alternatives éducatives : des écoles différentes
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I Obligation scolaire et liberté I Des écoles différentes ? Oui, mais ... pas trop ! I Des collèges et des lycées différents I
Quelques autres "rubriques", parmi beaucoup d'autres, toujours d'actualité :
les rapports parents-profs, la maternelle à 2 ans, l'ennui à l'école les punitions collectives,  le téléphone portable, l'état des toilettes, le créationnisme...

Une autre école est-elle possible ?
« "Dégraisser le mammouth"  : Claude Allègre en a rêvé, Nicolas Sarkozy l’a fait.
Les suppressions de postes dans l’Éducation nationale se font à un rythme industriel.
Et cela dans un contexte où l’école n’arrive plus à assurer ses fonctions de base, la transmission du savoir et le goût de la connaissance.
Enseignants, chercheurs, politiques esquissent des pistes pour en sortir.»
Seize interventions en réponse à la question posée par l'hebdo Témoignage chrétien  :
- Blocage à tous les niveaux, par Gabriel Cohn-Bendit, secrétaire général du Réseau éducation pour tous en Afrique.
- Ne pas confondre fonctions et finalités, par Bernard Defrance, essayiste.
- Une autre école dans celle-ci, par Angélique del Rey, professeur de philosophie.
- Pour une école citoyenne, par Alain Refalo, enseignant du primaire.
- Réunir le goût du savoir et du collectif, par Jacques Pain, professeur émérite de Sciences de l'éducation à Paris X Nanterre.
- Cinq ruptures radicales, par Philippe Meirieu, professeur à l'université Lumière-Lyon 2, vice-président (Europe-Écologie) de la Région Rhône-Alpes.
- Pour une école émancipatrice, par Bernard Elman, enseignant, cofondateur du lycée autogéré de Paris.
- Retrouver un idéal, par Émilie Sapielak, ex-enseignante, auteure de L'école de la honte.
- Pour un grand projet adapté à notre époque, par Pierre Frackowiak, inspecteur honoraire de l'Éducation nationale.
- Penser l'élève comme une personne, par  Richard Descoings, directeur Sciences Po Paris.
- Une formation trop élitiste, par Michel Le Corno, proviseur de lycée, auteur d'Un autre regard sur l'école.
- Réhumaniser l'école, par Jean-Marc Louis, inspecteur de l'éducation nationale, co-auteur de L'élève contre l'école.
- Un apprentissage coopératif, par Sylvain Grandserre, maître d’école, auteur d’une Lettre ouverte au ministre de l’Éducation nationale (Chronique sociale).
- Plus d’autorité que de dialogue, par Yves Michaud, philosophe, ancien professeur d’université, directeur de l’Université de tous les savoirs, co-auteur de Face à la classe, sur quelques manières d’enseigner (Gallimard).
- Une autre école est nécessaire, par Thierry Cadart, secrétaire général du syndicat d'enseignants SGEN-CFDT.

- Priorité à l’émancipation, par Roger Auffrand, auteur du Guide des écoles différentes.
(texte publié en version "compressée" à 4500 signes)



Version "décompressée" - avec références, sources et "illustrations" - ci-dessous :
 
2012
école autrement, école alternative, école différente ...
Une autre école est-elle possible ?
 

Certains l'affirment. Avec des variantes : "une autre école est possible", "une autre école est nécessaire" ...
Mais ils sont rarement très nombreux à être très longtemps d'accord sur les détails de sa mise en oeuvre, et sur leur cohérence.
Plus nombreux sont ceux qui en restent à la forme interrogative. 
Ou très personnelle : pour mes enfants. 
 

Ou très provisoire : en attendant de - en espérant bien - réintégrer au plus vite le circuit «normal».


Cela revient toujours de toutes façons, tôt ou tard, à la même question: «une autre société est-elle possible?». Et donc à la classique: de l'oeuf ou de la poule, qui conditionne, engendre, l'autre? 
Migraine.

 Les concepteurs et commanditaires des fondations et de l'architecture de l'Institution Scolaire sont connus : Église, Royauté, Empire, Napoléon, République, Ferry (Jules !). Et leurs objectifs pas vraiment dissimulés: reproduction et tri sélectif d'une «élite» dite depuis deux siècles «républicaine», avec grades en cascade, pour l'encadrement du troupeau, la gestion et la rentabilisation ou élimination (lucratives) des déchets.
 
 

... Il faut de vrais “chefs” comme en Italie ou en Grèce désormais
Des décideurs qui ne sacrifient pas leurs décisions à la démocratie. 
De ces chefs dont Rousseau disait qu’ils s’accoutument 
“à regarder leur magistrature comme un bien de famille, 
à se regarder eux-mêmes comme les propriétaires de l’État”
et à considérer les citoyens “comme du bétail “.
Ainsi, tout se passe comme si les citoyens français étaient invités au printemps prochain 
à se donner un nouveau “chef “, comme un troupeau perdu sans berger
(et chiens de bergers à l’occasion).
 

... une sélection qui élimine, pratiquement depuis l’école primaire, les refusés
L’idéal républicain de la politique scolaire de la France, tel que l’a défini Jules Ferry, 
est de donner accès à l’instruction à tous et, par l’égalité des chances, 
de permettre à tousd’accéder aux plus hautes fonctions. 
Mais en sous-œuvre, un système de sélection et de compétition, installé bien plus tôt par Napoléon et peut-être déjà par les collèges de jésuites de l’Ancien Régime

permet d’extraire de ce gisement d’instruction, sans le dire, les futures élites
Cette reproduction est coûteuse ...

Ses co-propriétaires - co-gestionnaires de toujours mais de moins en moins invisibles se nomment aujourd'hui Medef, FMI, Banque Mondiale, OMC, OCDE, avec leurs succursales locales, faux-nez et autres philanthropes actionnaires. 
Et parfois d'actifs relais syndicaux et parentaux.
Etonnant, non ?

 Depuis l'inauguration : Rien. 
Sauf de rares et brefs soubresauts : pendant la Commune (école mutuelle), au début du 20° siècle (Éducation Nouvelle), à la Libération (Langevin-Wallon). 
D'éphémères velléités : tags colorés en 68, ravalement de façade en 81, et pose d'échafaudages en 89 avec une Loi d'Orientation jamais réellement mise en oeuvre. 
 

 

... le spectre de 1989 plane toujours sur le PS.
1989, c’est le moment où Lionel Jospin décide de 
revaloriser les enseignants sans leur demander aucune contrepartie.
Cet épisode est dans les mémoires 
comme l’erreur à éviter dans une école qui a besoin d’avancer...

