DES ECOLES DIFFERENTES école parallèle, alternative, nouvelle, pilote, différente, 
collège, lycée, parallèle, autrement, différent, innovant, expérimental ... alternatif ?
 des écoles différentes

... parce que de l'uniformité et la conformité,
naissent l'ennui et l'idiotie ...
et des mystifications et soumissions,
le mépris et la barbarie.
LE GUIDE ANNUAIRE DES ECOLES DIFFERENTES
UNE ÉCOLE DIFFÉRENTE :
ÉDUQUER AUTREMENT...
ENSEIGNER AUTREMENT...
VIVRE AUTREMENT ?

"montrer que prendre le risque de faire l'école autrement n'en est pas un.
C'est en effet prendre un bien plus grand risque encore,
parce qu'il s'agit d'enfants, de continuer à appliquer des méthodes dont on connaît les limites et la nocivité."

connaître, soutenir les pédagogies actives en France, 
et leurs écoles alternatives
COUSINET - DECROLY - FREINET - HOLT - MONTESSORI - NEILL - OURY - STEINER...

DES ECOLES DIFFERENTESContre les armes d'instruction massive ...

... l'ennui, l'échec et les violences scolaires :

Apprendre autrement ?
TOUT sur les écoles différentes
...& TOUTES les écoles différentes :
 
CHANGER D'ÉCOLE ?
DES ÉCOLES, DES COLLÈGES
et DES LYCÉES
DIFFÉRENTS
 
ET L'HORREUR ÉDUCATIVE ?

"SAVEZ-VOUS QU'IL EXISTE D'AUTRES FORMES DE PÉDAGOGIE ?"

Rapports, statistiques et colloques ont abouti à un diagnostic : 
notre très vieux système scolaire est inadapté aux exigences d'une société post-industrielle. 
Et depuis toujours à la nature, aux rythmes, aux besoins et aux capacités des enfants. 
C'est-à-dire aux exigences d'une société ... humaine.

... Ces critères - référence à une pédagogie ambitieuse et émancipatrice, équipe volontairement réunie autour d’un projet - constituent l'essentiel de la différence des écoles, publiques et privées, figurant dans ce guide-annuaire.
Au-delà d’un fond commun de valeurs, de repères ... et de pratiques, qui dépassent - du moins à l'origine (l'après 14-18) - les vrais, et faux clivages public-privé, il est évident que chacune de ces pédagogies, de ces écoles, en fonction de son origine, de son histoire, de celles des femmes et des hommes qui l’animent, a aujourd'hui des critères, des modes de fonctionnement, de recrutement, de formation et d’évaluation,qui lui sont propres.
Elles sont, aussi, (très) différentes entre elles....
ConfusionS :
entre égalité des chances et loterie truquée,
entre citoyenneté et formatage,
entre enfance et infantilisation,
entre école obligatoire et parking "gratuit",
entre école nouvelle et plan de carrière,
entre alternative et gratuit-pas-cher,
entre innovation et foire aux thérapies,
entre alternative et fourre-tout,
entre socialisation et conformisme,
entre socialisation et arrivisme ...
… La mélancolie pointe.
«Est-ce que l’école s’améliore ?
Non
...ou CHANGER L'ÉCOLE ?
Lorsqu'un enfant/ado s'ennuie, décroche, 
se décourage, se révolte,
il n'est jamais trop tôt pour rassembler
le maximum d'informations
(... et non de "pubs" ! )
pour faire, à temps, le meilleur choix :
changer l'école 
ou ... changer d'école !
LE GUIDE ANNUAIRE DES ECOLES DIFFERENTES
LE guide
annuaire
des écoles
différentes
DEPUIS 30 ANS : 
LE GUIDE DE RÉFÉRENCE

Trente éditions plus tard, l'échec scolaire est devenu un fait de société, et il commence même à se dire, timidement mais publiquement, qu'il s'agit en fait d'échec de l'école, plus que de l'écolier. 
Quant à l'idée d'"écoles différentes", et à ce qu'elle induit en termes de réflexion et de choix le plus en amont possible, comme en termes de pratiques et de cohérence,
c'est une autre affaire !
 

L'heure de la... It's time for ... Re-creation

Avec un détour flagorneur par la "Génération Morale", la "Bof Génération" s'est vue qualifiée de "Génération Sacrifiée". Elle sait suffisamment calculer pour comprendre que diplômes ou pas, il n'est pas prévu d'emploi pour tout le monde. Et suffisamment lire ou décrypter les informations pour savoir que c'est parce que de plus en plus d'emplois sont et seront transférés dans les pays de l'Est ou du Sud, où des enfants travaillent jour et nuit pour survivre. ..

Et l'horreur éducative ?

Dans une république assoupie, dénaturée et détournée par son «élite», déboussolée par les corruptions, tentée par le racisme, et toujours (néo-) colonisatrice par tradition ou par mondialisation, des rapaces, pas plus «modernes» que le mammouth, aimeraient bien saisir dans leurs griffes les morceaux les plus intéressants du monstre.
Ni viande à canon, ni code-barres, les enfants ont droit à un autre avenir, et donc à un autre présent. A une autre éducation, différente, parce qu’enfin émancipatrice, fondée sur la nature, les besoins, et les formidables capacités de chacun...

école différente, école autrement, école alternative, innovante  ...
2018 ?           2118 ?
Une autre école est-elle possible ?
Certains l'affirment. Avec des variantes : "une autre école est possible", "une autre école est nécessaire" ...

Mais ils sont rarement très nombreux à être très longtemps d'accord sur le sens de "autre" (les objectifs, les moyens), les détails de sa mise en oeuvre, et leur cohérence.
Plus nombreux sont ceux qui en restent à la forme interrogative.
Ou très personnelle : pour mes enfants.

2005 : On sent bien qu'on a une société qui est en train, vraiment, de perdre la boussole avec un individualisme galopant, un repli des familles sur elles-mêmes", 

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Si l'on en croit Jean-Michel Blanquer, c'est un "modèle éducatif équilibré, mélange réussi de tradition et de modernité, d'épanouissement et de rigueur" que propose "L'école de demain", arbitré uniquement par les acquis scientifiques, par "ce que nous enseigne l'expérience" et "ce que nous enseigne la science".
Pourtant, en 150 pages …
… Un aspect de cette hiérarchisation est la mise en concurrence des établissements.
Si les résultats des lycées sont publiés depuis des années, on a vu récemment ceux des collèges connaitre le même sort à travers les résultats du brevet.
JM Blanquer irait encore plus loin en publiant les résultats des écoles primaires.
On accélèrerait ainsi l'éclatement du système éducatif avec tous les effets de relégation que l'on connait actuellement dans le secondaire.
… L'entreprise coréenne affirme par exemple sur son site Internet qu'elle pratique la tolérance zéro pour le travail des enfants et qu'elle ambitionne de "devenir l'une des entreprises les plus éthiques au monde".
Sauf que selon les nouveaux éléments de leur plainte qui s'appuient sur "de nouveaux rapports d'enquêtes très documentés de l'ONG China Labor Watch qui s'est infiltrée, parfois clandestinement, dans les usines" du groupe, indiquent les associations. L'association a notamment identifié des adolescents de moins de 16 ans sur les chaînes de production et des ouvriers travaillant souvent 12 heures par jour, six jours par semaine. Une pratique illégale en Chine. ..

… Mark Zuckerberg parle donc maintenant comme un prof de yoga et veut se concentrer sur le «bien-être» de ses utilisateurs. Un mot relativement neuf dans son répertoire.
Le sens profond de cette réforme du news-feed est contenue dans cette phrase prêtée à Mark Zuckerberg : «un écureuil qui meurt devant votre porte risque de davantage vous intéresser que des gens qui meurent en Afrique.» Cette loi du mort au kilomètre avait été développée devant ses équipes en 2005 lors de la création du fil d’actualités …

"Président Trump, un jour, je vous emmènerai dans un pays de merde appelé le Ghana", a pour sa part écrit le Ghanéen Edmond Prime Sarpong sur Facebook.
"Le premier arrêt sera le château de Osu, ensuite le château d'Elmina et puis les plus de 40 forts ayant servi à détenir environ 30 millions d'esclaves battus et emmenés en bateau [vers les Amériques, NDLR], serrés comme dans une boîte de sardines. Ensuite, je vous raconterai l'histoire de l'Afrique et comment des gens comme vous en ont fait un continent de merde"…

L’industrie du textile est considérée comme la deuxième plus néfaste pour l’environnement, après l’industrie du pétrole. La fabrication d’un jean nécessite 8 000 litres d’eau. L’industrie de l’électronique est également « énergivore » : « derrière un smartphone, qui pèse quelques centaines de grammes, il y a en réalité 70 kilos de consommation de matières diverses », informe Mme Berlingen, qui dénonce des modes de production « insoutenables d’un point de vue social et environnemental »…

… Aux Etats-Unis, le taux de suicide des jeunes filles a augmenté de 65% entre 2010 et 2015. 58% d'entre elles sont atteintes de dépression sévère. Plus touchées que les garçons, elles utiliseraient également davantage les réseaux sociaux.
L'étude du docteur Jean Twenge révèle aussi que la nouvelle génération conduit moins, car dépendante de ses parents pour se déplacer. Scotchés sur les portables, les membres américains de la iGen en viendraient presque à refuser de sortir : ils ne vont plus au centre commercial, ne voient plus leurs amis qu'en de rares occasions

83% des Français sont favorables à l'interdiction des téléphones portables dans les salles de classe.
Discipline, respect, laïcité... Les moins de 40 ans en pincent pour les bonnes vieilles valeurs de l'école républicaine. Nouveauté: la sélection à l'université s'est frayé un chemin dans l'opinion.
Drôles de Français! Alors qu'une récente enquête montre qu'ils sont de plus en plus nombreux à retirer leurs enfants du public pour les mettre dans le privé, 80% de nos sondés de moins de 40 ans (et 57% des plus de 40 ans) estiment que notre système scolaire est en adéquation avec leurs attentes!

Ecole : Ce que veulent les Français
(mission, devoirs, redoublement, semaine, vacances, bac, téléphone, uniforme, cantine…)

… près d’un Français sur cinq (19 %) considère que « des zones d’ombre subsistent », et que « ce n’est pas vraiment certain que ces attentats aient été planifiés et réalisés uniquement par des terroristes islamistes ». 27 % des moins de 35 ans – 30 % des 18-24 ans – partagent ces doutes….
… Selon cette étude, encore près d’un sondé sur dix (9 %) est d’accord avec l’affirmation selon laquelle « il est possible que la Terre soit plate et non pas ronde comme on nous le dit depuis l’école ». 18 % des Français – jusqu’à 31 % des 18-24 ans – adhèrent à l’idée que « Dieu a créé l’homme et la Terre il y a moins de 10 000 ans »

Les moins de 35 ans sont deux fois plus nombreux à adhérer à au moins sept théories du complot que les plus de 35 ans. Pourquoi?
Sophie Mazet: Les élèves sont en formation intellectuelle, donc curieux et peut-être plus perméables. Par ailleurs, ils s'informent essentiellement sur les réseaux sociaux, Facebook, Twitter mais aussi Instagram et Snapchat dans une moindre mesure. C'est sur ces sites que les théories du complot circulent allègrement et là où ils vont trouver des informations qui confortent leurs propres croyances. D'un autre côté, ils lisent et regardent de moins en moins les médias traditionnels, contrairement à leurs aînés.
Y-a-t'il une corrélation entre adhésion à des théories du complot et le niveau social ou d'étude?
Pas nécessairement. Dans La Démocratie des crédules, la sociologue Gérald Bronner montre que les groupes les plus perméables à certaines croyances sont ceux qui ont fait un peu d'étude après le baccalauréat. Et pas ceux qui n'en avaient pas fait du tout. ..

… Pendant un mois, donc, les jeunes qui, au cours de leur quinzaine d’années de scolarité, n’ont manifestement acquis aucune notion de discipline, d’autorité, de cohésion, se les verraient miraculeusement transmettre par la magie du verbe de l’adjudant. Prodige de la discipline militaire… Il s’agirait également de détecter les difficultés en lecture (ce que font normalement les enseignants de CP…) mais surtout de « faciliter l’accès aux métiers de la défense ». Aux yeux des promoteurs, les questions pratiques ne semblent soulever aucun obstacle insurmontable : si les infrastructures militaires existantes devaient s’avérer insuffisantes, cas le plus probable, on pourrait toujours faire appel aux internats des lycées ou aux résidences du CROUS inoccupées pendant l’été. A ce stade, la réquisition des bacs à sable des maternelles (par exemple pour s’entrainer à la guerre de tranchées) n’a pas été envisagée. Bien sûr, comme c’est toujours le cas lorsqu’il s’agit de l’armée on ne regardera pas à la dépense

… En d’autres termes, il s’agit de construire un monde où Facebook et Google auront cessé d’exercer une telle influence, un monde qui aura renoncé au solutionnisme technologique. Un défi ambitieux que seules des démocraties accomplies pourraient relever. Malheureusement, l’aveuglement des démocraties actuelles les conduit à désigner toutes sortes de coupables sans se remettre en question, tout en confiant toujours plus de problèmes à la Silicon Valley.

… La grande réforme sociale du gouvernement, celle qui doit lutter contre l'inégalité sociale dans l'école, le dédoublement des classes de l'éducation prioritaire, part en quenouille. Par contre 2018 devrait voir la quasi généralisation de la semaine de 4 jours. Le ministre répète partout que des études montrent que 4 jours ou 5 jours de classe se valent. Mais il se garde bien de les citer car seules des études anciennes portant sur une autre organisation annuelle du temps scolaire permettant des journées de classe peu chargées vont relativement en ce sens. La réalité c'est que la semaine de 4 jours pourrait bien largement annuler le bénéfice des dédoublements là où ils auront lieu.
Si la réforme phare se perd dans la brume, son accompagnement pédagogique, lui, va s'amplifier en 2018. Ce qu'il restera du programme ministériel ce sera la disparition d'une grande partie des maitres + et des injonctions jamais vues sur le plan pédagogique.
 Le ministre a fait fort particulièrement sur le plan de la lecture en relançant le débat syllabique - globale….

… "Il manque 3.000 places d'hébergement d’urgence", selon Eric Pliez, président du Samu social, qui précise que moins de 25% des appels au 115 peuvent déboucher sur une prise en charge. "La Voix du Nord" rapporte que 800 parents et enfants n'ont pas trouvé de place dans les structures d'hébergement du Nord et du Pas-de-Calais…

… C'est le collectif "Les Morts de la Rue" qui a diffusé ce chiffre (403 morts), vendredi 29 décembre, accompagné du peu d'informations connues sur les SDF décédés (prénom ou surnom, âge, ville, date du décès...). Selon la liste des "Morts de la Rue", la plus âgée avait 81 ans. La plus jeune, six semaines. Un quart de ces sans-abri sont morts à Paris…
"Je ne veux plus, d’ici la fin de l’année, avoir des hommes et des femmes dans les rues, dans les bois. Je veux partout des hébergements d’urgence."
Une promesse non-tenue. Environ 200.000 personnes seraient encore à la rue, selon RTL. ..

Une étude – vraiment intéressante et scientifique pour le coup – de la Royal society for public health en Grande-Bretagne montrait que Snapchat et Instagram avaient un impact négatif sur la santé des jeunes car ce sont des réseaux sociaux basés sur l'image. Il y a une inadaptation entre les images postées qui sont des stéréotypes d'une vie parfaite et la vie réellement vécue, qui provoque beaucoup d'anxiété. Notamment sur Instagram, qui est un réseau avec très peu d'échanges entre utilisateurs et un système de "likes" .
Là oui, il peut y avoir dépendance au nombre de "likes". J'ai eu un patient adolescent par exemple qui restait éveillé jusqu'à 4 heures du matin pour voir la notification suivante sur ses posts. Ces outils sont particulièrement pervers d'ailleurs, car leur fonctionnement est basé sur la consommation excessive. Par exemple, plus vous envoyez de selfies, et plus Snapchat vous récompense…

… Ne reste plus alors, maigre vengeance, qu’à informer de leur existence le bien nommé compte Twitter @internetofshit, qui documente avec une ironie salutaire cet «Internet des objets» à la con, de la brosse à dents qui vous dit si vous brossez vite au casier à œufs qui indique combien d’œufs il contient.
Au-delà de l’absurdité de certaines «innovations», sa recension dessine une idée de l’enfer : un monde où l’on reste bloqué devant sa porte par la mise à jour défectueuse d’une serrure dite «intelligente», où des jouets innocents se muent en espions domestiques, où un inconnu crie dans un babyphone piraté, où votre aspirateur vous flique

… «On est en train de courir le plus vite possible dans la pire des directions. La direction de la compétition, de la destruction des uns par les autres. C’est une folie totale. Moi, ce qui me semble par exemple monstrueux, c’est de penser qu’on a pris comme moteur de notre société occidentale : la compétition…
… Actuellement le système des grandes écoles, le système de la compétition, ne fait que sélectionner les plus conformes. Or, on rentre dans un monde qui va se renouveler et plus on est conformiste, plus on est dangereux ; par conséquent on est en train de sélectionner les gens les plus dangereux, ceux qui seront pas capable d’imagination…
… Préparer des futurs médecins en leurs donnant des mentalités de tueurs : il y a quelque chose de pourri là-dedans. Je pense qu’il faut extirper la notion de compétition de toute la société, et en particulier le système éducatif. Le pire de tout, c’est d’avoir fait des écoles des lieux où on est en compétition les uns avec les autres !..

