alternatives éducatives : des écoles, collèges & lycées différents
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I Des écoles différentes ? Oui, mais ... pas trop ! I  I
 

école autrement, école alternative, école différente, collège lycée innovant, expérimental ...
2016 : Une autre école est-elle possible?
Pour, dans, une autre société ?
... on peut tout de même très légitimement se demander si le ministre est bien vraiment toujours - et sera encore - celui de l'éducation, et ... «nationale» ?
Ou celui des multinationales ?
Et de quel type d'«éducation», d'«école», celles-ci ont-elles besoin: Pour quel type de «société» ?

«Possible» ?!      On peut aussi faire pire : c’est en cours.
Mais un jour, le paysage sera redessiné, le puzzle sera terminé et tout le monde n'y aura vu que du feu.



L'APPEL pour des établissements scolaires innovants coopératifs.

tobre 2007 :
LES CHÈQUES ÉDUCATION : L'ÉCHEC !
Depuis une bonne vingtaine d'années - ici aussi, évidemment - le "chèque éducation" (ou "bon scolaire") - en anglais "voucher" -
fait partie d'un blabla yakaiste au sujet des indispensables réformes, "simples, urgentes et radicales", disent-ils, du système scolaire.
USA 2008 :"dans le Milwaukee, il n'y a pas eu de miracle" (Sol Stern).
L'un des plus fervents promoteurs du chèque-éducation aux USA, Sol Stern, vient de faire brusquement volte-face
en affirmant, constats à l'appui, que le voucher n’avait pas du tout amélioré le système public.
Après avoir depuis longtemps réclamé, soutenu et contribué au développement des vouchers et des charter schools,
Sol Stern pointe les défauts et les insuffisances du voucher. Il cite, entre autres, l’expérimentation de Milwaukee,
première ville aux États-Unis à adopter, en 1990, un programme chèque éducation.

« Main basse sur l'école publique »
L'Éducation Nationale est accusée de « fabriquer des crétins » et d'entretenir le « chaos pédagogique », l'insécurité et le chômage.
Eddy Khaldi et Muriel Fitoussi dévoilent la signification de ces mesures :
des associations de libéraux et de catholiques conservateurs proches du Front national et de l'Opus Dei sont à l'origine de ces propositions.
Au nom de la liberté de choix, on prépare une privatisation de l'Éducation.

Quelques "rubriques", parmi beaucoup d'autres, toujours d'actualité :
les rapports parents-profs, la maternelle à 2 ans, l'ennui à l'école, les punitions collectives,  le téléphone portable, l'état des toilettes, le créationnisme...
2013  école autrement, école alternative, école différente ...

Une autre école est-elle possible ?

It's time for ...
L'heure de la ...
POSSIBLE : GUIDE-ANNUAIRE DES ECOLES DIFFERENTES / DIRECTORY OF ALTERNATIVE SCHOOLS.RE-CREATION

I
 
 
Roger Auffrand.


 (Intervention au Symposium "Education for the 2000's", Tokyo, août 1997)

L'HEURE DE LA RÉCRÉATION

  A vingt ans d'intervalle, le ciel s'obscurcit à deux reprises pendant quatre ans sous les nuages d'obus, de villes en feu, de fours crématoires et de champignon atomique. 
Deux générations de veuves et d'orphelins pour plus de cinquante millions de morts. 
Dix à vingt fois plus de mutilés par cent à mille fois plus d'actes de barbarie. 
Perpétrés au nom de la Patrie, de l'Honneur, de la Liberté, ou de Dieu ("mit Uns"). Au bénéfice exclusif de groupes militaro-industriels et de leurs filiales bancaires. 
Au mépris des valeurs enseignées et pourtant gravées au fronton des écoles et des églises. Au désespoir d'enseignants, de part et d'autre du Rhin, du Channel, du Danube et de l'Atlantique : "Plus jamais ça !". Comment des hommes avaient-ils pu se laisser entraîner dans une telle "logique" de haine et d'aveuglement? 
Leur instruction et leur éducation devaient être remis en cause.