"Sans leur demander aucune contrepartie" ?
Bizarre amnésie : 1989, c'était, aussi et surtout, la nouvelle loi d'orientation.
Qui incluait un nombre non négligeable de "contreparties", désignées sous le terme, un peu vague, de "travailler autrement" (par exemple la rédaction et la mise en pratique d'un véritable "projet" - et pas seulement d'un "réglement intérieur" ! - une école plus ouverte sur le quartier, les parents ...)
"Contreparties" fermement ignorées par les syndicats dès "la revalo" obtenue.
... et - plus surprenant - par L. Jospin lui-même, pourtant demeuré ministre de l'éducation jusqu'en 1992.
Puis devenu 1er ministre de 1997 à 2002 (Son gouvernement a été à ce jour le plus long de la Ve République) ...

Bilan en 1998
"/.../Le projet d’établissement a connu des périodes intenses de réflexion et de mise en oeuvre 
(1982 : collèges - 1989 : tous les établissements).
Il a permis à de nombreuses équipes éducatives de progresser.
L’inspiration s’est, de nos jours, sauf exceptions, singulièrement émoussée.
Quand il n’a pas purement et simplement disparu,
il n’a ici et là que le statut d’une formalité accomplie pour satisfaire à une demande convenue 
de la hiérarchie ou pour obtenir des moyens financiers supplémentaires.
Quand il a quelque existence,
le plus souvent il ne mentionne que des objectifs très généraux, omet les résultats attendus, 
ne décrit que des activités diverses, généralement marginales 
et s’emploie à justifier les moyens « extraordinaires » dégagés ou spécialement alloués.
Tout se passe comme si l’essentiel de l'activité pédagogique ne relevait pas du projet, 
mais s’inspirait d’une autre logique de programmes et de moyens, 
alors que les objectifs et l’activité pédagogiques 
devaient être placés « au centre » du projet d’établissement.
Hormis son caractère obligatoire (loi d’orientation de 1989),
le projet d’établissement - qui a pourtant fait l’objet d’une abondante littérature « grise » - 
n’a jamais fait l’objet d’une définition réglementaire. /.../"

 

Verbiages, postures et impostures. Faux-départs, feintes et croche-pieds. Grandioses stratégies d'appareils et petits calculs mytho-mégalos individualistes, et carrièristes. Avec parfois de complaisantes notices hagiographiques, auto-rédigées, dans une encyclopédie-who-s who online...
 

Beaucoup de paroles verbales, d'intrigues très show-bize et M'as-tu-vu/e? ("j'aime beaucoup ce que vous faites", "pousse-toi d'là que j'm'y mette!", "y en aura pas pour tout le monde", "prem's!", "kiçé l'fondateur-chef ?...), et la totale confusion quant à la définition de "l'innovation" et la distribution des clés !

 

Au-delà des envolées lyriques et promesses verbales, il semble évident qu'il n'existe pas encore, toujours pas, de «socle commun» susceptible de remplacer celui édifié par Napoléon, ses prédécesseurs et ses successeurs. 
Et qu'entre deux déclamations gesticulatoires, on ne semble pas vraiment s'en soucier.

 Au programme des universités d'été 2010 des partis dits d'opposition (P."s", Europe Ecologie-Les Verts), ni école ni éducation - pas plus qu'aux précédentes élections présidentielles - mais électorat et médias  («l'Opinion»!) obligent : La-Sécurité
Pas plus de projet (pour-de-vrai-sans-déc. : solidement travaillé, discuté, argumenté, étayé, décidé, chiffré, programmé) pour l'École - l'Éducation ? - que, entre autres, pour le million de logements manquants.
 
 

Il n’y a donc pas de vision alternative de l’école à gauche…
La pensée de la gauche dite de gouvernement s’est effondrée en matière d’éducation.
Il suffit de regarder ce que propose le PS pour s’en apercevoir
La question d’un projet alternatif se pose avec urgence aux partis, aux syndicats et aux associations.
 

janvier 2012 :
... Plusieurs éléments accréditent la thèse de l'improvisation
ou à tout le moins d'une décision prise à la va vite. D'abord, interrogés dans la foulée de l'annonce, 
des proches du candidat ne semblent pas vraiment au courant, ni d'ailleurs enthousiastes.

février 2012:
«Il y a une espèce de course à l’échalote entre la majorité et le candidat socialiste 
sur les questions sécuritaires, regrette Philippe Aymard. 
Il y a largement assez de place de CEF aujourd’hui (la région dispose déjà de deux CEF).


 

Etonnant, non ?
 C'est pourtant le prix du m² qui fait la différence, en matière d'école, aussi
Etonnant ? 
Non :
Indifférence, omissions normales, puisque leurs électeurs comme leurs élus ne sont, de fait, pas réellement ni directement concernés. (**)
... Et occupés à tellement d'autres jeux !
 

  C'est pourtant plusieurs années avant l'échéance qu'un véritable «projet» devrait être patiemment et sérieusement débattu, tous bilans en mains et cartes sur tables, puis assemblé et très clairement motivé, chiffré, exposé, et proposé, afin de pouvoir, en cas de succès électoral être mis en oeuvre - promesses et compte à rebours obligent - dès le lendemain matin du scrutin. 
Sous l'autorité d'un ministère ayant, tant qu'à faire, participé activement à son élaboration, et étant fermement assuré du soutien actif de ses collègues, comme du temps nécessaire à sa consolidation.
A l'abri des girouettes virevoltant au gré de sondages, modes, imports, intox, carrières et lobbies en tous genres.
Et donc soutenu également aussi bien par les associations de parents que par les professionnels, puisque nécessairement, logiquement, associés en aval comme en amont à sa conception et à son évaluation.

Est-ce vraiment «possible» ?

  Car on peut, tout de même, très légitimement se demander, entre autres, si le ministre est bien vraiment toujours - et sera encore - celui de l'«Education». 
Et ... «Nationale»? Dans quel sens ?
Ou celui des multinationales ? 
Et de quel type d'«éducation», d'«école», celles-ci ont-elles besoin?
Pour quel type de société ?

Et constater que la longévité des ministres (en titre) de «l'éducation nationale» raccourcit de nouveau : cinq en dix ans. Et six ministres «de la jeunesse» en six ans.

    Une autre école pour, dans, une autre société ? 
«Possible» ?
    On peut aussi faire pire : c’est en cours.

