défendre avec ferveur l'introduction de pédagogies innovantes associées à l'usage de ce qu'on appelle dans le jargon éduc nat les TICE. Ils n'en oublient pas pour autant les conditions pour que cet usage soit rendu possible

  Pouce !
il y a plus de 4 millions d'années, cette transformation ne fut pas le résultat de la volonté délibérée d'une communauté de primates voulant échapper à leur condition. Elle fut nécessairement le fait du hasard, quel que soit le nom donné à ce facteur, qui se traduit par l'imprévisibilité et le non-programmable.
Dans le cas de l'humanité d'aujourd'hui, au contraire, deux voies différentes pourraient être choisies délibérément pour provoquer les mutations générant une post-humanité éventuelle …
… En ce qui concerne les potentialités cognitives, certains chercheurs se sont demandés, par exemple, si l'immersion très approfondie et prolongée des individus dans les sociétés numériques ne pourraient pas faire apparaître, au hasard, chez certains d'entre eux, des mutations transmissibles aux descendants, résultant des nouvelles pratiques imposées aux cerveaux et aux organes sensoriels par l'ordinateur et l'internet...

Pour "La-Révolution",
penser à cocher la bonne option : "acteur" ou "esclave" ...
… La maintenance des équipements informatiques dans les établissements laisse très souvent à désirer, et empêche nombre de projets d’être réalisés…
«Est-ce que le système éducatif aujourd’hui, de la maternelle à bac+8, donne aux jeunes suffisamment d’outils conceptuels pour être du côté des acteurs de la révolution, ceux qui la conçoivent, plutôt que de celui des utilisateurs, des esclaves?».

… "Le temps vertigineux passé par les enfants sur les écranspénalise aussi la lecture de romans, qui induit un repli sur soi, une introspection, une méditation lente, alors que l’écran induit l’échange entre amis et un rapport au temps qui s’accélère.
 Les parents ne freineront pas le mouvement –ils lisent aussi de moins en moins.
 Les élites non plus, qui ont déserté les humanités, dont la rentabilité sociale est jugée marginale.
 «Le cadre supérieur ne va plus au théâtre, ce n’est pas statutaire.»
Une autre rupture est que la culture ne sert plus aux jeunesà apprendre mais à se divertir.
Le plaisir est devenu leur maître mot. Ils veulent du ludique, des sensations fortes /.../"

Le résultat est-il inquiétant ? «Les jeunes ne sont pas plus cons qu’avant, répond Sylvie Octobre, ils ont des connaissances pointues, mais c’est un peu du gruyère

… les Coréens appellent la «prison Kakao Talk», du nom de l’incontournable service de messagerie téléphonique - 97% des utilisateurs de smartphones ont recours à cette application en Corée du Sud, soit plus de deux habitants sur trois…
… une réalité nouvelle dans ce pays ultraconnecté où le harcèlement scolaire est répandu : 28% des collégiens et lycéens ont déjà été victimes de harcèlement en ligne, d’après une enquête de l’Institut national pour les politiques sur la jeunesse. Le taux de suicide des 15-24 ans, quant à lui, a presque doublé entre 2001 et 2011

  Pouce !
plus le film est récent, plus la probabilité que l’écolier reparte en voiture est grande. Si vous n’avez pas envie de fouiller votre cinémathèque, jetez donc un œil dans la rue : la quasi-totalité des écoliers ne sont plus piétons mais passagers.
Les – trop rares – études consacrées au sujet confirment que les enfants marchent de moins en moins…
Pourquoi marchent-ils si peu ? Parce qu’on leur interdit !...

Les parents-drones sont servis par un véritable marché de la surveillance et par une société qui tolère de moins en moins l'autonomisation des enfants.
Aujourd'hui il existe des tonnes de systèmes permettant de coller aux basques de nos enfants. Du simple baby-phone qui clignotait aux pleurs du bébés, on est passés à un système autrement plus sophistiqué et qui suit à la trace l’enfant jusqu’à un âge relativement avancé…

Balise GPS intégrée dans le manteau pour suivre ses déplacements, applications sur votre smartphone pour contrôler le sien, ou encore chaussette intelligente pour connaître en temps réel son pouls ou sa température. Les objets connectés pour pister votre progéniture fleurissent, mais est-ce une bonne nouvelle ?

Au niveau des jeux dangereux il y a un indicateur qui a été donné ce matin, on est passé de 25 morts dans les années 2000, à actuellement 2 morts pour cette année, à un maximum de 3 ou 4. C'est toujours trop bien sûr, mais la prévention se fait. Après il ne suffit pas d'un claquement de doigt pour que tout ça disparaisse, il ne faut jamais arrêter, le harcèlement prend son temps…

[ Jeux dangereux, violences, harcèlementsColloque 2014 – APEAS ]


… un article récent du Wall Street Journal rappelle que la sexualité des ados est toujours peu suivie par les médecins. Livrés à eux-mêmes, ils transforment cette liberté en rébellion. Même si aux Etats-Unis, une nouvelle contamination sur quatre concerne les jeunes de 13 à 24 ans. …
… L'éducation sexuelle au lycée, toujours déficiente, est remplacée par le porno. L'Education nationale reste traumatisée à l'idée de parler de sexe et de prévention. Mais le triste constat est là: les jeunes ne savent même plus que le VIH est une infection sexuellement transmissible… 
"Les-Rebelles"

… Et si le recul de l’histoire permettait de porter un autre regard sur cette fameuse (et fumeuse) «pensée 68» ? Et si, par un effet de ce que Hegel nommait «la ruse de la raison», l’individualisme dérégulateur qui fut le véritable héritage de Mai avait conduit dans une direction que les «révolutionnaires» du temps n’avaient certainement pas imaginée….
S’il faut retenir des années 1960 leur puissante charge émancipatrice, on ne peut que rester dubitatif quant à certains développements qui s’inscrivent dans leur sillage, mais que ceux qui avaient 20 ou 30 ans à l’époque n’avaient ni souhaités ni vus venir. Les soixante-huitards invoquaient volontiers Marx, c’est Stirner qu’ils ont réintroduit sans s’apercevoir qu’il ouvrait la porte à Hayek.
Alors, invoquer la «pensée 68», exalter l’image du soi-disant «rebelle»ne relèvent-ils pas de l’imposture ?...

… Les patrons se prétendent insoumis, les stars se croient en rupture de ban, les intellectuels se veulent subversifs. Nous sommes dans un monde peuplé de rebelles. Au fond, nos rebelles autoproclamés qui ne me trouvent pas assez rebelle sont simplement l’avant-garde du troupeau général. Mais quand tout le monde est non-conformiste, le non-conformisme est le conformisme….
… Et c’est cette imagination-là qui est cruellement en panne dans la démocratie d’aujourd’hui. Nous avons la protestation, mais nous n’avons plus aucun projet. C’est cela qu’il s’agit de remettre au premier plan…



 

"La-Formation"
la difficile mise en place des nouvelles écoles de formation des enseignants.
Les étudiants ont du mal à voir leur «utilité effective»
… La nouvelle formation, conçue comme devant allier alternance - avec des stages de terrain - et acquis disciplinaires de haut niveau, devait permettre de former une nouvelle génération d'enseignants censés être mieux armés pour, entre autres, enlever à la France son triste statut de championne des inégalités et éviter que 140.000 jeunes ne sortent chaque année du système scolaire sans qualification. 
Le rapport pointe «une mise en oeuvre laborieuse et complexe» des nouvelles écoles et des «insuffisances»…

[ La mise en place des écoles supérieures du professorat et de l’éducationRapport  IGEN-IGAENR – sept. 2014 ]

La conséquence, c’est la suppression d’heures disponibles de formation donc, la panade pour assurer les enseignements que l’Espé doit donner aux fonctionnaires-stagiaires. Mais le choix est cornélien: assurer la formation en Espé, qui rapporte moins d’argent que la recherche, ou chercher à gagner plus d’argent de l’Etat en ayant plus de chercheurs publiants?
En théorie, les universités doivent faire les deux. Dans les faits, c'est presque impossible. Cela s’appelle des injonctions contradictoires…
… D’accord, la rentrée est fichue. La formation des professeurs va passer l’année à essuyer les plâtres.
Mais l’an prochain, ça ira mieux, non? ..

la «Refondation», voulue par Vincent Peillon, a été porteuse d’espoir. Malheureusement, la création des écoles supérieures du professorat et de l’éducation (Espe) déçoit tous les acteurs. Elle risque même, à nos yeux, de compromettre l’avenir de notre école primaire, pourtant au cœur de notre République. Car il faut une école primaire forte, cohérente, dotée d’un projet culturel bien identifié, avec des maîtres formés et déterminés, sachant faire de leur polyvalence un moyen efficace de préparer leurs élèves …
Les Espe sont des coquilles vides. Malgré les efforts de certains acteurs, les futurs professeurs du premier degré font l’expérience de l’absence d’ambition nationale dans le domaine qu’ils ont choisi et - faisons-leur ce crédit - auquel ils croient assez pour y consacrer une vie professionnelle aux avantages matériels de moins en moins évidents comme le rappelle le dernier rapport de l’OCDE…
… Ensemble, nous avons milité sans relâche pour une formation exigeante des maîtres qui associe tous les acteurs de l'Education nationale et n'oppose pas artificiellement les «contenus» et la «pédagogie». Ensemble, nous avons vécu, ces dernières années, des coups de boutoir institutionnels qui ont déstabilisé un édifice, qui était, certes, perfectible, mais qui, ressemble de plus en plus à un champ de ruines

… Un rapport, publié mercredi 8 octobre, dresse un premier bilan sévère des écoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPE, ex-IUFM), qui ont ouvert leurs portes à la rentrée 2013…
… les liens entre les ESPE et les praticiens «n’ont souvent été, dans le meilleur des cas, qu’assez formels», déplorent les inspections générales. Dans les établissements scolaires, les stagiaires ont rarement bénéficié de visites de leurs formateurs universitaires. Ils ont été suivis par des enseignants «tuteurs» qui n’étaient pas forcément formés ni même sensibilisés à l’accompagnement des débutants…

[ Rapport d’information sur les ESPESénat – juin 2014 – pdf ]



Quant à l’école, elle ne joue pas son rôle de reconnaissance et de protection pour un grand nombre d’enfants :
 45 % des 6-18 ans interrogés «se sentent vraiment angoissés de ne pas réussir assez bien à l’école».
Cette proportion passe à près de 60 % chez ceux vivant une situation de privation
... Tiraillés entre des relations tendues à la maison, dans leur établissement scolaire ou dans leur environnement proche,
réel ou virtuel, ils ressentent, pour certains, un grand malaise, un sentiment qui peut, parfois, les pousser
jusqu’aux pensées les plus sombres.
La famille, les amis, la confrontation aux adultes, à leurs pairs ou à l’institution scolaire s’érigent parfois
comme autant de remparts parfois difficilement franchissables ...

[ Le rapport UNICEF : Adolescents en France : le grand malaise – Consultation nationale des 6 – 18 ans 2014- pdf ]

Les profs, qui sont les premiers à se plaindre (à juste titre) d’une vision étriquée de leur profession et des clichés qu’elle véhicule, ne sont-ils pas les premiers à les appliquer pour d’autres, à travers la «profession des parents» ?
Nous ne sommes ni psychologue, ni sociologue, ni ethnologue, ni assistante sociale. Nous sommes profs, c’est un peu tout ça certes mais juste un peu, nous aurions tort de nous croire experts en autre chose. L’école française est championne du monde de la reproduction des inégalités sociales, et tenter d’y remédier commence peut-être par ne plus accorder trop d’importance au métier des parents …

"Les-Devoirs"
tous les enseignants qui ont un jour tenté de gommer les devoirs le savent bien : l'ambivalence parentale est totale sur le sujet. La FCPE, première association de parents d'élèves, en a fait les frais, qui prêche régulièrement en faveur de leur réelle suppression en primaire, contre l'avis (silencieux mais sans appel) d'une majorité de ses adhérents. Car les familles sont très attachées à cette classe après la classe …
[ Sondage OpinionWay pour Zup de Co - pdf  ]

Les enfants des quartiers prioritaires ne sont pas moins nombreux que les autres à aimer l’école (76 %, dont 36 % «beaucoup» et 40 % «un peu», contre 80 % des autres enfants). Ils sont tout aussi confiants dans leur capacité à réussir le collège…
«L’enquête n’a pas la prétention d’analyser les mécanismes qui produisent les inégalités», précise Mme Pugin. Elle a toutefois le mérite de montrer qu’on peut «agir à tous les niveaux, et pas seulement à l’école, pour lutter contre : dans l’environnement familial, sur le temps périscolaire, extrascolaire... L’ensemble des acteurs éducatifs portent une responsabilité»

[ Enquête de l’AFEV : PRATIQUES FAMILIALES ET REUSSITE EDUCATIVE-LES INEGALITES ENTRE … ]

… Depuis 2009, plusieurs indicateurs enregistrent la même secousse : les Français, de plus en plus individualistes, acceptent de moins en moins le principe de solidarité nationale. Entre jeunes et vieux, salariés et sans emplois, pauvres et riches. En 2014, 63% des Français considèrent que «les prestations sociales aux familles avec enfants» sont «globalement suffisantes». En 2008, ils n’étaient que 31% à penser la même chose…

[ CREDOC : En 2014, le soutien à l’Etat-Providence vacille – Note de synthèse – pdf ]

… En réalité, les difficultés scolaires sont le fruit du croisement entre la situation individuelle de l’élève, le contexte social ou familial, et le fonctionnement de l’école. C’est donc, bien, sur ces trois leviers qu’il faut agir…
deux questions nous apparaissent urgentes dans une perspective de lutte contre les inégalités : la réforme du collège et le soutien à la fonction parentale. Le collège, car on sait que ces difficultés s’accroissent dans les territoires les plus fragiles, entraînant un système scolaire à deux vitesses, en fonction du lieu de scolarisation. Le soutien à la fonction parentale …

Rappel : l'association nationale de parents d'élèves FCPE,
en partenariat avec la section française de Défense des Enfants International,
procède à une enquête nationale sur les règlements intérieurs des établissements scolaires
Il n'est pas trop tard pour envoyer les copies de règlements intérieurs à Bernard Defrance :
par courrier, 57 allée Bayard, 93190 Livry-Gargan et par courriel

[ Extrait de la Lettre-DOCumentaire, revue de presse et annonces diverses concernant,
directement ou indirectement, les droits de l'enfant. - sept. 2014 - pdf ] 


«Des pays qui avaient des contextes socio-économiques aussi compliqués voire plus compliqués que la France ont réussi à améliorer leur système et à le rendre plus équitable», commente le Monsieur Education de l’OCDE en citant l’exemple du Portugal.«Et il n’y a pas d’exclusion entre une élite performante et une équité sociale, comme on a pu l’entendre: certains pays parviennent parfaitement à avoir les deux.» Autrement dit, il n’y aura pas d’excuses.

