DES ECOLES DIFFERENTES :
ARCHIVES 2013

Une "refondation" ?
Pour-de-vrai-sans-déc. ?
Bigre.
 

C'est l'année de tous les dangers pour le ministre de l'éducation nationale, Vincent Peillon …
…Pendant dix-huit mois, il a brossé à grands traits sa réforme, a écrit une loi d'orientation et de programmation qui enchaîne les grands principes fédérateurs. C'était l'acte I de la refondation. L'acte II consiste à traduire le langage philosophico-juridique de sa loi en un prêt-à-appliquer dans les classes
… Pour changer les pratiques, il faut redéfinir le métier d'enseignant autrement que par le décret de 1950 qui dispose qu'être prof, c'est assurer 18 heures de cours chaque semaine. M. Peillon aimerait ajouter le travail en équipe ou les rendez-vous avec les parents à cette définition qui gomme toute une partie du métier. Mais là, tous les voyants rouges s'allument…

"Je ne pense pas que les mamans qui travaillent à l'usine seront là à 15 h 30", souligne une autre. Du côté de la CDC, le message est clair : "Bien sûr que les parents paieront, à présent l'école se termine à 15 h 30, martèle André Grudé, après ce que nous proposons, c'est un service de garde comme un autre."

Total a signé un accord-cadre avec l’Etat, plus précisément avec le ministère des Sports, de la Jeunesse, de l’Education populaire et de la Vie associative le 7 juin dernier pour financer à hauteur de 4 millions d’euros la réforme des rythmes scolaires (notamment alloués au développement d’activités périscolaires prévues dans le cadre de la réforme des rythmes éducatifs…

LES CHÈQUES ÉDUCATION (SCHOOL VOUCHERS)
= L'ÉCHEC !
L'un des plus fervents promoteurs du chèque-éducation aux USA, Sol Stern, vient de faire brusquement volte-face en affirmant, constats à l'appui, que le voucher n’avait "pas du tout amélioré le système public".
Quelle surprise ! 
Mais, était-ce - vraiment - le véritable objectif ?
En France aussi, évidemment, et depuis une bonne vingtaine d'années …

Mais Peillon se trompait.
En quatre ans, les professeurs des écoles se sont habitués aux quatre jours. Beaucoup sont des femmes qui ont organisé leur vie familiale en conséquence. Certains reconnaissent les limites de cette semaine. Mais leur demander de venir travailler le mercredi, sans geste en retour, est souvent perçu comme une nouvelle attaque contre une profession malmenée ces dernières années. Les instits français sont parmi les plus mal payés d’Europe. Ils ont aussi été critiqués pour les résultats en berne de l’école française…
… Au fil de débats interminables, la grande réforme annoncée s’est engluée. Le ministre, qui promettait de revoir dans la foulée l’année scolaire et ses trop longues vacances, n’en parle plus guère…
 


… L'aménagement des rythmes scolaires est une bonne chose, mais le fait de confier les enfants à des animateurs ne suffira pas à accroître les performances ; il faudrait aussi que les élèves aient plus de temps pour travailler. Ce qui passe par des jours de classe plus nombreux et moins chargés…
… Recruter des professeurs va dans le bon sens, à condition qu'on leur demande de travailler autrement. Le coeur de l'affaire est la transformation des pédagogies, ce qui suppose des moyens, mais ne se limite pas à eux seuls…
… la formation permanente ne peut pas dépendre des désirs aléatoires des uns et des autres. J'ajoute qu'un recrutement précoce aurait sans doute contribué à accroître la diversité sociale des personnes recrutées, car, à bac+4 ou bac+5, le public étudiant est nettement plus "embourgeoisé" et choisit l'enseignement parfois faute de mieux. Quant à prendre en compte le bien-être des élèves, les ESPE en sont loin...
on peut se demander si la France a toujours la capacité politique de changer l'école sans risques politiques excessifs…
… les élèves faibles et défavorisés y croiront moins encore, pendant que les industries culturelles offriront des alternatives éducatives dont on peut tout craindre. Nous aurions donc intérêt à nous donner des objectifs modestes et des moyens pragmatiques de les atteindre. Nous ne pourrons pas éternellement faire des promesses que nous ne tenons pas.

Face à ce sous-emploi et au chômage de masse, on aurait imaginé que les politiques soient sur le pied de guerre: cassant des rigidités scolaires, revoyant les programmes, innovant sur le plan pédagogique, modifiant le statut des enseignants, ouvrant les numerus clausus, multipliant les possibilités de seconde chance, mobilisant les fonds de la formation professionnelle, créant des ateliers ou des écoles pour l’innovation notamment dans les secteurs de développement (inutile d’un millième rapport pour les identifier), stimulant l’auto-entrepreneuriat. On aurait attendu rapidement des réformes pour donner des ailes à une jeunesse qui soit, bouillonnant d’impatience, prépare sa valise, soit s’assoupit doucement, ou bricole, en attendant des jours (ou des politiques) meilleurs. Et bien non, la passion pour l’immobilité a gagné

un enseignant répond de manière assez agressive : 
« Très bien, on ne la renvoie pas. Et vous faites quoi si, demain, y’a des parents en pleurs qui viennent vous voir et vous disent : “Julie a frappé mon fils, pourquoi ne l’avez-vous pas renvoyée” ? »
Je prends la parole et demande à mon tour :
« Très bien, on la renvoie, et qu’est ce que vous faites si demain les parents d’un élève de son nouveau collège viennent vous voir en pleurant et vous disent “elle a frappé mon fils, pourquoi vous nous l’avez envoyée” » ?
La principale : 
« Oui, mais ça ne sera pas dans notre établissement. »

… «Nous observons une extrême diversité voire de véritables inégalités sur l’offre périscolaire en termes de contenu, d’encadrement des élèves et de coût pour les familles», a-t-il indiqué, regrettant que dans certaines communes les activités se réduisent à «de la garderie», quand d’autres proposeront judo, cuisine, astronomie...
... Le ministre a fait de l'offre périscolaire la vitrine de cette réforme. Aujourd'hui, elle en est le talon d'Achille" ...

… La ville de Paris a prévu des ateliers gratuits pour ses 132 000 élèves jusqu’à 16 h 30. Une usine à gaz à 50 millions d’euros. Après la forte mobilisation des enseignants, ce printemps, contre la réforme, Paris, l’une des rares grandes villes à se lancer dès la rentrée, veut absolument montrer l’exemple. Mais, malgré son zèle de bonne élève socialiste et des moyens nettement supérieurs, l’organisation patauge encore….
Normalement, les ateliers devaient avoir lieu dans les salles de classe. Sauf que les enseignants sont assez réticents à cette idée. Cela entraînerait trop de dérangement, et l’obligation de quitter la salle à 15 heures alors qu’ils restent souvent sur place après les cours pour travailler.«On va bien être obligés de mettre les enfants quelque part !»

… En 2012, environ 82 % des emplois créés étaient des contrats temporaires, contre 70 % cinq ans plus tôt, et contrairement aux emplois à temps plein, ces contrats ne permettent pas d’accéder à la classe moyenne française. Cette situation contraint quasiment toute une génération à vivre dans la précarité, y compris ceux qui travaillent dur et qui font de longues études…
… Sondage après sondage, les Français répètent qu’ils veulent des réformes et une modernisation de leur système – tant que cela n’a aucun impact pour eux

En conséquence que faut-il leur apprendre? Peut-être que le plus important est qu'ils apprennent à prendre soin d'eux: s'ils prennent soin d'eux, alors ils sauront prendre soin des autres et leur environnement. Je crois que cet aspect à totalement été négligé ces trente dernières années au profit de la course à l'écrasement de l'autre, au succès, au détriment de son camarade…

Cette fois-ci, c’est la bonne ! Juré, promis : l’école française va enfin basculer dans l’ère numérique. Enfin !...
… Tous les prédécesseurs de Vincent Peillon ont annoncé en leur temps ce grand changement …
… à quoi servira-t-il de former les enseignants dans les ESP si, arrivés sur le poste, ça ne marche pas

Cette école alternative a ouvert en septembre dernier.
La première année a été compliquée. Il a fallu trouver un nouvel enseignant un mois après la rentrée, trouver aussi les financements, près de 2500 euros sont nécessaires chaque mois pour faire fonctionner cet établissement ! 
Pourtant donc, les quelques parents d'élèves aimeraient rempiler pour la prochaine rentrée ...
... L'école pourrait fonctionner avec un mi-temps assuré par un enseignant professionnel le matin, les parents d'élèves prenant le relais l'après-midi. Mais cette organisation suppose des parents volontaires et disponibles pour encadrer un groupe d'élèves. Pas évident…
L'école alternative ne rouvrira pas cette année

Créer une école ...
… Toutes les expériences passées, et certaines qui s'enlisent actuellement, prouvent qu'on ne peut construire un projet cohérent et une équipe stable avec seulement une juxtaposition de refus ou une addition d'attentes disparates et parfois contradictoires - surtout lorsque la langue de bois fait office de ciment - entre les enseignants-éducateurs, entre les parents, entre parents et enseignants…

Des prestations bénévoles aux stages non-payés, les jeunes forment une cible de choix
… Le vivier de candidat qui préfère travailler pour rien plutôt que de ne rien faire du tout s'élargit. "Mon école était souvent la première à nous faire suivre des annonces pour un premier boulot non rémunéré"

… En moyenne, un étudiant possède des biens d’une valeur totale de 2 629 euros (soit 2 266 livres). C’est dans la musique que les jeunes investissent massivement avec près de 830 euros (715 livres) consacrés au téléchargement. À titre de comparaison, 200 euros sont dépensés pour les livres et journaux en ligne…

… Selon cette étude, moins de la moitié des diplômés du privé obtiennent un emploi qui correspond à leur niveau universitaire, tandis que les étudiants des universités publiques sont 90% à trouver un emploi. Enfin les critiques fusent au sujet de certains établissements jugés plus intéressés par leurs bénéfices que les résultats de leurs élèves, et proposant des cursus de faible qualité.
Pour le gouvernement britannique, le privé est une aubaine

La vigueur d'une croyance se mesure à sa capacité à résister aux démentis de la réalité. A cette aune, la «communication politique» force l'admiration. Son inefficacité a beau être de plus en plus patente, nos gouvernants persistent à sacrifier à ses rites.
Au risque d'un ridicule qu'ils semblent être les seuls à ne pas percevoir. Les mises en scènes estivales du pouvoir en fournissent une pathétique illustration…
… Quant à l'idée de produire un petit événement médiatique quotidien jusqu'au coeur du mois d'août, elle pêche par une confondante naïveté. On a de la peine pour Jean-Marc Ayrault en le voyant, lui qui n'est pourtant pas un adepte de la com' spectacle, jouer au djembé devant des enfants pour les besoins de la belle image

Place alors à l’imposture et à la mise en scène dont sont si friands le personnel politique et ses affidés : «Sortir ou ne pas sortir ?» that is the question. Dramaturgie fictive, réunion d’urgence, pied dans le tapis et fausse sortie. Car pour sortir «vraiment», franchir la ligne qui sépare le dedans du dehors, il faudrait pouvoir s’appuyer sur une autre ligne, c'est-à-dire précisément une pratique de l’esquive ou du détournement. Il faut «esquiver» disait Fernand Deligny  : esquiver les places prédestinées, les jugements préétablis, esquiver le pouvoir, esquiver «la camisole idéologique»…
… Fatalisme, diront les uns. Impuissance, diront les autres. Il n’y a qu’une seule ligne politique possible, qu’un seul modèle et qu’une seule fenêtre sur le monde. Le principe de réalité, cette référence passablement indéfinissable, s’est emparé du personnel politique qui ne se conçoit plus que comme praticien des institutions, maître en optimisation, RCB , LOLF et tutti quanti…De « la France forte » au « changement, c’est maintenant », le storytelling, cette technique de communication issue de l’entreprise, a remplacé l’engagement, la conviction que le faire politique est d’abord affaire d’émancipation et de lignes de fuite (la pratique de l’esquive)…

Cette année, sur un million de jeunes Britanniques de 18 ans, un tiers va se lancer dans un gigantesque pari financier. Et ils le feront dans une ignorance brumeuse, pleine de naïveté. Beaucoup n'auront d'ailleurs même pas conscience de faire un pari. Si certains en récolteront d'énormes profits, d'autres devront en assumer les conséquences pendant la majeure partie de leur vie professionnelle.
Depuis l'année dernière, les étudiants doivent prendre en charge la totalité des coûts de leurs études universitaires, depuis les droits d'inscription jusqu'aux frais quotidiens. Ce qui représente des sommes astronomiques…
Y a-t-il quelque part un responsable politique qui ait l'intelligence et le courage de réparer l'actuelle injustice intergénérationnelle ?

il« propose d’instaurer une tenue uniforme des élèves dont les modalités doivent être définies au niveau de chaque établissement »
…  Inconstance et inconsistance, tels sont les maîtres-mots qui viennent à l'esprit pour juger de ce projet pour l'Ecole du pré-programme présidentiel du candidat François Fillon, surtout si l'on n'oublie pas qu'il a été Premier ministre et même ministre de l'Education nationale …

… un camp de vacances reprenant la trame de la saga de Suzanne Collins. Ses livres dépeignent une société fictive dans laquelle des adolescents âgés de 12 à 18 ans s'entretuent jusqu'à ce qu'il ne reste qu'un survivant, érigé en héros national. Une vision contemporaine de Sa Majesté des mouches, de William Golding, ou de Battle Royale, le film japonais tiré du roman de Koshun Takami….
"Qu'est-ce qu'on fait en premier ? Est-ce qu'on commence par se tuer ?"demande ingénument le petit Sidney, 14 ans. "Non ! pas de violence cette semaine", lui répond une monitrice. Une phrase qu'elle devra marteler tout au long de la journée, débordée par l'enthousiasme des gamins, obsédés par l'idée de s'entretuer. La violence attendra…
… On y découvre que ces derniers peinent à se détacher de l'univers ultraviolent de l'histoire, discutant entre eux des différentes manières de se tuer, et de qui mourra le premier. Face à ces comportements, montrant bien qu'ils n'ont pas saisi la gravité des sujets traités dans Hunger Games, les responsables du camp ont préféré changer de vocabulaire. Au lieu de «tuer», les enfants «collectaient des vies» en attrapant les foulards attachés au ventre de chacun…


…Pour le gouvernement en place, toutefois, la croisade morale et les sorties populistes ne sont plus qu’une manière de faire oublier son propre échec à maîtriser le système. Sans compter qu’il est bien plus facile d’accuser les immigrés de voler les emplois que de s’attaquer aux dysfonctionnements du système éducatif, qui produit tant de jeunes démotivés et non qualifiés

… «Au matin de la tragédie, déclare Sobhan, la pression a été mise sur les travailleurs qui refusaient d’entrer [l’immeuble présentait des fissures, ndlr] : "Si vous n’y allez pas, vous perdrez votre job." "Quel choix avais-je ? ont dit les employés. Si je n’entre pas, qui va nourrir mes enfants, qui va payer leurs études ?"
… Le tee-shirt acheté 5 dollars au Bangladesh «sera toujours vendu 25 à New York»

C’est très pratique pour eux : moins de professeurs à payer, de salles de cours à prévoir, de séminaires à organiser. Beaucoup de masters professionnels universitaires demandent maintenant à leurs étudiants de faire six mois de stage, pour compenser leur manque de contacts avec le monde de l’entreprise. Aujourd’hui, le stage phagocyte tout : il remplace les cours et la formation, les emplois-jeunes et l’apprentissage. ..

Dès novembre 2007, un rapport de l’IGEN  rendu au ministre après la première rentrée post-réforme le mettait prudemment en garde : 
« Même si notre enquête intervient trop tôt pour formuler une appréciation sûre, il est clair que, très généralement, l’exigence de donner satisfaction aux demandes des boursiers a été reléguée au second plan et l’objectif de mixité sociale peu pris en compte. »
Et ce « aux deux extrémités de la hiérarchie des établissements », les plus convoités et les plus ghettoïsés

… Au dispositif des internats d’excellence, considéré comme coûteux et réservé à un petit nombre, il est envisagé de substituer l’excellence scolaire et éducative dans tous les internats
… Le maintien de ces structures dérogatoires pose la question de disposer, au sein du système scolaire français, de lieux d’innovation et d’expérimentation dessinant de possibles évolutions de l’exercice de la profession d’enseignant et favorisant une conception plus intégratrice et plus globale de la scolarisation (suivi des élèves, organisation de l’espace, dialogue externat/internat/parents, effort de restauration de l’image de soi des jeunes, développement de l’autonomie des élèves, relation avec les familles, accompagnement scolaire, ouverture culturelle)…
[ Modalités d’intégration des internats d’excellence dans une politique renouvelée des internats au service de la réussite éducative des élèves - Rapport Juin 2013 - pdf ]

il met en garde le ministre quant à l'éventuelle généralisation de cette méthode, dont l'expérimentation "produit des résultats pour le moins contrastés", selon un rapport de l'inspection générale.
Préconisée par l'association Agir pour l'école, la méthode pourrait toutefois bénéficier de l'appui …

… Vincent Peillon, par exemple, l’a déclamé dès son entrée en fonction. L’autorité à restaurer va de pair avec une violence scolaire, toujours en hausse, et un «niveau qui baisse», depuis la naissance de chacun. L’autorité, donc. A restaurer. A l’école. OK. On ne va pas discuter, même si depuis vingt ans les statistiques montrent que l’augmentation des conseils de discipline file le vertige. A cause de la violence ? «Non», dit un parent d’élève : «Un sixième était sorti s’acheter à manger : il avait oublié sa carte de cantine. Le lendemain, il a déjeuné à la cantine, mais sans sa carte. Il est passé en conseil de discipline

La politique, c'est d'abord des idées. Cela n'est peut-être pas courant mais les Verts allemands en ont eu une, et elle fait beaucoup de bruit. Laquelle? Instaurer dans les cantines germaniques un jour sans viande par semaine afin de promouvoir une alimentation végétarienne et végétalienne. 
En pleine saison du barbecue
…les cantines devaient "proposer (...) une nourriture plus saine". Pression artérielle, risque cardiaque, cancers, les études se suivent et se ressemblent pour dénoncer les méfaits de la surconsommation de viande…

… Quarante ans après sa naissance dans la mouvance tiers-mondiste, le commerce équitable est en partie devenu un « commerce de l’équitable »… 
En République Dominicaine, île des Caraïbes qui fournit 33% des bananes équitables de la planète, des producteurs labellisés Max Havelaar emploient – pour ne pas dire exploitent – des clandestins haïtiens

Lancée en juin 2007 par Xavier Darcos dans le but officiel de « donner une nouvelle liberté aux familles », celle du « libre choix de l’établissement scolaire », et « de favoriser l’égalité des chances et d’améliorer sensiblement la diversité sociale dans les collèges et les lycées », la politique d’assouplissement de la carte scolaire n’a rempli aucun de ces deux objectifs
[ Rapport n° 2013-037 - juin 2013 - Inspection générale de l’Éducation nationale - Inspection générale de l’administration de l’Éducation nationale et de la Recherche - Conséquences des mesures d’assouplissement de la carte scolaire après 2007 ]

… faire grandir ses enfants au son de «Finis ton assiette» (voire de «Finis ton assiette, y a des enfants qui meurent de faim dans le monde») est loin de leur être bénéfique.
Ces principes alimentaires parfois solidement ancrés dans les familles –ou chez les pions à la cantine– vont contre la santé des enfants, comme plusieurs études l'ont montré…

A titre expérimental, pour une durée de trois ans, les taux d'encadrement des accueils de loisirs périscolaires organisés dans le cadre d'un projet éducatif territorial peuvent être réduits par rapport aux taux prévus par l'article R. 227-16 du code de l'action sociale et des familles, sans pouvoir être inférieurs à :
1° Un animateur pour quatorze mineurs âgés de moins de six ans ;
2° Un animateur pour dix-huit mineurs âgés de six ans ou plus. …
[ Décret n° 2013-707 du 2 août 2013 relatif au projet éducatif territorial et portant expérimentation relative à l'encadrement des enfants scolarisés bénéficiant d'activités périscolaires dans ce cadre - JORF n°0180 du 4 août 2013 ]

…  environ 10% des participants inscrits à un cours vont jusqu'au bout. Le calcul du "no-show", terme utilisé pour désigner un élève qui ne se présente pas au début du cursus, est encore plus éloquent: 70% sur les MOOC les plus importants.
Il est difficile de poser une question et d'obtenir une réponse immédiate du professeur
Les critiques pointent du doigt le manque d'interaction entre professeur et élèves. Il est en effet aussi difficile de poser une question et d'obtenir une réponse immédiate du professeur sur un MOOC que dans un amphithéâtre bondé…

… Par exemple, à Paris, un jeune qui s’oriente vers le parc privé (parce que le parc social est bouché !) vit un véritable parcours du combattant. Il a attendu dans les escaliers une heure pour visiter un appartement, il arrive à l’étage et le logement est déjà loué. Ensuite, quand il arrive à louer quelque chose, avec deux personnes qui se portent caution, un chèque de caution etc., est-ce que madame Duflot pense vraiment qu’il va aller au tribunal pour obtenir une baisse de loyer ? Dans les zones tendues, le locataire qui trouve un appartement a l’impression d’avoir gagné un concours !..

La sous-traitance, c’est de l’esclavage moderne. »…
« Les conditions de travail sont vraiment éprouvantes. Nous disposons de 45 minutes à 1h15 pour décharger un semi-remorque de 35 tonnes. Les licenciements sont si fréquents que nous sommes toujours sous pression. »
Mais en lieu et place du "ministère de l'éducation, de la jeunesse, de l'avenir" promis, le gouvernement s'est retrouvé classiquement et banalement doté, avec Valérie Fourneyron, d'une ministre des sports... et de la jeunesse. Aujourd'hui, un jeune de moins de 25 ans sur quatre est au chômage et, selon une étude du cabinet Deloitte, 27 % des jeunes diplômés veulent travailler hors de France, contre 15 % en 2012. La jeunesse reste "sacrifiée, abandonnée, reléguée"

… Aujourd’hui étudiant, son smartphone ,sa tablette et son ordinateur portable les écrivent pour lui. «Quelquefois, je ne prends même pas de notes dans des cours. Je fais juste une photo avec ma tablette de ce qu’écrit le prof au tableau»
Et puis le saint Smartphone est arrivé. Son utilisateur n’a qu’à taper la prononciation d’un mot pour faire apparaître le ou les kanji et autres signes possibles. Et quand la batterie est vide, c’est l’apocalypse

les utilisateurs outranciers de smartphones ne développent que la partie gauche de leur cerveau, laissant la partie droite sclérosée. Dommage, c’est elle qui génère les facultés de concentration, mémoire et d’attention. Si elle n’est plus stimulée, dans 15% des cas, les jeunes peuvent développer les premiers signes de démence digitale. 
L’expression inventée spécialement par les médecins sud-coréens recouvre un nouveau mal, qui englobe des troubles de la mémoire, le sous-développement émotionnel et les premiers signes de folie
[ Surge in 'digital dementia'30/07/2013

… Le fabriquant était notamment accusé de «fair washing», une pratique consistant à invoquer des engagements éthiques à des fins purement marketing. Trois ONG avaient déposé plainte à Bobigny, l'accusant de ne pas respecter ses engagements éthiques en particulier sur le travail des enfants, ou sur les règles de sécurité au sein des usines de ses fournisseurs chinois. Une démarche inédite en France…

… Pour les structures d'accueil, le service civique permet de recruter une main-d'œuvre temporaire qualifiée et très bon marché. Car sur les 573 euros d'indemnité mensuelle net que touche le jeune engagé, l'Etat en finance 460 euros, soit plus de 80 %....
… Conséquence, tout comme les stages, le service civique est parfois utilisé de manière abusive en lieu et place d'emplois salariés

Un âge d’or des colos d’été sous l’égide de l’éducation nationale
Après l’âge d’or, les associations s’adaptent à la demande
Une fréquentation des colos en baisse constante depuis 1995 …
Des séjours devenus trop chers pour les classes moyennes 
Le retrait des comités d’entreprise, dernier soutien des colos
Des parents réticents à l’idée d’envoyer leurs enfants en colos
Une réglementation devenue défavorable aux colos 
L’échec du contrat d’engagement éducatif …
[ RAPPORT D’INFORMATION - Michel MENARD - juillet 2013 ]


La contamination des cours d’eau est quasi-généralisée en France, essentiellement par des herbicides en métropole et des insecticides en outre-mer. Les secteurs aux teneurs les plus fortes correspondent aux zones de grande culture céréalière, maraîchère ou viticole : nord de la France, bassin parisien, Sud-Ouest, amont du Rhône, Martinique…
[ Les pesticides dans les eaux douces - Commissariat général au Développement durable – juillet 2013 ]
 

Après «le niveau baisse», rengaine abordée la semaine dernière, en voici une autre, entendue mille fois dès que les difficultés de l’école française sont évoquées : la priorité des priorités serait de «revenir aux fondamentaux» (français et maths, donc). Une idée pleine de bon sens, que seul un idiot pourrait contester. Sauf que la France est un des pays qui consacre le plus de temps aux fondamentaux …
Le « retour aux fondamentaux » se révèle in fine être un cliché, un mauvais réflexe, une fausse bonne idée, du bon sens à rebours, il s’agit d’un slogan plus que d’une solution, d’une croyance plus que d’une alternative réfléchie. Pourtant, cela reste dans l’imaginaire collectif, y compris celui d’un certain nombre de profs, comme LA solution, LE remède aux difficultés des élèves, donc de l’école…

Le professeur fait cours autrement : il circule entre les groupes, il facilite, il motive". Elle décrit ce qui fait le cœur de cet "apprentissage coopératif". Non seulement les enfants progressent davantage dans les savoirs académiques, mais ils développent un respect mutuel, une estime de soi et un esprit d’initiative, autant d’effets positifs

… Dans leur famille, à HEC, au club Entreprendre et piétiner, réuni chaque mois au Lutetia, ceux que le destin voue à devenir patrons sont éduqués dans les valeurs de la gagne. Le marché est un stade où triomphent les meilleurs, voilà ce qu'on leur inculque…
… Quel camouflet pour ces winners de naissance.
Alors ils font ce qu'enfant on faisait lorsqu'une défaite à la belote se profilait : ils reportent la faute. C'est la faute à la forme des cartes. C'est la faute à pépé qui ronfle à côté. C'est la faute aux couettes de ma sœur. C'est la faute à l'Etat

Parmi les grandes messes de la rentrée, le classement de Shanghai des universités et ses génuflexions… Alors que le mot d’ordre de l’ancien président de la République était d’évaluer tout et tous, tout le temps et que le nouveau lui emboîte le pas, les évaluations, dont celle de Shanghai est le modèle, demeurent toujours aussi vaseuses…
… L’évaluation tend à devenir une nouvelle technique de confession et d’aveu propre à la religion du marché, dont font partie les sondages d’opinion.
Si le mal s’étend de France Télécom à l’école primaire en passant par la maréchaussée et l’hôpital, les choses sont encore plus graves lorsque l’évaluation hypothèque l’avenir…
A poursuivre dans cette voie frénétique, irrépressible, de la pseudo-démocratie d’expertise, l’épidémie de l’évaluation emportera aussi les gouvernances qui s’en prévalent.

… près de Dacca, des enfants portaient des pancartes implorant : «Faites quelque chose, nos parents sont morts en travaillant pour vous. Indemnisez-nous !»
… En France, Auchan, Camaïeu et Carrefour se font tirer l’oreille. Certaines argumentent qu’elles ignoraient que leurs produits étaient fabriqués en sous-traitance au Rana Plaza…
… Depuis 2010, le salaire minimal dans le textile est de 28 euros par mois (3 000 takas). Rien qu’avec l’inflation, il devrait être aujourd’hui de 35 euros.
Les patrons ajoutent que leurs ouvriers gagnent au moins 54 euros, car ils travaillent soixante heures par semaine… 

Les MOOC à l'honneur de Wise 2013
Doha, la capitale du Qatar, accueillera durant trois jours un millier d’experts du monde entier et une centaine de journalistes. La fondation prendra en charge le voyage de la moitié d’entre eux…
… l’occasion de mettre en avant les initiatives les plus innovantes en matière d’éducation à travers les récompenses Wise (Wise Awards) et le prix Wise (Wise Prize). Le comité a reçu cette année 500 dossiers de 80 pays. Les organisateurs du sommet regrettent que trop peu de Français soumettent leur projet au comité
Bizarre le Qatar.
On n'y semble pourtant pas hostile à "l'internat"
Les étudiants Qataris n’ont pas accès aux postes qu’ils méritent
Après une enfance et une adolescence dans un monde idéal où tout est filtré, les étudiants sont lâchés dans les grandes écoles internationales sans y être réellement préparés.  A cette souffrance s’ajoute un retour au pays bien décevant. Voici plusieurs semaines que les journaux du Qatar font état de commentaires « acides » de jeunes Qataris qui trouvent, qu’ils sont maltraités en matière d’emplois et de niveaux de salaires…

L'innovation pédagogique en 10 points
… Les auteurs du rapport précisent que les tendances observées sont plus pertinentes pour l'enseignement supérieur que pour l'école et l'enseignement secondaire…
… Les dix innovations pédagogiques de l'année 2013 
1 - Les MOOCs. Impact potentiel : fort. Echéance temporelle : courte (1 à 2 ans). Le rapport rappelle qu'un MOOC est suivi par 20 000 participants en moyenne, dont 5 à 10 % vont jusqu'au bout…
Ces dix tendances vont-elles devenir des mouvements de fond, révolutionner l'enseignement et l'apprentissage ? Les auteurs du raport se montrent extrêmement prudents …
[ Open University – “Exploring new forms of teaching, learning and assessment, to guide educators and policy makers » -  Innovation Report 2 – pdf ]

« Les professeurs sont condamnés à vivre avec leurs élèves, écrit-il, et je ne crois pas qu’ils renoncent un jour à leurs exigences […]. Beaucoup se passionnent pour relever le défi. Par la force des choses, se définit ainsi peu à peu une façon d’enseigner autrement, en laquelle je veux espérer. »
Reste à savoir si l’Éducation nationale, en tant qu’institution, sera capable, un jour, de porter et de reconnaître ces énergies. Elles semblent propres à « refonder l’école » au moins autant que des dispositifs législatifs. 

proposer une nouvelle morale numérique normalisée aux jeunes, aux adolescents, à ces hordes boutonneuses sans foi ni loi. Car non contents de piétiner le droit inaliénable des auteurs et de spolier les distributeurs de films et de musique, à force de téléchargements et de partages pirates, ils s’exposent, vous le savez bien, tout le monde en parle, en fêtards déshabillés, prenant des risques inouïs avec leur future carrière professionnelle, au risque de rencontrer des terroristes, des francs-maçons ou des pédophiles…
 Je caricature ? Non, bien sûr

Une femme en bikini, c’est bon. Une femme qui allaite, c’est non. Des tétons masculins, ça passe. Des tétons féminins, refusés. Un nu artistique, c’est toujours non. Un chiot torturé, c’est oui, sauf si la légende de la photo semble «encourager» ou «promouvoir» cette pratique. Et les vidéos de décapitations humaines, c’est oui aussi. Facebook, dont les règles de modération sont décidément de plus en plus absurdes, vient de réautoriser leur publication par les internautes…
… Facebook a promis d’étudier la possibilité d’afficher un avertissement devant les vidéos les plus violentes. Sur un réseau à 1,15 milliard de membres où on ne compte plus les moins de 13 ans mentant sur leur âge pour se créer un profil, c’est tout de même la moindre des choses. ..

… Nous nous sommes aperçus que les enseignants étaient très peu innovants durant leurs 7 premières années de carrière. Ils sont stressés, cherchent des recettes. Au bout de 7 ans, ils prennent de l'assurance et commencent à sortir des clous. Il faut de la confiance pour oser quelque chose de différent. Contrairement à l'idée reçue, les jeunes enseignants ne sont pas forcément les plus innovants !
… Malheureusement, même si elle est prévue dans les statuts des ESPÉ, la formation continue est le parent pauvre de la réforme, alors même que les plans académiques de formation sont complètement sinistrés. Il faut bien comprendre qu'une action sociale, parfois appelée par certains politiques une "bonne" pratique n'est pas transférable sans la personne qui l'a pratiquée. Nous avons souvent dit, en termes de boutade, qu'il valait mieux transférer l'innovateur que l'innovation ! ..

… Dans une pétition et une lettre adressée à Ban Ki-moon, son secrétaire général, il expliquait qu’avec « des bureaux à New York et à Genève, accepter un stage non payé aux Nations unies est une expérience que peu de jeunes du monde peuvent s’offrir ».
Il lui reproche de grands discours sur le chômage des jeunes alors même que « les Nations unies ne font pas plus pour leurs propres jeunes travailleurs, des milliers de stagiaires non payés qui contribuent au travail de l’organisation chaque année »

… Quand on sait combien aujourd’hui l’essor des moyens d’information et de communication numérique renforce la tendance à l’horizontalité, ne peut-on imaginer le cauchemar d’une démocratie lycéenne caricaturale, où les lycéens likeraient telle forme d’accompagnement personnalisé, tel dispositif, voire tel enseignement ou tel enseignant ? …
Pour que l’acte 2 de la vie lycéenne ne risque pas de tourner à la farce, il importerait de prendre toute la mesure des changements nécessaires.
[ Rapport - Pour un acte II de la vie lycéenne : vers la démocratie lycéenne ]

…  Les enfants ne s'y retrouvent pas, ils ne savent jamais quel jour où on est..." "Les journées des enfants sont saucissonnées, alors qu'ils ont besoin de continuité" …
… Les ateliers ont été mis en place par la Ville de Paris les mardis et vendredis après-midi de 15 heures à 16 h 30. Avec les temps de récréation et de rangement, de 15 h 20 à 16 h 15 en réalité

Environ un millier de diploma mills ("usines à diplômes ou faux certificats") aux Etats-Unis : des universités fantômes vendent des diplômes sans aucune validation de connaissances ou de compétences. Une personne interrogée a obtenu un poste dans une centrale nucléaire grâce à un faux diplôme… 
Au Royaume Uni, on ne s'en préoccupe pas beaucoup non plus ...
Corruption dans de nombreux pays :
[ Rapport annuel sur la corruption - Transparency International (chap. education)- pdf]

… le temps effectif d’enseignement hebdomadaire est de 19 h 15 minutes (pour des programmes conçus sur 26 heures, on le rappelle).
Tout ceci est absolument incompressible. Je ne peux pas faire moins de récré, je ne peux pas faire courir mes élèves pour rejoindre la classe, je suis obligé de faire l’appel, tous les appels, je suis obligé de lire les cahiers de correspondance, etc. Toutes ces opérations font partie de mon travail, là n’est pas la question (je vois déjà les cuistres dire qu’un instit ne bosse que 19 heures par semaine…), cela fait partie du temps d’école, du temps de classe, mais ne saurait constituer un temps d’enseignement, cela tombe sous le sens…
Mes 4 h 45 minutes en moins, je les enlève où, messieurs dames du Conseil National des Programmes ?... Sérieusement, si vous voulez avoir une chance d’être crédibles auprès des instits qui vont devoir appliquer votre œuvre, commencez par garder ça en tête : 19 h 15 minutes pour faire tout rentrer. Maximum.

… Elles pensaient avoir gagné du temps pour se préparer et mieux anticiper la rentrée prochaine. Loupé. La grande majorité des communes (83%), qui n’appliqueront la réforme scolaire des quatre jours et demi qu’en 2014, ne sont pas plus avancées. Pire, certaines angoissent encore plus que l’année dernière à la même époque…
… Tous soulevaient les difficultés pratico-pratiques et les zones de flou : la gestion des transports scolaires, de la cantine le mercredi, la difficulté de recruter des animateurs en milieu rural, les attentes des parents… Certains étaient très inquiets, d’autres moins, voyant la réforme plutôt d’un bon œil. Nous les avons interrogés à nouveau. Tous ont reporté l’application à la rentrée prochaine, avec une certaine appréhension

… En somme, les programmes ne sont pas faits pour être appris par les élèves; ils sont faits pour être enseignés par les professeurs - et encore, très partiellement…
… c’est le second enjeu de la réforme, seule une mobilisation rapide et massive des enseignants, des inspecteurs et de l’administration permettra d’espérer un changement…
… L’on retombe ici sur la question de la formation continue. Or, elle est aujourd’hui manifestement insuffisante, pour dire les choses poliment.
Le soufflé risque donc de retomber là où il fera le plus mal : dans les classes, frappant le cœur de la rénovation pédagogique dont Vincent Peillon a fait l’alpha et l’oméga de sa «refondation de l’école»…

… Quand on le leur demande, ils se voient majoritairement en génération "sacrifiée" ou "perdue".
Une "génération dont personne ne veut", constate en tout cas Julie, 23 ans. En dépit d'un bac + 5, Julie ne trouve pas de travail et doit enchaîner les petits boulots. Rien qui lui permette de gagner réellement sa vie. Elève puis étudiante modèle, Julie n'est pas sûre d'atteindre un jour une position sociale équivalente à celle de ses parents.
Elle se surprend parfois à se demander "quand est-ce que va commencer" sa vie ? …
… Essayer d'être "toujours au top, admet ainsi la jeune fille, c'est très différent d'essayer d'être soi-même". Génération doute ?

«Il y a toujours un ministre et son conseiller qui découvrent la formation professionnelle, qui veulent la revaloriser et qui sortent de leur chapeau une réformequi finit par faire flop»

… De nombreux articles de presse soulignent, témoignages de parents et d'enseignants à la clef, que les élèves sont fatiguésà cause du mercredi matin travaillé, mais...
… Oui, les enfants sont fatigués,qu'ils fassent la semaine à quatre jours ou quatre jours et demi.

archives (janvier 2010) :
À en croire l'Académie nationale de médecine, les élèves de l'école primaire ont des agendas de ministres…
… En France, « 95 % des conseils d'école ont choisi la semaine à quatre jours » depuis la suppression des classes le samedi matin par le gouvernement, rappelle Luc Chatel, le ministre de l'Éducation nationale. Pour autant, aucun débat n'est actuellement prévu au ministère pour changer la donne.

Les programmes de l'école primaire vont être révisés. Encore empêtré dans la réforme des rythmes scolaires, le ministre de l'éducation nationale, Vincent Peillon, prend le risque d'ouvrir ce nouveau chantier. ..
… Les professeurs des écoles s'apprêtent donc à connaître une énième refonte des programmes. La troisième en dix ans, après celles de 2008 et de 2002. La quatrième si l'on remonte à 1995…
… c'était aussi cela la finalité des programmes de 2008 : rassurer l'opinion publique, sensible au slogan du "lire, écrire, compter", en redonnant de la lisibilité aux contenus d'enseignement. L'école avait-elle besoin de ce changement de cap ? Difficile d'en mesurer l'impact sur les résultats des écoliers. Une chose est sûre : ni les programmes de 2008, ni ceux de 2002 n'ont permis d'endiguer la chute du niveau …

… Vendredi 11 octobre, ils étaient assis autour d'une même table, à Paris, haut lieu de la contestation du retour à la semaine d'école à quatre jours et demi, pour une première réunion du comité de suivi de la réforme des rythmes scolaires. Ils l'ont quittée en fin de matinée, sans réussir à harmoniser leurs vues.
Côté syndicat d'enseignants, le tableau brossé n'est guère reluisant

… l’an prochain, les aides seront les mêmes que pour les communes qui ont basculé dans les nouveaux rythmes en 2013. Le fonds est reconduit dans les mêmes termes, il sera prolongé pour tout le monde, y compris pour les communes engagées dès 2013. C’était pour moi, président des maires, inacceptable de voir des charges imposées aux communes sans compensation prévue par l’Etat…
… Le décret sur les rythmes scolaires de janvier 2013 a une approche générale pour l’ensemble des enfants. Or, pour les maternelles et notamment pour les petites sections qui font encore la sieste à l’école, il faudra voir s’il est important, utile et bénéfique pour les tout petits d’avoir un dispositif qui conduit parfois à interrompre leur sieste en début d’après-midi

La situation devient dramatique. On en est désormais à compter sur des formes de solidarité entre les progressistes et les rénovateurs, face à une opération politicienne qui, exploitant les erreurs accumulées, mobilise l’opinion publique. Ceux qui contestent, discutent, proposent sont désormais accusés de faire le jeu de l’opposition, et leur avis est ignoré, considéré comme inamical. Comment a-t-on pu en arriver là ? Est-il encore possible de sauver la refondation ?
  Rien n’est moins sûr

… Dans les réunions de rentrée, il a été précisé dans plusieurs classes que «le mercredi matin allait être consacré à des activités calmes car les élèves sont fatigués». Un contresens par rapport à l’esprit de la réforme, qui transfère des heures de classe au mercredi matin pour la raison qu’on apprend mieux le matin... C’est vrai que l’école apparaît un peu désorganisée.
Mais faut-il une fois de plus le rappeler? Jusqu’à ce que la réforme soit effectivement lancée, la nécessité de redonner à l’école un rythme hebdomadaire de 4 jours et demi faisait l’objet d’un véritable consensus. Luc Chatel avait lancé une commission sur la question et sa conclusion était sans appel…


… La Confédération Nationale des Foyers Ruraux pointe les difficultés rencontrées par notre mouvement. Cela concerne les inégalités territoriales avec les difficultés de recrutement des animateurs, les faibles moyens des communes rurales et le poids financier des activités pouvant peser sur les parents. La problématique de la formation des acteurs est prégnante car le BAFA-D n’est pas un diplôme professionnel et le CQP animateur périscolaire n’est pas une réponse pour l’intégralité des acteurs, les personnels municipaux par exemple.
Valérie Fourneyron affirme qu’elle souhaite soutenir la place des jeunes dans le débat public …

Défendre la classe unique
L'école accueille onze enfants dans une seule classe. Les parents veulent qu'elle soit maintenue. Ils ont organisé une rencontre pour en parler. ..
… Les parents d'élèves de l'école d'Agnières ont récemment organisé une rencontre pour échanger sur les pédagogies actives et coopératives dans les classes uniques et multi-âges. L'école d'Agnières, qui accueille onze élèves de la maternelle au CM2, a été maintenue provisoirement pour cette année scolaire en attendant le jugement du tribunal administratif sur le fond …
… La question de la qualité de l'enseignement en classe unique est clairement posée par l'administration. «Vous défendez l'école du XIX e siècle» aurait dit une autorité.
«Les élèves apprennent mieux et se sentent plus responsables»
Denis Demarcy, ancien conseiller pédagogique et président du groupe ICEM (Institut coopératif de l'école moderne, pédagogie Freinet) de la Somme, avait été invité à parler de son expérience. Et il ne manque pas d'arguments. «Quand on veut tuer son chien, on dit qu'il a la gale», ironise t-il. «Même dans un cours unique, l'enseignant a des élèves qui ont au moins quatre niveaux différents d'acquisitions… 


la mise en place de projets éducatifs cohérents et adaptés aux contextes locaux ne peut pas se décréter, encore moins s'improviser. La qualité n'est pas tant liée au montant de l'investissement financier qu'à l'engagement et l'intensité du travail de la communauté éducative au niveau local …
… La réduction de 45 minutes par jour en moyenne ne peut raisonnablement pas constituer en soi un objectif suffisant. Le vrai enjeu d'une réflexion sur les rythmes est celui d'un changement réel des pratiques et des approches, dans une démarche qui s'appuie sur le projet éducatif consensuel et ses objectifs plutôt que sur les moyens. Une démarche dans laquelle tous acteurs de l'éducation font valoir leur expertise, où les animateurs ne " bouchent pas les trous " et où les parents sont appelés à s'impliquer davantage. ..

Si les enfants s’ennuient,s’ils ne comprennent rien aux apprentissages scolaires, s’ils rejettent l’école, ils se fatiguent, et les 45 minutes n’y changent pas grand-chose. Or, le maintien des programmes indigents de 2008 qui sont toujours autoritairement imposés, le déni de la pédagogie, l’évaluationnite aigue et les séances d’exercices de remédiation sont des facteurs de fatigue considérables, voire plus importants que la fatigue chrono biologique. Chacun sait qu’une heure d’ennui est plus fatigante qu’une heure de plaisir.
Il faut donc changer l’école pour garantir le bonheur des enfants et leur donner le plaisir d’apprendre. Il y a peu de chance que les comités de suivi de l’application de la loi osent aborder ces problèmes, leur rôle étant, sous la houlette des DASEN, de faire remonter au ministre que tout va bien …
Que faire en 45 minutes avec le temps de mise en place d’une activité et du rangement du matériel ? On juxtapose des activités en fonction des personnels disponibles, sans rapport entre elles. On prend le risque de faire rêver des enfants sans garantie de possibilité de poursuivre l’activité hors temps scolaire et durant les vacances…

Les chiffres sont éloquents : 5 000 postes de Réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased) gommés entre 2007 et 2012, à peine 72 recréés en cette rentrée. «À ce rythme-là, il faudra pas loin d’un demi-siècle pour rétablir les emplois supprimés»
… le ministère n’a prévu cette année qu’une centaine de places de formation pour permettre à des professeurs des écoles de rejoindre un réseau Rased, à l’issue d’un cursus d’un an. Un peu comme si l’on cherchait à «assécher le dispositif», avancent certains de ses membres…
«Les Rased permettent d’éviter de médicaliser l’aide, d’inscrire l’enfant dans un centre médico-psycho – pédagogique»

Invasion des tablettes, règlements poussiéreux, perles des copies...
"Comme si les politiques espéraient se réconcilier avec les élèves et surtout réconcilier les élèves avec leur école (voire avec leurs parents) à coup de tablettes. (...) Quand on voit que la grande majorité des applications scolaires pour tablettes ne vont pas beaucoup plus loin que nos logiciels de la valise informatique qui accompagnait les nanoréseaux de 1986, on se demande où est le changement."

« Tablettes numériques : une majorité de parents prêts à les financer, selon un “baromètre” de Paris-Dauphine » …
… des esprits suspicieux pourraient bien se laisser aller à croire que tout cela relève de la manipulation, avec l’objectif de favoriser la mise en route d’une politique de développement des tablettes numériques à l’école dont on imagine aisément les avantages pour celui qui décroche le contrat…
… l’expression péremptoire de la dépêche selon laquelle «les parents» sont d’accord pour financer les tablettes est pour le moins trompeuse : on ne sait pas où sont les parents là-dedans.Ceux qui s’expriment ne sont en tout cas pas «les parents»
… allons regarder de plus près ce sondage  d’où est prétendument tirée cette audacieuse affirmation :
[ BAROMÈTRE DE L’ÉCONOMIE NUMÉRIQUE – Médiamétrie - 2e trimestre 2013 – pdf ]



On ne peut pas dire que, pour l’heure, la refondation amorcée, dont la réussite est indispensable, vitale pour l’école et pour la société, suscite l’adhésion, la mobilisation de l’intelligence collective des acteurs et des citoyens en général, et encore moins l’enthousiasme espéré. L’image réductrice donnée avec la réduction de la journée scolaire n’a pas contribué, jusqu’alors, à donner une image globale et une perspective à long terme pour une transformation de l’école qui se voulait radicale

Tout le monde est stressé – les parents qui ne comprennent pas bien comment tout ça fonctionne, les enseignants qui ne savent pas quoi leur répondre et se font houspiller, les animateurs qui passent leur temps à compter les élèves participant aux activités et ceux partant, les directeurs qui n’ont pas les mêmes listes d’enfants autorisés à partir à 15 heures, les élèves enfin, qui perdent leurs repères, avec des journées de classe qui changent selon le jour

Mais pour changer l’enseignement, il faut discuter avec les profs, il faut des structures légères, comme les Mafpen qui ont fonctionné de 1983 à 1998. Elles étaient pilotées par des professeurs d’université, nommés par le ministre, indépendants des recteurs, et prenaient des initiatives. Lorsque la formation continue est revenue dans le giron des rectorats, elle s’est bureaucratisée…
… Michel Rocard, Premier ministre de 1988 à 1991, disait : «Je suis prêt à mettre ce qu’il faut, mais je veux que les parents le voient.» Le budget de l’Education nationale a augmenté de 25%, les enseignants ont été revalorisés et les parents n’ont rien vu…
… Quand il innove, un professeur a des appréhensions : il ne sait pas si ça va marcher. Avec une administration et des collègues indifférents ou hostiles, pourquoi sortir de la routine? Le changement suppose un climat porteur. L’Education change au rythme de deux pas en avant, un en arrière

Les élèves doivent être plus fortement encouragés à participer à la vie de l'établissement scolaireet à assurer pleinement leur rôle dans la communauté éducative. Le développement de l'autonomie et de l'esprit citoyen suppose en effet la mise en œuvre effective des droits dont dispose chaque lycéen.
Un certain nombre d'initiatives sont d'ores et déjà prises dans ce sens …
… Toutefois, malgré les efforts de tous les acteurs de la vie lycéenne, le bilan demeure mitigé sur de nombreux points : 
- une trop faible reconnaissance du rôle des instances par les adultes ;
- une information insuffisante des élèves sur les droits dont ils disposent pour participer à la vie de leur établissement ;
- un taux de participation encore trop faible pour l'élection des CVL (47 % au niveau national) ;
- une stagnation du développement des Maisons des lycéens (un lycée sur deux déclare posséder une MDL).
Compte tenu de ces observations …
[ Les semaines de l'engagement lycéen - circulaire n° 2013-117 du 29-7-2013 ]

La parole des lycéens interpelle, dérange également, les professionnels du lycée, équipes de direction et enseignants.
Elle est pourtant au cœur de la réforme du lycée et de la rénovation de la voie professionnelle comme en témoignent les textes de 2010 et, depuis plusieurs années, elle est aussi un enjeu des politiques des collectivités territoriales et tout particulièrement de celles des Régions.
Il n’en reste pas moins que la vie lycéenne s’essouffle et comme l’indique Pierre Saget dans le rapport de l’IGEN "établissements et vie scolaire" : « Les élèves viennent d'abord au collège ou au lycée pour acquérir des connaissances et des compétences et non pour s'investir dans la vie de l'établissement. En général, ils ne manifestent pas un fort sentiment d'appartenance à leur établissement et participent peu aux activités éducatives qui y sont organisées. ..
[ Pour un acte II de la vie lycéenne : vers la démocratie lycéenne – Rapport Anne-Lise Dufour-Tonini – pdf ]

« La récré, c'est une caisse de résonance, ça concentre tous les problèmes de notre société, dit-il. Au moment du mariage pour tous, plus le débat politique se pourrissait, plus ça se radicalisait ici. Il fallait montrer sa virilité, les danseurs qui faisaient du hip-hop se sont fait traiter de pédés. » Wilfried raconte que, à la pause, le smartphone dernier cri s'exhibe, les filles ne parlent que de leur idole, Nabilla, l'icône en toc de la téléréalité, quand les garçons obsédés par le foot rêvent de fric facile : « Avocat ou vétérinaire, ça ne les fait plus rêver, note-t-il. Leur obsession, c'est de gagner un maximum d'argent. »
… L'usage du mobile, souvent interdit mais toléré en pratique, a tout bouleversé. Si les pratiques immuables, comme la marelle ou les billes, résistent en primaire à l'invasion du marketing (Pokémon ou toupie Beyblade), les collèges voient apparaître des ados réfugiés dans leur bulle numérique : « Cela donne des jeunes rivés à leur écran, les écouteurs vissés aux oreilles, qui ne se parlent plus », regrette Anne, surveillante dans un collège parisien favorisé où tout le monde arbore la parka Canada Goose (825 €) en guise d'uniforme


Une autre école est-elle possible ?
Certains l'affirment. 
Avec des variantes :
"une autre école est possible",
"une autre école est nécessaire" ... 


L'actualité :
dans, hors, en face, avant, derrière, pendant, après, en sortant de ... "la concertation".
 

La réforme des rythmes scolaires n'en finit pas d'alimenter le "mécontentement" de l'opinion …
"Pagaille", "catastrophe annoncée", "sécurité des enfants mise en cause".
Ces procédés tiennent en partie de la manipulation de l'opinion, sous couvert, encore une fois, de "l'intérêt des enfants". Rappelons simplement quelques faits. Les élections municipales se tiendront dans six mois…
… Il faut croire que les temps ont changé. La perspective des élections de parents d'élèves le 12 octobre prochain, pourrait sans doute expliquer ce revirement de la première fédération de parents? Les élections professionnelles de 2014 contraindraient-elles certaines organisations syndicales à montrer les muscles, au mépris de la constance et de la cohérence de leurs positions? Cela commence à se voir. Le grand perdant de ces grandes manoeuvres, outre un ministre déjà fragilisé, c'est l'enfant

... Il y a des problèmes dans les écoles, on ne va pas les taire. Nous revendiquons la réécriture du décret sur les rythmes scolaires. Il y a d’autres modèles possibles, que le décret interdit aujourd’hui. Comme celui d’organiser la semaine scolaire sur 7 demi-journées, qui libèreraient trois après-midi par semaine et permettrait plus de latitude pour organiser les activités périscolaires au profit de enfants… la situation actuelle est intenable. ..

… c’est dans le registre des valeurs que la lutte contre le bizutage se révèle, finalement, la plus ardue. Elle se fonde en effet sur une conception de l’humain, de la vie en société, et du rôle d’une institution éducative, qui est loin d’être unanimement partagée, notamment dans certaines filières sélectives où prédomine l’idée qu’il est naturel que le fort domine le faible – n’est-ce pas le principe des concours, des classements?? -, a fortiori quand on se prépare à accéder à des univers professionnels hautement concurrentiels….
… En ce sens, le bizutage n’est que le symptôme d’un système éducatif malade de son obsession à distinguer, à classer, à hiérarchiser. Soignons la maladie, le symptôme disparaîtra.

Et la reproduction continue de se reproduire...
… la prépa a changé mais ces changements ont toujours permis "à la reproduction de se reproduire", et aux mieux dotés, culturellement, économiquement, scolairement, d'assurer leur domination…
… Sa conclusion, en forme de clin d'oeil au Guépard de Lampedusa, pourrait résumer l'impuissance des pouvoirs publics à compenser par le scolaire les inégalités sociales: "C'est parce que tout change qu'il est possible que rien ne change"

l'expression "apprendre à apprendre" s'est imposée dans le débat éducatif, mais davantage comme une position de principe (voire une pétition de principe) que comme le résultat dûment validé de variations opérationnelles empiriques. C'est dire l'intérêt des observations de cette dernière note de Pisa à la loupe…
[ Pisa à la loupe - note OCDE – juillet 2013 ]

… "Cette formule, 'apprendre à apprendre' a ses premières racines chez Pestalozzi [l'une des références majeures de Jules Ferry lui-même]. C'est effectivement une idée de la modernité [...]. Ce n'est pas la peine de polémiquer contre. Il faut éclairer le sens qu'elle a [...]
La réécriture annoncée du "socle commun de connaissances, de compétences et de culture" sera-t-elle l'occasion d'une clarification nette en la matière (en dépit de son ''effacement'' dans le corps même de la "loi de refondation de l'Ecole")?..


 

«Ça va, ça se passe bien, mais quand même, depuis la rentrée, l’ambiance est électrique. Cette réforme n’est facile pour personne.» Les animateurs, souvent en statut de vacataires (payés à la journée, pas de congés payés ni arrêt maladie), se retrouvent avec des horaires encore plus hachés qu’auparavant. Les enseignants subissent souvent la réforme, et sont souvent forcés de laisser leur salle de classe. Quant aux enfants, certains sont un peu paumés. «Il faut surtout que les parents les retrouvent en un seul morceau à la sortie. C’est mon premier objectif, la sécurité. Après, si on peut leur proposer des activités intéressantes, un projet pédagogique, oui, bien sûr, c'est le but.»

Après la réforme des rythmes hebdomadaires, qui a occasionné une vive opposition – et dont on oublie souvent que 80% des élèves n’y sont pas encore passés ! – et avant l’ouverture du prochain gros sujet, annoncé il y a plusieurs mois et à nouveau abordé en cette rentrée, à savoir une réforme du statut des professeurs elle aussi source inévitable de tensions, le ministre semble avoir fait un choix : la suppression de deux semaines de vacances d’été aurait suscité bien des oppositions et une probable contrepartie financière pour les enseignants…
les vacances d’été ne seront pas raccourcies avant la Saint Glinglin, on ne reparle plus de l’alternance 7 /2 et la demi-journée supplémentaire choisie est le mercredi et non le samedi. Quant à l’allègement des journées de classe, on voit qu’il est symbolique dans la plupart des formats choisis par les communes passées à la semaine de 4,5 jours, d’une part (certaines ont même gardé trois jours identiques et sacrifié une après-midi complète), d’autre part on se demande comment les heures de classe pourront être allégées tant que les programmes ne le seront pas…

premier bilan de la rentrée scolaire. Il serait plus juste d’ailleurs de parler de la rentrée péri-scolaire. En effet, les collègues qu’ils soient chargés de classe ou directeurs/trices d’école ont été contraints de centrer leur travail sur l’organisation du péri-scolaire et plus particulièrement des ARE.
Cette réforme et son application parisienne dégradent les conditions de travail et d’emploi des enseignants et ne favorise en rien la réussite scolaire de tous les élèves

Selon une enquête réalisée par la PEEP, deux tiers des parents (68%) ne pensent pas que la réforme des rythmes permettra aux élèves de mieux réussir à l'école.
...  le "lien de causalité" mis en avant entre nouveaux rythmes et réussite n'était "pas compris par les parents". "On ne voit pas trop comment on peut faire mieux réussir les élèves en primaire sans réformer les programmes, sans enseigner autrement, sans réfléchir de manière plus générale sur l'école"...
[ Enquête PEEP – La rentrée scolaire - sept. 2013 – pdf  ]

Au lendemain d'une réunion de travail constructive sur les calendriers scolaires des trois prochaines années, et alors que la discussion n'est pas close, la FCPE s'étonne de découvrir dans la presse, que «la porte se ferme sur de grandes discussions sur une grande réforme des rythmes»
Pour la FCPE la réforme des rythmes scolaires ne peut s'arrêter au milieu du gué...

Raccourcir de deux semaines les vacances scolaires, introduire un zonage l'été? L'idée, un temps lancée par Vincent Peillon pour compenser l'allongement des vacances de Toussaint et poursuivre la réforme des rythmes scolaires, avait fait hurler les syndicats enseignants. Elle est, à ce stade, repoussée par le ministre Vincent Peillon, qui n'envisage pas d'aborder cette question dans les trois ans à venir...

… Après avoir pris connaissance des projets de calendriers scolaires de 2014-2015 à 2016-2017, le SNAV, le SETO, le CNPA, le SNRT, l'UMIH et DSF s'associent …
les professionnels du tourisme demandent que les discussions sur l'évolution des rythmes scolaires s'ouvrent avant 2015. 
Ils y estiment qu'"attendre 2015 pour entamer les discussions, c'est beaucoup trop tard" et rappellent que la mise en œuvre d'un nouveau calendrier scolaire doit aussi "prendre la mesure de son impact sur l'économie du tourisme français." 

… L'Histoire montre que dans ce genre de bras de fer, le ministre de l'Education nationale peut être démenti par plus ''haut'' que lui.On n'en prendra pour exemple – éclatant- que ce qui s'est passé dans le suivi d'une autre loi d'orientation, celle de1989

LES CHÈQUES ÉDUCATION :
L'ÉCHEC !
Depuis une bonne vingtaine d'années, ici aussi, évidemment, le "chèque éducation" (ou "bon scolaire") - en anglais "voucher" - fait partie d'un blabla yakaiste au sujet des indispensables réformes, "simples, urgentes et radicales", disent-ils, du système scolaire.… Après avoir depuis longtemps réclamé des vouchers ("chèque-éducation") et des charter schools, Stern dans son nouvel essai pointe les défauts et les insuffisances du voucher. 
Pour illustrer son propos, Stern cite l’expérimentation de Milwaukee, première ville aux États-Unis à adopter, en 1990, un programme chèque éducation : il n'y a pas eu de miracle, dit-il. 
A New-York non plus, malgré toutes les mesures d'incitation : primes pour les enseignants "méritants" .. et pour les élèves, afin de contraindre les écoles à toujours plus de compétition "comme des chacals"...
... Rien n’est solidement argumenté, ni réellement démontré quant aux effets bénéfiques qu’apporterait le chèque-éducation.
Tout ne repose que sur une conviction pré-établie qui dépasse derrière le faux nez du droit des familles et d’une plus grande efficacité : livrer le secteur - sa partie lucrative, seulement - au Marché.
Le reste étant laissé à la charge d’un Etat réduit au minimum (le tout sécuritaire), et du bon vouloir de "philanthropes" civils, commerciaux et religieux...

… Du point de vue des dirigeants politiques, l’école offre une singulière martingale : renvoyer à demain la solution des difficultés d’aujourd’hui… Puisque éduquer prend du temps, nul ne saurait raisonnablement attendre d’une réforme scolaire des résultats immédiats. Entre-temps, et dès lors que ceux qui souffrent des iniquités ont été convaincus que leur seule planche de salut consiste à bien «travailler à l’école», nul besoin d’envisager d’autres options politiques…
… Alors, production de savoir ou reproduction sociale ? Eveil des consciences ou pédagogie de la soumission ? Emancipation ou domestication ? Le plus souvent, analyser la fonction de l’école, c’est remplacer le «ou» par un «et» : lieu de cristallisation des contradictions de nos sociétés, l’éducation ne se trouve pas plus à l’origine du «problème» qu’elle n’offre de solution toute faite…

«Autonomie», «projets», «objectifs», «compétences»… En matière d’éducation, le vocabulaire utilisé par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sonne étrangement. Emprunté aux pédagogues du début du XXe siècle les plus opposés à la transformation capitaliste de l’école, il sert aujourd’hui à justifier la libéralisation des systèmes éducatifs et à édifier cette «nouvelle école» que l’obsession du privé semble le mieux caractériser…

Quel parent enverrait son enfant dans une école ghetto? Celui qui n'a pas le choix.
L'Etat va ainsi financer, aux frais des contribuables, un système éducatif à deux vitesses, avec des écoles accessibles aux seuls élèves riches et doués, et d'autres pour les pauvres et les médiocres. Cet "apartheid scolaire" qui nous est sympathiquement vendu comme une marque de liberté scolaire ne va faire qu'annihiler la fonction première de l'école publique : garantir l'égalité des chances sans laquelle la liberté n'est qu'illusion.
Au Portugal, rien n'oblige à scolariser ses enfants dans le public. Les Portugais peuvent choisir librement entre écoles publiques et privées, laïques ou confessionnelles, portugaises ou étrangères. Ce qui est en cause, ce n'est pas cette liberté de choix

septembre 2013 - … J’ai naturellement répondu «non, pas trop» à l’affirmation «le système éducatif récompense le mérite». Comme 47% des participants aux sondage, je ne fais pas totalement confiance aux institutions. L’école, la justice, l’armée, la politique... Et la question, «serais-tu prêt à te battre en cas de guerre ?», me semble totalement incongrue.
Les mots les plus utilisés par cette génération pour se qualifier elle-même sont sombres : 
· « désenchantée » 
· « perdue » 
· « sacrifiée »
· « désabusée ».
[ Enquête Génération ... Quoi ? ]

(août 1997)L'heure de la... It's time for ... Re-creation
Avec un détour flagorneur par la "Génération Morale", la "Bof Génération" s'est vue qualifiée de "Génération Sacrifiée". Elle sait suffisamment calculer pour comprendre que diplômes ou pas, il n'est pas prévu d'emploi pour tout le monde. Et suffisamment lire ou décrypter les informations pour savoir que c'est parce que de plus en plus d'emplois sont et seront transférés dans les pays de l'Est ou du Sud, où des enfants travaillent jour et nuit pour survivre. .. 

26 millions de Français, près de la moitié de la population, donc, sont inscrits sur Facebook. En février, 22% des Français se disaient incapables de se passer de leur téléphone portable pendant plus d'une journée…
… Après la bombance numérique, une diète salutaire s'impose : 65% des Français en rêvent, affirme une étude Havas Media ; selon un sondage de "Psychologies Magazine", 59% se sentent même "dépendants de leurs outils numériques" et ont des sueurs froides à l'idée de se séparer de leur portable, leur prothèse. Si vous parsemez vos écrits de hashtags ; si, à l'instar de 47% des Français, vous dormez avec le portable allumé à portée de main, voire dans votre lit …… Par exemple Rouen, qui est tout de même la ville de la ministre de la Jeunesse et des Sports, Valérie Fourneyron. Son projet se résume à décaler le début des cours de 15 minutes le matin et les faire finir à 16h au lieu de 16h30 les soirs. Ceci pour mettre en place un goûter financé par les parents. Quel intérêt? Sur ce type d'exemples, on est clairement en dessous des ambitions du gouvernement. ..

"Mes fils ont eu le choix entre l’activité 'balle au prisonnier' et 'cours de chinois'. A votre avis, ils ont choisi quoi ?", s’indigne cette cadre parisienne. "Sur le plan pédagogique, il est tout à fait pertinent de laisser les enfants échapper aux injonctions parentales, défend un responsable de la Ville. A Paris, trop de parents veulent imposer du violon à certains qui aimeraient juste faire du basket. Au moins l’école échappe à cette tyrannie."