   Et c'est ainsi que sur un continent en ruines, on vit dès les années 20, sans beaucoup de moyens de transports ou de communications, des enseignants, éducateurs et citoyens, non seulement réfléchir à leur métier, reconsidérer leurs objectifs et leurs pratiques pédagogiques dans leurs classes, mais aussi multiplier les échanges de correspondances et 
les rencontres. 
Pas seulement à l'intérieur de chaque pays, mais dans toute l'Europe et au-delà, ce fut le début d'une intense période de congrès internationaux, de publications vivantes, de dialogues et de collaborations autour d'une "Education Nouvelle" pour une société moins stupidement violente. 
Leus efforts furent anéantis par le deuxième conflit mondial dix fois plus meutrier. 

Ca et là, dès l'après-guerre, des plans gouvernementaux prirent en compte les acquis de ces nouvelles pédagogies. Mais en France, le plan Langevin-Wallon pour généraliser l'esprit et les méthodes de l'éducation nouvelle, n'eut guère le temps de produire des résultats évaluables. 
Et ce fut la longue succession d'une trentaine de ministres chargés provisoirement de réformer un système sommé de s'adapter au flux démographique et aux nouvelles exigences économiques, de plus en plus soumis aux calculs politico-économiques à court terme et entravé par les corporatismes. De sujet de colloques confidentiels, l'échec scolaire devint un fait de société, en même temps que le chômage. 
Prolongée légalement à 16 ans, la scolarité obligatoire l'est de fait bien au-delà depuis le fameux slogan des "80% de niveau bac", fumeuse bombe à retardement explosant en "80% du SMIC"

   Sans conflit frontal en Europe, ce demi-siècle de paix aura été celui d'une guerre économique aussi meurtrière puisque source de multiples massacres aux quatre coins de la planète. Des pays entiers, voire des continents "en voie de développement" meurent de faim et de maladies après avoir été pillés de leurs richesses naturelles, main d'oeuvre 
incluse. Et Sarajevo est redevenue une poudrière. Dans tous les pays occidentaux recéleurs de ces pillages, le fossé s'est accru entre les privilégiés et les autres qui couchent de plus en plus dehors tandis que les premiers gagnent de l'argent en dormant. Entre 1985 et 1992, le flux monétaire mondial socialement utile est resté stable à cinq milliards de dollars par jour. Dans le même temps, la masse spéculative, incluant l'argent "sale" est passée de 200 à 1 000 milliards de dollars/jour.. Et l'Union Européenne compte 20 millions de chômeurs et au moins autant d'individus en situation précaire. 

De nouveaux paramètres.
   Propos hors sujet ? Pas du tout. Si les écoliers du siècle dernier ou des premières décennies de celui-ci n'avaient, comme leurs parents et leurs enseignants, qu'une vue limitée du contexte mondial, il n'en va pas de même pour ceux d'aujourd'hui. A peine savent-ils lire ou écrire - mais 20% ne le savent pas à leur entrée en 6ème, ce qui suffit à constituer, après six ans de scolarité, un effarant scandale - qu'ils entendent et voient tout à la télévision. Et dans la cour de récréation comme à la sortie de l'école : drogues, rackets et violences verbales ou physiques sont sortis de l'écran des feuilletons américains pour s'installer dans leur vie quotidienne, et plus seulement dans les banlieues lointaines. 

     Avec un détour flagorneur par la "Génération Morale", la "Bof Génération" s'est vue qualifiée de "Génération Sacrifiée". Elle sait suffisamment calculer pour comprendre que diplômes ou pas, il n'est pas prévu d'emploi pour tout le monde. Et suffisamment lire ou décrypter les informations pour savoir que c'est parce que de plus en plus d'emplois sont et seront transférés dans les pays de l'Est ou du Sud, où des enfants travaillent jour et nuit pour survivre. Il n'est pas sûr qu'elle accepte longtemps encore de faire de la figuration dans des opérations visant à "restaurer l'espoir" en apportant des paquets de riz à l'école. Car contrairement aux générations d'écoliers qui cotisèrent pour les petits noirs ou les petits chinois sans trop savoir ce qu'il advenait de leurs oboles, ceux d'aujourd'hui suivent les diverses péripéties de l'acheminement, de la distribution ou du détournement 
de l'aide dite humanitaire. 
     Les plus âgés disposeront-ils de suffisamment d'informations pour comparer le montant de la charité à celui des "achats" de matières premières ? Seront-ils en mesure de s'interroger sur le rôle de la Banque Mondiale, du F.M.I. et autres clubs privés ? Arrivant à l'âge adulte, auront-ils les outils intellectuels nécessaires, incluant la volonté, pour
rechercher et analyser ces informations ? Auront-ils le réflexe et le savoir-faire pour trier dans la verroterie du bazar médiatique, entre l'anecdotique, l'émotif, la manipulation, le divertissement et l'endoctrinement, les perles rares que sont les faits et les idées ? 
Auront-ils les moyens de se forger d'autres opinions que le "tous pourris" conduisant à l'abstentionnisme ? L'énergie de se construire quelques convictions solidement charpentées pour structurer avec cohérence leurs pensées, leurs paroles et leurs actes ? Ou leurs voix iront-elles se perdre dans la foule des "yakaistes" ou la cohorte des "aquoibonistes"