Ou apparemment, autrement, moins pire :  on en cause ... dans les colloques; on cherche, chez les chercheurs; on expertise chez les experts; on calcule chez les stratèges : comment faire la même chose, ou pire, en innovant sans rien changer

    Mais mieux (c'est-à-dire avec d'autres objectifs et méthodes) ? 
    Est-ce vraiment nécessaire ? 
Oui. Et urgent
    Avant un séisme ou après le déluge? 
Faudra-t-il une «révolution»
Une véritable réforme (et non du compassionnel et caritatif «care»  en barre, poudre, pansements, gélules ou pommade) en serait une. Mais au «tous ensemble, tous!» succèdent toujours très vite les «pousse-toi d'là que j'm'y mette» et «prem's, y en aura pas pour tout le monde».

    Après des siècles de stagnation, et aujourd'hui de régression, dont le pouvoir actuel - et futur ! - n'est pas la cause, mais le résultat (de mensonges, esquives, égoïsmes, soumissions, compromissions, langue de bois, «mal-entendus» parce que non-dits, non écrits), il ne s'agirait en fait - et enfin ! - que d'une Évolution. 
Pas au petit sens utilitaire ou hasardeux darwinien (les plus nombreux, forts, opportunistes, «efficaces»)... mais d'une victoire de la Culture sur la Nature. 
D'un pas en avant. 
D'un progrès.
D'une émancipation.
Pour de vrai.


 

Émancipation.
Quel gros mot. 
Est-ce bien raisonnable? 
Est-ce compatible avec mes diplômes, mon Q.I., ma fonction, mes valeurs, mes titres, mon ancienneté, mon parcours, mes relations, ma carrière, mon patrimoine, mes principes, mes voisins (Mme et M. Caen-Diraton ...), mes assurances, mes vacances, mes sacrifices, ma retraite et ma «petite» rente immobilière; avec mes «légitimes» ambitions, médailles, mérites et acquis; avec ma voiture, mon doudou-portable-bracelet-gps, mon jardin, ma porte blindée, mes abonnements à Maisontélérama et Maison-Magazine; avec mes peurs, ma Sécurité? 
Avec celles et ceux de Mes enfants d'abord?

« autre » = Émancipation.
    Tout le reste n'est, n'a été, ne sera que paroles verbales, novlangue, slogans, fantasmes, leurres et mensonges : pour camoufler la reproduction du modèle initial. 
A l'apprentissage forcé de la conformité et l'uniformité de futurs petits soldats pour les guerres d'empires a succédé celui de la standardisation nécessaire à la guerre économique, permanente, et mondiale. Le Marché de «l'éducation» fait partie de tous ceux à conquérir. Quelles que soient les pertes, ici et «en face». 
Comme en 14.

     On va donc continuer de plus belle à parler de «réformes», d'innovations, d'expérimentations. 
Et, c'est "nouveau", de "changement" - cf les 29 lignes (sur 1200) du "projet" du Ps ("Nous proposerons un nouveau pacte éducatif à la Nation") !
Et des hordes de chercheurs et autres experts - en benchmarking ... "éducatif" - font, refont, vont faire, et refaire, à grands frais, le tour du monde, de la Finlande au Népal en passant par le Poitou, pour en rapporter "les recettes qui marchent ailleurs" : un truc, une ficelle, un gadget, bref un "concept innovant" avec son packaging, qui sorti de son contexte culturel, social, politique, économique, n'a aucun sens, aucune cohérence, aucune autre utilité que celle d'un bricolage, d'une diversion, supplémentaire. 

   Un ancien sous-titre du guide-annuaire était «L'école à rustines»
Auquel avait répondu une commande éditorialo-ministérielle titrée «L'école qui décolle» ...
Il y a vingt ans.

    Nous sommes tous ministres de l'éducation
Ce sous-titre du guide-annuaire est généralement mal lu, mal entendu, compris comme «je suis donc ministre ... de mes enfants d'abord» : de mes enfants seulement.
    Ou pire : «ministre, j'ai donc une solution pour ... les autres»
Screugneugneu. Yaka. Yzonka. Faucon.
 

    Voulons-nous - du verbe vouloir - nous émanciper (*)
Avec - pas aux dépens de - tous les autres, d'ici et d'ailleurs? 
A quel prix? En se débarrassant de quoi? Au profit de quoi? Aux dépens de qui? On commence quand? Par quoi? Comment?
Vertige.

    Bon, alors... soyons raisonnables :
et si on se contentait plutôt d'un petit sondage? 
Au choix : cantine, cartables trop lourds, punitions, WC, casquettes, drogues, foulard, portable, informatique, sport, mixité, laïcité, rythmes scolaires, innovations, évaluation, surdoués, internet, caté, uniforme, carte scolaire, semaine de 4 jours, obésité, notes, devoirs à la maison, classement, shorts, minijupes, robes trop longues, talons hauts, précocité, redoublement, orientation, cours particuliers, soutien scolaire, "réussite" scolaire, "meilleur" lycée (hit-parade), "LE"-Bac (tricherie au), absentéisme, décrochage, violences ...
Vidéo-surveillance, vigiles ou portiques ? 
Les trois ?

    Suivi d'un petit débat ? 
D'un "Grand Débat" ?

... les "signes sur l'école".
"Ils vont venir, les Français vont en être abreuvés"
promet Vincent Peillon. 
"A partir du collectif budgétaire de juillet, 
et durant les six premiers mois de l'avènement de la gauche,
la France va se saisir d'un grand débat sur l'école",
portant, entre autres, sur les Ecoles supérieures du professorat et de l'éducation 
- qui succéderaient aux IUFM -, sur les rythmes scolaires, sur le métier d'enseignant... 

De commissions ? D'«appels» ? D'«assises» ? D'«états généraux» ?
De "lettres ouvertes" ? De "manifestes" ? De pétitions ?
D'un «Observatoire» ? 
D'un «Conseil scientifique»("contre les violences à l'école) ?
D'un «Comité Stratégique» ("pour l'apprentissage de l'anglais dès 3 ans") ?

... D'un «Haut Conseil» ("de l'Education")?
Avec un «Comité de pilotage» ?
... Et des, petits et Grands, «Chefs de projet» ?

Et d'une Nième annonce de « réforme » ?
... Ou de "Transformation" ! (S. Royal, janvier 2011)
Pas assez audacieux, semble-t-il.
 

Aussi Hollande propose-t-il un « pacte éducatif » entre la nation et l’école.
« Je veux une refondation. Pas une restauration : une refondation de l’école. »
(Orléans, le 9 février 2012)

Une refondation ?
Pour de vrai sans déc. ?
Sur, à la place, à côté des anciennes "fondations" (Eglise, Royauté, Empire, 3° République, et ... Traité de Lisbonne) ?
Donc sur de nouvelles bases ? De nouvelles "fondations" ? Avec une nouvelle architecture ? Un nouveau cahier des charges ? D'autres concepteurs et ... commanditaires ?

