alternatives éducatives : des écoles différentes
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Quelques rubriques, parmi beaucoup d'autres, toujours "d'actualité" :
les rapports parents-profs, la maternelle à 2 ans, l'ennui à l'école, les punitions collectives, l'état des toilettes, le créationnisme...
 
 

La faiblesse de la construction depuis vingt-cinq ans a fini par constituer un déficit de 900 000 logements, 
créant ainsi de fortes tensions sur le marché et laissant sur le bord de la route les plus fragiles socialement et économiquement...
...Toute personne sensée comprendra qu’il y a un réel problème après avoir constaté que les prix des logements ont doublé en moins de dix ans et que les loyers ont augmenté de 30 % à 50 % pendant la même période ! A l’évidence, les ressources des ménages n’ont pas suivi un tel rythme et les aides personnelles au logement, censées atténuer la facture, ont fini, au fil des mesures d’économie pratiquées, par décrocher...
Au final, les ménages dépensent trop pour se loger : 25 % de leur budget en moyenne, contre 13 % pour l’alimentation
(ces proportions s’étant inversées en moins de trois décennies), mais pour beaucoup ce taux atteint 50 %

Le métissage, oui ; mais pas pour ses enfants, que l'on s'empresse de scolariser ailleurs ou dans le privé 
pour les protéger des menaces supposées de la mixité sociale.

Un rapport de deux inspecteurs généraux, interdit de publication par le ministère, offre un premier bilan :
La suppression de la carte scolaire renforcera les ghettos

L'imposture de la "mixité scolaire" à Paris
La suppression 
de la carte scolaire 
« est un très grand succès ».
... Sauf qu'il y a un truc dont le rectorat ne s'est guère vanté.

Karima, trois enfants, 25 m2 insalubres (488 euros par mois) et dix ans d’attente

Mère avec trois enfants quitterait local à ordures

malgré les bonnes intentions affichées, 
l’aide de l’Etat à la construction de HLM est passée en six ans de 7 000 €  à 2 000 €  par logement. 
« Or, avec la crise, la demande va continuer à augmenter »

A l'école des inégalités

1,8 million de logements vides
La France compte 6% de logements vacants, selon l'Insee
 «Tout le monde est pour la mixité sociale. Mais pour les autres.»
 Hauts fonctionnaires, grands logements et tout petits loyers
Tous ces avantages bénéficient à des cadres supérieurs de la fonction publique, disposant déjà de traitements confortables.
En outre il n'est pas certain que leurs contraintes de service justifient réellement l'attribution d'un logement gratuit à proximité de leur lieu de travail. Que dire en ce cas des contraintes de service des infirmières des hôpitaux parisiens, travaillant la nuit, les dimanches, les jours fériés, et obligées d'habiter en grande banlieue et à leurs frais, faute de moyens pour se loger dans la capitale ?

30.000 à 50.000 jeunes de 18 à 24 ans se trouvent en situation de très grande précarité ou d'errance.
Certains chercheurs évoquent le chiffre de 100.000.
Un tiers des jeunes en errance serait des enfants de la Dass et la moitié n'aurait aucun diplôme.
"Quand ils approchent de la majorité, l'ASE évite de se mobiliser pour certains jeunes à la dérive, fugueurs récidivistes,
en se contentant d'attendre qu'ils aient 18 ans, date à laquelle l'administration n'a plus à s'occuper de leur cas.
De toutes façons, nous manquons de structures adaptées".

...on ignore la plupart du temps leur devenir à l’âge adulte.
Si ce n’est le chiffre noir d’une enquête de l’Institut national des études démographiques (Ined) en 2006,
établissant que 40% des SDF âgés de 18 à 24 ans sortaient du dispositif de protection de l’enfance.

 

 
C'est le prix du mètre carré qui fait la différence...

En Ile-de-France, le marquage social des quartiers souligne l'inégalité devant l'école.
La carte scolaire et l'apartheid

Par Michel GODET - Libération - jeudi 08 septembre 2005
Professeur au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam).
 