    Question d'éducation, et pas seulement d'instruction et de diplômes ! Et si l'institution scolaire veut pouvoir justifier non seulement son coût (incluant celui de l'échec), mais aussi l'espace et le temps qu'elle occupe dans la vie d'un individu, c'est bien d'éducation qu'elle devra prioritairement se soucier. Et sûrement pas que "nationale", et certainement plus en situation de monopole, mais en acceptant lucidement de tenir compte des paramètres nouveaux tels que la fragilité de la structure familiale (dûe bien plus aux contraintes économiques qu'à un choix de vie), et la concurrence sauvage des nouvelles technologies qui peuvent aussi bien servir la vraie communication, l'information, la culture et la formation continue que les entreprises de crétinisation, d'endoctrinement et d'asservissement. 

Accèder au savoir. Mais aussi au savoir-faire, et au savoir-être.

    Maria Montessori affirmait que l'école n'avait pas à soumettre son travail, à 
l'orienter en prévision d'un métier. Car on ne savait pas, disait-elle dans l'Italie des années 20, lesquels seraient en vogue dix ou quinze ans plus tard. L'essentiel, chaque enfant étant unique, est  de respecter sa personnalité, ses besoins et ses rythmes, en mettant à sa disposition un cadre de vie et une présence attentive à son appêtit naturel, son aptitude 
innée à apprendre, à comprendre, en manipulant un matériel approprié. Ses intuitions et observations concernant les "périodes sensibles" pendant lesquelles un enfant est tout entier absorbé par un besoin à satisfaire (l'ordre, le langage, la couleur, le rythme...) ont été confirmées par les progrès de la chronobiologie, de la psychologie et des neuro-sciences. Et les applications de cette pédagogie avec des enfants défavorisés d'un quartier populaire de Rome si concluantes qu'elle passa le reste de sa vie à former des enseignants qui se reconnaissent davantage sous le terme d'éducateurs-trices de jeunes enfants. 
L'Education Nationale ayant toujours été réticente, cette pédagogie n'est mise en oeuvre que par des écoles privées, la plupart hors contrat, et donc de fait réservées à des privilégiés. 

    En Belgique, le Dr Decroly, partant lui aussi du souci d'adapter l'enseignement 
traditionnel à des enfants handicapés, découvrit qu'on pouvait les faire évoluer rapidement en respectant leurs centres d'intérêt. Et Dieu sait si les enfants en ont, tout naturellement ! Un escargot, une feuille morte, un hanneton, un oiseau blessé, un évènement familial, un deuil ou une naissance,  la neige, le vent, s'ils ne sont pas sommés de rester à la porte de la classe, peuvent être de prodigieux tremplins pour amener des enfants à vouloir... interroger le maître, consulter des documents, comparer, mesurer, observer, et raconter : à lire, écrire, compter ! Mais aussi à enquêter hors la classe, échanger, collaborer, entreprendre, organiser, discuter, décider, faire un bilan : à être déjà citoyens actifs. 

