DES ECOLES DIFFERENTES école parallèle, alternative, nouvelle, pilote, différente, 
collège, lycée, parallèle, autrement, différent, innovant, expérimental ... alternatif ?
 des écoles différentes

... parce que de l'uniformité et la conformité,
naissent l'ennui et l'idiotie ...
et des mystifications et soumissions,
le mépris et la barbarie.
LE GUIDE ANNUAIRE DES ECOLES DIFFERENTES
UNE ÉCOLE DIFFÉRENTE :
ÉDUQUER AUTREMENT...
ENSEIGNER AUTREMENT...
VIVRE AUTREMENT ?

"montrer que prendre le risque de faire l'école autrement n'en est pas un.
C'est en effet prendre un bien plus grand risque encore,
parce qu'il s'agit d'enfants, de continuer à appliquer des méthodes dont on connaît les limites et la nocivité."

connaître, soutenir les pédagogies actives en France, 
et leurs écoles alternatives
COUSINET - DECROLY - FREINET - HOLT - MONTESSORI - NEILL - OURY - STEINER...

DES ECOLES DIFFERENTESContre les armes d'instruction massive ...

... l'ennui, l'échec et les violences scolaires :

Apprendre autrement ?
TOUT sur les écoles différentes
...& TOUTES les écoles différentes :



 
 
 


CHANGER D'ÉCOLE ?
 
DES ÉCOLES, DES COLLÈGES
et DES LYCÉES
DIFFÉRENTS

 

ET L'HORREUR ÉDUCATIVE ?

"SAVEZ-VOUS QU'IL EXISTE D'AUTRES FORMES DE PÉDAGOGIE ?"

Rapports, statistiques et colloques ont abouti à un diagnostic : 
notre très vieux système scolaire est inadapté aux exigences d'une société post-industrielle. 
Et depuis toujours à la nature, aux rythmes, aux besoins et aux capacités des enfants. 
C'est-à-dire aux exigences d'une société ... humaine.

... Ces critères - référence à une pédagogie ambitieuse et émancipatrice, équipe volontairement réunie autour d’un projet - constituent l'essentiel de la différence des écoles, publiques et privées, figurant dans ce guide-annuaire.
Au-delà d’un fond commun de valeurs, de repères ... et de pratiques, qui dépassent - du moins à l'origine (l'après 14-18) - les vrais, et faux clivages public-privé, il est évident que chacune de ces pédagogies, de ces écoles, en fonction de son origine, de son histoire, de celles des femmes et des hommes qui l’animent, a aujourd'hui des critères, des modes de fonctionnement, de recrutement, de formation et d’évaluation,qui lui sont propres.
Elles sont, aussi, (très) différentes entre elles....
ConfusionS :
entre égalité des chances et loterie truquée,
entre citoyenneté et formatage,
entre enfance et infantilisation,
entre école obligatoire et parking "gratuit",
entre école nouvelle et plan de carrière,
entre alternative et gratuit-pas-cher,
entre innovation et foire aux thérapies,
entre alternative et fourre-tout,
entre socialisation et conformisme,
entre socialisation et arrivisme ...
 
...ou CHANGER L'ÉCOLE ?

 

Lorsqu'un enfant/ado s'ennuie, décroche, 
se décourage, se révolte,
il n'est jamais trop tôt pour rassembler
le maximum d'informations
(... et non de "pubs" ! )
pour faire, à temps, le meilleur choix :
changer l'école 
ou ... changer d'école !
LE GUIDE ANNUAIRE DES ECOLES DIFFERENTES
LE guide
annuaire
des écoles
différentes
DEPUIS 30 ANS : 
LE GUIDE DE RÉFÉRENCE

Trente éditions plus tard, l'échec scolaire est devenu un fait de société, et il commence même à se dire, timidement mais publiquement, qu'il s'agit en fait d'échec de l'école, plus que de l'écolier. 
Quant à l'idée d'"écoles différentes", et à ce qu'elle induit en termes de réflexion et de choix le plus en amont possible, comme en termes de pratiques et de cohérence,
c'est une autre affaire !
 


 

L'heure de la... It's time for ... Re-creation

Avec un détour flagorneur par la "Génération Morale", la "Bof Génération" s'est vue qualifiée de "Génération Sacrifiée". Elle sait suffisamment calculer pour comprendre que diplômes ou pas, il n'est pas prévu d'emploi pour tout le monde. Et suffisamment lire ou décrypter les informations pour savoir que c'est parce que de plus en plus d'emplois sont et seront transférés dans les pays de l'Est ou du Sud, où des enfants travaillent jour et nuit pour survivre. ..


 

Et l'horreur éducative ?

Dans une république assoupie, dénaturée et détournée par son «élite», déboussolée par les corruptions, tentée par le racisme, et toujours (néo-) colonisatrice par tradition ou par mondialisation, des rapaces, pas plus «modernes» que le mammouth, aimeraient bien saisir dans leurs griffes les morceaux les plus intéressants du monstre.
Ni viande à canon, ni code-barres, les enfants ont droit à un autre avenir, et donc à un autre présent. A une autre éducation, différente, parce qu’enfin émancipatrice, fondée sur la nature, les besoins, et les formidables capacités de chacun...

école différente, école autrement, école alternative, innovante  ...
2017 : Une autre école est-elle possible ?
Certains l'affirment. Avec des variantes : "une autre école est possible", "une autre école est nécessaire" ...

Mais ils sont rarement très nombreux à être très longtemps d'accord sur le sens de "autre" (les objectifs, les moyens), les détails de sa mise en oeuvre, et leur cohérence.
Plus nombreux sont ceux qui en restent à la forme interrogative.
Ou très personnelle : pour mes enfants.

2005 : On sent bien qu'on a une société qui est en train, vraiment, de perdre la boussole avec un individualisme galopant, un repli des familles sur elles-mêmes", 

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Si l'on en croit Jean-Michel Blanquer, c'est un "modèle éducatif équilibré, mélange réussi de tradition et de modernité, d'épanouissement et de rigueur" que propose "L'école de demain", arbitré uniquement par les acquis scientifiques, par "ce que nous enseigne l'expérience" et "ce que nous enseigne la science".
Pourtant, en 150 pages …
… Un aspect de cette hiérarchisation est la mise en concurrence des établissements.
Si les résultats des lycées sont publiés depuis des années, on a vu récemment ceux des collèges connaitre le même sort à travers les résultats du brevet.
JM Blanquer irait encore plus loin en publiant les résultats des écoles primaires.
On accélèrerait ainsi l'éclatement du système éducatif avec tous les effets de relégation que l'on connait actuellement dans le secondaire.

«Quand Facebook dit “sautez”, vous sautez. Même s'il ne peut pas promettre que le sol sera bien sous vos pieds, quand vous vous jetez dans le vide.»
… Interrogé par le Guardian, le journaliste slovaque Filip Struharik, auteur du post Medium qui a révélé les derniers tests de Facebook estimait que cette tentative était vouée à l'échec:
«Un fil d'actualités sans actualités. Juste des amis et des posts sponsorisés. Les gens vont découvrir à quel point leurs amis sont chiants.»
Dans le monde de l'économie de l'attention, c'est la pire chose qui pourrait arriver à Facebook.

Le problème, c’est que nous avons tout confié à de grandes entreprises technologiques, de nos e-mails à nos réseaux sociaux en passant par les divertissements de nos enfants. Ces grandes sociétés technologiques, à leur tour, ont confié les classements, le filtrage, le contrôle et autres fonctions cruciales de prise de décision à des programmes logiciels basés sur un apprentissage automatique algorithmique. Et nous sommes en train de découvrir petit à petit que ces algorithmes ne sont pas toujours dignes de la confiance que nous plaçons en eux
… Les entreprises technologiques veulent que nous traitions ces mésaventures comme des incidents rares et isolés, à diagnostiquer et à gérer au cas par cas. Elles vont engager 3.000 salariés mal payés pour surveiller les vidéos live afin d'éviter la diffusion de meurtres en ligne, ou 10.000 contractuels sous-payés pour vérifier que les publicités sont exemptes d'ingérence électorale étrangère —pendant que le reste des machines continuera à carburer à toute vapeur…

… Avec une capitalisation boursière cumulée supérieure au PIB de la France et une voracité sans limite, les titans du numérique font peur. Ce qu'on leur reproche ? Pêle-mêle : falsification du débat politique, complicité d'apologie du terrorisme, non-respect de la vie privée, design manipulateur, privatisation de l'internet, pratiques prédatrices, mainmise sur la culture, optimisation fiscale agressive, abus de position dominante, entrave à l'innovation… Et, en fin de compte, menace sur la démocratie !
Tour d'horizon des six familles de résistants, qui appellent à contrer l'hégémonie des nouveaux "robber barons"…

… «Derrière le profil Facebook que vous avez vous-même créé se cache un second compte basé sur les messages privés (inbox) et les smartphones d'autres utilisateurs.»
Résultat? Des informations que vous n'avez jamais divulguées à Facebook sont tout de même associées à votre compte et aident ce dernier à compléter votre «map de connections sociales».
Le tout, grâce à un obscur algorithme visiblement très performant

… Je connais des jeunes qui ont eu l’opportunité de travailler sur des sites légaux ou illégaux, et personne ne peut rêver de cette vie-là.
L’Etat français et les autorités sont en train d’investir dans le passé, le modèle de développement occidental est un modèle qui est condamné et qui se condamne lui-même. Aujourd’hui on aurait l’opportunité d’innover, de créer quelque chose de nouveau à partir de la diversité culturelle, de la biodiversité de notre territoire et des précieux savoirs transmis par la voix des anciens…
En Guyane comme partout ailleurs, l’or rend fou, c’est une maladie, dès que vous mettez de l’or quelque part les hommes deviennent violents et avides. C’est malsain

… La Cornouaille a voté à 56% en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, alors même que la région bénéficie de millions d’euros de subventions de la part de l’UE. The Independent relève que les exploitations agricoles de la région ont du mal à recruter des britanniques, car les emplois proposés sont souvent mal payés et très fatigants
 

… au cours des dix dernières années, le nombre de pauvres a augmenté en France de près d’un million. Et si la crise y a grandement contribué, le plus spectaculaire, c’est que lorsque ses effets ont commencé à s’atténuer, la pauvreté n’a pas pour autant reculé


… « Quand la ministre de l’éducation Najat Vallaud-Belkacem est venue, elle s’est exclamée : “Qu’est-ce que ça fait plaisir de voir une si belle rédaction, c’est rare maintenant !” J’avais envie de lui répondre :
“Mais ouvre les yeux, on est tous précaires ici, la plupart en auto-entrepreneur...” », s’indigne Hélène, rédactrice pour Konbini….
… Ces sites ont pour spécialité la production industrielle à bas coût de contenus destinés aux jeunes. Melty est à l’information et à la culture ce que McDonald’s est à la gastronomie. Son choix d’abreuver les 12-25 ans d’articles sur Justin Bieber, Game of Thrones ou Beyoncé n’a rien de neutre …

Déconnecter pour apprendre. «Le numérique n’apprend pas à apprendre, c’est sa faiblesse, considère Antoine Compagnon, professeur au Collège de France. Apprendre à lire à un enfant prend autant de temps qu’à l’époque des Grecs. C’est immuable. Quant aux Mooc, [des formations en ligne ouvertes à tous, ndlr], ils ne profitent qu’à ceux qui savent déjà apprendre.»…
… chacun plonge la main dans sa poche, pour en sortir l’ami cher, le rallumer. Reconnecter.

surexposés souvent dés la naissance aux écrans, et en particulier aux écrans interactifs (smartphones, tablettes) ces jeunes enfants ne nous regardent pas quand on s’adresse à eux, ne communiquent pas, ne parlent pas, ne recherchent pas les autres, sont très agités ou très passifs. Certains peuvent présenter des symptômes proches de ceux que l’on rencontre chez des enfants souffrant d’autisme même lorsqu’il ne s’agit pas d’enfants autistes.
Mais nous sommes aussi alertés par les enfants en élémentaire : nous observons d’importantes difficultés dans les apprentissages , des difficultés globales de compréhension, des difficultés à mobiliser une attention soutenue, une maladresse à utiliser les objets du quotidien,  un intérêt limité porté à leur environnement (objets et personnes) hormis les écrans, avec parfois une focalisation quasi obsessionnelle sur certains contenus sans variété ou une utilisation excessive de contenus audio visuels, très souvent déconseillées aux moins de 16 ans mais aussi aux moins de 18 ans.
Chez les adolescents notre constat est tout aussi alarmant …

Les nouveaux Platon de la Silicon Valley rivalisent eux aussi d’éthique « citoyenne » en fermant les comptes d’utilisateurs suspects de suprémacisme blanc. Sacrifice suprême, Google, Facebook et Twitter ont renoncé à vendre aux annonceurs la possibilité de cibler des internautes en fonction de catégories telles que « Ku Klux Klan », « Jew hater » (« qui hait les Juifs ») ou « Nazis » (Recode.net, 15 et 16 septembre). Pendant que la presse leur tresse des couronnes …

…«Le numérique c’est virtuel mais c’est surtout beaucoup d’impact sur l’environnement». Dans sa ligne de mire : « le sac à dos électronique» du smartphone. «Il ne pèse qu’une centaine de gramme mais nécessite plus de 70 kg de matières première» pour le produire. D'ailleurs, les data-center produisent plus de gaz à effet de serre que l’ensemble du transport aérien…

… Récapitulons: un oligopole de l’Internet grignote chaque jour un peu plus le pluralisme de l’information, tandis que les chartes éditoriales inavouées que déclinent ses algorithmes coupent court à l’expression individuelle des auteurs, des artistes et de tous ceux qui produisent des idées. Mais Google et consorts sont de formidables réussites économiques.
Or, dès 2013, un rapport sur la fiscalité de l’économie numérique pointait la place centrale de la collecte de données personnelles dans la création de valeur par les acteurs de l’économie numérique…

Les réseaux sociaux sont l’objet d’un étonnant paradoxe. Ils sont censés apporter divertissements et satisfaction. Les consulter est le premier geste du matin pour 48% des 18-34 ans. Pourtant, plus les gens sont actifs sur Facebook ou Instagram, et plus leur humeur est négative après y être allés.
Plus grave, un lien a été mis en évidence entre ces usages et des symptômes de dépression. Les préadolescents et adolescents semblent particulièrement sensibles.
En particulier, chez les adolescents qui perçoivent leur réseau amical dans la vie réelle comme étant de faible qualité, les longues durées passées sur Facebook sont associées à davantage de troubles dépressifs et d’anxiété sociale

Chaque nuit à Paris, 500 enfants
dorment dans la rue

POURTANT, dans les faits, cette position ne résiste pas à l’examen.
Chez Blanquer, les références à la recherche scientifique sont à géométrie variable.
Quand ça l’arrange et sert son propos, il n’hésite pas à en appeler à la recherche – très souvent ce sont les neurosciences.
Mais certaines mesures sont prises, certaines déclarations faites sans base scientifique, sans appui sur des rapports d’expertise ; Blanquer a beau affirmer que «les études prouvent une légère supériorité de la semaine de 4 jours» sur celle de 4,5 jours, on attend toujours les études en question (toute la chronobiologie dit le contraire).
Quant aux comparaisons internationales, Blanquer se garde bien de dire que l’OCDE, qui mène la fameuse étude comparative PISA et publie régulièrement ses «Regards sur l’éducation» et qui avait salué la politique éducative menée lors du précédent quinquennat, se montre nettement plus critique sur son action.
Peu importe …

… Alors que les salariés du privé devraient bénéficier des mesures annoncées par le gouvernement, les fonctionnaires sont les premiers perdants du quinquennat.
Pour les enseignants, qui ont voté massivement pour E Macron dès le premier tour,
le choc pourrait être rude.

"Alors, croyez-vous vraiment qu’avec moins de 130 jours de classe par an on puisse obtenir les mêmes résultats qu’avec un peu plus de 160 ?
Les enfants de professeurs et de cadres supérieurs n’en souffriront sans doute pas trop,
mais les autres ?

Dix fois plus d'enfants obèses en quarante ans
… l'obésité juvénile surpassera l'insuffisance pondérale d'ici 2022, prédisent toutefois les auteurs de cette étude, publiée dans la revue médicale britannique The Lancet.
En 2016, 124 millions de jeunes de 5 à 19 ans étaient considérés comme obèses, contre seulement 11 millions en 1975

… «Je m'en moque de parler à des vrais gens, du moment que j'ai mon téléphone avec moi.»
Si ces témoignages peuvent paraître inquiétants, Madhumita Murgia a aussi rencontré certains adolescents qui mettent eux-mêmes en garde leurs parents qui vont trop souvent sur Facebook, ou d'autres qui ont choisi de couper Snapchat. Leurs habitudes changeront-elles en grandissant?
S'il n'y a pas d'âge légal pour utiliser un smartphone, certains réseaux sociaux sont officiellement interdits aux moins de 13 ans (comme Snapchat ou Instagram). Cela n'empêche pas que …

… Selon l'enquête du Conseil national d'évaluation du système scolaire publiée mardi, près de quatre collèges et lycées publics sur dix (39%) déclarent ne pas avoir suffisamment de sanitaires dans leurs locaux.
Le nettoyage des sanitaires ne serait pas non plus réalisé de manière régulière tout au long de la journée: ainsi la moitié des établissements (53%) le pratique une seule fois par jour.
Dans 72% des établissements concernés par l'enquête, les chefs d'établissement ont été interpellés sur les dégradations dans les locaux, et 62% sur l'approvisionnement en produits hygiéniques (papier, savon...)…

... « La cantine révèle aussi des inégalités scolaires criantes, dont sont victimes les enfants les plus défavorisés. Il existe un lien entre le bénéfice de repas équilibrés et la concentration des élèves. Les plus fragiles devraient être privilégiés, mais évidemment on retombe sur le mal français, les inégalités s’invitent partout et traversent toute la vie. » En effet, les catégories socioprofessionnelles des parents conditionnent cet accès, peut-on lire dans le rapport.
Les chiffres sont éloquents. En moyenne, 30 % seulement des collégiens ne sont pas inscrits à la cantine ; en éducation prioritaire, c’est le cas de près de 60 % d’entre eux. En REP+, seuls 25 % des élèves sont inscrits au restaurant scolaire. En moyenne, les élèves issus de familles défavorisées sont deux fois plus nombreux (40 % d’entre eux) à ne pas manger à la cantine que les élèves issus de familles favorisées (22 %) et très favorisées (17 %). Les raisons de cette désaffection se révèlent être économiques en partie, mais pas seulement…


… le rêve américain, qui se fonde sur une promesse de mobilité sociale et un certain volontarisme des élites politiques et économiques, est bel et bien mort. L’auteur démontre combien les dés sont pipés, au détriment de ce qu’il appelle le «précariat» - ce prolétariat précaire, qui ne se définit pas seulement par la faiblesse de ses ressources, mais par son incertitude.
Et toujours au bénéfice d’une élite, les «propriétaires de la société»

J'ai bien peur que les Etats-Unis ne bougent pas plus cette fois que lors des drames précédents, quel que soit le décompte final des victimes. La majeure partie de l'opinion américaine considère que pour se prémunir de ces tragédies, il faut plus d'armes et pas moins…

Chaque semaine, 25 enfants trouvent la mort à cause des armes à feu, en moyenne, aux États-Unis, où elles circulent beaucoup plus librement qu'en Europe. C'est ce que révèle une étude publiée en ligne lundi par l'Académie américaine de pédiatrie. Les résultats montrent que les tirs sont la 2e cause de mortalité pour les enfants, derrière les accidents de la route. ..


Donner de l'argent aux riches n'a jamais aidé l'activité. Même le FMI, considéré comme le temple du néolibéralisme, le constate.
La "théorie du ruissellement" n’existe pas. Aucun économiste n’a jamais développé l’idée selon laquelle il serait bon pour l’économie d’augmenter la richesse des plus fortunés (sous forme de baisse d’impôts par exemple). Et il est très étonnant de voir les lieutenants d’Emmanuel Macron, depuis leur forteresse de Bercy, justifier la quasi-suppression de l’ISF en recourant à ce type de logique.

Jamais depuis quinze ans de tels chiffres n’avaient été atteints. Ce mouvement de hausse a été particulièrement rapide ces derniers mois puisque en un an le nombre de mineurs détenus a progressé de 16,6 %, tandis que la population carcérale augmentait de 0,4 %.
Le phénomène étonne jusqu’au ministère de la justice …

  ... Car cette organisation n’est qu’un des acteurs d’un jeu immense, où l’on retrouve les GAFAM, et toute une myriade de startups se pressant aux portes d’un marché de l’éducation en pleine ouverture, et dont l’ampleur et la gravité sont dramatiquement sous-estimées.

Quand le ministre français de l’éducation nationale pourfend l’égalitarisme comme facteur d’inégalité scolaire et affirme le 27 juillet sur France Culture que «c'est par plus de liberté que l'on peut aller vers plus d'égalité», la note socioéconomique documentée de l’IRIS, publiée en septembre 2017, observe la détérioration de la qualité des enseignements offerts à la majorité des jeunes québécois par un marché scolaire caractérisé par la concurrence entre privé et public et entre établissements publics…
 

… « La transformation de notre système éducatif suppose d'inscrire notre action dans le temps long. À chaque alternance ses nouvelles réformes, souvent davantage guidées par des préoccupations politiques que par des ambitions pédagogiques. Loin des tentations de "Grand soir", qui traversent l'Éducation nationale à chaque changement de majorité, Emmanuel Macron agira, au-delà des clivages partisans, et sans dire que ce qui a été fait précédemment était nécessairement nul et non avenu ».

On s’était dit, ouf, enfin un peu de continuité dans l’éducation, qui meurt aussi d’être ballottée par les changements incessants de politique et d’orientation.

Sauf que, en trois semaines, le nouveau ministre Jean-Michel Blanquer a lancé plusieurs chantiers visant clairement à défaire ce qui a été fait pendant le quinquennat précédent. Finalement, le changement, c’est maintenant
… il a suffi de quelques semaines au gouvernement d’Edouard Philippe pour retrouver les réflexes de la bonne vieille politique. Les deux premières décisions de Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Education, sont un modèle du genre : deux décrets pour donner la possibilité aux communes de déroger à la semaine de quatre jours et demi et aux établissements de s’affranchir de la réforme du collège. Deux réformes qui ont eu à peine le temps de trouver leurs marques et donc de produire des résultats. La question des rythmes scolaires est un splendide cas d’école

… Le serpent de mer de la réforme des rythmes scolaires revient. Le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, présente ce jeudi un décret visant à remettre en place, dès la rentrée, la semaine de quatre jours dans les écoles maternelles et élémentaires publiques qui le souhaiteront….

… D’après un rapport de l’Académie de médecine paru en 2010, «l’enfant n’est pas au centre de la réflexion» entourant les rythmes scolaires, qui seraient plus en phase avec des intérêts sociaux et économiques (métier des parents, vacances, loisirs).

Inégalités sociales et activités périscolaires : Etienne Butzbach estime aussi que tous les enfants n’ont pas des «environnements éducatifs équivalents» et s’inquiète d’une «école à mi-temps» pour les plus modestes
des classes ne seront pas ouvertes, on ne pourra pas faire face à l’urgence démographique. Les adversaires de Blanquer, qui le savent féru d’évaluations scientifiques, retournent sa méthode contre lui : pourquoi détruire ce qui n’a pas été évalué ? Comme le remarque la secrétaire générale du SnuiPP Francette Popineau, «il suffit de regarder les évaluations internationales pour comprendre que la continuité demeure la méthode qui marche le mieux pour faire progresser les systèmes éducatifs»….

… «En 2003, 35 enfants en difficulté m’étaient signalés par les écoles sur 1.000 élèves de maternelle en petite et moyenne section de l’Essonne. Depuis un an et demi, on m’en a déjà signalé 210 en grande difficulté. Toutes les semaines, je suis sollicitée pour de nouveaux cas. À force d’en voir, j’ai fini par faire le lien avec leur consommation d’écrans. Et je ne parle pas d’enfants qui regardent la télévision une heure par jour! La plupart de ceux qui me sont adressés passent au moins six heures par jour devant des écrans. Les troubles sont plus graves qu’il y a quinze ans et disparaissent dans la majorité des cas quand les parents arrivent à “déconnecter” leurs enfants.»

« L’écran, c’est la tétine d’aujourd’hui

« En France, un jeune sur cinq a renoncé aux soins. Or un premier indice de la précarité est de ne pas se fairesoigner. 13 000 étudiants parisiens sautent quatre à six repas par semaine, faute de pouvoir se les payer » : la deuxième édition du rapport annuel de la Croix-Rouge, « Pacte pour la santé globale des jeunes », publié mercredi 31 mai, dresse un panorama inquiétant de leur situation. ..

… Ainsi, « la pauvreté rajeunit » » en France : près d’un enfant sur cinq vit dans une « situation sociale précaire » : « Ce sont principalement des jeunes et des enfants vivant dans des ménages n’ayant pas eu accès à une insertion professionnelle stable qui sont en situation de pauvreté, tandis que celle des retraités régresse », note le rapport. Le nombre de jeunes à la rue augmente
« Oh non… » Le cri du cœur des élèves de CM1-CM2 invités à se passer de télévision et de console de jeu pendant une semaine n’est pas franchement enthousiaste. L’idée paraît même incongrue à ces 23 enfants scolarisés à l’école élémentaire Manin, dans le 19e arrondissement de Paris. Agés de 9 à 11 ans, seule une petite minorité n’a pas d’écran dans sa chambre…

… En sixième, les collégiens français passent en moyenne six heures devant un écran (télévision, smartphone, ordinateur), selon l’enquête internationale Health Behaviour in School-aged Children de 2016. Bien loin de la recommandation internationale de deux heures maximum d’écran par jour…

« Quand les enfants voient leurs parents accrochés à leur téléphone toute la journée, ils se disent que ça a l’air bien… On ne leur donne pas envie de faire autre chose. C’est bien aussi de s’ennuyer. »…
… La pauvreté s’étend Entre 2004 et 2014, la France a compté 950 000 pauvres de plus, c’est-à-dire les personnes vivant avec moins de 50 % du revenu médian, soit moins de 848 euros par mois, prestations sociales incluses et impôts déduits. Cela porte à 8,1 % de la population (5 millions de personnes dont 1,2 million d’enfants et adolescents) le taux de pauvreté en France.

Si l’on retient, en revanche, le seuil de 60 % du revenu médian, comme le recommandent les normes européennes, ce taux monte à 4,1 % (9 millions de personnes) …
… Nous, professionnels de la santé et de la petite enfance, souhaitons alerter l’opinion publique des graves effets d’une exposition massive et précoce des bébés et des jeunes enfants à tous types d’écrans : smartphone, tablette, ordinateur, console, télévision.

Nous recevons de très jeunes enfants stimulés principalement par les écrans, qui, à 3 ans, ne nous regardent pas quand on s’adresse à eux, ne communiquent pas, ne parlent pas, ne recherchent pas les autres, sont très agités ou très passifs. La gravité de ces troubles

… en France, on demeure persuadé que de barricader du matin au soir dans des établissements souvent austères des hordes de collégiens demeure encore le meilleur moyen d'assurer l'avenir du pays. On croit en la connaissance. Au savoir. Aux têtes bien pleines.
On a 11 millions de crétins qui votent pour l'extrême droite, peut-être autant qui regardent Hanouna et consorts à la télévision, trois fois plus encore qui se passionnent pour le tirage du loto et les amours de la reine d'Angleterre, mais à part cela, ne changeons rien, continuons à brouter les champs du savoir académique, nous sommes sur la voie de la rédemption.


… 
Mais c’est dans l’univers des grandes écoles que les inégalités demeurent les plus criantes, sans évolution depuis une trentaine d’années : 50 fois plus d’enfants de cadres que d’enfants d’ouvriers à Polytechnique, 20 fois plus dans les Ecoles normales supérieures, 4 % d’enfants d’ouvriers et employés à l’ENA, contre 69 % d’élèves issus de familles de cadres supérieurs… Les écarts sont vertigineux. Les rapporteurs étrillent au passage les filières « égalité des chances », développées par les grandes écoles – notamment à Sciences Po – depuis une vingtaine d’années pour s’ouvrir socialement.

« Plus les filières sont sélectives, plus les cursus sont prestigieux, plus la fermeture sociale est forte et cela a eu tendance à s’accentuer alors que le nombre de bacheliers augmentait ...
… Au total, durant toute la cinquième République, seulement sept ministres de l'Education nationale « ont donné leur nom à une loi scolaire » . Sept sur les trente quatre qui se sont succédé ! Jean-Michel Blanquer ''surfe'' (à bon compte!) sur l'idée (répandue, mais fausse) que chaque ministre de l'Education nationale n'a de cesse de donner son nom à une loi (alors que seulement un sur cinq l'a fait...). On le voit, le nouveau ministre de l'Education nationale a une façon bien singulière de satisfaire son ego en excipant (d'entrée de jeu et pour l'Histoire) d'une exceptionnalité qui n'a aucun fondement : « il n'y aura pas de loi ''Blanquer'', et j'en serai fier ». Bigre.


… 
En voulant «habituer leurs enfants à la réalité du monde du travail, les parents les empêchent de bénéficier des heures les plus importantes du sommeil: celles pendant lesquelles les facultés de mémoire et d’apprentissage se régénèrent». Pour les experts, repousser le début des cours aurait une répercussion similaire à la diminution des effectifs des classes sur les résultats scolaires.

Dans la bouche de Wendy Troxel, la solution «début des cours à 9 heures» équivaut au remède miracle: plus de sommeil, moins de dépression, de meilleurs résultats scolaires, moins d’obésité, moins d’accidents de la route, mais aussi moins de café, moins de boissons énergisantes mauvaises pour la santé 
… Le livre de Céline Alvarez, qui remporte un énorme succès, les Lois naturelles de l’enfant (Les Arènes, 2016), nous pose problème entre autres parce qu’elle suppose qu’il existe une manière biologique, commune à tous, d’être un enfant. On s’oppose aussi à l’idée selon laquelle il existe des stades identiques dans le développement de tout enfant : les différences de classes sociales et de genre sont très importantes. Nous avons interrogé des enfants qui à 6 ans ont des compétences culturelles, une facilité à argumenter des positions que certains enfants de 10 ans n’ont pas du tout - pour des raisons de différences de milieu, de dispositions sociales. Faire de la sociologie de l’enfance, c’est essayer de trouver un point d’équilibre entre deux positions : le fameux «chaque enfant est différent» des profs, des parents, et la psychologie du développement, qui dit qu’il existe un seul modèle de développement de l’enfant. Or, il y a des pauvres, des riches

… C’est une fois de plus le rôle de l’éducation et de l’instruction de nos enfants, par les parents et par l’école, qu’interroge ce fait divers malheureux, et dont on ne saurait accepter encore éternellement qu’elles soient sacrifiées sur l’autel de la toute-puissante télévision à qui l’on abandonnerait la tâche de définir les repères et établir les normes. L’énergie consacrée à condamner Cyril Hanouna sous prétexte qu’il serait un mauvais exemple pour nos jeunes est un terrible aveu de faiblesse quant à notre capacité, par la seule force des valeurs de la République que nous sommes censés véhiculer sans cesse, à apporter de vraies réponses politiques, culturelles et sociales aux problématiques d’homophobie, mais aussi de xénophobie et de harcèlement en tout genre. Là où il ne devrait être que bouffon, un pur produit de divertissement, Hanouna est proclamé roi, susceptible de mobiliser même la ministre de la Culture autour de sa petite personne. C’est aussi le syndrome d’une société malade
… une éducation authentiquement émancipatrice. C’est d’autant plus nécessaire que se développent aujourd’hui de multiples « expériences pédagogiques » qui se disent « nouvelles » alors qu’elles relèvent souvent d’une mode discutable, du sectarisme ou de la marchandisation. Or, il serait suicidaire, pour la République, de laisser exploser l’éducation nationale en une multitude de « communautés scolaires autonomes » aux valeurs hétérogènes et aux pratiques claniques…

… Après les ravages de la Première Guerre mondiale, la « révolution copernicienne », portée par les pédagogues de l’éducation nouvelle dans l’espoir de préparer une société de justice et de paix, n’a été ni suffisamment comprise ni suffisamment traduite dans les actes. Ne refaisons pas la même erreur

… 
Avec la fin de la primaire (5% de "harcèlement sévère" à 12% de harcèlement modéré à sévère, selon les chiffres de l'Observatoire international de la violence à l'école), le collège est le cœur de cible du harcèlement (de 7% à 10%), qui diminue ensuite fortement au lycée (de 1,30% à 3,40)…

L’expérience menée par Céline Alvarez durant trois ans dans une école primaire d’une banlieue populaire de Paris s’est faite sur la base d’un cocktail inédit de méthode Montessori et de neurosciences. L’enthousiasme suscité par son best-seller, Les Lois naturelles de l’enfant, tient au caractère spectaculaire des résultats affichés. Mais, à regarder de plus près ce projet soutenu alors par Jean-Michel Blanquer

… Aujourd’hui l’école doit ouvrir ses portes, après les cours, à ceux que le Président de la République a appelé les ‘’orphelins de 16 heures’’ »
C’était un diagnostic non dénué de fondement. Mais on peut aussi aller plus loin en prenant conscience d’un paradoxe très fâcheux
L’expérience menée par Céline Alvarez durant trois ans dans une école primaire d’une banlieue populaire de Paris s’est faite sur la base d’un cocktail inédit de méthode Montessori et de neurosciences. L’enthousiasme suscité par son best-seller, Les Lois naturelles de l’enfant, tient au caractère spectaculaire des résultats affichés. Mais, à regarder de plus près ce projet soutenu alors par Jean-Michel Blanquer …... A-t-il pensé que ce serait une formalité ? Une heure avant de poser ses cartons rue de Grenelle, le 17 mai 2012, Vincent Peillon semble prendre pour acquise cette réforme des rythmes scolaires dont il n’a pas encore en tête toutes les modalités : l’ancien prof de philo qui, durant la campagne, a su séduire les représentants du monde enseignant par sa maîtrise des dossiers, annonce sur France Inter le retour à « cinq jours de classe pour tous les enfants à la rentrée 2013 ». Premier couac ...
... On attend de son successeur, Benoît Hamon, qu’il apaise le terrain. C’était sans compter la polémique sur la « théorie du genre » qui bouscule l’école en 2014...
... Cinq années de défilés, de bruit médiatique, d’attaques ad personam ont fini par faire oublier l’ambition initiale de la gauche. Sur le papier, elle était colossale : « refonder l’école de la République et la République par l’école » ...
... Car il ne suffit pas de décréter les réformes, de multiplier décrets et circulaires, pour « refonder » l’école. ...
 

...Soutenue par la municipalité, promue par les médias locaux , l'école privée hors contrat Montessori de Voiron ouverte à la rentrée (38) a déjà perdu tous ses élèves, annonce Le Dauphiné. Les parents qui ont retiré leurs enfants dénoncent du personnel non formé, l'absence de surveillance et des problèmes d'hygiène Ils payaient 5400 € par an et par enfant. Pour se défendre, la directrice confirme que " aucune formation Montessori n’est reconnue en France. Aucun diplôme d’enseignant n’est demandé", mais "l’important, c’est la bienveillance" ...

… Dans le domaine de l’éducation comme ailleurs, nous attendons de ceux qui briguent nos suffrages sous la bannière de la gauche qu’ils aient le courage de transformer le réel au lieu de s’y soumettre, et de renouer avec un idéal scolaire porté depuis la Révolution française par Condorcet, Jules Ferry, Jean Zay, Langevin-Wallon. C'est pourquoi Sauver les Lettres interpelle les candidats à la présidentielle …

La guerre …
… Il demandait de revenir sur cet accord tacite, remontant à 1992, selon lequel 80 % des moyens financiers consacrés à l’éducation sont réservés à l’enseignement public, et les 20 % restant dévolus au privé sous contrat. Ce ratio du 80-20 «n’est inscrit dans aucune loi ou décret, c’est un usage», rappelait Pascal Balmand pour dire combien il est donc facile à modifier

Il faut dégonfler la baudruche et remettre les choses à leur juste proportion. Les écoles hors contrat ne scolarisent aujourd’hui qu’un petit nombre d’élèves : en primaire et secondaire, ils sont 60 000 tout au plus, sur les 12,5 millions d’élèves scolarisés en France. Ce qui ne représente que 0,5 % des effectifs

… Car la droite tente de défendre une position paradoxale, et pour le coup peu lisible : elle est à la fois la première à dénoncer les ouvertures d’écoles musulmanes et à souhaiter les encadrer au maximum au nom de la lutte contre le radicalisme, et la première à souhaiter plus de liberté (et de moyens) pour les écoles alternatives, notamment catholiques. Dans son programme, Marine Le Pen, elle, est plus claire : elle vise les écoles confessionnelles musulmanes, en souhaitant «contrôler plus strictement la compatibilité avec les valeurs de la République des enseignements dispensés dans le privé hors contrat.»…

Comme le disait déjà Henri Wallon (l'un des auteurs du Plan Langevin-Wallon de 1947) dans son célèbre discours de Besançon du 23 mars 1946 (mais cela n'a pas été clarifié depuis ) :
« Il y a [au moins] deux façons de concevoir l’enseignement démocratique.
Il y a d’abord une façon individualiste : c’est poser que tout enfant, quelle que soit son origine sociale, doit pouvoir, s’il en a les mérites, arriver aux plus hautes situations. C’est en fait une conception qui reste individualiste en ce sens que, si les situations les plus belles sont données aux plus méritants, il n’y a pas, à tout prendre, une élévation sensible du niveau culturel pour la masse du pays. Il y a, par conséquent, une sorte d’écrémage progressif, continu, des classes populaires, qui donnent leurs meilleurs sujets pour occuper les situations les plus élevées, les plus rémunératrices ou seulement les plus propres à rendre fiers ceux qui les occupent.
Et il y a une conception démocratique de l’enseignement qui envisage – elle - une élévation totale de la nation quelle que soit la situation occupée, ou plutôt quel que soit le travail et quelles que soient les fonctions qu’auront à accomplir tous les individus de la société ».
En définitive, selon le plan Langevin-Wallon, « l’enseignement doit offrir à tous d’égales possibilités de développement, ouvrir à tous l’accès à la culture, se démocratiser moins par une sélection qui éloigne du peuple les plus doués que par une élévation continue du niveau culturel de l’ensemble de la nation ». Rude tâche ! A venir ?
 

« Le programme de Marine Le Pen sur l’école s’inscrit dans la tradition de l’extrême droite maurrassienne, avec ses accents nationalistes, xénophobes, voire racistes, son idéalisation d’un passé mythifié, harmonieux, vers lequel on pourrait sans cesse revenir », analyse François Dubet. Le sociologue ne cache pas sa « stupéfaction » face à un programme qui lui semble «en dehors de toute réalité ». « Manifestement, souligne-t-il, ceux qui sont à l’origine de ce programme si tant est qu’on puisse parler de programme méconnaissent à la fois le fonctionnement de l’école et son histoire. Ils la rêvent… et cela peut devenir un cauchemar. »

Et puis, «il» est arrivé. Il a dit que les Mexicains étaient tous des violeurs, il a imité un journaliste handicapé en se secouant devant un micro et une foule rigolarde, il a assuré que les filles, il les attrapait par la chatte. Quel rafraîchissement. …
… Cette langue de brute refait désormais surface partout dans le monde. Rien n’est plus faux que ce proverbe : «On ne refait pas l’histoire.» On passe son temps à la refaire, au contraire, et à faire du faux neuf avec du vrai vieux...


Etranges Etrangers ...

une nomination semble être passée quasi inaperçue en Europe. Celle de la ministre de l’Education, Betsy DeVos, multimilliardaire, ex-présidente du Parti républicain dans le Michigan ... 
... Outre qu’elle n’est jamais allée à l’université après avoir décroché son B.A. à Calvin College, elle milite depuis des décennies pour l’école libre et le «Voucher Program», permettant aux parents de payer la scolarité de leur enfant dans l’école de leur choix. Il s’agit, autrement dit, de financer l’enseignement privé et religieux avec l’argent public. Betsy DeVos est aussi ex-membre du Conseil (1995-2005) et, encore à ce jour, soutien de l’Institut Acton, qui est favorable au travail des enfants, y compris dans les mines. Oui, vous avez bien lu

... En 2010, elle crée l’American Federation for Children, qu’elle dirige jusqu’en 2016 et à travers laquelle elle promeut les charter schools, ces écoles privées à financement public. La milliardaire défend également le système de vouchers, ces «chèques éducation» distribués aux parents pour qu’ils puissent scolariser leurs enfants dans une école privée tout comme l’enseignement à domicile. Encore candidat, Trump avait promis de réorienter 20 milliards de dollars en fonds fédéraux pour développer les écoles privées. Betsy DeVos a maintenant le champ libre. Mais ...

... Betsy DeVos a fondé en 2010 l'American Federation for Children. A travers ce mouvement, elle promeut la création de charter schools, ces écoles privées financées en partie par des fonds publics. Elles offrent aux élèves, selon ses promoteurs, un "choix" alternatif aux écoles publiques qui sont dans la ligne de mire des conservateurs en raison de l'influence des syndicats et de l'impossibilité de licencier les enseignants considérés comme mauvais.
"La plupart des charter schools ont des résultats inférieurs à la moyenne de l'Etat", expliquait le "New York Times" fin 2016. Une enquête menée par le "Detroit Free Press" en 2014 révélait que les charter schools du Michigan "ratissent l'argent des contribuables et refusent de détailler ce qu'ils en font".
Elle-même scolarisée dans des écoles privées et ayant placé ses enfants dans des écoles privées, Betsy DeVos mobilise aussi ses efforts pour mettre en place un système de vouchers, des "chèques éducation" distribués aux parents pour qu’ils puissent scolariser leurs enfants dans une école privée ou choisir l’enseignement à domicile...


… Au cours du premier week-end de février, cinq personnes ont été tuées par balles à Chicago, et une vingtaine gravement blessées. Entre le 1er janvier et le 20 février, on dénombre quelque 90 morts et près de 380 blessés. Si ce rythme se maintient, l’année 2017 risque d’être aussi meurtrière que 2016, qui, avec 784 morts et près de 4 000 blessés, fut la pire année depuis deux décennies
… Pour expliquer l’accroissement continu du nombre de meurtres ces dernières années, les habitants noirs de la ville évoquent tous les mêmes causes générales. Les grands ensembles de logements sociaux proches du centre-ville, qui abritaient une bonne partie de la communauté noire de Chicago, ont récemment été détruits pour laisser place à des bureaux et des habitations pour Blancs aisés. Les Noirs ont été refoulés dans les quartiers périphériques déjà misérables et surpeuplés, et l’arrivée de ces nouveaux venus a provoqué des tensions…
… Les insultes et les déclarations de guerre se propagent aussi sur Facebook et Instagram, avant de se régler dans une rue, un terrain vague, un immeuble abandonné… Sur YouTube, on trouve aussi des compilations à la mémoire, par exemple, des « Dix meilleurs rappeurs de Chicago tués en 2016…
Une ville tenue par les démocrates depuis des décennies, où Barack Obama avait lancé sa carrière politique, et dont le maire, Rahm Emanuel, secrétaire général de la Maison Blanche de 2008 à 2010, s’avérait incapable d’assurer la protection de ses habitants les plus vulnérables

… Il y a encore quelques années, le phénomène ne concernait que quelques milliers de personnes, appelées «survivalistes» qui, terrifiées à l'idée de voir l'apocalypse poindre, stockaient boîtes de conserve, pièces d'or, générateurs, et fusils de tout calibre dans leurs redoutes des Rocheuses ou du Midwest. 
Mais ce phénomène de paranoïa assez répandu - les États-Unis compteraient 10 millions de survivalistes - touche aussi les plus nantis, à commencer par les cerveaux et les financiers de la Silicon Valley



Le boom des entreprises tech dans la région et la pénurie de logements y ont entraîné une envolée des loyers, note le quotidien : selon cet indice, ils seraient maintenant les plus élevés du monde, devant New York et Hong Kong (Paris n'est «que» en 18e position). Les enseignants, les fonctionnaires, les pompiers et autres membres des classes moyennes (sans parler des pauvres) ont ainsi dû déménager …
… si l'immobilier est trop cher dans la région, les conséquences sont bien plus graves pour ceux qui ne travaillent pas dans la tech :
«Pour une personne âgée dont le service de soins est en bas de la rue, le déménagement peut être une condamnation à mort. Pour une famille d'immigrés avec deux enfants, quitter une ville sanctuaire [contre les contrôles policiers accrus par Trump contre les sans-papier] signifie que vous risquez l'expulsion.»

… «Maintenant, avec la victoire de Trump, il est devenu impossible de nier ou dissimuler le grand schisme [...] entre une élite qui s'empare des fruits de choix de la modernité tout en dédaignant les anciennes vérités, et des masses déracinées qui, se trouvant elles-mêmes privées des mêmes fruits, s'adonnent au suprémacisme culturel, au populisme et à la brutalité vindicative.»…
… «Il ne suffit plus de demander “Pourquoi nous haïssent-ils?” ou d'accuser les turpitudes politiques, les malversations financières ou les médias. La guerre civile mondiale est aussi un événement très intime: sa ligne Maginot traverse les cœurs et les âmes de chacun, conclut l'auteur dans les dernières pages de son ouvrage. Nous devons examiner notre propre rôle dans une culture qui ravive une vanité inexorable et un narcissisme creux. [...] Par-dessus tout, nous devons réfléchir de manière plus pénétrante à notre complicité dans des formes quotidiennes de violence et de dépossession et à notre endurcissement face au spectacle de la souffrance.»
En somme, rester voltairiens mais essayer davantage de comprendre Rousseau et de nous mettre à sa place, sous peine de voir nos démocraties finir au ruisseau.

Nous sommes devant un mur de législations américaines extrêmement touffues, avec une intention précise qui est d’utiliser le droit à des fins d’imperium économique et politique dans l’idée d’obtenir des avantages économiques et stratégiques.» Ce 5 octobre 2016, le député Les Républicains Pierre Lellouche ne mâche pas ses mots devant les commissions des affaires étrangères et des finances de l’Assemblée nationale, à Paris. Il y présente le rapport (1) de la mission d’information sur l’extraterritorialité du droit américain. Un rapport dont la lecture «fait froid dans le dos», selon les termes du député socialiste Christophe Premat.

(1) «Rapport d’information déposé par la commission des affaires étrangères et la commission des finances en conclusion des travaux d’une mission d’information constituée le 3 février 2016 sur l’extraterritorialité de la législation américaine», Assemblée nationale, Paris, 5 octobre 2016.

 … «Imaginez que la surface de la terre soit soudain devenue la propriété [...] de cinq gros bonnets du BTP, et que nous autres humains soyons obligés de payer un droit d’utilisation chaque fois que nous posons un pied au sol.»
Ce serait insupportable, c’est pourtant la condition de notre vie numérique. La question est donc : comment réagir ? Comment trouver une réponse équivalent à ce que fut la taxe foncière, dont l’invention vint contrecarrer l’accaparement des terres par une élite aristocratique et financière ? 
Morozov distingue deux stratégies…
… Au lieu que ce soit nous qui devions payer pour utiliser des services qui fonctionnent grâce aux données que nous avons fournies gratuitement, nous devrions faire payer les entreprises qui utilisent ces données qui sont notre bien commun …
… Il invite donc le camp progressiste à se saisir de cette question, dont il estime qu’elle est un boulevard pour la gauche, la droite n’ayant de rien de nouveau à proposer sur ces questions (du simple fait que l’on vit dans un régime de la donnée de droite)…
… Et il n’est pas faux de considérer aujourd’hui que toutes ces données que nous fournissons aux géants de l’économie numérique par le moindre de nos actes numériques (tout simplement, par exemple en nous déplaçant avec un téléphone géolocalisé), et qui nous sont revendues ensuite sous la forme de services divers, constitue une des spoliations du bien du peuple la plus spectaculaire de l’Histoire.

 … nous sommes, en Europe, très perméables au numérique «Made in USA». Le thème du livre, c’est la manière dont la Silicon Valley cherche à imposer à l’Europe, au moyen du digital, le droit américain. Que le droit évolue sous l’effet du numérique, on s’y attendait : même le vieux Code civil a intégré le contrat sous forme électronique. Mais le grand public a aujourd’hui accès à des services qui sont majoritairement le fait d’acteurs américains et, pour ces derniers, selon un slogan qu’on entend dans la Silicon Valley, c’est «One Network, One World» : il y a un réseau, un monde, et on ne se pose pas la question des valeurs et des droits qui y sont associés. Or, la technologie n’est pas neutre…
… quand il existe un rapport de forces, la Silicon Valley recule. Le problème n’est pas la Silicon Valley, c’est nous. C’est cette Union européenne qui adopte un règlement en matière de données personnelles qui paraît aller dans le sens de meilleures garanties pour les citoyens et qui passe avec le gouvernement américain un accord sur les transferts de données qui permet de s’affranchir de ce règlement. Où est la cohérence ? Nous avons face à nous des gens qui n’ont pas la cohérence des libertariens californiens mais qui utilisent cette idéologie de liberté comme cheval de Troie, pour nous faire baisser la garde

… Premièrement, les entreprises de réseaux sociaux doivent être tenues responsables quand elles facilitent la diffusion de la désinformation. Des hommes comme les PDG de Facebook et de Twitter, Mark Zuckerberg et Jack Dorsey, par leur cupidité et leur stupidité, ont tracé le chemin de l'autoritarisme vers le pouvoir aux États-Unis. En embrassant une définition paresseuse de «l'ouverture», ils ont cherché à récolter les profits numériques de la propagande d'extrême-droite tout en ignorant ses conséquences sociales désastreuses. Depuis, ils ont pris quelques maigres mesures pour rectifier leurs erreurs, mais pour l'instant du moins, c'est trop peu et trop tard

… Jeudi 10 novembre, la juge fédérale de l’Etat de l’Oregon Ann Aiken a jugé recevable la plainte de 21 enfants et adolescents âgés de 9 à 20 ans qui reprochent à Barack Obama – auquel succédera M. Trump –, et à son administration, de ne pas protéger leur environnement du dérèglement climatique.
Majoritairement résidents dans l’Oregon, les plaignants de l’affaire «Juliana [nom de la principale plaignante] contre les Etats-Unis», adossés à l’association environnementaliste Our Children’s Trust, ont déposé leur recours en août 2015…
… Ils s’estiment victimes de discrimination au profit des «intérêts économiques» d’un «autre groupe de ­citoyens», en l’occurrence l’industrie pétrolière…

ces dernières semaines, le risque s’est accru : une loi «ridicule», entrée en vigueur en août dans son Etat, autorise le port d’armes dans les bâtiments universitaires. Jusqu’à présent cantonnées aux parkings et aux allées, elles peuvent désormais être portées dans les salles de cours et les amphithéâtres par tout détenteur d’un permis âgé de 21 ans minimum…
«On ne pourra jamais toucher au deuxième amendement. Mais on peut faire en sorte que les armes soient considérées comme un problème de santé publique, au même titre que la cigarette. Sans interdire le port d’armes, il est possible de le limiter au maximum, mais cela prendra au moins une génération.» Dans les cercles conservateurs, l’heure est plutôt au durcissement de la loi. La plate-forme 2016 du Parti républicain du Texas propose de supprimer «tous les espaces où le port d’armes est interdit, pour permettre aux citoyens d’exercer pleinement leur droit de se défendre». Un droit, précisent-ils, «donné par Dieu».

… On ne sera pas surpris que Trump propose une solution "simple" pour faire face aux difficultés du système éducatif. La solution de D Trump c'est le chèque éducation
… elle propose de financer des programmes pour améliorer le climat scolaire dans les quartiers populaires. Sa campagne vise à la promotion des élèves des minorités. 
Mais comme responsable politique locale, H Clinton a soutenu aussi les charters schools, de nouvelles écoles privatisées..
 
 

  AMERICAN WAY OF LIFE
 

... La prochaine fois qu’on aura envie de rire à un débat républicain,
ou à une proposition de Trump,
regardons-nous d’abord dans un miroir.
... Internet, les réseaux sociaux et les médias, motivés par les revenus de la publicité plus que par le service public, ont créé le parfait désastre. Tout fait est devenu contestable, toute source d’information est devenue discutable et le spectacle a remplacé la politique rationnelle.
Chute libre de la réalité.
Trump en est le résultat.
Il est difficile de savoir quand nous toucherons le fond, mais ...

... Jusqu'ici, la France était épargnée par les tueries dans les écoles, alors que des dizaines ont eu lieu depuis vingt ans, notamment aux Etats-Unis, en Allemagne et en Finlande...
... Ces pathologies ne sont pas purement individuelles, mais constituent les formes extrêmes de comportements -considérés comme "normaux" par la société contemporaine. Dans celle-ci, chacun doit subordonner sa personnalité réelle, ses inclinations et ses goûts aux exigences de la valorisation marchande, du travail, de l'argent, de la réussite. La vie est soumise à la rationalisation totale, le moindre acte devant servir à quelque chose et être productif. Tout se plie aux exigences d'efficience et de gain de temps, de performance : chercher des partenaires sexuels par application -mobile et "gérer son capital-santé", suivre des cours de méditation pour mieux affronter le travail et se bourrer d'amphétamines pour réussir un concours d'entrée à une grande école...

Puisque les temps sont à ériger des murs qui rassurent, c’en est bien un qu’on bâtit là, avec cette distance physique et intellectuelle. Jamais cela n’arriverait chez nous, bien sûr. Nous n’avons rien à craindre sur notre bon vieux continent, vacciné par l’histoire et la civilisation. Ainsi s’invente-t-on des milliers de kilomètres prophylactiques. On se répète : «C’est loin l’Amérique…» Quelle myopie !...
… On écoutait les évangéliques de la Bible Belt (la ceinture de la Bible), corset de religion qui enserre le sud des Etats-Unis. Ces culs-bénits racontaient leur réprobation  de moeurs qu’ils jugeaient dissolues, mais aussi leur recherche d’une morale de vie. On repensait alors à La Manif pour tous… 
… On écoutait, mille fois ressassés, ces propos sur l’Amérique qui fout le camp. On repensait à ces deux amis, rencontrés lors d’un raout de voitures de collection dans le centre de la France, qui avaient décidé de rester scotchés, du mange-disque à la radio flashy, dans les années soixante, celles de leurs 20 ans

C’est une tendance inédite pour un pays développé. Selon une enquête publiée le 26 janvier par la revue scientifique The Lancet, le taux de mortalité des jeunes Américains âgés de 25 à 35 ans a connu une progression entre 1999 et 2014, alors que ce taux n’a cessé de baisser dans l’ensemble des pays les plus riches depuis quarante ans…
… «Une augmentation de la mortalité de 2 % à 5 % par an est rarement observée dans les pays développés. L’ampleur d’une telle hausse est comparable à celle de deux cas d’urgence sanitaire observés dans le passé : la progression substantielle de la mortalité en Russie au cours des années 1990 et la hausse de la mortalité des individus âgés de 20 à 40 ans au sommet de l’épidémie de Sida du milieu des années 1980 au milieu des années 1990 aux Etats-Unis»…

... si vous cherchez des mères de famille blanches, au chômage, vivant en zone rurale, peu socialisées et favorables aux Républicains, et bien on vous sort des noms, des mails et des numéros de téléphone...
... (les hommes politiques ont toujours parlé différemment à une assemblée du Medef et devant des syndicalistes enseignants, par exemple), mais ces communautés étaient identifiées. Là, s’impose une logique d’individualisation extrême construite sur des comportements et non plus des appartenances revendiquées. Ce qui est très différent...
... on pensait avec Orwell que l’autoritarisme de demain reposerait sur l’usage des technologies pour matraquer en continu un message à une masse d’individus presque indistincts. Eh bien, c’est peut-être une combinaison plus subtile qui se met en place ...

Ooooh sooo british ! (British way of life)

 ... Ce rapport met en garde contre le plus important creusement des inégalités depuis les années Thatcher.
Le think tank ne blâme pas le Brexit pour cette tendance, même s’il joue un rôle. Si la croissance reste forte et le chômage bas, la chute de la livre, qui a entraîné une hausse de l’inflation, l’absence ou la très faible croissance du niveau des salaires, les coupes dans les services sociauxet la flambée des matières premières affectent lourdement les ménages défavorisés...
Chaque année, les services sociaux britanniques retirent des milliers d’enfants à leurs parents. Ces derniers ne sont pourtant accusés d’aucune maltraitance ni d’aucun abus psychologique. Ils sont simplement soupçonnés d’être «potentiellement» dangereux pour leur nouveau-né. L’idée d’un danger potentiel futur peut sembler directement inspirée d’un film de science-fiction, façon Minority Report. Elle est pourtant bien réelle, dans un système qui veut tellement se rapprocher du risque zéro de maltraitance à l’enfance qu’il en est devenu pervers et inhumain…
Présomption de maltraitance : Au Royaume-Uni, des milliers d’enfants sont retirés à leurs parents jugés «à risque potentiel».

Discrètement mais brutalement, le Royaume-Uni a fermé la porte, vendredi 9 décembre, aux mineurs isolés de l’ancienne «jungle» de Calais (Pas-de-Calais) qui espéraient être admis sur le territoire britannique, rejetant ainsi, de fait, la responsabilité de leur sort incertain sur les autorités françaises…
… Les jeunes migrants entreront en tout cas dans le système français, car les départements prendront le relais. Une fois leur minorité et leur isolement familial vérifiés, l’aide sociale à l’enfance devra les prendre en charge et trouver une place à chacun. Dans un système déjà saturé.

… En attendant, les 1500 se retrouvent sous une sorte de triple statut, réfugiés, mineurs isolés, et marqués désormais d’une sorte d’indignité supplémentaire, à l’époque de l’année où les enfants, et les braves gens, voudraient que toutes les histoires tristes se terminent bien. Sûr que les animateurs vont tout faire pour alléger les journées et les soirées à venir des centres d’accueil. Mais il y faudra peut-être plus que le pouvoir du Père Noël sur le mois de décembre.

France Stratégie prétend pouvoir asséner comme une vérité incontournable une relation de cause à effet entre l’accroissement de l’autonomie et la hausse des résultats. Cela mériterait d’être grandement relativisé : l’autonomisation de l’école suédoise a produit les effets inverses et c’est l’OCDE qui lui recommande, en mai 2005, une stratégie de réforme conduite par l’État. Quant à l’autonomie de l’école anglaise, ce qu’elle a d’abord produit c’est la privatisation de l’école et les travaux de Stephen Gorard sont loin de montrer qu’elle a permis une plus grande égalité ! On pourrait multiplier les exemples qui mettent en doute la relation causale : plus d’autonomie/meilleures performances…

... La compassion est une denrée de plus en plus rare au Royaume-Uni post-Brexit...
... Le Premier ministre, David Cameron, avait approuvé le texte et laissé entendre que sur les 90 000 mineurs dispersés en Europe (selon Eurostat), 3 000 pourraient être accueillis. Ils ne seront finalement que 350. La ministre britannique de l’Intérieur, Amber Rudd, a confirmé l’arrêt du programme d’ici fin mars. Le Brexit est passé par là. Tout comme les tabloïds qui, depuis des mois, assimilent migrants et réfugiés...

... Sur les écoles privées sans contrat : le contre-exemple britannique s'est révélé contreproductif. Les Academies, projet phare de Blair en matière d'éducation, sont en train de sombrer corps et biens. Il s'agissait de financer des initiatives locales et a priori non commerciales (projets d'associations de parents par exemple) sur fonds publics à égalité avec l'école publique. Ces écoles privées étaient supposées constituer une concurrence stimulante pour le public sans "vendre" l'ecole au marché. Résultats paradoxaux : le marché s'est engouffré dans la brèche, sans surprise, mais une grande partie des écoles crées et financées par l'Etat sont condamnées à brève échéance : enseignants sans qualification recrutés au rabais ; locaux minables ; enseignement misétable… et finalement, désertion par les familles.

... Pendant trois heures, les députés ont multiplié les questions et les exemples de messages haineux laissés en ligne – apologie du terrorisme, incitation à la haine raciale, harcèlement –, malgré de multiples signalements.
Tentant avec peine de brandir leurs «règlements de la communauté» et autres «problèmes d’échelle», Facebook, Twitter et YouTube ne sont pas sortis indemnes de cette séance, durant laquelle les plus remontés des élus britanniques les ont traités de «prostitués»  qui «gagnent leur salaire grâce aux colporteurs de haine». Le constat est sévère ...

    British way of life 

... Jusqu'ici, la France était épargnée par les tueries dans les écoles, alors que des dizaines ont eu lieu depuis vingt ans, notamment aux Etats-Unis, en Allemagne et en Finlande...
... Ces pathologies ne sont pas purement individuelles, mais constituent les formes extrêmes de comportements -considérés comme "normaux" par la société contemporaine. Dans celle-ci, chacun doit subordonner sa personnalité réelle, ses inclinations et ses goûts aux exigences de la valorisation marchande, du travail, de l'argent, de la réussite. La vie est soumise à la rationalisation totale, le moindre acte devant servir à quelque chose et être productif. Tout se plie aux exigences d'efficience et de gain de temps, de performance : chercher des partenaires sexuels par application -mobile et "gérer son capital-santé", suivre des cours de méditation pour mieux affronter le travail et se bourrer d'amphétamines pour réussir un concours d'entrée à une grande école...

... Votre film se déroule cette fois chez vous, en Finlande. Quelle y est la situation ?
La même que partout ailleurs en Europe. Il fut une époque où la Finlande renvoyait 4 % des réfugiés qui trouvaient asile dans le pays. Ce taux est passé aujourd’hui à 80 %. J’ai profondément honte de cette situation. Je suis en colère non pas tant contre les Finlandais, qui ne sont pas tous hostiles à l’accueil des étrangers, mais contre l’Etat qui mène cette politique délibérée et flatte le populisme. J’ai toujours été fier de ma patrie, mais je ne suis soudain plus très sûr de ce sentiment. En cela, rien ne distingue, comme vous le voyez, la Finlande de votre pays, la France...
... Et puis les Finlandais sont très suivistes, très soumis, ils se conforment à l’autorité. C’est pour cela que l’Etat doit donner le bon exemple, et non encourager l’intolérance et la lâcheté...


Certains pays sont allés loin dans le sens de l'autonomie des établissements. Celui qui est allé le plus loin c'est la Suède. Dans les années 1990, le pays est passé en quelques années d'un système éducatif étatique et centralisé à une décentralisation totale. Les enseignants sont devenus des employés communaux. Les établissements sont gérés par des chefs d'établissement qui ont une totale liberté de gestion sous tutelle de la municipalité et une large autonomie pédagogique. Les parents peuvent inscrire leur enfant dans l'école de leur choix à l'intérieur de la commune. Ils disposent d'un chèque éducation. C'est son apport qui alimente le budget de chaque école.
Vingt ans plus tard, l'OCDE a pointé l'échec de cette réforme. 
Elle constate le faible niveau de compétences des élèves suédois et la baisse régulière de leurs performances. Elle provient de l'absence de discipline dans les établissements et aussi de l'émiettement du système de formation des enseignants dont l'embauche est maintenant municipale. L'Ocde pointe aussi le faible niveau du statut social des enseignants. Cerise sur le gateau : les communes ont du mal à trouver des chefs d'établissement sur qui pèsent trop de responsabilités.

C'est un champion de la réforme éducative qui est ciblé par l'étude de l'Ocde. Dans les années 1990, la Suède a pris la tête des pays réformistes dans l'optique du New Management. Le pays est passé en quelques années d'un système éducatif étatique et centralisé à une décentralisation totale. Les enseignants sont devenus des employés communaux. Les établissements sont gérés par des chefs d'établissement qui ont une totale liberté de gestion sous tutelle de la municipalité et une large autonomie pédagogique. L'Etat attribue aux communes une enveloppe globale pour ses services en échange de services. Les parents peuvent inscrire leur enfant dans l'école de leur choix à l'intérieur de la commune. Ils disposent d'un chèque éducation. C'est son apport qui alimente le budget de chaque école. On a donc la plus large décentralisation parmi les pays de l'Ocde et elle a été effectuée en un temps record.

Le triste bilan de la réforme

... Votre film se déroule cette fois chez vous, en Finlande. Quelle y est la situation ?
La même que partout ailleurs en Europe. Il fut une époque où la Finlande renvoyait 4 % des réfugiés qui trouvaient asile dans le pays. Ce taux est passé aujourd’hui à 80 %. J’ai profondément honte de cette situation. Je suis en colère non pas tant contre les Finlandais, qui ne sont pas tous hostiles à l’accueil des étrangers, mais contre l’Etat qui mène cette politique délibérée et flatte le populisme. J’ai toujours été fier de ma patrie, mais je ne suis soudain plus très sûr de ce sentiment. En cela, rien ne distingue, comme vous le voyez, la Finlande de votre pays, la France...
... Et puis les Finlandais sont très suivistes, très soumis, ils se conforment à l’autorité. C’est pour cela que l’Etat doit donner le bon exemple, et non encourager l’intolérance et la lâcheté...


 
Il y a une différence énorme entre ceux qui bénéficient d’un environnement familial favorable, qui leur permet de trier, de compléter, d’approfondir ce qu’ils voient à l’école, et ceux qui, à côté, n’ont rien.
Vous parlez d’un taylorisme scolaire : les lycées de l’élite, et les autres, avec une répartition bien définie des tâches à la sortie…
Ce taylorisme scolaire, je l’ai expérimenté d’assez près en passant d’une scolarité au lycée Henri IV à mon métier de professeur dans un lycée de grande banlieue…
… Il y a ceux auxquels la famille montre la marche à suivre, ceux qui n’ont aucune difficulté à décoder le système, et les autres, ceux qui choisissent leur orientation tout seuls, au milieu des schémas et des arborescences d’un CIO, le centre d’information et d’orientation.
Et malheur à ceux qui veulent aller au-delà de l’objectif professionnel qui leur est assigné. Ceux-là, ceux qui se risquent à vouloir devenir médecins ou avocats par exemple, alors qu’ils ne sont pas dans un lycée prévu pour, vont payer un lourd tribut…

Une chose est certaine : rares sont les professeurs qui se déterminent en fonction du programme du candidat pour l'école. Diviser par deux les effectifs dans les classes de CP et de CE1 des écoles défavorisées ? Cette mesure phare d'Emmanuel Macron est unanimement saluée (Hamon et Mélenchon proposent eux aussi des baisses d'effectifs).
L'autonomie des établissement ? Macron en parle de façon assez floue…
… La question de l'autonomie renvoie d'ailleurs à une question fondamentale : quelle est la mission de l'école ? Une question peu abordée par les prétendants à l'Elysée.
"Le problème, c'est que le débat entre les candidats à la présidentielle s'est organisé sur le terrain quantitatif"…

In fine peut-être que les uns ou les autres ne devraient pas oublier que les variations (de faibles ampleurs) des ''parts du marché'' entre public et privé masquent un phénomène massif, le plus important : le « zapping ». Cela fait de nombreuses années que la moitié seulement des familles utilisent le secteur public pour tous leurs enfants. Et il n'y a que 5% des familles qui n'utilisent que le privé pour tous leurs enfants. Presque la moitié des familles ''zappent'' donc entre les deux. Il y a chaque année une ''transhumance d'environ 150000 élèves du public vers le privé, et du privé vers le public. Malheur (politique) à celui qui apparaîtrait comme se mettant en travers de cette ''transhumance'' d'une façon ou d'une autre (en particulier en apparaissant comme favorisant ''outrageusement'' l'un des deux secteurs : ''public'' ou ''privé'') !