Des « phone trucks » ont alors fait leur apparition devant les lycées : des camionnettes où les lycéens pouvaient laisser leur téléphone portable en sécurité, moyennant 1 dollar par jour….
… Les chercheurs ont comparé les performances scolaires d’écoles de Birmingham, Londres, Leicester et Manchester avant et après qu’elles eurent interdit les téléphones. Ils ont constaté que les résultats scolaires progressaient après l’interdiction, et que cette progression était bien plus importante parmi les élèves les plus en difficultés scolaires et financières. Selon eux, autoriser les téléphones dans les écoles handicaperait surtout les élèves les plus défavorisés

41 millions. Il existe officiellement 41 millions de personnes sous le seuil de pauvreté aux États-Unis. Plusieurs millions de ces personnes vivent dans une misère extrême. Philip Alston, le rapporteur spécial sur l’extrême pauvreté et les droits de l’homme de l’ONU, vient de passer deux semaines aux États-Unis pour préparer un rapport. La situation est stupéfiante

 … Au printemps dernier, le Pew Research Center, un think tank américain, a demandé à 43.000 personnes dans 38 pays si elles considéraient que la vie dans leur pays était aujourd'hui meilleure ou pire qu'il y a cinquante ans pour les personnes comme elles. En France, 46% ont répondu qu'elle était pire; seulement 33% qu'elle était meilleure. Notre pays se classe ainsi dans le dernier tiers du classement, à peu près dans les mêmes eaux que la Hongrie ou le Ghana

Mesures du gouvernement sur l’éducation des français paradoxaux !
63% considèrent que les mesures annoncées ne vont pas permettre de diminuer les inégalités scolaires.
Pourtant ils sont nombreux à considérer qu’individuellement

Outre la labellisation des "bons " manuels et de fait la quasi interdiction des autres qui serait faite par un conseil scientifique nommé par le ministre , le ministre a déjà initié des formation pour les inspecteurs qui les invitent à recadrer les enseignants. JM Blanquer s'engage dans la voie prise en 2006 par celui dont il était chef de cabinet : G de Robien.

l'addiction est inhérente au réseau social, où obtenir des likes ou des commentaires fait un effet similaire à celui de la dopamine : Parker a pointé du doigt la nature addictive de Facebook qui pousse un grand nombre d'entre nous à revenir.
Pour l'investisseur, l'addiction tient à la nature même du service, conçu à cette fin. Ainsi recevoir un "like" ou un commentaire à son message fonctionne comme la dopamine : "C'est une boucle d'approbation sociale ... exactement le genre de choses qu'un hacker comme moi pourrait trouver, parce que vous exploitez une vulnérabilité dans la psychologie humaine."..
… En 2004, la formule du patron d'alors de TF1, Patrick Le Lay, faisait scandale : "Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible." En 2017, plus personne ou presque n'est choqué de ce que nos applis dévorent notre attention, et partant notre temps. Ces "hérétiques de la Silicon Valley" sont-ils des avant-gardistes ou arrivent-ils trop tard ?..

« Je peux contrôler ce que font mes enfants, et ils ne sont pas autorisés à utiliser cette merde ! » C’est un discours sévère qu’a tenu, en novembre, un ancien cadre de Facebook à l’encontre des réseaux sociaux en général, et de l’entreprise de Mark Zuckerberg en particulier…
« Je crois que nous avons créé des outils qui déchirent le tissu social », avance-t-il, confiant se sentir « immensément coupable » d’avoir contribué au succès de Facebook…

Coup sur coup, la première puissance mondiale aura élu en 2001 un ex-alcoolique, bigot et borné et en 2016 un clown narcissique au cerveau d’enfant. Quelque chose a dérapé. Et les tensions sont telles, aggravées par la circulation des armes à feu, plus de 300 millions, et la détermination des milices survivalistes ou suprémacistes, que le spectre d’une guerre civile larvée n’est plus à écarter, rappelant que la culture américaine, marquée par le personnage du pionnier, du cow-boy, du justicier, du shérif, du tueur en série, reste fondamentalement une culture de la violence. Toute cette force accumulée se retourne contre ses titulaires et se transforme à intervalles réguliers en tueries de masse, lesquelles fonctionnent comme une catharsis. Sans que rien change après quelques jours de larmes et de deuil.
Si l’Amérique nous désespère, c’est qu’elle n’offre aucune alternative aux tartarinades de son président. On y est pris entre l’enclume du tribun vociférant et le marteau du politiquement correct….

 … Plus de 40 % des 7-12 ans aux Etats-Unis regardent plusieurs vidéos chaque jour sur la plate-forme de Google. En août, elle a signé un contrat avec le fabricant de jouets Mattel, se chiffrant en dizaines de millions de dollars.
Google part également à la conquête des enfants directement dans les écoles par l’intermédiaire des Chromebooks, des ordinateurs à bas coûts fonctionnant autour du navigateur Internet maison Chrome. En cinq ans, le moteur de recherche est devenu le leader du marché, dépassant Microsoft et Apple. Plus de la moitié des élèves du primaire et du secondaire utilisent désormais un Chromebook….

Mais le vrai problème est ailleurs.
Il est chez Jean-Michel Blanquer.
Ou plutôt dans sa contradiction, qui consiste à infantiliser d'un côté les enseignants avec une telle recommandation – une dictée par jour, c'est un ordre – et à les encourager de l'autre, quasi quotidiennement, à davantage d'autonomie et d'esprit d'initiative.
Un des maîtres mots du ministre est "confiance".
Quel beau mot

 Une étude faite dans onze pays riches montre que par rapport à 1965, les parents passent aujourd'hui en moyenne deux fois plus de temps à s'occuper de leurs enfants.
Pour les mères, on est passé de 54 minutes par jour il y a 50 ans à 104 minutes en 2012, et de 16 minutes à 59 minutes par jour pour les pères.
 La seule exception à cette tendance est la France, où le temps passé avec les enfants a légèrement diminué entre 1965 et 2012, de 100 minutes à 80 minutes pour les mères diplômées et 60 minutes pour les autres…

… F Dubet et B Toulemonde rappellent à juste titre que l'autonomie des établissements est acquise dans les autres pays développés.
Ils ne vont pourtant pas jusqu'au bout du raisonnement.
Là où l'autonomie est allée le plus loin, on retrouve tous les maux qu'ils dénoncent :
la baisse de niveau, la difficulté à recruter les enseignants, la démoralisation des directions, les inégalités.
Le pays qui est allé le plus loin sur cette voie est aussi celui qui cumule le plus ces difficultés : la Suède.
Ce que vantent Dubet et Toulemonde c'est le New Public Management, une idée déjà ancienne, où la France a du mal à entrer et d'où ceux qui y sont entrés en premier se pressent de sortir

 … Le débat a-t-il vraiment évolué depuis ?
La seule mention qui pourrait aller à l'appui des  affirmations de JM Blanquer sur la non nocivité de la semaine de 4 jours, voire sa supériorité,  provient d'un rapport ancien portant sur une organisation du temps scolaire qui n'a rien à voir avec l'organisation annuelle actuelle.
Elle était déjà critiqués et relativisée au moment de sa rédaction et la recommandation finale était contraire.
 Inversement les chronobiologistes ont condamné avec constance la semaine de 4 jours.
Si le ministre a d'autres études à faire valoir, qu'il n'hésite pas à les communiquer.

 … «Une colère qui ne sert à rien, puisque rien ne change».
Nous sommes en 2017, dans la sixième puissance économique mondiale. Dans notre pays, un enfant sur cinq vit dans une famille pauvre. Et un sur dix (soit 1,2 million d’enfants) est dans une situation d’extrême précarité. L’école est un refuge pour ces enfants. Un rapport de 1992 alertait déjà sur la situation. …
«La situation se durcit depuis trois ou quatre ans. Et on ne peut s’appuyer sur rien

… Ils sont massivement en grande difficulté scolaire, mais il n’y a aucune fatalité. Nous sommes l’un des pays de l’OCDE où le poids de l’origine sociale pèse le plus dans le destin scolaire. 90 % des enfants de cadres obtiennent le bac, contre 40 % des enfants d’ouvriers. Dans les Segpa [sections d’enseignement général et professionnel adapté], on trouve 84 % d’enfants issus de familles CSP défavorisées, et moins de 2 % d’enfants de cadres. Je le répète, ce n’est pas une fatalité. C’était tout l’enjeu de la loi de Refondation de l’école de 2013 : réduire ces inégalités, ce qui n’est pas incompatible avec l’existence d’une élite. Nous savons ce qu’il faut faire et nous le savons depuis longtemps

… Le journal affirmait notamment que « les collèges privés sont globalement plus "mélangés" que les collèges publics » ou encore que « le privé fait plutôt mieux que le public en matière de mixité sociale ». Le rapport de la DEPP remet les pendules à l’heure en rappelant, s’agissant d’inégalités, que « 10% des collèges ont moins de 14,5% des élèves qui sont enfants d’ouvrier ou d’inactifs et 10% en ont plus de 63%. » Les collèges publics accueillent des élèves en moyenne plus défavorisés que les collèges privés et l’écart entre les deux secteurs a augmenté ses dernières années : « Entre 2003 et 2016, la part des élèves de milieu très favorisé a augmenté de 7,2points dans le secteur privé (passant de 30% à 37,2%) tandis qu’elle n’augmentait que de 2 points dans le secteur public (de 17% à 19%). A l’opposé, la part d’élèves de milieu défavorisé a diminué plus fortement dans le secteur privé (-4,8 points au lieu de -0,4 points dans le secteur public) ».
 La réalité est donc la suivante : le privé accueille de plus en plus d’élèves plus riches, laissant de plus en plus d’élèves plus pauvres au public.
Avec les conséquences qui en découlent…
 

"Facebook sait à quoi vous ressemblez, votre emplacement, qui sont vos amis, vos centres d'intérêts, si vous êtes dans une relation ou pas, et quelles autres pages du Web vous regardez. Ces données permettent aux publicitaires de cibler les plus d'un milliard par jour de visiteurs sur Facebook. Pas étonnant que depuis son introduction en Bourse il y a cinq ans, l'entreprise ait atteint une taille colossale de 500 milliards de dollars."…
 … "Plus il a de données à offrir, plus il crée de valeur pour les annonceurs. Cela signifie qu'il n'a aucune incitation à encadrer la collecte ou l'usage de ces données – excepté lorsque des articles de presse négatifs ou des régulateurs sont impliqués. Facebook est libre de faire presque ce qu'il veut de vos informations personnelles, et n'a aucune raison de mettre en place des garde-fous."…

… les chiffres de l’Insee illustrent qu’une France «plus diplômée, plus riche, plus âgée» a beaucoup plus voté en 2017.
Des électeurs finalement «peu représentatifs» de la réalité du pays.
Le désaveu de la politique est donc de plus en plus marqué socialement. Et la participation électorale révèle de profondes inégalités.
D’un côté, une France âgée, plutôt aisée économiquement, qui a fait des études supérieures – qui continue à voter. Et de l’autre, une France jeune, moins diplômée, plus démunie financièrement – qui vote elle de moins en moins

Vous pourrez désactiver toutes les fonctions possibles, cesser d'utiliser vos applications, enlever votre carte SIM... si vous trimballez votre téléphone Android dans votre poche, Android le saura…
… Attendre un minimum d'intimité sur nos smartphones devient «à la limite du délirant», ironise Slate.com. Et de conclure:
«Si vous voulez être sûr d'être véritablement protégé contre le pistage indésirable de vos données personnelles, la seule option garantie est d'éteindre votre téléphone, d'enlever la batterie, et de le laisser à la maison.»

Les «Droits-De» 
Et leurs "Journées" ...
 

... 19 novembre : Journée Mondiale des toilettes
19 novembre : Journée nationale des assistantes maternelles
19 novembre : Semaine européenne de réduction des déchets
20 novembre : Journée nationale contre l'herpés
20 novembre : Journée internationale du souvenir trans
20 novembre : Journée Internationale des droits de l'enfant
20 novembre : Journée Mondiale pour l'industrialisation de l'Afrique
20 novembre : Journée mondiale du souvenir des victimes des accidents de la route
20 novembre : Journée nationale de la trisomie 21
21 novembre : Journée Mondiale des pecheurs artisans et des travailleurs de la mer
21 novembre : Journée Mondiale de la Télévision
24 novembre : Journée internationale de la Bible

... Sur les routes migratoires d’Europe, les enfants sont confrontés à toutes les formes d’atrocités. 
Très souvent livrés à eux-mêmes, ils deviennent des proies faciles pour les réseaux criminels. 
Près de 10 000 enfants migrants ont disparu en Europe ces deux dernières années.
Dans la région du lac Tchad, des dizaines de milliers d’enfants partent sur les routes à la recherche d’eau, franchissent les frontières, sont arrêtés et emprisonnés. 
Et comme ils n’ont pas de papier d’identité, un grand nombre reste en détention, sans que leurs familles sachent comment et où les retrouver...

Le jour à l’école, la nuit dans la rue. Dans l’agglomération lyonnaise, ils seraient au moins 223 enfants scolarisés dont les parents n’ont pas de logement. Certains sont hébergés dans des squats, d’autres dorment dans la voiture familiale, sous un pont ou dans un parking en sous-sol. Beaucoup, originaires d’Europe orientale ou d’Afrique, sont des demandeurs d’asile, en attente d’une régularisation ou déjà déboutés. Lundi, journée internationale des droits de l’enfant, a été l’occasion pour le collectif «Jamais sans toit» de tirer à nouveau la sonnette d’alarme…

Élève ou étudiant le jour, sans-abri le soir et la nuit : le phénomène est bien présent dans la Ville rose et touche toutes les catégories scolaires, du primaire à la fac en passant par le collège et le lycée. Une situation dont les acteurs ont bien du mal à en ressortir des chiffres précis, mais qui interroge en 2017.
Selon les associations, 130 enfants dorment régulièrement à la rue à Toulouse.
Et qui concerne au premier chef les enfants les plus petits et les plus fragiles. Selon l’association Droit au Logement (Dal) Toulouse, près de 130 enfants, la très très grande majorité étrangers, dorment à la rue ou dans des squats dans la 4e ville de France, selon leur dernier pointage…

Les montres connectées pour enfants disposant d’une fonctionnalité d’écoute à distance sont désormais interdites à la vente en Allemagne …
… le fait que ces montres puissent être « utilisées pour écouter l’enfant et son environnement » les assimile à des « systèmes de transmission interdits ». La Bundesnetzagentur note également avoir découvert au cours de son enquête que ces objets étaient fréquemment utilisés par les parents pour écouter ce qui se passe dans les salles de classe
 

… Ce jour-là, 10 enfants, au moins, sont morts tués par une arme à feu aux Etats-Unis. Il ne s’agit pas d’un jour exceptionnel. Gary Younge l’a choisi au hasard. En moyenne, sept mineurs tombent chaque jour sous les balles dans le pays. Depuis le début de 2017, au moins 2 800 adolescents ont été abattus, selon l’association Gun Violence Archive…
  AMERICAN WAY OF LIFE
"Quel est le point commun entre cette voiture Renault, ce téléphone Samsung et cet ordinateur Lenovo ?"
Ce n'est pas faute d'avoir alerté dès janvier 2016 sur les conditions de travail des enfants (et des adultes) dans les mines artisanales de cobalt, ce composant essentiel des batteries rechargeables de nos objets électroniques.
Depuis, Amnesty International pourchasse sans relâche les multinationales susceptibles de se fournir chez des groupes peu regardants, particulièrement en RD Congo, pays qui fournit 50% de la demande mondiale de cobalt…
"Un garçon nommé Paul a confié à Amnesty International qu’il travaillait souvent 24 heures de suite dans un tunnel souterrain à extraire du cobalt alors qu’il n’avait que 12 ans. Il recevait entre 1 et 2 dollars par jour de travail."
En 2014, l'Unicef estimait que 40.000 enfants travaillaient dans l’ensemble des mines au sud de la RDC. ..
Seulement 10% des Français estiment qu'ils ont leur mot à dire en politique.
Le taux le plus bas de toute l'OCDE.

… Or, à en croire notre sondage, ils sont 67 % à déclarer que l’effort national doit d’abord aller aux «personnes qui travaillent avec un faible salaire».
Et certainement pas aux personnes qui vivent des minima sociaux (23 %) et encore moins aux demandeurs d’emploi (12 %).
Sûr que Macron avait, sur ce point, parfaitement anticipé les attentes des Français.