Bigre.

(à suivre ...)

R. A.

(*) du latin «emancipare», affranchir un esclave du droit de vente, venant de  «e» privatif et «manucapare», prendre par la main (l'achat des esclaves se faisait en les prenant par la main).

(**) Quelques références & "illustrations"
- 1996 : « ...Si l’on diminue les dépenses de fonctionnement, il faut veiller à ne pas diminuer la quantité de service, quitte à ce que la qualité baisse. On peut réduire, par exemple, les crédits de fonctionnement aux écoles ou aux universités, mais il serait dangereux de restreindre le nombre d’élèves ou d’étudiants. Les familles réagiront violemment à un refus d’inscription de leurs enfants, mais non à une baisse graduelle de la qualité de l’enseignement et l’école peut progressivement et ponctuellement obtenir une contribution des familles, ou supprimer telle activité. Cela se fait au coup par coup, dans une école mais non dans l’établissement voisin, de telle sorte que l’on évite un mécontentement général de la population.... »
© OCDE 1996 (Cahier de politique économique n° 13 - Faisabilité politique de l'ajustement - page 30)

- 2010... L'Irlande avait été le premier Etat européen à prendre des mesures d'austérité. On voit le résultat. Le recul social est porteur d'un risque non nul d'effondrement économique. Pire, en sabordant l'éducation et la santé au nom du moins d'Etat, ce sont les bases de leur avenir qui sont ébranlées dans ces pays...
... la crise des dettes souveraines consécutive à l'implication des Etats pour sauver leurs banques nationales a ouvert la voie à des réformes dites "structurelles". Il ne s'agit pas d'un complot caché.
Bien au contraire, cette fenêtre d'opportunité est affichée dans des documents publics, par exemple ceux de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)... Documents, il est vrai, peu ou pas consultés par les citoyens et les journalistes. Au nom de la crise de la dette, on peut imposer aux peuples des "réformes structurelles", même si elles n'ont aucun lien direct avec la nécessité de rétablir les comptes publics...

- ...La soumission à un pouvoir autoritaire conduit toujours à une augmentation de l’autoritarisme.
En fait, le basculement de la société française traditionnelle, avec ses majorités et ses oppositions, vers une société ultra libérale implicite, dont le choix n’a jamais été  débattu démocratiquement, a modifié le paysage politique en profondeur. Le zarkozisme a abandonné toutes les valeurs gaullistes sans le dire. La gauche a souvent oublié ses propres valeurs pour tenter de faire la démonstration qu’elle savait gérer... (Pierre Frackowiak)

- ...On est dans une société loufoque, qui dépense pas mal d'énergie pour l'éducation de sa jeunesse et qui, ensuite, adhère à un système économique qui assure l'écrasement de la jeunesse et de la baisse de son niveau de vie.
C'est un gaspillage d'énergie énorme. Les jeunes sont assez conscients de ce qui les attend sur le marché du travail. Et donc j'imagine qu'ils ne sont pas très contents....
Cette ligne, c'est l'autoritarisme. Ce n'est pas le coup d'Etat à la Napoléon III. C'est plus subtil : un mélange de provocations, d'agitation, d'activation de peurs, de discours sécuritaire, de thématiques ethniques. A travers tout ce que fait la droite, il y a une ligne, un projet....
...les socialistes entretiennent un rapport fort à l'éducation, à la culture : ce sont des premiers de la classe, des bons élèves. La gauche était autrefois le reflet du monde enseignant et du monde ouvrier, mais, en ne prenant pas la mesure de la mutation économique, elle a perdu le second....
(Emmanuel Todd)

 - Le thème du jour, c'était l'éducation
mais dans son discours, Bertrand Delanoë n'en a pas parlé.
... Pour l’ensemble de la ville de Paris, les illuminations représentent une dépense de trois millions d’euros, répartie entre les associations de commerçants et la mairie (pour 900.000 euros). La campagne de communication, menée par l’office du tourisme, coûte trois millions de plus...

- Le 9 novembre, lors d'un conseil national marqué par un absentéisme record - moins du quart des membres du "Parlement" du PS était présent -, le texte sur "l'égalité réelle" a provoqué un sérieux accroc à l'unité affichée depuis septembre. Pour la première fois depuis l'élection, en novembre 2008, de Mme Aubry, douze élus, pour la plupart membres de sa majorité, se sont abstenus. Parmi les "rebelles", qui s'inquiétaient du "manque de hiérarchie" et de crédibilité économique de ce catalogue de promesses "pour cinq, dix, quinze ans", figuraient trois candidats potentiels à la primaire : François Hollande, Pierre Moscovici et Manuel Valls. 


- Royal, (à la même table que Lang, Julliard, etc...) le 15 janvier 2011 :
... on ne dit plus "réforme", mais "transformation"... :
«- Nous rétablirons les RASED, la formation des enseignants ... 
- 2 adultes par classe, 17 élèves par classe ... 
- pas de collège de plus de 600 élèves, etc...»
Quand ?
Bientôt ... : "à la rentrée 2012"

- Royal le 26 janvier 2011 :
 le PS n'a "ni projet, ni candidat" pour 2012...

... Il n’y a chez Ségolène Royal ni désespoir, ni même frustration face à la lenteur du PS, seulement une stratégie du pire, froide, calculée, dans laquelle la souffrance des Français et l’intérêt de la gauche ne jouent aucun rôle.
Une stratégie exclusivement personnelle
Ségolène Royal poursuit depuis plusieurs mois son exercice d’équilibriste à la frontière du Parti socialiste. Elle maintient une présence minimale pour ne pas être oubliée et ne pas s’aliéner entièrement ceux des socialistes qui tâchent de construire un programme. Elle effectue de temps en temps une piqûre de rappel sur le thème de l’unité afin de ne pas apparaître comme porteuse de discorde. Mais en ne s’investissant pas dans la construction du projet, en rendant ostensible son absence, en plaçant à l’occasion (comme lors de la convention pour l’égalité réelle) sa contribution individuelle (2 pages), elle se donne toutes les armes pour se désolidariser du PS le temps venu...
("Ségolène Royal ou la stratégie du vautour")

« - Votre projet éducatif est ambitieux, mais comment comptez-vous le financer ?
- Bruno Julliard : Tout n'est pas une question de moyens, puisqu'à investissement comparable dans notre système éducatif nous n'avons pas de meilleurs résultats que la moyenne des pays de l'OCDE. Nous sommes même un peu en dessous. Ceci dit, nous avons défini des priorités budgétaires : la maternelle et l'école primaire, la formation professionnelle des enseignants et les établissements situés en ZEP. 
Pour ces priorités, nous avons identifié des sources d'économies, comme la fin de l'exonération fiscale pour toutes les entreprises privées de soutien scolaire. Cela coûte extrêmement cher à l'État en plus d'être une voie détournée de privatisation de l'école publique... »

- Entretien avec Bruno Julliard, 9 mars 2011 :
"Notre école traverse une crise majeure et il faut tout reconstruire...
... Notre projet éducatif est à dix ans."