Et c’est bien l'absence de clarté des attendus scolaires qui explique une vraie «spécialité» française: la reproduction sociologique de la réussite scolaire et, même, la grande réussite des enfants… d’enseignants! Les anciens mauvais élèves appuient donc là où ça fait mal, ils n’ont pas trouvé à l’école de bonnes raison d’apprendre et de comprendre que c'était non seulement à leur portée mais intéressant pour eux. L’histoire d’un rendez-vous manqué en somme.
Enfin peut-être pas totalement raté pour les protagonistes du documentaire. Car le sentiment d’avoir mal appris, d’être passé à côté du savoir débouche sur une réflexion profonde sur la pédagogie, l’art d’enseigner chez les anciens cancres ce qui a surpris les réalisateurs:
«Ils s’emparaient du sujet pour refaire l’école à leur sauce, telle qu’ils l’auraient rêvée. À travers leur histoire personnelle, ils dessinaient les contours d’une école idéale où ils auraient pu trouver leur place. Leurs revendications sont simples et peu coûteuses pour la plupart. Vous le verrez en regardant le film…»…

… Nous n’avons pas encore de données sur les élèves entrés au cours des dernières années dans le système scolaire. En 2017, on ne connaît en détail que le sort des générations ayant passé le bac au début des années 2000! …
Ce désir égalitaire se heurte à l’illusion du mérite et ce sont souvent les opposants les plus ardents à toute conception néo-libérale de l’économie qui défendent avec la plus grande ferveur une compétition scolaire «pure et parfaite» pour parler comme les économistes, et soit disant «juste».
Cette hypocrisie française ne concerne pas seulement l’école. Sur le logement, la jeunesse, la fiscalité, la culture, et bien d’autres domaines, le grand écart entre les discours des groupes favorisés et leurs actes est un sport national: «faites ce que je dis, pas ce que je fais». ..
Tant que les gagnants de ce système ne se sentiront pas vraiment menacés, rien n’évoluera

À force de tout confondre, on arrive à ces discours selon lesquels en fait, les pauvres sont riches, ils ont des téléphones portables et des écrans plats et donc tout va bien dans la société française.
Tout en restant un des pays où le taux de pauvreté est parmi les plus faibles au monde avec les pays du nord de l’Europe, la France a vu le nombre de pauvres augmenter d’un million en dix ans –au seuil de 50% du niveau de vie médian donc. Sans avoir connu une explosion des inégalités comparable à celle des pays anglo-saxons …
Vous êtes quoi? «Moyen»?Tout une partie des catégories aisées, qui peuvent se réclamer de la gauche, se déguisent en «classes moyennes», parfois «supérieures». Si tout le monde est moyen alors tout va bien, et il n’y a plus de domination sociale!...
… Là, il ne s’agit plus de stagnation, mais bien de marche arrière. Jusqu’à présent, le modèle social a amorti en partie le choc, ce qui explique qu’on ne vive pas une situation à l’américaine avec un effondrement du niveau de vie. Mais avec le chômage, les indemnisations qui arrivent à leur terme, les jeunes qui arrivent à l’âge adulte et deviennent autonomes avec des niveaux de vie de plus en plus faibles et les familles qui en se séparant peuvent devenir deux foyers pauvres, le phénomène est inquiétant…
… S’apitoyer sur le déclassement des diplômés de l’enseignement supérieur est aussi une façon de ne pas parler de la vie des jeunes de milieux populaires, de les rendre invisibles…
… C’est pour cela qu’aucun candidat à l’élection présidentielle n’a de projet de refonte sérieuse de notre système scolaire mais ne propose que des replâtrages.
Il existe une forme de consensus des conservateurs de tous bords pour ne rien toucher au fond, pour ne pas transformer le système, se contenter d’empiler quelques dispositifs comme le nombre d’élèves par classe, de donner un peu plus dans quelques quartiers, mais ne pas toucher …

la candidate du Front national largement en tête des intentions de vote chez les 18-34 ans, avec entre 10 et 15 points d’avance sur Emmanuel Macron…
… Ce manque de mobilité résidentielle fracture profondément la jeunesse et se calque sur la division entre « gagnants » et « perdants » de la mondialisation. La jeunesse « mobile » est celle qui a reçu les armes pour profiter d’un monde mondialisé. Elle connaît parfois mieux les capitales européennes, Shanghaï et Hongkong que les petites villes françaises. Elle peine à comprendre que l’on puisse ressentir un trouble existentiel face aux incertitudes que représentent l’ouverture à la concurrence, la révolution numérique et les nouvelles formes d’emploi…
… les files d’attentes pour obtenir un logement social dans un bassin d’emploi sont telles que ceux qui ne sont pas sur place, à savoir les jeunes venant des zones périphériques, sont désavantagés. Pire, le taux de renouvellement du parc locatif social est deux fois moindre que celui du parc privé, ce qui est un véritable obstacle à l’émancipation de la jeunesse

… Dans les quartiers, à Marseille, les habitants ont le sentiment à raison d’être à l’écart, ils me le disent tous les jours. Ils ne savent pas s’ils vont se rendre au bureau de vote car personne ne s’intéresse à leur vie, à leurs difficultés et à la vie de leurs enfants. Vous trouvez normal, vous, qu’un jeune ne quitte pas son quartier de toute l’année, que les gens ne partent plus en vacances et que personne ne se demande pourquoi ?...

... «Nous opposer le pire pour que l’on se déplace aux urnes ne marche plus. Le FN a déjà gagné. Leurs idées sont déjà là
En 2012, l’association avait monté des ateliers consacrés au vote pour les jeunes, mettant en avant l’engagement de François Hollande en faveur de la mise en place d’un récépissé. «Cette année, nous ne faisons rien, poursuit Youssouf. On ne saurait pas quoi dire

... Du côté du Front national, pour justifier l’uniforme, le «monsieur éducation» du parti, Alain Avello, explique qu’il «réglera le sempiternel problème des signes ostentatoires» et redonnera à l’école «sa fonction assimilatrice pour les enfants d’origine étrangère». Au FN, on imagine plutôt «un blazer», «une façon d’apprendre aux garçons à porter le costume et le tailleur pour les filles».
A droite, l’autre argument est que l’uniforme permettrait de renouer avec le «roman national». Sauf qu’il n’a jamais vraiment existé. «On est là dans quelque chose de mythique. Il n’y a jamais eu d’uniforme et d’uniformité en France»...
... A gauche, les rares adeptes de l’uniforme mettent en avant l’effacement des différences sociales. De Jean-Pierre Chevènement à la sénatrice PS Samia Ghali, pour qui «tout le monde pareil, en plus c’est plus joli». «Les inégalités ressortiront ailleurs. Sur le matériel scolaire, le téléphone», alerte Jean-Rémi Girard. «L’objectif des ados, c’est de se différencier. Alors il y aura des blouses Chanel et des blouses griffées Tati ?» reprend Christian Chevalier. Pour qui l’uniforme «est un cache-misère» qui «détourne de la vraie question : quel système plus juste doit-on mettre en place ?»

... Dans tel établissement catholique, on découvre dans un livre de SVT de 3e « les pages sur la contraception collées entre elles ». Dans un manuel, que « Pétain a sauvé la France », que « des ingrats [les résistants] ont fui en Angleterre ».  Dans telle école musulmane, les frises chronologiques affichées aux murs débutent « aux guerres de religion sans mention de la préhistoire ou de l’Antiquité ».
Des établissements confessionnels se revendiquent, souvent, de Maria Montessori. Or, si le matériel et les supports sont bien dans la lignée de ceux développés par la médecin italienne, relève la note, « les dimensions pédagogiques sont détournées de leurs enjeux et amputées de ce qui les fonde théoriquement.  ...
... Si la gauche n’a pas réussi, sous ce quinquennat, à modifier le régime d’ouverture de ce secteur, elle assure avoir déjà renforcé les modalités et le rythme des inspections : un « guide » a été distribué aux académies en février. Une première.

Montessori , fer de lance de la marchandisation selon P Devin
... "Ceux qui seraient tentés de défendre les pédagogies alternatives au nom de la liberté pédagogique devraient se méfier. Laurent Bigorgne a une conception particulière de la liberté pédagogique car il estime que seules les méthodes éprouvées scientifiquement sont légitimes", écrit P Devin. "C’est là que les choses deviennent plus inquiétantes...

... François Hollande avait fait de la jeunesse le cœur de cible de sa campagne. Cinq ans plus tard, les deux tiers des jeunes (66%) considèrent que la situation du pays s’est «dégradée» depuis l’arrivée au pouvoir de François Hollande (69% de l’ensemble des Français)(Enquête ENEF du CEVIPOF, vague 12)...
... Parmi les primo-votants, certains d’aller voter, et formulant un choix, un quatuor de candidats arrive en tête: Marine Le Pen obtiendrait 29% des voix, Emmanuel Macron 27%, tandis que Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon en récolteraient chacun 15%. À la différence de leurs aînés, les primo-votants écartent d’entrée de jeu la candidature de François Fillon (8%).
Les choix de vote recoupent des fractures sociales et culturelles au sein de la jeunesse. Le vote frontiste enregistre des écarts importants entre la jeunesse étudiante (24%) et la jeunesse au travail (44%)...

… Les enseignants tentent d'orienter les pratiques des parents des milieux populaires. La valorisation de l'autonomie change aussi leur rapport avec ces parents. Ils conseillent par exemple d'acheter des livres et d'en parler avec leur enfant ou de discuter de ce qui a été vu à la télévision.
En fait ils demandent de faire l'école à la maison. Ils reportent une partie du travail à la maison. Or les familles n'ont pas forcément le capital culturel, le temps, l'argent pour faire cela comme les classes plus favorisées le font. Ce genre de discours crée des malentendus entre eux et les parents de milieu populaire.
Au final, l'autonomie creuse les inégalités à l'école ?
Si on ne pose pas la question des conditions nécessaires à ces apprentissages, j'en ai peur.

En réalité, l'expérimentation devient ici un marché comme un autre, se souciant si peu de démocratisation et d'intérêt général que la grande majorité des projets "innovants" portés par ce réseau sont des écoles privées sous contrat voire hors contrat.
C'est le cas de l'école Lab School de Paris qui doit ouvrir à la rentrée 2017.
Là encore, tout est fait pour emporter l'adhésion.
Il s'agirait d'"une école innovante, bilingue, solidaire, laïque et éco-responsable", accompagnant "les enfants aussi bien dans l’acquisition des connaissances que dans la globalité des apprentissages", pour leur permettre, bien entendu, "de devenir des citoyens responsables, éclairés, autonomes, solidaires et épanouis"  (n'en jetez plus !).
Les promoteurs de ce Thélème innovant multiplient les références aux grands noms de l'histoire de la pédagogie : Montessori, Freinet, Dewey, etc. Et pourtant, à y regarder de plus près, il s'agit d'ouvrir un énième établissement privé hors-contrat, une école de l'entre-soi dans un quartier de Paris peu connu pour sa mixité sociale, le 2e arrondissement.
Belle innovation en vérité !...
… Parce que nous refusons la division simpliste du monde éducatif entre "innovants" et non-innovants, parce que nous ne concevons l'éducation que comme un bien commun et un service public, nous aimerions pouvoir enseigner sereinement

... Pour bien fonctionner, une équipe pédagogique devrait être composée de gens qui ont un projet commun et qui souhaitent travailler ensemble.
Impossible ? Pas tout à fait. Les chefs d’établissements peuvent "profiler" les postes des professeurs dont ils ont besoin, c'est-à-dire définir le contenu du poste et recevoir des candidatures. Cette pratique a été autorisée par le Conseil d’Etat pour les établissements Eclair (ancien nom des établissements REP+, les établissements les plus difficiles), et partant, pour tous les autres établissements....

... Le malaise est si «profond» que 23 % des enseignants se disent prêts à changer de métier pour aller travailler dans le secteur privé. Laurent Escure évoque «les difficultés d'accompagnement des différentes réformes, un besoin de formation et une coupure trop nette entre des décisions et une installation sur le terrain qui peine à se concrétiser»...
... Et s'ils réclament plus d'autonomie, pour être «plus efficaces et améliorer la réussite des jeunes», ils ne souhaitent pas pour autant que le recrutement des professeurs et du personnel soit géré par les chefs d'établissement.
L'enseignement privé préoccupe également les sondés...

la-fessée-le-feuilleton
 … Il faut cependant rappeler que, en 2014, le gouvernement a refusé deux occasions d’inscrire l’interdiction des violences éducatives dans des lois qui étaient tout à fait en rapport avec la question et n’auraient probablement pas été censurées : l’amendement proposé sur la loi sur l’autorité parentale et l’intérêt de l’enfant (19 mai 2014), et la loi de la protection de l’enfance, à l’automne 2014.
Et ce, alors que la France avait été rappelée à l’ordre plusieurs fois par le Comité des droits de l’enfant de l’ONU …



allo-maman-bobo
 … Plus de huit adolescents sur dix étaient équipés en smartphone, selon une étude du Credoc de 2015, contre 20 % en 2011.
Et la tendance gagne l’école primaire, où les élèves commencent à en être dotés parfois dès le CM1…
… La question de la dangerosité des ondes avait motivé leur prohibition en 2009 par le Sénat, de l’école maternelle au collège.
Le rôle des écrans dans le manque de sommeil des élèves soucie aussi les professeurs comme les professionnels de santé.
Sommeil, concentration, l’impact des abus d’écran sur les enfants est, en effet, préoccupant…
… Pour les chercheurs, les établissements, dont les téléphones étaient bannis purement et simplement, obtenaient de meilleurs résultats que ceux où ils étaient encore autorisés.
Et même que cette interdiction avait un effet encore plus positif sur les élèves les plus en difficulté…

… Aux États-Unis, plus des trois-quarts des adultes possèdent un smartphone –la France n'est pas très loin, avec environ 65% d'utilisateurs– et passent, en moyenne, à peu près deux heures par jour à le consulter. En réalité, nous toucherions notre appareil entre 200 et 300 fois par jour –soit, pour beaucoup, des contacts bien plus fréquents que ceux que nous avons avec les individus partageant notre vie…
… Avec plus d'un milliard de smartphones dans le monde, notre vie est désormais remplie de micros, de caméras et d'appareils photo connectés

… Les informations circulant sur Facebook ne sont pas considérées comme vraiment fiables: seuls 18% de l’ensemble des enquêtés le pensent. Et même dans le noyau dur des informés par Facebook, l’indice de confiance en la fiabilité des infos reçues plafonne à 27%. Une majorité, dans chaque catégorie reconnaît que le pire côtoie le meilleur et que sans pouvoir faire de tri, ils reçoivent un cocktail mixte d’infos fiables et peu fiables.
Cela va de pair avec un autre constat, la mixité des contenus envisagée sous l’angle du sérieux. Une infime minorité accepte de qualifier ces infos de sérieuses (6,5% de tous les enquêtés). Même chez les plus chauds partisans de ces réseaux pour s’informer, ce chiffre atteint péniblement 10%. Et si tout le monde s’accorde pour qualifier là aussi ces infos de mixtes (sérieuses et divertissantes), le pourcentage de ceux qui ne les jugent globalement que divertissantes est assez conséquent, oscillant de 15 à 36%...

... La deuxième problématique, c’est celle du partenariat de surveillance public/privé. Google va collecter des données, et la NSA, dont on sait depuis 2013 et les révélations de Snowden qu’elle y a accès, va juste se dire : super, voyons voir ce qu’il y a là-dedans !...
... C'est un peu comme si La Poste avait d’un coup le pouvoir d’ouvrir toutes les enveloppes qu’elle voyait passer, et de toutes les lire. ..

l’appétit des nouvelles technologies, des tablettes et autres smartphones, pour de nombreux métaux «stratégiques», aujourd’hui essentiellement importés de Chine, mais aussi du Brésil ou d’Afrique du Sud.
En Bretagne, où l’on dénombre des dizaines de matières premières intéressant l’industrie (tantale, antimoine, cuivre, zinc, tungstène, germanium, or, lithium…), reviennent les mêmes motifs d’inquiétude. Les menaces sur les ressources en eau, donc, dont dépendent directement l’agriculture et l’industrie agroalimentaire, mais aussi sur l’image d’une terre de bocage, de zones boisées et de tourisme vert.
«On n’a pas besoin d’avoir une mine qui va faire fuir les gens !»



80%, c’est bien donc le chiffre qui permet de dire que la France a démocratisé l’accès au baccalauréat. Mais le bac professionnel est obtenu majoritairement par des enfants de familles populaires tandis que les enfants de cadres décrochent, eux, majoritairement un bac général. C’est un trompe l’œil de la démocratisation scolaire…
… Mais surtout, les bases d’un discours délétère sur l’école sont posées: vouloir transformer l’enseignement dans sa forme, c’est forcément être un ennemi du savoir. Et chaque baisse de niveau serait, depuis, à mettre sur le compte de la pédagogie.
C’est à cette époque que les termes ayant pour racine «pédagogie» (soit l’art d’enseigner tout de même) ont commencé à devenir des insultes pour certains…
… «Aujourd’hui comme en 1984, les gens qui crachent sur l’école ignorent sa réalité. On doit s’inquiéter de l’appauvrissement du débat depuis 1984. Je le vois encore aujourd'hui, en regardant les programmes des candidats à la présidentielle, à droite mais aussi à gauche.»
En 2017, l’école publique semble encore manquer de défenseurs dans les débats médiatiques. Et surtout de défenseurs qui connaissent le terrain, travaillent réellement sur la question et fréquentent un minimum des enseignants et des élèves dans leurs diversités…

… En novembre 2016, l’Observatoire des inégalités montrait pourtant encore que seulement 5,2 % des étudiants de doctorat avait des parents ouvriers, cette dernière catégorie ne comptant que 2,7 % des élèves des prestigieuses Ecoles normales supérieures.
60 ans d’interdiction des devoirs à la maison
Les inégalités demeurent donc, et seraient particulièrement renforcées lors des temps de travail extra-scolaire. En 2006, l’Inspection académique du Nord publiait un document au titre choc: «Devoirs à la maison: 50 ans de travail au noir». Il s’agissait pour ces professionnels de l’éducation de marquer le triste anniversaire de la non application de la circulaire du 29 décembre 1956 interdisant formellement les devoirs écrits à l’école primaire…
… Spécialiste de la façon dont les parents-enseignants accompagnent les devoirs de leurs propres enfants, Patrick Rayou décrit l’étendue des compétences que ceux-ci mettent en œuvre dans cette activité:
«Le travail proposé par ces parents-enseignants s’inscrit dans la durée, il est à dose homéopathique, il convoque tous les registres. Ils renforcent leurs enfants cognitivement, ils font de l’ouverture culturelle, ils les renforcent identitairement en leur apprenant la patience, le fait qu’on n’a pas toujours les résultats qu’on espère immédiatement, le fait qu’on apprend de ses erreurs. Tout ça est très loin des modalités d’aide au travail de la plupart des familles des milieux populaires qui ne peuvent être que dans le contrôle.»
Les mêmes ressorts sont utilisés dans les familles aisées qui ne sont pas enseignantes …

mystère: comment expliquer que des jeunes moins allergiques à l’éventualité du vote FN que leurs aînés au même âge aient des opinions beaucoup plus libérales que ces mêmes ascendants? Spécialiste des effets politiques du renouvellement générationnel, Vincent Tiberj décortique cette apparente contradiction insurmontable: de plus en plus de nouveaux électeurs qui compensent le poids électoral de leurs aînés, de plus en plus d’ouverture et de tolérance… et de plus en plus d’électeurs du FN!...
En fait, si les électeurs âgés se montrent plus réticents vis à vis du parti de Marine Le Pen, les explications historiques –ils ont connu l'évolution du parti et sa version 1 sous le leadership de Jean-Marie Le Pen– se mêlent à leurs conditions de vie: plus dépendants de l'État providence pour assurer leurs revenus sous forme de retraites, les retraités sont aussi plus souvent propriétaires et, de ce fait, plus inquiets d'une dévaluation de leur patrimoine qu'entraînerait une victoire du FN.

… "Les sites internet des écoles disent viser la réussite de tous les enfants, voire l’accès à l’excellence. Systématiquement sont soulignées la prise en charge des élèves en difficultés, des enfants intellectuellement précoces et une éducation morale de haut niveau. L’affichage revendique un climat propice aux études et au bien-être, une pédagogie individualisée, la bienveillance des maîtres, la liberté et le respect des rythmes avec, pour quelques-unes, le choix des «bonnes vieilles méthodes qui ont fait leur preuve» et une éducation à des valeurs morales", rappelle le rapport. Malheureusement il n'en est souvent rien.
Très souvent ces écoles affirment utiliser des méthodes Montessori. Mais "les dimensions pédagogiques sont détournées de leurs enjeux et amputées de ce qui les fonde théoriquement", relève le rapport…

Passée l'excitation des débuts et le "welcome kit" (e-mail de bienvenue plein de smileys et de promesses), la désillusion est rapide.
"On imagine les start-up comme des entreprises "révolutionnaires", financées par des "business angels", dirigées par des "rockstars", et alimentées par des "treasure hunters". Hou hou ! On redescend sur terre deux minutes ?"
Derrière la mise en scène millimétrée et la success story que l'on nous vend sur Instagram, il y a un monde brutal pour les individus, raconte-t-elle. La révolution (ou plutôt "disruption") annoncée n'en est pas une.
Le bon vieux modèle de l'exploitation du travail par le capital est toujours là, où le rabaissement des individus est la norme et le sexisme rien de très grave…

Comment peut-on imaginer que les jeunes gens et jeunes filles de ce pays puissent se construire psychiquement, mentalement, moralement ou politiquement dans un tel foutoir moral ? Comment peut-on imaginer une seule seconde que, dans pareil tohu-bohu, des jeunes puissent reconnaître et estimer l’héritage qu’on leur propose au nom de droits humains, de Lumières, de Fraternité ou d’Egalité ?
Devant les minables turpitudes que leur offre la génération des adultes qui prétendent gouverner ce pays ou qui leur donnent des leçons de morale religieuse depuis tous bords, ils sont déchirés entre la rage et le désespoir

Les responsables du désastre qui vient, ce sont eux. Ils avaient pour mission de faire vivre la différence et ils ont organisé le règne du même, l’empire labellisé de l’unique. Maintenant que la forteresse est attaquée par tous les bouts, plutôt que de commencer à réfléchir, ils se sont payé des épagneuls. Et pendant que les cabots aboient, les maîtres, croyant avoir la paix, mouillent leur linge de bonheur à l’idée de Macron, mieux encore : d’un deuxième tour Macron-Le Pen — dont ils sont tellement sûrs que le têtard sortirait vainqueur qu’on peut bien pousser les feux pour le plaisir du spectacle. Pendant ce temps l’illuminé qui a dû prendre la foudre en passant la porte de la banque Rothschild, un autre Jésus mais à moitié cuit celui-là, les enchante avec ses évangiles Harlequin «ni droite ni gauche» ou bien «et droite et gauche», la formule même de l’asphyxie politique. Voguons donc avec entrain vers un deuxième tour tant espéré …

Aux Pays Bas on a privatisé la gestion des écoles publiques. En Suède la réforme est allée très loin puisque les écoles ont acquis un haut niveau d'autonomie et leur gestion a été municipalisée. Le statut de fonctionnaire des enseignants a éclaté. Ils sont devenus des employés privés. Les écoles ont été mises en concurrence avec des chèques éducation. En Angleterre la barrière entre public et privé a disparu par le développement des academies et des free schools, écoles publiques mais autonomes et gérées de façon privée…
… Alors que les idées d'autonomie, d'élévation du niveau de formation , de régionalisation, de contractualisation des relations établissement - Etat, de renégociation du statut et des conditions de travail des enseignants se banalisent dans le discours des politiques et des médias, le travail de Florence Lefresne et Robert Rakocevic nous montre que cette voie prometteuse mène à des impasses.

… Aujourd’hui, à lire les programmes des candidats aux primaires et aux secondaires, on voit bien que l’unanimité, de la droite de la droite à la gauche de la gauche, se dessine, à travers l’invocation imparable des fondamentaux, en faveur du maintien du b-a ba envers et contre tout. Le déni de l’intelligence au profit de la mécanique. Le mépris de la pédagogie
 


 
 
 
 

… «Le client : Dieu a fait le monde en six jours, et vous, vous n’êtes pas foutu de me faire un pantalon en six mois.
Le tailleur  : Mais monsieur, regardez le monde, et regardez mon pantalon.»
Mark Zuckerberg est atteint du syndrome du tailleur. Il est un peu comme ce tailleur contemplant la perfection subjective de ce qu’il a construit et nourrissant l’ambition à peine voilée de réussir avec le monde ce qu’il a réussi avec son «pantalon», c’est à dire sa plateforme de réseau social. Facebook, c’est le pantalon de Mark Zuckerberg…
… Quelle république algorithmique voulons-nous ?
Pour bâtir une vraie république algorithmique, il nous faut, sans attendre, organiser et préparer sinon une riposte, au moins des réponses à cet ensemble de mutations de la société et de ce qui nous permet de faire société. Ces réponses sont déjà en partie connues…
… Il va falloir que l’on se mette rapidement d’accord sur le genre de pantalon que nous voulons pour nous-mêmes et pour nos enfants. Car les nouveaux tailleurs, eux, préparent déjà des pantalons connectés.

… Bien sûr, si les citoyennes et citoyens n’ont pas les revenus nécessaires pour acheter les produits fabriqués par les grandes entreprises, comment celles-ci pourraient-elles prospérer ? Cela confirme le constat du FMI : les pays les moins inégalitaires se portent mieux
… quand on sait qu’aux Etats-Unis, le revenu moyen des 90 % les moins riches stagne depuis un quart de siècle. De surcroît, l’espérance de vie moyenne a commencé à baisser…
… Au Royaume-Uni, 31 % des ménages où un adulte travaille à temps plein restent en dessous du seuil de pauvreté. Les patrons des grandes entreprises américaines empochent désormais environ 300 fois le salaire médian de leur personnel. C’est beaucoup plus que dans tout autre pays ou qu’à toute autre époque …
Au Royaume-Uni, 10 % des bénéfices étaient distribués aux actionnaires en 1970, contre 70 % aujourd’hui

… Les années Obama ont été celles de la montée en puissance des nouvelles technologies. Le président «cool» a eu à cœur d’accompagner le mouvement. Arrivé au pouvoir grâce à la génération Facebook, il n’a cessé de croire à l’usage du numérique pour inspirer le changement social…
… Entre 2009 et 2015, les lobbyistes de Google ont visité la Maison Blanche plus d’une fois par semaine, plus que tout autre compagnie.
«Google a eu plus de pouvoir pendant l’administration Obama qu’Exxon pendant celle de George W. Bush»
… S’il n’est pas l’architecte du programme de surveillance électronique de la NSA, autorisé secrètement par George W. Bush, il n’a pas fait des efforts suffisants à leurs yeux pour le contrôler. En décembre 2016, un rapport du Center for Privacy and Technology de l’université de Georgetown, à Washington, a même dénoncé la mise en place d’une banque de données de reconnaissance visuelle capable d’identifier 117 millions d’Américains, soit la moitié des adultes du pays.
Mais Barack Obama restera aussi comme celui qui a évoqué le plus directement l’envers du décor
 

… les plateformes qui retiennent notre attention sont précisément conçues pour nous prendre en otage et nous faire divulguer, clic après clic, autant de données que possible. Si elles génèrent tant d’addiction, c’est parce qu’elles sont minutieusement optimisées et testées sur des millions d’utilisateurs afin d’entretenir une dépendance durable…
Le principe reste le même : payez, et vous pourrez jouir des libertés que vous teniez autrefois pour acquises. La solution ne relève pas du domaine des droits politiques, mais du marché, accessible à certains seulement, et à des prix variables…
… Pour être véritablement efficace, ce droit à la déconnexion doit s’inscrire dans une vision de la société beaucoup plus vaste et radicale, où notre richesse en données permettrait de maintenir des éléments fondamentaux d’égalité et de justice. Faute d’une telle vision …

… En janvier 2016, le collectif EduNathon (qui regroupe des organisations de défense du «numérique libre», comme le Conseil national du logiciel libre, La Mouette et le Le Ploss-RA) a déposé un recours gracieux auprès du ministère, dénonçant le caractère «illicite» de l’accord conclu avec le géant du Web. Pour EduNathon, ce partenariat serait assimilable à un «marché public», et aurait donc dû être signé «après une procédure de mise en concurrence».
Des actions en justice ont ainsi été mises en place, mais le TGI de Paris a estimé en septembre 2016 que «cet accord n’était pas illicite», rapporte Rue89.
Et l’autorisation des parents ?
Une charte visant à «assurer la protection et la vie privée des données personnelles des élèves et des enseignants» a été annoncée en mars 2016 par la ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem. Un document toujours attendu en début d’année 2017

… En d’autres termes, il s’agit de construire un monde où Facebook et Google auront cessé d’exercer une telle influence, un monde qui aura renoncé au solutionnisme technologique. Un défi ambitieux que seules des démocraties accomplies pourraient relever. Malheureusement, l’aveuglement des démocraties actuelles les conduit à désigner toutes sortes de coupables sans se remettre en question, tout en confiant toujours plus de problèmes à la Silicon Valley…

… «Comment sont stockées les données de Paul, élève dyslexique et qui ont un caractère privé ? Qui peut y accéder ? Qui lira la remarque sur la petite Julie dans trois ans ? Comment s’organise ce droit à l’oubli promis un an après la sortie du collège ? Là dessus, on n’a eu aucune réponse ni aucune information. Nous sommes priés d’accepter l’outil sans poser de questions.» …

… Ils dénoncent avec une incroyable lucidité ce système. "Le Conseil National de la Vie Lycéenne apparait davantage comme un outil de controle des élus lycéens pour canaliser leur colère éventuelle en donnant un semblant de cadre de dialogue.. Cette instance est peu prise au sérieux à l'image de l'ensemble de la démocratie lycéenne"…
… On s'est donné à fond. On est arrivé à des résultats excellents. Et on se rend compte que comme élu lycéen on n'a pas les clés du pouvoir décisionnel. Les instances sont seulement une colonie de vacances où on ne nous prend pas au sérieux.
C'est apparu clairement par exemple un jour où un responsable ministériel nous a dit que l'on ne représentait rien, que l'on n'avait aucun accès aux médias et que le ministère pouvait nous couper les vivres. "Tout le monde s'en fiche de vos actions !" …
A 16 ans c'est quelque chose qu'on n'imagine pas. On croit qu'il y a des instances de partage. En fait la démocratie lycéenne a été crée pour canaliser la colère des lycéens et éviter qu'elle ne s'exprime dans la rue. Le ministère sait que nos mandats sont de deux ans. La première année on ne connait rien. La seconde c'est déjà trop tard. Les élus, pleins de bonne volonté, se sentent trahis. On a obtenu des choses comme le 4ème siège au CSE. Mais compte tenu des propositions qu'on portait c'est maigre

… La mélancolie pointe.
«Est-ce que l’école s’améliore ?
Non


"à l'ouest" :
toujours plus
(section "c'est l'printemps!")

Qui sont les traditionalistes contre la loi sur les établissements privés ?
La Fondation pour l'Ecole, un organisme qui regroupe des écoles catholiques traditionalistes hors contrat a déposé un recours contre le décret du 28 octobre 2016 qui impose un contrôle des élèves des écoles privées hors contrat ou instruits en famille en fonction du socle commun. "Ce décret pourrait contraindre ces écoles à appliquer les programmes de l'Education nationale", déplore la Fondation. Ce qui est intéressant c'est la liste des requérants qui, selon la Fondation, accompagnent cette association hyper catholique : la Fédération des écoles Waldorf Steiner, quelques syndicats FO, CFTC et CGT de l'enseignement privé et Le Printemps de l'éducation, une association qui prétend préparer le renouveau de l'Ecole...


Le Conseil constitutionnel annule l'autorisation d'ouverture pour les écoles privées. Dans une décision rendue le 26 janvier, le Conseil constitutionnel a largement sabré dans la loi Egalité et citoyenneté. Il a notamment annulé les dispositions qui renforçaient le contrôle de l'Etat sur les établissements privés et sur l'éducation à domicile.
Adieu le contrôle a priori sur les écoles privées hors contrat. Dans une décision du 26 janvier, le Conseil constitutionnel a abrogé l'article 39 de la loi Egalité et citoyenneté. "Le Conseil  n'a pas pris position sur le principe de la substitution d'un régime d'autorisation à un régime de déclaration préalable", précise le communiqué. "Il a jugé que, eu égard à l'atteinte susceptible d'être portée à la liberté de l'enseignement par la mise en place d'un régime d'autorisation administrative, le législateur, en confiant au Gouvernement sans autre indication le soin de préciser «les motifs pour lesquels les autorités compétentes peuvent refuser d'autoriser l'ouverture» de tels établissements, a insuffisamment précisé les finalités des mesures susceptibles d'être prises par voie d'ordonnance".
Le Conseil a également annulé le dispositif de controle que l'Etat voulait mettre en place sur l'enseignement à domicile en annulant l'article 31 , là aussi pas sur le fond mais en estimant qu'il s'agit d'articles "cavaliers". Le Conseil a par contre maintenu l'obligation d'ouvrir les cantines scolaires à tous (article 186).

 La décision


… Les sondages le propulsent d'ores et déjà chouchou des enseignants : 29% des intentions de vote selon le Cevipof, devant (tremblement de terre !) le socialiste Benoît Hamon (25%). 45% des profs avaient voté François Hollande en 2012......
Il promet l'autonomie aux écoles "en termes de recrutement" au niveau pédagogique (déjà dans "l'Obs" en novembre), le rétablissement des classes bi-langues et des études dirigées. Enfin - et l'on sait que ce ne sera pas la mesure la plus évidente à mettre en place - il prône l'interdiction de l'usage des téléphones portables dans l'enceinte des collèges et des écoles primaires….

Le sentiment de proximité partisane avec le PS a indubitablement baissé : 24 % des enseignants disent se sentir proches de ce parti aujourd’hui, contre 35 % en 2012 et même 40 % en 2007. On n’est pas loin, selon moi, du divorce. Sans doute faut-il y voir le résultat de la déception suscitée par des politiques menées durant le quinquennat, notamment la réforme du collège. Le sentiment d’un déclin de l’institution scolaire auquel les recrutements ne remédient pas. On s’attendait, sur le terrain, à ce que la gauche s’empare davantage – ou mieux – des grandes questions d’intégration, de pauvreté, de mixité… La désillusion sur ce plan, ajoutée à la dégradation des conditions de travail, pèse face aux urnes…
… A la question «Est-il honnête ?», le candidat Fillon se positionne très bas : 6 % seulement des enseignants répondent par l’affirmative, contre 35 % pour Benoît Hamon, 30 % pour Jean-Luc Mélenchon ou 18 % pour Emmanuel Macron. ..

… Dans son collège auvergnat, où sont scolarisés environ 500 élèves, l’utilisation du portable est autorisée seulement dans une portion de cour, aménagée de quelques bancs. Le «coin portable» se reconnait à son attroupement d’élèves, à l’image des anciens coins fumeurs des lycées.
Le fait de concentrer les élèves à un seul endroit facilite le travail des surveillants qui veillent notamment à ce que les élèves ne prennent pas de photos ou de vidéos. «Il y en a qui le font, on les voit passer sur les réseaux sociaux», reconnait la CPE qui regarde régulièrement les profils (non protégés) de certains élèves.
En dehors de ce coin portable, le règlement dit que les téléphones doivent être éteints. Si un élève enfreint cette règle


... «Nous, on s’inspire des écoles Freinet ou Montessori, avec vingt-huit heures de cours par semaine et, surtout, l’obligation pour les élèves de faire une heure et demie de devoirs par jour chez eux», se défend cet ancien ingénieur, père de deux enfants «non scolarisés».
On est toutefois très loin du constat posé sur l’établissement par les inspecteurs qui l’ont visité...
... pour la première fois, l’Etat, associé à une municipalité – en l’occurrence la ville de Toulouse –, envisage de recourir à la contrainte pour fermer un établissement scolaire qui ne cesse de se dérober à son contrôle...

... Cela fait de nombreuses années que la moitié seulement des familles utilisent le secteur public pour tous leurs enfants. Et il n'y a que 5% des familles qui n'utilisent que le privé pour tous leurs enfants. Presque la moitié des familles ''zappent'' donc entre les deux . Il y a chaque année une ''transhumance d'environ 150000 élèves du privé vers le public, et du public vers le privé".
Mais la question s'invite dans la campagne électorale et le secrétariat général de l'enseignement catholique mise visiblement sur une victoire de l'opposition pour conquérir des parts du marché scolaire. Il ouvre ainsi la voie à des établissements hors contrat au caractère profondément réactionnaire.

... ces écoles alternatives, payantes, ont un point commun, «qu’elles le clament haut et fort et l’écrivent en toutes lettres sur leur plaquette ou qu’elles le taisent comme on cache une botte secrète» : le petit nombre d’élèves par groupe. «Le nombre d’élèves que l’on a devant soi fait toute la différence. A quand l’expérience passionnante qui consisterait à appliquer des méthodes d’enseignement dites «alternatives» à des groupes de 30 élèves et, parallèlement, à appliquer un système dit «traditionnel» à des groupes de 15 élèves ? L'école de la République s'englue, piétine, trébuche, peine à se reformer ? Mettez 15 élèves devant chaque enseignant dans les établissements scolaires gratuits de la République. Elle ne s'engluera plus, ne piétinera plus, et ne trébuchera pas le moins du monde... pour le bien-être de la société entière ...

A moins d’être sourd, chacun a entendu parler des écoles «Espérance banlieues», tant ces établissements, experts en marketing, savent s’y prendre pour attirer les médias, amateurs d’images faciles d’élèves en uniformes, qui commencent leur journée en entonnant la Marseillaise pour un règlementaire lever de couleurs…
… A l’heure actuelle, la Fondation Espérance banlieues revendique quelque 350 élèves (sur un total de 12, 5 millions) répartis dans 8 établissements (sur un total de 63 000 pour toute la France). Un «essaimage» donc très relatif…
… une moyenne d’une dizaine d’élèves par classe, il est indéniable que les écoles Espérance banlieues ne sont pas confrontées au problème récurrent des classes surchargées et des difficultés qui en découlent et que le «suivi individualisé» dont elles sont par ailleurs très fières a sans doute plus à voir avec un recrutement aléatoire qu’avec une pédagogie bien pensée. Des élèves peu nombreux, souvent très jeunes (seul le cours Alexandre Dumas offre une scolarité complète jusqu’en 3e), en outre soigneusement sélectionnés par le chef d’établissement – ce qu’on oublie souvent de mentionner



 

… «S’il s’agit de réclamer des mesures urgentes, je préfère insister sur la revalorisation du smic ou sur la titularisation des précaires de la fonction publique. Sur ces sujets, on est dans la reconquête, alors que le revenu de base, c’est de la conquête. Les débats qu’il suscite me paraissent d’ailleurs aussi intéressants que sa mise en œuvre. Le voyage compte autant que la destination ! Il suffit d’évoquer l’idée pour lancer des discussions passionnées sur ce que nous voulons faire de nos vies, sur l’organisation de la société…» Prendre le temps de mener la bataille culturelle et politique : peut-être le meilleur moyen de s’assurer qu’une fois introduit dans le salon le chaton ne se transformera pas en tigre prêt à dévorer ses propriétaires.

… La petite phrase sur Saint-Denis que Jean-Pierre Chevènement avait prononcée le 29 août 2016 sur France Inter avait déclenché un tollé. «Il y a à Saint-Denis par exemple 135 nationalités et il y en a une qui a quasiment disparu», avait dit au micro de la radio, l’ancien ministre, nommé à la tête de la Fondation pour l’islam de France. Cette citation polémique a valu à son auteur de recevoir ce jeudi le prix du «Grand remplacement», dans le cadre de la troisième édition du «prix du menteur en politique»



Sur les réseaux sociaux, Ulysse Rabaté a partagé l’appel au rassemblement pour Théo - qui a eu lieu samedi à Bobigny. Parmi ses connexions, il a noté beaucoup d’engouement (le nombre de «j’aime», la teneur des commentaires). Alors le conseiller municipal FDG de Corbeil-Essonnes l’a joué à l’ancienne : il a organisé un départ commun de la gare pour ceux qui se sentaient d’aller manifester. «On ne s’attendait pas à 200 personnes, plutôt à une dizaine.» Finalement, ils ont pris le RER D à deux…
«En 83, on a marché. En 2005, on a brûlé. Et maintenant ?»

... Je n’ai jamais dit que la progression du FN constituait un «phénomène assez secondaire». Je soutiens, au contraire, qu’elle est la conséquence logique de l’abandon par la gauche moderne de toute critique cohérente du capital «compris dans sa totalité» (Debord). Et donc de son abandon non moins logique des classes populaires...
... Quant à ces valeurs d’entraide populaires dont vous vous demandez naïvement, et de façon très parisienne, si elles ont jamais existé, il serait bon que vous vous posiez au moins une fois la question suivante : par quel miracle, en effet, les gens ordinaires – dont la plus grande partie ne gagne même pas 2 000 € par mois – pourraient-ils faire face aux inévitables aléas de la vie quotidienne – perte d’emploi ou chute dans la précarité, dégât des eaux, déménagement imposé, cambriolage, problème de santé, etc. ..

De façon générale, à Toulouse, les parents contournent allègrement la carte scolaire : un enfant sur deux n’est pas scolarisé dans son collège de secteur. Environ 15 % obtiennent des dérogations ; 23 % filent dans le privé, qui représente un tiers des collèges de la ville. «Malgré l’évitement, nous avions réussi à regonfler un peu les effectifs», commence le principal. Il insiste sur cette énergie déployée par son équipe. «Je les ai énormément mobilisés. Une collègue me disait l’autre jour : tu as passé des années à nous convaincre de tout donner, et maintenant tu nous dis : "On ferme" ? Elle a raison. Ma position n’est pas simple

... L'Ecole n'a évidemment pas attendu Bonnenote.fr pour connaitre une évolution marchande. La tendance à transformer les élèves et parents en usagers, voire en consommateurs de l'Ecole est déjà là. En France le soutien scolaire représente un chiffre d'affaire d'environ 2 milliards d'euros. Il bénéficie d'aides fiscales importantes.
Mais ce que propose Bonnenote.fr va plus loin que le soutien traditionnel qui passe encore très largement par le contact direct entre un élève et un enseignant  qui explique et accompagne. Bonnenote promet un dialogue avec le rédacteur. Mais ce qui est promis de façon explicite c'est la livraison du devoir tout fait. La plate forme met en contact un élève et un rédacteur. L'uberisation des devoirs à la maison est arrivée...

... La refondation est morte depuis longtemps. Elle est désormais enterrée. Personne n’en parle d’ailleurs. Les programmes des candidats aux primaires n’utilisent pratiquement pas le mot, sans doute dans un réflexe salutaire d’honnêteté intellectuelle. Même les anciens ministres de l’Education Nationale l’ont quasiment oublié ! Ils ne présentent que des mesures, des dispositifs, des promesses de moyens, l’amélioration de l’existant… Que des corrections, des réparations, des aménagements, sans toucher au fond. On sait bien que l’électoralisme à court terme interdit la prospective et l’audace.
On a connu exactement la même histoire avec la loi d’orientation de 1989 (loi Jospin). En 2002, son auteur, candidat malheureux aux élections présidentielles, n’en a jamais dit un mot au cours de sa campagne…


Quand j’entends les politiques parler de «restauration de l’autorité», me viennent ces images, dans Tintin et le temple du soleil, des incas terrorisés qui prient lors de l’éclipse de soleil, dans l’espoir que leur invocation va permettre son retour. Pensée magique, vaine, déconnectée du réel, archaïque, inutile pour tout dire.
Car, une fois qu’on a dit «restauration de l’autorité», que fait-on ? Peu d’idées suivent, et quand émergent une ou deux propositions, ce sont toujours les mêmes : retour de l’uniforme, dans l’espoir que l’habit fera le moine, ressortie des drapeaux et chant de Marseillaise matinaux, où l’on use des symboles de la République comme de talismans, au fond…
… Promettre l’autorité, faire de sa restauration le cœur de sa proposition éducative, en campagne présidentielle, est bien pratique pour un candidat. D’une part, l’opinion publique sera d’accord avec lui, d’autre part c’est plus facile que de promettre la baisse du nombre d’élèves par classe ou de financer la formation continue des maitres

… Le premier syndicat des lycéens ne veut pas qu'on puisse rédiger les devoirs à leurs place contre de l'argent. Le Syndicat général des lycéens (SGL) dénonce dans un communiqué le site Bonnenote.fr, qu'elle considère comme "un Uber des devoirs" et "une marchandisation de l'éducation", qui vont "accroitre les inégalités entre lycéens ayant les moyens de payer leurs devoirs et les moins aisés".
Le SGL, première organisation lycéenne, met par ailleurs en doute l'intérêt pédagogique de ce type de services, récent en France, mais qui existe depuis longtemps aux Etats-Unis…

… L'une des élèves se dessine sous le préau, entourée de huit filles représentées par des "F" majuscules.
"Là il y a un terrain de basket où il y a plein de garçons", montre une autre. Sur sa feuille, elle a aussi tracé des "G" (comme garçons) répartis sur le terrain de foot adjacent. Ils occupent la majeure partie de l'espace central.
Et les filles ? Les "F" se trouvent sur les côtés : tout autour du terrain rectangulaire ainsi que sur les bancs. ..
… "En général, les garçons ont l'espace central avec le terrain de football, le terrain de basket, ou des jeux qui demandent de l'expression, c'est-à-dire de courir, de prendre de la place...
Ils s'organisent entre eux dans des jeux comme ça, et les filles, sans s'en rendre compte, vont se mettre sur les espaces qu'on leur laisse", commente la seconde…
… les pratiques de loisirs des garçons sont survalorisées et sur-portées par les collectivités. Tout cela légitime la présence masculine dans l'espace public et a tendance à reléguer les filles à l'espace privé ou à l'espace scolaire

… Que l’école –en l’occurrence britannique, mais le même constat pourrait être fait pour la France– soit centrée sur le bachotage et une organisation plutôt disciplinaire n’est pas un constat très nouveau. En revanche, souligne l’auteur, cette approche de l’éducation est devenue un contresens …
… On rétorquera peut-être à l'auteur que son approche de la scolarité au XXIe siècle pêche par utopie, cependant le coeur de son argumentation consiste à rappeler que l'école telle qu'elle existe a été pensée pour la force de travail de l'ère industrielle, supposant obéissance, conformisme et peur de la sanction. Or, la productivité suppose actuellement d'autres dispositions sociales et psychologiques, et il est surprenant qu'une école qu'on attend en phase avec la société et le marché du travail ne prenne pas cet argument au sérieux.

les malentendus de la relation pédagogique s’expriment dans les difficultés des élèves les plus fragiles dès la maternelle (2). Ils ont aussi mis en avant la désorientation provoquée chez les élèves les plus éloignés de la culture légitime par le recours aux pédagogies du détour (3) et à la psychologisation de la relation pédagogique (4).
Tous les élèves ne réussissent pas à l’école parce qu’ils ne sont pas tous préparés à recevoir ce que l’école transmet: les codes de la culture dominante. C’est principalement les enfants des classes populaires qui se trouvent en situation de non-familiarité avec cette culture dominante. Entre eux et l’école, entre eux et les enseignants, se noue un malentendu à la fois sur les usages du langage, la fonction du savoir et plus largement, celle de l’école. L’implicite pédagogique ne fait que renforcer la désorientation des élèves les plus en difficulté. Mais le malentendu –et c’est sans doute l’apport le plus intéressant de la démarche d’Escol– est aussi du côté des enseignants: ils sont là pour transmettre, mais ont-ils conscience que le récepteur n’est pas préparé à recevoir, faute d’identifier l’objet, mais aussi de se percevoir comme son destinataire légitime? …

Quelles informations reçoivent les élèves au moment de faire leur choix d’orientation? C’est la question que se pose depuis 2013 la sociologue Agnès van Zanten dans le cadre de plusieurs travaux sur les politiques d’orientation scolaire, les prescripteurs et les lieux d’orientation. Selon elle, les conseils donnés par les équipes éducatives au moment où les élèves doivent faire ce choix diffèrent du tout au tout, selon que l’on soit dans un lycée favorisé ou non. Un biais qui vient accentuer les inégalités sociales et scolaires

Les enseignants en général regrettent une formation continue insuffisante et inadaptée : 80,7% des instits, 63,8% des profs de secondaire, contre 37,1% pour l’ensemble, 27,1% pour les cadres du privé. Les instits expriment davantage le manque de reconnaissance : 56% pensent qu’ils ne reçoivent pas le respect et l’estime que mérite leur travail (36,6% dans le secondaire, 23,6% chez les cadres du privé)…
… Les enseignants se détachent clairement des cadres, même ceux en contact avec du public. Les enseignants de primaire ressentent plus de tensions psychosociales dans leur métier, notamment au niveau de l’intensité, de la complexité du travail et du manque de soutien hiérarchique. «Ce constat rejoint l’idée qu’enseigner tend vers un métier solitaire où le rapport social est peu sollicité en dehors des élèves, même sur le plan du partage et de la transmission de son expérience».
Il est tentant de faire le lien entre les résultats de cette étude et l’augmentation du nombre de démissions chez les profs

Pourtant, on ne les a pas entendus – pas plus que les quatre autres candidats – sur la réforme des rythmes scolaires ou sur celle du collège, deux réformes aussi emblématiques que polémiques et sur le devenir desquelles la communauté éducative s’interroge aujourd’hui. D’autant que la droite s’est d’ores et déjà engagée à revenir dessus. Les candidats à la primaire, eux, semblent jouer la prudence. Pas de slogan qui claque, peu de mesures clivantes, mais des propositions peu détaillées, qui n’ont rien d’inédit et dont on peine à percevoir l’inscription dans une vision d’ensemble. Des classes moins chargées, des professeurs valorisés, un soutien scolaire pour tous… qui serait contre ?...
… On aurait pu s’attendre à ce que des candidats qui font de la lutte contre les inégalités leur fil rouge s’emparent de l’épineux sujet de la mixité sociale – chantier ouvert en toute fin de quinquennat par Najat Vallaud-Belkacem. Il n’en est rien…
… De peur de faire le moindre faux pas, dans une campagne qui se fait au pas de course, les idées restent au stade des déclarations d’intention vagues, mais consensuelles.
 

La France n'échappe pas aux critiques d'Oxfam. Selon l'étude, 21 milliardaires possédaient autant que les 40% les plus pauvres de la population française en 2016. L'an dernier, Oxfam avait dénoncé que le patrimoine cumulé des 1% les plus riches du monde avait dépassé celui des 99% restants avec un an d'avance sur les prévisions.

... Le temps paraît loin où de savants économistes invités par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) s’enthousiasmaient, à longueur de colloques, de la hausse des prix de l’immobilier et de son «effet richesse», prétendument stimulant pour la consommation, la croissance et toute l’économie.
La crise de 2008, déclenchée par la catastrophe des prêts immobiliers toxiques, a montré l’inanité de cette richesse et prouvé qu’au contraire, le renchérissement des logements accélère l’accroissement des inégalités et s’avère contre-productif au plan économique.
L’OCDE commence d’ailleurs à mesurer l’ampleur des dégâts sociaux de cette inflation immobilière...


En éducation, «autonomie» est un drôle de mot : quatre syllabes qui suscitent des réactions épidermiques dans le corps enseignant. Les politiques, eux, adorent ce mot, mais aucun n’y met la même chose derrière… Dans la tête de Macron, le terme autonomie regroupe deux choses très différentes: l’autonomie pédagogique, c’est-à-dire la liberté laissée aux profs d’enseigner comme ils l’entendent. Cette liberté est garantie par les textes, un principe auquel est très attachée la gauche: la réforme du collège, qui a tant divisé, est censée encourager cette liberté pédagogique (avec des heures balisées). Par autonomie, Macron entend aussi laisser plus de marge de manoeuvre aux chefs d’établissement dans la constitution de leurs équipes: il s’agit là de l’autonomie dans le recrutement, une idée idéologiquement de droite, que défend d’ailleurs Fillon.
Que dit la recherche? Là-encore, il n’y a pas de consensus évident entre les chercheurs. Si l’on regarde les résultats de l’enquête internationale Pisa, les bons élèves viennent souvent de systèmes décentralisés, comme, par exemple, la Finlande ou la Suisse. Mais, en la matière, les comparaisons internationales ont leur limite, les modèles ne sont pas forcément duplicables

… L’Education nationale n’est plus, loin s’en faut, ce cliché blessant du mammouth centralisé et ultra-jacobin. Mais ne cédons pas à la pente d’un système éducatif demain «ubérisé», purement horizontal, qui confondrait autonomie pédagogique et règne du chacun pour soi éducatif
 

en France le smartphone est désormais en voie de généralisation. 65% de la population est équipée de smartphone et près de 95% chez les 18-25 ans et 85% chez les 12 - 18 ans. Cela donne de quoi réfléchir sur l'évolution de cet "objet" dans la société…
… On a trop mis en avance le coté couteau suisse de la tablette pour se rendre compte que cela n'était pas aussi vrai mais surtout que de nouvelles difficultés apparaissaient. Les usagers commencent à déchanter, surtout quand il faut revivre le scénario des salles informatiques avec les chariots de tablette (réservation, dysfonctionnements, rechargements oubliés etc.…)…

50 % des parents avouent se laisser distraire par leur portable durant leurs échanges avec leur enfant, 36 % le consultent pendant les repas, et 28 % pendant qu’ils jouent avec les petits. De leur côté, 45 % des enfants trouvent que leurs parents consultent trop leur téléphone, et 27 % rêvent même de le leur confisquer. ..
... ce smartphone qui fait écran entre le parent et son enfant peut pourtant entraîner chez ces derniers troubles du comportement (provocation, accès de colère, désobéissance, apathie, mutisme…) et troubles psychologiques (anxiété, troubles alimentaires, troubles dépressifs, phobies…)...

... Le numérique fait-il évoluer les pratiques pédagogiques ? "Le TNI n’a pas d’effet sur la collaboration entre les enseignants", note le rapport. Paradoxalement c’est parce qu’il ne révolutionne pas les pratiques enseignantes que le TNI est facilement adopté. L’usage projeté du TNI a finalement peu d’impact sur la préparation d’une séquence pédagogique, les activités de référence ne sont pas fondamentalement modifiées... De façon générale, l’enseignant est conscient des changements qu’apporte l’usage du TNI dans le déroulement de son cours, mais il ne change pas pour autant ses pratiques pédagogiques existantes...

... Le numérique à l'école est l'une des priorités de l'Education nationale. Cependant, les améliorations annoncées sont rarement à la hauteur. C'est ce qu'explique le blogueur Monsieur le Prof, qui a déboursé 600 euros pour faire goûter le numérique à ses élèves.
"... je suis très critique vis-à-vis de "l'école du numérique". En théorie, c'est super chouette, mais dans les faits (c'est-à-dire dans les 9 établissements où j'ai pu enseigner) c'est catastrophique. Cette année encore, dans la salle des professeurs de langue où nous sommes une vingtaine, nous n'avons que deux ordinateurs qui fonctionnent, dont un qui tourne encore sous Windows XP, donc inutilisable. Dans une de mes salles de classe, même logiciel.
Quant aux tablettes: c'est une blague, une promesse totalement creuse. Rien ne devient obsolète plus vite qu'une tablette ...

«Je voudrais qu’on mette à l’ordre du jour la définition des objectifs de Nuit debout», lance alors un type. Tout le monde soupire. L’expérience semble résumer en un éclair l’espérance et l’échec du mouvement.
Devant la salle, Martin*, qui venait tous les jours place de la République au printemps dernier, au pôle «logistique», refuse pourtant de désespérer. Certes, la place s’est vidée. Les gens sont partis en vacances, les listes de mail qui permettaient l’échange se sont tues…
«Il y a eu 2000 partages, les gens savaient que Nuit Debout se mobilisait contre la présidentielle.» s’enthousiasme-t-il. Avant de déchanter : «Après, sur place il y  avait 10 ou 11 personnes…»


Pas besoin d’être Einstein pour comprendre ce qui se passe ici : en améliorant le niveau des élèves défavorisés, une population conséquente (et grandissante), le niveau scolaire moyen du pays augmente. Simple me dites-vous ? Pourtant, on ne peut pas dire que ce problème ait été la grande préoccupation de nos politiques ces dernières décennies. Prenons même des candidats à la présidentielle 2017 qui ont dévoilé leur programme sur l’éducation. M. Fillon propose de remettre les devoirs obligatoires à l’école primaire. Non seulement on ne voit pas trop comment cela va régler les écarts sociaux, mais en plus, le TIMSS nous montre que la quantité de devoirs donnés par le professeur n’a aucune conséquence sur le niveau scolaire. Bref, on est mal parti. M. Macron propose d’accroitre l’autonomie des établissements. A côté de la plaque. Marine le Pen parle d’arrêter le collège unique et de rétablir l’apprentissage à 14 ans. Trop tard Mme Le Pen, l’écart scolaire entre pauvres et riches est, on l’a vu, déjà bien établi avant le collège.
Pire même

Depuis plusieurs mois, des professeurs d'un lycée de Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, tentent de mettre à l'abri six de leurs élèves que le 115 ne parvient pas toujours à prendre en charge. Une situation aussi instable qu'injuste. Ils racontent…
… Nous sommes en colère car nous essayons de mettre tous nos élèves en situation de réussite, mais nous sommes ici confrontés à des situations matérielles qui les empêchent concrètement de travailler dans de bonnes conditions. Le droit à l'éducation est assuré, mais le reste ne suit pas.
Nous avons toujours eu des élèves en situation précaire et difficile. Cependant, jamais cela n'avait atteint un tel niveau. A ce stade, les élèves sont réellement en danger et nous ne pouvons le tolérer…

Au tableau, la maîtresse leur montre une photo : on semble voir des supporters se battre dans les tribunes d’un stade. A leurs côtés, un homme en slip brandit une pelle. «Alors, qu’est-ce que vous pensez de cette image ?» les interroge Rose-Marie Farinella, enseignante.
En moins de deux secondes, plusieurs mains se lèvent. Un garçon prend la parole : «c’est faux». Le pied de l’homme à la pelle «n’est pas bien positionné sur la marche», justifie-t-il pour preuve. La maîtresse se délecte : «Parfait ! Tu sais qu’un journaliste de RTL s’est fait avoir par cette image ? [...] Il en a parlé à un ministre pendant une interview.»
Et puis on n’arrête pas les élèves qui bombardent une poignée d’autres arguments pour démonter le photomontage…

… Bref, après des dizaines d'années où la «pédagogie» a été décriée par les milieux réactionnaires au profit de méthodes d'enseignement dites traditionnelles, basées sur la discipline, la passivité, le respect total de la parole du professeur, on soutient aujourd'hui des méthodes que ne renieraient aucun des disciplines de Montessori, Freinet, Coussinet et autres. Certes, tout cela intervient plus d'un siècle après le début des réflexions sur l'éducation nouvelle et après des décennies de critique acerbe des pédagogies gauchistes, ou de l'esprit de Mai 68. Mais il n'est jamais trop tard pour bien faire. On ne peut que se réjouir que les réactionnaires placent dorénavant l'enfant au centre du projet éducatif et favorise de nouvelles relations entre les profs et les élèves.
Mais
(5 jours + tard, le cousSinet", sans doute plus confortable, est toujours online ...)

… un phénomène massif, le plus important à mes yeux : le «zapping» scolaire. Cela fait de nombreuses années que la moitié seulement des familles utilisent le secteur public pour tous leurs enfants. Et il n’y a que 5 % des familles qui n’optent que pour le privé pour tous leurs
enfants. Presque la moitié «zappent» entre les deux. Il y a chaque année une «transhumance» d’environ 150 000 élèves du privé vers le public, et du public vers le privé …

Pourtant, le malaise du monde de l’éducation reste entier. Chaque réforme ou presque a donné lieu à des crispations sans fin (comme celle des rythmes scolaires), ou à des batailles idéologiques sans merci (comme celle des programmes et de l’organisation des enseignements au collège). Cette semaine encore, c’est la révision de la carte des zones d’éducation prioritaire qui provoque un mouvement de grève dans les lycées concernés : ils souhaitent voir pérenniser les moyens supplémentaires dont ils bénéficient pour accueillir des publics scolaires plus défavorisés.
Au-delà des bonnes intentions …
… Ils bénéficient, aussi, d’une logique sociale de l’entre-soi, puisqu’ils accueillent des classes d’élèves beaucoup plus homogènes et socialement favorisés. Contre ces stratégies familiales et sociales, la «refondation de l’école» est impuissante.

«Réenchanter le rêve français». On ne voit pas que la formule de François Hollande, sitôt inventée pour les besoins de sa campagne, ait été autre chose qu’un slogan publicitaire - un de ces slogans qui n’arrangent pas le rapport des citoyens à la politique. Réenchanter le rêve français, quelle idée saugrenue…
… L’époque ne serait pas aux rêves, il faudrait simplement éviter qu’elle tourne au cauchemar. Eh bien, non. N’inventez peut-être pas de nouveaux rêves, candidat(e)s à la Présidence de la République. Vous n’en êtes peut-être pas capables.
Et par pitié épargnez-nous les slogans

+ 50 %
Entre les deux seules enquêtes menées sur les sans domicile en France (2001 et 2012), l’Insee pointe une augmentation de 50% du nombre de personnes concernées. 50% de sans domicile en plus dans la cinquième puissance économique du monde
Pour autant qui dans la campagne électorale, pointe cette grave dérive? Qui parle des 3,8 millions de mal logés? Des 8,8 millions de pauvres (un million de personnes en plus en dix ans)?
Le débat politique fait globalement abstraction de ces réalités

 ... Il faut dire que le constat est, cette année encore, bien sombre.
Quatre millions de mal-logés en France, 143 000 sans-domicile et un nombre d’expulsions (impliquant les forces de l’ordre) ayant bondi de 24 % en 2015...

3 millions
C’est le nombre d’enfants scolarisés dans notre pays qui vivent dans une famille dont les ressources sont inférieures au seuil de pauvreté (soit moins de 1 008 euros par mois). Sur ces 3 millions, 1,2 million vivent dans la grande pauvreté (entre 0 et 560 euros par mois). Pour ces familles, cela signifie avoir des problèmes de logement, de santé, de travail (trop souvent pas de travail du tout ou juste quelques heures), des soucis pour l’éducation des enfants (acheter le matériel demandé par l’école, payer les sorties scolaires, avoir des chaussures pour le sport…) et même, dans certaines communes, se voir refuser la cantine pour ses enfants parce que l’on est au chômage. Alors que les parents, bien souvent, se privent pour que leurs enfants puissent avoir trois repas par jour. Trop souvent nous pensons que les parents qui vivent dans la pauvreté ne s’intéressent pas à la réussite de leurs enfants à l’école ; en fait, tous les parents veulent que leurs enfants réussissent. (Marie-Aleth Grad Vice-présidente d’ATD quart-monde)
 

A compter de ce dimanche 1er janvier, les parents même gravement irrités par d’insupportables caprices et âneries, n’auront plus le droit de châtier physiquement leur enfant. C’est que stipule un minuscule amendement glissé au sein de la loi «égalité et citoyenneté» définitivement adoptée par un hémicycle dépeuplé le 22 décembre. A quelques jours du passage du fameux père fouettard…
… Louable? Bien sûr. Mais que risquent les contrevenants? Rien. Aucune sanction pénale n’est prévue. Pas même une fessée


En éducation, ce débat s’en trouve appauvri, très fortement idéologisé, voire hystérisé, loin des solutions qui peuvent permettre de faire avancer l’école. De ce débat idéologisé, il résulte aussi une absence de consensus trans-partisan autour de politiques scolaires efficaces et mises en œuvre dans la durée, comme cela peut être le cas pour les fondamentaux dans les pays dont l’éducation présente de bons résultats (Finlande, Japon, Corée…). Or sans continuité dans les politiques scolaires qui enjambent les alternances, il n’y aura pas de progrès significatif de l’école française car l’école, comme les apprentissages des élèves, se construit sur un temps long.

Tous les trois ans depuis 2000, la livraison de l’OCDE arrive sur les bureaux des rédactions, dans sa version synthétique (PISA, c’est plus de 1000 pages, faut peut-être pas espérer qu’on les lise vraiment, je l’ai fait une fois, plus jamais merci bien, de toute façon les experts eux-mêmes mettent plusieurs mois à en tirer le substrat), et tous les trois ans on se retrouve avec la même frénésie de comparaison, de classement, avec pour point d’orgue la nomination officieuse, par chez nous qui cumulons les places médiocres, de l’exemple à suivre pour les trois années à venir.
Il y a eu le miracle finlandais – allez coco, allons voir comment font les vikings – puis l’arrivée massive et impressionnante des "pays" du sud-est asiatique en tête des classements – file prendre un avion, bonhomme, qu’on comprenne ce qui s’y passe
PISA compare-t-il ce qui est comparable ? Notre pays peut-il s’inspirer de Singapour, ile de 5,5 millions d’habitants à l’extrême sud de la péninsule malaise ? Ou de la Corée du Sud, pays où les enfants, à côté de l’école, sont quasiment tous inscrits dans une deuxième structure pour prendre des cours particuliers à très haute dose ? Un pays où le taux de suicide chez les adolescents est le plus élevé de la planète, largement nourri par l’angoisse scolaire. Quant aux régions chinoises citées en exemple pour les bons résultats, ce sont des régions côtières en plein développement industriel, financier et économique, peu représentatives du reste de la Chine. »…
 

IMMOBILIER
Toujours plus de logements vacants
La France comptait 35,4 millions de logements au 1er janvier, soit 1,1 % de plus que début 2015, dont 2,9 millions de logements vides (8,3 %), en hausse de 1,4 % sur un an, selon les chiffres publiés par l’Insee mercredi 21 décembre.

Les autres chiffres marquants concernent les logements vacants. On en compte 2,9 millions en 2016 (8,3 % de l’ensemble des logements), contre 1,9 million en 1986 (7,6 %). La majorité des logements vacants se situe dans les zones urbaines de moins de 100 000 habitants (61 % en 2016), mais aussi à la campagne.

Les logements vacants en hausse depuis 2006
Les autres chiffres marquants portent sur les logements vacants. On en compte 2,9 millions en 2016 (8,3 % de l’ensemble des logements), contre 1,9 million en 1986 (7,6 %).
Si le nombre de ces logements a connu une progression annuelle de 1,4 % en moyenne, cette proportion a évolué. Elle a d’abord diminué lentement, reculant jusqu’à 6 % en 2006, avant de progresser ensuite. Depuis cette année, le nombre de logements vacants (qui concerne aussi bien les maisons que les appartements) s’est accru dans toutes les zones urbaines, sauf celle de Paris.

«Bonjour, c’est le SAMU social de Paris.» Leur but : vérifier le bon fonctionnement de l’eau chaude, du chauffage ou des fenêtres, mais aussi l’absence d’humidité, de cafards, de punaises… L’accueil du gérant de cet établissement un peu vieillot mais correct, avec douche et WC à l’étage, est cordial. Le SAMU social est son principal client.
Le 115 d’Ile-de-France loue, chaque nuit, 12 000 chambres dans 550 hôtels de ce genre pour accueillir des familles sans abri, les centres d’hébergement n’étant pas du tout adaptés à ce public…

   C'est le prix du mètre carré
qui fait la différence...
...En Ile-de-France, le marquage social des quartiers
souligne l'inégalité devant l'école.


Nous sommes devant un mur de législations américaines extrêmement touffues, avec une intention précise qui est d’utiliser le droit à des fins d’imperium économique et politique dans l’idée d’obtenir des avantages économiques et stratégiques.» Ce 5 octobre 2016, le député Les Républicains Pierre Lellouche ne mâche pas ses mots devant les commissions des affaires étrangères et des finances de l’Assemblée nationale, à Paris. Il y présente le rapport (1) de la mission d’information sur l’extraterritorialité du droit américain. Un rapport dont la lecture «fait froid dans le dos», selon les termes du député socialiste Christophe Premat.

(1) «Rapport d’information déposé par la commission des affaires étrangères et la commission des finances en conclusion des travaux d’une mission d’information constituée le 3 février 2016 sur l’extraterritorialité de la législation américaine», Assemblée nationale, Paris, 5 octobre 2016.

«Imaginez que la surface de la terre soit soudain devenue la propriété [...] de cinq gros bonnets du BTP, et que nous autres humains soyons obligés de payer un droit d’utilisation chaque fois que nous posons un pied au sol.»
Ce serait insupportable, c’est pourtant la condition de notre vie numérique. La question est donc : comment réagir ? Comment trouver une réponse équivalent à ce que fut la taxe foncière, dont l’invention vint contrecarrer l’accaparement des terres par une élite aristocratique et financière ?
Morozov distingue deux stratégies…
… Au lieu que ce soit nous qui devions payer pour utiliser des services qui fonctionnent grâce aux données que nous avons fournies gratuitement, nous devrions faire payer les entreprises qui utilisent ces données qui sont notre bien commun …
… Il invite donc le camp progressiste à se saisir de cette question, dont il estime qu’elle est un boulevard pour la gauche, la droite n’ayant de rien de nouveau à proposer sur ces questions (du simple fait que l’on vit dans un régime de la donnée de droite)…
… Et il n’est pas faux de considérer aujourd’hui que toutes ces données que nous fournissons aux géants de l’économie numérique par le moindre de nos actes numériques (tout simplement, par exemple en nous déplaçant avec un téléphone géolocalisé), et qui nous sont revendues ensuite sous la forme de services divers, constitue une des spoliations du bien du peuple la plus spectaculaire de l’Histoire.

Non seulement cette intrusion ne suscite guère de résistance, mais il semble que les victimes trouvent toujours les meilleures raisons du monde pour justifier leur addiction. Elles finissent par considérer comme indispensable la multiplication à l’infini des écrans qui les entourent.
Pour la première fois dans l’histoire, cette captation continue ne laisse plus d’espace vide, pistant, archivant, enregistrant les moindres gestes du consommateur afin de mieux conditionner ses choix. Le succès d’une entreprise de marketing se mesure aujourd’hui au nombre d’yeux qu’elle est capable de racoler et d’enrôler à son service. Plus rien ne lui échappe ou presque
… Pour l’historien, la longue durée d’un phénomène est la marque de son ampleur et de sa prégnance. Mesurées à cette aune-là, ces techniques de conditionnement qui s’affinent jour après jour pourraient constituer une menace autrement sérieuse pour la démocratie que les résurgences populistes, même si leur pénétration est plus insidieuse et plus indolore que les sorties tonitruantes de Trump ou de Marine Le Pen…
 

Le projet d’école numérique vise à mettre l’enfant devant un ordinateur en permanence. Il gardera ensuite cette habitude… On le forme déjà à devenir un consommateur sur Internet, quand on lui propose un système fermé et payant, comme Microsoft : croyez vous qu’à la maison, les enfants utiliseront un autre système que celui utilisé à l’école ? Des logiciels libres ? Ils choisiront bien entendu les mêmes outils…
… Ce que nous proposons à la place, c’est une vraie éducation au numérique, à partir de 15 ans – un âge où l’on a déjà acquis les fondamentaux. Les lycéens bénéficieraient d’une vraie discipline, où l’on irait ouvrir des ordinateurs, apprendre à en monter un soi-même, apprendre à programmer, visiter les data centers, essayer de comprendre le système macro qui se trouve autour du numérique – plutôt que de l’appréhender par le petit bout de la lorgnette avec l’EMI. Au lieu d’éduquer par le numérique, l’idée est d’éduquer au numérique, d’en faire une matière et non un outil


Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais à chaque fois qu’on entend une discussion sur le numérique et l’école, il se trouve quelqu’un pour dire, avec un air entendu «oui, enfin bon, on sait bien que les cadres de la Silicon Valley mettent leurs enfants dans des écoles qui bannissent les ordinateurs»…
Je propose donc que la prochaine personne qui utilise cet argument soit envoyée faire une séance d’eurythmie, en chausson et collant, dans une école Waldorf, et qu’on balance la vidéo sur Youtube.