… les chiffres de l’Insee illustrent qu’une France «plus diplômée, plus riche, plus âgée» a beaucoup plus voté en 2017. Des électeurs finalement «peu représentatifs» de la réalité du pays.
Le désaveu de la politique est donc de plus en plus marqué socialement. Et la participation électorale révèle de profondes inégalités. D’un côté, une France âgée, plutôt aisée économiquement, qui a fait des études supérieures – qui continue à voter. Et de l’autre, une France jeune, moins diplômée, plus démunie financièrement – qui vote elle de moins en moins…


Vous pourrez désactiver toutes les fonctions possibles, cesser d'utiliser vos applications, enlever votre carte SIM... si vous trimballez votre téléphone Android dans votre poche, Android le saura…
… Attendre un minimum d'intimité sur nos smartphones devient «à la limite du délirant», ironise Slate.com. Et de conclure:
«Si vous voulez être sûr d'être véritablement protégé contre le pistage indésirable de vos données personnelles, la seule option garantie est d'éteindre votre téléphone, d'enlever la batterie, et de le laisser à la maison.»…

«Quand Facebook dit “sautez”, vous sautez. Même s'il ne peut pas promettre que le sol sera bien sous vos pieds, quand vous vous jetez dans le vide.»
… Interrogé par le Guardian, le journaliste slovaque Filip Struharik, auteur du post Medium qui a révélé les derniers tests de Facebook estimait que cette tentative était vouée à l'échec:
«Un fil d'actualités sans actualités. Juste des amis et des posts sponsorisés. Les gens vont découvrir à quel point leurs amis sont chiants.»
Dans le monde de l'économie de l'attention, c'est la pire chose qui pourrait arriver à Facebook.

Le problème, c’est que nous avons tout confié à de grandes entreprises technologiques, de nos e-mails à nos réseaux sociaux en passant par les divertissements de nos enfants. Ces grandes sociétés technologiques, à leur tour, ont confié les classements, le filtrage, le contrôle et autres fonctions cruciales de prise de décision à des programmes logiciels basés sur un apprentissage automatique algorithmique. Et nous sommes en train de découvrir petit à petit que ces algorithmes ne sont pas toujours dignes de la confiance que nous plaçons en eux
… Les entreprises technologiques veulent que nous traitions ces mésaventures comme des incidents rares et isolés, à diagnostiquer et à gérer au cas par cas. Elles vont engager 3.000 salariés mal payés pour surveiller les vidéos live afin d'éviter la diffusion de meurtres en ligne, ou 10.000 contractuels sous-payés pour vérifier que les publicités sont exemptes d'ingérence électorale étrangère —pendant que le reste des machines continuera à carburer à toute vapeur…

… Avec une capitalisation boursière cumulée supérieure au PIB de la France et une voracité sans limite, les titans du numérique font peur. Ce qu'on leur reproche ? Pêle-mêle : falsification du débat politique, complicité d'apologie du terrorisme, non-respect de la vie privée, design manipulateur, privatisation de l'internet, pratiques prédatrices, mainmise sur la culture, optimisation fiscale agressive, abus de position dominante, entrave à l'innovation… Et, en fin de compte, menace sur la démocratie !
Tour d'horizon des six familles de résistants, qui appellent à contrer l'hégémonie des nouveaux "robber barons"…

… «Derrière le profil Facebook que vous avez vous-même créé se cache un second compte basé sur les messages privés (inbox) et les smartphones d'autres utilisateurs.»
Résultat? Des informations que vous n'avez jamais divulguées à Facebook sont tout de même associées à votre compte et aident ce dernier à compléter votre «map de connections sociales».
Le tout, grâce à un obscur algorithme visiblement très performant

… Je connais des jeunes qui ont eu l’opportunité de travailler sur des sites légaux ou illégaux, et personne ne peut rêver de cette vie-là.
L’Etat français et les autorités sont en train d’investir dans le passé, le modèle de développement occidental est un modèle qui est condamné et qui se condamne lui-même. Aujourd’hui on aurait l’opportunité d’innover, de créer quelque chose de nouveau à partir de la diversité culturelle, de la biodiversité de notre territoire et des précieux savoirs transmis par la voix des anciens…
En Guyane comme partout ailleurs, l’or rend fou, c’est une maladie, dès que vous mettez de l’or quelque part les hommes deviennent violents et avides. C’est malsain

… La Cornouaille a voté à 56% en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, alors même que la région bénéficie de millions d’euros de subventions de la part de l’UE. The Independent relève que les exploitations agricoles de la région ont du mal à recruter des britanniques, car les emplois proposés sont souvent mal payés et très fatigants
 

… au cours des dix dernières années, le nombre de pauvres a augmenté en France de près d’un million. Et si la crise y a grandement contribué, le plus spectaculaire, c’est que lorsque ses effets ont commencé à s’atténuer, la pauvreté n’a pas pour autant reculé


… « Quand la ministre de l’éducation Najat Vallaud-Belkacem est venue, elle s’est exclamée : “Qu’est-ce que ça fait plaisir de voir une si belle rédaction, c’est rare maintenant !” J’avais envie de lui répondre :
“Mais ouvre les yeux, on est tous précaires ici, la plupart en auto-entrepreneur...” », s’indigne Hélène, rédactrice pour Konbini….
… Ces sites ont pour spécialité la production industrielle à bas coût de contenus destinés aux jeunes. Melty est à l’information et à la culture ce que McDonald’s est à la gastronomie. Son choix d’abreuver les 12-25 ans d’articles sur Justin Bieber, Game of Thrones ou Beyoncé n’a rien de neutre …

Déconnecter pour apprendre. «Le numérique n’apprend pas à apprendre, c’est sa faiblesse, considère Antoine Compagnon, professeur au Collège de France. Apprendre à lire à un enfant prend autant de temps qu’à l’époque des Grecs. C’est immuable. Quant aux Mooc, [des formations en ligne ouvertes à tous, ndlr], ils ne profitent qu’à ceux qui savent déjà apprendre.»…
… chacun plonge la main dans sa poche, pour en sortir l’ami cher, le rallumer. Reconnecter.

surexposés souvent dés la naissance aux écrans, et en particulier aux écrans interactifs (smartphones, tablettes) ces jeunes enfants ne nous regardent pas quand on s’adresse à eux, ne communiquent pas, ne parlent pas, ne recherchent pas les autres, sont très agités ou très passifs. Certains peuvent présenter des symptômes proches de ceux que l’on rencontre chez des enfants souffrant d’autisme même lorsqu’il ne s’agit pas d’enfants autistes.
Mais nous sommes aussi alertés par les enfants en élémentaire : nous observons d’importantes difficultés dans les apprentissages , des difficultés globales de compréhension, des difficultés à mobiliser une attention soutenue, une maladresse à utiliser les objets du quotidien,  un intérêt limité porté à leur environnement (objets et personnes) hormis les écrans, avec parfois une focalisation quasi obsessionnelle sur certains contenus sans variété ou une utilisation excessive de contenus audio visuels, très souvent déconseillées aux moins de 16 ans mais aussi aux moins de 18 ans.
Chez les adolescents notre constat est tout aussi alarmant …

Les nouveaux Platon de la Silicon Valley rivalisent eux aussi d’éthique « citoyenne » en fermant les comptes d’utilisateurs suspects de suprémacisme blanc. Sacrifice suprême, Google, Facebook et Twitter ont renoncé à vendre aux annonceurs la possibilité de cibler des internautes en fonction de catégories telles que « Ku Klux Klan », « Jew hater » (« qui hait les Juifs ») ou « Nazis » (Recode.net, 15 et 16 septembre). Pendant que la presse leur tresse des couronnes …

…«Le numérique c’est virtuel mais c’est surtout beaucoup d’impact sur l’environnement». Dans sa ligne de mire : « le sac à dos électronique» du smartphone. «Il ne pèse qu’une centaine de gramme mais nécessite plus de 70 kg de matières première» pour le produire. D'ailleurs, les data-center produisent plus de gaz à effet de serre que l’ensemble du transport aérien…

… Récapitulons: un oligopole de l’Internet grignote chaque jour un peu plus le pluralisme de l’information, tandis que les chartes éditoriales inavouées que déclinent ses algorithmes coupent court à l’expression individuelle des auteurs, des artistes et de tous ceux qui produisent des idées. Mais Google et consorts sont de formidables réussites économiques.
Or, dès 2013, un rapport sur la fiscalité de l’économie numérique pointait la place centrale de la collecte de données personnelles dans la création de valeur par les acteurs de l’économie numérique…

Les réseaux sociaux sont l’objet d’un étonnant paradoxe. Ils sont censés apporter divertissements et satisfaction. Les consulter est le premier geste du matin pour 48% des 18-34 ans. Pourtant, plus les gens sont actifs sur Facebook ou Instagram, et plus leur humeur est négative après y être allés.
Plus grave, un lien a été mis en évidence entre ces usages et des symptômes de dépression. Les préadolescents et adolescents semblent particulièrement sensibles.
En particulier, chez les adolescents qui perçoivent leur réseau amical dans la vie réelle comme étant de faible qualité, les longues durées passées sur Facebook sont associées à davantage de troubles dépressifs et d’anxiété sociale

Chaque nuit à Paris, 500 enfants
dorment dans la rue

POURTANT, dans les faits, cette position ne résiste pas à l’examen.
Chez Blanquer, les références à la recherche scientifique sont à géométrie variable.
Quand ça l’arrange et sert son propos, il n’hésite pas à en appeler à la recherche – très souvent ce sont les neurosciences.
Mais certaines mesures sont prises, certaines déclarations faites sans base scientifique, sans appui sur des rapports d’expertise ; Blanquer a beau affirmer que «les études prouvent une légère supériorité de la semaine de 4 jours» sur celle de 4,5 jours, on attend toujours les études en question (toute la chronobiologie dit le contraire).
Quant aux comparaisons internationales, Blanquer se garde bien de dire que l’OCDE, qui mène la fameuse étude comparative PISA et publie régulièrement ses «Regards sur l’éducation» et qui avait salué la politique éducative menée lors du précédent quinquennat, se montre nettement plus critique sur son action.
Peu importe …

… Alors que les salariés du privé devraient bénéficier des mesures annoncées par le gouvernement, les fonctionnaires sont les premiers perdants du quinquennat.
Pour les enseignants, qui ont voté massivement pour E Macron dès le premier tour,
le choc pourrait être rude.

"Alors, croyez-vous vraiment qu’avec moins de 130 jours de classe par an on puisse obtenir les mêmes résultats qu’avec un peu plus de 160 ?
Les enfants de professeurs et de cadres supérieurs n’en souffriront sans doute pas trop,
mais les autres ?

Dix fois plus d'enfants obèses en quarante ans
… l'obésité juvénile surpassera l'insuffisance pondérale d'ici 2022, prédisent toutefois les auteurs de cette étude, publiée dans la revue médicale britannique The Lancet.
En 2016, 124 millions de jeunes de 5 à 19 ans étaient considérés comme obèses, contre seulement 11 millions en 1975

… «Je m'en moque de parler à des vrais gens, du moment que j'ai mon téléphone avec moi.»
Si ces témoignages peuvent paraître inquiétants, Madhumita Murgia a aussi rencontré certains adolescents qui mettent eux-mêmes en garde leurs parents qui vont trop souvent sur Facebook, ou d'autres qui ont choisi de couper Snapchat. Leurs habitudes changeront-elles en grandissant?
S'il n'y a pas d'âge légal pour utiliser un smartphone, certains réseaux sociaux sont officiellement interdits aux moins de 13 ans (comme Snapchat ou Instagram). Cela n'empêche pas que …

… Selon l'enquête du Conseil national d'évaluation du système scolaire publiée mardi, près de quatre collèges et lycées publics sur dix (39%) déclarent ne pas avoir suffisamment de sanitaires dans leurs locaux.
Le nettoyage des sanitaires ne serait pas non plus réalisé de manière régulière tout au long de la journée: ainsi la moitié des établissements (53%) le pratique une seule fois par jour.
Dans 72% des établissements concernés par l'enquête, les chefs d'établissement ont été interpellés sur les dégradations dans les locaux, et 62% sur l'approvisionnement en produits hygiéniques (papier, savon...)…

... « La cantine révèle aussi des inégalités scolaires criantes, dont sont victimes les enfants les plus défavorisés. Il existe un lien entre le bénéfice de repas équilibrés et la concentration des élèves. Les plus fragiles devraient être privilégiés, mais évidemment on retombe sur le mal français, les inégalités s’invitent partout et traversent toute la vie. » En effet, les catégories socioprofessionnelles des parents conditionnent cet accès, peut-on lire dans le rapport.
Les chiffres sont éloquents. En moyenne, 30 % seulement des collégiens ne sont pas inscrits à la cantine ; en éducation prioritaire, c’est le cas de près de 60 % d’entre eux. En REP+, seuls 25 % des élèves sont inscrits au restaurant scolaire. En moyenne, les élèves issus de familles défavorisées sont deux fois plus nombreux (40 % d’entre eux) à ne pas manger à la cantine que les élèves issus de familles favorisées (22 %) et très favorisées (17 %). Les raisons de cette désaffection se révèlent être économiques en partie, mais pas seulement…


… le rêve américain, qui se fonde sur une promesse de mobilité sociale et un certain volontarisme des élites politiques et économiques, est bel et bien mort. L’auteur démontre combien les dés sont pipés, au détriment de ce qu’il appelle le «précariat» - ce prolétariat précaire, qui ne se définit pas seulement par la faiblesse de ses ressources, mais par son incertitude.
Et toujours au bénéfice d’une élite, les «propriétaires de la société»

J'ai bien peur que les Etats-Unis ne bougent pas plus cette fois que lors des drames précédents, quel que soit le décompte final des victimes. La majeure partie de l'opinion américaine considère que pour se prémunir de ces tragédies, il faut plus d'armes et pas moins…

Chaque semaine, 25 enfants trouvent la mort à cause des armes à feu, en moyenne, aux États-Unis, où elles circulent beaucoup plus librement qu'en Europe. C'est ce que révèle une étude publiée en ligne lundi par l'Académie américaine de pédiatrie. Les résultats montrent que les tirs sont la 2e cause de mortalité pour les enfants, derrière les accidents de la route. ..


Donner de l'argent aux riches n'a jamais aidé l'activité. Même le FMI, considéré comme le temple du néolibéralisme, le constate.
La "théorie du ruissellement" n’existe pas. Aucun économiste n’a jamais développé l’idée selon laquelle il serait bon pour l’économie d’augmenter la richesse des plus fortunés (sous forme de baisse d’impôts par exemple). Et il est très étonnant de voir les lieutenants d’Emmanuel Macron, depuis leur forteresse de Bercy, justifier la quasi-suppression de l’ISF en recourant à ce type de logique.

Jamais depuis quinze ans de tels chiffres n’avaient été atteints. Ce mouvement de hausse a été particulièrement rapide ces derniers mois puisque en un an le nombre de mineurs détenus a progressé de 16,6 %, tandis que la population carcérale augmentait de 0,4 %.
Le phénomène étonne jusqu’au ministère de la justice …

  ... Car cette organisation n’est qu’un des acteurs d’un jeu immense, où l’on retrouve les GAFAM, et toute une myriade de startups se pressant aux portes d’un marché de l’éducation en pleine ouverture, et dont l’ampleur et la gravité sont dramatiquement sous-estimées.

Quand le ministre français de l’éducation nationale pourfend l’égalitarisme comme facteur d’inégalité scolaire et affirme le 27 juillet sur France Culture que «c'est par plus de liberté que l'on peut aller vers plus d'égalité», la note socioéconomique documentée de l’IRIS, publiée en septembre 2017, observe la détérioration de la qualité des enseignements offerts à la majorité des jeunes québécois par un marché scolaire caractérisé par la concurrence entre privé et public et entre établissements publics…
 

« La transformation de notre système éducatif suppose d'inscrire notre action dans le temps long. À chaque alternance ses nouvelles réformes, souvent davantage guidées par des préoccupations politiques que par des ambitions pédagogiques. Loin des tentations de "Grand soir", qui traversent l'Éducation nationale à chaque changement de majorité, Emmanuel Macron agira, au-delà des clivages partisans, et sans dire que ce qui a été fait précédemment était nécessairement nul et non avenu ».
On s’était dit, ouf, enfin un peu de continuité dans l’éducation, qui meurt aussi d’être ballottée par les changements incessants de politique et d’orientation.
Sauf que, en trois semaines, le nouveau ministre Jean-Michel Blanquer a lancé plusieurs chantiers visant clairement à défaire ce qui a été fait pendant le quinquennat précédent.
Finalement, le changement, c’est maintenant
 
il a suffi de quelques semaines au gouvernement d’Edouard Philippe pour retrouver les réflexes de la bonne vieille politique. Les deux premières décisions de Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Education, sont un modèle du genre : deux décrets pour donner la possibilité aux communes de déroger à la semaine de quatre jours et demi et aux établissements de s’affranchir de la réforme du collège. Deux réformes qui ont eu à peine le temps de trouver leurs marques et donc de produire des résultats. La question des rythmes scolaires est un splendide cas d’école

Le serpent de mer de la réforme des rythmes scolaires revient. Le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, présente ce jeudi un décret visant à remettre en place, dès la rentrée, la semaine de quatre jours dans les écoles maternelles et élémentaires publiques qui le souhaiteront….