- Benoît Hamon : Mais attendez, je suis honnête, là… A mon avis, quand tu es au pouvoir ce n'est pas le moment où tu es le plus inventif. Les meilleures idées et la plus grande énergie que tu peux mettre dans un combat politique, c'est quand tu t'opposes, quand tu es en minorité ...

- ... "Si les 60 000 créations de postes annoncées par François Hollande ne devaient l'être que par redéploiement, cela reviendrait à réduire le service public de la santé ou de l'emploi pour consolider les moyens de l'éducation nationale. Cela n'aurait aucun sens. Un poste de professeur en plus ne peut être payé par un poste d'infirmière en moins" ...

- Arnaud Montebourg entend adopter une démarche pro-active pour atteindre cette mixité, quitte à « forcer » les chefs d’établissements à recruter des élèves moins bons d’autres lycées et collèges afin d’introduire de l’hétérogénéité dans les classes – puisque les classes de niveaux sont une catastrophe pour tous ».
Question : Les parents d’élèves, et notamment les électeurs du PS, sont-ils prêts, en pratique, à tant de mixité? Ont-ils vraiment envie que leurs enfants soient mélangés à d’autres moins bons et/ou issus d’un autre milieu que le leur (parce que oui, les deux sont évidemment liés)? Sur le papier, l’idée est très belle. Et concrètement?

- L'UMP vient de dévoiler son projet éducatif pour 2012. Dans quelques semaines le Parti socialiste débattra du sien lors d'une convention nationale. A dix-huit mois de l'élection présidentielle, une certitude s'impose : l'éducation sera au cœur de la confrontation politique entre la droite et la gauche.

- ... La division n'est pas politique, les écologistes sont grosso modo homogènes et unis sur leur vision du monde et leur projet de société. Mais comme toutes les organisations politiques, ils sont soumis en interne à des jeux de pouvoir et à des tiraillements d'ambition qui les paralysent et les décrédibilisent.
Ce n'est pas propre aux écologistes ou aux Verts, c'est le virus consubstantiel à la représentation politique et le péché originel des partis.
La lutte pour le pouvoir en interne détourne les meilleures volontés et les plus belles intentions...



- Redoublement :

- Un fils d'enseignant a quatorze fois plus de chances relatives d'obtenir le bac que son camarade dont le père est ouvrier non qualifié, selon une note du ministère de l'Education (*). Cette étude est basée sur un panel d'élèves entrés en sixième en 1995. Ils ont passé le bac à partir de 2002. Quand on compare aux élèves entrés en sixième en 1989, les inégalités ont augmenté: les fils d'enseignant avaient alors neuf fois plus de chances relatives de réussite que les fils d'ouvriers non qualifiés. C'est la première fois que les inégalités sociales s'aggravent à la fin du secondaire...
(*)[Note d'information E.N. - pdf]

- 20% d’élèves en grande difficulté à 15 ans, deux fois plus qu’il y a dix ans. Et parmi eux, pas un enfant de cadre ou d’enseignant. Quant à ceux qui parviennent à entrer au lycée général, ils se retrouvent plongés dans une compétition acharnée entre élèves, à coups de séjours linguistiques pour maîtriser l’anglais, de cours de soutien et autres coaching hors de prix...
... Les Bourses peuvent bien dévisser, les banques s’effondrer, l’industrie du soutien scolaire résiste à toutes les tempêtes. Depuis une quinzaine d’années, elle affiche même une santé insolente, avec en France un chiffre d’affaires annuel estimé à plus de 2 milliards d’euros, en hausse de 10% chaque année.
"Il ne s’agit pas de soutenir des élèves en difficulté scolaire, explique Thomas Collas, étudiant-chercheur à Sciences-Po, mais de les rendre plus compétitifs." C’est en France que le phénomène est le plus développé, "le seul pays, précise Mark Bray, qui offre une réduction d’impôts aux familles pour l’emploi à domicile", une mesure, mise en place au début des années 1990 et qui profite aux plus aisés. Cette course laisse encore un peu plus sur le bord de la route les enfants de milieu modeste, mais aussi des classes moyennes, voire moyennes supérieures.


[ Des priorités pour remettre l’école d’aplomb ! ]
... tout le système s’organise pour créer ces petites différences scolaires qui deviendront de grandes différences sociales : choix des filières, des langues, des matières optionnelles, classes européennes…. Et l’on voit déjà que l’école élémentaire est touchée par ce mécanisme selon lequel tout le monde est «relativement» en échec dès lors qu’il n’est pas aussi bon que le système le suppose. 
Au bout du compte nous débouchons sur une orientation par l’échec ...
... Il ne sert à rien de condamner les «parents consommateurs» parce qu’il est rationnel et pas forcément cynique de choisir la meilleure école. D’ailleurs les enseignants qui sont aussi des parents se conduisent de la même manière. Le problème vient de ce que ces choix individuels aggravent les inégalités sociales puisque les bons élèves se regroupent, et les moins bons aussi ...

- ...D’une certaine façon, l’école s’est substituée à l’Eglise et a acquis une dimension quasi religieuse...
En France, le diplôme fonctionne comme une double peine.
Dès les petites classes, avec l’apprentissage de la lecture, il y a des inégalités de réussite selon le milieu social. 
Or, peut-on parler de mérite pour un enfant de 6 ans ?
Ne faudrait-il pas renvoyer ces inégalités scolaires précoces aux inégalités de conditions de vie entre les familles ?

- ... En France, certains diplômes sont des sortes de rentes et on comprend que les écoles qui les distribuent ne tiennent guère à s'ouvrir. Mais dans un marché du travail relativement serré, la grande utilité de certains diplômes se solde par la très faible utilité de ceux qui sont situés à l'autre bout de la hiérarchie scolaire. Si on a tout avec quelques diplômes, on n'a pas grand-chose avec d'autres et on a rien quand l'école n'a mesuré que vos lacunes. Dans ce cas, la faiblesse scolaire devient un handicap d'autant plus marqué que la majorité des jeunes accède aux étapes élémentaires comme le baccalauréat aujourd'hui. Alors, les élèves les plus faibles alimentent les rangs des décrocheurs et manifestent leur colère dans les émeutes urbaines...