 
 

 

L'actualité:
dans, hors, en face, avant, derrière, pendant, après, en sortant de l'école,
et de ... "la concertation"... pour "la refondation".

Reste à savoir si elle saura et pourra aller au-delà alors que le piège tendu pendant la campagne présidentielle se referme un peu plus chaque mois - ces 60.000 postes offerts sans aucune forme de contrepartie, sur la base d’un programme composé d’intentions souvent louables mais dont les modalités de mises en œuvre n’ont jamais été nettement définies. Le tout couronné par une loi qui s’en remet à commissions et décrets pour révéler - ou pas - son suc et dans une atmosphère parasitée par la réforme des rythmes. Il faudra un immense talent et pas mal de chance pour sortir de ce bourbier
vers les 60000 créations de postes promises

22 206 postes ont déjà été créés sur les 54 000 attendus pour 2017. La projection à trois ans du budget pose la création de 9421 postes cette année, 10711 en 2016 et 11662 en 2017. Si le rythme proposé là est tenu jusqu’à la fin du quinquennat, les 54000 postes promis dans l’enseignement scolaire (additionné des 5000 dans le supérieur et des 1000 dans l’enseignement agricole) auront bien été créés. En tenant compte des départs en retraite, il va falloir trouver des candidats pour pourvoir les 25000 postes qui seront ouverts cette année.
Des économies quand même…
En dépit de ces créations de postes, l’éducation n’échappe pas aux économies…

Dans ce contexte de désenchantement généralisé, les parents sont souvent politiquement perdus, désabusés et ont l'impression de ne pouvoir trouver aucune solution à la crise. Résultat: être un bon parent est la dernière utopie et l'enfant, devenu l'élément central de la cellule familiale, devient la valeur refuge", explique l'auteur. La dégradation des relations parents professeurs aurait commencé dans les années 1990. L'élément déclencheur? La réforme du Code de l'éducation de 1989, dite "loi Jospin", qui fait du parent d'élève "un membre à part entière de la communauté éducative" …
… Ajoutons à cela la montée de l'individualisme, la progression du communautarisme, la crise économique, la hausse du chômage, et l'on obtient un système scolaire en panne sèche, où les parents craignent pour l'avenir de leurs enfants et où les enseignants dépriment en voyant ce qu'est devenue leur profession… 


"Le-Redoublement"
… une réalité dont les conseils de classe, quoiqu’ils la nient, ont bien conscience : le côté arbitraire du redoublement, qui n’obéit que rarement à des considérations rationnelles et qui fait que, par exemple, deux élèves au profil identique se verront appliquer des décisions différentes, dont les justifications ne brillent pas par leur cohérence.
Une constante néanmoins : à niveau égal, jamais les conseils de classe ne feront redoubler un enfant d’enseignant ou, plus généralement un élève dont les parents appartiennent aux classes moyennes …

… Sauf que… la fin du redoublement et le contenu de la circulaire examinée en ce moment par le Conseil d’état ne sont pas à proprement parler une nouveauté:on en parle depuis le lancement de la «Refondation de l’école» par Vincent Peillon à l’été 2012.
Et la Refondation c’est aussi une loi, qui a été discutée à l’Assemblée nationale au printemps 2013. D’ailleurs, au moment du premier vote, en mars 2013 on se dirigeait vers une fin du redoublement…
… Cela rappelerait presque ce qui s’est passé avec les ABCD de l’égalité. Le ministère de l’éducation impulse une réforme, un changement mais recule facilement quand il faut vraiment assumer une position ferme. On pourra toujours dire qu’il faut apaiser l’école. Quitte à mener une politique illisible. La détermination n’est pas le fort des ministres de l’Education nationale...

Le redoublement des classes de primaire aurait dû quasiment disparaître avec la loi d’orientation de Lionel Jospin, en 1989. La création des cycles qui défendent l’idée que chaque enfant doit prend le temps dont il a besoin pour atteindre des objectifs fixés sur trois années, aurait dû faire disparaître le redoublement du vocabulaire de l’école. Or, il est resté parce que les parents y sont attachés

… D'après l'enquête PISA de 2012, 28% des élèves français de plus de 15 ans ont déjà redoublé, ce qui place la France au 5e rang des nations "redoublantes". Les garçons redoublent plus que les filles, et le risque de redoublement est 37% plus élevé dans les familles monoparentales. La pratique touche aussi différemment les élèves de filières générales et ceux des filières professionnelles: 57% des élèves de seconde professionnelle sont "en retard" d'au moins une année, contre 20% des élèves de seconde générale et technologique. En revanche, la nationalité de l'élève est sans effet sur le risque de redoublement…
… Dit autrement, le redoublement, c'est bien, mais pour les enfants des autres? ..

"Les-Apprentis"
Cela fait plus de vingt ans que l'objectif de 500000 apprentis a été posé. Avec François Hollande à la manœuvre, on va y arriver, c'est sûr. Et on va voir ce qu'on va voir
… le diagnostic et le pronostic ne sauraient être les mêmes pour''l’apprentissage'' à un niveau de qualification élevée (un apprentissage que l’on peut sans doute appeler, pour être plus clair, ''l’alternance'') celui qui relève des enseignements supérieurs (dont les effectifs sont passés de 20000 en 1995 à 135000 en 2013), et celui que l’on appelle plus communément ''les apprentis'' …

… De fait, l’expansion de l’apprentissage en France a essentiellement bénéficié aux jeunes déjà diplômés, notamment ceux du supérieur, dont la part dans les entrées en apprentissage est passée de 1?% du total en 1992 à 14?% en 2010. Durant cette période, la proportion des apprentis sans diplôme préalable a chuté de 60 % à seulement 35?%. Or, ce sont justement ces jeunes pour lesquels le dispositif de l’apprentissage est le plus utile en termes d’insertion professionnelle. En laissant ces jeunes de côté, l’apprentissage ne joue pas le rôle d’insertion et de correction des inégalités sociales que l’on peut en attendre. Comment en est-on arrivé là

… A la fin du contrat, l'employeur n'a absolument aucune obligation à garder le jeune dans son entreprise. Dans certains secteurs professionnels, comme la communication ou les médias, l'embauche de jeunes en apprentissage peut effectivement être un moyen de bénéficier de main d'oeuvre volontaire et motivée à bon marché...
Mais l'apprentissage c'est aussi pour beaucoup d'entreprises qui y ont recours un moyen de former "à leur main" leurs futurs salariés … 


Entre amis, on dénonce les inégalités scolaires et on échange ensuite sur le meilleur moyen de détourner la sectorisation scolaire. Partout, se déploie un entre-soi social, la volonté de développer un capital social endogène qui participe des inégalités. Par peur du déclassement, nous faisons des choix qui peuvent engendrer des inégalités et qui marginalisent les plus pauvres…
... Alors que Jacques Attali affirmait, la semaine dernière dans «Libération», préférer le principe de «mobilité sociale» à celui d’égalité, le sociologue François Dubet juge pour sa part nécessaire d’inverser la tendance...

… "Notre système éducatif a réussi à cumuler deux problèmesqui devraient théoriquement être contradictoires : une forte résistance au changement accompagnée de fréquents réflexes protestataires et, dans le même temps, une infantilisation déresponsabilisante de tous les acteurs, allant de pair avec une organisation très hiérarchique"…

"Les-Rythmes"
… en juin, quand nous les avons consultés, 80% des parents de la commune étaient opposés à la mise en place de cette réforme - et ils le sont toujours, tout comme les enseignants de l'école. C'est une décision prise en commun, qui n'a rien de politique. Le problème, c'est qu'à Gazenville nous n'avons ni les locaux, ni le financement pour proposer plus d'activités périscolaires. Nous nous battons déjà depuis 30 ans pour garder cette école et ses trois classes dans le village, alors qu'elle absorbe à elle seule 30% du budget municipal. On ne peut pas faire plus, c'est impossible… 


"Les-neurosciences"
Quand les neurosciences s'emparent de la pédagogie, elles ne sont plus seulement ridicules, elles deviennent dangereuses, scandaleuses, manipulant des enfants comme des cobayes, auxquels on inflige des traitements qui feraient hurler Brigitte Bardot, s'il s'agissait de bébés phoques. Hier soir, au JT de 20h, on a atteint les sommets de l'aberration et du non sens, pour démontrer des contre-vérités ahurissantes.
On a surtout eu la démonstration de ce qu'est une "bonne élève" …

"Les-Fondamentaux"
… En France, le temps consacré à l’enseignement du français et des maths est parmi les plus élevé de tout l’OCDE : près de 60% du temps de classe. Seuls les élèves portugais et mexicains y consacrent plus de temps. Un pays souvent vanté pour ses excellents résultats comme la Finlande n’y consacre que 40%, seulement 22% au collège (40% en France). Considérant les résultats respectifs de ces pays aux évaluations internationales …

"Le-Mérite"
En réalité, la réussite se joue dès les petites classes pour les enfants des milieux modestes. En terminale, notre système a largement eu le temps d'écarter tous les élèves qui ne rentraient pas dans son moule, dont certains pouvaient se montrer très "méritants". La plupart de ces exclus - et ce n'est pas un hasard - viennent des familles les moins favorisées…
Mais quel mérite mesure l'école ? Avant tout, une capacité au raisonnement abstrait. Quid de la multiplicité des formes d'intelligence, de la créativité, de la capacité à coopérer avec autrui ? Ces qualités seront pourtant essentielles dans la vie du citoyen et salarié. Il n'y a pas de mérite, mais des mérites.

Sous prétexte de dégager une élite, on traite mal ceux qui n’y appartiennent pas. Un exemple : l’ex-ministre Vincent Peillon voulait rapprocher le collège de l’école élémentaire. La réponse a été immédiate : vous allez baisser le niveau, sacrifier les élites, mieux vaut accepter le «massacre des innocents» en sixième… Or tous les sociologues savent que l’élite scolaire reflète les inégalités sociales…
… Certes, il faut dégager de bons élèves, mais cela ne nous dispense pas de nous occuper presque prioritairement de ceux qui ne le sont pas. Il faut compenser le mérite par l’idée qu’on a des devoirs envers ceux qui n’en ont pas. Et ici il y a un vrai clivage idéologique.

"La-Classe"
… Enfin, pourquoi ne pas repenser la division même en classes ? Envisager un collège modulaire, un parcours plus personnalisé des élèves, qui auraient à franchir une dizaine de paliers en français, en maths…en quatre ans ? Appliqué dans les pays scandinaves, ce principe fonctionne bien. Enfin, comme chez nos voisins du Nord, il plaide pour l'introduction de travaux manuels qui permettraient de valoriser la variété des talents des élèves…

Sans surprise, l'équipement informatique à domicile demeure le fait des enseignants. La dotation par l'établissement ou la collectivité stagne ou décroit.
Les collèges se révèlent moins dotés en ressources pédagogiques numériques que les lycées.
Les enseignants de sciences humaines/sociales et de sciences/production déclarent plus que les "littéraires" disposer de ressources.
La pratique hebdomadaire et la disponibilité des ressources se conjuguent.
Les plus jeunes semblent (encore) moins au fait que les autres enseignants…
… Principaux facteurs dissuasifs, pour les utilisateurs des TICE : la taille des groupes d'élèves (48 %), équipement informatique insuffisant (47 %), obsolète, défectueux, inadapté (46 %), débit réseau ou Internet insuffisant (42 %).

[ Enquête PROFETIC auprès de 5 000 enseignants du second degré - RAPPORT 2014 ]

… Les crédits mis à la disposition de la Caisse nationale d'allocations familiale (CNAF) pour subventionner la création de places ont en effet été sous-consommés à hauteur de 243 millions d'euros en 2013. Seulement 6000 places ont été décidées, contre 11000 prévues…
les communes connaissent des difficultés financières qui pourraient les détourner des projets d'accueil de la petite enfance. D'autant plus que le coût de création d'un berceau est passé de 18000 euros en 2000 à 34000 en 2013…


… Mais la généralisation de la semaine de 4,5 jours ne passe visiblement pas. Selon un sondage de l'institut CSA pour RTL, une nette majorité de sondés, 60%, contestent le bien-fondé de la réforme. Ils n'étaient "que" 47% il y a un an…
… 59% des Français ne veulent pas changer le système d'évaluation à l'école. 
Critiquées au quotidien, jugées démotivantes et parfois vides de sens, les notes font paradoxalement toujours figure de référence…
Le port de l'uniforme fait en revanche l’unanimité : 67% des sondés l’approuvent.  Il est considéré comme une bonne mesure pour lutter contre les inégalités sociales, que l'école ne parvient pas à combattre, selon 57% des Français.

[ Les français et l’école – CSA – RTL – sept. 2014 ]

"L'étude pointe une surreprésentation dramatique d'anciens élèves d’établissements scolaires privés (independent schools) ainsi que d’Oxford et de Cambridge parmi les institutions qui influencent tellement la vie du pays.  Il démontre que le Royame Uni est profondément élitiste"
… Si l'on tient compte du vivier beaucoup plus étroit des diplômés de grandes écoles, la France fait en réalité plus mal. Et bat l'Angleterre quant à l'entre-soi régnant au sommet du pouvoir.