C'est l'année de tous les dangers pour le ministre de l'éducation nationale, Vincent Peillon …
…Pendant dix-huit mois, il a brossé à grands traits sa réforme, a écrit une loi d'orientation et de programmation qui enchaîne les grands principes fédérateurs. C'était l'acte I de la refondation. L'acte II consiste à traduire le langage philosophico-juridique de sa loi en un prêt-à-appliquer dans les classes
… Pour changer les pratiques, il faut redéfinir le métier d'enseignant autrement que par le décret de 1950 qui dispose qu'être prof, c'est assurer 18 heures de cours chaque semaine. M. Peillon aimerait ajouter le travail en équipe ou les rendez-vous avec les parents à cette définition qui gomme toute une partie du métier. Mais là, tous les voyants rouges s'allument…

"Je ne pense pas que les mamans qui travaillent à l'usine seront là à 15 h 30", souligne une autre. Du côté de la CDC, le message est clair : "Bien sûr que les parents paieront, à présent l'école se termine à 15 h 30, martèle André Grudé, après ce que nous proposons, c'est un service de garde comme un autre."

Total a signé un accord-cadre avec l’Etat, plus précisément avec le ministère des Sports, de la Jeunesse, de l’Education populaire et de la Vie associative le 7 juin dernier pour financer à hauteur de 4 millions d’euros la réforme des rythmes scolaires (notamment alloués au développement d’activités périscolaires prévues dans le cadre de la réforme des rythmes éducatifs…

LES CHÈQUES ÉDUCATION (SCHOOL VOUCHERS)
= L'ÉCHEC !
L'un des plus fervents promoteurs du chèque-éducation aux USA, Sol Stern, vient de faire brusquement volte-face en affirmant, constats à l'appui, que le voucher n’avait "pas du tout amélioré le système public".
Quelle surprise ! 
Mais, était-ce - vraiment - le véritable objectif ?
En France aussi, évidemment, et depuis une bonne vingtaine d'années …

Mais Peillon se trompait.
En quatre ans, les professeurs des écoles se sont habitués aux quatre jours. Beaucoup sont des femmes qui ont organisé leur vie familiale en conséquence. Certains reconnaissent les limites de cette semaine. Mais leur demander de venir travailler le mercredi, sans geste en retour, est souvent perçu comme une nouvelle attaque contre une profession malmenée ces dernières années. Les instits français sont parmi les plus mal payés d’Europe. Ils ont aussi été critiqués pour les résultats en berne de l’école française…
… Au fil de débats interminables, la grande réforme annoncée s’est engluée. Le ministre, qui promettait de revoir dans la foulée l’année scolaire et ses trop longues vacances, n’en parle plus guère…
 


… L'aménagement des rythmes scolaires est une bonne chose, mais le fait de confier les enfants à des animateurs ne suffira pas à accroître les performances ; il faudrait aussi que les élèves aient plus de temps pour travailler. Ce qui passe par des jours de classe plus nombreux et moins chargés…
… Recruter des professeurs va dans le bon sens, à condition qu'on leur demande de travailler autrement. Le coeur de l'affaire est la transformation des pédagogies, ce qui suppose des moyens, mais ne se limite pas à eux seuls…
… la formation permanente ne peut pas dépendre des désirs aléatoires des uns et des autres. J'ajoute qu'un recrutement précoce aurait sans doute contribué à accroître la diversité sociale des personnes recrutées, car, à bac+4 ou bac+5, le public étudiant est nettement plus "embourgeoisé" et choisit l'enseignement parfois faute de mieux. Quant à prendre en compte le bien-être des élèves, les ESPE en sont loin...
on peut se demander si la France a toujours la capacité politique de changer l'école sans risques politiques excessifs…
… les élèves faibles et défavorisés y croiront moins encore, pendant que les industries culturelles offriront des alternatives éducatives dont on peut tout craindre. Nous aurions donc intérêt à nous donner des objectifs modestes et des moyens pragmatiques de les atteindre. Nous ne pourrons pas éternellement faire des promesses que nous ne tenons pas.

Face à ce sous-emploi et au chômage de masse, on aurait imaginé que les politiques soient sur le pied de guerre: cassant des rigidités scolaires, revoyant les programmes, innovant sur le plan pédagogique, modifiant le statut des enseignants, ouvrant les numerus clausus, multipliant les possibilités de seconde chance, mobilisant les fonds de la formation professionnelle, créant des ateliers ou des écoles pour l’innovation notamment dans les secteurs de développement (inutile d’un millième rapport pour les identifier), stimulant l’auto-entrepreneuriat. On aurait attendu rapidement des réformes pour donner des ailes à une jeunesse qui soit, bouillonnant d’impatience, prépare sa valise, soit s’assoupit doucement, ou bricole, en attendant des jours (ou des politiques) meilleurs. Et bien non, la passion pour l’immobilité a gagné

un enseignant répond de manière assez agressive : 
« Très bien, on ne la renvoie pas. Et vous faites quoi si, demain, y’a des parents en pleurs qui viennent vous voir et vous disent : “Julie a frappé mon fils, pourquoi ne l’avez-vous pas renvoyée” ? »
Je prends la parole et demande à mon tour :
« Très bien, on la renvoie, et qu’est ce que vous faites si demain les parents d’un élève de son nouveau collège viennent vous voir en pleurant et vous disent “elle a frappé mon fils, pourquoi vous nous l’avez envoyée” » ?
La principale : 
« Oui, mais ça ne sera pas dans notre établissement. »

… «Nous observons une extrême diversité voire de véritables inégalités sur l’offre périscolaire en termes de contenu, d’encadrement des élèves et de coût pour les familles», a-t-il indiqué, regrettant que dans certaines communes les activités se réduisent à «de la garderie», quand d’autres proposeront judo, cuisine, astronomie...
... Le ministre a fait de l'offre périscolaire la vitrine de cette réforme. Aujourd'hui, elle en est le talon d'Achille" ...

… La ville de Paris a prévu des ateliers gratuits pour ses 132 000 élèves jusqu’à 16 h 30. Une usine à gaz à 50 millions d’euros. Après la forte mobilisation des enseignants, ce printemps, contre la réforme, Paris, l’une des rares grandes villes à se lancer dès la rentrée, veut absolument montrer l’exemple. Mais, malgré son zèle de bonne élève socialiste et des moyens nettement supérieurs, l’organisation patauge encore….
Normalement, les ateliers devaient avoir lieu dans les salles de classe. Sauf que les enseignants sont assez réticents à cette idée. Cela entraînerait trop de dérangement, et l’obligation de quitter la salle à 15 heures alors qu’ils restent souvent sur place après les cours pour travailler.«On va bien être obligés de mettre les enfants quelque part !»

… En 2012, environ 82 % des emplois créés étaient des contrats temporaires, contre 70 % cinq ans plus tôt, et contrairement aux emplois à temps plein, ces contrats ne permettent pas d’accéder à la classe moyenne française. Cette situation contraint quasiment toute une génération à vivre dans la précarité, y compris ceux qui travaillent dur et qui font de longues études…
… Sondage après sondage, les Français répètent qu’ils veulent des réformes et une modernisation de leur système – tant que cela n’a aucun impact pour eux

En conséquence que faut-il leur apprendre? Peut-être que le plus important est qu'ils apprennent à prendre soin d'eux: s'ils prennent soin d'eux, alors ils sauront prendre soin des autres et leur environnement. Je crois que cet aspect à totalement été négligé ces trente dernières années au profit de la course à l'écrasement de l'autre, au succès, au détriment de son camarade…

Cette fois-ci, c’est la bonne ! Juré, promis : l’école française va enfin basculer dans l’ère numérique. Enfin !...
… Tous les prédécesseurs de Vincent Peillon ont annoncé en leur temps ce grand changement …
… à quoi servira-t-il de former les enseignants dans les ESP si, arrivés sur le poste, ça ne marche pas

Cette école alternative a ouvert en septembre dernier.
La première année a été compliquée. Il a fallu trouver un nouvel enseignant un mois après la rentrée, trouver aussi les financements, près de 2500 euros sont nécessaires chaque mois pour faire fonctionner cet établissement ! 
Pourtant donc, les quelques parents d'élèves aimeraient rempiler pour la prochaine rentrée ...
... L'école pourrait fonctionner avec un mi-temps assuré par un enseignant professionnel le matin, les parents d'élèves prenant le relais l'après-midi. Mais cette organisation suppose des parents volontaires et disponibles pour encadrer un groupe d'élèves. Pas évident…
L'école alternative ne rouvrira pas cette année

Créer une école ...
… Toutes les expériences passées, et certaines qui s'enlisent actuellement, prouvent qu'on ne peut construire un projet cohérent et une équipe stable avec seulement une juxtaposition de refus ou une addition d'attentes disparates et parfois contradictoires - surtout lorsque la langue de bois fait office de ciment - entre les enseignants-éducateurs, entre les parents, entre parents et enseignants…

Des prestations bénévoles aux stages non-payés, les jeunes forment une cible de choix
… Le vivier de candidat qui préfère travailler pour rien plutôt que de ne rien faire du tout s'élargit. "Mon école était souvent la première à nous faire suivre des annonces pour un premier boulot non rémunéré"

… En moyenne, un étudiant possède des biens d’une valeur totale de 2 629 euros (soit 2 266 livres). C’est dans la musique que les jeunes investissent massivement avec près de 830 euros (715 livres) consacrés au téléchargement. À titre de comparaison, 200 euros sont dépensés pour les livres et journaux en ligne…

… Selon cette étude, moins de la moitié des diplômés du privé obtiennent un emploi qui correspond à leur niveau universitaire, tandis que les étudiants des universités publiques sont 90% à trouver un emploi. Enfin les critiques fusent au sujet de certains établissements jugés plus intéressés par leurs bénéfices que les résultats de leurs élèves, et proposant des cursus de faible qualité.
Pour le gouvernement britannique, le privé est une aubaine

La vigueur d'une croyance se mesure à sa capacité à résister aux démentis de la réalité. A cette aune, la «communication politique» force l'admiration. Son inefficacité a beau être de plus en plus patente, nos gouvernants persistent à sacrifier à ses rites.
Au risque d'un ridicule qu'ils semblent être les seuls à ne pas percevoir. Les mises en scènes estivales du pouvoir en fournissent une pathétique illustration…
… Quant à l'idée de produire un petit événement médiatique quotidien jusqu'au coeur du mois d'août, elle pêche par une confondante naïveté. On a de la peine pour Jean-Marc Ayrault en le voyant, lui qui n'est pourtant pas un adepte de la com' spectacle, jouer au djembé devant des enfants pour les besoins de la belle image

Place alors à l’imposture et à la mise en scène dont sont si friands le personnel politique et ses affidés : «Sortir ou ne pas sortir ?» that is the question. Dramaturgie fictive, réunion d’urgence, pied dans le tapis et fausse sortie. Car pour sortir «vraiment», franchir la ligne qui sépare le dedans du dehors, il faudrait pouvoir s’appuyer sur une autre ligne, c'est-à-dire précisément une pratique de l’esquive ou du détournement. Il faut «esquiver» disait Fernand Deligny  : esquiver les places prédestinées, les jugements préétablis, esquiver le pouvoir, esquiver «la camisole idéologique»…
… Fatalisme, diront les uns. Impuissance, diront les autres. Il n’y a qu’une seule ligne politique possible, qu’un seul modèle et qu’une seule fenêtre sur le monde. Le principe de réalité, cette référence passablement indéfinissable, s’est emparé du personnel politique qui ne se conçoit plus que comme praticien des institutions, maître en optimisation, RCB , LOLF et tutti quanti…De « la France forte » au « changement, c’est maintenant », le storytelling, cette technique de communication issue de l’entreprise, a remplacé l’engagement, la conviction que le faire politique est d’abord affaire d’émancipation et de lignes de fuite (la pratique de l’esquive)…

Cette année, sur un million de jeunes Britanniques de 18 ans, un tiers va se lancer dans un gigantesque pari financier. Et ils le feront dans une ignorance brumeuse, pleine de naïveté. Beaucoup n'auront d'ailleurs même pas conscience de faire un pari. Si certains en récolteront d'énormes profits, d'autres devront en assumer les conséquences pendant la majeure partie de leur vie professionnelle.
Depuis l'année dernière, les étudiants doivent prendre en charge la totalité des coûts de leurs études universitaires, depuis les droits d'inscription jusqu'aux frais quotidiens. Ce qui représente des sommes astronomiques…
Y a-t-il quelque part un responsable politique qui ait l'intelligence et le courage de réparer l'actuelle injustice intergénérationnelle ?

il« propose d’instaurer une tenue uniforme des élèves dont les modalités doivent être définies au niveau de chaque établissement »
…  Inconstance et inconsistance, tels sont les maîtres-mots qui viennent à l'esprit pour juger de ce projet pour l'Ecole du pré-programme présidentiel du candidat François Fillon, surtout si l'on n'oublie pas qu'il a été Premier ministre et même ministre de l'Education nationale …

… un camp de vacances reprenant la trame de la saga de Suzanne Collins. Ses livres dépeignent une société fictive dans laquelle des adolescents âgés de 12 à 18 ans s'entretuent jusqu'à ce qu'il ne reste qu'un survivant, érigé en héros national. Une vision contemporaine de Sa Majesté des mouches, de William Golding, ou de Battle Royale, le film japonais tiré du roman de Koshun Takami….
"Qu'est-ce qu'on fait en premier ? Est-ce qu'on commence par se tuer ?"demande ingénument le petit Sidney, 14 ans. "Non ! pas de violence cette semaine", lui répond une monitrice. Une phrase qu'elle devra marteler tout au long de la journée, débordée par l'enthousiasme des gamins, obsédés par l'idée de s'entretuer. La violence attendra…
… On y découvre que ces derniers peinent à se détacher de l'univers ultraviolent de l'histoire, discutant entre eux des différentes manières de se tuer, et de qui mourra le premier. Face à ces comportements, montrant bien qu'ils n'ont pas saisi la gravité des sujets traités dans Hunger Games, les responsables du camp ont préféré changer de vocabulaire. Au lieu de «tuer», les enfants «collectaient des vies» en attrapant les foulards attachés au ventre de chacun…


…Pour le gouvernement en place, toutefois, la croisade morale et les sorties populistes ne sont plus qu’une manière de faire oublier son propre échec à maîtriser le système. Sans compter qu’il est bien plus facile d’accuser les immigrés de voler les emplois que de s’attaquer aux dysfonctionnements du système éducatif, qui produit tant de jeunes démotivés et non qualifiés

… «Au matin de la tragédie, déclare Sobhan, la pression a été mise sur les travailleurs qui refusaient d’entrer [l’immeuble présentait des fissures, ndlr] : "Si vous n’y allez pas, vous perdrez votre job." "Quel choix avais-je ? ont dit les employés. Si je n’entre pas, qui va nourrir mes enfants, qui va payer leurs études ?"
… Le tee-shirt acheté 5 dollars au Bangladesh «sera toujours vendu 25 à New York»

C’est très pratique pour eux : moins de professeurs à payer, de salles de cours à prévoir, de séminaires à organiser. Beaucoup de masters professionnels universitaires demandent maintenant à leurs étudiants de faire six mois de stage, pour compenser leur manque de contacts avec le monde de l’entreprise. Aujourd’hui, le stage phagocyte tout : il remplace les cours et la formation, les emplois-jeunes et l’apprentissage. ..

Dès novembre 2007, un rapport de l’IGEN  rendu au ministre après la première rentrée post-réforme le mettait prudemment en garde : 
« Même si notre enquête intervient trop tôt pour formuler une appréciation sûre, il est clair que, très généralement, l’exigence de donner satisfaction aux demandes des boursiers a été reléguée au second plan et l’objectif de mixité sociale peu pris en compte. »
Et ce « aux deux extrémités de la hiérarchie des établissements », les plus convoités et les plus ghettoïsés

… Au dispositif des internats d’excellence, considéré comme coûteux et réservé à un petit nombre, il est envisagé de substituer l’excellence scolaire et éducative dans tous les internats
… Le maintien de ces structures dérogatoires pose la question de disposer, au sein du système scolaire français, de lieux d’innovation et d’expérimentation dessinant de possibles évolutions de l’exercice de la profession d’enseignant et favorisant une conception plus intégratrice et plus globale de la scolarisation (suivi des élèves, organisation de l’espace, dialogue externat/internat/parents, effort de restauration de l’image de soi des jeunes, développement de l’autonomie des élèves, relation avec les familles, accompagnement scolaire, ouverture culturelle)…
[ Modalités d’intégration des internats d’excellence dans une politique renouvelée des internats au service de la réussite éducative des élèves - Rapport Juin 2013 - pdf ]

il met en garde le ministre quant à l'éventuelle généralisation de cette méthode, dont l'expérimentation "produit des résultats pour le moins contrastés", selon un rapport de l'inspection générale.
Préconisée par l'association Agir pour l'école, la méthode pourrait toutefois bénéficier de l'appui …

… Vincent Peillon, par exemple, l’a déclamé dès son entrée en fonction. L’autorité à restaurer va de pair avec une violence scolaire, toujours en hausse, et un «niveau qui baisse», depuis la naissance de chacun. L’autorité, donc. A restaurer. A l’école. OK. On ne va pas discuter, même si depuis vingt ans les statistiques montrent que l’augmentation des conseils de discipline file le vertige. A cause de la violence ? «Non», dit un parent d’élève : «Un sixième était sorti s’acheter à manger : il avait oublié sa carte de cantine. Le lendemain, il a déjeuné à la cantine, mais sans sa carte. Il est passé en conseil de discipline

La politique, c'est d'abord des idées. Cela n'est peut-être pas courant mais les Verts allemands en ont eu une, et elle fait beaucoup de bruit. Laquelle? Instaurer dans les cantines germaniques un jour sans viande par semaine afin de promouvoir une alimentation végétarienne et végétalienne. 
En pleine saison du barbecue
…les cantines devaient "proposer (...) une nourriture plus saine". Pression artérielle, risque cardiaque, cancers, les études se suivent et se ressemblent pour dénoncer les méfaits de la surconsommation de viande…

… Quarante ans après sa naissance dans la mouvance tiers-mondiste, le commerce équitable est en partie devenu un « commerce de l’équitable »… 
En République Dominicaine, île des Caraïbes qui fournit 33% des bananes équitables de la planète, des producteurs labellisés Max Havelaar emploient – pour ne pas dire exploitent – des clandestins haïtiens

Lancée en juin 2007 par Xavier Darcos dans le but officiel de « donner une nouvelle liberté aux familles », celle du « libre choix de l’établissement scolaire », et « de favoriser l’égalité des chances et d’améliorer sensiblement la diversité sociale dans les collèges et les lycées », la politique d’assouplissement de la carte scolaire n’a rempli aucun de ces deux objectifs
[ Rapport n° 2013-037 - juin 2013 - Inspection générale de l’Éducation nationale - Inspection générale de l’administration de l’Éducation nationale et de la Recherche - Conséquences des mesures d’assouplissement de la carte scolaire après 2007 ]

… faire grandir ses enfants au son de «Finis ton assiette» (voire de «Finis ton assiette, y a des enfants qui meurent de faim dans le monde») est loin de leur être bénéfique.
Ces principes alimentaires parfois solidement ancrés dans les familles –ou chez les pions à la cantine– vont contre la santé des enfants, comme plusieurs études l'ont montré…

A titre expérimental, pour une durée de trois ans, les taux d'encadrement des accueils de loisirs périscolaires organisés dans le cadre d'un projet éducatif territorial peuvent être réduits par rapport aux taux prévus par l'article R. 227-16 du code de l'action sociale et des familles, sans pouvoir être inférieurs à :
1° Un animateur pour quatorze mineurs âgés de moins de six ans ;
2° Un animateur pour dix-huit mineurs âgés de six ans ou plus. …
[ Décret n° 2013-707 du 2 août 2013 relatif au projet éducatif territorial et portant expérimentation relative à l'encadrement des enfants scolarisés bénéficiant d'activités périscolaires dans ce cadre - JORF n°0180 du 4 août 2013 ]

…  environ 10% des participants inscrits à un cours vont jusqu'au bout. Le calcul du "no-show", terme utilisé pour désigner un élève qui ne se présente pas au début du cursus, est encore plus éloquent: 70% sur les MOOC les plus importants.
Il est difficile de poser une question et d'obtenir une réponse immédiate du professeur
Les critiques pointent du doigt le manque d'interaction entre professeur et élèves. Il est en effet aussi difficile de poser une question et d'obtenir une réponse immédiate du professeur sur un MOOC que dans un amphithéâtre bondé…

… Par exemple, à Paris, un jeune qui s’oriente vers le parc privé (parce que le parc social est bouché !) vit un véritable parcours du combattant. Il a attendu dans les escaliers une heure pour visiter un appartement, il arrive à l’étage et le logement est déjà loué. Ensuite, quand il arrive à louer quelque chose, avec deux personnes qui se portent caution, un chèque de caution etc., est-ce que madame Duflot pense vraiment qu’il va aller au tribunal pour obtenir une baisse de loyer ? Dans les zones tendues, le locataire qui trouve un appartement a l’impression d’avoir gagné un concours !..

La sous-traitance, c’est de l’esclavage moderne. »…
« Les conditions de travail sont vraiment éprouvantes. Nous disposons de 45 minutes à 1h15 pour décharger un semi-remorque de 35 tonnes. Les licenciements sont si fréquents que nous sommes toujours sous pression. »
Mais en lieu et place du "ministère de l'éducation, de la jeunesse, de l'avenir" promis, le gouvernement s'est retrouvé classiquement et banalement doté, avec Valérie Fourneyron, d'une ministre des sports... et de la jeunesse. Aujourd'hui, un jeune de moins de 25 ans sur quatre est au chômage et, selon une étude du cabinet Deloitte, 27 % des jeunes diplômés veulent travailler hors de France, contre 15 % en 2012. La jeunesse reste "sacrifiée, abandonnée, reléguée"

… Aujourd’hui étudiant, son smartphone ,sa tablette et son ordinateur portable les écrivent pour lui. «Quelquefois, je ne prends même pas de notes dans des cours. Je fais juste une photo avec ma tablette de ce qu’écrit le prof au tableau»
Et puis le saint Smartphone est arrivé. Son utilisateur n’a qu’à taper la prononciation d’un mot pour faire apparaître le ou les kanji et autres signes possibles. Et quand la batterie est vide, c’est l’apocalypse

les utilisateurs outranciers de smartphones ne développent que la partie gauche de leur cerveau, laissant la partie droite sclérosée. Dommage, c’est elle qui génère les facultés de concentration, mémoire et d’attention. Si elle n’est plus stimulée, dans 15% des cas, les jeunes peuvent développer les premiers signes de démence digitale. 
L’expression inventée spécialement par les médecins sud-coréens recouvre un nouveau mal, qui englobe des troubles de la mémoire, le sous-développement émotionnel et les premiers signes de folie
[ Surge in 'digital dementia'30/07/2013

… Le fabriquant était notamment accusé de «fair washing», une pratique consistant à invoquer des engagements éthiques à des fins purement marketing. Trois ONG avaient déposé plainte à Bobigny, l'accusant de ne pas respecter ses engagements éthiques en particulier sur le travail des enfants, ou sur les règles de sécurité au sein des usines de ses fournisseurs chinois. Une démarche inédite en France…

… Pour les structures d'accueil, le service civique permet de recruter une main-d'œuvre temporaire qualifiée et très bon marché. Car sur les 573 euros d'indemnité mensuelle net que touche le jeune engagé, l'Etat en finance 460 euros, soit plus de 80 %....
… Conséquence, tout comme les stages, le service civique est parfois utilisé de manière abusive en lieu et place d'emplois salariés

Un âge d’or des colos d’été sous l’égide de l’éducation nationale
Après l’âge d’or, les associations s’adaptent à la demande
Une fréquentation des colos en baisse constante depuis 1995 …
Des séjours devenus trop chers pour les classes moyennes 
Le retrait des comités d’entreprise, dernier soutien des colos
Des parents réticents à l’idée d’envoyer leurs enfants en colos
Une réglementation devenue défavorable aux colos 
L’échec du contrat d’engagement éducatif …
[ RAPPORT D’INFORMATION - Michel MENARD - juillet 2013 ]


La contamination des cours d’eau est quasi-généralisée en France, essentiellement par des herbicides en métropole et des insecticides en outre-mer. Les secteurs aux teneurs les plus fortes correspondent aux zones de grande culture céréalière, maraîchère ou viticole : nord de la France, bassin parisien, Sud-Ouest, amont du Rhône, Martinique…
[ Les pesticides dans les eaux douces - Commissariat général au Développement durable – juillet 2013 ]

Quelle réalité de la mise en place des objectifs d’innovation ?
L’innovation dans les trois champs de la pédagogie, de la vie scolaire et des ressources humaines était au cœur du programme CLAIR ; qu’en est-il dans les réseaux ECLAIR ?
L’innovation y apparaît-elle comme le levier majeur de changement pour la réussite des élèves ? La notion même d’innovation est-elle comprise, assimilée, acceptée par les équipes ? …
…les ECLAIR peuvent-ils poser les prémices de changements majeurs dans l’éducation prioritaire ? Peuvent-ils constituer des laboratoires pour la mise en place de l’école du socle ? ..
[ Rapport IGEN - pdf ]

… le ministère de l’Education nationale a concédé avoir actuellement de grandes difficultés à recruter de nouveaux enseignants dans certaines académies. Et un haut fonctionnaire justifié : "Si la barre était à 10/20, nous ne pourrions recruter que quelques centaines de candidats !"
Malgré une barre d'admissibilité abaissée de 4 points en moyenne pour la session 2013, près de 2.000 postes étaient restés vacants.
… Pour les concours de professeurs des écoles (PE), pour la session extraordinaire de 2014, la barre d'admissibilité est ainsi, selon nos informations, fixée à 4/20 à Créteil, 5/20 à Paris, 4,5/20 à Versailles, et 7/20 à Strasbourg

Le nombre d'admissibles par poste est extrêmement faible pour la session 2014: 1,14 pour une place en moyenne sur le territoire. C'est presque deux fois moins qu'en 2009 (2,23).
Dans ces conditions, l'alternative est claire: ou les épreuves orales deviennent une quasi-formalité, ou de nombreux postes ne seront pas pourvus en juin 2014 faute de candidats "au niveau". Cela a été le cas dans l'académie de Créteil pour la session 2013, avec une centaine de zéros éliminatoires et 175 postes non pourvus, tout comme à Paris, à Versailles, à La Réunion et en Guyane.
Ce phénomène devrait s'accentuer l'année prochaine

… les magistrats de la rue Cambon épingleraient une mutuelle une fois encore injoignable, qui ne répond pas aux courriers, qui tarde à rembourser les étudiants… Le tout, malgré une augmentation de 7% des frais de gestion depuis 2005. Ils souligneraient également des dérives liées au rapprochement de la LMDE et de la MGEN. La mutuelle s’est aussitôt défendue de ces accusations, accusant "Le Monde" de "tirer des conclusions partiales" et assurant que, "loin d’être en faillite, elle connaît une situation financière stabilisée."
Prochaine étape : transparence ou suppression ? 
Selon la mission d'information du Sénat la suppression de ce régime délégué permettrait d'économiser 69 millions d'euros, tout en améliorant le service rendu aux étudiants...

Refonder l'école de la République, c'est garantir la qualité de son service public d'éducation et, pour cela, s'appuyer sur des personnels bien formés et mieux reconnus.
Les métiers du professorat et de l'éducation s'apprennent progressivement dans un processus intégrant des savoirs théoriques et des savoirs pratiques fortement articulés les uns aux autres.
Ce référentiel de compétences vise à …
[ Arrêté du 1er  juillet 2013 relatif au référentiel des compétences professionnelles des métiers du professorat et de l'éducation - JORF n°0165 du 18 juillet 2013 ]

La Finlande au tableau noir
La vie ne s’arrête pas à 15 ans. Toute réflexion sur les résultats des enquêtes internationales doit tenir compte de ce qui se passe après la scolarité obligatoire. Car c’est justement au cours de cette deuxième étape que se produisent les clivages les plus décisifs. A quoi sert-il par exemple d’avoir une école très égalitaire jusqu’à 15 ans si les différences sociales s’accentuent terriblement par la suite ou si le fossé entre le niveau scientifique de l’élite scolaire et de la masse des élèves s’élargit de façon considérable ? C’est sur l’ensemble de la vie qu’il faut juger de l’efficacité du système éducatif.
15 ans : l’expulsion du Paradis
La Finlande est réputée avoir une école à la fois très performante et très égalitaire. Nous verrons plus bas ce qu’il faut en penser. Mais même si cela était le cas, il ne faudrait pas oublier que ce paysage idyllique s’assombrit brusquement dès qu’on franchit le cap des 15 ans. Une sélection brutale envoie alors près des deux tiers des élèves en lycée professionnel et seuls les meilleurs peuvent accéder aux lycées généraux ...

Il faut moins de six minutes pour que les jeunes succombent à l’appel de leur téléphone portable (appels, textos), de Facebook ou d’Internet et au bout du compte, dix minutes à peine ont été consacrées en pointillés à l’étude. Or, rappellent les auteurs, ces habitudes de mener en parallèle de multiples activités de communication ont des conséquences sur l’apprentissage: allongement du temps nécessaire à la réalisation du travail scolaire, fatigue accrue, mémorisation plus superficielle et fragile des connaissances…

Le monde de l'animation n'a plus grand-chose à voir avec les "jolies colonies de vacances" d'antan. De nombreuses structures, n'ayant d'ailleurs pas toutes un statut associatif, sont apparues. Celles-ci se partagent aujourd'hui un marché bien lucratif. Comment parler de mixité sociale quand certains séjours facturent une semaine de colo à plus de 1 000 euros ?..
… Ils proposent des séjours thématiques et un très fort encadrement, avec un animateur pour six enfants, alors que la loi prévoit un animateur pour douze. Ceci justifie des prix de plus en plus élevés. Mais les animateurs, eux, sont toujours aussi mal payés.

"Il y a une telle concurrence maintenant pour entrer à la maternelle, pour entrer dans la bonne maternelle, qu'à trois ans on doit passer des entretiens. Des enfants assis devant des jurys blasés, vous savez, inspectant leurs CV, feuilletant et disant, 'Eh bien, c'est tout? Cela fait 36 mois que vous êtes là, et c'est tout? Vous n'avez rien fait, rien. Passé les six premiers mois à téter, à ce que je vois.' Vous voyez, comme idée, c'est choquant, mais ça attire les gens." 
"Nous nous sommes précipités dans un modèle éducatif fast food. Et cela appauvrit notre pensée et nos énergies autant que les fast-foods détériorent nos corps."

C’est encore Ken Loach qui a tiré avant l’heure la morale de la catastrophe de Brétigny, avec son dernier film-document sur « l’esprit de 1945 » ; il y montre que les conquêtes du mouvement populaire sont pérennes si la population s’invite sur la scène politique.
Le drame de Brétigny nous oblige à repenser le service public et à réfléchir sur le sens d’une société où, sous prétexte de sérieux budgétaire, la seule politique consiste à bien organiser la gestion comptable d’un pays en fonction des seuls desiderata des « marchés ». Sinon, nous risquons de connaître d’autres Brétigny, non seulement dans les gares mais aussi dans les hôpitaux et dans les écoles...

… LES FRANÇAIS EN QUETE DE LIEN SOCIAL
La population a une image très négative de la cohésion sociale qu’elle juge défaillante et principalement minée par des comportements individualistes. La confrontation à des discriminations dans son entourage et le sentiment d’être en butte avec des services publics inéquitables et impersonnels nourrissent également l’idée d’une société peu harmonieuse.
La dureté de la crise et sa prolongation dans le temps ont tendance à amplifier un sentiment d’impuissance et de défaitisme quant à l’impact des actions individuelles ; on observe également ce que l’on pourrait appeler une « fatigue de la compassion » à l’égard des plus démunis…
l’école apparaît cette année comme un mécanisme propice à renforcer la cohésion sociale auprès de ceux valorisant plus particulièrement le partage de valeurs (37%, +10 points), la lutte contre les inégalités (30%, +10 points) et la solidarité entre individus (25%, +7 points). 
[ Les Français en quête de lien social - Baromètre de la cohésion sociale - CREDOC 2013 - pdf ]

La ''discrétion'' de François Hollande a été quasi totale durant toute la gestation et la discussion parlementaire de la « loi de refondation de l'Ecole » qui vient d'être votée.
Il en a été de même pour François Mitterrand à propos de la loi d'orientation dite ''Jospin'' promulguée le 14 juillet 1989...
Cette ''discrétion'' des deux présidents de la République issus du PS contraste avec l'attitude des deux ''monstres sacrés'' des débuts de la cinquième République à propos de leurs lois scolaires emblématiques, la loi ''Debré'' pour Charles de Gaulle et la loi ''Haby'' pour Valéry Giscard d'Estaing. ..

3 juillet : audience de référé devant le tribunal d'Amiens pour l'école d'Agnières  Hescamps (80) : Gagné. Fermeture de l'école primaire évitée. Plus d'une heure de transport, défaut d'avis des commissions.

… L'analyse des cohortes de naissances britanniques et néo-zélandaises (que deviennent à l'âge adulte des sujets suivis depuis leur naissance ?) montre bien qu'une éducation brutale est statistiquement associée à la survenue ultérieure de conduites agressives envers soi-même (suicides et tentatives de suicide, anorexie, addictions...) et envers autrui (délinquance, violences intrafamiliales)…
… Au terme de la lecture de tous ces commentaires, on se demande tristement si François G n'a pas raison lorsqu'il écrit laconiquement: "La maltraitance des enfants en France: peut-on sortir du déni? Non."

.... « Total n’a rien à faire à l’école primaire. C’est de l’entrisme. Moi je leur demande juste de me vendre de l’essence. A quand Servier expliquant le corps humain et Monsanto l’agriculture ?» …

C’est une refonte des cycles – ceux créés par Lionel Jospin en 1989, et dont la communauté éducative ne s’est jamais vraiment emparée – qu’inaugure la Rue de Grenelle, même si cela doit se faire de manière très progressive : pas avant la rentrée 2014 en ce qui concerne la maternelle, et entre 2015 et 2017 en élémentaire et au collège …
… Ces mêmes inquiétudes qui ont sans doute conduit le ministère de l’éducation nationale à renoncer à inscrire dans le texte de la loi d’orientation l’idée d’une "école du socle", cette petite révolution qui, en assurant la continuité des enseignements de 6 à 16 ans, permettrait d’en finir avec la rupture de l’entrée au collège…

La loi d'orientation et de programmation pour la refondation de l'école de la République, promulguée le 8 juillet, accorde la priorité au primaire pour lutter contre l'échec scolaire, en relançant l'accueil des moins de trois ans et en permettant la présence de maîtres supplémentaires dans les classes dans les zones défavorisées, notamment pour varier les pratiques pédagogiques.
Une langue vivante obligatoire sera introduite en CP, les missions de l'école maternelle seront redéfinies et les liens avec le collège renforcés.
Sans aborder directement la question brûlante du retour de la semaine de 4,5 jours dans le primaire  …
 [ LOI no 2013-595 du 8 juillet 2013 d’orientation et de programmation pour la refondation de l’école de la République - pdf

Lettre ouverte
à Madame Pau-Langevin, Ministre de la Réussite Educative
...N'avons-nous d'autre recours pour nous faire entendre que celui de poursuivre le Recteur devant le tribunal administratif ? Si nous engagions cette démarche judiciaire, ce ne serait pas tant pour défendre le projet du collège Anne Frank que pour prévenir d'autres dérapages qui pourraient concerner les établissements expérimentaux, qui eux, ont encore la liberté et le droit de rechercher et d'agir...
(19 juin 2013)

19 mars 2013 - Lettre ouverte en soutien au Collège Anne Frank
Position de l’équipe éducative du Lycée Expérimental de Saint-Nazaire face à la situation du collège Anne Frank.

La pauvreté augmente en France depuis 2008 et sa progression affecte davantage les enfants : en 2010, 19,6 % de la population des moins de 18 ans vivent dans une famille en situation de pauvreté. Cela revient à dire qu’un enfant sur cinq est pauvre. Les enfants pauvres d’aujourd’hui seront pour une large part, si rien n’est fait, les exclus de demain. Malgré de réelles avancées et une ébauche de réforme des politiques familiales, le CNLE souhaite alerter les pouvoirs publics sur la gravité des situations de pauvreté des enfants et sur l’urgence à agir…

… Le directeur de l’école n’a pas caché aux parents que la mise en place des nouveaux rythmes allait être épique  …
… C’est pas la même chose de s’occuper de quelques dizaines d’élèves le mercredi actuellement et de gérer 330 gamins à plusieurs reprises dans la semaine, de s’occuper d’animation pure sur deux ou trois ateliers et d’encadrer une vingtaine d’ateliers et autant d’animateurs, de s’occuper en plus de la gestion de la cantine et des études… Je ne suis pas sûr que la Ville ait parfaitement perçu cet aspect RH de la question, quand elle a décidé de donner les pleins pouvoirs aux directeurs de centre…
Au final, le notre n’a pas été trop rudoyé lors du Conseil d’école. Tant mieux, je sais qu’il fait de son mieux. D’autres directeurs de centre ont été quasi lynchés lors de Conseils d’école qui se sont déroulés dans plusieurs écoles de la commune…
Ils ont démissionné dans la foulée

J’ai été mal orienté. Du coup, à l’instar de Zazie qui voulait devenir institutrice pour faire chier les mômes, pour me venger, je suis devenu conseiller d’orientation psychologue…
… Difficile, avec un peu plus de quinze minutes par élève et par an, de travailler de façon approfondie avec tous…
spectateur impuissant d’un système qui s’effondre et qui choisit très tôt la minorité qui réussira scolairement et professionnellement, la majorité qui s’en sortira et la minorité qui sera vouée à la galère... J’approuve pas, hein. Je décris…

… «Comment donner une réalité à la priorité au primaire sans de tels modules dans la formation des enseignants ?», s’interroge Sébastien Sihr.Il y a selon lui «un changement de discours sur l’importance de la formation des enseignants, mais pas de déclinaison concrète». Sur la formation continue, l’inquiétude est encore plus grande  : «Autant sur la formation initiale, c’est le flou, autant sur la formation continue, il n’y a rien, dénonce-t-il encore. Or, on ne changera pas l’école sans une grande formation continue. Si les 330.000 professeurs des écoles ne sont pas accompagnés via des cycles de formation continue, on passera à côté de la réforme.»…

"Vous nous annoncez donc ce matin qu’en plus des 60 000 postes prévus, vous ajoutez 10 000 postes supplémentaires ? On passe donc à 70 000 postes…" Le ministre ne rectifie pas.
Or, ces 60 000 postes n'ont rien à voir avec les 10 000 annoncés mercredi. Les premiers sont des postes de fonctionnaires, qui doivent être créés d'ici à la fin du quinquennat. Les seconds sont des contrats aidés, prévus pour la rentrée. Des contrats précaires, de vingt heures par semaine et d'une durée de deux ans maximum. Seront concernés des jeunes en recherche d'emploi, avec des niveaux de formation très variables, et des perspectives d'emplois en bout de course très aléatoires. On connaît l'histoire des ex-emplois jeunes

pourquoi aucun ministre, aucun gouvernement, ne parvient à tisser avec la jeunesse un lien de confiance suffisamment robuste pour oser une réforme dont chacun pense, en outre, qu’elle se ferait, probablement, dans l’intérêt des élèves, du moins si elle parvenait à résoudre quelques-unes des avanies susmentionnées? Et pourquoi faut-il que les lycéens fassent du bac le symbole indépassable de l’égalité républicaine, alors qu’il est, en l’état, un des instruments de sélection les plus hypocrites qui soit puisque le même bac est loin de donner les mêmes droits à tous les élèves?..

… Alors que la réforme est censée améliorer la formation professionnelle des enseignants, celle-ci s’annonce inconsistante. En première année, les étudiants devront préparer des épreuves de didactique alors qu’ils n’auront eu aucune expérience de l’enseignement…
… Soyons lucides : avec ce projet, la refondation de l’école de la République est compromise. On peut même craindre une dégradation de son efficacité…
… La priorité accordée à la jeunesse et à l’éducation donne au gouvernement tous les moyens de réaliser une réelle refondation de la formation des enseignants. C’est pourquoi nous demandons la suspension de cette réforme, l’annulation des arrêtés définissant les concours et l’ouverture du chantier d’une autre réforme…

Le projet pour l’Ecole est indissolublement lié au projet de société. L’Ecole de la République doit être engagée dans la formation des citoyens (ce qui est autre chose que la formation à la citoyenneté). 
La généralisation de méthodes ou de démarches repérées dans les pédagogies nouvelles, sans tenir compte du contexte auquel elles s’intègrent, pourrait fort bien se révéler contre-productive. Le processus d’institutionnalisation est toujours un processus de dégénérescence des formes[2]. Ce sont des équipes ou des collectifs d’enseignants qui peuvent se saisir d’outils pertinents, et pour cela l’organisation éducation nationale — en favorisant le niveau des équipes et le niveau de l’établissement — doit rendre aux enseignants une capacité d’initiative qu’ils ont largement perdue

Ces sondages laissent songeurs. 200 000€, c'est peu par rapport au budget total de l'éducation, mais il n'est pas certain que cet argent soit bien utilisé. Par souci d'économie, on peut inviter le ministre Peillon à renoncer à deux sondages auprès du corps enseignant: Voulez-vous qu'on réduise les vacances scolaires? Etes-vous favorable à une revalorisation des salaires? …

Il est facile de voir pourquoi de jeunes gens ne croient plus en l'Union européenne, puisqu'on leur fait payer le prix fort pour une crise dont ils ne sont pas responsables, en réduisant leurs chances de réussir dans la vie. Ce serait scandaleux qu'on reste les bras croisés alors qu'une "génération perdue" fait son apparition parmi nous, alors que nous vivons sur le continent le plus riche du monde…
… 6 milliards d'euros seront réservés aux actions pour combattre le chômage des jeunes. C'est un signe positif, mais, en pratique, qu'est-ce qui peut être accompli avec 6 milliards étalés en 7 ans et dans 27 pays ? Très peu

… trois heures à six heures [sic] par semaine soient consacrées à l'accompagnement des élèves. Mais l'article 912-1 du code de l'éducation, issu de la loi d'orientation de 1989, inclut déjà ces missions dans celles des enseignants; et il est ressorti des discussions avec les syndicats que le temps d'enseignement serait inévitablement amputé par cette tâche. Enfin, il est délicat de quantifier cette partie du métier d'enseignant auquel beaucoup consacrent déjà bien plus de trois heures par semaine." 
Et l'on en était resté là, sans bruits et sans murmures

Priorité à l'éducation: l'annonce par Vincent Peillon de 10000 recrutements supplémentaires dans le secondaire met en scène la promesse de François Hollande. Mais l'annonce n'en est pas une. Ces 10 000 recrutements font en effet partie de l'enveloppe de 30000 contrats aidés pour l'Education nationale annoncée aux recteurs le 11 juin dernier, précise-t-on rue de Grenelle. ..

Alors que l'éducation devait être une priorité nationaledu nouveau mandat présidentiel, du nord au sud de notre département, écoles, collèges et lycée continuent de subir le rationnement et se trouvent en butte à de nouvelles fermetures de sites, de filières et de classes dont la liste s'allonge toujours davantage quelques semaines avant la fin de cette année scolaire. Ainsi les autorités du Rectorat de l'académie de Reims continuent de vouloir imposer avec brutalité, et dans le plus complet mépris du dialogue démocratique, leurs projets mortifères aux usagers, enseignants et élus de plusieurs établissements parfois en lutte depuis des mois.
 … Emmanuel Jacquemin, un élu du pays de Sedan, poursuivait mardi une grève de la faim entamée le 1er juin, pour protester contre les fermetures de classes et d'établissements scolaires programmées dans les Ardennes à l'horizon 2014, a-t-il indiqué à l'AFP. "En fermant des écoles, on condamne des territoires entiers. Le rectorat applique une pure logique comptable sans prendre en compte les répercussions économiques et sociales de décisions quasi-autoritaires"…
… "Fermer des sites ou des filières dans des zones rurales, c'est transformer le parcours scolaire des enfants en parcours du combattant avec des temps de transports énormes et quelques fois dangereux"

Sur la mise en place des nouveaux rythmes
Compte-tenu du nombre réduit de collectivités ayant décidé de mettre en œuvre le dispositif à la rentrée 2013-2014, notamment en raison des très grandes difficultés pratiques (conditions d’encadrement, temps de travail journalier réduit,…) et financières imposées aux communes rurales (baisse des dotations, discrimination par taille au détriment des plus petites, péréquation insuffisante,…), l’AMRF demande avec force

…   Pour l’école, depuis toujours, l’élève ne sait pas et il est là pour écouter, mémoriser, restituer à court terme pour être évalué et passer le bac…
… La solution ne peut se trouver que dans le projet éducatif de territoire, à la condition que celui-ci ne soit pas la juxtaposition d’activités « secondaires », à côté d’une éducation formelle impérialiste, comme des cerises sur un gâteau refondé ou sur un pain rassis immuable. Le projet éducatif ne peut avoir de sens …

école decroly

1979 - 2013 ...
…  Au moment où le gouvernement souhaite justement, avec la refondation de l'école, développer ces approches alternatives, cette école symbolique risque de ne plus pouvoir appliquer sa pédagogie spécifique. Celle-ci est menacée par la suppression - pour des raisons budgétaires - de 15 heures d’enseignement par semaine…
… 18 juin, au quatrième jour d’occupation de l’école collège Decroly à Saint-Mandé, l’Académie de Créteil a restitué les quinze heures d’enseignement hebdomadaires qui devaient être supprimées à la rentrée prochaine.
C’est une grande satisfaction pour Laurence Abeille. La députée était venue lundi 17 juin  à l’école pour soutenir les parents d’élèves et les enseignants, et avait écrit à la rectrice pour lui demander de réviser cette décision.
« Le projet pédagogique de l’école, qui a démontré depuis plus de 60 ans sa capacité à lutter contre le décrochage scolaire, à favoriser le lien entre les enseignants, les parents d’élèves et les élèves, doit être un modèle pour l’Education Nationale toute entière »

…   La quête de l'excellence y est tout aussi féroce. Ici, parents et enseignants ont signé un pacte tacite. Ici, tout le monde est heureux. Les enfants ont intégré les exigences de leurs parents. Les professeurs jubilent d'enseigner à des élèves si bien élevés, si cultivés. En poste depuis cinq ans, sur le point de partir à la retraite après une carrière consacrée à des lycées difficiles, Jacqueline Marguin évoque "un havre de paix" autour d'un objectif commun: "Des études longues et brillantes." ..
…  Entre un petit-four et une coupe de champagne, en veste blanche, Jacqueline Marguin, émue, les remercie "Ce fut l'apothéose de ma carrière. Grâce aux résultats d'excellence que vous souhaitez pour vos enfants, travailler ici fut un plaisir." Tout est dit.

…  Je connais bien la situation et je suis très pessimiste. Je trouve qu'ils sont sages par rapport à la réalité et j'espère que ça va rester comme ça. Les problèmes sont les mêmes depuis vingt ans, rien de sérieux n'a été mis en place, il n'y a pas plus de perspective
… On a confié au football la régulation de la violence et la préservation de la paix sociale, deux choses antinomiques. Et le football amateur n'a pas les moyens de régler ça. Le foot amateur est le parent pauvre du sport français…

…   "Les zéros éliminatoires", qui comptait, vendredi 21 juin, 157 membres. Ils ont écrit une lettre au ministre de l'éducation nationale pour lui faire part de leur incompréhension : "A la rentrée, il manquera des enseignants, souligne le groupe. On fera alors appel à des contractuels. Parmi ces contractuels, il y aura sans aucun doute des éliminés du CRPE 2013. Curieusement, là, on les jugera aptes à enseigner..."

…  Est-il possible de refonder sans rupture ?
 C’était sans doute le pari du philosophe Vincent Peillon. Comme Lionel Jospin en 1989 …
… Comment peut-on parler du temps de l’élève sans étudier le problème de l’ennui qui est un facteur énorme de fatigue, de l’incompréhension des programmes cloisonnés, de la rupture entre les savoirs scolaires et ceux du territoire et de l’humanité, de la pédagogie, de la révolution du numérique qui va bien au-delà de l’amélioration de l’existant et du passé ?

... Rêver, c‘est effectivement ce que l‘éducation finlandaise semble faire. Mais, comme tout «produit», il a des défauts, souvent mis à l‘écart par les «marchands» de mythes, finlandais comme étrangers....
Ce qui surprend a priori lorsque l‘on s‘intéresse à l‘éducation finlandaise «de l‘intérieur», c‘est le sentiment de «double bind», voire de schizophrénie, qui nous traverse.
D‘un côté, il y a les  louanges en dehors du pays mais d‘un autre, les critiques répétées à l‘intérieur (qui sont très peu véhiculées à l‘étranger) ...
[ Recherches en Education -N°16 - Juin 2013 - Le mythe de l’éducation finlandaisepdf ]

Une ville où les étudiants ne peuvent plus vivre, étudier, oui, mais vivre, non, le prix d'un studio (lisez "placard à balais") oscillant désormais entre 600 et 800 € par mois, avec 3 ou 6 mois de caution et la garantie des parents, grands-parents et arrières grands-parents, et jusqu'à la dixième génération ; une ville où les librairies ont été remplacées par des marchands de chaussures à 1500€ la paire …

Quelle réalité de la mise en place des objectifs d’innovation ?
L’innovation dans les trois champs de la pédagogie, de la vie scolaire et des ressources humaines était au cœur du programme CLAIR ; qu’en est-il dans les réseaux ECLAIR ?
L’innovation y apparaît-elle comme le levier majeur de changement pour la réussite des élèves ? La notion même d’innovation est-elle comprise, assimilée, acceptée par les équipes ? …
…les ECLAIR peuvent-ils poser les prémices de changements majeurs dans l’éducation prioritaire ? Peuvent-ils constituer des laboratoires pour la mise en place de l’école du socle ? ..
[ Rapport IGEN - pdf ]

… le ministère de l’Education nationale a concédé avoir actuellement de grandes difficultés à recruter de nouveaux enseignants dans certaines académies. Et un haut fonctionnaire justifié : "Si la barre était à 10/20, nous ne pourrions recruter que quelques centaines de candidats !"
Malgré une barre d'admissibilité abaissée de 4 points en moyenne pour la session 2013, près de 2.000 postes étaient restés vacants.
… Pour les concours de professeurs des écoles (PE), pour la session extraordinaire de 2014, la barre d'admissibilité est ainsi, selon nos informations, fixée à 4/20 à Créteil, 5/20 à Paris, 4,5/20 à Versailles, et 7/20 à Strasbourg

Le nombre d'admissibles par poste est extrêmement faible pour la session 2014: 1,14 pour une place en moyenne sur le territoire. C'est presque deux fois moins qu'en 2009 (2,23).
Dans ces conditions, l'alternative est claire: ou les épreuves orales deviennent une quasi-formalité, ou de nombreux postes ne seront pas pourvus en juin 2014 faute de candidats "au niveau". Cela a été le cas dans l'académie de Créteil pour la session 2013, avec une centaine de zéros éliminatoires et 175 postes non pourvus, tout comme à Paris, à Versailles, à La Réunion et en Guyane.
Ce phénomène devrait s'accentuer l'année prochaine

… les magistrats de la rue Cambon épingleraient une mutuelle une fois encore injoignable, qui ne répond pas aux courriers, qui tarde à rembourser les étudiants… Le tout, malgré une augmentation de 7% des frais de gestion depuis 2005. Ils souligneraient également des dérives liées au rapprochement de la LMDE et de la MGEN. La mutuelle s’est aussitôt défendue de ces accusations, accusant "Le Monde" de "tirer des conclusions partiales" et assurant que, "loin d’être en faillite, elle connaît une situation financière stabilisée."
Prochaine étape : transparence ou suppression ? 
Selon la mission d'information du Sénat la suppression de ce régime délégué permettrait d'économiser 69 millions d'euros, tout en améliorant le service rendu aux étudiants...

Refonder l'école de la République, c'est garantir la qualité de son service public d'éducation et, pour cela, s'appuyer sur des personnels bien formés et mieux reconnus.
Les métiers du professorat et de l'éducation s'apprennent progressivement dans un processus intégrant des savoirs théoriques et des savoirs pratiques fortement articulés les uns aux autres.
Ce référentiel de compétences vise à …
[ Arrêté du 1er  juillet 2013 relatif au référentiel des compétences professionnelles des métiers du professorat et de l'éducation - JORF n°0165 du 18 juillet 2013 ]

La Finlande au tableau noir
La vie ne s’arrête pas à 15 ans. Toute réflexion sur les résultats des enquêtes internationales doit tenir compte de ce qui se passe après la scolarité obligatoire. Car c’est justement au cours de cette deuxième étape que se produisent les clivages les plus décisifs. A quoi sert-il par exemple d’avoir une école très égalitaire jusqu’à 15 ans si les différences sociales s’accentuent terriblement par la suite ou si le fossé entre le niveau scientifique de l’élite scolaire et de la masse des élèves s’élargit de façon considérable ? C’est sur l’ensemble de la vie qu’il faut juger de l’efficacité du système éducatif.
15 ans : l’expulsion du Paradis
La Finlande est réputée avoir une école à la fois très performante et très égalitaire. Nous verrons plus bas ce qu’il faut en penser. Mais même si cela était le cas, il ne faudrait pas oublier que ce paysage idyllique s’assombrit brusquement dès qu’on franchit le cap des 15 ans. Une sélection brutale envoie alors près des deux tiers des élèves en lycée professionnel et seuls les meilleurs peuvent accéder aux lycées généraux ...

Il faut moins de six minutes pour que les jeunes succombent à l’appel de leur téléphone portable (appels, textos), de Facebook ou d’Internet et au bout du compte, dix minutes à peine ont été consacrées en pointillés à l’étude. Or, rappellent les auteurs, ces habitudes de mener en parallèle de multiples activités de communication ont des conséquences sur l’apprentissage: allongement du temps nécessaire à la réalisation du travail scolaire, fatigue accrue, mémorisation plus superficielle et fragile des connaissances…

Le monde de l'animation n'a plus grand-chose à voir avec les "jolies colonies de vacances" d'antan. De nombreuses structures, n'ayant d'ailleurs pas toutes un statut associatif, sont apparues. Celles-ci se partagent aujourd'hui un marché bien lucratif. Comment parler de mixité sociale quand certains séjours facturent une semaine de colo à plus de 1 000 euros ?..
… Ils proposent des séjours thématiques et un très fort encadrement, avec un animateur pour six enfants, alors que la loi prévoit un animateur pour douze. Ceci justifie des prix de plus en plus élevés. Mais les animateurs, eux, sont toujours aussi mal payés.

"Il y a une telle concurrence maintenant pour entrer à la maternelle, pour entrer dans la bonne maternelle, qu'à trois ans on doit passer des entretiens. Des enfants assis devant des jurys blasés, vous savez, inspectant leurs CV, feuilletant et disant, 'Eh bien, c'est tout? Cela fait 36 mois que vous êtes là, et c'est tout? Vous n'avez rien fait, rien. Passé les six premiers mois à téter, à ce que je vois.' Vous voyez, comme idée, c'est choquant, mais ça attire les gens." 
"Nous nous sommes précipités dans un modèle éducatif fast food. Et cela appauvrit notre pensée et nos énergies autant que les fast-foods détériorent nos corps."

C’est encore Ken Loach qui a tiré avant l’heure la morale de la catastrophe de Brétigny, avec son dernier film-document sur « l’esprit de 1945 » ; il y montre que les conquêtes du mouvement populaire sont pérennes si la population s’invite sur la scène politique.
Le drame de Brétigny nous oblige à repenser le service public et à réfléchir sur le sens d’une société où, sous prétexte de sérieux budgétaire, la seule politique consiste à bien organiser la gestion comptable d’un pays en fonction des seuls desiderata des « marchés ». Sinon, nous risquons de connaître d’autres Brétigny, non seulement dans les gares mais aussi dans les hôpitaux et dans les écoles...

… LES FRANÇAIS EN QUETE DE LIEN SOCIAL
La population a une image très négative de la cohésion sociale qu’elle juge défaillante et principalement minée par des comportements individualistes. La confrontation à des discriminations dans son entourage et le sentiment d’être en butte avec des services publics inéquitables et impersonnels nourrissent également l’idée d’une société peu harmonieuse.
La dureté de la crise et sa prolongation dans le temps ont tendance à amplifier un sentiment d’impuissance et de défaitisme quant à l’impact des actions individuelles ; on observe également ce que l’on pourrait appeler une « fatigue de la compassion » à l’égard des plus démunis…
l’école apparaît cette année comme un mécanisme propice à renforcer la cohésion sociale auprès de ceux valorisant plus particulièrement le partage de valeurs (37%, +10 points), la lutte contre les inégalités (30%, +10 points) et la solidarité entre individus (25%, +7 points). 
[ Les Français en quête de lien social - Baromètre de la cohésion sociale - CREDOC 2013 - pdf ]

La ''discrétion'' de François Hollande a été quasi totale durant toute la gestation et la discussion parlementaire de la « loi de refondation de l'Ecole » qui vient d'être votée.
Il en a été de même pour François Mitterrand à propos de la loi d'orientation dite ''Jospin'' promulguée le 14 juillet 1989...
Cette ''discrétion'' des deux présidents de la République issus du PS contraste avec l'attitude des deux ''monstres sacrés'' des débuts de la cinquième République à propos de leurs lois scolaires emblématiques, la loi ''Debré'' pour Charles de Gaulle et la loi ''Haby'' pour Valéry Giscard d'Estaing. ..

3 juillet : audience de référé devant le tribunal d'Amiens pour l'école d'Agnières  Hescamps (80) : Gagné. Fermeture de l'école primaire évitée. Plus d'une heure de transport, défaut d'avis des commissions.

… L'analyse des cohortes de naissances britanniques et néo-zélandaises (que deviennent à l'âge adulte des sujets suivis depuis leur naissance ?) montre bien qu'une éducation brutale est statistiquement associée à la survenue ultérieure de conduites agressives envers soi-même (suicides et tentatives de suicide, anorexie, addictions...) et envers autrui (délinquance, violences intrafamiliales)…
… Au terme de la lecture de tous ces commentaires, on se demande tristement si François G n'a pas raison lorsqu'il écrit laconiquement: "La maltraitance des enfants en France: peut-on sortir du déni? Non."

.... « Total n’a rien à faire à l’école primaire. C’est de l’entrisme. Moi je leur demande juste de me vendre de l’essence. A quand Servier expliquant le corps humain et Monsanto l’agriculture ?» …

C’est une refonte des cycles – ceux créés par Lionel Jospin en 1989, et dont la communauté éducative ne s’est jamais vraiment emparée – qu’inaugure la Rue de Grenelle, même si cela doit se faire de manière très progressive : pas avant la rentrée 2014 en ce qui concerne la maternelle, et entre 2015 et 2017 en élémentaire et au collège …
… Ces mêmes inquiétudes qui ont sans doute conduit le ministère de l’éducation nationale à renoncer à inscrire dans le texte de la loi d’orientation l’idée d’une "école du socle", cette petite révolution qui, en assurant la continuité des enseignements de 6 à 16 ans, permettrait d’en finir avec la rupture de l’entrée au collège…

La loi d'orientation et de programmation pour la refondation de l'école de la République, promulguée le 8 juillet, accorde la priorité au primaire pour lutter contre l'échec scolaire, en relançant l'accueil des moins de trois ans et en permettant la présence de maîtres supplémentaires dans les classes dans les zones défavorisées, notamment pour varier les pratiques pédagogiques.
Une langue vivante obligatoire sera introduite en CP, les missions de l'école maternelle seront redéfinies et les liens avec le collège renforcés.
Sans aborder directement la question brûlante du retour de la semaine de 4,5 jours dans le primaire  …
 [ LOI no 2013-595 du 8 juillet 2013 d’orientation et de programmation pour la refondation de l’école de la République - pdf

Lettre ouverte
à Madame Pau-Langevin, Ministre de la Réussite Educative
...N'avons-nous d'autre recours pour nous faire entendre que celui de poursuivre le Recteur devant le tribunal administratif ? Si nous engagions cette démarche judiciaire, ce ne serait pas tant pour défendre le projet du collège Anne Frank que pour prévenir d'autres dérapages qui pourraient concerner les établissements expérimentaux, qui eux, ont encore la liberté et le droit de rechercher et d'agir...
(19 juin 2013)

19 mars 2013 - Lettre ouverte en soutien au Collège Anne Frank
Position de l’équipe éducative du Lycée Expérimental de Saint-Nazaire face à la situation du collège Anne Frank.

La pauvreté augmente en France depuis 2008 et sa progression affecte davantage les enfants : en 2010, 19,6 % de la population des moins de 18 ans vivent dans une famille en situation de pauvreté. Cela revient à dire qu’un enfant sur cinq est pauvre. Les enfants pauvres d’aujourd’hui seront pour une large part, si rien n’est fait, les exclus de demain. Malgré de réelles avancées et une ébauche de réforme des politiques familiales, le CNLE souhaite alerter les pouvoirs publics sur la gravité des situations de pauvreté des enfants et sur l’urgence à agir…

… Le directeur de l’école n’a pas caché aux parents que la mise en place des nouveaux rythmes allait être épique  …
… C’est pas la même chose de s’occuper de quelques dizaines d’élèves le mercredi actuellement et de gérer 330 gamins à plusieurs reprises dans la semaine, de s’occuper d’animation pure sur deux ou trois ateliers et d’encadrer une vingtaine d’ateliers et autant d’animateurs, de s’occuper en plus de la gestion de la cantine et des études… Je ne suis pas sûr que la Ville ait parfaitement perçu cet aspect RH de la question, quand elle a décidé de donner les pleins pouvoirs aux directeurs de centre…
Au final, le notre n’a pas été trop rudoyé lors du Conseil d’école. Tant mieux, je sais qu’il fait de son mieux. D’autres directeurs de centre ont été quasi lynchés lors de Conseils d’école qui se sont déroulés dans plusieurs écoles de la commune…
Ils ont démissionné dans la foulée

J’ai été mal orienté. Du coup, à l’instar de Zazie qui voulait devenir institutrice pour faire chier les mômes, pour me venger, je suis devenu conseiller d’orientation psychologue…
… Difficile, avec un peu plus de quinze minutes par élève et par an, de travailler de façon approfondie avec tous…
spectateur impuissant d’un système qui s’effondre et qui choisit très tôt la minorité qui réussira scolairement et professionnellement, la majorité qui s’en sortira et la minorité qui sera vouée à la galère... J’approuve pas, hein. Je décris…

… «Comment donner une réalité à la priorité au primaire sans de tels modules dans la formation des enseignants ?», s’interroge Sébastien Sihr.Il y a selon lui «un changement de discours sur l’importance de la formation des enseignants, mais pas de déclinaison concrète». Sur la formation continue, l’inquiétude est encore plus grande  : «Autant sur la formation initiale, c’est le flou, autant sur la formation continue, il n’y a rien, dénonce-t-il encore. Or, on ne changera pas l’école sans une grande formation continue. Si les 330.000 professeurs des écoles ne sont pas accompagnés via des cycles de formation continue, on passera à côté de la réforme.»…

"Vous nous annoncez donc ce matin qu’en plus des 60 000 postes prévus, vous ajoutez 10 000 postes supplémentaires ? On passe donc à 70 000 postes…" Le ministre ne rectifie pas.
Or, ces 60 000 postes n'ont rien à voir avec les 10 000 annoncés mercredi. Les premiers sont des postes de fonctionnaires, qui doivent être créés d'ici à la fin du quinquennat. Les seconds sont des contrats aidés, prévus pour la rentrée. Des contrats précaires, de vingt heures par semaine et d'une durée de deux ans maximum. Seront concernés des jeunes en recherche d'emploi, avec des niveaux de formation très variables, et des perspectives d'emplois en bout de course très aléatoires. On connaît l'histoire des ex-emplois jeunes

pourquoi aucun ministre, aucun gouvernement, ne parvient à tisser avec la jeunesse un lien de confiance suffisamment robuste pour oser une réforme dont chacun pense, en outre, qu’elle se ferait, probablement, dans l’intérêt des élèves, du moins si elle parvenait à résoudre quelques-unes des avanies susmentionnées? Et pourquoi faut-il que les lycéens fassent du bac le symbole indépassable de l’égalité républicaine, alors qu’il est, en l’état, un des instruments de sélection les plus hypocrites qui soit puisque le même bac est loin de donner les mêmes droits à tous les élèves?..