… D’après un rapport de l’Académie de médecine paru en 2010, «l’enfant n’est pas au centre de la réflexion» entourant les rythmes scolaires, qui seraient plus en phase avec des intérêts sociaux et économiques (métier des parents, vacances, loisirs).
Inégalités sociales et activités périscolaires : Etienne Butzbach estime aussi que tous les enfants n’ont pas des «environnements éducatifs équivalents» et s’inquiète d’une «école à mi-temps» pour les plus modestes
des classes ne seront pas ouvertes, on ne pourra pas faire face à l’urgence démographique. Les adversaires de Blanquer, qui le savent féru d’évaluations scientifiques, retournent sa méthode contre lui : pourquoi détruire ce qui n’a pas été évalué ? Comme le remarque la secrétaire générale du SnuiPP Francette Popineau, «il suffit de regarder les évaluations internationales pour comprendre que la continuité demeure la méthode qui marche le mieux pour faire progresser les systèmes éducatifs»….

… «En 2003, 35 enfants en difficulté m’étaient signalés par les écoles sur 1.000 élèves de maternelle en petite et moyenne section de l’Essonne. Depuis un an et demi, on m’en a déjà signalé 210 en grande difficulté. Toutes les semaines, je suis sollicitée pour de nouveaux cas. À force d’en voir, j’ai fini par faire le lien avec leur consommation d’écrans. Et je ne parle pas d’enfants qui regardent la télévision une heure par jour! La plupart de ceux qui me sont adressés passent au moins six heures par jour devant des écrans. Les troubles sont plus graves qu’il y a quinze ans et disparaissent dans la majorité des cas quand les parents arrivent à “déconnecter” leurs enfants.»

« En France, un jeune sur cinq a renoncé aux soins. Or un premier indice de la précarité est de ne pas se faire soigner. 13 000 étudiants parisiens sautent quatre à six repas par semaine, faute de pouvoir se les payer » : la deuxième édition du rapport annuel de la Croix-Rouge, « Pacte pour la santé globale des jeunes » publié mercredi 31 mai, dresse un panorama inquiétant de leur situation. ..
… Ainsi, « la pauvreté rajeunit » » en France : près d’un enfant sur cinq vit dans une « situation sociale précaire » : « Ce sont principalement des jeunes et des enfants vivant dans des ménages n’ayant pas eu accès à une insertion professionnelle stable qui sont en situation de pauvreté, tandis que celle des retraités régresse », note le rapport. Le nombre de jeunes à la rue augmente
« Oh non… » Le cri du cœur des élèves de CM1-CM2 invités à se passer de télévision et de console de jeu pendant une semaine n’est pas franchement enthousiaste. L’idée paraît même incongrue à ces 23 enfants scolarisés à l’école élémentaire Manin, dans le 19e arrondissement de Paris. Agés de 9 à 11 ans, seule une petite minorité n’a pas d’écran dans sa chambre…
… En sixième, les collégiens français passent en moyenne six heures devant un écran (télévision, smartphone, ordinateur), selon l’enquête internationale Health Behaviour in School-aged Children de 2016. Bien loin de la recommandation internationale de deux heures maximum d’écran par jour…
« Quand les enfants voient leurs parents accrochés à leur téléphone toute la journée, ils se disent que ça a l’air bien… On ne leur donne pas envie de faire autre chose. C’est bien aussi de s’ennuyer. »…
La pauvreté s’étend. Entre 2004 et 2014, la France a compté 950 000 pauvres de plus, c’est-à-dire les personnes vivant avec moins de 50 % du revenu médian, soit moins de 848 euros par mois, prestations sociales incluses et impôts déduits. Cela porte à 8,1 % de la population (5 millions de personnes dont 1,2 million d’enfants et adolescents) le taux de pauvreté en France.
Si l’on retient, en revanche, le seuil de 60 % du revenu médian, comme le recommandent les normes européennes, ce taux monte à 4,1 % (9 millions de personnes) …
Nous, professionnels de la santé et de la petite enfance, souhaitons alerter l’opinion publique des graves effets d’une exposition massive et précoce des bébés et des jeunes enfants à tous types d’écrans : smartphone, tablette, ordinateur, console, télévision.
Nous recevons de très jeunes enfants stimulés principalement par les écrans, qui, à 3 ans, ne nous regardent pas quand on s’adresse à eux, ne communiquent pas, ne parlent pas, ne recherchent pas les autres, sont très agités ou très passifs. La gravité de ces troubles
en France, on demeure persuadé que de barricader du matin au soir dans des établissements souvent austères des hordes de collégiens demeure encore le meilleur moyen d'assurer l'avenir du pays. On croit en la connaissance. Au savoir. Aux têtes bien pleines.
 
On a 11 millions de crétins qui votent pour l'extrême droite, peut-être autant qui regardent Hanouna et consorts à la télévision, trois fois plus encore qui se passionnent pour le tirage du loto et les amours de la reine d'Angleterre, mais à part cela, ne changeons rien, continuons à brouter les champs du savoir académique, nous sommes sur la voie de la rédemption.

Mais c’est dans l’univers des grandes écoles que les inégalités demeurent les plus criantes, sans évolution depuis une trentaine d’années : 50 fois plus d’enfants de cadres que d’enfants d’ouvriers à Polytechnique, 20 fois plus dans les Ecoles normales supérieures, 4 % d’enfants d’ouvriers et employés à l’ENA, contre 69 % d’élèves issus de familles de cadres supérieurs… Les écarts sont vertigineux. Les rapporteurs étrillent au passage les filières « égalité des chances », développées par les grandes écoles – notamment à Sciences Po – depuis une vingtaine d’années pour s’ouvrir socialement.

« Plus les filières sont sélectives, plus les cursus sont prestigieux, plus la fermeture sociale est forte et cela a eu tendance à s’accentuer alors que le nombre de bacheliers augmentait ...
Au total, durant toute la cinquième République, seulement sept ministres de l'Education nationale « ont donné leur nom à une loi scolaire » . Sept sur les trente quatre qui se sont succédé ! Jean-Michel Blanquer ''surfe'' (à bon compte!) sur l'idée (répandue, mais fausse) que chaque ministre de l'Education nationale n'a de cesse de donner son nom à une loi (alors que seulement un sur cinq l'a fait...). On le voit, le nouveau ministre de l'Education nationale a une façon bien singulière de satisfaire son ego en excipant (d'entrée de jeu et pour l'Histoire) d'une exceptionnalité qui n'a aucun fondement : « il n'y aura pas de loi ''Blanquer'', et j'en serai fier ». Bigre.

En voulant «habituer leurs enfants à la réalité du monde du travail, les parents les empêchent de bénéficier des heures les plus importantes du sommeil: celles pendant lesquelles les facultés de mémoire et d’apprentissage se régénèrent». Pour les experts, repousser le début des cours aurait une répercussion similaire à la diminution des effectifs des classes sur les résultats scolaires.

Dans la bouche de Wendy Troxel, la solution «début des cours à 9 heures» équivaut au remède miracle: plus de sommeil, moins de dépression, de meilleurs résultats scolaires, moins d’obésité, moins d’accidents de la route, mais aussi moins de café, moins de boissons énergisantes mauvaises pour la santé

Le livre de Céline Alvarez, qui remporte un énorme succès, les Lois naturelles de l’enfant (Les Arènes, 2016), nous pose problème entre autres parce qu’elle suppose qu’il existe une manière biologique, commune à tous, d’être un enfant. On s’oppose aussi à l’idée selon laquelle il existe des stades identiques dans le développement de tout enfant : les différences de classes sociales et de genre sont très importantes. Nous avons interrogé des enfants qui à 6 ans ont des compétences culturelles, une facilité à argumenter des positions que certains enfants de 10 ans n’ont pas du tout - pour des raisons de différences de milieu, de dispositions sociales. Faire de la sociologie de l’enfance, c’est essayer de trouver un point d’équilibre entre deux positions : le fameux «chaque enfant est différent» des profs, des parents, et la psychologie du développement, qui dit qu’il existe un seul modèle de développement de l’enfant. Or, il y a des pauvres, des riches

C’est une fois de plus le rôle de l’éducation et de l’instruction de nos enfants, par les parents et par l’école, qu’interroge ce fait divers malheureux, et dont on ne saurait accepter encore éternellement qu’elles soient sacrifiées sur l’autel de la toute-puissante télévision à qui l’on abandonnerait la tâche de définir les repères et établir les normes. L’énergie consacrée à condamner Cyril Hanouna sous prétexte qu’il serait un mauvais exemple pour nos jeunes est un terrible aveu de faiblesse quant à notre capacité, par la seule force des valeurs de la République que nous sommes censés véhiculer sans cesse, à apporter de vraies réponses politiques, culturelles et sociales aux problématiques d’homophobie, mais aussi de xénophobie et de harcèlement en tout genre. Là où il ne devrait être que bouffon, un pur produit de divertissement, Hanouna est proclamé roi, susceptible de mobiliser même la ministre de la Culture autour de sa petite personne.
C’est aussi le syndrome d’une société malade

une éducation authentiquement émancipatrice. C’est d’autant plus nécessaire que se développent aujourd’hui de multiples « expériences pédagogiques » qui se disent « nouvelles » alors qu’elles relèvent souvent d’une mode discutable, du sectarisme ou de la marchandisation. Or, il serait suicidaire, pour la République, de laisser exploser l’éducation nationale en une multitude de « communautés scolaires autonomes» aux valeurs hétérogènes et aux pratiques claniques…

… Après les ravages de la Première Guerre mondiale, la « révolution copernicienne », portée par les pédagogues de l’éducation nouvelle dans l’espoir de préparer une société de justice et de paix, n’a été ni suffisamment comprise ni suffisamment traduite dans les actes. Ne refaisons pas la même erreur
Avec la fin de la primaire (5% de "harcèlement sévère" à 12% de harcèlement modéré à sévère, selon les chiffres de l'Observatoire international de la violence à l'école), le collège est le cœur de cible du harcèlement (de 7% à 10%), qui diminue ensuite fortement au lycée (de 1,30% à 3,40)…

L’expérience menée par Céline Alvarez durant trois ans dans une école primaire d’une banlieue populaire de Paris s’est faite sur la base d’un cocktail inédit de méthode Montessori et de neurosciences. L’enthousiasme suscité par son best-seller, Les Lois naturelles de l’enfant, tient au caractère spectaculaire des résultats affichés. Mais, à regarder de plus près ce projet soutenu alors par Jean-Michel Blanquer

Aujourd’hui l’école doit ouvrir ses portes, après les cours, à ceux que le Président de la République a appelé les ‘’orphelins de 16 heures’’ »
C’était un diagnostic non dénué de fondement. Mais on peut aussi aller plus loin en prenant conscience d’un paradoxe très fâcheux
L’expérience menée par Céline Alvarez durant trois ans dans une école primaire d’une banlieue populaire de Paris s’est faite sur la base d’un cocktail inédit de méthode Montessori et de neurosciences. L’enthousiasme suscité par son best-seller, Les Lois naturelles de l’enfant, tient au caractère spectaculaire des résultats affichés. Mais, à regarder de plus près ce projet soutenu alors par Jean-Michel Blanquer …

... A-t-il pensé que ce serait une formalité ? Une heure avant de poser ses cartons rue de Grenelle, le 17 mai 2012, Vincent Peillon semble prendre pour acquise cette réforme des rythmes scolaires dont il n’a pas encore en tête toutes les modalités : l’ancien prof de philo qui, durant la campagne, a su séduire les représentants du monde enseignant par sa maîtrise des dossiers, annonce sur France Inter le retour à « cinq jours de classe pour tous les enfants à la rentrée 2013 ». Premier couac ...
... On attend de son successeur, Benoît Hamon, qu’il apaise le terrain. C’était sans compter la polémique sur la « théorie du genre » qui bouscule l’école en 2014...
... Cinq années de défilés, de bruit médiatique, d’attaques ad personam ont fini par faire oublier l’ambition initiale de la gauche. Sur le papier, elle était colossale : « refonder l’école de la République et la République par l’école » ...
... Car il ne suffit pas de décréter les réformes, de multiplier décrets et circulaires, pour « refonder » l’école. ...

...Soutenue par la municipalité, promue par les médias locaux , l'école privée hors contrat Montessori de Voiron ouverte à la rentrée (38) a déjà perdu tous ses élèves, annonce Le Dauphiné. Les parents qui ont retiré leurs enfants dénoncent du personnel non formé, l'absence de surveillance et des problèmes d'hygiène Ils payaient 5400 € par an et par enfant. Pour se défendre, la directrice confirme que " aucune formation Montessori n’est reconnue en France. Aucun diplôme d’enseignant n’est demandé", mais "l’important, c’est la bienveillance" ...

… Dans le domaine de l’éducation comme ailleurs, nous attendons de ceux qui briguent nos suffrages sous la bannière de la gauche qu’ils aient le courage de transformer le réel au lieu de s’y soumettre, et de renouer avec un idéal scolaire porté depuis la Révolution française par Condorcet, Jules Ferry, Jean Zay, Langevin-Wallon. C'est pourquoi Sauver les Lettres interpelle les candidats à la présidentielle …

La guerre …
… Il demandait de revenir sur cet accord tacite, remontant à 1992, selon lequel 80 % des moyens financiers consacrés à l’éducation sont réservés à l’enseignement public, et les 20 % restant dévolus au privé sous contrat. Ce ratio du 80-20 «n’est inscrit dans aucune loi ou décret, c’est un usage», rappelait Pascal Balmand pour dire combien il est donc facile à modifier

Il faut dégonfler la baudruche et remettre les choses à leur juste proportion. Les écoles hors contrat ne scolarisent aujourd’hui qu’un petit nombre d’élèves : en primaire et secondaire, ils sont 60 000 tout au plus, sur les 12,5 millions d’élèves scolarisés en France. Ce qui ne représente que 0,5 % des effectifs

… Car la droite tente de défendre une position paradoxale, et pour le coup peu lisible : elle est à la fois la première à dénoncer les ouvertures d’écoles musulmanes et à souhaiter les encadrer au maximum au nom de la lutte contre le radicalisme, et la première à souhaiter plus de liberté (et de moyens) pour les écoles alternatives, notamment catholiques. Dans son programme, Marine Le Pen, elle, est plus claire : elle vise les écoles confessionnelles musulmanes, en souhaitant «contrôler plus strictement la compatibilité avec les valeurs de la République des enseignements dispensés dans le privé hors contrat.»…

Comme le disait déjà Henri Wallon (l'un des auteurs du Plan Langevin-Wallon de 1947) dans son célèbre discours de Besançon du 23 mars 1946 (mais cela n'a pas été clarifié depuis ) :
« Il y a [au moins] deux façons de concevoir l’enseignement démocratique.
Il y a d’abord une façon individualiste : c’est poser que tout enfant, quelle que soit son origine sociale, doit pouvoir, s’il en a les mérites, arriver aux plus hautes situations. C’est en fait une conception qui reste individualiste en ce sens que, si les situations les plus belles sont données aux plus méritants, il n’y a pas, à tout prendre, une élévation sensible du niveau culturel pour la masse du pays. Il y a, par conséquent, une sorte d’écrémage progressif, continu, des classes populaires, qui donnent leurs meilleurs sujets pour occuper les situations les plus élevées, les plus rémunératrices ou seulement les plus propres à rendre fiers ceux qui les occupent.
Et il y a une conception démocratique de l’enseignement qui envisage – elle - une élévation totale de la nation quelle que soit la situation occupée, ou plutôt quel que soit le travail et quelles que soient les fonctions qu’auront à accomplir tous les individus de la société ».
En définitive, selon le plan Langevin-Wallon, « l’enseignement doit offrir à tous d’égales possibilités de développement, ouvrir à tous l’accès à la culture, se démocratiser moins par une sélection qui éloigne du peuple les plus doués que par une élévation continue du niveau culturel de l’ensemble de la nation ». Rude tâche ! A venir ?
 

« Le programme de Marine Le Pen sur l’école s’inscrit dans la tradition de l’extrême droite maurrassienne, avec ses accents nationalistes, xénophobes, voire racistes, son idéalisation d’un passé mythifié, harmonieux, vers lequel on pourrait sans cesse revenir », analyse François Dubet. Le sociologue ne cache pas sa « stupéfaction » face à un programme qui lui semble «en dehors de toute réalité ». « Manifestement, souligne-t-il, ceux qui sont à l’origine de ce programme si tant est qu’on puisse parler de programme méconnaissent à la fois le fonctionnement de l’école et son histoire. Ils la rêvent… et cela peut devenir un cauchemar. »

Et puis, «il» est arrivé. Il a dit que les Mexicains étaient tous des violeurs, il a imité un journaliste handicapé en se secouant devant un micro et une foule rigolarde, il a assuré que les filles, il les attrapait par la chatte. Quel rafraîchissement. …
… Cette langue de brute refait désormais surface partout dans le monde. Rien n’est plus faux que ce proverbe : «On ne refait pas l’histoire.» On passe son temps à la refaire, au contraire, et à faire du faux neuf avec du vrai vieux...