Ce qui est compliqué lorsque nous posons une question à Google, c’est primo, d’intérioriser que nous avons déjà, dans la formulation même de cette question, une représentation mentale assez précise du type de réponse que nous voulons obtenir, et deuxio, de comprendre comment il comprendra, comment il interprètera notre question, comment il tiendra compte de cette représentation mentale pré-existante (biais cognitif) en l’agrémentant de ses propres biais algorithmiques…
… Ainsi, un «enfant» ou un jeune adolescent qui n’est a priori ni raciste ni antisémite mais effectue des recherches sur l’holocauste sans avoir dans son champ ou dans son horizon lexical ou conceptuel les notions de «révisionnisme» ou de «négationnisme» s’adressera à Google en utilisant les formulations qui ont le plus de chance de le conduire vers des sites révisionnistes ou négationnistes, ou à tout le moins de l’exposer à ces théories du doute et du complot

Avez-vous remarqué comme ce que l'on nous vendait hier comme de "l'empowerment", de la "capacitation" est devenu en quelques années une impuissance, une aliénation, le tout à grands renforts de la même persuasion technologique ? Avez-vous remarqué à quel point, encore groggys, penseurs, politiques et intellectuels sont en train de se réveiller, criant "haro" sur le baudet Google ou le mulet Facebook ?..
 

… Le chiffre est à première vue énorme : les collégiens déclarent passer en moyenne sept heures quarante-huit minutes par jour (week-end compris) devant des écrans (télévision, smartphone, ordinateur). Les garçons consomment beaucoup plus de jeux vidéo que les filles (62,2 % contre 35,7 %). Cette durée recouvre en fait des usages cumulés (consultation d’une messagerie sur smartphone pendant le visionnage d’une vidéo sur ordinateur, par exemple). La quasi-totalité des collégiens dépassent néanmoins la recommandation internationale de deux heures maximum d’écrans par jour

… Selon les déclarations d’usage des collégiens ayant participé à l’enquête HBSC en 2014, l’exposition cumulée aux différents écrans au cours de la journée serait en moyenne de 5,8 heures à 11 ans et de 8,5 heures à 15 ans. Même si ces durées sont artificiellement élevées, du fait de la non-prise en compte des usages simultanés dans notre enquête (regarder la télévision en chattant sur son téléphone, faire ses devoirs avec Internet en écoutant de la musique en ligne tout en surveillant sa page Facebook sur son téléphone, etc.), cet état des lieux illustre l’omniprésence des écrans dans le quotidien des adolescents, quelle qu’en soit l’utilisation, et témoigne du temps important qu’ils mobilisent au cours d’une même journée…

… On commence par de la rhétorique à l’ancienne, Aristote, etc. En ce moment, on travaille sur Orwell et la novlangue : comment on arrive à faire dire aux mots le contraire de ce qu’ils ont l’air de vouloir dire. Puis on enchaîne sur le discours publicitaire : comment est-ce qu’il peut nous atteindre sans même qu’on s’en rende compte ? On travaille aussi sur les connotations qu’on peut donner aux mots…
Pensez-vous qu’Internet est en train de faire des jeunes des complotistes endurcis ?
Hélas, il y a des risques. Un certain nombre de jeunes sont seuls sur Internet et ne parlent pas d’actualité avec leur famille. Ça me paraît un peu problématique. C’est ce que le sociologue Daniel Bougnoux appelle la «clôture informationnelle» : on est enfermé à l’intérieur de la façon dont on s’informe. Toujours sur les même sites, les mêmes blogs et donc on va trouver des choses qui confortent nos idées…

«Nous sommes la dernière génération à avoir connu le monde sans smartphone. Ces machines changent notre perception du temps. Nous nous attendons toujours à ce que l’on réponde à nos textos et mails dans la minute et, si ce n’est pas le cas, nous nous sentons négligés.»…
… J’aimerais que les gens soient un peu plus sceptiques. Le vrai but des réseaux sociaux est de faire de l’audience. Mon idée est de rappeler que Facebook est un business, ce que tout le monde semble oublier. Plus on passe de temps dessus, plus ils s’enrichissent.»…


Contrairement à ce que disent certains hommes politiques, l’autorité est donc loin d’avoir déserté l’école. «Elle est bien présente et on le mesure, par exemple, au fait que les élèves français sont moins absentéistes que les autres, explique Eric Charbonnier, analyste à l’OCDE. Ce phénomène s’explique sans doute par le fait qu’il y a, en France, plus de discipline et de sanctions qu’ailleurs : l’institution scolaire contrôle de près les élèves. Dans notre pays, ce n’est pas l’autorité qui manque, mais la flexibilité : les établissements et les professeurs disposent de peu d’autonomie. Les difficultés de l’école ne seront donc pas réglées par l’instauration d’un uniforme ou l’obligation de chanter La Marseillaise.»…
Pourquoi cette crainte du désordre, alors même que la hiérarchie est plus prononcée en France que dans les autres pays occidentaux ?...

Il ne s'agit pas de se voiler la face. Et on peut même se rhabiller. Le mot d'ordre ''l'uniforme à l'école'' est un ovni. Les méandres à ce sujet du grand patineur de flou artistique François Fillon sont tout à fait instructives, à l'instar de ses palinodies à propos de la Sécurité sociale…
… Enfin, lors du second débat télévisé de la primaire de droite, François Fillon déclare urbi et orbi : « Je propose un uniforme parce que je pense que c'est moderne, une bonne manière de montrer à un enfant qu'il entre dans une nation »
 

Generation What ? Une jeunesse perdue ?
La génération 2017 est-elle déjà la génération perdue ? Près de 200 000 jeunes Français et 600 000 jeunes européens ont répondu au questionnaire Generation What lancé sur le web et soutenu par des médias.  Dans le Journal du CNRS, la sociologue Anne Muxel en tire les principaux enseignements. L'enquête dresse le portrait d'une génération française très pessimiste, qui rejette les politiques et mise sur la débrouille individuelle.
"Le rejet des élus et des partis est écrasant : 99 % des répondants estiment que les hommes politiques sont plus ou moins corrompus, 91 % pensent que la finance contrôle le monde…"

… Ils sont nombreux à envisager de quitter la France pour travailler à l'étranger: pour 70%, c'est une éventualité.


la loi de refondation a inscrit la mixité sociale dans son article 2.
Mais une autre loi a donné aux collectivités locales la responsabilité de définir la sectorisation scolaire, laissant à l'Etat la décision d'affectation. La mixité sociale a donc besoin d'une collaboration des différents niveaux institutionnels selon le schéma classique, et pas très efficace, du système éducatif français.
 Ou alors le ministère peut seul fortement améliorer l'offre éducative des collèges défavorisés. Par exemple en y installant des filières prestigieuses. Cela marche. Mais c'est couteux pour l'Etat...
 Il y a pourtant une certaine urgence à traiter la question. Le récent Pisa confirme que les système éducatif français est le plus inégalitaire socialement des pays de l'OCDE…
… Mais c'est seulement en 2021 que les chercheurs feront connaitre l'impact en terme de compétences scolaires et sociales auront eu les politiques impulsées en 2016-2017.
Ce qui nous renvoie à un autre quinquennat...

Le constat ne fait plus débat, la situation est connue de tous, pointée par les enquêtes internationales (et dernièrement Pisa). En France, 63 % des collégiens d’origine sociale défavorisée sont scolarisés dans seulement 10 % des établissements. La ségrégation est plus forte dans les grandes villes, où les familles contournent plus la carte scolaire car les collèges sont proches les uns des autres.
L’objectif d’une plus grande mixité avait été inscrit dans la fameuse loi de refondation de l’école de 2013. Mais il a fallu attendre les attentats de janvier 2015 pour que les choses commencent un peu à bouger…
… A la rentrée 2016, sur les 20 projets annoncés un an avant, 12 se sont concrétisés, selon le ministère. Certains élus locaux ont renoncé en cours de route, d’autres ont reporté à la rentrée 2017, parfois en réduisant la voilure, comme Paris qui a divisé par trois le nombre de projets envisagés…
… Les critiques sont de plusieurs ordres. D’abord, le nombre d’établissements concernés. Malgré les annonces de la ministre ce mardi, il reste anecdotique comparé aux 7 100 collèges en France…
… Une autre question se pose : cette «dynamique» a-t-elle une chance de survie en cas d’alternance à la présidentielle ?...

… Car cette fois, ce que le monde de l'entreprise demande, ce sont des salariés créatifs. En outre, ils doivent avoir développé des compétences managériales adaptées à la nouvelle économie collaborative: autonomie, esprit d'initiative, coopération, empathie, créativité… Pour produire cette nouvelle élite de travailleurs, les méthodes pédagogiques de la bourgeoisie traditionnelle ne semblent plus adaptées. Les méthodes issues des pédagogies nouvelles semblent plus adéquates pour former les qualités requises. Entres autres, la pédagogie Freinet, qui semble prisée par la Chambre de commerce et d'industrie de Paris (CCI) pour former les compétences managériales et entrepreneuriales.
Cette orientation du monde scolaire est-elle inéluctable? D'un côté, en éducation prioritaire, une pédagogie explicite d'inspiration behavioriste pour former les élèves de milieux populaires en leur assurant les connaissances de base. De l'autre côté, des pédagogies nouvelles destinées à former la nouvelle élite très qualifiée du monde du travail dans des écoles alternatives privées ou dans des écoles publiques qui ont évolué…
… A la suite de Paulo Freire, les pédagogues critiques considèrent dans l'ensemble que la pédagogie ne doit pas se donner uniquement pour ambition de transformer la salle de classe; car au-delà de ses murs, c'est dans toute la société que se déploient les choix éducatifs


Ce sont deux collèges du 18e arrondissement de Paris, distants de 600 mètres l’un de l’autre. Il y a celui du «nord» et celui du «sud». Celui qu’on dit «à éviter» et celui qu’on dit «plus attractif». La «ZEP» et le collège réputé «bobo»...
… Problème : le projet passe mal. Annoncé le 23 novembre, il a aussitôt déclenché une levée de boucliers côté Coysevox. Trois grèves des professeurs, dont la dernière jeudi 8 décembre, blocus des parents le 1er décembre, pétition signée par plus de 900 personnes…
… Mais des échéances électorales approchant – et l’enthousiasme n’étant pas au rendez-vous sur le terrain –, les ambitions ont été revues à la baisse.
De la douzaine de secteurs multicollèges prévus au départ, il n’en reste aujourd’hui que quatre, et peut-être moins demain. De huit arrondissements impliqués, il n’y en a plus que trois…
… Aucune de ces zones tests n’intègre les collèges les plus huppés de la capitale. Question d’«acceptabilité sociale», souligne-t-on au rectorat. Aucune, non plus, n’intègre les collèges privés, qui jouent pourtant un rôle-clé dans la ségrégation sociale des collèges parisiens. ..
… Dans la capitale, le défi est immense. Paris est la ville où le niveau de ségrégation sociale atteint «des sommets inacceptables», dénonçait l’économiste Thomas Piketty dans Le Monde en septembre. Quand certains collèges ne comptent quasiment aucun élève défavorisé (moins de 1%), d’autres en accueillent plus de 60%.

Sois silencieux mais participe, reste tranquille mais sois enthousiaste, attends qu’on te donne la parole mais n’embarrasse pas le maître de tes questions, aide tes camarades mais ne les laisse pas recopier: la liste des exigences à laquelle doit satisfaire un élève pour correspondre aux canons professoraux est tissée de contradictions. Peut-on affirmer que ces règles ne sont là que pour permettre à chacun d’apprendre et progresser au mieux? Il est permis d’en douter.
Car ce qui s’exprime d’abord, c’est la volonté de l’institution de protéger ses valeurs, ses représentations et ses habitudes

Comment vivent les étudiants aujourd'hui ? Budget plombé par le loyer, soins de santé reportés, fragilités psychologiques croissantes... Une étude de l'Observatoire national de la vie étudiante (OVE) publiée ce jeudi révèle les conditions de vie actuelles de ces jeunes Français.
Premier constat de cette enquête menée tous les trois ans: en 2016, pas moins de 46% des étudiants interrogés ont déclaré exercer une activité professionnelle au cours de leur année universitaire, que ce soit un stage, un contrat d'alternance, un "job" en lien ou pas avec le cursus suivi...
… la composition d'un budget étudiant a sensiblement changé en trois ans, avec une part de plus en plus importante de l'emploi pour financer ses études, des allocations et bourses de l'Etat. A l'inverse, l'étude note une baisse de l'aide accordée par la famille, pourtant principale source de revenus en 2013.
Dans ce budget serré, "le logement demeure le poste de dépense le plus important"
 

   C'est le prix du mètre carré
qui fait la différence...
...En Ile-de-France, le marquage social des quartiers
souligne l'inégalité devant l'école.
… En termes de santé publique et parce qu’elles sont des lieux d’égalité d’accès à l’alimentation, les familles prêtent aux cantines l’image d’un refuge de la variété et de l’équilibre alimentaire des convives.
Ce n’est pas ruineux. Pour ce qui est de la qualité, en revanche, on les accuse d’abuser des premiers prix de l’industrie agroalimentaire et d’une agriculture intensive dont les produits contenant des pesticides saturent de camions les autoroutes d’Europe.
C’est malheureusement assez vrai, le contenu de nos assiettes est la traduction de nos pratiques alimentaires. Manger bio en respectant l’environnement reste l’exception : à peine 3,2 % des achats de la restauration collective en 2015 …
… Il en va de même pour l’ineptie du gaspillage alimentaire. La moyenne des restes par assiette et par convive frôle 150 g : c’est un tiers de la nourriture achetée, cuisinée et jetée, dont il faut en plus payer la collecte, le stockage et le traitement. Certaines collectivités parviennent à réduire de 70 % à 80 % ce gaspillage

Le bailleur social Silène qui souhaite revendre le bâtiment accueillant le lycée expérimental l’a cependant autorisé à y rester pour l’année scolaire 2017-2018.
Depuis plusieurs semaines, le lycée expérimental de Saint-Nazaire se mobilise pour empêcher sa fermeture. Propriétaire du bâtiment, le bailleur social Silène souhaite le revendre, menaçant ainsi son existence. Malgré une concertation organisée hier avec la région, le rectorat et les membres de l’équipe pédagogique, le dossier n’avance pas?: la région refuse d’en devenir propriétaire, affirmant que cet établissement scolaire n’est pas de sa compétence. Ce que réfute le ministère de l’Éducation nationale, considérant le lycée expérimental comme une annexe du lycée Aristide Briand...

Autre contradiction. Les ministres de l’Éducation répètent les uns après les autres que la lutte contre les inégalités est leur priorité. Soit. Mais alors, pourquoi le système d’affectation envoie-t-il les professeurs débutants dans les zones les plus difficiles? Les ministres répètent les uns après les autres que la lutte contre les inégalités et la difficulté est leur priorité (du coup je le répète aussi) mais les enseignants qui n’y sont pas préparés…
On a les débats qu’on mérite, l’école qu’on mérite. Aucun enfant qui entre en maternelle, en CP, n’est responsable ni de l’inanité de nos débats sur l’école, ni du manque de volonté collective à changer les choses. Et cette volonté, ce n’est pas seulement celle ou non des ministres de l'Éducation, c’est celle de toute une société. Pour l’instant, tout se passe en France comme si on avait développé l’art de dire tout et son contraire sur l’école

… Alors que François Hollande avait fait de l’éducation sa priorité, le ministère de l’éducation nationale a organisé la fin programmée (quoique discrète) de l’éducation prioritaire en lycée. De nombreux syndicats ont sonné l’alarme, comme le SNES, le SNFOLC, le SNETAA-FO, la CGT Educ’action, SUD éducation, etc. Les professeurs ont demandé à être reçus par la ministre de l’éducation nationale. Des députés de droite (Alain Marleix) comme de gauche (Marie-George Buffet) ont joint leur voix à celle des enseignants et des parents d’élèves. En vain…
…La France ne cesse de sombrer dans les profondeurs des classements internationaux. Selon celui de l’OCDE (Pisa), nous sommes mêmes les champions du monde des inégalités.
Au lieu de les réduire, notre modèle éducatif les renforce. Tout le monde le sait


L'espoir des gens de raison était immense : Internet allait mettre la connaissance à la portée de tous. Rendez-vous compte : les meilleurs cours des meilleurs profs par un clic.
Toutes les études, toute la science mise à disposition gratuitement.
La «petite poucette» de Michel Serres, offrant toute l'information à l'homme, allait le libérer et lui permettre de consacrer son temps et sa cervelle à l'invention, à l'art, à l'intelligence.
Transformation anthropologique bienheureuse, rien de moins.
Patatras.
A leur surprise, les gens de raison découvrent qu'il n'en est rien ou plutôt que c'est le contraire qui se passe …

«On a tendance à penser que parce qu'ils maîtrisent très bien l'usage des réseaux sociaux, les enfants et les adolescents sont les plus perspicaces sur les contenus qu'ils y trouvent.
Notre travail montre que c'est en réalité l'inverse»…
… Elle concerne aussi la lecture de site d'informations –les chercheurs ont ainsi demandé à des enfants et adolescents de faire la différence entre un contenu sponsorisé et un véritable article de Slate.com. Dans ce test précis, sur les 203 élèves concernés, 80% allaient estimer que les textes pourtant clairement identifiés comme «contenu sponsorisé» étaient de véritables articles informatifs…


Les pays les mieux classés dans Pisa sont en effet ceux qui investissent avant tout dans les premières années d’école, cruciales pour les enfants venant de familles défavorisées. Autre question : y a-t-il un lien, scientifiquement établi, entre la taille des classes et les performances des élèves ? «Oui», répond Georges Felouzis, professeur de sociologie de l’éducation à l’université de Genève. Les effets sur les acquis ne sont visibles qu’à partir de cinq ou six élèves en moins, assure-t-il. Ce qui représente un coût financier très important…
Attention, sujet glissant. Une précaution de langage d’abord. La question de la centralisation du système - et de son pendant, l’autonomie - regroupe des choses différentes : il y a l’autonomie financière, la liberté de choisir les enseignants, son école pour ses enfants ou encore l’autonomie dans la salle de classe, dans la façon d’enseigner… Quatre dimensions, parfois éloignées les unes des autres, et dans lesquelles (tous) les politiques s’engouffrent souvent. François Fillon veut ainsi permettre aux chefs d’établissement de recruter les profs à leur guise…

Mais, après la montée des nationalismes en Europe, et la guerre perdue contre la Prusse, Jules Ferry déclare qu'il est impossible de perpétuer «dans une Europe enivrée de l'esprit de nationalité», les principes de sa jeunesse : «nous vivons sous une loi de fer ; s'il faut faire des lois de fer, nous savons les faire et nous les avons faites» (Discours de Jules Ferry du 23 novembre 1891 sur le Tarif général, sur la montée des frontières).
Assiste-ton aujourd'hui au même processus ? Quid de ''l'unification européenne'' ? Est-ce désormais à nouveau une ambition perdue ? Est-ce cela qu'annonce la formule tout à fait inédite de «nation éducative»mise en avant par Manuel Valls ? De quelle (nouvelle) ambition s'agit-il au juste ?
Il devient urgent d'être au clair.

... On oublie qu’Edgar Faure, Olivier Guichard, René Haby, François Bayrou, ministres de droite, ont impulsé ou soutenu des réformes importantes et que l’école a connu une relative continuité républicaine de 1969 à 2007 (hormis la parenthèse réactionnaire de JP Chevènement). On oublie que Luc Ferry a cosigné les nouveaux programmes de 2002, qui étaient conformes à de grandes idées de réforme. Il est vrai que tous ces efforts ont été balayés d’un revers de main par Sarkozy/Darcos en 2008, pour imposer des programmes archaïques (proches de ceux de 1923) et un prétendu «retour aux fondamentaux» ...
... La gauche met en cause les programmes de 2008. Elle a raison.
Mais elle oublie qu’elle n’a rien fait pour les contester, qu’elle a laissé le pouvoir et l’administration poursuivre et condamner les enseignants qui s’y opposaient, qu’elle n’a rien fait pour informer et mobiliser l’opinion publique. Les «désobéisseurs», résistants aux politiques éducatives de la droite, ont été lourdement sanctionnés et la gauche revenue au  pouvoir, a refusé les réparations sollicitées. La gauche a fait mieux encore : faisant totalement l’impasse sur la loi de 1989 et les programmes de 2002, comme si elle en avait honte, elle a laissé penser, de 2012 à 2016, qu’il était possible de refonder l’école avec les programmes de 2008 ...

... La rue de Grenelle applique une vieille recette qui est de tenter de piloter le changement pédagogique à travers une application numérique. Elle s'est donnée beaucoup de mal, à travers des conférences nationales, pour justifier une réforme de l'évaluation qu'elle n'est pas capable de porter sur le terrain. Le LSUN est ainsi un outil pour tenter d'entrainer ce changement tout comme il tente d'imposer la mise en place des EPI et de l'accompagnement pédagogique.
L'expérience totalement loupée du LPC (livret personnel de compétences) n'a pas servi de leçons à la rue de Grenelle.
On ne règle pas les problèmes de société par des instruments techniques. ..

L'Icem Freinet se prononce contre le livret scolaire numérique dans une motion adoptée le 11 décembre. "La mise en place du LSUN a pour conséquence la suppression de tout droit à l’oubli", écrit l'Icem Freinet. "Il constitue année après année un «casier scolaire» numérique qui ouvre la voie à un fichage à vie. Le fichage commence à la maternelle, 18 compétences sont à renseigner en fin de Grande Section. Il se poursuit, depuis la «Loi travail» du 8 aout 2016, par le biais du «Compte Personnel de Formation» (CPF), du «Passeport d’orientation, de formation et de compétences» et, de 16 ans jusqu’au décès de la personne, du «Compte Personnel d’Activité» (CPA)". Le mouvement Freinet craint aussi que "avec le LSUN, c'est la négation et la disparition d'outils qui permettaient aux enfants et aux jeunes de visualiser leurs réussites, leurs progrès et leurs besoins."

Ces cinq dernières années, la communauté éducative a accueilli au mieux avec réserve, parfois avec une franche hostilité, des mesures qui, sur le papier, semblaient pourtant être attendues – voire acquises. C’est l’un des enseignements de ce quinquennat : en matière d’éducation, le consensus n’existe pas.
On en a pris toute la mesure avec la réforme des rythmes scolaires…
… Un boulevard pour la droite ? C’est mal connaître le monde enseignant que de l’imaginer séduit par le programme qui s’esquisse autour de François Fillon, tout juste investi comme candidat de la droite. D’imaginer les professeurs préférer les suppressions massives que la droite prévoit aux «60 000 postes» – désormais tous budgétés – promis par le candidat Hollande en 2012.
L’éducation nationale en a déjà fait les frais, avec la purge de près de 80 000 postes sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy (2007-2012)…

… Et voilà que le Parti socialiste propose de rétablir la conscription. Ce bon vieux temps du service militaire quand une partie de la jeunesse s'en allait se frotter à la dure réalité de la vie des armées: le réveil à l'aube, la présentation des couleurs, le récurage de chiottes, l'épluchage de patates, le brossage de godillots, rien de tel pour ressouder une nation et la préparer à des lendemains qui déchantent.
Quelle riche idée a eu là le Camarade Cambadélis reprenant à son compte une proposition du Camarade Montebourg. Quelle audace! Quelle vision! Quelle bêtise surtout!

… La refondation de l’école annoncée par F. Hollande en 2012 n’a même jamais été définie précisément et encore moins mise en débat. Il n’a jamais été question de rupture, ni même de virage. On a entendu en juillet 2012, au cours d’une concertation/alibi, de hauts fonctionnaires et notamment une rectrice ravie, affirmer que la refondation était en marche depuis de nombreuses années, sans soulever la moindre protestation du public. On a vu aussi des inspecteurs d’académie, par exemple celui d’un département que je connais bien, imposer rudement la continuité en octobre 2012 comme s’il n’y avait pas eu d’alternance. On a vu ce qui aurait pu être un levier déterminant de la refondation, le projet éducatif de territoire, être annihilé par l’administration de l’Education Nationale avec la complicité des mouvements d’éducation populaire, peu préparés à mobiliser leurs forces sur le terrain local. Le peuple a été soigneusement mis à l’écart d’un débat nécessaire sur l’éducation du futur…
… La gauche n’a rien fait qui puisse sauver l’école en l’inscrivant clairement dans une vision de l’avenir de la société. De la même manière qu’elle a abandonné la loi de 1989, elle tournera la page de la refondation. Elle apportera évidemment son soutien aux manifestants revendiquant des moyens…

… Sur les plateaux de radio et de télévision comme dans les débats proposés par les éditeurs et la presse écrite, les chroniqueurs et commentateurs de tous poils semblent tous, en effet, disposer de la science infuse. Ils légifèrent sur tout : une vague enquête sur le port de l’uniforme dans les écoles anglaises et c’est parti : voilà ce qu’il faut faire ! Quelques chiffres sur la Finlande ou la Corée du Sud et tout s’éclaire ! Une agression à la porte d’un établissement et ils savent comment réagir ! La baisse de l’orthographe grammaticale et les voilà convaincus de la nécessité de «revenir à la méthode syllabique» ! Ils ont tout compris

… En 2012, Vincent Peillon a failli inscrire l’obligation de formation des enseignants dans la Loi de Refondation de l’école. La formation continue était sinistrée. Mais les parlementaires lui ont répondu: «Avec quels moyens ?»
Le budget, malgré la hausse prévue, est serré, et il faut reconstruire ce qui a été détruit sous le précédent quinquennat. Peillon abandonne l’idée. Avec les ESPE, il relancera la formation initiale supprimée sous Sarkozy, mais mettra de côté la formation continue.
Je ne sais pas si le public présent a comme moi, marqué le coup. Il m’a fallu plusieurs minutes pour percevoir la pleine incidence de ce qui venait d’être dit. Et prendre conscience du virage décisif que l’Education Nationale a loupé, il y a quatre ans…
… Les profs, ceux qui en ont encore l’envie, le courage, la passion, heureusement ils sont nombreux, n’ont plus qu’à se débrouiller seuls pour ne plus l’être, ne doivent qu’à eux-mêmes d’évoluer et de se former, loin de l’institution.
C’est anormal, c’est illogique, c’est irresponsable.
Mais bon, «avec quels moyens ?».

… Le rapport préconise le modèle du chef d'établissement manager du privé. "La réalité, c’est la pauvreté de la culture de concertation dans le privé (et pas seulement catholique) où l’information simple vaut trop souvent concertation. Cependant, nos enquêtes du début 2016 l’ont vérifié, une meilleure implication des enseignants est relevée, dans les établissements où ils sont entendus, là où l’intelligence collective est prise en compte."
Le syndicat dénonce les "abus de pouvoir" de certains chefs d'établissement.

… Une partie de notre problème réside dans le fait que les dysfonctionnements de notre école qui ne parvient pas à réduire les inégalités ne nuisent pas à tout le monde. Globalement, ils ne nuisent pas aux enfants des milieux favorisés, aux enfants d’enseignants, de journalistes, de cadres supérieurs et des élites dirigeantes. …
… Lutte des classes oui, car comment expliquer autrement le fait que, dans ce pays, on ait pu impunément et sans aucune réaction de solidarité, diviser par deux les fonds sociaux destinés aux élèves pauvres qui sont passés de 73 millions d’euros en 2002 à 32 millions  à 2012 (pas de grève, pas de manifestation, pas la moindre pétition) et qu’on ait pu, sur la même période et sans gêne d’aucune sorte, augmenter sans retenue aucune et à hauteur de 70 millions d’euros les crédits destinés aux heures de colle en CPGE ? Tout cela s’est fait dans un grand silence complice. Qui sont vraiment les assistés dans ce pays et quand cessera cette solidarité à l’envers où les économies faites sur les pauvres servent à préserver les positions acquises par les élites ?..
Proclamer le «vivre ensemble»  mais refuser de «scolariser ensemble», c’est dénoncer les inégalités en théorie mais ne rien faire pour les combattre…

Mais le plus stupéfiant reste à venir. Au lieu de se mobiliser contre une purge thatchérienne à laquelle même les conservateurs britanniques renoncent, certains électeurs de gauche, généreusement relayés par les médias, se préparent à participer ce mois-ci à la primaire de la droite. Au risque de conférer au candidat qui en sortira vainqueur une légitimité supplémentaire quand il appliquera son programme. En 2012, le «vote utile» avait conduit des adversaires du néolibéralisme à choisir M. Hollande dès le premier tour afin de garantir l’échec de M. Nicolas Sarkozy. On connaît le résultat

Une chose est sûre, le nombre d’instit ayant eu une expérience professionnelle augmente très sensiblement, il a doublé en une décennie. Le reproche fréquemment fait aux instits de ne pas connaitre une autre réalité du travail ou de n'avoir jamais quitté l’école ne tiendra bientôt plus.
Ces jeunes instits se voient moins qu’avant enseigner toute leur vie : ils étaient 40% en 2004 à penser faire la même chose dans 15 ans, ils ne sont plus que 33%, et 14% pensent qu’ils auront changé de métier (8% en 2001)…
… le rythme de travail (vacances, horaires…) n’est évoqué que par 26% d’entre eux. Les deux principales raisons évoquées sont l’attirance pour le métier d’enseignant, en augmentation (74% contre 66% en 2001) et le désir de travailler avec des enfants, en baisse (57% contre 70% en 2001)…
… la charge de travail est l’une des plus grandes différences que les jeunes instits perçoivent entre l’idée qu’ils se faisaient du métier et la réalité (54% contre 33% en 2001 !), avec les implications dans la vie privée (60%, contre 40% en 2001 !). Les écarts importants avec 2001 posent question : la charge de travail et l’impact sur la vie privée sont-ils plus forts qu’il y a 15 ans, ou bien les futurs instits la sous-estiment-ils davantage ?..


A quoi bon célébrer ici une journée internationale des droits de l’enfant lorsque nous savons que la patrie des droits de l’homme, comme on l’appelle, a été condamnée, cinq fois, oui vous avez bien lu, cinq fois, en juillet 2016 par la Cour européenne des droits de l’homme pour avoir enfermé des enfants étrangers dans des centres de rétention administrative?...
… Puisque ni le droit européen ni le droit international ne suffisent, faut-il ici rappeler ce que dit le droit français, notamment le Code de l’éducation qui indique à son article L131-1 : “L’instruction est obligatoire pour les enfants des deux sexes, français et étrangers, entre six ans et seize ans” ? Qu’est ce que ces municipalités ne comprennent pas dans le mot “obligatoire” ? En France, en 2016, des enfants ont ainsi cours dans des camions grâce à des associations qui se battent pour donner une instruction à des mômes ostracisés par des mairies…
Parmi les abus constatés, des enfants âgés de 8 à 14 ans transportent des sacs pesant de 12 à 25 kilos et travaillent sans équipements de protection dans des exploitations où des pesticides toxiques sont utilisés, dénonce l’ONG. Certains quittent l’école pour toute ou partie de la journée pour venir en aide à leurs parents…
… Des sociétés «ferment les yeux sur l’exploitation de travailleurs dans leur chaîne de fabrication», s’insurge Amnesty dans son rapport, insistant sur le fait que «des grandes marques continuent de profiter de pratiques illicites déplorables». Et l’ONG de citer les cas de Colgate, Nestlé et Unilever qui «assurent les consommateurs que leurs produits sont composés d’“huile de palme durable”», c’est-à-dire qui prévient la déforestation, respecte l’environnement et les populations locales :
«Il n’y a rien de durable dans l’huile de palme produite en faisant travailler des enfants et en ayant recours à des travaux forcés.»

Respect des droits, accès au savoir, privation matérielle... Quatre grands thèmes sont traités dans cette enquête. Les conclusions sont alarmantes. "Les enfants et adolescents issus des quartiers les plus défavorisés sont les victimes d'un cumul d'inégalités qui induira inévitablement des conséquences dramatiques sur leur développement, leur scolarisation et leur vie future d'adultes", constate ainsi l'Unicef…
"Les enfants des quartiers prioritaires désinvestis de leur scolarité? Plus de 60% se disent angoissés de ne pas réussir à l'école marquant ainsi leur intérêt pour l'éducation et leur préoccupation pour l'avenir", indique le rapport. "Isolés, avec des entourages en faillite et dépassés? Ils sont plus de 67% à déclarer pouvoir trouver de l'aide en cas de besoin dans leur quartier et près de 42% à affirmer avoir une famille à proximité."
Des chiffres largement supérieurs à ceux des quartiers plus aisés

… "le Comité des droits de l’enfant des Nations Unies a, à la suite de l’évacuation de la «Jungle de Calais», rappelé à l’ordre les gouvernements britannique et français, dans un communiqué sévère déclarant : «Les événements de la semaine dernière ont montré clairement que des considérations politiques et autres ont prévalu sur les promesses initialement faites par les deux gouvernements selon lesquels la situation des enfants non accompagnés serait leur priorité.
Peu de cas a été fait en réalité de l’intérêt supérieur de ces enfants».

… Le 23 septembre, la ville de Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis également, avait été mise en demeure par la préfecture de scolariser cinq enfants roms qu’elle refusait illégalement d’inscrire. Des cas d’enfants qui ne sont pas les bienvenus à l’école, le défenseur des droits, Jacques Toubon, dit en traiter tous les jours. C’est parce que les réclamations sont nombreuses qu’il a choisi le «droit fondamental à l’éducation» comme thème de son rapport 2016 sur les droits de l’enfant, publié vendredi 18 novembre. «Nous sommes frappés par le constat qu’en France, aujourd’hui, beaucoup d’enfants sont empêchés d’aller à l’école, malgré l’affirmation du droit à la scolarisation pour tous»
… Autre cas fréquent : des communes refusent les inscriptions en maternelle au motif que l’âge de la scolarité obligatoire est fixé entre 6 à 16 ans. Le défenseur rappelle que la maternelle est un droit dès lors que les parents en font la demande.
Outre des démarches administratives compliquées, la scolarisation des enfants peut être entravée par des changements fréquents de lieux de vie : nouvel hébergement d’urgence loin de l’école fréquentée, démantèlements de campements sans que soient anticipées des solutions de scolarisation…



Ce n’est pas la première fois que notre ministre Najat Vallaud-Belkacem affiche sa préférence pour les bonnes vieilles méthodes. Et on sait que la parole médiatisée est plus importante que les programmes. On se souvient peut-être de la souffrance des enseignants de  CP progressistes, en 2005, quand des parents, des maires (achat de manuels), des collègues de CE1, l’association ultra réactionnaire SOS Education, exigeaient le “retour au b-a ba” puisque le ministre l’avait dit à la télévision...
… Il est vrai qu’elle dit et fait comme Allègre, comme Lang (qui s’est félicité du retour à la grammaire comme préalable à la maitrise de la langue dans les programmes débiles de 2008)... comme Darcos et Sarkozy…

Et si on en demandait trop aux inspecteurs, dont 96% expriment «un sentiment de stress de plus en plus fréquent» ? «D’une école reconnue et respectée, nous sommes passés à une école de plus en plus soumise aux revendications individuelles», écrivent Fotinos et Horenstein.
 «D’une école où la mixité sociale était répandue et participait à l’amélioration du climat scolaire, nous sommes passés à une école qui développe les ghettos scolaires», poursuivent les auteurs de l’étude. Pour «relever ces défis», les inspecteurs, «en première ligne», ont-ils «les moyens (conditions de travail, caractéristiques du métier) nécessaires, et sont-ils aptes (motivation, moral, santé)?», s’interrogent-ils.

… «On ne constate pas de montée de la violence dans les établissements. Nos chiffres le prouvent. Chaque année nous traitons entre 5 000 et 6 000 dossiers. C’est peu en quantité. Il n’y a pas plus de violence qu’autrefois»…
… Si les cas de violence sont donc en baisse, «le passage à l’acte est, lui, plus violent et ce depuis une dizaine d’années» …
«Il y a une certaine montée de l’individualisme et de la judiciarisation. Auparavant les parents d’élèves essayaient de résoudre les problèmes en interne, maintenant ils ont tendance à vouloir régler cela en dehors, voire devant les tribunaux lorsqu’ils mettent en cause la responsabilité du professionnel»…

Le dossier est pour le moins embarrassant pour un ministère qui s’est fixé comme priorité la lutte contre les inégalités à l’école. En 2014, c’est pour donner un nouveau souffle à l’éducation prioritaire qu’il entreprend une révision de la carte des ZEP. De nouveaux réseaux d’éducation prioritaire (REP et REP +) sont définis, comprenant chacun un collège et les écoles de son secteur. Des moyens leur sont alloués : prime, allégement de service, formations, soutien aux élèves…
Les lycées sont les grands absents de cette réforme…
… Mme Vallaud-Belkacem déclare que «les enseignants des lycées qui ont vocation à être dans l’éducation prioritaire ont raison de réclamer les mêmes moyens que leurs collègues de collèges. Il faudra faire cette réforme des lycées de l’éducation prioritaire», sous-entendu dans le prochain quinquennat

25% des nouveaux professeurs des écoles exerçaient une autre profession avant. Un quart, c’est énorme non? Ce sont les données du tout nouveau rapport du Conseil national de l’évaluation du système scolaire (CNESCO)[1], publié lundi 7 novembre. Les très officielles statistiques du ministère de l’éducation nationale donnent le chiffre de 16% pour le secondaire. Voilà des gens qui ont fait autre chose avant et qui se sont dit qu’ils avaient envie de passer leur journée devant trente gamins. Ils étaient, explique le rapport, salariés de la fonction publique, du privé ou chômeurs.
Une galère, vraiment?
Allez comprendre, cette proportion est en nette hausse…
… professeur est un métier vers lequel on peut s’orienter aisément puisque la porte de l'éducation nationale est grande ouverte. En effet, notre école peine à recruter. Dans une société de chômage de masse et d'intellos précaires, enseigner offre la possibilité d’un métier stable et donc d'un salaire qui ne fluctue pas en fonction des projets qui aboutissent ou non. Il est même possible de tester son appétence en devenant contractuel, ce que j’avais fait en 2015 et c’est vraiment très facile comme le montrait plus récemment un reportage d'«Envoyé spécial» diffusé sur France 2.
Du moins jusqu’au moment d'entrer dans la salle de classe

Fonds sociaux pour les collégiens et lycéens pauvres portés à 69 millions d'eurosau budget 2017.
OK.
Rappel les mêmes fonds sociaux étaient en 2001 à…. 71 millions d'euros (source: rapport Delahaye sur "Grande pauvreté et réussite scolaire", page 59).
Donc ce gouvernement n'est même pas fichu de rétablir l'enveloppe que les Assistants sociaux scolaires pouvaient distribuer il y a 16 ans, et pourtant ça fait plus de quatre ans qu'il est au pouvoir - et qu'il trouve des milliards, en revanche, pour faire des cadeaux fiscaux aux grosses boîtes du CAC40 même quand elles licencient.
Accessoirement il y avait +/- 1 million d'enfants pauvres en France en 2001.
Et il y en a plus de 3 millions en 2015.
Donc l'autocélébration de sa politique sociale par la Ministre de l'Education Nationale, comment dire que c'est consternant ? indécent ?

Si l'on en croit Jean-Michel Blanquer, c'est un "modèle éducatif équilibré, mélange réussi de tradition et de modernité, d'épanouissement et de rigueur" que propose "L'école de demain", arbitré uniquement par les acquis scientifiques, par "ce que nous enseigne l'expérience" et "ce que nous enseigne la science".  Pourtant, en 150 pages …
… Un aspect de cette hiérarchisation est la mise en concurrence des établissements. Si les résultats des lycées sont publiés depuis des années, on a vu récemment ceux des collèges connaitre le même sort à travers les résultats du brevet. JM Blanquer irait encore plus loin en publiant les résultats des écoles primaires. On accélèrerait ainsi l'éclatement du système éducatif avec tous les effets de relégation que l'on connait actuellement dans le secondaire.

Selon un sondage publié le 7 novembre par La Croix, "l’école est avant tout, estiment 77% des Français, «un lieu pour apprendre les savoirs fondamentaux». Seules 9% des personnes interrogées lui donnent pour mission première d’enseigner les règles de vie en société"... Une majorité de sondés considère qu’il est davantage du rôle de la famille de préparer à la citoyenneté (61 % pensent ainsi), d’apprendre les usages et les règles de la vie en société (80 %) et encore plus de transmettre une bonne hygiène de vie (95 %).

jusqu’ici, les familles attendaient de l’école davantage d’encadrement et une éducation globale de l’enfant. Une approche qui a contribué au succès du privé. Or selon cette étude, les Français demandent un recentrage sur le “lire, écrire, compter”. Peut-être, avec la polémique autour du genre, redoutent-ils que l’école transmette des valeurs ou une idéologie qui les gêne. Peut-être aussi sentent-ils que l’école ne peut pas tout… Si tel est le cas, on peut parler de tournant historique


 
 
 
 
 
 
 
 
 

Un enseignant consciencieux qui n’avait jamais demandé à devenir directeur d’école mais que l’institution a supplié d’accepter cette fonction compte tenu de ses compétences et de son engagement au service l’école, qui  n’a eu que des rapports d’inspection favorables et même très élogieux au fil de sa carrière… Avec un petit bémol  cependant : ce directeur d’école est un dessinateur et un caricaturiste de talent qui n’hésite pas à dénoncer des abus, des excès, des malaises dans le monde enseignant et à se moquer de comportements archaïques de petits chefs…
… Et pourtant, la Justice a condamné cinq fois l’Education Nationale, avec des attendus qui sont de véritables procès des hiérarques, qui mettent clairement en évidence le caractère scandaleux de cette affaire qui n’aurait jamais su se produire si l’encadrement avait été compétent, attentif, respectueux, juste. Cinq jugements qui comprennent de nombreuses possibilités d’exploitation et de jurisprudences utiles voire salutaires pour les enseignants de base.
Et que croyez-vous qu’il advienne ?


 
 
 
 

… les classes moyennes ont été (et restent) la troupe du grand mensonge économique, culturel, politique, celui qui a permis d’occulter la «question sociale» et que l’Occident ne cesse d’exporter. …
Ce qu’il faut de courage pour aller quémander pour l’enfant une autre école, un autre collège, un autre lycée encore, toujours aller quémander dans l’espoir d’un petit mieux.»
Quand «ce qu’il faut de courage» ne marche plus, c’est «ça suffit» qui s’installe : «Ça suffit le travail, ça suffit les grèves, ça suffit les syndicats, ça suffit les politiques et ça suffit la politique, ça suffit les curés, ça suffit les plombiers, ça suffit les Polonais, ça suffit les Bulgares, ça suffit les Biélorusses, ça suffit les Roumains et puis ça suffit les Roms, ça suffit les Arabes, ah oui alors ça suffit les Arabes, ça suffit les Arabes nés en Arabie et ça suffit encore plus les Arabes nés en France, qu’ils aillent naître ailleurs, ou mieux : qu’ils ne naissent pas du tout.»

… Pour les gamins, la tentation est d’autant plus grande que le chemin scolaire est particulièrement escarpé. «25 % des enfants de Grigny atteignent le bac, alors que la moyenne nationale est proche de 80 % ! Un sur deux sort du système éducatif sans diplôme», indique Philippe Rio. Un seul chiffre résume les difficultés rencontrées par ces enfants : 60 % des élèves de troisième ne trouvent pas de stage. Faute de réseau, de pistons, faute de personnes ayant un emploi stable dans leur entourage. Pour plus d’un enfant sur deux, le premier rapport avec le monde du travail sera ainsi un contact d’exclusion…

Épique école
Mois du film documentaire 2016 : 4 au 23 novembre 2016
En 2002, Nicolas Philibert filmait pendant un an un maître d'école d’une classe unique en campagne. Son film Être et avoir, en compétition à Cannes et ayant obtenu un César, fut un des premiers grands succès public pour un documentaire en salle, et qui plus est sur cette thématique de l’école. Dix ans avant, Claire Simon présentait en compétition au Cinéma du réel son film Récréations, véritable immersion dans une cour de récréation d’école maternelle.
Encore avant cela, en 1978, Jean­-Michel Carré concevait une série de films engagés, résultat d'une réflexion collective menée par un réalisateur, un groupe d'enseignants, de chercheurs et de militants.
Ces films pionniers et emblématiques furent le départ d’une longue série de documentaires qui se sont introduits dans l’univers de l’école pour mieux en comprendre les rouages et en dépeindre les différents acteurs. Portraits d’écoliers, récits d’enseignants, nouvelles pédagogies, échec scolaire, mixité et intégration .... les thèmes sont riches et variés et dépassent aussi les frontières de notre territoire. Une trentaine de films, accompagnés de leur réalisateur et de spécialistes, permettront de faire un tour d’horizon de cette question universelle de l’école, de ses mutations et de ce qu'elle dit de notre société.

 … Pourquoi, cette fois, faudrait-il prendre la technologie au sérieux, a fortiori si l’on est confronté, comme parent, enseignant ou élève, aux inconforts tantôt cocasses tantôt affligeants qu’elle génère encore trop souvent – entre autres avanies : réseaux insuffisants, maintenance hasardeuse, outils pédagogiques singeant, parfois en moins bien, les outils traditionnels, matériels dépassés, logiciels moins conviviaux que ceux qu’utilisent les enseignants dans leur vie privée…
… Raison pour laquelle le socle de tout plan pour le numérique à l’école concerne peu les questions matérielles, surtout quand on sait à quelle rapidité tablettes et ordinateurs sont frappés d’obsolescence : le cœur du défi réside dans la capacité à former et informer les professeurs, non en prétendant que le numérique résoudrait tout, mais en faisant valoir l’aide qu’il peut apporter dans la réalisation de certains gestes professionnels – accrocher l’attention des élèves, corriger des exercices standardisés, échanger, transmettre des savoirs par des moyens alternatifs (la vidéo notamment), repérer les points de blocage masqués, etc.
Cette conviction circule désormais sous forme de truisme dans tous les congrès sur le numérique éducatif, où l’on ne manque pas de rappeler que «The killer app is the teacher».
En VF : il n’y a pas de meilleur logiciel éducatif qu’un bon professeur.

Et on voit bien que l’école publique est dans un cercle vicieux. L'éducation prioritaire est jugée peu efficace car on y envoie les professeurs en début de carrière –ce qui signifie par exemple que les congés maternité y sont plus nombreux– et ils s’empressent d'en partir, une fois que le nombre de points accumulés pour un établissement plus mixte socialement est atteint. En effet, ces établissements ne bénéficient pas réellement de plus de moyens et scolarisent les enfants des familles en difficulté, éloignées de la culture scolaire, enfants qui peuvent être issus de l’immigration, de classes populaires en banlieue, dans des villes pauvres, en zones rurales…

Pour les gamins, la tentation est d’autant plus grande que le chemin scolaire est particulièrement escarpé. «25 % des enfants de Grigny atteignent le bac, alors que la moyenne nationale est proche de 80 % ! Un sur deux sort du système éducatif sans diplôme», indique Philippe Rio. Un seul chiffre résume les difficultés rencontrées par ces enfants : 60 % des élèves de troisième ne trouvent pas de stage. Faute de réseau, de pistons, faute de personnes ayant un emploi stable dans leur entourage. Pour plus d’un enfant sur deux, le premier rapport avec le monde du travail sera ainsi un contact d’exclusion

… peuplée de 20 000 habitants, la zone de recrutement de Las Cazes est pleinement mixte. C’est la stratégie d’évitement d’une partie des familles qui a créé la non-mixité du collège. «La coercition, ça ne marchera pas. Et on sait que certaines familles sont prêtes à se saigner aux quatre veines pour mettre leur enfant dans le privé, poursuit Renaud Calvat. Notre travail désormais est de rendre Las Cazes attractif.» Mais pour les mères du Petit-Bard, ce combat est déjà dépassé. «Ce que nous exigeons, c’est que la loi sur la refondation de l’école et que ses objectifs de mixité soient partout respectés, tranchent Sana et Fatima. Notre but, c’est de mettre les institutions et les politiques face à leurs responsabilités.»

Harcèlement, usurpation d’identité, mais aussi désinformation et détournements : si les élèves de 4ème sont au courant des risques des réseaux sociaux, «ils sont dans le jeu, c’est très ludique pour eux», estime le professeur. «Le but, c’est de leur faire prendre conscience qu’il faut contrôler ces outils». Même si, comme il le reconnaît, Facebook est déjà un outil démodé pour les ados de 14 ans, qui sont plutôt sur Snapchat ou Whatsapp. «Mais même si la photo sur Snapchat est censée disparaître très vite, rien n’empêche de faire une capture d’écran et de la diffuser», rappelle le professeur, qui va avoir de quoi nourrir ses cours sur le thème «Informer, s’informer, déformer».

… Lors des réunions parents-professeurs, il est de plus en plus fréquent d’entendre des parents évoquer la «phobie scolaire» de leur fils ou de leur fille, là où je parlerais plus volontiers de détestation des réveils sonnant avant 11 heures du matin ainsi que des efforts physiques et intellectuels. S’il y a mille raisons plus ou moins bonnes de ne pas aimer aller en cours, la phobie scolaire ne doit pas être un terme passe-partout, puisqu’elle désigne un mal avéré et persistant, qui peut conduire des élèves de tous profils à refuser un beau jour de mettre le pied au sein d’un établissement scolaire.
Peur de l’éloignement vis-à-vis des parents, pression trop forte de la part de la famille ou des enseignants: les raisons pouvant mener des élèves à la phobie scolaire sont nombreuses

… «L’administration voulait la “traçabilité” des personnes comme celle des brebis. Les mêmes mécanismes étaient à l’œuvre.»…
… Il y a ainsi Christine, 60 ans, ancienne directrice d’école à la retraite, qui a refusé d’inscrire ses élèves sur le fichier informatisé Base élèves, comme le lui demandait le rectorat. Soutenue par les parents d’élèves, dans sa classe unique, elle a boycotté le fichier, sous la pression du rectorat.
Un matin, un fonctionnaire est venu chercher les dossiers papier dans l’école pour les saisir dans le fichier informatique. Avant de partir à la retraite en 2013, Christine a été sanctionnée financièrement pour avoir refusé de le faire. Elle déplore :
«On administre aujourd’hui les gens comme des choses.» …
… une quinzaine d’enseignants se sont réunis en Ardèche, pour co-écrire un texte expliquant en quoi le numérique signe, in fine, «la fin du métier». Ils sont aujourd’hui une trentaine de signataires.
«On refuse le numérique en classe parce qu’on veut enseigner»

… "Les enfants d'aujourd'hui grandissent immergés dans un monde d'écrans, ce qui a des effets positifs et négatifs sur le développement." …
… "Nous n'avons jamais eu autant de demandes de consultation pour des enfants, de plus en plus jeunes, avec des difficultés attentionnelles, des retards de parole-langage, des difficultés d'apprentissage...", souligne de son côté Carole Vanhoutte, orthophoniste et cofondatrice du groupe de réflexion Joue pense parle, au quotidien.
"Ces troubles ont pour la majorité un dénominateur commun : l'exposition précoce et intensive aux écrans."


Oh-So-British !

… Ces éloges ont-ils quelque chose à voir avec un système constamment descendu en flammes [au Royaume-Uni], un système qui se trouve de facto divisé entre “bonnes” et “mauvaises” écoles ? Un système dans lequel les plus favorisés, personnalités politiques ou célébrités, soupirent de soulagement quand ils parviennent à scolariser leur progéniture dans une bonne école en ignorant le corollaire, à savoir que d’autres enfants sont laissés à leur “mauvaise école” ?
Quel sens cela peut-il avoir pour des enseignants qui travaillent dans des établissements aux effectifs nombreux et multiethniques, où ils ont souvent affaire à des enfants aux prises avec la pauvreté, issus de familles brisées ? Quel lien ont encore ces écoles avec le modèle britannique qu’on admire tant à l’étranger ?...
… La collectivité nationale peut tirer orgueil de la qualité de ce produit d’exportation et de l’image que ces écoles donnent de l’éducation britannique à l’étranger. Le plus triste, en revanche, reste que l’immense majorité des enfants dans notre propre pays n’ait pas accès à cette qualité d’enseignement.”

British way of life


… C'est au XIXème siècle qu'émerge alors la peur de la «crise» d'adolescence, attisée par celle de la crise politique que connaît alors la France, tiraillée entre république, monarchie et empire. Alors que la jeunesse populaire est prisonnière de l'usine, on enferme la jeunesse masculine et bourgeoise dans des «collèges», internats rudes où régnaient une autorité arbitraire et un contrôle de chaque instant.
L'historienne Agnès Thiercé, auteure d'une thèse sur l'histoire de l'adolescence, a pu montrer comment cette discipline de fer a donné lieu à d'impressionnantes insurrections lycéennes, devant lesquelles les «blocages» de lycée que nous connaissons aujourd'hui font pâles figures…
les années 1990 ont constitué un virage au cours duquel on a cessé en France de considérer que les causes de l'échec scolaire étaient sociales (et donc dû au fait que l'école favorisait la culture des catégories aisées) pour envisager l'idée que ces causes étaient d'abord individuelles et devait être résolues médicalement par le diagnostic et la prise en charge de handicaps cognitifs tels que l'hyperactivité ou les troubles «dys»…

Au fond, l’enseignement privé est l’enseignement public dont rêvent les classes moyennes
… La loi Debré prévoit une "obligation de service public" aux établissements privés, qui doivent accueillir tous les enfants sans distinction d’origine ou de croyance. Mais dans la pratique, ils sont obligés de sélectionner. Et il y a des réalités dont ils ne se vantent pas mais qui existent, comme la nécessité de maintenir leur équilibre économique. L’Etat paie les salaires des professeurs, mais la participation publique ne va guère au-delà…
… Une des valeurs que les parents donnent à l’enseignement privé, c’est précisément que ces enfants issus de l’immigration n’y sont pas nombreux. Une attitude pas très chrétienne, reconnaissons-le !..

Caroline Fourest émet des oukases contre ceux qui ne sont pas d’accord avec elle. Elle entretient un rapport quasi-religieux à la laïcité, dont elle s’érige grande prêtresse. Sa manière de disqualifier, c’est du Trump qui se veut de gauche…
… La laïcité est-elle en train de devenir le nouveau nom de code du racisme anti-musulman?
C’est un risque. C’est pourquoi il faut, notamment à l’école, avoir une pédagogie de la laïcité…
… Dans une certaine mesure, Caroline Fourest participe de ce discours dominant en refusant d’interroger le cœur de la société et en faisant comme si la menace venait toujours des autres. Le «sang-froid» réclamé par Briand en 1905 est plus que jamais d’actualité.

Arrêtons-nous sur les profiteurs. Il y a le libéral, urbain, riche, mondialisé, de droite. Il y a aussi le libéral, urbain, riche, mondialisé, de gauche – le bobo. Il est même pire que l’autre, car c’est un hypocrite : il appelle à une France fraternelle, mais, dans les actes, il fait tout le contraire.
Beaucoup ont jusqu’ici moqué gentiment les contradictions du bobo. Il habite en ville et glorifie la nature, mange bio mais ne comprend rien à l’agriculture, est favorable au libre-échange tout en exaltant la diversité culturelle, prend souvent l’avion mais veille à l’empreinte carbone, transforme un cinq-pièces en loft et s’attendrit devant les boutiques d’artisans, vante l’école publique et met ses enfants dans le privé, adore l’architecture industrielle et abhorre les industriels…
… Le bobo s’installe dans les quartiers modestes des grandes villes sans en chasser les pauvres, ce n’est pas la peine, le marché s’en charge tout seul, faisant au passage grimper la cote de son logement. Il est ravi quand des déclassés vivent à côté de chez lui, cela lui permet de dire qu’il contribue à la ville mixte. Mais il ne se mélange pas. « Proche de l’immigré mais pas trop », écrit Christophe Guilluy, qui ajoute que «les pratiques d’évitement résidentiel et scolaire sont la norme».

Un capitalisme d’un nouveau genre, paré de «vertus égalitaires» car offrant à tous, du «start-upper visionnaire» au «collaborateur créatif», en passant par «l’autoentrepreneur», la possibilité de s’y raccorder et de s’y épanouir. Mais dans les faits, c’est un modèle civilisationnel fondé sur la marchandisation intégrale de la vie et l’organisation automatisée de la société qui en train de s’instaurer à grande vitesse…
… Cet «enveloppement» technologique va entraîner un témoignage intégral de nos comportements permettant au technolibéralisme de s’adosser à tous les instants de l’existence, de n’être exclu d’aucun domaine, et d’instaurer ce que je nomme une «industrie de la vie» cherchant à tirer profit du moindre de nos gestes…
… Le technolibéralisme a institué des méthodes managériales laissant croire que chacun peut librement s’y épanouir. En réalité, tout est aménagé afin de profiter au maximum de la force de travail de chacun. En outre, les conditions de fabrication du hardware dans les usines asiatiques sont déplorables. Quant aux travailleurs dits «indépendants» qui se lient aux plateformes, ils se trouvent soumis à leurs exigences et ne sont protégés par aucune convention collective. Enfin, les grands groupes savent opérer des montages complexes afin de se soustraire à l’impôt. Le technolibéralisme relève de la criminalité, non pas en col blanc, mais en hoodie [sweat-shirt à capuche, ndlr]. Et pourtant ce modèle est partout célébré. Mais comment un tel aveuglement est-il possible ?..
… Il est également temps de signifier aux responsables politiques que le soutien par des fonds publics à cet anarcho-libéralisme numérique n’est plus tolérable…

… Ainsi, rappelle Wu, Google comme Facebook étaient initialement opposés à la pub. En 2006, Mark Zuckerberg, le fondateur de ce dernier, refuse même une offre de 1 million de dollars de Sprite, qui demande de repeindre le site en vert pour une journée. Le PDG estimait alors que la pub dégraderait l’expérience de l’utilisateur.
Mais ces belles déclarations d’intention n’ont eu qu’un temps.
«Gratification différée»
Aujourd’hui, Facebook comme Google règnent sur le marché en vendant notre attention aux annonceurs…
… Comment se sortir de ce carrousel infernal  ? C’est la question à 1 000 dollars qui agite tous les usagers fatigués de l’omniprésence de la pub et des techniques de manipulation de celles-ci.
Mais Wu, note le chroniquer, n’a pas de réponse très convaincante

Si ça t’intéresse il existe plein de thèses sur les IHM (interfaces homme-machine) et la psychologie cognitive qui documentent très précisément cet état de confusion qui se présente non pas quand on change «d’outil» mais quand on change de «philosophie», c’est-à-dire quand on expérimente des outils pensés et conçus différemment, dans une autre logique, avec une autre «philosophie».
Donc il est triplement faux de prétendre que «ce n’est pas parce qu’on travailla avec Microsoft un jour qu’on travaillera avec Microsoft toujours, ce n’est pas vrai»…



Sous des aspects plus ou moins folkloriques, c’est la nostalgie d’une école de la ségrégation sociale, du chacun à sa place et de l’entre-soi qui avance masquée. Car ces discours sur le «bon vieux temps» participent d’une offensive réactionnaire qui vise en réalité l’égalité et la démocratie, à l’école et au-delà…
… Nous savons qu’une école émancipatrice ne se construit pas sur le repli identitaire, sur la légitimation des inégalités ni sur le dressage ou le câblage des corps, des cerveaux et des esprits.
Mais nous savons aussi, après cinq années de refondation de l’école, sans perspective sociale et égalitaire, que ce n’est pas «d’en haut» que viendront les transformations de l’école. A l’instrumentalisation de la pédagogie par les gestionnaires du système au service du libéralisme triomphant, nous répondons par une «pédagogie critique» qui s’efforce, au jour le jour, de construire les outils dont pourront se saisir nos élèves pour s’émanciper individuellement et collectivement.

… Cette semaine, j’obéissais donc sagement aux instructions, plein de remords avec la sensation de faire une grosse bêtise. Le tableau : mes 26 CP allongés par terre dans la classe fermée à clé et plongée dans le noir, avec consigne de ne faire aucun bruit pour ne pas se faire repérer par le «méchant»… N’y a-t-il pas un problème, là ?
Certes, nous avons essayé, au moins pour les plus jeunes, de rendre l’exercice ludique : le mot «attentat» ou «terroriste» n’a jamais été prononcé, et j’ai présenté cela comme une partie de cache-cache ou «comme l’histoire des 3 petits cochons face au loup», au cas où un méchant entrerait dans l’école…
 


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

… le blâme infligé à Jacques Risso par l’inspecteur d’académie, est enfin annulé. Cinq condamnations pour l’éducation Nationale. Victoire totale pour Jacques Risso …
Au tableau noir, 3 années de souffrance, des préjudices de tous ordres, considérables, des moments dramatiques, des pertes financières en termes de frais de justice, de rémunération des avocats, de déplacements, de temps perdu…
Et pas un mot d’excuse. Pas le moindre regret exprimé. Au contraire, l’arrogance est toujours de mise. On affirme même dans certains milieux que l’inspecteur d’académie attend une promotion…
… Jacques Risso a échappé au pire. Nous sommes au moins quelques uns à nous en réjouir. Nous ne laisserons pas la ouate institutionnelle cacher les souffrances qui font des velléités de refondation, une grande illusion

Le sociologue, qui a inspiré la réforme du collège en 1999, sort de son silence. Que Laurent Joffrin, journaliste de gauche, souligne la pertinence d’un diagnostic qu’il juge, lui, être une charge gratuite et simpliste contre le corps enseignant, c’en est trop. Pour lui, c’est Libé qui fait du Valeurs actuelles. C’est Libé qui déserte le camp des progressistes… Bref, un signe supplémentaire du glissement conservateur de la société. Questionner le bien-fondé et l’efficacité des réformes n’est pas l’apanage de la droite réactionnaire lui répond Laurent Joffrin...

… Après la sortie du livre de Carole Barjon consacré aux «assassins de l’école», j’avais décidé de ne pas réagir à un ouvrage mêlant les idées reçues les plus éculées, les rumeurs plus que les faits et une étrange théorie expliquant les problèmes de l’école française depuis plus de trente ans par l’influence de quelques «pédagos», dont un sociologue. Que cet ouvrage fasse les délices du Figaro, du Point et de la «fachosphère» est dans l’ordre des choses…
La loi Jospin de 1989 déclarant que «l’élève est au centre du système» apparaît comme le scandale fondateur, bien que je continue à mal comprendre ce qui est au centre de l’école si ce n’est l’élève, comme le patient doit être au centre de l’hôpital…
… Je crains que votre soutien à cet ouvrage soit un signe très inquiétant du glissement conservateur de notre société et de son incapacité à débattre sérieusement de nos problèmes…

De toute évidence, le débat sur la lecture ne met pas seulement aux prises la droite réactionnaire et la gauche progressiste. Elle divise aussi ceux qui cherchent à réduire les inégalités scolaires et à promouvoir une école pour tous. Autrement dit, la gauche. Et ce n’est pas forcément rejoindre la réaction que de s’interroger sur le bien-fondé de réformes qui, de toute évidence, peinent gravement à améliorer les choses

… Si l’on tient compte uniquement des suppressions de poste décidées sous Nicolas Sarkozy et que l’on exclut les postes créés en urgence à la rentrée 2012 par la gauche, on arrive à une estimation d’environ 80 000 postes supprimés en cinq ans.
Sur les 60 000 postes promis par François Hollande pour l’éducation, le bilan ne peut être que provisoire. Dans l’éducation nationale, qui représente le gros des postes promis (54 000), les recrutements ont pris du retard…
… Autre réserve : ces créations de poste, pour beaucoup réservées à la formation (la moitié des postes promis dans l’éducation nationale), n’ont pas suffi à faire diminuer le nombre d’élèves par classe depuis 2011, dans un contexte de hausse des effectifs.

C'est la stabilité qui l'emporte, parfois à la virgule près, aux élections des représentants des parents d'élèves. Les grands vainqueurs des élections sont les listes locales de parents dans le premier degré et les abstentionnistes au second degré. "Semaine de la démocratie" ou pas, il n'y a pas eu de sursaut démocratique à l'Ecole. ..
… Comment expliquer la faiblesse des engagements des parents ? Les parents semblent avoir intégré que leur place dans l'Ecole est secondaire. Il est vrai que la loi de refondation n'a pas sensiblement changé leur poids dans l'institution scolaire, même si la création des espaces des parents matérialise leur présence. Du moins là où cette obligation est remplie...
Le trait dominant de ces élections c'est le repli sur soi , dans l'abstention ou la liste locale. Malgré les PEDT et le périscolaire, le récit de la refondation n'a pas touché les parents.

le nombre total de logements construits entre 2012 et fin 2015 est de 20 546. Soit plus de la moitié de l'engagement du président. Avec les appartements pour étudiants dont la construction est attendue avant le 31 décembre 2016 (6274), cela porte le nombre total à 26 820 unités construites, soit 63% des 42 607 récemment annoncées. Dans les quatre mois qui suivront, le gouvernement aura-t-il la capacité de construire les 15 787 logements restants, pour respecter son engagement?  …

Dans son étude venimeuse l'Ifrap dénonce des milliers de postes d'enseignants qui ne sont pas devant élèves dans le public. C'est vrai ! Des milliers de postes sont absorbés par la formation initiale des enseignants que le ministère a remis sur pieds. Et dont bénéficient les enseignants du privé...
 Ce que recommande au final l'Ifrap c'est pour économiser de privatiser totalement l'enseignement et de le catholiciser. Pas sûr que les Français soient d'accord. Pas sûr non plus que ce soit le voeu des parents d'élèves du privé...

«Et après ?», interroge le parent inquiet, le citoyen qui, d’un PISA à l’autre, a fini par intégrer que, s’il y a un domaine dans lequel le système excelle, c’est dans sa capacité à accroître les inégalités.
Pourquoi cette absence de sursaut ? Un petit tour dans les classes suffirait à relativiser le procès en immobilisme fait à l’école : sur le terrain, c’est à un flot incessant de réformes que les professeurs sont confrontés, comme pris au piège des alternances politiques.
Reste que la France n’a pas su, comparativement à d’autres, tirer toutes les leçons de PISA…
… Mais le principal frein tient plus à l’histoire de notre école prétendument pour tous, dont on accepte depuis toujours qu’elle classe et trie. «Les résultats de PISA sont mauvais pour les élèves en difficulté, moyens pour la masse, mais le haut du panier, les enfants bien nés qui réussissent dans et par l’école, ne sont pas inquiétés, résume l’historien Claude Lelièvre. On s’en émeut par principe, mais beaucoup s’en satisfont dans les faits

Si la ségrégation sociale propre aux REP+ est forte, celle-ci a des origines multiples, notamment le niveau de ségrégation urbaine et, tout autant, voire davantage, les politiques des établissements privés qui sélectionnent leurs élèves selon des critères scolaires, sociaux et ethniques comme l’ont montré Du Parquet, Brodady et Petit en 2013. Lorsque le secteur privé scolarise si peu les enfants d’origine populaire et si massivement les élèves d’origine favorisée, il participe indirectement à la ghettoïsation des établissements de l’éducation prioritaire (Merle, 2016). Dans cette situation, l’éducation prioritaire n’est pas à l’origine de la ségrégation sociale, elle la subit

que se passerait-il si on envoyait les enseignants chevronnés en ZEP ? Et inversement, les jeunes débutants seraient-ils plus efficaces à Louis-le-Grand ? Pas si sûr !» Pour ce chercheur, le problème n’est pas tant le fait que les ZEP concentrent les jeunes enseignants peu expérimentés que l’instabilité des équipes. «Ce turnover engendre de réelles difficultés pour maintenir un ordre scolaire, construire une dynamique collective et mettre en œuvre des actions pédagogiques efficaces.»…
…«Le couronnement, en France, ce sont les classes prépas, les lycées d’élites. Dans d’autres pays, c’est l’inverse, relate-t-il. Le bon chef d’établissement, le bon enseignant, c’est celui qui finit sa carrière dans un établissement difficile

Le pays comptait 1,8 million de jeunes peu qualifiés et sans emploi en 2015, soit près de 270 000 de plus qu’en 2008. Et près du double de l’Allemagne...
... En 2012, le candidat à la présidentielle qu’était François Hollande s’était engagé à diviser par deux le nombre de décrocheurs, donc à parvenir à 67 500 d’ici à 2017. A la fin de 2015, la ministre de l’éducation nationale jugeaient l’engagement présidentiel «à portée» : mais les derniers chiffres disponibles, datant de 2014, faisaient état de… 110 000 décrocheurs...

...  "Qui veut être prof aujourd’hui ? Les redoublements ont disparu, les classes sont surchargées… Nous ne sommes plus en situation de remettre en selle les élèves en difficulté."...
... Les parents cherchent des profs tous azimuts
Les parents d’élèves, les professeurs et l’administration du lycée de l’Essouriau ont pour l’instant tout tenté pour dénicher les perles rares. «Le Bon Coin, Pôle emploi… Tout le monde cherche et active ses réseaux, se désespère Marie-Alix Duval. Les surveillants encore étudiants ont été sondés, les deux élèves de Polytechnique en tutorat aussi. Après, il faut connaître les programmes, savoir gérer une classe. Ce n’est pas satisfaisant, c’est de la survie.»...