    A la même époque, en Allemagne, en Suisse, dans les pays scandinaves, en Angleterre, en Russie, aux U.S.A., d'autres pédagogues, universitaires, médecins et psychologues, testaient, mettaient en pratique de nouvelles techniques, parties prenantes d'une pédagogie ambitieuse, puisque permettant à des enfants, non pas d'apprendre par coeur pour réciter, mais de comprendre, d'appréhender, de participer : de prendre leur part de vie sociale, tout en accèdant aux savoirs. 
    On comprend aisément les réticences d'une administration très hexagonale à importer des découvertes et des pratiques venues d'ailleurs. Mais Freinet? Et Cousinet ? Le premier instituteur, et le second inspecteur, participèrent activement à l'effervescence pédagogique de l'entre-deux guerres, et tous deux subirent les foudres de la hiérarchie. Si Cousinet put tout de même expérimenter sa technique de "travail libre par groupes", puis l'enseigner assez confidentiellement en Sorbonne, le second fut éjecté à l'occasion d'une cabale clochemerlesque née d'un texte "libre" écrit, imprimé et diffusé par ses élèves auxquels il avait non seulement donné les techniques, mais le goût d'écrire librement et publiquement. Ce qui le contraint à ouvrir son école, privée, mais ne l'empêcha pas d'animer dans le secteur public un vaste mouvement toujours actif malgré des décennies d'indifférence ou d'hostilité. Là aussi, on ne se contente pas de bonnes intentions, mais on refuse le fatalisme comme l'élitisme. La pédagogie Freinet a su se doter de techniques et d'outils appropriés aux besoins des enfants en leur permettant de se réaliser comme individus libres et comme acteurs sociaux. L'entretien du matin fait entrer la vie (l'escargot, la mammie, une fleur, la neige...) dans la classe. Le texte et le dessin libres, le journal avec l'imprimerie, l'ordinateur, le téléphone et le fax importent et exportent de l'information, des tranches de vie et de savoir, dans le quartier, à l'autre bout du pays ou du monde. 
On y vit la citoyenneté au quotidien par la concertation, la solidarité, l'élaboration de lois, de projets, la gestion de l'argent coopératif. Les enfants s'approprient les moyens audio-visuels et apprennent à créer, et coopérer au lieu de subir et consommer. Ils travaillent par petits groupes, ou seuls, à l'aide de fichiers auto-correctifs et de logiciels sur mesures, libérés de la compétitivité, de la progression à contre-temps et de la marche forcée en troupeau. 

Un nouveau contrat social. Une éducation nouvelle. Un nouveau métier. 
     Le maître ou la maîtresse ? On les trouve rarement sur l'estrade derrière le 
bureau-mirador, mais plus souvent allant d'un groupe à l'autre, accompagnant les enfants dans le quartier ou maniant la perceuse ou la scie pour construire avec eux une station-météo, un perchoir, ou des étagères pour le coin lecture ou documentation. On peut même les voir au téléphone ou sur le pas de la porte discutant avec un collègue ou un visiteur sans que cela ne déclenche une émeute ou une rafale de boulettes : les enfants ont tant à faire, à discuter entre eux. Car ce sont des classes où l'on se parle et où on se déplace. On peut même aller faire pipi sans avoir à en quémander la faveur; et même deux fois dans l'heure sans être accusé de tentative d'évasion. On a aussi le droit de rêver ou de sembler ne rien faire; ce qui en fait arrive rarement : un enfant "inactif" selon les critères 
adultes est très probablement en train d'observer, d'écouter, ou de se préparer mentalement à une activité. 
     Peut-on ici encore parler de "maître" ? Avec sa connotation de domination, de pouvoir et de savoir sans limite, ce mot n'est pas innocent. Son usage va de pair avec une pédagogie traditionnelle, ou plutôt une tradition pédagogique, la tradition-transmission étant l'essentiel, et tout-à-fait accessoire la pédagogie puisque se limitant à quelques règles de maintien de l'ordre. Ce n'est pas un hasard si l'école a tant de mal à substituer au réglement intérieur un véritable projet pédagogique, pourtant réclamé par voie de circulaires officielles. Pas un hasard non plus si l'on entend davantage parler du nouveau code pénal que d'un   nouveau projet de société... 