La carte scolaire, qui visait pourtant la mixité, n'a pas empêché la concentration sociale des enfants de milieux aisés et cultivés dans les mêmes quartiers ainsi que la concentration des enfants les plus défavorisés dans les ZEP (Zones d'éducation prioritaire). C'est le prix du mètre carré qui fait la différence. De même, les meilleurs enseignants sont aussi dans les collèges et lycées de ces quartiers résidentiels du centre et de la périphérie, là où vivent les cadres et les professions supérieures alors que les enseignants moins expérimentés sont envoyés faire leurs armes dans les zones plus défavorisées notamment dans les ZEP. La carte scolaire renforce la ghettoïsation de la société française par le haut.

Si la ségrégation urbaine est moins visible et plus émergente en province, elle est criante en Ile-de-France où le marquage social des quartiers est à un stade avancé. Le voisinage, les fréquentations, les exemples de réussite ou d'échec autour de soi sont autant d'éléments qui conditionnent les comportements et les trajectoires scolaires des jeunes. L'ascenseur social de l'école républicaine ne fonctionne plus, moins en raison du système scolaire qu'en raison de l'apartheid urbain. Les élites, bien que divisées sur le plan des idées, partagent les mêmes pratiques, ce qui n'est pas sans poser problème. Ce sont toujours des responsables qui ont réussi à l'école qui réfléchissent à l'échec scolaire et des habitants de beaux quartiers qui décident des politiques à mener pour des zones urbaines sensibles où ils n'ont jamais vécu.

La concentration, dans les ZUS (Zone urbaine sensible), des enfants de familles pauvres de biens et de liens et handicapées par les origines sociales et la situation familiale, est un facteur multiplicateur des inégalités de réussite. 80 % des établissements publics situés en ZUS sont classés en ZEP. Les statistiques disponibles ne permettent pas de savoir quelle proportion d'enfants des ZUS va dans les ZEP, ni de mesurer d'éventuelles stratégies d'évitement des familles.

Le rapport du ministère de l'Education nationale sur l'état de l'école de 2004 révèle que 20 % des écoliers et collégiens du secteur public sont concentrés dans les ZEP, près des deux tiers d'entre eux étant des enfants d'ouvriers et d'inactifs (soit le double de la proportion nationale). On est plus que jamais «entre soi» comme le dit joliment Eric Maurin. Pourtant ces jeunes bénéficient d'un encadrement plus important (10 % d'heures en plus par rapport aux autres élèves des collèges) et s'ils «présentent en début de collège des acquis scolaires plus faibles qu'ailleurs», ils sont au moins deux fois plus en difficulté : «35 % ne maîtrisent pas les compétences de base à la fin de l'école élémentaire, 13 % les maîtrisant bien ou très bien...les proportions sont pratiquement inverses dans le reste de l'enseignement public.» Pour l'Education nationale, ces écarts reflètent essentiellement les différences de recrutement social. Et de conclure que pour les ZEP : «Il n'y a pas de dégradation relative des acquis des élèves, alors que les conditions sociales s'y sont, elles, dégradées.» Cette conclusion est terrible : ce qui est en cause, c'est la concentration des handicaps dans les mêmes quartiers. Faut-il les raser comme le suggérait Malek Boutih ?

Les pouvoirs publics ne sont pas désarmés face à cette situation. Ils peuvent jouer sur la politique du logement, renforcer encore plus les moyens en incitant les professeurs les plus chevronnés à se consacrer à ces établissements par des primes incitatives et des accélérations de carrière plus fortes. Actuellement, les enseignants mutés dans ces zones sont moins expérimentés et restent moins longtemps à leur poste. La politique du logement est plus délicate à manoeuvrer, car elle rencontre les obstacles des comportements des familles. Les plus aisées fuient. Quel Français né en France ou immigré conscient de ces handicaps liés au milieu scolaire peut laisser son enfant dans une école où une majorité d'enfants n'est pas de langue maternelle française et accuse des retards importants ? Nous avons posé la question à Jean-Pierre Duport, ancien préfet de la Seine-Saint-Denis. Sa réponse est sans appel : «Personne.» Evoquant la situation de l'école primaire Pavé-Neuf à Noisy-le- Grand, où 100 % des enfants ne sont pas de langue maternelle française dans le primaire et 75 % dans le collège, il ne voit qu'une seule solution : «Geler progressivement cent logements vacants et les attribuer d'un coup à cent jeunes ménages de langue maternelle française ayant des enfants en bas âge.» Cette idée est concrète et séduisante, mais il faudrait pour l'appliquer une forte volonté de la puissance publique en concertation avec les élus locaux.