… Alors que la réforme est censée améliorer la formation professionnelle des enseignants, celle-ci s’annonce inconsistante. En première année, les étudiants devront préparer des épreuves de didactique alors qu’ils n’auront eu aucune expérience de l’enseignement…
… Soyons lucides : avec ce projet, la refondation de l’école de la République est compromise. On peut même craindre une dégradation de son efficacité…
… La priorité accordée à la jeunesse et à l’éducation donne au gouvernement tous les moyens de réaliser une réelle refondation de la formation des enseignants. C’est pourquoi nous demandons la suspension de cette réforme, l’annulation des arrêtés définissant les concours et l’ouverture du chantier d’une autre réforme…

Le projet pour l’Ecole est indissolublement lié au projet de société. L’Ecole de la République doit être engagée dans la formation des citoyens (ce qui est autre chose que la formation à la citoyenneté). 
La généralisation de méthodes ou de démarches repérées dans les pédagogies nouvelles, sans tenir compte du contexte auquel elles s’intègrent, pourrait fort bien se révéler contre-productive. Le processus d’institutionnalisation est toujours un processus de dégénérescence des formes[2]. Ce sont des équipes ou des collectifs d’enseignants qui peuvent se saisir d’outils pertinents, et pour cela l’organisation éducation nationale — en favorisant le niveau des équipes et le niveau de l’établissement — doit rendre aux enseignants une capacité d’initiative qu’ils ont largement perdue

Ces sondages laissent songeurs. 200 000€, c'est peu par rapport au budget total de l'éducation, mais il n'est pas certain que cet argent soit bien utilisé. Par souci d'économie, on peut inviter le ministre Peillon à renoncer à deux sondages auprès du corps enseignant: Voulez-vous qu'on réduise les vacances scolaires? Etes-vous favorable à une revalorisation des salaires? …

Il est facile de voir pourquoi de jeunes gens ne croient plus en l'Union européenne, puisqu'on leur fait payer le prix fort pour une crise dont ils ne sont pas responsables, en réduisant leurs chances de réussir dans la vie. Ce serait scandaleux qu'on reste les bras croisés alors qu'une "génération perdue" fait son apparition parmi nous, alors que nous vivons sur le continent le plus riche du monde…
… 6 milliards d'euros seront réservés aux actions pour combattre le chômage des jeunes. C'est un signe positif, mais, en pratique, qu'est-ce qui peut être accompli avec 6 milliards étalés en 7 ans et dans 27 pays ? Très peu

… trois heures à six heures [sic] par semaine soient consacrées à l'accompagnement des élèves. Mais l'article 912-1 du code de l'éducation, issu de la loi d'orientation de 1989, inclut déjà ces missions dans celles des enseignants; et il est ressorti des discussions avec les syndicats que le temps d'enseignement serait inévitablement amputé par cette tâche. Enfin, il est délicat de quantifier cette partie du métier d'enseignant auquel beaucoup consacrent déjà bien plus de trois heures par semaine." 
Et l'on en était resté là, sans bruits et sans murmures

Priorité à l'éducation: l'annonce par Vincent Peillon de 10000 recrutements supplémentaires dans le secondaire met en scène la promesse de François Hollande. Mais l'annonce n'en est pas une. Ces 10 000 recrutements font en effet partie de l'enveloppe de 30000 contrats aidés pour l'Education nationale annoncée aux recteurs le 11 juin dernier, précise-t-on rue de Grenelle. ..

Alors que l'éducation devait être une priorité nationaledu nouveau mandat présidentiel, du nord au sud de notre département, écoles, collèges et lycée continuent de subir le rationnement et se trouvent en butte à de nouvelles fermetures de sites, de filières et de classes dont la liste s'allonge toujours davantage quelques semaines avant la fin de cette année scolaire. Ainsi les autorités du Rectorat de l'académie de Reims continuent de vouloir imposer avec brutalité, et dans le plus complet mépris du dialogue démocratique, leurs projets mortifères aux usagers, enseignants et élus de plusieurs établissements parfois en lutte depuis des mois.
 … Emmanuel Jacquemin, un élu du pays de Sedan, poursuivait mardi une grève de la faim entamée le 1er juin, pour protester contre les fermetures de classes et d'établissements scolaires programmées dans les Ardennes à l'horizon 2014, a-t-il indiqué à l'AFP. "En fermant des écoles, on condamne des territoires entiers. Le rectorat applique une pure logique comptable sans prendre en compte les répercussions économiques et sociales de décisions quasi-autoritaires"…
… "Fermer des sites ou des filières dans des zones rurales, c'est transformer le parcours scolaire des enfants en parcours du combattant avec des temps de transports énormes et quelques fois dangereux"

Sur la mise en place des nouveaux rythmes
Compte-tenu du nombre réduit de collectivités ayant décidé de mettre en œuvre le dispositif à la rentrée 2013-2014, notamment en raison des très grandes difficultés pratiques (conditions d’encadrement, temps de travail journalier réduit,…) et financières imposées aux communes rurales (baisse des dotations, discrimination par taille au détriment des plus petites, péréquation insuffisante,…), l’AMRF demande avec force

…   Pour l’école, depuis toujours, l’élève ne sait pas et il est là pour écouter, mémoriser, restituer à court terme pour être évalué et passer le bac…
… La solution ne peut se trouver que dans le projet éducatif de territoire, à la condition que celui-ci ne soit pas la juxtaposition d’activités « secondaires », à côté d’une éducation formelle impérialiste, comme des cerises sur un gâteau refondé ou sur un pain rassis immuable. Le projet éducatif ne peut avoir de sens …

école decroly

1979 - 2013 ...
…  Au moment où le gouvernement souhaite justement, avec la refondation de l'école, développer ces approches alternatives, cette école symbolique risque de ne plus pouvoir appliquer sa pédagogie spécifique. Celle-ci est menacée par la suppression - pour des raisons budgétaires - de 15 heures d’enseignement par semaine…
… 18 juin, au quatrième jour d’occupation de l’école collège Decroly à Saint-Mandé, l’Académie de Créteil a restitué les quinze heures d’enseignement hebdomadaires qui devaient être supprimées à la rentrée prochaine.
C’est une grande satisfaction pour Laurence Abeille. La députée était venue lundi 17 juin  à l’école pour soutenir les parents d’élèves et les enseignants, et avait écrit à la rectrice pour lui demander de réviser cette décision.
« Le projet pédagogique de l’école, qui a démontré depuis plus de 60 ans sa capacité à lutter contre le décrochage scolaire, à favoriser le lien entre les enseignants, les parents d’élèves et les élèves, doit être un modèle pour l’Education Nationale toute entière »

…   La quête de l'excellence y est tout aussi féroce. Ici, parents et enseignants ont signé un pacte tacite. Ici, tout le monde est heureux. Les enfants ont intégré les exigences de leurs parents. Les professeurs jubilent d'enseigner à des élèves si bien élevés, si cultivés. En poste depuis cinq ans, sur le point de partir à la retraite après une carrière consacrée à des lycées difficiles, Jacqueline Marguin évoque "un havre de paix" autour d'un objectif commun: "Des études longues et brillantes." ..
…  Entre un petit-four et une coupe de champagne, en veste blanche, Jacqueline Marguin, émue, les remercie "Ce fut l'apothéose de ma carrière. Grâce aux résultats d'excellence que vous souhaitez pour vos enfants, travailler ici fut un plaisir." Tout est dit.

…  Je connais bien la situation et je suis très pessimiste. Je trouve qu'ils sont sages par rapport à la réalité et j'espère que ça va rester comme ça. Les problèmes sont les mêmes depuis vingt ans, rien de sérieux n'a été mis en place, il n'y a pas plus de perspective
… On a confié au football la régulation de la violence et la préservation de la paix sociale, deux choses antinomiques. Et le football amateur n'a pas les moyens de régler ça. Le foot amateur est le parent pauvre du sport français…

…   "Les zéros éliminatoires", qui comptait, vendredi 21 juin, 157 membres. Ils ont écrit une lettre au ministre de l'éducation nationale pour lui faire part de leur incompréhension : "A la rentrée, il manquera des enseignants, souligne le groupe. On fera alors appel à des contractuels. Parmi ces contractuels, il y aura sans aucun doute des éliminés du CRPE 2013. Curieusement, là, on les jugera aptes à enseigner..."

…  Est-il possible de refonder sans rupture ?
 C’était sans doute le pari du philosophe Vincent Peillon. Comme Lionel Jospin en 1989 …
… Comment peut-on parler du temps de l’élève sans étudier le problème de l’ennui qui est un facteur énorme de fatigue, de l’incompréhension des programmes cloisonnés, de la rupture entre les savoirs scolaires et ceux du territoire et de l’humanité, de la pédagogie, de la révolution du numérique qui va bien au-delà de l’amélioration de l’existant et du passé ?

... Rêver, c‘est effectivement ce que l‘éducation finlandaise semble faire. Mais, comme tout «produit», il a des défauts, souvent mis à l‘écart par les «marchands» de mythes, finlandais comme étrangers....
Ce qui surprend a priori lorsque l‘on s‘intéresse à l‘éducation finlandaise «de l‘intérieur», c‘est le sentiment de «double bind», voire de schizophrénie, qui nous traverse.
D‘un côté, il y a les  louanges en dehors du pays mais d‘un autre, les critiques répétées à l‘intérieur (qui sont très peu véhiculées à l‘étranger) ...
[ Recherches en Education -N°16 - Juin 2013 - Le mythe de l’éducation finlandaisepdf ]

Une ville où les étudiants ne peuvent plus vivre, étudier, oui, mais vivre, non, le prix d'un studio (lisez "placard à balais") oscillant désormais entre 600 et 800 € par mois, avec 3 ou 6 mois de caution et la garantie des parents, grands-parents et arrières grands-parents, et jusqu'à la dixième génération ; une ville où les librairies ont été remplacées par des marchands de chaussures à 1500€ la paire …

…  notre législation et nos réglementations sont inadaptées et désuètes. Elles pénalisent l’usage de certaines substances, le cannabis notamment, et par contraste en normalisent l’usage d’autres, même en cas d’excès, l’alcool en particulier et délaissent le temps de la rencontre et des premières expériences d'usage.
L'illusion que la loi et l'interdit pénal visant l'usager de drogues illicites règleront les questions d'addiction garde en France une étonnante vigueur, malgré les chiffres des usages et du trafic qui ne cessent d'augmenter. Elle évite de réfléchir aux  conséquences d’une société addictogène, pourtant de plus en plus évidentes. En hausse depuis quelques années, l'hyper-alcoolisation des jeunes …

Selon vous, faut-il proscrire définitivement les claques  aux enfants ?

Une nouvelle campagne télévisée contre les «violences éducatives ordinaires» est présentée ce mardi matin par la Fondation pour l'enfance, qui veut convaincre que claques et fessées, loin d'être des gestes anodins, peuvent avoir des conséquences néfastes sur les enfants…
…  «32 pays ont interdit par la loi les violences éducatives ordinaires en direction des enfants», mais pas la France. Une proposition de loi en ce sens avait été déposée en 2010 par l'ex-députée et pédiatre Edwige Antier, mais n'avait pas eu de suite...

Si tout le monde cherche de l’argent pour le péri-éducatif, certaines grandes multinationales en déficit d’image auprès du grand public et soucieuses de financer leurs bonnes œuvres ont pris la balle au bond. Ainsi TOTAL, qui a signé la semaine dernière un accord-cadre avec l’Etat pour un montant de 16,7 millions d’euros. Trois domaines d’action pour la jeunesse sont décrits, dont le péri-éducatif des nouveaux rythmes scolaires, à hauteur de 4 millions d’euros.
Faut-il regretter une privatisation de l’école, ou louer un partenariat avec le privé (surtout en temps de crise) qui se pratique déjà ailleurs dans le monde ?…

Les collégiens français sont "recordman" dans la consommation de drogue et d'alcool, a rappelé dimanche 16 juin le ministre de l’Éducation nationale. Vincent Peillon veut donc lancer l'an prochain une "initiative de portée nationale pour qu'on inverse ces évolutions". ..
… La France reste le pays avec la plus forte proportion de jeunes consommateurs de cannabis sur 36 pays ayant participé à une enquête de l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT)…

Vincent Peillon et Michel Serres dialoguent dans Libération du 10 juin. L’un et l’autre disent des choses intéressantes, pertinentes, en phase avec l’évolution du monde et des savoirs de l’humanité…
…  Vincent Peillon affirme pour sa part que «le professeur se recentre sur le cœur de son métier : développer l’analyse, le jugement, la réflexion, utiliser des pédagogies plus actives, plus coopératives et d’autres modes d’évaluation».
 Le dialogue est intéressant, mais on contourne les problèmes. On parle… Mais on ne voit pas clairement les solutions. D’autant plus que le ministre, ancien prof, parle sans cesse de «cours»… 

Début 2013, près de 1,9 million de jeunes de 15 à 29 ans ne sont ni à l’école, ni en emploi, ni en en formation, soit 17 % de cette classe d’âge. Si la crise a affecté l’ensemble des pays développés, nombre de nos voisins européens connaissent des taux d’emploi des jeunes nettement supérieurs au nôtre. Le niveau d’étude est le critère décisif quant à la trajectoire du jeune. Or, aujourd’hui, 900 000 jeunes ont quitté le système scolaire sans diplôme. ..

[ L’emploi des jeunes peu qualifiés en France - Les notes
du conseil d’analyse économique, n° 4, avril 2013 - pdf ]

n’oublions pas de plaindre le pauvre troupeau lycéen qui, lundi, noircira des copies, parqué dans divers hangars à examens, pour l’épreuve philosophique inaugurale du baccalauréat 2013…
… Pour leur remonter le moral, nous leur proposons les exemples édifiants de grands écrivains, parfois devenus fournisseurs officiels de textes à commenter, qui n’ont pas obtenu leur diplôme et qui s’en sont très bien portés…
… Le surveillant général d’un ultime établissement convoque son père et lui dit: «J’aimerais renvoyer votre fils, mais je ne peux pas: il ne vient plus.» …
…  Gide: exclu de la prestigieuse Ecole Alsacienne après avoir été surpris en train de se masturber, il mène une scolarité intermittente, assurée par des précepteurs aux compétences variables. Il accumule des années de retard, qu’il rattrapera en 18 mois. Il obtient son bac à 20 ans. Parents, ne désespérez jamais.

…  en réduisant sensiblement les effectifs par classe dans les établissements très défavorisés, on augmentait les compétences des élèves concernés. Alors que si l’on ajoute un élève par classe dans les établissements favorisés, cela n’a pas d’effet négatif…
«plus de maîtres que de classes» lancé en primaire à la rentrée va-t-il dans le bon sens ?
Des chercheurs ont récemment souligné que l’on ne savait pas exactement ce que le fait d’avoir un maître en plus dans la classe pouvait donner…
…  Le secteur privé, qui n’est pas soumis à des règles de mixité, pose aussi problème et ne peut rester à l’écart d’une réflexion sur les valeurs, l’efficacité et l’équité de l’école. ..

…  Le redoublement touche de façon très inégalitaire les élèves, et pas seulement en fonction de leur classe sociale. Des chercheurs l’ont bien montré : les appréciations des professeurs sur le niveau d’un élève ne sont pas absolues mais liées au niveau de la classe. Combien de parents ne se sont ils pas entendus dire : « Votre enfant redouble parce que le niveau de l’établissement est très bon ». Donc ailleurs il serait passé dans la classe supérieure…
…  En résumé, «on est toujours moins bon que quelqu’un et on risque donc toujours de redoubler si on tombe dans la mauvaise classe»...

…  Pour certains parents, c'est devenu la solution miracle lorsque les notes de leur progéniture dégringolent et, surtout, lorsque leur enfant ne sait pas comment s'orienter. Des noms circulent dans les lycées sur tel ou tel coach «extraordinaire» qui a réussi à motiver Jean-Édouard ou permis à Mathilde de se débrider et de viser une école d'art. Pratique en plein essor mais peu encadrée, le coaching scolaire a émergé dans les années 2000, surfant avec profit sur l'angoisse des familles...
… Le «déclin des institutions» explique l'émergence du coaching scolaire pour Alexia, qui exerce cette profession à Paris: «Autrefois, on allait voir le curé, le médecin de famille ou l'instituteur…»Garance, également coach à Paris, note que «l'Église est en perte de vitesse, l'entreprise est dans la souffrance, la famille est dans l'éclatement. Et l'école est entrain de s'effondrer sur elle-même»
les coachs utilisent des outils issus de la psychologie comportementale. La plupart sont ainsi formés à la programmation neuro-linguistique (PNL), l'analyse transactionnelle et systémique…

La dernière réunion du Parlement des enfants – une sorte de mise en scène convenue qui voit les responsables politiques faire semblant de prendre les enfants au sérieux, pourvu que ces derniers récitent bien leur leçon …
… à l’école primaire, l’éducation civique – du moins dans sa version BOEN (Bulletin officiel de l’Education nationale) – c’est d’abord cela : se lever pendant la Marseillaise et honorer le drapeau. Le reste attendra

… Le Conseil d'État a rejeté le projet de décret visant à permettre un assouplissement des taux d'encadrement périscolaires dans le cadre d'un projet éducatif territorial.
La circulaire du 20 mars 2013 relative au projet éducatif territorial l'annonçait comme un fait accompli

… Les élus qui ont choisi de mettre en place la réforme des rythmes scolaires dès 2013 risquent d’avoir une mauvaise surprise. L’Etat ne verserait pas le fonds d’amorçage promis en 2013, se défaussant sur la Cnaf. Mise devant le fait accompli, celle-ci refuse de financer en plus les activités périscolaires. ..
…  « Quand les élus vont découvrir qu’il ne peuvent pas compter sur l’aide attendue, ils risquent de renoncer à leur décision de passer aux nouveaux rythmes dès 2013 », prévoit le président de la Cnaf...

Un milliard et cinq cent vingt-cinq millions d'euros par an. C'est le vrai prix du bac, monument historique mais exercice particulièrement coûteux...
Faut-il continuer à dépenser autant, alors que l'argent public est rare, pour un examen que plus de huit candidats sur dix décrochent ? …

…  "favoriser le développement des usages du numérique, au service des objectifs fondamentaux de l'école, renforcer le plaisir d'apprendre à l'école et permettre aux élèves de s'insérer dans une société qui baigne dans le numérique".
Il veut aussi relancer l'éducation aux médias et à l'information pour que les élèves en aient une lecture critique … 


Relançons ... 

Bill Gates redevient l'homme le plus riche du monde
Profitant de la hausse de l'action Microsoft,
Bill Gates est repassé devant Carlos Slim 
en tête des premières fortunes mondiales
avec 73,7 milliards de dollars. ..

… Framasoft n’a pas de modèle économique et si modèle il y avait
il serait bâti sur des mots-clés comme entraide, coopération, échange, collaboration, enthousiasme
ce qui s’apparente alors beaucoup plus à un modèle social.
Je conçois que cela soit assez déroutant lorsque l’on appartient à une multinationale qui doit en répondre à ses actionnaires 
mais nous ne sommes pas du tout dans le même référentiel. ..

 

…  Monde de l’éducation et logiciel libre sont faits pour s’entendre. Mieux encore : ils sont faits l’uns pour l’autre. L’un cherche à diffuser la connaissance au plus grand nombre de citoyens possibles ; l’autre font tomber les barrières techniques et juridiques qui contraignent la circulation des données. Ne devraient-ils pas se marier et avoir plein de petits enfants aussi bien connectés qu’éduqués ?
C’est ce que s’évertue à argumenter l’April, l’Association de promotion et défense du logiciel libre, depuis sa création en 1996. 
Mais le gouvernement français ne semble toujours pas convaincu, 
et vient d’effacer la notion de « priorité »
donnée aux logiciels libres et aux formats ouverts
dans le projet de loi de « refondation de l’école de la République »…
…  Galères en série pour les enseignants innovants
Parlons un peu du vécu quotidien de ces profs de primaire et du secondaire qui intègrent déjà le numérique dans leur enseignement. Alors que l'on devrait s'appuyer sur eux, leur faciliter la tâche et solliciter leur expertise, c'est rarement le cas et bien des tracasseries petites ou plus graves émaillent leurs journées. D'abord il faut accéder à une connexion

 … La grande révolution aurait pourtant dû commencer en 1985, avec le plan informatique pour tous (IPT). Lancé par Laurent Fabius, ce plan  reste dans les annales des plus jolis fiascos de la décennie ! Des ordinateurs inadaptés, parfois non compatibles, restés dans les cartons dans les couloirs des lycées…
…  Le plan numérique de Vincent Peillon ? Il met en cohérence la formation des enseignants, offre des ressources numériques, du soutien aux élèves et propose 20 collèges expérimentaux qui s’engagent à assurer au moins 20 % des cours numériques. ..

l'esprit du plan numérique que le ministre Vincent Peillon a annoncé le 13 décembre et va présenter une nouvelle fois ce lundi 10 juin…
… comme les Américains cherchent en permanence à mesurer l’efficacité pédagogique, on dispose maintenant de nombreuses études sur celle de ces nouvelles technologies.
Et ce qui en ressort n’est pas en leur faveur : elles n’ont pas d’efficacité pédagogique mesurable

…  vingt sites pilotes "collèges connectés". Objectif : développer les usages pédagogiques du numérique.
Concrètement, le ministère veut raccorder les établissements au très haut débit, dématérialiser notamment l'inscription, la gestion des absences et l'achat de tickets de cantine pour l'administration mais aussi les élèves. Et également permettre à ces derniers d'avoir accès à leurs cours en ligne...

Les collèges connectés : c’est quoi ?
une ambition nationale constituée par :
Des usages numériques enrichis
• une mobilisation quotidienne du numérique par tous les enseignants et tous les élèves
(à raison d’1 à 2 heures par jour en moyenne)
• Une communication récurrente et continue avec les familles
• Un pilotage, une gestion et une communication interne renforcée grâce au numérique
Des conditions de pérennisation de ces usages
• Une démarche projet intégrant le numérique dans toutes ses dimensions
• Un accompagnement technique et pédagogique des enseignants au quotidien
• Une évaluation de tous les aspects de la mise en œuvre du numérique dans l’établissement …
[ 20 sites pilotes pour développer les usages pédagogiques du numérique - 19 juin 2013 - pdf ]


…  la ''bivalence'' des professeurs de l'enseignement secondaire. Souhaitée par certains, elle est redoutée par d'autres, alors même qu'elle existe de fait en histoire-géographie, physique-chimie, sciences économiques et sociales, sans compter la ''trivalence'' français-latin-grec.
Il faut remonter jusqu'au début de la Ve République: dès 1959

Avant toute chose, il me faut ici redire que je suis POUR la semaine de 4 jours et demi, parce que je pense que les journées sont trop chargées pour les élèves, les heures de classe trop denses, et que les premiers à en pâtir sont les élèves en difficulté, qui s’enlisent. Je ne suis pas persuadé que la réforme des rythmes qui sera mise en place à la rentrée 2013 soit la meilleure …
j'aurais presque de quoi être contre la semaine de 4 jours et demi, vu ce qu'elle va me coûter l'année prochaine !...
Fort heureusement, le ministre a prévu un geste : on parle de 90 € annuels. Mais c’est pas encore sûr.

... Le regard sur l'école et les attentes de l'opinion publique à son égard sont paradoxaux. Les parents ...
… On a pu penser que l’idée de refondation allait générer un grand débat national pour mobiliser les citoyens, la Nation, et réduire les paradoxes des représentations des familles sur l’école. On était en droit d’espérer

le gouvernement a fait passer son amendement visant à ne plus faire du libre, une priorité dans le service public éducatif numérique
… Voilà quinze jours, les sénateurs votaient un amendement offrant une place de choix au libre : le futur service public de l’enseignement numérique et de l’enseignement à distance « utilise en priorité des logiciels libres et des formats ouverts de documents » …
…  ce débat « mériterait une étude approfondie par rapport aux avantages et aux inconvénients et notamment aux coûts qui peuvent être générés aujourd’hui par un certain nombre de logiciels et à la fracture numérique que cela peut poser pour des familles (…) ».

… Les pays où le nombre d’établissements privés est le plus important ne sont pas nécessairement les plus performants aux évaluations PISA car la qualité du personnel enseignant est le facteur le plus important à la réussite globale d’un système d’éducation. Réussite pour tous, et ceci quel que soit le milieu social d’origine des élèves.

La liste des options du bac recèle quelques pépites d'originalité… … Comment éviter que les jeunes qui ne s'épanouissent pas à travers les formes scolaires traditionnelles traînent, parfois toute la vie durant, le sentiment d'avoir raté une marche, voire d'avoir échoué - et ce même si leur vie personnelle et professionnelle crie l'inverse ?…

On aurait pu s’attendre à une remise à plat de ces questions et à un retour en force de la pédagogie, au-delà de déclarations d’intentions. On aurait pu s’attendre à la suppression de l’aide individualisée hors temps de classe et à la relance des RASED. Le maintien autoritaire des politiques précédentes et de la technocratie a fortement décrédibilisé le discours officiel…

Acheter la présence et l’application des collégiens: l’idée a fait scandale en France, mais elle est pratiquée ailleurs, où l’on se demande surtout si elle est efficace...
... Les défenseurs de l’expérience, dont le ministre de l’Éducation de l’époque, invoquaient, eux, l’urgence d’une «guerre contre le décrochage scolaire», ou bien ramenaient le dispositif à la dimension rassurante d’un «financement de projets de classe». D’autres faisaient preuve d’un hardi pragmatisme...
... C’est pourquoi d’autres expérimentations, portant sur d’autres dispositifs, devraient logiquement être menées. N’en déplaise aux principes, qu’attend-on pour s’y mettre?

… La présentation de la liste des fournitures aux élèves doit être l'occasion d'un enseignement à visée économique, sociale, morale et civique à l'attention de tous les élèves.
Elle doit permettre de susciter chez les élèves un questionnement sur les différents critères du jugement et du choix, et les amener, par l'exemple, à agir en consommateurs éclairés et en citoyens responsables et autonomes.
Des actions d'information pourront être, dans ce cadre, plus particulièrement menées en direction des élèves afin de les sensibiliser au recours excessif aux marques commerciales les plus onéreuses ou encore de les informer de la nécessité d'éviter l'achat de produits fabriqués par des enfants dans des conditions contraires aux conventions internationales …

... Au moment où l’on parle d’une refondation de l’école, il faut bien s’interroger sérieusement sur la formation des maîtres. Comment peut-on changer les choses si l’on prétend former les enseignants du futur avec des programmes et des méthodes de formation du passé ? C’est pourtant ce qui va se passer...
... Le lobby universitaire semble avoir gagné avec le soutien de tous les conservateurs disciplinaires. On formera donc à la meilleure utilisation possible de la confiture sans changer le pain qui a pourtant terriblement vieilli et que les élèves ne supportent plus...

"Apprendre à apprendre." ... L'origine lointaine de cette expression (et sa signification profonde) est ignorée de beaucoup, et même le plus souvent de ceux qui polémiquent et se targuent de mettre de l'ordre dans la réflexion sur l'Ecole...
... La réécriture annoncée du "socle commun de connaissances, de compétences et de culture" sera-t-elle l'occasion d'une clarification nette en la matière (en dépit de son ''effacement'' dans le corps même de la "loi de refondation de l'Ecole")? ...

... ils sont 87% à ne pas savoir ce qu’est une betterave ! Un écolier sur trois ne sait pas non plus identifier un poireau, une courgette, une figue ou un artichaut ! Enfin dernière épreuve, trouver à base de quoi étaient faits une dizaine d’aliments transformés. Les résultats sont surprenants. Un quart d’entre eux ne savent pas que les frites sont faites à partir de pommes de terre. Quant aux chips, jambon et nuggets, ils sont environ 40% à ne pas savoir d’où ils viennent…Pour les steaks hachés, on passe à deux tiers de mauvaises réponses (et la réponse cheval était acceptée !). Quant aux pâtes, ils sont seulement un tiers à savoir de quoi elles sont composées !

... « Gérer les enseignants autrement ». La loi fixe à l’école l’objectif de réussite de tous les élèves. La façon dont les enseignants sont employés, affectés et soutenus est l’un des leviers d’actions les plus importants pour y parvenir. La Cour a analysé dans ce contexte la gestion de l’ensemble des enseignants, du 1er et du 2nd degré, des secteurs public et privé sous contrat. Au terme de son enquête, elle développe quatre axes de recommandations.
- Améliorer la gestion des enseignants pour redresser les résultats des élèves
- Un décalage croissant entre les règles de gestion et la réalité du métier des enseignants
- Une gestion de masse uniforme et inégalitaire
- Une richesse humaine mal valorisée ... 
... la Cour formule une série de recommandations, qui forment un tout indissociable et s’articulent autour de quatre axes :
1.  Redéfinir le métier enseignant en adaptant en particulier les obligations réglementaires de service ;
2.  Mieux valoriser les ressources humaines, au niveau individuel et des équipes ;
3.  Affecter les enseignants en fonction de la réalité des postes et des projets d’établissement ;
4.  Assurer une gestion de proximité.
[ Gérer les enseignants autrement - Cour des comptes - 22 mai 2013 - pdf ]

... l'espérance de redéfinir des règles et de réformer le système s'éteint. Exemple symptomatique de ces échecs ? La loi d'orientation du ministre Lionel Jospin en 1989. Consensuelle et de qualité, elle intégrait une sensible augmentation des revenus en contrepartie d'un "travailler autrement" ; la première condition a été appliquée, la seconde a été enterrée...
 


 

... Seulement 4% des élèves n’ont pas été punis dans l’année...
... Un tel pourcentage d’élèves punis devrait pourtant inciter à se poser des questions : à moins de considérer que les petits Français sont des monstres, il faut convenir qu’un système éducatif qui repose d’abord sur la punition comme élément de régulation (qui ne régule d’ailleurs rien du tout) est défaillant et qu’en la matière,il est plus facile de punir que de travailler à améliorer l’enseignement.
Le caractère massivement punitif de l’école française n’est pas une chose nouvelle et, contrairement aux assertions martelées comme des évidences par l’ignorance ou la mauvaise foi, cette tendance s’est même renforcée ces dernières années ...
... Des règlements intérieurs toujours plus restrictifs et punitifs,
des interdits pour tout et n’importe quoi débouchant sur une véritable «inflation de sanctions» ...

... Deux parents sur trois (63 %) sont favorables à une réduction des vacances d'été pour "renforcer les connaissances" des élèves, en respectant l'équilibre de "7 semaines de classe/2 semaines de vacances" recommandé par les chronobiologistes, selon le sondage publié vendredi, à l'issue du congrès de la Peep qui s'est tenu à Dijon.
Ils sont 43 % à souhaiter des vacances d'été réduites de deux semaines, mais 18 % sont même favorables à une réduction comprise entre trois et cinq semaines ...
... Pour 71 % des personnes interrogées, "les devoirs sont importants" (29 % "très importants" et 42 % "assez importants"). Ils sont 60 % à estimer que les devoirs doivent être faits à la maison...

... «un collégien sur six et trois lycéens sur cinq ont déjà été ivres». Les comportements d’alcoolisation évoluent fortement au cours des «années collège», puisque 7% des élèves de sixième reconnaissent avoir déjà été ivres, alors qu’ils sont près de 70% en terminale. L’expérimentation des boissons alcoolisées largement répandue avant l’entrée au collège s’intensifie, donc, au fil des années...
[ La consommation d’alcool parmi les collégiens en 2010 et les lycéens en 2011, en France - BEH n°16-17-18 (7 mai 2013) - pdf ]

... Si l'école française a un problème avec la transmission de l'envie d'entreprendre, ce n'est pas en ajoutant une discipline supplémentaire qu'on va le résoudre. L'enjeu est plus profond et tient d'abord aux valeurs et aux méthodes que l'école française a trop longtemps portées et porte trop souvent encore : la soumission à l'autorité...
... De même qu'on ne transmettra pas l'envie d'entreprendre sans enseigner autrement, de même, on ne transmettra pas les valeurs qui devraient fonder notre démocratie républicaine autrement que par l'exemple. L'exemple des enseignants, qui doivent respecter leurs élèves s'ils veulent en être respectés et au-delà, l'exemple de tous ceux qui nous dirigent...

... il convient de rappeler que l’innovation a toujours  été et elle est toujours suspecte. On le sait bien : un enseignant innovant doit toujours prouver plus qu’un collègue conformiste. La hiérarchie a toujours été, elle est toujours, conservatrice, infiniment plus exigeante avec les novateurs qu’avec les classiques ou les traditionnels...
... Les comportements excessifs et déplorables, favorisés par l’exigence de la continuité à la rentrée 2012 (programmes, aide personnalisée, évaluations, etc) se sont même parfois accrus, comme si l’encadrement se réjouissait du maintien « républicain » des politiques antérieures malgré l’annonce d’une refondation qui tarde malheureusement à s’attaquer aux fondations...

... "une réalité qui existe". En effet, selon une enquête du ministère de l'éducation nationale, un élève sur vingt se dit harcelé de manière sévère ou très sévère. Un malaise qui peut parfois mener jusqu'au suicide...
... La lutte contre le harcèlement à l'école doit se faire avec "des méthodes plus radicales que des clips publicitaires de trente secondes" que personne ne regarde ...

... Trop d’enfants jouent tard dans la nuit, arrivent en cours épuisés ou n’y vont plus du tout. Peu à peu, ils se désocialisent sans s’en rendre compte, dès lors qu’ils ont beaucoup d’amis virtuels. Les victimes, comme les alcooliques ou les drogués, ne se considèrent pas comme malades...
... Sortons d’un débat binaire qui donne aux parents un choix impossible entre censeurs ringards mais dépourvus de réels moyens de contrôle (les jeunes sont libres d’aller les uns chez les autres ou de transformer l’argent de leur déjeuner en heure de cybercafé) et parents modernes, censés pousser les jeunes vers les métiers du numérique.

...  Oui, il faut de la morale à l’école à condition que ce ne soit pas une petite couche de peinture sur un édifice où rien n’a changé, surtout pas les fondations
Si tel était le cas in fine, ce sont les élèves qui vont rigoler, même pendant les cours de morale ! Ils auront compris que l’heure de morale n’est finalement pas très morale.

A l’Education nationale, le schéma est classique : en septembre dernier, Vincent Peillon annonce à la surprise générale la mise en place prochaine dans les établissements scolaires d’une nouvelle discipline scolaire, la morale laïque ; mesure approuvée comme il se doit par un miraculeux sondage (91% des sondés approuvent l’initiative)...
... chômeurs en situation précaire, immigrés sans droits, Roms à la rue, sans-papiers en rétention, campagne massive et haineuse contre les homosexuels, politiciens malhonnêtes, la République devrait en rabattre dans sa prétention de s’ériger en éducatrice, de faire la leçon aux enfants des écoles, surtout quand le système éducatif lui-même est perçu par ceux qui y sont en échec comme un outil de discrimination.
Malgré les injonctions officielles, l’éducation civique tournera à vide tant que les valeurs proclamées par ses institutions seront aussi éloignées de la réalité. ..

... Et là, ce n'est pas gagné. "S'interroger sur la construction citoyenne de nos élèves peut mener loin. L'institution scolaire elle-même n'est pas en conformité avec cette morale que le ministre appelle de ses voeux. Elle n'est ni juste, ni équitable, ni fraternelle"...
... L'école est devenue cette "marâtre", dont parle Jacques Pain, professeur émérite de sciences de l'éducation, tolérant les "rapports de force, les ségrégations sociologiques, ethniques, les victimations structurelles". Comment enseigner aux élèves une morale civique si l'institution elle-même ne donne pas l'exemple ? Cela pourrait être un sujet de dissertation pour notre ministre philosophe.

... L'on souhaite donc bien du plaisir à Vincent Peillon. Mais surtout bien du courage aux enseignants, qui n'ont pas attendu que l'enseignement de la morale laïque soit rendu obligatoire pour tenter de transmettre quelques valeurs à leurs élèves. Ils savent ce que coûte, au quotidien, dans les salles des écoles, des collèges et des lycées, ce décalage entre les paroles et les actes, ils savent ce que coûte l'arrogance des puissants et des sachants, ils savent que la valeur de l'exemple est fragile et celle du contre-exemple durablement dévastatrice...

... Le ministre y indique la création de 1000 postes de remplaçants à la rentrée 2013...
... Reste que sur l'ensemble de la Frances, ces créations de postes ressemblent plus à une goutte d'eau qu'à un raz-de-marée. Les 280 postes annoncés dans les collèges et lycées ne représentent ainsi qu'une augmentation de 1% par rapport aux 28500 TZR de 2011-2012...

... «au tournant des années 1980, le décrochage entre l’offre de logement et la demande. Le nombre d’étudiants de milieu modeste a énormément augmenté avec la démocratisation des études supérieures, et les constructions de logements n’ont pas suivi.» Pas du tout même. Le logement étudiant a longtemps été le parent pauvre des politiques publiques ...
 


 

... dans certaines zones, rurales ou urbaines, la mixité n'existe quasiment pas, et aucune réforme de la carte scolaire ne permettra de la favoriser, tout simplement car, dans ces zones, la réponse ne saurait être scolaire.
Elle doit être avant tout urbaine et sociale. Dit autrement: il n'existe pas d'établissement qui soit, par nature, "ghettoïsé"; il existe en revanche des établissements implantés dans des zones "ghettoïsées". Ne confondons pas causes et conséquences...
...  l'Education nationale, si elle le décide, a les moyens d'adoucir les rigueurs de la compétition scolaire, et de favoriser la diversité. Il lui suffirait de renoncer à pratiquer l'archi sélection dans ses lycées et ses classes préparatoires... 
... La réponse est toujours la même : il n'y a pas de remplaçants. Mais aujourd'hui, rien que sur la ville de Saint-Ouen, ce sont 24 directions d'écoles qui sont occupées."

A l'école élémentaire Frédéric Joliot Curie, les parents comptabilisent 50 journées d'absence non remplacées depuis la rentrée. Dans la ville de Saint-Ouen, ils mettent en avant les 289 absences sur 15 écoles élémentaires et maternelles...

... le plus déprimant / alarmant ? Les relations entre les enfants (11-15 ans) et leurs parents : 71 % seulement des petits français pensent qu’il est facile de parler avec leur mère (dernier pays des 29, très loin de l’Allemagne et ses 91,7%), pire encore, 50% seulement pensent qu’il est facile de parler avec leur père (dernier pays aussi, loin des 81,4% des allemands)...
[ Le bien-être des enfants dans les pays riches - Vue d’ensemble comparative - UNICEF 2013 - pdf ]

...  85%des lycéens et des parents d’élèves souhaiteraient une évolution du bac, et 60% des professeurs. Mais dans des limites circonscrites : seuls 25% des élèves, 24% des parents et 9% des professeurs approuveraient une suppression des épreuves de contrôle terminal...
... Y-a-t-il une fin à l'éternel retour?
... Même si ni les parents ni les enseignants ni les ados ne prennent en compte qu'il faut trouver chaque année 100 millions d'euros pour organiser l'examen, ce sondage plaide pour une évolution du bac...

... Les circulaires de rentrée se suivent... et se ressemblent...
... La circulaire de rentrée publiée ce 11 avril n'échappe pas à la règle. Pas de nouveauté dans ce document qui met en musique les grandes orientations de la loi sur l'école: priorité au primaire et à la scolarisation en maternelle, rénovation de la formation professionnelle des enseignants, moyens supplémentaires. Le ministère sur ce sujet a soigné sa communication, soulignant la rupture incarnée par ce texte, notamment sur la réforme emblématique de la carte scolaire. Il n'en est rien pour deux raisons...

... On se souvient que lorsque le ministre avait décidé, très vite de renoncer à la remontée des résultats des évaluations, une grand majorité des DASEN et donc des IEN a maintenu ses exigences : «Le ministre n’en veut pas, certes, mais nous nous en avons besoin pour piloter. Nous ne pouvons pas faire sans». A la rentrée, au nom de la continuité, la poursuite des ces politiques désastreuses a été imposée, parfois avec un zèle accru.
Aujourd’hui, la continuité sera plus difficile à imposer. Encore que cela nécessitera souvent de la résistance et de l’opposition des enseignants eux-mêmes, qui auront à dépasser l’obéissance, l’infantilisation, l’interdiction de penser...
 


 

Débat-conjugaison autour de la question suivante :
"Pourquoi l’école Vitruve n’a-t-elle pas fait tache d’huile ?" Ou "Pourquoi l’école Vitruve ne fait pas tache d’huile ?" Ou "Pourquoi l’école Vitruve ne fera pas tache d’huile ?" Ou "Pourquoi l’école Vitruve devrait-elle faire tache d’huile ?" etc...
Rassemblée Générale de la tache d’huile
Vendredi 12 avril 2013 à partir de 20h à l’école Vitruve
(3 Passage Josseaume, Paris 20ème) 
19 mars 2013
- Lettre ouverte en soutien au Collège Anne Frank
Position de l’équipe éducative du Lycée Expérimental de Saint-Nazaire face à la situation du collège Anne Frank.

... «Pour le collègue en poste, les classes restent surchargées, le pouvoir d’achat continue de diminuer…la hiérarchie qui avait pris la mauvaise habitude d’être très autoritaire sous la droite n’a pas toujours changé de ton» ...

... Piégé par des syndicats enseignants dépassés, comme souvent, par leur base plus radicale, surpris par la frilosité des collectivités qu'il n'avait pas anticipée, Vincent Peillon a manifestement sous-estimé la complexité d'un sujet qu'il pensait parfaitement dominer. Parti avec un bonus - la création de 60 000 postes - propre à s'assurer la clémence du monde enseignant, l'agrégé de philosophie a grillé son avantage. Il a aussi saboté - au moins d'un point de vue médiatique - le moment phare de son mandat avec l'ambitieuse refondation de l'école de la République. La suite s'annonce délicate...
 
 
 


 

... Ils sont obnubilés par une chose. Une seule et unique chose : le taux de réussite au bac. Comment expliquer cette fixette ? Pourquoi les parents ne jurent-ils que par ce 100% ? Ne voient-ils que dans les lycées des machines à fabriquer du bachelier ?
Tout d'abord, il est essentiel de creuser un peu plus loin que le seul taux de réussite au Bac pour appréhender la qualité d'enseignement et d'encadrement d'un établissement. Demandons-nous déjà à quel prix cette performance est atteinte : quel écrémage est fait après la classe de seconde ? Ce lycée n'exclurait-il pas ou ne ferait-il pas un peu plus redoubler que les autres pour maintenir son score ? ...

... les professeurs eux-mêmes participant, très souvent consciencieusement, à ce grand monopoly de la réussite scolaire. Dans les publications évoquées plus haut, la notion d'"excellence" est abondamment glorifiée. On y parle de "lycée d'excellence", de "parcours d'excellence", de "profil d'excellence"... On peut se demander quel est l'impact de telles considérations sur l'immense majorité des élèves, des enseignants et des cadres éducatifs des établissements, qui ne se reconnaissent pas dans de telles "campagnes d'affichage élitiste"!...

... Le malaise à l’école est prégnant. Depuis l’an 2000, nous enregistrons même une rupture dangereuse, une profonde déchirure du contrat républicain. Selon les enquêtes Pisa menées par l’OCDE, la part de décrocheurs dans le système scolaire est passée de 10% à 25% au cours de ces dix dernières années. Pire, nous sommes le pays où le déterminisme social et économique des parents explique le plus les performances scolaires des enfants. C’est tout le modèle de la méritocratie à la française qui se trouve remis en cause...

... les indicateurs du ministère sont faussés parce qu’ils ne peuvent prendre en compte le fait que les parents qui développent une stratégie scolaire affirmée en inscrivant leur enfant dans le privé sont souvent très investis dans l’éducation...
... Vous êtes parents d’un bon élève. Dans l’intérêt général, le chef d’établissement peut souhaiter le mettre dans une classe d’élèves faibles car le mélange des niveaux va faire plus progresser les mauvais élèves que lorsqu’on les laisse entre eux. Du point de vue de la scolarité de votre enfant, je comprends que vous souhaitiez qu’il soit dans une bonne classe, car il progressera plus si ses pairs sont aussi bons élèves. La comparaison reste valable si on remplace «classe» par «établissement»...

... Kodak est mort par peur du changement.
C'est ce qui menace l'école publique et l'université. Les tiroirs du ministère débordent de rapports et de travaux de recherche analysant aussi bien les facteurs d'échec intrinsèques à l'organisation de notre système éducatif que les solutions qui permettraient de les neutraliser. Les comparaisons internationales fournissent également leur lot d'enseignements utiles.
Un exemple ? La formation des enseignants, initiale et surtout continue...

... Seuls 35% des parents ont le sentiment que le système scolaire actuel aide les jeunes à prendre confiance en eux et parmi eux seuls 3% tout à fait. Les parents décrivent avec intensité une situation qui fait de l’expérience scolaire par les jeunes une occasion de voir s’éroder chez eux la confiance qu’il avaient. Ainsi, 43% des parents ayant des enfants en maternelle ont le sentiment que le système scolaire aide les élèves à prendre confiance en eux, ils sont même 45% en élémentaire mais seulement 36% au collège et 25% au lycée. Ainsi, plus l’exposition au système scolaire est longue et plus la confiance en soi est fragilisée...
[ Regard des parents sur la confiance et les jeunes à l’école et en famille - Opinionway - pdf ] 


Le droit d'apprendre.
"Je me suis replongée dans "Une société sans école" de Ivan Illich
que j'avais lu sans doute trop jeune, du temps que j'étais étudiante, non enseignante.
Je n'ai pas, à l'époque suivi les réactions du corps enseignant, mais je subodore que l'effet a été un peu analogue à celui produit sur le corps judiciaire par l'analyse de la prison proposée par Michel Foucault dans Surveiller et punir.
En effet, dans les deux cas, ce qui est proposé est la description d'un échec. La prison, comme l'école, aggrave ce qu'elle était censée améliorer. "

... On reste dans un schéma d'organisation verticale : les enseignants sont considérés comme des exécutants alors qu'ils ont des choses à dire. Le malaise est bien réel.
Quelle réponse le ministre a-t-il apporté à vos demandes d'annulation des sanctions administratives ?
Alain Refalo : Aucune. Ce serait un geste symbolique fort. Une reconnaissance de notre action...

... La levée des sanctions marquerait une véritable rupture avec la politique du gouvernement précédent, rupture à laquelle le candidat François Hollande s'était engagé au cours de sa campagne. Elle serait un signal fort en direction de la communauté éducative. Le contraire cautionnerait la politique de casse du service public d'éducation amplifiée depuis 2007. Seules des consignes claires adressées aux personnels d'encadrement garantiront la restauration de la confiance nécessaire à l'exercice de notre métier et la reconnaissance de la souffrance vécue par les enfants, les parents et les enseignants...


... loin d'être unanimement considérée comme une bonne mesure pour l'enfant, la scolarisation à deux ans pourrait avoir des conséquences négatives dans les domaines éducatif et psychique. Il semblerait que contrairement aux idées reçues, l'entrée précoce en milieu scolaire favoriserait des retards dans les apprentissages tant de la lecture que de l'écriture...
 
 

Pierrefitte-ès-Bois 15/02/13 - 09h56
L’enseignant Nicolas Rochard réintégré dans ses fonctions
Hier soir, Nicolas Rochard (à d.) entre à l’inspection académique pour un entretien de plus de deux heures.
Denis Toupry, directeur académique du Loiret, recevait, hier soir à Orléans, l’enseignant au cœur d’une polémique. Il a décidé de le réintégrer dans ses fonctions dès ce matin.

Pierrefitte-ès-Bois...Les parents d’élèves ont rappelé leur soutien à l’enseignant, satisfaits de son travail. Ils ont dénoncé les méthodes employées par l’administration et leur impact sur les enfants ...
... Le motif invoqué par le Directeur académique lorsqu’il a été interviewé par la radio régionale le vendredi a été «la sécurité des enfants» alors qu’il n’en avait jamais été question auparavant. Il fallait bien qu’il trouve une raison officielle et il devait penser que dès que l’on prononce «sécurité», plus personne n’ose contester ladite insécurité, même si on ne sait  pas ce qu’elle est. Bien embarrassant quand il n’y a aucun fait, aucun incident à se mettre sous la dent...
... Selon Guillaume Berton, représentant des parents d’élèves, «il n’y a plus que six élèves en classe, et ce jusqu’à ce qu’on ait une réponse satisfaisante pour tous. Ça va durer au moins jusqu’à la fin de la semaine, et on ne se laissera pas distraire par les vacances». Il tient à souligner que«l’enseignement de leur maître satisfaisait énormément les enfants»...
... «il semble évident que ce sont les méthodes pédagogiques, issues du mouvement Freinet, utilisées par l’enseignant, qui sont remises en cause par l’administration». Le syndicat dénonce «cette atteinte au principe de liberté pédagogique» et «cette mise à l’écart traumatisante aussi bien pour l’enseignant que pour ses élèves» ... 
19 mars 2013 - Lettre ouverte en soutien au Collège Anne Frank

Position de l’équipe éducative du Lycée Expérimental de Saint-Nazaire face à la situation du collège Anne Frank.

Lundi 11 mars 2013, le collège expérimental quitte son site historique du Ronceray pour celui du Val-d'Huisne. Une page se tourne...
Le collège expérimental Anne-Frank a bouclé ses cartons... La semaine prochaine, ses 74 élèves vont investir des locaux tout neufs, dans l'enceinte du collège Val-d'Huisne.
... Ce déménagement a fait débat, notamment en décembre dernier.
Partisans d’une autogestion, des parents d’élèves de la FCPE (Fédération des conseils de parents d’élèves) et de l’association Choisir d’apprendre ensemble
auraient préféré obtenir un établissement autonome.
630 personnes avaient signé une pétition pour lutter contre le déménagement au Val-d’Huisne.
Ces militants ont peur que le déménagement altère le projet Anne-Franck....

...Le Mans. Un vent de colère souffle sur le collège expérimental Anne-Frank
... "En respectant le protocole hiérarchique, une délégation formée de représentants de la FCPE départementale et locale ainsi que du collectif de soutien au projet expérimental du collège A.F., constitué début décembre 2012, a rencontré M. Roy, Directeur Académique, le 19/12/12 pour l'alerter sur les écarts importants entre le projet d'établissement - que le rectorat a validé au 1er semestre 2012 pour une durée de 4 ans - et les décisions prises par la direction du collège depuis septembre 2012.
La crise institutionnelle qui en résulte induit un profond malaise et de la souffrance chez les élèves perdus entre deux fonctionnements antinomiques, ainsi qu'au sein de l'équipe éducative vivant également ce clivage..."


« L’heure est grave. Il semble que l’expérimentation en cours depuis 11 ans au collège Anne-Frank soit menacée de disparition ». C’est par ces termes que les membres du bureau de l’associationChoisir d’apprendre ensemble viennent de tirer la sonnette d’alarme.
Selon eux, «des parents de l’association FCPE ont des difficultés à communiquer avec la nouvelle direction du collège» et ne seraient plus considérés comme des partenaires actifs de l’établissement ...
Clairement, la balle est dans le camp de l'Éducation nationale
Les anciens d'Anne-Frank en disent du bien
Le collège expérimental a mené l'enquête auprès de ses anciens élèves. Objectif : crédibiliser son projet d'extension.
Trois questions à...
Ouvert en 2001, ce collège expérimental mélange les âges et bannit les notes.
Vous avez mené une enquête auprès de 250 anciens élèves.
Pourquoi ?
 
 


Vous êtes anciens élèves, parents, professeurs, témoins de cette expérience ?
Vous êtes attachés à la transformation de l’école, à l’existence d’expériences de terrain axées sur la coopération, les pédagogies actives, la pratique de la démocratie dans l’école… ?
Vous êtes élus, membres d’associations, citoyens … ?
Soutenez et rejoignez le collectif pour défendre le projet expérimental du collège Anne FRANK au Mans


 


L'Assemblée nationale a voté dans la nuit de jeudi à vendredi 15 mars l'article 1er du projet de loi sur la refondation de l'école ...
... l'interdiction totale des notes en primaire a été rejetée. Quant au redoublement, il devra être exceptionnel, en vertu d'un amendement PS adopté et allant plus loin que le texte initial du rapport annexé qui prônait de continuer à réduire progressivement cette pratique...
... Jeudi après-midi, ils étaient une soixantaine dans l’hémicycle pour débattre des quelque 600 amendements déposés...
... Parents (70%) et profs (64%) restent persuadés
que le redoublement permet de rattraper son retard 
et d’être mieux préparé pour les classes supérieures...

... Au début des années 70, Ivan Illich, théoricien de l'écologie politique, publiait, non sans provocation, "Une société sans école".
Il y poursuivait la construction d'une théorie critique de la société industrielle et de sa logique du "toujours plus". Quarante ans plus tard, la pensée illichienne est plus que jamais d'actualité...
... En ce qui concerne l'éducation, nous avons pris l'habitude, en France, de nous en remettre à l'école, de considérer que plus les enfants et les jeunes y passent de temps, mieux ils seront éduqués. Est-ce bien sûr? En fait, cette conviction selon laquelle plus de scolarisation est toujours un bienfait repose uniquement sur le volet "emploi" de l'insertion, puisque, globalement, sur le marché de l'emploi, les jeunes se classent proportionnellement à la durée de leurs études...

... L'affaire des "six semaines de vacances d'été" a ainsi été le produit d'un emballement médiatique proprement ahurissant lorsqu'on songe qu'il se rapportait à une non-information. De même la confusion qui règne lorsqu'on parle de "réforme Peillon", les uns pensant à la loi de refondation, les autres à la réforme des rythmes scolaires -là-dessus, syndicats et médias portent une responsabilité partagée.
Mais Vincent Peillon aura aussi été acteur de cette forme de "délit de sale gueule" ...

... En fait, le sujet ne semble pas mobiliser la représentation nationale. Nombre de députés ont manifestement préféré terminer leurs vacances d'hiver plutôt que venir débattre de ce sujet qui ne concerne la bagatelle de 12 millions d'enfants et n'engage que... l'avenir du pays. Ca c'est pour le quantitatif. Pour le  qualitatif, ce n'est pas vraiment mieux...
... une discussion sur l'école qui ne semble pas intéresser les députés puisque depuis trois jours les bancs restent désespérément clairsemés...
C'est un vrai spectacle, certes, mais le débat du l'école, lui, n'a toujours pas lieu!

... Le problème de l’école primaire, et un peu des collèges, c’est que l’effectif des instituteurs dépend de la politique dans les écoles rurales. Tous les ans, les inspecteurs d’académie ferment des centaines de classes rurales pour ouvrir des classes supplémentaires dans les banlieues urbaines. Mais on touche aujourd’hui aux limites de cette politique...
...  La loi Fillon de 2005 sur le socle commun était déclarative et décorative. Cela aurait pu donner des résultats si le ministère s’était occupé de son application. Cinq ans plus tard, la commission parlementaire chargée de son évaluation constate qu’elle n’a pas avancé. De même, Jospin a eu raison de rappeler que l’élève est centre du système, et non l’enseignant, ou les parents. Mais ça ne suffit pas pour changer les choses...

... Evidemment, une loi n'a jamais changé l'école! Tout se jouera ensuite dans les décrets qui seront discutés pied à pied avec les syndicats. Mais comme les grands textes qui l'ont précédée, la loi Peillon veut donner un souffle et un angle d'attaque pour transformer un système qui patine gravement, laissant chaque année sortir 120 000 jeunes sans qualification ...

... Bien que la «refondation» entreprise par Vincent Peillon revienne sur presque tous les reculs des cinq dernières années, ce sentiment de «dépossession» n'a pas disparu, pas plus que la culture managériale au sein des cadres de l’Éducation nationale. Alors, faut-il donc encore désobéir ?
... ... Je ne peux soutenir l'idée que les choses, sur le terrain, ont totalement changée. Je rejoins Pierre Frakowiack sur ce point (à écouter : Question d’Education, l’émission d’Emmanuel Davidenkoff sur ce sujet). Mais je ne peux croire que cela soit partout cette même logique de management et mépris des enseignants qui règne en maîtresse. Ailleurs, il juge ainsi la situation : «Le totalitarisme de la pyramide Education nationale surmonte toutes les alternances dans tous les sens.»...
... Ceux qui étaient pour un changement des rythmes scolaires trouvent que ça va trop vite et pas assez loin… la profession qui était la plus privilégiée par le programme de Hollande semble la plus désorientée. Le besoin d’en découdre aujourd’hui est plus qu’évident alors qu’il y a quelques mois, la résignation était la règle...

... Malgré tout, la FCPE pense que ce projet de loi doit encore aller plus loin pour être la base véritable d'une refonte du système éducatif. C'est pour cette raison qu'elle espère que de nouveaux amendements au texte seront adoptés en séance publique à l'Assemblée nationale.
La FCPE souhaite notamment que l'Ecole se fixe une obligation de résultat, et non seulement de moyens ; que les usagers et des collectivités territoriales soit représentés dans le Conseil national de l'évaluation ...
... et que l'article 12 de la convention internationale des droits de l'enfant soit intégré dans le code de l'éducation.
Enfin, la FCPE qui a toujours défendu le principe consistant à réserver «l'argent public à l'Ecole publique» soutient la proposition d'amendement visant à abroger la loi «Carle», déposée par plusieurs députés dont Jean Glavany.

... Question :comment un ministre si bien préparé, en plus attendu comme un sauveur après les années sarkozystes et les 80 000 suppressions de postes, se retrouve-t-il aujourd'hui dans une situation aussi délicate, piégé par un sujet aussi prévisible que la semaine des quatre jours (et demi) ? ...
 
 
 


 

... Ainsi que le précise le rapport de la concertation, «il ne s’agit ni de se contenter d’aménager l’existant ni de mettre à bas tout l’édifice. Refonder ne signifie pas refondre à partir d’une tabula rasa, mais réexaminer pour donner du sens en se ressourçant sur des valeurs».
L’entreprise est donc à la fois modeste et extrêmement ambitieuse. Elle repose sur trois grandes orientations ...
[ RAPPORT FAIT AU NOM DE LA COMMISSION DES AFFAIRES CULTURELLES ET DE L’ÉDUCATION SUR LE PROJET DE LOI d’orientation et de programmation pour la refondation de l’école de la République, TOME I PAR M. Yves DURAND ]

... La notation rend chèvre éducateurs, élèves et parents. Les profs pinaillent au demi-point pour reproduire l’existant social. Les élèves stressent de cette dramaturgie ou décrochent en ricanant. Les parents, même les plus coulants, se noient dans l’exigence chiffrée, engueulant le rejeton faillible ou retournant leur hargne contre l’arbitre, bêtement pointilleux ou mou du commentaire. Au final, la France organise une compétition permanente au sein d’une nouvelle génération qu’elle feint de destiner à l’excellence mais qu’elle consigne au chômage des jeunes, aux CDD reconductibles et à la précarité compensée par l’aumône familiale infantilisante.
Vincent Peillon et l’Education nationale s’honoreraient d’inventer un monde sans notes ni classements...

Freinet n'en croirait peut-être pas ses yeux. Dewey non plus. Piaget se retournerait peut-être dans sa tombe, qui sait ? Les MOOC (Massive Open Online Courses) arrivent dans notre Hexagone accompagnés d'un doux parfum made in USA...
... Mais les MOOC procurent surtout une belle opportunité de s'interroger sur la place de l'apprenant et le rôle de l'enseignant dans nos systèmes éducatifs actuels.
Une belle opportunité, donc, lorsque nos étudiants nous soulignent par exemple combien ils sont demandeurs de changements pédagogiques, que les cours en amphithéâtre avec PowerPoint les ennuient (ils préfèreraient les consulter hors temps de cours) et qu'ils recherchent plus d'échanges, de témoignages, de mises en action pour apprendre...

Au début, on n'y croit pas, on pense avoir mal lu. Mais, au détour de la note 12.02 des services statistiques du ministère de l'Enseignement supérieur, le verdict tombe. En une décennie, l'origine sociale des élèves de classes préparatoires n'a pas bougé d'une virgule. Ouverture aux bacheliers de milieux défavorisés: néant...
... une compétition de plus en plus violente entre étudiants à l'entrée des formations les plus prestigieuses, où l'argent a largement sa part : stages, coaching, prépas privées, petits cours onéreux...

... L’examen des amendements au projet de loi d’orientation et de programmation sur l’école ...
... C’est que les débats, qui pourraient durer jusqu’à l’été, promettent d’être animés ...
... Concernant les devoirs, la réforme des rythmes scolaires «va permettre de rendre effective l’interdiction formelle des devoirs écrits à la maisonpour les élèves du premier degré» (amendement écologiste) – interdiction formelle remontant… à 1956...

... Donner aux parents le dernier mot lors des choix d'orientation en fin de classe de troisième. Annoncée lors du Comité interministériel à la jeunesse, cette mesure est-elle de nature à diminuer le nombre des orientations subies, réputées annonciatrices de parcours chaotiques? Cela reste à prouver ...
... la décision annoncée par le Comité interministériel à la jeunesse est-elle, dans un premier temps, expérimentale. Reste à espérer que son évaluation permettra d'en affiner la mise en œuvre. Sans quoi elle pourrait se retourner contre ceux qui, sur le papier, sont censés en être les principaux bénéficiaires...

... « Les mesures indispensables que vous êtes en train de prendre risquent de ne pas être suffisantes car la baisse du niveau est antérieure aux changement des rythmes scolaires et des coupes budgétaires. Que s’est-il passé dans l’école ?… J’ai des hypothèses mais n’ai pas de réponses… Et ce n’est pas dans l’histoire de l’éducation qu’il faut chercher des solutions à vos problèmes. L’histoire ne vous les donnera pas mais elle éclairera votre chemin ».
Outre ce conseil amical, Antoine Prost a offert au ministre quelques livres...
... Les pays qui ont su entretenir la mixité scolaire et sociale de leur Ecole sont aussi ceux qui disposent de l'élite la plus reconnue. Toutes les études actuelles concordent, justice et réussite pour tous font très bon ménage, à l'échelle d'un pays comme à celle d'une classe...
... Proposition d'un nouvel alinéa de l'article L111-1 du code de l'éducation
"Afin de favoriser à la fois la réussite scolaire et l'intégration sociale de tous les élèves, les mixités sexuelle, sociale, culturelle et scolaire sont encouragées à tous les niveaux du service public d'éducation. Les procédures d'orientation et d'affectation des élèves, de composition des classes ou des groupes et de répartition des moyens contribuent à cet objectif. La connaissance des méthodes pédagogiques fondées sur l'aide mutuelle, le travail en équipe et la coopération entre élèves participe à la formation des enseignants." 

... Les nouvelles orientations pédagogiques retenues par le président – devoirs du soir faits à l'école, évaluation des élèves plus constructive, limitation du redoublement – devront progressivement entrer dans les pratiques....
... « ...Vous devez entrer dans une discussion avec de l’écoute, de la sollicitude ; et pas arriver en disant « c’est comme ça » ! Nous devons accompagner les équipes avec toute la souplesse nécessaire »...

... La levée des sanctions marquerait une véritable rupture avec la politique du gouvernement précédent, rupture à laquelle le candidat François Hollande s'était engagé au cours de sa campagne. Elle serait un signal fort en direction de la communauté éducative. Le contraire cautionnerait la politique de casse du service public d'éducation amplifiée depuis 2007. Seules des consignes claires adressées aux personnels d'encadrement garantiront la restauration de la confiance nécessaire à l'exercice de notre métier et la reconnaissance de la souffrance vécue par les enfants, les parents et les enseignants...




Pierrefitte-ès-Bois 15/02/13 - 09h56
L’enseignant Nicolas Rochard réintégré dans ses fonctions
Hier soir, Nicolas Rochard (à d.) entre à l’inspection académique pour un entretien de plus de deux heures.
Denis Toupry, directeur académique du Loiret, recevait, hier soir à Orléans, l’enseignant au cœur d’une polémique. Il a décidé de le réintégrer dans ses fonctions dès ce matin.

Pierrefitte-ès-Bois...Les parents d’élèves ont rappelé leur soutien à l’enseignant, satisfaits de son travail. Ils ont dénoncé les méthodes employées par l’administration et leur impact sur les enfants ...
... Le motif invoqué par le Directeur académique lorsqu’il a été interviewé par la radio régionale le vendredi a été «la sécurité des enfants» alors qu’il n’en avait jamais été question auparavant. Il fallait bien qu’il trouve une raison officielle et il devait penser que dès que l’on prononce «sécurité», plus personne n’ose contester ladite insécurité, même si on ne sait  pas ce qu’elle est. Bien embarrassant quand il n’y a aucun fait, aucun incident à se mettre sous la dent...
... Selon Guillaume Berton, représentant des parents d’élèves, «il n’y a plus que six élèves en classe, et ce jusqu’à ce qu’on ait une réponse satisfaisante pour tous. Ça va durer au moins jusqu’à la fin de la semaine, et on ne se laissera pas distraire par les vacances». Il tient à souligner que«l’enseignement de leur maître satisfaisait énormément les enfants»...
... «il semble évident que ce sont les méthodes pédagogiques, issues du mouvement Freinet, utilisées par l’enseignant, qui sont remises en cause par l’administration». Le syndicat dénonce «cette atteinte au principe de liberté pédagogique» et «cette mise à l’écart traumatisante aussi bien pour l’enseignant que pour ses élèves» ... 
19 mars 2013 - Lettre ouverte en soutien au Collège Anne Frank

Position de l’équipe éducative du Lycée Expérimental de Saint-Nazaire face à la situation du collège Anne Frank.

Lundi 11 mars 2013, le collège expérimental quitte son site historique du Ronceray pour celui du Val-d'Huisne. Une page se tourne...
Le collège expérimental Anne-Frank a bouclé ses cartons... La semaine prochaine, ses 74 élèves vont investir des locaux tout neufs, dans l'enceinte du collège Val-d'Huisne.
... Ce déménagement a fait débat, notamment en décembre dernier.
Partisans d’une autogestion, des parents d’élèves de la FCPE (Fédération des conseils de parents d’élèves) et de l’association Choisir d’apprendre ensemble
auraient préféré obtenir un établissement autonome.
630 personnes avaient signé une pétition pour lutter contre le déménagement au Val-d’Huisne.
Ces militants ont peur que le déménagement altère le projet Anne-Franck....

...Le Mans. Un vent de colère souffle sur le collège expérimental Anne-Frank
... "En respectant le protocole hiérarchique, une délégation formée de représentants de la FCPE départementale et locale ainsi que du collectif de soutien au projet expérimental du collège A.F., constitué début décembre 2012, a rencontré M. Roy, Directeur Académique, le 19/12/12 pour l'alerter sur les écarts importants entre le projet d'établissement - que le rectorat a validé au 1er semestre 2012 pour une durée de 4 ans - et les décisions prises par la direction du collège depuis septembre 2012.
La crise institutionnelle qui en résulte induit un profond malaise et de la souffrance chez les élèves perdus entre deux fonctionnements antinomiques, ainsi qu'au sein de l'équipe éducative vivant également ce clivage..."