Etranges Etrangers ...

une nomination semble être passée quasi inaperçue en Europe. Celle de la ministre de l’Education, Betsy DeVos, multimilliardaire, ex-présidente du Parti républicain dans le Michigan ... 
... Outre qu’elle n’est jamais allée à l’université après avoir décroché son B.A. à Calvin College, elle milite depuis des décennies pour l’école libre et le «Voucher Program», permettant aux parents de payer la scolarité de leur enfant dans l’école de leur choix. Il s’agit, autrement dit, de financer l’enseignement privé et religieux avec l’argent public. Betsy DeVos est aussi ex-membre du Conseil (1995-2005) et, encore à ce jour, soutien de l’Institut Acton, qui est favorable au travail des enfants, y compris dans les mines. Oui, vous avez bien lu

... En 2010, elle crée l’American Federation for Children, qu’elle dirige jusqu’en 2016 et à travers laquelle elle promeut les charter schools, ces écoles privées à financement public. La milliardaire défend également le système de vouchers, ces «chèques éducation» distribués aux parents pour qu’ils puissent scolariser leurs enfants dans une école privée tout comme l’enseignement à domicile. Encore candidat, Trump avait promis de réorienter 20 milliards de dollars en fonds fédéraux pour développer les écoles privées. Betsy DeVos a maintenant le champ libre. Mais ...

... Betsy DeVos a fondé en 2010 l'American Federation for Children. A travers ce mouvement, elle promeut la création de charter schools, ces écoles privées financées en partie par des fonds publics. Elles offrent aux élèves, selon ses promoteurs, un "choix" alternatif aux écoles publiques qui sont dans la ligne de mire des conservateurs en raison de l'influence des syndicats et de l'impossibilité de licencier les enseignants considérés comme mauvais.
"La plupart des charter schools ont des résultats inférieurs à la moyenne de l'Etat", expliquait le "New York Times" fin 2016. Une enquête menée par le "Detroit Free Press" en 2014 révélait que les charter schools du Michigan "ratissent l'argent des contribuables et refusent de détailler ce qu'ils en font".
Elle-même scolarisée dans des écoles privées et ayant placé ses enfants dans des écoles privées, Betsy DeVos mobilise aussi ses efforts pour mettre en place un système de vouchers, des "chèques éducation" distribués aux parents pour qu’ils puissent scolariser leurs enfants dans une école privée ou choisir l’enseignement à domicile...


… Au cours du premier week-end de février, cinq personnes ont été tuées par balles à Chicago, et une vingtaine gravement blessées. Entre le 1er janvier et le 20 février, on dénombre quelque 90 morts et près de 380 blessés. Si ce rythme se maintient, l’année 2017 risque d’être aussi meurtrière que 2016, qui, avec 784 morts et près de 4 000 blessés, fut la pire année depuis deux décennies
… Pour expliquer l’accroissement continu du nombre de meurtres ces dernières années, les habitants noirs de la ville évoquent tous les mêmes causes générales. Les grands ensembles de logements sociaux proches du centre-ville, qui abritaient une bonne partie de la communauté noire de Chicago, ont récemment été détruits pour laisser place à des bureaux et des habitations pour Blancs aisés. Les Noirs ont été refoulés dans les quartiers périphériques déjà misérables et surpeuplés, et l’arrivée de ces nouveaux venus a provoqué des tensions…
… Les insultes et les déclarations de guerre se propagent aussi sur Facebook et Instagram, avant de se régler dans une rue, un terrain vague, un immeuble abandonné… Sur YouTube, on trouve aussi des compilations à la mémoire, par exemple, des « Dix meilleurs rappeurs de Chicago tués en 2016…
Une ville tenue par les démocrates depuis des décennies, où Barack Obama avait lancé sa carrière politique, et dont le maire, Rahm Emanuel, secrétaire général de la Maison Blanche de 2008 à 2010, s’avérait incapable d’assurer la protection de ses habitants les plus vulnérables

… Il y a encore quelques années, le phénomène ne concernait que quelques milliers de personnes, appelées «survivalistes» qui, terrifiées à l'idée de voir l'apocalypse poindre, stockaient boîtes de conserve, pièces d'or, générateurs, et fusils de tout calibre dans leurs redoutes des Rocheuses ou du Midwest. 
Mais ce phénomène de paranoïa assez répandu - les États-Unis compteraient 10 millions de survivalistes - touche aussi les plus nantis, à commencer par les cerveaux et les financiers de la Silicon Valley



Le boom des entreprises tech dans la région et la pénurie de logements y ont entraîné une envolée des loyers, note le quotidien : selon cet indice, ils seraient maintenant les plus élevés du monde, devant New York et Hong Kong (Paris n'est «que» en 18e position). Les enseignants, les fonctionnaires, les pompiers et autres membres des classes moyennes (sans parler des pauvres) ont ainsi dû déménager …
… si l'immobilier est trop cher dans la région, les conséquences sont bien plus graves pour ceux qui ne travaillent pas dans la tech :
«Pour une personne âgée dont le service de soins est en bas de la rue, le déménagement peut être une condamnation à mort. Pour une famille d'immigrés avec deux enfants, quitter une ville sanctuaire [contre les contrôles policiers accrus par Trump contre les sans-papier] signifie que vous risquez l'expulsion.»

… «Maintenant, avec la victoire de Trump, il est devenu impossible de nier ou dissimuler le grand schisme [...] entre une élite qui s'empare des fruits de choix de la modernité tout en dédaignant les anciennes vérités, et des masses déracinées qui, se trouvant elles-mêmes privées des mêmes fruits, s'adonnent au suprémacisme culturel, au populisme et à la brutalité vindicative.»…
… «Il ne suffit plus de demander “Pourquoi nous haïssent-ils?” ou d'accuser les turpitudes politiques, les malversations financières ou les médias. La guerre civile mondiale est aussi un événement très intime: sa ligne Maginot traverse les cœurs et les âmes de chacun, conclut l'auteur dans les dernières pages de son ouvrage. Nous devons examiner notre propre rôle dans une culture qui ravive une vanité inexorable et un narcissisme creux. [...] Par-dessus tout, nous devons réfléchir de manière plus pénétrante à notre complicité dans des formes quotidiennes de violence et de dépossession et à notre endurcissement face au spectacle de la souffrance.»
En somme, rester voltairiens mais essayer davantage de comprendre Rousseau et de nous mettre à sa place, sous peine de voir nos démocraties finir au ruisseau.

Nous sommes devant un mur de législations américaines extrêmement touffues, avec une intention précise qui est d’utiliser le droit à des fins d’imperium économique et politique dans l’idée d’obtenir des avantages économiques et stratégiques.» Ce 5 octobre 2016, le député Les Républicains Pierre Lellouche ne mâche pas ses mots devant les commissions des affaires étrangères et des finances de l’Assemblée nationale, à Paris. Il y présente le rapport (1) de la mission d’information sur l’extraterritorialité du droit américain. Un rapport dont la lecture «fait froid dans le dos», selon les termes du député socialiste Christophe Premat.

(1) «Rapport d’information déposé par la commission des affaires étrangères et la commission des finances en conclusion des travaux d’une mission d’information constituée le 3 février 2016 sur l’extraterritorialité de la législation américaine», Assemblée nationale, Paris, 5 octobre 2016.

 … «Imaginez que la surface de la terre soit soudain devenue la propriété [...] de cinq gros bonnets du BTP, et que nous autres humains soyons obligés de payer un droit d’utilisation chaque fois que nous posons un pied au sol.»
Ce serait insupportable, c’est pourtant la condition de notre vie numérique. La question est donc : comment réagir ? Comment trouver une réponse équivalent à ce que fut la taxe foncière, dont l’invention vint contrecarrer l’accaparement des terres par une élite aristocratique et financière ? 
Morozov distingue deux stratégies…
… Au lieu que ce soit nous qui devions payer pour utiliser des services qui fonctionnent grâce aux données que nous avons fournies gratuitement, nous devrions faire payer les entreprises qui utilisent ces données qui sont notre bien commun …
… Il invite donc le camp progressiste à se saisir de cette question, dont il estime qu’elle est un boulevard pour la gauche, la droite n’ayant de rien de nouveau à proposer sur ces questions (du simple fait que l’on vit dans un régime de la donnée de droite)…
… Et il n’est pas faux de considérer aujourd’hui que toutes ces données que nous fournissons aux géants de l’économie numérique par le moindre de nos actes numériques (tout simplement, par exemple en nous déplaçant avec un téléphone géolocalisé), et qui nous sont revendues ensuite sous la forme de services divers, constitue une des spoliations du bien du peuple la plus spectaculaire de l’Histoire.

 … nous sommes, en Europe, très perméables au numérique «Made in USA». Le thème du livre, c’est la manière dont la Silicon Valley cherche à imposer à l’Europe, au moyen du digital, le droit américain. Que le droit évolue sous l’effet du numérique, on s’y attendait : même le vieux Code civil a intégré le contrat sous forme électronique. Mais le grand public a aujourd’hui accès à des services qui sont majoritairement le fait d’acteurs américains et, pour ces derniers, selon un slogan qu’on entend dans la Silicon Valley, c’est «One Network, One World» : il y a un réseau, un monde, et on ne se pose pas la question des valeurs et des droits qui y sont associés. Or, la technologie n’est pas neutre…
… quand il existe un rapport de forces, la Silicon Valley recule. Le problème n’est pas la Silicon Valley, c’est nous. C’est cette Union européenne qui adopte un règlement en matière de données personnelles qui paraît aller dans le sens de meilleures garanties pour les citoyens et qui passe avec le gouvernement américain un accord sur les transferts de données qui permet de s’affranchir de ce règlement. Où est la cohérence ? Nous avons face à nous des gens qui n’ont pas la cohérence des libertariens californiens mais qui utilisent cette idéologie de liberté comme cheval de Troie, pour nous faire baisser la garde

… Premièrement, les entreprises de réseaux sociaux doivent être tenues responsables quand elles facilitent la diffusion de la désinformation. Des hommes comme les PDG de Facebook et de Twitter, Mark Zuckerberg et Jack Dorsey, par leur cupidité et leur stupidité, ont tracé le chemin de l'autoritarisme vers le pouvoir aux États-Unis. En embrassant une définition paresseuse de «l'ouverture», ils ont cherché à récolter les profits numériques de la propagande d'extrême-droite tout en ignorant ses conséquences sociales désastreuses. Depuis, ils ont pris quelques maigres mesures pour rectifier leurs erreurs, mais pour l'instant du moins, c'est trop peu et trop tard

… Jeudi 10 novembre, la juge fédérale de l’Etat de l’Oregon Ann Aiken a jugé recevable la plainte de 21 enfants et adolescents âgés de 9 à 20 ans qui reprochent à Barack Obama – auquel succédera M. Trump –, et à son administration, de ne pas protéger leur environnement du dérèglement climatique.
Majoritairement résidents dans l’Oregon, les plaignants de l’affaire «Juliana [nom de la principale plaignante] contre les Etats-Unis», adossés à l’association environnementaliste Our Children’s Trust, ont déposé leur recours en août 2015…
… Ils s’estiment victimes de discrimination au profit des «intérêts économiques» d’un «autre groupe de ­citoyens», en l’occurrence l’industrie pétrolière…

ces dernières semaines, le risque s’est accru : une loi «ridicule», entrée en vigueur en août dans son Etat, autorise le port d’armes dans les bâtiments universitaires. Jusqu’à présent cantonnées aux parkings et aux allées, elles peuvent désormais être portées dans les salles de cours et les amphithéâtres par tout détenteur d’un permis âgé de 21 ans minimum…
«On ne pourra jamais toucher au deuxième amendement. Mais on peut faire en sorte que les armes soient considérées comme un problème de santé publique, au même titre que la cigarette. Sans interdire le port d’armes, il est possible de le limiter au maximum, mais cela prendra au moins une génération.» Dans les cercles conservateurs, l’heure est plutôt au durcissement de la loi. La plate-forme 2016 du Parti républicain du Texas propose de supprimer «tous les espaces où le port d’armes est interdit, pour permettre aux citoyens d’exercer pleinement leur droit de se défendre». Un droit, précisent-ils, «donné par Dieu».

… On ne sera pas surpris que Trump propose une solution "simple" pour faire face aux difficultés du système éducatif. La solution de D Trump c'est le chèque éducation
… elle propose de financer des programmes pour améliorer le climat scolaire dans les quartiers populaires. Sa campagne vise à la promotion des élèves des minorités. 
Mais comme responsable politique locale, H Clinton a soutenu aussi les charters schools, de nouvelles écoles privatisées..
 
 

  AMERICAN WAY OF LIFE
 

... La prochaine fois qu’on aura envie de rire à un débat républicain,
ou à une proposition de Trump,
regardons-nous d’abord dans un miroir.
... Internet, les réseaux sociaux et les médias, motivés par les revenus de la publicité plus que par le service public, ont créé le parfait désastre. Tout fait est devenu contestable, toute source d’information est devenue discutable et le spectacle a remplacé la politique rationnelle.
Chute libre de la réalité.
Trump en est le résultat.
Il est difficile de savoir quand nous toucherons le fond, mais ...

... Jusqu'ici, la France était épargnée par les tueries dans les écoles, alors que des dizaines ont eu lieu depuis vingt ans, notamment aux Etats-Unis, en Allemagne et en Finlande...
... Ces pathologies ne sont pas purement individuelles, mais constituent les formes extrêmes de comportements -considérés comme "normaux" par la société contemporaine. Dans celle-ci, chacun doit subordonner sa personnalité réelle, ses inclinations et ses goûts aux exigences de la valorisation marchande, du travail, de l'argent, de la réussite. La vie est soumise à la rationalisation totale, le moindre acte devant servir à quelque chose et être productif. Tout se plie aux exigences d'efficience et de gain de temps, de performance : chercher des partenaires sexuels par application -mobile et "gérer son capital-santé", suivre des cours de méditation pour mieux affronter le travail et se bourrer d'amphétamines pour réussir un concours d'entrée à une grande école...

Puisque les temps sont à ériger des murs qui rassurent, c’en est bien un qu’on bâtit là, avec cette distance physique et intellectuelle. Jamais cela n’arriverait chez nous, bien sûr. Nous n’avons rien à craindre sur notre bon vieux continent, vacciné par l’histoire et la civilisation. Ainsi s’invente-t-on des milliers de kilomètres prophylactiques. On se répète : «C’est loin l’Amérique…» Quelle myopie !...
… On écoutait les évangéliques de la Bible Belt (la ceinture de la Bible), corset de religion qui enserre le sud des Etats-Unis. Ces culs-bénits racontaient leur réprobation  de moeurs qu’ils jugeaient dissolues, mais aussi leur recherche d’une morale de vie. On repensait alors à La Manif pour tous… 
… On écoutait, mille fois ressassés, ces propos sur l’Amérique qui fout le camp. On repensait à ces deux amis, rencontrés lors d’un raout de voitures de collection dans le centre de la France, qui avaient décidé de rester scotchés, du mange-disque à la radio flashy, dans les années soixante, celles de leurs 20 ans

C’est une tendance inédite pour un pays développé. Selon une enquête publiée le 26 janvier par la revue scientifique The Lancet, le taux de mortalité des jeunes Américains âgés de 25 à 35 ans a connu une progression entre 1999 et 2014, alors que ce taux n’a cessé de baisser dans l’ensemble des pays les plus riches depuis quarante ans…
… «Une augmentation de la mortalité de 2 % à 5 % par an est rarement observée dans les pays développés. L’ampleur d’une telle hausse est comparable à celle de deux cas d’urgence sanitaire observés dans le passé : la progression substantielle de la mortalité en Russie au cours des années 1990 et la hausse de la mortalité des individus âgés de 20 à 40 ans au sommet de l’épidémie de Sida du milieu des années 1980 au milieu des années 1990 aux Etats-Unis»…

... si vous cherchez des mères de famille blanches, au chômage, vivant en zone rurale, peu socialisées et favorables aux Républicains, et bien on vous sort des noms, des mails et des numéros de téléphone...
... (les hommes politiques ont toujours parlé différemment à une assemblée du Medef et devant des syndicalistes enseignants, par exemple), mais ces communautés étaient identifiées. Là, s’impose une logique d’individualisation extrême construite sur des comportements et non plus des appartenances revendiquées. Ce qui est très différent...
... on pensait avec Orwell que l’autoritarisme de demain reposerait sur l’usage des technologies pour matraquer en continu un message à une masse d’individus presque indistincts. Eh bien, c’est peut-être une combinaison plus subtile qui se met en place ...