… Notre principale proposition est de donner une place centrale à la pédagogie, ce qui passe par une réforme des concours de recrutement des enseignants. ..
… Derrière ces critiques, il y a l'idée du "modèle républicain". La République considère que le citoyen n'a pas de sexe, pas d'âge, pas d'appartenance. Dès lors, l'on pense que les élèves peuvent se départir de ce qu'ils sont en entrant en classe et que l'on peut tous les traiter de la même manière. C'est une erreur. L'école force les élèves à entrer dans un moule, elle crée du conformisme, et donc, de l'exclusion.

L’obligation de faire ne résout pas les difficultés de mise en place.
La rentrée des classes pose à nouveau la question des moyens et de la qualité des nouveaux temps liés aux rythmes scolaires. L'Association des Maires Ruraux de France signale que "l’école rurale déjà largement pénalisée ne doit pas être la victime collatérale de cette décision : celle-ci risque d’amplifier une école de la République à plusieurs vitesses".
Suite aux déclarations de prérentrée de la ministre, les maires ruraux estiment qu'ils n’ont pas besoin "d’injonctions de surveillant général".

 les 3 heures libérées par la réforme des rythmes scolaires mise en place en 2013 et 2014, nécessitent un redéploiement ou un développement de nouvelles activités périscolaires par les communes.
Elaborés dans le cadre d'un projet concerté associant tous les acteurs éducatifs, ces nouveaux temps éducatifs doivent être accessibles à chaque enfant sans discrimination et gratuits pour les familles.
Cette égalité de tous sur tout le territoire doit être garantie par l'Etat.
La FCPE demande la mise en place d'un financement pérenne des nouvelles activités périscolaires, prenant le relais du fonds d'amorçage à la rentrée 2016 et rappelle que l'argent public doit être réservé à l'Ecole publique.

Il est loin le temps de l’espoir, le temps de refonder pour de vrai, le temps où l’on imaginait quelqu’un se poser pour de bon et mener une action dans la durée, jusqu’au bout, un architecte / maître d’œuvre qui conçoive, planifie et mène à terme les travaux de remise à neuf dont l’institution Ecole a tant besoin…
… Les ministres passent, nous restons, dans nos classes.
La continuité de l’école, c’est nous, nous seuls. Et c’est anormal.

une influence de l’environnement proche de l’élève sur son parcours scolaire. Mais elle peut aussi simplement traduire, d’une part, le lien entre le parcours scolaire et le milieu social d’un élève et, d’autre part, celui entre le milieu social d’un élève et ceux de ses voisins …

[ Le retard scolaire à l’entrée en 6e : plus fréquent dans les territoires les plus défavorisés - INSEE - sept. 2014 ]

"Le-Redoublement
… Selon une étude citée par Le Figaro, les élèves qui redoublent le CP ne retrouvent aucun bénéfice les années qui suivent. Pire, certains sont perdus lorsqu'ils doivent réapprendre au même rythme que les autres.
… Du temps, de l'argent perdus, et une confiance en soi meurtrie jusqu'à l'âge adulte. C'est le triste bilan que dresse le Conseil national d'évaluation des programmes (Cnesco) du redoublement …

… Le fait de vivre dans une famille monoparentale augmente de 37 % la possibilité de redoubler, et celui d’avoir un père au chômage la multiplie par deux. A l’opposé, celui d’avoir une mère diplômée du supérieur divise par près de trois le risque par rapport à une mère s’étant arrêtée au collège…
La France reste fidèle à la pratique historique du redoublement. Une pédagogie traditionnelle, les faibles contraintes réglementaires, les procédures floues de décision quant aux critères de redoublement, la place essentielle laissée aux parents dans les décisions expliquent la résistance de cette pratique

La refondation avait pour tâche de réduire cette fracture historique qui pèse si fort dans les résultats de la France en matière d’éducation. La réforme territoriale ne fait rien de moins qu’anéantir ce projet par «le transfert aux régions […] des collèges[…]…
… Et si Najat Vallaud Belkacem intervenait pour donner un peu de sens à ce point de la réforme et confirmait la refondation? …
Un abandon, en silence. Une loi a été votée, le président s’était engagé à rapprocher école et collège. La réforme territoriale ne doit pas contredire cet engagement. Dans deux ans, si la direction n’est pas suffisamment marquée, l’école serait immanquablement «libéralisée»… 


… La «machine école», quoi qu’il arrive, continue de tourner grâce aux enseignants, administratifs, agents, cadres. Des solutions pour lutter contre l’échec scolaire, mieux accueillir les élèves, peuvent s’élaborer (ou pas!) à l’échelle du terrain, dans les établissements, dans les classes –les politiques et leurs réformes ne font que passer. On voudrait démontrer que le ministre de l’Éducation nationale ne sert à rien qu’on ne s’y prendrait pas autrement...

Comment en effet croire encore que l’éducation est une priorité du quinquennat de François Hollande quand la valse des locataires de la Rue de Grenelle bloque toute avancée importante dans la réforme de ce système qui ne va pas bien ? Si une partie des 900 000 enseignants vit ce départ comme un abandon, d’autres affichent leur dépit…
…  Même s'il est resté peu de temps, il n'a pas annoncé que le nombre d'élèves par classe serait drastiquement réduit à la rentrée prochaine ou que le corps des enseignants remplaçants serait abondé en conséquence afin de pallier toutes les absences des titulaires. Pour que de telles choses voient le jour, ce n'est pas d'un nouveau ministre que nous avons besoin, c'est d'une autre politique» …

26 août 1824 : un ministre de '' l'Instruction publique'' est nommé pour la première fois. C'est un homme, et même un évêque : Mgr Freyssinous !
26 août 2014 : pour la première fois, une femme est nommée à la tête du ministère de l' « Education nationale » : Najat Vallaud-Belkacem …
…  Un évêque pour commencer, et une femme pour finir.Un véritable miracle
Celui qui espérait calmer la fronde s'est retrouvé avec un large éventail de mécontents. Les opposants à la réforme sont restés vent debout. Ceux qui avaient mouillé la chemise dès la première heure se sont sentis trahis et abandonnés…

… En définitive, le ministre aura passé une bonne partie de ses 147 jours rue de Grenelle à gérer ces deux dossiers. Pour tenter de laisser une empreinte, Benoît Hamon a quand même ouvert un dossier qui lui tient à cœur : celui de l'évaluation des élèves. En finir avec la note sanction est un des ses credo, afin de rendre l'école plus douce, moins cassante et excluante. Un objectif noble, certes, mais

Du fait de la progression démographique et du développement des classes moyennes dans le monde, les systèmes éducatifs vont devoir former, d'ici 2050, autant d'étudiants que durant toute l'histoire de l'humanité réunie…
… Bien des pays, et la France en premier, ont également mis en place un système élitiste de sélection de «talents». Cet esprit de compétition – qui n'est pas très «égalité et fraternité» soi-dit en passant – laisse fort peu de place à un travail collaboratif…
… Il y a aussi chez nous la peur de l'échec et l'absence de deuxième chance. Il faut donc introduire d'urgence, dès le plus jeune âge, un «permis» de se tromper et un «devoir» d'explorer… 
«Le jugement à l’égard du fonctionnement de l’école élémentaire et maternelle se dégrade, celui à l’égard de l’élémentaire atteignant le niveau le plus bas enregistré depuis 2007.

La majorité des Français estime que la profession d’enseignant en primaire s’est plutôt dégradée ces dernières années.
Près de six français sur dix estiment que le métier d’enseignant a aujourd’hui une mauvaise image en France, cette perception étant néanmoins beaucoup plus positive que celle des enseignants eux-mêmes.
L’image des enseignants encore plus que celle de la profession est perçue comme s’étant dégradée au cours des dernières années.
Si moins d’un Français sur deux conseillerait à une personne de son entourage de devenir professeur des écoles, ils restent toutefois plus nombreux que les enseignants eux-mêmes à recommander ce métier.»

[ Les Français, l’Ecole, et le métier d’enseignant : quel regard aujourd’hui ? – Rapport SNUIPP – Harris


La dichotomie éducation-instruction (même si elle ne peut jamais être tenue jusqu’au bout) a en effet structuré en profondeur depuis la Révolution française le débat public sur l'Ecole …
… Si l'on doutait encore de l'option ''éducative'' (et même'' ultra-éducative'') de la création du ministère de l' «Instruction publique » (en dépit de son intitulé), le mieux est alors de suivre son premier titulaire, Monseigneur Frayssinous
Diwan, école laïque et gratuite, doit actuellement financer sur son propre budget les salaires des enseignants affectés aux classes créées depuis moins de cinq ans. Une charge financière importante, frein à l'ouverture de nouvelles sections. À l’instar de ce qui a déjà été mis en place au Pays Basque, Diwan souhaite un "aboutissement rapide" du dossier de contractualisation précoce. Une disposition par laquelle l'État prendrait en charge les nouvelles écoles Diwan sous contrat d'association dès lors que l'effectif d'une classe est identique à celui requis pour l'ouverture d'une classe bilingue dans l'enseignement public, soit 15 élèves de plus de 3 ans… 
«Des programmes nationaux devraient définir le minimum culturel commun, c’est à dire le noyau de savoirs et de savoirs-faire fondamentaux et obligatoires que tous les citoyens devraient posséder […]. Cette formation élémentaire devrait mettre l’accent sur les savoirs fondamentaux qui sont la condition de l’acquisition de tous les autres savoirs, et sur la disposition à acquérir des savoirs».
Cinquante après «les Héritiers», et trente ans après le rapport ''Bourdieu'' du Collège de France,
on en est toujours là...

À la manière d’une équipe de football formée d’individualités brillantes, mais maladroite dans le jeu collectif, la France a commencé à perdre du terrain. Notre pays a reculé économiquement, en comparaison de ceux qui, il y a vingt-cinq ans, avaient un niveau de vie comparable au nôtre ; mais il a aussi reculé socialement, avec un chômage qui s’est installé jusqu’à finir par sembler inéluctable …
...Si la France investit plus de 6 % de son PIB dans l’éducation, les dépenses par élève dans le primaire sont de 17 % inférieures à la moyenne de l’OCDE alors qu’elles lui sont largement supérieures en ce qui concerne le collège et surtout le lycée. ..
...En dépit de la situation budgétaire, c’est un domaine dans lequel il ne faut pas hésiter à investir des ressources publiques, pour permettre à tous les enfants d’entrer à l’école avec toutes leurs chances de réussite. Il est d’ailleurs certain qu’un tel investissement se justifie pleinement du strict point de vue de l’équilibre intertemporel des finances publiques...
 


La comparaison avec le coût inférieur de l’enseignement en Allemagneest visiblement restée en travers de la gorge du ministre  : «La comparaison des systèmes éducatifs sur la base de statistiques est un travail important mais qui ne peut constituer à lui seul un guide pour l’amélioration de nos politiques publiques, surtout si cette comparaison est réalisée à grands traits, et sans une certaines dose de subtilité dans l’analyse», tacle Benoît Hamon…
… Il rappelle ainsi à Jean Pisani-Ferry qu’il est représenté dans le comité de pilotage de l’évaluation de la politique de lutte contre le décrochage, «un moyen certes moins visible mais au moins aussi essentiel pour votre institution et l’avenir de notre pays, de formuler des propositions concrètes pour permettre la réussite scolaire du plus grand nombre»

… L'économiste Jean Pisani Ferry lui a répondu le 7 août (dans une tribune publiée par «Les Echos») que «par nature, une étude fondée sur une approche 'top down' ne peut prétendre à la même granularité qu'une investigation sectorielle spécifique. Inévitablement, l'étendue du champ couvert se paie d'une moindre précision…»
… Au collège, le coût salarial par élève en France (2.392 dollars), reste inférieur à la moyenne de l'OCDE : la France se situe à cet égard en 22ème position sur 28 pays
 
 
 


 

Dans certains pays, l’entrée des cantines scolaires 
est ainsi contrôlée par un dispositif de lecture optique sur lequel l’enfant pose distraitement sa main.
Des voix se sont élevées pour attirer l’attention sur les dangers d’un contrôle absolu et sans limites de la part d’un pouvoir qui disposerait des données biométriques et génétiques de ses citoyens. Avec de tels outils, l’extermination des Juifs (ou tout autre génocide imaginable), menée sur la base d’une documentation incomparablement plus efficace, eût été totale et extrêmement rapide. La législation aujourd’hui en vigueur dans les pays européens en matière de sécurité est sous certains aspects sensiblement plus sévère que celle des Etats fascistes du XXe siècle… 
Il y a 221 ans, le 6 Messidor, an I de la République, c’est-à-dire le 24 juin 1793, la Convention adopte et promulgue la Constitution de l’An I

« L’idée d’un grand peuple se gouvernant lui-même était si noble qu’aux heures de difficulté et de crise, elle s’offrait à la conscience de la nation. Une première fois, en 1793, le peuple de France avait gravi cette cime, et il y avait goûté un si haut orgueil, que toujours sous l’apparent oubli et l’apparente indifférence, le besoin subsistait de retrouver cette émotion extraordinaire. »
Jean Jaurès, Discours à la jeunesse, lycée d’Albi, 30 juillet 1903. 
… L’annulation du sommet de Turin (prévu initialement courant juillet) pour accélérer la mise en œuvre de «l’initiative pour l’emploi des jeunes» européenne, en dit long sur le désarroi des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne face à l’explosion du chômage des jeunes.