- Selon un classement établi par l'OCDE, la France se situe au 22e rang (sur 25) en termes de qualité de vie à l'école, rappelle l'association. [ AFEV ]
Selon le baromètre sur le rapport à l'école des enfants des quartiers populaires publié pour l'édition 2009, 66 % des jeunes interrogés affirmaient ne pas aimer ou "un peu seulement" aller à l'école. 
53 % disaient s'ennuyer. 
Surtout, 36 % déclaraient qu'ils avaient "parfois - voire souvent - mal au ventre avant d'aller à l'école ou au collège".

- 41% sont rarement, voire jamais, aidés par leurs parents pour faire leurs devoirs.
Si l’on extrait les collégiens uniquement, ce pourcentage passe à 49%, les devoirs et les exigences scolaires devenant plus complexes, la capacité des parents à fournir une aide devient plus faible.

- "Quatre stylos valent 2,42 euros, combien coûtent 14 stylos ?
"Ça, je ne sais pas le faire du tout", répond d'emblée l'ancien ministre de l'éducation nationale, Xavier Darcos...
"si l'on en croit les évaluations à l'entrée au collège en 2007. Seuls 3 élèves sur 10 sont alors capables de calculer le prix de 20 objets lorsque 10 d'entre eux coûtent 22 euros.." (lemonde.fr)
Sur les 800 000 jeunes que compte une génération, l'école française laisse sortir à la fin de la scolarité obligatoire, chaque année 354 400 incapables de manier la règle de trois.
En fin de collège, 44% des élèves ne sont pas au niveau attendu en mathématiques.
(Évaluation et statistiques - Les compétences des élèves en mathématiques en fin de collège - Les notes d'information - DEPP - N°10.18 octobre 2010)

- « C'est le prix du m² qui fait la différence »
La carte scolaire, qui visait pourtant la mixité, n'a pas empêché la concentration sociale des enfants de milieux aisés et cultivés dans les mêmes quartiers ainsi que la concentration des enfants les plus défavorisés dans les ZEP (Zones d'éducation prioritaire). C'est le prix du mètre carré qui fait la différence. De même, les meilleurs enseignants sont aussi dans les collèges et lycées de ces quartiers résidentiels du centre et de la périphérie, là où vivent les cadres et les professions supérieures alors que les enseignants moins expérimentés sont envoyés faire leurs armes dans les zones plus défavorisées notamment dans les ZEP. La carte scolaire renforce la ghettoïsation de la société française par le haut.
(Michel GODET - Libération - jeudi 08 septembre 2005)

... Aux antipodes de ces dérèglements du marché immobilier,
faut-il rappeler que l'on estime à 1 million le déficit de logements, accumulé depuis une vingtaine d'années ? 
Ou qu'en France, aujourd'hui, quelque 3,5 millions de personnes n'ont pas de logement digne, ou pas de logement du tout ? 
"République" ? Un vain mot, hélas ! quand le droit, élémentaire, au logement est à ce point bafoué.

... Il reste que la symptomatologie n'est pas un diagnostic. Celui-ci relève du refus collectif de regarder lucidement notre long terme, et du caractère profondément conservateur, rentier, de la société française dans son entier. Le comportement patrimonial des possédants français accumulant de l'assurance-vie et des logements vides, tout comme leurs grands-parents serraient leurs lingots, relève de la même frilosité. ...
... Les seniors de 2010, qui sont propriétaires sans remboursement d'emprunt dans plus de 70 % des cas, ont été les grands bénéficiaires - par les plus-values longues, et donc non imposables - de la crise du logement payée au prix fort par les jeunes actifs. Les seniors urbains des classes moyennes supérieures n'ont jamais vécu aussi à l'aise dans des logements sous-occupés, le couple type de 60 ans vivant à deux dans un cinq-pièces, alors que les jeunes familles sont tenues de s'entasser dans de petites surfaces ...
... Parions donc qu'aucun candidat n'aura le courage de s'atteler à une telle politique de générations.

On exalte le passé, on ranime l'instruction civique...

... des élus louent des logements de la RIVP alors qu'ils disposent d'autres habitations, ou paient des loyers sous-évalués par rapport à leurs ressources.
Le quotidien cite Jean-Pierre Chevènement et Delphine Batho, dont le loyer a été réévalué, Fadela Amara, et aussi deux personnalités qui ont quitté leur logement Benoist Apparu, Brigitte Kuster (maire du 17ème).
Selon le Parisien, Jean-Pierre Chevènement a notamment un appartement de 120 m2 rue Descartes pour 1271 euros de loyer par mois....
...Pas question pour le sénateur, président d’honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC) de quitter les 120 m2 qu’il loue rue Descartes, situé à deux pas du Panthéon (Ve). 

- «Tout le monde est pour la mixité sociale.
Mais pour les autres.»


USA 2008 :"dans le Milwaukee, il n'y a pas eu de miracle" (Sol Stern).
LES CHÈQUES ÉDUCATION : L'ÉCHEC.
Depuis une bonne vingtaine d'années, ici aussi, évidemment, le "chèque éducation" (ou "bon scolaire") - en anglais "voucher" - fait partie d'un blabla yakaiste au sujet des indispensables réformes, "simples, urgentes et radicales", disent-ils, du système scolaire...
L'un des plus fervents promoteurs du chèque-éducation aux USA, Sol Stern, vient de faire brusquement volte-face en affirmant, constats à l'appui, que le voucher n’avait "pas du tout amélioré le système public".
Après avoir depuis longtemps réclamé, soutenu et contribué au développement des vouchers et des charter schools, Sol Stern pointe les défauts et les insuffisances du voucher. Il cite, entre autres, l’expérimentation de Milwaukee, première ville aux États-Unis à adopter, en 1990, un programme "chèque éducation".

Le droit d'apprendre
Ivan Illich dans Une société sans école proposait, dès les années 70,
une réflexion radicale sur l'échec de l'enseignement à l'école.
Cette dernière, outil d'un Etat,
peut-elle être pensée aujourd'hui autrement
comme il le suggérait il y a trente ans ?

ENTRE PSYCHORIGIDES ET INVERTÉBRÉS...

L'école traditionnelle,
publique ou privée,
est depuis toujours  i n a d a p t é e
à la grande majorité des enfants et adolescents,
autant qu'aux besoins d'une société en pleine mutation.
Elle ne peut que fabriquer de plus en plus d'inadaptés,
dégoûtés à vie d'apprendre, alors qu'une formation continue,
active et coopérative est une nécessité.