Ooooh sooo british ! (British way of life)

 ... Ce rapport met en garde contre le plus important creusement des inégalités depuis les années Thatcher.
Le think tank ne blâme pas le Brexit pour cette tendance, même s’il joue un rôle. Si la croissance reste forte et le chômage bas, la chute de la livre, qui a entraîné une hausse de l’inflation, l’absence ou la très faible croissance du niveau des salaires, les coupes dans les services sociauxet la flambée des matières premières affectent lourdement les ménages défavorisés...
Chaque année, les services sociaux britanniques retirent des milliers d’enfants à leurs parents. Ces derniers ne sont pourtant accusés d’aucune maltraitance ni d’aucun abus psychologique. Ils sont simplement soupçonnés d’être «potentiellement» dangereux pour leur nouveau-né. L’idée d’un danger potentiel futur peut sembler directement inspirée d’un film de science-fiction, façon Minority Report. Elle est pourtant bien réelle, dans un système qui veut tellement se rapprocher du risque zéro de maltraitance à l’enfance qu’il en est devenu pervers et inhumain…
Présomption de maltraitance : Au Royaume-Uni, des milliers d’enfants sont retirés à leurs parents jugés «à risque potentiel».

Discrètement mais brutalement, le Royaume-Uni a fermé la porte, vendredi 9 décembre, aux mineurs isolés de l’ancienne «jungle» de Calais (Pas-de-Calais) qui espéraient être admis sur le territoire britannique, rejetant ainsi, de fait, la responsabilité de leur sort incertain sur les autorités françaises…
… Les jeunes migrants entreront en tout cas dans le système français, car les départements prendront le relais. Une fois leur minorité et leur isolement familial vérifiés, l’aide sociale à l’enfance devra les prendre en charge et trouver une place à chacun. Dans un système déjà saturé.

… En attendant, les 1500 se retrouvent sous une sorte de triple statut, réfugiés, mineurs isolés, et marqués désormais d’une sorte d’indignité supplémentaire, à l’époque de l’année où les enfants, et les braves gens, voudraient que toutes les histoires tristes se terminent bien. Sûr que les animateurs vont tout faire pour alléger les journées et les soirées à venir des centres d’accueil. Mais il y faudra peut-être plus que le pouvoir du Père Noël sur le mois de décembre.

France Stratégie prétend pouvoir asséner comme une vérité incontournable une relation de cause à effet entre l’accroissement de l’autonomie et la hausse des résultats. Cela mériterait d’être grandement relativisé : l’autonomisation de l’école suédoise a produit les effets inverses et c’est l’OCDE qui lui recommande, en mai 2005, une stratégie de réforme conduite par l’État. Quant à l’autonomie de l’école anglaise, ce qu’elle a d’abord produit c’est la privatisation de l’école et les travaux de Stephen Gorard sont loin de montrer qu’elle a permis une plus grande égalité ! On pourrait multiplier les exemples qui mettent en doute la relation causale : plus d’autonomie/meilleures performances…

... La compassion est une denrée de plus en plus rare au Royaume-Uni post-Brexit...
... Le Premier ministre, David Cameron, avait approuvé le texte et laissé entendre que sur les 90 000 mineurs dispersés en Europe (selon Eurostat), 3 000 pourraient être accueillis. Ils ne seront finalement que 350. La ministre britannique de l’Intérieur, Amber Rudd, a confirmé l’arrêt du programme d’ici fin mars. Le Brexit est passé par là. Tout comme les tabloïds qui, depuis des mois, assimilent migrants et réfugiés...

... Sur les écoles privées sans contrat : le contre-exemple britannique s'est révélé contreproductif. Les Academies, projet phare de Blair en matière d'éducation, sont en train de sombrer corps et biens. Il s'agissait de financer des initiatives locales et a priori non commerciales (projets d'associations de parents par exemple) sur fonds publics à égalité avec l'école publique. Ces écoles privées étaient supposées constituer une concurrence stimulante pour le public sans "vendre" l'ecole au marché. Résultats paradoxaux : le marché s'est engouffré dans la brèche, sans surprise, mais une grande partie des écoles crées et financées par l'Etat sont condamnées à brève échéance : enseignants sans qualification recrutés au rabais ; locaux minables ; enseignement misétable… et finalement, désertion par les familles.

... Pendant trois heures, les députés ont multiplié les questions et les exemples de messages haineux laissés en ligne – apologie du terrorisme, incitation à la haine raciale, harcèlement –, malgré de multiples signalements.
Tentant avec peine de brandir leurs «règlements de la communauté» et autres «problèmes d’échelle», Facebook, Twitter et YouTube ne sont pas sortis indemnes de cette séance, durant laquelle les plus remontés des élus britanniques les ont traités de «prostitués»  qui «gagnent leur salaire grâce aux colporteurs de haine». Le constat est sévère ...

    British way of life 

... Jusqu'ici, la France était épargnée par les tueries dans les écoles, alors que des dizaines ont eu lieu depuis vingt ans, notamment aux Etats-Unis, en Allemagne et en Finlande...
... Ces pathologies ne sont pas purement individuelles, mais constituent les formes extrêmes de comportements -considérés comme "normaux" par la société contemporaine. Dans celle-ci, chacun doit subordonner sa personnalité réelle, ses inclinations et ses goûts aux exigences de la valorisation marchande, du travail, de l'argent, de la réussite. La vie est soumise à la rationalisation totale, le moindre acte devant servir à quelque chose et être productif. Tout se plie aux exigences d'efficience et de gain de temps, de performance : chercher des partenaires sexuels par application -mobile et "gérer son capital-santé", suivre des cours de méditation pour mieux affronter le travail et se bourrer d'amphétamines pour réussir un concours d'entrée à une grande école...

... Votre film se déroule cette fois chez vous, en Finlande. Quelle y est la situation ?
La même que partout ailleurs en Europe. Il fut une époque où la Finlande renvoyait 4 % des réfugiés qui trouvaient asile dans le pays. Ce taux est passé aujourd’hui à 80 %. J’ai profondément honte de cette situation. Je suis en colère non pas tant contre les Finlandais, qui ne sont pas tous hostiles à l’accueil des étrangers, mais contre l’Etat qui mène cette politique délibérée et flatte le populisme. J’ai toujours été fier de ma patrie, mais je ne suis soudain plus très sûr de ce sentiment. En cela, rien ne distingue, comme vous le voyez, la Finlande de votre pays, la France...
... Et puis les Finlandais sont très suivistes, très soumis, ils se conforment à l’autorité. C’est pour cela que l’Etat doit donner le bon exemple, et non encourager l’intolérance et la lâcheté...


Certains pays sont allés loin dans le sens de l'autonomie des établissements. Celui qui est allé le plus loin c'est la Suède. Dans les années 1990, le pays est passé en quelques années d'un système éducatif étatique et centralisé à une décentralisation totale. Les enseignants sont devenus des employés communaux. Les établissements sont gérés par des chefs d'établissement qui ont une totale liberté de gestion sous tutelle de la municipalité et une large autonomie pédagogique. Les parents peuvent inscrire leur enfant dans l'école de leur choix à l'intérieur de la commune. Ils disposent d'un chèque éducation. C'est son apport qui alimente le budget de chaque école.
Vingt ans plus tard, l'OCDE a pointé l'échec de cette réforme. 
Elle constate le faible niveau de compétences des élèves suédois et la baisse régulière de leurs performances. Elle provient de l'absence de discipline dans les établissements et aussi de l'émiettement du système de formation des enseignants dont l'embauche est maintenant municipale. L'Ocde pointe aussi le faible niveau du statut social des enseignants. Cerise sur le gateau : les communes ont du mal à trouver des chefs d'établissement sur qui pèsent trop de responsabilités.

C'est un champion de la réforme éducative qui est ciblé par l'étude de l'Ocde. Dans les années 1990, la Suède a pris la tête des pays réformistes dans l'optique du New Management. Le pays est passé en quelques années d'un système éducatif étatique et centralisé à une décentralisation totale. Les enseignants sont devenus des employés communaux. Les établissements sont gérés par des chefs d'établissement qui ont une totale liberté de gestion sous tutelle de la municipalité et une large autonomie pédagogique. L'Etat attribue aux communes une enveloppe globale pour ses services en échange de services. Les parents peuvent inscrire leur enfant dans l'école de leur choix à l'intérieur de la commune. Ils disposent d'un chèque éducation. C'est son apport qui alimente le budget de chaque école. On a donc la plus large décentralisation parmi les pays de l'Ocde et elle a été effectuée en un temps record.

Le triste bilan de la réforme

... Votre film se déroule cette fois chez vous, en Finlande. Quelle y est la situation ?
La même que partout ailleurs en Europe. Il fut une époque où la Finlande renvoyait 4 % des réfugiés qui trouvaient asile dans le pays. Ce taux est passé aujourd’hui à 80 %. J’ai profondément honte de cette situation. Je suis en colère non pas tant contre les Finlandais, qui ne sont pas tous hostiles à l’accueil des étrangers, mais contre l’Etat qui mène cette politique délibérée et flatte le populisme. J’ai toujours été fier de ma patrie, mais je ne suis soudain plus très sûr de ce sentiment. En cela, rien ne distingue, comme vous le voyez, la Finlande de votre pays, la France...
... Et puis les Finlandais sont très suivistes, très soumis, ils se conforment à l’autorité. C’est pour cela que l’Etat doit donner le bon exemple, et non encourager l’intolérance et la lâcheté...

 
Il y a une différence énorme entre ceux qui bénéficient d’un environnement familial favorable, qui leur permet de trier, de compléter, d’approfondir ce qu’ils voient à l’école, et ceux qui, à côté, n’ont rien.
Vous parlez d’un taylorisme scolaire : les lycées de l’élite, et les autres, avec une répartition bien définie des tâches à la sortie…
Ce taylorisme scolaire, je l’ai expérimenté d’assez près en passant d’une scolarité au lycée Henri IV à mon métier de professeur dans un lycée de grande banlieue…
… Il y a ceux auxquels la famille montre la marche à suivre, ceux qui n’ont aucune difficulté à décoder le système, et les autres, ceux qui choisissent leur orientation tout seuls, au milieu des schémas et des arborescences d’un CIO, le centre d’information et d’orientation.
Et malheur à ceux qui veulent aller au-delà de l’objectif professionnel qui leur est assigné. Ceux-là, ceux qui se risquent à vouloir devenir médecins ou avocats par exemple, alors qu’ils ne sont pas dans un lycée prévu pour, vont payer un lourd tribut…

Une chose est certaine : rares sont les professeurs qui se déterminent en fonction du programme du candidat pour l'école. Diviser par deux les effectifs dans les classes de CP et de CE1 des écoles défavorisées ? Cette mesure phare d'Emmanuel Macron est unanimement saluée (Hamon et Mélenchon proposent eux aussi des baisses d'effectifs).
L'autonomie des établissement ? Macron en parle de façon assez floue…
… La question de l'autonomie renvoie d'ailleurs à une question fondamentale : quelle est la mission de l'école ? Une question peu abordée par les prétendants à l'Elysée.
"Le problème, c'est que le débat entre les candidats à la présidentielle s'est organisé sur le terrain quantitatif"…

In fine peut-être que les uns ou les autres ne devraient pas oublier que les variations (de faibles ampleurs) des ''parts du marché'' entre public et privé masquent un phénomène massif, le plus important : le « zapping ». Cela fait de nombreuses années que la moitié seulement des familles utilisent le secteur public pour tous leurs enfants. Et il n'y a que 5% des familles qui n'utilisent que le privé pour tous leurs enfants. Presque la moitié des familles ''zappent'' donc entre les deux. Il y a chaque année une ''transhumance d'environ 150000 élèves du public vers le privé, et du privé vers le public. Malheur (politique) à celui qui apparaîtrait comme se mettant en travers de cette ''transhumance'' d'une façon ou d'une autre (en particulier en apparaissant comme favorisant ''outrageusement'' l'un des deux secteurs : ''public'' ou ''privé'') !

Et c’est bien l'absence de clarté des attendus scolaires qui explique une vraie «spécialité» française: la reproduction sociologique de la réussite scolaire et, même, la grande réussite des enfants… d’enseignants! Les anciens mauvais élèves appuient donc là où ça fait mal, ils n’ont pas trouvé à l’école de bonnes raison d’apprendre et de comprendre que c'était non seulement à leur portée mais intéressant pour eux. L’histoire d’un rendez-vous manqué en somme.
Enfin peut-être pas totalement raté pour les protagonistes du documentaire. Car le sentiment d’avoir mal appris, d’être passé à côté du savoir débouche sur une réflexion profonde sur la pédagogie, l’art d’enseigner chez les anciens cancres ce qui a surpris les réalisateurs:
«Ils s’emparaient du sujet pour refaire l’école à leur sauce, telle qu’ils l’auraient rêvée. À travers leur histoire personnelle, ils dessinaient les contours d’une école idéale où ils auraient pu trouver leur place. Leurs revendications sont simples et peu coûteuses pour la plupart. Vous le verrez en regardant le film…»…

… Nous n’avons pas encore de données sur les élèves entrés au cours des dernières années dans le système scolaire. En 2017, on ne connaît en détail que le sort des générations ayant passé le bac au début des années 2000! …
Ce désir égalitaire se heurte à l’illusion du mérite et ce sont souvent les opposants les plus ardents à toute conception néo-libérale de l’économie qui défendent avec la plus grande ferveur une compétition scolaire «pure et parfaite» pour parler comme les économistes, et soit disant «juste».
Cette hypocrisie française ne concerne pas seulement l’école. Sur le logement, la jeunesse, la fiscalité, la culture, et bien d’autres domaines, le grand écart entre les discours des groupes favorisés et leurs actes est un sport national: «faites ce que je dis, pas ce que je fais». ..
Tant que les gagnants de ce système ne se sentiront pas vraiment menacés, rien n’évoluera

À force de tout confondre, on arrive à ces discours selon lesquels en fait, les pauvres sont riches, ils ont des téléphones portables et des écrans plats et donc tout va bien dans la société française.
Tout en restant un des pays où le taux de pauvreté est parmi les plus faibles au monde avec les pays du nord de l’Europe, la France a vu le nombre de pauvres augmenter d’un million en dix ans –au seuil de 50% du niveau de vie médian donc. Sans avoir connu une explosion des inégalités comparable à celle des pays anglo-saxons …
Vous êtes quoi? «Moyen»?Tout une partie des catégories aisées, qui peuvent se réclamer de la gauche, se déguisent en «classes moyennes», parfois «supérieures». Si tout le monde est moyen alors tout va bien, et il n’y a plus de domination sociale!...
… Là, il ne s’agit plus de stagnation, mais bien de marche arrière. Jusqu’à présent, le modèle social a amorti en partie le choc, ce qui explique qu’on ne vive pas une situation à l’américaine avec un effondrement du niveau de vie. Mais avec le chômage, les indemnisations qui arrivent à leur terme, les jeunes qui arrivent à l’âge adulte et deviennent autonomes avec des niveaux de vie de plus en plus faibles et les familles qui en se séparant peuvent devenir deux foyers pauvres, le phénomène est inquiétant…
… S’apitoyer sur le déclassement des diplômés de l’enseignement supérieur est aussi une façon de ne pas parler de la vie des jeunes de milieux populaires, de les rendre invisibles…
… C’est pour cela qu’aucun candidat à l’élection présidentielle n’a de projet de refonte sérieuse de notre système scolaire mais ne propose que des replâtrages.
Il existe une forme de consensus des conservateurs de tous bords pour ne rien toucher au fond, pour ne pas transformer le système, se contenter d’empiler quelques dispositifs comme le nombre d’élèves par classe, de donner un peu plus dans quelques quartiers, mais ne pas toucher …

la candidate du Front national largement en tête des intentions de vote chez les 18-34 ans, avec entre 10 et 15 points d’avance sur Emmanuel Macron…
… Ce manque de mobilité résidentielle fracture profondément la jeunesse et se calque sur la division entre « gagnants » et « perdants » de la mondialisation. La jeunesse « mobile » est celle qui a reçu les armes pour profiter d’un monde mondialisé. Elle connaît parfois mieux les capitales européennes, Shanghaï et Hongkong que les petites villes françaises. Elle peine à comprendre que l’on puisse ressentir un trouble existentiel face aux incertitudes que représentent l’ouverture à la concurrence, la révolution numérique et les nouvelles formes d’emploi…
… les files d’attentes pour obtenir un logement social dans un bassin d’emploi sont telles que ceux qui ne sont pas sur place, à savoir les jeunes venant des zones périphériques, sont désavantagés. Pire, le taux de renouvellement du parc locatif social est deux fois moindre que celui du parc privé, ce qui est un véritable obstacle à l’émancipation de la jeunesse

… Dans les quartiers, à Marseille, les habitants ont le sentiment à raison d’être à l’écart, ils me le disent tous les jours. Ils ne savent pas s’ils vont se rendre au bureau de vote car personne ne s’intéresse à leur vie, à leurs difficultés et à la vie de leurs enfants. Vous trouvez normal, vous, qu’un jeune ne quitte pas son quartier de toute l’année, que les gens ne partent plus en vacances et que personne ne se demande pourquoi ?...