Un chômage qui les touche deux fois plus que leurs aînés pour atteindre 22% dans l’Union européenne et plus de 55% dans certains pays…
… En 2012, 42% des jeunes salariés avaient des contrats temporaires et 32% travaillaient à temps partiel (respectivement 4 fois et 2 fois plus que leurs aînés). Quant à ceux qui sont en décrochage scolaire et ne suivent aucune formation, plus de la moitié est au chômage en le subissant pour ses trois quarts…

Le constat est connu mais continue à s’accentuer à mesure que le temps passe.
La précarité de la jeunesse avance, de même que sa défiance envers le politique. Près de 50 % des personnes pauvres ont moins de 30 ans et 73 % des jeunes ne sont pas allés voter aux élections européennes. Alors que près d’un jeune sur deux pense que sa vie sera pire que celle de ses parents, un sentiment de révolte …
… la reproduction des politiques antérieures l’a emporté. Même reproduction des schémas qui ne fonctionnent pas, même empilement de dispositifs, même promesses qui éloignent un peu plus la jeunesse de ses représentants …

… En fait, explique-t-il, quand les libertariens parlent de liberté,
ils l'utilisent dans une acception différente de celle que nous présumons :
pour eux, la liberté n'est pas autre chose que la liberté économique. 
Les mots-clefs qu'ils utilisent à l'envi - comme "libre", "ouvert", "innovation" ou "efficacité" -
sont des valeurs abstraites qui plaisent autant à des gens de gauche que de droite.
Dans l'enseignement, ces mots évoquent
pour les gens de gauche un changement de paradigme dans le contexte scolaire, 
un appel à la créativité, quand à droite, cela évoque avant tout la libéralisation du système…

Ils ont fermé les yeux sur l’inexorable croissance des inégalités de l’école jusqu’à la fin de vie,
provoquées par la « mondialisation heureuse » d’Alain Minc,
laquelle crée de nouvelles pauvretés et transforme des pauvretés en misère…
… Ne sommes nous pas en train de suivre somnambuliquement de nouveaux somnambules, 
en attendant de nouveaux désastres ?..

N’avez-vous pas l’impression que le débat de société s’est exacerbé
ces derniers temps dans notre pays, notamment sur l’école ?
La vraie question qui se pose aujourd’hui est la capacité de la France à se réformer.
En ce qui concerne les sujets de société, nous sommes dans un emballement vertigineux très inquiétant.
Notre pays a du mal à s’adapter en douceur et procède par grandes crises successives 
où tout est remis à plat plutôt que par une avancée consensuelle.
On le voit aujourd’hui peut-être plus que jamais sur tous les sujets qui ont trait à l’école
L’ambiance autour de l’école est «trop nerveuse», d’après le ministre qui «ne veut pas ouvrir un nouveau champ de bataille».L’avantage en lançant le chantier de la notation, marronnier du débat scolaire, est que l’on ne parle plus des rythmes. Un bref répit ? Benoît Hamon est attendu début juillet sur les ABCD de l’égalité (filles-garçons), ce dispositif devenu la bête noire des militants anti-genre. Il devrait annoncer son abandon, tout en affirmant qu’il ne recule pas et que l’école transmettra la culture de l’égalité, sous une autre forme. 
… la question de la rémunération, pour importante qu’elle soit, ne suffit pas à traiter le sujet (on sortait en 1994 de la “revalorisation” Jospin). Elle souligne en revanche qu’aucune décision ni aucun ministre n’a su renverser la vapeur et donner le sentiment aux enseignants que le pays leur savait gré de leurs efforts…

Qu’ a-t-on fait pour aider les professeurs à réussir mieux avec leurs élèves ? Qu’a-t-on fait pour leur exprimer, concrètement, une reconnaissance collective ? Leur a-t-on proposé des formations qui répondent à leurs préoccupations ? A-t-on encouragé ceux qui s’engageaient au-delà de leurs obligations statutaires, notamment dans la mise en œuvre de projets de tous ordres - voyages, sorties, numérique, culture, etc. ? Les a-t-on suffisamment encouragés et accompagnés au quotidien ?
Il n’existe pas de réponse simple à ces questions

"Le-Code"
… de nombreuses personnalités, et même l'Académie des Sciences, estiment que l’école devrait apprendre aux élèves les rudiments de la programmation, laquelle favoriserait la réflexion, développerait la logique, l’entraide, la créativité et l’initiative, en sus d’un rôle de formation citoyenne.
Je sais ce que vous vous dîtes, je suis passé par là aussi : «Mais, je ne suis pas formé, moi, je sais à peine aller sur Facebook et créer une feuille Excel ! Et puis, on va faire ça où, dans notre salle informatique vintage ??». Rassurez-vous, il a finalement été décidé que cet enseignement du code se ferait à titre plus ou moins expérimental …

"Les-Rythmes"
… C’est le duo Ségolène Royal, alors ministre délégué à l’Enseignement scolaire et Marie-George Buffet, ministre de la Jeunesse et des Sports, qui casse cette dynamique en remplaçant cette forme de contrat coopératif par le Contrat éducatif local (CEL). Décision très politique pour bien marquer les territoires respectifs de l’animation et de l’éducation et faisant fi des bienfaits observés de la continuité éducative pour les élèves. Contrat qui isolera un peu plus l’école de son environnement …
… On touche là à l’un des défauts majeurs de notre système éducatif : dans la majorité de nos établissements scolaires, l’élève doit être passif, à l’écoute du maître et sans initiative...
… Après plus d’une décennie de ce régime scolaire, il ne faut pas s’étonner, comme récemment, que les jeunes ne participent presque plus aux élections, prennent de moins en moins de responsabilités associatives, syndicales ou électives et soient plus sensibles aux valeurs individuelles qu’aux valeurs collectives et citoyennes. Le début d’un changement à l’évidence dépend sûrement de l’école…

… «le nouveau cycle CM1-CM2-6ème contraint premier et second degrés au rapprochement pédagogique …»
… «Un grand nombre d’enseignants n’avaient même pas regardé ces textes avant nos visites et les ont découverts en séance. Certains en avaient entendu parler, mais sans vraiment y avoir réfléchi» …
«… Si des réponses ne sont pas rapidement données et des solutions trouvées..., le conseil école-collège s’inscrira dans la suite de toutes les mesures et incitations réitérées régulièrement...sans parvenir à franchir une étape décisive …»
[ La mise en place des conseils école-collège - Rapport conjoint IGEN / IGAENR - mai 2014 ]

…  L’école maternelle est une école bienveillante. Sa mission principale est de donner envie aux enfants d’aller à l’Ecole  pour apprendre, grandir et s’affirmer comme sujet singulier. Elle s’appuie sur un principe fondamental : tous les enfants sont capables d'apprendre et de progresser. En manifestant sa confiance à l’égard de chaque enfant, l’école maternelle l'engage à avoir confiance dans son propre pouvoir d’agir et de penser, dans sa capacité à apprendre et réussir sa scolarité et au-delà …
…L’école maternelle est un cycle unique et première étape pour garantir la réussite de tous les élèves au sein d’une école juste pour tous et exigeante pour chacun …
… L’institution est attentive à ne pas sous-estimer ni sur-estimer les inégalités socio-économiques, territoriales, culturelles ou entre filles et garçons pour éviter l’apparition précoce de difficultés scolaires …
[ Conseil Supérieur des Programmes - PROJET DE PROGRAMME ET RECOMMANDATIONS - ÉCOLE MATERNELLE – juillet 2014 ]

(Serguei - Le Monde - 14 08 14)
… "les emplois que les robots laisseront aux humains seront ceux qui nécessitent réflexion et connaissances. En d'autres termes, seuls les humains les mieux éduqués rivaliseront avec les machines. Et dans le système éducatif des Etats-Unis comme dans le reste du monde, les étudiants sont toujours assis en rangées et en colonnes, apprenant à rester tranquilles et à mémoriser ce qu'on leur dit, préparés à une vie dans une usine du XXème siècle."…
… “The jobs that the robots will leave for humans will be those that require thought and knowledge. In other words, only the best-educated humans will compete with machines. And education systems in the U.S. and much of the rest of the world are still sitting students in rows and columns, teaching them to keep quiet and memorize what is told to them, preparing them for life in a 20th century factory.”…

La mémoire travaille davantage lorsque l’étudiant réfléchit à ce qu’il écrit. Grâce à l’ordinateur, il va donc certes plus vite, mais il écrit de façon moins intelligente, comme le fait comprendre Daniel Oppenheimer: «Taper à la vitesse de la lumière encourage à transcrire ce que l’on entend, sans faire vraiment attention à ce qui est dit». …
Dust off those Bic ballpoints and college-ruled notebooks — research shows that taking notes by hand is better than taking notes on a laptop for remembering conceptual information over the long term…

La consommation énergétique des infrastructures du Web (serveurs, data centers…) pourrait représenter, en 2030, l’équivalent de la consommation énergétique mondiale de 2008, selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe)…
… Pour cela, les pays industrialisés, dont la France, devront avoir réduit leurs émissions de 80 % d’ici 2050. 
Or la consommation d’électricité dans le monde des fermes de serveurs (très majoritairement issue des énergies fossiles aujourd’hui) a explosé de 235 % entre 2000 et 2010. Rien ne garantit aujourd’hui que l’innovation technologique suffira à résoudre cette contradiction …
Pour garantir le respect du droit à l’énergie, mais aussi aux économies d’énergie et à l’information, la personne qui inspire le plus confiance n’est certainement pas Mark Zuckerberg…

Turbulences aériennes accrues, épisodes polaires et caniculaires toujours plus extrêmes, vagues géantes dans les océans : les spécialistes mondiaux du climat ont brossé un tableau apocalyptique de la météo des prochaines décennies lors d'un congrès international qui s'est conclu jeudi 21 août à Montréal…

… Le Guardian a réalisé une très intéressante et très courte vidéo de 90 secondes pour tout savoir sur la situation des toilettes dans le monde, on retient notamment que plus de gens ont accès à des téléphones portables qu'à des toilettes dans le monde.
2,5 milliards de personnes n'ont pas accès à des installations sanitaires

… Après avoir assisté à la naissance de l'iPhone dans les exploitations minières de minéraux rares, Jay Greene s'est interessé pour CNET.com au devenir d'un iPhone en fin de vie et au délicat problème du recyclage
… "Ce type de recyclage est pire que de ne rien faire. Il serait préférable de simplement les mettre en décharge."…
Mais c'est une bombe à retardement de 20 millions d'unités. "Tous deviendront des déchets électroniques et finiront à Guiyu"

à l'adolescence "la durée minimum de sommeil doit se situer entre huit et neuf heures et l'heure limite de coucher ne devrait pas dépasser 22h". A l'ère du numérique, le début des cours ne serait pas le seul problème des collégiens et lycéens.Les multiples écrans parasitent aussi le sommeil de nos adolescents

… le début des cours avant 8h30 est néfaste pour la santé des collégiens et lycéens. Le slogan? "Laissez les dormir". ..
"Les études montrent que les adolescents qui dorment suffisamment ont moins de risques d'obésité et de dépression... Ils ont de meilleures notes et une qualité de vie plus élevée"
… A l'ère du numérique, le début des cours ne serait pas le seul problème des collégiens et lycéens. Les multiples écrans parasitent aussi le sommeil de nos adolescents. ..

… Outre que la plupart d’entre nous dorment moins qu’aux siècles précédents (on serait passé de 10 heures en moyenne à 8 heures, puis à six heures), des sources de lumière nous alertent en permanence (écrans, lampes-témoins, vitrines vues du dedans). Les appels de la machine capitaliste nous «branchent» sans interruption, nous disant que nous avons la chance d’appartenir au grand réseau, ce à quoi nous nous soumettons sans peine. «La soumission à ces dispositifs, écrit Crary, est à peu près irrésistible, étant donné l’appréhension de l’échec social et économique, la peur de se faire distancer, d’être considéré comme démodé. Les rythmes de consommation technologique sont inséparables d’exigences d’autoadministration permanente.»

  Pouce !
"Nous suivons le programme commun, mais avec des méthodes d'apprentissage très différentes"…
… "Les problèmes des élèves en difficulté viennent du fait que leur forme d'intelligence n'est pas valorisée dans le système actuel, uniquement focalisé sur la forme logico-mathématique et la forme verbale", reprend le responsable du collège. Tout Français le sait bien : à l'école de feu Jules Ferry, mieux vaut avoir l'esprit "intello" plutôt qu'une âme d'artiste…


 
 

Nos ados ont les idées noires. Quand on est âgé de 10 à 19 ans, la dépression est la principale cause de maladie et de handicap selon un rapport publié mercredi par l'OMS (Organisation mondiale de la Santé) sur la santé des adolescents…

… enquête internationale de l'OMS ? «Globalement dans la moyenne» explique Emmanuelle Godeau, du service médical du rectorat de Toulouse, responsable de l'enquête HBSC en France. Cette étude révèle que, concernant «la perception qu’ils ont de leur état de santé général, les jeunes Français font un peu mieux que la moyenne des autres adolescents européens, qu’ils aient 11, 13 et 15 ans»…

Année scolaire 2014–2015
Vacances de la Toussaint : du samedi 18 octobre 2014 au dimanche 2 novembre 2014 pour toutes les zones. 
Vacances de Noël : du samedi 20 décembre 2014 au dimanche 4 janvier 2015.
Le calendrier complet toutes zones.