    "L'enseignant est un créateur" dit-on dans les écoles Steiner. "Car avant d'être des fonctionnaires, nous sommes des enseignants, des éducateurs, des citoyens" expliquent ceux de Vitruve quand on leur demande les secrets de la réussite de cette école publique dans un quartier parisien multi-culturel. "Nous ne saurions amener les élèves vers une autonomie que nous ne pratiquerions pas nous-mêmes" disent les enseignants du cours Jacques Prévert, école privée bordelaise réellement autogérée. 
     Cousinet qui avait fait une relecture de Rousseau (rien à voir avec le "rousseauisme"), affirmait que pour celui-ci "l'enfance n'est pas du tout une voie d'accès ou une préparation; elle a une valeur en soi, positive, on ne doit pas maintenir les yeux de l'enfant sur l'issue de cette voie et le guider pour qu'il en sorte le plus tôt possible, mais au contraire lui permettre d'y séjourner le plus longtemps possible. Voilà la nouveauté pédagogique à laquelle on a pu donner sans exagération le nom de "révolution copernicienne". Voilà l'idée-maîtresse qui domine toute la pédagogie nouvelle, qui la distingue radicalement de toute l'ancienne. 

    Ni écourter l'enfance, ni la prolonger en infantilisant. Mais la respecter pour que l'adulte soit capable du même respect, vis-à-vis de soi-même comme des autres. Tout est bon dans l'éducation "nouvelle" : rien à jeter. 

     Mais on a perdu beaucoup de temps. De violente à criminelle, notre société est devenue suicidaire, à l'échelle du pays comme de la planète. Les corporatismes et les faux débats ne sont plus de mise : nos institutions boursouflées sont moribondes. L'urgente nécessité d'un nouveau "Contrat social" étant évidente, il va bien falloir prendre le temps et les moyens d'en débattre sérieusement avant de le re-constituer et de ré-instituer. 
     L'école napoléonienne, ses casernes et ses hussards noirs devront céder la place à une nouvelle institution éducative, voulue et co-gérée par les citoyens responsables, financée par les fonds publics qui devront encourager l'initiative privée autour d'un nouveau "cahier des charges" impliquant de nouvelles obligations de formation, de sélection, de travail et de rémunération. 

     Qu'il soit de fonction publique ou d'initiative privée, ce nouveau métier d'enseignant-éducateur ne peut être abandonné aux seuls pouvoirs politiques, économiques ou religieux. Les mouvements pédagogiques et les parents-citoyens doivent être associés à sa nouvelle définition. Pour une meilleure formation, initiale et continue, car les diplômes universitaires ne suffisent pas; pour une sélection rigoureuse et la possibilité de reconversion, car ce métier nécessite un solide équilibre psychique; pour des conditions de travail adaptées aux nouveaux besoins, pour une meilleure utilisation de l'espace et du temps, et pour un salaire correspondant mieux au service rendu : s'il est de qualité, des dépenses considérables seront évitées dans tous les domaines. 

     Pour éviter le pire, il est grand temps de sonner l'heure de la re-création. (*)
 

R. A.
 
IT'S TIME FOR RE-CREATION

  Within a space of twenty years, the skies darkened twice for four years under thick clouds of missiles, burning cities, gas chambers and mushroom cloud. 
Two generations of widows and orphans, and more than fifty million dead. 
Ten to twenty times more disabled persons, with one hundred to one thousand times more barbaric acts, perpetrated in the name of the Fatherland, Honour, Liberty, or God ("mit Uns"); the sole beneficiaries being the major military/industrial concerns and their banking subsidiaries. 
In total disregard of the values taught and even engraved on the facades of schools and churches, to the dismay of teachers on both sides of the Rhin, the Channel, the Danube and the Atlantic : "Never again!"
How on earth could men have allowed themselves to be drawn into such a vortex of hatred and blindness ?
Their instruction and education had to be called into question.

   Thus, in the 1920s, on a continent in ruins, with little by way of means of transport and communication, teachers, educators and ordinary citizens began, not only to reflect on their professions, to reconsider their objectives and their educational activities in class, but also to exchange letters and meet, not just within each country, but throughout Europe and elsewhere. It marked the beginning of a busy period of international conferences, lively publications, discussion and cooperation on the subject of a "New Education" for a less crassly violent society.
All their efforts were completely wiped out by the second world war, which was ten times bloodier than the first.

Here and there, as soon as the war ended, government planning began to reflect these new educational forms. However, in France, the Langevin-Wallon plan to promote the spirit and methods of new education did not last long enough to yield definite results.
After that came a long succession of some thirty ministers temporarily entrusted with the task of reforming a system being compelled to adapt to population change an to the new economic needs, that was increasingly subject to selfish short term political and economic motives and was being hampered by corporatism. School failure, which used to be discussed by select groups of conferences, became a feature of daily life at the same time as unemployment.
Compulsory schooling, which was extended by law to the age of 16 actually goes far beyond that age with the famous slogan of "80% to high school level", smoky time bombexploding in "80% of minimum wage".
 