... La Refondation va-t-elle se clore avec les questions sur laquelle elle s'est ouverte en 2012 ? Le rapport publié par le Cnesco le 26 septembre adresse à l'Education nationale un triple défi. Trois questions fondamentales que le ministère a fui en 2012 et qui lui reviennent au moment où la Refondation se clôt. Trois questions pour un futur programme de la gauche ?..
...Le Cnesco a beau jeu là aussi de montrer que les mêmes politiques, actionnées par les mêmes bureaux, sont instillées depuis plus de 20 ans sans jamais donner de résultats et sans jamais être évaluées dans une totale irresponsabilité...

... Etait-ce le bon moment pour parler de cette question ?
Le temps de la recherche n'est pas celui du politique.  Le rapport est robuste, les équipes ont eu besoin de travailler pendant 2 ans. Ceci dit, en tant que présidente du Cnesco mais aussi comme citoyenne je m’alarme de ce type d’objection. Car elles supposent qu’à la veille d’une élection présidentielle, il ne faudrait pas donner des informations objectives aux citoyens sur l’efficacité des politiques publiques pour éclairer leur vote. Le rapport est aussi utile pour la construction des programmes politiques car il montre que certaines politiques sont efficaces et d’autres pas. Par exemple, il montre que raccourcir le tronc commun du collège unique accroit les inégalités à l’école. Donc tous les programmes qui proposent de réintroduire une orientation précoce au collège baisseront le niveau scolaire général du pays et amplifieront le déterminisme social. Il semble important que le citoyen ait ces éléments d’information avant de voter plutôt qu’après...

... On se gargarise en disant : "On donne plus à ceux qui ont moins". Mais la Cour des comptes l'a montré : le mécanisme compensatoire n'affecte pas l'inégalité des ressources entre établissements chics et pas chics. Avoir 3 classes européennes dans un collège de centre-ville compense très largement les quelques moyens supplémentaires alloués au collège difficile.
Le rapport de Jean-Paul Delayahe sur la pauvreté à l'école pointe aussi la disproportion entre les fonds alloués aux classes préparatoires et ceux bénéficiant aux enfant défavorisés. ..
... Pourquoi n'a-t-on pas pris le taureau par les cornes dès le début du quinquennat ?
Je vois 2 raisons majeures. D'abord je ne suis pas convaincu que les Français désirent l'égalité des chances scolaire. Chaque fois dans l'histoire que l'on a eu des réformes éducatives visant l'égalité des résultats, cela a provoqué des oppositions extrêmement fortes, ne venant pas seulement de la droite, sur le thème : "Les élites sont menacées", "Ca va être le nivellement par le bas"....

Faut-il interdire les devoirs à la maison ? La loi a mis un terme à ce débat le 29 décembre 1956 en ce qui concerne l’école élémentaire, mais au collège, c’est une autre histoire. Ce lundi 3 octobre, ZupdeCo publie un manifeste qui prône le recours aux devoirs exclusivement sur le temps scolaire...
... En bref, le débat est vieux et toujours bien vif tant il interroge les pratiques de chacun des parents et des enseignants. Ce que reconnaît François-Afif Benthanane, qui ne tient pas particulièrement à blâmer l’Éducation nationale. "Certes les ministres changent tous les deux ans ...


En   se fondant sur  22  contributions  commandées  pour  l’occasion  par  le  Cnesco  à près   de 40 chercheurs  français  et  étrangers ,  ainsi  que  sur  des  enquêtes,  des  études  et  des  articles  publiés par  des  chercheurs  ou  des  organismes,  le  Cnesco  présente  dans  ce  rapport  un bilan global  des inégalités scolaires d’origines sociale et migratoire en France aujourd’hui. Cette analyse à visée holistique  se  déroule  en  trois  parties : tout d’abord, une définition conceptuelle des  inégalités sociales à l’école et des approches de la justice scolaire;  ensuite,  un  état  des  lieux  quantitatif présentant  ces  inégalités scolaires ;  enfin,  une  présentation  des  politiques  scolaires  entreprises depuis quatre décennies dans l’objectif de combattre les injustices sociales à l’école tant au primaire qu’au secondaire, ainsi qu’un bilan sur leur efficacité.
Qu’est-ce qu’une école juste?  Comment  décrire,  observer  les  inégalités? ...

Rapport du CNESCO - septembre 2016 :
COMMENT L’ÉCOLE AMPLIFIE-T-ELLE LES INÉGALITES SOCIALES ET MIGRATOIRES ?


...L’échec de notre politique éducative est acté, pourquoi n’avoir jamais modifié notre approche ?
En France, nous n’avons pas une tradition d’évaluation de nos politiques publiques. Et quand elle existe, on ne la regarde pas pour concevoir des réformes. On en regarde les résultats sans en tirer de leçons réelles. Ce rapport, aux conclusions assez évidentes, met en avant l’aggravation des inégalités sociales en France, confirmée par les mauvais chiffres des enquêtes internationales, mais on continue de mener la même politique depuis 35 ans. Certains acteurs nous reprochent même de ne pas avoir utilisé des méthodes scientifiques. Globalement, notre personnel politique n’a pas la culture de la reddition de comptes.
... Tout ce qu’on souhaite c’est que ce rapport et, plus largement, le travail du Cnesco enrichissent le débat public sur l’éducation. À l’heure actuelle, celui-ci est très pauvre, sans vision globale. Tout le monde reste coincé dans des postures idéologiques, entre égalitarisme et élitisme. Nous produisons des résultats scientifiques, mais tous les hommes et femmes politiques continuent de proposer des politiques inefficaces. Certains candidats parlent par exemple d’instaurer l’orientation dès la classe de 5e. ..

... Une étude, publiée vendredi 30 septembre dans la revue scientifique Education et formations, qui porte sur l’ensemble des collèges de France, souligne le poids important du privé dans la ségrégation. Il recrute davantage dans les milieux «favorisés». Et, selon les secteurs de l’enseignement, les élèves sont de plus en plus typés socialement. Il suffit de chercher où étaient scolarisés, en 2015, les 38 % de collégiens issus de milieux défavorisés : enfants d’ouvriers, d’inactifs, de chômeurs. Ils représentent 43 % des élèves du public, contre 20 % de ceux du privé. Pour ce qui est des 23 % d’élèves de familles privilégiées (cadres, professions intellectuelles supérieures, libérales, enseignants et chefs d’entreprise), ils sont surreprésentés dans le privé, puisque 37 % des collégiens y sont d’origine très favorisée, contre 19 % dans le public...
...  alors que la gauche, à sept mois de l’échéance présidentielle, doit rendre des comptes en matière de mixité sociale. Le gouvernement a beau l’avoir inscrite au cœur de sa loi de «refondation» de l’école (2013), il ne l’a concrètement mise en chantier qu’à la rentrée 2016. Et encore, sur la base d’expérimentations ...


L’extraction des matières premières qui entrent dans la composition du téléphone portablepose plusieurs problèmes éthiques. Le plus emblématique se résume dans l’expression de «minerais de sang», exploités dans des zones de conflit armé, en particulier l’or, le tantale, l’étain et le tungstène...
... Très peu recyclés et exploités, ces matériaux – parmi lesquels figurent une quarantaine de minerais et métaux précieux – représentent pourtant une véritable «mine urbaine», notent les sénateurs...
[ Rapport Sur l'inventaire et le devenir des matériaux et composants des téléphones mobiles-
 sept. 2016 ]

... l’étude de l’Organisation de coopération et de développement (OCDE) sur les compétences numériques des élèves, publiée le 14 septembre 2015, a semé le doute quant à l’efficacité de l’utilisation des écrans dans l’enseignement. «Les élèves utilisant modérément les ordinateurs à l’école ont tendance à avoir des résultats scolaires légèrement meilleurs que ceux ne les utilisant que rarement. En revanche, les élèves utilisant très souvent les ordinateurs à l’école obtiennent des résultats bien inférieurs dans la plupart des domaines d’apprentissage, même après contrôle de leurs caractéristiques sociodémographiques» ...



... Cette absence de «section mixité» dans le code de l’éducation indique qu’il n’y pas de réel cadre défini, stabilisé, mais plutôt un ensemble de recommandations. En revanche, le code de l’éducation comporte toujours les modifications induites par l’assouplissement de la carte scolaire voulue par Nicolas Sarkozy à quelques modifications près (suppression de la rubrique «autre motif» pour justifier de l’évitement du collège de secteur). Le code de l’éducation est donc porteur en lui-même de contradictions issues de compromis politiques qu’il faudra bien un jour clarifier, arbitrer...
... La décentralisation, ne vient ainsi qu’ajouter un niveau de complexité supplémentaire, notamment lorsque les collectivités concernées ne sont pas également acquises à la cause de la mixité. Le «défi» d’une politique de mixité sociale consiste donc à faire s’accorder le niveau central de l’institution, ses administrations locales, ainsi que les collectivités locales, tout ceci à propos d’une politique dont les contours restent à construire. ..

... Pour comprendre leur inquiétude, un retour en arrière s’impose. APV, RAR, CLAIR, ÉCLAIR, ZEP… L’éducation prioritaire, créée en 1981 par François Mitterrand, a endossé à peu près tous les noms. Tendance acronyme, toujours. L’idée : cibler les établissements les plus en difficultés, abritant les élèves socialement et scolairement fragiles, et leur allouer plus de moyens. Sauf qu’au fil du temps, le dispositif s’est dilué, de plus en plus d’établissements y entrant sans que d’autres n’en sortent.
En 2014, Vincent Peillon, alors ministre de l’Education, entreprend donc de réformer tout ça ...
... «Par ailleurs, il est incompréhensible de considérer que l’éducation prioritaire puisse s’arrêter à la fin du collège. Les lycées qui étaient classés ZEP recrutent dans des bassins où l’essentiel des collèges sont classés REP ou REP+. Les difficultés sociales et scolaires des élèves ne disparaissent pas par magie à l’issue du collège» ...

... Les inégalités scolaires se poursuivent jusqu’à l’insertion sur le marché du travail. Un même diplôme n’a pas le même rendement: il ne donne les mêmes chances d’obtenir un emploi selon l’origine sociale du jeune. C’est particulièrement vrai pour la voie professionnelle. Deux élèves titulaires du même bac pro n’auront pas la même probabilité de trouver un emploi. Sans surprise, l’enfant de cadre aura plus de chance de travailler que son camarade fils d’ouvrier. A trois ans de vie active, la différence des taux de chômage entre l’un et l’autre est de six points (17% contre 23%)...
... La principale explication de l’état des inégalités à l’école tient aux politiques publiques. Et en particulier, à cette politique d’éducation prioritaire menée pourtant de manière constante depuis 35 ans. «Loin de faire de la discrimination positive, elle produit en réalité de la discrimination négative, à cause des effets pervers», avance Georges Felouzis. Il va plus loin: «Mener une politique d’Education prioritaire, c’est aussi accepter la ségrégation sociale et scolaire. C’est la rendre moralement acceptable, en disant: on vous donne plus, tout en ne faisant rien pour lutter contre». ..

... Se demander pourquoi on refuse d'agir
"Les inégalités scolaires renvoient à deux maux plus larges.
Un : la structuration spatiale des inégalités. Quand vous mettez tous les pauvres et tous les immigrés ensemble dans les mêmes quartiers, il est difficile d'avoir des résultats scolaires aussi bons que dans les établissements de centre-ville ! Les résultats du Cnesco consacrent l'échec de la politique de la ville depuis 30 ans.
Deux : le système est difficile à réformer parce que les classes moyennes supérieures qui tirent des bénéfices sociaux de ces inégalités –et les professeurs en font partie- s'y opposent, soit en manifestant, soit en votant. Elles agitent les mêmes slogans aussi vieux que la massification scolaire comme la hantise du : "nivellement par le bas !" Tandis que les victimes de ces inégalités scolaires n'ont pas la parole. Elles sont absentes sur le plan politique.
L'échec de l'école est l'échec d'une société qui n'estime pas que les inégalités scolaires soient un enjeu vital… sauf quand il y a un attentat ou des flambées de violences."

.. la situation a évolué au cours des quinze dernières années, «dans toutes les administrations, l’obéissance s’est transformée en docilité.» Plus personne n’ose parler. La mixité sociale dans les établissements scolaires n’est-elle pas un enjeu d’intérêt général justifiant de s’exprimer ? Pendant ce temps, la ministre communique à tous crins. Et continue de dire que la mixité est l’un de ses combats.

... Pour l'éducation nationale, cette hausse du budget permet la création de 11 662 postes pour l'enseignement scolaire et 1000 pour le supérieur. 4 311 postes sont créés dans le premier degré pour la rentrée 2017 et 4 400 dans le second degré public. Le privé bénéficie de nouveaux 1000 postes. 2017 voit aussi la création de 600 postes de personnels d 'éducation et administratifs et 1351 d'AESH, accompagnants en CDI pour les élèves handicapés.
Cela permet d'atteindre les 60 000 postes promis en 2012 par François Hollande. Une bone partie de ces postes sont en fait des emplois d'enseignants stagiaires du fait d ela reconstitution de la formation initiale : cela compte pour 25 937 emplois depuis 2012. 20 262 postes d'enseignants auront été ouverts dans les classes en 2017 depuis 2012, dont 10 628 dans le premier degré public, 7860 dans le second et 1774 dans le privé. S'y ajoutent 1400 emplois administratifs, 4251 d'accompagnants d'élèves ne situation de handicap et 2150 d'assistants d'éducation. Ceux là n'apparaissent qu'en 2016 alors que des milliers d'autres assistants d'éducation sont en poste...
"Il peut arriver  qu'on n'arrive pas à pourvoir tous les postes avec des titulaires", reconnait la ministre ...

... Reste à savoir où sont passés ces postes. Si les crédits sont bel et bien affichés dans les lois de finances successives, dans la réalité, le ressenti est différent. Les moyens mis en œuvre ne sont pas toujours visibles, comme le pointait le rapport du comité de suivi de la loi sur l’école, paru en janvier. Les parents se plaignent toujours d’absences de professeurs non remplacées, les syndicats d’enseignants dénoncent toujours des classes trop chargées, et les rectorats ont toujours recours à du personnel précaire pour pallier les besoins...
... Par ailleurs, qui dit poste créé ne dit pas forcément poste occupé. Dans certaines disciplines, comme les lettres classiques, l’allemand ou les mathématiques, la crise du recrutement perdure et les concours ne font pas le plein. Quand un poste n’est pas pourvu, ou bien il est occupé par un contractuel, ou bien les crédits sont réaffectés ailleurs. Selon la Cour des comptes, près du quart des postes supplémentaires n’ont pas été « consommés » entre 2013 et 2015...

... Il importera au cours de cette année de scruter avec attention les formules de la politique. Elles sont rarement anodines et, autant elles surgissent et s’imposent sur les réseaux et les plateaux sans explications ni commentaires, autant elles ont été à coup sûr pesées très en amont par des conseillers, qui savent bien quels détournements il faut opérer, quels mots-clés, quelles expressions piégées il faut utiliser. La culture politique n’a pas disparu. Mais elle est devenue implicite. Les uns la ressentent sans l’exprimer. Les autres la manipulent sans le dire...
... Mais, surtout, ce danger avance désormais masqué ! Tout se passe comme si l’histoire se répétait sur certains points, mais n’avait retenu des drames antérieurs que la nécessité de déguiser les dangers à venir, pour qu’on ne les reconnaisse pas ! Il faut donc plus de vigilance encore que jamais. Et dans cette vigilance, il faut exercer celle qui porte sur le langage, sans attendre qu’il soit trop tard. Car il est certain que, comme dans toute époque de «crise», bien loin d’être un vase clos à l’écart et épargné, le langage constitue l’un des enjeux et l’une des ressources majeures, pour résister, et qu’il faut donc y veiller, comme sur la prunelle de nos yeux.



… Les républicains accusent Obama de diviser le pays. Ils se trompent. Ce qui s’est passé aux Etats-Unis lors des huit dernières années est en réalité l’apogée d’un détricotage de la société américaine qui se poursuit depuis quarante ans. Dès les années 70, les forces du conservatisme ont commencé à démanteler l’Etat social-démocrate que la gauche et le centre gauche avaient construit. Richard Nixon, puis Ronald Reagan …
… Les Américains blancs étaient fort contents d’eux-mêmes après avoir fait réélire Obama en 2012. Nombre d’entre eux s’attendaient à ce que ce geste de «générosité» les lave de leurs péchés. Ça n’a pas marché…
… L’ère Obama a donc été une époque de paradoxes de plus en plus accentués. Elu en tant que candidat de la paix, il a continué à faire la guerre au moyen de drones. Son gouvernement a été marqué par le progrès de la tolérance culturelle mais aussi par le bouillonnement de la colère raciste. Obama a fait passer une réforme majeure de notre système de santé, donnant ainsi à des millions de personnes un accès aux soins médicaux. Mais il a également été impuissant à arrêter les tueries de masse dont ont été victimes aussi bien des élèves d’école primaire que des fidèles

Les forces qui ont provoqué la montée des inégalités au cours des quarante dernières années sont toujours présentes. L’innovation récompense ceux qui se trouvent au sommet. Il y a de moins en moins d’emplois décemment payés pour la classe ouvrière.
Comment relancer l’économie américaine ?
Je commencerais par l’éducation. C’est un domaine dans lequel nous sommes très en retard par rapport à l’Europe. Nous devons intervenir de manière intensive auprès des familles les moins bien loties pour empêcher la pauvreté d’être transmise d’une génération à l’autre. Nous devons complètement réformer la manière dont nous finançons l’école élémentaire et secondaire, elle dépend pour le moment de la taxe foncière locale, ce qui entraîne une forte inégalité de ressources. Nous devons réduire le coût des études supérieures et l’endettement qu’il génère. C’est encore un autre domaine dans lequel l’Europe fait mieux que les Etats-Unis.

une mixture nutritive –d’abord vendue sous forme de poudre à diluer, puis de petites bouteilles déjà prêtes– destinée à remplacer les repas en bonne et due forme. L’objectif de ce produit qui a beaucoup de succès chez les travailleurs de la Silicon Valley. Se «libérer» de «l’obligation» de manger, qui, selon le créateur de la boisson, demande bien trop de temps, d’argent et d’énergie…

On est donc moins dans une société de la transparence que dans une société du secret  ? Ou du moins, dans une société de la transparence asymétrique, où la majorité des gens sont surveillés au travail ou par le gouvernement, tandis que le secret est le privilège des plus puissants ?
Absolument. La capacité de surveiller les moindres faits et gestes des autres, tout en cachant les siens, est la forme la plus haute du pouvoir…
… C’est le ressort central d’entreprises comme Google ou Facebook. Elles disent qu’elles doivent leur richesse et leur succès au fait d’avoir les meilleurs analystes de données et les meilleurs algorithmes. Mais ce succès tient moins à des compétences spéciales qu’à une position de pouvoir particulière, qui leur permet de surveiller tout le monde en se soustrayant elles-mêmes aux regards
… tout ceci montre la constitution et l’installation d’une élite de plus en plus unifiée, entre l’élite de la Silicon Valley, l’élite financière de New York et l’élite du renseignement militaire de Washington. Toutes les entreprises de la Silicon Valley sont en permanence à la limite de la légalité, en matière de fiscalité, de droit de la concurrence, de protection de la vie privée... Et leur avantage tient souvent au fait d’être liées à l’élite gouvernementale…
 

  AMERICAN WAY OF LIFE
 

... La prochaine fois qu’on aura envie de rire à un débat républicain,
ou à une proposition de Trump,
regardons-nous d’abord dans un miroir.



 

... Eux qu’on entend peu, d’ordinaire, mais que l’on sait gré de «faire tourner» les collèges et lycées, pointent tous la même dérive : la pluie d’outils informatiques, trop nombreux et peu performants, qui leur vole du temps et les éloigne du «cœur de leur métier» : l’impulsion pédagogique, la responsabilité éducative, la gestion des ressources humaines. «10 % de nos collègues citent la maintenance informatique parmi leurs trois principales tâches, s’énerve Philippe Tournier, proviseur à Paris et porte-parole du syndicat SNPDEN-Unsa. Remplir des tableaux, noircir des colonnes de chiffres, recopier des rangées de noms : on ne fait presque que ça depuis la rentrée ! Ajouté au déferlement de circulaires, d’ordres et de contre-ordres qui nous inondent du sommet, ça finit par devenir insupportable.» ...


... Et ce n’est pas que plus de gens aient le bac qui pose problème mais la reconnaissance de ce diplôme, et des suivants, sur le marché du travail:
    «Jusqu’au années 1980, les titres scolaires ont conservé la même valeur mais la seconde “explosion scolaire” (selon la formule de l’historien Antoine Prost) n’a pas correspondu à suffisamment d’emplois nécessitant ces qualifications.»...
... Plus grave, les effets s’enregistrent à long terme:
    «La politique d’accès massif de la jeunesse aux diplômes de l’enseignement supérieur, menée trop rapidement, et déconnectée du monde du travail n’a aboutit qu’à une carbonisation de la ressource que représentent les diplômés.»...
... «On est incapable de proposer un avenir meilleur aux nouvelles générations, être jeune en France, c’est subir le même désavantage relatif qu'un immigré. Mais on en parle beaucoup moins. Pour prendre un exemple concret, aujourd’hui, le gouvernement baisse les impôts et mène donc une politique fiscale en faveur des catégories âgées et moyennes et aisées qui sont concernées par cette baisse et ne choisit pas de consacrer ces ressources supplémentaires, ce “cash”, à mener des politiques plus déterminées pour les jeunes. En ce qui concerne la jeunesse, il y a eu beaucoup de quinquennats pour rien.» ... 
car pour changer un système éducatif il ne s’agit plus vraiment des lois naturelles de l’enfant et ça n’envoie pas du rêve mais il faut faire des choix stratégiques (former les enseignants, prioriser les petites classes) et budgétaires. A l’école on m’a appris que ça s’appelait la politique.

une couverture médiatique telle que la ministre a été amenée à relancer le conseil de l'innovation (Cnire). Mais qu'en pensent les professeures de maternelle ? Nous avons interrogé trois enseignantes, bien installées dans le métier, pour leur demander leur analyse d'un livre destiné au grand public. Deux mots reviennent : déception et trahison. Céline Alvarez ne fait pas l'unanimité.

... Parmi les Alvarez-sceptiques, beaucoup regrettent qu’elle soit présentée par les médias comme une enseignante révolutionnaire : bien d’autres enseignants en font autant tous les jours dans leur classe depuis des années sans tambour ni trompette et la plupart de ses propositions relèvent du simple bon sens. «Beaucoup d’enseignants cherchent à impliquer et motiver leurs élèves, développer les interactions entre les élèves, les projets, la construction des outils d’apprentissages... On n’a pas attendu Céline Alvarez», peut-on lire.
En enfonçant des portes ouvertes, Alvarez jette également le discrédit sur l’ensemble de l’école, y compris ceux qui font bouger les choses en silence ...
... On reproche aussi à Alvarez d’avoir bénéficié, lors de son expérience à Gennevilliers, de conditions tout à fait particulières : un emploi du temps en marge de l’école (pas de services pour Alvarez), une Atsem supplémentaire («payée par l’association «Agir pour l’école», présidée par le directeur de l’Institut Montaigne, think tank clairement dédié à la défense du libéralisme», note Paul Devin dans un billet de blog très critique), élèves gardés dans une même classe trois années durant, mise à disposition d’un matériel spécifique coûteux. ..

... C'est là que les difficultés commencent pour les "pédagos" : plus personne ne conteste que la reproduction des élites continue de très bien se porter en France, et que l'école y prend toute sa part...
... [Meirieu]: Moi-même, j'ai dit qu'apprendre sur des notices n'était pas pire qu'apprendre dans des manuels débiles. C'était dans l'air du temps, c'était Bourdieu avec la culture perçue comme une violence symbolique. On a eu tort."
François Dubet ? "L'école française accentue l'effet des inégalités sociales sur les inégalités scolaires. (...) C'est une énigme...", confie-t-il au sortir d'un rendez-vous avec l'auteur...

... Mais si, au lieu de parler de révolutions technologiques, on parlait de qualité d’attention, de force de concentration ? Si au lieu de rythmes scolaires, on parlait aussi de leur socle : le sommeil des enfants ? Sans un sommeil suffisant et de qualité, c’est toute la vie sociale qui se trouve minée. Mal dormir entraîne des souffrances physiques, psychiques et sociales ainsi que des difficultés scolaires importantes. Pas d’enfance heureuse sans sommeil heureux. N’oublions jamais que c’est allongés, chaque nuit, que nos enfants grandissent, mémorisent, mûrissent leurs émotions.
Cette nécessité est scientifiquement documentée. S’il n’y a pas de seuils absolus, les références sont, elles, très claires : jusqu’à 12 ans, un enfant devrait dormir onze heures par nuit. En primaire, cela signifie un coucher au plus tard à 20 h 30 pour un lever à 7 h 30 ! Qui respecte cela ? Pour les plus grands, le nombre d’heures décroît avec l’âge, mais demeure de dix heures par nuit entre 12 et 14 ans, et de neuf heures à 15 ans. Qui envoie son ado se coucher à 22 h 30 ?
On sait que les enfants ont besoin de dormir et qu’ils ne dorment pas assez. Les classes sont pleines d’enfants qui baillent et d’adolescents aux yeux mi-clos...


... Acte II de la vie lycéenne : la formule date déjà de 2013. Le 13 mai 2013, la ministre de la réussite éducative, George Pau-Langevin, présentait l'Acte II comme une révolution dans l'Ecole. " Il y a beaucoup de préjugés à combattre pour faire avancer la démocratie pour les élèves... Il faut se concentrer sur l'idée de la responsabilisation des lycéens... Responsabiliser les élèves c'est leur permettre d'agir de manière autonome en ayant conscience qu'ils devront répondre de leurs actes"
Depuis l'effort initial s'est épuisé...
... Accompagnée d'une Charte des droits lycéens, la circulaire est publiée trop tard pour avoir une application à cette rentrée. Entre la volonté du ministère de faire reconnaitre les élus lycéens et de développer la vie lycéenne et une école française qui ne reconnait pas la vie lycéenne et estime que l'élève doit attendre son élévation par le savoir avant de récupérer des droits ...

La France dépense-t-elle trop pour ses écoles ? La question revient régulièrement et elle est bien inscrite déjà dans le débat présidentiel. Avec Regards sur l'éducation 2016, l'Ocde offre une vision internationale qui permet de comparer les principaux pays développés. A l'évidence, la France dépense peu pour ses nombreux élèves.
Il y a plusieurs façons de calculer le coût de l'éducation en France...
... Ce qui est particulièrement faible en France c'est le coût salarial des enseignants.
La France se situe parmi les pays qui dépensent le moins. Le salaire moyen avec 15 ans d'ancienneté des enseignants français est nettement en dessous de l amoyenne. Au primaire il est de 34 149 $ contre 42 675 pour l'OCDE, au collège de 36 814 contre 44 407 et en lycée de 37 303 contre 46 379.
L'évolution de ces salaires, qui représentent près de 90% de la dépense d'éducation publique, est aussi nettement différente en France que dans le reste de l'OCDE. De 2010 à 2014, les salaires des enseignants ont baissé en France alors que la plupart des pays européens augmentaient les leurs.

le collectif EduNathon dénonce un marché public déguisé et pointe également la défense du service public, la préservation des droits des élèves et des enseignants à disposer de leurs données et de leur autonomie. Le risque de ce partenariat est d'"expulser les nombreuses entreprises françaises et européennes du secteur de l'éducation" et donner à Microsoft "une position la plus monopolistique possible" sur ce marché.
Une pétition, affichant 7400 signatures aujourd'hui, a par ailleurs été lancée à initiative de l'April (association de défense du logiciel libre). Enfin ce contrat a aussi choqué les enseignants…
… Aujourd'hui, seul 2% des élèves, tous niveaux confondus, sont équipés d'une tablette. Lors de cette rentrée, tous les élèves de 5e devaient être équipés, le but étant d'en fournir une à tous les élèves de collège à l'horizon 2018. Soit 3,3 millions de tablettes à acheter. Un marché colossal pour les entreprises qui le décrocheront

Le recours déposé par le collectif EduNathon contre l'accord Microsoft et l'éducation nationale a été rejeté le 15 septembre par le TGI de Paris...
...Le tribunal a estimé que l'accord n'est pas illicite et a récusé la notion d'urgence ayant justifié le référé. Pour lui il n'y a aucun dommage pouvant justifier une suspension de cet accord.


Algorithme'n'blues
Finie l’équation «une adresse = un collège» ? A Paris, une douzaine de «secteurs élargis» sont projetés dans des «arrondissements hétérogènes» – ceux où les familles sont confrontées, à quelques rues de distance, à des établissements d’attractivité et de réputation diverses. Huit arrondissements – du 10e au 14e, du 18e au 20e – sont dans la boucle de la «concertation»…
Quid de l’enseignement privé ? «Il sera inclus de différentes façons, défend-on Rue de Grenelle. On peut convenir avec lui d’objectifs de composition sociale des collèges, de stratégies de recrutement…» Reste qu’il échapperait bel et bien à l’algorithme. Le privé compte une soixantaine de collèges à Paris.

des critères qui prévalent: handicap, regroupement des fratries, quotient familial.
Ces derniers permettraient de définir quatre "groupes de priorité", des élèves favorisés aux non favorisés. "On vise un équilibre entre les groupes, par exemple on aurait 25% d'élèves de chaque groupe dans un même collège", dit-il. Et pour trancher les situations ex aequo, "le tirage au sort ou la distance entre le domicile et le collège" pourrait être pris en compte.
Mais ces mesures auront-elles un effet sur la mixité sociale alors que 34% des élèves parisiens sont scolarisés en collèges privés? Dans sa tribune, Thomas Piketty pointe "une exclusion quasi complète des classes sociales défavorisées" dans ces établissements. Il faudrait donc l'imposer. Laeticia Faivre, du Snes Paris, est d'accord: "L'algorithme seul ne peut rien

... En matière d’orientation scolaire, l’information (y avoir accès, la comprendre finemement, en maîtriser les tenants et aboutissants) est un avantage crucial. La sociologie de l’éducation nous apprend que les catégories favorisées tirent profit de leur bonne connaissance du système éducatif (langues, options, filière sélectives). Même si, bien entendu, des informations et des conseils sont donnés dans le cadre du lycée et collège. C’est aussi un sujet qui fait couler beaucoup d’encre. Les articles sur le sujet pullulent à partir du mois de janvier (date à laquelle commencent les choix sur APB). Et la profession de coach d’orientation se développe, car il y a un marché en France: l'inquiétude est grande et les procédures sont ressenties comme stressantes par les familles et les élèves...
... en France, «on ne donne pas aux parents tous les éléments sur les paramètres d’affectation. Affelnet peut donc logiquement créer de l'anxiété dans les familles»...
... Les algorithmes ne sont pas une mauvaise chose en eux-mêmes, le problème demeure la culture à laquelle ils se greffent. En l’occurrence, une culture de l’élitisme associée à un attachement persistant à l’opacité (administrative).

 
 
 

 


 

comment des pédagogues inventifs et généreux de l'Europe entière essayèrent de rendre impossible un nouveau conflit. Une expérience riche d'enseignements aussi pour la situation actuelle. 
Le film de montage que diffuse Arte ce mercredi 7 septembre, Révolution École de Joanna Grudzinska, est passionnant à plus d’un titre. Et aussi à la fois inquiétant et stimulant. Construit à partir d’un nombre impressionnant d’archives visuelles (films et photos), il accompagne l’aventure des nouvelles pédagogies qui fleurirent dans toute l’Europe à l’issue de la Première Guerre mondiale…
… la montée des nationalismes et des replis identitaires dans toute l’Europe actuelle, une Europe désormais en panne d’imaginaire commun. Le récit des expérimentations d’alors rappelle que les transformations de mentalité permises par l’éducation sont fragiles, réversibles

Les deux tiers des Français (65%) se déclarent favorables au rétablissement de l’uniforme à l’école, un score en progression sur cinq ans (50% en 2011)…

… C'est aussi un sujet moins clivant qu'il ne pourrait paraître, puisque deux tiers des sondés assurent donc souhaiter un retour de l'uniforme. C'est à droite que ce chiffre est le plus élevé (79%) et cela ne surprend pas vraiment Yves-Marie Cann, directeur des études politiques de l'institut Elabe. Pour lui, ce résultat traduit l'aspiration forte à un retour de l'autorité à l'école:
«Les Français attendent une verticalité au sein de l'Éducation nationale et dans la salle de classe, et l'uniforme marque aussi une certaine forme de discipline et de respect par rapport à l'institution scolaire et par rapport au personne enseignant.»
Quelques candidats en course pour la primaire de droite ont d'ailleurs déjà indiqué qu'ils y étaient favorables…
Bref, un foisonnement de sondages montrant une majorité réelle mais avec des motivations très différentes, ainsi qu'une multiplication de propositions politiques, le tout pour un effet pourtant plus qu'incertain: un article de The Conversation, publié en décembre 2015, ne montrait ni résultats positifs, ni résultats négatifs clairs de l'uniforme sur le comportement des élèves.

L’uniforme ne permet pas de lutter contres les inégalités, il permet seulement d’en masquer certaines, au sein d’un groupe donné, de manière lacunaire et superficielle. Peut-être que tous les hommes et femmes politiques qui se repaissent de ce débat sur l’uniforme devraient, plutôt que de vouloir cacher le problème avec un bout de tissu, s’attacher à le regarder en face et se poser la seule question: comment faire mieux réussir les enfants des catégories populaires qui pâtissent d’un vrai désavantage au sein du système scolaire français?



dans l’état actuel du droit, le libre choix des parents d’un établissement en fonction de son caractère propre est une liberté fondamentale reconnue par le Conseil constitutionnel en 1977 (ainsi que par la Convention européenne des droits de l’homme).
En revanche, rien n’interdirait de moduler le financement des établissements scolaires en fonction de leur composition sociale. Beau débat pour une campagne présidentielle. A condition d’avoir le courage de l’ouvrir.

... L’école doit-elle permettre aux enfants de s’émanciper? Si l’ouvrage de Charlotte Magri démontre qu’elle en convaincue, il souligne aussi à quel point cet objectif semble aussi lointain qu’incertain, lorsqu’au quotidien les effets de la massification scolaire renforcent de manière prégnante les inégalités. Tout au long de l’ouvrage, elle s’attaque aux normes qui régulent les discours et les pratiques. Dans la première partie, Charlotte Magri propose ses propres définitions de mots et d’expressions qui peinent à se traduire en actes: Projet d’école, Ambition réussite, Segpa, Cliss, Refondation de l’école...
... À vrai dire je ne sais pas si tout le monde sent l’urgence. On a une institution qui a hérité d’une histoire et qui a été construite par rapport à une histoire. À savoir qu’on a voulu élargir un modèle qui fonctionnait très bien pour un sous-groupe socioculturel [ayant des ressources sociales et culturelles élevées, ndlr]. Nous avons massifié. Nous n’avons pas su démocratiser. Pour arriver à la démocratisation, il faut accepter que chaque enfant est différent ...
...  vous dites qu’on est face à une école qui veut s’adresser à tous quels que soient les enfants et quels que soient les enseignants, mais avec un écart entre les discours et les actes et un accroissement des inégalités…
Dans notre société, l’enjeu est dans nos représentations. On ne sait pas vivre ensemble. Donc on ne peut pas le transmettre à nos enfants.


… Julien Grenet reste plus prudent: "Ce n'est pas absurde mais inclure le privé n'est pas la première chose à faire. Il faut d'abord utiliser les leviers que l'on a pour diminuer la ségrégation dans le public. Ce n'est pas une réforme facile et sa réussite va dépendre de la concertation dans chaque arrondissement de Paris." A sept mois de la présidentielle, il s'agit surtout d'éviter une nouvelle guerre scolaire.

Mais le point noir de la rentrée, pour la Peep, c'est le périscolaire et les nouveaux rythmes. 51% des parents d'enfant scolarisé au primaire déclare que les activités périscolaires sont payantes, un taux très supérieur à celui indiqué par le ministère. Moins de la moitié est satisfaite des activités proposées. 72% des parents jugent le nouvel aménagement du temps inadapté à la maternelle. Et 78% juge que la réforme des rythmes n'a pas fait progresser leur enfant dans ses apprentissages.
Les parents mal informés sur les réformes
"Cette réforme est un échec pour les parents", juge V Marty. "Une grande majorité la rejette. On ne va pas revenir à la semaine de 4 jours mais il faut l'améliorer par exemple repenser les horaires. Il faut permettre des matinées plus longues et une annualisation du temps scolaire"…

Que fera le prochain gouvernement de la réforme du collège? Quelle est la durée de vie de ces programmes? Nicolas Sarkozy a déjà annoncé que s’il était élu il abandonnerait la réforme du collège.
Et paradoxalement, un brutal retour en arrière ne serait pas forcément bien accueilli, prédit Michel Tournier, notamment par les enseignants qui auront beaucoup travaillé à sa mise en place.
«Les mêmes qui manifestaient contre s’élèveront contre son abrogation.»
La seule chose qui ne change pas, c’est le manque de consensus, l’impréparation et le détricotage de ce qu’a fait le gouvernement précédent. Les ministres successifs auront peu de chance de remporter l’adhésion des enseignants en traitant l’éducation de la sorte.

L’augmentation du nombre de bacheliers prouve-t-elle la réussite d’une telle politique ? Les correcteurs du bac le savent bien : ces résultats sont obtenus trop souvent au prix de consignes d’indulgence, de moyennes générales fixées à l’avance, de barèmes au-delà de 20. Mais ces trucages ne résistent pas au verdict de la 1re année d’université : plus de 40 % d’étudiants abandonnent l’université sans diplôme. Les résultats des enquêtes du Programme International pour le Suivi des Acquis des élèves de 2012 (PISA) ne plaident pas pour notre système,...
Ceci dit, rassurons-nous : il reste les lycées publics bien cotés où un tri est fait à l’entrée en seconde, et des écoles privées. Voici pour l’égalité des chances


En quoi l’école numérique est-elle un «désastre» ?
Elle est née sous une «mauvaise étoile» (de l’italien disastro), celle du besoin compulsif d’innover à tout prix, de la fascination naïve pour la technique et la nouveauté. Elle est une défaite, celle du «combat» pour une école plus juste : la fuite en avant numérique est d’abord le signe de l’échec de décennies de réformes du système scolaire. On n’a plus que ça à proposer, la technologie pour panser toutes les plaies du système scolaire…
… «Le Danemark réussit à l’école, le Danemark intègre le numérique, donc le numérique permet de réussir.» Et tant pis si l’on sait depuis les Grecs anciens que ce genre de syllogisme est une erreur de raisonnement ; et tant pis s’il y a d’autres facteurs explicatifs dans le système éducatif danois, comme la pédagogie active : quand l’élève ne fait pas que recevoir mais produit son propre contenu, réutilise, remâche. Mais ce n’est pas nouveau, cela date de Freinet, des années 20…
… Mais d’un côté, on éduque nos enfants au développement durable et de l’autre, on leur met entre les mains des objets qui deviendront des déchets électroniques ingérables dans trois ans. Car l’empreinte écologique du numérique est forte, loin de l’illusion d’immatérialité. Avec les milliards d’euros du plan numérique, on pourrait créer des postes d’enseignant, ou augmenter leur salaire, acheter des instruments de musique, du matériel artistique
… Nos enfants ne sont pas des digital natives : ils n’ont pas un portable à l’oreille en naissant et ne parlent pas naturellement le langage SMS. On ne naît pas digital, on le devient ! C’est nous, les parents, et bientôt l’institution scolaire, qui leur transmettons notre addiction.

… on observe un niveau absolument extrême de ségrégation sociale. Dans les collèges socialement les plus huppés, il n’existe quasiment aucun élève défavorisé (moins de 1 %). A l’autre extrême, certains collèges comptent plus de 60 % d’élèves défavorisés. Il est à noter que l’on obtiendrait des résultats tout aussi extrêmes si l’on complétait l’analyse avec autres indicateurs permettant de définir les élèves défavorisés, comme le revenu parental ou la nationalité d’origine des parents.
Le second résultat frappant concerne le rôle clé joué par le privé. Concrètement, la quasi-totalité des collèges comportant très peu d’élèves défavorisés sont des collèges privés, et, inversement, il n’existe aucun collège privé parmi ceux qui accueillent une grande proportion d’élèves défavorisés…
Cette ségrégation scolaire extrême découle de la ségrégation résidentielle, puisque, dans le système actuel, l’adresse des parents détermine mécaniquement le collège d’affectation (hors langues rares et dérogations, qui ne sont guère accessibles pour les familles défavorisées). Cela est accentué par les fuites vers le privé…

Rien de bien nouveau ni d’inquiétant si, en face, la majorité sortante (on ne dira quand même pas « la gauche ») avait su ou voulu profiter de la législature pour s’attaquer à quelques-uns des blocages qui font obstacle à toute véritable réforme du système éducatif

… son lycée Turgot (IIIe arrondissement de Paris) accueille 83 % d’élèves boursiers en seconde (contre 55 % l’année dernière). En ajoutant les redoublants, le pourcentage frôle les 90 %. «On a créé un ghetto social, ethnique et culturel. De toutes pièces. C’est un choix politique, en contradiction avec la loi qui fixe un objectif de mixité sociale dans les établissements.» Le proviseur Christophe Barrand parle d’un ton tranchant, ses mots sont réfléchis et pesés. «Rien n’a changé à Paris en vingt-cinq ans, ni ces dernières années comme on aurait pu le penser. Dans les lycées parisiens, l’entre-soi prime toujours sur la réussite du système éducatif.»…
… Libération s’est procuré des données précises sur le nombre d’élèves boursiers en seconde dans les 74 lycées publics de la capitale. Verdict : l’entre-soi reste la règle

Chahuté, depuis plus d’un an, par d’incessantes querelles idéologiques, polémiques pédagogiques et appels syndicaux à l’abrogation, le «collège 2016» annoncé au printemps 2015 par la ministre de l’éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, entrera officiellement en vigueur dans les 7 000 établissements de France jeudi 1er septembre…
… 60 % des collèges mettront en œuvre la réforme «sans grand enthousiasme, par devoir», selon Michel Richard, secrétaire général adjoint ; «un quart l’appliquera plus volontiers car elle s’inscrit dans la continuité de leurs pratiques – la pédagogie par projet, l’interdisciplinarité ; et 15 % seront d’irréductibles villages Gaulois, des collèges où les enseignants feront le service minimum»…
… Sur le fond, les craintes portent sur l’autonomie octroyée aux établissements, qui fait redouter à certains le délitement d’une éducation «nationale», identique partout…

… la ministre de l'Education Najat Vallaud-Belkacem, très offensive contre l'opposition, avait déjà fustigé les responsables locaux "de droite" qui supprimaient la gratuité des transports scolaires ou les prix réduits à la cantine en fonction du quotidien familial.
Liliana Moyano a, elle, mis tout le monde dans le même sac, accusant les départements et les régions "de droite comme de gauche" de s'en prendre à la gratuité et de sanctionner ainsi les familles défavorisées. Elle a cité des grandes  régions des deux bords : la nouvelle Aquitaine, la Bretagne et le Grand Est.
"Lorsqu'on proteste auprès des responsables, a-t-elle expliqué, ils nous disent que l'Etat coupe dans leurs subventions. Nous leur répondons qu'ils font payer la crise aux  parents, que ce sont des choix politiques et qu'ils font le choix de sacrifier l'éducation!"


… «Selon une étude américaine, un quart des enfants interrogés se disent utilisateurs de Facebook, bien que ce réseau social soit destiné aux adolescents et aux adultes. Ce sont les utilisateurs cachés des réseaux sociaux, ceux qui ne sont pas supposés être là, mais qui le sont néanmoins. Je les appelle "les Invisibles". Et ça ne concerne pas que ceux qui ont 11/12 ans: 34% des utilisateurs de Facebook interrogés par les chercheurs de l'étude américaine sont âgés de 8 à 10 ans. Dans l'étude de l'EU Kids Online, un quart des 9/10 ans et la moitié des 11/12 ans utilisent également Facebook. Et quatre enfants sur dix mentent sur leur âge.»…
… «Des algorithmes sont créés pour identifier ou estimer des données très complexes, comme par exemple l'âge, le sexe, l'opinion politique et le niveau d'éducation d'un utilisateur de Twitter. Est-ce que ce serait si dur de créer un algorithme pour identifier des comportements inappropriés, ou des cas de harcèlement en ligne ?...

… Or, depuis 2000, si la France et l’Allemagne ont des résultats relativement similaires à ceux de l’enquête PISA, leurs taux de chômage varient du simple au triple. En 2015, le taux de chômage des Allemands âgés de 15 à 24 ans était de 7,3 % de la tranche d’âge, alors qu’il était de 24,7 % en France…
… Autrement dit, cette étude diagnostique l’existence d’une relation forte entre la qualité de notre système éducatif et la vitalité économique, mais elle n’explique pas davantage la nature de cette relation. Des analyses plus complexes seront sans doute nécessaires pour mieux comprendre le phénomène et savoir dans quelle mesure le système éducatif peut être un levier dans la lutte contre le chômage.

Combinés à la hausse vertigineuse de l’immobilier, le «déclassement scolaire» et la dévaluation des diplômes réduisent à néant non seulement les espoirs d’ascension des classes moyennes mais les possibilités de «rattrapage», surtout en temps de crise économique ou de croissance quasi nulle.
La prétendue stabilité du revenu cache en réalité une forte régression et l’éloignement des normes d’une vie décente pour le plus grand nombre…
«La constitution d’un noyau d’exclusion, d’un précariat diplômé, et la diffusion de nouvelles approches religieuses de la question sociale sont de nature à désagréger ce qui reste de l’héritage idéologique populaire et solidaire de la Reconstruction», s’inquiète-t-il.
Louis Chauvel reproche au pouvoir de participer à ce déni en négligeant dangereusement la «frustration» nourrie par les jeunes adultes diplômés, en déshérence parce que ceux-ci ne sont pas structurés politiquement. «Les nouveaux Raskolnikov, Netchaïev et Stavroguine, tous les personnages désespérés du roman russe ont donc de l’avenir ici même», conclut-il.

… Se comparer aux générations précédentes est aussi une manière d’évaluer sa condition et de se rendre compte, finalement, de la manière dont la jeunesse est traitée. Tous ceux qui sont nés après la fin des Trente Glorieuses ont connu la peur du chômage et année après année, oui, la situation des jeunes diplômés s’est précarisée. Et de plus en plus. Certes, Olivier Galland et Monique Dagnaud relevaient que «80% des étudiants munis d’un diplôme du supérieur long sont en CDI trois ans après la fin de leurs études, contre 40% pour les non diplômés». Mais trois ans, c’est très long, même quand on a 24 ans …
En attendant prospèrent les emplois alimentaires, la galère, les stages et autres services civiques, qui masquent souvent la difficulté à trouver un emploi. En France, on trouve normal d’employer des gens pratiquement gratuitement car ils sont… jeunes. C'est un passage obligé. De plus, pour le pouvoir politique, la politique de la jeunesse, c’est surtout demander aux jeunes de s’engager. C’était par exemple le sens du discours de François Hollande pour ses vœux à la jeunesse, en janvier dernier …
… quelles places ont laissé les baby-boomers, la génération dorée de l’accès à l’emploi et à ce qui va avec –logement, sécurité psychologique, retraite– à ceux qui leur ont succédé? La sécurité des uns se maintenait au prix de la précarité des autres…
… En 2012, François Hollande devait faire de la jeunesse la priorité de son mandat. Quatre ans et demi plus tard, on ne peut que constater qu’il n’y avait ni ambition ni vision politique


les adolescents connectés à au moins un réseau social représentent une large majorité de leur classe d’âge. Mais comment se passe la vie de ceux qui refusent de rejoindre ces réseaux et de vivre dans ce monde ultra-connecté?
Le Wall Street Journal est allé à la rencontre de ces jeunes qui demandent directement à leurs amis ce qu’ils font de leurs vacances au lieu de le voir sur internet…

«Nous n’utiliserons pas le cahier de texte numérique, ni les multiples écrans dont on prétend nous équiper.
Nous nous opposerons aux équipements générant d’importants champs électromagnétiques ainsi qu’à la concentration des données scolaires dans des bases centralisées. » …
… Cette révolution numérique est imposée, l’utilisation des outils numériques est une injonction.»
Emilie dit qu’elle a du mal à se résoudre à ce que son fils de 6 ans «attaque sa scolarité avec un iPhone et un ordinateur dans sa classe»…
… «L’arnaque pour nous se situe dans le fait que cette technologie s’invite sous argument de complémentarité, mais dans les faits c’est faux, elle remplace et fait disparaître beaucoup de savoir-faire (un exemple parmi cent : depuis que les profs sont tenus d’écrire sur Internet les devoirs à faire, les élèves ne prennent plus note eux-mêmes de leurs devoirs [...]).
Internet et l’appareillage numérique ne peuvent pas améliorer l’enseignement car ils prennent le temps et la place des enseignements et des savoirs fondamentaux absolument nécessaires au bon usage de ces outils.» …
[ L'Appel de Beauchastel] - pdf

"La-Rentrée"
Chahuté, depuis plus d’un an, par d’incessantes querelles idéologiques, polémiques pédagogiques et appels syndicaux à l’abrogation, le «collège 2016» annoncé au printemps 2015 par la ministre de l’éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, entrera officiellement en vigueur dans les 7 000 établissements de France jeudi 1er septembre…
… 60 % des collèges mettront en œuvre la réforme «sans grand enthousiasme, par devoir», selon Michel Richard, secrétaire général adjoint ; «un quart l’appliquera plus volontiers car elle s’inscrit dans la continuité de leurs pratiques – la pédagogie par projet, l’interdisciplinarité ; et 15 % seront d’irréductibles villages Gaulois, des collèges où les enseignants feront le service minimum»…
… Sur le fond, les craintes portent sur l’autonomie octroyée aux établissements, qui fait redouter à certains le délitement d’une éducation «nationale», identique partout

… Or, depuis 2000, si la France et l’Allemagne ont des résultats relativement similaires à ceux de l’enquête PISA, leurs taux de chômage varient du simple au triple. En 2015, le taux de chômage des Allemands âgés de 15 à 24 ans était de 7,3 % de la tranche d’âge, alors qu’il était de 24,7 % en France…
… Autrement dit, cette étude diagnostique l’existence d’une relation forte entre la qualité de notre système éducatif et la vitalité économique, mais elle n’explique pas davantage la nature de cette relation. Des analyses plus complexes seront sans doute nécessaires pour mieux comprendre le phénomène et savoir dans quelle mesure le système éducatif peut être un levier dans la lutte contre le chômage.

Au restaurant, en vacances, à la machine à café, c’est un peu toujours le même refrain : «Le mien, je crois qu’il est précoce.» La mine qui l’accompagne, soucieuse, oscille entre fierté et désolation. Tous les parents sauront de quoi il s’agit.
Maladie jadis inconnue, la « précocité » gangrène désormais les familles, les écoles et les cabinets de psy. Ses symptômes les plus fréquents ? Une intolérance à la frustration, un rejet de l’autorité et un refus des apprentissages scolaires.
«Les gens sont persuadés que, plus leur enfant est insupportable et nul à l’école, plus ça veut dire qu’il est surdoué. Mais c’est faux !» …
… «Il n’écoute pas ? Il est surdoué. Il rêve ? Il est surdoué. Il aime l’école ? Il est surdoué. Il n’aime pas l’école ? Il est surdoué. C’est devenu la ­réponse à tout.» Et cela concerne toutes les classes sociales…

Pour l’instant, le port du casque n’est pas encore obligatoire, l’armement des enseignants non plus mais les dernières mesures …
… Avant l’échéance, fatale, des élections présidentielles, il reste aux acteurs de l’éducation à peine deux trimestres d’une année scolaire pour faire connaître leur point de vue sur ce changement radical de culture.

on a rétabli la formation des maîtres à peu près comme elle était avant sa suppression de crainte de déranger l’Université omnipotente. Il est vrai que les formateurs ne sont pas formés pour refonder mais pour conserver.
Bref, il n’y pas de refondation, que du bricolage ! La porte est ouverte aux projets les plus réactionnaires pour 2017.
Mais tout le monde semble content. Les conservateurs de droite et de gauche qui sont rassurés de voir que rien ne change vraiment. Les prétendus ou soi-disant progressistes, compromis ou satisfaits de la seule apparence de changement

UFC-Que Choisir met en garde contre les substances indésirables contenues dans certaines fournitures scolaires, en particulier les feutres ou stylos parfumés et les colles à paillettes.
Selon les résultats de tests menés par l'association, sur 52 articles couramment trouvés dans le cartable des écoliers, plus d'un tiers des produits "sont à éviter et contiennent un triste florilège de substances indésirables"

Le numérique est aujourd'hui omniprésent dans nos vies. L'école peut-elle vraiment se tenir en dehors de ce mouvement de numérisation globale?
Oui, justement, le numérique est déjà omniprésent dans la vie des enfants. Est-ce que l'école ne doit pas justement rester à l'écart? Et est-ce que l'on a besoin de vendre à l'Education nationale la dernière technologie qui sera obsolète dans deux ans. Est-ce que les élèves doivent forcément être les nouveaux débouchés des géants de l'informatique?
Beaucoup de cadres de la Silicon Valley, en Californie, berceau du numérique, l'ont compris. Ils inscrivent, eux, leurs enfants dans des écoles très chers, sans écrans pour éviter que leurs enfants ne soient numérisés dès le plus jeune âge. En revanche, ils en font la promotion pour les enfants de leurs clients. L'école pourrait être ce refuge, où au moins quelques heures par semaine, les enfants échappent à un écran, une fois qu'ils ont fini de regarder la télévision et qu'ils ont posé leurs portables.

Le constat est sans appel : les quartiers blancs sont bien fournis en Pokéstop, tandis que les quartiers noirs sont des «poké-déserts». Rajoutons à cela que Pokémon Go nécessite un smartphone performant (donc cher) et une bonne connexion internet (3G minimum), et le jeu de l’été achève de calquer les inégalités sociales et territoriales, discriminant ses joueurs sur des critères qui les plombent déjà toute l’année…

… Pokémon Go, comme d’autres applications de la même génération, rehausse la réalité par le virtuel, en y replaçant ces éléments virtuels que sont les Pokémon. Et de la sorte aspire ma vie réelle, mes déambulations dans une ville que je visite, à l’intérieur de cet espace virtuel où toutes mes données sont collectées et revendues, mes mouvements et mes rencontres surveillés, contrôlés, possiblement dirigés.
Plutôt que ces robots, dont parle Oliver Stone, je nous vois plutôt comme des «zombies» nous transmettant les uns aux autres le virus qui nous assujettit à une force obscure, plus générale, plus profonde que Niantic qui collecte nos données, et que les agences de renseignement auxquelles nous autorisons Niantic à transmettre ces données. Une force obscure, un monstre qui travaille à s’étendre et, pour cela, nous contrôle toujours plus étroitement

Deux ans après la mise en place des activités périscolaires dans les écoles, un tiers des mairies les ont rendus payantes, faute de moyens. Des parents se battent pour faire respecter le principe de "gratuité de l'instruction".
Gratuites à Paris, Marseille ou Bourges, payantes à Toulouse ou Grenoble. Il n'existe pas de règle concernant les tarifs des activités périscolaires qui occupent les enfants après l'école depuis la réforme des rythmes scolaires en 2014…
… Françoise Moulin-Civil, rectrice de Lyon et présidente du comité de suivi des rythmes scolaires a, elle, estimé ce mercredi sur France Info que cette situation provient avant tout de "choix locaux". Selon elle, "l'Etat a déjà versé 834 millions d'euros depuis 2013 pour accompagner la mise en place de ces activités"…

… Dans une synthèse éclairante, Pierre Merle revient sur la ségrégation ethnique, sociale et académique au collège. Il montre que la mise en concurrence des établissements n'est pas efficace ou encore que les efforts actuels pour davantage de mixité sociale sont insuffisants. Il invite à "inventer de nouvelles politiques", comme par exemple proposer une offre scolaire intéressante dans les collèges en perte de vitesse ou donner un avantage financier aux collèges socialement défavorisés….
… il nous demande de choisir vraiment. "La grande réforme devrait d'abord consister à dire ce que le collège doit être, ce qu'il doit offrir à tous". Une façon de dire aussi que la réforme qui entre en application en 2016 n'a pas répondu à cette question.

«Qu’est-ce que vous attendez pour servir la dame ?» a vociféré l’éducatrice.
On ne vous a pas élevé correctement dans vos familles ? ».
Les familles sont loin éloignées ou massacrées, emportées par les maladies ou les armes. Cette phrase et les têtes baissées des enfants furent insoutenables pour moi. Pour eux, elle ne faisait que s’ajouter aux insultes quotidiennes.
Dans cette ambiance, certains jeunes attendent depuis des mois d’être envoyés en foyer. «Madame, ça fait dix mois que j’attends et il ne m’en reste que 10 avant mes 18 ans. J’ai peur.», pleure Damas, un orphelin qui vient de perdre son neveu.
Pour eux, j’ai saisi le juge pour enfants, le défenseur des droits, j’ai signalé de mauvais traitements au 119, j’ai envoyé des communiqués de presse, j’ai contacté les associations, interrogeant : que pense Monsieur Eric Ciotti président du Conseil Départemental des Alpes-Maritimes, de ce drôle de foyer d’accueil ? Je ne le sais pas.

Au soir de leur vingt-troisième journée dans la rue, les familles Roms expulsées de la Boissière n'avaient d'autre solution que de dormir, une fois encore, sur la place Jean-Jaurès. L'auvent du théâtre était le seul abri qu'elles avaient à leur disposition, face à la mairie, offrant une protection contre la pluie et une sécurité très relatives. Le maire et la police poursuivent leur harcèlement…

Le square, pourquoi pas, en attendant ? Il est dix-huit heures : à trois, nous partons voir. Devant la porte : un gardien. Il est en train de mettre la chaîne et le cadenas. Il a reçu la consigne de fermer le square deux heures plus tôt. Pourquoi ? La mairie a peur que des squatters s'y installent ! Nous comprenons que tous les squares de Montreuil ont dû fermer plus tôt ce soir : les horaires d'hiver en été, exceptionnellement.
Quelqu'un, un jour, a tenu des propos dignes et sensés. Mais c'était il y a longtemps, en octobre 2013, pendant la campagne pour les élections municipales…

«Dis chéri, si ce soir on regardait les pauvres se vautrer dans leurs allocs»?
Ça peut paraître violent, mais c’est, en termes plus civilisés, l’invitation que fait M6 aux Français ce soir, en les conviant à regarder son nouveau programme, la Rue des allocs.
Un programme de «docu-réalité», où le spectateur est entraîné dans un mignon quartier d’Amiens, à la rencontre de personnes qui n’ont que le RSA, ou des allocations diverses, pour vivre…

… La Coupe du Monde organisée au Brésil en 2014 avait donné l’occasion de pointer les inégalités sociales dans le pays. Des plages de sable fin de Copacabana aux favelas, Rio de Janeiro avait dévoilé son autre visage, loin des festivités de cet événement sportif majeur au pays du football.
24 mois plus tard, ces disparités apparaissent à nouveau avec les Jeux olympiques organisés dans la métropole brésilienne. Vendredi 5 août lors de la cérémonie d’ouverture des JO 2016, une photo



 
 
 
 
 
 

… Voilà à peu près, en trois paragraphes, la teneur et le niveau de la grande conversation nationale sur le burkini. J’ai fait court histoire de synthétiser, mais n’hésitez pas à dérouler chacune des trois propositions à l’infini, c’est-à-dire jusqu’à l’inévitable point Godwin. (Si Nadine Morano peut le faire, vous aussi.)
Je sais qu’on est au cœur de l’été et qu’il fait chaud …

L'hystérie n'est pas une politique.



 
 
 

… Alors le marché de l’humanitaire low-cost se développe, des associations plus ou moins farfelues ou structures religieuses locales prennent en charge, contre un dédommagement, toutes ces bonnes volontés et offrent un accès direct aux pauvres. Là, l’individu obtient des profits symboliques personnels importants, de façon immédiate…

… avec ces pauvres, il n’y a pas de passif, alors qu’en France on a les Roms, les réfugiés, les SDFLes pauvres sont des gens pénibles, qui mendient, dorment dans votre hall d’immeuble. La pauvreté internationale est abstraite, méconnue, lointaine…

 
 
 
 
 
 
 

… Vingt-deux ans qu’il voit défiler dans les orphelinats les touristes humanitaires et autres volontaires en tout genre. «L’enfant est devenu une attraction touristique. Imaginez un turn-over permanent de Japonais, un flux d’adultes inconnus qui viendraient dans nos écoles pour apprendre des chants aux petits Français, enseigner leur langue, leur offrir du riz et les photographier avant de repartir.»…
… En trente ans, le nombre d’orphelins est passé de 7 000 à 47 000. En fait, selon l’Unicef, 74 % d’entre eux ont des parents. «Les volontaires étrangers veulent tous ouvrir des orphelinats. Seulement, il faut les remplir ! Alors, croyant bien faire, ils retirent les enfants aux familles cambodgiennes pauvres, expliquant que c’est mieux, qu’ils ne savent pas s’en occuper. C’est raciste, colonialiste….

Les laïcistes contemporains ne sont donc pas fidèles à l’esprit de la loi de 1905, contrairement à ce qu’ils prétendent. Ils sont en réalité des salafistes de la laïcité, des fondamentalistes, en ce sens qu’ils veulent revenir à son âge d’or supposé, qui n’existe que dans leur imagination. Leur démarche s’apparente à l’ «invention de la tradition» …
… la mise en œuvre d’une «laïcité intégrale» tend à transformer celle-ci en religion nationale, à laquelle les bons citoyens doivent observance : du porc tu mangeras, de l’alcool tu boiras…
 

"LES-DROITS-DE"

 
 
 
 
 

Evidemment, ce témoignage est anecdotique. Il arrive parfois que certains enfants soient mis à l’abri dans les hôtels grâce au concours de France Terre d’Asile. Ceux-ci sont infestés de gale et de punaises de lit, aussi bien que beaucoup leur préfèrent la rue et son vent glacé, ses proxénètes, ses clochards ivres et les bagarres du camp sous le pont de Stalingrad. H. 14 ans, Afghan, se serait contenté de la gale et des punaises de lit



"LA-RENTREE"
à l’instar du jouet, les fabricants d’articles scolaires réalisent la majeure partie de leur activité sur une période très courte.
 «La rentrée des classes c’est 35 % à 40 % de notre chiffre d’affaires de l’année …
… «Les ventes de produits estampillés Coca-Cola ont été dix fois plus élevées que celles des autres licences que nous avons eues par le passé»

Loyers trop élevés, transports trop chers : le coût de la vie continue de grimper pour les étudiants à la rentrée 2016, selon une étude de l'Unef publiée ce dimanche, obligeant la moitié d'entre eux à cumuler job et études, et 12% à financer leur cursus avec un prêt.
"Pour la rentrée 2016, le coût de la vie augmente de 1,23% soit près d'un point de plus que l'inflation", écrit le syndicat étudiant. A la rentrée 2015, l'augmentation était de 1,1%, soit environ quatre fois l'inflation.
La hausse "atteint +9,7% depuis le début du quinquennat", souligne le premier syndicat étudiant à moins de neuf mois de la présidentielle de 2017. Pour l'Unef, cette nouvelle augmentation "va accentuer les inégalités sociales et la précarité déjà existante pour les étudiants".
Rentrée 2016 : enquête sur le coût de la vie étudiante

Il y a un an, le Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco) s’en était saisi pour avancer, entre autres préconisations, la possibilité de fermer les 100 collèges les plus ghettoïsés. Ou que chaque établissement nouvellement inauguré intègre, dans son projet, un volet mixité. «On en est loin, regrette sa présidente, Nathalie Mons. Comment parler de politique nationale à partir d’une poignée de sites pilotes sans lancer, dès maintenant, des initiatives d’envergure dans le Nord, à Lyon ou dans la région marseillaise ? …
… A Paris, la sectorisation élargie attendra « au moins 2017 »…

... Un « marché public » passé sans concurrence ?
En janvier 2016, le collectif EduNathon (qui regroupe des organisations de défense du «numérique libre», comme le Conseil national du logiciel libre, La Mouette et le Le Ploss-RA) a déposé un recours gracieux auprès du ministère, dénonçant le caractère «illicite» de l’accord conclu avec le géant du Web. Pour EduNathon, qui prône l’utilisation des logiciels libres, ce partenariat serait assimilable à un «marché public», et aurait donc dû être signé «après une procédure de mise en concurrence»...
...  force est de constater que cette association en lien avec le plan pour le numérique à l'école suscite de nombreuses interrogations. Lors des débats relatifs au projet de loi Lemaire, une sénatrice PS avait ainsi déposé un amendement visant à interdire toutes les «conventions qui permettent à l’État de disposer à titre gracieux, avec ou sans contrepartie, de produits ou de services informatiques». Son texte n’avait finalement pas été débattu, car jugé irrecevable...
«Aucune réponse» du ministère au recours gracieux d'EduNathon
Le caractère licite ou illicite de cet accord devrait toutefois être bientôt débattu devant les tribunaux...

"LE-BAC"
Il y a quelques jours, comme à l’accoutumée à cette période de l’année, les roulements de tambours républicains du ministère de l’Éducation nationale nous livraient, en s’en félicitant, les records du cru 2016 pour le baccalauréat. Une telle fanfaronnade médiatique ne saurait néanmoins éluder le problème central de notre école, à savoir la persistance de la force du déterminisme social dans la réussite scolaire…

… En fait, le déterminisme social dans les résultats scolaires jette ses premiers filets bien avant le niveau du baccalauréat. Dès l’entrée en sixième, on mesure déjà des différences de niveau significatives chez les enfants en fonction de leur origine sociale, héritées de l’école primaire…
… La méritocratie selon laquelle la distribution des positions sociales se fait selon les talents et les efforts de chacun, sans qu’intervienne l’influence des origines sociales, grâce à une école qui assurerait une égalité des chances face à la réussite scolaire, représente donc toujours bel et bien une gigantesque fiction, derrière laquelle, dans les faits, oeuvre un système conçu pour organiser le plus précocement possible (dès l’école primaire !) la sélection d’une élite, dans le cadre d’une compétition scolaire pipée dès le départ….

Près de 7 millions de Français signent ainsi des pétitions, voire en créent. «En France, 4 000 pétitions sont mises en ligne chaque jour», assurait à «L’Obs» la plateforme. «Et le nombre de signatures par texte ne cesse d’augmenter.»
Ce que les signataires ne savent pas toujours, c’est que Change.org n’est pas une organisation caritative ou une ONG, mais bien une entreprise. Et son modèle économique repose sur la vente des données personnelles des utilisateurs, révèle l’hebdomadaire italien «L’Espresso»… 
… Tameeka Bennett n’est pas la seule habitante de East Palo Alto à avoir vu sa maison saisie pour ne pas avoir pu payer son loyer. Dans la Silicon Valley, pas moins de 70 000 travailleurs aux faibles revenus font plus de 80 km rien que pour se rendre au travail
… Caprice Powell, une jeune femme de 24 ans qui a du déménager cet été à Atlanta (Georgia), également citée par le Guardian : «Facebook arrive et apporte avec lui toutes ces personnes riches. Les prix de nos maisons sont abordables pour eux, ils ne représentent rien.» 
Chez les plus jeunes, le problème vient aussi du fait que l’ouverture d’un compte Facebook est interdite aux moins de 13 ans, ce qui pousse beaucoup de petits collégiens à s’inscrire sans le signaler à leurs parents. Enfermés dans la spirale du mensonge, ils sont alors de plus en plus isolés, pris au piège d’une situation dont leurs parents ne peuvent absolument pas se douter. Les histoires tragiques de ce type, comme celle de Marion Fraisse, sont hélas nombreuses.

Terminée la quiétude de l’été. Tout comme les adultes, qui peinent à poser smartphones et ordinateurs même pendant leurs vacances, les ados n’arrivent pas à déconnecter. Et lorsqu’ils sont victimes de harcèlement, c’est encore pire

Le monde numérique vit toujours dans l’illusion de son immatérialité. Alors que les gouvernements se sont engagés, au moment de la COP21 de Paris, à réduire leurs émissions de carbone pour limiter le réchauffement climatique sous la barre des 2 °C, le déploiement du numérique s’effectue sans le moindre souci environnemental. La vogue actuelle du bitcoin et de la blockchain en constitue l’exemple parfait…

… Le numérique absorbe déjà 15% environ [PDF] de la consommation électrique nationale française, et autant d’énergie, à l’échelle globale, que l’aviation. Rien ne laisse aujourd’hui penser que la masse à absorber va baisser, ni que le numérique permet une réduction des consommations, comme l’affirment les industriels du secteur …

… Au final, les affaires continuent et les banques américaines, que l’on voyait en si mauvaise posture au moment de la faillite de Lehmann Brothers, tiennent de nouveau le haut du pavé. Et la plus puissante d’entre elles, Goldman Sachs, vient encore de s’illustrer en recrutant José Manuel Barroso, ancien président de la Commission européenne, pour l’aider à s’en sortir au mieux dans l’affaire du Brexit…

Il y a les petites mains des entrepôts d’Amazon, aux conditions de travail peu enviables, décrites comme celles de forçats des temps modernes, soumis à des exigences de productivité folles. Et il y a les livreurs de vos paquets commandés en ligne (chez tous types d’e-commerçants), l’autre versant méconnu de nos emplettes sur Internet : le Guardian leur consacre une enquête édifiante…
Pour environ 45 pence le colis (soit 53 centimes d’euro), sans protection sociale ni retraite : pas d’arrêt maladie, ni congés payés, et la crainte d’être mis sur la touche si l’on n’a pas effectué de livraison les dimanches par exemple…

Chaque jour, chaque minute sur le Web, en cherchant sur Google, en postant sur Facebook ou Snapchat, je, tu, il, nous produisons de la donnée, des données qui ne nous appartiennent pas vraiment la plupart du temps, qui nous échappent le plus souvent, et qui constituent surtout le puissant carburant des géants de l’économie numérique.
Pour mieux comprendre les batailles qui se trament sur la Toile mais aussi les moyens de reprendre la main, au niveau individuel et collectif, l’ouvrage  «Datanomics» décortique ces «nouveaux business models des données»….
… ce rapport montrait par exemple que les courtiers en données proposent des services permettant de cibler des publics vulnérables comme les «mères célibataires endettées»Evidemment pas dans un but philanthropique !