Une vie lycéenne moribonde
La vie lycéenne vivote en effet depuis vingt ans grâce à l’impulsion des quelques rares proviseurs impliqués ou des conseillers principaux d’éducation qui ont la confiance des premiers. Le plus souvent, ce sont les lycéens eux-mêmes qui rappellent les textes aux chefs d’établissement et les contraignent, en faisant le siège de leur bureau, chaque automne, à organiser les élections, à mettre en place les réunions des CVL, à consulter les dits CVL avant chaque conseil d’administration, à susciter les projets d’établissement… à faire vivre la démocratie lycéenne, tout simplement.
Il suffit, pour s’en convaincre, d’interroger quelques lycéens à ce sujet ou, mieux, quelques élus de la vie lycéenne. Il peut être intéressant aussi de faire, comme je l’avais fait récemment, une lecture attentive des règlements intérieurs des lycées dans lesquels, bien souvent, les droits mêmes des lycéens (expression, publication, réunion, association…) sont bafoués, au mépris des textes officiels et de la loi

À une période où l'engagement des jeunes pour la défense des principes de la République est primordial, la présente circulaire vise à donner un nouveau souffle à la participation des lycéens à la vie de leur établissement. L'apprentissage de la citoyenneté et du vivre ensemble est un objectif pédagogique aussi important que la transmission des savoirs…
… Il revient ainsi aux chefs d'établissement de veiller aux respects des droits et libertés des lycéens et d'en faciliter l'exercice : libertés d'expression, dont le droit de publication et le droit d'affichage (articles R. 511-6, 7 et 8 du code de l'éducation), d'association (article R. 511-9) et de réunion (article R. 511-10)…

… À première vue, les semaines de l’engagement lycéen, instituées du 30 septembre au 18 octobre 2013, n’ont pas rempli leur objet premier, c’est - à - dire une augmentation du taux de participation aux élections pour le renouvellement partiel des conseils des délégués pour la vie lycéenne (CVL)…
Ce constat globalement négatif cache cependant une réalité très inégale selon les académies et les types d’établissements, avec, çà et là, des hausses du taux de participation aussi spectaculaires que les baisses…
[ Note d’étape sur les dispositifs destinés à favoriser la vie lycéenne et la mise en place de l’acte II de la vie lycéenne : les semaines de l’engagement lycée. ]

Voici 40 ans – le 5 juillet 1974 -  le président Giscard d'Estaing tenant une promesse électorale surprit tout son monde en faisant passer la majorité civile et électorale de 21 à 18 ans…
… Aujourd'hui se pose la question de franchir une nouvelle étape eu égard à la plus grande maturité avancée des jeunes et à leur implication dans la vie quotidienne, tout simplement du fait de leurs compétences même si crise oblige, nombre de jeunes jouent les Tanguy au domicile parental ;
Françoise Dolto militait déjà dans les années 80 pour l'émancipation à 13 ans.
Sans aller jusque-là
 

Des demandes d’engagements concrets


Les-Droits-De
Un enfant est tranquillement assis dans une pièce avec un marshmallow. Et il ne le mange pas, puisqu’on lui a promis qu’il en aurait deux autres un peu plus tard s’il résistait à la tentation pendant un quart d’heure. Ce petit est un parangon de retenue, un expert ès gratifications différées. Il continuera – c’est en tout cas ce qu’affirment les psychologues – à faire preuve de la rectitude nécessaire pour décrocher ces récompenses si douces et difficiles à obtenir que sont la réussite scolaire, l’argent et la santé…
Que faire des enfants non-conformistes?..
Empruntant déjà aux idées de Taylor, l’école n’était guère conçue pour encourager l’esprit critique. Elle ne l’est pas davantage aujourd’hui, tant le salaire et la sécurité de l’emploi des professeurs dépendent de la réussite des élèves aux tests standardisés. «Ce que nous enseignons aujourd’hui, c’est l’obéissance, la conformité, le respect des instructions»

  "Droits de l'enfant"


Cette précarisation du marché de l'emploi touche en tout premier lieu les jeunes. Alors qu'en 1982 plus de 80 % des 15-24 ans salariés étaient en CDI, ils ne sont plus que 50 % en 2012 (contre 90 % pour les 25-49 ans) ! Même une fois retirée la proportion de jeunes en contrats d'apprentissage, l'écart avec les 25-49 ans reste considérable : 22,9 % des moins de 24 ans ont un CDD, contre à peine plus de 7 % pour les 25-49 ans. Le contrat précaire apparaît donc dans ce cas un passage quasi obligé de début de carrière…

… On entend souvent l'argument selon lequel "on n'a pas besoin de connaître la mécanique pour apprendre à conduire". L'absence de professeurs formés en nombre suffisant est également un frein pour beaucoup de ses adversaires, qui la jugent infaisable.
Entre ceux qui ne jurent que par l'introduction de l'informatique comme un enseignement obligatoire, et ceux qui ont peur que l'on veuille transformer le primaire en une prépa à l'Ecole 42, il existe pourtant des pistes pour initier les enseignants et favoriser un passage du périscolaire au scolaire, sans avoir à attendre une réforme du socle commun qui prendra des années…


"Le-Redoublement"
... D’après l’OCDE, 28% des élèves français de 15 ans ont redouble au moins une fois, contre 12% en moyenne dans les pays membres. Cette pratique est non seulement coûteuse (près de deux milliard d’euros par an dans l’enseignement obligatoire), mais inefficace ; l’élève qui décroche perd plusieurs mois de son année et rencontre souvent les mêmes difficultés l’année suivante

"La-Carte"
Agnès Van Zanten : "l'école est un grand marché..."
 

le décret (n° 2014-800 du 15 juillet 2014) organise les conditions dans lesquelles les services de l'éducation nationale travaillent avec les conseils généraux qui veulent mettre en œuvre la possibilité qui leur est offerte par l'article L. 213-1 du code de l'éducation, dans sa rédaction issue de la loi du 8 juillet 2013, de prévoir, afin de favoriser la mixité sociale, qu'un même secteur de recrutement est commun à plusieurs collèges publics situés à l'intérieur d'un même périmètre de transports urbains…

«Le plus drôle, c’est que les écoles privées, à force d’accueillir tous ces élèves qui fuient le système public finissent par être les seules qui abritent une vraie mixité sociale!» 
On peut modestement rappeler que le rôle de l’Éducation nationale, des communes, des départements, leur responsabilité, serait d’éviter la constitution et le renforcement de ghettos scolaires. Une conception intelligente des cartes scolaires, le maintien des équipes enseignantes en place, des propositions pédagogiques efficaces …

"Le(s)-Bac(s)"
En réalité, c’est l’expansion des baccalauréats professionnels (créés par le ministre de l’Education nationale Jean-Pierre Chevènement en 1985) qui assure quasiment toute la progression du taux de bacheliers dans une classe d’âge depuis une vingtaine d’années : 23,7% de bacheliers professionnels dans la classe d’âge de 2014 contre 8% dans celle de 1994…
… les «objectifs de Lisbonne» envisagent 50% d’une classe d’âge à bac+3 («bac + licence»). Difficile à atteindre alors que la part des bacheliers généraux et technologiques dans une classe d’âge stagne obstinément à peu près à cette hauteur depuis vingt ans…
… alors même que Jacques Chirac n'a pas hésité à dire à la «Convention sur l'éducation et la formation» tenue par les partis de droite en janvier 1990 que «80%, ça n'a pas de signification, car il n'y a pas 80% d'élèves aptes à s'ouvrir à l'étude des concepts»

L’objectif des 80% d’une classe d’âge a banalisé la complexité du système et en conforte la (large) part d’illusion. Parler de « pourcentage » construit un objet bac qui n’existe pas. Il n’y a pas « le bac » mais DES baccalauréats
… Cette interrogation passe par la redéfinition de la place de la licence, en conformité avec les objectifs de la France au regard de la stratégie de Lisbonne

Une pratique bizarre et discutable, qui renvoie à une équation très française : l’université doit accueillir tous les bacheliers qui le demandent avec interdiction de sélectionner, mais sans que l’Etat n’augmente les moyens alloués en proportion, et l’injonction de diminuer l’échec en première année ainsi que l’obligation de mieux insérer les étudiants professionnellement…
… Il y a aussi un phénomène de propagation. Dès lors qu’une université fixe des capacités maximales à une licence, les autres facs ressentent la pression des candidats recalés. Et sont incitées à adopter, à leur tour, des plafonds…
«Ce type de débat n’est pas à l’ordre du jour.» En clair, le gouvernement n’a aucune envie de s’attaquer à un sujet tabou, une ligne rouge pour les principales organisations étudiantes…
«Le système est arrivé à ses limites, estime Anne Fraïsse, il faut regarder les vrais problèmes et cesser d’utiliser l’université pour masquer le chômage…

Quarante-deux établissements d'enseignement supérieur sont «hors-la-loi», dénonce l'Union nationale des étudiants de France (UNEF, syndicat majoritaire). Dans un communiqué publié mercredi 16 juillet, l'organisation étudiante accuse 14 de ces universités et grandes écoles de pratiquer des «frais d'inscription supérieurs au montant fixé nationalement par le ministère» et 33 universités de «sélectionner les étudiants à l'entrée de la licence et du master», et ce,« en toute illégalité »

Cela remonte à la mise en place de l’autonomie. On leur a transféré des charges sans leur donner les moyens correspondants. Elles se sont retrouvées à gérer la pénurie et à recourir à cette pratique qui va à l’encontre de leur mission de service public.
 «Le tirage au sort est scandaleux, comme toutes les méthodes disant aux bacheliers qu’ils n’ont pas le choix de leurs filières. Certains vont renoncer à poursuivre leurs études. D’autres devront s’inscrire ailleurs sans l’avoir choisi, ce qui contribue à l’échec…

La création des 60 000 postes reste en revanche menacée par plusieurs facteurs. En premier lieu la crise du recrutement. 3396 postes n'ont en effet pas été pourvus en 2013. Cette tendance ne devrait pas être démentie en 2014…
… Au total, malgré l'objectif répété de créations de postes, le nombre d'enseignants titulaires (primaire, privé, public et privé confondu) aura reculé entre l'élection de François Hollande et la fin de l'année 2014. Et ne devrait pas beaucoup augmenter d'ici 2017. 

Il y a tout d’abord les sujets chauds à traiter dans l’urgence : les ABCD de l’égalité, sur lesquels le ministère vient d'opérer un spectaculaire recul, la circulaire pour la refondation de l’éducation prioritaire, ou le suivi de la réforme des rythmes scolaires. La réforme qui monopolise le débat médiatique sur l’école depuis des mois n’occupe dans ce rapport que quelques pages, comme si l’administration voulait signifier que ce n’est qu’une réforme parmi d’autres …
… En clair, l’objectif des 60 000 créations de postes sera très compliqué à tenir et, pour l'instant, le compte n'y est pas
«La résorption du décrochage (stock) stagne depuis des années», le «stock» représentant la somme cumulée des quelque 140 000 jeunes qui décrochent chaque année. De plus, le «volume des jeunes pris en charge dans le cadre de la remédiation reste faible»
/.../ Le rapport rappelle l’existence d’une note demandant plus de rigueur dans l’octroi de dérogations :
 «Il n’y a pas lieu d’accorder des demandes de dérogation qui se ferait au titre de la convenance personnelle qu’elle soit en raison d’offre pédagogique ou d’autres motifs, sauf situation exceptionnelle à étudier au cas par cas.» ...
[ le rapport ]

"La-Carte-Scolaire"
… Ce qui m’énerve, ce sont les dames-patronnesses qui disent : «On est tous de toutes les couleurs, qu’est-ce que c’est chouette !» Oui, je le pense aussi, mais ça ne va pas m’empêcher de remarquer ce qui se passe autour de moi. Il y a des gamins noirs, et je ne vais pas dire qu’ils sont blancs. Elles, elles ne disent pas «mes pauvres», comme au XIXe siècle. Mais elles disent «je vais voir "mes roms"».
Voilà les bobos bien-pensantes, bien contentes d’habiter là, mais gênées quand leurs enfants fréquentent trop les enfants des hôtels sociaux de Couronnes, où vivent des sans-papiers. À l’anniversaire, on en invite un, mais c’est tout…
Les-Droits-De
80 % ont un compte bancaire à 15 ans et que 67 % gagnent déjà de l'argent. Fallait-il entrer dans le protocole de l'OCDE pour apprendre cette information qu'un institut de sondage aurait fait émerger sans faire plancher 1068 élèves de 225 établissements ? En 2010, quand cette nouvelle évaluation a été créée, la question s'est posée…
… L'organisation internationale avait pourtant bien fait les choses. En rendant gratuite la participation à la première session, elle espérait appâter. L'OCDE cherche à innover et à se diversifier dans ce secteur lucratif de l'évaluation des élèves, où elle s'est imposée.
Outre cette envie de devenir évaluateur à tout-va, l'OCDE veut aussi faire passer sa vision du monde
… il est urgent que chaque adolescent apprenne à gérer son argent de poche : il en va de l'avenir de la planète…

"Les-Notes"
… L'affrontement, comme si souvent en matière pédagogique, sera donc purement idéologique et renverra à cette simple question : quelle société souhaitons-nous construire - étant entendu que l'école en est la matrice autant que le miroir? Or rien ne dit qu'une majorité de français, de droite comme de gauche, souhaite un monde où les rigueurs de la sélection s'atténueraient. Le gouvernement lui-même la tient pour une vertu …
Croire qu'une commission suffira à déminer ce terrain hautement inflammable et à poser les bases d'une réelle refondation de l'évaluation scolaire semble, dans ce contexte, quelque peu hardi. Le précédent des rythmes scolarises est là pour le prouver.

… toujours en vertu de ce sentiment profondément ancré que «nous, on en est pas mort, alors pourquoi changer», en France on a du mal à imaginer une autre manière de faire que celle qu’on a connue, particulièrement pour les notes, que 75 % des français ne veulent surtout pas voir disparaître. On notera au passage qu’il est souvent reproché aux profs de ne vouloir rien changer, ma foi on voit que ce trait est bien partagé…
… ce que Benoit Hamon souhaite faire, dans le sillage de Vincent Peillon, a déjà été mis en place très officiellement dans une circulaire datant… de 1969 ! Mais n’a jamais été appliqué, ce qui devrait tout à la fois ramener les ministres à une certaine humilité et plonger les réformistes dans un peu plus de dépit…
… Quel stress, cette histoire d’évaluation, la vache ! Ils ont 6 ans et ils sont déjà dans la compétition, la comparaison, la moquerie, les larmes

"Les-ABCD"
«il ne peut être proposé de renoncer au projet» mais «il n’est pas non plus possible de penser généraliser le dispositif expérimental sous les mêmes formes et dans les mêmes termes qu’en 2013». Des conclusions pas faciles à entendre dans les 275 écoles pionnières. Celles-ci n’ont jamais fait des ABCD de l’égalité un «outil miracle» ; elles ont souvent pointé – et vécu – ses limites. Elles n’en ont pas moins endossé les attaques, assumé les pressions. Pour rien ?..