   Although this half century of peace has not seen  any direct warfare in Europe, it has been marked by an economic war that is just as bloody for it has caused numerous massacres in the four corners of the world. Whole  countries, even whole "developing" continents are dying of hunger and disease after the plundering of their rich natural resources including manpower. And Sarajevo has again become a power keg. In all the Western countries who are the beneficiaries of this plunder, the gap has widened between the haves and the others who are increasingly having to sleep in the street whereas the latter make money without lifting a finger. Between 1985 to 1992, socially useful world monetary flow remained at five billion dollars a day. In the same period, speculative flow, including "dirty" money, went from 200 billion to 1 trillion dollars a day. There are 20 million unemployed persons in the European Union and just as many people living on the brink of poverty.
 

New parameters.
    Are these comments out of place ? No, not at all. While the pupils of the last century or the fisrt decades of this one, like their parents ans teachers, had no more than a rather limited view of the world, today, the situation is different. They bearly learn to read and write - but 20% cannot in the 6°, which after six years in school is nothing short of scandalous - than they hear and see everything on television. And in the playground as well as at the school gate, drugs, rackets and physical or verbal violences step out of American television series to become a feature of their daily life, everywhere, not only in distant suburbs.
 

   After flatteringly nicknaming them the "Moral Generation", the "Bof Generation" (who cares) is now being called the "Sacrified Generation". They are smart enough to know that with or without a degree, there are not enough jobs to go round, and good enough at reading and deciphering the news to know that this is because more and more jobs are being transferred to countries in the East and the South where children work night and day to eke out a livelihood. It is unlikely that they will continue to accept to play bit parts in operations to "restore hope" by bringing packets of rice to school. For unlike the generations of pupils who gave to little children in Africa or China without really knowing what happened to their contribution, today's pupils follow the different stages of the dispatch and distribution or fraudulent misease of the so called humanitarian aid.
 

    Will the older ones enough information to compare the amount given to that spent on raw material "purchases" ? Will they be in a position to question the role of the World Bank, the I.M.F. and other private clubs ? And as adults, will they have the required tools, which include the desire to seek and analyse this information ? Will they be able and know how to sort out "trinkets" of the media bazaar, go through anecdotes, the emotive, manipulation, entertainment, indoctrination, and extract rare pearls of facts and ideas ? Will they have the means to form other opinions other than the "they're all crooks anyhow" stance that leads to abstention; or the energy to come up with strong well founded convictions to coherent structure their thinking, their words and their actions ? Or will their voices be slallowed up in the crowd of ..."anywayists"?
 
 

    The point is : education, and not just instruction and diplomas. And for the school to justify not only its cost (including that of failure), but also the space and time it occupies in the life of an individual, it's main focus should be education. And definitely not "national", nor a monopoly, rather, accept to carefully examine the new parameters such as the fragility of the family (due more to economic constraints than to choice), and the cut-throat competition among new technologies which can be used both for proper communication, information, culture and continuing education as well as for activities which foster stupidity, indoctrination and bondage.
 
 

     Maria Montessori used to say that the work of the school did not have be subject to nor channnelled towards professional training. For, according to her, in the Italy of the 20s, no one knew which jobs would be in vogue ten or fifteen years later. Since each child was unique, the important thing was to respect his personality, his needs and his pace, and, using the right tools, provide him with the kind of living conditions and personal attention suited to his natural make-up and his innate aptitude for learning and understanding. Her intuitive knowledge and observations on "sensitive periods" during with the child is fully absorbed with a need  to be met (order, language, colour, pace...) has been confirmed by the advances made in chronobiology, psychology and neurosciences. 
And the applications of this method to underpriviledged children in a poor neighbourhood of Rome were so successful that she spent the rest of her life training teachers who prefer to be known as educators of young children. Since the National Education system has never responded warmly to this method, it has only ever been applied in private schools, most of whom are not on contract, and are thus the exclusive preserve of the rich.
 