« L’heure est grave. Il semble que l’expérimentation en cours depuis 11 ans au collège Anne-Frank soit menacée de disparition ». C’est par ces termes que les membres du bureau de l’associationChoisir d’apprendre ensemble viennent de tirer la sonnette d’alarme.
Selon eux, «des parents de l’association FCPE ont des difficultés à communiquer avec la nouvelle direction du collège» et ne seraient plus considérés comme des partenaires actifs de l’établissement ...
Clairement, la balle est dans le camp de l'Éducation nationale
Les anciens d'Anne-Frank en disent du bien
Le collège expérimental a mené l'enquête auprès de ses anciens élèves. Objectif : crédibiliser son projet d'extension.
Trois questions à...
Ouvert en 2001, ce collège expérimental mélange les âges et bannit les notes.
Vous avez mené une enquête auprès de 250 anciens élèves.
Pourquoi ?
 
 


 

Vous êtes anciens élèves, parents, professeurs, témoins de cette expérience ?
Vous êtes attachés à la transformation de l’école, à l’existence d’expériences de terrain axées sur la coopération, les pédagogies actives, la pratique de la démocratie dans l’école… ?
Vous êtes élus, membres d’associations, citoyens … ?
Soutenez et rejoignez le collectif pour défendre le projet expérimental du collège Anne FRANK au Mans

Une "refondation" ?
Pour-de-vrai-sans-déc. ?
Bigre.
 
 

 

... Lorsqu'on voit les difficultés qu'a Vincent Peillon à mettre en oeuvre une réforme annoncé comme "acquise" et souhaitée par l'opinion, une réforme d'ampleur des programmes est difficilement envisageable....
... Si le ministère souhaite que sa réforme s'applique au maximum d'enfants, il ne peut en aucun cas l'imposer à l'enseignement privé sous contrat. La rue de Grenelle reste discrète sur ce sujet, pour ne pas raviver inutilement des tensions entre public et privé. ..
... Le débat sur les rythmes scolaires sature l'espace médiatique et occulte tout le contenu (même mince) de la loi à venir. Un échec sur les rythmes plomberait toute possibilité de réforme d'ampleur de l'école, au moins pour la durée du quinquennat. 
 
 
 

 

... Vincent Peillon a ouvert 43 000 postes aux deux sessions de concours qui se déroulent cette année. De quoi donner le vertige quand on sait que les années précédentes tous les postes n'étaient pas pourvus, alors qu'il n'y avait qu'un concours et qu'on ne remplaçait que la moitié des départs en retraite. Le ministre est plutôt coutumier de la méthode Coué sur ce sujet, disant qu'il n'y a pas de "crise des vocations mais une crise des recrutements"....

...les 60 000 postes dont a hérité Peillon ont paradoxalement plombé tout espoir de réforme véritable, limitant aux seuls moyens humains les marges de négociations dont dispose le ministre. Les syndicats le savent et ils en jouent. "Les 60 000 postes, c'était une vraie connerie, soupire un responsable syndical. On avait besoin de créations de postes mais pas à cette hauteur là! La seule monnaie que le ministre a dans la main, ce sont les postes et on a un mal de chien à les pourvoir!"

... la «vocation» (qui relève toujours peu ou prou du ‘’sacré’’) et qui l’emportait sur le «professionnalisme» (la version, "profane’’ de l’engagement dans le travail sur autrui) est en voie de disparition en corrélation avec «le déclin de l’institution» : «Il n’y a pas si longtemps que les écoles normales d’instituteurs ressemblaient à s’y méprendre à des séminaires, que les écoles d’infirmières étaient dirigées par des religieuses et que les travailleurs sociaux étaient issus du militantisme philanthropique ...

... Une directrice de maternelle, qui m’a écrit et que je suis allé voir hier, dans son école d’un des quartiers les plus populaires de Paris, m’expliquait qu’elle n’avait toujours pas obtenu de crédit pour réparer sa chaudière depuis septembre et qu’elle avait toujours un nombre de chaises inférieur au nombre d’élèves.
Cette directrice ne voit pas dans quels locaux et avec quels animateurs les élèves seront encadrés après les cours. Autant dire qu’elle a beaucoup de mal à croire en cette réforme. Les raisons de la perplexité des enseignants sont donc réelles

...Rased, RAR, PPRE, aide personnalisée, aide individualisée, accompagnement éducatif, coup de pouce... La liste pourrait aller au terme de ce paragraphe, voire de cette page. C'est celle des dispositifs empilés au fil des ans dans les écoles, collèges et lycées afin de lutter contre l'échec scolaire. Elle permet de comprendre l'épuisement professionnel qui menace nombre d'enseignants - et d'expliquer leurs réticences face aux réformes annoncées - de façon bien plus pertinente que les rodomontades des éditorialistes clouant au pilori un "corporatisme enseignant" ...

... C'est à la mi-mars que le Parlement commencera à examiner la loi sur l'école...
...Yves Durand est favorable à un rattrapage entre les niveaux indemnitaires des premier et second degrés... Rattrapage que Matignon a récemment jugé "hors de portée budgétairement"
S'achemine-t-on vers une revalorisation sans contrepartie sur le temps de service, comme l'avait pratiquée en son temps Lionel Jospin? "Pourquoi n'y a-t-il pas un mot sur le métier enseignant dans la loi?"... 


...De cette grande consultation sont issus des projets relativement modestes puisqu’ils ont soigneusement évité tous les points qui pouvaient déclencher des blocages et des conflits : rien ou pas grand-chose sur le service des enseignants, sur leur formation puisqu’il semble que l’on revienne aux IUFM sous une formule à peine différente, sur l’affectation des enseignants dans les établissements, sur le statut des classes préparatoires, sur le baccalauréat… Instruits par l’expérience historique, les responsables ont soigneusement évité tous les sujets qui pourraient fâcher.
Pourtant cette prudence semble encore trop hardie... 
...
le sujet implique trop d’acteurs – les parents, les enseignants, les collectivités locales – pour qu’un consensus soit rapidement trouvé. En outre, sa réalisation coûte cher car il faut recruter du personnel encadrant pour les activités extrascolaires. Or, l’Etat et les collectivités locales sont obligés de calculer au plus juste.

Pour réussir, ce n’est pas une concertation nationale qu’il fallait lancer mais un travail de terrain ... 
On discute des durées optimales de l’année scolaire, des vacances et de la journée de cours. Mais la question de la durée de chaque module de cours mérite elle aussi attention. Est-il raisonnable d’infliger aux écoliers, collégiens et lycéens des sessions d’une heure de cours, alors que beaucoup de chronobiologistes estiment que même un adulte a du mal à concentrer son attention plus de 45 minutes d’affilée à l’écoute d’un cours ou d’un discours ? ... 
... «A Versailles ou au Chesnay, les enfants vont avoir du théâtre ou de l’escrime s’ils sont libérés plus tôt après les cours. Mais dans les communes rurales pauvres, cela risque d'être de la garderie. Quand on explique cela aux parents, ils déchantent.» ...

... Outre que plein de villes peineront à s’organiser, quelle activité ambitieuse est-il possible de mettre en place en 45 minutes (auxquelles il faut ôter le pipi, les déplacements, la récré, reste une peau de chagrin). Financées comment, ces activités ? Encadrées par qui ? Le risque de voir ce créneau transformé en récré géante est important....
... Surtout, il aurait fallu alléger les programmes, ce sont leur lourdeur et leur inadaptation qui font de nos journées (car instits et élèves sont dans la même galère, personne ne semble le comprendre) des sommes considérables.
Il aurait fallu… Mais cette réforme ne va pas assez loin, et se donne pourtant des airs de révolution...


...  le président de la République "recherchant à tout prix le consensus", commente un haut fonctionnaire:"François Hollande ne s'intéresse pas vraiment à la question de l'éducation. Il a bien sûr endossé un certain nombre de textes portés par Peillon et son cabinet, mais pas les sujets trop clivants"...
... Devant le caractère explosif du dossier, et la pression des lobbies de toutes sortes, Nicolas Sarkozy avait préféré renoncer... 
... Avant de devenir ministre, Peillon aimait à répéter que la revalorisation salariale des enseignants n'était pas prioritaire, les enseignants étant plus attachés à une refondation "morale" de leur métier. Le dossier des rythmes scolaires, lui a, sur ce point donné tort... 
Ça devait être une réforme consensuelle, presque une promenade de santé. Mais plus les discussions avançaient, plus les blocages se sont multipliés. Et c’est devenu un cauchemar pour le ministre de l’Education, Vincent Peillon, qui, de compromis en subtilités, présente désormais une réforme des rythmes scolaires passablement illisible... 
... Vincent Peillon a réussi ce tour de force : mettre d'accord UMP, Front de gauche et syndicats d'enseignants contre sa réforme des rythmes scolaires. Un authentique exploit si l'on se souvient que la nécessité de modifier ces rythmes annuels, hebdomadaires et même quotidiens, faisait l'objet-professionnels du tourisme mis à part - d'un quasi-consensus. Mais à la veille de la présentation du projet de loi pour la refondation pour l'école ... 
... avertissement pour le ministre de l’Education, Vincent Peillon, décidé à rétablir la semaine de quatre jours et demi malgré les réticences...

... d’après les protestataires, la capitale ne pourra jamais être prête. «La réforme accroîtrait les temps péri scolaires des élèves alors que la réalité est loin d’être satisfaisante, écrivent-ils, avec au-delà de quelques écoles vitrines une absence de formation des surveillants, un non-remplacement des absences»… 


... «Sur le principe, nous sommes favorables à la réforme», ajoute l'élu. Ironiquement, l'Association des maires de France (AMF) figure parmi les rares votants qui ont choisi de se prononcer pour, le 8 janvier, lors du Conseil supérieur de l'éducation (CSE). Syndicats d'enseignants et fédérations de parents ont voté contre ou se sont abstenus…
«Comme les syndicats d'enseignants, nous craignons une territorialisation de l'Éducation nationale», indique Philippe Laurent. «À l'heure actuelle, nous n'avons aucune garantie quant à la gratuité et la qualité du temps périscolaire ­organisé par les mairies ...

... Le principe de "plus de maîtres que de classe" sera appliqué dès l'an prochain, la scolarisation avant trois ans relancée, la formation des enseignants rénovée et 60 000 postes supplémentaires seront créés en cinq ans. Un choix politique qui marque un tournant dans les politiques éducatives conduites depuis dix ans. Un choix qui a aussi son revers: Vincent Peillon n'a plus rien à négocier avec les enseignants

... les intérêts particuliers l’emportent. Bien sûr, tous jurent que seul l’élève compte mais dès qu’il s’agit d’exprimer des revendications, chacun voit midi à sa porte. En 2008, trop de monde avait intérêt à ce qu’il n’y ait plus école le samedi matin (et tant pis pour les conséquences sur les journées des élèves) et cela ne coûtait pas un sou ; aujourd’hui les différents acteurs ne parviennent pas à s’accorder parce que leurs intérêts divergent, sur le mercredi matin, sur la fin de journée, sur le financement... Les intérêts des uns et des autres se rejoignaient en 2008, ils les éloignent aujourd’hui...

... le CESE (Conseil économique social et environnemental) approuve les grands objectifs du  projet de loi d’orientation et de programmation de  l’école ...
... Pour autant, le projet d'avis du CESE n'est pas exempt de réserves. Xavier Nau regrette notamment de ne pas connaitre les moyens financiers, qu'ils soient logistique ou humains, qui seront réellement attribués à la formation continue des enseignants, «condition pourtant sine qua non à une mise en place réussie de la réforme »...

...  « À votre décharge je reconnais que l’étau dans lequel vous vous trouvez, avec d’un côté des élus pour qui le critère économique l’emporte trop souvent sur tous les autres, de l’autre des enseignants qui estiment être lésés dans la nouvelle organisation et n’imaginent donc pas la mettre en œuvre sans une compensation financière, sans compter ceux que j’ose appeler “réactionnaires”, qui sous le prétexte de défendre l’école républicaine, n’hésitent pas, comme le fait Charles Coutel, à brandir l’anti constitutionnalité de l’expression de “projet éducatif local”,il est difficile de décider. »...

... Refonder l'école sans offrir de perspectives d'avenir radicalement différentes aux élèves de collège et de lycée, à leurs parents, à leurs enseignants, refonder l'école sans réformer le bac, les classes préparatoires et l'accès aux grandes écoles, refonder l'école sans reformer la carte scolaire afin d'éviter que le service public ménage et nourrisse en son sein les inégalités qu'il prétend combattre, refonder l'école "par le bas" portera sans doute quelques fruits, mais ne fera pas reculer l'élitisme d'un iota...

... Lorsqu'on voit les difficultés qu'a Vincent Peillon à mettre en oeuvre une réforme annoncé comme "acquise" et souhaitée par l'opinion, une réforme d'ampleur des programmes est difficilement envisageable....
... Si le ministère souhaite que sa réforme s'applique au maximum d'enfants, il ne peut en aucun cas l'imposer à l'enseignement privé sous contrat. La rue de Grenelle reste discrète sur ce sujet, pour ne pas raviver inutilement des tensions entre public et privé. ..
... Le débat sur les rythmes scolaires sature l'espace médiatique et occulte tout le contenu (même mince) de la loi à venir. Un échec sur les rythmes plomberait toute possibilité de réforme d'ampleur de l'école, au moins pour la durée du quinquennat. 
 


... Vincent Peillon a ouvert 43 000 postes aux deux sessions de concours qui se déroulent cette année. De quoi donner le vertige quand on sait que les années précédentes tous les postes n'étaient pas pourvus, alors qu'il n'y avait qu'un concours et qu'on ne remplaçait que la moitié des départs en retraite. Le ministre est plutôt coutumier de la méthode Coué sur ce sujet, disant qu'il n'y a pas de "crise des vocations mais une crise des recrutements"....

...les 60 000 postes dont a hérité Peillon ont paradoxalement plombé tout espoir de réforme véritable, limitant aux seuls moyens humains les marges de négociations dont dispose le ministre. Les syndicats le savent et ils en jouent. "Les 60 000 postes, c'était une vraie connerie, soupire un responsable syndical. On avait besoin de créations de postes mais pas à cette hauteur là! La seule monnaie que le ministre a dans la main, ce sont les postes et on a un mal de chien à les pourvoir!"

... la «vocation» (qui relève toujours peu ou prou du ‘’sacré’’) et qui l’emportait sur le «professionnalisme» (la version, "profane’’ de l’engagement dans le travail sur autrui) est en voie de disparition en corrélation avec «le déclin de l’institution» : «Il n’y a pas si longtemps que les écoles normales d’instituteurs ressemblaient à s’y méprendre à des séminaires, que les écoles d’infirmières étaient dirigées par des religieuses et que les travailleurs sociaux étaient issus du militantisme philanthropique ...

... Une directrice de maternelle, qui m’a écrit et que je suis allé voir hier, dans son école d’un des quartiers les plus populaires de Paris, m’expliquait qu’elle n’avait toujours pas obtenu de crédit pour réparer sa chaudière depuis septembre et qu’elle avait toujours un nombre de chaises inférieur au nombre d’élèves.
Cette directrice ne voit pas dans quels locaux et avec quels animateurs les élèves seront encadrés après les cours. Autant dire qu’elle a beaucoup de mal à croire en cette réforme. Les raisons de la perplexité des enseignants sont donc réelles

...Rased, RAR, PPRE, aide personnalisée, aide individualisée, accompagnement éducatif, coup de pouce... La liste pourrait aller au terme de ce paragraphe, voire de cette page. C'est celle des dispositifs empilés au fil des ans dans les écoles, collèges et lycées afin de lutter contre l'échec scolaire. Elle permet de comprendre l'épuisement professionnel qui menace nombre d'enseignants - et d'expliquer leurs réticences face aux réformes annoncées - de façon bien plus pertinente que les rodomontades des éditorialistes clouant au pilori un "corporatisme enseignant" ...

... C'est à la mi-mars que le Parlement commencera à examiner la loi sur l'école...
...Yves Durand est favorable à un rattrapage entre les niveaux indemnitaires des premier et second degrés... Rattrapage que Matignon a récemment jugé "hors de portée budgétairement"
S'achemine-t-on vers une revalorisation sans contrepartie sur le temps de service, comme l'avait pratiquée en son temps Lionel Jospin? "Pourquoi n'y a-t-il pas un mot sur le métier enseignant dans la loi?"... 


...De cette grande consultation sont issus des projets relativement modestes puisqu’ils ont soigneusement évité tous les points qui pouvaient déclencher des blocages et des conflits : rien ou pas grand-chose sur le service des enseignants, sur leur formation puisqu’il semble que l’on revienne aux IUFM sous une formule à peine différente, sur l’affectation des enseignants dans les établissements, sur le statut des classes préparatoires, sur le baccalauréat… Instruits par l’expérience historique, les responsables ont soigneusement évité tous les sujets qui pourraient fâcher.
Pourtant cette prudence semble encore trop hardie... 
...
le sujet implique trop d’acteurs – les parents, les enseignants, les collectivités locales – pour qu’un consensus soit rapidement trouvé. En outre, sa réalisation coûte cher car il faut recruter du personnel encadrant pour les activités extrascolaires. Or, l’Etat et les collectivités locales sont obligés de calculer au plus juste.

Pour réussir, ce n’est pas une concertation nationale qu’il fallait lancer mais un travail de terrain ... 
On discute des durées optimales de l’année scolaire, des vacances et de la journée de cours. Mais la question de la durée de chaque module de cours mérite elle aussi attention. Est-il raisonnable d’infliger aux écoliers, collégiens et lycéens des sessions d’une heure de cours, alors que beaucoup de chronobiologistes estiment que même un adulte a du mal à concentrer son attention plus de 45 minutes d’affilée à l’écoute d’un cours ou d’un discours ? ... 
... «A Versailles ou au Chesnay, les enfants vont avoir du théâtre ou de l’escrime s’ils sont libérés plus tôt après les cours. Mais dans les communes rurales pauvres, cela risque d'être de la garderie. Quand on explique cela aux parents, ils déchantent.» ...

... Outre que plein de villes peineront à s’organiser, quelle activité ambitieuse est-il possible de mettre en place en 45 minutes (auxquelles il faut ôter le pipi, les déplacements, la récré, reste une peau de chagrin). Financées comment, ces activités ? Encadrées par qui ? Le risque de voir ce créneau transformé en récré géante est important....
... Surtout, il aurait fallu alléger les programmes, ce sont leur lourdeur et leur inadaptation qui font de nos journées (car instits et élèves sont dans la même galère, personne ne semble le comprendre) des sommes considérables.
Il aurait fallu… Mais cette réforme ne va pas assez loin, et se donne pourtant des airs de révolution...


...  le président de la République "recherchant à tout prix le consensus", commente un haut fonctionnaire:"François Hollande ne s'intéresse pas vraiment à la question de l'éducation. Il a bien sûr endossé un certain nombre de textes portés par Peillon et son cabinet, mais pas les sujets trop clivants"...
... Devant le caractère explosif du dossier, et la pression des lobbies de toutes sortes, Nicolas Sarkozy avait préféré renoncer... 
... Avant de devenir ministre, Peillon aimait à répéter que la revalorisation salariale des enseignants n'était pas prioritaire, les enseignants étant plus attachés à une refondation "morale" de leur métier. Le dossier des rythmes scolaires, lui a, sur ce point donné tort... 
Ça devait être une réforme consensuelle, presque une promenade de santé. Mais plus les discussions avançaient, plus les blocages se sont multipliés. Et c’est devenu un cauchemar pour le ministre de l’Education, Vincent Peillon, qui, de compromis en subtilités, présente désormais une réforme des rythmes scolaires passablement illisible...
... Vincent Peillon a réussi ce tour de force : mettre d'accord UMP, Front de gauche et syndicats d'enseignants contre sa réforme des rythmes scolaires. Un authentique exploit si l'on se souvient que la nécessité de modifier ces rythmes annuels, hebdomadaires et même quotidiens, faisait l'objet-professionnels du tourisme mis à part - d'un quasi-consensus. Mais à la veille de la présentation du projet de loi pour la refondation pour l'école ... 
... avertissement pour le ministre de l’Education, Vincent Peillon, décidé à rétablir la semaine de quatre jours et demi malgré les réticences...

... d’après les protestataires, la capitale ne pourra jamais être prête. «La réforme accroîtrait les temps péri scolaires des élèves alors que la réalité est loin d’être satisfaisante, écrivent-ils, avec au-delà de quelques écoles vitrines une absence de formation des surveillants, un non-remplacement des absences»… 


... «Sur le principe, nous sommes favorables à la réforme», ajoute l'élu. Ironiquement, l'Association des maires de France (AMF) figure parmi les rares votants qui ont choisi de se prononcer pour, le 8 janvier, lors du Conseil supérieur de l'éducation (CSE). Syndicats d'enseignants et fédérations de parents ont voté contre ou se sont abstenus…
«Comme les syndicats d'enseignants, nous craignons une territorialisation de l'Éducation nationale», indique Philippe Laurent. «À l'heure actuelle, nous n'avons aucune garantie quant à la gratuité et la qualité du temps périscolaire ­organisé par les mairies ...

... Le principe de "plus de maîtres que de classe" sera appliqué dès l'an prochain, la scolarisation avant trois ans relancée, la formation des enseignants rénovée et 60 000 postes supplémentaires seront créés en cinq ans. Un choix politique qui marque un tournant dans les politiques éducatives conduites depuis dix ans. Un choix qui a aussi son revers: Vincent Peillon n'a plus rien à négocier avec les enseignants

... les intérêts particuliers l’emportent. Bien sûr, tous jurent que seul l’élève compte mais dès qu’il s’agit d’exprimer des revendications, chacun voit midi à sa porte. En 2008, trop de monde avait intérêt à ce qu’il n’y ait plus école le samedi matin (et tant pis pour les conséquences sur les journées des élèves) et cela ne coûtait pas un sou ; aujourd’hui les différents acteurs ne parviennent pas à s’accorder parce que leurs intérêts divergent, sur le mercredi matin, sur la fin de journée, sur le financement... Les intérêts des uns et des autres se rejoignaient en 2008, ils les éloignent aujourd’hui...

... le CESE (Conseil économique social et environnemental) approuve les grands objectifs du  projet de loi d’orientation et de programmation de  l’école ...
... Pour autant, le projet d'avis du CESE n'est pas exempt de réserves. Xavier Nau regrette notamment de ne pas connaitre les moyens financiers, qu'ils soient logistique ou humains, qui seront réellement attribués à la formation continue des enseignants, «condition pourtant sine qua non à une mise en place réussie de la réforme »...

...  « À votre décharge je reconnais que l’étau dans lequel vous vous trouvez, avec d’un côté des élus pour qui le critère économique l’emporte trop souvent sur tous les autres, de l’autre des enseignants qui estiment être lésés dans la nouvelle organisation et n’imaginent donc pas la mettre en œuvre sans une compensation financière, sans compter ceux que j’ose appeler “réactionnaires”, qui sous le prétexte de défendre l’école républicaine, n’hésitent pas, comme le fait Charles Coutel, à brandir l’anti constitutionnalité de l’expression de “projet éducatif local”,il est difficile de décider. »...

... Refonder l'école sans offrir de perspectives d'avenir radicalement différentes aux élèves de collège et de lycée, à leurs parents, à leurs enseignants, refonder l'école sans réformer le bac, les classes préparatoires et l'accès aux grandes écoles, refonder l'école sans reformer la carte scolaire afin d'éviter que le service public ménage et nourrisse en son sein les inégalités qu'il prétend combattre, refonder l'école "par le bas" portera sans doute quelques fruits, mais ne fera pas reculer l'élitisme d'un iota...

... En fait, la réforme, qui s’annonçait consensuelle après tous les rapports allant dans le même sens, ne satisfait aujourd’hui quasiment personne. Le ministre a dû revoir sa copie plusieurs fois avant de rédiger le décret. Agacé par les réticences des uns et des autres, il a plusieurs fois regretté les intérêts qui prennent le dessus «dès que l’on passe aux travaux pratiques».
Les organisations les plus en pointe sur la question se disent plutôt déçues, ce qui explique le piètre score recueilli par le décret au Conseil supérieur de l’éducation :
cinq voix pour, trente abstentions, vingt-trois votes contre et quatorze refus de vote ...
... Le débat qui s'est déroulé au CSE (Conseil supérieur de l'éducation) m'a particulièrement interpellé de ce point de vue. Sur les trois heures de débat, l'intérêt des élèves sur la question des rythmes scolaires a du être abordé deux ou trois fois, par les réprésentants des maires et les associations de parents...
... A aucun moment des débats au CSE, il semble que l’intérêt de l’enfant ait été évoqué. Suite aux amendements déposés, le projet de décret est en train d'être finalisé...
Le Conseil supérieur de l'Education (CSE), instance consultative, a rejeté mardi le projet de décret sur les rythmes scolaires, qui doit rétablir la semaine de 4,5 jours à la rentrée 2013, sauf dérogations, certains jugeant que le texte va trop loin, d'autres pas assez.
Ce texte, qui prévoit le rajout du mercredi matin en primaire en septembre 2013 (dérogations possibles pour le samedi et pour un report à 2014) a recueilli 5 voix pour, 30 abstentions, 23 votes contre et 14 refus de votes ...
... "Il y a des gens qui ont refusé de voter" parce qu'ils voulaient aller plus loin, "demandaient davantage d'informations" ou " voulaient des choses différentes, ce qui nous laisse penser qu'on n'est pas très loin d'un point d'équilibre qui a vocation a être trouvé dans les jours qui viennent", a-t-on analysé au ministère ...

...  C'est aujourd'hui aux enseignants que le gouvernement adresse un signal fort. La reconnaissance de leurs missions "hors la classe" correspond à une revendication ancienne. Une autre demande pourrait être entendue: celle d'une revalorisation salariale, même si on se refuse, rue de Grenelle, à l'associer à la réforme des rythmes scolaires.
Il s'agit, selon l'entourage de M. Peillon, de "faire un effort" en direction des enseignants du primaire, qui "font très peu d'heures supplémentaires et n'ont pas autant d'indemnitésque ceux du second degré". Plusieurs syndicats du primaire revendiquent l'indemnité de suivi et d'orientation des élèves (ISO) d'une centaine d'euros par mois dont bénéficient les enseignants en collège et lycée. ...

Le projet de loi d'orientation pour refonder l'école, présenté mardi par Vincent Peillon et Geneviève Fioraso devant le Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche (Cneser, consultatif), a été massivement rejeté par cette instance...
Le texte a été repoussé par 25 voix contre et 5 pour.
...Le Cneser s'est prononcé "majoritairement pour que la création de ces Espé soit reportée d'un an, au 1er septembre 2014"...

La réforme des rythmes à l'école primaire... Des déclinaisons locales seront possibles à l’intérieur du cadre réglementaire national afin de prendre en compte les contraintes et les atouts des différents territoires et de permettre à ces derniers de mener à bien leurs ambitions éducatives.
    Un certain nombre de dérogations – notamment le choix du samedi matin au lieu du mercredi matin – pourront être accordées. L’intérêt des élèves étant la priorité absolue, ces dérogations devront être justifiées par les particularités du projet éducatif territorial et présenter des garanties pédagogiques suffisantes...

... « Mi-décembre, un tiers des communes étaient prêtes à passer aux quatre jours et demi de classe dès septembre 2013, un tiers étaient contre et un tiers étaient indécises », rappelle l'un des représentants des maires au CSE ...

L’AMF a demandé et obtenu le report de l’examen du décret sur les rythmes scolaires, examiné hier matin par la Commission consultative d’évaluation des normes (CCEN).
Au cours du débat, les représentants de l’AMF, ayant rappelé leur adhésion à l’objectif de la réforme, ont fait part de leurs fortes réserves notamment sur le coût de sa mise en oeuvre et demandé le report de l’examen du décret...
... Il ne faudrait pas que l’imprécision actuelle conduise de facto à la prise en charge financière par lescommunes d’un temps relevant de l’obligation de service des enseignants. Il ne faudrait pas non plus qu’elle laisse penser qu’il y a obligation d’accueillir tous les élèves jusqu’à 16h30 alors que ce temps périscolaire est en droit facultatif...

Projet de loi d'orientation et de programmation pour la refondation de l'écolede la République : Vincent Peillon se félicite de l'avis favorable du Haut Conseil de l'éducation ...

... Où est passée la loi d’orientation ?
Un bruit et une fureur qui paraissent à vrai dire sans guère de rapport ni de légitimité avec la réalité des préoccupations éducatives du moment, autant pour ce qui touche à l’enseignement public qu’à l’enseignement privé sous contrat.
En la matière, le terrain devait être occupé, pour les semaines qui viennent, par la discussion parlementaire sur la prochaine loi d’orientation. Un domaine où Vincent Peillon avance à pas comptés, à demi-pas, quand ce n’est pas à reculons ...

... Dans la «Loi d’orientation et de programmation pour la refondation de l’Ecole de la République» qui devrait être votée au printemps prochain, le plus ‘’important’’ (à savoir l’esprit de la «refondation» qui doit «faire sens») sera affirmé et explicité essentiellement dans le rapport annexé. L’ambition de ses rédacteurs, et au premier chef de Vincent Peillon, est que ce texte fasse date, comme a pu le faire en son temps – à sa façon et selon ses raisons – le texte de la loi d’ «orientation» de 1989 portée par Lionel Jospin.
Avec une différence cependant qui a son importance ...

... Il faudra, bien entendu, attendre les décrets d’application (la loi d’orientation renvoie 20 fois à des décrets)...
...comme d’autres l’ont bien analysé, les options prises par Vincent Peillon et François Hollande sont un piège. La refondation peut ne ressembler qu’à une restauration de l’école de 2007, avant la suppression de la formation des enseignants, avant la suppression des postes, avant la suppression de la semaine à quatre jours et demain, avant les programmes de 2008…
Cependant, ces quatre points, continuité école-collège, priorité au primaire, le numérique et les rythmes scolaires, permettent de croire que l’on cherche à édifier l’école sur de nouvelles fondations...

... La dernière grande loi sur l’école remonte à 1989, nous en connaissons ses qualités et nous savons qu’elle a, peu ou mal, été appliquée par absence de mobilisation des acteurs de terrain et à cause du frein de la hiérarchie institutionnelle. Nous ne pouvons pas nous permettre de voir appliquer un même scénario, car l’état de l’école et de la société française ne le permettent plus...
... certains aspects sont à retravailler : les rythmes ( !) mal embarqués, l’orientation, la faible référence à l’innovation et à l’expérimentation (mais l’article 34 est maintenu), l’enseignement moral et numérique, la sectorisation, l’éducation prioritaire où la notion de réseau disparaît, le décrochage, la place des parents …
Plus inquiétant, apparaissent des manques criants ...

... Pour que les élèves ne quittent pas l'école avant 16 h 30, il est prévu des "activités pédagogiques complémentaires", prises en charge par les enseignants, qui remplaceront l'aide personnalisée. Il pourra s'agir d'une aide aux élèves en difficulté, d'une aide au travail personnel ou d'activités liées au projet d'école...
"Le présent décret modifie les rythmes scolaires dans le premier degré afin de mettre en place une semaine scolaire plus équilibrée et d'alléger la journée d'enseignement en vue d'améliorer les conditions d'apprentissage des élèves et de contribuer à leur réussite ..."
[ Rythmes scolaires : le projet de décret pour la rentrée 2013 ]

«Il faut changer les façons d’enseigner et les mentalités»
... la plus grande réforme pédagogique, en réalité, c’est que cela permet l’allégement de la journée de classe, en tentant de se rapprocher des 5 heures par jour. En fait, cette réforme des 4 jours et demi, 5 heures par jour, est consensuelle. Elle ne recueille pas seulement les faveurs des chrono-biologistes et de l’académie de médecine, elle a été votée par les parlementaires de gauche et de droite. Elle est unanimement reconnue mais, dès que l’on passe aux travaux pratiques, tout le monde hésite. Cela dit quelque chose de la France...

... "Les méthodes et contenu d'enseignement, la formation, la scolarisation des élèves en situation de handicap, les Rased et bien sûr les salaires des enseignants arrivent en tête, indique Jérôme Lambert. Les 4,5 jours viennent bien après. D'autant que la réforme des rythmes scolaires qui nous est proposée n'est ni plus ni moins un retour à l'école de 2008 avant la suppression du samedi matin par Xavier Darcos. Ça n'est pas ça changer l'école." ...

On le soupçonnait, on en a eu confirmation : la "refondation" de l'école promise par Vincent Peillon et François Hollande consistera bien en une restauration...
... de n'avoir pas, en quelque sorte, usurpé l'esprit du contrat qui le lie à une bonne partie des électeurs en faisant mine de se croire autorisé à réinventer là où, possiblement, on ne lui demandait que de restaurer ? Si tel est le cas, la mission est remplie. Reste à savoir si les Français se satisferont d'une réforme qui ne bouleversera probablement pas avant longtemps le fonctionnement du système éducatif ...

... de graves problèmes de fond. Certains pourront sans doute être réglés par décret, comme pour les autres mesures envisagées dans le cadre du projet de loi d’orientation, d’autres restent suspects ou inquiétants dans la mesure où ils semblent confirmer une tendance certaine à vouloir éviter la refondation pour privilégier la voie de l’amélioration de l’existant, en évitant toutes les ruptures fondamentales qui seraient nécessaires pour inscrire profondément l’école du futur dans le 21ème siècle...
...On sait bien que les évolutions marginales ne font pas avancer le système et sont souvent des alibis qui permettent d’afficher une certaine modernité sans remettre en cause le modèle dominant depuis toujours. On fuit les ruptures tout en incitant à l’innovation. Le concept ancestral «le cours, la classe, l’heure, le prof, une salle, des programmes disciplinaires juxtaposés» a encore de beaux jours devant lui. Le numérique ne venant que pour tenter de le rendre plus attrayant...
... Alors, on continuera à faire semblant de croire que l’on a inventé l’ampoule électrique en améliorant la bougie.

... la formation à l’éducation nationale. Nous pouvons apprendre dans les espaces numériques de façon informelle (réseaux sociaux, MOOC, chaines vidéos en ligne) et/ou formelle (foad). L’objectif est dans les deux cas identique (apprendre) mais la signification des espaces est différente. Dans le premier cas on s’inscrit dans un réseau informel qui se construit au grè des intérêts communs de communautés plus ou moins éphémères. Dans le second cas la dématérialisation est toujours présente mais elle inscrit les relations d’apprentissage dans le cadre formel d’une relation institutionnelle. Si les modes d’acquisition des savoirs sont souples, ubiquitaires et non hiérarchisés, ils s’inscrivent quand même dans un rapport d’autorité hiérarchique construit par le droit de la fonction publique. Le télescopage des deux espaces peut être déstabilisant pour les apprenants car l’espace numérique d’apparence a-institutionnel à tendance libertaire est dans la pratique un espace normé, social et hiérarchique...
 
 
 


... "nous avons besoin de 150.000 professeurs pour les années qui viennent" afin de former "des millions d'enfants", a-t-il souligné. "Nous avons besoin de nouveaux hussards noirs".

... Au prix d'absurdes anachronismes, l'école de Jules Ferry étant couramment associée à des soucis de promotion sociale et de réduction des inégalités qui lui étaient parfaitement étrangers, tandis qu'ils étaient au cœur de la pensée et de l'action de Jean Zay.
Cette mémoire troublée pèse aujourd'hui de tout son poids, notamment sur le processus de "refondation" voulu par François Hollande. Car l'école, au fond, n'est jamais sortie du schéma originel de la fin du XIXe siècle ...

... principales mesures inscrites dans la loi d'orientation et de programmation pour l'école. Ce texte, présenté au CSE (Conseil supérieur de l'Education) le 14 décembre prochain devrait être examiné par le Parlement début 2013...
... La dernière loi d'orientation sur l'école date du 23 avril avril 2005 sous le ministère de François Fillon...
[ PROJET DE LOI d’orientation et de programmation pour la refondation de l’école de la République - pdf ]

L’avenir de la jeunesse, le redressement de notre pays, son développement culturel, social et économique dépendent largement de notre capacité collective à refonder l’école de la République.
Cette refondation porte non seulement un projet éducatif, mais également un projet de société.
[ EXPOSÉ DES MOTIFS - pdf ]

A lire le dernier rapport du Haut Conseil de l’éducation (HCE), remis vendredi 7 décembre au président de la République, on se demande bien pourquoi le ministre de l’éducation nationale, Vincent Peillon, veut le supprimer... Est-ce une validation de sa politique ? Le service après-vente de son projet de loi d’orientation sur l’école, qui vient d’être dévoilé ?...
... le rapport annuel du HCEse présente comme une compilation de principes censés guider la «refondation» de l’école voulue par M. Peillon. Mais publié deux mois après la fin de la concertation sur l’école et après la rédaction du projet de loi qui en découle, il risque bien de passer inaperçu...
Le HCE avait pourtant habitué à faire du bruit. On se souvient, en 2007, de son rapport alarmant sur l’école primaire. Ses conclusions - quatre élèves sur dix quittent le primaire avec de graves lacunes - résonnent encore aujourd’hui. Plus récemment, en septembre 2011, il avait secoué la politique ministérielle d’évaluation des acquis des élèves en jugeant les évaluations du primaire «partielles», «peu exigeantes» et même «trompeuses».

... Comme dans la loi de 2005, il est rappelé que l'objectif est bien de conduire plus de 80 % d'une classe d'âge au baccalauréat et 50 % d'une classe d'âge à un diplôme de l'enseignement supérieur. Mais aussi, celui d'amener "tous nos élèves à maîtriser le socle commun de connaissances, de compétences et de culture à l'issue de la scolarité obligatoire". Plusieurs articles précisent même que les jeunes qui ne maîtrisent pas le socle à l'issue de leur scolarité seront amenés à prolonger leurs heures sur les bancs des classes.

La révolution numérique dans le système éducatif ?En France, depuis près de 20 ans, les États-Généraux se prolongent. La Bastille n’est pas encore prise. Pourquoi cette lenteur? Ces hésitations? Cette frilosité? Cette multiplication d’expérimentations sans lendemain véritable? Pourquoi en 2012, un Président de la République nouvellement élu en est encore à annoncer : «Nous ne manquerons pas le rendez-vous du numérique»? Les technologies numériques semblent avoir vocation, comme l’Arlésienne, à plus susciter les annonces, les discours et la réflexion que la volonté politique et les actes. Jamais une problématique du système éducatif n’a produit autant de propos, de colloques, d’études, d’ouvrages et d’articles. Politiques, élus, philosophes, sociologues, universitaires, journalistes, industriels, techniciens, chercheurs, enseignants, parents : le débat est partout (sauf hélas, chez les principaux intéressés, les élèves!).
Pourquoi cette révolution numérique, à la fois crainte et attendue, manifeste dans la vie de la société et de l’entreprise, n’advient-elle pas dans le système scolaire, ou, si parfois elle advient, pourquoi n’est-ce le plus souvent qu’expérimentalement et non de la façon attendue?...



Annonce de la priorité donnée à la jeunesse pour le nouveau quinquennat présidentiel, annonce de la refondation de l’Ecole, lancement de la concertation pour la refondation, rapport de la concertation, négociations avec les syndicats, annonce d’une nouvelle loi d’orientation pour l’école, annonce d’une réforme de la formation des enseignants… Et… silence total dans les rangs des partis politiques...
... incontournables si l’on veut éviter l’explosion ou l’implosion et construire une Ecole nouvelle répondant aux besoins nouveaux d’une société qui a changé, qui change à grande vitesse et dont les enjeux, les dangers et les espoirs sont complètement différents de ceux qui perdurent...

... constate qu'il y a une cinquantaine de personnes et repart illico. Motif: pas assez de monde pour un ministre de la République qui va refonder l'école...
... Modératrice du débat, je l'attendais dans une salle avec les deux autres invités qui devaient apporter un regard étranger, voire interpeler le ministre sur ce qu'il pensait faire pour remettre de la confiance à l'école à tous les niveaux (des élèves, des profs, des parents, etc) ...

... Autre interrogation, et non des moindres : pour autant que le projet raccrochage de Peillon tienne la route, reste à savoir comment tout ceci s’incarnera sur le terrain… On sait bien, à l’éducation nationale, particulièrement nous qui travaillons au quotidien sur le terrain, qu’il y a un monde entre les intentions et leur réalisation…
... Enfin, notons que la presse a massivement parlé hier de lutte contre le décrochage, quand c'est essentiellement sur le versant aval de cette lutte que porte le projet Peillon : le raccrochage. En amont, où la question est plutôt "comment éviter le décrochage ?", phénomène multifactoriel, la lutte est bien plus complexe il est vrai, de la maternelle au lycée, de l'école aux familles, de l'éducatif au social...

... L’arrivée dans les établissements, de personnels sans la moindre formation, certes mastérisés, mais qui n’ont jamais entendu parler des mouvements pédagogiques, des grands pédagogues contemporains, des pédagogies alternatives, de l’éducation populaire, convaincus que le seul modèle pédagogique est celui de la transmission magistrale frontale, creuse encore le déficit d’engagement collectif...
... Cela n’empêchera pas de travailler sur un projet d’établissement que l’on rangera dans un tiroir jusqu’à la prochaine réunion. Quand on fait cours, on a autre chose à faire qu’à mettre en œuvre le projet.
C’est ainsi que l’institution, et tout particulièrement depuis 5 ans, connaît une période de doute et de démobilisation dont les enseignants ne sont pas responsables, pris à la fois dans le tourbillon de l’absence dramatique de projet politique pour l’Ecole, dans la vague ultra libérale du pilotage technocratique autoritaire, dans la valse de l’ennui...

... Pourtant, les résultats de l'informatisation à l'école n'ont pas été forcément ceux attendus : comme le soulignait l'année dernière Matt Richtel dans sa série pour le New York Times. Là où il s'est installé, le numérique n'a pas eu d'effet majeur sur les résultats scolaires des élèves. Partout, son intégration pose plus de questions qu'elle n'offre de réponses...
... Quand bien même les enfants montreraient qu'ils sont capables d'apprendre à lire par eux-mêmes, est-ce que cela peut justifier de remplacer des politiques éducatives "en dur" par des tablettes ? ...

... Il faut maintenant, et avant tout, des textes qui portent un projet global de formation et que l’université se l’approprie : ce n’est pas le cas du texte sur l’accréditation des Écoles supérieures du professorat et de l’éducation tel qu’il nous a été présenté et qui, à ce jour, ne peut suffire à mettre en marche la réforme...
... Dans l’hypothèse où ce ne serait pas le cas, les plus grandes difficultés se révéleraient dans la transition des IUFM vers les ÉSPÉ....

... le peu de cas que les élites font des préceptes qu'elles souhaiteraient, officiellement, voir enseignés dès la maternelle: le respect de la parole de l'autre, la capacité à argumenter calmement, la digne soumission à la loi. L'inverse, en somme, des chamailleries de cour de récréation auxquelles se livrent d'éminents ex ministres, députés, enseignants et autres inspecteurs de finances, quasiment tous passés par les meilleures institutions de notre République...
... Qui accuseront-ils la prochaine fois ? Mai 68 ? Pourtant, nombre d'entre eux ne sont pas les enfants de cette histoire, et avoir subi les règles d'airain de l'école à la papa, visiblement, ne les a nullement vacciné contre les excès imputés aux années 70-80.
On ne le dira jamais assez : l'école est à la fois la matrice et le miroir de la société. Notre école semble malade ? C'est notre société qui l'est (et la réciproque est vraie). Rien ne sert d'espérer des jours meilleurs si la «refondation» promise ne s'étend pas à l'ensemble du corps social, en commençant par les élites qui, par les pouvoirs qui leur sont conférés, ont un devoir d'exemplarité. C'est le point aveugle de la réforme préparée par Vincent Peillon : si ce dernier veut «refonder la société par l'école», encore faut-il qu'il soit vigoureusement accompagné dans la refondation de l'école par la société... 

 ... Dans un grand nombre d’écoles et de collèges, les enseignants n’ont jamais entendu parler de la refondation et n’ont jamais été invités à penser le changement. Au contraire même, les pratiques autoritaristes, les exigences paperassières du pilotage ultra libéral par les résultats apparents, ont sévi et sévissent toujours. Le doute s’est installé dans les milieux progressistes en même temps que le soulagement chez les conservateurs...

... La «priorité» affichée pour le primaire et les annonces du type «plus de maîtres que de classes» risquent fort de n’être que des effets d’annonce : elles se heurtent aux choix budgétaires d’austérité du gouvernement et à un budget de l’éducation qui n’augmente pas réellement. Le socle commun est maintenu, le Livret personnel de compétences n’est pas abrogé, Base-élèves est toujours en place… On est loin d’une alternative pour l’école !
Rappelons que pas une fois les RASED n’ont été cités : pas plus dans le rapport de la consultation sur la refondation que dans les différentes annonces de Peillon. Rien sur La reconnaissance du travail des RASED et la réouverture de tous les postes supprimés ...
... La refondation de l’école, comme le reste de la politique du gouvernement n’allant pas dans le sens d’une autre école dans une autre société, ces dispositifs spécifiques risquent fort de se réduire à des effets d’annonce...

...La FCPE rejette totalement l’éventualité que l’organisation hebdomadaire se décide conseil d’école par conseil d’école. Elle souhaite que l’ensemble de la communauté éducative se souvienne que c’est justement ce cadre-là que Xavier Darcos et Nicolas Sarkozy avaient choisi afin de bloquer toutes les décisions contraires au passage à la semaine de quatre jours qu’ils avaient mise en place. Une désorganisation induite par cette méthode rendrait impossible toute articulation entre temps scolaires et temps périscolaires.
Elle exige, pour que les enfants n'attendent plus, que la réforme s'applique partout sauf exception dès septembre 2013...

..."Je crois au bricolage", a dit le ministre au maire pour résumer son souhait de donner "un cadre global sur la refonte des rythmes".
Le temps périscolaire, "ce n'est pas un temps que nous allons laisser cannibaliser par l'institution scolaire, ça n'est pas l'idée", a assuré le ministre. Il a affirmé vouloir laisser le "maximum à l'autonomie" pour l'organisation des activités périscolaires.
"Cela n'interdira pas à ceux qui font déjà différemment de continuer à faire différemment. Nous encouragerons même à faire différemment,"...
... Vincent Peillon a assuré aux maires que les enseignant aussi feraient un effort pour le changement: "nous leur demandons de venir une demi-journée de plus sans leur proposer de mieux les payer" ...

«On veut l’alternance "7/2" et une extension du calendrier scolaire annuel sur plus de semaines, 36 actuellement, pour qu’on le fasse respirer autrement».
Les parents «sont perplexes»...
... «Il faut que le message soit clair : on est en pleines discussions sur les rythmes scolaires, essayons de faire le "7/2". On ne peut pas prendre en compte les contraintes des professionnels du tourisme et de l’autre côté dire que seul l’intérêt de l’enfant prime».

... Changer l'école, c’est compliqué. Cela bouscule beaucoup d’habitudes. C’est tellement plus simple de tout laisser en l'état! Je crains que le souffle de la réfondation soit en train de retomber. ...
... Est-ce que ce projet de réforme ira jusqu’au bout? Je me pose la question.»...
... Les familles comme les profs et les municipalités doivent savoir rapidement à quoi s’en tenir pour pouvoir s’organiser. Je crains un grand bazar généralisé avec un système à plusieurs vitesses...
...Si le gouvernement recule sur cette réforme, que va-t-il rester du grand projet de refondation de l’école? L’entrée à la maternelle plus tôt? Ce serait un simple ravalement de l’école, pas une refondation.»...

... Pour ceux qui en doutaient encore, la grande concertation organisée pendant trois mois sous les ors de la Sorbonne et censée mettre tout le monde autour de la table pour parvenir à un consensus n’aura donc, sur ce point, servi à rien. Les élèves français qui ont de très loin les journées les plus chargées des pays de l'OCDE attendront encore.
Du côté de la principale association de parents d’élèves, la FCPE, on se désole d’un tel report devant le lobbying des maires...

... on évitera de parler de refondation dans ce texte, avec juste raison puisque rien ne vient donner corps à une ambition nouvelle pour la formation des enseignants. Ces textes sont étriqués, empêtrés dans d’impossibles compromis entre des acteurs mal identifiés. Ils témoignent d’une méconnaissance de l’existant en matière de formation d’enseignants et ils sous-estiment, à dessein peut-être, les effets de système de l’organisation universitaire.
Qu’énoncent-ils ? Des principes d’abord, qu’ils s’empressent de démentir dans les parties suivantes de l’exposé...
... on comprendra qu’il n’est plus seulement question de rejouer le film de Lelouch, Tout ça pour ça, mais bien de faire un grand bond en arrière quand il aurait plutôt fallu le faire dans l’autre sens... »

... à la rentrée de septembre, tout ce qui avait été mis en cause, voire condamné, a été maintenu,à la grande surprise, il faut bien le dire, des pédagogues qui avaient légèrement pensé qu’il aurait été possible de suspendre l’aide individualisée hors temps de classe, unanimement condamnée, et les animations pédagogiques souvent sans intérêt de l’avis des enseignants, pour donner le temps aux équipes de travailler dans les établissements sur la refondation, son sens, ses priorités, ses modalités sur le terrain...
... en maintenant les fonctionnements antérieurs, en renonçant à annuler les sanctions dont ont été victimes les « désobéisseurs », en encourageant le zèle d’une proportion des cadres, on a fortement réduit l’espoir, on a éteint les enthousiasmes renaissants, on a obéré les chances de réussite de la refondation...

... La focalisation sur la réussite scolaire touche désormais tous les milieux. Pas besoin d'habiter les quartiers huppés pour savoir que le taux de chômage des jeunes sans qualification est sept fois plus élevé que celui des diplômés de l'enseignement supérieur. Dans le public aussi, les parents adoptent des stratégies à la seule fin de placer leurs enfants dans les maternelles de centre-ville, réputées les meilleures...
... "En France, l'école pointe trop les fautes et l'échec, il y a un énorme problème de valorisation des talents de chacun"... 

.. «Il y a une classe qui a eu quatre professeurs différents depuis la rentrée. Au point que certains élèves sont rentrés chez eux en demandant à leurs parents: “C’est parce qu’on n’est pas sages qu’on n’a pas de maîtresse ?”»...

[Observatoire national des zones urbaines sensibles - Rapport 2012 - pdf]

... Des milliers de professeurs des écoles en colère défilant dans la rue sous un gouvernement de gauche? Cela rappelerait les pires heures du ministère Allègre. 
Sur le fond pourtant, et le cabinet de Vincent Peillon le sait, la réforme des rythmes scolaires est étroitement corrélée à celle des obligations de services des enseignants. Comment en effet rétablir une demi-journée d'école sans repenser l'ensemble de l'emploi du temps des enseignants, l'accompagnement des élèves, la formation, les relations avec les parents? Et tout cela sans argent? ...

... Le rapport de la concertation l’affirme sans ambages:
    «L’atelier de la concertation dédié à ce thème a souhaité affirmer que le collège unique n’était plus aujourd’hui en France qu’une institution de façade
Sauver le collège unique exige cet aveu d’échec. Il a joué son rôle dans le processus de massification scolaire. Il est temps désormais de le repenser, pour engager la phase de véritable démocratisation, laquelle ne saurait se limiter d’ailleurs à la seule question du collège.
On s’est trop longtemps bercé de l’illusion que chacun pouvait apprendre dans le même cadre strictement imposé à tous...
...Pour que le collège –et l’école dans son ensemble– devienne un lieu de véritable liberté et d’innovation pédagogiques, il faut d’urgence repenser la formation des enseignants. Inutile de revenir ici sur l’erreur, grave, que fut sa suppression...

... les enseignants plébiscitent à 89% l’idée d’une réforme du primaire. Il s’agit d’un soutien « sur le principe » car ils ne veulent pas n’importe quelle réforme. Si le primaire doit être la priorité comme l’affiche le gouvernement, la réforme doit se concentrer sur les aspects qui fonctionnent le moins bien à l’école et qui conduisent environ 15% à 20% des élèves à rentrer au collège avec des difficultés en Français et en maths.
Les rythmes, l’arbre qui cache l’ampleur des enjeux ...

... La réforme des rythmes scolaires ? Ils sont une minorité (35 %) à estimer qu’elle est « prioritaire » parmi les mesures à prendre. C’est pourtant LA réforme qui focalise en ce moment l’attention, et qui fait l’objet de houleuses négociations, rue de Grenelle, entre le ministère, les syndicats d’enseignants et les communes.
Ce que veulent avant tout les enseignants du primaire, ce sont des classes moins chargées : 81 % estiment que la baisse du nombre d’élèves par classe est une mesure « prioritaire ». Plus prioritaire, même, que la refonte de la formation des enseignants (75 %), que le développement du travail en petits groupes avec le principe du « plus de maîtres que de classes » (73 %), et que l’attribution de plus de moyens aux écoles concentrant le plus de difficultés (70 %) ...

...  On affirme dans les cérémonies officielles que la formation des enseignants est une priorité de la refondation. Tout le monde comprend cela. ...
...La mastérisation a permis de mettre en évidence ce que tout le monde savait, que l’on peut être brillant mathématicien et être complètement incapable d’enseigner les maths. On imagine bien que si l’on persévérait dans cette erreur d’accroître la quantité de savoirs disciplinaires et de faire disparaître la formation professionnelle on finirait par voir s’enfuir des profs poursuivis par des hordes d’élèves en colère. Tout le monde comprend cela. 
Mais alors, quand les experts commencent à élaborer et à présenter leurs propositions, plus personne n’y comprend rien.
... Pétitions et motions s’entrelacent … Pour changer quoi ?
 On affirme avec force que l’Ecole et l’éducation sont l’affaire de la Nation, de tous les citoyens et citoyennes, et on fait tout pour rendre les choses incompréhensibles. La formation des enseignants est affaire de spécialistes, d’universitaires patentés qui n’ont jamais mis un pied dans une école depuis qu’ils en sont sortis ...

Après le temps du débat pour la refondation, de la publication du rapport de la concertation, de la consultation des organisations syndicales et des partenaires de l’école sur les propositions retenues par le Ministre de l’Éducation Nationale, voici le temps de la rédaction de la loi d’orientation et de programmation.
Les organisations syndicales Fep-CFDT, SE-Unsa, Sgen-CFDT, SNPDEN-Unsa, Unsa-Education, la Fédération des Conseils de Parents d’Elèves (FCPE) et les associations partenaires de l’Ecole AFEV, Les Cahiers Pédagogiques, Education et Devenir, Les Francas, FESPI, La Ligue de l’Enseignement, tiennent ensemble à réaffirmer les points auxquels elles sont particulièrement attachées...

... "Va-t-on organiser une garderie ou intégrer des activités sportives, culturelles ? Dans ce dernier cas, comment les communes rurales, dont certaines consacrent déjà 40% de leur budget à leurs écoles, pourront-elles assumer de nouvelles charges?", s'inquiète le maire (Modem) de Gargilesse-Dampierre (Indre).
"Le contenu de cette réforme est encore flou", juge Jacques Pélissard, président de l'AMF, député UMP et maire de Lons-le-Saunier (Jura) : "Serons-nous soumis à la réglementation du ministère de la jeunesse et des sports qui prévoit un personnel encadrant pour 8 enfants dans les petites classes, 14 pour les autres, ou à celle de l'éducation nationale avec un adulte pour 30 enfants?" ...

... La grand-messe de l'été sur la "refondation" de l'école est déjà loin. Après les beaux discours qui ont célébré l'intérêt de l'enfant, affirmé la nécessité d'une journée d'école plus courte, d'une semaine continue et d'une année scolaire plus équilibrée – le tout pour favoriser les apprentissages –, retour à la réalité. Aux questions de financements et de temps de travail. Autrement dit, aux intérêts des adultes...
... Reste qu'on ne pourra pas parler d'une "refondation" des rythmes tant que M.Peillon ne se sera pas emparé de l'organisation de l'année et des vacances scolaires.

... Comme on s’est rendu compte que ces dérives conduisent le système dans l’impasse, on affiche une volonté de remettre la pédagogie à sa place. Mais la question est très difficile à traiter, surtout quand on renvoie républicains et pédagogues dos à dos, assuré ainsi de conforter les conservatismes. Alors, on parle de pédagogies au pluriel ce qui permet de s’en laver les mains, laissant à chacun la responsabilité de trouver des adaptations formelles à un modèle unique. Comme s’il y avait des pédagogies pour les nuls et des pédagogies pour les forts

... Jardin, en cassant la convention de la parole off et en plaçant la discussion sur le terrain de la vérité, met le ministre devant sa réalité de réformateur sans le sou dans l’incapacité de mener à bien des réformes structurelles, mais obligé d’aller au bout de guingois et de présenter à la France quelque chose ressemblant à une réforme.
Ainsi la réforme des rythmes scolaires, dont on a déjà dit ici maintes fois qu’en l’état elle ne va pas changer grand-chose pour les élèves – pour cela il aurait fallu par exemple que l’état ait les moyens de ses ambitions et puisse financer la fameuse 6ème heure d’école obligatoire, entre 15 h 30 et 16 h 30.
Ainsi la réforme de la formation des enseignants, dont il se dit que telle qu’elle se présente la montagne va accoucher d’une souris faute de crédits ...
 
 
 


 

[ 7 novembre 2012 ]... le vrai reproche, au fond, portait sur l’opportunité de critiquer de manière un peu trop véhémente une proposition du ministre Peillon, celui-là même sur lequel tout le camp de l’éducation digne de ce nom a misé son livret A, le surdoué du cartable, le pur-sang qui va faire gagner l’école, le crack de la pédagogie au discours fédérateur, le champion maison arrivé aux plus hautes responsabilités et qui va nous venger des années de mise à sac...
... Parce qu’on croit à la Refondation, malgré tout, malgré le manque de moyens qui risque de réduire sacrément la voilure, il faut dire quand les sentiers empruntés ressemblent fort à des impasses. Il est du devoir de ceux qui accompagnent de signifier à quel moment précis ils cessent d’accompagner, et pourquoi...
... « tu te trompes Vincent, on est d’accord sur plein de choses, mais là tu as tort, on ne te suivra pas sur ce coup-là ».
La réforme des rythmes scolaires, voulue par tous ou presque, on le redit donc fermement et sans animosité, est en train de virer à la réformette cache-misère : journées à peine moins longues, plus denses encore à cause de programmes toujours aussi chargés, aide aux devoirs en forme de trompe-l’œil, périscolaire a minima, alternance vacances / classe inchangée…
Tout faux, ou presque.
Cette critique constructive, les corps intermédiaires – syndicats, associations, mouvements divers – ne doivent pas hésiter à la faire, sans quoi ils cessent de jouer leur rôle...

... "On peut envisager des portiques dans certains établissements", avait-il déclaré, avant de proposer, au congrès de la Peep, fédération de parents, une série de mesures: portiques de sécurité, fouilles des cartables, équipes mobiles de sécurité...
... La concertation engagée avec les collectivités, chargées de financer ce type d'équipement, n'a pas débouché sur une installation massive de détecteurs de métaux ou de portiques de sécurité à l'entrée des établissements. Un sujet enterré auquel Jean-Marc Ayrault, contre toute attente, vient de donner une seconde jeunesse...

... Parmi les sujets qui n’ont pas été abordés lors de la refondation de l’école, il y en a un qui mériterait particulièrement d’être investi tant il occasionne des « crampes mentales » : la pédagogie. La lutte, toujours explosive, entre les «républicains» anti-pédagogues et les «pédagogues» n’en finit pas de corrompre tous les débats...

... Quinze ans donc pour installer l'idée et la pratique en école primaire, et encore pas partout. Quant au bastion du collège, il est encore loin d'avoir rendu les armes - ne parlons pas du lycée....
... La "refondation" annoncée de l'école saura-t-elle prendre en compte ces acquis et sortir, au collège et au lycée, du saucissonnage des connaissances en disciplines étanches, du savoir prémâché de programmes et de manuels qui ignorent parfois singulièrement les apports récents de la science ?

... Le redoublement, une des particularités du système scolaire français, aurait du plomb dans l’aile. François Hollande veut en limiter le nombre. Perspective évasive, dans dix ans on appréciera ce qu’il en est...
... Qui est prêt à lancer l’éradication du redoublement? Pour le moment, personne: le «retard» des uns organise «l’avance» des autres. Le redoublement est une matrice, parmi d’autres mécanismes, au service de l’élitisme républicain: la sélection précoce et souvent «pour la vie» des meilleurs. Beaucoup d’arguments militent pour supprimer le redoublement, en revanche ...

... En France, les élèves qui redoublent en sont souvent informés bien avant la fin de l’année scolaire. Leur motivation s’en voit alors diminuée et leur retard ne fait que s’accumuler, le soutien scolaire étant peu développé au sein des établissements...
... La diminution ou la suppression du redoublement, même si c’est une mesure nécessaire, ne permettra pas de résoudre tous les problèmes du système d’éducation français si d’autres initiatives ne sont pas mises en place pour lutter contre l’échec scolaire...

... cette réforme est en train de se vider de son sang, victime de trop d’incohérence, grosse de trop de contresens, et que tout ce qu’elle était censée apporter, changer en profondeur, s’est perdu en route...
... Tout se passe donc comme si on voulait sauver les apparences : laisser penser que le nouveau rythme de l’école va enfin permettre des journées plus calmes, plus légères, et ainsi la progression de tous ; laisser croire que les devoirs seront faits correctement et les leçons sues lorsque les enfants rentreront chez eux ; laisser imaginer que les élèves s’enrichiront et se cultiveront sur le temps périscolaire de fin de journée...
... Peu importe les contradictions, au fond, pour Peillon : d’une part il donne le change aux familles («aucun enfant ne sera hors de l’école avant 16 h 30», et plus de corvée de devoirs à la maison), d’autre part il évite la grogne des collectivités locales, enfin surtout il ne débourse pas un sou. Gagnant gagnant...

... Avant même l'ouverture des négociations, la question de revoir la durée des vacances d'été, qui arrange sans doute avant tout l'industrie touristique et les enseignants, n'est plus évoquée. Avec trois millions d'enfants qui, chaque année, ne partent pas en vacances, la grande majorité d'entre eux prenant au maximum 15 jours, le sujet mérite sans doute mieux qu'un rapide renoncement.
Le volet pédagogique de la refondation de l'école, tel que l'a dessiné Vincent Peillon – fin des redoublements, des formes d'évaluation et de notation plus constructives, fin des devoirs à la maison –, s'il était réellement appliqué marquerait un tournant. Mais comme bien des spécialistes de l'école l'ont noté, il pourrait une nouvelle fois s'agir de «serpents de mer, intéressants, mais ....
... Les devoirs à la maison sont officiellement proscrits depuis 1956 et la volonté de sortir de l'orientation couperet, orientation subie, pour aller vers une orientation choisie figurait déjà dans la loi Jospin de 1989...
... le risque de voir s'accroître à nouveau les inégalités est là quand on sait par exemple que la région (les régions ont aujourd'hui compétences pour la construction, l'équipement et le fonctionnement des lycées) Languedoc-Roussillon dépense aujourd'hui 3 660 euros par élève contre 1 540 en Rhône-Alpes...

... passer des paroles aux actes !
Le diagnostic est substantiel, détaillé et pertinent mais les propositions concrètes apparaissent plus restreintes et ne répondent pas toujours aux priorités et urgences que supposeraient la prise en compte du diagnostic.
On y sent le souci – légitime- de réunir le consensus le plus large possible. Au risque de ne satisfaire personne et de ne pas provoquer l’élan que devrait susciter une loi d’orientation et de programmation. Il convient de se souvenir de la pertinence de la loi de 1989 et, en même temps, de sa faible appropriation par les acteurs de l’Ecole.
L’ensemble des mesures proposées constituerait, si elles étaient mises en œuvre, la plus importante réforme du système éducatif depuis longtemps. Il faudra veiller à ce que la cohérence d’ensemble soit conservée...

... à trop vouloir ménager la chèvre et le chou, (“quand on change les choses, il faut le faire avec le plus de circonspection possible ”) Peillon risque de finir contre un platane : ce ne sera pas plus facile de faire passer les mesures difficiles plus tard, d’une part, et d’autre part les mesures engagées souffrent du coup d’incohérence (les rythmes scolaires, encore : leur modification n’aurait de sens réel que si on ramenait les vacances d’été à 6 semaines au lieu de 8, mais cette question est encore trop sensible)...
... le système de gouvernance reste inchangé. Alors que le système pyramidal est mis en avant par tous les acteurs de l’éducation et notamment les enseignants comme un problème majeur de gouvernance, aucune restructuration n’est prévue...

Comment "refonder" une institution qui ne croit plus en elle-même et qui, pis, ne tente même plus de sauver les apparences ?
... L'Etat doute-t-il à ce point de lui-même pour qu'il envisage d'externaliser un projet aussi central que la "refondation de l'école républicaine", cette belle promesse faite par François Hollande et réitérée par Vincent Peillon ? Les Inspecteurs généraux et la direction générale de l'enseignement scolaire sont-ils incapables de réécrire des programmes scolaires ? La direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance a-t-elle besoin d'un alter ego "indépendant" pour produire de bonnes statistiques ? Si oui, alors osons la question que ne formule pas le rapport de la concertation : à quoi sert encore l'administration de l'Education nationale ?

... L’État doute-t-il à ce point de lui-même pour qu'il envisage d’externaliser un projet aussi central que la « refondation de l’école républicaine », cette belle promesse faite par François Hollande et réitérée par Vincent Peillon? Les Inspecteurs généraux et la Direction générale de l’enseignement scolaire sont-ils incapables de réécrire des programmes scolaires? La Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance a-t-elle besoin d’un alter ego « indépendant » pour produire de bonnes statistiques? Si oui, alors osons la question que ne formule pas le rapport de la concertation : à quoi sert encore l’administration de l’Éducation nationale? ...