...Les ABCD de l’égalité étaient-ils devenus cet «étendard» risquant de transformer l’école en un «champ de bataille»? Les mots sont ceux du ministre de l’éducation, Benoît Hamon, qui, tout en réfutant l’abandon de l’expérimentation sous la pression des «anti-genre» …
… Les inspecteurs le reconnaissent : c’est un «phénomène inédit, d’une réelle violence symbolique pour les enseignants et souvent générateur de doutes» qui vient d'arriver. Il «bouscule l’école en l’obligeant à réfléchir à tout ce que l’on appelle aujourd’hui "éducation à..."»…
[ Évaluation du dispositif expérimental « ABCD de l’égalité » - Rapport juin 2014 – pdf ]

… Les ABCD de l’égalité sont des modules pédagogiques intéressants et efficaces, ce sont ceux qui les ont utilisés qui le disent… Mais ils ne font que mettre en acte le vrai programme de l’école: Liberté, égalité, fraternité. Au fond ce doit être parce que cette devise ne plaît pas à Farida Belghoul qu’elle a déscolarisé ses enfants…
… l’évaluation par compétences a du sens, j’ai rencontré beaucoup d’enseignants qui pensent qu’elle peut aider des élèves à progresser. Mais ne risque-t-on pas, une fois encore, de perdre du temps à parler de changements qui ne viendront pas, ou pas vraiment s’ils rencontrent trop d’opposition? Des sujets, dont la fonction est aussi, est surtout au fond, de remplir l’agenda de communication du ministre? 
Pendant ce temps, environ 20% des élèves qui sortent de CM2 ne maîtrisent pas suffisamment la lecture et les mathématiques pour suivre convenablement au collège. Et l’école française, de la maternelle à la terminale, reproduit les inégalités sociales mieux que n’importe où dans le monde.



… l’émergence inquiétante d’un véritable phénomène de société qui fait de plus en plus partie de la sexualité des jeunes.
Alors que sa prévalence est difficile à établir -entre 2,5 et 20% des adolescents auraient déjà envoyé une image intime via leur mobile et jusqu’à 40% en auraient reçu au moins une-, le sexting
… menée sur plus de 1.300 collégiens, âgés en moyenne de 12 ans, dans le cadre de la CDC and Prevention's Youth Risk Behavior Survey  apporte un nouvel éclairage sur le lien entre «sexting» et comportement sexuel à l'adolescence et de déterminer si le sexting fait partie intégrante du « flirt » et du comportement sexuel des plus jeunes ou reste marginal et associé aux comportements à risques…

En Virginie, comme dans 19 autres Etats américains, la loi assimile les «sexting» entre mineurs à de la pornographie infantile passible d’une peine de prison, même si les images incriminées «viennent de vous, en tant que mineur», a précisé l’avocate.
Dans un éditorial engagé, le Washington Post affirme que le comportement du jeune accusé «le met dans une catégorie de près de 30% de ses pairs» adolescents habitués à «sexter» et appelle à un nettoyage des lois en la matière.

Oui, sur Facebook, nous sommes 1,2 milliard de rats de laboratoire
Le réseau social s'est permis une expérience psychologique sur près de 700.000 utilisateurs en toute opacité, pour évaluer son "pouvoir d'influence"…
… Jamais une entreprise n'a eu une telle possibilité d'influencer ce que nous pensons et ce que nous ressentons", pointe le "Wall Street Journal" dans un éditorial.
L'éditorialiste Christopher Mims extrapole l'étude pour dessiner un scénario de film catastrophe où le Big Brother Facebook peut "manipuler" les idées de ses utilisateurs. Il pointe que les médias se concentrent sur les problématiques en termes de vie privée face au flot d'informations personnelles dont peu disposer Facebook (orientation sexuelle, politique, religion, etc.), mais "et si" le réseau social utilisait plutôt ces données pour "influencer votre état d'esprit afin d'atteindre un objectif particulier".

… Car il ne faut pas l’oublier, la vocation première des Facebook, Google et autre Twitter n’est pas de faire progresser la science, mais leur chiffre d’affaires. Tous les jours, la trentaine de chercheurs de la Data Science Team de Facebook mène en toute discrétion - et en toute légalité - des études sur les utilisateurs du réseau social. Tous les jours, le fil d’actualité est manipulé par un algorithme ultracomplexeà des seules fins publicitaires
… Au final, toute expérience vécue sur Facebook est entièrement construite par Facebook», écrit-il sur son blog. Oui, le réseau social joue avec nos émotions.Ce n’est pas nouveau et pas prêt de s’arrêter

«Tant que personne ne vous dit non, vous pouvez continuer à utiliser leurs données.» Mon idée était donc de montrer aux entreprises que l'on peut faire appliquer la loi européenne.
Actuellement, en Europe, nous ne faisons que nous lamenter que la vie privée ne soit pas respectée en ligne et du fait que les entreprises ne respectent pas la législation européenne…
… En fait, nous voulons que le réseau social se soumette à différents points de la loi, comme par exemple avoir des politiques de confidentialité compréhensibles…
… L'une des principales incompréhensions, c'est que nous ne sommes pas au Far West. On ne peut pas mettre n'importe quoi dans les termes…

  Pouce !


Tous les élèves n’ont pas les mêmes probabilités d’avoir leur bac selon le lieu où ils vivent. Mieux vaut être scolarisé dans l’académie de Rennes, Nantes ou Grenoble (+de 90% de taux de réussite au bac), qu’à Créteil, Amiens ou en Guadeloupe. L’échec scolaire varie assez fortement d’une académie à l’autre. A Amiens ou en Corse, plus de 15% des 18-24 ans sont sortis du système éducatif sans diplôme en 2010. Ils étaient deux fois moins à Rennes, et autour de 5% à Paris…
 

"Les-Rythmes"
Il ne reste de la réforme initiale que son squelette : cinq matinées d’école sont obligatoires avec le mercredi - ou le samedi par dérogation - pour «mieux apprendre», les enfants étant plus concentrés le matin. Tout le reste est désormais négociable. Les activités périscolaires peuvent être regroupées sur une après-midi, le vendredi par exemple, ce qui entraîne une coupure de deux jours et demi jugée trop longue par les chronobiologistes. Les journées de cours peuvent rester à six heures, ce qui, selon les experts, est trop lourd. En autorisant ces dérogations, le ministre prend le risque d’un nouveau grand bazar à la rentrée. De nombreux parents s’interrogent ...

Seulement 5% des enseignants français estiment que leur métier est valorisé par la société. C’est l’un des résultats les plus inquiétants de l’enquête Talis dévoilée ce mercredi par l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), qui interroge sur les conditions de travail et d’apprentissage des enseignants dans 34 pays…
… Si 90% des professeurs français affirment maîtriser le contenu de leur matière, ils sont ceux qui s’estiment le moins bien préparés à la partie pédagogique de leur métier (6 sur 10, contre une moyenne de 9 sur 10)…


"Les-notes"
On-ne-touche-pas à nos bonne vieilles notes sur 20 ! Agées d'un siècle et demi, elles apparaissent aujourd'hui encore comme le symbole même de la méritocratie. Dans notre imaginaire, ces notes sentent bon la plume sergent et l'encre violette. Elles symbolisent l'école laïque et républicaine, celle qui récompense chacun selon ses mérites. Et pourtant...

Et si on recopiait la circulaire  «Edgar Faure» du 6 janvier 1969 sur les notes?
L’histoire ne repasse jamais les plats, dit-on. Et la tentative a échoué en son temps. Alors, ne copions pas;
mais relisons-là au moins pour ses  «attendus».
«Le développement des méthodes actives, des travaux d’équipe, ont rendu familiers des procédés de stimulation et d’émulation qui ne risquent pas d’engendrer un  «esprit d’âpreté» déplaisant, et surtout n’ont point sur les élèves qui ne figurent pas dans le «peloton de tête» les effets décourageants que maintes études psychopédagogiques ont mis en lumière …

Et les enseignants sont invités à abandonner «sans regret» le système de notation mis en place à la fin du XIXième siècle pour revenir à des «appréciations globales» symbolisées par les lettres A,B,C,D accompagnées d'indications détaillées…
Nombre de réformes se sont heurtées à de sérieuses résistances, en particulier celle de la notation (notamment dans l’enseignement secondaire). La circulaire ministérielle d'Olivier Guichard du 9 juillet 1971 en tient partiellement compte : «pour les classes d'examen, les résultats seront exprimés sous forme de notes de 0 à 20… ».
… Dans le secondaire, durant ces années post-soixante-huitardes, le SGEN (le syndicat enseignant qui s’est le plus engagé pour des évolutions éducatives et pédagogiques) perd nettement des voix, tandis que le syndicat le plus conservateur (le SNALC) en gagne – lui - très nettement…

... L’évaluation doit permettre aux enseignants et aux enfants de mesurer les progrès accomplis et ceux qui restent à accomplir. Il faut qu’elle soit plus exigeante, qu’elle en dise plus; qu’elle soit bienveillante et qu’elle stimule au lieu de décourager…
… Il faut sortir d’une posture idéologique à l’égard de la note ou de l’absence de note.
La note doit être utilisée à bon escient. Elle est utile, mais, quand elle paralyse, on doit lui substituer d’autres formes d’évaluation. La note ne doit pas être l’unique étalon

"Innovations"
La question est : ce que je fais aide-t-il les élèves à progresser, peuvent-ils progresser davantage si je fais les choses autrement ?...
… Alors le premier qui vient me reprocher, l’année prochaine, de refaire la même chose en géo ou en rédaction, je lui dirai ceci : «Dis donc, coco, j’ai bossé dur pour arriver à ce truc qui fonctionne, alors t’es bien gentil mais je compte le garder ! Et tiens-toi bien : il est fortement question que je refasse la même chose l’année prochaine encore.

l'ABCD
«On ne renoncera pas à l'ambition, mais on s'apprête à en renouveler les modalités, en misant sur la formation des enseignants, en respectant leur liberté pédagogique», se défend-on Rue de Grenelle, en promettant un «plan d'action» pour lundi 30 juin.
Sacrifier les «ABCD», expérimentés depuis l'automne dans 275 écolessur 48 000 –, pour que les enseignants, pris pour cible par les lobbys traditionalistes, puissent endosser plus sereinement leur mission ? C'est le message que s'échine à faire passer le ministre de l'éducation, Benoît Hamon...

Marchant sur une ligne de crête sur ce sujet comme sur bien d'autres depuis son arrivée, Benoît Hamon regrette que les communiqués sur l'école ressemblent tous "à des champs de bataille". Je veux apaiser, a-t-il déclaré mercredi 25 juin sur France-Culture . "Je veux qu'on arrête d'emmener dans l'école, le débat des adultes". Le ministre de l'Education nationale paye, aussi l'impéritie d'un gouvernement piégé par son incapacité à expliciter sa vision et sans cesse pris en otage par les protestaires, y compris les extrémistes. 

Nous voulons la généralisation des ABCD parce que renoncer aux engagements est désastreux pour la démocratie et qu’il en va du bien-être des enfants. Votre volonté affichée de faire de l’égalité un marqueur identitaire de votre politique a soulevé l’espoir de voir se concrétiser le projet de progrès qui nous rassemble : faire grandir cette société égalitaire. Cette volonté pourrait donc être tuée par le lobbying de quelques organisations réactionnaires, dont le projet ne trouve aucune convergence avec celui que vous nous aviez promis de défendre ?
Nous voulons la généralisation des ABCD parce que ce dispositif est innovant. Il est salutaire.
Et il a fait ses preuves sur le terrain

… Le 27 mai, lors d'un tête-à-tête à Matignon, le chef du gouvernement et le ministre de l'Education nationale se rendent à l'évidence : il faut sacrifier l'"ABCD de l'égalité"
L'expérimentation menée en France depuis septembre 2013 dans 275 écoles primaires ne sera pas généralisée à la rentrée 2014. Les croisés antigenre ont eu la peau de cette formation sur l'égalité filles-garçons destinée aux enseignants. Cible d'une spectaculaire opération de désinformation, ce dispositif est enterré. Le 20 juin au plus tard, le doyen de l'inspection générale aura remis au ministre le rapport d'évaluation. L'acte de décès, que François Hollande a entériné, sera annoncé dans la foulée.

Faudrait-il alors abandonner la mixité scolaire ? Cette thématique a fait rage dans les milieux anglo-saxons et québécois, au tournant des années 2000. En France, la remise en cause de la mixité est conçue comme une déstabilisation des idéaux républicains. D’où la convention ministérielle récente, qui met en place un programme de renforcement de la lutte contre les préjugés sexistes. Le programme «ABCD de l’égalité» entend fournir aux enseignants des outils et des ressources pédagogiques visant à traquer les stéréotypes dès la maternelle autour de certaines questions: «La danse est-elle réservée aux filles?» «Une femme peut-elle être pompier?» «Un homme peut-il être sage-femme?» Etc. 


Si on augmentait le salaire des enseignants de 20%, je ne suis pas sûr qu’on améliorerait considérablement le recrutement. D’ailleurs, regardez : un maître de conf’ de fac est payé autant qu’un prof de lycée. Or, des centaines de candidats se présentent quand vous ouvrez un poste à la fac…
… L’image qui s’est répandue, c’est que tous exercent dans des collèges de ZEP violents, ce qui est rarement le cas.
L’image de l’école elle-même s’est renversée : l’école qui intégrait la société, qui fabriquait des citoyens, qui les préparait à vivre quelque chose de commun a laissé place à l’image de la machine à diviser, à trier, à créer des inégalités

conduire 80% d’une classe d’âge au niveau du baccalauréat. Trente ans après, nous y sommes ou presque : 73% des élèves l’ont décroché..
… Formidable mutation qui a permis à notre pays de gagner la bataille du nombre mais qui, dans le même temps, a perdu celle de la démocratisation d’accès à la réussite. Les enquêtes le démontrent ; les résultats de l’école française sont médiocres comparés à ceux des pays similaires. Pire, en France, l’origine des élèves pèse plus lourdement dans leur destin scolaire. Loin de corriger les déterminismes sociaux, familiaux, ethniques, l’école a tendance à les aggraver. Devant ce gâchis scolaire, démocratique, économique, c’est le chacun pour soi qui domine, celui des familles, celui des enseignants, celui des collectivités locales.
L’affaire des rythmes scolaires vient de le démontrer de manière flagrante…
Mais au-delà des politiques et des belles intentions, les trois bacs sont loin de se valoir. Ils demeurent inégaux scolairement et socialement, avec une hiérarchie claire. En simplifiant beaucoup, les meilleurs élèves et les moins bons issus de milieux favorisés choisissent les séries générales. Les plus faibles scolairement, en particulier ceux issus de milieux populaires, sont destinés au professionnel. Et les élèves moyens atterrissent souvent en technologique. Cela n’exclut pas que des lycéens choisissent de bon cœur une série pro ou techno avec un projet précis…

Monsieur le Ministre,
Les directrices et les directeurs d'école, déçus par le traitement du dossier qui les concerne, ne diffuseront pas votre lettre aux parents sur la réforme des rythmes scolaires jusqu'à ce qu'un calendrier précis programme la mise en œuvre des mesures décidées pour reconnaître notre métier …
"Les-Rythmes"
 aider les parents à prévoir cette rentrée compliquée par la réforme des rythmes scolaires. Mais le site 5matinees.education.gouvmontre tout autre chose. Le temps périscolaire, vanté comme un accès pour tous et gratuit à des activités, semble avoir été escamoté.
Première surprise: les résultats sont parfois loin d'être similaires aux informations diffusées par les mairies…
… l'assouplissement contenu dans décret Hamon sur les rythmes scolaires a finalement offert aux maires l'opportunité de contourner la réforme.