…  Au vu du ramassis de bêtises et de raisonnements à l’emporte-pièce que l’on peut lire sur les réseaux sociaux en cliquant sur le moindre hashtag lié à la tuerie de Nice, il est évident que certains parents, frères et soeurs, oncles et tantes risquent de créer la psychose et d’alimenter la haine chez les jeunes qu’ils côtoient. Mais depuis leurs lieux de vacances, les enseignants n’ont d’autre choix que de s’évertuer à faire confiance aux adultes qui entourent leurs élèves, tout en réfléchissant à la façon dont ils pourront aborder le drame de Nice si jamais l’occasion se présente. En espérant que d’ici là, aucun autre événement traumatisant ne soit venu s’ajouter à une liste de plus en plus lourde.


… remonter jusqu’à «la marche des Beurs» qui s’acheva en décembre 1983 par la présentation à François Mitterrand de revendications à caractère politique et social. Occasion manquée, selon Kepel : il y a eu dilution «des revendications spécifiques des marcheurs dans un antiracisme à plus large spectre sous l’égide de la petite main jaune de SOS Racisme». On est loin de l’intégration économique et sociale. Les conséquences de ce rendez-vous manqué ont été désastreuses. Une génération entière a grandi dans un sentiment inchangé de marginalisation et de frustration. De là à écouter avec ferveur les prêches de haine sur Internet, il n’y a qu’un pas…
… la proclamation de l’État islamique fut la conséquence de la déliquescence des États de la région. Quelles sont les causes de cette déliquescence ? La destruction de l’Irak par George Bush en 2003, le Printemps arabe de 2011, bien sûr, mais d’autres mécanismes étaient à l’œuvre, depuis au moins un siècle. Il faut remonter jusqu’aux accords Sykes-Picot de 1916, qui trahissaient allégrement les promesses faites aux Arabes et qui ont charcuté toute la région…

… «Reste que la vraie nouveauté, c’est l’adhésion de milliers de jeunes qui avaient déserté la politique ou votaient occasionnellement pour les Verts. Et qui, pour la première fois, ont l’impression d’avoir face à eux un homme qui parle un autre langage, rejette l’austérité et refuse catégoriquement de céder aux sirènes xénophobes. Il est bien le seul. C’est cette nouveauté que n’ont pas comprise ni digérée tous ceux qui ont été surpris par la victoire de Corbyn à la tête du Parti travailliste en septembre.»…
… Son expérience récente d’institutrice à Birmingham lui a«ouvert les yeux» : «J’étais en poste dans un quartier très défavorisé, j’ai vu des enfants venir à l’école le ventre vide, des parents accablés par les difficultés financières», explique la jeune femme, encore troublée de s’être retrouvée confrontée aux «conséquences concrètes de l’austérité imposée au pays depuis six ans»…
… «Ce n’est qu’une tentative de putsch orchestrée par la droite du parti et les nostalgiques de Tony Blair
British way of life
Oh so British !

… A moins de réduire l’insécurité et les inégalités générées par les tendances du marché du travail, le glissement vers des politiques populistes va s’accentuer, en France et ailleurs. Le précariat est anxieux, dépourvu d’objectifs et en colère. A moins qu’on ne lui procure une certaine sécurité économique, qui à mes yeux devrait prendre la forme d’un revenu de base universel, nous nous dirigeons tout droit vers la politique de l’enfer.

… En mars 2015, la France avait été condamnée par le Conseil de l’Europe au motif qu’elle «ne prévoit pas d’interdiction suffisamment claire, contraignante et précise des châtiments corporels». Pour l’instant, le droit français autorise un «droit de correction» des enfants au sein des familles, alors même que les punitions corporelles sont interdites à l’école et dans l’armée. La France a pourtant signé la Charte européenne des droits sociaux, qui précise que les Etats doivent «protéger les enfants et les adolescents contre la négligence, la violence ou l’exploitation».

Le 12 juillet 2016, la France a été lourdement condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Les cinq affaires concernent des familles enfermées avec des enfants mineurs entre 2011 et 2014 dans les centres de rétention de Toulouse, pour quatre d’entre elles, et de Metz. La Cour déclare à l’unanimité qu’il y a eu violation de l’article 3 de la Convention : «Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants.» Dans certaines affaires, la France est également condamnée pour violation de l’article 5 (droit à la liberté et la sureté) et de l’article 8 (droit au respect de la vie familiale)…


Ca ne va pas mieux en ce qui concerne le recrutement des enseignants. Les résultats de l'admissibilité , en mai, avaient attiré notre attention. Les résultats des Capes de lettres et de langues montrent une aggravation de la crise de recrutement. Déjà 795 postes d'enseignants du second degré restent sans titulaires.

83% de postes sans titulaire
L'année dernière, pour les 4 disciplines de lettres modernes et classiques, anglais et allemand, 646 postes n'avaient pas trouvé preneur.  Cette année, selon les résultats du capes externe publiés le 4 juillet, ce sont 795 postes pour lesquels l'éducation national n'a pas trouvé de titulaire, soit 150 de plus….
C'est donc que l'attractivité du métier s'est dégradée depuis 2015. Même si ce mois de juillet s'ouvre par une revalorisation des enseignants , comme des autres fonctionnaires, les efforts faits semblent insuffisants pour attirer des jeunes vers le métier d'enseignant dans les disciplines fondamentales…
… Ils ont écrit une lettre ouverte à la ministre de l’Education nationale : «Regrouper dans un même lycée, après un processus administratif qui devait permettre la mixité scolaire, plus de 80% de jeunes qui ont pour caractéristique commune d’être issus de milieux sociaux défavorisés estinique
Le processus administratif dont ils parlent s’appelle Affelnet …
Des mots à obsolescence programmée, créés pour dire des réalités nouvelles - ou donner un air nouveau à un vieux refrain - ; des mots qui saturent le débat avant d’être jetés, remplacés par d’autres ou recyclés, voire récupérés, symptômes autant de la tyrannie de la nouveauté que d’une accélération du temps politique.
… Car enfin l’on peut s’interroger sur la consistance réelle de cette prolifération de termes dans la langue politique. «Elle peut être interprétée comme un signe de sa vacuité, souligne l’auteur. C’est le règne des slogans, des communicants, des éléments de langage, de la langue de bois.»…
Les stéréotypes ont la peau dure. Problèmes : ils amènent parfois à marquer des buts contre son propre camp. Comme le prouve la campagne que vient de lancer l'artisanat en faveur de l'apprentissage.
Peu de débats sont autant enfermés dans les stéréotypes que le débat sur l'école. L'illustration en a encore été donnée par la récente campagne de publicité en faveur de l'apprentissage, financée par le Fonds national de promotion et de communication de l'artisanat (FNPCA).
Prétendant précisément lutter contre les stéréotypes dont serait victime l'apprentissage, une de ses affiches martelait ainsi, en gros caractères : «Quand la fac est finie, on cherche», tandis que «Quand l'apprentissage est fini, on trouve».
On voit bien quelle opposition mécanique est ici suggérée entre savoirs théoriques et savoirs pratiques, entre études longues mais fumeuses et études courtes mais porteuses, entre esprit et main, entre cols blancs et cols bleus
… Le mouvement se nourrit en outre d’appels pressants du monde économique, heurté de plein fouet par la mutation numérique. Dès 2012, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) lance sa «stratégie sur les compétences». Un an plus tard, une étude sur le futur du travail menée par deux chercheurs d’Oxford chiffre l’urgence : 47 % des métiers sont susceptibles d’être exercés par des machines d’ici à 2020. Pour affronter ce monde, l’école est priée d’en rabattre sur la transmission des connaissances – périssables et accessibles au premier possesseur de smartphone – et de promouvoir les savoir-faire que la machine, pour l’instant, ne semble pas en capacité de disputer à l’humain : la créativité, l’empathie, le désir de construire un monde plus juste… 
… Près de 60 % des élèves ont «une maîtrise de ces compétences qui devrait les mettre à même de poursuivre une formation, peut-on lire dans la note publiée par le service statistique du ministère (DEPP), même si la moitié d’entre eux doit encore progresser». Un peu plus d’un quart des jeunes testés ont un excellent niveau. A l’opposé, 15 % s’avèrent n’avoir pratiquement «aucune maîtrise ou une maîtrise réduite» de ces compétences, avec un noyau dur de 3 % en grande difficulté.
De très bons élèves, d’autres en très grande fragilité, un «ventre mou» aux performances moyennes : l’image des inégalités sociales et scolaires qu’exacerbe notre système éducatif est connue. L’enquête PISA – dont on attend la prochaine livraison en décembre – a même décerné à la France le triste titre de championne des inégalités.
… Pour cet ancien «colon» et animateur, vendre son patrimoine immobilier de loisirs est «un vrai choix politique» qui consacre une «forme de désengagement des mairies par rapport à leur responsabilité éducative». Car, contrairement aux idées reçues, le loisir n’est pas à ses yeux «un moment où on peut faire n’importe quoi» mais «construit l’enfant: les séjours de vacances, c’est aussi important que l’école»…
… Mais, «perte de l’habitude du séjour collectif» ou «peur de l’accident», les colos connaissent une baisse continue de fréquentation, «surtout chez les classes moyennes» …
Le fantasme du remplacement des enseignants par des machines se porte bien. Il faut pourtant lui tordre le cou.
Étrange question que celle posée à des parents d'élèves …
… C'est aussi instiller le poison du doute. Donner à penser que la question pourrait se poser. Que le numérique serait intrinsèquement porteur d'une menace pour l'existence même de l'institution. Comme si la machine avait une vie propre, déconnectée des desseins de ceux qui la programment…
… Laisser entendre, fût-ce en filigrane, que ces questions pourraient être résolues par les machines seules ne peut que retarder le nécessaire consensus social préalable à la mise en œuvre du chantier. Dont les fondations demeurent politiques et non technologiques ; elles se résument à cette éternelle question : quelles priorités assigne-t-on à l'école ?

… Les attendus de ce projet de loi de janvier 2013 finissaient par un couplet sur «l'égalité» auquel l'ultra démocrate et égalitariste sénateur Serge Dassault ne pouvait qu'être particulièrement sensible : «L'uniforme a depuis toujours été utilisé pour symboliser un lien d'appartenance. Il n'est pas une panacée mais un outil permettant de gommer symboliquement les différences sociales, ethniques et religieuses».
Avec une touche finale tout à fait fausse historiquement :«Le port de l'uniforme n'est plus obligatoire depuis les événements de Mai 68». En réalité, le port de l'uniforme (ou de la blouse uniforme) n'a jamais été obligatoire dans les écoles communales (il suffit d'ailleurs de regarder les photos de classe, même jaunies, pour le constater). Il ne l'a jamais été non plus, dans le cadre national, pour les collèges ou lycées : c'étaient des politiques d'établissement possibles, mais choisies. Et leur raison d'être était bien moins la recherche de «l'égalité» que celle d'un ''patriotisme d'établissement'' dans le champ complexe de la ''distinction''.
Historiquement, le port de "l’uniforme’’ n’a jamais été un gage «d’égalité» (même formelle) …



Jusqu'alors, 27 des 47 pays membres du Conseil de l'Europeavaient adopté une législation interdisant, en toutes circonstances, d'infliger des châtiments corporels aux enfants, mais certains pays, comme la France, étaient des plus rétifs à légiférer pour inclure le cadre familial. Le vote sur l'ensemble du projet de loi «égalité et citoyenneté» a fait objet de 42 heures de débats. Le vote devrait avoir lieu mercredi…

... En France, deux enfants meurent chaque jour de maltraitances infligées par leurs parents et 45 % des Français soupçonnent un cas dans leur entourage.

 
 
… une conférence de presse sur le thème des établissements scolaires privés hors contrat et de l'instruction à domicile. Un sujet historiquement sensible
«ce sujet exige quelques développements, en raison de son importance d'abord, mais surtout à cause des débats passionnés et confus auxquels il a donné lieu».
Comme il n'est pas exclu que cela se reproduise, on devrait prendre la précaution de passer quelque temps à relire des passages significatifs de ce long et ancien article sur «la liberté de l'enseignement». Les esprits pressés (il paraît que c'est gage de modernité) feront l'impasse... 
… Rue de Grenelle, on prend soin de déconnecter ce projet du contexte politique et sécuritaire. On précise surtout que la ministre travaille sur ces questions "depuis longtemps". Faut-il également voir dans ce projet de réforme un alignement du gouvernement sur sa droite? Le 27 avril, 28 députés, dont le député LR des Alpes-Maritimes Éric Ciotti, ont, eux, déposé un projet de loi à l'Assemblée qui va dans ce sens. Il souhaite conditionner l'instruction à domicile "à l'autorisation préalable de l'inspecteur d'académie". En cause: "La déscolarisation d'un nombre croissant d'enfants, surtout des filles, pour des motifs d'ordre essentiellement religieux". Selon ces élus, "les enfants sont alors victimes de propagande idéologique sous couvert de programmes éducatifs alternatifs". .. 
Instruction à domicile : L'amendement du gouvernement 

"Dans le cadre de la mobilisation de l’école pour les valeurs de la République, et afin de garantir le plein respect du droit à l’éducation de tous les enfants de France et ce, quel que soit le mode d’instruction choisi librement par la famille, il est nécessaire d’améliorer l’effectivité du contrôle de l’instruction dans la famille". Un amendement à la loi égalité et citoyenneté introduit les controles annoncés par le gouvernement sur l'instruction à domicile.
 L'amendement

… L'opposition a trouvé dans le député Noel Mamère un allié inattendu. Défendant les écoles particulières, Freinet ou Montessori, il dénonce dans le projetgouvernemental, "une conception sectaire et univoque de la pédagogie et de l'éducation". Le gouvernement a défendu les textes en argumentant qu'ilsrespectaient la liberté de l'enseignement.

L'article 14bis instituant le choix du lieu de contrôle par l'administration et sanctionnant les refus de contrôle de l'instruction à domicile a été adopté. L'article 14 decies donne aussi le droit au gouvernement de prendre par ordonnance  les textes sur l'autorisation d'ouverture d'établissements hors contrat.

Le point qui a fait le plus débat c'est le régime d'autorisation qui va être édicté par ordonnance pour les écoles hors contrat. Jusque là elles s'ouvraient sur simple déclaration. Le régime d'autorisation donnera un poids bien plus fort à l'Etat. Du coup il limitera la libertéd'enseignement. L'article 14 de la loi augmente aussi le contrôle sur l'instruction familiale, notamment en autorisant l'administration à fixer le lieu du contrôle en dehors du domicile familial. Ces dispositions ont été critquées par l'opposition de droite. Mais elle était gênée par le dépôt d'une proposition de loi venant de ses rangs instaurant un régime d'ouverture encoreplus strict aux écoles hors contrat…

La loi

... La prochaine fois qu’on aura envie de rire à un débat républicain, ou à une proposition de Trump,
regardons-nous d’abord dans un miroir.

Ce qui nous arrive de la Silicon Valley vient liquider l’Etat de droit en tant qu’Etat délibératif fondé sur des légitimités réfléchies. En France, «l’accélérateur de start-up» TheFamily, qui s’inspire de la Silicon Valley, se présente sous cette formule : «Les barbares attaquent.» Il s’agirait pour ces néobarbares de semer le chaos dans tous les secteurs - logement social, transports, éducation, immobilier, environnement… Pendant la terrible année 2015, nous avons rencontré la barbarie de Daech [acronyme arabe de l’EI, ndlr]. A côté de cette barbarie horrifique, il existe une autre forme de barbarie, plus «soft», une barbarie technologique qui nourrit la barbarie terroriste…

... Or les ruptures technologiques se produisent à intervalles de plus en plus rapprochés. Et depuis peu de temps, avec la réticulation numérique, nous sommes dans un dispositif qui fait que tout bouge en permanence, que plus rien n’est stable. Et que la société ne peut plus s’en nourrir : elle s’en trouve au contraire désintégrée…

… L’information digitale, elle, peut circuler sur les fibres optiques aux deux tiers de la vitesse de la lumière… elle est plusrapide encore que la foudre divine. C’est donc à une vitesse plus que foudroyante que la réticulation numérique pénètre, envahit et parasite nosrelations sociales, avec des effets dévastateurs : elle les « neutralise et les annihile de l’intérieur, en les prenant de vitesse et en les phagocytant », écrit Bernard Stiegler dans son nouvel ouvrage, Dans la Disruption. Le philosophe s’alarme : la société automatique et réticulaire devient « le facteur planétaire d’une colossale désintégration sociale ».

L’ouvrage s’ouvre sur des exemples tragiques de ce nihilisme automatique, stérilisant et détruisant la vie sociale. Transformés en big data, les individus et les groupes sont dépossédés de leurs propres désirs et attentes...


Le téléphone sera cette chose qui rentre en compétition avec la réalité, et gagne. C’est une sorte de drogue. Un peu comme les écrans de télévision, mais disponibles tout le temps et plus puissants.
Le problème, c’est que ça nous change à l’intérieur, on devient de moins en moins patient avec la réalité, surtout quand c’est ennuyeux ou inconfortable. Et parce que la réalité ne correspond pas toujours à nos désirs, on en revient à nos écrans, c’est un cercle vicieux.
Ce qui est mauvais, c’est que nos écrans, en nous «remplissant», tout en nous donnant faussement l’impression de choisir, menacent notre liberté fondamentale de vivre notre vie comme on l’entend, de dépenser notre temps comme on le veut. Et remplacent les choix que l’on aurait fait par les choix que ces entreprises veulent que l’on fasse.
Ça ne risque pas de s’arranger, j’imagine…
C’est vrai. Parce qu’on est dans une économie de l’attention, avec une compétition entre les applications, ça va devenir de pire en pire…
… C’est un peu tendu de dire ça, mais bon, c’est comme réveiller des gens qui sont dans une secte, qui croient en un système qui est vraiment puissant et fait vraiment des choses pour eux. Et c’est très inconfortable pour eux de voir la vérité en face, que ce système n’est pas totalement bon….
… J’y ai expliqué comment une poignée de personnes, des hommes pour la plupart, vivant à San Francisco, décidaient de la façon dont des milliards de personnes dans le monde utilisaient leur attention…
des millions d’heures sont juste volées à la vie des gens, manipulés tous les jours de leur vie, et il n’y a pas un seul débat public là-dessus !..

... «les données disponibles montrent une très forte expansion de l’usage des nouvelles technologies sans fil, notamment chez les très jeunes enfants.» Ceux-ci possèdent leur propre téléphone mobile «de plus en plus précocement, même si la première utilisation se situe rarement avant l’âge de sept ans.» En outre, «la multiplicité et la diversité des lieux fréquentés (domicile, école, lieux publics, installations sportives et culturelles) engendrent des situations d’expositions très variables.» Si bien que très tôt, et même «dès la phase de développement in utero », la plupart sont exposés à des sources « placées à proximité et parfois au contact du corps»...

... «Pour une fois, les choses bougent dans le bon sens, se félicite Janine Le Calvez, présidente de l’association Pour une réglementation des antennes-relais de téléphonie mobile (Priartem). Le rapport pointe des questions sanitaires que nous soulevons depuis longtemps. Nous avons enfin le sentiment d’être écoutés. Reste à mettre en œuvre les recommandations, à commencer par la suppression des appareils sans fil dans les écoles primaires
... Certaines études semblent aussi associer «un usage intensif du téléphone portable par des jeunes et une santé mentale affectée», qui se traduit par des comportements à risque, de la dépression ou des idées suicidaires, relève l’Anses ...
«Weapons of math destruction» (math au lieu de mass, vous aurez compris), que l’on pourrait traduire par «Armes de destruction matheuses». Elle y raconte «comment le big data augmente les inégalités et menace la démocratie». …
Il faut s’assurer que ces algorithmes procèdent de façon équitable. Il n’y a aucune raison de penser que ce soit le cas, car il y a des opinions incrustées dans le code. Mon objectif est de mettre en lumière les exemples les pires, dans l’éducation et la justice typiquement, pour que tout le monde prête davantage attention à ce problème…

"LES-RYTHMES"

Les écoliers sont-ils plus fatigués à cause des nouveaux rythmes scolaires ? C’est l’une des critiques récurrentes faites à la réforme depuis sa mise en place sur tout le territoire à la rentrée 2014. Interrogée à ce sujet vendredi 17 juin sur i-Télé, la ministre de l’éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, a affirmé que non, les élèves de primaire et de maternelle ne sont pas plus épuisés qu’avant. A tort ou à raison ?…

Ses conclusions peuvent donc apparaître limitées pour décrire la situation sur l’ensemble du pays, d’autant que les adultes, eux, jugent de manière assez tranchée que les enfants seraient plus fatigués depuis 2014 qu’avant.

"LE-BAC"
Et puis de quel examen parle-t-on ? Parler du bac au singulier – « une fiction juridique», fait valoir l’historien Claude Lelièvre – n’a guère de sens, tant celui-ci est divers : les trois examens – bac général, technologique et professionnel –, inégaux socialement, «ségrégués», disent les chercheurs, sont loin de tenir les mêmes promesses.

Avec 78% d'une génération reçue au bac en 2014, l'objectif des 80% semble presque atteint. Mais plus le bac se banalise , plus les différences se creusent entre ses séries. Si presque tout le monde obtient le bac, alors le bac des uns n'a plus rien à voir avec celui des autres. La massification du bac se fait au détriment de sa démocratisation. Un sacré problème pour un système éducatif qui fait de ce diplôme à la fois la validation d'une formation secondaire et un passeport pour l'enseignement supérieur.
L'explosion du bac repose sur le seul bac pro …

… Pour Nathalie Mons, les formations ont grand besoin d'être actualisées, "mais le système est lourd et très peu réactif par rapport aux mutations rapides du marché du travail". Le Cnesco préconise également un accompagnement individuel des lycéens souhaitant se tourner vers un BTS, de mettre de l'ordre dans l'offre pléthorique ou encore d'enrayer la pénurie de professeurs (28% des postes étaient non pourvus en 2015).
Des propositions qui prendront du temps à mettre en place.




 

Si la section «Vous connaissez peut-être» vous faisait parfois flipper en vous proposant des profils précis et éloignés de vos réseaux habituels, vous n’avez encore rien vu.
La section «Vous connaissez peut-être» («People you may know») de Facebook est une source inépuisable de spéculations. Cette fonction, en apparence sympathique puisqu’elle nous propose d’ajouter de nouveaux amis, semble détenir des informations très personnelles sur chacun d’entre nous…
... Il faut imaginer Facebook comme un aspirateur à données géant...

«C’est compliqué», parce que la vie des adolescents – à mi-chemin de l’enfance et de l’âge adulte – est compliquée.

«C’est compliqué» parce que le contexte économique, social et moral dans lequel grandissent ces adolescents a beaucoup changé ces dernières décennies.
«C’est compliqué» parce que les adolescents ne sont pas une catégorie uniforme – danah boyd est très attentive aux inégalités d’accès et de milieux.
«C’est compliqué» parce que les attentes des adolescents peuvent être contradictoires, conflictuelles.
Snapchat, c’était un peu le Pays imaginaire des réseaux sociaux. Un espace de discussion déserté par les adultes – qui ne connaissaient pas ou n’y comprenaient rien... Son succès auprès des adolescents et des jeunes adultes s’expliquait, en partie, par l’arrivée de leurs parents sur d’autres réseaux sociaux, comme Twitter et Facebook. Snapchat leur offrait une forme de refuge. Alors quand les parents débarquent à leur tour sur Snapchat, c’est la panique. ..
 
… La bataille qui consiste à contraindre les ados à ne pas s’endormir vers 2 heures du matin en semaine a donc plus d’un enjeu. Et il semble que rattraper durant le week-end le retard de sommeil accumulé pendant la semaine ne constitue pas une tactique satisfaisante, étant donné que c’est la régularité qui prime. L’AASM insiste sur ce point fondamental: les quantités de sommeil indiquées sont bel et bien journalières et ne peuvent être multipliées par sept pour obtenir des volumes hebdomadaires que l’on pourrait gérer comme on le souhaite. Bonne chance à tous les parents de collégiens et lycéens.

Depuis quinze ans, l’Education nationale (dans une loi du 4 juillet 2001 relative à l’interruption volontaire de grossesse et à la contraception) est censée assurer aux écoliers, collégiens et lycéens trois séances annuelles sur le sujet (quitte à faire appel à des intervenants extérieurs). Depuis cette année, ces séances doivent aussi s’appliquer à présenter une «vision égalitaire entre les femmes et les hommes». Et ? On n’y est pas.
Selon le rapport, dans un quart des 3 000 écoles publiques et privées passées au crible par le HCE, la loi n’est carrément pas mise en œuvre. Et quand elle est appliquée, c’est souvent de manière «parcellaire, inégale, voire inadaptée à la réalité des jeunes»…
Mais qu’est-ce qui coince tant ? Le HCE pointe d’abord une disparité des financements, qui pénalise particulièrement les zones rurales. Mais, surtout, «des blocages sur le sujet même»
Le Rapport

«Après cinq décennies de révolution informatique, les gens travaillaient plus qu’avant, dans des conditions dégradées, subissaient plus de stress et d’anxiété  ; ils avaient perdu en savoir-faire, en sécurité, en pouvoir, en protection sociale et en rémunération.»
Pourquoi, se demande-t-il, les travailleurs ne se rebellent pas contre ces techniques  ? Pourquoi les gens continuent-ils à accueillir à bras ouverts une technologie qui, leur dit-on, va bientôt les mettre au chômage ou du moins sérieusement déqualifier leur emploi  ? …
… «Selon une étude, près d’un expert sur deux estime que l’essor de l’automatisation va détruire des emplois et augmenter les inégalités de revenus.»
Ou, comme le dit le «conseiller innovation» d’Hillary Clinton, Alec Ross,
«Demain sera meilleur qu’aujourd’hui mais pas pour tout le monde »



 

Deux ans après la généralisation de la semaine de 4,5 jours d’école, le rapport des inspections générales sur son «efficacité pédagogique» le laisse penser. Il a été rendu public vendredi 10 juin, dans le sillage de plusieurs autres enquêtes sur la fatigue des enfants et sur l’organisation des activités périscolaires. Ensemble, ces travaux brossent un tableau très mitigé de la situation….
… Parmi les autres «chiffons rouges» agités au plus fort d’une contestation qui a coûté son poste au ministre de l’éducation de l’époque, Vincent Peillon, l’absentéisme des élèves se confirme, en particulier lorsque la demi-journée d’école a été fixée au samedi, et non au mercredi…
 … Difficile de gommer le sentiment qu’ont encore bien des parents d’une école «à plusieurs vitesses». Avec une offre plus riche dans les grandes villes que dans les petites ; des ateliers mieux pensés dans les agglomérations pionnières, comme Paris …


«C’est donc bien par l’enseignement professionnel que se poursuit l’objectif "d’amener 80% d’une classe d’âge au niveau du baccalauréat". La démocratisation du système scolaire passe par là aujourd’hui, l’enjeu est donc crucial», insiste Nathalie Mons, la présidente du Cnesco.
… Mais une insertion professionnelle à la peine
Une fois diplômé, les perspectives d’insertion sur le marché de l’emploi sont maigres. La France fait partie des pays de l’OCDE qui insèrent le moins bien les jeunes issus de l’enseignement professionnel …
… Aujourd’hui, explique le Cnesco, l’offre des CAP et bacs pro obéit à d’autres logiques, parfois éloignées des intérêts de l’élève. Par exemple, les bacs pro tertiaires sont les plus proposés car ce sont aussi ceux qui coûtent le moins cher à l’Education nationale, ne nécessitant pas de plateau technique…
pendant que les uns et les autres s’écharpaient sur le latin et le grec, la réforme du collège a institutionnalisé les classes de troisième dites «préparatoires à l’enseignement professionnel». Ces classes concernent aujourd’hui 5% des élèves de troisième, soit 35 000 jeunes. Une grave erreur selon l’équipe de chercheurs, toutes les études montrant qu’il faut au contraire éradiquer ces classes où se cumulent difficultés scolaires et sociales allant à l’encontre de l’objectif de mixité scolaire et sociale, pourtant défendu par la ministre Najat Vallaud-Belkacem.


 
 
 

«T’es partie en vacances ?  «Je voudrais bien mais j’ai pas d’argent. Non, j’ai cherché du travail.» «Et t’as trouvé ?» «Je viens de terminer ma période d’essai chez Cora, c’est la mission locale qui m’a proposé ça. Ils m’ont payé 230 euros les six semaines, alors que je faisais les 35 heures et tout ! C’est affolant.» «Et c’est terminé, là ?» «Oui, mais ils vont m’embaucher pendant six mois en contrat pro.»
«Contrat pro, ça veut dire que t’as une formation et tout ?» «Nan, enfin oui, mais c’est à l’intérieur de l’entreprise, une formation pour tenir la caisse ! Alors que j’ai déjà fait ça chez Match pendant toutes mes études. C’est pour qu’ils puissent toucher les aides, ils sont exonérés je crois.» «Tu seras payée combien, là ?» «50 % du smic. Et dans six mois, rebelote.» Laurelyne travaille. Elle ne va pourtant pas se payer un costume tout de suite.

Après les ouvrières «illettrées» des abattoirs Gad, après le refrain éculé sur les jeunes qui rêvent de devenir «milliardaires», voici la séquence «Rolex» du fringant ministre de l’Economie. En déplacement vendredi à Lunel, dans l’Hérault, il a donc insulté un chômeur en fin de formation et en lutte contre la loi EL Khomri, en lui rétorquant : «vous n’allez pas me faire peur avec votre tee-shirt. La meilleure façon de se payer un costard, c’est de travailler»...
... Nous revendiquons d’être ringards au côté de Ken Loach, contre les ministres de la Star Academy, qui aiment les costards, les Rolex, la Loi Travail et son monde.

On retrouve avec la loi travail le même mélange d’impréparation et de cynisme. Si le chômage n’a cessé d’augmenter depuis 2008, avec à la clé un million et demi de chômeurs supplémentaires (2,1 millions de demandeurs d’emploi de catégorie A à la mi-2008, 2,8 millions mi-2012, 3,5 millions mi-2016), ce n’est pas parce que le droit du travail serait subitement devenu plus rigide. C’est parce que la France et la zone euro ont provoqué par leur excès d’austérité une rechute absurde de l’activité en 2011-2013, à rebours des Etats-Unis et du reste du monde, transformant ainsi une crise financière venue d’outre-Atlantique en une interminable récession européenne

...  «Donc, vous avez tous entendu ce qu’a dit Macron. Il paraît que si on ne peut pas se payer des costard, c’est parce qu’on ne bosse pas... Mais Macron, tes costards c’est des Lagonda, ça coûte 1 200 euros pièce...
    Tu sais que 1 200 euros, c’est le salaire d’une caissière en un mois ? Tu crois qu’elle bosse pas, elle ? Tu crois qu’elle reste toute la journée sur un transat à rien foutre ?»

... Tout ça est apparu depuis les années 1980, avec le risque d’une droitisation radicale de la France. Et cela parce que dans notre pays jacobin, si l’on tue l’espoir du peuple, il part vers l’extrême droite. Il faut le savoir : nous avons des démons, en France...
... C’est terrible à dire, mais je sens un désir inconscient de fascisme dans ce pays...
 ... On nous vante tous les jours le modèle anglais qui a de grandes qualités. Pourtant, à Londres, on croise dans la rue des petites filles avec des niqabs. L’ultralibéralisme, c’est aussi ça : chacun dans sa communauté. Ce n’est pas la France dont nous voulons, et nous devons lutter pour que ce communautarisme-là ne s’impose pas...

... Nous voilà donc condamnés à la schizophrénie : déchirés entre des convictions idéologiques que nous voudrions faire valoir pour contribuer à la construction du «bien commun» et nos intérêts personnels immédiats. Nous sommes convaincus des bienfaits de la mixité sociale à l’École ou de l’égale dignité des voies de formation… mais plutôt pour les enfants des autres. Et n’hésitons pas, quoique nous soyons invités en tant que citoyens à nous inscrire dans une «institution» qui nous dépasse, à dévoyer celle-ci pour en faire un «service» assujetti à sa clientèle dès que cela nous concerne personnellement.
C’est pourquoi, sans aucun doute, la libéralisation du système scolaire est déjà largement engagée...

... Je vais finir par croire que le conformisme et le conservatisme ne sont pas des vertus de droite. Tous s’en réclament en défilant sous des bannières multicolores...

 
 
 

 

depuis 1945 : «Quelle forme est-il encore envisageable de donner à la résistance ? Peut-on espérer voir se lever les populations superflues contre le capitalisme technologique et ses soutiens politiques ?»
Il faudrait pour répondre à pareilles questions avec une certitude scientifique, maîtriser la théorie du chaos et connaître la situation dans toutes ses conditions initiales et toutes les chaînes de réactions qu’elles peuvent déclencher. Heureusement, ni les big data, ni les logiciels des sociologues et de la Rand Corporation, malgré tous leurs modèles, ne peuvent encore traiter l’avenir comme un mécanisme programmé…
… une troisième informulée, qui se résume classiquement par : Que faire ? et à laquelle tout partisan de l’émancipation s’efforce de répondre, en paroles et en actes. Que peut cet individu ? Que peut-il avec ses semblables pour transformer la situation donnée ? Et d’abord quelle est cette situation ?..
Faute d’avoir à offrir, comme d’autres, un grandiose plan stratégique, nous avançons les quelques directions dont nous sommes sûrs, jusqu’à ce que les faits les contredisent, pour servir ce que de bon semblera… 
Machines arrière !
des chances et des voies d’un soulèvement vital
Par Pièces et main d’œuvre

… Cependant les superflus mangent, boivent, respirent, s’habillent, se logent, circulent, consomment. Dans un monde de raréfaction des ressources en eau, en nourriture, en espace, en énergie et minéraux, ils ne sont pas seulement superflus, mais nuisibles. La technocratie n’a que faire d’opprimer les superflus. Elle se soucie comme d’une guigne de leur assurer les conditions d’existence qui leur permettent au moins de vivre dans la servitude. Elle se moque de leur assurer une existence d’esclaves parce que leur existence d’esclave est pur gaspillage. Le règne de la technocratie repose sur les machines, sur la symbiose du cyborg (cyber-organisme), de l’homme bionique (bio-électronique). Il faut prendre au sérieux le discours transhumaniste des entrepreneurs et scientifiques de la Silicon Valley qui a déjà gagné leurs pareils en Asie et en Europe …
… C’est pourquoi les innovateurs s’acharnent à dénigrer et à détruire les facteurs de transmission (la famille, l’école, la culture) pour livrer la jeunesse à la seule autorité du showbiz, des mass media et des pairs d’âge. La dictature, présentéiste et amnésique, de l’innovation s’appuie sur la jeunesse, flattée, dupée, génération après génération, pour s’imposer. Ainsi, l’actuelle promotion des digital natives, ennemie de l’écrit autant qu’amie de l’écran…
… Il aurait fallu d’abord comprendre que la technologie était devenue la politique de notre temps – la réelle politique du capital et de la technocratie - et non pas un simple moyen, susceptible de «dérives» et de «dysfonctionnements»…
… Si nous voulons sortir du sempiternel retard de la conscience sur le désastre, il faut cesser de passer de «on n’en est pas là» à «de toute façon, c’est trop tard»


Mais cet engagement ne débouche pas sur un projet politique global– 20% seulement souhaitent que le mouvement se transforme en parti politique – en particulier parce qu’il paraît morcelé : les enquêtés, tous de sensibilité de gauche (et souvent des déçus de la gauche), expriment une pluralité de causes et de positions, qui rend difficile, malgré le slogan de la «convergence des luttes», la construction d’un horizon commun…
… Les médias se sont passionnés pour ce cocktail d’expressions protestataires difficile à déchiffrer. Successivement ont été passées au crible la possibilité d’un mouvement culturel proche de mai 1968, celle d’une version française des Indignés, celle d’une insurrection visant à créer le chaos et à renverser le gouvernement, celle d’une révolte de la jeunesse «sacrifiée». Aucune de ces voies ne frappe par sa pertinence …
une société en proie à une psychose collective. Un spectacle de tous nos malheurs réunis, un opéra déchainé qui parle de nos révoltes intérieures et de nos déchirements, alors que parallèlement le pays, qui n’a jamais vraiment été à l’arrêt, tentait, cahin-caha, de continuer à vivre à peu près normalement. C’est notre regard tremblant qui a fait Nuit Debout. Juste un moment.

Ce n’est pas un hasard si le terme «debout» surgit précisément au moment où notre métamorphose est achevée : «Debout» est d’abord le cri d’une société de rampants. Hyperadaptés qui en occupent le centre ou inadaptés relégués dans les marges, nous n’existons socialement que métamorphosés en cloportes. Précaires, ouvriers, employés, tous rampent. Les cadres, c’est nouveau, rampent à leur tour.
Peur du patron, du petit chef, des horaires, des postes, des mutations. Toutes ces petites peurs quotidiennes (surveillance et auto-surveillance) sont naturellement elles-mêmes sous le pouvoir de la grande peur du chômage...

... cette membre du collectif Pas sans nous cogne :
    « Ici, cela fait trente ans qu’on est debout. On n’a pas attendu pour combattre la précarité, les violences policières, les injustices sociales…
Vous venez libérer notre parole ? Mais notre parole est libre. Personne ne l’entend parce qu’elle est censurée et stigmatisée »
Face à elle, l’auditoire est presque exclusivement composé de militants associatifs, d’étudiants et de journalistes ...

... C’est aussi simple que ça...
... Il ne faut pas se raconter des histoires : un surgissement événementiel comme la Nuit debout n’a en lui-même aucun pouvoir de retravailler aussi profondément le terreau social pour y produire une modification massive comme la délepénisation...



… Mais il doit bien y avoir, entre le divertissant et l’éducatif, de belles solutions à proposer pour que les vacances d’été ne finissent pas par durer trois mois au cours desquels l’activité intellectuelle de la majorité des élèves n’ira pas au-delà de la rédaction d’une demi-tonne de SMS et de snaps.
La situation n’est guère plus reluisante dans les collèges, où le mois de juin est synonyme de sévères ralentissements puisque tous les yeux sont tournés vers les épreuves écrites du brevet, qui auront lieu cette année les 23 et 24 juin. La quantité de collégiens qui repointent le bout de leur nez après les épreuves est supérieure à celle des lycéens, notamment parce qu’il y a plus de parents soucieux de ne pas laisser des gamins de 11-12 ans livrés à eux-mêmes pendant des semaines. Mais la passivité est à peu près similaire. En cette fin d’année scolaire 2015-2016, où plusieurs journées seront consacrées à des réunions sur les nouveaux programmes de collège, comme l’a annoncé la ministre Najat Vallaud-Belkacem, il est clair que la reconquête du mois de juin n’aura pas lieu...

.. Tout le monde étant désormais conscient de cela (et tout le monde ayant envie de rentrer chez soi avant 22 heures), les conseils de classe ressemblent désormais moins à des conseils de classe qu’à leur propre bilan. On se contente d’y résumer pour l’assemblée ce qui a été décidé sans grande concertation avant même la réunion. ..
... Sauf que, si doubler le temps de réunion pouvait permettre de décupler les effets positifs de celle-ci, nous serions sans doute un certain nombre à signer des deux mains.



... Voulons-nous vivre dans une société qui conditionne nos enfants à une surveillance constante ?
Et si c’était le cas ? ...
... Bien sûr, les enfants doivent être informés des dangers de cette nouvelle configuration, mais les parents doivent y apprendre aussi les nouveaux contours de la discrétion et du respect de la vie privée de leur progéniture.
Ambivalence
Au-delà, c’est l’ensemble des technologies qui offrent des nouvelles possibilités et nous obligent à redéfinir des lignes qui, par ailleurs, doivent tenir compte des âges.
Ça n’a pas le même sens de poser un baby-phone avec caméra détectrice de mouvement dans la chambre d’un nouveau-né que de stalker sa fille adolescente. Mais la question pourrait se poser dès l’installation de webcams dans les crèches.
Tout cela illustre notre terrible ambivalence vis-à-vis de la surveillance. A quoi sert-il de glorifier Edward Snowden si c’est pour se comporter comme la NSA avec nos enfants ? 
… le Président de la République a souhaité faire de 2016, l'année de La Marseillaise", annonce le B.O. Mais qu'en est-il vraiment ?  La Marseillaise est-elle vraiment enseignée par l'école ?  Et si oui, comment ? Comment les enseignants voient-ils cet enseignement ?..
"La Marseillaise", conclue F Durpaire, "dit quelque chose de la fin d'une certaine école fondée sur la transmission verticale d'une socialisation nationale". L'écart entre les discours des politiques et l'éthique et les pratiques des enseignants , qui existe depuis au moins les années 1970, est bien là, Année de la Marseillaise, ou pas.
... F. Durpaire n'a pas dû interroger beaucoup d'enseignants. On en connaît qui, sur le sujet, se posent d'autres questions et depuis longtemps
Ce qui caractérise le système de sélection des élites en France, selon Agnès van Zanten, c'est la parfaite articulation des stratégies familiales et de la compétition scolaire. Il y a bien des "processus facilitant l'accès aux positions d'élite pour les enfants issus des classes sociales supérieures et limitant la mobilité ascendante des autres groupes sociaux", écrit A van Zanten. Elle parle de "clôture  sociale". "L'efficacité de ces processus tient à ce qu'ils reposent sur l'articulation étroite des stratégies familiales et des offres institutionnelles", dit-elle. Elle évoque des "logiques sous jacentes largement convergentes" entre familles et institution scolaire. Pour elle il y a un "parrainage institutionnel" des élites....


... Les dispositifs imaginés par N Vallaud Belkacem pour plus de mixité sociale à l'école ne sont pas à même de changer les régles du jeu. Les tentatives pour empêcher la création de filières élitistes au collège sont déjà déjouées.
Alors que le quinquennat se termine , le système de fabrication des élites reste intact. Les ministres qui ont essayé de s'attaquer à la sélection sociale dans le système éducatif l'ont payé cher. Mais finalement l'addition est pour nous tous.

... En France, tout particulièrement, les grandes enquêtes nationales et internationales font apparaître un état préoccupant de l’école, plus inégalitaire que dans d’autres pays, et dont les personnels et les élèves expriment moins de satisfaction qu’ailleurs...
... la nécessité de sortir de certaines croyances, médiatiquement martelées, qui ne sont pas des savoirs. A titre d’exemple, le topos des « territoires perdus de la République » qui stigmatise certains quartiers, mais oublie le 16e arrondissement de Paris dont certains habitants ont témoigné récemment de leur mépris pour les valeurs fondamentales de la République. Celui de la guerre civile menaçante, qui mérite d’être historiquement réévalué quand on sait que Jules Ferry décrivait en 1880 la France comme un « pays inflammable » nécessitant « une école qui concilie, qui réunit, qui répare »[5]. Celui encore du « système éducatif », qui laisse croire à une architecture pensée par un architecte, alors que la construction  académique française est le fruit d’une histoire multiséculaire et de sédimentations qui de l’Ancien régime à celui de Vichy ont, en passant par les républiques et l’Empire, commencé par le toit, puis le milieu, et fini par les fondations. Ceux, enfin,  selon lesquels il suffit que les savoirs soient transmis pour qu’ils soient acquis ...

A ces incertitudes s’ajoute un contexte démographique potentiellement dévastateur. S’apprêtent en effet à frapper aux portes des filières de l’enseignement supérieur les générations du baby-boom des années 2000 : à court terme, environ 40.000 bacheliers supplémentaires se présenteront dans les filières postbac, soit l’équivalent, chaque année, d’une université de belle taille.
Faute d’avoir suffisamment anticipé ce choc pourtant inscrit de longue date dans les courbes démographiques et les projets politiques ...

.... "Nous, parents d’élèves, considérons que cette réforme a été engagée sans concertation suffisante, ni les moyens nécessaires pour répondre à toutes nos attentes", affirme la Fcpe. "Les nouvelles pratiques pédagogiques annoncées telles l’accompagnement personnalisé (AP) et les enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI) sont trop peu définis et non financés... La mise en oeuvre de cette réforme, à l’instar de la carte des langues dévoilée le 22 janvier, génère déjà de nombreuses inégalités territoriales... La FCPE ne peut cautionner la mise en oeuvre d’une réforme dont les premiers signes ne respectent pas son esprit initial"...

... De quoi parle-t-on exactement? Pour faire un match, il faut jouer selon les mêmes règles: l’école privée, bien que largement financée par les deniers publics et appliquant les mêmes programmes scolaires, est payante, premier filtre. Et elle n’a pas d’obligation d’accueillir tous les élèves, deuxième filtre. ..
... «Cette volonté d’ouverture largement partagée –il en va parfois de la survie économique des établissements– s’accompagne, quoique de manière marginale, de réactions de parents qui, jugeant les écoles privées sous contrat trop mixtes socialement et/ou religieusement, les quittent pour créer des écoles hors contrat.» ...
Surtout, elle n’est pas soumise à la sectorisation, la fameuse carte scolaire.

...La ghettoïsation par le haut des établissements privés et la dualisation des secteurs public et privé peuvent faire l'objet de plusieurs explications. D'une part, les collèges privés sont situés davantage dans les quartiers favorisés du centre-ville et cette implantation géographique exerce un effet sur leur recrutement social. D'autre part, les directions diocésaines ont tendance à fermer leurs établissements au recrutement plus populaire car ceux-ci sont délaissés par les parents recherchant un établissement privé. Les nouveaux établissements privés sont construits préférentiellement dans les communes aisées..
 ... L'enseignement catholique défend avec constante sa liberté de choisir ses élèves. Il s'est toujours opposé à des mécanismes de carte scolaire ou de régulation sociale de son recrutement. Quelle a été le résultat de cette politique ? Cette liberté des établissements privés a contribué à leur fermeture sociale, non à leur mixité. La liberté de choix a primé sur le principe d'égalité, en l'occurrence l'inscription de «tous les enfants sans distinction d'origine, d'opinion ou de croyances». ...

... Que ressortira-t-il de ces différents rapports, s’ajoutant à ceux des associations d’élus et des Caisses d’allocations familiales (CAF), et interrogeant, tous azimuts, tout le spectre des nouveaux rythmes ?..
... Pris entre le temps de l’école et celui de la politique, la gauche peut difficilement différer. D’autant que les opposants à la réforme mettent, eux, en avant leur propre bilan : 98 % des 800 professeurs des écoles parisiens sondés par le SNUipp-FSU-Paris, fer de lance de la contestation des nouveaux rythmes, estiment que les «objectifs ne sont pas atteints». «Les élèves sont plus fatigués, moins disponibles pour les apprentissages. Leur comportement s’est dégradé», soutient Jerome Lambert, porte-parole syndical, en résumant l’enquête rendue publique le 9 mai.
Reste qu’à un an de l’échéance présidentielle

... C'est un constat bien sombre que dresse ce service du premier ministre sur l'Ecole. Un peu comme si, entre 2012 et 2016, pas grand chose ne s'était passé en éducation. Un constat qui ressemble à ce qui s'écrivait au début d'un quinquennat : une école où on n'investit pas assez, où les inégalités se creusent et où la pédagogie n'est pas adaptée au monde de demain. L'étude d'ailleurs utilise largement les données de Pisa 2012...
... " Une troisième difficulté réside probablement dans l’organisation du travail des enseignants. Selon l’enquête TALIS, en 2013, les enseignants français travaillent de manière très individuelle (78 % disent ne jamais observer le travail de leurs collègues en classe, contre 45 % en moyenne dans l’OCDE) et utilisent peu les méthodes pédagogiques dites «actives» ou une pédagogie différenciée selon le niveau des élèves (22 % contre 44 % en moyenne)"...

Le système éducatif français est à l'image de la société qui l'a construit : violent et inégalitaire. Inégalitaire car il ne se contente pas de refléter les inégalités sociales existantes mais les perpétue et les aggrave. Violent car cette reproduction, le tri et le dressage qu'elle opère, sont oppressifs pour les élèves de la maternelle à l'université.
Les gouvernements successifs portent une responsabilité majeure dans ce processus : par leur refus d'accorder les moyens nécessaires à une éducation pour tous et toutes et d'entendre tous les acteurs et toutes les actrices de l'éducation ; par leur conservatisme sur les contenus enseignés et les pédagogies utilisées ; par leur peur et stigmatisation, enfin, des élèves des quartiers populaires et des zones délaissées.
Nous ne pouvons accepter cet état de fait. Contre une éducation de structure répressive, du tri social et de l'obéissance irréfléchie, battons-nous pour une éducation émancipatrice, qui développe l'esprit critique des élèves,  qui favorise leur autonomie et leur épanouissement personnel.


... Pour certains, le cauchemar va bientôt prendre fin. Pour d’autres, sans doute un peu moins nombreux, il reste deux jours de parenthèse enchantée. C’est en effet dimanche que s’achève le défi lancé par trois écoles élémentaires de Noisy-le-Grand (Jules-Ferry, Haut-Bâton et Gavroche) : 7 jours sans écran.
Selon un premier bilan tiré ce vendredi, l’expérience est très positive. Pour obtenir ces résultats, les enseignants ont vraiment joué le jeu, les parents beaucoup moins.
La télévision, bannie du salon ? Le téléphone portable à la poubelle ? Le retour en fanfare du Monopoly ? Non, sans doute pas...

...  "jette un stylo par la fenêtre", "lèche la vitre", "cachez-vous tous sous la table"… Autant de défis qu'un élève de 5e et ses quelques camarades ont accepté de relever en plein cours de mathématiques, dans un collège de Belfort. Au tableau, le professeur tente de corriger des exercices mais semble avoir échoué à maintenir un semblant de discipline dans sa classe. ..
... "On ne se fait jamais prendre ! Le prof nous voit avec le téléphone et nous demande juste de le ranger : la plupart ne connaissent pas Periscope !"....

... Le «coin portable» se reconnait à son attroupement d’élèves, à l’image des anciens coins fumeurs des lycées.
Le fait de concentrer les élèves à un seul endroit facilite le travail des surveillants qui veillent notamment à ce que les élèves ne prennent pas de photos ou de vidéos. «Il y en a qui le font, on les voit passer sur les réseaux sociaux», reconnait la CPE qui regarde régulièrement les profils (non protégés) de certains élèves.
En dehors de ce coin portable, le règlement dit que les téléphones doivent être éteints. Si un élève enfreint cette règle, son portable passe la journée dans le coffre-fort de l’établissement.
La direction tient les comptes des premiers avertissements : en cas de récidive, les parents sont convoqués pour venir le chercher...
... Les apiculteurs français en sont tout abasourdis : le moratoire européen sur certains usages des néonicotinoïdes semble jusqu’ici avoir été inopérant. Depuis sa mise en place en 2013, l’utilisation de ces insecticides, mis en cause dans l’effondrement du nombre d’abeilles et de pollinisateurs sauvages (bourdons, papillons, etc.), a même explosé. C’est le principal enseignement des statistiques obtenues, jeudi 26 mai ...
...  «Il y a des moyens pour contourner les interdictions de certains usages des néonicotinoïdes», dit-il.
«L’écart entre la réalité et le discours du ministre de l’agriculture [Stéphane Le Foll], qui se pose en défenseur des abeilles, est choquant, ...

... Dix millions de tonnes de nourriture sont jetées chaque année en France. Soit l’équivalent de 16 milliards d’euros et de 15,3 millions de tonnes de CO2. Ce sont les chiffres d’une étude, inédite par son ampleur, publiée par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), jeudi 26 mai. L’organisme, qui lance une vaste campagne de communication et de sensibilisation «Ça suffit le gâchis», confirme que le gaspillage alimentaire est bel et bien une aberration, tant éthique qu’économique et écologique...
... En réduisant de 80 % ses pertes et gaspillages, Mouans-Sartoux, ville des Alpes-Maritimes de 11 000 habitants, a ainsi pu passer ses cantines scolaires au bio, à coût constant. Et ce faisant, favoriser la conversion des agriculteurs locaux au bio. Les parents, quant à eux, non indifférents à ce qui se passe à l’école de leur enfant, sont amenés eux-mêmes à changer leurs habitudes....



.. Enfin, si les acteurs de terrains ne sont pas contents c’est parce que l’école, malgré ces efforts qu’on les juge insuffisants ou pas, ne change pas vite. Les 60.000 postes promis durant la campagne ont bien été au rendez-vous mais ils se voient très peu sur le terrain car ils sont surtout passés dans la formation des enseignants et ont été dispersés. Du coup, le problèmes du non-remplacement des enseignants absents reste très aigu, comme en Seine-Saint-Denis. La grande difficulté scolaire de certains élèves, l’alarmante vétusté d’une partie des établissements, comme à Marseille, ou le contournement de la carte scolaire restent des réalités qui plombent l’école publique dans de nombreux territoires.
Alors qu’est-ce qui a évolué dans le bon sens depuis quatre ans? Notre système est-il plus juste, plus efficace, plus épanouissant? À l’exception notable de bons chiffres de baisse du décrochage scolaire, on ne sait pas trop...

A l’aune de ce consensus, deux désastres s’annoncent. Le premier concerne la substitution progressive à la présence humaine d’un incroyable fatras de prothèses numériques (…) et bien sûr, pour justifier le tout, une armée d’experts complaisants, aussi agiles à protéger leur progéniture de cette folie qu’à s’assurer une confortable notoriété en vantant partout le génie de ces formidables outils.
Comment peut-on sans honte proférer de telles impostures ? Comment peut-on laisser croire qu’un écran pourra jamais approcher la puissance onto-génétique d’un parent attentif, d’un enseignant compétent ou d’un copain de jeu ? (…) »
.. une volonté assumée de faire table rase des trois mesures les plus emblématiques portées par la gauche: nouveaux rythmes, nouveau collège, nouveaux programmes. Trois des réformes les plus décriées, aussi.
Et après?? Plus qu’un programme, c’est un empilement d’idées-chocs et de formules magiques – «CP +» pour les écoliers en difficulté, service militaire adapté pour les décrocheurs, préapprentissage en classe de 4e, internats de réinsertion scolaire… – qui résonnent sur la scène politico-médiatique. Et pas, ou peu, dans les «salles...

... «La droite, sous couvert de modèle éducatif, ­livre en réalité une tribune, reprend le sociologue François Dubet. Elle passe ainsi à côté des vrais problèmes de l’école. Car la difficulté ne vient pas d’enseignants en manque d’autorité ou d’autonomie, mais bien d’enfants qui n’apprennent pas…» Pour qu’ils y parviennent, la recherche a montré l’apport des classes hétérogènes, d’un «tronc commun» le plus long possible; l’importance, aussi, de ne pas externaliser la difficulté scolaire en boutant hors de la classe les élèves les plus fragiles...

... Les chiffres de l’observatoire marquent un tournant : «Même avec un diplôme élevé, quelle que soit l’origine, les habitants des quartiers sont fortement exposés au chômage», souligne l’ONPV.
Le taux de chômage des niveaux bac + 2 et plus est presque trois fois supérieur à celui des unités urbaines proches(18,8 %, contre 6,5 %). Le décalage est aussi marqué pour les populations les moins diplômées, dépassant 31 % pour les personnes sorties du système scolaire sans BEP ni CAP...

... En France, deux enfants meurent chaque jour de maltraitances infligées par leurs parents et 45% des Français soupçonnent un cas dans leur entourage, selon un sondage réalisé en 2015 par l’association l’Enfant bleu. Et si, pour beaucoup, donner une fessée n’équivaut pas à frapper son enfant, selon un rapport de l’Unicef de 2003, il existe un «risque que la punition physique débouche rapidement sur des formes plus graves de violence». En effet, la limite entre «punition raisonnable» et maltraitance est variable...

 
 
 
 
 

 

... Reste à savoir si une hirondelle numérique suffit à faire un printemps pédagogique.
Sur bien d'autres sujets, à commencer par la réforme du collège, «bottom up» et «liberté pédagogique» ne semblent pas à l'ordre du jour. On ne change pas une culture institutionnelle par simple décret : de nombreux témoignages de terrain alertent sur la persistance de réflexes autoritaires voire autoritaristes de la hiérarchie intermédiaire, y compris parfois sur la question des usages numériques.
Mais plane surtout l'ambiguïté de l'idée de «renforcer le rôle des enseignants». Tout dépend ici du rôle qu'ils s'assignent, tant on sait que le numérique peut servir les meilleures comme les pires ambitions – il accroît la coopération comme le contrôle, il appelle la créativité comme la soumission aveugle, il donne accès au savoir comme il démultiplie la rumeur…
L'avenir dira donc si un changement de méthode suffit à entraîner un mouvement effectivement… révolutionnaire.

Y a-t-il un pilote dans le consensus ?

La réponse hautement probable est oui. Et un pilote d'une redoutable efficacité, qui sous des apparence d'ouverture et de démocratie a dirigé la rédaction de 47 recommandations présentées comme des certitudes, dont les premières sont tellement dangereuses pour les petits, tellement contraires à leur intérêt, à leur psychologie, aux moyens qui sont les leurs, que ne pas protester devient de la non assistance à enfants en danger.
Je considère de mon devoir de dénoncer ce danger en analysant, ne serait-ce que la première de ces recommandations, avec les présupposés qui la sous-tendent, et les conséquences qui vont s'en suivre, ceci afin de tenter désespérément de convaincre mes collègues de maternelle et de CP de ne pas les suivre, s'ils ne veulent pas détourner de la lecture une bonne partie de leurs élèves.

... "Dans ma classe de CE1, nous sommes 31 élèves mais il n'y a que 20 places assises..." C'est par ces mots que Robin, 8 ans, débute sa lettre au président de la République...
... Robin a lu la lettre du président à ses copains de classe et il a ensuite décidé d'envoyer une deuxième lettre au Président dans laquelle il évoque ses cousins de Loraine. "Ils ont tous une table et une chaise. Ils ont même des tablettes, des salles infos, une classe par salle, pas de rats..." Et de conclure, "c'est le minimum pour travailler : une table et une chaise. Nous sommes à 3 par banc de 2 élèves." ...

... Education : la France déçoit
Du côté de l'éducation, "très peu de pays sont parvenus à réduire à la fois l'écart de réussite et le nombre d'élèves en difficulté en lecture". Auparavant exemplaires, la Finlande et la Suède ont même vu augmenter les inégalités et le niveau de réussite baisser. Dans tous les pays de l'OCDE, les enfants les plus défavorisés éprouvent un retard équivalant à trois ans de scolarisation en lecture par rapport à "l'enfant moyen"
La France déçoit tout particulièrement: "le fossé entre les performances des élèves en fonction de leur milieu social est très important", d'après le rapport.
Egalité à l'école : la France 35ème sur 37
Les inégalités se renforcent en France où les élèves défavorisés accusent un retard scolaire "très préoccupant"
Le pays de Jules Ferry est classé par l'Unicef 35e sur 37 pays de l'OCDE en termes d'écarts de performance en lecture, maths et sciences en fonction du milieu social...

... si la France se situait en milieu de tableau en 2010, elle figure aujourd’hui parmi les pays les plus inégalitaires, au 28e rang en moyenne, mais au 35e sur 37 en éducation, au 23e sur 35 en santé,  au 28e sur 35 en satisfaction dans la vie, alors qu’elle se situe 13e sur 41 en revenus....
... Parmi les plus inégalitaires, la France ne devance que la Belgique, le Luxembourg, la Slovaquie, l’Italie, la Bulgarie, la Turquie et Israël...

... le bilan est alarmant. «Ce rapport, qui étudie la queue du peloton, montre que les inégalités s’accroissent et que la France est particulièrement mal placée, que ce pays est parmi les plus inégalitaires, la situation est vraiment en train de déraper», constate Olivier Thévenon, économiste à la division des politiques sociales, à l’OCDE...

 
... Reconnu comme étant l’un des plus difficiles de France. En dépit de ce label, nous avons perdu 60 heures d’enseignement annuel depuis la rentrée 2014, 200 heures depuis 2007. En dépit de ce label, notre équipe enseignante est très peu expérimentée et vient apprendre le métier auprès des enfants pauvres, là où des professeurs chevronnés, sûrs de leur discipline et de leur motivation, sont réservés aux élèves plus favorisés des centres-villes : en moyenne, un enfant des banlieues coûte à l’État 30 % de moins qu’un Parisien. En dépit de ce label, du fait du mauvais encadrement des équipes et de leur manque chronique de formation, avec environ 7 professeurs absents par jour, les élèves perdent en moyenne 150 heures d’enseignement par semaine. En dépit de ce label, et de la perte des heures enseignées, les effectifs de notre collège ne cessent d’augmenter, et il doit recevoir une cinquantaine d’élèves supplémentaires à la rentrée prochaine...

... Le taux de pauvreté des enfants franciliens s’établit au niveau régional à 24,3% en 2013 (contre 22% quatre ans auparavant), soit une progression de +2,3 points par rapport à 2009. Fin 2013, la pauvreté frappe donc en Île-de-France près d’un enfant sur quatre...

... Le ministère de l'Education estime que plus de 700 000 élèves sont affectés chaque année par le harcèlement. «Les risques sont plus grands en fin d'école primaire et au collège.» 4,5% des collégiens sont victimes de cyberharcèlement. Deux numéros vert ont été mis en place : le 3020 et le 0 800 200 200, plus spécifique au cyberharcèlement...
... Le cyberharcèlement a pour moi largement pris le dessus sur la bonne vieille altercation et il nous semble important d’accentuer nos efforts là-dessus. En général, sur les dix gros problèmes disciplinaires que l’on rencontre dans l’année, neuf sont des conséquences de choses qui se passent sur les réseaux sociaux le soir ou le week-end. Avant, le jeune harcelé se disait qu’en rentrant à la maison, il allait pouvoir respirer. Ce n’est plus le cas avec le cyberharcèlement.
Malheureusement, exister sur les réseaux sociaux est une chose extrêmement importante pour les élèves aujourd’hui et ils n’ont aucune maîtrise de ce qu’ils font ou ce qu’ils disent...
... Dans ce bureau, face à moi, j’ai souvent des parents qui sont complètement effondrés. «Facebook ? Ah non, il n’est pas abonné. Si?» Et là les parents tombent des nues. ..

... Ils réclament une «école normale», «des classes avec un instituteur tous les jours devant les élèves». Ce mercredi, près de 200 maternelles et primaires de Seine-Saint-Denis seront occupées par les parents pour dénoncer le non-remplacement des profs absents...
... en moyenne 400 classes sur 8 309 se retrouvent, au quotidien, sans maître ou maîtresse. Un chiffre invérifiable. Aucune donnée officielle n’est transmise par l’Education nationale...

... il y a une prise en charge du secteur associatif à travers notre intervention, et j’en suis très heureux.»
Pourquoi c’est contestable
Difficile de savoir à quoi fait référence le ministre lorsqu’il parle de «prise en charge du secteur associatif». En outre, les acteurs de ce dernier se plaignent depuis de nombreuses années de voir la réduction progressive de leurs subventions. Toutes s’estiment victimes de la chute des dotations de l’Etat ...
... le budget consacré au sport, à la jeunesse et à la vie associative a augmenté de près de 65 % en 2016. Mais c’est avant tout à la faveur du développement du service civique, évoqué ci-dessus. Le développement de la vie associative a certes vu les crédits qui lui sont alloués augmenter de près de 9 millions d’euros en 2016 par rapport au budget 2015, à comparer aux 153 millions supplémentaires alloués pour les services civiques...



... Au Proche-Orient, il y a 14 millions d’enfants traumatisés, orphelins, mutilés, abandonnés, non éduqués ou survivant dans des familles misérables. Quand on est en détresse, on est vulnérable. Quand on coule, on s’accroche à tout ce qui flotte. C’est dans le chaos que poussent les héros. Les meneurs d’âmes vous indiquent le chemin, la cause du mal et les moyens de s’en sortir. Dans des conditions dramatiques, un grand nombre de jeunes deviennent ainsi des armes consentantes.» ...
... Toutes les cultures ont inventé des initiations pour adolescents, sauf la nôtre, qui a inventé des initiations tout autres comme le baccalauréat. Les gosses sont inertes, ils ne bougent pas. On sélectionne nos enfants sur leur aptitude à ne pas bouger, à la sédentarité. D’où l’apparition d’une nouvelle forme de pathologie qui n’existe qu’en Occident: l’hyperkinésie.

En Ile-de-France, 15% (1,8 million) des 12 millions d'habitants disposent de moins de 990 euros par mois par unité de consommation et la moitié d'entre eux de moins de 750 euros, selon un rapport de l'association ...
... «Il y a plus de personnes pauvres» et leur niveau de pauvreté «s'aggrave», s'inquiète Hervé Du Souich, président du Secours Catholique Ile-de-France. «On veut lancer un cri d'alarme: jusqu'où on va continuer dans ce sens-là?»
De plus en plus d'enfants touchés. Cette précarité touche aussi les enfants franciliens, dont le taux de pauvreté a grimpé de 22% en 2009 à 24,3% en 2013, une hausse encore plus marquée en Seine-Saint-Denis, avec des conséquences directes sur la santé (malnutrition, obésité) et l'échec scolaire.
Un manque de logements «très sociaux». Les zones les plus pauvres, comme la Seine-Saint-Denis ou le nord-est parisien, sont aussi celles qui concentrent le plus de centres d'hébergement d'urgence, ajoutant de la pauvreté à la pauvreté.
Et «les logements sociaux actuellement construits ne sont pas adaptés au profil des demandeurs» ... 
... «On va vers une bio à deux vitesses», explique Brooks Wallin, du syndicat professionnel Natexbio. «D’un côté, la bio avec des matières premières françaises et le souci des emballages biodégradables. De l’autre, la bio commerciale où le prix domine et la provenance des matières compte moins. Cette bio-là avance à vitesse grand V au niveau mondial.» ...

... «La grande distribution vante l’accroissement de ses gammes bio, mais en lisant cette charte, j’espère qu’elle comprendra que l’agriculture biologique ce n’est pas qu’un cahier des charges, ce sont aussi des valeurs et un système différent qui replacent l’humain au centre de tout» ...

... Le problème vient, souvent, d’une conception très étroite de l’utilité des apprentissages : une utilité qui doit se voir, qui doit sauter aux yeux, tomber sous le sens, imposer son évidence. Il faut, somme toute, qu’un apprentissage serve à quelque chose de manifeste, qu’on lui voit une conséquence immédiate, qu’on en perçoive facilement un prolongement direct, une application visible, qui en serait une justification indéniable.
Apprendre à lire, on voit bien à quoi cela va servir, apprendre à écrire, à compter aussi. Apprendre à parler anglais, c’est assez parlant également, on voit bien l’utilité de la chose. Pour d’autres apprentissages, c’est plus compliqué ...

Et concernant les données, ces datas qui bien exploitées servent à bien, trop bien, nous connaître individuellement et collectivement?
Est-ce qu’on en parle à l’école? Réponse du prof de maths de Slate, Thomas Messias:
    «Que dalle. Et du côté des maths, on reste dans la pure superficialité. Le programme est tellement contraignant qu'on ne peut pas tout envoyer valser pour parler data... Un élève de première S, par exemple, ne sortira jamais le nez des théorèmes de maths et des tubes à essais de chimie. (…) On est toujours dans l'abstrait, le purement scientifique.»
L’école paraît donc décalée, face à des gamins sont souvent laissés à eux-mêmes sur ces sujets-là.
    «Sauf s'ils font la démarche eux-mêmes ou si leur environnement familial est favorable à la discussion, les élèves ne sont au courant de rien....
...     Dans le monde du futur, nous aurons besoin de travailler de manière plus coopérative et collective. Au lieu de cela, l’école ne cesse de mettre les enfants en compétition
J’y ajouterai aussi la curiosité qui n’est pas beaucoup stimulée par les activités des enfants...

Toute la jeunesse ne se reconnaît pas dans ces valeurs. Elles se diffusent largement parmi les diplômés, notamment dans ceux des grandes écoles, mais ne convainquent pas celles et ceux qui croient aux vertus du «vrai métier», celui qu'on embrasse au sortir des études et «dont on aura toujours besoin» - du plombier au médecin. Surtout : elles demeurent étrangères à ceux qui restent de l'autre côté de la barrière du diplôme, barrière toujours plus élevée et dont l'effet délétère est renforcé par l'importance des droits attachés au CDI (ou au fonctionnariat) - toutes celles et tous ceux qui ont tenté de décrocher un prêt ou de louer un logement sans le précieux sésame en savent le prix.
L'unanimité intergénérationnelle qui se dessine dans les rues contre la loi Travail n'est donc peut-être qu'une illusion...