... «Nous opposer le pire pour que l’on se déplace aux urnes ne marche plus. Le FN a déjà gagné. Leurs idées sont déjà là
En 2012, l’association avait monté des ateliers consacrés au vote pour les jeunes, mettant en avant l’engagement de François Hollande en faveur de la mise en place d’un récépissé. «Cette année, nous ne faisons rien, poursuit Youssouf. On ne saurait pas quoi dire

... Du côté du Front national, pour justifier l’uniforme, le «monsieur éducation» du parti, Alain Avello, explique qu’il «réglera le sempiternel problème des signes ostentatoires» et redonnera à l’école «sa fonction assimilatrice pour les enfants d’origine étrangère». Au FN, on imagine plutôt «un blazer», «une façon d’apprendre aux garçons à porter le costume et le tailleur pour les filles».
A droite, l’autre argument est que l’uniforme permettrait de renouer avec le «roman national». Sauf qu’il n’a jamais vraiment existé. «On est là dans quelque chose de mythique. Il n’y a jamais eu d’uniforme et d’uniformité en France»...
... A gauche, les rares adeptes de l’uniforme mettent en avant l’effacement des différences sociales. De Jean-Pierre Chevènement à la sénatrice PS Samia Ghali, pour qui «tout le monde pareil, en plus c’est plus joli». «Les inégalités ressortiront ailleurs. Sur le matériel scolaire, le téléphone», alerte Jean-Rémi Girard. «L’objectif des ados, c’est de se différencier. Alors il y aura des blouses Chanel et des blouses griffées Tati ?» reprend Christian Chevalier. Pour qui l’uniforme «est un cache-misère» qui «détourne de la vraie question : quel système plus juste doit-on mettre en place ?»

... Dans tel établissement catholique, on découvre dans un livre de SVT de 3e « les pages sur la contraception collées entre elles ». Dans un manuel, que « Pétain a sauvé la France », que « des ingrats [les résistants] ont fui en Angleterre ».  Dans telle école musulmane, les frises chronologiques affichées aux murs débutent « aux guerres de religion sans mention de la préhistoire ou de l’Antiquité ».
Des établissements confessionnels se revendiquent, souvent, de Maria Montessori. Or, si le matériel et les supports sont bien dans la lignée de ceux développés par la médecin italienne, relève la note, « les dimensions pédagogiques sont détournées de leurs enjeux et amputées de ce qui les fonde théoriquement.  ...
... Si la gauche n’a pas réussi, sous ce quinquennat, à modifier le régime d’ouverture de ce secteur, elle assure avoir déjà renforcé les modalités et le rythme des inspections : un « guide » a été distribué aux académies en février. Une première.

Montessori , fer de lance de la marchandisation selon P Devin
... "Ceux qui seraient tentés de défendre les pédagogies alternatives au nom de la liberté pédagogique devraient se méfier. Laurent Bigorgne a une conception particulière de la liberté pédagogique car il estime que seules les méthodes éprouvées scientifiquement sont légitimes", écrit P Devin. "C’est là que les choses deviennent plus inquiétantes...

... François Hollande avait fait de la jeunesse le cœur de cible de sa campagne. Cinq ans plus tard, les deux tiers des jeunes (66%) considèrent que la situation du pays s’est «dégradée» depuis l’arrivée au pouvoir de François Hollande (69% de l’ensemble des Français)(Enquête ENEF du CEVIPOF, vague 12)...
... Parmi les primo-votants, certains d’aller voter, et formulant un choix, un quatuor de candidats arrive en tête: Marine Le Pen obtiendrait 29% des voix, Emmanuel Macron 27%, tandis que Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon en récolteraient chacun 15%. À la différence de leurs aînés, les primo-votants écartent d’entrée de jeu la candidature de François Fillon (8%).
Les choix de vote recoupent des fractures sociales et culturelles au sein de la jeunesse. Le vote frontiste enregistre des écarts importants entre la jeunesse étudiante (24%) et la jeunesse au travail (44%)...

… Les enseignants tentent d'orienter les pratiques des parents des milieux populaires. La valorisation de l'autonomie change aussi leur rapport avec ces parents. Ils conseillent par exemple d'acheter des livres et d'en parler avec leur enfant ou de discuter de ce qui a été vu à la télévision.
En fait ils demandent de faire l'école à la maison. Ils reportent une partie du travail à la maison. Or les familles n'ont pas forcément le capital culturel, le temps, l'argent pour faire cela comme les classes plus favorisées le font. Ce genre de discours crée des malentendus entre eux et les parents de milieu populaire.
Au final, l'autonomie creuse les inégalités à l'école ?
Si on ne pose pas la question des conditions nécessaires à ces apprentissages, j'en ai peur.

En réalité, l'expérimentation devient ici un marché comme un autre, se souciant si peu de démocratisation et d'intérêt général que la grande majorité des projets "innovants" portés par ce réseau sont des écoles privées sous contrat voire hors contrat.
C'est le cas de l'école Lab School de Paris qui doit ouvrir à la rentrée 2017.
Là encore, tout est fait pour emporter l'adhésion.
Il s'agirait d'"une école innovante, bilingue, solidaire, laïque et éco-responsable", accompagnant "les enfants aussi bien dans l’acquisition des connaissances que dans la globalité des apprentissages", pour leur permettre, bien entendu, "de devenir des citoyens responsables, éclairés, autonomes, solidaires et épanouis"  (n'en jetez plus !).
Les promoteurs de ce Thélème innovant multiplient les références aux grands noms de l'histoire de la pédagogie : Montessori, Freinet, Dewey, etc. Et pourtant, à y regarder de plus près, il s'agit d'ouvrir un énième établissement privé hors-contrat, une école de l'entre-soi dans un quartier de Paris peu connu pour sa mixité sociale, le 2e arrondissement.
Belle innovation en vérité !...
… Parce que nous refusons la division simpliste du monde éducatif entre "innovants" et non-innovants, parce que nous ne concevons l'éducation que comme un bien commun et un service public, nous aimerions pouvoir enseigner sereinement

... Pour bien fonctionner, une équipe pédagogique devrait être composée de gens qui ont un projet commun et qui souhaitent travailler ensemble.
Impossible ? Pas tout à fait. Les chefs d’établissements peuvent "profiler" les postes des professeurs dont ils ont besoin, c'est-à-dire définir le contenu du poste et recevoir des candidatures. Cette pratique a été autorisée par le Conseil d’Etat pour les établissements Eclair (ancien nom des établissements REP+, les établissements les plus difficiles), et partant, pour tous les autres établissements....

... Le malaise est si «profond» que 23 % des enseignants se disent prêts à changer de métier pour aller travailler dans le secteur privé. Laurent Escure évoque «les difficultés d'accompagnement des différentes réformes, un besoin de formation et une coupure trop nette entre des décisions et une installation sur le terrain qui peine à se concrétiser»...
... Et s'ils réclament plus d'autonomie, pour être «plus efficaces et améliorer la réussite des jeunes», ils ne souhaitent pas pour autant que le recrutement des professeurs et du personnel soit géré par les chefs d'établissement.
L'enseignement privé préoccupe également les sondés...

la-fessée-le-feuilleton
 … Il faut cependant rappeler que, en 2014, le gouvernement a refusé deux occasions d’inscrire l’interdiction des violences éducatives dans des lois qui étaient tout à fait en rapport avec la question et n’auraient probablement pas été censurées : l’amendement proposé sur la loi sur l’autorité parentale et l’intérêt de l’enfant (19 mai 2014), et la loi de la protection de l’enfance, à l’automne 2014.
Et ce, alors que la France avait été rappelée à l’ordre plusieurs fois par le Comité des droits de l’enfant de l’ONU …



allo-maman-bobo
 … Plus de huit adolescents sur dix étaient équipés en smartphone, selon une étude du Credoc de 2015, contre 20 % en 2011.
Et la tendance gagne l’école primaire, où les élèves commencent à en être dotés parfois dès le CM1…
… La question de la dangerosité des ondes avait motivé leur prohibition en 2009 par le Sénat, de l’école maternelle au collège.
Le rôle des écrans dans le manque de sommeil des élèves soucie aussi les professeurs comme les professionnels de santé.
Sommeil, concentration, l’impact des abus d’écran sur les enfants est, en effet, préoccupant…
… Pour les chercheurs, les établissements, dont les téléphones étaient bannis purement et simplement, obtenaient de meilleurs résultats que ceux où ils étaient encore autorisés.
Et même que cette interdiction avait un effet encore plus positif sur les élèves les plus en difficulté…

… Aux États-Unis, plus des trois-quarts des adultes possèdent un smartphone –la France n'est pas très loin, avec environ 65% d'utilisateurs– et passent, en moyenne, à peu près deux heures par jour à le consulter. En réalité, nous toucherions notre appareil entre 200 et 300 fois par jour –soit, pour beaucoup, des contacts bien plus fréquents que ceux que nous avons avec les individus partageant notre vie…
… Avec plus d'un milliard de smartphones dans le monde, notre vie est désormais remplie de micros, de caméras et d'appareils photo connectés

… Les informations circulant sur Facebook ne sont pas considérées comme vraiment fiables: seuls 18% de l’ensemble des enquêtés le pensent. Et même dans le noyau dur des informés par Facebook, l’indice de confiance en la fiabilité des infos reçues plafonne à 27%. Une majorité, dans chaque catégorie reconnaît que le pire côtoie le meilleur et que sans pouvoir faire de tri, ils reçoivent un cocktail mixte d’infos fiables et peu fiables.
Cela va de pair avec un autre constat, la mixité des contenus envisagée sous l’angle du sérieux. Une infime minorité accepte de qualifier ces infos de sérieuses (6,5% de tous les enquêtés). Même chez les plus chauds partisans de ces réseaux pour s’informer, ce chiffre atteint péniblement 10%. Et si tout le monde s’accorde pour qualifier là aussi ces infos de mixtes (sérieuses et divertissantes), le pourcentage de ceux qui ne les jugent globalement que divertissantes est assez conséquent, oscillant de 15 à 36%...

... La deuxième problématique, c’est celle du partenariat de surveillance public/privé. Google va collecter des données, et la NSA, dont on sait depuis 2013 et les révélations de Snowden qu’elle y a accès, va juste se dire : super, voyons voir ce qu’il y a là-dedans !...
... C'est un peu comme si La Poste avait d’un coup le pouvoir d’ouvrir toutes les enveloppes qu’elle voyait passer, et de toutes les lire. ..

l’appétit des nouvelles technologies, des tablettes et autres smartphones, pour de nombreux métaux «stratégiques», aujourd’hui essentiellement importés de Chine, mais aussi du Brésil ou d’Afrique du Sud.
En Bretagne, où l’on dénombre des dizaines de matières premières intéressant l’industrie (tantale, antimoine, cuivre, zinc, tungstène, germanium, or, lithium…), reviennent les mêmes motifs d’inquiétude. Les menaces sur les ressources en eau, donc, dont dépendent directement l’agriculture et l’industrie agroalimentaire, mais aussi sur l’image d’une terre de bocage, de zones boisées et de tourisme vert.
«On n’a pas besoin d’avoir une mine qui va faire fuir les gens !»



80%, c’est bien donc le chiffre qui permet de dire que la France a démocratisé l’accès au baccalauréat. Mais le bac professionnel est obtenu majoritairement par des enfants de familles populaires tandis que les enfants de cadres décrochent, eux, majoritairement un bac général. C’est un trompe l’œil de la démocratisation scolaire…
… Mais surtout, les bases d’un discours délétère sur l’école sont posées: vouloir transformer l’enseignement dans sa forme, c’est forcément être un ennemi du savoir. Et chaque baisse de niveau serait, depuis, à mettre sur le compte de la pédagogie.
C’est à cette époque que les termes ayant pour racine «pédagogie» (soit l’art d’enseigner tout de même) ont commencé à devenir des insultes pour certains…
… «Aujourd’hui comme en 1984, les gens qui crachent sur l’école ignorent sa réalité. On doit s’inquiéter de l’appauvrissement du débat depuis 1984. Je le vois encore aujourd'hui, en regardant les programmes des candidats à la présidentielle, à droite mais aussi à gauche.»
En 2017, l’école publique semble encore manquer de défenseurs dans les débats médiatiques. Et surtout de défenseurs qui connaissent le terrain, travaillent réellement sur la question et fréquentent un minimum des enseignants et des élèves dans leurs diversités…

… En novembre 2016, l’Observatoire des inégalités montrait pourtant encore que seulement 5,2 % des étudiants de doctorat avait des parents ouvriers, cette dernière catégorie ne comptant que 2,7 % des élèves des prestigieuses Ecoles normales supérieures.
60 ans d’interdiction des devoirs à la maison
Les inégalités demeurent donc, et seraient particulièrement renforcées lors des temps de travail extra-scolaire. En 2006, l’Inspection académique du Nord publiait un document au titre choc: «Devoirs à la maison: 50 ans de travail au noir». Il s’agissait pour ces professionnels de l’éducation de marquer le triste anniversaire de la non application de la circulaire du 29 décembre 1956 interdisant formellement les devoirs écrits à l’école primaire…
… Spécialiste de la façon dont les parents-enseignants accompagnent les devoirs de leurs propres enfants, Patrick Rayou décrit l’étendue des compétences que ceux-ci mettent en œuvre dans cette activité:
«Le travail proposé par ces parents-enseignants s’inscrit dans la durée, il est à dose homéopathique, il convoque tous les registres. Ils renforcent leurs enfants cognitivement, ils font de l’ouverture culturelle, ils les renforcent identitairement en leur apprenant la patience, le fait qu’on n’a pas toujours les résultats qu’on espère immédiatement, le fait qu’on apprend de ses erreurs. Tout ça est très loin des modalités d’aide au travail de la plupart des familles des milieux populaires qui ne peuvent être que dans le contrôle.»
Les mêmes ressorts sont utilisés dans les familles aisées qui ne sont pas enseignantes …

mystère: comment expliquer que des jeunes moins allergiques à l’éventualité du vote FN que leurs aînés au même âge aient des opinions beaucoup plus libérales que ces mêmes ascendants? Spécialiste des effets politiques du renouvellement générationnel, Vincent Tiberj décortique cette apparente contradiction insurmontable: de plus en plus de nouveaux électeurs qui compensent le poids électoral de leurs aînés, de plus en plus d’ouverture et de tolérance… et de plus en plus d’électeurs du FN!...
En fait, si les électeurs âgés se montrent plus réticents vis à vis du parti de Marine Le Pen, les explications historiques –ils ont connu l'évolution du parti et sa version 1 sous le leadership de Jean-Marie Le Pen– se mêlent à leurs conditions de vie: plus dépendants de l'État providence pour assurer leurs revenus sous forme de retraites, les retraités sont aussi plus souvent propriétaires et, de ce fait, plus inquiets d'une dévaluation de leur patrimoine qu'entraînerait une victoire du FN.

… "Les sites internet des écoles disent viser la réussite de tous les enfants, voire l’accès à l’excellence. Systématiquement sont soulignées la prise en charge des élèves en difficultés, des enfants intellectuellement précoces et une éducation morale de haut niveau. L’affichage revendique un climat propice aux études et au bien-être, une pédagogie individualisée, la bienveillance des maîtres, la liberté et le respect des rythmes avec, pour quelques-unes, le choix des «bonnes vieilles méthodes qui ont fait leur preuve» et une éducation à des valeurs morales", rappelle le rapport. Malheureusement il n'en est souvent rien.
Très souvent ces écoles affirment utiliser des méthodes Montessori. Mais "les dimensions pédagogiques sont détournées de leurs enjeux et amputées de ce qui les fonde théoriquement", relève le rapport…

Passée l'excitation des débuts et le "welcome kit" (e-mail de bienvenue plein de smileys et de promesses), la désillusion est rapide.
"On imagine les start-up comme des entreprises "révolutionnaires", financées par des "business angels", dirigées par des "rockstars", et alimentées par des "treasure hunters". Hou hou ! On redescend sur terre deux minutes ?"
Derrière la mise en scène millimétrée et la success story que l'on nous vend sur Instagram, il y a un monde brutal pour les individus, raconte-t-elle. La révolution (ou plutôt "disruption") annoncée n'en est pas une.
Le bon vieux modèle de l'exploitation du travail par le capital est toujours là, où le rabaissement des individus est la norme et le sexisme rien de très grave…

Comment peut-on imaginer que les jeunes gens et jeunes filles de ce pays puissent se construire psychiquement, mentalement, moralement ou politiquement dans un tel foutoir moral ? Comment peut-on imaginer une seule seconde que, dans pareil tohu-bohu, des jeunes puissent reconnaître et estimer l’héritage qu’on leur propose au nom de droits humains, de Lumières, de Fraternité ou d’Egalité ?
Devant les minables turpitudes que leur offre la génération des adultes qui prétendent gouverner ce pays ou qui leur donnent des leçons de morale religieuse depuis tous bords, ils sont déchirés entre la rage et le désespoir

Les responsables du désastre qui vient, ce sont eux. Ils avaient pour mission de faire vivre la différence et ils ont organisé le règne du même, l’empire labellisé de l’unique. Maintenant que la forteresse est attaquée par tous les bouts, plutôt que de commencer à réfléchir, ils se sont payé des épagneuls. Et pendant que les cabots aboient, les maîtres, croyant avoir la paix, mouillent leur linge de bonheur à l’idée de Macron, mieux encore : d’un deuxième tour Macron-Le Pen — dont ils sont tellement sûrs que le têtard sortirait vainqueur qu’on peut bien pousser les feux pour le plaisir du spectacle. Pendant ce temps l’illuminé qui a dû prendre la foudre en passant la porte de la banque Rothschild, un autre Jésus mais à moitié cuit celui-là, les enchante avec ses évangiles Harlequin «ni droite ni gauche» ou bien «et droite et gauche», la formule même de l’asphyxie politique. Voguons donc avec entrain vers un deuxième tour tant espéré …

Aux Pays Bas on a privatisé la gestion des écoles publiques. En Suède la réforme est allée très loin puisque les écoles ont acquis un haut niveau d'autonomie et leur gestion a été municipalisée. Le statut de fonctionnaire des enseignants a éclaté. Ils sont devenus des employés privés. Les écoles ont été mises en concurrence avec des chèques éducation. En Angleterre la barrière entre public et privé a disparu par le développement des academies et des free schools, écoles publiques mais autonomes et gérées de façon privée…
… Alors que les idées d'autonomie, d'élévation du niveau de formation , de régionalisation, de contractualisation des relations établissement - Etat, de renégociation du statut et des conditions de travail des enseignants se banalisent dans le discours des politiques et des médias, le travail de Florence Lefresne et Robert Rakocevic nous montre que cette voie prometteuse mène à des impasses.