… une enquête menée dans 18 écoles de 10 arrondissements, 30 observations d’ateliers et 300 entretiens.
Ceux qui espéraient y lire un désaveu de la réforme seront déçus ; ceux qui attendaient un panégyrique tout autant…
Au nombre des obstacles, «deux systèmes – scolaire et périscolaire - fonctionnant de façon parallèle», est-il écrit, «une inégalité des territoires» en matière d’équipements de proximité par exemple, ou encore des «ateliers de qualité encore trop inégale»…

En augmentant l'écart éducatif entre une élite restreinte et une classe moyenne poursuivant des études standard, et en reproduisant des réseaux très fermés où les élites s'auto-recrutent, le système éducatif français freine la mobilité sociale. L'élitisme républicain est incontestablement élitiste, mais il est peu républicain.
La solution de ces problèmes est à la fois logique et connue. Lorsqu'existent de fortes disparités éducatives et culturelles dans une population et lorsque le système éducatif est sélectif, la dépense publique d'éducation ne doit pas être la même pour tous…
… l'OCDE recommande à la France de consacrer 0,13% du PIB par an à l'éducation prioritaire, soit plus du double de l'effort actuellement consenti. Un autre moyen consiste à favoriser la scolarisation des enfants dès l'âge de deux ans. Or, selon l'Observatoire de la petite enfance, cette scolarisation est passée de 35% à 11,6% entre le début des années 2000 et 2011. Enfin, l'Etat doit consacrer davantage de moyens à l'école primaire. Là encore, la France fait office de mauvais élève avec une dépense annuelle de 30% inférieure à la moyenne de l'OCDE…

Il n'est pas évident de mener à bien une refondation lorsque les ingénieurs-architectes ont décidé de quitter le chantier avant le début des travaux. Pour Benoit Hamon qui n'est pas, à proprement parler, un spécialiste des questions d'éducation, c'est une vrai tuile…
… On le voit bien, refonder l'éducation nationale, premier budget de la nation et premier employeur de France, en cherchant parallèlement l'équilibre budgétaire, relève de la gageure. Afficher des objectifs ambitieux tout en étant incapable de les incarner par des mesures financées entraine fatalement la déception. Dès lors, il s'agit de parer au plus pressé et surtout d'éviter que la déception ne se transforme en colère

...Tous les ministères sont concernés et contribueront à ce nouveau plan d’économies
Le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche se voitannuler 189 millions d’euros de crédits budgétaires; le ministère des Droits des femmes, de la Ville, de la Jeunesse et des Sports 25 millions ; le ministère de l'Agriculture 34 millions et le ministère de la Culture et de la Communication 69 millions d'euros...

"Le-Bac"
… Faire passer le bac coûte plus de 2 000 euros par élève, ont mesuré les proviseurs du SNPDEN (syndicat majoritaire) en juin 2013. Bien loin des 80 euros de l'évaluation officielle, ce calcul intègre le coût caché du bac, ces quatre semaines de cours perdus pendant lesquelles la machine du secondaire continue de fonctionner à plein régime. Pour 1,5 milliard d'euros d'argent public, la nation française est en droit d'attendre de son bac une évaluation claire …

…En 2013, 47% avaient un emploi sept mois après la sortie du lycée pro, contre 53% l'année d'avant. «Avec le bac raccourci et la politique du zéro redoublement, les jeunes terminent leur cursus au lycée à tout juste 18 ans… Ils manquent de maturité, les entreprises s’en plaignent. Du coup, ils partent à la fac… Sauf qu’ils ne sont pas du tout armés ! Ils n’arrivent pas à suivre

"Le-Brevet"
"Le brevet ne perturbe pas la vie de l’établissement, c’est une habitude."
… Cette désorganisation de la fin de l'année ne semble pas gêner grand monde dans les établissements. "Cela fait des années que ça fonctionne comme ça, c’est institutionnalisé", explique la CPE du collège Flora Tristan. Pas de raison de changer, donc !..
"Une semaine avant, une semaine pendant et une semaine après". Car dans les faits, même s'ils le devraient, les élèves ne reviennent pas après le brevet. Il faut les comprendre : pour ceux qui sont libérés dès le 12 juin, les conseils de classe ont déjà eu lieu...


 

Près d’un enfant sur huit est scolarisé à deux ans. À la rentrée 2013, le nombre d’enfants âgés de deux ans scolarisés augmente pour la première fois depuis dix ans pour atteindre 97200 enfants. Cette hausse est plus prononcée dans les zones d’éducation prioritaire, conformément aux objectifs de la refondation de l’école.
Si la quasi-totalité des enfants est scolarisée à partir de trois ans, seulement un enfant sur huit est scolarisé à l’âge de deux ans …

ESPE
Pour faire émerger un “esprit d’école” et une culture commune, à tous les enseignants, “au-delà des différences d’identités professionnelles et de statuts”, la commission préconise notamment un renforcement des troncs communs de formation. Pour l’heure, seulement deux écoles sur trois les ont mis en place.
La commission insiste également sur la nécessité de constituer “des équipes pluricatégorielles de formateurs professionnels”, venus du terrain. L’erreur à ne pas commettre, c’est de recruter des formateurs hors-sol, qui n’auraient plus de liens réels avec les élèves”

Dans la formation d’un enseignant, la dimension professionnelle et didactique dépend essentiellement des professionnels de terrain, qui ont vocation à être associés intimement au cursus, pas seulement lors du suivi des stages mais aussi dans les ÉSPÉ. De ce point de vue, l’universitarisation ne peut être un référentiel absolu pour toutes les parties de la formation.
Cependant, il faut aussi admettre que les futurs enseignants doivent apprendre à faire évoluer leurs pratiques professionnelles, ne serait-ce que sous la pression du développement du numérique. Leur formation, y compris dans ces aspects pédagogiques et didactiques, ne peut se contenter de les amener à répéter de «bons» gestes ou de «bonnes» pratiques. Ce ne sont pas forcément les enseignants de terrain qui pourront leur transmettre cette capacité perpétuelle de remise en question de leurs savoirs et de leurs postures de professeur …
[ RAPPORT D'INFORMATION fait au nom de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication par la mission d’information sur les écoles supérieures du professorat et de l’éducation, Par M. Jacques-Bernard MAGNER, Sénateur - Juin 2014 - pdf  ]



Ceux qui se défient du numérique devraient même être les premiers défenseurs de son développement dans les écoles. Sans quoi, qui apprendra aux enfants à évaluer la fiabilité d’une source sur internet, à protéger leur vie privée, à prendre conscience de la fragilité du «droit à l’oubli», à mesurer les enjeux citoyens et démocratiques d’un monde où tant de nos faits et gestes sont à jamais inscrits dans quelque nuage de données (cloud), etc.?? Ici comme sur tant d’autres sujets, le terrain délaissé par l’école sera immédiatement conquis par la sphère privée - familiale et commerciale.
La sociologie de la culture a déjà démontré, depuis bien longtemps, que la démocratisation des supports n’engendrait pas, comme par magie, une démocratisation des usages. On ne lit pas les mêmes livres dans toutes les familles, on ne regarde pas les mêmes émissions, on ne fréquente pas les mêmes salles de spectacle, quand bien même on possède des livres, on a une télévision et on va au théâtre…
  Pouce !
… Les nouveaux entrants sur le marché du travail, pourtant plus diplômés que leurs parents, sont moins bien rémunérés. «Un nombre croissant de diplômés se partagent un nombre stagnant de positions sociales confortables, dont le niveau de rétribution nette décline», poursuit M. Chauvel, qui évoque un «déclassement systémique» de la jeunesse.
Les générations malchanceuses qui tentent d'entrer sur le marché du travail en temps de crise, subissant chômage, précarité et faibles rémunérations, traînent ensuite éternellement cette malchance avec «bas salaires à vie, retraites plombées au-delà»

"Le-Socle"

«J'ai donc décidé, au terme de cette phase de lancement des travaux, de cesser mes fonctions avec la remise du socle tel qu'il a été approuvé unanimement le 5 juin et de demander au ministre de me remplacer dans les responsabilités», ajoute-t-il.
Dans ses déclarations, M. Boissinot explique qu'il regrette que «certains membres » aient «du mal à entrer dans une logique de recherche d'un consensus suffisant» et déplore des «problèmes de méthode» et un travail accompli «à marche forcée».
Le Conseil supérieur des programmes avait pour première mission de réformer le diplôme national du brevet …

On suppose que tout le monde est d’accord sur ce socle, dont la première mouture a été définie par une loi de 2005 ? Il n’en est rien. Certes, la plupart des acteurs de l’enseignement français s’accordent à reconnaître les "piliers" sur lesquels s’appuie ce socle : la maîtrise du français et d'une langue étrangère, la maîtrise rudimentaire des mathématiques, une culture humaniste et scientifique pour agir en citoyen éclairé et une maîtrise des technologies de l’information et de la communication. 
Mais, en se montrant quelque peu schématique, on peut dire qu'une importante divergence philosophique sépare deux "bords" - nullement liés, d’ailleurs, au clivage gauche-droite. D'un côté, ceux qui souhaitent que le socle insiste sur les "connaissances", c’est-à-dire l’ensemble des choses apprises par les élèves dans les différentes disciplines (les équations à deux inconnues en maths, la Grande Guerre en histoire…). 
De l’autre, ceux qui voudraient que l’accent soit mis sur les "compétences", c’est-à-dire ce que les jeunes sont capables de faire dans la vie de tous les jours grâce à  ce qu’ils ont appris …

"Le-Bac"

La communion annuelle dans le culte d'un baccalauréat national et unitaire est plus que jamais à l'ordre du jour et commence déjà, alors qu'il devrait être de plus en plus visible qu'il s'agit d'un faux Dieu en trois personnes (le général, le technologique et le professionnel)…
… ''Le'' baccalauréat n'existe pas (n'existe plus). Ce qui existe, c'est au moins trois types de baccalauréat qui sont apparus successivement avec des objectifs foncièrement différents…

"Quand un professeur de français apprend à choisir le terme approprié pour s’exprimer, il fait à la fois de l’instruction et de l’éducation."
Reste que le document qui sera soumis aux enseignants penche du côté des connaissances plus que des compétences
… Raisonnable, mais urgent. Car il faut le préciser : le socle commun n’est encore qu’une belle idée, peu appliquée sur le terrain, comme le pointait dès 2010 la Cour des comptes : pour les seules mathématiques, 73% des élèves de troisième ne maîtrisaient pas le programme en fin d'année…

… C'était aussi l'esprit du livret de compétences farouchement défendu par Martin Hirsch avec cet argument d'évidence : "On ne peut pas être nul en tout et tout le temps". Comment éviter que les jeunes qui ne s'épanouissent pas à travers les formes scolaires traditionnelles traînent, parfois toute la vie durant, le sentiment d'avoir raté une marche, voire d'avoir échoué - et ce même si leur vie personnelle et professionnelle crie l'inverse ?..

… morceau choisi des "Mémoires des autres" écrit par le professeur de philosophie Jules Simon (par ailleurs ministre de l'Instruction publique un peu avant Jules Ferry, de 1871 à 1873): "Eh bien oui, le métier que je fais m'est odieux. Mes confrères sont des cuistres, mes élèves, de jeunes idiots qui ne pensent qu'à être bacheliers ; et nous sommes idiots nous-mêmes avec nos examens et nos chinoiseries. Tout cela me répugne et m'ennuie. J'aimerais mieux être commis de bureau, précepteur, conducteur de travaux. Je m'ennuierais ferme, mais on ne me parlerait pas de services rendus au pays et de sacerdoce".

Rappel : l'association nationale de parents d'élèves FCPE, en partenariat avec la section française de Défense des Enfants International, procède à une enquête nationale sur les règlements intérieurs des établissements scolaires.
Il n'est pas trop tard pour envoyer les copies de règlements intérieurs à Bernard Defrance :
par courrier, 57 allée Bayard, 93190 Livry-Gargan et par courriel,
 Les résultats de cette enquête devraient pouvoir être publiés pour la prochaine rentrée scolaire et donner lieu à des propositions pour le ministère de l'Education et les parlementaires.

Parce que cette sentence va à l’encontre de la politique éducativeprônée par le Gouvernement, nous vous invitons à signer cette pétition pour dire NON à la fermeture de notre école.
N’hésitez pas à nous rejoindre et à inviter toutes les personnes sensibilisées au danger qui guette de nombreuses communes rurales à nous soutenir.
Le pire serait de renoncer ! 
Notre volonté à TOUS de bien vivre dans nos villages passe aujourd’hui par le maintien de notre école rurale.