... Que sait-on de la scolarisation actuelle des moins de trois ans ?Ce que montrent les chiffres c'est que la droite a largement coupé dans la scolarisation avant trois ans. De 2001 à 2012 le taux de scolarisation a été divisé par trois , passant de 35 à 11%. Au primaire les restrictions de postes se sont d'abord sur ces enfants. Mais depuis 2012, on ne peut pas dire que l'effort ministériel ait été surhumain. Il y avait 91 000 enfants de moins de trois scolarisés en 2012. Il y en a 93 600 à la rentrée 2015. Si le ministère a créé 25 000 places il est clair qu'elles ont servi à scolariser d'autres enfants plus âgés...

... La refondation c'est la promesse d'une école plus juste mais les résultats des jeunes de milieu populaire continuent de chuter...
... les parents qui vivent dans la grande pauvreté veulent que leurs enfants réussissent à l'école.
Or l'Ecole les élimine très tôt. "Les parcours scolaires des enfants pauvres sont édifiants : aucun n'a un parcours normal", dit-elle. Par exemple, on compte 84% d'enfants de pauvre en Segpa. L'Unapei, une association d'enfants handicapés, se plaint que les IME soient pleins d'enfants handicapés de la seule pauvreté. Ainsi va le sort des 1.2 million enfants qui vivent dans la grande pauvreté dans l'Ecole de la République...


... - la cantine scolaire génère 80% de déchets en moins qu’en 2010 : triés et pesés, les déchets que 3 à 5 kg par repas (contre 25 kg avant); la moyenne française, en restauration collective, est de 150 g de déchets par assiette, à Mouans-Sartoux, 30 g.
- la réduction des déchets représente un gain de 20 centimes par plateau : 150.000 repas étant servis chaque année, c’est une économie de 30.000€ annuels qui a permis de financer le tout-bio.
- les repas sont passés de 20% bio en 2008 (1,90 € de coût aliments par repas), à 100% bio en 2012 (1,86 € par repas); le prix moyen de participation pour les familles est de 3,13 €, ce qui n’est pas plus cher qu’ailleurs. Sauf que, depuis 2012, les élèves de Mouans-Sartoux mangent 100% bio toute l’année...
... Mouans-Sartoux n’est pas un cas isolé : plusieurs dizaines de collectivités se sont déjà regroupées au sein de l’association «unplusbio» et ont signé le manifeste «Quand les cantines se rebellent» en faveur d’une restauration collective bio, locale, saine et juste...


... Le 2 avril, comme tous les ans c’est la journée de l’autisme ! Les monuments sont bleus, tout le monde sourit : c’est la fête. Les prises en charges, accompagnements et méthodes éducatives et comportementales, recommandées par la Haute autorité santé sont remboursées à 100% ! Des auxiliaires de vies scolaires sont formées et sont intégralement prises en charge par la sécurité sociale.
C’est en tout cas ce qu’affirme Madame Marisol Touraine au micro de Jean Jacques Bourdin sur RMC ce 24 mars dernier. Pas besoin d’être psychanalyste pour diagnostiquer un déni total de la réalité chez Madame la ministre de la Santé, doublé d’une sérieuse langue de bois....
... Pourtant ce n’est pas là une faute de moyens, puisque la sécurité sociale rembourse intégralement l’enfermement en hôpital psychiatrique de cette population, processus onéreux qui peut coûter jusqu'à 1500 euros par individu chaque journée, alors qu’un accompagnement en milieu ordinaire ne dépasse pas les 3.000 à 5.000 euros par mois...
... Difficile, ici, de ne pas parler d’une discrimination des autistes au service d’un gigantesque système de profiteurs, peu prompts à mettre à jour leur connaissances à la lumière des avancées scientifiques.
L’autisme concerne directement 600.000 personnes en France. Or tous les plans autisme qui se suivent et se succèdent ne s’évertuent qu’à pérenniser les structures existantes périmées, au détriment de solutions innovantes s’orientant vers l’aide à l’accès à une autonomie partielle ou totale des personnes autistes. On parle encore de créer des places ...

 
... On le sait cette coupure reflète une frontière sociale. Le bac général est le bac des classes sociales moyenne et supérieure. Sur les 139000 enfants de cadre, 77% passent un bac général et 9% un bac professionnel. Sur les 105000 enfants d'ouvriers, 45% passent un bac professionnel et 32% un bac général. D'un coté ceux-là font des études dans des établissements qui assurent un taux de réussite qui évolue vers les 100% de reçus. De l'autre ceux-ci sont maintenus dans des bacs professionnels où le taux de réussite stagne et même s'abaisse.

... il n’y a pas de mérite particulier à recruter des élèves triés sur le volet comme on le fait, par exemple, dans les établissements publics du Quartier latin à Paris et à obtenir ainsi 100% au bac...
... Si vous aimez les statistiques et les classements, regardez plutôt celui de l’école française par rapport aux autres pays de l’OCDE: c’est pas ouf comme disent les lycéens. La France est championne des inégalités socio-scolaires (cf. le fameux rapport Pisa). Et ça commence bien avant le lycée...
... ce n’est pas le bac qui pose le plus de problème. Les taux de réussite sont même hallucinants: plus de 91% dans les filières générales, 87,8% d’admis toutes filières confondues. En tout, c’est 77% d’une génération de jeunes Français qui accèdent aujourd’hui au bac. Si vous aimez les statistiques et les classements, regardez plutôt celui de l’école française par rapport aux autres pays de l’OCDE: c’est pas ouf comme disent les lycéens.La France est championne des inégalités socio-scolaires (cf. le fameux rapport Pisa). Et ça commence bien avant le lycée...


... Les instructions officielles adressées aux enseignants pour contourner la difficulté, non seulement ne font rien à l’affaire mais l’embrouillent encore davantage : d’abord, parce que replacer l’apprentissage de la Marseillaise dans le contexte de l’époque révolutionnaire, comme il est spécifié, ne correspond évidemment pas aux capacités cognitives d’élèves aussi jeunes, ensuite et surtout parce que, une fois cet obstacle éliminé, reste la contradiction fondamentale qui consiste à promouvoir une éducation à la citoyenneté qui s’appuierait sur la violence, la déshumanisation de l’autre vu comme un ennemi, la légitimité de la guerre, sur l’idée que, finalement, la fin justifie toujours les moyens. Peut-on prétendre faire grandir et éduquer en banalisant des mots, des conduites, des représentations aussi peu fondées moralement, en opposition avec toutes les valeurs que l’école encourage au fil des ans ?
De nouvelles paroles pour la Marseillaise : un bon début…

... celui qui arbore la mine contrite d'un enfant de choeur qui aurait bu du vin de messe à l'insu de son plein gré. «Si l'enseignement privé donne de bons résultats, nous n'avons aucune raison de vouloir nous en passer et nous devrions même desserrer les carcans qui en limitent la portée. Depuis un quart de siècle, la part des établissements privés sous contrat est limitée à 20%. Il faut se poser la question de savoir s'il convient de revenir sur cette contrainte, surtout si l'on voit naître de plus en plus, dans toutes les couches sociales, une volonté de libre choix qui n'a plus rien à voir avec l'élitisme ni avec les vieux ressorts religieux de la ''guerre scolaire''. Je n'ai pas sur ce point de doctrine établie. Je soumets cette question à une réflexion qui prendra le temps qu'il faudra» ...

... La réussite d’un lycée relève d’une «construction complexe» qui ne peut être pensée hors sol. «Pour avancer, peut-être peut-on déjà arrêter de feindre l’indignation quant à la mise en concurrence des deux secteurs, lâche M. Dubet. C’est oublier que les familles qui ont les codes de l’école exercent aussi leur choix d’établissement dans le public !»



... les plus jeunes préfèrent les activités calmes et statiques à d’autres loisirs plus physiques. Selon des chiffres du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA), ils passent en moyenne deux heures devant un écran d’ordinateur, leur télévision ou les yeux rivés sur une tablette. Et seuls 50% d’entre eux respectent les 60 minutes d’activité physiques recommandées par les médecins...
... les plus jeunes sont de moins en moins performants. Avec un exemple édifiant : les enfants couraient en moyenne un 800 mètres en trois minutes en 1971. Un peu plus de 40 ans plus tard, c’est quatre minutes qu’il leur faut pour parcourir la même distance.
"En 40 ans, nos collégiens ont perdu environ 25 % de leur capacité physique”, déplore le Professeur François Carré, cardiologue au CHRU de Rennes dans un communiqué de la Fédération Française de Cardiologie. ..

En principe c'est très simple. La loi d'orientation prévoit la création de conseils école - collège (CEC) chargés de veiller à la continuité pédagogique entre le premier et le second degré. Mais qu'en est -il réellement ? Les CEC sont-ils réellement opérants ? De quoi s'occupent-ils ?...
... Des remarques qui montrent que le fossé est bien plus profond. D'abord parce que le système éducatif envoie des injonctions particulièrement contradictoires en fixant des principes éducatifs mais en ne créant pas les conditions minimums pour leur existence. Ensuite parce que les objectifs même de l'interdegré semblent flous...
Quand ils ne récupèrent pas leurs enfants, le pantalon mouillé à la sortie de l’école Paul-Langevin de Villejuif, ils ont parfois le corps couvert de plaques rouges...
... Ce virus, qui se transmet par voie respiratoire ou contact direct, peut également entraîner une mononucléose. D’autant plus que son fils Alexis, 7 ans, l’a aussi attrapé. Samia met en cause les conditions d’hygiène : «Ma fille ne veut plus aller aux toilettes là-bas, elle dit ’maman, ça pue’. » Les témoignages s’enchaînent, sensiblement les mêmes. «L’odeur est toxique, ça sent jusque dans le couloir...

... Il y a dans le monde quelque 500 000 enfants soldats. Ce ne sont pas nos ennemis, ce sont des enfants de sociétés qui se délitent. Face auxquels le choix martial est absurde. Le traitement qui s’impose n’est plus militaire, mais social. Réfléchissons donc à un travail de containment et de police internationale plus que d’action militaire internationale...

... Babar Baloch, lui, a d’autres préoccupations : «Vous voyez tous ces enfants ?» lance-t-il en montrant ceux qui jouent dans la boue d’Idomeni. On en compte plus de 4 000 pour tout le camp. «Ce qu’ils vivent va marquer leur mémoire. Les dirigeants européens ne pensent qu’au court terme. Mais un jour, ils subiront l’effet de boomerang de ces générations sacrifiées, qui n’oublieront pas comment l’Europe les a rejetées.»...



...L’idée est née après les attentats de janvier 2015. Pour permettre aux élèves de s’informer de manière plurielle avec des sources d’informations fiables et de «se repérer dans la masse d’informations disponibles», indique la ministre de l’Éducation Najat Vallaud-Belkacem. L’offre est totalement gratuite pour les établissements et sans obligation pour les élèves...
 ... Reste que l’opération sonne un peu comme une opération de la dernière chance pour la presse française pour séduire la jeunesse…
...  «Il vaudrait mieux apprendre aux profs à lire sur Snapchat, non?»
Peut-être! D’autant que de plus en plus de médias, de Vice à CNN, sont présents sur l’application et Le Monde prépare son arrivée prochaine sur le réseau social préféré des ados. On attend avec impatience le partenariat Snapchat/Éducation nationale.

... «Notre volonté est de prêter les tablettes aux familles et non aux élèves. Le bien reste au collège, c’est un prêt : il faut donc que la famille aide à faire en sorte que le bien reste accessible, en bon état et que les enfants pensent à les recharger... Ça nous fait un peu peur.» ...
...      «Par le biais de l’introduction des tablettes dans les milieux familiaux, on a l’intention de revenir à des notions de coéducation parfaitement classiques. Parler de l’heure à laquelle il faut arrêter les écrans, le fait qu’il est préférable de ranger la tablette dans le cartable et le cartable loin de la chambre et aussi parler des autres écrans, notamment les portables, avec lesquels s’endorment certains enfants.»
Quand un conflit entre élèves implique des embrouilles sur les réseaux sociaux, Christian Garcia voit passer des captures d’écran où apparaissent des «heures de connexion dantesques»...

... Le ministère fait sans cesse de nouvelles annonces, sans qu’en amont, personne ne se demande par qui et comment ces nouvelles mesures vont être mises en œuvre. Pour nous inonder de circulaires, ça, ils savent faire ! Mais pour nous dire qui fait quoi et comment, là, rien n’est prévu. Les chefs d’établissement doivent se débrouiller...
... On est aussi pris dans des injonctions contradictoires, comme avec cette histoire de classes bilangues. Il y a quelques années, on nous encourageait à en ouvrir partout...

... En cherchant un peu, la journaliste a pu découvrir que les enseignants sont moins absents que la moyenne des fonctionnaires. En allant chercher un peu plus loin, elle aurait trouvé que les enseignants sont également moins absents que la moyenne des employés français, tous secteurs confondus.
Voilà le mythe des profs champions de l’absentéisme bon à jeter à la poubelle…
... Le vrai souci, dans l’absentéisme des enseignants, c’est qu’il se voit comme le nez au milieu de la figure. Passe encore en collège ou en lycée : quand un prof est absent, cela fait un trou d’une ou deux heures dans la journée des élèves. Mais en primaire, un prof absent, c’est 25 à 30 élèves qui restent cartable au dos. Sauf si le prof est remplacé, évidemment. On comprend alors que le fond du problème n’est pas l’absentéisme enseignant, mais le non remplacement des profs absents ...

... Le décrochage scolaire, qui voit chaque année plusieurs milliers de jeunes s’évaporer du système éducatif, est une réalité complexe, du moins le croyait-on jusqu’à ces dernières semaines lorsque l’Education nationale, jusque là fort démunie, a fièrement fait savoir qu’elle tenait enfin sa solution : confier les décrocheurs à l'armée...
... Le tout, en étroite collaboration avec la Mission de lutte contre le décrochage scolaire (MLDS) dont on découvre ici le volontarisme et l’imagination sans limites...



... Ils se disent surpris. «Ça nous a étonnés qu’autant d’enfants de CM1 et CM2 aient un portable. Nous, on a eu notre premier téléphone en troisième…» ...
... 28 % des CM1-CM2 (9-10 ans) ont un téléphone portable (dont 60 %, un smartphone). En quelques années, l’âge de l’arrivée du premier portable a chuté...
... Autre étonnement pour ces lycéens, 17 % des CM1-CM2, et même 10 % des CE2, sont inscrits sur un réseau social, Snapchat, Skype et Instagram en tête, alors que cela est théoriquement interdit avant l’âge de 13 ans, notamment en raison des risques de harcèlement...
... Les alertes et autres bips en réveillent la moitié, la plupart consultent le message et, pis, 79 % y répondent. Les plus jeunes se donnent parfois rendez-vous la nuit...

... Ils ont entre 16 et 25 ans, ils ont grandi dans les campagnes misérables, élevés par leurs grands-parents tandis que leurs parents travaillaient en ville. Internet leur a donné accès aux images de la société de consommation et les a fait rêver à une vie urbaine «pleine de richesse et de merveilles», comme dit Tian Yu, une jeune fille de 17 ans.
Dès qu’ils peuvent, ils prennent le train ou le bus et partent s’embaucher dans les grandes usines. Ils y découvrent épuisement, brimades et solitude. Certains en meurent, tous sont brisés...
... Dans son usine, la chaîne de montage fonctionne jour et nuit. Les journées de travail durent douze heures, les cadences sont infernales. Chaque geste est chronométré à la seconde près, les pauses sont restreintes et les humiliations publiques, fréquentes. Isolés, exténués, les ouvriers souffrent de solitude et de dépression.
Pourtant, chaque matin, les managers crient à leurs employés : «How are you ? ? ?» Les ouvriers sont obligés de répondre : «Good, very good ! ! !» ...
... Eux ne peuvent même pas se payer l’iPhone qu’ils ont assemblé, raconte Yu ...
Parmi les commentaires :
"Oui mais grâce à Yang je vais avoir un Samsung Galaxy S7 avec lequel je pourrai en toute quiétude préparer et commenter la révolution.......numérique. Merci camarade."

.. Léa (un pseudo), 26 ans, professeure des écoles dans les Deux-Sèvres, a stalké ses CE2 pour la première fois. Elle les a entendus parler de Facebook dans la cour et se demandait s’ils y étaient (alors que le réseau social est théoriquement interdit aux moins de 13 ans).
    «Sur 25 enfants, j’en ai trouvé quatre ou cinq. Rien n’était privé, tout était public. Ils n’étaient pas très actifs, si ce n’est pour jouer à “Candy Crush” et d’autres jeux jusqu’à tard le soir. J’ai mieux compris pourquoi ils étaient fatigués en classe !» ...
... «J’ai trouvé des choses anodines : le nom des petits copains, les photos des vacances, les états d’âme... Pour que ça ait vraiment un sens pour eux, et une portée, j’ai projeté au tableau leurs pages Facebook, en leur précisant bien évidemment que je ne leur voulais et souhaitais aucun mal.» ...



... Les NAP (nouvelles activités périscolaires) concernent près de 2 enfants sur 3 : 43% y participent tous les jours, 20% certains jours, 37% n’en fréquente pas du tout. 54% des enfants qui participent aux NAP n’ont pas choisi leur activité, et ils participent à 3 activités en moyenne dans l’année.
A la lecture de l’enquête, c’est l’hétérogénéité, voire l’inégalité des situations qui apparait ...
... La question la plus importante est sans doute celle du bien-être des enfants et là, l’avis des parents est sans appel : 69% des parents estiment que la réforme a eu un effet négatif sur le bien-être de l’enfant (42% plutôt négatif et 27% très négatif), 13% qu’elle est sans effet particulier et seulement 5% qu’elle a un effet positif 5% effet positif (1% très positif) sur leur enfant...

... une partie de la Génération Y (née vers 1980-1990) doit renoncer à économiser pour la retraite, vit au jour le jour, voire survit quand le poids de l’endettement est trop lourd. Jusqu’ici, la présidence Obama n’a pas pris la mesure de cette plaie qui obère l’avenir.
Un modèle pour «sauver» l’Université française ? Actuellement, ce grave problème ne préoccupe guère les médias dominants, américains ou français, plus friands des provocations de Trump sur les musulmans ou les immigrés et des pronostics sur le prochain hôte de la Maison Blanche. Pourtant, il s’agit de l’expérience quotidienne de 40 millions de jeunes Américains diplômés, ainsi que de leurs familles et amis qui sont nécessairement au courant de leurs difficultés. Or, certains admirateurs français de «l’Amérique» voudraient guérir l’Université française de sa misère, de sa «rigidité» (qui est celle de la loi sous laquelle elle doit fonctionner) ou de la prétendue «frilosité» de ses professeurs, en tentant de naturaliser en France les recettes américaines...

...  "On a plus de la moitié des étudiants qui travaillent pour financer leurs études, relevait William Martinet en début de semaine dans Le Figaro (...) Et là, finalement ce qu'on leur explique avec ce projet de loi Travail, c'est que non seulement ils seront précaires pendant leurs études mais que finalement la précarité va les concerner toute leur vie." ...
 


... La réalité, c’est que vous n’avez pas pris en charge les mineurs isolés comme l’impose pourtant la loi française...
... Depuis le début du démantèlement du camp, ce sont des images d’une grande violence qui nous parviennent de la jungle. Faire la guerre à ceux qui la fuient, cela n’a pas de nom...

... Zimako vit ici, dans cette école qu’il a créée de toutes pièces il y a quelques mois dans la «jungle» de Calais. «C’était un terrain plein de ronces, il n’y avait rien d’autre, raconte Dominique, une autre bénévole. Il me disait : "Tu vois, Domi, ici, ce sera la classe des enfants ; là, celle des adultes. L’infirmerie sera comme ça. On aura une salle de réunion. Au fond, des chambres." J’essayais de le raisonner : "Enfin, Zimako, ce n’est pas possible…" Il l’a fait. Regardez.» Les classes, la salle de réunion, l’infirmerie… Tout y est ...

... Ça devient une zone de guerre totale, le Mordor!  Pour les Calaisiens aussi,c’est un cauchemar, quelque chose de super violent et qui ne règle rien. Le problème va se déporter ailleurs, comme après Sangatte. On n’arrête pas de refaire les mêmes erreurs. On crée des murs et donc des tensions, des blocages, donc des réseaux de passeurs, c’est une machine infernale qui se nourrit d’elle-même...



... S'il est un mystère pour les parents, c'est bien celui-là : que font (vraiment) leurs ados avec leur téléphone ? Car si tout le monde, aujourd'hui, télécharge les mêmes applis, parents et enfants n'en font pas le même usage. Du coup, les aînés sont largués.
En cédant sur l'achat du portable, ils pensaient maintenir un lien, mais en réalité ils ont perdu le fil...

... les Programmes de réussite éducative (PRE) visent à  prendre en charge de façon globale, et sous la direction du Ministère de la Ville, les enfants les plus fragiles à partir de 2 ans, repérés souvent par l'école...
... Les résultats sont sans appel puisque sur tous les aspects, les PRE s'avèrent n'avoir aucun effet ou même, parfois , des effets négatifs...
... En clair, la République veut bien aider les enfants fragiles, souvent ceux des pauvres, mais en low cost... Au final, note le rapport, il apparait que "l’Etat a fait le choix de limiter son effort (financier) en mettant l’accent sur des questions d’ingénierie institutionnelle, qui sont sans aucun doute un passage obligé, mais sans mettre de moyens pour développer les actions elles-mêmes".
Du soutien scolaire inefficace ...

... Le nouveau rapport "qualitatif" que vient de publier le CGET a été réalisé par Pascal Bavoux, Valérie Pugin et Justine Lehrmann pour Trajectoires. La méthodologie est bien différente. L'étude n'interroge pas l'évolution des compétences des enfants. Elle repose sur 128 entretiens réalisés majoritairement avec des acteurs des PRE (référents, directeurs d’école, assistantes sociales, etc.) parfois avec des familles sur 8 territoires.
Globalement les acteurs interrogés ont une opinion positive des PRE....
... Mais l'engagement financier des collectivités et de l'Etat en faveur de ces enfants est insignifiant : environ 850 euros quand les exemples qui réussissent à l'étranger exigent 10 fois plus.
Si l'on conclue sur ces deux rapports, on peut dire que maintenir les PRE en l'état c'est se désintéresser des enfants qui ont besoin de la solidarité nationale et tromper les acteurs. Cela ramène à une conclusion du rapport quantitatif...

... «Rassembler des enfants d’origine sociale ou culturelle différente ne suffit pas, met en garde la sociologue Agnès van Zanten. Il faut développer un travail pédagogique autour de la mixité, se demander aussi quelle société on veut construire. Aujourd’hui, par exemple, le gouvernement nous parle de mixité tout en développant un discours très crispé sur la laïcité, c’est contradictoire.» ...
... «L’école ne peut pas résoudre tout le problème de la mixité, précise Isabelle Marsala, adjointe au maire déléguée à la réussite éducative. Cela relève aussi de la politique de la ville, du logement.» ...

C'est le prix du mètre carré
qui fait la différence...
...En Ile-de-France, le marquage social des quartiers
souligne l'inégalité devant l'école.
La carte scolaire et l'apartheid...
(septembre 2005)

Pas de consensus à gauche, et ce depuis belle lurette
Son combat historique pour l'égalité ne fait plus l'unanimité, y compris en son sein, faute d'avoir évité ou corrigé les effets pervers de l'égalitarisme, qui interdisent, au moins sur le papier, d'apporter des réponses suffisamment différenciées sur le terrain.
Son attachement à la méritocratie républicaine se heurte aux mécanismes de reproduction sociale qui font de ce principe, le meilleur allié des catégories les plus favorisées et\ou les mieux informées des mécanismes de sélection.
Sa volonté de revivifier la formation pédagogique des enseignants est lestée par l'échec des IUFM, la mise en place chaotique de leurs successeurs – les Espé – et les graves insuffisances de la formation continue. Sur tous ces dossiers, et d'autres encore, il n'existe pas de consensus à gauche, et ce depuis belle lurette.
La droite héberge les mêmes contradictions...

... Des rumeurs ont couru sur les exigences réduites des jurys, particulièrement ces dernières années, en raison de la crise du recrutement. Une chose est sûre : ces concours connaissent une sélectivité très variable suivant les époques...
...  les territoires sont très inégalement attractifs. Les académies de Rennes ou de Nice sont prisées, celles de Créteil ou de Reims boudées. En Seine-Saint-Denis, le département le plus pauvre et le plus jeune de France, rattaché à l’académie de Créteil, il a fallu organiser un second concours en 2015 pour arriver à pourvoir tous les postes : 500 n’avaient pas trouvé preneur à l’issue du concours «normal»...
... En 2015, selon les statistiques officielles, 63,8 % des candidats ayant concouru aux épreuves d’admission ont été reçus au concours classique de Créteil, qui proposait 1540 postes, contre 27 % de réussite à Bordeaux (397 postes proposés) et 22,3 % à Toulouse (300 postes)...

... «Le bizutage est l’une des expressions de la violence de notre système éducatif, de la course au ‘’bon diplôme’’ […]. La réussite scolaire est un enjeu vital. Ceux qui sont concernés par le bizutage sont sur le point de toucher au but, de décrocher une peau d’âne qui les mettra à l’abri jusqu’à la retraite» ...
... Parce qu’il n’y a pas, d’un côté les violents, et de l’autre les non-violents. Si nous étions placés dans ces situations où, non seulement nous pourrions être assurés de l’impunité, mais où ces déchaînements trouveraient une pseudo-justification liée aux ‘’traditions’’, sommes-nous sûrs que nous pourrions résister aux pressions collectives ? […]

… En Seine-Saint-Denis, le non-remplacement, "c'est systématique...", déplore Laurent Salters, de la FCPE du département, père d'un enfant scolarisé à Montreuil. "Il y a un ras-le-bol généralisé."
"On estime qu'il y a chaque jour en ce moment au moins 400 classes d'école primaire sans maître", soit 5 à 6% du total des classes du département …
… La FCPE 93 estime que sur l'ensemble de son premier cycle, un enfant perdra environ un an de cours…
… Pour combler les trous, les académies font appel à une rustine de plus en plus utilisée: les contractuels. Renforcé par Luc Chatel, ministre de l'Éducation de 2010 à 2012, ce système se banalise. Recrutés simplement par téléphone par Pôle emploi, ils n'ont parfois reçu aucune formation adaptée.

Selon un scientifique britannique, pour avoir de meilleurs résultats scolaires, un adolescent de 16 ans ne devrait pas commencer les cours avant 10h.
De la «torture», voici à quoi s’apparente le fait de commencer sa journée de travail ou de cours avant 10h selon le Dr Paul Kelley, de l’Université d’Oxford. Pour le scientifique, le fait de se lever tôt va à l’encontre des rythmes circadiens naturels de l’homme et provoque de sévères soucis de santé et de concentration…
… Lorsqu’il était directeur de collège, il avait d’ailleurs décidé de changer l’horaire du début de journée à 10h au lieu de 8h30, et avait constaté une hausse des bonnes notes d’environ 19%...

"L’avenir de notre système scolaire ne repose pas sur les fantasmes d’une transformation structurelle ou méthodologique radicale et miraculeuse mais sur la progression continue, laborieuse, collective des compétences professionnelles. Il ne sert à rien de fustiger la réalité de l’école et d’en noircir les traits pour quelques mirages et enthousiasmes provisoires…
… on peut toujours théoriser un principe mais c’est autre chose que de devoir le décliner dans une organisation pédagogique efficiente. La pédagogie inversée ne résout aucun de ces deux problèmes majeurs"
Pour lui cette pédagogie est surtout l'occasion pour l'institution de nouvelles économies ce qui expliquerait le vif soutien institutionnel à la classe inversée.

95 000 de nos élèves n’ont pas, à 15 ans, un bagage minimum pour se repérer dans la société, souligne un rapport de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE)…
… Du terrain, à un an de l’échéance présidentielle, le refrain qui résonne ne va guère dans le bon sens : le «changement» promis par ce gouvernement, tous les enseignants en ont entendu parler (presque trop, déplorent-ils, en épinglant le rythme des annonces), mais ils sont rares à le percevoir en classe.
Ce qu’ils voient passer, en revanche, ce sont ces élèves qui progressent d’une classe à l’autre mais pas, ou très peu, en termes de niveau. L’OCDE en livre un portrait-robot en listant «obstacles» et «désavantages» qui, cumulés, finissent par entraver les destins scolaires …

… Le jeu des options, défendues par les parents influents, permet aussi de protéger l’entre-soi de la classe supérieure, et d’offrir plus de moyens horaires à ces lycées. Il existe donc toujours des moyens de la contourner. En fait, lorsque la ségrégation spatiale est forte, le problème de la carte scolaire est insoluble….
… Les stages de troisième sont presque caricaturaux, entre ceux qui les font dans de grandes entreprises, voire à l’étranger, et les autres. Et ça continue par la suite. Les élèves de milieu favorisé bénéficient d’un bon réseau qui leur permet de trouver facilement des stages bien rémunérés, dans des entreprises très intéressantes. Or, les stages sont aujourd’hui un élément essentiel d’un CV, que ce soit pour entrer dans une école ou pour décrocher un emploi….
… ce que l’on observe aujourd’hui, c’est la marchandisation de l’Education, qui attire les fonds de pension et autres grands investisseurs. Ces derniers délaissent parfois les maisons de retraite pour investir dans ce secteur, ce qui montre que c’est rentable. L’Education est devenue un marché sur lequel agissent des entrepreneurs, où il y a des marques, des stratégies, du benchmarking … Ce n’est toutefois pas une fatalité, mais une question de choix sociétal

Vincent Peillon se lâche au cours d'un long entretien accordé à Jean-Michel Djian, dans un documentaire, La Fabrique du citoyen, diffusé sur Public Sénat courant mars…
… "Quelques semaines après mon installation au ministère, j'ai demandé une réunion interministérielle pour mettre en oeuvre ce que le président avait proposé pendant sa campagne, à savoir une ambitieuse politique pour la jeunesse et l'éducation. Malgré mon insistance, cette réunion n'a jamais eu lieu."

… annoncé sur France 2 un appel à projets «auprès de toutes les écoles qui feront un plan de lutte contre le gaspillage alimentaire». «Les 1 000 premières écoles seront dotées d’un potager»
… des élèves se sont donc fendus d’un poème adressé à «Madame la ministre du potager» : «Dans ce jardin très malin, l’épinard y sera “peinard” et la fraise à l’aise / A l’approche de l’hiver, le petit pois sera bien couvert, comme son frère le haricot vert.» La lettre de réponse signée Ségolène Royal est arrivée plus de deux mois plus tard, en pleines vacances de Noël. «Je vous remercie chaleureusement pour votre gentil message, peut-on lire. Je vous félicite pour cette belle initiative de lutte contre le gaspillage alimentaire.» Un dernier petit mot sur les guides mais, sur la demande de potager, queue de cerise.
«Déchéance d’exemplarité»…


… des classes ferment en même temps qu'est mis en place le dispositif «plus de maître que de classes», censé permettre à une école de compter un enseignant de plus que de classes. Résultat: en cas de fermeture de classe, il y a autant de professeurs qu'avant, mais davantage d’élèves par classe. Une absurdité pour notre enseignant:
«On voit bien la "combine": on ferme une classe et on rajoute un professeur du dispositif…
… Le succès du privé semble bel et bien une coproduction des parents angoissés par l'école (qui restent les plus favorisés ou les moins défavorisés) et de l'Education... nationale…
… Nous nous retrouvons donc, école par école, à nous mobiliser chacune de notre côté alors que nos problématiques sont les mêmes. L’éventuelle satisfaction d’être passés cette fois entre les gouttes sera entachée par ce constat: si nous arrivons à sauver notre classe, ce sont toutes les autres écoles du secteur qui perdront un poste.»…
«Alors qu’on parle d’unité nationale, les écoles en lutte contre ces projets de fermeture se retrouvent en concurrence les unes par rapport aux autres! ...

On pourra toutefois observer que la difficulté scolaire, faible ou importante est donc considérée, dès l’entrée en sixième, comme une fatalité déterminante pesant sur le projet scolaire, oblitérant dès la sixième l’avenir de l’élève aux yeux de sa famille.
Il est en revanche frappant de constater que «la situation la plus fréquente– souhait en 2008 et en 2011 que l’enfant prépare un baccalauréat GT – est partagée par les trois quarts des familles de professions libérales et les deux tiers de celles d’enseignants et de cadres, mais seulement une famille d’ouvriers qualifiés sur quatre et une famille d’ouvriers non qualifiés et d’inactifs sur cinq (…) En 2011, une orientation dans l’enseignement professionnel est retenue, toutes situations de départ confondues, par seulement 6 % des parents exerçant une profession libérale et 9 % des cadres, alors qu’un tel choix s’observe parmi plus de 50 % des familles d’ouvriers non qualifiés et d’inactifs».

"C'est l'absence de mixité sociale qui explique ces inégalités", nous dit Eric Charbonnier. "Quand les classes sont hétérogènes cela crée une dynamique. Mais certains établissements défavorisés ont tellement d'élèves en difficulté qu'il n'y a pas de dynamique positive. La solution c'est donner plus de moyens aux établissements défavorisés de façon à ce qu'ils recrutent des jeunes plus favorisés".
PISA en fournit aussi une preuve inversée. Selon l'organisation, à catégorie sociale égale, les élèves des établissements privés sous contrat ont deux fois plus de chances d'avoir un niveau faible que ceux du public. C'est leur recrutement social favorisé qui fait que leurs résultats sont généralement supérieurs à ceux du public…
… En France on aime dire qu'on verra les fruits de la Refondation dans 20 ans. "Dans PISA on voit qu'avec de bonnes réformes , notamment dans la réduction des inégalités, des pays obtiennent des résultats au bout de 4 à 5 ans".
 Dans quelques mois on aura les chiffres de PISA 2016…

… parallèlement à cette crise migratoire, le Bureau of Investigative Journalism, une ONG britannique révèle un tout autre problème: celui du renvoi de milliers d'enfants réfugiés dans leur pays une fois qu'ils ont atteint la majorité. Même si celui-ci est toujours en proie au chaos…
… chaque année, plusieurs dizaines de jeunes majeurs sont aussi renvoyés vers l'Irak malgré la présence sur une large partie du territoire de l'État islamique.
Pourtant, ces enfants qui fuient le chaos et la guerre font en sorte de s’adapter au mieux à la vie britannique. D’ailleurs, pour Tim Farron, leader des Libéraux-Démocrates, une grande majorité d’être eux sont parfaitement intégrés…

… Aujourd'hui, le taux de chômage des 15-24 ans est de 24% et, chiffre moins connu, 17% des 15-29 ans sont des «NEET»: ni en emploi, ni à l'école, ni en formation. Ils sont les «laissé tomber». Comme l'Éducation nationale continue de se donner comme objectif premier de «trier» les meilleurs et que la croissance se fait attendre, ce ne sont plus seulement les enfants des moins qualifiés qui tombent, mais les enfants des classes moyennes. Une «contagion de la précarité» à l'origine de la mortifère peur du déclassement, la source des populismes.
La crise de l'école pousse les familles à se réimpliquer fortement dans le suivi éducatif de leurs enfants, mais, en conséquence logique, les plus aisées s'en sortent mieux que les plus faibles …

… selon les experts de l'OCDE, le coût financier du soutien à ces élèves en difficulté serait moins élevé que les conséquences d'une scolarité manquée ou inaboutie. Les mauvais résultats scolaires "ont des conséquences à long terme", avec "un risque élevé de décrochage complet" pour ces jeunes et une croissance économique amoindrie
… Ainsi, en moyenne, plus d'un tiers de la différence de performance en maths entre élèves est imputable à des différences entre les établissements. En France, les élèves scolarisés dans des établissements défavorisés sont "plus de 40 fois plus susceptibles d'être peu performants en mathématiques que leurs pairs scolarisés dans des établissements favorisés"
" les systèmes qui répartissent plus équitablement dans les établissements d'enseignement à la fois les ressources scolaires et les élèves sont avantageux pour les élèves peu performants, sans pour autant porter préjudice aux élèves ayant un meilleur niveau".



… L’internet nous donne ainsi accès à une quantité d’informations sans précédent et dans le même temps nous devons paradoxalement moins intelligents et plus superficiels.
Dans son livre, «The Shallows: What the Internet is Doing to Our Brains» (Les superficiels: Ce que l’internet fait à nos cerveaux) qui était un des finalistes pour le Prix Pulitzer, Nicholas Carr défend la thèse que la technologie conduit à un affaiblissement de nos capacités intellectuelles…
«nous transférons un bric-à-brac de bribes d’informations pas un flux cohérent provenant d’une seule source». Nos cerveaux n’assimilent pas l’information de façon riche et profonde et créent moins de connexions avec nos autres mémoires. «Nous devenons des consommateurs irréfléchis de données»

… Il n'existe pas de statistiques fiables sur la part d'adolescents qui utilisent Snapchat, la compagnie ne les communique pas, mais des estimations placent ce chiffre à près des 85­ %. Comment une jeune fille de 13 ans, usager type, utilise-t-elle Snapchat ? Constamment, compulsivement. Fasciné par la façon dont elle répond à une vingtaine de Snapchats en quelques secondes, il lui demande ce qu'elle fait  :
"Il n'y a pas de conversations. C'est surtout des selfies. Le selfie change en fonction de la personne. […] Je ne regarde pas vraiment ce que je reçois. Je tapote si vite. C'est une rafale."…

La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), l’autorité chargée de la protection des données personnelles, a annoncé avoir mis en demeure Facebook, lundi 8 février, lui reprochant de nombreux manquements à la loi française sur la protection des données personnelles. Un long réquisitoire, contre la manière dont Facebook collecte et exploite les données de ses 30 millions d’utilisateurs français, que la CNIL a décidé de publier.
Que reproche-t-elle à Facebook ? La liste est longue

Cela peut vous sembler curieux, mais une bonne partie des adolescents et des jeunes adultes utilisent quotidiennement Snapchat comme d'autres s'envoient des SMS ou des messages sur WhatsApp. Outre l'envoi de photos et de vidéos éphémères …
...  Outre les "snaps" privés, vos enfants peuvent également envoyer leurs images dans leur "story" personnelle, où elles sont accessibles de manière illimitée pendant 24 heures à tous les utilisateurs abonnés à leur compte. Et là où les correspondances privées sont utilisées pour les conversations du quotidien, les "stories" leur permettent d'exhiber des scènes dont ils tirent une certaine fierté…
… Capturer des images éphémères à l'insu de leurs émetteurs est à la portée de n'importe quel utilisateur un peu bidouilleur. Des applications non-officielles, disponibles sur les iPhones déverrouillés, mais aussi sur n'importe quel téléphone Android, proposent cette fonctionnalité, pourtant explicitement interdite par les conditions d'utilisation de Snapchat.



... Mais depuis un an –depuis Charlie– l’école est censée se mobiliser pour les valeurs de la République. On peut le prescrire d’en haut par de vibrants appels à nos belles valeurs républicaines. L’éducation nationale instaure enseignement moral et civique; une «réserve citoyenne» a été créée pour que des intervenants extérieurs viennent notamment parler aux élèves de la laïcité, de la liberté d’expression. Certaines écoles ont comme projet pédagogique d’apprendre la Marseillaise à des élèves de grande section...
Pourquoi pas. Mais ...

… La présence de la Marseillaise à l’école n’est pas une chose nouvelle, incrustée dans les programmes d’éducation civique depuis 1985, malgré les critiques récurrentes qui lui sont adressées…
… La vie en société, la vie dans le monde, devenir adulte, ça ne s'apprend pas avec des cantiques ou des leçons de morale, les belles paroles, les grands discours ou les mouvements du menton mais bien plutôt dans le quotidien d'une salle de classe.
L’année de la Marseillaise à l’école, ce n’est pas seulement une sinistre farce, c’est le signe d’un régime politique qui a perdu, avec le sens des réalités, toute conscience morale.

La Marseillaise, c’est l’inverse de  «Maréchal, nous voilà‘».
Sans doute. Mais «La Marseillaise» a pourtant accompagné le chant pétainiste «Maréchal nous voilà !». Pas toute la «Marseillaise» certes. Car, durant cette période, deux couplets ont été généralement privilégiés : le premier, et le sixième («Amour sacré de la patrie») . Et deux autres couplets (les plus  «républicains») ont été tout à fait censurés …

… Mineurs étrangers isolés, enfants roms ou handicapés, châtiments corporels, justice pénale… C’est un inventaire à la Prévert peu flatteur que le comité sur les droits de l’enfant de l’ONU (CRC) a publié, jeudi 4 février, sur la France…
Le rapport onusien égrène d’autres sujets de préoccupation, qui vont de l’absence de données chiffrées sur la maltraitance au besoin de renforcer les efforts de lutte contre les stéréotypes de genre, en passant par le droit de l’enfant de connaître ses parents biologiques…

... Le vivier d'un demi millier de contractuels a été utilisé, les enseignants titulaires remplaçant aussi. Dès lors, la direction académique peine à remplacer les enseignants absents, même ceux dont les absences sont prévues de longue date. La FCPE Aubervilliers donnait une conférence de presse à ce sujet mercredi 27 janvier, sa comptabilité des absences non-remplaçées est édifiante …
… Le constat est foncièrement aporétique. Face à la pénurie de moyens savamment entretenue (le ministère a par exemple refusé de financer le recrutement de 151 lauréats inscrits sur la liste complémentaire du concours supplémentaire de professeurs des écoles en Seine-Saint-Denis), la direction académique fait le choix de porter plainte contre des parents venus exiger le remplacement des enseignants. Les parents eux mêmes ont parfois recours à la justice contre les services de l'Etat pour discrimination territoriale (voir ici et là). Au moment où la communication du ministère tente de convaincre l'opinion publique de son combat acharné contre les inégalités scolaires tout en affirmant que la refondation de l'école en est arrivée à "son aboutissement", la situation en Seine-Saint-Denis sonne comme un démenti à la fois cinglant et insupportable.

Mais la colère est là, rentrée, et elle risque de sortir un jour avec violence si aucun espoir n’est apporté… A l’heure où l’on répète l’urgence d’investir dans les générations futures et de redonner tout leur sens aux valeurs de la République, il y a là un chantier prioritaire à lancer si l’on ne veut pas achever de discréditer l’école publique et installer sans le dire un système à deux vitesses qui ne profitera qu’aux plus aisés. La responsabilité en incombe d’abord à la mairie de Marseille, mais aussi à un ministère de l’Education qui, après tout, se veut aussi «nationale».

… N’empêche: le système opère avec la brutalité d’une machine à trier et fait de l’école l’horizon obsessionnel des familles françaises….
… Les débats autour du système éducatif, l’appel à sa démocratisation, les attentes et les frustrations qui l’entourent sont des éléments qui vont se crisper encore plus violemment dans les années à venir, tant la lutte pour les (meilleures) places va s’intensifier, éclatant encore davantage les disparités entre les fractions de la jeunesse.



60.000 postes en cinq ans dans l'éducation.
À quoi serviront ces postes ? Viennent-ils en échange d'une future bienveillance syndicale ? Aucune réponse n'est apportée dans le programme. Ce dernier cultive même un flou savant destiné à éviter de trancher entre les différentes sensibilités socialistes en matière d'éducation, qui vont du républicanisme méritocratique le plus conservateur au quasi-libéralisme assumé.
Faute de légitimité démocratique, d'un pacte clair avec les électeurs, le premier ministre de l'Éducation, Vincent Peillon, tente de bâtir un consensus au sein de la communauté éducative.
Vient le second péché : la concertation, menée tambour battant, s'enferre dans l'entre-soi.
Quelques centaines de professionnels de la profession s'enferment en Sorbonne et tracent, en chambre, quasi hors sol, les contours de la future loi. Qui, elle aussi, consiste essentiellement à énoncer de grands principes …

en dépit de ces atouts et de ces déclarations de principes,notre école est bien plus inégalitaire qu’elle ne devrait l’être en fonction de la seule amplitude des inégalités sociales.
L’impact de l’origine sociale sur les résultats scolaires des élèves est de 22,5 % en France, le même qu’au Chili, pays beaucoup plus inégalitaire et libéral …
… Dans un pays qui ne cesse d’affirmer que l’école est le principal vecteur de la justice sociale, cette situation est paradoxale et scandaleuse…
… Derrière un décor républicain et national homogène, l’offre scolaire reste profondément inégale. Le lycéen français coûte environ 30 % de plus que son camarade de l’OCDE, l’élève de l’école élémentaire environ 20 % de moins. Or, c’est à l’école élémentaire que se cristallisent les inégalités …

«Le logement est le reflet des inégalités mais il est aussi accélérateur des inégalités», souligne le délégué général de la Fondation Abbé Pierre…
Quant à certains objectifs annoncés comme la construction de 500 000 logements par an, dont 150 000 logements sociaux, ils «sont bien loin d’être atteints», souligne le rapport…

3 Français sur 4 jugent leur pays comme inégalitaire, le logement leur apparaissant comme la troisième source d'inégalités la plus grave et la deuxième la plus répandue. (sondage TNS Sofres - octobre 2015)
La Fondation Abbé Pierre analyse le logement comme un facteur majeur dans l'approfondissement des inégalités, au coeur du processus de décrochage des couches populaires.

| 21e rapport sur l'état du mal-logement en France 2016 – pdf ]
 

C'est le prix du mètre carré
qui fait la différence...
...En Ile-de-France, le marquage social des quartiers
souligne l'inégalité devant l'école.
La carte scolaire et l'apartheid...
(septembre 2005)

nostalgie de ces instits à l’ancienne (un homme, comme dans "Etre et avoir", ce n’est sans doute pas anodin), la vocation du hussard noir chevillée au corps, nostalgie des vieilles pierres, des clochers et des monuments aux morts. Il y a ici un peu de la France de Charles Péguy, un peu de celle de Marcel Pagnol…
… Tout ce sépia plaira, à n’en pas douter. Il renvoie à une époque où la France n’avait pas de problème (croit-on se souvenir), à une époque où les instits savaient instruire et éduquer, à une époque sans crise ni crise de l’école, une époque qui valide que «c’était mieux avant».
Il plaira au grand public, qui en a marre d’entendre PISA lui dire que l’école dysfonctionne et qui pourra se réfugier, une heure et demie durant, dans cette école éternellement souriante…

Quand il publiait 1984, il y a près de soixante-dix ans, George Orwell savait-il que son Big Brother, arme de surveillance généralisée dans une société dystopique …
… Plus inquiétant encore, Snapchat explique qu'il peut «sauvegarder indéfiniment» les vidéos que vous soumettez aux «Stories» et «autoriser le visionnage à nouveau à travers tous [ses services] ou sources tierces». On est très loin des promesses de messages éphémères mises en avant par l'application…
… «Désormais, ce sont les outils numériques et techniques qui altèrent notre façon d'être ensemble» …
… «Le renouveau de la télé-réalité et la banalisation de la webcam apparaissent au tournant de notre siècle, nous explique Sophie Jehel. Ces supports réussissent, et le rapport avec Orwell est tout fait, à transformer le consentement à la surveillance en une forme d'expression de soi et de liberté d'expression. C'est un tournant idéologique. [...] On propose à l'individu de se mettre lui-même sur écoute



… Cette note d’information conforte donc involontairement ce que le billet du 9 décembre dernier constatait à propos de l’appel à projet «collège numérique et innovation pédagogique» : «cet appel à projet, comme tout texte, se lit aussi en fonction de ce qu’il passe sous silence. Si on recherche une occurrence de «espaces scolaires», «vie scolaire», «centre de documentation et d’information», «centre de connaissances et de culture , «salle d’étude», on n’en trouve aucune. Tout se passe donc comme si la forme scolaire traditionnelle était immuable, avec un seul espace scolaire valorisé et nommé, celui de la «classe», le reste étant un indéfini «hors la classe». Et comme si on avait oublié le premier paragraphe de la lettre de mission du 8 septembre 2015 adressée à Catherine Becchetti-Bizot (c’est nous qui mettons en gras la deuxième phrase) : «Le déploiement du numérique dans le système scolaire représente un dossier stratégique de la refondation de l’Ecole pour améliorer l’efficacité des enseignements, réduire les inégalités sociales et culturelles, et ouvrir l’école sur son environnement. Pour atteindre ces objectifs, les démarches pédagogiques, les modes de suivi, d’accompagnement et d’évaluation des élèves ainsi que l’organisation des temps et des espaces scolaires sont appelés à évoluer.»

nouvel épisode de ce palpitant feuilleton, dévoilé vendredi 22 janvier par la ministre de l’éducation nationale. Comme souvent quand il s’agit de réformes de l’éducation, l’imbroglio est si compliqué que de solides explications sont indispensables pour tenter de comprendre…
… La présentation que vient de faire la ministre de sa «stratégie langues vivantes» ne manque donc pas de surprendre. Il apparaît en effet, que 70 % des sections bilangues seront finalement maintenues à la rentrée 2016…
… Il est vrai que cette impression de bricolage n’est pas propre au ministère de l’éducation nationale

…Ainsi, dans l'académie de Paris, 100% des bilangues seraient maintenues. Mais à l'inverse, 95% des classes bilangues de l'académie de Caen disparaîtraient à la rentrée 2016, avec la mise en place de la réforme du collège…
… Certes, nous sommes ravis que des recteurs décident de valoriser l'allemand dans leur académie, mais les écarts vont se creuser entre les établissements, d'un région à l'autre. Un comble pour une réforme qui se voulait d'inspiration égalitaire!" …



... il est écrit aussi: "...les raisons de la résistance sensible de certains au numérique dans la relation parents-école. Inversement, dans certaines familles, il est observé une consultation jugée excessive des notes des enfants par les parents grâce aux logiciels le permettant sur les ENT, qui provoque de l’anxiété chez les enfants et se révèle contreproductive."…
… L'ENT, parce qu'il permet aux familles d'accéder à des informations variées sur ce qui se passe dans l'établissement, ouvre un droit de regard sur un espace qui est considéré comme devant être protégé par et pour certains. Cette crainte liée à ce que Robert Ballion appelle le "consumérisme scolaire" se comprend dans certains cas. Il y a dans tous les établissements des familles intrusives, qui parfois outrepassent certaines limites… 
… le cobalt, un minerai qui est aussi un composant essentiel des batteries rechargeables de type lithium-ion, lesquelles alimentent nos téléphones portables, tablettes, appareils photos......

… une grande partie de ce précieux minerai est extrait des mines de la République démocratique du Congo. Et de nombreux enfants sont exploités par des compagnies chinoises très proches des gouvernements chinois et congolais pour remonter le cobalt à la surface…
… En 2012, l'Unicef avait affirmé que 40.000 enfants travaillaient dans les mines de la région du Katanga, dont la majorité dans l'industrie du cobalt…

[ VOILA POURQUOI ON MEURTRapport Amnesty – janvier 2016 – pdf ]


Chassez l'excellence, elle revient au grand galop. Flash-back : mai 2012, la gauche fraîchement de retour au pouvoir entreprend de «nettoyer» dix années de politiques éducatives de droite. Parmi ses premières cibles symboliques, les internats d'excellence, alors récemment lancés…
… le retour de «l'excellence» dans le vocabulaire gouvernemental induit bien une rupture, au moins symbolique, avec le dogme égalitaire : ici comme sur tant d'autres sujets actuellement, les marqueurs idéologiques entre droite et gauche tendent à s'estomper au profit de la première.

On peut évidemment se désoler que ce marché soit si juteux: que l’école ne suffise pas et que les plus aisés puissent ajouter à l'avantage culturel, l'avantage économique. Mais ni l’Éducation nationale ni ses enseignants ne semblent être en mesure de réagir face à ces abus…
«Les mamans [sic] que j’ai au téléphone demandent parfois des cours dans trop de disciplines, nous sommes obligé de les réfréner. Et, pour certains élèves, c’est davantage un luxe qu’une nécessité.»
Des étudiants brillants mais modestes, qui ont besoin d’argent pour financer leurs études, vont aider les élèves dont les parents, peu regardant à la dépense, font tout pour prendre un avantage scolaire grâce aux moyens financiers dont dispose leur famille. Triste ironie de notre «méritocratie scolaire», favorisée par l'ubérisation de l'économie.

... On pourra toutefois observer que la difficulté scolaire, faible ou importante est donc considérée, dès l’entrée en sixième, comme une fatalité déterminante pesant sur le projet scolaire, oblitérant dès la sixième l’avenir de l’élève aux yeux de sa famille.
Il est en revanche frappant de constater que «la situation la plus fréquente– souhait en 2008 et en 2011 que l’enfant prépare un baccalauréat GT – est partagée par les trois quarts des familles de professions libérales et les deux tiers de celles d’enseignants et de cadres, mais seulement une famille d’ouvriers qualifiés sur quatre et une famille d’ouvriers non qualifiés et d’inactifs sur cinq (…) En 2011, une orientation dans l’enseignement professionnel est retenue, toutes situations de départ confondues, par seulement 6 % des parents exerçant une profession libérale et 9 % des cadres, alors qu’un tel choix s’observe parmi plus de 50 % des familles d’ouvriers non qualifiés et d’inactifs»...

[ Évaluation et statistiques : Seule une famille sur deux a décidé du projet scolaire de son enfant dès la sixième - Note d'information - N° 01 - janvier 2016 ]

Priorité au primaire "diluée", nouveaux programmes scolaires en retard, création d'une formation des profs à la peine: un rapport au Parlement pointe mercredi une mise en oeuvre "difficile" de la loi de refondation de l'école de 2013…
… Le débat public s'est focalisé sur la réforme des rythmes scolaires, qui ne faisait pas partie de la loi. "D'où un sentiment important de déception et des attentes encore très fortes", souligne le texte…
… Le rapport pointe aussi "des positionnements concurrents" entre le CSP, l'administration centrale du ministère et l'Inspection.
Concernant le Conseil national d'évaluation du système scolaire (Cnesco), le rapport estime qu'il traite "de sujets d'actualité et de thèmes de recherche le plus souvent en dehors de (sa) mission".
… Dans la loi de refondation, figurait aussi comme principe fondateur: «la coéducation», «l’effort devant toucher les parents les plus éloignés de l’école». Ça, c’était l’objectif… Car dans les faits, «malgré un effort réel de l’institution, la mise en œuvre de la coéducation se révèle inégale, les parents demeurant les fantômes de l’institution», tacle le comité de suivi. Là encore, même conseil: «cla-ri-fier» les rôles de chacun.

Rapport du comité de suivi :
 
… demandons-nous aujourd’hui quelle société on produit avec des générations d’élèves si étroitement surveillés? Des gamins qui inventent des systèmes de mouchards et que la presse applaudit parce qu’ils vont s’enrichir et qu’Apple s’y intéresse? Des êtres qui ne peuvent plus faire un pas de côté sans que 150 personnes ne soient prévenues? Des gamins qui pensent que la surveillance n’est pas un problème tant qu’on n’a rien à se reprocher et surtout qu’elle nous protège.
Milad Doueihi, historien des internets, me confiait quelle était sa conviction profonde sur le sujet:
«Il faut abandonner l’idée qu’il y aurait une négociation délibérative entre avantages (sécurité) et inconvénients (surveillance), c’est un piège absolu.»

«Sur la COP21, l’avenir dira si c’est le début d’une extraordinaire ambition ou la fin d’une ultime mystification»… Nous n’avons pas encore mis en cause le modèle économique qui est à l’origine de la crise climatique à laquelle nous sommes confrontés.
Il reste beaucoup de chemin à faire pour entrer véritablement dans l’ère postcarbone.
Nous ne sommes pas sortis d’un modèle capitaliste qui crée la rareté, qui épuise les ressources.
Les dirigeants font mine de ne pas comprendre, par exemple que le traité Tafta [traité de libre échange entre les Etats-Unis et l’Europe] est incompatible avec les régulations qu’il va falloir mettre en place pour tenir nos engagements climatiques…

… A l’aune de l’examen de l’application de la Convention internationale des droits de l’enfant, si chacun livre sa vision et son analyse de la mesure de son effectivité, tous parviennent à un constat critique : reconnaître des droits ne suffit pas. Un long chemin reste à parcourir, celui de l’effectivité des droits". Avec "Les enfants peuvent bien attendre", l'Unicef jette un pavé dans la mare au moment la France va être auditionnée par l'ONU sur le respect des droits des enfants.

Malgré la volonté perceptible et probablement sincère de progresser, énoncée par la secrétaire d’Etat chargée de la Famille, de l’Enfance, des Personnes âgées et de l’Autonomie, et malgré une préparation interministérielle de l’audition, à son initiative, plus sérieuse par rapport aux fois précédentes, les réponses de nombreux ministères pendant l’audition ont encore principalement montré :
• Une approche théorique, «sur le papier» des droits de l’enfant, se référant à l’état du droit interne, aux textes définissant les politiques ministérielles, voire à des projets non encore vraiment décidés ou dont on ne sait pas même s’ils vont se concrétiser (comme la réforme de la justice pénale applicable aux mineurs ou les 60 000 postes supplémentaires dans l’Ecole à l’horizon 2017),
• Et faisant apparaître la plupart du temps un décalage important, avec ce que les ONG constatent sur le terrain en termes de respect EFFECTIF des droits dans la vie quotidienne des enfants, notamment pour les plus vulnérables. Les réponses des administrations ont ainsi pu être ressenties parfois comme d’un «insolent détachement» devant des situations pourtant indignes.

[ Dernières remarques du collectif AEDE suite à l’audition de la France les 13 et 14 janvier 2016, en vue d’une transmission aux membres du Comité pour la rédaction des observations et recommandations finales. ]
 

Après avoir pendant 4 ans, hésité, décidé que non, puis que oui, s’être perdue dans des débats interministériels et parlementaires pour en minimiser les effets, la France vient enfin de décider de ratifier de la façon la plus claire qui soit, sans aucune réserve ni déclaration venant en amoindrir la portée, le troisième protocole additionnel à la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant. Ce protocole entrera donc en vigueur en France le 7 avril 2016…


Laisser les parents libres de décider de l'orientation de leur enfant à la fin de la troisième est-il une bonne chose ? Après un premier rapport d'étape déjà fort critique en décembre 2014, le rapport de suivi de l'Inspection générale, dirigé par Aziz Jellab, publié le 10 janvier tranche négativement. "Le libre choix sans accompagnement et sans évolution dans les pratiques, notamment pour ce qui est de la liaison collège - lycée, risque de porter préjudice aux élèves moyens ou fragiles scolairement et de créer de la déception chez les parents". Un bilan sans appel qui va peser sur la survie de l'expérimentation

[ Suivi de l’expérimentation du choix donné à la famille dans la décision d’orientation au collège - Rapport 2014-2015]


… voici une liste succincte des produits absolument pas indispensables même si les marques font tout pour convaincre les parents que s'ils ne les achètent pas, leur enfant sera en moins bonne santé, moins en sécurité et plus con que les autres…
… L'autre problème, c'est que «Montessori» n'est pas une marque déposée et que n'importe qui peut s'en réclamer. Et c'est exactement ce qui se passe…
… Que dire également de la pelle et la balayette Montessori, vendus 11,90 euros dont Nature et Découvertes dont il est dit qu'ils permettent des «manipulations idéales pour développer la motricité de l'enfant»
… Mais comme en matière de puériculture, le pire est toujours possible, vous pouvez aussi découvrir ici, le protège-pipi ou bloque-tétines. Et tant d'autres façons de prendre les parents pour des veaux.

«un programme de cadets de la défense pour les 12-18 ans».Il s’agirait d’élargir une structure, créée en 2008, et qui regroupe aujourd’hui 300 jeunes de 14 à 18 ans – activités diverses le mercredi après-midi, camps d’été, participation aux cérémonies patriotiques, le tout sous encadrement militaire -  pour en toucher si possible 100 000, avec un âge d’entrée abaissé à 12 ans. Si, du moins pour l’instant, les deux parlementaires n’envisagent pas la généralisation du système à l’ensemble de la classe d’âge, ce n’est pas qu’ils soient retenus par un scrupule pacifiste …

Bien malin pourtant qui saurait prévoir l'issue du bras de fer. Car ni l'Éducation nationale ni l'intersyndicale ne peuvent, à ce jour, pavoiser.
La première est prise au piège d'une réforme qu'elle a voulu globale afin de rompre avec des années de mesures ciblées qui, faute d'embrasser la problématique dans son entier, échouaient à modifier en profondeur le fonctionnement du système. D'où l'idée d'attaquer tous azimuts …
… Douze années ont-elles suffi à cautériser les plaies et à réinventer des modalités de lutte susceptibles de faire plier un gouvernement ? Rien n'est moins sûr – la droite en profita largement, entre 2007 et 2012 : la suppression de dizaines de milliers de postes …

…  si chacune des fédérations martèle son indépendance, elle n'hésite pas à émettre le doute sur celle de sa «concurrente»
… Mais ces représentants sont-ils aussi indépendants et apolitiques qu'ils le prétendent? Pour les responsables de la PEEP et de la FCPE, il n'y a pas de doute: ces associations sont beaucoup plus politisées que leurs fédérations. Cela ressort parfois dans leur profession de foi, relève la vice-présidente de la FCPE Paris: «Ils vont défendre la conservation des filières d'élite, vont affirmer que l'arrivée de la mixité sociale a engendré des problèmes sécuritaires...» Ou vont prendre position sur les menus de substitution à la cantine, ou sur le genre…
… Toute vision de l'école, quelle qu'elle soit, porte des valeurs, qui sont nécessairement politisées, au sens générique du terme…

…Il est certes possible que 2150 assistants d’éducation puissent être recrutés à compter du 1er janvier 2016 dans les établissements de l’éducation prioritaire, mais une partie d’entre eux prendront la place d’autres assistants d’éducation en fin de contrat et une autre partie d’entre eux ne seront pas recrutés pour un temps plein, ce qui est fréquent.
On a affaire là à une belle entourloupe, pour ne pas parler d’une belle malhonnêteté.
 Et les 60 000 postes dans tout ça.
Si on ne s’intéresse qu’aux vrais postes, nous serons à la rentrée prochaine à un peu moins de 45000. (44867). Il en faudrait 15 000 au budget 2017, pour que l’engagement présidentiel soit tenu ! Les aurons-nous et combien d’entre eux seront de vrais postes ?

"Ces comportements sont choquants", affirme la rectrice. "En tant que fonctionnaires de l'Etat ils doivent mettre en oeuvre cette réforme". La rectrice fournit un argumentaire aux chefs d'établissement pour prévenir cette opposition.
Et elle termine en demandant aux chefs d'établissement de "signaler les personnels qui entravent délibérément le bon déroulement des journées de formation". A ceux là elle promet "une lettre de remarque qui sera versée à leur dossier".

Ces 4,5 millions de jeunes "Tanguy" ont en majorité entre 18 à 24 ans. Mais 1,3 million d'entre eux (29%) ont plus de 25 ans. 480 000 ont même plus de 35 ans. Parmi l'ensemble des jeunes hébergés, 44% sont élèves, étudiants ou en stage ou formation non rémunérés. Mais 32% d'entre eux ont un emploi ou sont en apprentissage rémunéré. Chez les 25-34 ans, la proportion de ceux qui gagnent de l'argent passe à 55%. 18% sont au chômage…

quatre élèves sur dix – principalement des garçons – jouent à un jeu d'asphyxie à la récréation en primaire. Trois joueurs sur dix affirment même avoir commencé à "jouer" dès la maternelle à se couper la respiration, ou à s'étrangler avec une écharpe. Tout aussi inquiétant, plus de 70 % des élèves connaissent ces jeux. Des statistiques d'autant plus surprenantes que, toujours selon cette étude, près de la moitié des enfants savent que ces "jeux" sont dangereux…
75 enfants sont morts depuis 1999 en s'adonnant à cette activité. Mais ces chiffres reflètent cependant mal la réalité …

«A l’époque, les regards s’étaient tournés vers l’école, souvenez-vous». De nombreux citoyens s’étaient alors proposés bénévolement. «Une dynamique spontanée», qu’elle décide d’institutionnaliser en «réserve citoyenne» : un vivier de bénévoles pour parler «engagement, solidarité, laïcité…»
… Les rangs se vident dans le brouhaha général. Le recteur et ses acolytes restent bouche bée.

… C’est effectivement une solution toute simple au chômage des jeunes les faire travailler sans les payer – avec, en sus, une période d’encasernement obligatoire pour les enfants des milieux modestes : dans la guerre au terrorisme, le «choc républicain» prend décidément des allures de guerre à tout autre chose…
… un «service national républicain» qui concernerait tous les jeunes de 16 à 25 ans. Tous les jeunes ? Pas tout à fait, puisque la proposition envisageait d’en dispenser les jeunes disposant des moyens d’acquitter l’amende de 15 000 euros prévue pour les réfractaires…
… Ces derniers jours, la presse relayait en l’amplifiant, en s’en délectant, cette information selon laquelle les bureaux de recrutement militaire auraient été submergés d’une vague de demandes d’engagement…
… Aux plus jeunes, visés par une propagande irresponsable à laquelle une certaine éducation à la défense n’est pas étrangère, les éducateurs devraient quand même rappeler qu’une centaine de leurs anciens élèves, ont trouvé la mort ces dernières années en Afghanistan. Morts pour rien, trompés par des dirigeants politiques qui confondent l’intérêt général avec leur petite carrière politique et les gros profits des industriels de l’armement…

… Plusieurs de ces professeurs ont raconté leur passage devant la commission. Ils ont dit comme il leur avait semblé que les questions allaient toutes dans le même sens, que tout se passait à charge, leurs réponses étaient à peine écoutées, fréquemment coupées, l’affaire était entendue, jouée d’avance, les audiences se déroulaient dans une atmosphère d’inquisition
…Ecoute, respect, argumentation, échange, débat, voilà ce qu’on tente d’apprendre à nos élèves, et pas seulement en «instruction civique», devenue «éducation morale et civique» depuis janvier, mais en toute occasion. En sortant de l’école, ce sont ces mêmes élèves qui ont pu voir, chez eux ce mardi, comment les plus hauts représentants élus de la France s’arrangent de ces notions, eux qui ne se sont pas gênés pour faire la leçon à l’école depuis janvier…

La guerre est économique, c’est la leur, et elle fait des victimes, dont moi, qui ne dors plus la nuit, non pas à cause des terroristes, mais à cause de l’absence d’avenir de mes enfants…
… La disruption est un phénomène d’accélération de l’innovation qui est à la base de la stratégie développée dans la Silicon Valley : il s’agit d’aller plus vite que les sociétés pour leur imposer des modèles qui détruisent les structures sociales et rendent la puissance publique impuissante. C’est une stratégie de tétanisation de l’adversaire…
… étendre leur écosystème et intensifier la colonisation de l’Europe : faire exploser les transports, l’immobilier, l’éducation, toutes les filières, via de nouveaux modèles type Uber. Or cette pratique disruptive détruit les équilibres sociaux – ce que [le philosophe allemand] Theodor W. Adorno anticipait en parlant dès 1944 de «nouvelle forme de barbarie» à propos des industries culturelles…
… Lançons une nouvelle politique européenne plutôt que de nous aligner sur un modèle américain disruptif qui est suicidaire…

contrairement aux idées reçues, la France est la championne des fondamentaux. En moyenne dans l’OCDE, on consacre 37% du temps scolaire à la langue et aux maths en primaire. En France, c’est 58% du temps qui y est consacré, tous les autres pays y consacrent moins de la moitié du temps de classe (à part le Mexique, 55%). Le temps dévolu au français représente 37% du total, aucun pays n’accorde plus de place à la langue (22% dans l’OCDE, 24% en Finlande, le modèle). Le temps consacré aux maths représente 22% en France, nettement plus que la moyenne (15% dans l’OCDE, 16% en Finlande, le modèle), seul le Portugal fait mieux (27%).
Voilà qui clôt le faux débat sur le «retour aux fondamentaux»

      [ la note de l’OCDE pour la France ]

L’asphyxie financière de l’école, de l’Université, de la recherche publique, et le poujadisme anti-intellectuel dont a fait preuve à leur encontre la droite oublieuse que la République dont elle se gargarise avait été celle des professeurs et des instituteurs, à la fin du 19e siècle, nous a privés des moyens de comprendre ce qui est en train de nous arriver…
L’alternative est claire



Il est question d’investissement, de marchés émergents, de retour sur investissement, d’évaluation et d’impact éducatif. Les entreprises, les fondations et les fonds d’investissement (Ernst et Young, linkedin, HSBC, twitter…) sont très bien représentés et le sujet de la privatisation de l’éducation n’est même pas une question: c’est un pré-requis.
Cursus, compétences et privatisation
Lors de la conférence d’ouverture la question est directement posée par une représentante de la branche education d’Ernst et Young: «Ne faut-il pas confier l’enseignement primaire aux entreprises?» Sur scène, les intervenants ne cillent pas…
… Ce sommet dit deux choses au fond, sur lesquelles on ne peut fermer les yeux: l’éducation est un business pour une bonne moitié du globe, l’éducation est un outil politique ultra-puissant. Si puissant que le Qatar en a fait l’arme de son «softpower».

le moins qu’on puisse dire, c’est que le Qatar n’est pas un exemple de démocratie ni d’égalité des sexes. Le Wise est d’ailleurs un événement vivement critiqué pour cela.
Et donc? Que faut-il dire? Y faire? Y aller ou non? Cette année, j’ai dit oui. Je suis invitée ici (avion et hôtel) et coincée dans le fauteuil d’un centre de conférence ultra climatisé…
Quand l’éducation devient un grand business mondialisé. Et c’est plutôt à cette réalité que les belles valeurs rappelées ici servent de paravent.