En attendant, l'apartheid urbain et scolaire se renforce au détriment de la santé des enfants : les problèmes de surpoids, d'obésité et de caries dentaires y sont plus fréquents (problèmes d'accès aux cantines), les retards scolaires persistent (problèmes de soutien scolaire) et l'intégration républicaine par l'école ne fonctionne plus guère (utilisation de plus en plus fréquente de leur langue d'origine par les habitants). Tout se passe comme si la ghettoïsation de la France par le haut développait le communautarisme des populations immigrées reléguées dans les quartiers sensibles. Il n'y a pas trop d'étrangers en France, ils sont seulement mal répartis sur le territoire. Demain, ils seront encore plus nombreux, venus du Sud à se tourner vers notre pays pour occuper les emplois de professionnels vacants faute de candidats autochtones ; les laissera-t-on s'installer au gré de leur cousinage ou aura-t-on comme nombre de pays nordiques une politique d'immigration choisie et maîtrisée, soucieuse de l'accueil et de l'intégration des nouveaux venus ? Quand le laisser-faire conduit à de telles concentrations de handicaps qui au final coûtent très cher à la collectivité, celle-ci se doit d'agir de manière préventive plutôt que répressive.

Un surinvestissement dans le capital humain répondrait aux attentes des parents immigrés dont la volonté de mobilité sociale est souvent à l'origine du projet migratoire et qui se distinguent des autres parents de mêmes niveaux de vie nés en France par des ambitions scolaires plus élevées pour leurs enfants.

Alors que faire pour redonner à l'école sa vocation de creuset républicain et son rôle d'ascenseur social ? Supprimer la carte scolaire, multiplier les possibilités de bourses d'études et d'internats et les accorder plus généreusement aux enfants de familles défavorisées. L'école doit concentrer davantage de moyens sur les ZEP afin que les élèves y maîtrisent mieux les compétences de base indispensables.

Il n'y a pas de fatalité. Tous les principaux de collège savent que la moins bonne de leurs classes de sixième deviendra l'une des meilleures des cinquièmes si on la confie aux meilleurs professeurs. A cette fin, il conviendrait de lier les promotions et les rémunérations des enseignants aux conditions d'exercice de leur métier et à leurs performances. C'est en partie ce qu'a mis en place le ministère en offrant aux professeurs exerçant dans les quartiers difficiles cinq années de suite des possibilités de mutation facilitées.

Mais dans cette perspective, il faudrait donner aussi aux chefs d'établissement une plus grande autonomie dans le recrutement avec un droit de veto sur les affectations et une possibilité d'influer sur les rémunérations. La prime de mille euros par an n'est sans doute pas assez incitative ; elle pourrait être complétée, à l'initiative des municipalités, avec l'appui des collectivités territoriales.

Dernier ouvrage paru: le Choc 2006, éditions Odile Jacob.



Carte scolaire: risque de créer des "ghettos scolaires" 
(Cour des comptes)

afp 06 11 09 - La politique d'assouplissement de la carte scolaire risque de créer des "ghettos scolaires", selon une enquête de la Cour des comptes sur "les dispositifs de la politique de la ville et de l'Education nationale dans les quartiers sensibles", dont l'AFP a eu copie vendredi.

En 2008, sur les 254 collèges "ambition réussite", 186 établissements ont perdu des élèves, "ce qui s'est traduit par une plus grande concentration dans ces collèges des facteurs d'inégalités contre lesquels doit lutter la politique d'éducation prioritaire", peut-on lire dans cette enquête, réalisée à la demande de la commission des Finances du Sénat.

Depuis la politique d'assouplissement de la carte scolaire engagée en 2007, il s'agit des premières statistiques à caractère officiel à ce sujet.

Le réseau "ambition réussite", créé après les émeutes de 2005, regroupe les établissements les plus en difficulté du système d'éducation prioritaire.