... Psycho-pédagogue, orthophoniste, psycho-motricienne, grapho-thérapeuthe,  psychopédagogue… A 10 ans, Elena, en CM 2, a déjà été suivie par toute une flopée de spécialistes. Le but: l’aider à être meilleure à l’école. Elle n’est pas nulle. Elle dirait qu’elle se situe entre «bien et mauvais». Evidemment, ce n’est pas assez....
... Mais c’est qu’il faut réussir. Et ça ne va pas être facile. La concurrence est rude. Pas de bonnes notes = pas de diplôme = pas de boulot = pas de Rolex à 50 ans = la fin du monde. La pression est presque palpable. Mais le plus grave, c’est qu’elle débute dès la maternelle...
... La pression est là. On voit des enfants rendre «copie blanche» à 5 ans. La mise en échec est trop précoce. Et la réponse apportée par l’Education Nationale est terrifiante : encore plus d’heures de cours pour les plus faibles...
Public Sénat diffusera le documentaire* « L’école à bout de souffle »* de Marina Julienne, sur l’école primaire et les inégalités scolaires. 
16/02 à 09 h00 - 18/02 à 22h00 - 19/02 à 18h00 - 20/02 à 17h15 - 25/02 à 15h15
*samedi 18 février à 22h sur Public Sénat. Il sera suivi d’un débat animé par Elise Lucet.

L'association loi 1901 Le Germe (Groupe pour l'Elaboration et la Réalisation d'une Magnifique Ecole) est un collectif de citoyens (parents d'élèves, enseignants, grands-parents, chômeurs, pédagogues, etc...) qui souhaite créer sur le lochois, une école différente, laïque à vocation de devenir publique, fondée sur une pédagogie alternative ouverte au développement de l'enfant.

Pour se faire connaître, encourager le plus grand nombre à rejoindre cette action, l’Association proposait le 4 octobre 2011 une soirée débat sur les écoles alternatives sur le thème

"Quelles pédagogies différentes
pour l'école ?"
en présence de chercheurs et d'enseignants.

Débat précédé par la projection du film documentaire
Merci Ovide !

l'école Decroly, 
une pédagogie différente. 


Le projet d'un collège-lycée Freinet 
sur les rails à Nantes

L'association Célestin milite depuis 2007 pour la création d'un collège-lycée de pédagogie Freinet. Ça semble avancer : elle a aujourd'hui le soutien des collectivités locales. Et espère une ouverture en 2013.

Le choix d'une pédagogie différente.
Le projet semble sur de bons rails. « On est confiant, assure Marie-Bertille Couëdel, présidente de l'association Célestin Pour un Collège-Lycée Public Innovant. On sent que les collectivités locales sont avec nous. » Depuis 2007, l'association, qui réunit parents, enseignants, personnels éducatifs, travaille à l'ouverture d'un collège et lycée public de pédagogie Freinet.



1921 (Summerhill)
L'origine de problèmes n'est pas dans l'enfant, il est dans l'attitude des adultes à leur égard. Il peut y avoir eu beaucoup de changements depuis l'époque où Neill dirigeait l'école, mais le scénario est fondamentalement le même. Les enfants sont toujours privés du respect et du soutien qui leur est dû comme êtres vivants. Un mélange confus d'autoritarisme, de corruption, et de séduction, maintient toujours les jeunes sous la tutelle du monde adulte, un monde qui a perdu le contact avec son élan vital.

1968 (Colloque d'Amiens, mars 68)
« Profondément troublés par l’inadaptation d’un système éducatif hérité du 19° siècle, dont la centralisation excessive la rigidité et l’inertie leur apparaissent d’autant plus graves au moment où s’effectue, comme dans les autres grands pays développés, le nécessaire passage à une formation secondaire et supérieure qui doit être aussi une  formation de qualité, les membres du colloque affirment l’urgence d’une rénovation éducative aussi bien que pédagogique qui ne peut se concevoir que dans la perspective d’une éducation permanente de la nation ...»
1975 : (Oslo :Un lycée aux lycéens)

Amputez les enfants-adolescents du pouvoir qui leur revient dans l'Institution scolaire
- qui leur revient, du fait qu'ils y sont indispensables -
et, en les coupant de la réalité extérieure, en les renvoyant à leur seul monde intérieur,
vous les désocialisez, c'est-à-dire que vous les névrotisez.

1978 : "Quand on parle de l'école aujourd'hui, on ne trouve pas de mots assez durs pour stigmatiser ses faiblesses, ses carences.
Chacun a son histoire, ses anecdotes, plus péjoratives les unes que les autres, qui ne fleurent guère la nostalgie . .."

Archives (1978)

n° 13 - avril 1978 - 49 fr


Alors, on n'a pas école aujourd'hui? 

Faire bouger Goliath,
par Henry Dougier 
"Quand on parle de l'école aujourd'hui, on ne trouve pas de mots assez durs pour stigmatiser ses faiblesses, ses carences.
Chacun a son histoire, ses anecdotes, plus péjoratives les unes que les autres, qui ne fleurent guère la nostalgie . .."

Ces pratiques alternatives: un modèle?
Des « lieux pour enfants » où s'inventent d'autres rapports,
par Catherine Baker, Jules Chancel 

Cinq expériences,
cinq itinéraires
- La Barque, comme le nom l'indique
- Le Toboggan, avant la chute ... ailleurs 
- Le Moulin des souvenirs 
- L'Ecole en Bateau à contre-courants 
- Le projet Jonas, 
Jonas-en-Corrèze : un réseau 
 

D'autres lieux 
 Mais qui, diable, va dans ces «écoles» et pourquoi ?
par Catherine Baker 

- La Roulotte 
- L'Ecole et la Ville
- Le groupe de Houilles-Argenteuil 
- Terrevigne en Beaujolais 
- Belbezet 
- Le Har
- La Commune
- L'A.C.C.E.N. 

Critiques et réponses
Attaques ... et hésitations ...
Parades ... et auto-critiques 
Deux bilans : 
« Attention Ecole », 73-74 
« La Mosaïque », 75-76 
 

Une « théorie » 
Où il n'est plus question de cheveux blonds ni de sourires panoramiques ... mais de politique!
par Jules Chancel
Face à face, l'enfant et l'adulte 

Confrontations 
Plusieurs silences bien gênants !
(Guy Avanzini)

Je demande toujours : quoi de neuf ? (Fernand Oury) 

Prendre la tangente
(Fernand Deligny) 

Une alternative? Non, une reproduction du système scolaire (Etienne Verne) 

La longue marche des innovateurs 
(Louis Legrand) 

Vitruve, une école perpendiculaire ... (L'équipe de la rue Vitruve) 

Le lieu central de lutte, c'est l'école publique ! 
(Jacques Guyard)

Comment enclencher sur le milieu populaire ?
(Bernard Defrance, Louis Caul-Futy) 

« L'initiation » plutôt que la pédagogie  (René Schérer) 

Ecoles parallèles ... Lieux de vie ... Réseaux   (Liane Mazère) 


BRITISH WAY OF LIFE

Le "modèle" anglo-saxon,  libéral  ... et blairo-socialiste...