... Les mêmes notes de service de rentrée de 15 à 20 pages avec des tonnes de questionnaires, d’injonctions, de rappels aux règlements, les mêmes exigences pour la mise en place de l’aide individualisée, les mêmes annonces pour les évaluations, le même pilotage par les résultats apparents, les mêmes tendances autoritaristes et infantilisantes, les mêmes freins à l’innovation et à la liberté pédagogique, la même empreinte que celle des cinq années douloureuses pour l’école qui viennent de s’écouler. Exactement comme s’il n’y avait pas eu d’alternance, pas eu d’annonce de refondation...

... c'était parfois horriblement long, très ennuyeux", confie un autre. "Lorsqu'on demandait la parole, on l'avait quarante-cinq minutes après... Pas évident pour l'échange !" poursuit un invité. "La consultation locale a été pauvrissime, s'énerve un prof. Les gens de terrain ont été très peu associés. Il y avait surtout des leaders d'opinion, qui ont fait de cette expérience une tribune." ...
... "Ce qui est sûr, c'est que ce travail n'aboutira pas, comme celui de Jules Ferry en 1880, à une nouvelle école, pour une nouvelle société, et pour les cent cinquante ans à venir" ...

... Il reste que des idées, si généreuses soient-elles, ne suffisent pas à enclencher une refondation. Il faut un élan mobilisateur et, à un niveau plus terre-à-terre, il faut évidemment que les mesures annoncées soient mises en œuvre.
Ainsi, le président souhaite que les devoirs soient faits en classe, mais la suppression des devoirs avait déjà été évoquée par De Gaulle ! C’est donc l’"art de l’exécution" qui fera la différence…
... Quant aux autres recommandations qui sortent de la concertation mise en œuvre par Vincent Peillon, beaucoup sont des serpents de mer, intéressants, mais qui se perdent vite dans les sablesquand les difficultés prévisibles sont trop grandes. Les sujets qui fâchent ne sont pas repris. Le président a à peine évoqué la question de la carte scolaire ou la politique prioritaire. Il veut moins d’enseignants au collège pour faciliter la transition avec le primaire, mais la question de la spécialisation des professeurs est éludée...

... De fait, le rapport se présente comme une "boîte à idées". Celles-ci ne sont pas nouvelles, mais ont toujours buté sur des positions conservatrices, corporatistes, et sans doute aussi sur un manque de courage politique. Prises une à une, elles pourraient passer pour anecdotiques. Assemblées, et appliquées, elles ouvriraient la voie à une révolution...

... Si 68 % des Français s'opposent à la suppression des devoirs à la maison selon un sondage Ifop* publié mardi après-midi, les jeunes, eux, applaudissent. Ils se jugent accablés de devoirs. Tous expliquent qu'ils ont entre une et deux heures de travail quotidien à réaliser en dehors de l'école. «On a vraiment dix fois trop de travail!», peste Lucas. «Comme la correction en classe se fait en groupe, le professeur n'a pas le temps de venir nous voir et nous expliquer ce qui ne va pas si on n'a pas compris» ...
* [ Les Français et la suppression des devoirs scolaires à la maison pour les élèves du primaire - Résultats détaillés - Octobre 2012 - IFOP - pdf ]

... Mise à part l'augmentation des moyens, qui n'est pas négligeable, la seule annonce véritable sur le primaire concerne les devoirs. Ils seront faits à l'école, après la classe. Si le président dit vrai, ce serait la concrétisation d'une mesure prise en 1956. Il ne faut donc pas désespérer.

... Pour l'instant, dans les faits, le nouveau ministre de l'Education n'a pas changé grand-chose - je ne parle pas ici de l'atmosphère nettement plus détendue et des espoirs (raisonnables) qui s'affichent aujourd'hui.
Mais sur le plan rhétorique, on a d'ores et déjà assisté à un petit séisme.
Or les mots sont importants: rabâchés dans les discours...
... Maintenant, après les grands mots et les belles promesses, il reste à voir ce qui va changer réellement. Rendez-vous dans quelques mois...

... L'éducation nationale doit assumer pleinement son rôle qui n'est pas seulement de former des citoyens mais aussi de préparer les jeunes à un emploi. Les deux sont liés. Or, en orientant mal, nous poussons les jeunes dans des difficultés qui produisent échecs et exclusions, nous fabriquons des décrocheurs...
... Si la question des vacances d'été doit bloquer toutes les autres avancées, je proposerai au Premier ministre de ne pas y toucher. Mon souci est d'aller le plus loin possible dans la réforme du système éducatif...

... «On a un peu entendu tout et son contraire, depuis un certain temps. Pour l’instant on n’a pas le sentiment que le ministre actuel (de l’Education) considère qu’il faut nous consulter, nous les professionnels du tourisme, et on le déplore».
«On comprend bien que ce ne soit pas l’avis des professionnels qui soit le plus déterminant dans la vie des enfants, mais...

... La loi de 2005 sur l’intégration des enfants handicapés a, bien malgré elle, contribué à dégrader la situation... [elle]  est aussi l’occasion de justifier toutes les intégrations, sans discernement, sans réflexion, sans adaptation, sans réelle vision ni projet particulier, et ce alors qu’elle couvre des situations très diverses, voire radicalement différentes : entre un autiste «de haut niveau», un handicapé moteur en fauteuil et un enfant souffrant de troubles du comportement, peu de points communs.
Vous devez intégrer, dit-on à l’école sans lui donner les moyens de le faire correctement. On se contente trop souvent de balancer sans plus d’accompagnement le gamin dans une classe dont l’instit n’est absolument pas formé pour comprendre ce type d’enfant et encore moins travailler avec. Dans le meilleur des cas on peut compter sur un AVS, très mal payé, peu qualifié, pas formé (et encore, cette année, 2 700 postes en moins alors que la demande explose)...
... En pleine « Refondation de l’école », il est souhaitable que ces questions soient abordées. Sans quoi la situation des Kadiatou, des Jeff, des Luis (et donc des écoles et des classes qui les accueillent) ne s’améliorera pas dans les années à venir. Des enfants que l’institution a le devoir d’accueillir, mais qu’elle ne se donne pas les moyens d’accueillir correctement, et dont les inspecteurs nous disent qu’on ne peut rien pour eux. Injonction paradoxale...

... Cela étant il va soulever trois types de débat.
-  1 Le premier, aussi vieux que Jules Ferry : le rôle de l’école est-il de préparer des têtes bien faites ou la vie d’après, professionnelle ? Les choses ne sont pas aussi tranchées que ça dans la vraie vie, mais c’est un débat presque philosophique.
-  2 Deuxième question : l’orientation...

Idées nombreuses et variées recherchent ministre courageux pour les appliquer ...
... Elles  sont nombreuses, intéressantes et leur richesse vient du fait qu’elles se placent sur plusieurs registres. Il ne reste qu’une question : qu’en fera le ministre ? S’il les prend toutes, il a, en kit, l’architecture d’une école nouvelle. S’il choisit la facilité, en n'y piochant que celles qui lui permettront de durer, la concertation nationale n’aura servi à rien, et ce rapport s’empilera sur bien d'autres. Et dans ce pays imaginatif, le courage politique est un ingrédient plus rare que les idées !...

... On a, comme d'habitude, invité les 5 000 permanents de l'Éducation nationale, tous des gens très qualifiés, mais assez éloignés des élèves. Tout cela ne saurait exonérer le gouvernement d'une perspective. Or, pour l'instant, je ne vois pas de projet fort pour l'école.
Pourtant, Vincent Peillon promet de tout "refonder", ce n'est pas rien.
On a jusqu'à aujourd'hui empilé beaucoup de réformes, on a réparé, ajusté, réagi, et la maison Éducation est une construction de bric et de broc, avec des pans baroques, des murs classiques, des rafistolages en tôle ondulée...

... l’Etat dépense 47 % de plus pour former un élève parisien que pour former un banlieusard de Créteil ou de Versailles. 51 % de plus pour former un Parisien qu'un Niçois...
... A Créteil, 21,6 % des enseignants ont moins de 30 ans (pour une moyenne nationale à 9,2 %) et 8,6 % sont non titulaires (contre 4,9 % en moyenne). A contrario, à Paris, 24,2 % des profs sont agrégés pour une moyenne nationale deux fois moins élevée...
... Est-ce que cela va changer ?...

... Nous avons atteint le stade délicat où les élus, compte tenu de l’importance croissante de leur investissement demanderont des comptes, discuteront des projets éducatifs et voudront assumer leur responsabilité. L’école sera contrainte de changer. Mieux vaut qu’elle anticipe, même s’il est déjà un peu tard ...
...  Refonder les pratiques pour refonder l’école. Redonner toute sa place à la pédagogie, complètement déniée depuis 2007.
Le temps est venu de voir si l’espoir de la refondation sera respecté et si une pédagogie de la réforme permettra de remobiliser les acteurs ...

... Mais que leur est-il arrivé ? Depuis dix ans, pas une rentrée sans qu'une poignée de pamphlétaires quasi-professionnels prennent la plume pour tirer à boulets rouges sur une école qui aurait abandonné sa mission civilisatrice, où toute autorité aurait été minée par les effets du laxisme post-soixante-huitard, une école soumise aux caprices de l'enfant-roi, dévastée par le "tout tout de suite" et le consumérisme, gangrenée par une cinquième colonne de "pédagogistes" obtus prêts à tout pour ruiner la culture, la civilisation, l'homme.
Cette année, rien ou presque ...

La grande concertation sur l'école, lancée début juillet par le ministre de l'Education nationale Vincent Peillon s'est achevée jeudi [27 sept.], comme le prévoyait le calendrier officiel...

Dé-concertant ...

...Au total, rien de neuf. La semaine de quatre jours, décidée en 2007 par Xavier Darcos sera enterrée en 2013, comme annoncé par Vincent Peillon dès sa prise de fonction. Les écoliers devraient avoir quatre jours et demi d'école, avec le mercredi matin...
... L'organisation du calendrier scolaire, et la question du zonage, voire du raccourcissement des vacances n'est pas encore tranchée. Et pour cause: le sujet est extrêmement complexe, et suscite l'opposition des lobbys touristiques...

Dé-concertés ...

... Refonder l'école -et refonder "la République par l'école"- comme le ministre de l'Education nationale l'a promis, imposera de sortir du "ni-ni" qui caractérise les politiques publiques menées au collège depuis plus d'un demi-siècle. Sans quoi cette refondation s'apparentera à une nième de ces réformes dontl'empilement désoriente les familles et décourage les enseignants.

... Le problème est que cette concertation tourne en rond et que le sens même du mot refondation a été oublié dans le flot des revendications et des propositions d’adaptation de l’existant sans en changer les fondements et les finalités.
 En fait, quasiment plus personne ne parle de refondation, sauf Pierre Merle dans un groupe auquel je participais mercredi. Curieusement, personne ne contestait ses analyses et sa conviction de l’impérieuse nécessité de refonder, de construire de nouvelles fondations,mais toutes les interventions qui suivirent ne proposaient que des aménagements, des corrections, des compléments, à l’existant...

Pour la FCPE, l'UNEF et l'UNL, constitutives du pôle des usagers du service public d’éducation, la concertation qui se tient actuellement sur le devenir de l’Ecole ne pourra pas déboucher sur une véritable refondation si on ne réforme pas en profondeur le baccalauréat. Ce diplôme est pourtant le grand oublié de la discussion actuelle. Face à la stagnation de son taux de réussite, et à sa «dévalorisation» prétendue, il est temps de le refonder...
Nous ne pouvons pas non plus continuer à évaluer quinze années de scolarité en seulement quelques jours...

... Nous demandons l’abandon de l’ensemble des fichiers BE, BNIE, RNIE, Sconet-SIECLE, AFFELNET, APB, LPC et autres livrets scolaires électroniques...
... Diminuer le nombre de cases comme semble le prévoir l’actuel Ministre de l’Education Nationale ne changera pas la nature de l’usine à cases qu’est en train de devenir l’école et le rôle de contremaître de fabrication des ressources humaines qui est aujourd'hui assigné aux enseignants...
... Enfin, avec l’absence de réponse à la mise en demeure adressée par le CNRBE au Ministère le 14 mars 2012, et avec l’absence de l’élémentaire décision de levée des sanctions contre les enseignants qui ont résisté aux mesures prises par le gouvernement précédent (engagement subliminal de la campagne électorale), nous n’avons à ce jour aucun signe que le changement soit pour maintenant.
Nous ne participerons pas à la concertation.

Piloter… Non. La feuille de route imposée par une personne qui ne sait pas faire l’école, qui serait incapable de réaliser elle-même les injonctions données, n’a pas de sens...
...On ne refondera pas l’école si l’on fuit ces questions comme cela semble être le cas à ce jour.

...L’autre voie serait de modifier en profondeur le fonctionnement de l’école de sorte que les disciplines ne soient pas seulement étudiées à proportion de leur capacité à mener vers l’élite, mais parce que chacun jugerait bon que les élèves reçoivent une formation variée, qui les élèverait intellectuellement et moralement. Une refondation, en somme, qui ne cantonnerait pas la « morale laïque » au rang de discipline parmi les autres mais en ferait le socle de tous les enseignements. Oui, cela exigerait une vigoureuse refondation de l’école. N’est-ce pas le projet ?

... les technologies de l'information et de la communication ont également changé la donne. «Les enfants sont devenus des acteurs directs. Ils sont donc plus ouverts, plus intervenants, plus entreprenants, mais en contrepartie n'ont pas de limites.» Il ajoute enfin que«le désarroi des adultes est amplificateur».
Il est donc urgent de parvenir à un «consensus» entre adultes sur les règles à poser. «Les disputes entre adultes et le manque de solidarité angoissent les enfants, tout en leur laissant le terrain libre. Le débat sur l'école entre adultes, c'est la cour de récré!», ajoute Philippe Jeammet.
Ses préconisations?Travailler sur la solidarité des équipes pédagogiques (directeurs, professeurs, psychologues, éducateurs…) et libérer du temps pour la vie d'équipe et les relations avec les parents...
 
 
 


Les habitants de La Villeneuve, ancienne cité utopique des années 1970 à cheval entre Grenoble et Échirolles, confiaient dimanche leur sentiment d'abandon, face au désoeuvrement des jeunes et à leur violence, facteurs ayant conduit à la rixe mortelle de vendredi selon eux. "Comment a-t-on pu en arriver là ? Il y avait des signaux d'alerte que personne n'a voulu voir !" ...
... Les écoles et le collège ont dû être clôturés, les pédagogies alternatives ont été en partie abandonnéesà mesure que les effectifs chutaient. Trois écoles ont fermé et le collège à perdu 60 % de ses élèves en 13 ans sous les effets de la carte scolaire...
... une interrogation remarquable sur le changement du système éducatif. Il est un combat (…) Comment en serait-il autrement quand les auteurs-acteurs ont eu à se défendre contre l'environnement institutionnel, quand ils ont à se défendre quotidiennement contre la bureaucratie."

C'était en 1979.
 En 2000 la situation en est au même point. Les IDEN puis IE se sont succédés au même rythme et avec la même alternance. Le dernier reste attaché à la Villeneuve depuis sept ans, c'est un record. Mais c'est avec l'objectif de venir à bout du projet initial .
Une des équipes les plus solides et réputées (école du Lac) qui animait un Centre de Lecture au service des écoles du département, qui avait fusionné de manière exemplaire avec une école en cours de ghettoïsation, vient de craquer, suite à la suppression arbitraire du Centre et à une série d'inspections odieuses (associant habilement un Inspecteur Général fort opposé à l'éducation nouvelle…)...

... les écoles "ouvertes"  [ RIEN à voir avec l'usage qui est fait du terme "écoles ouvertes" depuis quelques années, pour désigner l'ouverture de certains établissements scolaires, notamment dans les quartiers "difficiles", pendant une partie des vacances scolaires. ]
Leur "ouverture" fut réglementée, quelquefois a posteriori, par une circulaire datant de 1976, et comme leur nom l'indique, ces écoles publiques, animées par des enseignants...
... Comme souvent, le chantier ouvert resta sans suite administrative, et parmi la centaine d'écoles (*) ayant opté pour ce statut, il en resterait encore deux ou trois dizaines en ayant conservé quelques pratiques...
... L'une des plus médiatisées dans les années 80 fut l'Ecole de La Villeneuve à Grenoble (un livre paru aux Editions Syros)


...nous rédigerons le dossier à l'issue de la réunion du 3 novembre.» Martial Benoist d'Etiveaud, parent d'élève, et Cyrille Raynard, professeur, évoquent de concert les avancées dans le projet de création d'un collège-lycée alternatif à Aurillac. Initié à la fin du printemps, suite aux propos favorables à ce type d'établissements et d'enseignement dits alternatif de Vincent Peillon, ministre de l'Éducation nationale, le projet a tranquillement pris le temps de mûrir au doux soleil de l'été...
... «Nous voulons un établissement ouvert qui puisse aussi accueillir des élèves avec des parcours atypiques », ou des intervenants extérieurs «comme La Manufacture pour la danse et la troupe du théâtre Béliâshe qui ont accepté le principe de participer au projet»...

Quinze élèves de 9 à 15 ans ont fait leur rentrée au milieu d'un champ de maïs... Leur nouveau collège s'articule autour de la pédagogie Montessori.
Un collège innovant, alternatif
Ce collège d'un nouveau genre est porté par des parents d'élèves et soutenu par des enseignants. Il propose une alternative au parcours scolaire classique en s'inspirant de la pédagogie de Maria Montessori. L'écoute et le respect de chaque individu y occupent une place centrale. « Chaque élève travaille pour lui. Il ne travaille pas pour avoir de bonnes notes »
« Ce ne sont pas des enfants différents mais des enfants qui apprennent différemment »
« En 2002, un collectif de parents avait déjà voulu créer un collège expérimental public à Rennes. Mais le projet n'a jamais pu voir le jour, signale Charlotte Marchandise, qui a relancé cette idée. En parallèle des matières académiques enseignées le matin, les enfants sont acteurs de leur travail et développent des projets personnels à travers des ateliers interdisciplinaires l'après-midi. »
Faute d'accord, les parents se sont repliés sur le privé pour donner naissance à « ce collège associatif ». Cet établissement s'inspirera aussi de la méthode Freinet, fondée sur l'expression libre de l'enfant. Une classe pilote avec douze élèves, mélangés de la 6e à la 3e...
Contacts :
Charlotte Marchandise,  charlotte@ouvaton.org -  06 68 03 04 04 - Christian Pierre, directeur@college-montessori.org - 06 76 52 69 63

... L'école alternative La Pépinière (projet GERME à Loches)
a ouvert  à la rentrée 2012 avec une classe élémentaire unique (CP / CM2).
L'objectif étant maintenant d'ouvrir pour la rentrée 2013, une maternelle et une classe de collège,  puis de grandir tranquillement sur 5 ans.

... Un nouveau "collège alternatif" a ouvert ses portes dans le sud de la Creuse. L’association «La Traverse» accueille depuis la rentrée dernière des jeunes en âge d’être au collège,

 mais qui ont préféré être scolarisés en dehors du système éducatif classique. Cette «école privée hors contrat», selon la formulation légale, veut proposer d’autres modes d’apprentissages.
La création de ce collège a suscité beaucoup de débats sur le Plateau...
(Télé Millevaches : aller à "magazine n° 201 - juin 2012" : à partir de 5' 20'')
2012-2013 : Le collège associatif a quitté Saint-Martin Château, et a fait sa deuxième rentrée dans le petit village de La Villedieu (Creuse).



 

... Lorsqu'on voit les difficultés qu'a Vincent Peillon à mettre en oeuvre une réforme annoncé comme "acquise" et souhaitée par l'opinion, une réforme d'ampleur des programmes est difficilement envisageable....
... Si le ministère souhaite que sa réforme s'applique au maximum d'enfants, il ne peut en aucun cas l'imposer à l'enseignement privé sous contrat. La rue de Grenelle reste discrète sur ce sujet, pour ne pas raviver inutilement des tensions entre public et privé. ..
... Le débat sur les rythmes scolaires sature l'espace médiatique et occulte tout le contenu (même mince) de la loi à venir. Un échec sur les rythmes plomberait toute possibilité de réforme d'ampleur de l'école, au moins pour la durée du quinquennat. 
 

... Vincent Peillon a ouvert 43 000 postes aux deux sessions de concours qui se déroulent cette année. De quoi donner le vertige quand on sait que les années précédentes tous les postes n'étaient pas pourvus, alors qu'il n'y avait qu'un concours et qu'on ne remplaçait que la moitié des départs en retraite. Le ministre est plutôt coutumier de la méthode Coué sur ce sujet, disant qu'il n'y a pas de "crise des vocations mais une crise des recrutements"....

...les 60 000 postes dont a hérité Peillon ont paradoxalement plombé tout espoir de réforme véritable, limitant aux seuls moyens humains les marges de négociations dont dispose le ministre. Les syndicats le savent et ils en jouent. "Les 60 000 postes, c'était une vraie connerie, soupire un responsable syndical. On avait besoin de créations de postes mais pas à cette hauteur là! La seule monnaie que le ministre a dans la main, ce sont les postes et on a un mal de chien à les pourvoir!"

... la «vocation» (qui relève toujours peu ou prou du ‘’sacré’’) et qui l’emportait sur le «professionnalisme» (la version, "profane’’ de l’engagement dans le travail sur autrui) est en voie de disparition en corrélation avec «le déclin de l’institution» : «Il n’y a pas si longtemps que les écoles normales d’instituteurs ressemblaient à s’y méprendre à des séminaires, que les écoles d’infirmières étaient dirigées par des religieuses et que les travailleurs sociaux étaient issus du militantisme philanthropique ...

... Une directrice de maternelle, qui m’a écrit et que je suis allé voir hier, dans son école d’un des quartiers les plus populaires de Paris, m’expliquait qu’elle n’avait toujours pas obtenu de crédit pour réparer sa chaudière depuis septembre et qu’elle avait toujours un nombre de chaises inférieur au nombre d’élèves.
Cette directrice ne voit pas dans quels locaux et avec quels animateurs les élèves seront encadrés après les cours. Autant dire qu’elle a beaucoup de mal à croire en cette réforme. Les raisons de la perplexité des enseignants sont donc réelles

...Rased, RAR, PPRE, aide personnalisée, aide individualisée, accompagnement éducatif, coup de pouce... La liste pourrait aller au terme de ce paragraphe, voire de cette page. C'est celle des dispositifs empilés au fil des ans dans les écoles, collèges et lycées afin de lutter contre l'échec scolaire. Elle permet de comprendre l'épuisement professionnel qui menace nombre d'enseignants - et d'expliquer leurs réticences face aux réformes annoncées - de façon bien plus pertinente que les rodomontades des éditorialistes clouant au pilori un "corporatisme enseignant" ...

... C'est à la mi-mars que le Parlement commencera à examiner la loi sur l'école...
...Yves Durand est favorable à un rattrapage entre les niveaux indemnitaires des premier et second degrés... Rattrapage que Matignon a récemment jugé "hors de portée budgétairement"
S'achemine-t-on vers une revalorisation sans contrepartie sur le temps de service, comme l'avait pratiquée en son temps Lionel Jospin? "Pourquoi n'y a-t-il pas un mot sur le métier enseignant dans la loi?"... 


...De cette grande consultation sont issus des projets relativement modestes puisqu’ils ont soigneusement évité tous les points qui pouvaient déclencher des blocages et des conflits : rien ou pas grand-chose sur le service des enseignants, sur leur formation puisqu’il semble que l’on revienne aux IUFM sous une formule à peine différente, sur l’affectation des enseignants dans les établissements, sur le statut des classes préparatoires, sur le baccalauréat… Instruits par l’expérience historique, les responsables ont soigneusement évité tous les sujets qui pourraient fâcher.
Pourtant cette prudence semble encore trop hardie... 
...
le sujet implique trop d’acteurs – les parents, les enseignants, les collectivités locales – pour qu’un consensus soit rapidement trouvé. En outre, sa réalisation coûte cher car il faut recruter du personnel encadrant pour les activités extrascolaires. Or, l’Etat et les collectivités locales sont obligés de calculer au plus juste.

Pour réussir, ce n’est pas une concertation nationale qu’il fallait lancer mais un travail de terrain ... 
On discute des durées optimales de l’année scolaire, des vacances et de la journée de cours. Mais la question de la durée de chaque module de cours mérite elle aussi attention. Est-il raisonnable d’infliger aux écoliers, collégiens et lycéens des sessions d’une heure de cours, alors que beaucoup de chronobiologistes estiment que même un adulte a du mal à concentrer son attention plus de 45 minutes d’affilée à l’écoute d’un cours ou d’un discours ? ... 
... «A Versailles ou au Chesnay, les enfants vont avoir du théâtre ou de l’escrime s’ils sont libérés plus tôt après les cours. Mais dans les communes rurales pauvres, cela risque d'être de la garderie. Quand on explique cela aux parents, ils déchantent.» ...

... Outre que plein de villes peineront à s’organiser, quelle activité ambitieuse est-il possible de mettre en place en 45 minutes (auxquelles il faut ôter le pipi, les déplacements, la récré, reste une peau de chagrin). Financées comment, ces activités ? Encadrées par qui ? Le risque de voir ce créneau transformé en récré géante est important....
... Surtout, il aurait fallu alléger les programmes, ce sont leur lourdeur et leur inadaptation qui font de nos journées (car instits et élèves sont dans la même galère, personne ne semble le comprendre) des sommes considérables.
Il aurait fallu… Mais cette réforme ne va pas assez loin, et se donne pourtant des airs de révolution...


...  le président de la République "recherchant à tout prix le consensus", commente un haut fonctionnaire:"François Hollande ne s'intéresse pas vraiment à la question de l'éducation. Il a bien sûr endossé un certain nombre de textes portés par Peillon et son cabinet, mais pas les sujets trop clivants"...
... Devant le caractère explosif du dossier, et la pression des lobbies de toutes sortes, Nicolas Sarkozy avait préféré renoncer... 
... Avant de devenir ministre, Peillon aimait à répéter que la revalorisation salariale des enseignants n'était pas prioritaire, les enseignants étant plus attachés à une refondation "morale" de leur métier. Le dossier des rythmes scolaires, lui a, sur ce point donné tort... 
Ça devait être une réforme consensuelle, presque une promenade de santé. Mais plus les discussions avançaient, plus les blocages se sont multipliés. Et c’est devenu un cauchemar pour le ministre de l’Education, Vincent Peillon, qui, de compromis en subtilités, présente désormais une réforme des rythmes scolaires passablement illisible... 
... Vincent Peillon a réussi ce tour de force : mettre d'accord UMP, Front de gauche et syndicats d'enseignants contre sa réforme des rythmes scolaires. Un authentique exploit si l'on se souvient que la nécessité de modifier ces rythmes annuels, hebdomadaires et même quotidiens, faisait l'objet-professionnels du tourisme mis à part - d'un quasi-consensus. Mais à la veille de la présentation du projet de loi pour la refondation pour l'école ... 
... avertissement pour le ministre de l’Education, Vincent Peillon, décidé à rétablir la semaine de quatre jours et demi malgré les réticences...

... d’après les protestataires, la capitale ne pourra jamais être prête. «La réforme accroîtrait les temps péri scolaires des élèves alors que la réalité est loin d’être satisfaisante, écrivent-ils, avec au-delà de quelques écoles vitrines une absence de formation des surveillants, un non-remplacement des absences»… 


... «Sur le principe, nous sommes favorables à la réforme», ajoute l'élu. Ironiquement, l'Association des maires de France (AMF) figure parmi les rares votants qui ont choisi de se prononcer pour, le 8 janvier, lors du Conseil supérieur de l'éducation (CSE). Syndicats d'enseignants et fédérations de parents ont voté contre ou se sont abstenus…
«Comme les syndicats d'enseignants, nous craignons une territorialisation de l'Éducation nationale», indique Philippe Laurent. «À l'heure actuelle, nous n'avons aucune garantie quant à la gratuité et la qualité du temps périscolaire ­organisé par les mairies ...

... Le principe de "plus de maîtres que de classe" sera appliqué dès l'an prochain, la scolarisation avant trois ans relancée, la formation des enseignants rénovée et 60 000 postes supplémentaires seront créés en cinq ans. Un choix politique qui marque un tournant dans les politiques éducatives conduites depuis dix ans. Un choix qui a aussi son revers: Vincent Peillon n'a plus rien à négocier avec les enseignants

... les intérêts particuliers l’emportent. Bien sûr, tous jurent que seul l’élève compte mais dès qu’il s’agit d’exprimer des revendications, chacun voit midi à sa porte. En 2008, trop de monde avait intérêt à ce qu’il n’y ait plus école le samedi matin (et tant pis pour les conséquences sur les journées des élèves) et cela ne coûtait pas un sou ; aujourd’hui les différents acteurs ne parviennent pas à s’accorder parce que leurs intérêts divergent, sur le mercredi matin, sur la fin de journée, sur le financement... Les intérêts des uns et des autres se rejoignaient en 2008, ils les éloignent aujourd’hui...

... le CESE (Conseil économique social et environnemental) approuve les grands objectifs du  projet de loi d’orientation et de programmation de  l’école ...
... Pour autant, le projet d'avis du CESE n'est pas exempt de réserves. Xavier Nau regrette notamment de ne pas connaitre les moyens financiers, qu'ils soient logistique ou humains, qui seront réellement attribués à la formation continue des enseignants, «condition pourtant sine qua non à une mise en place réussie de la réforme »...

...  « À votre décharge je reconnais que l’étau dans lequel vous vous trouvez, avec d’un côté des élus pour qui le critère économique l’emporte trop souvent sur tous les autres, de l’autre des enseignants qui estiment être lésés dans la nouvelle organisation et n’imaginent donc pas la mettre en œuvre sans une compensation financière, sans compter ceux que j’ose appeler “réactionnaires”, qui sous le prétexte de défendre l’école républicaine, n’hésitent pas, comme le fait Charles Coutel, à brandir l’anti constitutionnalité de l’expression de “projet éducatif local”,il est difficile de décider. »...

... Refonder l'école sans offrir de perspectives d'avenir radicalement différentes aux élèves de collège et de lycée, à leurs parents, à leurs enseignants, refonder l'école sans réformer le bac, les classes préparatoires et l'accès aux grandes écoles, refonder l'école sans reformer la carte scolaire afin d'éviter que le service public ménage et nourrisse en son sein les inégalités qu'il prétend combattre, refonder l'école "par le bas" portera sans doute quelques fruits, mais ne fera pas reculer l'élitisme d'un iota...

... En fait, la réforme, qui s’annonçait consensuelle après tous les rapports allant dans le même sens, ne satisfait aujourd’hui quasiment personne. Le ministre a dû revoir sa copie plusieurs fois avant de rédiger le décret. Agacé par les réticences des uns et des autres, il a plusieurs fois regretté les intérêts qui prennent le dessus «dès que l’on passe aux travaux pratiques».
Les organisations les plus en pointe sur la question se disent plutôt déçues, ce qui explique le piètre score recueilli par le décret au Conseil supérieur de l’éducation :
cinq voix pour, trente abstentions, vingt-trois votes contre et quatorze refus de vote ...
... Le débat qui s'est déroulé au CSE (Conseil supérieur de l'éducation) m'a particulièrement interpellé de ce point de vue. Sur les trois heures de débat, l'intérêt des élèves sur la question des rythmes scolaires a du être abordé deux ou trois fois, par les réprésentants des maires et les associations de parents...
... A aucun moment des débats au CSE, il semble que l’intérêt de l’enfant ait été évoqué. Suite aux amendements déposés, le projet de décret est en train d'être finalisé...
Le Conseil supérieur de l'Education (CSE), instance consultative, a rejeté mardi le projet de décret sur les rythmes scolaires, qui doit rétablir la semaine de 4,5 jours à la rentrée 2013, sauf dérogations, certains jugeant que le texte va trop loin, d'autres pas assez.
Ce texte, qui prévoit le rajout du mercredi matin en primaire en septembre 2013 (dérogations possibles pour le samedi et pour un report à 2014) a recueilli 5 voix pour, 30 abstentions, 23 votes contre et 14 refus de votes ...
... "Il y a des gens qui ont refusé de voter" parce qu'ils voulaient aller plus loin, "demandaient davantage d'informations" ou " voulaient des choses différentes, ce qui nous laisse penser qu'on n'est pas très loin d'un point d'équilibre qui a vocation a être trouvé dans les jours qui viennent", a-t-on analysé au ministère ...

...  C'est aujourd'hui aux enseignants que le gouvernement adresse un signal fort. La reconnaissance de leurs missions "hors la classe" correspond à une revendication ancienne. Une autre demande pourrait être entendue: celle d'une revalorisation salariale, même si on se refuse, rue de Grenelle, à l'associer à la réforme des rythmes scolaires.
Il s'agit, selon l'entourage de M. Peillon, de "faire un effort" en direction des enseignants du primaire, qui "font très peu d'heures supplémentaires et n'ont pas autant d'indemnitésque ceux du second degré". Plusieurs syndicats du primaire revendiquent l'indemnité de suivi et d'orientation des élèves (ISO) d'une centaine d'euros par mois dont bénéficient les enseignants en collège et lycée. ...

Le projet de loi d'orientation pour refonder l'école, présenté mardi par Vincent Peillon et Geneviève Fioraso devant le Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche (Cneser, consultatif), a été massivement rejeté par cette instance...
Le texte a été repoussé par 25 voix contre et 5 pour.
...Le Cneser s'est prononcé "majoritairement pour que la création de ces Espé soit reportée d'un an, au 1er septembre 2014"...

La réforme des rythmes à l'école primaire... Des déclinaisons locales seront possibles à l’intérieur du cadre réglementaire national afin de prendre en compte les contraintes et les atouts des différents territoires et de permettre à ces derniers de mener à bien leurs ambitions éducatives.
    Un certain nombre de dérogations – notamment le choix du samedi matin au lieu du mercredi matin – pourront être accordées. L’intérêt des élèves étant la priorité absolue, ces dérogations devront être justifiées par les particularités du projet éducatif territorial et présenter des garanties pédagogiques suffisantes...

... « Mi-décembre, un tiers des communes étaient prêtes à passer aux quatre jours et demi de classe dès septembre 2013, un tiers étaient contre et un tiers étaient indécises », rappelle l'un des représentants des maires au CSE ...

L’AMF a demandé et obtenu le report de l’examen du décret sur les rythmes scolaires, examiné hier matin par la Commission consultative d’évaluation des normes (CCEN).
Au cours du débat, les représentants de l’AMF, ayant rappelé leur adhésion à l’objectif de la réforme, ont fait part de leurs fortes réserves notamment sur le coût de sa mise en oeuvre et demandé le report de l’examen du décret...
... Il ne faudrait pas que l’imprécision actuelle conduise de facto à la prise en charge financière par lescommunes d’un temps relevant de l’obligation de service des enseignants. Il ne faudrait pas non plus qu’elle laisse penser qu’il y a obligation d’accueillir tous les élèves jusqu’à 16h30 alors que ce temps périscolaire est en droit facultatif...

Projet de loi d'orientation et de programmation pour la refondation de l'écolede la République : Vincent Peillon se félicite de l'avis favorable du Haut Conseil de l'éducation ...

... Où est passée la loi d’orientation ?
Un bruit et une fureur qui paraissent à vrai dire sans guère de rapport ni de légitimité avec la réalité des préoccupations éducatives du moment, autant pour ce qui touche à l’enseignement public qu’à l’enseignement privé sous contrat.
En la matière, le terrain devait être occupé, pour les semaines qui viennent, par la discussion parlementaire sur la prochaine loi d’orientation. Un domaine où Vincent Peillon avance à pas comptés, à demi-pas, quand ce n’est pas à reculons ...

... Dans la «Loi d’orientation et de programmation pour la refondation de l’Ecole de la République» qui devrait être votée au printemps prochain, le plus ‘’important’’ (à savoir l’esprit de la «refondation» qui doit «faire sens») sera affirmé et explicité essentiellement dans le rapport annexé. L’ambition de ses rédacteurs, et au premier chef de Vincent Peillon, est que ce texte fasse date, comme a pu le faire en son temps – à sa façon et selon ses raisons – le texte de la loi d’ «orientation» de 1989 portée par Lionel Jospin.
Avec une différence cependant qui a son importance ...

... Il faudra, bien entendu, attendre les décrets d’application (la loi d’orientation renvoie 20 fois à des décrets)...
...comme d’autres l’ont bien analysé, les options prises par Vincent Peillon et François Hollande sont un piège. La refondation peut ne ressembler qu’à une restauration de l’école de 2007, avant la suppression de la formation des enseignants, avant la suppression des postes, avant la suppression de la semaine à quatre jours et demain, avant les programmes de 2008…
Cependant, ces quatre points, continuité école-collège, priorité au primaire, le numérique et les rythmes scolaires, permettent de croire que l’on cherche à édifier l’école sur de nouvelles fondations...

... La dernière grande loi sur l’école remonte à 1989, nous en connaissons ses qualités et nous savons qu’elle a, peu ou mal, été appliquée par absence de mobilisation des acteurs de terrain et à cause du frein de la hiérarchie institutionnelle. Nous ne pouvons pas nous permettre de voir appliquer un même scénario, car l’état de l’école et de la société française ne le permettent plus...
... certains aspects sont à retravailler : les rythmes ( !) mal embarqués, l’orientation, la faible référence à l’innovation et à l’expérimentation (mais l’article 34 est maintenu), l’enseignement moral et numérique, la sectorisation, l’éducation prioritaire où la notion de réseau disparaît, le décrochage, la place des parents …
Plus inquiétant, apparaissent des manques criants ...

... Pour que les élèves ne quittent pas l'école avant 16 h 30, il est prévu des "activités pédagogiques complémentaires", prises en charge par les enseignants, qui remplaceront l'aide personnalisée. Il pourra s'agir d'une aide aux élèves en difficulté, d'une aide au travail personnel ou d'activités liées au projet d'école...
"Le présent décret modifie les rythmes scolaires dans le premier degré afin de mettre en place une semaine scolaire plus équilibrée et d'alléger la journée d'enseignement en vue d'améliorer les conditions d'apprentissage des élèves et de contribuer à leur réussite ..."
[ Rythmes scolaires : le projet de décret pour la rentrée 2013 ]

«Il faut changer les façons d’enseigner et les mentalités»
... la plus grande réforme pédagogique, en réalité, c’est que cela permet l’allégement de la journée de classe, en tentant de se rapprocher des 5 heures par jour. En fait, cette réforme des 4 jours et demi, 5 heures par jour, est consensuelle. Elle ne recueille pas seulement les faveurs des chrono-biologistes et de l’académie de médecine, elle a été votée par les parlementaires de gauche et de droite. Elle est unanimement reconnue mais, dès que l’on passe aux travaux pratiques, tout le monde hésite. Cela dit quelque chose de la France...

... "Les méthodes et contenu d'enseignement, la formation, la scolarisation des élèves en situation de handicap, les Rased et bien sûr les salaires des enseignants arrivent en tête, indique Jérôme Lambert. Les 4,5 jours viennent bien après. D'autant que la réforme des rythmes scolaires qui nous est proposée n'est ni plus ni moins un retour à l'école de 2008 avant la suppression du samedi matin par Xavier Darcos. Ça n'est pas ça changer l'école." ...

On le soupçonnait, on en a eu confirmation : la "refondation" de l'école promise par Vincent Peillon et François Hollande consistera bien en une restauration...
... de n'avoir pas, en quelque sorte, usurpé l'esprit du contrat qui le lie à une bonne partie des électeurs en faisant mine de se croire autorisé à réinventer là où, possiblement, on ne lui demandait que de restaurer ? Si tel est le cas, la mission est remplie. Reste à savoir si les Français se satisferont d'une réforme qui ne bouleversera probablement pas avant longtemps le fonctionnement du système éducatif ...

... de graves problèmes de fond. Certains pourront sans doute être réglés par décret, comme pour les autres mesures envisagées dans le cadre du projet de loi d’orientation, d’autres restent suspects ou inquiétants dans la mesure où ils semblent confirmer une tendance certaine à vouloir éviter la refondation pour privilégier la voie de l’amélioration de l’existant, en évitant toutes les ruptures fondamentales qui seraient nécessaires pour inscrire profondément l’école du futur dans le 21ème siècle...
...On sait bien que les évolutions marginales ne font pas avancer le système et sont souvent des alibis qui permettent d’afficher une certaine modernité sans remettre en cause le modèle dominant depuis toujours. On fuit les ruptures tout en incitant à l’innovation. Le concept ancestral «le cours, la classe, l’heure, le prof, une salle, des programmes disciplinaires juxtaposés» a encore de beaux jours devant lui. Le numérique ne venant que pour tenter de le rendre plus attrayant...
... Alors, on continuera à faire semblant de croire que l’on a inventé l’ampoule électrique en améliorant la bougie.

... la formation à l’éducation nationale. Nous pouvons apprendre dans les espaces numériques de façon informelle (réseaux sociaux, MOOC, chaines vidéos en ligne) et/ou formelle (foad). L’objectif est dans les deux cas identique (apprendre) mais la signification des espaces est différente. Dans le premier cas on s’inscrit dans un réseau informel qui se construit au grè des intérêts communs de communautés plus ou moins éphémères. Dans le second cas la dématérialisation est toujours présente mais elle inscrit les relations d’apprentissage dans le cadre formel d’une relation institutionnelle. Si les modes d’acquisition des savoirs sont souples, ubiquitaires et non hiérarchisés, ils s’inscrivent quand même dans un rapport d’autorité hiérarchique construit par le droit de la fonction publique. Le télescopage des deux espaces peut être déstabilisant pour les apprenants car l’espace numérique d’apparence a-institutionnel à tendance libertaire est dans la pratique un espace normé, social et hiérarchique...
 
 
 


... "nous avons besoin de 150.000 professeurs pour les années qui viennent" afin de former "des millions d'enfants", a-t-il souligné. "Nous avons besoin de nouveaux hussards noirs".

... Au prix d'absurdes anachronismes, l'école de Jules Ferry étant couramment associée à des soucis de promotion sociale et de réduction des inégalités qui lui étaient parfaitement étrangers, tandis qu'ils étaient au cœur de la pensée et de l'action de Jean Zay.
Cette mémoire troublée pèse aujourd'hui de tout son poids, notamment sur le processus de "refondation" voulu par François Hollande. Car l'école, au fond, n'est jamais sortie du schéma originel de la fin du XIXe siècle ...

... principales mesures inscrites dans la loi d'orientation et de programmation pour l'école. Ce texte, présenté au CSE (Conseil supérieur de l'Education) le 14 décembre prochain devrait être examiné par le Parlement début 2013...
... La dernière loi d'orientation sur l'école date du 23 avril avril 2005 sous le ministère de François Fillon...
[ PROJET DE LOI d’orientation et de programmation pour la refondation de l’école de la République - pdf ]

L’avenir de la jeunesse, le redressement de notre pays, son développement culturel, social et économique dépendent largement de notre capacité collective à refonder l’école de la République.
Cette refondation porte non seulement un projet éducatif, mais également un projet de société.
[ EXPOSÉ DES MOTIFS - pdf ]

A lire le dernier rapport du Haut Conseil de l’éducation (HCE), remis vendredi 7 décembre au président de la République, on se demande bien pourquoi le ministre de l’éducation nationale, Vincent Peillon, veut le supprimer... Est-ce une validation de sa politique ? Le service après-vente de son projet de loi d’orientation sur l’école, qui vient d’être dévoilé ?...
... le rapport annuel du HCEse présente comme une compilation de principes censés guider la «refondation» de l’école voulue par M. Peillon. Mais publié deux mois après la fin de la concertation sur l’école et après la rédaction du projet de loi qui en découle, il risque bien de passer inaperçu...
Le HCE avait pourtant habitué à faire du bruit. On se souvient, en 2007, de son rapport alarmant sur l’école primaire. Ses conclusions - quatre élèves sur dix quittent le primaire avec de graves lacunes - résonnent encore aujourd’hui. Plus récemment, en septembre 2011, il avait secoué la politique ministérielle d’évaluation des acquis des élèves en jugeant les évaluations du primaire «partielles», «peu exigeantes» et même «trompeuses».

... Comme dans la loi de 2005, il est rappelé que l'objectif est bien de conduire plus de 80 % d'une classe d'âge au baccalauréat et 50 % d'une classe d'âge à un diplôme de l'enseignement supérieur. Mais aussi, celui d'amener "tous nos élèves à maîtriser le socle commun de connaissances, de compétences et de culture à l'issue de la scolarité obligatoire". Plusieurs articles précisent même que les jeunes qui ne maîtrisent pas le socle à l'issue de leur scolarité seront amenés à prolonger leurs heures sur les bancs des classes.

La révolution numérique dans le système éducatif ?En France, depuis près de 20 ans, les États-Généraux se prolongent. La Bastille n’est pas encore prise. Pourquoi cette lenteur? Ces hésitations? Cette frilosité? Cette multiplication d’expérimentations sans lendemain véritable? Pourquoi en 2012, un Président de la République nouvellement élu en est encore à annoncer : «Nous ne manquerons pas le rendez-vous du numérique»? Les technologies numériques semblent avoir vocation, comme l’Arlésienne, à plus susciter les annonces, les discours et la réflexion que la volonté politique et les actes. Jamais une problématique du système éducatif n’a produit autant de propos, de colloques, d’études, d’ouvrages et d’articles. Politiques, élus, philosophes, sociologues, universitaires, journalistes, industriels, techniciens, chercheurs, enseignants, parents : le débat est partout (sauf hélas, chez les principaux intéressés, les élèves!).
Pourquoi cette révolution numérique, à la fois crainte et attendue, manifeste dans la vie de la société et de l’entreprise, n’advient-elle pas dans le système scolaire, ou, si parfois elle advient, pourquoi n’est-ce le plus souvent qu’expérimentalement et non de la façon attendue?...



Annonce de la priorité donnée à la jeunesse pour le nouveau quinquennat présidentiel, annonce de la refondation de l’Ecole, lancement de la concertation pour la refondation, rapport de la concertation, négociations avec les syndicats, annonce d’une nouvelle loi d’orientation pour l’école, annonce d’une réforme de la formation des enseignants… Et… silence total dans les rangs des partis politiques...
... incontournables si l’on veut éviter l’explosion ou l’implosion et construire une Ecole nouvelle répondant aux besoins nouveaux d’une société qui a changé, qui change à grande vitesse et dont les enjeux, les dangers et les espoirs sont complètement différents de ceux qui perdurent...

... constate qu'il y a une cinquantaine de personnes et repart illico. Motif: pas assez de monde pour un ministre de la République qui va refonder l'école...
... Modératrice du débat, je l'attendais dans une salle avec les deux autres invités qui devaient apporter un regard étranger, voire interpeler le ministre sur ce qu'il pensait faire pour remettre de la confiance à l'école à tous les niveaux (des élèves, des profs, des parents, etc) ...

... Autre interrogation, et non des moindres : pour autant que le projet raccrochage de Peillon tienne la route, reste à savoir comment tout ceci s’incarnera sur le terrain… On sait bien, à l’éducation nationale, particulièrement nous qui travaillons au quotidien sur le terrain, qu’il y a un monde entre les intentions et leur réalisation…
... Enfin, notons que la presse a massivement parlé hier de lutte contre le décrochage, quand c'est essentiellement sur le versant aval de cette lutte que porte le projet Peillon : le raccrochage. En amont, où la question est plutôt "comment éviter le décrochage ?", phénomène multifactoriel, la lutte est bien plus complexe il est vrai, de la maternelle au lycée, de l'école aux familles, de l'éducatif au social...

... L’arrivée dans les établissements, de personnels sans la moindre formation, certes mastérisés, mais qui n’ont jamais entendu parler des mouvements pédagogiques, des grands pédagogues contemporains, des pédagogies alternatives, de l’éducation populaire, convaincus que le seul modèle pédagogique est celui de la transmission magistrale frontale, creuse encore le déficit d’engagement collectif...
... Cela n’empêchera pas de travailler sur un projet d’établissement que l’on rangera dans un tiroir jusqu’à la prochaine réunion. Quand on fait cours, on a autre chose à faire qu’à mettre en œuvre le projet.
C’est ainsi que l’institution, et tout particulièrement depuis 5 ans, connaît une période de doute et de démobilisation dont les enseignants ne sont pas responsables, pris à la fois dans le tourbillon de l’absence dramatique de projet politique pour l’Ecole, dans la vague ultra libérale du pilotage technocratique autoritaire, dans la valse de l’ennui...

... Pourtant, les résultats de l'informatisation à l'école n'ont pas été forcément ceux attendus : comme le soulignait l'année dernière Matt Richtel dans sa série pour le New York Times. Là où il s'est installé, le numérique n'a pas eu d'effet majeur sur les résultats scolaires des élèves. Partout, son intégration pose plus de questions qu'elle n'offre de réponses...
... Quand bien même les enfants montreraient qu'ils sont capables d'apprendre à lire par eux-mêmes, est-ce que cela peut justifier de remplacer des politiques éducatives "en dur" par des tablettes ? ...

... Il faut maintenant, et avant tout, des textes qui portent un projet global de formation et que l’université se l’approprie : ce n’est pas le cas du texte sur l’accréditation des Écoles supérieures du professorat et de l’éducation tel qu’il nous a été présenté et qui, à ce jour, ne peut suffire à mettre en marche la réforme...
... Dans l’hypothèse où ce ne serait pas le cas, les plus grandes difficultés se révéleraient dans la transition des IUFM vers les ÉSPÉ....

... le peu de cas que les élites font des préceptes qu'elles souhaiteraient, officiellement, voir enseignés dès la maternelle: le respect de la parole de l'autre, la capacité à argumenter calmement, la digne soumission à la loi. L'inverse, en somme, des chamailleries de cour de récréation auxquelles se livrent d'éminents ex ministres, députés, enseignants et autres inspecteurs de finances, quasiment tous passés par les meilleures institutions de notre République...
... Qui accuseront-ils la prochaine fois ? Mai 68 ? Pourtant, nombre d'entre eux ne sont pas les enfants de cette histoire, et avoir subi les règles d'airain de l'école à la papa, visiblement, ne les a nullement vacciné contre les excès imputés aux années 70-80.
On ne le dira jamais assez : l'école est à la fois la matrice et le miroir de la société. Notre école semble malade ? C'est notre société qui l'est (et la réciproque est vraie). Rien ne sert d'espérer des jours meilleurs si la «refondation» promise ne s'étend pas à l'ensemble du corps social, en commençant par les élites qui, par les pouvoirs qui leur sont conférés, ont un devoir d'exemplarité. C'est le point aveugle de la réforme préparée par Vincent Peillon : si ce dernier veut «refonder la société par l'école», encore faut-il qu'il soit vigoureusement accompagné dans la refondation de l'école par la société... 

 ... Dans un grand nombre d’écoles et de collèges, les enseignants n’ont jamais entendu parler de la refondation et n’ont jamais été invités à penser le changement. Au contraire même, les pratiques autoritaristes, les exigences paperassières du pilotage ultra libéral par les résultats apparents, ont sévi et sévissent toujours. Le doute s’est installé dans les milieux progressistes en même temps que le soulagement chez les conservateurs...

... La «priorité» affichée pour le primaire et les annonces du type «plus de maîtres que de classes» risquent fort de n’être que des effets d’annonce : elles se heurtent aux choix budgétaires d’austérité du gouvernement et à un budget de l’éducation qui n’augmente pas réellement. Le socle commun est maintenu, le Livret personnel de compétences n’est pas abrogé, Base-élèves est toujours en place… On est loin d’une alternative pour l’école !
Rappelons que pas une fois les RASED n’ont été cités : pas plus dans le rapport de la consultation sur la refondation que dans les différentes annonces de Peillon. Rien sur La reconnaissance du travail des RASED et la réouverture de tous les postes supprimés ...
... La refondation de l’école, comme le reste de la politique du gouvernement n’allant pas dans le sens d’une autre école dans une autre société, ces dispositifs spécifiques risquent fort de se réduire à des effets d’annonce...

...La FCPE rejette totalement l’éventualité que l’organisation hebdomadaire se décide conseil d’école par conseil d’école. Elle souhaite que l’ensemble de la communauté éducative se souvienne que c’est justement ce cadre-là que Xavier Darcos et Nicolas Sarkozy avaient choisi afin de bloquer toutes les décisions contraires au passage à la semaine de quatre jours qu’ils avaient mise en place. Une désorganisation induite par cette méthode rendrait impossible toute articulation entre temps scolaires et temps périscolaires.
Elle exige, pour que les enfants n'attendent plus, que la réforme s'applique partout sauf exception dès septembre 2013...

..."Je crois au bricolage", a dit le ministre au maire pour résumer son souhait de donner "un cadre global sur la refonte des rythmes".
Le temps périscolaire, "ce n'est pas un temps que nous allons laisser cannibaliser par l'institution scolaire, ça n'est pas l'idée", a assuré le ministre. Il a affirmé vouloir laisser le "maximum à l'autonomie" pour l'organisation des activités périscolaires.
"Cela n'interdira pas à ceux qui font déjà différemment de continuer à faire différemment. Nous encouragerons même à faire différemment,"...
... Vincent Peillon a assuré aux maires que les enseignant aussi feraient un effort pour le changement: "nous leur demandons de venir une demi-journée de plus sans leur proposer de mieux les payer" ...

«On veut l’alternance "7/2" et une extension du calendrier scolaire annuel sur plus de semaines, 36 actuellement, pour qu’on le fasse respirer autrement».
Les parents «sont perplexes»...
... «Il faut que le message soit clair : on est en pleines discussions sur les rythmes scolaires, essayons de faire le "7/2". On ne peut pas prendre en compte les contraintes des professionnels du tourisme et de l’autre côté dire que seul l’intérêt de l’enfant prime».

... Changer l'école, c’est compliqué. Cela bouscule beaucoup d’habitudes. C’est tellement plus simple de tout laisser en l'état! Je crains que le souffle de la réfondation soit en train de retomber. ...
... Est-ce que ce projet de réforme ira jusqu’au bout? Je me pose la question.»...
... Les familles comme les profs et les municipalités doivent savoir rapidement à quoi s’en tenir pour pouvoir s’organiser. Je crains un grand bazar généralisé avec un système à plusieurs vitesses...
...Si le gouvernement recule sur cette réforme, que va-t-il rester du grand projet de refondation de l’école? L’entrée à la maternelle plus tôt? Ce serait un simple ravalement de l’école, pas une refondation.»...

... Pour ceux qui en doutaient encore, la grande concertation organisée pendant trois mois sous les ors de la Sorbonne et censée mettre tout le monde autour de la table pour parvenir à un consensus n’aura donc, sur ce point, servi à rien. Les élèves français qui ont de très loin les journées les plus chargées des pays de l'OCDE attendront encore.
Du côté de la principale association de parents d’élèves, la FCPE, on se désole d’un tel report devant le lobbying des maires...

... on évitera de parler de refondation dans ce texte, avec juste raison puisque rien ne vient donner corps à une ambition nouvelle pour la formation des enseignants. Ces textes sont étriqués, empêtrés dans d’impossibles compromis entre des acteurs mal identifiés. Ils témoignent d’une méconnaissance de l’existant en matière de formation d’enseignants et ils sous-estiment, à dessein peut-être, les effets de système de l’organisation universitaire.
Qu’énoncent-ils ? Des principes d’abord, qu’ils s’empressent de démentir dans les parties suivantes de l’exposé...
... on comprendra qu’il n’est plus seulement question de rejouer le film de Lelouch, Tout ça pour ça, mais bien de faire un grand bond en arrière quand il aurait plutôt fallu le faire dans l’autre sens... »

... à la rentrée de septembre, tout ce qui avait été mis en cause, voire condamné, a été maintenu,à la grande surprise, il faut bien le dire, des pédagogues qui avaient légèrement pensé qu’il aurait été possible de suspendre l’aide individualisée hors temps de classe, unanimement condamnée, et les animations pédagogiques souvent sans intérêt de l’avis des enseignants, pour donner le temps aux équipes de travailler dans les établissements sur la refondation, son sens, ses priorités, ses modalités sur le terrain...
... en maintenant les fonctionnements antérieurs, en renonçant à annuler les sanctions dont ont été victimes les « désobéisseurs », en encourageant le zèle d’une proportion des cadres, on a fortement réduit l’espoir, on a éteint les enthousiasmes renaissants, on a obéré les chances de réussite de la refondation...

... La focalisation sur la réussite scolaire touche désormais tous les milieux. Pas besoin d'habiter les quartiers huppés pour savoir que le taux de chômage des jeunes sans qualification est sept fois plus élevé que celui des diplômés de l'enseignement supérieur. Dans le public aussi, les parents adoptent des stratégies à la seule fin de placer leurs enfants dans les maternelles de centre-ville, réputées les meilleures...
... "En France, l'école pointe trop les fautes et l'échec, il y a un énorme problème de valorisation des talents de chacun"... 

.. «Il y a une classe qui a eu quatre professeurs différents depuis la rentrée. Au point que certains élèves sont rentrés chez eux en demandant à leurs parents: “C’est parce qu’on n’est pas sages qu’on n’a pas de maîtresse ?”»...

[Observatoire national des zones urbaines sensibles - Rapport 2012 - pdf]

... Des milliers de professeurs des écoles en colère défilant dans la rue sous un gouvernement de gauche? Cela rappelerait les pires heures du ministère Allègre. 
Sur le fond pourtant, et le cabinet de Vincent Peillon le sait, la réforme des rythmes scolaires est étroitement corrélée à celle des obligations de services des enseignants. Comment en effet rétablir une demi-journée d'école sans repenser l'ensemble de l'emploi du temps des enseignants, l'accompagnement des élèves, la formation, les relations avec les parents? Et tout cela sans argent? ...

... Le rapport de la concertation l’affirme sans ambages:
    «L’atelier de la concertation dédié à ce thème a souhaité affirmer que le collège unique n’était plus aujourd’hui en France qu’une institution de façade
Sauver le collège unique exige cet aveu d’échec. Il a joué son rôle dans le processus de massification scolaire. Il est temps désormais de le repenser, pour engager la phase de véritable démocratisation, laquelle ne saurait se limiter d’ailleurs à la seule question du collège.
On s’est trop longtemps bercé de l’illusion que chacun pouvait apprendre dans le même cadre strictement imposé à tous...
...Pour que le collège –et l’école dans son ensemble– devienne un lieu de véritable liberté et d’innovation pédagogiques, il faut d’urgence repenser la formation des enseignants. Inutile de revenir ici sur l’erreur, grave, que fut sa suppression...

... les enseignants plébiscitent à 89% l’idée d’une réforme du primaire. Il s’agit d’un soutien « sur le principe » car ils ne veulent pas n’importe quelle réforme. Si le primaire doit être la priorité comme l’affiche le gouvernement, la réforme doit se concentrer sur les aspects qui fonctionnent le moins bien à l’école et qui conduisent environ 15% à 20% des élèves à rentrer au collège avec des difficultés en Français et en maths.
Les rythmes, l’arbre qui cache l’ampleur des enjeux ...

... La réforme des rythmes scolaires ? Ils sont une minorité (35 %) à estimer qu’elle est « prioritaire » parmi les mesures à prendre. C’est pourtant LA réforme qui focalise en ce moment l’attention, et qui fait l’objet de houleuses négociations, rue de Grenelle, entre le ministère, les syndicats d’enseignants et les communes.
Ce que veulent avant tout les enseignants du primaire, ce sont des classes moins chargées : 81 % estiment que la baisse du nombre d’élèves par classe est une mesure « prioritaire ». Plus prioritaire, même, que la refonte de la formation des enseignants (75 %), que le développement du travail en petits groupes avec le principe du « plus de maîtres que de classes » (73 %), et que l’attribution de plus de moyens aux écoles concentrant le plus de difficultés (70 %) ...

...  On affirme dans les cérémonies officielles que la formation des enseignants est une priorité de la refondation. Tout le monde comprend cela. ...
...La mastérisation a permis de mettre en évidence ce que tout le monde savait, que l’on peut être brillant mathématicien et être complètement incapable d’enseigner les maths. On imagine bien que si l’on persévérait dans cette erreur d’accroître la quantité de savoirs disciplinaires et de faire disparaître la formation professionnelle on finirait par voir s’enfuir des profs poursuivis par des hordes d’élèves en colère. Tout le monde comprend cela. 
Mais alors, quand les experts commencent à élaborer et à présenter leurs propositions, plus personne n’y comprend rien.
... Pétitions et motions s’entrelacent … Pour changer quoi ?
 On affirme avec force que l’Ecole et l’éducation sont l’affaire de la Nation, de tous les citoyens et citoyennes, et on fait tout pour rendre les choses incompréhensibles. La formation des enseignants est affaire de spécialistes, d’universitaires patentés qui n’ont jamais mis un pied dans une école depuis qu’ils en sont sortis ...

Après le temps du débat pour la refondation, de la publication du rapport de la concertation, de la consultation des organisations syndicales et des partenaires de l’école sur les propositions retenues par le Ministre de l’Éducation Nationale, voici le temps de la rédaction de la loi d’orientation et de programmation.
Les organisations syndicales Fep-CFDT, SE-Unsa, Sgen-CFDT, SNPDEN-Unsa, Unsa-Education, la Fédération des Conseils de Parents d’Elèves (FCPE) et les associations partenaires de l’Ecole AFEV, Les Cahiers Pédagogiques, Education et Devenir, Les Francas, FESPI, La Ligue de l’Enseignement, tiennent ensemble à réaffirmer les points auxquels elles sont particulièrement attachées...

... "Va-t-on organiser une garderie ou intégrer des activités sportives, culturelles ? Dans ce dernier cas, comment les communes rurales, dont certaines consacrent déjà 40% de leur budget à leurs écoles, pourront-elles assumer de nouvelles charges?", s'inquiète le maire (Modem) de Gargilesse-Dampierre (Indre).
"Le contenu de cette réforme est encore flou", juge Jacques Pélissard, président de l'AMF, député UMP et maire de Lons-le-Saunier (Jura) : "Serons-nous soumis à la réglementation du ministère de la jeunesse et des sports qui prévoit un personnel encadrant pour 8 enfants dans les petites classes, 14 pour les autres, ou à celle de l'éducation nationale avec un adulte pour 30 enfants?" ...

... La grand-messe de l'été sur la "refondation" de l'école est déjà loin. Après les beaux discours qui ont célébré l'intérêt de l'enfant, affirmé la nécessité d'une journée d'école plus courte, d'une semaine continue et d'une année scolaire plus équilibrée – le tout pour favoriser les apprentissages –, retour à la réalité. Aux questions de financements et de temps de travail. Autrement dit, aux intérêts des adultes...
... Reste qu'on ne pourra pas parler d'une "refondation" des rythmes tant que M.Peillon ne se sera pas emparé de l'organisation de l'année et des vacances scolaires.

... Comme on s’est rendu compte que ces dérives conduisent le système dans l’impasse, on affiche une volonté de remettre la pédagogie à sa place. Mais la question est très difficile à traiter, surtout quand on renvoie républicains et pédagogues dos à dos, assuré ainsi de conforter les conservatismes. Alors, on parle de pédagogies au pluriel ce qui permet de s’en laver les mains, laissant à chacun la responsabilité de trouver des adaptations formelles à un modèle unique. Comme s’il y avait des pédagogies pour les nuls et des pédagogies pour les forts

... Jardin, en cassant la convention de la parole off et en plaçant la discussion sur le terrain de la vérité, met le ministre devant sa réalité de réformateur sans le sou dans l’incapacité de mener à bien des réformes structurelles, mais obligé d’aller au bout de guingois et de présenter à la France quelque chose ressemblant à une réforme.
Ainsi la réforme des rythmes scolaires, dont on a déjà dit ici maintes fois qu’en l’état elle ne va pas changer grand-chose pour les élèves – pour cela il aurait fallu par exemple que l’état ait les moyens de ses ambitions et puisse financer la fameuse 6ème heure d’école obligatoire, entre 15 h 30 et 16 h 30.
Ainsi la réforme de la formation des enseignants, dont il se dit que telle qu’elle se présente la montagne va accoucher d’une souris faute de crédits ...
 
 
 


 

[ 7 novembre 2012 ]... le vrai reproche, au fond, portait sur l’opportunité de critiquer de manière un peu trop véhémente une proposition du ministre Peillon, celui-là même sur lequel tout le camp de l’éducation digne de ce nom a misé son livret A, le surdoué du cartable, le pur-sang qui va faire gagner l’école, le crack de la pédagogie au discours fédérateur, le champion maison arrivé aux plus hautes responsabilités et qui va nous venger des années de mise à sac...
... Parce qu’on croit à la Refondation, malgré tout, malgré le manque de moyens qui risque de réduire sacrément la voilure, il faut dire quand les sentiers empruntés ressemblent fort à des impasses. Il est du devoir de ceux qui accompagnent de signifier à quel moment précis ils cessent d’accompagner, et pourquoi...
... « tu te trompes Vincent, on est d’accord sur plein de choses, mais là tu as tort, on ne te suivra pas sur ce coup-là ».
La réforme des rythmes scolaires, voulue par tous ou presque, on le redit donc fermement et sans animosité, est en train de virer à la réformette cache-misère : journées à peine moins longues, plus denses encore à cause de programmes toujours aussi chargés, aide aux devoirs en forme de trompe-l’œil, périscolaire a minima, alternance vacances / classe inchangée…
Tout faux, ou presque.
Cette critique constructive, les corps intermédiaires – syndicats, associations, mouvements divers – ne doivent pas hésiter à la faire, sans quoi ils cessent de jouer leur rôle...