"LES-DROITS-DE"

c’était la journée de lutte contre le harcèlement à l’école. Parmi les outils mis en place par le ministère, un clip a défrayé la chronique …
… Je sais que beaucoup de collègues ont hurlé en voyant les images, moi, j’ai bien rigolé ! Pour tout dire, j’ai une théorie : ceci n’est pas une enseignante. En tout cas, pas une instit. Voici quelques arguments, et autant d’hypothèses sur la véritable profession de la dame.
- son ton, sec, détaché, quasiment administratif : on ne parle pas comme ça à des enfants de 8-9 ans => elle était guichetière à Pôle Emploi il y a peu ;
- son écriture, presque illisible pour un enfant : aucun instit parmi les dizaines que j’ai rencontrés n’écrit de manière aussi dégueulasse (pas même moi, qui ai une sale écriture) => elle est médecin généraliste …



La France va être auditionnée en janvier prochain par le Comité des droits de l’enfant: le fait de ratifier le 3è protocole avec les déclarations proposées dans l’étude d’impact du projet de loi aurait immanquablement un effet désastreux et notre pays, après avoir traîné 3 ans pour se décider à ratifier, se discréditerait gravement aux yeux de la communauté internationale …
[ « Ratifier le 3è protocole sur les droits de l’enfant : OUI, mais sans restriction ! » - communiqué DEI France 6 oct. 2015 – pdf ]

… Dès lors que la France émet des déclarations et réserves - alors qu’aucun autre pays ayant ratifié le protocole à ce jour n’a pris cette liberté - tous les Etats qui n’ont pas encore ratifié la Convention pourront s’appuyer sur l’exemple français pour adopter leurs propres règles interprétatives. Cela contribuera à faire de ce protocole, et par conséquent de la Convention elle-même, un texte vidé de sa substance


… Madame la ministre, vous nous devez ce geste de reconnaissance pour l’action salutaire que nous avons menée en défense de l’école de la République.
Nous sommes d’autant plus enclins à effectuer cette requête que tous les dispositifs pédagogiques que nous avions contestés et que nous avions refusés ouvertement d’appliquer, ont été abrogés par Vincent Peillon dans le cadre de la refondation de l’école…
En commençant par annuler des sanctions injustes et disproportionnées infligées à des enseignants réellement engagés pour la réussite de leurs élèves, vous enverriez, sur toutes ces questions, un signal qui, dans la morosité ambiante, pourrait être perçu comme une petite lueur d’espérance
Offres d’emploi
Concepteur-linguiste
«Le secteur est toujours à la recherche de plumes capables de formaliser et conceptualiser les nouvelles tendances», explique Edmond Driant, conseiller artistique à pôle emploi. Le monde de l’art est friand de «terminologies un peu abstraites, d’oxymores spécieux. Une seule règle: le concept doit être incompréhensible par le grand public. Les profils avec double formation en linguistique et sémiologie sont très recherchés. Avoir travaillé dans les services centraux du ministère de l’Education nationale constitue un plus. Comme job d’appoint, on peut aussi écrire des étiquettes dans les musées.» 
La-Réforme-De-La-Refondation-De-La-Continuité-Dans-Le-Changement

(et réciproquement)

La situation est très contrastée aujourd'hui : 700 établissements accueillent plus de 42% d'élèves d'origine très favorisés (enfants de chefs d'entreprise, d'enseignants) et à l'autre bout de l'échelle, 700 établissements en accueillent moins de 6%. C'est l'éternel écart entre collège de centre-ville, et le collège de cité…
… les "instances locales de pilotage" se chargeront de répartir les élèves de façon équilibrée entre les différents établissements, en fonction de critères objectifs qui auront été décidées en accord avec les familles. En clair, sous couvert d'offrir plus de choix aux parents, on va probablement envoyer leur enfant dans un autre collège que celui de leur premier vœu.
Pourquoi l'accepteraient-ils ?..
Au pire, ils pourront toujours se tourner vers le privé, qui échappe à la sectorisation. Mais lui aussi va devoir faire un effort de mixité. Najat Vallaud-Belkacem entend bien qu'il s'engage à accueillir davantage d'élèves défavorisés. C'est désormais à cette seule condition qu'il pourra bénéficier de moyens supplémentaires.
Devinette: quel est le point commun entre l'enseignement professionnel, les formations en apprentissage et la mixité sociale dans les établissements scolaires? Réponse: tout le monde trouve ça formidable, mais seulement pour les enfants des autres…
Rendez-vous dans un an pour savoir si cet appel à l'esprit citoyen des parents a porté ses fruits. Ou simplement contribuer, dans les territoires-tests, à faire gonfler les rangs du privé.

Pour la ministre, il y a «urgence à agir». «La mixité ne fait pas de perdants, a-t-elle assuré lundi. Les élèves en difficulté sont tirés vers le haut, et les autres ne sont pas pénalisés. De plus, dans notre société où le repli sur soi progresse, il n’est pas question de reculer sur l’apprentissage de la citoyenneté et du vivre ensemble.»Il aura tout de même fallu attendre trois ans pour que la gauche, qui a affiché comme priorité la lutte contre les inégalités à l’école, s’empare du sujet «mixité».

les "mesures pour renforcer la mixité sociale au collège" présentées par N. Vallaud-Belkacem, F. Robine, directrice de la Dgesco, et C. Moisan, directrice de la Depp, le 9 novembre restent minces.
Quatre ans après l’arrivée au pouvoir de François Hollande, pour lutter contre la ségrégation scolaire, le ministère lance une simple expérimentation sur une base peu convaincante…
… Mais, en réalité, le projet ne concerne qu'un secteur par département avec en moyenne deux collèges par secteur. Au total c'est donc 37 collèges, peut-être 40 demain. Avec un effectif moyen de 337 élèves par collège en France, les nouvelles mesures ne concerneront que 12 à 15000 élèves sur les 2,6 millions de collégiens. Soit 0,5% des collégiens.
C'est la taille d'une expérimentation pas d'un plan pour sauver les valeurs de la République...

Les statistiques concernant la réussite scolaire montrent que celle-ci est corrélée au milieu social et à la profession des parents (oui, les enfants d’enseignants réussissent statistiquement bien à l’école) et, adossée à cette réalité, s’est peu à peu construite l’idée que la réussite est l’œuvre d’une coéducation qui ne dit pas son nom dans laquelle les familles assurent une partie du travail scolaire ou le délèguent quand elles le peuvent: la France est le premier consommateur de cours particuliers payants au sein de l’Europe.
L’école française fait globalement réussir les enfants de ceux qui les feraient réussir de toute façon

Sur le papier, personne n'est contre la mixité sociale. Mais qui va jusqu'à inscrire son enfant dans un établissement réputé «mauvais» pour jouer le jeu d'une carte scolaire contournée par tant d'autres ?
Le résultat collectif des stratégies individuelles est désastreux. Actuellement, un collégien sur dix étudie dans un établissement sans mixité, où plus de 63 % des élèves sont des enfants très défavorisés, fils et filles d'ouvriers, de chômeurs ou d'inactifs…

En réalité, l’expérimentation ne concernera pas l’intégralité de ces (17) départements mais des «territoires» comprenant un petit nombre de collèges dans un périmètre pas trop grand, avec des écarts significatifs dans la composition sociale des établissements.
Au final, cette expérimentation devrait toucher «entre 30 et 50 collèges» sur 7100

«Réforme du collège : il ne reste plus qu'à convaincre». Il ne s'agit sans doute pas au premier chef d'un ''déficit de pédagogie'', mais avant tout d'un manque (historique) d'éclaircissement sur ce que peut signifier «démocratisation»…
Où en est-on actuellement ? Eh bien, dans une certaine confusion persistante. De Pierre Laurent à Nicolas Sarkozy (en passant notamment par Jean-Luc Mélenchon et François Bayrou ou bien d'autres) on se trouve (au moins en paroles) peu ou prou dans la mouvance ''radicale-socialiste'' de l'entre-deux-guerres (celle d'une conception ''individualiste'' de la démocratisation). A certains égards, ils sont tous (et nous sommes tous) désormais plus ou moins ''radicaux-socialistes'' (de l'entre-deux-guerres...) en matière de «démocratisation».
La version ''individualiste'' de la «démocratisation» est toujours celle qui domine ou que l'on a beaucoup de mal à surmonter dans les conceptions et les choix.


 

«Cette réforme, j’ai envie d’y croire. Mais comment va-t-elle pouvoir se mettre en place dans les collèges où une majorité de professeurs sont dubitatifs, voire hostiles ? Le risque, dans ces établissements, c’est qu’on en vienne soit à faire porter la réforme sur quelques volontaires, soit à réinventer l’existant. Dans les deux cas, ce serait un échec.» Une façon de rappeler que cette réforme, pédagogique par nature, ne se fera pas sans les enseignants.

Je me fais guère d'illusions sur ce qui va suivre. Je m'inquiète au regard des évolutions politiques possibles de la montée des discriminations et de ses effets sur le climat scolaire. On risque de se heurter à des difficultés. On parle beaucoup de transmission des valeurs républicaines. Mais ce n'est pas la transmission qu'il faut faire avancer mais la concrétisation. Or le climat scolaire dépend de la démocratie à l'école et aussi de la démocratie dans la société…
« …Il s'agit de faire en sorte que l'établissement soit la maison des élèves. Je témoigne que la plupart des établissements proposent (...) des toilettes non entretenues, non surveillées, manquant de papier hygiénique, de savon, de sèches-mains. C'est un scandale ; la plupart des adultes n'admettraient pas que leur entreprise leur propose de tels "lieux d'aisance". D'aisance.
Que la cour soit suffisamment grande et équipée : que les élèves puissent s'y défouler, s'y asseoir et bavarder entre eux… »

On dit des enfants de professeurs qu’ils sont toujours des premiers de classe. Et de fait, de nombreuses données mettent en évidence leur réussite scolaire, supérieure à celle de tous les autres…
Les raisons de cet avantage ont déjà été explorées. La sociologie a mis en évidence le capital scolaire, économique et social des enseignants, la proximité culturelle de la sphère familiale avec l’école, leur connaissance du système qui leur permet de trouver la bonne information, choisir la bonne option, éviter la mauvaise classe…

s'il est vrai que les élèves faibles, moyens et bons ne sont pas pénalisés par un environnement hétérogène, c'est faux pour les élèves les meilleurs, dont les progrès sont ralentis. Leurs parents l'accepteront-ils au nom d'une idée : les vertus de la mixité scolaire et sociale ? Rien n'est moins sûr.
Le second obstacle est encore plus complexe à surmonter car il relève généralement du non-dit ou de l'implicite : nombre de parents sont en quête, pour leurs enfants, d'un certain «entre soi». Pour le dire simplement : ils veulent éviter les «mauvaises fréquentations» à leurs enfants et, sachant les mécanismes d'influence qui s'exercent à l'adolescence, ils n'ont pas forcément tort. Or, là aussi, la notion de «mauvaise fréquentation» est extrêmement extensible – elle ne concerne pas seulement les milieux les plus favorisés.
«Un vivier nouveau pour les écoles privées hors contrat, en pleine croissance depuis le début des années 2010»
Tout est en place, en somme, pour que le premier réflexe de nombre de familles …

… Ce parti pris commode et réducteur condamne les élèves à n’être que racontés, «parlés», devenant objets et non plus sujets pensants et agissants. «Je connais mes élèves, je sais ce qu’ils pensent» dit même l’un des intervenants. Mais n’est-ce pas faire preuve d’une certaine présomption que de prétendre savoir ce que pense un adolescent que l’on ne côtoie que quelques heures par semaine, qui plus est en tant que figure d’autorité ?..
… «En fait, [les jeunes] n’existent pas. Ils sont des chiffres, des créatures de papier, des cauchemars […] Leur vérité tient tout entière dans le cliché philanthropique ou le bavardage des médias». «Ils», «eux», sont continuellement ramenés par le film à une identité culturelle ou religieuse : «ils» sont majoritairement issus «de forte immigration d’origine maghrébine et africaine», «de familles arabes», «musulmans», «d’Afrique du nord».




 
 
 

Les firmes de high-tech de la Silicon Valley et même celles de capital-risque n’auraient jamais existé sans les programmes technologiques de l’armée américaine ; la plupart des innovations dans les technologies dites «génériques» (avec un large domaine d’application et conduisant au développement de techniques et innovations associées) ont été financées sur fonds publics ; la biotechnologie n’existerait pas sans les recherches universitaires publiques, etc. C’est le grand mérite de l’économiste italienne Mariana Mazzucato d’avoir mis en évidence le fait que toutes les technologies rendant le smartphone «smart» ont vu le jour grâce à la recherche publique.
Dans ces conditions, pourquoi les profits tirés des innovations devraient-ils être concentrés entre les mains d’un nombre restreint d’acteurs privés (qui au surplus excellent à échapper à l’impôt) ?..
( L’innovation ne justifie pas les inégalités )



faire de l’État non plus un recours, une «solution», mais un «problème». Tant Reagan que Thatcher s’attachèrent à réorganiser ainsi la base idéologique de leurs pays.
Toujours très gramsciens, les néolibéraux savaient que l’instauration de leur «bloc historique» n’aurait pas été possible sans l’appui de groupes initialement non acquis à leur cause…

On est dans une grave crise de la puissance politique. Le politique n’a plus d’action, ou, pour être plus précis, les structures politiques ont de moins en moins d’efficience sur les choses. Cela crée une peur panique dans la vie des gens. On le voit à travers l’abstention, le vote des extrêmes, une souffrance sociale qui s’accumule. Jusqu’où ? On se dit chaque jour que cela va s’arrêter, or ça continue de plus belle, dans un état de délitement général. Il y a des appels d’air de partout, mais il n’y a rien qui unifie…



"La-Carte-Scolaire" : à la carte
… Au pays de la méritocratie républicaine, la promesse égalitaire de l'école est, chaque année, plus bafouée.
Pourtant, la lente montée du secteur privé n'y est pas pour grand-chose…
… la privatisation de la réussite scolaire doit moins au libéralisme débridé qu'à l'intensité d'une compétition scolaire qui, dans notre pays, est d'autant plus forte que le diplôme initial pèse d'un poids disproportionné sur les carrières.
Faire la morale aux parents – et aux enseignants – qui alimentent ce système ne le fera pas reculer d'un millimètre : aucun d'entre eux n'a le sentiment de faire «mal», aucun n'enfreint la loi, et bien peu renonceront à donner les meilleures chances à leurs enfants – ou à leurs élèves – au motif que cela déstabilise le bel édifice égalitaire républicain…

A maintes reprises depuis le début du quinquennat, la majorité s’est engagée à agir pour plus de mixité à l’école. C’est même écrit dans l’article 1 de la loi de refondation de l’école de Vincent Peillon : «Le service public de l’éducation veille à la mixité sociale des publics scolarisés au sein des établissements d’enseignement.» Najat Vallaud-Belkacem a réaffirmé plusieurs fois cet objectif …
Politiquement, c’est une plaque de verglas. L’approche des régionales n’arrange rien …
… Najat Vallaud-Belkacem le sait bien, la colère des parents peut être sa meilleure arme politique pour obliger les élus locaux à fléchir.

… Avant l’assouplissement de la carte scolaire en 2007, les phénomènes de ségrégation étaient déjà présents et puissants. Obliger les parents est vain, il y aura toujours des stratégies de contournement. Le défi de la mixité ne pourra s’atteindre qu’avec la volonté des parents. L’enjeu, c’est de sortir du discours moralisateur «il faut mettre son enfant dans le collège de secteur pour être un bon citoyen». Et convaincre les parents qu’ils ont individuellement un intérêt à mettre leur enfant dans le collège du quartier …
… Chaque fois que cet effort n’est pas fait et que l’on crée de la ségrégation, on fabrique une bombe à retardement pour la future société française.

Pas sûr que l'affectation autoritaire d'un enfant dans un collège éventuellement loin de chez lui sur la base de critères sociaux contribuent à endiguer cette "fuite" vers les établissements privés.
D'après la DGESCO, chaque année, 10% des entrants en 6e et en 2nde demandent à bénéficier d'une dérogation à la carte scolaire. 64% des ces demandes reçoivent une réponse favorable. Des statistiques qui ne prennent pas en compte le contournement de la carte scolaire "invisible", c'est à dire celui qui conduit les parents à choisir leur lieu d'habitation en fonction de la réputation du collège

… Mais l’Etat a beau leur promettre un accompagnement, mettre sur pied un comité scientifique pour les aider, rien ne dit que les élus vont oser s’aventurer sur ce terrain glissant. D’ailleurs, seule une «petite dizaine de départements», selon Libération – sur 101 – seraient prêts à s’engager pour la rentrée 2016. On aurait pu s’attendre à davantage, alors que les élections départementales sont désormais passées.
Reste que si leur affectation ne leur plaît pas ...

la recomposition de l'offre éducative en un schéma qui, grossièrement, laisserait à l'Etat la formation des élites et des plus fragiles, au privé sous contrat celle des classes moyennes soucieuses d'entre-soi, et drainerait un public "bobo" et solvable, attentif avant tout à l'épanouissement de l'enfant?
Cette hypothèse semble plausible
… si on la relie à la forte expansion des établissements hors contrat: 51 ouvertures en 2014, 67 déjà en 2015 selon la Fondation pour l'école, parmi lesquels "Montessori, bilingues et écoles écologiques tiennent le haut du podium". A ce rythme, leur nombre aura doublé en dix ans, pour atteindre 1500 établissements. Pas assez pour faire basculer le système. Mais …

… Les enseignants ayant participé à l’enquête Talis de l’OCDE adhèrent massivement «à une vision constructiviste de la pédagogie : ils perçoivent l’apprentissage comme un processus actif visant à favoriser une réflexion critique et autonome.» Ils sont 94% à estimer que leur rôle est d’aider les élèves à effectuer leurs propres recherches …
Mais dans leur pratique, les enseignants sont nettement moins nombreux à privilégier des voies d’enseignement actives et «déclarent avoir plus souvent recours à des pratiques pédagogiques passives»
… Parallèlement, presque symétriquement, on comprend le regain d’intérêt pour les pédagogies actives type Freinet, Montessori, etc. (trop souvent mises dans le même sac alors qu’elles fonctionnent très différemment et reposent sur des philosophies parfois éloignées les unes des autres)

«Le compte n’y est pas. Ce qui reste pour l’instant de cette priorité au primaire, c’est un beau slogan Rue de Grenelle, pas une réalité dans les écoles.»
… Seulement 2 300 postes (sur 7 000) sont créés pour les maîtres surnuméraires. Et à peine 800 postes (sur 3 000 annoncés) pour les moins de 3 ans.
Les efforts seront-ils, un jour, perceptibles sur le terrain ? Rien n’est moins sûr, car un autre facteur entre en compte : la poussée démographique …

L’enseignement en ligne ne transforme donc pas le professeur en simple tuteur ou accompagnateur, ne le dispense pas d’atteindre un haut niveau académique, ne lui évite pas d’avoir à bâtir une progression didactique adaptée au niveau de ses étudiants. Il exige en revanche un changement de posture qui fait effectivement descendre l’enseignant de son estrade pour se placer dans l’arène, aux côtés des étudiants.
Les technologies numériques ne sont pas les premières à impliquer un tel mouvement. La plupart des pédagogies non conventionnelles le font, depuis longtemps – Freinet, Montessori, Steiner, etc. Et elles sont, pour cette raison, critiquées par certains tenants des approches traditionnelles, ceux-là même que l’on retrouve aujourd’hui en première ligne pour s’opposer à l’introduction des technologies numériques dans l’éducation.
Le débat sur numérique et éducation n’est donc pas un débat sur la place de la machine par rapport à l’enseignant mais sur celle de l’enseignant par rapport à l’élève.

… Accompagnement juridique, soutien psychologique et moral, protection des dommages corporels: voici ce que prévoient les assurances "anti-menace" que les professeurs sont de plus en plus nombreux à souscrire.
Plus d'un professeur sur deux s'assure contre les agressions, insultes et autres menaces... "461 000 profs ont souscrit cette assurance si particulière"…
Les violences lourdes ont tendance à diminuer, mais ce sont bien les seules: un tiers des 9000 dossiers traités chaque année concerne des insultes ou des menaces, un autre tiers recouvre des diffamations …

Exception faite des parents qui militent pour une plus grande liberté accordée à leurs rejetons, les enfants sont aujourd'hui bien plus couvés qu'ils ne l'ont jamais été dans l'histoire. Dès lors, les enfants sont en général moins susceptibles de s'attirer des ennuis.
Mais comme le soulignait un récent article du New York Times Magazine, tout un tas de gamins adoreraient faire de la moto, crapahuter sur des falaises ou se jeter en skateboard du haut d'une rampe de 30 mètres si leurs parents les autorisaient à participer à ce genre d'activités extrêmes. Et quand des enfants sont laissés à eux-mêmes, comme le prouvent des faits-divers tragiquement familiers, ils sont tout à fait capables de prendre des risques, que ce soit en partant en rodéo avec la voiture familiale ou en décidant de jongler avec des armes à feu.

"Les-Droits-De"
«Pourquoi tu reviens encore me voir, à quoi ça sert ?»
Il dit que le 115 (le numéro du Samu social) ne répond pas.
«J’appelle tous les jours. J’attends, j’attends… Personne.
Une fois, quelqu’un a dit "Allo" et m’a demandé le nom de mes parents.
Après, il a dit qu’il n’y avait pas d’hôtel.
Après, j’ai encore rappelé. J’ai donné que mon nom à moi, Slavi,
 j’ai dit que j’avais 10 ans et que je cherchais un hôtel pour une famille. Mais j’ai pas eu d’hôtel.»
Il ne s’épanche pas, ne souhaite pas parler de l’expulsion du camp La folie. Il dit juste :
«Avant c’était pire, maintenant, c’est plus pire.»

C’est ainsi que l’État ne fait pas respecter l’obligation municipale d’inscrire les enfants roms dans les écoles.Pire : loin de poursuivre les élus récalcitrants, le parquet va jusqu’à requérir la relaxe de la maire de Sucy-en-Brie, qu’il obtient le 2 septembre 2015, en prenant son parti contre le Défenseur des droits. Or cette politique influe sur l’opinion

… La France va être auditionnée en janvier prochain par le Comité des droits de l’enfant : le fait de ratifier le 3è protocole avec les déclarations proposées dans l’étude d’impact du projet de loi aurait immanquablement un effet désastreux et notre pays, après avoir traîné 3 ans pour se décider à ratifier, se discréditerait gravement aux yeux de la communauté internationale …
[ « Ratifier le 3è protocole sur les droits de l’enfant : OUI, mais sans restriction ! » - communiqué DEI France 6 oct. 2015 – pdf ]

En 2015, l’égalité des chances dans ­les écoles de la République est-elle ­enfin un horizon atteignable?
On en est loin. On observe même un accroissement des inégalités sociales en matière de performance entre les élèves?: les plus faibles scolairement, qui sont aussi les plus désavantagés socialement, ont des résultats en baisse. En France, la position sociale des parents joue plus fortement qu’ailleurs sur l’avenir scolaire des enfants. Ce n’est pas juste, car les élèves ne choisissent ni la famille dans laquelle ils naissent ni leur école…
... Quand les inégalités et les manques s’accumulent au primaire, ils s’accentuent au collège. A ce moment de leur parcours, les élèves sont dirigés vers des établissements qui leur offrent des chances d’apprendre très inégales, alors que, parallèlement, les exigences scolaires sont plus fortes.
Agir d’abord sur le primaire est donc une question de bon sens. Dès qu’on mesure des inégalités, dès qu’il y a une difficulté, il faut s’y attaquer. Car il sera plus compliqué d’apprendre à lire à un élève de 15 ans…
C’est ainsi que l’école devient une machine à trier les élèves, certes de manière formellement équitable, formellement méritocratique, mais en s’intéressant finalement plus au classement qu’aux résultats…


En France, l’usage de la calculatrice est depuis longtemps imposé. On en exige une à l’entrée au collège.
... On en exige une autre au début de l’année de seconde, avec mille touches impressionnantes …
… Chez Texas Instruments, le but implicite est de transformer les professeurs en «évangélistes» de la marque …
… la marque nous a fait une fleur, à mes collègues et moi-même, en nous offrant à chacun la TI-83 Premium CE, moderne, rétro-éclairée, avec le mode examen intégré (d'une valeur d'environ 80 euros). Quelle consigne croyez-vous que nous avons donnée à nos élèves à la rentrée? Nous avons été faibles. En offrant à quatre enseignants leur instrument de travail, TI s’assurait de vendre tôt ou tard plus de 200 nouvelles machines dans notre seul établissement…
le même prof de maths dit se «sentir sale». «On affirme aux parents qu’il faut acheter une calculatrice, alors que je sais très bien que je peux m’en passer pour enseigner»

… Les rapporteurs encouragent le gouvernement à réformer ce niveau d’enseignement pour lequel l’Etat dépense sans compter : 26 milliards d’euros, ont-ils chiffré. Il faut moins d’heures de cours, moins d’établissements, moins d’options et simplifier le baccalauréat, conseillent-ils.
Ils ont peu de chance d’être entendus…
… la France privilégie le lycée alors que la plupart de ses voisins favorisent le primaire, là où tout se joue. Un lycéen français coûte 10 102 euros, contre 7 347 euros en moyenne dans les autres pays de l’OCDE...
Mais avant de pouvoir engager une réforme du lycée, il faudrait déjà évaluer celle conduite par Luc Chatel en 2010, dont beaucoup d’enseignants soulignent les points communs avec la réforme du collège engagée par Najat Vallaud-Belkacem : accompagnement personnalisé, autonomie accrue des établissements…

… les élèves peuvent les noter après chaque leçon,
comme le ferait un client d’Uber sur l’application
… Pour les autres, il reste l’école publique. Reste à savoir …

Dix-sept ans après, il semble clair que la meilleure arme contre le bizutage n'était pas une loi spécifique mais l'instauration d'une école plus juste, plus généreuse, plus attentive aux plus fragiles, fidèle en actes et pas seulement en paroles à ses promesses d'égalité, ainsi que la promotion d'une société moins obsédée par la compétition. Tant qu'elles n'adviendront pas, les ministres continueront à copier-coller le même communiqué à chaque rentrée, en pure perte.

Un élève sur cinq change d’établissement au cours de sa scolarité au collège.
Deux raisons essentielles motivent le changement de collège. Le déménagement de la famille en est la cause la plus courante. L’insatisfaction des familles vis-à-vis de la discipline, la sécurité ou l’aide en cas de difficultés scolaires constitue le second motif de mobilité scolaire.
Celle-ci est d’autant plus fréquente que le niveau scolaire de leur enfant était faible en sixième.
Par ailleurs, les élèves du secteur privé changent plus souvent de collège que ceux du secteur public …
[ NOTE D’INFORMATION DEPP - DIRECTION DE L’ÉVALUATION, DE LA PROSPECTIVE ET DE LA PERFORMANCE - n° 32 – Octobre 2015 ]
 

"Les-Droits-De"
J’ai un peu mal au coeur quand, pendant leurs discours de présentation, j’entends des élèves affirmer qu’ils feront tout pour organiser des voyages et des sorties de fin d’année. Dans 99,9% des cas, ces décisions-là se font sans les élèves. Les sorties de l’année (qui doivent être à but pédagogique) sont souvent déjà décidées au moment de l’élection des délégués. Elles ont été budgetisées et présentées au conseil d’administration (où siègent d’ailleurs deux délégués, qui n’ont absolument jamais la parole sauf s’ils ont le cran de la demander face à un parterre d’adultes). Faire croire aux élèves qu’ils sont décisionnaires dans ce domaine, c’est leur mentir

l’autonomie, dont l’école doit favoriser l’acquisition. Le glossaire de l’Éducation nationale rappelle que le concept «ne signifie pas “faire sa loi” mais reconnaître et vouloir ce qui peut effectivement prétendre au statut de loi, c’est-à-dire ce qui peut effectivement être voulu par tous sans contradiction»…
… Au même moment, sur les murs de la plus grande gare d’Europe, étaient placardés trois slogans: «Sème le désordre», «Gagne tout», «Impose tes règles» illustrés par les figures de trois footballeurs renommés. Les trois s’éclairent les uns les autres, et leur ordre est important. Il s’agit d’une stratégie de réussite individuelle: elle passe d’abord par le «chaos» –«Crée le chaos» recommande le site d’Adidas avec un autre slogan–, puis vient la victoire, écrasante, qui ne laisse aucun interlocuteur en mesure de dialoguer, voire d’échanger fut-ce un ballon. Enfin, le gagnant peut rafler la mise et imposer la transformation des règles du jeu, sans voir l’ombre d’un arbitre auquel il faudrait rendre des comptes. ..

On est loin des ambitions portées à la naissance, en 2013, de la Semaine de l'engagement lycéen. Pour G Pau-Langevin, alors ministre déléguée à la réussite éducative,  la vie lycéenne devait être un outil de transformation en profondeur des lycées….
… La démocratie lycéenne est à bout de souffle dix ans après son existence : les élus lycéens sont déçus du manque de légitimité et de crédibilité qui leur est accordé. S’il est vrai que les générations passent, la déception et la désillusion liées à ce que certains surnomment une «mascarade» restent bien trop présentes".
Depuis janvier 2015, la citoyenneté est portée dans les lycées par un enseignement moral. Les lycées doivent détecter les jeunes "en voie de radicalisation". Bref, la citoyenneté ça vient d'en haut

une vision de l'école comme gare de triage. Réputée infaillible, la note apparaît ici comme une façon d'aider chacun à se situer par rapport aux autres plutôt que par rapport aux savoirs: c'est la note des concours et des classements, celle qui prétend objectiver de futures hiérarchies sociales et professionnelles. Reposant - nous l'avons vu - sur une fiction au plan scientifique, elle relève de la pure convention: pour quelques points, parfois quelques dixièmes de points, élèves et étudiants acceptent de s'en remettre au jugement des enseignants pour décider de leur avenir.
Supprimer les notes n'aurait guère de sens, et il faut croire Najat Vallaud-Belkacem quand elle affirme que telle n'est pas son intention. Dire à quoi elles servent en aurait un, celui de signifier si l'école est d'abord là pour former ou pour trier.

Il existe, en France, une école attentive à enseigner les fondamentaux de la langue et du calcul, à initier aux vertus de la coopération et du travail en équipe, à s’appuyer sur la dynamique naturelle du jeu et de la curiosité pour faciliter les apprentissages…
… Cette école, chaque élève – ou ancien élève - la connaît : c’est l’école maternelle…
… Si, pour une fois, au lieu de lorgner sur le niveau à venir, le collège et le lycée s’inspiraient un peu de ceux qui précèdent, la continuité pédagogique et la réussite des élèves y gagneraient.

"La-Réforme"
… Ces huit modules EPI (développement durable, citoyenneté, langues et cultures de l’Antiquité, etc.) censés, à partir dès la 5e et à raison de une à trois heures par semaine, croiser les disciplines tout en privilégiant la pédagogie par projets sont destinés à lutter contre «l’ennui» des élèves en classe, selon les propos de la ministre …
De «potion magique» il n’est pourtant pas question. D’abord parce que les effets de l’interdisciplinarité sur l’attention et les performances scolaires des élèves restent encore à prouver. Les EPI sont effectivement inspirés d’expérimentations «qui fonctionnent» sur le terrain, selon les termes du ministère. Mais aucune étude scientifique récente ne vient appuyer cette généralisation souhaitée par le ministère


... Riches et puissants, les dirigeants et les cadres de ces entreprises qui dessinent notre avenir numérique ne connaissent pas la crise. Pire, ils la créent indirectement. La haute technologie faisant la fortune de San Francisco, les prix du marché de l’immobilier ont explosé. Dorénavant, il faut compter 8 500 euros par mois pour se loger dans un trois-pièces. Un chiffre qui n’est pas sans conséquence. Les ménages les plus pauvres sont expulsés et peinent à trouver un autre logement. En deux ans, le nombre de personnes sans domicile fixe a grimpé de 25 %. ..
… A ce phénomène de gentrification s’ajoute celui de la privatisation de services publics par ces colosses. De quoi- jeter davantage encore d’huile sur le feu. Sans compter que certaines de ces entreprises ont réussi à être exemptées de tout impôt sur leurs bénéfices. Sans avoir à redistribuer les richesses, elles ont de quoi… croquer la pomme à pleines dents.

… Axelle Lemaire, secrétaire d’Etat chargée du Numérique et porteuse du projet de loi, affirme vouloir ainsi «libérer les start-up», soit mobiliser les services de l’Etat afin de faciliter le développement de systèmes et d’applications marchands nourris par la mémorisation de nos gestes collectifs de tous ordres.
Que cette disposition soit rangée dans un alinéa du texte sous le terme de «commun informationnel» relève d’un grossier tour de passe-passe rhétorique qui cherche à faire passer des vessies pour des lanternes…
… La loi s’intitule «Pour une République numérique», ce qui ne veut à peu près rien dire, sinon que la formule témoigne d’une dénégation masquant le fait que la res publica se soumet ici, et plus que jamais, aux desiderata de la res privata…
…Le tour de force qu’aura réussi à opérer l’«esprit de la Silicon Valley», c’est de faire passer ce qui relève d’un anarcho-libéralisme, soit une sauvagerie entrepreneuriale effrénée, pour un modèle paré de toutes les vertus incarnant un nouvel horizon économique souhaitable…

accorder un temps supplémentaire au numérique à des adolescents déjà surconnectés est un non-sens.
Ils constatent notamment une baisse d’intérêt des élèves pour des outils technologiques qu’ils connaissent déjà :
«Déjà, le vidéoprojecteur généralisé a bien perdu de son attrait. Il y a fort à parier que les tablettes, sitôt l’effet de nouveauté estompé, subiront le même désintérêt. Ce n’est pas le numérique qui donnera de l’appétence pour le savoir aux élèves.»
Le gouvernement table sur un milliard d’euros en trois ans dédiés à l’école numérique. Ovnivalenceregrette que cet argent ne serve pas à employer du personnel pour alléger les classes. Pour Loys Bonod, rien ne sert de mettre le paquet sur le numérique si le minimum n’est déjà pas assuré dans l’établissement :
«Moi j’aimerais déjà que les chiottes soient propres.»
 

Faire de la France un des pays leaders en matière de "e-enseignement". Telle était l'ambition de François Hollande quand il a présenté en mai dernier un énième plan pour développer l'école numérique. Le chef de l'Etat promettait alors un milliard d'euros sur trois ans...
... et c'est là que la surprise apparaît, utiliser ces outils dans les écoles n'est pas une garantie de succès scolaire. Dans le meilleur des cas, utiliser les nouvelles technologies en classe n'apporte que des résultats mitigés. Si l'étude suggère qu'une utilisation limitée de ces outils est préférable à pas du tout d'utilisation, elle montre aussi que "les niveaux d’utilisation supérieurs à la moyenne actuelle des pays de l’OCDE sont associés à des résultats significativement plus faibles"...
... "Les nouvelles technologies ne sont pas d’un grand secours pour combler les écarts de compétences entre élèves favorisés et défavorisés. C'est sans doute le constat le plus décevant de ce rapport"...
 
Rapport OCDE - Programme international pour le suivi des acquis des élèves - sept. 2015 :
Connectés pour apprendre ? LES ÉLÈVES ET LES NOUVELLES TECHNOLOGIES - pdf
  Pouce !

Oh... so british !
Ce qui est mis en accusation c'est la réforme suédoise installée à la fin des années 1990. La réforme a doté les districts scolaires d'une large autonomie. Les écoles sont gérées au niveau communal et le curriculum lui même est partiellement local.
Le pays a installé le libre choix de l'école avec la mise en place de chèques éducation et l'ouverture de free schools, des écoles publiques mais à gestion privée, un peu sur le modèle des "academies" anglaises
… Ce n'est pas le collège unique bienveillant qui s'est mis en place avec la réforme mais sous la pression de la concurrence une véritable "déconstruction du collège unique" (N. Mons) avec une ségrégation scolaire accrue, un mauvais climat scolaire et un comportement inefficace des chefs d'établissement noyés sous une autonomie qui a généré une montagne de taches administratives…

Les Londoniens ne parlent que de ça. S’ils sont propriétaires, ils font mine de s’offusquer des sommets « a-ffo-lants» qu’atteignent les prix de l’immobilier et des difficultés qu’ont leurs enfants pour accéder au même statut. S’ils sont locataires, ils fulminent …
… Dans ce contexte tendu, de plus en plus de jeunes sont contraints d’abandonner leurs projets d’émancipation. Selon le site de colocation EasyRoommate, 20 % des 20-34 ans sont contraints de retourner vivre chez leurs parents et 15 % ne les ont jamais quittés. La moitié de ces «enfants aux ailes rognées» citent le cout des logements comme le motif de ce retour ou de ce maintien involontaire…

British way of life (Archives):
"Le pouvoir aux parents !", disent-ils
Dès leur retour au pouvoir, les conservateurs veulent créer 5000 écoles "indépendantes"

... Plus inquiétant, près d’une sur trois déclare peiner à assurer trois repas par jour ou à régler la cantine. Signe de la progression de la précarité à de nouvelles couches sociales, la difficulté à s’offrir des loisirs s’installe : une personne interrogée sur deux explique avoir du mal à envoyer ses enfants au moins une fois par an en vacances, ou à leur payer un cours de sport ou une place de cinéma...
... 87 % des Français estiment que le risque que leurs enfants connaissent un jour la pauvreté est plus élevé qu’il ne l’était pour leur génération. 55 % pensent même qu’il l’est « beaucoup plus ». Un record depuis neuf ans que le baromètre existe.
L’anxiété s’est naturellement transmise aux enfants. ..
... près de six sur dix redoutent de devenir pauvres ; près des deux tiers parmi ceux âgés de 11 à 14 ans. Ils disent côtoyer la pauvreté, tant à l’école (61 % d’entre eux) que dans leur quartier (47 %). Et estiment à 31 % le nombre de leurs camarades qui ne mangent pas à leur faim. L’avenir pour eux n’est donc guère souriant ..

"Les-Rythmes"
... Pourtant, sur le terrain, la crainte perdure d’une école à deux vitesses. Ou plutôt d’un accueil périscolaire à deux vitesses. Les TAP (pour « temps d’activités périscolaires »), autre acronyme popularisé par la réforme des rythmes, se révèlent très divers d’un territoire à un autre : des activités artistiques et culturelles priment (77 %) selon l’examen des 14 000 premiers PEDT divulgué avant l’été, mais l’on y fait aussi beaucoup de sport (75 %), de l’éveil à la citoyenneté et au développement durable (40,5 %), des ateliers de lecture, de l’informatique, de l’aide aux leçons… et des jeux, beaucoup – jeux collectifs, jeux calmes, jeux de stratégie… Avec un impact financier : les trois heures d’activités périscolaires organisées en plus, chaque semaine, ne sont gratuites que «pour près de la moitié des PEDT»...

"La-Laîcité"
...«Que cette charte ne s’applique pas aux deux millions d’élèves de l’enseignement privé, n’est-ce pas la preuve d’une laïcité à deux vitesses?» ...
... «Ce discours moralisateur surplombant l’élève, les familles, et qui semble tomber d’en haut alors qu’eux-mêmes expérimentent au quotidien un système éducatif inégalitaire, cela ne peut pas parler aux jeunes, observe la professeure à l’université de Cergy-Pontoise. On leur vante la fabrique du “commun” et, dans la pratique, les écarts de réussite se perpétuent à tous les niveaux du système éducatif !» ...

"Les-Droits-De"
Pour la première fois depuis 50 ans, la mortalité infantile progresse à Gaza. C'est l'agence de l'ONU en charge des réfugiés palestiniens (UNRWA) qui fait le constat...
... faute de fonds des donateurs internationaux, la rentrée des 225.000 enfants inscrits dans les dizaines d'écoles de l'UNRWA à Gaza est menacée. L'Unicef avait déjà estimé que la dernière année scolaire avait été marquée par un taux d'échecs très élevé, de nombreux enfants étudiant dans des écoles portant encore les stigmates de la guerre...


... Cette nuit, l'humanité a franchi le jour du dépassement : nous avons épuisé les ressources annuelles de la Terre. Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs prennent en compte la biocapacité de la planète, c'est-à-dire sa capacité à produire des ressources pour nourrir l'humanité et à absorber les déchets issus de leur consommation, notamment le dioxyde de carbone. Ils calculent alors le jour de l'année où l'empreinte écologique dépasse la biocapacité de la Terre. Une date qui arrive de plus en plus tôt. Un constat alarmant ...

... il importe d'être clair sur les finalités de cette mobilisation : il ne peut s'agir d'inculquer une quelconque morale officielle, ni d'avoir une visée purement défensive, ou de mobiliser les valeurs de la république ou de la laïcité comme simples vecteurs de maintien ou de rétablissement de l'ordre ...
... liberté, égalité, fraternité, ces valeurs ont vocation à protéger et à émanciper, mais force est de reconnaître que les modèles français d'éducation, d'insertion sociale, d'intégration, ou de politique de la ville, qui ont prévalu jusqu'à présent, peinent à conférer à ces valeurs fondamentales une réalisation concrète pour l'ensemble de ceux qui vivent en France. Se construisent en effet des frontières intérieures symboliques, entre les différentes composantes de la société, dont l'édification est aussi le fait des catégories sociales qui par des mécanismes d'évitement contribuent à alimenter un phénomène de "ghettoïsation par le  haut". Ces frontières intérieures ...

...  il doit être clair que la laïcité républicaine ne saurait être de l'ordre de la ''neutralisation'' : elle porte des valeurs qui demandent des engagements. Il avait été prévu qu'il y ait une formation ad hoc dans le cadre du tronc commun en formation initiale des enseignants. Cela n'a généralement pas été le cas dans les ESPE, et des mesures à ce sujet s'imposent. Enfin on devrait décider un plan d'urgence inédit de formation continue pour être à la hauteur de la situation.


... Lancés en 2013 par Vincent Peillon, à l’époque ministre de l’éducation nationale, les EAP ont en effet connu un succès mitigé. A l’origine, ce dispositif visant à accompagner des étudiants boursiers souhaitant devenir professeurs devait attirer 12000 bénéficiaires.
Ils n’ont été que 7900...

... Bref, bien souvent si on est pas 100% parent positif, on est juste 100% nul...
... Si notre héritage éducatif est sans aucun doute à critiquer, du fait de son âgisme (domination des adultes sur les enfants), de son sexisme, ou encore du fait de son attachement aux punitions et récompenses, cette vision en fait, au même titre que la psychanalyse en son temps, un élément de plus de constitution d'un dogme...

«Les adolescents ne vont plus dans des cabanes au fond des bois. Ils restent chez eux, dans leur chambre
... ne peut s’empêcher de scruter les «likes» ou commentaires postés sur les profils Facebook que Blaire consulte dans la panique. Avec son ambition de teen movie supposément choquant, Unfriended présente une toute petite portion de l’immense attirail d’imaginaire qu’offre la sphère informatique, dévoile une part de notre propre voyeurisme face à la fabrication en ligne des personnalités.
Sur l’écran unique du film, les ados disparaissent un par un

A quel point l’usage compulsif d’un téléphone portable en classe nuit-il à la réussite scolaire ? C’est la question que vous vous posez certainement à chaque fois que vous épluchez le profil Facebook de vos amis plutôt que d’écouter votre professeur disserter sur un sujet un peu moins attrayant. Moment d’égarement sans gravité ou perte d’attention dommageable?...
«Que les étudiants apportent leur téléphone et l’utilisent d’une manière pertinente, en rapport avec le contenu du cours, est une piste que nous devons privilégier.» Et le professeur assistant d’ajouter, un brin défaitiste, que lutter contre l’usage des mobiles en cours est, de toute manière, une «bataille perdue d’avance».
 

… Il est possible qu’en réalité ce soit le texte lui-même qui soit en train de disparaître.
Après tout, les premiers visiteurs du Web passaient leur temps à lire des magazines en ligne.
Ensuite sont venus les blogs, puis Facebook, puis Twitter.
Maintenant, c’est sur des vidéos Facebook, sur Instagram et SnapChat que la plupart des gens passent leur temps.
 Il y a de moins en moins de texte à lire sur les réseaux sociaux, et de plus en plus de vidéos et d’images à regarder.
Le stream, les applications mobiles et les images qui bougent : tout indique un déplacement de l’Internet-livre à l’Internet-télévision.
Il semble que nous soyons passés d’un mode de communication non-linéaire - nœuds, réseaux et liens -
à un mode linéaire fait de centralisation et de hiérarchies...
  Pouce !

"Les-Droits-De"

Les suicides,comme en temps de guerre
… Deuxièmes victimes, les enfants. A ses consultations, le psychiatre Menelaos Theodoroulakis a vu affluer des gamins qui culpabilisent d’être devenus «un poids trop lourd [pour leurs parents]». Ces petits désespérés sont ceux qui, à l’avenir, poseront «le problème le plus dramatique»

… La révolution industrielle s’est produite sur plus d’un siècle. Aujourd’hui les révolutions technologiques se mettent en place en quelques années.
La première grande vague de chômage sera liée aux voitures, camionnettes et camions autonomes. Elle aura d’immenses avantages en éliminant les accidents de la route et les embouteillages, en rendant le transport quotidien plus productif et en réduisant la consommation d’énergie. Mais elle va faire disparaître des millions d’emplois.
Avec les progrès rapides de l’intelligence artificielle, les tâches qui nécessitent une analyse d’informations pourront être tenues par des machines. Cela comprend des emplois de médecins, de juristes, de comptables, de traders et de journalistes. Et les machines auront besoin de peu d’hommes pour les aider
 

… Et voici qu’après les policiers, une autre catégorie de personnels pourrait bientôt en être doté : le personnel scolaire. C’est ce qu’une école du sud de l’Iowa a récemment décidé. Doter chaque encadrant d’une body-caméra qui filmerait ses interactions avec les élèves et avec les parents
… Si l’initiative venait à essaimer en France (jurisprudence police) on pourrait imaginer que la caméra ait son utilité pour surveiller si le prof suit bien le programme. «Tiens, madame machin, j’ai visionné la bande de votre cours sur l’histoire des religions …
… Et puis pourquoi s’en tenir à l’école ? Après tout, la famille est aussi un lieu de conflit où chacune des parties peut avoir besoin de montrer les preuves des torts qu’elle subit : allez, on équipe parents et enfants de body-caméras


Donald Tusk s’inquiète du «risque politique et idéologique»
«Quand l’impatience devient un sentiment collectif, elle peut conduire à une révolution», alerte le président du Conseil européen.
" … A mon avis, l’atmosphère aujourd’hui est très similaire à 1968 en Europe. Je sens un état d’esprit, peut-être pas révolutionnaire mais d’impatience.
Mais quand l’impatience devient un sentiment collectif, elle peut conduire à une révolution.
Le chômage massif des jeunes est peut-être la raison la plus claire et visible..."
(Le Monde du 18 07 15 - pages economie)

Il n’y a aucune raison pour que le pays s’en sorte avec la batterie de «réformes» passées en force. Imposées. Elles ne parlent pas de l’annulation d’une partie de la dette que tout le monde sait insoutenable. Elles ne mettent rien en branle pour que le pays sorte de la plus grande récession depuis la guerre. Elles ne sortiront pas les 40% d’enfants qui vivent sous le seuil de pauvreté ou les 50% de jeunes au chômage, sans aucun avenir. Elles sont des ordres, pas des réformes. Où est le professionnalisme, où sont les propositions sérieuses, débattues, qui ne seraient pas jetées sur un coin de table ? …
… A la façon de l’Allemagne avec la zone euro, les Etats-Unis ont tenté d’imposer, pendant des décennies, leur politique économique expansionniste dans leur zone dollar d’Amérique latine. On a vu le résultat : l’échec absolu et la déstabilisation politique



«Le dispositif "meilleurs bacheliers" ne privilégie pas les plus méritants»
ce dispositif qui part d’un bon sentiment ne se base sur aucune donnée statistique solide : rien ne garantit que les 10% des élèves de chaque lycée ayant les meilleures notes au bac viennent de milieu populaire et aient un parcours méritant ! On sait même que c’est rarement le cas : 80% des élèves décrochant une mention très bien viennent de milieu favorisé, pas forcément financier mais au moins culturel…

le Défenseur, qui précise dans son document que la dépense publique par élève parisien est supérieure de 47 % à celle pour un élève de l’académie de Créteil, «reconnaît clairement la discrimination dont sont victimes nos enfants, en raison de leur lieu d’habitation». Qui plus est dans une ville où la totalité des écoles font partie des réseaux d’éducation prioritaire (REP), qui entrent en vigueur à la rentrée prochaine et qui permettent d’obtenir plus de moyens...
... En plus de souligner une «très grande approximation» dans les procédures de recrutement des enseignants contractuels, le Défenseur des droits s’interroge sur le «caractère suffisant des moyens déployés pour rendre effectif» le service public de l’éducation en Seine-Saint-Denis. Dans l’entourage de la ministre de l’éducation, on estime que le document fait état de la situation «au moment de la rentrée 2014» ...


… Certes, tout n’est pas idyllique dans nos maternelles, les classes sont horriblement surchargées, il faudrait plus d’atsem pour s'occuper des enfants, et les postes supplémentaires prévus depuis trois ans ont été absorbés par l'augmentation du nombre d'élèves en primaire. Mais, au fond, et surtout, nous vivons dans un pays dans lequel il est tout aussi normal de proposer des centaines d'options au lycée que d'organiser des classes d'une trentaine d'élèves en maternelle et en élémentaire. Pourtant le primaire était annoncé comme la priorité éducative du mandat de François Hollande. Si lui et ses ministres avaient pris le temps d'observer un peu mieux des enfants, de passer un moment dans les écoles maternelles, ils passeraient des promesses aux actes.

… «La réalité, en effet, c’est que les parents préfèrent l’inégalité pour leur enfant, pour qu’il ait plus de chance que les autres, a insisté Najat Vallaud-Belkacem. Il y a cette idée ancrée que la réussite n’a de valeur que par rapport à l’échec des autres. Le défi, c’est de prouver par des études scientifiques qu’au contraire, on a tout intérêt à la réussite de tous. Pour cela, nous avons besoin de l’OCDE.»
Entre deux compliments, le secrétaire général a demandé à la France «d’aller plus loin dans la réforme», notamment en faisant en sorte que la formation initiale et continue des enseignants soit satisfaisante. Et que des professeurs bien formés et les plus expérimentés soient dans les établissements les plus difficiles,
ce qui est loin d’être le cas en France

… Les évaluations positives des réformes récentes, restent néanmoins contrastées par un bilan très négatif du système scolaire français, «en 2012, l’un des plus inégalitaires des pays de l’OCDE» note le rapport. Des inégalités qui se développent dès la maternelle et ne cessent de progresser jusque dans le secondaire et le tertiaire.
L’organisation pointe du doigt une école à deux vitesses, maintenue à flots par des bons élèves qui restent aussi nombreux qu’auparavant, mais au détriment des jeunes les plus en difficulté. Et ce sont les élèves issus de familles défavorisées qui restent les plus touchés…
L’OCDE prend l’exemple de la Corée, de la Finlande et du Japon pour montrer que ce sont les systèmes qui font le moins redoubler leurs élèves qui obtiennent les meilleures performances…
 

Parce que reconnaître la réapparition des bidonvilles nécessiterait de reconnaître l’ampleur de la crise du logement mais aussi celle de l’hébergement d’urgence. Parce que reconnaître cette ampleur nécessiterait de s’y atteler. Parce qu’il est plus facile d’accuser les passeurs ou les différences culturelles. De bafouer le droit d’asile ou la convention relative aux droits de l’enfant. Il est plus difficile d’oser une véritable stratégie de résorption de ces espaces exclus du droit, où les acteurs institutionnels n’osent pénétrer qu’accompagnées de la police alors que des centaines de riverains, de citoyens, d’associatifs s’y rendent quotidiennement par simple humanité. Pour pallier l’inaction de l’Etat.
Taire, c’est nier. Ne pas être nommé, c’est ne pas exister


Après les politiques et les intellectuels, les Immortels de l’Académie française et une partie des syndicats enseignants, la réforme du collège qui doit entrer en vigueur à la rentrée 2016 est-elle en train de se trouver de nouveaux adversaires inattendus ? C’est en tout cas ce que peut laisser craindre à la ministre de l’éducation, Najat Vallaud-Belkacem, la récente prise de position du SNPDEN-Unsa, premier syndicat des chefs d’établissement…
… Le SNPDEN regrette aussi que la circulaire «se mêle de fixer comment les élèves doivent être répartis dans les classes», alors même que le code de l’éducation stipule que les collèges disposent d’une autonomie qui porte sur les modalités de répartition des élèves.
«Soit on nous confie plus de responsabilités et on nous laisse ensuite travailler, soit le ministère fait tout et il n’a donc pas à nous demander notre avis.»

Sans croire béatement à une inversion immédiate et définitive de la tendance au turn-over dans les établissements les plus difficiles, les mesures liées à cette refondation avaient, à l'époque, soulevé quelques espérances. Elles visaient avant tout à fixer, le plus longtemps possible, les jeunes enseignants dans ces établissements manquant cruellement de stabilité, à tous les niveaux. Une prime supplémentaire de 100 euros par mois et la baisse du temps d'enseignement d'1h30 est donnée à partir de septembre prochain aux enseignants de 350 collèges REP+ et de 50 euros sans allégement de service pour 781 collèges REP.
 Il faut croire que ces mesures ne suffisent toujours pas à faire «grandir en ZEP» ces jeunes enseignants qui poursuivent et amplifient «l'effet tourniquet». Ils y «font leurs années», celles nécessaires pour ouvrir à un bonus de points pour muter, puis s'en vont. Rien dans les mesures énoncées par le gouvernement ne permet de changer ce constat intangible

«Ce qu’il y a de nouveau dans ce qu’on a vécu depuis deux mois, c’est le mélange d’approximation et de couverture médiatique des débats qui n’a pas forcément  été à la hauteur des débats possibles autour de la réforme du collège. On a l’impression que le principal débat c’était les classes bilangues : ce n’était pas le principal sujet.»…
C’est en réalité un échec patent de communication : dans le timing (collusion entre réforme des programmes et réforme du collège ce qui a décuplé la grogne), dans la forme (des messages principaux inaudibles et une claire sous-estimation des risques que représentaient la suppression des classes bilangues et l’affaiblissement du latin et du grec), dans la gestion de crise (la seule communication de crise a consisté à publier le décret au lendemain d’un mouvement de grève…on a déjà fait plus subtil)…

«Attaque contre l’école publique», «coup de rabot», «politique d’austérité» : les parents d’élèves, syndicats et politiques concernés par des fermetures de classe à Paris à la rentrée prochaine n’ont pas de mots assez durs pour qualifier la carte scolaire 2015…
«On n’a jamais vu ça», peste Isabelle Rocca, la vice-présidente de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) de Paris, mobilisée aux côtés des enseignants concernés depuis six mois. En plus de la hausse du nombre d’élèves dans les autres classes, elle craint que des postes de remplaçant ne soient utilisés pour ouvrir d’éventuelles classes à la rentrée (si de nouvelles inscriptions ont lieu pendant les vacances), alors même que l’année 2014-2015 a déjà vu beaucoup d’absences d’enseignant non remplacées…

"La priorité à l'école primaire"
"On a mis des moyens sur le 'plus de maîtres que de classe' pour la rentrée prochaine." La loi de refondation prévoyait 7000 postes pour cette mesure, mais, pour l'heure, rentrée 2015 comprise, seuls 2400 postes y ont été consacrés…
… 20% des stagiaires sont en CP et en CM2, ce qui est totalement contraire au texte de la circulaire qui organise l'année des stagiaires. La circulaire préconisait bien de ne pas nommer les stagiaires en CP et d'éviter de les nommer en CM2.
Bilan: durant cette année d'étude, les enseignants stagiaires ne savent pas où donner de la tête entre la validation de leur master, la classe et la formation théorique et pourtant, ils devront être garant eux aussi de la priorité au primaire…

pour le cycle 4, celui du collège, qui concentre les critiques les plus virulentes. «On ne trouve dans aucune discipline une majorité d’enseignants s’accordant à dire que le projet de programme semble opérationnel, peut-on lire en page 161. Ils sont même moins d’un tiers à le juger opérationnel en mathématiques,...
… La lisibilité et l’écriture de cette deuxième version des programmes, attendue en septembre, feront l’objet d’un «gros effort». Pour qu’elle soit compréhensible des enseignants mais aussi du non-initié, une «écriture à deux niveaux» est possible, avec une partie clairement destinée au grand public. Mais sans que l’on sache encore s’il s’agit d’une double écriture ou de deux versions

Après l'enlisement de la loi Peillon et l'interlude Hamon, la réforme de l'éducation promise par la majorité semblait mal partie…
La mise en oeuvre de ces trois chantiers demeure précaire, notamment car le gouvernement n'a pas su expliquer suffisamment clairement à l'opinion leur articulation et leur contribution commune à la construction d'une école moderne, adaptée aux défis de notre temps. Il est en outre resté très timide dans les avancées proposées – le chantier numérique doit être accompagné d'un plan de formation massif ; l'interdisciplinarité au collège reste modeste ; la philosophie des nouveaux programmes demeure largement marquée par les approches disciplinaires…

Les Espé ne délivrent pas toujours ce dont les profs ont besoin. Il n’y a aucun enseignement sur la gestion de la classe, sur la cohésion entre les élèves... L'hétérogénéité des enfants est un gros problème par exemple qu’il faut apprendre à gérer : tous les enfants n’ont pas les mêmes niveaux, les mêmes acquis et les mêmes rythmes de travail.
Le contenu de la formation est très variable d’un Espé à l’autre, le cadrage de l’éducation nationale est beaucoup trop souple. Il faut recentrer le programme sur des problèmes comme la gestion de l’hétérogénéité, sur les enseignements propres à la maternelle et à l’école primaire, comme le langage, la lecture, la numération, la psychologie de l’enfant… N’oublions pas qu’outre leur formation à l’école, les lauréats au concours de prof des écoles ont en charge une classe à mi-temps avant même d’être titularisés !..
… 67% des enseignants stagiaires qui ont répondu à notre questionnaire déclarent n’avoir reçu qu’une à trois visites dans l’année de la part de leur tuteur. Ils ont plus un rôle d’évaluateur que de conseiller. Un écart renforcé par le fait que 95% d’entre eux n’exercent pas dans le même établissement que les profs débutants qu’ils encadrent.

pourquoi l'ONU demande des comptes à la France sur sa violation des droits des enfants autistes. En cause: une vision archaïque de l'autisme.
Autisme France a rédigé un rapport alternatif au rapport de l'Etat français, grâce au Comité ONU des Droits de l'Enfant, pour dénoncer les violations des droits des enfants autistes. L'ONU a relayé la liste des violations constatées. Le Comité des Droits prie donc la France de s'expliquer sur les discriminations et maltraitances subies au titre du handicap de manière générale et parce que ces enfants sont autistes…
L'école inclusive pourtant garantie par une loi n'existe pas pour les enfants autistes. La France devra expliquer pourquoi...

…Comment, à l’avenir, éviter de nouveaux attentats terroristes ? C’est tout simple : il suffit de faire porter un uniforme scolaire aux élèves et de rétablir les estrades dans les salles de classe.
Ces fabuleuses suggestions ont été avancées le plus sérieusement du monde par de farouches défenseurs de la laïcité …
… Une préoccupation tellement obsessionnelle qu’elle en vient chez ces braves gens à occulter tout le reste : pour Kessel, c’est sur le voile et uniquement qu’ «il ne faut rien lâcher». Le reste – l’échec scolaire fondée sur la ségrégation, les ghettos urbains, la pauvreté de 3 millions d’enfants dénoncée par l’Unicef, en un mot la question sociale – tout cela peut attendre…
…Un de leurs collègues, J.-F. Mancel, est même l’auteur d’un projet de loi concurrent visant à étendre l’obligation de l’uniforme aux enseignants. L’imagination du législateur est décidément sans limites…
… Que ce projet soit partagé par une large fraction de l’opinion publique allant de l’extrême gauche à l’extrême droite n’est pas une circonstance atténuante…

Des uniformes à l’école à la mise au rebut des crèches de Noël dans les halls des mairies, les maires de France ont décidément un avis sur tout. Avec un côté Peppone assez prononcé. Revue de détail…
… L’AMF rappelle par ailleurs que les mairies n’ont pas l’obligation d’assurer un service de cantine scolaire, que ces cantines représentent un coût important pour les collectivités, et qu’il n’est donc nullement critiquable de s’en tenir à un seul menu, si les finances de la commune ne permettent pas de faire autrement…
… C’est un scoop. Même si le socialiste André Laignel a gardé des mauvais souvenirs de ses années en pensionnat, l’AMF "pourrait évoquer avec l’Education nationale l’idée du port de tenues homogènes marquant l’appartenance à l’établissement scolaires", "afin de gommer les inégalités sociales trop visibles" et de "réduire les tensions dans les familles". François Baroin, très enthousiaste à cette idée …
… Constatant une multiplication "préoccupante" des scolarisations dans des écoles privées hors contrat ou à domicile, elle souhaite enfin que l’Education nationale renforce ses contrôles pour s’assurer que les enseignements prodigués soient conformes aux principes républicains…

… Relevant la difficulté des maires devant la déscolarisation d'un certain nombre d'enfants, et surtout de filles, dont le nombre va croissant, elle alertera les pouvoirs publics, l’Education nationale en particulier, et demandera instamment des moyens de contrôle en adéquation avec ce phénomène très préoccupant …
… La facilité, permise par la loi, de créer sous forme associative des structures scolaires confessionnelles interroge l’AMF qui va interpeller l’Etat, et particulièrement l’Education nationale, sur un régime d’autorisation et surtout, un contrôle a posteriori de la réalité de la pratique des structures éducatives privées hors contrat
[ AMF – conférence de presse du 24 juin 2015 – Les propositions de l’AMF en faveur de la laïcité – pdf ]

... ce sont des professionnels aux prises avec des terrains et des situations toujours difficiles, là où les effets de la crise socio-économique sont les plus visibles, là où reculent le vivre ensemble et parfois la citoyenneté, s’agissant notamment des dits exclus, des jeunes désœuvrés ou des populations dont l’intégration est contrariée ; d’autre part, ils font ce que le citoyen ordinaire ne fait généralement pas, ils vont au contact des gens en difficulté …
Réduits à l’état de gardes-chiourmes d’un «parc humain» de surnuméraires dans lequel, selon ses besoins, la machine économique viendrait piocher de temps à autre pour faire baisser les prix de production, ils n’auraient plus de «travailleurs du social» que le nom. D’autant plus qu’un certain nombre d’usagers, pour des raisons de handicap ou de maladie invalidante, ne représentent aucune «valeur»sur le marché...

Le nombre d’enfants vivant sous le seuil de pauvreté a explosé ces dernières années en France pour atteindre le chiffre de 3 millions, dénonce dans un rapport publié mardi 9 juin l’Unicef, le Fonds des Nations unies pour l’enfance.
Entre 2008 et 2012, 440 000 enfants et leurs familles ont basculé dans la pauvreté. Selon le rapport intitulé «Chaque enfant compte. Partout, tout le temps», ils sont désormais un sur cinq à vivre sous le seuil de pauvreté dont 30 000 sans domicile fixe et 9 000 vivant dans des bidonvilles. Ils sont 140 000 à arrêter l’école chaque année.
Le Comité des droits de l’enfant des Nations unies se dit «préoccupé par l’absence d’une stratégie globale nationale pour les enfants et d’un plan national pour sa mise en œuvre».
5 ans plus tard, force est de constater que cette stratégie globale n’existe toujours pas, qu’il n’y a pas de véritable politique publique de l’enfance et de l’adolescence consolidée et articulée, ni mécanisme de suivi et d’évaluation de la mise en œuvre intégrale du plan d’action ...
[ CHAQUE ENFANT COMPTE. PARTOUT, TOUT LE TEMPS.
RAPPORT ALTERNATIF DE L’UNICEF FRANCE ET DE SES PARTENAIRES DANS LE CADRE DE L’AUDITION DE LA FRANCE PAR LE COMITÉ DES DROITS DE L’ENFANT DES NATIONS UNIES - 9 juin 2015 ]

 

Chroniques locales 
Faits divers, rubrique chiens écrasés, perdus sans colliers, en voie de disparition ...

- Palo Alto :

Derrière le vernis doré de Palo Alto, berceau de la Silicon Valley où vit l’élite de la société américaine, se cache une sombre réalité : celle d’une ville où le suicide d’un adolescent est trop souvent réduit à un simple numéro. Les suicides «sont presque devenus une routine», commente Danielle, élève à Paly. «Je sais comment chacun de mes professeurs va réagir lorsque cela se produit, et je trouve cela tragique.»…
… du trop-plein de devoirs à l’effet nocif des téléphones portables, en passant par la tricherie omniprésente (certains parents sont prêts à tout pour que leurs enfants soient les meilleurs, même à payer des professeurs particuliers, en général des étudiants, afin qu’ils écrivent leurs dissertations). Marc Vincenti présente ses propositions depuis huit mois au comité municipal chargé de l’éducation. A ce jour, il n’a eu aucun retour…
«J’ai parfois le sentiment d’être en échec parce que je n’arrive pas à tenir le rythme, alors que j’ai l’impression que les autres élèves y arrivent. A Palo Alto, on passe notre temps à essayer d’être meilleur que les autres.» Au lieu de le passer à grandir…

- Saint-Ouen-Plage
… Ce dimanche, l’objectif est aussi d’obtenir des signatures pour éviter les fermetures de classes en 6e au collège Joséphine-Baker. «Chaque semaine, la demande pourra être différente : un problème de toilettes dans une école, de prof non remplacé dans un collège, précise Sophie. L’idée, c’est que les parents de la ville utilisent cette table à tour de rôle. Et qu’elle soit un nouveau relais de communication au-delà des réunions organisées à l’école

- Paris-sur-Seine:
… A Paris, selon la FCPE, la principale fédération de parents d'élèves, c'est la catastrophe. La suppression de 85 postes l'an prochain dans la capitale est un véritable problème. En réalité, il n'y aura que 48 postes en moins car il y a tout de même 37 postes supplémentaires. Mais le solde est négatif. C'est la conséquence de l'intégration pour la première fois des critères sociaux dans l'attribution des postes. Le niveau socio-économique des familles étant plus élevé sur Paris, le nombre de postes diminue …

- Koh Lanta :
… Parfois, la salle des profs ressemble à l’une des îles de Koh Lanta: clans, trahisons et ragots créés de toutes pièces. Je l’ai vécu et je suis loin d’être le seul. Et si l’univers des enseignants est loin d’être le seul à ressembler parfois à une mare aux requins, je trouve que c’est bien plus grave lorsqu’on confie aux requins en question des élèves qui ont besoin d’apprendre et de se construire…

- Planète Terre :
Jamais, selon eux, la planète n'a perdu ses espèces animales à un rythme aussi effréné que depuis la dernière extinction de masse, il y a 66 millions d'années, celle des dinosaures. Leur étude, publiée dans le journal Science Advances, «montre sans aucun doute possible que nous entrons dans la sixième grande extinction de masse», a affirmé Paul Ehrlich, professeur de biologie à Stanford.
Et les humains feront probablement partie des espèces qui disparaîtront, préviennent-ils. «Si on permet que cela continue, la vie pourrait mettre plusieurs millions d'années à s'en remettre, et notre espèce même disparaîtrait probablement assez tôt», a précisé Gerardo Ceballos, de l'université autonome de Mexico…



… Employant le même concept que Snapchat, les ragots ne sont visibles que de façon éphémère, pendant 10 secondes. Et à l’égal de Twitter, les messages ne peuvent pas dépasser les 140 caractères. Les personnes concernées sont identifiées clairement et pas sous pseudonymes. Il est aussi possible, en plus des potins écrits, de poster une photo ou une vidéo de 10 secondes aussi, accompagnée d’une légende. Si l’application est normalement interdite au moins de 16 ans, cette mesure n’a pas forcément été prise en compte lors de son téléchargement…
… En France, 40 % des élèves (collège et lycée) déclarent avoir été victimes d’une agression en ligne
… Mais même si Gossip est suspendue aujourd’hui, d’autres applications du même genre existent déjà aux États-Unis et pourraient très bien s’exporter en France…
L'application ne devrait donc pas être supprimée
Outre les améliorations à apporter sur la modération, la créatrice de Gossip a également pointé du doigt le fait que l'Apple Store l'appli y donne accès à partir de l'âge de 12 ans

Il est possible d’y publier une «rumeur» (simple message texte) ou une «preuve», c’est-à-dire une vidéo ou une photo que chaque utilisateur ne peut afficher qu’une seule fois, et pendant dix secondes seulement. On peut également voir les ragots publiés par ses contacts, mais aussi tous ceux qui les concernent s’ils sont inscrits sur le service. Certains lycéens parlent d’attaques sur le physique ou de rumeurs sur la vie amoureuse des élèves…

… En janvier, c’était une fillette de 10 ans qui se faisait humilier publiquement. Parce qu’elle avait créé plusieurs comptes Facebook sur lesquels elle se faisait passer pour plus âgée, son père a posté une photo d’elle flanquée de barrettes, d’un sac à dos princesse et d’un T-shirt «J’ai 10 ans». Une photo postée... sur Facebook….
Comme si la maltraitance était devenue une valeur éducative, la preuve que l’on est un bon parent. Il serait urgent de s’interroger sur cette société qui prétend lutter contre le harcèlement à l’école mais qui laisse de la place aux parents harceleurs, voire qui rit avec eux…

  Pouce !
malgré les mantras promouvant la créativité de la Silicon Valley, tous les travailleurs de demain ne feront pas ce qu'ils souhaitent ou ce qu'ils aiment. Beaucoup devront être insérés dans des systèmes d'automatisation hybrides, à la manière des employés des centres d'appels. Beaucoup d'humains demain feront les tâches ingrates qui sont trop couteuses pour être faites par des robots. En automatisant toujours plus avant notre société, la main-d'oeuvre de demain doit être formée pour interagir avec des systèmes automatisés. Et la chercheuse de poser en creux la question du système éducatif dont a besoin le système technique qui se met en place, qui aura certainement bien plus d'impact sur l'éducation que bien des discours bienveillants. 
L'éducation a longtemps été tenue comme une solution à la disparité économique, même si en fait, elle remédie assez peu à l'inégalité

Un million de dollars pour "le meilleur professeur du monde". Tel est le montant promis par une riche fondation dédiée à l'éducation au gagnant d'un concours international qui a pour objectif de valoriser le métier d'enseignant. ..
… La fondation a été créée par la famille Varkey, des Indiens immigrés dans les années 50 aux Emirats arabes unis, alors protectorat britannique. Ils y font fortune en créant des réseaux d'écoles privées, au début destinées aux enfants des expatriés occidentaux ou du sous-continent indien venus dans le Golfe après le boom pétrolier. 
Le groupe, baptisé GEMS, détient et gère aujourd'hui des dizaines d'écoles privées dans quelque 70 pays, dont la Grande-Bretagne …
…  La fondation émane de la GEMS Education, un groupe privé détenteur de réseaux d’établissements sur tous les continents qui vient d’acquérir l’Ecole des Roches. Soit l’établissement le plus onéreux de France
... L’avenir de l’éducation s’écrit ici en lettre «Capital»: c’est une évidence pour tous les intervenants, puisque « l’école publique ne fonctionne pas et que l’Etat ne peut pas tout », assure Dino Varkey, directeur de GEMS. Dans une sorte de confiance parfois béate dans la vertu du  marché, l’on nous explique ici que puisqu’une entreprise cherche la performance, 
elle seule peut créer les conditions de l’excellence dans le secteur éducatif…

..."Nous ne sommes pas des adolescents. Nous sommes des corps sans vie dans un système qui engendre la concurrence, la haine et empêche le travail en équipe et l'apprentissage authentique. Nous sommes sans passion sincère. Nous sommes malades." …
… un programme scolaire ou une pédagogie ne suffisent pas, en tant que tels, à forger un sentiment de communauté, à promouvoir ce qu'on appelle en France le "vivre ensemble". Sur le papier, le système américain prétend promouvoir l'épanouissement de l'enfant, favoriser son aisance sociale, l'inviter à la coopération et à l'esprit de communauté. Dans les faits, ces belles ambitions se heurtent au mur de l'extrême sélectivité des grandes universités, qui pousse parents et enseignants à une surenchère scolaire permanente: ils savent qu'à l'heure fatidique le chacun-pour-soi balaiera les bons sentiments coopératifs.
C'est également le principal angle mort du débat qui fait actuellement rage, en France, sur la réforme du collège …


De quoi discute-t-on sur les réseaux : des caractéristiques de sa nouvelle montre connectée, de la possibilité et de l'utilité d'y installer un navigateur, des applications disponibles pour l'iPhone 6, des comparaisons avec le Samsung Galaxy 6.
Il fut une époque où on a un peu discuté des conditions de travail chez Foxconn, son sous-traitant chinois qui, grâce en partie au succès de l'iPhone 6, a enregistré l'an dernier un bénéfice en forte hausse …
… pour ne pas avoir à toucher à ses liquidités placées dans des paradis fiscaux (leur rapatriement conduirait le groupe à payer des impôts sur le bénéfice), Apple envisage de continuer à emprunter sur les marchés internationaux pour financer en partie ses libéralités envers ses actionnaires…
… Aujourd'hui encore, quand on s'interroge sur les aspects cachés d'un conflit, on recherche d'éventuelles odeurs de pétrole. Peut-être un jour s'apercevra-t-on que les outils numériques ne sont pas que conviviaux.