"Compte tenu d'une augmentation des demandes de dérogation de 29% en 2008, les effectifs des collèges ont évolué de façon fortement différenciée selon les établissements : certains ont pu enregistrer des pertes d'effectifs pouvant aller jusqu'à 10%, alors que d'autres connaissaient des progressions allant jusqu'à 23%", écrit encore la Cour des comptes.

Dans un même "bassin de formation", la Cour appelle donc à une plus grande "coordination" entre les établissements scolaires, afin de "lutter contre l'existence ou la constitution de +ghettos scolaires+, en corrigeant les effets éventuellement négatifs des modalités de sectorisation scolaire".

"A défaut, en effet, les effets de la concurrence aboutiraient à un écart excessif entre les établissements, ce qui, comme l'enquête PISA de l'OCDE le montre clairement, constitue une des caractéristiques du système éducatif français les plus défavorables à sa performance", conclut la Cour à ce sujet.

Au ministère de l'Education nationale, on précise que le ministre Luc Chatel attend d'ici fin 2009 une étude "plus détaillée" de ses services.

Sans contester l'enquête de la Cour, le ministre veut mettre l'accent sur les quelque 50 établissements "ambition réussite" qui ont gagné des élèves et sont devenus "plus attractifs", ainsi que sur la "satisfaction" des familles concernant l'assouplissement de la carte scolaire



Un enfant sur dix vit dans un logement surpeuplé, selon l'INSEE
 

AP - 07 01 08 -  En France, un enfant sur dix vit dans un "logement surpeuplé", selon une enquête de l'INSEE publiée mercredi. En Ile-de-France, la proportion atteint un sur cinq. Les familles monoparentales sont également plus touchées que les autres.

   Selon l'étude de l'Institut national de la statistique et des études économiques, 11% des enfants vivent dans un "logement surpeuplé". Dans les familles monoparentales, un enfant sur cinq habite un logement où il manque au moins une pièce, contre un sur dix pour les enfants vivant avec un couple, précise l'INSEE.

En Ile-de-France, 25% des enfants vivent dans un "logement surpeuplé". Ils sont 19% en Provence-Alpes-Côte-d'Azur. En Bretagne et dans les Pays-de-Loire en revanche, moins de 5% des enfants vivent dans un logement jugé trop peuplé.

Pour l'INSEE, l'indice de peuplement caractérise le degré d'occupation du logement par comparaison entre son nombre de pièces et le nombre de pièces considérées comme nécessaires pour un ménage de cette structure. Ainsi il faut une pièce de séjour pour le ménage, une pièce pour chaque couple et pour les célibataires de 19 ans ou plus. Pour les célibataires de moins de 19 ans, une pièce est attribuée pour deux enfants s'ils sont de même sexe ou s'ils ont moins de 7 ans; sinon c'est une pièce par enfant

L'INSEE note par ailleurs que 81% des mineurs vivent avec un couple parental (63% avec un couple marié, 18% non marié). Ils sont 16% à vivre dans une famille monoparentale, contre 6% en 1968.

Selon l'enquête, qui prend le 1er juillet 2005 comme date témoin, 90% des enfants vivent avec au moins un parent qui occupe un emploi. Ils sont 94% pour ceux qui vivent avec un couple parental, et 66% pour ceux appartiennent à une famille monoparentale. "Ce dernier chiffre s'explique essentiellement par la présence d'un seul parent au foyer. Les enfants des familles monoparentales n'ont qu'un peu moins souvent des mères en emploi (63%) que les autres (68%)", précise l'étude.

La proportion d'enfants vivant avec deux parents occupant un emploi a augmenté à 53% en 2005, contre 49% en 1999. En revanche, la part des enfants n'ayant, dans leur foyer, aucun parent qui travaille n'a pas baissé par rapport à 1999, avec une proportion d'un sur dix.

En 2006, le taux de pauvreté des enfants des familles monoparentales est de 38%, contre 13% pour les enfants des couples (5% quand les deux parents travaillent), précise l'INSEE. 

LE GUIDE ANNUAIRE DES ECOLES DIFFERENTES

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