"Redynamiser la pensée sociale progressiste" !
"Pour la première fois, une responsable politique français introduit la notion anglo-saxonne du care dans le débat public, notion longtemps débattue outre-Atlantique..."

ILLUSTRATIONS :

  ÉCOLES ANGLAISES :
Discipline, rigueur et esprit compétitif sont les maîtres mots de la mutation mise en œuvre par le gouvernement travailliste..

   Royaume-Uni : L’uniforme discriminatoire
En imposant un fournisseur unique pour l’achat de l’uniforme, les écoles pratiquent une discrimination à l’encontre des élèves pauvres. 

  Directeur d'école en Grande Bretagne :
« Le métier a beaucoup évolué. Aujourd’hui, on est beaucoup plus responsable,
on a plus de pression, on nous demande plus de résultats. »

  Deux fois plus d’enseignants sont partis en retraite anticipée au cours des sept dernières années. 

  35% des élèves de 11 ans ne savent pas lire.

  Un ado sur cinq ne peut situer son pays sur une carte.

  Ecoles publiques fermées aux pauvres.  Un rapport émis par ConfEd, (une association qui représente les dirigeants du secteur de l’éducation locale) dénonce le manque d’intégrité des processus d’admission dans certaines écoles publiques. Des réunions de "sélection" d’élèves sont organisées, durant lesquelles ne sont admis que les enfants "gentils, brillants et riches".  Ainsi, 70 000 parents n’ont pas pu inscrire cette année leurs enfants dans l’école de leur choix. En écartant les élèves issus de milieux pauvres, ces établissements "hors la loi" espèrent rehausser leur taux de réussite aux examens. 

   Selon l'OCDE, les écoles privées britanniques ont les meilleurs résultats au monde : FAUX !

  ... & Moins de pauvres dans les écoles primaires catholiques.

  Les écoles anglaises pourront être gérées par des "trusts".

  L’école britannique livrée au patronat.  En mars 2000, le Conseil européen de Lisbonne avait fixé comme principal objectif à la politique de l’Union en matière d’éducation de produire un capital humain rentable au service de la compétitivité économique.

  Le créationnisme aux examens.

   "BAGUE DE VIRGINITE" : Une adolescente anglaise, fille d'un pasteur évangélique, perd son procès en Haute Cour.

  Grande-Bretagne : l'athéisme (bientôt ?) au programme scolaire

  Grande-Bretagne :Les sponsors au secours de l'école

  Empreintes digitales pour les enfants d'une école de Londres. Le Royaume-Uni réfléchit à la mise en place d’une loi pour la création d’un fichier national des enfants de moins de douze ans.

Naître et grandir pauvre en Grande-Bretagne  est encore plus pénalisant que dans d’autres pays développés.

  Un demi-million de «sans-logement». A Londres, un enfant sur deux sous le seuil de pauvreté.

  Un demi-million d'enfants britanniques travaillent "illégalement".

«tolérance zéro» et conditions de détention intolérables. Plus de dix milles jeunes délinquants britanniques sont emprisonnés.  «Le bilan du Royaume-Uni en terme d'emprisonnement des enfants est l'un des pires qui se puisse trouver en Europe.»

  Les frais très élevés d’inscription universitaire dissuadent les étudiants issus de familles modestes de s’inscrire en fac.

  De plus en plus d’étudiantes se prostituent ou travaillent dans l’industrie du sexe pour payer les frais d’inscription de leur université.

  Plus de 350 000 Britanniques ont quitté leur île en 2005 pour jouir d'une vie meilleure
Les jeunes Britanniques se voient vivre ailleurs.  Difficulté d' acquérir un logement, hausse de la fiscalité et indigence des services publics, en particulier les transports et le système de soins.

M. Ernest-Antoine Sellière, alors président du patronat français :« Je suis un socialiste britannique »

  Londres, paradis des milliardaires.

  Selon des rapports de l’ONU et de la Banque mondiale :  « Au Royaume-Uni, les inégalités entre riches et pauvres sont les plus importantes du monde occidental, comparables à celles qui existent au Nigeria, et plus profondes que celles que l’on trouve, par exemple, à la Jamaïque, au Sri Lanka ou en Ethiopie .»

  Grande Bretagne :  premier pays où chaque déplacement de véhicule sera enregistré.

  Les Britanniques inventent l'ultrason antijeunes.

   De plus en plus de mineurs hospitalisés pour des problèmes d'alcool. Le nombre de mineurs hospitalisés en Angleterre pour avoir trop bu a augmenté de 20% en un an.
 

Beuark.
Ségolène Royal rend hommage à la politique de Tony Blair.



AMERICAN WAY OF LIFE...

Les écoles publiques en Californie :
"Sodome et Gomorrhe" !

   "Je t'aime, Alex" : 4 mois de redressement.

Lourde peine pour une écolière amoureuse.
Une jeune fille de 12 ans ayant écrit «Je t’aime Alex» sur les murs d’une école, a été envoyée pour 4 mois dans un établissement "accueillant" des élèves "en difficulté". Parmi de nombreuses autres jolies colonies de vacances du même type : Tranquillity bay". gérée par la WWASP (patronnée par le professeur Skinner, le père de la psychologie comportementaliste).

Pour 3000 dollars par mois, il promet de transformer ces récalcitrants en citoyens dociles et travailleurs.

LE GUIDE ANNUAIRE DES ECOLES DIFFERENTES

| LE GUIDE-ANNUAIRE | Commande | Commande express sécurisée | Documentation| Présentation | SOMMAIRE |
| Le nouveau sirop-typhon : déplacements de populations ? chèque-éducation ? ou non-scolarisation ? |
| Pluralisme scolaire et "éducation alternative" | Jaune devant, marron derrière : du PQ pour le Q.I. |
| Le lycée "expérimental" de Saint-Nazaire | Le collège-lycée "expérimental" de Caen-Hérouville|
| L'heure de la... It's time for ... Re-creation | Freinet dans (?) le système "éducatif" (?) |
| Changer l'école | Des écoles différentes ? Oui, mais ... pas trop !| L'école Vitruve |
| Colloque Freinet à ... Londres | Des écoles publiques "expérimentales" |
| 68 - 98 : les 30 P-l-eureuses | Et l'horreur éducative ? |