... "On peut envisager des portiques dans certains établissements", avait-il déclaré, avant de proposer, au congrès de la Peep, fédération de parents, une série de mesures: portiques de sécurité, fouilles des cartables, équipes mobiles de sécurité...
... La concertation engagée avec les collectivités, chargées de financer ce type d'équipement, n'a pas débouché sur une installation massive de détecteurs de métaux ou de portiques de sécurité à l'entrée des établissements. Un sujet enterré auquel Jean-Marc Ayrault, contre toute attente, vient de donner une seconde jeunesse...

... Parmi les sujets qui n’ont pas été abordés lors de la refondation de l’école, il y en a un qui mériterait particulièrement d’être investi tant il occasionne des « crampes mentales » : la pédagogie. La lutte, toujours explosive, entre les «républicains» anti-pédagogues et les «pédagogues» n’en finit pas de corrompre tous les débats...

... Quinze ans donc pour installer l'idée et la pratique en école primaire, et encore pas partout. Quant au bastion du collège, il est encore loin d'avoir rendu les armes - ne parlons pas du lycée....
... La "refondation" annoncée de l'école saura-t-elle prendre en compte ces acquis et sortir, au collège et au lycée, du saucissonnage des connaissances en disciplines étanches, du savoir prémâché de programmes et de manuels qui ignorent parfois singulièrement les apports récents de la science ?

... Le redoublement, une des particularités du système scolaire français, aurait du plomb dans l’aile. François Hollande veut en limiter le nombre. Perspective évasive, dans dix ans on appréciera ce qu’il en est...
... Qui est prêt à lancer l’éradication du redoublement? Pour le moment, personne: le «retard» des uns organise «l’avance» des autres. Le redoublement est une matrice, parmi d’autres mécanismes, au service de l’élitisme républicain: la sélection précoce et souvent «pour la vie» des meilleurs. Beaucoup d’arguments militent pour supprimer le redoublement, en revanche ...

... En France, les élèves qui redoublent en sont souvent informés bien avant la fin de l’année scolaire. Leur motivation s’en voit alors diminuée et leur retard ne fait que s’accumuler, le soutien scolaire étant peu développé au sein des établissements...
... La diminution ou la suppression du redoublement, même si c’est une mesure nécessaire, ne permettra pas de résoudre tous les problèmes du système d’éducation français si d’autres initiatives ne sont pas mises en place pour lutter contre l’échec scolaire...

... cette réforme est en train de se vider de son sang, victime de trop d’incohérence, grosse de trop de contresens, et que tout ce qu’elle était censée apporter, changer en profondeur, s’est perdu en route...
... Tout se passe donc comme si on voulait sauver les apparences : laisser penser que le nouveau rythme de l’école va enfin permettre des journées plus calmes, plus légères, et ainsi la progression de tous ; laisser croire que les devoirs seront faits correctement et les leçons sues lorsque les enfants rentreront chez eux ; laisser imaginer que les élèves s’enrichiront et se cultiveront sur le temps périscolaire de fin de journée...
... Peu importe les contradictions, au fond, pour Peillon : d’une part il donne le change aux familles («aucun enfant ne sera hors de l’école avant 16 h 30», et plus de corvée de devoirs à la maison), d’autre part il évite la grogne des collectivités locales, enfin surtout il ne débourse pas un sou. Gagnant gagnant...

... Avant même l'ouverture des négociations, la question de revoir la durée des vacances d'été, qui arrange sans doute avant tout l'industrie touristique et les enseignants, n'est plus évoquée. Avec trois millions d'enfants qui, chaque année, ne partent pas en vacances, la grande majorité d'entre eux prenant au maximum 15 jours, le sujet mérite sans doute mieux qu'un rapide renoncement.
Le volet pédagogique de la refondation de l'école, tel que l'a dessiné Vincent Peillon – fin des redoublements, des formes d'évaluation et de notation plus constructives, fin des devoirs à la maison –, s'il était réellement appliqué marquerait un tournant. Mais comme bien des spécialistes de l'école l'ont noté, il pourrait une nouvelle fois s'agir de «serpents de mer, intéressants, mais ....
... Les devoirs à la maison sont officiellement proscrits depuis 1956 et la volonté de sortir de l'orientation couperet, orientation subie, pour aller vers une orientation choisie figurait déjà dans la loi Jospin de 1989...
... le risque de voir s'accroître à nouveau les inégalités est là quand on sait par exemple que la région (les régions ont aujourd'hui compétences pour la construction, l'équipement et le fonctionnement des lycées) Languedoc-Roussillon dépense aujourd'hui 3 660 euros par élève contre 1 540 en Rhône-Alpes...

... passer des paroles aux actes !
Le diagnostic est substantiel, détaillé et pertinent mais les propositions concrètes apparaissent plus restreintes et ne répondent pas toujours aux priorités et urgences que supposeraient la prise en compte du diagnostic.
On y sent le souci – légitime- de réunir le consensus le plus large possible. Au risque de ne satisfaire personne et de ne pas provoquer l’élan que devrait susciter une loi d’orientation et de programmation. Il convient de se souvenir de la pertinence de la loi de 1989 et, en même temps, de sa faible appropriation par les acteurs de l’Ecole.
L’ensemble des mesures proposées constituerait, si elles étaient mises en œuvre, la plus importante réforme du système éducatif depuis longtemps. Il faudra veiller à ce que la cohérence d’ensemble soit conservée...

... à trop vouloir ménager la chèvre et le chou, (“quand on change les choses, il faut le faire avec le plus de circonspection possible ”) Peillon risque de finir contre un platane : ce ne sera pas plus facile de faire passer les mesures difficiles plus tard, d’une part, et d’autre part les mesures engagées souffrent du coup d’incohérence (les rythmes scolaires, encore : leur modification n’aurait de sens réel que si on ramenait les vacances d’été à 6 semaines au lieu de 8, mais cette question est encore trop sensible)...
... le système de gouvernance reste inchangé. Alors que le système pyramidal est mis en avant par tous les acteurs de l’éducation et notamment les enseignants comme un problème majeur de gouvernance, aucune restructuration n’est prévue...

Comment "refonder" une institution qui ne croit plus en elle-même et qui, pis, ne tente même plus de sauver les apparences ?
... L'Etat doute-t-il à ce point de lui-même pour qu'il envisage d'externaliser un projet aussi central que la "refondation de l'école républicaine", cette belle promesse faite par François Hollande et réitérée par Vincent Peillon ? Les Inspecteurs généraux et la direction générale de l'enseignement scolaire sont-ils incapables de réécrire des programmes scolaires ? La direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance a-t-elle besoin d'un alter ego "indépendant" pour produire de bonnes statistiques ? Si oui, alors osons la question que ne formule pas le rapport de la concertation : à quoi sert encore l'administration de l'Education nationale ?

... L’État doute-t-il à ce point de lui-même pour qu'il envisage d’externaliser un projet aussi central que la « refondation de l’école républicaine », cette belle promesse faite par François Hollande et réitérée par Vincent Peillon? Les Inspecteurs généraux et la Direction générale de l’enseignement scolaire sont-ils incapables de réécrire des programmes scolaires? La Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance a-t-elle besoin d’un alter ego « indépendant » pour produire de bonnes statistiques? Si oui, alors osons la question que ne formule pas le rapport de la concertation : à quoi sert encore l’administration de l’Éducation nationale? ...

... Les mêmes notes de service de rentrée de 15 à 20 pages avec des tonnes de questionnaires, d’injonctions, de rappels aux règlements, les mêmes exigences pour la mise en place de l’aide individualisée, les mêmes annonces pour les évaluations, le même pilotage par les résultats apparents, les mêmes tendances autoritaristes et infantilisantes, les mêmes freins à l’innovation et à la liberté pédagogique, la même empreinte que celle des cinq années douloureuses pour l’école qui viennent de s’écouler. Exactement comme s’il n’y avait pas eu d’alternance, pas eu d’annonce de refondation...

... c'était parfois horriblement long, très ennuyeux", confie un autre. "Lorsqu'on demandait la parole, on l'avait quarante-cinq minutes après... Pas évident pour l'échange !" poursuit un invité. "La consultation locale a été pauvrissime, s'énerve un prof. Les gens de terrain ont été très peu associés. Il y avait surtout des leaders d'opinion, qui ont fait de cette expérience une tribune." ...
... "Ce qui est sûr, c'est que ce travail n'aboutira pas, comme celui de Jules Ferry en 1880, à une nouvelle école, pour une nouvelle société, et pour les cent cinquante ans à venir" ...

... Il reste que des idées, si généreuses soient-elles, ne suffisent pas à enclencher une refondation. Il faut un élan mobilisateur et, à un niveau plus terre-à-terre, il faut évidemment que les mesures annoncées soient mises en œuvre.
Ainsi, le président souhaite que les devoirs soient faits en classe, mais la suppression des devoirs avait déjà été évoquée par De Gaulle ! C’est donc l’"art de l’exécution" qui fera la différence…
... Quant aux autres recommandations qui sortent de la concertation mise en œuvre par Vincent Peillon, beaucoup sont des serpents de mer, intéressants, mais qui se perdent vite dans les sablesquand les difficultés prévisibles sont trop grandes. Les sujets qui fâchent ne sont pas repris. Le président a à peine évoqué la question de la carte scolaire ou la politique prioritaire. Il veut moins d’enseignants au collège pour faciliter la transition avec le primaire, mais la question de la spécialisation des professeurs est éludée...

... De fait, le rapport se présente comme une "boîte à idées". Celles-ci ne sont pas nouvelles, mais ont toujours buté sur des positions conservatrices, corporatistes, et sans doute aussi sur un manque de courage politique. Prises une à une, elles pourraient passer pour anecdotiques. Assemblées, et appliquées, elles ouvriraient la voie à une révolution...

... Si 68 % des Français s'opposent à la suppression des devoirs à la maison selon un sondage Ifop* publié mardi après-midi, les jeunes, eux, applaudissent. Ils se jugent accablés de devoirs. Tous expliquent qu'ils ont entre une et deux heures de travail quotidien à réaliser en dehors de l'école. «On a vraiment dix fois trop de travail!», peste Lucas. «Comme la correction en classe se fait en groupe, le professeur n'a pas le temps de venir nous voir et nous expliquer ce qui ne va pas si on n'a pas compris» ...
* [ Les Français et la suppression des devoirs scolaires à la maison pour les élèves du primaire - Résultats détaillés - Octobre 2012 - IFOP - pdf ]

... Mise à part l'augmentation des moyens, qui n'est pas négligeable, la seule annonce véritable sur le primaire concerne les devoirs. Ils seront faits à l'école, après la classe. Si le président dit vrai, ce serait la concrétisation d'une mesure prise en 1956. Il ne faut donc pas désespérer.

... Pour l'instant, dans les faits, le nouveau ministre de l'Education n'a pas changé grand-chose - je ne parle pas ici de l'atmosphère nettement plus détendue et des espoirs (raisonnables) qui s'affichent aujourd'hui.
Mais sur le plan rhétorique, on a d'ores et déjà assisté à un petit séisme.
Or les mots sont importants: rabâchés dans les discours...
... Maintenant, après les grands mots et les belles promesses, il reste à voir ce qui va changer réellement. Rendez-vous dans quelques mois...

... L'éducation nationale doit assumer pleinement son rôle qui n'est pas seulement de former des citoyens mais aussi de préparer les jeunes à un emploi. Les deux sont liés. Or, en orientant mal, nous poussons les jeunes dans des difficultés qui produisent échecs et exclusions, nous fabriquons des décrocheurs...
... Si la question des vacances d'été doit bloquer toutes les autres avancées, je proposerai au Premier ministre de ne pas y toucher. Mon souci est d'aller le plus loin possible dans la réforme du système éducatif...

... «On a un peu entendu tout et son contraire, depuis un certain temps. Pour l’instant on n’a pas le sentiment que le ministre actuel (de l’Education) considère qu’il faut nous consulter, nous les professionnels du tourisme, et on le déplore».
«On comprend bien que ce ne soit pas l’avis des professionnels qui soit le plus déterminant dans la vie des enfants, mais...

... La loi de 2005 sur l’intégration des enfants handicapés a, bien malgré elle, contribué à dégrader la situation... [elle]  est aussi l’occasion de justifier toutes les intégrations, sans discernement, sans réflexion, sans adaptation, sans réelle vision ni projet particulier, et ce alors qu’elle couvre des situations très diverses, voire radicalement différentes : entre un autiste «de haut niveau», un handicapé moteur en fauteuil et un enfant souffrant de troubles du comportement, peu de points communs.
Vous devez intégrer, dit-on à l’école sans lui donner les moyens de le faire correctement. On se contente trop souvent de balancer sans plus d’accompagnement le gamin dans une classe dont l’instit n’est absolument pas formé pour comprendre ce type d’enfant et encore moins travailler avec. Dans le meilleur des cas on peut compter sur un AVS, très mal payé, peu qualifié, pas formé (et encore, cette année, 2 700 postes en moins alors que la demande explose)...
... En pleine « Refondation de l’école », il est souhaitable que ces questions soient abordées. Sans quoi la situation des Kadiatou, des Jeff, des Luis (et donc des écoles et des classes qui les accueillent) ne s’améliorera pas dans les années à venir. Des enfants que l’institution a le devoir d’accueillir, mais qu’elle ne se donne pas les moyens d’accueillir correctement, et dont les inspecteurs nous disent qu’on ne peut rien pour eux. Injonction paradoxale...

... Cela étant il va soulever trois types de débat.
-  1 Le premier, aussi vieux que Jules Ferry : le rôle de l’école est-il de préparer des têtes bien faites ou la vie d’après, professionnelle ? Les choses ne sont pas aussi tranchées que ça dans la vraie vie, mais c’est un débat presque philosophique.
-  2 Deuxième question : l’orientation...

Idées nombreuses et variées recherchent ministre courageux pour les appliquer ...
... Elles  sont nombreuses, intéressantes et leur richesse vient du fait qu’elles se placent sur plusieurs registres. Il ne reste qu’une question : qu’en fera le ministre ? S’il les prend toutes, il a, en kit, l’architecture d’une école nouvelle. S’il choisit la facilité, en n'y piochant que celles qui lui permettront de durer, la concertation nationale n’aura servi à rien, et ce rapport s’empilera sur bien d'autres. Et dans ce pays imaginatif, le courage politique est un ingrédient plus rare que les idées !...

... On a, comme d'habitude, invité les 5 000 permanents de l'Éducation nationale, tous des gens très qualifiés, mais assez éloignés des élèves. Tout cela ne saurait exonérer le gouvernement d'une perspective. Or, pour l'instant, je ne vois pas de projet fort pour l'école.
Pourtant, Vincent Peillon promet de tout "refonder", ce n'est pas rien.
On a jusqu'à aujourd'hui empilé beaucoup de réformes, on a réparé, ajusté, réagi, et la maison Éducation est une construction de bric et de broc, avec des pans baroques, des murs classiques, des rafistolages en tôle ondulée...

... l’Etat dépense 47 % de plus pour former un élève parisien que pour former un banlieusard de Créteil ou de Versailles. 51 % de plus pour former un Parisien qu'un Niçois...
... A Créteil, 21,6 % des enseignants ont moins de 30 ans (pour une moyenne nationale à 9,2 %) et 8,6 % sont non titulaires (contre 4,9 % en moyenne). A contrario, à Paris, 24,2 % des profs sont agrégés pour une moyenne nationale deux fois moins élevée...
... Est-ce que cela va changer ?...

... Nous avons atteint le stade délicat où les élus, compte tenu de l’importance croissante de leur investissement demanderont des comptes, discuteront des projets éducatifs et voudront assumer leur responsabilité. L’école sera contrainte de changer. Mieux vaut qu’elle anticipe, même s’il est déjà un peu tard ...
...  Refonder les pratiques pour refonder l’école. Redonner toute sa place à la pédagogie, complètement déniée depuis 2007.
Le temps est venu de voir si l’espoir de la refondation sera respecté et si une pédagogie de la réforme permettra de remobiliser les acteurs ...

... Mais que leur est-il arrivé ? Depuis dix ans, pas une rentrée sans qu'une poignée de pamphlétaires quasi-professionnels prennent la plume pour tirer à boulets rouges sur une école qui aurait abandonné sa mission civilisatrice, où toute autorité aurait été minée par les effets du laxisme post-soixante-huitard, une école soumise aux caprices de l'enfant-roi, dévastée par le "tout tout de suite" et le consumérisme, gangrenée par une cinquième colonne de "pédagogistes" obtus prêts à tout pour ruiner la culture, la civilisation, l'homme.
Cette année, rien ou presque ...

La grande concertation sur l'école, lancée début juillet par le ministre de l'Education nationale Vincent Peillon s'est achevée jeudi [27 sept.], comme le prévoyait le calendrier officiel...

Dé-concertant ...

...Au total, rien de neuf. La semaine de quatre jours, décidée en 2007 par Xavier Darcos sera enterrée en 2013, comme annoncé par Vincent Peillon dès sa prise de fonction. Les écoliers devraient avoir quatre jours et demi d'école, avec le mercredi matin...
... L'organisation du calendrier scolaire, et la question du zonage, voire du raccourcissement des vacances n'est pas encore tranchée. Et pour cause: le sujet est extrêmement complexe, et suscite l'opposition des lobbys touristiques...

Dé-concertés ...

... Refonder l'école -et refonder "la République par l'école"- comme le ministre de l'Education nationale l'a promis, imposera de sortir du "ni-ni" qui caractérise les politiques publiques menées au collège depuis plus d'un demi-siècle. Sans quoi cette refondation s'apparentera à une nième de ces réformes dontl'empilement désoriente les familles et décourage les enseignants.

... Le problème est que cette concertation tourne en rond et que le sens même du mot refondation a été oublié dans le flot des revendications et des propositions d’adaptation de l’existant sans en changer les fondements et les finalités.
 En fait, quasiment plus personne ne parle de refondation, sauf Pierre Merle dans un groupe auquel je participais mercredi. Curieusement, personne ne contestait ses analyses et sa conviction de l’impérieuse nécessité de refonder, de construire de nouvelles fondations,mais toutes les interventions qui suivirent ne proposaient que des aménagements, des corrections, des compléments, à l’existant...

Pour la FCPE, l'UNEF et l'UNL, constitutives du pôle des usagers du service public d’éducation, la concertation qui se tient actuellement sur le devenir de l’Ecole ne pourra pas déboucher sur une véritable refondation si on ne réforme pas en profondeur le baccalauréat. Ce diplôme est pourtant le grand oublié de la discussion actuelle. Face à la stagnation de son taux de réussite, et à sa «dévalorisation» prétendue, il est temps de le refonder...
Nous ne pouvons pas non plus continuer à évaluer quinze années de scolarité en seulement quelques jours...

... Nous demandons l’abandon de l’ensemble des fichiers BE, BNIE, RNIE, Sconet-SIECLE, AFFELNET, APB, LPC et autres livrets scolaires électroniques...
... Diminuer le nombre de cases comme semble le prévoir l’actuel Ministre de l’Education Nationale ne changera pas la nature de l’usine à cases qu’est en train de devenir l’école et le rôle de contremaître de fabrication des ressources humaines qui est aujourd'hui assigné aux enseignants...
... Enfin, avec l’absence de réponse à la mise en demeure adressée par le CNRBE au Ministère le 14 mars 2012, et avec l’absence de l’élémentaire décision de levée des sanctions contre les enseignants qui ont résisté aux mesures prises par le gouvernement précédent (engagement subliminal de la campagne électorale), nous n’avons à ce jour aucun signe que le changement soit pour maintenant.
Nous ne participerons pas à la concertation.

Piloter… Non. La feuille de route imposée par une personne qui ne sait pas faire l’école, qui serait incapable de réaliser elle-même les injonctions données, n’a pas de sens...
...On ne refondera pas l’école si l’on fuit ces questions comme cela semble être le cas à ce jour.

...L’autre voie serait de modifier en profondeur le fonctionnement de l’école de sorte que les disciplines ne soient pas seulement étudiées à proportion de leur capacité à mener vers l’élite, mais parce que chacun jugerait bon que les élèves reçoivent une formation variée, qui les élèverait intellectuellement et moralement. Une refondation, en somme, qui ne cantonnerait pas la « morale laïque » au rang de discipline parmi les autres mais en ferait le socle de tous les enseignements. Oui, cela exigerait une vigoureuse refondation de l’école. N’est-ce pas le projet ?

... les technologies de l'information et de la communication ont également changé la donne. «Les enfants sont devenus des acteurs directs. Ils sont donc plus ouverts, plus intervenants, plus entreprenants, mais en contrepartie n'ont pas de limites.» Il ajoute enfin que«le désarroi des adultes est amplificateur».
Il est donc urgent de parvenir à un «consensus» entre adultes sur les règles à poser. «Les disputes entre adultes et le manque de solidarité angoissent les enfants, tout en leur laissant le terrain libre. Le débat sur l'école entre adultes, c'est la cour de récré!», ajoute Philippe Jeammet.
Ses préconisations?Travailler sur la solidarité des équipes pédagogiques (directeurs, professeurs, psychologues, éducateurs…) et libérer du temps pour la vie d'équipe et les relations avec les parents...
 
 
 


Les habitants de La Villeneuve, ancienne cité utopique des années 1970 à cheval entre Grenoble et Échirolles, confiaient dimanche leur sentiment d'abandon, face au désoeuvrement des jeunes et à leur violence, facteurs ayant conduit à la rixe mortelle de vendredi selon eux. "Comment a-t-on pu en arriver là ? Il y avait des signaux d'alerte que personne n'a voulu voir !" ...
... Les écoles et le collège ont dû être clôturés, les pédagogies alternatives ont été en partie abandonnéesà mesure que les effectifs chutaient. Trois écoles ont fermé et le collège à perdu 60 % de ses élèves en 13 ans sous les effets de la carte scolaire...
... une interrogation remarquable sur le changement du système éducatif. Il est un combat (…) Comment en serait-il autrement quand les auteurs-acteurs ont eu à se défendre contre l'environnement institutionnel, quand ils ont à se défendre quotidiennement contre la bureaucratie."

C'était en 1979.
 En 2000 la situation en est au même point. Les IDEN puis IE se sont succédés au même rythme et avec la même alternance. Le dernier reste attaché à la Villeneuve depuis sept ans, c'est un record. Mais c'est avec l'objectif de venir à bout du projet initial .
Une des équipes les plus solides et réputées (école du Lac) qui animait un Centre de Lecture au service des écoles du département, qui avait fusionné de manière exemplaire avec une école en cours de ghettoïsation, vient de craquer, suite à la suppression arbitraire du Centre et à une série d'inspections odieuses (associant habilement un Inspecteur Général fort opposé à l'éducation nouvelle…)...

... les écoles "ouvertes"  [ RIEN à voir avec l'usage qui est fait du terme "écoles ouvertes" depuis quelques années, pour désigner l'ouverture de certains établissements scolaires, notamment dans les quartiers "difficiles", pendant une partie des vacances scolaires. ]
Leur "ouverture" fut réglementée, quelquefois a posteriori, par une circulaire datant de 1976, et comme leur nom l'indique, ces écoles publiques, animées par des enseignants...
... Comme souvent, le chantier ouvert resta sans suite administrative, et parmi la centaine d'écoles (*) ayant opté pour ce statut, il en resterait encore deux ou trois dizaines en ayant conservé quelques pratiques...
... L'une des plus médiatisées dans les années 80 fut l'Ecole de La Villeneuve à Grenoble (un livre paru aux Editions Syros)


...nous rédigerons le dossier à l'issue de la réunion du 3 novembre.» Martial Benoist d'Etiveaud, parent d'élève, et Cyrille Raynard, professeur, évoquent de concert les avancées dans le projet de création d'un collège-lycée alternatif à Aurillac. Initié à la fin du printemps, suite aux propos favorables à ce type d'établissements et d'enseignement dits alternatif de Vincent Peillon, ministre de l'Éducation nationale, le projet a tranquillement pris le temps de mûrir au doux soleil de l'été...
... «Nous voulons un établissement ouvert qui puisse aussi accueillir des élèves avec des parcours atypiques », ou des intervenants extérieurs «comme La Manufacture pour la danse et la troupe du théâtre Béliâshe qui ont accepté le principe de participer au projet»...

Quinze élèves de 9 à 15 ans ont fait leur rentrée au milieu d'un champ de maïs... Leur nouveau collège s'articule autour de la pédagogie Montessori.
Un collège innovant, alternatif
Ce collège d'un nouveau genre est porté par des parents d'élèves et soutenu par des enseignants. Il propose une alternative au parcours scolaire classique en s'inspirant de la pédagogie de Maria Montessori. L'écoute et le respect de chaque individu y occupent une place centrale. « Chaque élève travaille pour lui. Il ne travaille pas pour avoir de bonnes notes »
« Ce ne sont pas des enfants différents mais des enfants qui apprennent différemment »
« En 2002, un collectif de parents avait déjà voulu créer un collège expérimental public à Rennes. Mais le projet n'a jamais pu voir le jour, signale Charlotte Marchandise, qui a relancé cette idée. En parallèle des matières académiques enseignées le matin, les enfants sont acteurs de leur travail et développent des projets personnels à travers des ateliers interdisciplinaires l'après-midi. »
Faute d'accord, les parents se sont repliés sur le privé pour donner naissance à « ce collège associatif ». Cet établissement s'inspirera aussi de la méthode Freinet, fondée sur l'expression libre de l'enfant. Une classe pilote avec douze élèves, mélangés de la 6e à la 3e...
Contacts :
Charlotte Marchandise,  charlotte@ouvaton.org -  06 68 03 04 04 - Christian Pierre, directeur@college-montessori.org - 06 76 52 69 63

... L'école alternative La Pépinière (projet GERME à Loches)
a ouvert  à la rentrée 2012 avec une classe élémentaire unique (CP / CM2).
L'objectif étant maintenant d'ouvrir pour la rentrée 2013, une maternelle et une classe de collège,  puis de grandir tranquillement sur 5 ans.

... Un nouveau "collège alternatif" a ouvert ses portes dans le sud de la Creuse. L’association «La Traverse» accueille depuis la rentrée dernière des jeunes en âge d’être au collège,

 mais qui ont préféré être scolarisés en dehors du système éducatif classique. Cette «école privée hors contrat», selon la formulation légale, veut proposer d’autres modes d’apprentissages.
La création de ce collège a suscité beaucoup de débats sur le Plateau...
(Télé Millevaches : aller à "magazine n° 201 - juin 2012" : à partir de 5' 20'')
2012-2013 : Le collège associatif a quitté Saint-Martin Château, et a fait sa deuxième rentrée dans le petit village de La Villedieu (Creuse).
 
 
 
 

APPRENDRE AUTREMENT

... Il y a pire. Même si le sujet est tabou - pas évident de jeter l'opprobre sur une catégorie de personnels -, il apparaît que les compétences des conseillers d'orientation-psychologues (les "copsys") sont régulièrement sujettes à caution. Ils sont montrés du doigt par les parents, les profs, et les élèves ...
... Résultat, seuls les initiés, enfants d'enseignants ou de cadres maîtrisant les rouages du système scolaire, s'en sortent. Catégories qui n'hésitent pas, de plus, à se tourner vers les structures d'orientation privées, en plein boom, à l'image de l'Ecole des parents, qui offre des conseils gratuits... après un bilan payant ...

... En France, contrairement aux pays nordiques ou anglo-saxons, où le binge-driking reste beaucoup plus fréquent que chez nous, l'alcool garde une dimension familiale. Il est plus difficile d'aborder les problèmes liés à l'alcool que ceux liés à la drogue ou au tabac. Pourtant, dans le cas des adolescents, le binge-drinking répond quasi-systématiquement à une situation de détresse...

... Nombre de clubs professionnels recrutent des enfants dès l'âge de 6 ans, les font intégrer leur école à 8 ans. Chaque année, certains joueurs sont priés de partir. S'ils réussissent à rester jusqu'à 12 ans, ils signent un contrat de deux ans. Cependant, ils risquent encore de ne pas être retenus à 14 ou à 16 ans. Dans la pratique, moins de 1% des 10 000 joueurs passant par les écoles de football accéderaient au niveau professionnel...

... 20 % des élèves scolarisés ne maîtrisent pas les compétences de base en lecture. Soit un sur cinq. Un chiffre en hausse de 5 points depuis 2000, "c'est-à-dire que leur nombre a augmenté d'un tiers. En dix ans !" s'exclame Christian Forestier, qui a fait partie de tous les comités d'évaluation dont l'école s'est dotée depuis des décennies. Certes, la mobilisation générale a été décrétée contre cette échec. Mais jusqu'à présent pour un résultat nul.
"L'échec scolaire n'a pas d'avocat" ...

... Au Refuge, nous accueillons de nombreux adolescents encore scolarisés mais craintifs d'affronter le regard de leurs pairs. Cela les place d'emblée en situation d'échec scolaire et met en lumière la défaillance de l'Education Nationale.
L'Ecole, censée être un lieu d'intégration devient un lieu de rejet. Quand un adolescent se met volontaire en échec scolaire par anticipation de représailles par ses pairs, c'est tout un système qui s'écroule...

... Quelle drôle d’obsession ont ces ministres de vouloir former les étudiants en fonction des besoins du marché, alors qu’il n’y a pas de boulot ! L’université est un bouc émissaire : si les jeunes ne trouvent pas de travail, c’est toujours de la faute des facs ! Comme si les réformes de l’université allaient créer les 3 000 000 d’emplois qui manquent...

... Dit autrement, et certains universitaire et chercheurs s'y reconnaîtront, les enseignants-chercheurs ne tolèrent d'être formellement dirigés par leurs pairs qu'à condition, au fond, que le chercheur "directeur" se laisse en fait diriger par ses troupes.
Ce qui vient de se jouer à Sciences Po en dit donc aussi long sur l'attentive gestion de leurs prébendes par les grands corps que sur le refus sourcilleux d'une partie du monde de la recherche de rendre des comptes sur ses choix...

... "Un enfant sur dix s'est déjà livré à un jeu dangereuxet 63% connaissent au moins un jeu d'apnée ou d'évanouissement. Le "jeu du foulard" et le "jeu de la tomate", qui consiste à retenir sa respiration le plus longtemps possible, sont les plus connus"...
... "Un enfant sur quatre a déjà vu quelqu'un jouer à ces jeux, essentiellement dans l'école et il est constaté par les associations au moins un décès de mineur par mois suite à ce genre de pratiques. Il est donc nécessaire de considérer ce phénomène comme un enjeu de santé publique"

... "Il faut arrêter l'amateurisme", a estimé Eric Debarbieux, pour qui un enseignant ne devrait pas être laissé tout seul face à une situation conflictuelle, comme cette institutrice dont un élève a cassé six fois la porte de sa classe.
La campagne de lutte contre le harcèlement, mise en place par l'ancien ministre Luc Chatel, sera relancée. Vincent Peillon a salué par ailleurs le "premier bilan positif" des assistants de prévention et de sécurité (APS), nouveau métier dans les établissements, qui sera pérennisé.

... Près d'un personnel sur trois exerçant en collège et lycée songe souvent, ou très souvent, à quitter le métier. Autant estiment la violence présente dans leur établissement.Et plus d'un tiers encore ont une perception négative de leurs relations avec leur direction...

... Il peut y avoir enfin un "effet crise". Dans un pays où le chômage explose et où la majorité des emplois proposés dans le secteur privé sont des contrats à durée limitée, la fonction publique reste un refuge. Elle offre une sécurité qui peut tenter de nombreux jeunes inquiets dans une société où le précariat est devenu la règle. M. Peillon n'a peut-être pas tort d'en conclure qu'il n'y a pas de crise des vocations chez les enseignants, mais comment ne pas voir aussi dans cet engouement une certaine peur de l'avenir ?

Une autre lasagne est possible
... je propose aux politiques un terrain stratégique : les cantines. C’est en effet le seul endroit où la prise est possible, la cantoche ! Voilà un secteur où nos enfants, à force de «précautions alimentaires» ingèrent des trucs sécurisés jusqu’à l’absurde mais insipides, pour ne pas dire dégueulasses, et que l’on jette à 60% sans valorisation des déchets. A coup de cahiers des charges «burnés» pour la restauration collective publique, on pourrait désintoxiquer les générations qui arrivent...

... "Quand ils parlent de la jeunesse, les Français ont deux images en tête : la jeunesse étudiante, qui ‘souffre’ et mérite donc qu'on la plaigne au nom de l'empathie, et la jeunesse des quartiers, d'autant plus stigmatisée que la première est louée”...
... les trois quarts des Français ont conscience que les inégalités se creusent et que les jeunes n'ont pas tous les mêmes chances de réussite, notamment du fait de l'origine sociale et du lieu de scolarisation...
[ 5ème rapport de
l’Observatoire de la Jeunesse Solidaire fin février 2013 ]

... La baisse se constate quelles que soient les compétences. A la même dictée, 46 % des élèves faisaient plus de 15 fautes en 2007, contre 21 % en 1997.
L'évolution en calcul est également négative. Le recul n'épargne que les enfants des cadres supérieurs et des professions intellectuelles, dont les enseignants...

Sorties scolaires, classes vertes... Au printemps elles sont nombreuses les classes qui partent quelques jours à la mer, à la montagne, ou juste dans le village voisin. En général, les enfants s'en réjouissent, comptant les jours qui les séparent de ce qui est parfois leur première excursion sans la famille.
Et pourtant j'ai l'impression qu'il devient compliqué d'organiser ces sorties...

... la France est le seul pays européen à proposer un accueil précoce, voire très précoce, à l’école. La plupart des autres pays n’intègrent les enfants qu’à partir de 6 ans. Cette spécificité devrait, si l’on s’en tient aux études favorables à la scolarisation précoce, nous donner un avantage décisif sur les pays de l’Union européenne et faire de notre école la meilleure du monde ...
... la France obtient paradoxalement des résultats mauvais ou médiocres sur deux critères significatifs : la formation des élites et la justice sociale...

Des projets pour mieux apprendre ?
... Coexistent alors plusieurs types de projets à l’école, comme les projets éducatifs (qui dépassent le cadre scolaire), pédagogiques (inclus dans la relation entre enseignants et élèves), d’établissement (pour rassembler tous les acteurs locaux et dont sont censés découler les projets pédagogiques) et de formation (concernant l’avenir professionnel des élèves).
Ce dossier s’intéresse surtout aux projets pédagogiques ...
[ IFé - Dossier d’actualité Veille et Analyses, n°82 - février 2013 - pdf ]

... Dans l’idéal, les systèmes d’éducation sont censés offrir des possibilités d’apprentissage de qualité à l’ensemble de leurs élèves, indépendamment du milieu dont ces derniers sont issus. Les élèves venant de familles favorisées sur le plan socio-économique et ceux venant de familles défavorisées devraient donc bénéficier de chances égales de réussite à l’école – enfin, en théorie. Dans la plupart des pays, la réalité est en fait tout autre...
[ Les pays s’orientent-ils vers
des systèmes d’éducation plus équitables ? - PISA à la loupe - OCDE 2013/02 (février) - pdf ]

... si le jeune enfant compose un portrait presque idéal de l’élève tel que peut le rêver un enseignant, comment peut-on expliquer l’immense désastre que l’on observe aujourd’hui non seulement chez les élèves en difficulté (de 20 % à 50 % si l’on va du plus optimiste au plus pessimiste), mais aussi chez ceux qui parviennent tant bien que mal à suivre une scolarité, et qui se traduit par un affaiblissement, voire une quasi-disparition, de la curiosité scientifique chez nos étudiants ? ...
... Il convient en premier lieu de sortir l’école maternelle du contexte scolaire pour l’inscrire résolument dans la tradition de l’éducation active...

"Accompagnement personnalisé" (collèges et lycées) :
Les équipes pédagogiques entre doutes et engagement...
L’orientation reste le parent désespérément pauvre du dispositif alors que les enjeux de
l’orientation en termes de réussite scolaire sont majeurs...
L’information insuffisante des parents...
Il subsiste donc des opportunités que les établissements pourraient juger utile de mettre en valeur, dans le cadre de l’autonomie dont ils disposent pour favoriser l’égalité des chances et la réussite scolaire de tous les élèves...
[ Observations sur les établissements et la vie scolaire en 2011-2012 - Rapport Inspection Générale E.N.-pdf]

... les jeunes Français ont une représentation de l’avenir professionnel très conditionnée par le niveau et le domaine d’études. Ce présupposé est à la base d’un
double phénomène : il existe, d’une part, une forte concurrence entre les meilleurs élèves ou les plus favorisés sur le plan socio-économique et, d’autre part, un sentiment de démotivation chez les autres...
... seul un élève français sur deux déclare que ses enseignants s’intéressent à son bien-être, soit 13 points de moins que la moyenne OCDE.
[ C.A.S. - Note d'analyse 313 - janvier 2013 - Favoriser le bien-être des élèves, condition de la réussite éducative- pdf ]

... Peut-on, sérieusement, demander à des parents licenciés après vingt ans de loyaux services de vanter auprès de leurs enfants les vertus du monde du travail et leur transmettre les valeurs de dévouement, d'engagement et de fidélité que les employeurs disent attendre de leurs salariés ? Croit-on, sans même un sourire cynique au coin des lèvres, que les jeunes se précipiteront fleur au fusil vers des filières qui mènent, dans certains secteurs, à des métiers sous-payés, épuisants, précaires et socialement dévalorisés ...
 
 
Y a-t-il, en germe dans les ondes électromagnétiques, un potentiel «scandale de l’amiante» ? Au nom du principe de précaution, les écologistes ont déposé une proposition de loi, en décembre dernier, pour protéger le public des technologies sans fil. Le débat, qui démarre jeudi prochain au Parlement, est un pétard mouillé...
[ Rapport, amendements et proposition de loi ]

... Il n'y aura ni loi, ni même débat sur les ondes électromagnétiques. La proposition de loi déposée par la députée écologiste Laurence Abeille qui devait être examinée par l'Assemblée nationale jeudi 31 janvier, a étéjetée... aux oubliettes...
... l'Anses, avait rendu un avis alertant sur les dangers potentiels des ondes électromagnétiques. L'OMS a également classé ces dernières comme potentiellement cancérigènes.

... enquête: les 3/4 des ados ont eu leur premier portable avant 14 ans. Dans un tiers des cas même, ce fut avant 10 ans. Un pourcentage non négligeable alors même que des études scientifiques ont montré que plus les utilisateurs sont jeunes, et plus les ondes pénètrent loin dans le cerveau.
Autre enseignement: 75% d'entre eux ne s'en séparent jamais, même la nuit ! 
[ Les ados au téléphone - L'enquête de l'ASEF - janvier 2013 - pdf ]

... numérique ! L’expérience des collèges numériques pilotes existants, car ils sont déjà pléthore, montre qu’il ne suffit pas de mettre du matériel, des monceaux de ressources, un ENT performant, une infrastructure de qualité, y compris même du haut débit pour que ça fonctionne !
...  s’il s’agit d’adopter de nouvelles postures, côté maîtres comme côté élèves, de confier à ces derniers de nouvelles responsabilités notamment en matière de liberté d’expression et de publication, s’il s’agit de mettre en œuvre entre pairs des pratiques de partage et d’échanges comme de production de ressources, s’il s’agit d’évaluer — et qui le fera ? — de nouvelles modalités de pilotage et de gouvernance, de mesurer et d’apprécier le changement enfin, oui, s’il s’agit de tout cela, il est peut-être possible d’avancer.
Mais tout va trop vite... 


...Dans l’exposé des motifs de sa proposition de loi, le député Vannson explique qu’Internet «n’est pas sans comporter certains risques», surtout pour les mineurs. Selon lui, «les jeunes ne perçoivent pas toujours les dangers de diverse nature que peut présenter l’utilisation d’Internet»....
... Hasard du calendrier, la proposition du parlementaire a été déposée devant l’Assemblée nationale en même temps que le texte du gouvernement sur la refondation de l’école de la République. Le texte prévoit ainsi, en complément à certains dispositifs existants comme le B2i (brevet informatique et internet), l’inscription dans la loi du principe d’une éducation numérique pour tous les élèves. ...
...Le Ministère de l'Education Nationale se propose de mettre en place,dans trois à cinq collèges, toutes les conditions pour optimiser le développement des usages du numérique à partir des outils, technologies, ressources et services numériques à l'état de l'art. Sans exclure l'intervention de nombreux autres partenaires, industriels notamment, le ministère mettra en oeuvre ces démonstrateurs en collaboration avec les conseils généraux volontaires.
Les collèges devront disposer d'ores et déjà d'une infrastructure de fibre optique ...
[ Protocole de partenariat 2013-2016 relatif au développement de la e-éducation entre l'Etat, ministère de  l'E.N. et la Caisse des Dépôts et Consignations - pdf ] 
Consoles de jeux, ordinateurs, télévisions, tablettes numériques : les tentations sont de plus en plus nombreuses pour les enfants. De 4 à 14 ans, ils regardent la télévision 2 h 15 par jour en moyenne, selon Médiamétrie...
... favoriser l'alternance entre médias numériques et non numériques, surtout chez le jeune enfant. C'est dans ce processus que le jeune enfant construit son intelligence : les repères temporels, grâce aux commentaires des adultes sur le déroulement de sa journée, les repères spatiaux, son intelligence narrative, en racontant ce qu'il fait. Tous ces éléments permettent d'utiliser toutes les formes d'écrans sans s'y perdre.
[ L'enfant et les écrans. Un avis de l'Académie des sciences. Remis le 17 janvier 2013 - pdf ]

...  Aux Etats-Unis (seuls chiffres globaux précis) les 8-18 ans consacrent plus de 7 h 30 par jour à l'usage, essentiellement récréatif, d'un écran ou d'un autre. En France, sur une tranche d'âge comparable, on est autour de 4 h 30 pour le seul couple télévision-Internet
(Médiamétrie,étude EU KidsOnline).
Est-ce excessif ? L'Académie semble considérer que non, lorsqu'elle s'abstient de la moindre recommandation quantitative, et conclut ...

... comment demander à un footballeur, ou même à un footeux qui traîne ses crampons sur les terrains caillouteux le dimanche matin, d’être exemplaire quand les modèles sont des voyous grandioses - Best, Maradona, Cantona - et que Zidane a fini sa carrière sur un coup de boule. Non, pour Vikash Dhorasoo, le footballeur n’a pas à être «l’exemple», c’est trop lui demander quand il a été programmé pour une seule chose : la performance...

... "C'est une vocation. Enfant, je jouais déjà à la maîtresse", reprend cette volubile étudiante en sciences de l'éducation de Livry-Gargan, une commune pavillonnaire de Seine-Saint-Denis.
Une majorité de jeunes femmes
Une petite soixantaine d'étudiants, quasi-exclusivement des jeunes femmes, ont été vendredi parmi les premiers bénéficiaires de ce dispositif lancé par le ministre de l'Education nationale, Vincent Peillon, et destiné à susciter des vocations au moment où le métier de prof peine à attirer...

En France, la défense de l’enfant, souvent brandie, agit comme un bouclier à arguments. «C’est pour nos enfants que je m’engage contre (ou pour) cette réforme.»
Un pronom possessif accolé à «enfant» dresse un rempart entre les débatteurs. Il faut réduire les dépenses, faire des sacrifices... parce que –poncif du discours économique– «nos dépenses seront la dette de nos enfants». Le débat est clos! C’est une forme de point Godwin soft...

... Tout va bien, on «gère» - sa carrière, les courses au marché du coin, le pote dépressif, ses relations amoureuses. Seule est glorifiée la performance bien carrée et la mise sous contrôle vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Emploi du temps familial et social au cordeau ; vacances planifiées au jour près en fonction de la météo ; hygiène de vie aux petits oignons bio... Sans même parler du choix cornélien de l'école et des activités extrascolaires de nos chères têtes blondes. Ce n'est pas un hasard si l'éducation est devenue la préoccupation numéro un des Français et une priorité pour 60 % d'entre eux. Elle rassure sur un avenir jugé trop incertain et représente encore un lieu d'espoir et de projection possible...

... Des chercheurs renommés ont déjà dit haut et fort tout le mal qu'ils pensaient de ce système... Pour être juste, il faut cependant noter qu'au sein des IUFM, à côté des enseignements ratés, infantilisants ou dogmatiques, il y en avait d'autres qui étaient passionnants, originaux et motivants...
... Depuis un an, des questions telles que la carte scolaire, le nombre de postes, les rythmes scolaires sont bien en valeur dans les médias ; tous ces sujets sont importants, mais peuvent être réparés d'une année sur l'autre si l'on s'aperçoit que l'on a erré.
Alors que si nous formons mal nos enseignants, c'est pendant plusieurs décennies qu'ils souffriront, et nos enfants avec !

... les 18 000 emplois d’avenir professeur seront une des sources de recrutement pour atteindre les 60000 postes supplémentaires dans l’éducation sur le quinquennat. Encore faudra-t-il leur donner des conditions de formation, de professionnalisation et d’accompagnement favorables vers ces carrières. L’expérience des aides-éducateurs (ex-emplois jeunes de l’Education nationale), entre 1998 et 2003, donne de précieuses réponses en la matière. Bilan des réussites et des échecs de ces précédents contrats censés conduire les jeunes vers l’emploi...

... Depuis plus d’une décennie, les chiffres de scolarisation des moins de 3 ans se sont effondrés. 34,5% des enfants des 2-3 ans allaient à l'école en 2000. En 2011, ils n'étaient plus que 13,6%. «L'école maternelle est devenue la variable d’ajustement des réductions d’effectifs» ...

... Un million d'élèves prennent aujourd’hui des cours de soutien privé, ce qui représente environ 40 millions d’heures de cours chaque année.
Les Français champions d'Europe
La France est le premier marché de soutien scolaire privé dans l’Union européenne avec «un volume d’affaires de 1,5 milliard d’euros» en 2011. Au Royaume-Uni, en Allemagne et dans les pays du nord de l’Europe, le soutien scolaire reste marginal. ..
[ Les rapports du C.A.S. :
09/01/13 - Quelle organisation pour le soutien scolaire ? (Note d'analyse 315 - Janvier 2013)
09/01/13 - La scolarisation des enfants en situation de handicap dans les pays européens (Note d'analyse 314 - Janvier 2013)
09/01/13 - Favoriser le bien-être des élèves, condition de la réussite éducative (Note d'analyse 313 - Janvier 2013)
09/01/13 - Enseignements des recherches sur l'effet de l'autonomie des établissements scolaires (Note d'analyse 316 - Janvier 2013) ]

... Six mois plus tard, l'heure est à la radicalisation, dans les deux camps. Du côté du ministère d'abord, pressé par ses partenaires syndicaux, Unsa, en tête, qui a fait de la défense d'une laïcité radicale sa marque de fabrique. "La pression des laïcs purs et durs est très forte", assure Bernard Toulemonde, ancien directeur au ministère de l'Education nationale. En demandant aux rectorats la plus grande vigilance quant à l'organisation de débats sur le mariage homosexuel dans les établissements catholiques, Vincent Peillon se glisse dans un rôle qu'il affectionne, celui du hussard noir Troisième République. Mais les temps ont changé...

... Quant à Vincent Peillon, on ne peut en aucun cas l'accuser de réveiller la querelle scolaire : il résiste aussi aux pressions visant à faire modifier la loi Carle [votée le 28 octobre 2009, elle définit le financement des écoles accueillant des élèves scolarisés hors de leur commune, et est plutôt favorable au privé, NDLR], et ne fait aucun mauvais coup à l'école privée...

...Je ne veux pas raviver la guerre scolaire. Et suis très respectueux du caractère propre de l'enseignement catholique. Mais, en retour...
... la présidente de l'APEL, confirme en effet que "trois types de sollicitations" lui sont remontées depuis la diffusion, le 19 octobre 2012, d'un communiqué de son organisation marquant son "opposition ferme au projet de loi". "Des félicitations pour notre prise de position, des regrets que nous n'appelions pas à manifester le 13 janvier, et aussi parfois une opposition à notre prise de position", rappelle-t-elle.
Les 843 000 parents d'élèves que regroupe cette association sont très divers. Selon une étude du Credoc de 2004, seuls 14 % choisissent le privé pour des raisons confessionnelles.
[ L’enseignement libre :
choix de conviction mais aussi de pragmatisme - CREDOC - avril 2005 - pdf ]

... Le caractère propre ne fait l’objet d’aucune définition juridique ou pratique. Pourtant, c’est au nom de ce caractère propre qu’un établissement peut se référer à une philosophie, une religion ou une pédagogie dans le cadre de son projet éducatif...
... Arrivés au bac, quatre enfants sur dix sont passés par l’enseignement privé, qui est toujours très majoritairement catholique. Au niveau du collège, ce zapping augmente même encore. Chaque année, 10 % des jeunes quittent un établissement catholique pour rejoindre le public. Et chaque année aussi, 3 % des enfants scolarisés dans l’enseignement catholique partent – ou repartent – vers le public...

..Il n’aime pas les palmarès des lycées, Vincent Peillon, il l’a redit avec force la semaine dernière sur France Inter. Comme on le comprend ! Ils confirment chaque année l’inscription des inégalités au sein même du système éducatif...
... Patatras : invariablement, si l’on se plie rigoureusement à ce principe, les lycées privés taillent des croupières à nos “meilleurs” lycées publics. La raison en est simple : par un système de dérogation et par les effets de la culture élitiste du lycée, un faible nombre d’établissements publics siphonne les meilleurs élèves, lesquels, comme par hasard, sont tendanciellement issus des milieux favorisés....

... la réglementation par la loi concerne peu (quantitativement et relativement) le domaine scolaire et universitaire, puisque l’on ne recense durant ces trente dernières années que six lois dans ce secteur (contre 1600 dans les autres!).
Presque la moitié des lois qui ont été promulguées depuis le début de la troisième République dans le domaine scolaire et universitaire concerne la confrontation école privée/école publique...

...Attendons donc les décrets… en sachant que pendant cette attente, la désastreuse continuité s’installe, durablement, avec un encadrement fortement soumis au régime précédent, qui pense et ose dire que les politiques dont ils ont été d’ardents propagandistes étaient déjà de la refondation et qu’il suffit de continuer avec un peu plus de moyens.
Et espérons que la représentation nationale, où les conservateurs de tous bords dominent les débats n’affaiblira pas encore les propositions...


...Est-il normal que l’école décide contre les choix d'un élève? Est-il logique que les enseignants désignent qui fera de la chaudronnerie ou de la mécanique, qui ira en formation industrielle, ou en section économique?...
... «Oui ou non l’Etat a-t-il le droit d’imposer à chaque enfant une orientation scolaire, c'est-à-dire celui de lui interdire toute étude autre que celle qu’il lui assigne? Si l’on veut que le mérite scolaire décide des places sociales, il faut répondre oui. Or cette réponse n’a jamais été assumée politiquement, car la majorité des Français y étaient hostiles, à commencer par les enseignants qui l’auraient admise pour les enfants des autres mais non pour les leurs. Le résultat fut donc un compromis honteux. Le système public fonctionne comme s’il avait ce droit, et il en use largement envers les humbles.»
En fait, le sujet n’a jamais été débattu...

... Pirls ?  Il s'agit du Programme international de recherche en lecture scolaire, coordonné tous les cinq ans dans 45 pays...
...les élèves français âgés de 10 ans maîtrisent moins bien la lecture que la moyenne des écoliers européens du même âge. Et que, sur plusieurs points, leurs performances se sont dégradées depuis une décennie. Plus préoccupant encore : ce ne sont plus seulement les élèves des zones d'éducation prioritaire, les moins favorisées, qui tirent le niveau général vers le bas - tous les établissements sont touchés, et même le groupe des très bons élèves ...

C’est la première fois que la Finlande est réellement distancée et que l’Asie se pose en championne du monde de l’enseignement scolaire. Ce bouleversement est révélé par deux enquêtes qui font référence et sont publiées aujourd’hui, PIRLS et TIMSS...
...Ces résultats ne disent évidemment pas tout d’un système éducatif. Ils ne révèlent pas son ambition ni sa philosophie générale...
... Dans de nombreux pays, la presse fait part de la déception concernant les résultats obtenus...
...les Pays-Bas sont ceux qui réussissent le mieux à aider les écoliers qui ont des difficultés d’apprentissage à obtenir un niveau suffisant. Le revers, c’est que les Pays-Bas n’ont pratiquement pas d’élèves avec des performances excellentes...

... La France, avec un score de 520 points, se situe au-dessus de la moyenne internationale (500 points) mais en deçà de la moyenne européenne (534 points)...
... Les inégalités de performance entre les élèves demeurent importantes en France et ne se réduisent qu’à la faveur d’une baisse significative du pourcentage d’élèves français les plus avancés (7 % en 2001 contre 5 % en 2011). Les élèves français sont en outre surreprésentés dans le quartile européen des élèves les plus faibles (32 % contre 25 %)...
... Enfin, un problème récurrent demeure en matière d’estime de soi des élèves français : ceux-ci sont toujours les plus nombreux à s’abstenir de répondre lorsque les réponses doivent être rédigées. Ils sont aussi les plus nombreux à ne pas terminer les épreuves...
[ PIRLS 2011 International Results in Reading - pdf ]

Ce rapport présente des mesures qui ont fait leurs preuves  pour rompre avec les politiques systémiques qui nuisent à la performance des établissements et des élèves et pour aider les établissements les plus difficiles à améliorer leurs performances. Ces mesures sont :
1. Éliminer le redoublement
2. Encadrer les choix d'établissement de façon à prévenir la ségrégation et l’aggravation des inégalités
3. Adapter les stratégies de financement aux besoins des élèves et des établissements scolaires 4. Renforcer et soutenir la direction des établissements les plus en difficulté
4. Renforcer et soutenir la direction des établissements les plus en difficulté
5. Promouvoir un climat et un environnement scolaires propices à l’apprentissage
6. Attirer, soutenir et retenir des enseignants compétents 
7. Mettre en place des stratégies d'apprentissage efficaces
8. Nouer des liens avec les parents
[ (OCDE, 2012) Équité et qualité dans l’éducation - Comment soutenir les élèves et les établissements défavorisés - pdf ]

... c’est par large un faisceau de dimensions que s’explique le redoublement, à la fois lié à l’enfant et à son contexte.
Cependant, il faut souligner que le manque d’aide au sein de l’école, premier critère, est celui sur lequel il semble à la fois le plus important et le plus pertinent d’agir dans le cadre du redoublement. L’aide reçue au sein de l’école permettant notamment de gommer les inégalités familiales et sociales, mais aussi étant par nature celle en mesure de coller au plus près des difficultés rencontrées...
[ Le redoublement à l’école, quels ressentis des parents d’enfants scolarisés ? - Novembre 2012 - pdf ]

... Dix ministres se sont succédés à la tête de l’Education Nationale depuis 20 ans ... 
... Quand on sait qu’il faut au moins un an pour connaitre les arcanes de cette maison d’un million de salariés, et qu’il faut au minimum trois ans pour faire passer un petit changement, on mesure le degré d’impuissance de la plupart des titulaires...
...  jamais n’ont été mis à l’Orientation ceux qui connaissent vraiment le problème. On met là des gens en transit. «Un fromage», comme on dit.
L’usine à gaz de l’Orientation.
Donc il ne faut rien attendre de révolutionnaire coté Orientation pour le moment. Tout est figé du fait qu’au moins quatre ministères opèrent sur le secteur et refusent de partager ou fusionner leurs attributions ...

... Et puis un jour, un peu par hasard, je me suis retrouvé dans une classe de 3ème, avec mon fils au milieu, et un intervenant qui demande "Qui est sur Facebook? "... et toutes les mains se lèvent... sauf celle du fiston... 
... Parfois, l'un de mes garçons apporte à son enseignant une url, un simple lien Internet... en guise de travail personnel, d'expression écrite, de commentaire... C'est tout. Pas une ligne de plus, pas un paragraphe. Bien entendu, puisque tout est en ligne... Et j'en souris chaque fois! ...

... Dans une classe de seconde d’un lycée huppé de la région parisienne, le prof de maths déclare aux élèves qui ne parviennent pas à le suivre, qu’ils ne travaillent pas assez (évidemment !) et qu’ils n’ont qu’à prendre des cours particuliers car ils ne sont pas au niveau. Il apparaît donc que, dans cette classe, il est hors de question de prendre les élèves tels qu’ils sont. On les prend tels qu’ils devraient être et ceux qui n’ont pas été formatés sont condamnés...
... On est dans un illusoire entre-soi où l’élève n’existe pas, il est ailleurs, perdu, fatigué, déçu par l’école… et même par la littérature, décortiquée techniquement par les ultra disciplinaires qui oublient que le sens et l’intelligence sont plus importants que l’octosyllabe.
 Oui, la refondation devrait concerner tout le système, toute la pyramide, tous les étages.
 On ne changera rien si l’on ne change pas tout...

... Et puis "emplois d’avenir", cela ne leur évoque pas que du bon"En éco, on a appris que chaque gouvernement teste un nouveau truc", sait Alexis Bernod, 20 ans, qui a pâti d’avoir décroché son BTS protection de la nature au rattrapage : plus aucune place en IUT pour une licence professionnelle. Depuis, c’est chômage comme papa, également bac +2...

Pas moins de sept rapports sont prêts pour nourrir les débats lors de la Conférence de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale, qui se tiendra lundi et mardi prochains au Conseil économique, social et environnemental (Cese). Ils ont été remis au gouvernement par les groupes de travail thématiques (famille et enfance, logement, santé, emploi, surendettement, droits sociaux, politiques de solidarité) chargés de plancher sur les moyens de combattre la misère. En France, 8,6 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté monétaire (964 euros par mois), dont un enfant sur cinq...

... "l'environnement familial, social, économique en tension est propice à l'augmentation des ruptures scolaires qui réduisent les chances de réussite des jeunes d'origine sociale modeste, pourtant déjà très inégales du fait du fonctionnement ségrégatif du système éducatif français"...
... "il est encore plus difficile désormais de parler au singulier de la jeunesse, tant on assiste à une accentuation de la polarisation de cette population", marquée par un taux de pauvreté de 22,5% en 2009 chez les 18-25 ans (contre 17,6% en 2004), soit nettement plus que l'ensemble de la population (13,5%)...

...Sur 100 jeunes entrés en 6e en 1995, 44 sont désormais titulaires d'un diplôme de l'enseignement supérieur. Cette proportion varie de 20% pour les enfants d'ouvriers non qualifiés à 76% pour les enfants de cadres ou d'enseignants. Une grande partie des inégalités scolaires se joue avant le baccalauréat. Les chances d'avoir le bac et le type de bac obtenu diffèrent déjà nettement selon le milieu social : parmi les jeunes entrés en 6e en 1995, près de 90% des enfants d'enseignants ou de cadres ont eu le bac, contre 40% des enfants d'ouvriers non qualifiés...
[ France, portrait social - Insee Références - Édition 2012- pdf ]

... "Nous ne sommes pas là pour leur assurer des débouchés professionnels.Nous sommes là pour élever les consciences". Cela m’a profondément choquée. Les étudiants veulent bien qu'on élève leur conscience, mais ils espèrent aussi qu'on garantisse un diplôme qui leur serve à quelque chose !...

... pour la France, parmi les raisons explicatives de la régression de son école- une raison minorée par les acteurs de l’école- est que son fonctionnement repose principalement sur la «faute» et la «sanction». Pour l’élève le droit à l’erreur n’est pas autorisé. Cette situation fait que notre école est particulièrement anxiogène pour tous ses acteurs. Il faut toujours répondre «juste» sous peine de réprobation et/ou de mauvaise note. Une autre cause est que notre organisation scolaire est très axée sur l’enseignement disciplinaire et le travail individuel des enseignants et des élèves. Ces formes conviennent bien à une minorité d’élèves mais démontrent quotidiennement leur inefficacité pour une bonne majorité des autres ; d’où en bonne partie le record des inégalités scolaires battu par la France....
[ Inégalités scolaires : France 23ème sur 24 (UNICEF/OCDE)- pdf ]

... La question du temps scolaire a complètement écrasé dans l’opinion publique, celle de l’efficacité des apprentissages, avec une vue très réductrice de la vie de l’élève. On annonce l’aménagement du temps scolaire pour demain et des nouveaux programmes pour après-demain et peut-être encore plus tard tant le problème est complexe face au développement exponentiel des savoirs de l’humanité et à la nécessité de privilégier le développement de l’intelligence, la construction de l’apprendre à être, à faire, à apprendre, à vivre ensemble, au lieu de la sédimentation de savoirs rapidement oubliés...

...  La paperasse, envahissante, qu'on leur demande d'adresser à la hiérarchie, que ce soit pour organiser une sortie à la piscine ou pour signaler un élève en difficulté. Le sentiment d'être infantilisés par la hiérarchie. L'impression de subir, à chaque changement de ministre, un nouvel empilement de réformes venues d'en haut, sans rapport avec leurs besoins...
... Résultat, la majorité demande des réformes plutôt qu'une réforme, des mesures simples et concrètes pour, là encore, améliorer le quotidien, mais surtout pas de "grand soir", de véritable "refondation"

...en collège, le délai de non-remplacement d'un professeur est monté à 15 jours». Sans parler des postes de médecins scolaires vacants à 40%. Une situation liée à la difficulté de recrutement qui touche toutes les académies mais qui est particulièrement dramatique dans ce département de banlieues pauvres. Alors pour refuser cette "pédagogie du manque", les parents remontent au créneau.
Ils réclament un «plan d’urgence», avec recrutement et formation d’enseignants, de RASED, d’auxiliaires de vie scolaire mais aussi une aide aux communes pour faire face aux constructions...


"Gallois , nouveau ministre de l'Education nationale ?"
Le levier éducatif du pacte de «compétitivité»
... Ce n’est pas la première fois, loin s’en faut, que l’on envisage de doubler les effectifs des formations en alternance et d’avoir pour horizon le nombre de 500000...

... on ne peut être que stupéfait par la lecture des quelques pauvres lignes de diagnostic, comme autant d’affirmations lancées sans justification. En clair, le rapport repose sur du sable quand ce ne sont pas des sables mouvants...
... On croit lire un discours de Raymond Barre à la fin des années 70. A l’époque, cette vision de la jeunesse était démentie par les faits. Les jeunes voulaient et veulent toujours avant tout travailler...

... Constatant que la part des revenus nets distribués par les sociétés non financières en 2011 a atteint 9 % de leur valeur ajoutée, soit le point le plus haut depuis la seconde guerre mondiale, les auteurs en concluent que les entreprises ont choisi de continuer à augmenter les dividendes plutôt que d'investir dans l'innovation...
... Attac et la Fondation Copernic préconisent d'abandonner la logique même de la compétitivité, cette "voie sans issue, économiquement absurde et socialement destructrice",  et proposent un autre modèle de développement qui rompt avec le consumérisme.
[ ATTAC - Pour en finir avec la compétitivuté - pdf ]

... Depuis la loi du 11 février 2005 «sur l’égalité des droits et des chances»,les enfants handicapés peuvent être scolarisés comme les autres, dès trois ans, dans l’établissement proche de leur domicile...
... Mais les moyens n’ont pas suivi, ce qui provoque l’exaspération de parents à qui l’on a fait miroiter un droit mais qui doivent se battre pour le faire respecter...
... La question de leur statut est au cœur des débats. Ces postes sont des emplois précaires, payés au lance-pierres ...
...les associations réclament un vrai statut et une formation décente, aujourd’hui réduite à cinq heures en tout et pour tout…

...«Si j'attends l'argent pour nous payer le car, je ne fais rien Avec lui, les «rallyes lecture» emballent des gamins allergiques à la grammaire, la danse contemporaine adoucit leur rapport au corps. Ces jours-ci, la classe prépare une chorégraphie sur la musique R&B de Beyoncé. Son obsession, c'est le projet qui accroche en cours des enfants à la concentration aléatoire : «Cela va des élèves menacés d'expulsion qui dorment à l'hôtel aux enfants de mères seules qui galèrent.»
Depuis que sa ZEP a été rebaptisée zone Eclair - miracle de la terminologie ministérielle -, sa classe est passée à 29 élèves, au lieu de 25 habituellement...

... le slogan «Sois responsable, mais tais-toi!»s’est substitué au «Sois jeune et tais-toi!» de Mai 68. Tandis que certains militent pour abaisser la majorité pénale à 16 ans, le RSA n’existe quasiment pas avant 25 ans. Les exigences de responsabilités ne fonctionnent donc pas dans les deux sens! Tant que les jeunes font calmement la fête sans rien revendiquer, tout va bien...

... L’examen porte sur le développement rural et sa place au sein de la mécanique européenne. Ce sujet nous est aussi inconnu qu’à une poule landaise. Mais ce n’est pas grave, l’important est juste que nous sachions pondre une résolution, en étant notés sur notre capacité à imiter des textes déjà existantes et à singer leur formulation. L’erreur serait de faire preuve de créativité. La sanction serait immédiate»
... En lisant ces histoires de soumission et de résignation,  on pense soudain à cet autre fascinant témoignage qu’est «L’Etrange défaite», un livre clé écrit juste après la débâcle de 1940 par l’historien Marc Bloch...

... En fait, ce n’est pas Sarkozy qui aurait été la cause de ce durcissement de l’administration qui ne sert plus les élèves. C’est une culture qui a été installée....
... Il faut écarter tout ce qui pense, tout ce qui fait penser l’institution.
Cette Institution est malade. Cette institution est malade et incite chaque cheville ouvrière, chaque enseignant, à se replier sur sa classe. Il est clair que rien ne sert la classe dans cette administration-là. Cette administration est malade, centrée sur elle-même, hémiplégique, sans ressentir ce que vivent les élèves et les enseignants.Cette administration est malade.

... Mais par quels tours de passe-passe l’industrie pharmaceutique continue-t-elle de médicaliser progressivement les maux sans gravité, les émotions, les comportements ordinaires ?
... L’histoire du diagnostic psychiatrique est remplie d’engouements et de modes qui se succèdent. Aux Etats Unis, les diagnostics du moment, à la hausse, sont l’autisme, le déficit de l’attention et la bipolarité enfantine.Il y a aujourd’hui plus d’accidents liés à la prescription de drogues légales que d’accidents liés à la consommation de drogues de rue. Il serait peut être temps de contrôler cette inflation et la surmédicalisation qui en découle...