Peut-on réellement favoriser la coopération dans une société dominée par la compétition?
C’est à ce point, une fois de plus, que le pédagogique rencontre le politique. Si les moyens d’expression de la bienveillance, au quotidien, relèvent du premier, ses conditions procèdent du second. Peut-on bâtir une école de la confiance dans une société percluse de défiance? Peut-on réellement favoriser la coopération dans une société dominée par la compétition? Comment convaincre ceux qui, à bon droit, estiment qu’il faut tanner le cuir de leurs élèves ou de leurs enfants, qu’une éducation fondée sur la bienveillance ne fera pas d’eux des agneaux dans un monde de loups?..

"Le-Niveau"

Évolution des acquis en début de CE2 entre 1999 et 2013 : les progrès observés à l’entrée au CP entre 1997 et 2011 ne sont pas confirmés.
… Les acquis des élèves de CE2 sont stables en lecture par rapport à 1999. Ils enregistrent cependant une baisse en orthographe et vocabulaire. En mathématiques, les élèves maîtrisent mieux la soustraction, mais rencontrent davantage de difficultés face à des problèmes numériques.
La répartition des élèves selon leur performance à l’ensemble du test laisse apparaître un accroissement du nombre des élèves de faible niveau : 12,7 % des élèves en 2013, contre 10 % en 1999. Parallèlement, le pourcentage d’élèves diminue dans les hauts niveaux de performance…
[ DEPP – Note d’information – mai 2014 – pdf ]

une autre donnée silencieuse (personne ne l'a relevée jusqu'ici, ni l'étude de la DEPP ni aucun observateur) devrait venir tempérer les résultats : en 1999 les élèves travaillaient encore le samedi matin, soit 26 heures par semaine, alors que depuis 2008, avec la suppression du samedi matin, ils ne travaillent plus que 24 heures par semaine. Les CE2 de 2013 auront donc travaillé 72 heures de moins que ceux de 1999, chaque année depuis le début de leur scolarité, particulièrement 216 heures de classe de moins depuis leur entrée en CP, avec des programmes toujours aussi lourds. (Rappelons au passage que les nouveaux rythmes ne résolvent rien à ce dilemme, puisque la durée hebdomadaire de classe est toujours de 24 heures et que les programmes n'ont pas été allégés)...



"Refondation" ... "réforme" ... ?

Quand la refondation pédagogique est une priorité, le travail en équipe une ardente obligation[5], peut-on espérer la réussir en continuant de réserver un traitement inégal aux personnels qui accueillent, encadrent et forment les élèves, qu’ils soient enseignants de discipline, professeur-documentaliste ou conseiller principal d’éducation ?

Vous avez annoncé vouloir lutter contre les inégalités à l’école :
de quelle manière comptez-vous vous y prendre ?

Benoît Hamon - Il est un mythe, celui d’une école républicaine égalitaire. Il est une réalité, celle d’une école où le poids des inégalités sociales pèse lourdement dans le destin scolaire des enfants. Il faut donc attaquer la réalité et non entretenir le mythe. Parler moins de la promesse de l’école, et la tenir davantage. Car la promesse d’égalité n’est pas tenue. Nous mettons donc en oeuvre une politique globale : la priorité au primaire. L’objectif est d’anticiper et prévenir le décrochage. La priorité au primaire se fonde sur la réforme des rythmes scolaires, le dispositif «plus de maîtres que de classes» et la scolarisation avant trois ans…
60 000 postes dans l'éducation à la fin du quinquennat Hollande? Les rapports annuels de performances 2013 (RAP), publiés cette semaine sur le site du ministère du budget, dressent un bilan d'étape mitigé. On y apprend notamment que seuls 6405 postes des 9981 qui auraient dû être créés en 2013 l'ont été. La faute à deux facteurs principaux …

La mauvaise image de la profession et les bas salaires expliquent en grande partie la désertion du métier. C'est ce que relève l'étude, qui s'est appuyée, pour parvenir à ses conclusions, sur un sondage, réalisée par Bruxelles auprès de plus de 80 000 professeurs, étudiants, formateurs et chefs d'établissement de 31 pays européens. En France, à titre d'exemple, la moitié des postes mis au dernier concours de mathématiques n’ont pas été pourvus.
En outre, si la plupart des sondés répondent qu'ils ont choisi ce métier par vocation, un enseignant sur trois envisage de changer de profession. En France, ils sont même plus de 60% à rêver d'une reconversion
… Côté financement, Bruxelles se montre toutefois réaliste : la crise est un frein majeure à la mise en place de ces mesures….
[ New study: How to make the teaching profession more attractive - mai 2014]
 

… le rapport de l’Europe explore différents horizons afin de moderniser le métier d’enseignant et de redorer son image afin d’attirer les candidats. On le voit aussi, la situation en France est assez éloignée des recommandations de l’Europe, qui recoupent celles de l’OCDE. Pire, les projections, à partir de ce qui existe et de ce qui est en chantier, n’invitent pas l’optimisme : tout porte à croire que le recrutement des profs va continuer à être problématique.
Cette année, le concours de professeur des écoles a retenu des candidats à 4,17 / 20 de moyenne dans certaines académies, et le CAPES de maths n’a pas permis de pourvoir tous les postes…

… Comme le souligne Antoine Prost, la réforme de l’école suppose une conjonction de la demande sociale, des acteurs éducatifs et du champ politique. Or une telle situation tend à se raréfier. Faisons trois hypothèses pour expliquer cette évolution. Dans une société française qui entretient un rapport obsessionnel à l’institution scolaire, ce consensus est difficile à obtenir [7]. Il l’est d’autant plus que, depuis 1995, l’arrêt de l’expansion scolaire (stagnation de l’accès au baccalauréat) tend à durcir les oppositions entre les acteurs du système éducatif [8]. Enfin, non seulement les attentes quant à l’école s’accroissent et s’avivent, mais elles sont contradictoires : mixité sociale et libre choix, sanctuarisation et ouverture, autonomie et crainte d’un système à plusieurs vitesses…
… il faut bien avoir en tête qu’un large pan de la jeunesse fait ou a fait dès l’âge de 16 ans l’expérience d’une forme d’exclusion des voies d’insertion scolaire et sociale privilégiées par le système. Facteur aggravant si on parle spécifiquement de la dimension européenne : ce sont ces jeunes qui profitent le moins des programmes de mobilité étudiante.
Erasmus par exemple…
Oui, pour prendre le plus connu. Même ce dernier ne touche que 4% des étudiants européens, et environ 30.000 étudiants par an en France. Vous avez donc affaire à une population qui n’est pas représentative. L’étudiant Erasmus typique, selon une étude de l’Agence Europe Education formation est, je cite «une étudiante en troisième année de Licence de droit ou sciences sociales ou humaines, dont l’un des parents au moins a étudié dans le supérieur et dont la famille est plutôt aisée». Pour le dire autrement : on donne plus d’Europe aux plus Européens
… la France est devenue la championne du monde des inégalités scolaires et du déterminisme social !
Notre pays ne peut donc plus se cacher derrière une incantation égalitaire et méritocratique. Ne soyons ni hypocrites ni surpris, l'ascenseur social est totalement en panne. Au regard d'études successives parues ces dernières années, l'entreprise de refondation de l'école se révèle indispensable. Il ne faudra pas une réforme, il les faudra toutes…
… Dire la vérité, c'est rappeler que pour un grand nombre de communes, l'inquiétude quant à l'accompagnement financier est une réalité et que les élus ont besoin, sur ce point, de perspectives. Force est également de constater, ici ou là, qu'un déficit d'accompagnement, tant des élus locaux que des enseignants, bouleversés par cette nouvelle organisation du temps, n'a pas facilité la mise en place de la réforme…
Une école inégalitaire qui fait réussir les plus favorisés et laisse tomber les plus pauvres et les plus "éloignés" du système scolaire, habitants des quartiers-ghettos, des territoires ruraux et néo ruraux en déclin: le constat n'est pas nouveau.  Les études le démontrent, année après année.  Mais rien ne change, ou si peu…
… L'école française joue ainsi de moins en moins son rôle d'ascenseur social. Certes, il y a toujours des exemples édifiants de parcours individuels à brandir - un ou une jeune de banlieue passée par Sciences Po ou sorti(e) diplômé(e) d'une école d'ingénieurs…
Sacrifiée sur l'autel budgétaire, l'idée que l'espace et l'homme interagissent, que le simple fait de donner envie aux gens de rester sur place, de discuter, peut produire des interactions informelles qui, un jour, débouchent sur des collaborations formelles - ce qu'on appelle, d'un terme trop vague, le "travail en équipe". Tenue pour nulle l'hypothèse selon laquelle un enseignant qui a envie d'effectuer une partie de son travail hors de la classe à l'intérieur de l'établissement se rendra plus disponible, de fait, pour ses collègues mais aussi pour ses élèves. 
La suppression de la journée de pré-rentrée, s'inscrivait dans la même logique


"Rythmes", le feuilleton

Mais la possibilité de libérer le vendredi après-midi, d’avoir des journées de 6 heures de cours et la «non-sanctuarisation» des petites vacances cristallisent de nombreuses critiques.
Lyon, par exemple, annonce son intention de libérer le vendredi après-midi. Quelle est votre réaction ?

Benoît Hamon - La formule des 8 demi-journées et vendredi après-midi libéré n’est pas celle que je préconise : elle est pensée pour le milieu rural, car cela permet de partager les intervenants. Mais je ne peux pas empêcher une commune de proposer une organisation du temps scolaire dans ce cadre, même s’il est, à nos yeux, inadapté. Cela étant, à Lyon comme ailleurs, les apprentissages seront concentrés sur cinq matinées et les enfants en tireront bénéfice. Chacune des organisations est validée par le rectorat. Si on veut alléger la semaine, passer de 24 à 23h, notre préconisation, qui est expliquée dans la circulaire qui accompagne le texte, est de favoriser le rétrécissement des vacances d’été…

… Benoît Hamon a estimé qu'"un maire ne peut pas plus faire obstacle à ce qui ne relève pas de sa compétence, de ses prérogatives et de son pouvoir (le temps scolaire) qu'un ministre ne peut obliger les communes à organiser le temps périscolaire".
Qu'importe, le gouvernement se retrouve ainsi pris au piège par une communication à double fond: une moindre fermeté sur les modalités d'application de la réforme, conjuguée à un discours volontariste sur l'absence de "recul" sur ce dossier. Les deux ne vont pas ensemble. Et les élus l'ont bien compris. ..
 

… A l’unanimité, le Bureau del’AMF a donc tenu à rappeler les principes suivants :
1 - la compétence de l’Etat en matière d’organisation du temps scolaire justifierait qu’il assume totalement ses responsabilités, et donc les conséquences de ses décisions ;
2 - les activités périscolaires sont une compétence non-obligatoire des communes. Il convient donc de laisser à celles-ci la plus grande liberté pour les organiser selon des modalités qu’elles définissent localement, en fonction des réalités du terrain.
Aussi, prenant acte de la faible réponse de l’Etat sur les modalités financières, l’AMF alerte le Gouvernement sur les obstacles rencontrés par un certain nombre de communes en difficulté pour mettre en œuvre la réforme. 
Elle demande en conséquence un véritable assouplissement du calendrier et des modalités. Dans cette affaire, l’Etat doit assumer ses responsabilités, l’AMF ne pouvant pas accepter que soient mises à la charge des communes de nouvelles dépenses non compensées.

… Car c’est un fait : s’ils lisent, d’après toutes les études récentes, moins que naguère, les 12-17 ans utilisent massivement les images numériques. Pas seulement pour les regarder, mais aussi pour en créer et les faire circuler. Ils prennent des photos d’eux-mêmes (des « selfies ») et les envoient depuis leur smartphone, ils font des captures d’écran et les postent sur Facebook, ils diffusent des vidéos sur YouTube… Ces activités à distance leur sont aussi familières que le tour à vélo l’était pour les générations précédentes…
… La brigade des mineurs fribourgeoise a auditionné la semaine passée une dizaine d'adolescents qui ont fait circuler des documents pornographiques sur les réseaux sociaux. Ces garçons et filles de 13 à 15 ans sont des élèves du cycle d'orientation de la Tour-de-Trême…

… Le fonctionnement annuel, et vingt-quatre heures sur vingt-quatre, d'un seul ordinateur – disons le mien – correspondrait selon Consoglobe.comà la facture énergétique de quarante-sept jours de chauffage au gaz d'un trois-pièces. Quelqu'un pour me donner des cours de tricot d'ici à septembre ?

  Pouce ! 
Fessée
, le feuilleton ...


La France est actuellement menacée de sanction par le Conseil de l'Europe pour ne pas avoir aboli les châtiments corporels, comme l'ont fait 34 pays dans le monde…
« Il faut cesser de confondre violence physique et éducation, justifie le député Sergio Coronado, qui a déposé l'amendement au nom du groupe EELV…. 


… La proposition de loi déposée en 2009 par la pédiatre Edwige Antier, alors députée UMP, n'avait jamais été inscrite à l'ordre du jour de l'Assemblée… 
… L'écologiste François-Michel Lambert, qui avait déposé avec ses 16 collègues un amendement en ce sens à la proposition de loi sur la famille, l'a retiré après l'engagement du gouvernement de "reprendre la discussion lors d'une prochaine proposition de loi"… 
Ce n'est pas la première fois que l'interdiction de la fessée fait débat. Depuis la fin des années 90, plusieurs associations se sont emparées de cette thématique, ainsi que des spécialistes reconnus comme la psychologue suisse Alice Miller. En 2012, plus de 240 associations avaient lancé un appel aux candidatsà l'élection présidentielle pour l'interdiction des punitions corporelles...



1984:… Les parents accusent les profs qui accusent les élèves qui accusent les profs qui accusent les parents, et ainsi de suite. Chacun vocifère ou pleurniche en repassant à l'autre la responsabilité du drame. C'est trop facile, et c'est inefficace. Nous ne vivons pas la fin d'un âge d'or – l'adieu aux ''bons'' élèves, aux ''bons'' maîtres, aux ''bons'' programmes, etc – mais une mutation historique qu'il faut comprendre . Les enseignants ne sont pas une cohorte d'embusqués désinvoltes qui assistent paisiblement à la déroute de leurs