… Aujourd’hui, à lire les programmes des candidats aux primaires et aux secondaires, on voit bien que l’unanimité, de la droite de la droite à la gauche de la gauche, se dessine, à travers l’invocation imparable des fondamentaux, en faveur du maintien du b-a ba envers et contre tout. Le déni de l’intelligence au profit de la mécanique. Le mépris de la pédagogie

 

 
 
 
 

… «Le client : Dieu a fait le monde en six jours, et vous, vous n’êtes pas foutu de me faire un pantalon en six mois.
Le tailleur  : Mais monsieur, regardez le monde, et regardez mon pantalon.»
Mark Zuckerberg est atteint du syndrome du tailleur. Il est un peu comme ce tailleur contemplant la perfection subjective de ce qu’il a construit et nourrissant l’ambition à peine voilée de réussir avec le monde ce qu’il a réussi avec son «pantalon», c’est à dire sa plateforme de réseau social. Facebook, c’est le pantalon de Mark Zuckerberg…
… Quelle république algorithmique voulons-nous ?
Pour bâtir une vraie république algorithmique, il nous faut, sans attendre, organiser et préparer sinon une riposte, au moins des réponses à cet ensemble de mutations de la société et de ce qui nous permet de faire société. Ces réponses sont déjà en partie connues…
… Il va falloir que l’on se mette rapidement d’accord sur le genre de pantalon que nous voulons pour nous-mêmes et pour nos enfants. Car les nouveaux tailleurs, eux, préparent déjà des pantalons connectés.

… Bien sûr, si les citoyennes et citoyens n’ont pas les revenus nécessaires pour acheter les produits fabriqués par les grandes entreprises, comment celles-ci pourraient-elles prospérer ? Cela confirme le constat du FMI : les pays les moins inégalitaires se portent mieux
… quand on sait qu’aux Etats-Unis, le revenu moyen des 90 % les moins riches stagne depuis un quart de siècle. De surcroît, l’espérance de vie moyenne a commencé à baisser…
… Au Royaume-Uni, 31 % des ménages où un adulte travaille à temps plein restent en dessous du seuil de pauvreté. Les patrons des grandes entreprises américaines empochent désormais environ 300 fois le salaire médian de leur personnel. C’est beaucoup plus que dans tout autre pays ou qu’à toute autre époque …
Au Royaume-Uni, 10 % des bénéfices étaient distribués aux actionnaires en 1970, contre 70 % aujourd’hui

… Les années Obama ont été celles de la montée en puissance des nouvelles technologies. Le président «cool» a eu à cœur d’accompagner le mouvement. Arrivé au pouvoir grâce à la génération Facebook, il n’a cessé de croire à l’usage du numérique pour inspirer le changement social…
… Entre 2009 et 2015, les lobbyistes de Google ont visité la Maison Blanche plus d’une fois par semaine, plus que tout autre compagnie.
«Google a eu plus de pouvoir pendant l’administration Obama qu’Exxon pendant celle de George W. Bush»
… S’il n’est pas l’architecte du programme de surveillance électronique de la NSA, autorisé secrètement par George W. Bush, il n’a pas fait des efforts suffisants à leurs yeux pour le contrôler. En décembre 2016, un rapport du Center for Privacy and Technology de l’université de Georgetown, à Washington, a même dénoncé la mise en place d’une banque de données de reconnaissance visuelle capable d’identifier 117 millions d’Américains, soit la moitié des adultes du pays.
Mais Barack Obama restera aussi comme celui qui a évoqué le plus directement l’envers du décor

… les plateformes qui retiennent notre attention sont précisément conçues pour nous prendre en otage et nous faire divulguer, clic après clic, autant de données que possible. Si elles génèrent tant d’addiction, c’est parce qu’elles sont minutieusement optimisées et testées sur des millions d’utilisateurs afin d’entretenir une dépendance durable…
Le principe reste le même : payez, et vous pourrez jouir des libertés que vous teniez autrefois pour acquises. La solution ne relève pas du domaine des droits politiques, mais du marché, accessible à certains seulement, et à des prix variables…
… Pour être véritablement efficace, ce droit à la déconnexion doit s’inscrire dans une vision de la société beaucoup plus vaste et radicale, où notre richesse en données permettrait de maintenir des éléments fondamentaux d’égalité et de justice. Faute d’une telle vision …

… En janvier 2016, le collectif EduNathon (qui regroupe des organisations de défense du «numérique libre», comme le Conseil national du logiciel libre, La Mouette et le Le Ploss-RA) a déposé un recours gracieux auprès du ministère, dénonçant le caractère «illicite» de l’accord conclu avec le géant du Web. Pour EduNathon, ce partenariat serait assimilable à un «marché public», et aurait donc dû être signé «après une procédure de mise en concurrence».
Des actions en justice ont ainsi été mises en place, mais le TGI de Paris a estimé en septembre 2016 que «cet accord n’était pas illicite», rapporte Rue89.
Et l’autorisation des parents ?
Une charte visant à «assurer la protection et la vie privée des données personnelles des élèves et des enseignants» a été annoncée en mars 2016 par la ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem. Un document toujours attendu en début d’année 2017

… En d’autres termes, il s’agit de construire un monde où Facebook et Google auront cessé d’exercer une telle influence, un monde qui aura renoncé au solutionnisme technologique. Un défi ambitieux que seules des démocraties accomplies pourraient relever. Malheureusement, l’aveuglement des démocraties actuelles les conduit à désigner toutes sortes de coupables sans se remettre en question, tout en confiant toujours plus de problèmes à la Silicon Valley…

… «Comment sont stockées les données de Paul, élève dyslexique et qui ont un caractère privé ? Qui peut y accéder ? Qui lira la remarque sur la petite Julie dans trois ans ? Comment s’organise ce droit à l’oubli promis un an après la sortie du collège ? Là dessus, on n’a eu aucune réponse ni aucune information. Nous sommes priés d’accepter l’outil sans poser de questions.» …

… Ils dénoncent avec une incroyable lucidité ce système. "Le Conseil National de la Vie Lycéenne apparait davantage comme un outil de controle des élus lycéens pour canaliser leur colère éventuelle en donnant un semblant de cadre de dialogue.. Cette instance est peu prise au sérieux à l'image de l'ensemble de la démocratie lycéenne"…
… On s'est donné à fond. On est arrivé à des résultats excellents. Et on se rend compte que comme élu lycéen on n'a pas les clés du pouvoir décisionnel. Les instances sont seulement une colonie de vacances où on ne nous prend pas au sérieux.
C'est apparu clairement par exemple un jour où un responsable ministériel nous a dit que l'on ne représentait rien, que l'on n'avait aucun accès aux médias et que le ministère pouvait nous couper les vivres. "Tout le monde s'en fiche de vos actions !" …
A 16 ans c'est quelque chose qu'on n'imagine pas. On croit qu'il y a des instances de partage. En fait la démocratie lycéenne a été crée pour canaliser la colère des lycéens et éviter qu'elle ne s'exprime dans la rue. Le ministère sait que nos mandats sont de deux ans. La première année on ne connait rien. La seconde c'est déjà trop tard. Les élus, pleins de bonne volonté, se sentent trahis. On a obtenu des choses comme le 4ème siège au CSE. Mais compte tenu des propositions qu'on portait c'est maigre

… La mélancolie pointe.
«Est-ce que l’école s’améliore ?
Non


"à l'ouest" :
toujours plus
(section "c'est l'printemps!")

Qui sont les traditionalistes contre la loi sur les établissements privés ?
La Fondation pour l'Ecole, un organisme qui regroupe des écoles catholiques traditionalistes hors contrat a déposé un recours contre le décret du 28 octobre 2016 qui impose un contrôle des élèves des écoles privées hors contrat ou instruits en famille en fonction du socle commun. "Ce décret pourrait contraindre ces écoles à appliquer les programmes de l'Education nationale", déplore la Fondation. Ce qui est intéressant c'est la liste des requérants qui, selon la Fondation, accompagnent cette association hyper catholique : la Fédération des écoles Waldorf Steiner, quelques syndicats FO, CFTC et CGT de l'enseignement privé et Le Printemps de l'éducation, une association qui prétend préparer le renouveau de l'Ecole...


Le Conseil constitutionnel annule l'autorisation d'ouverture pour les écoles privées. Dans une décision rendue le 26 janvier, le Conseil constitutionnel a largement sabré dans la loi Egalité et citoyenneté. Il a notamment annulé les dispositions qui renforçaient le contrôle de l'Etat sur les établissements privés et sur l'éducation à domicile.
Adieu le contrôle a priori sur les écoles privées hors contrat. Dans une décision du 26 janvier, le Conseil constitutionnel a abrogé l'article 39 de la loi Egalité et citoyenneté. "Le Conseil  n'a pas pris position sur le principe de la substitution d'un régime d'autorisation à un régime de déclaration préalable", précise le communiqué. "Il a jugé que, eu égard à l'atteinte susceptible d'être portée à la liberté de l'enseignement par la mise en place d'un régime d'autorisation administrative, le législateur, en confiant au Gouvernement sans autre indication le soin de préciser «les motifs pour lesquels les autorités compétentes peuvent refuser d'autoriser l'ouverture» de tels établissements, a insuffisamment précisé les finalités des mesures susceptibles d'être prises par voie d'ordonnance".
Le Conseil a également annulé le dispositif de controle que l'Etat voulait mettre en place sur l'enseignement à domicile en annulant l'article 31 , là aussi pas sur le fond mais en estimant qu'il s'agit d'articles "cavaliers". Le Conseil a par contre maintenu l'obligation d'ouvrir les cantines scolaires à tous (article 186).

 La décision


… Les sondages le propulsent d'ores et déjà chouchou des enseignants : 29% des intentions de vote selon le Cevipof, devant (tremblement de terre !) le socialiste Benoît Hamon (25%). 45% des profs avaient voté François Hollande en 2012......
Il promet l'autonomie aux écoles "en termes de recrutement" au niveau pédagogique (déjà dans "l'Obs" en novembre), le rétablissement des classes bi-langues et des études dirigées. Enfin - et l'on sait que ce ne sera pas la mesure la plus évidente à mettre en place - il prône l'interdiction de l'usage des téléphones portables dans l'enceinte des collèges et des écoles primaires….

Le sentiment de proximité partisane avec le PS a indubitablement baissé : 24 % des enseignants disent se sentir proches de ce parti aujourd’hui, contre 35 % en 2012 et même 40 % en 2007. On n’est pas loin, selon moi, du divorce. Sans doute faut-il y voir le résultat de la déception suscitée par des politiques menées durant le quinquennat, notamment la réforme du collège. Le sentiment d’un déclin de l’institution scolaire auquel les recrutements ne remédient pas. On s’attendait, sur le terrain, à ce que la gauche s’empare davantage – ou mieux – des grandes questions d’intégration, de pauvreté, de mixité… La désillusion sur ce plan, ajoutée à la dégradation des conditions de travail, pèse face aux urnes…
… A la question «Est-il honnête ?», le candidat Fillon se positionne très bas : 6 % seulement des enseignants répondent par l’affirmative, contre 35 % pour Benoît Hamon, 30 % pour Jean-Luc Mélenchon ou 18 % pour Emmanuel Macron. ..

… Dans son collège auvergnat, où sont scolarisés environ 500 élèves, l’utilisation du portable est autorisée seulement dans une portion de cour, aménagée de quelques bancs. Le «coin portable» se reconnait à son attroupement d’élèves, à l’image des anciens coins fumeurs des lycées.
Le fait de concentrer les élèves à un seul endroit facilite le travail des surveillants qui veillent notamment à ce que les élèves ne prennent pas de photos ou de vidéos. «Il y en a qui le font, on les voit passer sur les réseaux sociaux», reconnait la CPE qui regarde régulièrement les profils (non protégés) de certains élèves.
En dehors de ce coin portable, le règlement dit que les téléphones doivent être éteints. Si un élève enfreint cette règle


... «Nous, on s’inspire des écoles Freinet ou Montessori, avec vingt-huit heures de cours par semaine et, surtout, l’obligation pour les élèves de faire une heure et demie de devoirs par jour chez eux», se défend cet ancien ingénieur, père de deux enfants «non scolarisés».
On est toutefois très loin du constat posé sur l’établissement par les inspecteurs qui l’ont visité...
... pour la première fois, l’Etat, associé à une municipalité – en l’occurrence la ville de Toulouse –, envisage de recourir à la contrainte pour fermer un établissement scolaire qui ne cesse de se dérober à son contrôle...

... Cela fait de nombreuses années que la moitié seulement des familles utilisent le secteur public pour tous leurs enfants. Et il n'y a que 5% des familles qui n'utilisent que le privé pour tous leurs enfants. Presque la moitié des familles ''zappent'' donc entre les deux . Il y a chaque année une ''transhumance d'environ 150000 élèves du privé vers le public, et du public vers le privé".
Mais la question s'invite dans la campagne électorale et le secrétariat général de l'enseignement catholique mise visiblement sur une victoire de l'opposition pour conquérir des parts du marché scolaire. Il ouvre ainsi la voie à des établissements hors contrat au caractère profondément réactionnaire.

... ces écoles alternatives, payantes, ont un point commun, «qu’elles le clament haut et fort et l’écrivent en toutes lettres sur leur plaquette ou qu’elles le taisent comme on cache une botte secrète» : le petit nombre d’élèves par groupe. «Le nombre d’élèves que l’on a devant soi fait toute la différence. A quand l’expérience passionnante qui consisterait à appliquer des méthodes d’enseignement dites «alternatives» à des groupes de 30 élèves et, parallèlement, à appliquer un système dit «traditionnel» à des groupes de 15 élèves ? L'école de la République s'englue, piétine, trébuche, peine à se reformer ? Mettez 15 élèves devant chaque enseignant dans les établissements scolaires gratuits de la République. Elle ne s'engluera plus, ne piétinera plus, et ne trébuchera pas le moins du monde... pour le bien-être de la société entière ...

A moins d’être sourd, chacun a entendu parler des écoles «Espérance banlieues», tant ces établissements, experts en marketing, savent s’y prendre pour attirer les médias, amateurs d’images faciles d’élèves en uniformes, qui commencent leur journée en entonnant la Marseillaise pour un règlementaire lever de couleurs…
… A l’heure actuelle, la Fondation Espérance banlieues revendique quelque 350 élèves (sur un total de 12, 5 millions) répartis dans 8 établissements (sur un total de 63 000 pour toute la France). Un «essaimage» donc très relatif…
… une moyenne d’une dizaine d’élèves par classe, il est indéniable que les écoles Espérance banlieues ne sont pas confrontées au problème récurrent des classes surchargées et des difficultés qui en découlent et que le «suivi individualisé» dont elles sont par ailleurs très fières a sans doute plus à voir avec un recrutement aléatoire qu’avec une pédagogie bien pensée. Des élèves peu nombreux, souvent très jeunes (seul le cours Alexandre Dumas offre une scolarité complète jusqu’en 3e), en outre soigneusement sélectionnés par le chef d’établissement – ce qu’on oublie souvent de mentionner




 
 
 


 
 


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