... L’élève qui est devant moi prend un morceau de  fromage et un yaourt. La cuisinière lui fait remarquer que c’est «fromage OU yaourt».  Sur mon plateau, il y a un fromage ET un yaourt...
... Un chœur céleste me chante le refrain des dix compétences de l’enseignant idéal. Tu dois donner l’exemple…Tu n’es pas au-dessus des lois…Tu es un modèle… Agis seulement d'après la maxime grâce à laquelle tu peux vouloir en même temps qu'elle devienne une loi universelle.Si tout le monde prenait du fromage et du yaourt, où irions-nous ?

... Cette question de la rémunération est «une des causes de la crise du recrutement», selon le Snes-FSU. «Les comparaisons internationales sont très violentes, poursuit Daniel Robin, l'un de ses secrétaires généraux. En début de carrière, l'écart de rémunération avec la Finlande est de 30 %. On sait que le rattrapage de cet écart ne pourra pas se faire en un, deux ou même trois ans. Mais il est essentiel d'inverser la vapeur.»
Quant aux professeurs expérimentés que François Hollande propose «d'affecter dans les territoires en difficulté», aucune contrepartie financière n'est pour l'instant prévue...

... Les améliorations observées en Finlande depuis 2000 sont, en fait, le fruit d’un ensemble de réformes menées depuis les années 50, dont la plus importante et la plus déterminante fut la refondation de la formation des enseignants dans les années 70, qui peut, à bien des égards, donner des idées au système éducatif français...
... Ce modèle est il exportable en France ?
Aujourd’hui, alors qu’on parle beaucoup de la désaffection du métier d’enseignant en France, il y a quasiment 10 candidats pour 1 poste dans les facultés d’éducation en Finlande – une preuve, s’il en faut, du succès de la réforme ! Les enseignants finlandais ne sont, en plus, pas mieux payés qu’ailleurs...

Mais ...
...A Helsinki, tous votent pour le recrutement des enseignants et les conseils de direction sont composés de cinq parents d'élèves, deux professeurs, deux élèves et un représentant des autres membres du personnel...
... Le recrutement des enseignants s'effectue par voie d'élection par le conseil d'école ou le conseil de direction du lycée, et par leur directeur. En cas de sélection, leur période d'essai est de six mois.....
...Les enseignants sont fonctionnaires municipaux, mais nombre d'entre eux sont sous contrat à durée déterminée....

... En France, 6 à 8% des enfants scolarisés seraient "dys". Trois lettres qui regroupent des troubles aussi variés qu'empoisonnants : problèmes de lecture (dyslexie), d’orthographe (dysorthographie), de calcul (dyscalculie) ou, plus généralement, difficultés d’attention...
... troubles dont l’enseignant, non-formé et peu accompagné, ne connaît pas les causes, mais voit bien les conséquences : l’élève répond mal, retranscrit mal les consignes, ne paraît pas comprendre ce qu'on lui demande, ne se concentre pas, etc. Il est donc très tentant de le croire paresseux, pas au niveau, voire mal élevé...

... Au sein des 40 pays de l’OCDE, c’est en France que les élèves se sentent le moins « chez eux » à l’école. Pour ces chercheurs, ce manque de coopération précocement imprimé dés l’école marque notre culture, déteint sur la marche de la société, et peut expliquer en partie les mauvaises performances de nos entreprises...
 Par ailleurs, notre pays innove peu car l’école inculque une soumission passive là où il faudrait développer le sens de l’initiative . Ainsi, les jeunes français ont des scores médiocres dans les épreuves où il faut savoir s'exprimer, s’adapter, faire preuve d’esprit critique et d’esprit d’innovation. 
C’est en France, après la Turquie et la Japon, que les élèves passent le plus de temps ( 75 % du temps) à prendre passivement des notes...

... Qui est capable en France de porter cette révolution éducative ?
Ce projet scolaire est central, je ne suis pas sûr que la volonté politique soit là. Qui a envie de s’opposer aux lobbies des conservateurs de l’école, les différentes sociétés des agrégés, les défenseurs des grandes écoles, toutes ces associations qui ont une audience médiatique inconsidérée par rapport à leur représentation ?

... Vincent Peillon [ministre de l'éducation nationale, NDLR] a dit que le défi, c'était de tenir en même temps la justice sociale et l'efficacité. C'est une position intéressante. Même si certains discours relèvent de la langue de bois, un gouvernement socialiste sous contrainte budgétaire peut avoir une fonction pédagogique plus efficace qu'un autre. Il peut dire, mieux que la droite, certaines vérités difficiles à entendre chez les enseignants.
Certes, poser des questions n'est pas réformer. Mais on est encore plus loin de la décision quand on refoule les bonnes questions ! 

...La succession de cours sans lien les uns avec les autres apparaît à la plupart des membres du groupe comme une perte de sens et de temps. Les initiatives avec des séquences de cours plus longues (90 minutes au lieu de 55 minutes), apparaissent à même de réduire fatigue (liée entre autres au bruit et à la manutention du matériel scolaire), déplacements et sentiment de « Zapping » au sein des collèges...
[ Rapport DGESCO sur le "climat scolaire" - août 2012 - pdf ]

... Dans certains réfectoires non équipés acoustiquement, il n'est pas rare que le sonomètre frôle les 100 décibels - bruit émis par le moteur d'une tronçonneuse -, constate Bruitparif, l'observatoire du bruit en Ile-de-France. L'organisme a effectué des mesures de décembre 2008 à mai 2009 dans vingt lycées de la région. En décembre 2004, déjà, le ministère de l'écologie observait que nombre de cantines affichaient 90 décibels. Dans le cadre du "plan bruit" lancé par Roselyne Bachelot, le ministère a proposé des subventions pour réhabiliter 500 cantines construites avant 1996, afin d'en réduire le niveau sonore à 70 décibels.
Mais depuis, aucune évaluation n'a été faite.

... «On ne peut pas dire à des parents que l'école intègrera leurs enfants et ne rien mettre en place pour les accueillir correctement en laissant les enseignants se débrouiller seuls et assumer les manques de notre administration» ...
... Ces troubles concernent des élèves qui ont du mal à rester concentrés, à respecter les règles de vie. Ces enfants ont peu ou pas de soutien familial pour s'emparer de la connaissance scolaire et ne font pas le lien entre réussite sociale et école. Les appréciations divergent sur le fait de savoir si ces TCC relèvent du handicap ou de l'inadaptation sociale»...

... la « violence » peut être de bas bruit, mais sa répétition peut entraîner des troubles importants pour ceux qui en pâtissent et pour l’environnement scolaire. Ni exagération, ni négation, il est nécessaire d’asseoir rationnellement l’action publique – tant au niveau national qu’aux échelons locaux et intermédiaires. Il faut connaître les types de violence principaux et leur fréquence, les expériences des victimes et les conséquences de leur victimation pour éviter de se faire happer par le fait-divers, l’exceptionnel ...
[ L'école entre bonheur et ras-le-bol - Enquête de victimation et climat scolaire auprès des personnels de l'école maternelle et élémentaire - Eric Debarbieux et Georges Fotinos - sept 2012 - pdf ]

Un faible goût pour l’école et un ennui fréquent
• 47% des enfants interrogés déclarent aimer «un peu» l’école et 23% l’aiment «beaucoup». A contrario, 30% d’entre eux n’aiment «pas trop», voire «pas du tout» l’école.
La plupart des enfants interrogés s’ennuient, au moins de temps en temps, à l’école : 22% s’y ennuient «souvent» ou «tout le temps», 45% s’y ennuient parfois, et 33% s’y ennuient «rarement» ou ne s’y ennuient «jamais».
Les enfants déclarant ne pas aimer l’école sont 50% à déclarer s’y ennuyer «tout le
temps» ou «très souvent», contre 10% des enfants déclarant aimer l’école...
[ Baromètre 2012 du rapport à l’école des enfants de quartiers
populaires- pdf ]

... Je leur parle des devoirs écrits, interdits depuis 1956 mais que je compte donner chaque soir de l’année, très raisonnablement, j’appuie sur la nécessité de savoir ses leçons, rappelle aux parents qu’il existe de l’aide aux devoirs dans l’école pour les élèves et les familles qui en auraient besoin...
... Bien sûr il y a la maman chiante de service qui, bien que d’accord avec ce que je dis, ne peut s’empêcher de poser une question un peu con, pour le plaisir d’intervenir et de me mettre légèrement en difficulté...

..."Et on s'étonne que les profs soient démotivés"...
- Ensuite, c'est la preuve que les suppressions de postes vont se faire sentir encore longtemps.  Après les coupes du sarkozysme, les rectorats en sont réduits à une gestion comptable, jonglant avec les profs pour boucher les trous. 
Les conditions de travail des enseignants s'en ressentent.  Et la qualité du service public aussi...

...Oui, 31 ou 35 élèves, ça change quelque chose, tant d’un point de vue humain que pédagogique. On va essayer de vous expliquer...

... Parmi les causes d’échec de la scolarité obligatoire, il en est une sur laquelle j’attire votre attention, parce que, paradoxalement, son poids pourtant décisif est rarement mis en exergue : la conception de programmes exclusivement disciplinaires, dont les fondements historiques et épistémologiques remontent au XIXe siècle. La IIIe République en juxtaposant un enseignement du peuple (le primaire) et un enseignement pour l’élite (le secondaire) a maintenu l’héritage culturel et organisationnel des lycées napoléoniens...

Laïcité : pas de sermon à l'école, ... davantage d’instruction, M. Peillon !"
... Il s’ensuit qu’il n’y a pas plus de «morale laïque» que, par exemple, de «science laïque»....
...Pour renforcer la laïcité à l’école, Vincent Peillon serait mieux inspiré de rétablir les enseignements disciplinaires affaiblis à coup de «réformes»,plutôt que d’instaurer le prêche d’une insaisissable «morale laïque».

Ecoliers, parents d'élève, encadrants, enseignants sont invités à témoigner sur les questions d'accès pour les fauteuils roulants, d'accès conditionné aux ressources, ainsi que sur les questions de nourriture : allergies, interdits religieux et végétarien.
[ Formulaire de témoignage sur les conditions d'accès aux cantines scolaires de l'école publique et le service rendu ]

...  le ministre a annoncé 22000 recrutements pour 2013, une augmentation de 47 % par rapport à la session précédente. Un chiffre en deça des prévisions moyennes de départs en retraite (entre 28 et 30000)...alors que le gouvernement doit trouver, en plus des départs en retraite, 12 000 nouveaux enseignants chaque année pour tenir sa promesse. Pour l'instant le compte n'y est pas.

... Mais entrouvrir son portefeuille ne suffira pas pour réformer l’école(si François Hollande en doute, l’ancien ministre de l’Education Lionel Jospin peut lui en toucher un mot). Sur la question des rythmes scolaires, de la formation des enseignants, de la priorité à accorder aux quartiers difficiles, pour ne citer que quelques exemples, réformer supposera du chef de l’Etat et de son ministre de l’Education qu’ils ne reculent pas à la première montée de fièvre syndicale ou ne cèdent pas au premier lobby venu. Ils devront à la fois être à l’écoute des enseignants, mais aussi capables de les bousculer. Dans le cas contraire...

... Il ne faut pas être dupe du pseudo consensus sur l’école. Dès qu’il faut faire des arbitrages, les groupes sociaux défendent avant tout leurs intérêts propres et divergents. Les parents aisés souhaitent préserver leur week-end, tout comme les enseignants d'ailleurs. Leurs syndicats se sont longtemps opposés au samedi matin, pour avoir eux aussi leur week-end. Et puis il y a le primat de Paris, centre de la vie politique ...On n’a pas étudié l’impact des rythmes scolaires en se concentrant sur les élèves les plus faibles, ceux qui n’ont que l’école pour apprendre...

... Deux questions chères aux parents restent en suspens : la scolarisation des moins de 3 ans, passée de 34 % à 12 % en dix ans, que le ministère dit "encourager", promettant une "montée en charge progressive". Et la carte scolaire, dont il juge l'assouplissement "néfaste". En réflexion, des "réseaux de lycées", afin d'en finir avec la concurrence entre établissements. Ces questions sont – comme bien d'autres – au menu de la concertation...

... En France, les élèves du primaire travaillent 140 jours par an. C’est peu par rapport aux petits Allemands, qui travaillent entre 188 et 208 jours ; aux Espagnols qui travaillent 175 jours par an ; ou aux Finlandais, tans admirés, qui travaillent 190 jours par an. En revanche, le nombre d’heures passées en classe est sensiblement plus élevé. Tout se tient donc : la répartition des heures sur la journée et celle des journées sur l’année. C'est l'un des points sensibles ...

... Je n’ai pas dit instruction civique mais bien morale laïque. C’est plus large, cela comporte une construction du citoyen avec certes une connaissance des règles de la société, de droit, du fonctionnement de la démocratie, mais aussi toutes les questions que l’on se pose sur le sens de l’existence humaine, sur le rapport à soi, aux autres, à ce qui fait une vie heureuse ou une vie bonne. Si ces questions ne sont pas posées, réfléchies, enseignées à l’école, elles le sont ailleurs par les marchands et par les intégristes de toutes sortes...
...l’élève se lève quand le professeur entre dans la classe?
Ce n’est pas le sujet. Il ne faut pas confondre morale laïque et ordre moral. C’est tout le contraire. Le but de la morale laïque est de permettre à chaque élève de s’émanciper, car le point de départ de la laïcité c’est le respect absolu de la liberté de conscience. Pour donner la liberté du choix, il faut être capable d’arracher l’élève à tous les déterminismes, familial, ethnique, social, intellectuel, pour après faire un choix...

... «C’est un projet autoritaire, totalement inadapté»
... En affirmant que la France a besoin d’un «redressement moral», avec des accents réactionnaires embarrassants pour tous ceux qui voudraient soutenir ce gouvernement, Vincent Peillon montre à quel point la pensée conservatrice est devenue hégémonique dans les esprits, même à gauche. Mais finissons sur une petite note optimiste : l’aspect positif de ce programme, c’est qu’il n’a aucune chance d’être réalisé...

... «Un agrégé est parfaitement apte à rédiger un cours, une bibliographie, un commentaire, une dissertation. Tout cela est très bien maîtrisé par les jeunes profs. En revanche, tenir une classe, apprendre, enseigner, c'est encore autre chose. Qui peut dire, même parmi les plus motivés, qu'il sera performant dans son métier ?» Un doute forcément partagé par tous les nouveaux professeurs...

... Alors, faut-il abandonner les notes ? Le débat ne date pas d'hier. En 1969, le gouvernement avait tenté de remplacer les notes par des lettres : A, B, C, D. Un fiasco. Les professeurs ajoutaient en effet à leur sauce des chiffres, des mentions – ou +, conduisant aux mêmes dérives que le précédent système. Aujourd'hui, le ministre de l'Education dit simplement vouloir réfléchirà une "évolution de notre système de notation"...
[ Les Français et la suppression des notes à
l’école - Résultats détaillés - Août 2012 - pdf]

...Sans taire les besoins propres aux adultes, on n'ignore plus que le principal concerné, c'est l'enfant, le jeune, et qu'il n'est pas toujours/seulement en classe. Autrement dit, on ne considère pas seulement l'élève, mais la personne. Il y a une vraie prise de conscience de la complexité de la question des rythmes – jusqu'à présent, c'est comme si on s'en doutait, mais on n'allait pas jusqu'à soulever le couvercle...
... Il ne faudrait pas s'en tenir à des 'mesurettes', rester au milieu du gué, comme l'ont fait les prédécesseurs du ministre Vincent Peillon. N'oublions pas que le respect des rythmes n'est pas non plus la solution miracle pour la réussite des petits Français. On ne réglera pas tous les problèmes de l'école par ce biais-là."...

... «Dans certains établissements, le taux de renouvellement est tellement important que la mémoire de l’école, c’est celle de l’élève de CM 2 qui y a fait toute sa scolarité.»
Le sourire un peu crispé, les futurs instituteurs encaissent sans broncher...

... la note à la française a des effets pervers. Difficile quand on est abonné au 6/20 de sortir du carcan mauvais élève. L’erreur est «sanctionnée», quand elle ne s’accompagne pas parfois (surtout dans le secondaire) de commentaires lapidaires. Mais les efforts et progressions ? Localement, des écoles et quelques collèges ont tenté l’abandon de la note, observant une amélioration du comportement des élèves, plus confiants.
 Les parents eux-mêmes, qui pestent contre la pression scolaire, ne sont pas les derniers à se sentir perdus quand il n’y a plus de note...

...  La situation est sans précédent dans l’histoire de l’école. Sans refondation, l’école risque de disparaître, ce qui est déjà bien en cours. Il suffit d’observer l’ennui croissant des élèves, le rejet de l’école qu’ils ne comprennent pas, et la souffrance des professeurs malgré tous leurs efforts pour d’adapter, rénover, moderniser leurs pratiques, le développement du home-schooling, le temps passé par les élèves à apprendre d’autres choses et à se former à d’autres compétences que celles qui sont apprises par une proportion d’entre eux, à l’école.
Nous avons changé de monde. Les enfants sont différents...
... Refonder, c’est changer les fondations, pas seulement les réparer, faute de quoi la belle idée de refondation n’aurait pas de sens et se réduirait à une ixième réforme condamnée d’avance...

... Bref, on n’est pas déçu par la prose et les idées de la droite forte, où les bienheureux semblent vivre dans un monde simple, sans nuance ni complexité. Un monde surtout très éloigné de l’école, qui paraît n'en connaître ni les réalités ni les enjeux. Libéralisation forcenée, ultraflexibilité des personnels, mesurettes poudre aux yeux relevant de la méthode Couet, bourrées d’incohérences et de paradoxes, confusions, approximations, mélange des genres, populisme, tout ceci ferait rire si ...

Nous demandons l'abandon immédiat de la remise en question des rythmes scolaires, absolument pas prioritaire à nos yeux, tant que d'autres points fondamentaux n'ont pas été revus.
Les priorités de cette refondation doivent être  :
- l'allègement des programmes scolaires du primaire
- la baisse des effectifs par classe
- la remise en place des RASED (qui ont été détruits ces dernières années)
- la prise en charge des élèves porteurs de handicap (pérennisation des Auxiliaires de Vie Scolaire, ouvertures de places en classes spécialisées)...

... Améliorer l'enseignement primaire, trop longtemps oublié des priorités éducatives, est certainement une urgence. Sortir, pour cela, de l’obscurantisme pédagogique dans lequel l’Éducation nationale s’est plongée en renonçant à former les enseignants non seulement avant leur entrée dans le métier mais, plus encore, au cours de leur carrière, sortir de cet obscurantisme est également fondamental.
... Mais tant que les filières d'élite n'auront pas, elles aussi, fait leur aggiornamento, ni les parents, ni les enseignants, ni, dans une certaine mesure, les élèves, n'adhèreront à un projet éducatif en parfait décalage avec les critères de sélection qui permettent de s'assurer une place au soleil de l'excellence...

... «Les petits cours en soi ne sont pas un facteur de réussite. Il faut aussi que les familles s'investissent en rencontrant les professeurs, en suivant de près les devoirs», explique Thomas Collas. C'est en France que le phénomène est le plus développé, « le seul pays, précise Mark Bray qui offre une réduction d'impôts aux familles pour l'emploi à domicile», une mesure mise en place au début des années 1990 et qui profite aux plus aisés....
... Cette course laisse encore un peu plus sur le bord de la route les enfants de milieux modestes mais aussi des classes moyennes, voire moyennes supérieures. «Les familles dont les revenus dépassent 48 000 euros par an recourent trois fois plus au soutien scolaire ...

... "La liberté de l'enseignant doit-elle le conduire à sermonner l'enfant parce qu'il a un cahier à couverture jaune, alors qu'il demandait une couverture bleue?", demande Valérie Marty, présidente de la PEEP. "Est-il normal que tel professeur de français demande un dictionnaire Petit Robert et que son successeur nous fasse acheter un Larousse ?", ajoute-t-elle. M. Hazan souhaiterait que "les demandes de fournitures des différents enseignants passent en conseil d'administration, afin qu'il y ait une concertation sur le poids du cartable et les dépenses demandées aux familles".

... Aujourd'hui, plus que jamais, les indicateurs sont au rouge :
- La ghettoïsation scolaire s'accroit ;
- La concurrence entre les établissements s'accentue ;
- Les écarts entre les territoires se creusent ;
- La logique de l'entre soi se renforce.
Certes, la carte scolaire ne peut à elle seule régler le problème des inégalités scolaires, celles-ci étant souvent la conséquence d'inégalités sociales, urbaines et culturelles. Son rétablissement serait donc un leurre...

... un instit touchera en France 36€ par heure d’enseignement au bout de 15 ans de carrière, contre 49€ en moyenne dans l’OCDE… Seuls la République Slovaque, la Hongrie, l’Estonie, le Chili, le Mexique font pire, avec un niveau de vie bien moindre…
... l’école primaire est le parent pauvre de l’école française : moins de moyens, trop d’élèves, profs travaillant plus mais moins payés. La situation est encore pire en maternelle, alors que la France peut s’enorgueillir du meilleur taux de préscolarisation de l’OCDE (mais à quoi sert de préscolariser si c’est dans ces conditions ?)...

... les SES restent un sujet de débat, une discipline dont la droite se méfie comme de la peste. Luc Chatel, diplômé de marketing, avait d'ailleurs réussi à en limiter la dimension sociologique jugée par trop gauchiste.
Régulièrement, la discipline est attaquée dans des études ou des ouvrages. On reproche en vrac aux profs de SES de n'avoir jamais mis les pieds dans une entreprise et de ne rien comprendre à l'économie, d'être hostiles à l'économie de marché et à la mondialisation, pire encore, d'être bourdieusiens...

... On lit que60% des enfants de cadres ont le Bac à l’âge « normal » (18 ans), contre 22% pour ceux des ouvriers. Terrible...


Allergie, ennui, humiliation, stress, phobie, absentéisme, décrochage, déscolarisation :
ON DIRAIT QU'ILS S'ENNUIENT
... ces jeunes non-scolarisés se retrouvent bien souvent sans emploi ou inactifs. C’est le cas pour 71% d’entre eux en France, un chiffre au-dessus de la moyenne de l’OCDE (57%). Et les inégalités ont tendance à durer, puisqu’un quart des 20-24 ans qui ont un niveau de formation inférieur à la fin du secondaire (autrement dit, la fin du lycée) sont au chômage. Chez les 25-29 ans, la proportion demeure élevée, à 22% ...
... Entre 2000 et 2009, l'échec scolaire chez les élèves de 15 ans est passé de 15 à 20%.» Pour lui, le système scolaire français «se dégrade par le bas». En cause notamment, le manque de mesures pour lutter contre l'échec scolaire et une pratique du redoublement qui ne fonctionne pas bien.
... faiblesse des investissements réalisés jusqu'à la fin du secondaire entre 2000 et 2009 : si les dépenses par élève ont augmenté en moyenne de 36% dans les pays de l’OCDE, elles ont crû de moins de 10% en France...
[ Regards sur l'éducation 2012 : Les indicateurs de l'OCDE ]

Au cours de la 5e journée du refus de l’échec scolaire, nous tenterons de comprendre ce qui conduit un jeune à décrocher dans son parcours scolaire (le décrochage scolaire n’arrive pas d’un coup, c’est le fruit d’un processus, et d’une conjonction de facteurs sociaux, personnels et bien sûr scolaires).
Nous analyserons les conséquences de cette rupture. En effet, décrocher ce n’est pas seulement sortir prématurément du système scolaire ...

... les conclusions de l'étude néo-zélandaise ne sont pas vraiment surprenantes. Des atteintes cognitives - troubles de mémoire, de l'attention et de la concentration, manque de motivation - ont été décrites depuis longtemps chez les consommateurs de cannabis au long cours. Mais Madeline Meier et ses collègues enfoncent le clou sur la vulnérabilité du cerveau adolescent à cette drogue...

Si dire que les Français et les Japonais sont les plus malheureux à l’école est un peu abrupt, difficile de nier qu’ils font probablement partie des plus stressés. Les deux systèmes éducatifs se rejoignent sur une valeur essentielle que l’on retrouve peu, ou du moins de manière moins prononcée, dans les autres pays: l’élitisme...
... Selon l’OCDE, le Japon se classe d’ailleurs largement devant la France en termes de «bien-être éducatif», indicateur fondé sur l’analyse des résultats scolaires et des inégalités de résultats entre élèves....
... un 12/20 en philosophie ne «vaut» pas un 12/20 en français. De plus, il est pratiquement impossible d’obtenir un 20/20. Il est par contre nettement plus possible de se voir attribuer un zéro. Difficile de se sentir motivé....
... La France est championne de l’OCDE en termes de redoublement: 38% des élèves ont déclaré avoir redoublé au moins une fois, soit un tiers des étudiants. Problème: le redoublement est loin d’aider les élèves.
Premier effet: le sentiment d’échec. L’élève perd confiance en lui....

"chaises musicales"
... "y a eu un dialogue de bonne qualité avec les parents de cette école jeudi et il leur a très clairement été expliqué que si on leur donne quelque chose, c'est une autre zone, rurale ou banlieue, qui n'aura rien".
"Il y a malheureusement d'autres écoles dans des situations pires où on a été obligé de fermer une classe, faute de disposer de suffisamment d'enseignants" ...

... l'école doit s'appuyer sur cette confiance pour fonctionner - mais elle est aussi une finalité. L'école en refondation doit se donner pour mission de construire chez l'enfant la certitude qu'il peut réussir. Notre système a trop souvent péché parce qu'il ne mettait l'accent que sur le négatif. La sanction plutôt que la récompense. La peur d'échouer plutôt que l'encouragement à progresser...
... Plutôt que de traquer uniquement l'échec, un système d'"évaluation des réussites" doit être mis en place. Il est possible de se dispenser d'une notation arithmétique qui pénalise les élèves et désespère leurs familles. N'oublions pas qu'étymologiquement le savoir - sapere - renvoie à l'envie de "goûter"...

C’est l’âge du collège : ils ont entre 11 et 15 ans. Ils vont plutôt pas mal, sauf parfois les filles, qui se sentent souvent fatiguées. Ils sont de plus en plus connectés... une enquête réalisée simultanément dans quarante pays. Cette année, un des thèmes était de voir la répercussion du développement de Facebook et autres réseaux sociaux, mais aussi de la mode des téléphones portables, sur la vie et la santé des ados. Quels impacts ont ces technologies sur la génération collège ? Modifient-elles leur quotidien ?..
... L’importance des TIC dans la vie des collégiens modifie visiblement leurs habitudes sociales : ils sont moins enclins à sortir le soir qu’auparavant ...
... Le collège est aussi le moment de nouvelles expérimentations...
[ La santé des adolescents à la loupe -
Données françaises de l’enquête internationale - Septembre 2012 - pdf ]

... C’est un refus de l’école qui concerne de plus en plus d’élèves et qui est de plus en plus fréquent. L’an dernier, nous avons atteint un taux d’absentéisme record de 19,4% ! En plus, nous avons eu pas moins de dix conseils de disciplines, cinq élèves réorientés et sept exclus. C’est énorme. De là s’est imposée l’idée qu’il fallait tenter quelque chose de nouveau pour qu’ils soient mieux accueillis, pour qu’ils trouvent du sens à l’école, pour que l’on sorte d’un rapport de sanctions. Car la note fait rentrer dans un système de compétition...

...Trouver l'établissement qui convient le mieux à son enfant: difficile d'imaginer un objectif plus consensuel parmi les parents. Tous, pourtant, n'ont pas la possibilité, ou le désir, de construire un parcours scolaire "sur mesure"...
... Cela explique qu'au cours de la décennie écoulée, un enfant sur trois a fréquenté l'enseignement privé ...
... La discipline collective passe par la discipline individuelle. Nous, enseignants, devons donc montrer l’exemple. Certains collègues répondent au téléphone en cours et sortent pour téléphoner. Comment voulez-vous que l’on soit crédibles si l’on n’applique pas le règlement à soi-même ? ...

... "On nous a distribué l’ordi sans nous demander notre avis, sans explication, comme on nous sert des frites à la cantine.
À aucun moment un prof nous a demandé de l’utiliser. Je ne vois pas pourquoi je ne le vendrais pas. Il m’encombre."

... Le plus difficile est à venir : respecter une pause déjeuner d'une heure et demie, réduire les vacances d'été, supprimer ou non les zones A, B et C qui étalent les vacances d'hiver et de printemps en fonction des académies et qui sont défendues mordicus par l'industrie touristique, ou encore alterner sept semaines de cours et deux de congés. Autant de terrains d'affrontements...

Quinze élèves de 9 à 15 ans ont fait leur rentrée au milieu d'un champ de maïs... Leur nouveau collège s'articule autour de la pédagogie Montessori.
Un collège innovant, alternatif
Ce collège d'un nouveau genre est porté par des parents d'élèves et soutenu par des enseignants. Il propose une alternative au parcours scolaire classique en s'inspirant de la pédagogie de Maria Montessori. L'écoute et le respect de chaque individu y occupent une place centrale. « Chaque élève travaille pour lui. Il ne travaille pas pour avoir de bonnes notes »
« Ce ne sont pas des enfants différents mais des enfants qui apprennent différemment »

... ils veulent ouvrir un collège alternatif fondé sur la pédagogie Montessori, dans la région rennaise. Cette méthode d'éducation, lancée par la pédagogue italienne Maria Montessori, encourage l'autonomie et la prise d'initiative chez l'enfant dès son plus jeune âge.
« En 2002, un collectif de parents avait déjà voulu créer un collège expérimental public à Rennes. Mais le projet n'a jamais pu voir le jour, signale Charlotte Marchandise, qui a relancé cette idée. En parallèle des matières académiques enseignées le matin, les enfants sont acteurs de leur travail et développent des projets personnels à travers des ateliers interdisciplinaires l'après-midi. »
Faute d'accord, les parents se sont repliés sur le privé pour donner naissance à « ce collège associatif ». Cet établissement s'inspirera aussi de la méthode Freinet, fondée sur l'expression libre de l'enfant. Une classe pilote ouvrira en septembre prochain avec douze élèves, mélangés de la 6e à la 3e...
Contacts : Charlotte Marchandise,  charlotte@ouvaton.org - 06 68 03 04 04
Christian Pierre, directeur@college-montessori.org -
06 76 52 69 63

... L'école alternative La Pépinière (projet GERME à Loches) a ouvert  à la rentrée 2012 avec une classe élémentaire unique (CP / CM2).
L'objectif étant maintenant d'ouvrir pour la rentrée 2013, une maternelle et une classe de collège,  puis de grandir tranquillement sur 5 ans.
Pour une rentrée le 4 septembre à 9h.:
... une équipe de choc se constitue pour effectuer les travaux d'ici la rentrée des classes.
Vous souhaitez nous aider, vous pensez pouvoir apporter des matériaux, quelque chose à l'école...

... «Si tu continues, tu vas aller en pension!» Il y a encore une ­dizaine d'années, cette phrase était le moyen ultime pour mater un adolescent récalcitrant. Discipline de fer, dortoirs de 40 lits et cantine triste, le pensionnat avait mauvaise presse. En 2012, la situation a bien changé.
L'an dernier, plus de 220.000 élèves y ont fait leur rentrée, et les établissements reçoivent chaque année plus de demandes. ...

... Les CEF "doivent rester une alternative possible, parmi la gamme de solutions qui s'offrent au juge des enfants pour remettre ces gamins sur le droit chemin". "Le coût paraît élevé, mais si on réussit à les sortir de la délinquance, ce n'est pas de l'argent perdu."
Or, c'est un des problèmes liés aux CEF : on ne sait pas si ça marche."On ne sait pas ce que ces gamins deviennent, c'est vraiment dommage" ...

... Beaucoup de pertes et quand on connait les difficultés des éditeurs a intégrer les découvertes des chercheurs aux livres scolaires... On y répète les mêmes âneries parce que c’est un business, on se recopie les uns les autres et il faut au moins trente ans pour que l’état d’une science arrive jusqu’aux manuels scolaires. Donc on a toujours la même vision des barbares, des gaulois etc...

... il peut paraître quelque peu surréaliste d’annoncer, comme vient de le faire la ministre, la tenue d’Assises de la recherche et de l’enseignement supérieur. En effet, qu’attendre d’un tel événement dans un contexte budgétaire et d’emploi aussi contraint, quand par ailleurs aucune remise en cause de l’architecture générale mise en place par l’équipe précédente n’est à l’ordre du jour ? Pas grand chose serait-on tenté de dire. Mais cette réponse pourrait bien être encore trop optimiste.
Vers un véritable marché concurrentiel de l’ESR.
Car ces assises pourraient être l’occasion de mener plus loin encore l’agenda des réformes d’inspiration néo-libérale inscrit depuis une quinzaine d’années dans les traités de Bologne et Lisbonne. Adoptés sous le gouvernement Jospin, ces traités ...

... Autre concession au principe de réalité, le «grand ministère d’Etat» de «l’Education, de la Jeunesse, de l’Avenir» (évoqué encore dans le même discours du 4 avril) est tout bonnement passé à la trappe, puisque Vincent Peillon n’est «que» ministre de l’Education nationale et Valérie Fourneyron, elle, est Ministre des Sports, de la Jeunesse, de l’Education populaire et de la Vie associative...
... Visiblement, ce n’est pas une mesure d’urgence ». Si les Assises n’aboutent à rien de concret, la jeunesse pourrait faire entendre sa voix...

... Mais après (entre autres) les remises en cause qui ont accompagné la «décolonisation» et celles qui se sont précipitées au moment de mai-68 et des années qui ont suivi, peut-on encore sans problème se lover dans ce type de discours fondateur ? Le ministre de l’Education nationale Vincent Peillon s’offre en tout cas un fameux défi en mettant en place une mission sur la «morale laïque» et son enseignement, un défi qu’il faut comprendre sans doute par l’ambition qu’il a pour l’Ecole : non seulement la «refonder», mais la «refonder» pour «refonder la République» ...

... Les syndicats sont occupés à concerter, mais mobiliseront, quoi qu'il arrive, à la rentrée. La suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires va peser sur les fins de mois des professeurs.
Or le choix du président Hollande,c'est plus de postes, sans amélioration de l'ordinaire. Il faut l'assumer. Comme il faut réussir la réforme des rythmes scolaires, sur laquelle ses prédécesseurs se sont cassé les dents. "Le véritable écueil, ce serait de mal penser nos réformes", craint Vincent Peillon...

... Seuls 7% des étudiants - 3% en région parisienne - ont une chambre du Crous ! Ces chambres, aux tarifs réglementés, répondent pourtant parfaitement aux besoins des étudiants... mais on n'en construit pas. Donc les étudiants vont vers le marché locatif privé, souvent dans des petites surfaces qui sont relouées tous les deux ans - et les propriétaires en profitent pour augmenter le loyer. Nous demandons à Cécile Duflot de s’exprimer très rapidement et d’écarter l'option de l'Igas. Le problème du logement est aujourd’hui un des premiers freins aux études...

... Le gouvernement compte remédier au "retard"pris dans les programmes actuels en matière de logements étudiants. Il veut en construire 8000 par an pendant le quinquennat de François Hollande, a annoncé ce vendredi le ministère de l'Enseignement supérieur et de la recherche dans un communiqué. 
Cette proposition, qui représente au total 40 000 logements, figure parmi "les mesures envisagées" ...

... Le marché est porté par la hausse du chômage, qui conduit les parents à "miser sur le soutien scolaire pour assurer de meilleures perspectives d'avenir à leurs enfants" car "l'obtention d'un diplôme de l'enseignement supérieur protège du chômage"...
... dans son rapport "Le défi de l'éducation de l'ombre" remis le 30 mai 2011 à la Commission européenne, que la France était le premier marché du soutien privé en Europe, avec 2,2 milliards d'euros ...
... Le soutien scolaire privé bénéficie, en Europe, surtout aux enfants et adolescents issus de milieux favorisés. Il ne"consiste pas tant à offrir un soutien à des élèves ayant réellement besoin d'une aide qu'ils ne peuvent pas trouver à l'école, que de maintenir les avantages concurrentiels des élèves privilégiés qui réussissent déjà" ...

... De cette mission sur la morale laïque, annoncée le 11 juillet dernier, on ne connaît pas encore la composition. Mais devant la commission des affaires culturelles et de l'éducation de l'Assemblée nationale, Vincent Peillon a livré quelques réflexions...
... Au-delà des débats idéologiques va se poser la question des conditions d'enseignement de la morale laïque à l'école et de ses contenus. Loin des débuts flamboyants de la IIIe République, elle pourrait de nos jours sembler bien anachronique pour écoliers, professeurs et parents. En 1882, avec Jules Ferry, l'instruction morale et civique avait remplacé l'instruction morale et religieuse. «Il faut manger pour vivre et non vivre pour manger», «La propreté est la condition de la santé», «Il faut que force reste à la loi», «Qui vole un œuf peut voler un bœuf»
... Ceux, parmi les locataires de la rue de Grenelle, qui ont tenté de réintroduire la morale elle-même à l’école s’y sont cassé les dents. En 2008, Xavier Darcos a remplacé le terme «d’éducation civique» par celui «d’instruction civique et morale»... sans grand effet...

Le développement de l’apprentissage n’est pas le remède automatique au chômage des jeunes. Une approche internationale montre que l’ancrage de cette voie de formation dans un pays ne va pas nécessairement de pair avec un faible taux de chômage juvénile. De plus, les modèles nationaux sont rarement transposables...
... au niveau macro-économique, il est impossible de démontrer le lien mécanique entre le développement de l’apprentissage et la diminution du chômage des jeunes...
[ CEREQ - mai 2012 - pdf ]

... Les discussions consacrées au socle commun ont été les plus enflammées, relève encore Bruno Julliard, sans grande surprise. Pour Bruno Julliard, qui connait parfaitement les divisions syndicales sur ce sujet, il ne s'agit ni d'enterrer ni de sanctifier le principe du socle commun, mais de "transformer l'essai". "Il faut un socle plus rassembleur qu'aujourd'hui", souligne-t-il. Sur les missions des enseignants, le degré d'autonomie des établissements ou les expérimentations pédagogiques, les groupes de travail n'ont pas encore beaucoup avancé, note Bruno Julliard. Même constat sur l'orientation des élèves, ou la réforme carte scolaire. ..


Dans une lettre adressée au président de la République et son ministre de l'Éducation, l'équipe éducative, les parents et les élèves du collège expérimental Anne Frank (Le Mans) demandent ...
... Avec des élèves décrocheurs, ceux qui souffrent de phobie scolaire ou qui ont des rapports particuliers avec l'autorité,
« la médiation donne plus de résultat que les sanctions et punitions »...
...Jusqu'à quand le collège Anne Frank va-t-il rester dans ses locaux provisoires au Ronceray ?
Clairement, la balle est dans le camp de l'Éducation nationale, qui doit enfin de prononcer sur l'avenir du collège Anne Frank...


... tandis que la violence déferle sur le "2-3"...
... Un nouveau "collège alternatif" a ouvert ses portes dans le sud de la Creuse. L’association «La Traverse» accueille depuis la rentrée dernière des jeunes en âge d’être au collège,

 mais qui ont préféré être scolarisés en dehors du système éducatif classique. Cette «école privée hors contrat», selon la formulation légale, veut proposer d’autres modes d’apprentissages.
La création de ce collège a suscité beaucoup de débats sur le Plateau...
2012-2013 : Le collège associatif a quitté Saint-Martin Château, et a fait sa deuxième rentrée dans le petit village de La Villedieu (Creuse).

... La profession n'attire plus. C'est triste en soi. Cela a des conséquences plus graves. La rareté des candidatures oblige à recruter plus large : il faut mettre des professeurs en face des élèves. On s'efforce de maintenir le niveau du professorat, certes. Mais enfin, les critères de sélection sont assouplis : le niveau baisse - dans la France de 2012 qui se goberge de grands discours sur l'économie du savoir.
Pourquoi cette désaffection ? C'est l'histoire d'une faillite collective, où la gauche n'a pas fait mieux que la droite, l'Etat que la "société civile", les enseignants que les parents...

... La réforme de la formation et la dégradation de l’image du métier dissuadent les étudiants à se présenter aux concours de l’enseignement. Les rectorats devront recruter 15 % de leurs effectifs comme vacataires.
En septembre 2012, 15 % des postes à pourvoir au concours du Capes resteront vacants...
... Il embauche des contractuels, recrutés sans concours et sans formation. Ils ne sont pas titulaires et restent dans des situations précaires, qui les exposent à des pressions. Ils ne sont même pas sûrs d’être réemployés l’année suivante. Les recteurs essaient de recruter des gens qui ont un master avant de passer finalement des annonces à Pôle emploi...

... "40 métiers d'avenir pour la génération Y". A l'occasion de ses 40 ans, le mensuel propose à ses jeunes lecteurs quarante professions en phase avec leurs valeurs : quête de sens, usage des nouvelles technologies, solidarité, utilité sociale... On n'y trouve pas celle de professeur...
... Peut-être faudrait-il surtout revoir nos méthodes : la France se distingue dans les enquêtes de l'OCDE par le mal-être de ses élèves. Et Anne Fraïsse en est sûre : "Nos étudiants, avant tout, ne veulent pas retourner dans l'école qu'ils ont connue."

... Une étude européenne sur les compétences linguistiques - la première d'une telle ampleur - menée à l'initiative de la Commission européenne auprès de 54 000 lycéens, dans 14 pays, force encore le trait : les Français se classent derniers... ou presque. Selon les résultats rendus publics le 21 juin, ils sont seulement 14 % à obtenir un bon niveau dans leur première langue étrangère, l'anglais "LV1", et 11 % dans la deuxième langue étudiée, l'espagnol "LV2". Seuls 40 % ont un "niveau de base" leur permettant de saisir le sens d'expressions courantes et de phrases isolées. Autrement dit, de se faire comprendre.
Maigre consolation : les Anglais font pire ...

... Même si les maltraitances entre écoliers sont loin d'être spécifiques au Japon, certains voient dans l'ijime un effet pervers de l'obsession nippone de l'appartenance au groupe. La victime serait ciblée, car considérée comme différente, ce qui expliquerait que les professeurs se placent souvent du côté des harceleurs. Expert de la question, le sociologue Yoji Morita ne nie pas cet aspect, notant que les victimes préfèrent souvent rester dans le groupe où elles subissent les sévices plutôt que de se retrouver isolées.
Mais il y a d'autres facteurs comme les problèmes avec des familles moins à l'écoute des enfants et de leurs souffrances. Des critiques sont aussi régulièrement portées contre les dérives d'un système scolaire rigide, générateur de frustrations, et facteur d'une uniformité ...

... Casse-tête à l'Education Nationale. Les postes d'enseignants de collèges et lycées ne seront pas tous pourvus à la rentrée 2012 par concours, faute de candidats. Depuis quelques années, le recrutement dans certaines disciplines fondamentales comme les maths, les lettres ou l'anglais souffrent d'une crise des vocations...

...  "La consultation risque de faire émerger les mille obstacles qui s’opposent au changement", pointe le sociologue François Dubet. "Prenez l’exemple des rythmes scolaires : on va entendre les chronobiologistes qui défendent au nom du bien de l’enfant un étalement du temps scolaire, les mairies qui disent que c’est cher d’ouvrir les écoles le mercredi, les enseignants qui sont d’accord sur le principe mais pas question qu’ils travaillent plus, les parents divorcés qui font valoir la pagaille de la garde alternée…". Et une vraie lassitude s’exprime, sous couvert d’anonymat : "A quoi bon une nième consultation ? J’ai déjà tellement donné, et j’ai tellement l’impression que ça ne sert pas à grand-chose" ...
... Car en matière d’école, tout a été dit. Nous sommes les champions de l’état des lieux. Nous croulons sous les rapports, les études, les expertises aussi variées qu’informées. Des vastes consultations comme celle lancée par Vincent Peillon, il y en a déjà eu beaucoup ...

... "Les représentants des parents d'élèves se sont, eux aussi, exprimés - un du public et une du privé. Les mouvements pédagogiques également. On sent chez chacun d'entre nous le désir de sortir de la situation actuelle, délétère et confuse, de trouver une issue, plutôt que de s'affronter. Est-ce que cet état d'esprit va perdurer quand on s'emparera des dossiers ? Je l'espère...
...    Le chiffre de la semaine
90,6 % : la part des enfants de professeurs décrochant le baccalauréat, contre 38 % des enfants d'employés...

... Parmi les 10 marques au top sur Facebook, 9 sont des marques sucrées… Peut-être parce qu’on a plus de liens “affectifs” avec les marques de goûters et de desserts qui ont un aspect “régressif”?…
... Alors quelles sont les stratégies des marques alimentaires pour garder leurs «fans»? Pour l’agence, il s’agit déjà d’avoir une «prise de parole décalée et originale», avec une communication ludique ...

... Mais attendez, c’est pas fini. Ils vous ont volé une troisième fois en vous proposant de payer, en vrai argent cette fois, pour que vos œuvres soient mises en valeur sur les écrans de vos potes. Non seulement vous payez en regardant la pub des clients, non seulement vous payez en donnant vos informations privées, mais désormais vous payez aussi pour que votre boulot attire encore plus de monde chez Facebook.»
(Laurent Chemla)

... Les outils permettant de signaler les problèmes en ligne sont rarement utilisés. Seulement un enfant sur dix (13%) de ceux qui ont déclaré avoir été perturbés sur Internet dit avoir eu recours à ces outils de signalement. Selon la conclusion d’un nouveau rapport du réseau de recherche EUKids Online, il reste encore beaucoup à faire à ce sujet...
... Un quart des jeunes entre 9 et 16 ans qui possèdent un profil sur un réseau social rendent leurs informations privées accessibles au public. Parmi eux, la majorité ne sait pas comment modifier les paramètres de confidentialité...

... "les cibles de ces organisations sont de plus en plus jeunes, comme récemment des cas d'ados de 14 à 17 ans"...
... "de nombreuses personnes se retrouvent seules le soir, espérant tisser des liens dans un océan Internet, sans se rendre compte de la possible diffusion mondiale de cette "extimité", cette intimité affichée", explique-t-il. Lui-même connaît plusieurs cas d'adolescents piégés ayant tenté de se suicider. ..

L'école va-t-elle mal au point de nécessiter une «refondation»?
"Pour apprendre, il faut du temps, pour enseigner aussi, on a dérobé ce temps" en passant à la semaine de quatre jours en primaire, au lieu de quatre jours et demi...
... La semaine de quatre jours et demi doit servir de base à une loi d'orientation et de programmation pour l'automne...
..."Sur les rythmes scolaires, ça bloque de tous les côtés ...l'industrie du tourisme, l'association des propriétaires de résidences secondaires, etc... Vous verrez, c'est magnifique"...

... Nous souhaitons alerter sur certaines évolutions de l’école maternelle qui nous inquiètent de plus en plus aujourd’hui :
- La primarisation de l’école maternelle (la GS deviendrait une propédeutique du CP), on apprend les lettres, les syllabes, les sons, les chiffres au point que certains enfants n’osent plus, refusent ou ne savent plus dessiner.
- La surenchère des évaluations met la pression sur les enfants, les familles et les enseignants. La peur des enfants pour se lancer dans une activité de représentation graphique en est la conséquence. En groupe, ils se regardent
pour savoir quelle est la bonne réponse attendue. Ils n’ont pas l’idée que toute expression est valable et reconnue...

... Dans ce paysage syndical enseignant divisé, le ministre sait qu’il va devoir manœuvrer avec beaucoup d’habileté. L’un de ses atouts est qu’un large consensus existe aujourd’hui sur les défaillances du système scolaire et que plus personne ne défend le statu quo. Le modèle du «ministre qui amuse la galerie», selon l’expression de l’historien de l’éducation et blogueur à Mediapart, Claude Lelièvre, sans réformer grand-chose, comme Jack Lang ou François Bayrou, n’est pas envisageable.
La gauche a en matière de réformes éducatives quelques souvenirs cuisants : celui de 1989 où le ministre de l’éducation Lionel Jospin avait accordé aux enseignants des revalorisations salariales «sèches», sans contreparties ...
[ Ecole : comment Peillon a déminé le terrain depuis un an ]

...Toucher à cette institution est un sujet difficile qui a fait trébucher plus d'un gouvernement. Mais le dossier est devenu urgent à traiter. Les résultats des élèves français sont en baisse et très moyens par rapport à nos voisins - et c'est pourtant là que se construit la compétitivité de la France de demain.
C'est bien une "concertation" qui s'ouvre jeudi. Et pas une consultation - qui voudrait faire remonter des informations de terrain -, ou un espace de codécision. La concertation est pensée Rue de Grenelle comme la première étape d'un processus de prise de décisions. La formule choisie part du principe que le constat sur l'état de l'école est connu et partagé et qu'il faut avancer sur le projet...

... Mais les limites de l’exercice surgissent vite : "La consultation risque de faire émerger les mille obstacles qui s’opposent au changement", pointe le sociologue François Dubet. "Prenez l’exemple des rythmes scolaires : on va entendre les chronobiologistes qui défendent au nom du bien de l’enfant un étalement du temps scolaire, les mairies qui disent que c’est cher d’ouvrir les écoles le mercredi, les enseignants qui sont d’accord sur le principe mais pas question qu’ils travaillent plus, les parents divorcés qui font valoir la pagaille de la garde alternée…". Et une vraie lassitude s’exprime, sous couvert d’anonymat : "A quoi bon une nième consultation ? ...
... Tout le monde sait en effet ce qu’il faut faire. Il faut juste décider de le faire. Discuter, c’est reculer à nouveau le moment de trancher...

... Vous êtes sûr que ce seront 60 000 postes de fonctionnaires ?
C’est ce que je souhaite...

... Le médiateur [ de l’Education nationale ], notamment dans les académies, est saisi également de questions tenant à ce qui se passe au quotidien dans les classes. Cette préoccupation n’est pas nouvelle mais le nombre des réclamations est plus soutenu que par le passé. Sans doute les parents hésitent-ils moins à évoquer ces difficultés auprès du médiateur et sont-ils plus enclins à demander de l’aide, surtout quand le silence de l’institution leur semble
inapproprié, voire injuste.
Les réclamations soumises au médiateur ont trait aux questions de discipline des élèves, dans le second degré et même désormais dans le premier degré. D’autres portent sur des questions de harcèlement entre élèves, sur les sanctions, leur importance, voire leur opportunité. Des réclamations émanent de parents qui protestent contre les absences d’enseignants qui ne sont pas remplacés...
[ Rapport 2011 du médiateur de l’Education nationale -  mai 2012 - pdf ]

...Il n'y a jamais eu, à ma connaissance, de rapport politique sur la carte scolaire. Les chiffres et enquêtes "officielles" font défaut. Tous les chercheurs que nous avons auditionnés nous l'ont dit : personne au niveau politique ne s'est emparé de cet objet difficile, un sujet éducation mais aussi sociétal, qui pose la question de l'équilibre des territoires. C'est rendre perceptible qu'une frange des Français se sent tenue à l'écart, n'a pas accès à la même qualité de services publics. Quand ça touche aux enfants, c'est encore plus criant.Il y a bien une discrimination sociale, territoriale, mais aussi scolaire, ne le nions pas...

...En France, la consommation de boissons sucrées ne cesse de croître, notamment par les jeunes. Elle atteint 60 litres par an et par habitant, loin derrière les Etats-Unis néanmoins, où la consommation de sodas a été multipliée par trois en vingt ans pour atteindre 190 litres.
Les jus de fruits ne sont pas en reste. Considérés comme "bons pour la santé", même "sans sucres ajoutés", conformément à la réglementation, ils en contiennent beaucoup...
... 60 millions de consommateurs, estime qu'il faut mettre en garde les gros consommateurs de jus industriels, notamment les enfants et les jeunes femmes en état de procréer...

... vient de paraître une étude sur le niveau de langue étrangère dans 14 pays européens. La France s’y classe 13ème et avant-dernière, avec 14 % d’élèves de bon niveau (moyenne européenne : 42 %)...
... Résumons-nous : une minorité d’élèves a la chance d’avoir un instit qui, pour des raisons personnelles (cursus professionnel, études, vie perso), a un bon niveau d’anglais ; les autres élèves, moins chanceux, ont un instit comme moi, qui a suivi une « formation » de piètre qualité et obtenu une habilitation fantoche mais essaie de se débrouiller avec son niveau d’anglais qui est somme toute celui du français moyen...

... Le nombre d’authentiques expérimentations selon l’article 34 n’est pas encore connu avec précision. Les différentes listes disponibles étant contradictoires et parfois lacunaires, elles ne reflètent certainement pas la réalité. Les raisons de cette situation sont les suivantes : charge du travail d’écriture et d’évaluation, investissement considérable dans la constitution d’un nouveau matériel pédagogique et évaluatif, dans les réunions de concertation, dans les préparations…, mais aussi instabilité liée à l’absence de pérennité des moyens, au changement de personnel enseignant et de direction, au changement du responsable hiérarchique de l’école - l’inspecteur de l’Éducation nationale (IEN) -, ou du conseiller pédagogique, ainsi que manque de suivi - rares sont ceux (IADSDEN, IEN, IA-IPR, CARDIE, universitaires…) qui viennent voir les enseignants et les élèves dans leur classe -, échanges trop rares avec d’autres équipes, et encore crainte que les expérimentations ne servent pas les écoles et les établissements mais l’institution ou, du moins, les intérêts d’autres niveaux du système scolaire...
[ Rapport Haut Conseil de l'Education : Les expérimentations réalisées dans le cadre des projets d’école ou d’établissement - article 34 de la loi du 23 avril 2005 - 29 novembre 2011 - pdf ]

Le collège expérimental du Mans recherche pour la rentrée 2012 des enseignants (contractuels, titulaires sur postes fixes ou TZR) : postes en anglais, espagnol, français, maths et histoire géo.
Les candidats devront être ouverts aux pédagogies alternatives et prêts à s'investir.

À l'heure où le débat sur les rythmes scolaires repart de plus belle en France, les Anglais lancent eux aussi une réflexion sur la répartition des temps d'école et de loisirs pour leurs bambins. Mais alors que les Français ne jurent que par les prêches des chronobiologistes, on évoque outre-Manche l'éventualité de subvenir aux besoins des parents en laissant les écoliers sur leurs bancs jusqu'à... 20 heures. Rien que cela...
... Un groupe de professeurs et de médecins appelle l'éducation nationale britannique à distribuer des petits déjeuners aux enfants défavorisés. Ils réagissent à une étude publiée par The Guardian qui révèle que près de la moitié des professeurs anglais interrogés ont déjà apporté de la nourriture pour les enfants qui arrivent en classe l'estomac vide...
...Près de 80 % des professeurs se sont déclarés favorables à la distribution gratuite de petits déjeuners pour les familles en difficulté.

... quoi de comparable entre le bac S d’un lycéen sorti d’un prestigieux établissement parisien, et un «petit» bac pro d’un élève issu d’un lycée de cité sensible ? Seuls 15% des enfants d’ouvriers ont un bac général aujourd’hui. Preuve qu’il y a toujours un déterminisme social...
... Mais n’y aurait-il pas des évaluations plus pertinentes, prenant en compte toutes les capacités ? Car il existe des formes d’intelligence multiples.Un très bon élève durant l’année peut se planter au bac, ou l’inverse, ce qui constitue une injustice...

... Pour les enfants, le short court, la jupe haute, le débardeur à bretelle ne constituent pas une publicité de leur corps, les enfants n’envoient ni ne reçoivent le message « érotisé » que perçoivent mes collègues. Il y a là une forme de sexualisation du geste de l’enfant qui me semble d’autant exagérée qu’elle réside en l’occurrence non tant dans l’acte lui-même que dans l’œil porté sur lui...
... « Chères collègues, puisqu’on est à parler de la manière de s’habiller, je vais vous dire moi ce qui me choque dans la cour de récré : c’est la course effrénée à la marque, à la dernière sape à la mode, au dernier sweater ceci, au dernier jean cela, aux dernières baskets à 120 € ; je suis frappé par le diktat que les gamins ont déjà intégré en termes d’habillement ...

... Bien sûr que les jeunes gens utilisent Internet pour accéder à la sexualité! Avant l'arrivée de ce support, il y a une quinzaine d'années, ils s'échangeaient des cassettes VHS dans les cours de récréation. A l'époque, on murmurait déjà que la moitié d'entre eux avait déjà visionné l'un de ces films en classe de CM2..
... la "petite adolescence" commence dès 8 ans. Un enfant de 6 ans sait naviguer sur Internet, alors à 11 ans, bien sûr qu'ils ont déjà "accédé" à des contenus choquants! Cela ne signifie pas que c'est inoffensif...

L’annonce par le ministre de l’Education nationale du retour éventuel des vacances de la Toussaint à une durée de deux semaines déclenche la polémique.
Retour sur une vieille histoire et sur un passé ministériel souvent peu glorieux....
... Et il lui a été demandé  de «se concerter»
(avec qui ? ). On lui souhaite bon courage!

& VIVRE AUTREMENT
 

… un nombre croissant d’experts s’inquiètent de l’aggravation de la pollution des eaux de mer et de rivières par des produits toxiques allant des hydrocarbures aux métaux lourds : selon une étude publiée en janvier dernier juste avant l’adoption d’une Convention internationale sur le mercure, la déforestation dans le monde s’est traduite par un déversement dans les lacs et rivières de quelque 260 tonnes de mercure auparavant retenues dans les sols, tandis que les quantités de mercure présentes dans les 100 premiers mètres de profondeurs des océans ont doublé en 100 ans…


… selon la législation polonaise, le seul crime qui n'est pas gommé du casier judiciaire concerne les violences sexuelles sur mineurs. "L'assassinat, lui, est gommé", observe amèrement le reporter de Gazeta Wyborcza….
"Est-ce que la violence envers les enfants a disparu avec le communisme ? Pas du tout." Selon une étude effectuée en 2008 par la fondation Dzieci Niczyje ["enfants à personne"], la fessée est le moyen de correction le plus populaire en Pologne : pas moins de 69 % des parents y ont recours."Il est facile de dépasser les limites et de battre son enfant avec un câble, une chaussure ou une ceinture"

…  une forme d’esclavage moderne. On a recensé des salaires allant de 1 à 10 euros de l’heure. Ils vivent dans des préfabriqués ou s’entassent à 40 dans des logements prévus pour 6. Certains paient parfois 200 euros par mois pour un lit et sont six ou sept par chambre… Pendant que la moitié est de service de jour, les autres dorment. Lorsque la nuit tombe, ils filent au boulot. On considère aujourd’hui que 75% des salariés dans les abattoirs allemands travaillent dans ces conditions

… La liste des maladies susceptibles d’avoir pour cause une exposition aux pesticides – Alzheimer, Parkinson, cancers, leucémies, dépression... – est ainsi détaillée sur plusieurs dizaines de pages. Les expositions prénatales ou au cours de la petite enfance sont également jugées « particulièrement à risques ».
En outre, les experts de l’Inserm déplorent que les informations sur la composition des pesticides commerciaux, notamment sur les adjuvants, « restent confidentielles car protégées par le secret industriel »…
…  les préconisations de l’Inserm mettent clairement en question les autorisations de mise sur le marché de la totalité des pesticides en circulation
...  l’Inserm vient faire le point sur les connaissances relatives aux effets des pesticides sur la santé. L’ensemble des données concernant les expositions professionnelles et les expositions précoces (fœtus et jeunes enfants) ont été analysées.
[ Pesticides : Effets sur la santé - Une expertise collective de l’Inserm - juin 2013 ]

… Les documents de la NSA révèlent la complicité de ces entreprises qui s'obstinent à la démentir. L'idée que ces géants exonérés d'impôts représenteraient une nouvelle forme de courant libertarien démocrate a pourtant fait long feu. Il ne s'agissait que d'un coup marketing...
… Ces dix dernières années, les services de renseignement américains et britanniques ont été impliqués dans l'utilisation généralisée de la torture, des enlèvements et d'autres crimes ainsi que dans la manipulation éhontée d'informations concernant les armes de destruction massives irakiennes. Et ce sont eux qui prétendent aujourd'hui nous protéger des conséquences de leurs actes

Une expression obsède la novlangue d’aujourd’hui : « réformes de structure ». ..
... La litote sert à désigner les mesures destinées à accroître la flexibilité du travail, retarder l’âge de la retraite, diminuer les prestations sociales, baisser les dépenses de l’Etat, diminuer les impôts et les salaires…
…  Telle l’inquisition jadis, promettant aux pécheurs un gain futur (le paradis ou la prospérité) au prix d’une peine présente, il leur est commandé, pour tirer demain quelques bénéfices, de faire aujourd’hui sacrifice

C’est un drame. Quand on voit le manque de perspective des jeunes, dépendant de leur parents ou grand parents, ils n’ont qu’une perspective: la révolte. Cet état de desespoir viscéral est très visible en Espagne ou en Grèce, où le chômage atteint les 60%. Le danger, c’est la montée du populisme, du nationalisme, le rejet de l’idée européenne qui va se concrétiser lors des prochaines élections continentales. ..


…   "Les enfants vont grandir en sachant que la moindre chose qu'ils font va être enregistrée quelque part dans un fichier. Et je crois que ça va avoir un impact très orwellien et très inhibant sur notre manière de vivre." "Cela va au-delà d'Orwell"

Jusqu'à un tiers de la nourriture produite dans le monde n'atteint pas la bouche du consommateur. En France, on estime qu'environ un tiers de la nourriture gaspillée par les consommateurs est jetée alors que les produits n'ont pas été utilisés ni même ouverts; les deux tiers de ce gaspillage sont composés de fruits et légumes. Uniquement en Europe, le gaspillage alimentaire annuel pourrait suffire à nourrir 200 millions de personnes….

La pseudo-interdiction des néonicotinoides annoncée par la Commission Européenne est en fait un leurre échafaudé par les firmes agrochimiques pour faire accepter définitivement leurs pesticides tueurs d'abeilles!
Si nous n'agissons pas immédiatement, ce plan entrera en vigueur dans les jours qui viennent.
Signez vite la pétition pour les stopper !
Pour une interdiction REELLE des pesticides néonicotinoïdes tueurs d'abeilles

... On mettait un peu de pesticides dans les champs, on mélangeait quelques œufs industriels – et bon marché – aux œufs bios. Cela passait généralement inaperçu, et les volumes concernés n’étaient pas importants.
En Italie, les fraudeurs de la filière bio ont dépassé ce stade depuis belle lurette. Depuis peu, des groupements professionnels se sont mis, eux aussi, à étiqueter "bios" des quantités considérables de produits industriels en s’appuyant sur un véritable réseau de sociétés disséminées dans différents pays...

… Selon Eurostat, l’Office statistique de l’Union européenne, le taux de chômage chez les jeunes adultes au sein de l’UE a augmenté au point d’atteindre 23,5 %. Une génération perdue est en train de prendre forme en Europe…
... Les capitales européennes font aujourd’hui entendre de belles paroles, mais jusqu’à présent, celles-ci n’ont été assorties d’aucune action … 

Incroyable non ? Tout le monde s’accordait alors sur la nécessité de mettre au pas une finance devenue folle. Où en est-on aujourd’hui ? ..
... Aux Etats-Unis, des personnes âgées revendent leur assurance décès, pour se faire un peu d’argent. L’assurance est rachetée par des épargnants ou des fonds d’investissement : si la personne meurt, ils touchent l’argent de l’assurance ...
... Le cynisme, sur ce marché, n’a pas de bornes. Ainsi, pour annoncer à un de ses clients la «réalisation du risque» (c’est-à-dire la mort d’une personne), elle écrit :
    « Aujourd’hui, nous avons le plaisir de vous informer que la police 7200490 a expiré plus d’un an avant l’échéance pronostiquée ! » ...

... la thèse des illustres économistes de Harvard Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff selon laquelle une dette supérieure à 90 % du produit intérieur brut affaiblirait la croissance a été taillée en pièce par un étudiant de l’Université du Massachusetts, qui s’est amusé à refaire les calculs : les auteurs, cités comme des prophètes par les partisans de l’austérité — du commissaire européen aux affaires économiques et monétaires Olli Rehn à l’ancien directeur de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet — avaient écarté des données contradictoires et construit leur modèle à partir d’un tableur affecté par une erreur de formule.
Il n’en faudrait pas tant à un âne pour faire demi-tour...


... l’effondrement de ce bâtiment n’est pas un incident isolé. Les conditions de travail abominables au Bangladesh font bien trop fréquemment des victimes.
Le drame explique le prix du textile dans certains magasins occidentaux. Comme ces t-shirts ou bikinis qui ne coûtent que quelques euros...

... En 2011, 851 personnes sont mortes aux États-Unis victimes d'une balle perdue tirée par accident. Sur la même période, ces accidents ont fait quelque 14.675 blessés, dont 7991 mineurs et 3569 âgés de moins de 13 ans...

... Un petit Américain de 5 ans, qui jouait avec un fusil qu'on lui avait offert, a tué mardi sa petite sœur de 2 ans dans leur maison du Kentucky ...
... la gamme de produits pour enfants l'est tout autant: «mon premier fusil». Les parents y trouvent ainsi des modèles roses pour les filles, bleus pour les garçons ou façon camouflage pour coller au plus près des armes détenues par les parents…Les prix de ces objets enfantins sont abordables: le modèle de fusil utilisé lors du drame coûte près de 150 dollars (soit 115 euros), un peu moins cher que la «Maison de rêve Barbie»...