    In Belgium, Dr Decroly, while trying to adapt traditional teaching to the needs of disabled children, discovered that they can be made in develop quickly if their fields of interest were taken into account. And in these, of course, they are certainly not lacking. A snail, a dead leaf, a cockchafer, a wounded bird, a family event, a death or a birth, the snow, the wind, if they are not banned from the classroom, can be extremly useful in awakening in the children the desire to ask the teacher questions, consult documents, compare, measure, observe, and narrate, and, to read, write and count ! But also to participate in research outside the classroom, in exchange, collaboration, organisation, discussion, decision, appraisals, that is, already becoming active members of society.
 
 

At the same time, in Germany, Switzerland, the Scandinavian countries, England, Russia  and the U.S., other educationists, academics, doctors and psychologists were testing and practicing new techniques which were part of an ambitious pedagogy aimed at helping children, not only to learn by rote, but to understand, grasp and participate, to take part in the life of the society, even while acquiring knowledge.
 

     It is easy to understand the reluctance of an inward looking administration to import discoveries and practices from elsewhere. But what about Freinet? And Cousinet?
The former, a schoolmaster, the latter, an inspector, were actively involved in the pedagogical effervescence of the period between the two wars, and both were made to pay dearly by their superiors. 
Through Cousinet was able to try out his technique of "free group work", and then teach it discreetly at the Sorbonne, Freinet was pushed out as a result of a plot following the printing and distribution of a "free" text by his students, to whom he had taught the techniques and given the taste for writing freely and publicly. He had to set up a private school, although in the public sector he remained involved in a widespread movement that had remained active in spite of decades of indifference or hostility. 
Here again, they were not content which mere good intentions, but stood against fatalism and elitism. Freinet's method involved the use of techniques and tools adapted to the needs of children, to enable them to become free individuals taking their rightful place in society. 
Morning discussion brings real life (a snail, grandma, a flower, snow...) into the classroom. Free text and drawing, the newspaper, with printing, the computer, the telephone and the fax import and export information, slices of life and knowledge, in the neighbourhood, and to the other side of the country or the world. There is a daily experience of citizenship through concertation, solidarity, drawing up of laws, projects, management of joint funds. The children learn to use the audiovisual equipment and they learn creativity and cooperation rather than passivity and consumption. They work either in small groups, or individually, using self-correcting files or tailor-made software, totally free of competition, inopportune advancement and enforced herd movement.
 
 

Schoolmaster or schoolmistress ?
    It is rare to find them on lookout, seated at the teacher's table on the rostrum, rather than they can be seen moving from group to group, accompanying children in the neighbourhood, handling a drill or a saw while helping to build an underground station, a perch or put up shelves for the reading-documentation corner of the classroom. They can even be seen using the telephone or standing in the doorway discussing with a colleague or a visitor without setting off a riot or a round of pelleting, since the children have so much to do, and so much to say to each other; because these are classes where the children can speak, where they can move around. They can even go to pee without having to beg for permission, even twice in one hour without being accused of attempting to escape. They also have the right to daydream or to appear to be doing nothing, a rare occurence since an "inactive" child by adult standards is probably in the process of observing, listening, or mentally preparing himself for an activity.

     Just how relevants is the word "schoolmaster" today ? It connotes total domination, power and knowledge and its usage is not innocent. Il goes hand in hand with a traditional pedagogy, or rather a pedagogical tradition, the essence being tradition - transmission and pedagogy is just by the way since it is limited to a mere handful of rules for maintaining law and order. It is not surprising that the school finds it so difficult to replace rules and regulations with a proper educational project even though all the official circulars keep calling it. Not surprising either then we more said about the new penal code than about a new project of society.
 

"The teacher is a creative person". This is an oft repeated statement in the Steiner schools. 
"We are not just civil servants, we are first and foremost teachers, educators, citizens" replied the Vitruve teachers when asked to explain the success of their school, a government-owned school in a multicultural part of Paris. 
"There is no way in which we can bring the children to attain autonomy if we did not practice it ourselves", state the teachers at "Jacques Prevert school", a fully self-managing private school in Bordeaux. 

     Cousinet, who had shed new light on Rousseau's thinking (totally at variance with "rousseauism"), claimed that according to Rousseau "childhood is not a pathway or a preparatory period: it has its own value, a positive one, the eyes of the child must not be kept on the exit of the pathway, which he is encouraged to reach as quickly as possible, rather, he should be allowed to remain there as long as he can. This the new pedagogical idea which has been described, without exaggeration, as "the Copernician Revolution". It is the corner stone of the new pedagogical approach, sharply distinguishing it from the former one". 