«Il nous faut un nouveau contrat social»
les postes créés par les nouvelles activités ne compenseront pas ceux qui seront détruits.
On parle de 30% à 50% d’emplois perdus dans les dix à vingt ans, avec
une hypothèse extrême, pour les Etats-Unis, de 70% de postes disparus d’ici à trente ans…
… Le cabinet de conseil Roland Berger table sur trois millions de chômeurs supplémentaires en France dans dix ans : en Seine-Saint-Denis, cela signifie une immense majorité des jeunes au chômage

 
 
 


 
 

Les reproches de l’Académie française portent sur à peu près tous les aspects du nouveau collège censé voir le jour à la rentrée 2016 : défaut de structure, dissimulation de la logique des réformes, effacement des disciplines traditionnelles, dispersion des savoirs, écriture incompréhensible… On retrouve, rassemblés sur deux pages, tous les griefs entendus depuis la mi-mars, à droite comme à gauche de l’échiquier politique, à l’extérieur comme à l’intérieur des salles des professeurs…
… « Le bouleversement complet du calendrier », tel que l’Académie française le perçoit dans les projets de programmes présentés en mars, et dont une version remaniée doit être présentée en septembre, « ne permettra pas de lutter contre l’échec scolaire, ne favorisera pas la réussite pour tous (…) et a toute chance de perpétuer voire de développer les inégalités », estiment les Académiciens…

il n'est guère étonnant que les tenants du discours sur «le niveau qui baisse» se recrutent majoritairement dans le camp de ceux qui ont transformé le plus beau mot en matière d'éducation – pédagogie – en insulte infamante - «pédagogisme». De fait, si une filière n'accueille que des élèves dûment sélectionnés, la nécessité de faire oeuvre de pédagogie est moindre voire inexistante, leur réussite étant quasiment assurée à l'entrée.
Ce sont d'ailleurs les mêmes qui, de plateaux en tribunes, viennent de monter au créneau pour dénoncer une réforme du collège certes loin d'être parfaite mais qui tente, tout de même, d'introduire plus de variété dans les situations pédagogiques et se situe dans une logique résolument «anti sélective». Ne vous y trompez pas : la seule chose qu'ils déplorent, c'est la tentative, si souvent malheureuse, d'aller vers une école dont la priorité serait de former et non de trier.

Le bilan de la mixité sociale dans les écoles françaises réalisé par les membres du Conseil national d'évaluation du système scolaire (CNESCO) n'est guère réjouissant. Il révèle une école qui cultive trop souvent l'entre soi, et pratique le tri des élèves: ainsi 50% des collèges ont des classes de niveau.
Pour favoriser la mixité sociale dans les établissements, le CNESCO a présenté lundi 15 juin une ordonnance de dix mesures, à mettre en place à court ou moyen terme…
[ Mixités sociales et scolaire à l’école: Agir, impliquer, informer - Les préconisations du Cnesco – pdf ]

L’école à deux vitesses ? Elle existe – elle est même à trois ou quatre vitesses. Le tassement du niveau en lecture ou écriture ? Il est enkysté depuis vingt ans. En bonne partie pour les deux raisons précédemment mentionnées – inertie de la base, frilosité du sommet , qui interdisent de faire évoluer résolument un système déficient. Reste à comprendre à qui profite la manoeuvre. Ici la réponse est simple : aux enfants des classes favorisées et des enseignants, grands vainqueurs de la compétition scolaire, qui trouvent auprès des syndicats enseignants les plus conservateurs, y compris ceux qui se réclament de la gauche, des alliés aussi précieux qu’intangibles. Et qui, pour masquer cette perverse manipulation n’ont d’autre choix que de continuer à hurler au loup à chaque tentative de réforme, aussi modeste soit-elle.

Chaque année, la grande majorité des collégiens et des lycéens qui ne passent ni le brevet ni le bac se retrouvent en vacances deux à trois semaines avant la date officielle de début des grandes vacances. Ce qui réduit d'autant la durée de l'année scolaire. La faute à qui? …
… mai 2007. Xavier Darcos, alors tout juste nommé ministre de l'Education nationale, lançait parmi d'autres grands chantiers "la reconquête du mois de juin". Objectif: récupérer ce mois de cours perdu, notamment en repoussant les dates des examens du secondaire, brevet des collège et baccalauréat. Effet limité. Cinq ans plus tard, au tour de Vincent Peillon de s'attaquer à ce trou noir du calendrier scolaire, en proposant notamment de repousser les conseils de classe à la fin du mois de juin. Encore raté. Début 2015, la "reconquête" semblait un lointain souvenir, même pas évoqué

C’est une profonde mutation du métier qu’il faut faire. L’enseignant ne peut plus être cet ouvrier qui répète sans cesse et sans cesse les mêmes actions, distillant çà et là quelques aides pour des élèves en difficultés. Si je donne encore de l’herbe à ma chèvre malade, elle mourra d’indigestion. Et les autres quitteront les prés pour aller voir si l’herbe de l’école privée est meilleure. Non, c’est toute la pédagogique qui doit s’articuler autour de chacun. Et ce n’est plus, je le sais, ce métier fantasmé du Hussard de la République. Ni ce métier fantasmé par les intellectuels. …
… C’est pourquoi enseigner, ce n’est plus faire un cours pour 25 élèves (euh… 28-29-30 !) mais des cours pour tous les élèves. C’est réfléchir en amont de la classe sur l’organisation de la classe afin que chacun y travaille, conformément aux programmes et bien plus, en fonction de ses besoins. C’est créer les conditions d’une fourmilière où chacun vaque à ses activités intellectuelles au service de soi-même et de tous. Le risque, c’est d’atomiser l’unité classe. C’est un risque qu’il faut dépasser …

… On nous affirme que l'amélioration qualitative du service public d'éducation repose sur une plus grande autonomie donnée aux établissements, qu'il en résulterait systématiquement une dynamique favorable aux élèves. Les pays qui ont fait un tel choix devraient pourtant nous appeler à des prudences élémentaires…
dans un contexte d'insuffisance de moyens, ce n'est pas du dynamisme pédagogique qui en résultera mais une concurrence entre les établissements, les disciplines, les personnels, les projets et un renforcement des pouvoirs hiérarchiques produit par une tension entre une injonction et les moyens.. Alors que la réforme postule une meilleure concertation des équipes, elle risque de conduire à ce que des stratégies managériales décident de ce qui devrait résulter de la construction collective.
La qualité des services publics a un coût

Les syndicats parlent de «crise des recrutements» et d’«hémorragie». Le ministère de l’éducation nationale d’une «amélioration». Mais on le sait maintenant, la campagne de recrutement dans l’enseignement secondaire public ne remplira pas, une fois encore, tous ses objectifs…
«Attractivité» : le mot est dans toutes les bouches dès qu’on parle métiers de l’enseignement. Car à l’image des mathématiques, d’autres disciplines pourraient ne pas faire le plein à la rentrée malgré une amélioration du nombre d’inscrits – donc d’admissibles et d’admis…
là encore, une question d’«attractivité» inquiète les syndicats : celle de certaines académies. Parmi lesquelles Créteil, Reims, Amiens ou Rouen.

«Depuis trente ans, le système éducatif multiplie les efforts pour retarder les échéances de l’orientation. Trois mois auront suffi à François Bayrou pour effacer ces trente ans. La sixième devient le cycle d’observation, et c’est donc la fin de la sixième et non plus de la cinquième ou de la troisième qui constitue désormais le palier d’orientation essentiel : c’est une régression en deça de la réforme gaullienne du collège d'enseignement général de 1963, et un retour à la case du début des années 60»…

«Je l’ai dit, ces programmes ne sont pas scandaleux, il y a quelques maladresses. Mais j’ai une profonde inquiétude quand je vois la passion qu’ils suscitent.»La preuve pour Nora, de la crise identitaire qui traverse le pays.«Il y a un double langage inconciliable, a-t-il encore dit. Ceux qui considèrent, et j’appartiens plutôt à ceux-là, que l’enseignement de l'histoire doit être celui d’une mémoire commune». Et ceux qui «veulent rendre justice à des mémoires brisées», avec une «histoire plus moralisatrice» pour «panser les plaies plutôt que de les penser»…
La question de la formation des professeurs, initiale et continue, est plusieurs fois revenue sur le tapis.
«C’est l’enjeu essentiel, si vous voulez mon avis», a confié à la sortie Michel Lussault. Qui a promis, pour pacifier autant que possible les débats, de «revoir sensiblement l’écriture des programmes. C'était médiocre sur ce point, certaines formulations sont trop allusives.»

un débat sur l'école englué dans les intuitions trompeuses et les stéréotypes, où les tenants des recettes de grand-mère pédagogiques - qu'ils soient enseignants, parents, "intellectuels", journalistes ou politiques - peuvent s'exprimer avec une égale crédibilité que les chercheurs, a fortiori quand ces derniers laissent l'inévitable jargon propre à toute discipline scientifique envahir leur expression publique…
… D'où, finalement, la relative vanité des actuelles empoignades sur les effets supposés des réformes du collège et des programmes qui, sans action résolue en matière de formation et de recherche, ne produiront guère d'effet dans les classes.

«Crise de gouvernance» ou premier contrecoup du passage en force de la réforme du collège ?
… C’est la première fois depuis la fondation de la FCPE en 1947 qu’un président rééligible n’est pas reconduit comme membre du conseil d’administration…
les crispations sur le collège sont vives. Si, depuis avril, la fédération a multiplié les marques de soutien à la réforme, certains conseils départementaux ont fait savoir qu’ils ne se reconnaissaient pas – ou plus – dans cette ligne...
… Du coup, les règlements de compte, justement auront lieu, ce week- end.
Le président joue son fauteuil. Paul Raoult est accusé d'être trop suiviste par rapport au gouvernement.
En réalité, j'ai un peu enquêté. Peu de divergences idéologiques. Mais des querelles d'ego et des luttes de pouvoir.
Du classique. ..


La-Réforme-Du-Collège-De-La-Refondation...

«Nous sommes en faveur de la réforme du collège. Mais ce qui est proposé actuellement dans les programmes pour le cycle 4 ne nous convient pas, c’est même un retour en arrière. Selon nous, ce nouveau programme entraînerait chez les élèves une culture de la victoire à tout prix, de la gagne. Ce texte va favoriser les élèves les plus sportifs et mettre les autres à l’écart. Il suffit de regarder les mots employés pour détailler certaines compétences attendues, comme "vaincre un adversaire" pour les activités de combat ou encore "dans le but de remporter le match" pour les sports collectifs.»…
… Reste à savoir lequel des deux syndicats sera le plus entendu et quelle vision de l’éducation physique et sportive sortira gagnante de ces consultations. Mais quoiqu’il arrive ...

Prenons le cas des classes bilangues. Il y a d'un côté les défenseurs de Goethe qui ne se sont jamais aperçus que la plupart des élèves ne savent pas aligner trois mots d'allemand en sortant du lycée et que l'amour de la langue n'est pas la question (même si elle mérite d'être aimée). Et de l'autre ceux qui pensent qu'il suffit de supprimer les classes d'élites (dont l'allemand est le bras armé) pour s'abstenir de se poser la question du sort des bons élèves dans les établissements sinistrés, voire des établissements sinistrés tout court…
Alors, au milieu de tout ça, des flots de paroles, de considérations qui nous éloignent chaque jour de la réalité des classes, des élèves, du collège, que faire, que penser ? Eh bien ça donne envie de regarder passer les trains, d'attendre sagement la réforme, d'en faire ce que l'on pourra sur place, sur le moment, avec ses collègues choisis. De rester calme tout en déplorant que le collège tel qu'il est reste invisible dans sa réalité …

« Egalitarisme » contre « élitisme » : toutes les polémiques sur la réforme du collège tournent, depuis la fin du mois de mars, autour de ces deux mots. Au centre de l’attention, hissée au rang de symbole du « nivellement par le bas » du collège que préparerait Najat Vallaud-Belkacem selon ses détracteurs : la disparition des « bilangues », dispositif permettant d’apprendre deux langues dès la classe de 6e…
… Dès lors, la suppression des classes bilangues règlera-t-elle les problèmes ? Pas si sûr. «Les établissements comme les familles ont de toute façon tendance à développer d’autres facteurs de différenciation», commente la présidente du Cnesco, Nathalie Mons. Des voies de différenciation – ou de relégation – dont l’apparition a ponctué les quarante ans d’existence d’un collège qui se veut unique.

Le ''roman national'' au collège: une légende!
L'histoire n'a jamais été enseignée de cette façon au collège dans l'Ecole républicaine, même lorsque l'un de ses tenants célèbres était aux commandes du ministère de l'Education nationale, à savoir Jean-Pierre Chevènement (contrairement à ce qu'il a encore soutenu récemment...)…
… Il accuse le collège unique «d’aller vers le règne de l’uniformité, digne des démocraties populaires et vers la dépersonnalisation absolue, celle des steppes et des supermarchés». Il condamne cet «égalitarisme absurde, forcené, uniformisateur et lacunaire». «Ce mythe égalitaire – précise-t-il – est digne de ce peuple de guillotineurs que nous sommes depuis 1793, et se traduit par la culpabilisation de tout aristocratisme, de tout élitisme dans le savoir : raccourcir ce qui dépasse, ce qui excelle, voilà le mot d’ordre»

… Comme souvent quand les débats d’éducation tournent au pugilat, il n’y plus grand-chose à en retirer, l’heure est aux coups et aux invectives, c’est toujours comme ça, il faut réfléchir tôt, à l’aube des débats, car le risque existe toujours que le bruit remplace le dialogue, que les fumées succèdent aux pensées, et alors il est trop tard….
… Et bien non, l’école, c’est complexe, cela demande et mérite bien plus qu’un avis à l’emporte-pièce, malheureusement l’époque est à la caricature, aux généralités, au syllogisme, aux fausses évidences, au simplisme. C’est le règne du raccourci, la victoire du slogan, le triomphe de la punchline en 140 caractères. Oser la complexité est une incongruité, exiger la justesse, la précision, est un affront, demander le temps d’exposer est un ennui…
Précision et rigueur : absentes, toutes les deux, du brouhaha qui tient lieu de débat sur le collège. Une fois de plus, nous nous montrons incapables de penser correctement et sereinement l’éducation, et c’est un crève-cœur.

à aucun moment de la campagne présidentielle, François Hollande n'est entré dans les détails sur le sujet, pour la simple raison qu'il lui aurait fallu réaliser la synthèse au sein de son propre camp. Elle est loin d'être évidente : les débats actuels montrent que le clivage, sur le collège, ne recouvre pas les territoires politiques (voir l'étonnant attelage qui appelait hier à la grève, où partis et syndicats de gauche comme de droite se sont retrouvés au coude à coude).
Ajoutons à cela l'insigne maladresse consistant à laisser le Conseil supérieur des programmes réveiller tous les corporatismes disciplinaires avec un projet jargonnant à souhait et la confusion est totale, comme si la majorité, qui avait déjà laissé la loi de refondation de l'école être totalement polluée par la réforme des rythmes, n'avait pas compris la leçon – mieux vaut éviter d'ouvrir trop de fronts d'un même mouvement…

Tous les gouvernements le savent bien : quand une réforme voit se lever contre elle une coalition des contraires, c’est à la fois le signe d’une grande maladresse et d’une grande confusion. Les réformes du collège nous en offrent une nouvelle illustration.
De la maladresse, il y en eut de la part du pouvoir qui n’a pas su en temps utile, c’est-à-dire en amont, expliquer la philosophie de sa réforme et démontrer de façon convaincante en quoi celle-ci permettrait d’en finir avec un collège injuste et inefficace qui voit chaque année 150.000 élèves décrocher du système scolaire sans diplômes.
De la confusion, il y en a évidemment dans l’alliance contre-nature des opposants …

Cette virulence est stupéfiante, car tout le monde prétend viser la même ambition : une jeunesse mieux formée et mieux armée pour trouver sa place dans la société de demain, accédant à 80% au niveau du baccalauréat (objectif fixé par la gauche comme par la droite depuis le milieu des années 1980) et à 50% au niveau d’un diplôme de l’enseignement supérieur (objectif de la loi Fillon de 2005). Mais la violence du débat n’est pas moins logique, car personne ne s’accorde sur les moyens d’y parvenir ou sur les conséquences pédagogiques et sociales d’une telle mutation.
Cela fait bientôt un siècle que dure la polémique. En 1937, déjà, Jean Zay …
… Lancinant depuis quarante ans, tel est, en réalité, le dilemme irrésolu. Mais il est clair que chaque projet éducatif dessine un projet de société

cela sonne un peu comme un appel désespéré : les réformes du collège et des programmes sont en train de prendre une place médiatique démesurée. Pas un jour sans son édito sur le latin, son billet sur les classes bilangues, sa Une «pour» et surtout «contre», sa pétition d’élus et ses indignations d’intellectuels. On appelle ça un bourbier: la séquence rappelle assez tristement celle des rythmes scolaires, sujette à une opposition de la majorité des parents, des élus et des syndicats, obligeant le président à tuer la réforme dans l’oeuf en reportant d’un an son application. On connait la suite. Selon nos informations, il n’est pas exclu que François Hollande procède de même sur le collège …
… La suppression des classes bilangues et des sections européennes illustre bien le jeu de bonneteau qui préside aux réformes éducatives dans notre pays. La suppression de ce dispositif permet en effet d’économiser 900 ETP (équivalents temps plein), alors que 20% des élèves bénéficient de ces classes. Pour une réforme coûteuse -116 heures à la rentrée 2017 contre 110,5 aujourd’hui- difficilement financée, et confrontée à la forte hausse de la démographie, c’est une aubaine. La toute première logique de cette réforme est là.
La gauche, vu sous cet angle, imite la droite


Je veux bien admettre que le projet est mal fagoté. Aucune critique ne m’effraie. Mais il y a eu un emballement médiatique lié à la surréaction de certains intellectuels qui n’avaient pas lu le projet. Je peux travailler avec des gens qui m’ont traité de tous les noms. La ministre de l’éducation va rencontrer des historiens. Nous allons organiser un forum en Sorbonne… Nous écouterons tout ce qui se dira, pour présenter la mouture finale en septembre.
Mais le CSP se fixe deux limites. Pas de recul sur la liberté pédagogique laissée aux enseignants grâce aux thématiques au choix. Pas, non plus, d’évolution de l’histoire vers un «roman national», qui serait un dévoiement de ce en quoi nous croyons…


 
 
 

En deux mois, tant de fronts se sont ouverts – sur le latin, l’allemand, les classes bilangues, l’enseignement de l’histoire… – qu’on en aurait presque oublié que la réforme dite du collège 2016, avant d’être contestée, avait été adoptée à une large majorité par la communauté éducative, lors d’un Conseil supérieur de l’éducation (CSE) le 10 avril. Presque oublié, aussi, que la refonte des programmes, deuxième wagon de la refondation du collège, est, elle, à peine engagée : le coup d’envoi de la consultation des enseignants à leur sujet vient d’être donné, ce lundi. Presque oublié, enfin, qu’une refonte du «collège unique», instauré il y a tout juste quarante ans et reconnu comme le «maillon faible» du système éducatif, était il y a quelques semaines encore réclamée de tous


La-Formation : Initiale et Continue
... Ce semble être une habitude très française, de réformer l’école sans former les enseignants. Au primaire, on doit enseigner l’anglais sans avoir été formés, on doit enseigner l’informatique (et bientôt le code) sans avoir été formés, on accueille des élèves à «besoins spécifiques» (dyslexie, dyspraxie, dyscalculie, troubles envahissant du développement, autisme, etc…) sans avoir été formés…
… Si la formation initiale des profs, supprimée pour faire des économies par Xavier Darcos et Nicolas Sarkozy, a été rétablie par Vincent Peillon en 2013, la formation continue reste la grande absente de la Refondation de l’école

Malheureusement, à bien des égards, le dispositif actuel n’améliore pas réellement la formation des enseignants et ne permet pas de relever les défis d’aujourd’hui…
… L’intégration des E.S.P.E. à des universités se traduit par le dépeçage systématique des premières, dans la continuité du démantèlement des I.U.F.M. Ce dépeçage se poursuit cette année alors même qu’on annonce une remontée des effectifs étudiants. Des milliers d’heures de formation et des centaines de postes de formateurs sont transférés vers d’autres composantes. Il en est de même pour une partie des budgets. Les universités font aussi fréquemment le choix de fermer des sites, au détriment du maillage territorial qui existait et qui permettait une offre de formation initiale et continue de proximité...
[ Réformer la réforme de la formation des enseignant : une urgence ! - Le G.R.F.D.E. - 11 mai 2015 – pdf ]



«On se bat pour un CPE qui ne soit pas un remplaçant. Chaque année depuis huit ans, nous sommes obligés de nous mobiliser, et on obtient juste le renouvellement d’un second CPE stagiaire sur un an». Ce poste est central dans la vie du collège, «il est le garant de la bonne gestion de l’établissement, et le superviseur direct de tous les assistants d’éducation». Il gère aussi les moments de vie scolaire entre les cours…
… au delà de la situation du collège, il existe une réelle inégalité territoriale. «En Seine-Saint-Denis, le ratio est de 600 élèves pour un poste alors que sur Paris on voit des collèges qui ont deux CPE pour 400 élèves»

… Après des efforts allant dans le sens de l'égalité des territoires, l'écart se creuse à nouveau entre l'école des villes et l'école des champs.
Fanny, qui vit à Néoux, a travaillé comme EVS (emploi vie scolaire) dans une école du secteur, a vu la situation se dégrader. «Il y a encore trois ans, les enfants en difficulté pouvaient être pris en charge par le Rased, il y avait aussi des maîtres qui intervenaient avec le technobus ou le gymnobus. Et même un enseignant qui venait aider les enfants qui ne parlent pas français.» Aujourd'hui, «il n'y a plus rien, poursuit-elle, les enseignants des écoles rurales se retrouvent complètement seuls dans leur classe. Autant ils peuvent faire face à des difficultés d'apprentissage, autant ils sont démunis face à des troubles comportementaux.»
«On fragilise les petites écoles, afin de préparer le regroupement»
Le nombre de postes des Rased a été divisé par deux en Creuse. Et les maîtres spécialisés qui restent ne viennent plus dans les écoles rurales «car leurs frais de déplacement ne sont plus payés», souligne Fanny. Cette année, un enfant de Moutier-Rozeille a besoin d'être suivi : «Ses parents n'ont pas obtenu un rendez-vous avant juin au Centre médico-psycho pédagogique.»


Il était une fois le chèque-éducation, les écoles-indépendantes, yaka, etc…
Suède : « … Les chefs d’établissement et leurs employeurs devraient privilégier la direction pédagogique, favoriser une plus grande coopération entre les enseignants et investir davantage dans le développement professionnel. Un institut national (financé sur fonds publics) chargé du niveau de qualité des enseignants et des chefs d’établissement contribuerait à améliorer les recrutements et le niveau de qualité des enseignants et chefs d’établissement au sein du système éducatif.
Réformer le financement du système scolaire. Les mécanismes de financement actuels ne permettent pas d’atteindre les objectifs d’amélioration de la qualité tout en préservant l’équité. Plusieurs options sont possibles, notamment des financements pré-affectés, la définition de critères à l’intention des communes et des écoles, ou encore le recours à des formules de financement par élève, afin d’assurer l’équité et surtout la cohérence des financements sur l’ensemble du territoire.…»

« L’échec de la privatisation des écoles en Suède ». La correspondante d’Arte, Paula Dahlberg, y explique la défaillance des Friskol, écoles indépendantes subventionnées et gratuites, dont la mise en place date des années 1990 et qui représentent 13% des écoles primaires (2012).
Cette réforme avait pour objectif d’offrir à tous les parents le choix de l’école (et de la pédagogie). Pour ce faire, l’État verse aux écoles un chèque éducation pour la scolarité de chaque élève. Les Friskol sont gérées par des associations, des fondations ou des entreprises. On parle d’entreprise scolaire, de groupes. Ainsi, le groupe Academedia
… Cela contraste quelque peu avec ce que nous savions ou pensions savoir sur le système éducatif suédois. La décentralisation engagée par le gouvernement conservateur au début des  années 1990 (les communes ont en charge le financement, l’organisation et le recrutement) a été plébiscitée, notamment par les économistes. Encore récemment, certains ont salué les effets positifs du système de chèque scolaire «pour introduire la compétition entre écoles et offrir le choix d’une autre école»

Depuis une bonne vingtaine d'années - ici aussi, évidemment - le"chèque éducation" (ou "bon scolaire") - en anglais "voucher"- fait partie d'un blabla yakaiste au sujet des indispensables réformes, "simples, urgentes et radicales", disent-ils, du système scolaire.
USA 2008 :"dans le Milwaukee, il n'y a pas eu de miracle" (Sol Stern). L'un des plus fervents promoteurs du chèque-éducation aux USA, Sol Stern, vient de faire brusquement volte-face en affirmant, constats à l'appui, que le voucher n’avait pas du tout amélioré le système public.
Après avoir depuis longtemps réclamé, soutenu et contribué au développement des vouchers et des charter schools ...


La-Réforme-Du-Collège-De-La-Refondation...

Je ne comprends pas que certains syndicats qui se disent de gauche défendent des classes qui sont des enclaves d’élitisme social au sein d’un système public. Ce sont des classes où l’on ne met que des bons élèves qui sont par ailleurs des gosses extrêmement favorisés socialement, et qui profitent d’un enseignement qui coûte plus cher que celui qu’on donne aux autres. Comparez le voyage de classe d’une classe européenne et celui d’une classe lambda ! Il faut que tout le monde en bénéficie.
Il ne s’agit pas d’être contre l’élitisme, mais de faire que l’aide qu’on apporte aux bons élèves ne nuise pas aux autres. Je suis très favorable à l’idée que tous les enfants aient le même enseignement, et que ceux qui sont «meilleurs» dirons nous en terme scolaire, puissent bénéficier d’enseignements qui leur permette d’être meilleurs. Mais il ne faut pas constituer des classes à partir de cela, il faut proposer des options.
En défendant les classes européennes, on ne peut pas protester contre le privé qui choisit ses élèves, car c’est faire strictement la même chose au sein du public. Au fond dans le privé, les parents payent …

La mesure phare de cette réforme– je vous promets, ce n’est pas la suppression du latin (pas supprimé mais si mais non mais un peu quand même mais pas tout à fait)– c’est la mise en place des EPI: enseignements pratiques interdisciplinaires. C’est-à-dire l'obligation de 20% d’heures de travail interdisciplinaire, pour toutes les classes de tous les collèges…
… Mais, plus grave: ce type de pédagogie renforcerait les inégalités: «Ce que nous avons observé, depuis quelques années, c’est que les meilleurs élèves tirent un avantage supplémentaire de ce genre de dispositif. Les entrées par thème favorisent les élèves qui savent construire un texte ou une réflexion en cherchant dans différents domaines. Ils naviguent entre les savoirs. C’est une tâche sophistiquée qui laisse les plus faibles sur le bord de la route. Avec la généralisation de telles méthodes les écarts vont se creuser.»
… Pourquoi dès lors rendre l’interdisciplinarité (personne n’a empêché des enseignants de la pratiquer jusqu’alors, elle est déjà possible) formelle et obligatoire?
De plus, et qu’on soit pour ou contre, tous les observateurs, chercheurs, enseignants s’accordent sur une chose: les professeurs doivent être formés à l'interdisciplinarité pour la pratiquer (formation initiale ou continue). Et rien n’est prévu à ce jour! Et là, franchement, c'est très inquiétant. ..

Zep Rep Idd Epi ...
lorsque les demandes sont motivées et que les établissements sont bloqués, les directions académiques finissent, comme un aveu, par lâcher des heures d'enseignement supplémentaires. Ainsi, au collège des Aiguerelles à Montpellier, ce sont finalement 17 heures qui ont été obtenues...après 6 semaines d'occupation. Ce grand marchandage qui implique que les moyens nécessaires ne pourront être débloqués ...qu'en cas de blocage est décourageant. De plus, il n'est jamais satisfaisant car, à moyens constants, les heures supplémentaires sont prises aux moins mobilisés pour faire taire les plus véhéments. Drôle de conception du service public où l'on gère au quotidien la pénurie…
… La ministre et ses services font donc le choix de mettre la charrue des réformes avant les bœufs des moyens. Dans le même temps l'écart entre les grandes déclarations volontaristes et la dure réalité du terrain ne cesse de grandir…
"Le-Collège-du-Secteur"
… En l’écoutant expliquer que «non la grammaire n’est pas un dieu», ou que ces programmes s’adressaient d’abord aux familles, j’ai eu le sentiment que le CSP n’avait peut-être pas pris la mesure de ce qui était en train de se passer. Et que d’une certaine manière, le Conseil creusait sa propre tombe.
La campagne de dénigrement dont ces programmes sont la cible est d’une rare violence. Elle est aussi pleine de mauvaise foi (l’exercice consistant à sortir de son contexte quelques items et d’en moquer le caractère jargonnant aurait pu être fait à chaque nouvelle mouture de programmes). Mais ce n’est pas en en rajoutant une couche sur la désacralisation de la grammaire que le CSP va éteindre l’incendie! En s’enfermant dans une posture défensive, le président du Conseil échoue à recréer du consensus autour de son projet

… L’actualité de ces derniers jours nous a offert un exemple éclairant de ce renoncement ausculté par Todd, où l’on a vu la gauche de gouvernement, par la bouche de la ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, annoncer des programmes destinés au collège qui ne sont pas conçus pour émanciper les enfants par un savoir nouveau, mais pour leur donner à apprendre ce qu’ils ont envie d’apprendre, selon les vues de leur milieu socio-culturel d’origine. "Jaurès, Ferry revenez !" a visiblement envie de hurler Todd. Et nous avec ?
Le diagnostic du démographe se conclut ainsi : "La "néo-République" est cet objet sociopolitique étrange …

Si des inégalités criantes perdurent dans l’école, force est de constater que les élites qui en ont profité ne les interrogent pas. De plus, les pratiques d’une partie du corps enseignant, formé dans les logiques disciplinaires élitistes, tendent à reproduire ce système en opposition avec les objectifs de réussite éducative pour tous. Ceux qui appellent à la grève sont les mêmes qui se plaignent de l’état actuel du collège, mais lorsque le changement est proposé, ils préfèrent le statu quo

Le tout baigne dans un «enseignement moral et civique» qui laisse à penser que l’école peut remédier aux maux d’une société minée par les égoïsmes et les incivilités…
… L’école française des siècles antérieurs inculquait de force aux jeunes pousses une culture nationale idéalisée, une discipline de fer et un amour obligé de la patrie. Celle d’aujourd’hui, tombée de son piédestal et complexée par l’univers ludique et médiatique qui l’entoure, cherche désespérément à se faire entendre des jeunes. Ce n’est pas une raison pour se perdre dans une démagogie bavarde et brouillonne.

Les élèves issus de milieux favorisés –et les d’enfants d’enseignants!– continueront, dans l’enseignement privé ou grâce à des séjours linguistiques plus nombreux et fréquents, à mieux apprendre les langues étrangères que les autres, livrés à la seule compétence en la matière de l’Éducation nationale; comme ils continueront à bénéficier d’un accès privilégié aux humanités et à la culture classique, dont on connaît de longue date les vertus non seulement en termes linguistiques mais aussi rhétoriques et de compréhension des codes culturels (art, littérature, histoire…). Le rôle du capital social et culturel sortira donc encore renforcé comme moyen de sélection scolaire
… Impossibilité liée en partie au fait que l’éducation des enfants et des jeunes échappe désormais largement à l’école et au fait que la réflexion politique collective, de l’ensemble de la société, sur les finalités d’une «éducation nationale» est au point mort depuis des années…
… Ce qui frappe, c’est la capacité à jouer politiquement, par provocation même, sans se rendre compte des dégâts potentiels sur les élèves et, finalement, la société à venir, avec des réformes trop souvent impensées et incohérentes…
… L’éducation nationale mérite mieux, bien mieux…

Faut-il, pour soigner les bobos du collège, attaquer les collèges bobos ? C'est-ce que semble croire l'Éducation nationale …
… Et tant qu'elle n'envisagera pas de réveiller la querelle scolaire en imposant au privé sous contrat les mêmes règles qu'au public, elle n'aura d'autre choix, pour éviter les contournements de la carte scolaire que d'enrichir et améliorer son offre là où elle doit l'être.
À défaut, tout ce qu'elle parviendra à faire est de renforcer la pression sur le privé, qui deviendra de plus en plus sélectif, et la pression économique sur les familles qui n'auront d'autre choix que de résider dans les zones de chalandises des collèges les plus réputés, qui sont aussi les plus onéreuses.Dans tous les cas, la compétition et l'entre soi triompheront.

"La-Cantine"
… Cette manière de procéder, de rédiger un étiquetage sans que le consommateur puisse savoir ce qu’il mange, ou connaître l’énergie vide ajoutée, est choquante, et a surtout des conséquences très graves sur le plan de la santé publique si l’on en juge par l’épidémie mondiale d’obésité qui touche en premier les classes les plus défavorisées…
… Comme dans bien des pays, il se développe en France une alimentation à deux vitesses dans laquelle les classes les plus défavorisées font les plus mauvais choix alimentaires, avec des répercussions négatives sur leur état de santé ou sur la surcharge pondérale…

… L'Union européenne a autorisé vendredi 24 avril l'importation et la commercialisation de 19 OGM, deux jours après avoir proposé aux Etats membres une réforme leur permettant d'interdire leur utilisation sur leur territoire.
Onze produits de la multinationale américaine Monsanto figurent au nombre des OGM autorisés, a précisé la Commission européenne dans un communiqué.
… Cinq organisations environnementales, dont Greenpeace et les Amis de la Terre, ont accusé Juncker de violer ses promesses d'une gestion plus démocratique du dossier des OGM face aux pressions des multinationales, au premier rang desquelles le géant américain Monsanto…

... Pendant longtemps, le vivant en général et les végétaux en particulier ont été complètement exclus de la brevetabilité en Europe. Mais les industriels de l’agrochimie puis des biotechnologies s’intéressent de plus en plus au marché des semences et «cherchent à imposer l’idée que pour développer la recherche biologique, animale comme végétale, le brevet est nécessaire» ...
... On peut citer l’entreprise hollandaise Rijk Zwaan, qui a obtenu un brevet sur des salades résistant à un puceron. Un trait déjà connu, présent dans 90% des variétés de laitues commercialisées, entre autre par Gautier Semences. N’ayant pas les moyens de financer un procès pour faire invalider le brevet, l’entreprise provençale a donc dû payer des redevances à Rijk Zwaan pour continuer à exploiter sa variété...



En plein cœur de la Silicon Valley en Californie
… Étant donné cette concentration de cerveaux et d'argent, les lycées publics de la ville sont parmi les meilleurs des États-Unis mais, depuis plusieurs années, ils sont touchés par une vague de suicides. Depuis janvier 2015, trois lycéens de la ville se sont suicidés en se jetant sur les rails du train régional…
… ces 18 derniers mois, une quarantaine de lycéens ont été hospitalisés pour dépression et idées suicidaires. La ville songe à installer des caméras qui permettraient de détecter les personnes sur les rails afin que les trains puissent s'arrêter à temps…
une autre application destinée aux parents a beaucoup fait parler d’elle. Conçue par le ministère sud-coréen de l’Education pour aider à la prévention du suicide chez les jeunes, elle passe au crible toutes les activités de l’utilisateur d’un téléphone, messages comme recherches internet, et lance des alertes aux parents (par téléphone, bien sûr) quand elle détecte des mots-clés jugés alarmants… Champion des nouvelles technologies, le pays bat en effet des records en matière de suicide, affichant le taux le plus élevé de l’OCDE avec 40 cas par jour.
Si les syndicats d’enseignants ont jugé le procédé intrusif, la population sud-coréenne a tendance à adopter rapidement les nouvelles applications technologiques, sans beaucoup se soucier des questions de confidentialité, comme c’est le cas en Europe…

Après avoir acheté 120000 iPads et augmenté les accès internet en 2013 pour 650000 élèves – en vue notamment d'améliorer le niveau scolaire (anglais et maths) des enfants des milieux défavorisés - le district scolaire de Los Angeles constate que seulement deux écoles utilisent encore, tant bien que mal, les tablettes et les logiciels. Et tente de se faire rembourser…
Les logiciels éducatifs Pearson fournis avec les ipads s’avèrent inutilisables.
Sans compter de nombreux problèmes de «sécurité» du matériel ...
[ L.A. Times : L.A. school district demands iPad refund from Apple- BBC : US schools refund over $1.3bn iPad project ]
  Pouce !

Plus d'un millier d'adolescents texans ont déjà fait un tour dans les prisons du "Lone Star State" ces trois dernières années pour avoir manqué l'école. Et dans certains cas comme celui de Serena Vela, raconte le site "Buzzfeed", cette application d'une loi qui devait obliger les enfants à rester à l'école a eu l'effet inverse en ruinant leur scolarité…
… Serena fait partie du millier d'ados emprisonnés au Texas ces trois dernières années pour avoir raté l'école. Les étudiants sont régulièrement enfermés avec les adultes, parfois avec des compagnons de cellules condamnés pour violences ou braquage…

"J'aimerais que ma maîtresse sache que je n'ai pas de crayons chez moi pour faire mes devoirs." C'est en proposant à ses élèves de lui confier leurs secrets qu'une enseignante américaine a mis au jour les difficultés vécues par les enfants. Faibles ressources, parents absents: sous forme de petits mots, les élèves ont confié ce qu'ils avaient sur le coeur à Kyle Schwartz, institutrice à Denver …
… Les enfants y révèlent avec franchise ces problèmes qui, bien souvent, se répercutent sur leurs chances de réussite.
"J'aimerais que ma maîtresse sache que mon cahier n'est pas signé car ma mère n'est pas souvent là"
  AMERICAN WAY OF LIFE


Information ou publicité? D’après une étude parue sur le site de l’Académie de Finlande le 22 avril, un enfant sur cinq seulement serait en mesure de reconnaître une publicité sur Internet. L'étude a été effectuée sur 160 classes de notre équivalent de la sixième (11-12 ans)…
presqu'un élève sur deux a cru le message publicitaire et que seulement un sur cinq a été capable d’identifier qu’il s’agissait bien d’une publicité…
  Pouce !

… Depuis 2007, chaque enseignant doit bénéficier d’un entretien annuel de formation. Il ne s’agit pas d’une possibilité offerte mais d’une obligation légale (loi n° 2007-148 du 2 février 2007 de modernisation de la fonction publique). Huit ans plus tard, pas un seul enseignant français n’en a bénéficié. La Cour des Comptes regrette également qu’il soit impossible «de retracer le parcours de formation des enseignants» : il n’y a aucun suivi, les formations ne sont pas données dans un cadre global de valorisation des compétences des enseignants, ni de cohérence ou de vision à long terme …
… Le pire pour le ministère, dans ce texte, est doute le rappel à ce que devrait être une formation continue digne de ce nom – manière de dire en creux tout ce qu’elle n’est pas, actuellement…
… Ce semble être une habitude très française, de réformer l’école sans former les enseignants. Au primaire, on doit enseigner l’anglais sans avoir été formés, on doit enseigner l’informatique (et bientôt le code) sans avoir été formés, on accueille des élèves à « besoins spécifiques » (dyslexie, dyspraxie, dyscalculie, troubles envahissant du développement, autisme, etc…) sans avoir été formés…

«Ce qui est frappant, c'est que ce débat sérieux et profond –élitisme dynastique versus élitisme républicain, qui suppose qu'on rebatte vraiment les cartes en offrant de mêmes chances de réussite à chacun– n'est jamais mené de façon franche, en tombant les masques. Les défenseurs d'un système inégalitaire et de reproduction sociale ne vous le diront jamais frontalement, sans doute parce qu'ils perçoivent ce que leur position peut avoir d'intenable dans un pays amoureux d'égalité.»
Il s'agit surtout de ne pas perdre les options qui permettent de trier les élèves, des privilèges accordés aux bonnes classes et bons établissements. Pour ne jamais se mélanger…
… L'équation reste difficile: les difficultés scolaires lourdes concernent surtout les enfants des milieux populaires. Redistribuer, ou même simplement repenser la distribution des moyens et des options en direction de ces derniers, inquiète les élites.
À gauche comme à droite

Pour le dire crûment : le rapport "coût-avantages" des études littéraires est, aujourd'hui, le plus défavorable du système éducatif. Les jeunes en ont pris acte, et leur désamour des langues anciennes n'est que le symptôme de ce mal…
… Ce sont ces disciplines, ces "humanités du XXIe siècle", qui nous aideront à éviter le monde qu'annonce la littérature d'anticipation depuis Orwell et Huxley - hypercontrôle social et politique, eugénisme larvé, anesthésie des consciences par les mass media... Si quelques heures de latin et de grec supplémentaires au collège suffisaient à préserver notre civilisation, l'affaire serait simple. Malheureusement, le chantier est d'une tout autre ampleur.



Enrayer la chute ?
Le co-pilote dépressif enfermé, enclenchant la descente qui va condamner 150 êtres humains à la mort …
Qui sont les pilotes qui hantent les salles de marchés, les clubs internationaux à 100 smics de cotisation, qui font construire le yacht qui sortira trois jours en mer dans l’année mais qui aura 10 mètres de plus que celui du rival, qui spéculent sur la faim de centaines de millions d’êtres humains en jouant sur les marchés des céréales à la bourse de Chicago, qui laissent les pauvres de la planète s’entretuer au nom de religions diverses et souvent à l’intérieur de la même religion, qui créent un septième et un huitième continents de détritus, déchets et ordures au milieu des océans, qui laissent – voire ordonnent de – torturer en divers camps et prisons, « secrètes » ou pas, qui chassent l’homme et l’enfant en bateaux de réfugiés en perdition ou camps de rétention aux marches des « démocraties », qui raclent les fonds des mers et fracturent les tréfonds des terres, qui s’acharnent à détruire ce qu’il reste des ressources de la planète à la recherche éperdue de la moindre miette de profit à arracher au concurrent ? … 
Certains craindront l’émergence d’une école qui n’est plus la même partout ; d’autres, une «primarisation» du collège. Ce dernier, pensé historiquement comme l’antichambre du lycée est, de fait, avec cette réforme, rattaché au premier degré. La France se construit, sans le dire, une «école du socle» de 6 à 16 ans, un peu comme ces écoles moyennes des pays nordiques.

Dans le document se lit cependant, au fil des pages, la volonté de ne pas diviser. Il donne des gages aux partisans de méthodes dites traditionnelles - exercices répétés, par cœur -, autant qu’à ceux enclins à défendre l’école du plaisir, de la bienveillance. «On a voulu dépasser les vieilles querelles de chapelle, confirme M. Lussault. Peu importe la méthode, du moment qu’elle est bien appliquée»

Un collège unique, mais moins uniforme. Qui accueille tous les élèves, sans séparer les bons des moins bons dans des «classes d’élite» ou des filières de relégation, tout en prenant en compte leurs différences. Tel est le principe de la réforme du collège, qui entrera en vigueur à la rentrée 2016…
Actuellement, chaque collège propose, à quelques détails près, la même organisation. Dans le nouveau collège, les équipes disposeront d’une marge de manœuvre de trois heures par semaine…
… Reste que les enseignants auront peu de temps – un an tout juste – pour s’y préparer. « Il va falloir qu’ils soient accompagnés », souligne Frédéric Sève. Sans quoi la réforme du collège de Najat Vallaud-Belkacem viendra s’ajouter à la longue liste de réformes avortées que compte ce ministère.

Le Pôle Innovant Lycéen de Paris, structure publique de type micro-lycée, recherche pour la rentrée 2015
un professeur en sciences (SVT ou physique-chimie) pour un projet pédagogique alternatif.
Contact :poleinnovant@gmail.com
Inscriptions élèves - prochaines réunions d'informations:
- PIL : samedi 11 avril, 11h -12h.
- Micro-lycée :  mardi 19 mai, 14h - 15h.
Au 94 rue Barrault, 75013 Paris (M° Corvisart - RER B Cité Universitaire - Tramway T3 Charlety)
Lycée expérimental de Saint-Nazaire : Deux postes à pourvoir.
L'établissement public expérimental propose une pédagogie alternative.
Il recrute à la rentrée deux personnes : un professeur d'arts et pratiques manuelles et un gestionnaire.
Contact :ce.0442286w@ac-nantes.fr

… 74% des personnes interrogées jugent que "les enfants d'aujourd'hui sont en général moins bien élevés qu'à l'époque où ils étaient eux-mêmes enfants". Les sympathisants de droite sont plus sévères à cet égard (86%) que les sympathisants de gauche (61%).
Pas besoin d'attendre d'être âgé pour éprouver ce sentiment que "c'était mieux avant": les jeunes sont "presque aussi nombreux que les seniors à trouver les enfants d'aujourd'hui «moins bien élevés» qu'à l'époque où ils étaient eux-mêmes enfants (71% des 18-34 ans et 76% des 65 ans et plus)"…
… 85% des sondés estiment que la plupart des parents ne sont "pas assez sévères" avec leur descendance. Les enfants des autres, ces mal-élevés. ..


 

Comment pourrait-on, aussi accros à nos smartphones, être des garde-fous crédibles ? On se répète qu’il faut les protéger des pièges du Net, mais les ados ont mis moins de temps à comprendre qu’il valait mieux ne pas être amis avec leurs parents sur Facebook qu’il n’en a fallu aux parents pour comprendre qu’ils n’étaient pas obligés d’accepter leur employeur en ami… Si on cherchait encore une preuve de la parfaite maîtrise des écrans par les parents, une étude conduite au Royaume-Uni en 2014 par un cabinet d’avocats a montré que Facebook était cité dans un cas de divorce sur trois.
«Ils sont comme leurs enfants, fascinés par la technologie moderne. Ils veulent la dernière tablette, le téléphone dernier cri… Ils sont autant piégés que leurs enfants, voire plus»


 

… Léa est en 4e, collégienne « normale » et bien intégrée dans sa classe. Elle sort avec le beau Mattéo et, malgré les jalousies des copines, tout va bien. Jusqu’à cette soirée filles qui dégénère…

… une situation où les adolescents sont à la fois obsédés par leur image et par le besoin de plaire, et incapables de maîtriser leur image. 76% des jeunes ne savent pas comment réagir face à des situations de cybersexisme. «C’est bien pour ça qu’il faut communiquer sur le cyberharcèlement »
                       [ campagne« Arrêtons le cybersexisme » ]

Pouce !


La France, championne d’Europe du stress scolaire. Le phénomène a pris ces dernières années des dimensions d’épidémie invisible.
Dans un pays où le suicide est devenu la 2eme cause de mortalité chez les moins de 14 ans, le psychiatre Boris Cyrulnik appelle ça le "sprint" scolaire : l’obsession de la réussite et le culte de la performance qui se sont emparés de toute la société. Pourquoi la peur d’échouer a-t-elle remplacé l’envie de réussir chez nos collégiens ? Pourquoi et comment la culture de la performance et de l’évaluation des salariés sont-elles en train de s’insinuer dans le système scolaire français ?
  Rediffusion sur LCP TNT : dimanche 3 mai 2015 à 15h10
"La-Carte-Scolaire"
cette reconnaissance de l’inégalité par l’institution est à double tranchant. Si elle permet de sortir d’une certaine forme d’hypocrisie (non, l’école républicaine n’est pas la même pour tous et partout), cette information alimente aussi les logiques de choix et de marchés scolaires.
Cela renforce même les inégalités sociales. Les sociologues comme Agnès van Zanten, chercheuse au CNRS et à Sciences-Po, le savent: ceux qui utilisent le mieux ces informations sont les élèves issus des familles les plus aisées et proches du monde scolaire. Les milieux populaires privilégient davantage la proximité. C’est paradoxal: en matière scolaire, l’information est facteur de disparités.
Pire, cela fait 22 ans que le ministère publie ce type de données, et que cela ne fait pas vraiment avancer l’école

Les-Rythmes-Scolaires
… il ne faut pas chercher les grands gagnants du nouveau calendrier trop loin : le tourisme a obtenu à peu près tout ce qu’il voulait et même davantage, il faut dire que le ministre des Affaires étrangères en personne était monté au créneau. D’abord, le zonage n’est pas touché, alors que toute la communauté éducative (parents d’élèves, syndicats enseignants) s’était prononcée pour un passage de trois à deux zones de vacances, ce qui aurait mécaniquement équilibré l’alternance école / vacances …
l’alternance vacances / école vole en éclats, certaines zones se retrouveront avec des périodes de 5 semaines de classe en janvier et 11 semaines pour finir l’année. Actuellement, ce déséquilibre existe déjà et, plutôt que de le corriger, le choix est fait de l’accentuer !..

c’est le baccalauréat qui, en France, détermine le calendrier scolairedès les petites classes. Tant qu’il sera maintenu dans sa forme actuelle – un examen final organisé sur tout le mois de juin –, on n’arrivera pas à toucher à l’année. Le transformer en contrôle continu est une proposition explosive… Au moins pourrait-on envisager de distinguer le calendrier scolaire du lycée et celui du primaire et du collège…



Les-Connaissanes-&-Les-Compétences
se composer un portefeuille individualisé de connaissances et de compétences répondant au plus près aux attentes des employeurs…
… La dette étudiante a dépassé, en volume, le montant annuel des encours des cartes de crédit, laissant craindre le pire si les diplômés ne parviennent pas à trouver, à la sortie, des emplois suffisamment rémunérateurs pour rembourser leurs prêts. Le poids de ces contraintes économiques, de part et d'autre, ouvre, forcément, les esprits au changement. Elles sont moindres en France.
Est-on, pour autant, à l'abri ?

Mais alors à quoi servent ces indicateurs, quand, par ailleurs, la ministre de l’Education nationale annonce qu’elle veut plus de mixité sociale dans les établissements scolaires, ce qui passe par une moins grande liberté de choix laissée aux familles? Dans ce contexte, pourquoi publier encore ces données ? …
depuis toujours, c’est cette contradiction majeure dans le message envoyé par l’Education nationale. En publiant ces indicateurs, l’institution reconnaît que tous les établissements n’ont pas les mêmes performances toutes choses égales par ailleurs. Et dans le même temps, le ministère répète aux familles qu’elles n’ont pas à décider de l’établissement pour leur enfant afin de garantir une mixité sociale… Il faut choisir.

L’enterrement de la loi Jospin (1989) aurait pu être une leçon notamment quant à l’absence de pédagogie de la réforme. Elle a été enterrée une nouvelle fois, voire incinérée. Personne n’en parle...
on continue, en fermant les yeux sur sa propre responsabilité, à fabriquer le terreau qui permet aux extrémismes de prospérer et on perd l’école. Emmanuel Davidenkoff pourrait réécrire son livre de 2003 (Hachette Littératures) : «Comment la gauche a perdu l’école», en sachant que bien au-delà de l’école, c’est l’avenir de notre société qui est en jeu.
Depuis Savary en 1981, toutes les réformes scolaires ont été refusées.
Pour n'importe quel ministre de l'éducation, le risque maximum est de vouloir réformer.
LOI D'ORIENTATION SUR L'ÉDUCATION : Loi n° 89-486 du 10 juillet 1989
... Ainsi disparaît une esquisse d’évaluation et l’une des sources de rénovation du projet...
 (Extrait du Rapport de Bernard Toulemonde)

D’école il n’a qu’à peine été question. «L’école et la laïcité  (…) seront au coeur de l’action de mon gouvernement».
Un  propos incantatoire qui prouve exactement l’inverse de ce qui est dit: l’école sera bien évidemment à la périphérie de l’action de ce gouvernement. Et la défaite politique dudit gouvernement conforte un peu plus cette intuition. Une fois de plus, les échéances électorales vont polluer le temps et les enjeux éducatifs. Rappelons que la ministre Najat Vallaud Belkacem a jusqu’au 10 avril pour négocier avec les organisations syndicales une réforme importante, celle du collège que l’on tente en vain de mettre à l’agenda politique depuis 15 ans…


Classe unique multiâge - petites écoles - accueil des moins de 5 ans ...

Droit dans ses bottes, l'inspecteur ne cille pas : "Quelle que soit leur compétence, la classe unique est une mission impossible pour les enseignants", répète-t-il. "Si on veut relever le niveau de la maternelle, il faut améliorer les choses", insiste-t-il encore."En interdisant l'inscription des enfants de moins de cinq ans, vous asséchez la classe que vous ferez disparaître", accuse un élu…
… L'inspection d'académie envisage 64 fermetures de postes dans les Pyrénées-Atlantiques à la rentrée 2015…
[ Défendons nos petites écoles - Pour la survie du monde rural – Pétition ]

Le point sur les recours au Tribunal administratif :
("Ecole & Territoire")
2015 - 06 mars : Audience devant le Conseil d'Etat. Le ministère fait appel devant le conseil d'Etat pour demander l'annulation des arrêts de la cour administrative de Marseille nous donnant raison contre l'inspecteur du 04 qui refusait de donner les dérogations aux élèves de moins de 5 ans dans les classes uniques qu'il avait l'intention de fermer (voir 2012). Gagné.
C'est une décision très importante pour l'ensemble des maires de petites communes ayant encore une école à classe unique.La décision n°365663 du 18 mars 2015, sera publiée dans la jurisprudence du site du Conseil d'Etat et celle de "Légifrance".

2014
14 août : audience en référé au TA de Pau contre la fermeture d'une classe maternelle à Soulom (65). Perdu
04 août : audience en référé au TA de Limoges contre la fermeture de l'école maternelle de Fléré la rivière (36). Perdu...
                                          [ Conseil d’Etat -18 mars 2015 - Moins de 5 ans en classe unique ]

La déclaration des professeurs n’y va pas par quatre chemins.
N’ayant «aucune garantie quant à la forme et l’usage qui seront donnés à [leurs] propos»,
ils disent «refuser d’être entendus»
… les difficultés d’enseignement dans l’établissement sont dues «au chômage de masse»
qui touche les familles, aux discriminations, à l’insuffisance de médecins et de logements décents… autant de freins qu’ils refusent de voir «instrumentalisés au profit d’un discours visant à stigmatiser la jeunesse de Seine-Saint-Denis»...

Depuis trente-cinq ans, les décideurs politiques et les partenaires sociaux n’ont opté que pour un enchevêtrement de dispositifs ciblés en fonction de critères d’âge, de statuts, de lieux d’habitation. Ceux-ci ont en grande partie échoué et la précarité est devenue la norme de l’entrée dans la vie active pour beaucoup de jeunes. L’âge moyen du premier CDI, signe de stabilité, se situe entre 28 et 29 ans, il était à 22 ans en 1992. Le diagnostic est connu depuis de nombreuses années

lorsqu'on en vient aux solutions qui pourraient être mises en oeuvre afin qu'elle remplisse sa "mission première de faire partager aux élèves les valeurs de la République", c'est pour constater que nombre de mesures et de dispositifs sont en place, parfois de très longue date, mais que cela ne suffit pas. Rien ne dit, en outre, que nous soyons collectivement d'accord sur les "valeurs"à transmettre, ni prêts à en déléguer la transmission à l'école.
Celle-ci est certes la matrice de la société, mais elle en est aussi le miroir

… Premier cas : celui d’un professeur de CM2 dont des élèves, appuyés par leurs parents, s’opposent à une sortie prévue dans une église pour écouter du Vivaldi. Dans le deuxième cas, c’est un cours sur l’islam qui vaut à un enseignant la réaction courroucée d’un parent. A chaque fois, les familles ont mis en avant leur religion – musulmane dans le premier exemple, catholique dans le second –, affirmant agir au nom même de la laïcité. ..
ces sujets qui agitent l’opinion : les repas de substitution, les mères voilées… Des anecdotes que l’on se répète entre professeurs – ici, un cours de natation problématique, là, une leçon de SVT contestée –, en se demandant si elles sont avérées ou de l’ordre de la rumeur…

UMP et PS ont pourtant raison.Il faudrait évaluer. Il vaudrait mieux éviter de reproduire ce qui s’est passé avec la loi d’orientation de 1989, enterrée sans une larme et sans bilan sérieux, ou ce qui s’est passé avec les programmes intéressants de 2002, balayés d’un revers de main sans évaluation pour être remplacés par des programmes débiles en 2008. Encore faut-il se mettre d’accord sur ce que l’on évalue et comment.
Comment évaluer une prétendue refondation qui n’a jamais été précisément définie, jamais clairement distinguée de la réforme, de la réparation, du replâtrage, de la rénovation.
Il serait plus facile aujourd’hui d’évaluer la continuité que la refondation

Le caractère "libre" du privé, largement théorique
Ici, la ressource privée peut être massivement mobilisée tout en continuant à profiter de la bienveillante protection de l'Etat. Le mécanisme est simple : l'offre scolaire présentant, de notoriété publique, un inégal accès aux filières les plus recherchées, ceux qui en ont les moyens les dépensent, afin de bénéficier du meilleur service pour leurs enfants. Domiciliation dans la "zone de chalandise" d'établissements recherchés. Investissement dans des activités parascolaires ou extrascolaires susceptibles d'offrir un avantage concurrentiel -cours particuliers, séjours linguistiques, etc. Recours à l'enseignement privé sous contrat (le hors-contrat demeure marginal).
Le tout sous couvert de méritocratie républicaine …
… Ce dispositif contribue depuis des décennies à entériner les positions sociales acquises à la naissance, ce qui serait peut-être moins choquant s'il ne prétendait pas l'inverse à longueur de discours…
La question est non pas de savoir si le libéralisme fera irruption dans le secteur éducatif,
mais dans quel délai et avec quelle ampleur. ..

 
mêmes programmes, même paperasse, mêmes pratiques autoritaristes, même mépris pour la charge de travail des enseignants. L'autoritarisme exacerbé poursuit inexorablement son développement avec injonctions, contrôles, jugements, sanctions, menaces...
… On s'est habitué à la continuité. On s'habitue à la souffrance.
Mais avec les nouvelles déclarations ministérielles, on passe à la marche arrière. L'évaluationnite que j'avais qualifiée de "malheur de l'école" il y a bien longtemps, revient en force, à la grande joie des pilotes, des managers et des caporaux.
J'ai appelé Eveline Charmeux au secours

2012 n'a pas eu lieu. Aujourd'hui, en dépit des appels au secours de nos amis, Pierre et les autres, c'est en 2009 que nous sommes : pour ouvrir l'année scolaire 2015, la Ministre a décidé d'offrir aux enfants de CE2, une belle évaluation nationale.
Brusque remontée d'évaluationnite foudroyante, qui achève le lent travail d'érosion d'une refondation, celle de l'école …


… l’école publique n’était pas un modèle efficient. Il n’y avait aucun contradicteur dans la salle…
… Comment vont se réorganiser les systèmes éducatifs des pays en voie de développement et même ceux des pays développés? Quelles ressources y consacrer? Quels modèles pédagogiques y déployer? Doit-on laisser l’innovation pédagogique et sa promotion à des associations et des fondations? En tant que française, je me pose évidemment une autre question: l’école publique, laïque et gratuite n’est-elle pas une alternative intéressante du point de vue de l’égalité et de la démocratie? Il n’y a personne pour la défendre ici.

L’avenir de l’éducation s’écrit ici en lettre « Capital »: c’est une évidence pour tous les intervenants, puisque « l’école publique ne fonctionne pas et que l’Etat ne peut pas tout », assure Dino Varkey, directeur de GEMS. Dans une sorte de confiance parfois béate dans la vertu du  marché, l’on nous explique ici que puisqu’une entreprise cherche la performance, elle seule peut créer les conditions de l’excellence dans le secteur éducatif
Il a manqué quelques experts français pour défendre notre modèle éducatif, laïc et gratuit, qui, il y a un siècle encore faisait figure de standard mondial. Ce temps-là est manifestement derrière nous…

la demande sociale adressée à l'école n'a pas grand rapport avec le "partage des valeurs de la République". Au triptyque "Liberté, Egalité, Fraternité" se substituent, au choix : le triptyque "lire, écrire, compter" et sa cohorte de polémiques techniques, voire technicistes, au premier rang desquelles la querelle des méthodes de lecture ; la demande d'autorité renforcée, qui exonère au passage les parents de leur part de responsabilité ; l'exigence de mieux préparer les jeunes à la vie active. Ces trois demandes, parmi d'autres, peuvent évidemment se combiner


"Le-Collège-du-Secteur"
… Enfin, si, comme les rumeurs le laissent entendre, le calendrier scolaire annuel ne devait être modifié qu’à la marge, il ne fait guère de doutes que cette réforme du collège, très éloignée de la «refondation» – à laquelle, de toutes façons, personne ne croyait plus – n’est qu’une réponse très partielle aux enjeux mis en avant…
… si les élèves échouent en collège, c’est parce qu’ils y ont été mal préparés par leurs premières années de scolarité ou encore qu’ils ne sont décidément pas «faits pour les études».
Et tant pis si les élèves concernés sont tous issus des milieux défavorisés : une sorte de sélection naturelle sera plus facile à faire passer dans l’opinion publique qu’une ségrégation sociale sciemment organisée par l’institution scolaire…
… c’est à la rentrée 2016 que le «nouveau» collège devrait voir le jour… à quelques mois d’une échéance politique majeure qui ne rend guère optimiste. Dans le domaine éducatif également

… les nouveaux secteurs devraient voir le jour à la rentrée 2016, en même temps que la réforme du collège.
Mais pour l’affectation des élèves au sein d’un secteur élargi, le ministère renvoie la balle aux acteurs locaux. A eux de déterminer qui ira où et sur quels critères.
Or, rien ne dit que ceux-ci oseront s’aventurer sur ce terrain glissant et que les élus prendront le risque de se mettre à dos une partie de leur électorat…
… le redécoupage des secteurs sera «l’un des chantiers des futurs conseils généraux, une fois les élections départementales passées».
Reste aussi la question des collèges privés. «Seront-ils intégrés dans la réflexion ? Se verront-ils imposer des contraintes de mixité ?, s’interroge Philippe Tournier, du SNPDEN. Si tel n’est pas le cas, les familles qui ne sont pas d’accord avec l’affectation de leur enfant pourront toujours quitter le public et se tourner vers le privé, et la mesure risque d’être un coup d’épée dans l’eau



… Le ministère de l’Education a publié fin février la carte par académie des CIO que l’Etat est prêt à garder… Et c’est catastrophique.
C’est-à-dire ?
Le ministère ne veut financer que 66 CIO parmi les 230 départementaux existants. Si en face, les conseils généraux décident de se désengager, vous mesurez le désastre. On ne peut pas rester sans rien faire, c’est insupportable pour ces milliers de jeunes, et moins jeunes d’ailleurs, qui n’auront plus personne vers qui se tourner. Et après, la ministre répète à tout va que la lutte contre le décrochage scolaire est une priorité ! ..

le décrochage scolaire peut être très précoce et survenir bien avant l’adolescence. Certains enfants vivent douloureusement un « non-accrochage », et d’autres, un décrochage en tout début de leur parcours scolaire. Ces enfants, en raison de leur histoire personnelle, familiale, sociale, ne parviennent pas à s’inscrire dans les apprentissages de leur classe ou dans les liens sociaux nécessaires pour devenir des élèves….
les RASED ont été décimés par des fermetures massives de postes et par celle des Centres de formation. Entre 2008 et 2012, les équipes ont été disloquées, dispersées, 5000 postes en RASED étaient supprimés, à bas bruit, utilisés comme « variables d’ajustement » des budgets successifs de l’Education nationale. Les RASED ont connu une perte de 50% d’enseignants spécialisés…



Heureux, mais inquiets. Déprimés, mais optimistes. Avides d'expériences, mais demandeurs de limites posées par les adultes... A lire l'étude publiée par l'Inserm ce jeudi, on a d'abord l'impression que les ados d'aujourd'hui ne sont pas très différents des ados d'hier: parfois bien dans leur peau, parfois, non. Mais cette enquête réalisée auprès de 15 235 jeunes de 13 à 18 ans permet aussi d'en savoir un peu plus …
… en 1993, les amis étaient les premiers interlocuteurs en cas de difficulté. Vingt ans plus tard, ils ne sont que le troisième recours évoqué par les adolescents, après l'isolement et la musique. ..
… les tentatives de suicide des adolescents sont en hausse: 7,8% des jeunes de 2013 en ont déjà fait une, contre 6,5% en 1993.
Quand à la dépression, elle touche inégalement suivant le sexe: 16,8% des filles sont concernées, et 7% des garçons…
… hausse de l'échec scolaire, du décrochage, du harcèlement, de la violence à l'école...
Des professionnels qui s'inquiètent de l'omniprésence des écrans dans la vie des ados, qui compliqueraient les apprentissages, par désinvestissement de l'imaginaire et des mots au profit des images "clés en mains"…

          [ Enquête épidémiologique « Portraits d’adolescents »INSERM– pdf ]

De l’autre côté de la porte ...
… on signalait le cas d’adolescents ayant fini par se murer dans leur chambre le plus calmement du monde, passant leur journée à lire des mangas et à jouer aux jeux vidéo. Aucune ambition, envie de rien, aucune préoccupation vis à vis de l’avenir: ces jeunes gens se distinguaient des autres adolescents, certes fréquemment apathiques, par un désintérêt total pour le monde réel. …
… La France commencerait également à être touchée: le docteur Marie-Jeanne Guedj-Bourdiau, pédopsychiatre, chef de service des urgences psychiatriques de l'hôpital Sainte-Anne, affirme dans l’ouvrage collectif que des dizaines de cas ont été constatés dans notre pays, concernant non seulement des adolescents, mais également de jeunes adultes qui aurait eu du mal à terminer leurs études supérieures.
Le taux de chômage chez les jeunes ainsi que le nombre croissant d’accros à Internet et aux jeux vidéos n'aidera pas à endiguer le phénomène.

Nous dormons une heure et demie de moins aujourd'hui par rapport à ce qui était mesuré il y a quatre-vingts ans. Une étude publiée le 2 mars par le réseau Morphée a mis en évidence qu'en consultant les écrans tard le soir, voire pendant la nuit, les adolescents français se coupaient de leurs besoins en sommeil.