    Childhood is not to be cut short, neither is it to be extended, retarding development, rather it is to be respected so that the adult will be able to have respect fos his own self and also for others. Everything is useful in "new" education, nothing is thrown away.

     However, a great deal of time has been lost. Our society has gone from being violent, to criminal and now suicidal, both on a country level as well as woorldwide. There is no more time for corporatism and debates that beg the question, our institutions are bloated and are at death's door.
   Given the clearly pressing need for a new "Social Contract", we  will have to devote time and means to serious debates before drawing it up and instituting it anew.
     The napoleonian school, its barracks and its black hussars, will have to giveway to a new educational  institution, called for and partly managed by responsible citizens, founded by the government, which should encourage private initiative based on a new set of "specifications" that will involve new training, selection, work, and pay requirements.

     Whether in the public on private sector, the new profession of teacher-educator cannot be let in the political, economic or religious authorities alone. Education movements, and parents as active citizens must be involved in redefining its role. The goal : better training, initial as well as continuing, for university degrees do not suffice; tighter selection procedures and possibility of reorientation, for this profession requires a well balanced mind; working conditions better suited to the new needs, better utilisation of space and time, and a salary that corresponds to the kind of service rendered : if the quality is good, then considerable expenditure will be avoided in every area.

      To avoid disaster, let the bells ring : it's time for re-creation. (*)

R.A.

(*) NDLA ... à propos de "re-création" : cf le billet de Bernard DEFRANCE.
 

BIBLIOGRAPHIE

Pédagogie Montessori :
- L'Enfant (Maria Montessori -Ed. Desclée de Brouwer  et Denoël Gonthier)
- La Pédagogie Scientifique (M. Montessori - Ed. Desclée de Brouwer)
- L'Esprit Absorbant (id.)
- De l'Enfant à l'Adolescent (id.)
- Maria Montessori à la découverte de l'enfant  (E.M. Standing, aux Ed. Desclée de Brouwer)
- Pourquoi Montessori aujourd'hui ?  (Paula Polk Lillard, aux Ed. Desclée de Brouwer)
- Montessori  (Dimitri Vaglis, aux Editions Privat)

Pédagogie Steiner :
- L'éducation de l'enfant à la lumière... (R. Steiner)
- Le plan scolaire des écoles Steiner (H. Bideau)
- La Nature Humaine (R. Steiner)
- Méthode et pratique de l'enseignement (R. Steiner)
- Connaissance de l'homme et art de l'éducation (R. Steiner)
Edit. Triades, 4 rue de la Grande Chaumière, 75006 Paris (01 43 26 46 76)

Pédagogie Institutionnelle :
- L'aventure du mouvement Freinet (Raymond Fonvielle - Ed. Méridiens Klimcksieck - 1989)
- De la classe coopérative à la pédagogie institutionnelle (Fernand Oury - Aïda Vasquez - Ed. Maspero - 1971)
- Une journée dans la classe coopérative (René Laffitte- Ed. Syros - 1985)

Pédagogie Freinet :
- Les dits de Mathieu (C. Freinet - Ed. Delachaux - 1972)
- Pour une école du peuple (C. Freinet - Maspero - 1979)
- Publications de l'ICEM (PEMF  - 06376 Mouans-Sartoux Cedex)
 
 
 
 

LE GUIDE ANNUAIRE DES ECOLES DIFFERENTES

| Présentation | SOMMAIRE |
| Le nouveau sirop-typhon : déplacements de populations ? Chèque-éducation ? ou non-scolarisation ? |
| Pluralisme scolaire et "éducation alternative" | Jaune devant, marron derrière : du PQ pour le Q.I. |
| Le lycée "expérimental" de Saint-Nazaire | Le collège-lycée "expérimental" de Caen-Hérouville |
| L'heure de la... It's time for ... Re-creation | Freinet dans (?) le système "éducatif" (?) |
| Changer l'école | Des écoles différentes ? Oui, mais ... pas trop ! | L'école Vitruve |
| Colloque Freinet à ... Londres | Des écoles publiques "expérimentales" |
| 68 - 98 : les 30 P-l-eureuses | Et l'horreur éducative ? |