... En 2060, 12 % de la population de l’UE aura plus de 80 ans. L’Europe vieillit. Et ce n’est pas un hasard si, sur la scène internationale, l’Union se comporte souvent comme un retraité sénile. A qui emprunter de l’argent pour faire vivre cet Etat social indispensable aux personnes âgées ? Aux générations futures ? Mais c’est déjà fait avec l’accumulation de la dette publique…
 
 
 
 


... seuls des bouffons ravagés par la cocaïne pouvaient acheter des milliards de dollars de titres adossés à des crédits hypothécaires dont il était évident qu'ils allaient exploser en même temps que la bulle immobilière...
... "certaines personnalités en vue dans les cercles politique et financier ont pris des décisions irrationnelles inspirées par la mégalomanie que provoque la cocaïne. (...) Les gens prenaient des décisions insensées en pensant avoir raison à 110 %, ce qui nous a conduits au chaos actuel."
La cupidité, l'égoïsme, l’ignorance et la détermination impitoyable ont également compté ...


... Derrière le concert de louanges et un enterrement en grandes pompes, c’est la naturalisation d’une période charnière de la vie politique britannique que l’on entreprend. Le mythe Thatcher sert à réifier dans l’espace public onze années de gouvernement et, depuis, la gestion d’un héritage politique qu’aucun des successeurs de la Dame de fer n’a renié. Cette mort est en réalité une renaissance politique. Thatcher est morte, vive le mythe Thatcher !..
 
 

... Les 5 000 détenues de Masanjia travaillent dans des ateliers de couture et de repassage pour le compte d’entreprises extérieures de prêt-à-porter, de dix à quatorze heures par jour, sans recevoir de salaire...
... De 190 000 (chiffre officiel) à 500 000 Chinois (selon la Fondation Laogai) sont en «rééducation par le travail». Ce système extrajudiciaire se distingue du pénal dans la mesure où les détenus ne sont pas officiellement considérés comme des criminels. Parfois, pour un simple mot de travers écrit sur un blog ...
... Les 2 100 prisonnières du camp de Dalishan, à Nankin, fabriquent au rythme de quatorze heures par jour des jouets et des jeans «destinés à l’exportation»...

... En réalité, la forte décrue du chômage en Allemagne est entièrement redevable à une dérégulation intensive ayant favorisé la création d'emplois temporaires, ou à salaires très réduits. La flexibilité allemande n'a donc pu se réaliser qu'au prix de ces «minijobs» qui ont ainsi augmenté de 14 % entre 2005 et 2011 et qui concernent quelque 4,5 millions de salariés, dont les revenus se situent entre la moitié et les deux tiers de ceux du salarié moyen...
... La création de toutes pièces de cette sous-classe de travailleurs est le résultat d'une entreprise planifiée dès le début des années 2000 ...


« On ne part pas, ils nous virent »
A Madrid, mais aussi Bruxelles, Londres, Berlin, New-York, Buenos Aires, Paris, Toulouse ou Lyon, des centaines de jeunes Espagnols se sont rassemblés ce dimanche pour exprimer leur désespoir.
Leur slogan, “No nos vamos nos echan”  (On ne part pas, ils nous virent), était clair : l’émigration des jeunes Espagnols n’est pas toujours un choix, mais une obligation, un exil forcé par un taux de chômage record de 55% chez les moins de 25 ans et de 26% de la population active en général...

... une philosophie paranoïaque, presque psychotique, qui a une énorme influence sur la vie politique américaine.
Ca semble dingue qu’un point de vue complètement malade puisse être mainstream et peser autant à l’échelle nationale. Mais c’est le cas. La paranoïa est une maladie qui connecte toutes les croyances des tueurs. Paranoïa anti-gouvernementale, paranoïa raciste. Ils sont presque tous libertariens et mettent l’individu au–dessus de la société, ce qui est aussi une sorte de paranoïa, puisque ça implique de se réunir en groupuscules pour se défendre. Cet état d’esprit de l’extrême-droite américaine est extrêmement dangereux. Et il est inséparable de la culture des armes...


Le Congrès a trahi les morts et les vivants. Il a capitulé de façon abjecte et renoncé à l’interdiction des armes semi-automatiques que l’Amérique réclamait à cor et cri depuis le massacre de l’école élémentaire de Sandy Hook [qui a fait 26 victimes dont 20 enfants le 14 décembre dernier].
Et maintenant ? Les législateurs vont-ils laisser tomber le durcissement du contrôle des antécédents des acquéreurs d’armes ?..


...Ils sont huit, sept garçons et une fille, tous chassés de chez eux car accusés d’être des enfants sorciers, des shegués. Un phénomène inquiétant et bien réel, qui s’est développé ces dernières années en Afrique et singulièrement à Kinshasa. La faute en revient aux églises évangélistes qui ont prospéré sur le terreau de la misère et du désespoir. Dans la seule capitale congolaise, ces sectes qui mêlent transe et prières collectives seraient plus de 3 000. Un chiffre à rapprocher des quelque 30 000 enfants des rues, souvent accusés de sorcellerie par les pasteurs évangélistes qui offrent ainsi une explication facile au malaise ressenti par des familles déstructurées...

... Beaucoup diront que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes outre-Rhin ! Un taux de chômage exceptionnellement bas à 5,3%, 2,5 millions d’emplois créés et une économie qui résiste à la crise mondiale avec brio... Mais à y regarder de plus près, l’élève modèle se révèle être un sacré cancre.
Peu de chômeurs mais beaucoup de pauvres
Le taux de pauvreté, et en particulier celui des enfants, a augmenté de 2,2 points entre 2000 et 2005. Le nombre de travailleurs pauvres est passé de 4,8% à 7,5%, et le taux de pauvreté parmi les chômeurs a explosé de 41% à 68% entre 2004 et 2010...

... Pour les jeunes diplômés ou leurs familles garantes de leurs emprunts, cet endettement devient un insupportable fléau. "Avant", on quittait l'université avec la quasi-assurance de travailler, donc de rembourser l'emprunt. Aujourd'hui, non seulement le montant des prêts nécessaires grimpe, mais à la sortie l'insolvabilité menace, faute d'emploi. De plus en plus de jeunes rechignent à s'inscrire à l'université, de peur d'enclencher un cycle infernal...

... Le collège qu’a fréquenté Hodan, la future enseignante, propose de nombreux services gratuits : repas, suivi médical, activités diverses. Il est aussi en lien étroit avec le dispositif Pathways de soutien scolaire et de lutte contre le décrochage dont les locaux sont tout proches. Comme à Montréal, les profs doivent assurer au moins une activité par an. Certains, peu enthousiastes, se limitent à un semestre...
...  Claire pose des questions sur le fonctionnement des enseignants français. «Un autre monde, tranche-t-elle. Notre système n’est pas transposable.»

La France détient depuis des années le triste record du nombre de ménages mal logés (3,6 millions selon le dernier rapport de la Fondation Abbé-Pierre) et du coût le plus élevé en Europe de la politique du logement: si on empile les aides à la pierre, celles à la personne (APL) et les défiscalisations successives (Robien, Borloo, Périssol, Scellier, Sarkozy...), on arrive à 40 milliards d'euros par an, soit 2,2% du PIB, deux fois plus que la moyenne européenne...
... Il devient clair qu'avec les méthodes actuelles, l'objectif présidentiel de 500.000 logements nouveaux par an, dont 150.000 logements sociaux, n'a aucune chance d'être atteint ...

... La musique d’abord. 80% des jeunes (surtout dans les villages) jouent d’un instrument et apprennent le solfège. Et cela se traduit par des dizaines de groupes avec un rayonnement international. Si la plupart des touristes sont attirés par la beauté de l’île, 70% des jeunes selon un sondage récent font le voyage pour écouter de la musique...
... Alors pourquoi les gens veulent-ils voter de nouveau pour le parti conservateur ? "Sans doute regrettent-ils leur Range Rover"...

... Portable, radio, télévision ou ordinateurs - les appareils électroniques sont présents dans trois chambres sur quatre. Et, surprise, la nuit, 42% des Français adultes dorment avec leur téléphone portable allumé, au risque d’être réveillés par un appel...

... De plus, de nombreuses voix soulignent que le financement de la vie étudiante n'est pas une priorité, mais que c'est plutôt le logement et/ou l'emploi qu'il faut privilégier. Cette concurrence des priorités a tendance à paralyser toute volonté de réforme de l'action publique envers la jeunesse...
... On voit mal comment cette situation désastreuse, faite d’ultra-précarité, de mal-logement et de non-logement, pourrait s'améliorer, à court et à moyen terme. Nous le voyons au quotidien, et les chiffres sont criants : plus de 90% des étudiants doivent se loger en dehors des CROUS et consacrent 70% de leur budget au logement, les jeunes salariés y consacrent aussi plus de 50% de leurs revenus, de moins en moins fixes du fait de la dégradation des contrats de travail...

... Panique, psychose, dépression, dépendance, anxiété... Toute la presse ne nous parle que de cela quand elle évoque les nouvelles technologies. Comment nous rendent-elles stupides, bêtes, dépendants, seuls... Elles semblent n'être que le symptôme des maux de notre société. Elles favoriseraient, au choix, solitude, narcissisme, mauvaise estime de soi, déficit d'attention, anxiété, addiction, étroitesse d'esprit, perte de mémoire, syndrome de la peur de manquer quelque chose, stupidité...
"Autant dire que notre société doit vraiment aller très mal à voir tous ces diagnostics psychiatriques !", ironise le chercheur...

...  le Dakota du Sud vote traditionnellement républicain et conservateur. Depuis le vendredi 8 mars 2013, il est devenu le premier État des États-Unis à avoir officiellement légalisé le port d'arme dans les écoles primaires...
... au Texas, un employé d'une école a accidentellement tiré une balle sur lui en manipulant son révolver lors d'un exercice. Et à New York, peu de temps après la tragédie de Sandy Hooks, un officier de police a ouvert le feu, toujours par accident, dans le couloir du lycée. Aux États-Unis, les armes à feu font 30 000 victimes chaque année

... les enseignants sont placés dans la situation de répondre à plusieurs "donneurs d'ordre" dont les objectifs induisent leurs pratiques : les parents, les directeurs d'école, les conseils d'école, les collectivités locales et le gouvernement central. Il s'ensuit une chaîne de responsabilités diffuses au sein de laquelle le contrôle de la performance est malaisé et mal organisé.
ASSOCIER DAVANTAGE LES PARENTS
Les auteurs dressent un tableau édifiant : les élèves sont finalement les seuls dont la performance est mesurée à l'aune d'objectifs clairement spécifiés...

... Bien que le Japon soit le seul pays au monde à avoir subi deux bombardements atomiques, pour la jeune génération, la situation se résume en une phrase : "A Hiroshima ce fut la colère, à Nagasaki la prière, et aujourd'hui à Fukushima, on exige notre silence." ...

... C’est un chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres qui vous parle. Je sais, ça impressionne, surtout quand on sait qu’Arnold Schwarzenegger et Bruce Willis le sont aussi. Bon, autant que je vous le dise tout de suite : je serai bientôt ex-chevalier, dé-décoré par la France qui m’a pourtant honorée ...

... plus de 10 000 drones civils seront en circulation avant 2020 (à titre de comparaison, le Pentagone, qui avait une flotte de 50 UAV il y a dix ans, en possède maintenant 7 500). La technique étant disponible, il est tentant de surveiller tout ce qui bouge : la faune, les embouteillages, les clandestins qui franchissent la frontière. A se demander comment on a pu vivre si longtemps sans faire voler les robots.
Tout le monde veut ses drones ...
... des défenseurs du respect de la vie privée, qui agitent le spectre d'un Big Brother des airs. Grâce aux technologies testées dans l'armée, les drones peuvent écouter les conversations téléphoniques, reconnaître les visages, lire les plaques minéralogiques...

... Les facteurs avancés pour expliquer cette délinquance juvénileétaient la "forte progression de la population sur Kourou", outre des facteurs courants tels "la misère et le chômage". Mais aussi "des facteurs locaux" comme "limmigration irrégulière, des structures familiales éclatées et l'échec scolaire particulièrement important"...

... L’une des choses dont on a le plus parlé ce samedi c’est de ces enfants qui émigrent, qui sont au chômage, qui sont désespérés. Et de l’absence de perspectives d’avenir des petits-enfants. Dans une société comme la société portugaise, où la famille est une sorte d’Etat-providence complémentaire (ou même principal), les vieux accumulent la souffrance de toutes les générations. Et ils sont, eux-mêmes, les plus sacrifiés des sacrifiés. ..
... Ceux qui partent sont en moyenne plus jeunes que ceux qui restent : de ce fait, leur départ tend aussi à faire baisser la natalité. Sans parler du fait que nombre de ces émigrés portugais, après avoir décroché leurs diplômes (les ingénieurs, par exemple, sont nombreux) dans les meilleures écoles de leur pays, vont “offrir” leurs talents à l'Allemagne ou à la Belgique...

Les moins de 30 ans n’ont jamais été aussi précaires. Ce sont aussi les grands oubliés de la campagne électorale ...
...Personne ne pourra accuser le futur gouvernement de ne pas avoir tenu ses promesses envers les jeunes Italiens, pour la bonne et simple raison qu’il n’en aura fait aucune. Les nouveaux électeurs sont pour l’instant les grands exclus de la campagne électorale. La politique s’apparente à une discothèque gardée par des gorilles qui leur barrent le passage.
Les cinq coalitions en lice semblent tout droit sorties de Gangnam Style : elles s’agitent, gesticulent, se déhanchent, se bousculent ...

... Des publicités pleine page sont parues dans les journaux, les autorités nationales ont été interpellées. Ils alertent sur la probable disparition de 50 000 emplois et une perte financière de 4,5 milliards d’euros. Une bagatelle par rapport aux 153 milliards d’euros que rapportent les abeilles en fécondant gratuitement les cultures, dit-on dans l’autre camp...
... Le sort des abeilles préoccupe beaucoup de gens. Une pétition sur le site d’Avaaz a attiré en 36 heures 2,5 millions de signatures. La sortie en flamand du documentaire Des abeilles et des hommes est prévue le 20 mars. Si le film a du succès, le buzz n’est pas près de s'arrêter.
[ Pétition UE: arrêtez le poison tueur d'abeilles ]

... Le président du Secours populaire juge pour sa part «d'autant plus scandaleux qu'une telle tromperie, concernant des centaines de tonnes de produits congelés, ait pu arriver au moment où nous avons appris que l'aide alimentaire européenne du Secours populaire allait diminuer de façon considérable»...

... Tout ceci fonctionne parce que le consommateur ne paie pas le prix réel de ce qu'il mange. Il ne paie pas la pollution engendrée par les déjections animales, dont le coût du traitement est estimé à 54 milliard d'euros, à charge pour les collectivités territoriales de se préoccuper de la qualité de l'eau ou de la destruction des algues vertes. Ses impôts locaux finiront bien par augmenter, mais ...

... près de la moitié de l’ensemble des enfants dont les parents avaient un faible niveau d’éducation (soit au plus le premier cycle de l’enseignement secondaire) étaient exposés au risque de pauvreté dans l’UE27 en 2011, contre 22% pour les enfants ayant des parents avec un niveau d’éducation intermédiaire (soit au plus le second cycle de l’enseignement secondaire) et 7% pour les enfants de parents ayant un niveau d’éducation élevé (enseignement supérieur)...
[ Risque de pauvreté ou d'exclusion sociale dans l'UE27 - Eurostat - février  2013 - pdf ]

... nous avons fouiné dans les allées du Salon et découvert, négligemment laissé par terre, le détail de ce qui nourrit le bétail, en plus de la belle herbe fraiche de nos prairies...

... Sait-on comment l'oxytétracycline se mélange avec la gonadolibérine chez un poulet ? Comment le flubendazole se marie avec l'azapérone et les prostaglandines PGF2 dans la chair d'un porc ? Le thiabendazole avec le diazinon ou le décoquinate dans le sang d'une bonne vache charolaise ?
... Quel rapport avec cette fraude géante appelée désormais "horsegate" ? C'est on ne peut plus limpide : nul ne sait ce que contient réellement la viande industrielle. Et nul ne veut savoir. ..

... Il est difficile de passer du cercle vicieux de la réduction de coût et de la baisse de la qualité au cercle vertueux de la coopération et de l’innovation, surtout quand les liquidités se font rares. Certains consommateurs seront prêts à payer pour la traçabilité ou s’approvisionneront directement dans des exploitations sélectionnées ; pour la plupart des gens, c’est un luxe.
Mais le changement est possible, même pour le marché grand public...

... Le cheese burger au cul du charolais et le big mac sous la mère, tel est le concept de la grande manifestation rurale, comme pour mieux convaincre le citoyen que l’industrie du fast-food soutient la cause paysanne. Et lorsque le visiteur arpente les allées du salon à la recherche d’un troupeau de moutons ou d’une gerbe de blé, il lui faut franchir des barrières estampillées Cassegrain, Bonduelle, Andros, Lactalis,Elle-&-Vire, Charal, Fleury-Michon, Danone, Carrefour, Monoprix, Auchan et Géant Vert, avec la bénédiction vénale de la FNSEA ...

... Acheter du poisson est devenu un jeu de devinettes pour les consommateurs américains. Il faudrait traquer les poissons du bateau de pêche jusqu'à la table du consommateur pour pouvoir être sûrs qu'ils sont sans danger, légaux et portent une étiquette les décrivant de façon exacte."
"Outre le fait d'être trompés et de payer plus cher que la valeur du produit acheté, un grand nombre de consommateurs se voient nier le droit de choisir un poisson pour des raisons de santé ou de préservation d'espèces menacées"...

... "Aujourd’hui, on peut dire que la viande a atteint la perfection industrielle, c’est une industrie mondialisée, qui appartient souvent à des fonds de pension ou à des organismes financiers et qui pose les mêmes problèmes que l’économie financiarisée : la nécessité de dégager des taux de rentabilité de 8 à 10 %... Peut-être que Spanghero a été pris à la gorge par ce système. Se plaindre de cela, c’est remettre en cause l’ensemble du système industriel", estime-t-il.
Conclusion du blog Les dessous de l'assiette, hébergé par Rue89"D’où vient cette matière animale ? Que contient-elle ? Dans quel plat tout prêt finira-t-elle ? Si vous n’avez pas envie de le savoir, c’est très simple : remettez-vous à cuisiner."...

... il apparaît au premier coup d’œil que les instits américains sont les plus lésés dans ce comparatif : tout en haut du classement pour les heures d’enseignement, les voici presque en bas pour le classement des salaires. «Un phénomène américain», nous dit Tim Smith, mais nous français voyons immédiatement que la situation des instits français n’est guère plus enviable: dans le peloton de tête au nombre d’heures d’enseignement, ils font partie des rares pays qui versent à leurs instits un salaire inférieur au PIB par habitant (0,97 contre 0,96 pour les EU)...

...  Au bout du compte, l'acheteur-utilisateur final ne sait plus si le maïs ou le riz qu'il achète vient des Etats-Unis ou d'une région du Mali dans laquelle sévit une insécurité alimentaire et où des sociétés étrangères accaparent la terre fertile au détriment des paysans locaux...

... l'Europe entière se scandalise, à juste titre, d'une vaste fraude, aux ramifications toujours plus larges, qui a permis à des industriels de faire avaler aux consommateurs quelque 750 tonnes de viande de cheval maquillée en "pur boeuf".
Et que vient de décider la Commission? Tout simplement de préconiser à nouveau, dans l'Union, le recours aux farines animales pour nourrir une partie des animaux d'élevage...

Bruxelles : oui aux farines animales pour poissons d'élevage

... si l'autorisation ne concerne pour l'instant que les produits de l'aquaculture, la Commission européenne "entend proposer une autre mesure pour réintroduire l'utilisation des PAT de porc et de volailles pour les volailles et les porcs"...
... L'industrie agroalimentaire peut-elle garantir le respect de cette alimentation croisée en ne mélangeant pas les circuits de production et de distribution des farines de porc et de volaille ? Beaucoup en doutent ...

... La qualité du produit a moins d’importance que les univers dans lesquels ces produits entendent s’inscrire.
Aujourd’hui, c’est l’esthétique de la révolte qui est utilisée à des fins marchandes. ..
... L’irrévérence cherche à offrir l’illusion aux acheteurs qu’ils «sont ce qu’ils consomment» : des êtres libres, différents, maîtres d’eux-mêmes et insolents. Depuis des années déjà, les grandes surfaces proposent, à chaque rentrée, toute une panoplie de fournitures de classe à l’effigie de Che Guevara

... ... Je ne pensais pas qu’on me mettrait un jour face à la triste et dégoûtante réalité : j’ai mangé des centaines de kilos de «minerai de viande» donc de déchets...
... « Ce sont des bouts de machin, de gras notamment. En fait, c’est catégoriquement de la merde. Il y a 40 ans, cette matière allait à l’équarrissage pour être brûlée. Les industriels n’osaient même pas en faire de la bouffe pour chat.
... l’abattoir récupère les chutes non commercialisables, un bloc de 5 ou 10 kg vendu aux industriels pour la fabrication des plats préparés ...

... La chaîne publique hollandaire NOS a découvert que M. Fasen a été condamné en janvier 2012 pour escroquerie pour avoir vendu de la viande de chevaux d'Amérique du Sud qu'il faisait passer pour du bœuf hallal. Le Financial Times précise que cette viande a été vendue en France ...

... le laisser faire ne serait pas moins redoutable. Les lasagnes mensongères, les produits financiers toxiques et les batteries aléatoires minent la confiance, sans laquelle il n'y a pas de croissance. Pas de croissance sans confiance, et pas de confiance sans réglementations et sans contrôles. On croyait ces codes de conduite en place et respectés. Il n'en est rien....

... Avant tout, on s’étonne de l’étonnement des ministres et de la presse, qui ont ruminé tout le week-end le picotin du chevalgate. Comment donc ? Des multinationales de l’agroalimentaire ? Des traders ? Du trafic international ? Mais on croyait, nous autres, que le brave père Findus, vieux camarade de la mère Denis, avait installé son abattoir à lasagnes en bordure des pâturages normands.
Si l’on avait su !...
... Entre ceux qui trichent, ceux qui mentent, ceux qui volent, ceux qui ferment les yeux et ceux qui n’ont plus les moyens de contrôler les premiers, il est grandiose le dogme de concurrence libre et non faussée qui fait les riches heures des voyous financiers de l’Union européenne.
Ils sont même parvenus à faire pousser des cornes au cheval… 
 
 
 
 


... En 1975, une nouvelle tentative de faire passer cette loi sur la garde a échoué suite à une terrible campagne de désinformation. Des milliers d'Américains avaient reçu des brochures mensongères indiquant que la loi allait autoriser les enfants à former des syndicats et à faire des procès aux parents qui leur demanderaient de participer aux taches ménagères! Terrorisés, des milliers de citoyens ont écrit à leur député pour leur demander de bloquer la loi...

... On confond idées et slogans marketing. Les idées, ça a à voir avec du travail intellectuel. Dans la tradition de la gauche, c’est interroger les préjugés, critiquer les lieux communs, prendre de la distance à l’égard des évidences de l’immédiateté, reformuler, mettre en relation différentes dimensions... Ce qui existe de moins en moins.
On a plutôt affaire à des fatras d’idées empilées les unes sur les autres, mais tout ça n’est guère travaillé. Et les publicitaires font émerger de tout cela quelques slogans lisses et consensuels... 


... C’est un peu comme si la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat avait été rédigée par les évêques.
Cette loi, si elle est adoptée en l’état, ne servira donc que 9 018 traders et quatre PDG. Le salaire fixe des traders varie de 6 000 à 9 000 euros par mois. Les bonus octroyés le portent à 50 000, 70 000 voire 90 000 euros mensuels. On comprend que le lobbying orchestré ait été farouche... 
... La ministre n’est pas naïve. Elle ne peut raisonnablement croire aux objectifs qu’elle continue de clamer, de construire 500 000 logements en 2013, un niveau jamais atteint depuis le début des années 1970. Environ 340 000 logements ont été édifiés en 2012, et, au vu de la conjoncture, les prévisions les plus optimistes tablent sur 300 000 logements en 2013.

La Fondation se félicite donc des objectifs, en phase avec les besoins. Mais elle n’est pas dupe, et regrette que tout ne soit pas fait pour qu’ils puissent être mis en œuvre.
[ Rapport 2013 sur l’état du mal-logement en France
...la démocratie telle qu'elle s'exprime à travers facebook ou twitter reste de peu de poids par rapport à la lourdeur des structures de la représentativité, qui demeurent déterminantes pour toute instauration de la liberté politique. Ce qui a nourri la création d'un nouvel espace public, c'est bien plutôt la globalisation et la mutualisation du risque - évolutions thématisées par le sociologue Ulrich Beck. De plus, le trucage ou les falsifications toujours possibles sur la toile, affaiblissent sa portée d'outil d'émancipation citoyenne...

... Surtout, les Pays-Bas ont été systématiquement éliminés de tous les concours de l’Eurovision, même après avoir essayé les folles, les vieux, une Turque, des Noirs, des beaufs, d’autres folles, des grandes blondes. Rien à faire. Un vrai drame national...



... 100.000 c’est le nombre d’armes à feu vendues aux Etats-Unis depuis le massacre, le mois dernier, à Sandy Hook Elementary, à Newtown dans le Connecticut, pendant lequel 20 enfants et 6 adultes ont été tués par un déséquilibré armé jusqu’aux dents.
4.200.000, c’est désormais le nombre d’adhérents, en augmentation constante, de la tristement célèbre NRA, National Rifle Association ...

... peut-être aussi le signe de quelque chose de plus profond dans la structure familiale américaine rêvée. Ainsi, aux Etats-Unis (toutes ces séries étant américaines, je me concentre sur ce pays), la phrase «Comment avoir une fille» est trois fois plus recherchée sur Google que «Comment avoir un garçon». Et un article de Slate d’octobre 2012 sur le phénomène des techniques de sélection sexuelle prénatale (une dérive de la procréation médicalement assistée) explique ...

... La directive sur les nitrates n’est pourtant pas une nouveauté : elle date de 1991 ! Et la FNSEA, le principal syndicat agricole, ne peut jouer les effarouchés : la France est régulièrement menacée de lourdes sanctions financières par Bruxelles pour non-respect de cette directive. Car les nitrates, issus des engrais agricoles, sont les principaux responsables de la prolifération des algues vertes…
... «L’amélioration de la qualité de l’eau que l’on boit, la disparition des marées vertes et la préservation des milieux aquatiques relèvent de l’intérêt général», martèle la fédération France Nature Environnement (FNE)...

... Quand vous sortirez un soir cette semaine, essayez de laisser votre portable chez vous. Abandonnez l'autoroute pour les chemins de campagne. Cela sera difficile au départ, comme arrêter de boire pendant un mois, mais après un certain temps cela sera plus facile et vous retrouverez cette lucidité que vous aviez probablement oubliée. Ce mouvement existe peut-être déjà, je ne sais pas : je n'ai pas de portable donc je ne suis pas au courant de grand-chose...

... Les poisons à combattre, les germes de «ces maladies créés par l’homme» comme dit le Pr Belpomme, maladies chroniques telles que cancers, asthme, diabètes, infécondité, autisme, allergies, malformations, j’en passe et des pires, sont les résidus de l’activité de grandes entreprises : OGM, pesticides, herbicides, diesel et autres produits chimiques mutagènes, cancérigènes, reprotoxiques, allergisants… On comprend que la recherche d’un Etat ...

...entre 30 % et 50 % des 4 milliards de tonnes d'aliments produites chaque année sur la planète (soit entre 1,2 et 2 milliards de tonnes) ne finissent jamais dans une assiette. En Europe et aux Etats-Unis en particulier, jusqu'à la moitié de la nourriture achetée est jetée par les consommateurs eux-mêmes...

... 1616 milliards d'euros! Voilà donc les résultats chiffrés des efforts consentis par les 27 pays membres -c'est-à-dire par nous, citoyens européens- et, ce, sans même tenir compte de l'année 2012 en cours...
...Car ce sont les banques britanniques qui furent les premières -avec 19% des sommes totales- à puiser dans cette cagnotte. Les banques allemandes et irlandaises étant secondes ex æquo, avec 16%... Pourquoi le citoyen européen qui subit une austérité impitoyable est-il obligé de renflouer des banques britanniques qui ne jurent que par la City? ...

... cette richesse est tellement mal répartie que l’inégalité des revenus est plus prononcée encore en Afrique du Sud ou en Chine qu’aux Etats-Unis. Et les fortunes ainsi constituées servent davantage à racheter des entreprises, des biens de prestige occidentaux qu’à améliorer les conditions de vie et de santé des populations indienne, chinoise, arabes, africaines.
C’est un peu l’ère des barons voleurs qui recommence...

... A New Delhi, chaque jour une dizaine d’enfants se volatilisent. D’après la police, ce sont essentiellement des fugueurs. Une affirmation balayée par les ONG qui défendent les droits des enfants. Selon elles, une réalité bien sordide se cache derrière ces disparitions : «Il y a des fugues certes, mais il y a surtout des gangs qui enlèvent les enfants», réplique Sandip Nayak, de la Smile Foundation. Et ce trafic est particulièrement juteux. «Les enfants sont revendus à des ateliers, à des fermes ou utilisés pour la prostitution. On soupçonne aussi des cas de vente d’organes» ...

... pas de doute, «le suicide de l’enfant a été causé à la suite d’un ijime». Au Japon, cette expression générique englobe des cas divers d’intimidations, d’abus, de maltraitances physiques et psychologiques. Souvent, ils sont tus ou habilement dissimulés ...
... le phénomène est bien connu, en particulier depuis les années 70, époque à laquelle le Japon a mis sur pied un système éducatif plus coercitif pour l’adapter à son essor économique...
... «les enseignants sont jugés sur leurs résultats, souligne le juriste Ishikawa Kenj. Si un cas d’ijime se déclare dans votre classe, cela prouve que vous n’êtes pas compétent. Il vaut mieux, pour le prof, ne pas en faire état. Il faudrait inverser cet état de fait en récompensant ceux qui rapportent des cas d’ijime.» Autrement dit, tordre le cou à une tenace loi du silence qui fait des ravages parmi les ados japonais.

... "Les marchands d'eau en bouteille assèchent nos aquifères et nous la revendent"...
... "Je me battrai jusqu'au bout", avait ajouté cette grand-mère sensibilisée au problème des bouteilles en plastique par son petit-fils de 10 ans, qui lui avait parlé de la plaque de déchets du Pacifique.
Selon "Ban the bottle", les Américains ont consommé plus de 50 milliards de petites bouteilles d'eau en plastique en 2007. "Avec un taux de recyclage de seulement 23%, 38 milliards ont fini dans des décharges"...

... Mais les usagers se réveilleront clients, et Paris, alors, aura presque oublié ce qu’était une gare. ..
...Tout sent le confort et la mort, comme si la ville n’était plus qu’un décor de ville et la gare un décor de gare, laissant peu de place à la vie urbaine dans son foisonnement, ses hasards de rencontres, ses imperfections et ses dérives. Dans cette gare de l’avenir, on n’attend plus son train en lisant le journal, mais on rentabilise son temps et celui des entreprises, afin qu’il ne soit plus jamais question de «pas perdus»...

... La fin du 4e amendement
La surveillance des citoyens par les drones a déjà commencé. A titre d’entraînement. C’est ce qu’à découvert un journaliste du New York Times lors d’un reportage (en groupe) sur la « drone zone », une base d’entraînement pour les « pilotes » de drones.
    « Cela n’a pris que quelques secondes pour comprendre exactement ce que nous regardions...

L'Humanité n'existe pas, c'est une certitude! Nous sommes des animaux qui faisons semblant de porter en nous une humanité de façade. L'histoire ne nous apprend rien et nous n'agissons qu'en fonction des intérêts des uns ou des autres pour engranger quelque plus value financière ou politique afin de peser un peu plus sur l'organisation du monde...
... 8 millions de morts en 15 ans! Un génocide! Et il continue ...

... Une chose est certaine : les journaux doivent en permanence nous inviter à l’intelligence, et c’est dans ce domaine qu’ils ont le plus de choses à apprendre...
... une société peut-elle survivre sans journalisme de qualité ? A l’heure où de plus en plus de journalistes laissent la Silicon Valley et Wall Street leur dicter les prévisions sociales, osons en toute sérénité une réponse très simple : en aucun cas.

... C'est ainsi qu'est sortie de ses laboratoires la tomate-grappe, dont la tige a l'odeur de la tomate, mais dont la chair n'a aucun goût, et que l'on s'arrache néanmoins tant elle paraît sortir tout droit du potager...
... elles n'ont pas de goût (bien que vendues au prix de l'authentique). Je croyais savoir ce que je mangeais, et j'avalais une sauce marketing. Voilà donc où en est l'alimentation....
... A ce jeu-là, il n'y a pas d'un côté le méchant industriel et de l'autre le consommateur victime. Chacun joue son rôle, en toute complicité, dans l'opération d'enfumage...
... Le dernier audit de la filière bio date de 2001. «Inacceptable», juge la Cour des comptes. Le consommateur qui accepte de payer jusqu'à 30 % plus cher un produit bio est donc en droit de s'interroger sur ce qui se cache derrière l'étiquette...

... La "concurrence dans l'intérêt du voyageur" promise par la libéralisation européenne se résume, dans ce cas exemplaire, à choisir entre un train rapide qui tombe en panne et le Thalys, bien plus coûteux encore. Il est vrai, comme le rappelle Herman Welter, journaliste spécialisé dans les transports, que "le Fyra n'a pas été créé pour servir l'intérêt du voyageur mais pour créer du profit"...

... Un traumatisme est un événement qui ébranle la perception du monde de l’individu jusque dans ses fondements. L’expérience est si violente qu’elle plonge le sujet dans un tourbillon de détresse absolue. Seuls les esprits cyniques parlent encore de régression sociale au sujet de la Grèce. Ce que nous observons actuellement est un traumatisme collectif.
L'homme se transforme en fauve ...


... depuis peu un nouveau marché : les sac à dos pare-balles... pour enfants...
... Le must ? Pour l'équivalent de 500 dollars, on peut même équiper son enfant d'un gilet pare-balle Centurion conçu par Amendment II, "léger et durable"...

... Lasse de la criminalité en zone urbaine et des obsèques de jeunes fauchés de plus en plus jeunes par des armes de plus en plus rapides, l'opinion publique appuyait le mouvement. Deux sujets de société, la peine de mort et les armes à feu, séparent profondément l'Europe et les Etats-Unis ...
... Entre-temps, le nombre de membres de la NRA est passé de 3,4 millions en 1994 à 4,3 millions aujourd'hui. Les "tueries de masse" ("mass shootings") sont devenues une catégorie tristement courante de la criminalité aux Etats-Unis, suivies de phases d'apitoiement incantatoire rapidement oubliées...

... "Trooop gâté", commente un père de famille posant fièrement avec son Bushmaster, l'une des armes utilisées par le tueur de Newtown...
... "Bon, mon cousin de 10 ans a reçu un poing américain et un fusil AR-15 pour Noël... Je suis un peu jaloux, en fait", écrit ainsi un utilisateur du réseau. "Un Remington 870. Joyeux deuxième amendement", commente encore un autre.
"L'accroissement des ventes d'armes s'est bien manifesté sous les sapins ce matin [de Noël] ... 

... Au lendemain de chaque tragédie, y compris celle que nous venons de vivre, il se trouve des gens pour déverser sur Internet des tombereaux d'immondices, allant jusqu'à suggérer, ce qui est grotesque, qu'il vaudrait mieux que tout le monde (même les instituteurs en maternelle ?) soit armé...
... cela vient du fait que les Etats-Unis ont une culture de l’homme armé, une culture “des cow-boys et des Indiens”, du “tire d’abord et pose des questions ensuite”. Et s’il est vrai que le génocide des Amérindiens constitue somme toute une manière assez moche de fonder un pays...

... la croissance démesurée de la périphérie des villes est non seulement responsable d'une part significative de la disparition de la biodiversité, mais surtout elle détruit, année après année, les terres agricoles les plus riches qui manqueront pour nourrir les générations futures. Les grandes villes n'ont pu se développer que du fait de l'existence de ressources alimentaires et en eau abondantes à proximité. Les meilleures terres agricoles étaient donc celles de la périphérie des grandes villes. La majeure partie de ces terres a aujourd'hui disparu...

... Contrôler les migrants étrangers, les enfermer si nécessaire, surveiller les frontières par tous les moyens : on n'a rien inventé de plus profitable ni de plus efficace au cours des dernières décennies. Vous sursautez ? Vous avez tort.
En termes de profit et de marketing politique, les migrants sont une excellente affaire... 
... Ainsi, l'entreprise multinationale G4S, dont une partie de l'activité est consacrée à la "gestion" de l'immigration (celle de centres de détention du Royaume-Uni notamment), emploie aujourd'hui près de 650 000 personnes.
Quant aux fameux drones ...
... "l'exploitation de la peur" des émigrés, désignés comme des délinquants, voire des terroristes en puissance, est utilisée par les dirigeants politiques, qu'ils soient de droite ou de gauche, "dictatoriaux" ou "révolutionnaires", du Sud ou du Nord....

Qu’ils vendent du ciment, des téléviseurs, de l’électricité ou du café, les grands groupes préfèrent s’accorder entre eux pour gonfler les prix plutôt que de se risquer à faire jouer la concurrence. Et même si cette pratique est illégale, ils sont rarement inquiétés...
... Alors qu’ils causent des dégâts considérables, les trusts écopent d’amendes dignes des délinquants routiers. Leurs agissements sont considérés comme de simples infractions. Résultat : aucun de leurs auteurs n’en est tenu pour personnellement responsable devant la justice. La plupart du temps, l’opinion publique n’apprend même pas leurs noms...

...  les Chinois, par exemple, effacent des manuels des périodes entières ou les présentent de manière aseptisée. Le Grand Bond en avant, avec ses trente millions de morts, se résume à«trois années de difficultés économiques». Tienanmen a pendant quelque temps été évoqué par la formule «les troubles politiques de 1989», mais toute référence à l’événement a purement et simplement disparu depuis 2004...
... Une guerre larvée oppose les livres scolaires de la Californie à ceux du Texas conservateur, qui ont tendance à exalter un passé américain sans tache et à prôner l’abstinence sexuelle des adolescents. Cette dernière est aussi recommandée dans les manuels en vigueur dans les écoles des districts conservateurs de l’État de New York, où les enseignants sont invités à faire savoir aux élèves que l’activité sexuelle «interfère avec vos valeurs et les règles familiales». ..

Quatorze millions de jeunes Européens sont sans travail ni formation, et leur nombre s'accroît en raison de la crise économique, avec des disparités selon les pays...
... “Les chiffres de l’augmentation du chômage des jeunes sont choquants. Mais le plus souvent, ces chiffres tiennent seulement compte des jeunes qui sont prêts à travailler et en ont envie. Il y a également un groupe considérable de jeunes tellement démotivés qu’ils se détournent du marché du travail” ...
...on ne donne pratiquement plus d’emplois à durée indéterminée. Ce sont justement les jeunes qui ont du mal à s’exprimer ou qui ont eu une jeunesse difficile qui en sont les premières victimes.”...

... Les coupes budgétaires successives non seulement en Espagne et en Grèce, mais aussi en France et au Royaume-Uni, engendrent une réduction drastique de la protection sociale, en matière de droit du travail, de retraites, ou de chômage, créant ainsi une génération de jeunes sans perspectives d'emploi stable et dépourvue de conditions matérielles pour fonder une famille...
 
 


... sur les mois de février 2009 et février 2010, sept mois après leur sortie d’une année terminale de formation en lycée, la moitié des jeunes déclarent occuper un emploi. Cette situation est nettement plus défavorable que celle des jeunes interrogés en février 2007 et en février 2008 ...
... Cette dégradation de l’insertion professionnelle des sortants de lycée intervient dans un contexte de crise économique et de recul de l’emploi dans l’ensemble des secteurs marchands ...
[ Note d'information DEPP (E.N.) - Une insertion professionnelle des sortants de lycée entravée par la crise économique de 2008 - nov. 2012 - pdf ]

...La nouvelle génération d'étudiants britanniques, entrés en premier cycle à la rentrée 2012, n'a pas le choix : ils doivent payer des frais de scolarité trois fois plus élevés que leurs aînés (11.200 € par an), contracter des dettes de plus en plus importantes et ce, pour des perspectives d'emploi de moins en moins garanties. Bilan : le nombre d'entrées à l'université a chuté de 10% en septembre et l'évaluation du montant de la dette pour chaque étudiant en fin de premier cycle passe de 32.000 € à 66.000 €.
Quant aux perspectives d'emploi des jeunes, elles sont de moins en moins à la hauteur des diplômes acquis...

... Alors que le Royaume-Uni se flatte d'être la septième puissance économique mondiale et d'envoyer des milliards d'euros d'aide à d'autres pays, dont l'Inde, certains s'interrogent: que fait-on pour lutter contre la pauvreté au Royaume-Uni, où un nombre croissant de personnes souffrent de la faim, du chômage et de l'absence de logements ?
Signe de la gravité de la situation après quatre dures années de récession, l'ONG Save the Children – réputée pour son travail en Asie, en Afrique et en Amérique du Sud – lance pour la première fois un appel national pour venir en aide aux pauvres du Royaume-Uni ...

... le réalisateur britannique Ken Loach a refusé un prix que voulait lui décerner le Festival de Turin, par solidarité avec des employés chargés du nettoyage et de la sécurité du Musée national du cinéma de la ville, organisateur du festival.
"C'est avec grand regret que je suis contraint de refuser le prix que m'a accordé le festival du film de Turin" ...
... Selon Ken Loach, les travailleurs du musée "qui étaient les moins bien payés, et donc les plus vulnérables, ont perdu leur boulot parce qu'ils s'opposaient à des réductions de salaires". "Il est injuste que les plus pauvres payent pour une crise économique dont ils ne sont pas responsables" ...

... Dans son dernier rapport sur la gestion de ses déchets, adopté lundi, le conseil général chiffre à 800 tonnes par an le gaspillage alimentaire dans les collèges, l’équivalent, en termes de déchets, de la production d’une ville de 40000 habitants. Ce gâchis de nourriture coûte 2 M€ par an au département. «Cette somme pourrait être redéployée sur des aliments de meilleure qualité provenant de circuits courts et locaux»...

...les femmes sont les plus durement touchées. Pour la première fois en cinq ans, leur taux de chômage est plus élevé que celui des hommes. Par ailleurs, elles sont davantage en contrats précaires ou à temps partiel subi. L'Onzus juge leur situation «paradoxale»: «Elles ont des scolarités moins chaotiques que les garçons» et pourtant sont moins présentes sur le marché du travail...
[ Observatoire national des zones urbaines sensibles - Rapport 2012 -pdf ]


Plus de 300 millions de photos sont publiées chaque jour sur les réseaux sociaux. De quoi poser de nombreuses questions en matière de vie privée...
... La présidente de la Cnil propose ainsi d'instaurer une nouvelle contrainte pour les réseaux sociaux de déréférencer toute photo ou contenu au-delà d'une certaine période."La loi impose que les sites ne collectent les données personnelles que pour une durée déterminée. On pourrait imaginer imposer un déréférencement des contenus après une période similaire", suggère Isabelle Falque-Pierrotin.
La revendication est pour l'instant restée lettre morte au ministère de l'Economie numérique

... À l’image du puissant impact d’Internet sur la vie des enfants, plusieurs de leurs droits sont concernés : droit d’être protégé contre les violences (pornographie, pédophilie, harcèlement, exposition à des images violentes), droit à la protection de la vie privée, droit à l’égalité de traitement (garçons/filles, origine ethnique, handicap), droit de ne pas être exploité, droit de s’exprimer, de faire entendre son point de vue, droit d’exercer sa citoyenneté, droit de s’informer, droit à l’éducation, aux loisirs, aux activités culturelles, droit à la liberté de pensée...
[ Rapport 2012 Droits de l'enfant : Enfants et écrans : grandir dans le monde numérique - pdf ]

... La mention, plusieurs fois répétée, d’écrans qui seraient ainsi «consommés» par les enfants est un raccourci particulièrement stupide. C’est simplement dommage dans un rapport dont on suppose que ce qu’il contient est supposé être un peu plus pertinent et utile que ce qu’on peut lire, dans une énième enquête sur «les jeunes et les écrans» dans un quotidien gratuit, par exemple, à survoler le temps d’un transport en bus ou en métro...
... C’est simplement dommage aussi pour la considération que doit le Défenseur aux enfants qu’il est censé protéger et qu’il suppose donc incapables de voir plus loin que… la surface de l’écran de leur téléviseur ou de leur «smartphone»...

... Mais le discours est profondément double, avec un décalage permanent entre une soi-disant ouverture sur la révolution numérique d'une part et d'autre part une accumulation de mises en garde, d'anecdotes plus invérifiables et édifiantes les unes que les autres
Quel résultat? Une salle qui s'ébroue, glacée d'effroi devant les exemples proposés. Des adultes qui semblaient venus pour savoir que répondre à leur enfant qui "veut sa page Facebook" et qui entendent parler de prédateurs, de harcèlement... Sauf que...

... tout cela a un effet pervers. C'est infantilisant pour les parents et transforme l'objet numérique en un obscur objet du plaisir, proche du diable et donc très tentant. Pourtant, malgré les efforts des grands moteurs de recherche pour nous contraindre à ne voir sur le Web que ce qu'ils veulent, c'est encore un des rares endroits où il est possible de rencontrer l'inconnu. La «weberrance» ouvre l'esprit. Ça ne veut pas dire qu'il ne faille pas, bien au contraire, garder un œil attentif. Mais je me méfie de ces glissements où très vite on parle d'addiction. Entre le jeu vidéo comme nurse numérique et un interdit excessif, une limitation dans les horaires me semble judicieuse. Ce ne sont pas les enfants qui consultent de manière compulsive leur fil Twitter, mais bien les adultes ! ...

... L'histoire regorge d'exemples de ces gouvernements qui ont pris les devants pour mettre leurs citoyens "à l'abri du danger" en contrôlant l'accès à l'information et en muselant la liberté d'expression ainsi que d'autres libertés définies dans la Déclaration universelle des droits de l'homme. Nous devons nous assurer ensemble qu'Internet ne subisse pas le même sort...

C'est une drôle de fronde qui s'organise. En Suisse alémanique (la Suisse germanophone, qui constitue environ 65% du pays), les plaintes contre le bruit des enfants se multiplient. À tel point que les associations se mettent en ordre de bataille pour garantir un nouveau droit de l'enfant : celui de faire du bruit dans les espaces publics.
"Le bruit des enfants dans les espaces publics doit être protégé car ils en ont besoin en tant que lieu important d'apprentissage et de développement des compétences sociales" ...

... Les maîtres à (bien) penser ne parlent jamais du coût du capital, du coût des dividendes, du coût de la rente, du coût des délocalisations, du coût des fuites de capitaux, du coût des placements financiers, ou même du coût de la niche fiscale dont ils bénéficient en tant que journalistes. En revanche, le coût du travail salarié, cela les révulse au plus haut point, et ils n’hésitent pas à monter en prêche pour appeler les malheureux à se sacrifier en place publique. ...


...pas un mot sur le réchauffement climatique au cours des trois débats qui ont opposé les deux candidats, pas même une question de la part des modérateurs...

Comment faire passer un schéma boiteux pour un projet avantageux ? En manipulant les chiffres. Reporterre révèle le tour de passe-passe qui a permis à l’Etat de faire croire que le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes serait rentable...
... avant toute discussion, va-t-on reprendre l’expertise économique de ce projet, en écoutant tous les experts, et pas seulement ceux qui, pour des raisons qui restent à éclaircir, ont intérêt à présenter ce projet sous le jour le plus favorable ?
... le nouvel aéroport subira-t-il le sort peu enviable de l'aéroport de Mirabel, à 60 km au nord-ouest de Montréal (Canada), ou celui de l'aéroport fantôme de Ciudad Real, en Espagne ? Au-delà des milieux naturels détruits, des terres agricoles supprimées et de leurs propriétaires expropriés, les militants dénoncent aussi les conséquences d'une opération visant à urbaniser 1220 hectares, ou davantage si la plateforme suscite, comme c'est souvent le cas à proximité d'une infrastructure nouvelle, la construction d'hypermarchés, de parkings et de zones industrielles...
... En somme, choisir des projets plus sobres et moins spectaculaires. La bataille de Notre-Dame des Landes symbolise ce choix de société.
Bon, c’en est assez. Moi ça me fait peine. Beaucoup trop de contre-vérités sont énoncées quotidiennement sur l’affaire de l’Aéroport Grand-Ouest, outrageusement raccourci en NDDL par les supporters de la bande de squatteurs basanés polygames crypto-anarchistes néo-staliniens qui ne se lavent même pas tous les jours...
... Deux pistes pour 4 millions de passagers. Une bande de sauvages autochtones qui vit là-bas, l’ACIPA (Association Citoyenne Intercommunale des Populations concernées par le projet d’Aéroport) soutient qu’il n’existe aucune norme européenne allant dans ce sens. 
... Le projet devrait coûter 561 millions d’euros (aucun budget de dépassement n’a été prévu car on sait bien que ça n’arrive jamais sur des gros chantiers), ce qui heureusement en période de crise est une somme tout à fait modeste parfaitement employée. Ce n’est pas comme si avec 561 millions d’euros on pouvait créer des logements, financer des projets écologiques, faire de la recherche… Une paille donc, mais dans l’œil...
... Le contre-exemple angevin. Étalement urbain, tout-voiture, projets démesurés et mal financés. La contradiction avec les objectifs de réduction de la dette publique et de préservation des ressources affichés partout en Europe n'effraie pas nos-hommes-des-Landes (ni la femme)...

... "Le coût de développement de l’OLPC ["One Laptop Per Child"] correspond à peu près à la moitié du budget que l’Inde consacre à l’éducation de ses élèves. Quel sens peut pourtant avoir le cout d’un ordinateur alors que (…). 0,5 $ par an et par élève pourrait servir à fournir des médicaments pour réduire l’incidence des parasites qui causent des maladies et augmenter la fréquentation scolaire de 25 % ? (…) Si l’OLPC prétend être un projet d’éducation, plus qu’un projet technologique, dans le même temps, il attend que des gouvernements dépensent 100 millions de dollars pour 1 million d’ordinateurs portables”....

... la fracture numérique reste une réalité :
25 % des foyers français n'ont en effet toujours pas accès à Internet, et même 57 % si l'on ne s'intéresse qu'aux revenus inférieurs à 1 500 euros...
... Aux Etats-Unis, le mouvement prend même des formes plus extrêmes : les 160 écoles "Waldorf" proscrivent totalement l'usage des technologies dans l'enseignement...
62,9% ont le sentiment d'utiliser ces nouvelles technologies beaucoup trop.
55,5% pensent qu'internet et les réseaux peuvent devenir une drogue.
39,5% considèrent le manque de connexion internet comme un vrai problème, une gêne, un manque...
[ 1ère étude sur la France des déconnectés - Havas ]

...Harcelé par des maîtres chanteurs le menaçant de diffuser une vidéo où il se montrait nu, Gauthier, 18 ans, s'est suicidé à Brest....
...Si le piège fonctionne, c'est que, en face, s'activent les «brouteurs», comme on les surnomme en Côte-d'Ivoire : ces jeunes frimeurs, montre bling-bling et bagnole assortie, qui gagnent leur argent en piégeant les mugu puis le claquent la nuit en boîte. Connectés dans les cybercafés toute la journée, ils agissent en bande : vers 11-12 ans, les petits brouteurs lancent les hameçons virtuels (photos, profils) sur la Toile, les 17-20 ans prennent le relais pour chatter, le chef redistribue l'argent, jusqu'à 5 000 € par mois...

... Le niveau d'éducation a baissé aux Etats-Unis. On a arrêté d'investir. La capacité des Américains à utiliser le langage, et à le décrypter, s'est détériorée. Ils ont des diplômes mais plus les mêmes compétences linguistiques des années 1950 ou 1960. On est devenu une société de consommation à un point tel que ça a pris le pas sur le reste. Les enfants sont bombardés de milliers de pubs chaque jour. Voilà l'ambiance. Un monde marchand. Le langage a été relégué au second plan, quand la télévision, donc l'image, a fait irruption. Au début, on pensait que les pubs rendaient les programmes possibles, avant de comprendre que c'était le contraire. Et ça s'amplifie avec Internet..

... Les deux tiers des étudiants américains diplômés sont endettés, pour un montant moyen de 26 600 dollars, qui peut atteindre le double dans certains Etats. Les montants les plus élevés se retrouvent en général chez les étudiants issus des établissements privés à but lucratif, aux frais d'inscription élevés, aux programmes plus variés, et qui acceptent plus d'étudiants en difficulté...
... Le chômage des jeunes étant important, le retour sur investissement peut être décevant et le crédit presque impossible à rembourser...

En Amérique, l'école est la première source d'inégalités. Le candidat républicain doit beaucoup à la sienne...
... Derrière la propagande sur le rêve américain pour tous, nous vivons la perpétuation de l'inégalité sociale et raciale.»

... Construite sur le modèle industriel, l’aquaculture n’est autre qu’un élevage en batterie, transposé en milieu marin. Avec toutes ses conséquences : concentration de déjections animales, eutrophisation et contaminations bactériennes des eaux, prolifération d’épidémies, accumulation de pesticides dans la chair des poissons, perte de la biodiversité génétique des spécimens et perte de la valeur nutritive du produit final ...
... on constate aussi des différences flagrantes dans la composition de la chair du saumon d’élevage qui contient trois fois moins d’oméga-3 que son homologue sauvage. Enfin il ne faut pas attendre beaucoup des labels bio, qui ne garantissent nullement l’absence d’huile de palme ou de graisses hydrogénées...

... L'expulsion des petits paysans, qui vivent depuis des décennies sur ces terres sans titre de propriété, par les grands investisseurs du commerce agricole n'est pas l'apanage exclusif de Santiago del Estera, mais bien un phénomène mondial...
...  "Deux tiers de ces investissements ont pour vocation l'exportation, et dans la plupart des cas il s'agira de cultures destinées à la production de biocarburants" ajoute Oxfam...

... Avec la fin annoncée du programme européen aux démunis (PEAD), les associations caritatives risquent fort de perdre quelque 500 millions d'euros annuels qui leur permettent de distribuer des repas à 18 millions de personnes. Pour Julien Lauprêtre, président du Secours populaire, cet abandon symbolise "l'odieux qui se mêle au ridicule. L'odieux d'une Europe où grandit le chacun pour soi. Le ridicule de ce que coûte le PEAD : 1 euro par an et par Européen, ce qui est dérisoire"...
... "Ce n'est tout simplement pas possible de dire que, pour sauver les banques, l'Europe doit être solidaire mais que pour aider les plus pauvres, ce n'est pas la peine" ...

... Grignotage, repas sautés ou avalés à toute vitesse, budget réduit consacré à l'alimentation font partie de mauvaises habitudes relevées par l'enquête. L'alimentation n'est pas un poste de dépenses prioritaire chez les jeunes : plus d'un sur quatre est prêt à sacrifier la qualité et la quantité de son alimentation au profit de son habillement (31 %) ou de la téléphonie mobile (25 %)...

... Critiquer l’industrie du saumon est de très mauvais goût en Norvège.L’association Green Warriors a vu se déployer une puissante contre-attaque lorsqu’elle a publié l’an dernier son rapport sur l’impact environnemental de l’élevage du saumon...
... Le gros problème est qu’aucune expertise indépendante n’existe. Et pour cause : la ministre norvégienne de la Pêche possède elle-même des participations dans des sociétés de pêche, à hauteur de plusieurs millions d’euros et nomme les directeurs des trois organismes publics censés contrôler l’industrie de la pêche ..

Les informations données par les grandes revues scientifiques sont-elles fiables ?
... Il s'écoule plusieurs mois, et parfois plusieurs années, entre la publication initiale et la décision de retrait de l'article frauduleux. Un délai particulièrement dangereux pour des médicaments dont l'efficacité a été majorée ou la toxicité passée sous silence ...
... la lutte contre une autre pratique, le «ghostwriting» (auteur fantôme), devrait se durcir. Elle consiste à faire signer par un chercheur universitaire influent dans sa discipline un article élogieux ficelé par un industriel...

... le premier ministre a tonné qu'il n'y aurait "pas de dépénalisation du cannabis", le ministre fautif a fait son mea culpa et le débat a été refermé sans même avoir eu le temps d'être engagé.
Or ce débat est tout sauf inutile ou futile...
... Pis, les adolescents français sont les champions d'Europe en la matière: un collégien sur dix en a fait l'expérience, et 39 % des 15-17 ans déclarent en avoir déjà fumé (contre 17 % en Europe)...

...Se fournir en haschich à Saint-Ouen ? Cela tiendrait plus de l’emplette au supermarché que du parcours du combattant...
...« La clientèle est essentiellement parisienne, ou de la proche banlieue. Ce sont plutôt des gens bien intégrés, de catégorie socioprofessionnelle supérieure. Environ 2000 personnes viennent chaque jour se fournir à Saint-Ouen » ...
...« On les voit les petits bobos : ça critique le 93 et ça vient acheter son shit ici et nous quand on cherche du boulot, on trinque », explique une habitante. Des assistantes maternelles veulent déménager pour continuer à travailler. Pour que les parents qui leur confient un enfant ne soient plus contrôlés ou questionnés matin et soir pour savoir qui ils sont et où ils vont. Que faire? Tous conviennent plus ou moins que la police travaille, même si une présence plus régulière est désirée. La justice en prend pour son grade. Quant au levier éducatif, il laisse sceptique : « même en échec scolaire, ils gagnent plus que moi »...

... J’ai un diplôme bac+5 en communication, mais la précarité du marché du travail est telle que depuis maintenant deux ans, je suis hôtesse d’accueil pour subvenir à mes besoins et rembourser le prêt que j’ai contracté pour financer ma – coûteuse – école privée...
... Alors, pour maintenir un niveau de vie acceptable dans cette capitale, j’ai remarqué que, sans se concerter, mes amis et moi-même avions recours à la même chose : le vol...

... "It shouldn't happen here" [cela ne devrait pas arriver ici], l'ONG révèle que le Royaume-Uni abrite près de 3,5 millions d'enfants pauvres, dont 1,6 million vivraient dans une extrême pauvreté.
"Il est inacceptable de voir qu'en 2012, des familles vivant au Royaume-Uni doivent se priver de biens essentiels, notamment alimentaires, ou se retrouver criblées de dettes uniquement pour subvenir à leurs besoins quotidiens", déclare l'organisation humanitaire en soulignant que les enfants les plus pauvres sont les premières victimes de la récession économique...

... " si l’on veut aller au fond des choses, l’Etat providence classique peine de plus en plus à jouer un rôle dans nos sociétés modernes individualistes, au sein desquelles le développement personnel est devenu une fin en soi. On assiste clairement à une érosion des solidarités. La production du nécessaire et du superflu demande de moins en moins de travail, mais distribue aussi de moins en moins de revenus. La solution ne viendra donc pas du rétablissement d’une situation antérieure...

Qu’y a-t-il de plus scandaleux : que M. Bernard Arnault réclame la nationalité belge afin de préparer l’ « optimisation fiscale » de sa fortune — la première française et quatrième du monde — ou que les politiques publiques successives (en France, en Belgique, ailleurs) aient offert de telles possibilités à leurs contribuables les plus opulents ? On ne peut libérer le marché des capitaux, laisser proliférer les paradis fiscaux, y compris en Europe, et se plaindre ensuite que les individus pour qui de telles décisions sont prises choisissent d’en tirer le meilleur profit...

... Les lobbys ont-ils aussi du poids à l'échelle européenne?
Bien évidemment. Particulièrement par l'intermédiaire du groupe d'experts qui conseille la Commission en matière de risques émergents. Pourtant, des choses bougent:l'OMS vient de reconnaitre que la pollution électromagnétique représentait un risque 2B, c'est-à-dire un risque potentiellement cancérigène. Comme le bisphénol A, qui depuis est interdit...

... Mais les appeler «élites», n’est-ce pas beaucoup leur accorder ? Et que valent les élites en questions à l’aune même des critères qu’elles appliquent aux autres ? Répondre complètement à cette question exigerait de reparcourir l’interminable liste des erreurs accablantes de diagnostic, de pronostic, de conseils malavisés, innombrables foirades des experts, calamités «intellectuelles» à répétition, obstination dans l’erreur, passion pour le faux : avec une systématicité qui est en soi un phénomène, tous les précepteurs de la mondialisation néolibérale se sont trompés...

...  Ils sont non seulement surveillés par plus de 1,8 million de camérasCCTV dans tout le Royaume-Uni, mais en plus espionnés par les municipalités lorsqu'ils sortent leurs chiens ou leurs poubelles.
En effet, au pays de Sherlock Holmes, des promeneurs se sont fait attraper pour ne pas avoir ramassé les besoins de leur bête, des mères de famille pour avoir jeté des déchets aux mauvaises heures, et des familles se sont fait suivre afin qu'il soit bien établi qu'elles n'avaient pas menti sur leur résidence afin d'inscrire leur fiston dans l'école plus courue du quartier voisin. Pour démasquer tous ces fraudeurs, les autorités locales britanniques ont placé des caméras sur des lampadaires, envoyé en mission secrète des employés de mairie armés d'appareils photo ou fait collaborer des enfants ...

... il ne fait aucun doute que l’obligation faite par le Congrès américain d’incorporer de l’éthanol de maïs dans le carburant fausse le marché, ce qui signifie une augmentation de tous les prix, du lait jusqu’aux cheeseburgers.
Et pourtant, l’arnaque à l’éthanol se poursuit...

... Enfant, j’aimais Castellón, dernière halte à la pompe avant d’arriver à notre village. Je suis ici parce que j’ai envie de savoir pourquoi Castellón a construit un aéroport dont aucun avion n’a encore jamais décollé. Un aéroport qui a coûté 150 millions d’euros alors qu’il est situé à seulement 65 kilomètres de Valence, déjà dotée d’un aéroport largement démesuré...
... Les Espagnols auraient pu demander d’où venait tout cet argent, ils auraient pu demander pourquoi, alors que l’état des routes s’améliorait et que les trains allaient plus vite, les résultats scolaires de leurs enfants se dégradaient. Ils auraient pu élire d’autres responsables. Moins fous. J’ai la ferme conviction que chaque village, chaque commune, chaque province a hérité exactement du responsable politique qu’elle méritait...

... Certains de ces enfants et adolescents ouvriers seraient «fournis» à HEG par leurs propres professeurs, sous prétexte de stages en entreprises. Les enseignants produiraient également de faux documents d’identité pour cacher l'âge réel des jeunes.
Selon l’ONG, 60% des 2 000 ouvriers seraient des écoliers et étudiants, et jusqu'à 80% pendant l'été. Ils travaillent dans les mêmes conditions que les adultes, pour un salaire inférieur de 30% aux 150 euros mensuels de la paye de base...
... Les ouvriers sont punis en devant rester debout toute la journée, rédiger des autocritiques ou recevoir des amendes.» La grilles des punitions recouvre de très nombreuses fautes, et des sanctions allant de la retenue sur salaire au renvoi assorti d’une lourde amende...

... Les athlètes sont pris au berceau pour devenir des machines à records. D'une certaine façon, ils sont les premières victimes de l'idéologie et de la maltraitance corporelle sportives. Ils ont subi dès le plus jeune âge la sélection, l'entraînement abrutissant, les pressions des staffs techniques, les pressions des parents qui ont fait d'eux des instruments de leur propre désir de grandeur inassouvi

... Non seulement la biodiversité est en cause mais la privatisation des semences de plus en plus aux mains des grands groupes industriels du type Monsanto. Un enjeu mondial : Marie-Christine Robin auteur de l’excellent “Le monde selon Monsanto“*, décrit le calvaire des paysans indiens qui se suicident en masse depuis l’introduction des semences OGM, puisqu’ils se trouvent ruinés, obligés après chaque récolte de racheter les semences à Monsanto...
... un nouveau pas dans la marchandisation : après l’école, le corps et le trafic d’ovocytes et la vente d’organes, c’est la marchandisation de la nature qui est en jeu.

... « Pendant cinq ans, je n’ai rien à faire
sur le plan politique, j’ai choisi 548 personnes qui vont s’occuper de mes affaires, dans le cadre de la Constitution, avec certaines garanties, etc. »Le résultat, c’est que pendant ces cinq ans, les citoyens ne sont pas actifs, ils sont passifs. Et même le jour des élections, mais ça c’est une autre discussion, de quoi peuvent-ils décider ?..
... ce monstre, de temps en temps sort de sa grotte et demande dix mille jeunes gens et
quarante mille jeunes filles pour les manger et cent mille personnes pour les tuer, il demande de l’argent et tout le reste. Nous ne pouvons rien à l’égard de ce monstre ; ce que nous pouvons faire, c’est placer autour de sa grotte des barricades en papier qui s’appellent les Constitutions, qui limitent les prérogatives de l’État...
[ Retranscription de l'entretien vidéo entre Chris Marker et Cornélius Castoriadis - pdf ]

...L’Olympiade moderne, il fallait avant tout la créer ; maintenant il faudra l’épurer. Elle met en mouvement trop d’activités étrangères aux sports, trop d’ambitions. [...] On complique ses rouages ; on rend aussi sa célébration trop coûteuse”...
(Pierre de Coubertin - 1906)

... L'Olympisme est au fond un reflet de notre monde. On est tous pris dans le même dilemme de se faire modeler par les attentes de nos milieux, de s'en demander toujours plus en se comparant, en se jugeant, en s'évaluant. Et c'est pourquoi on se dope aussi, au café, à la nicotine... Je pense que c'est intrinsèque à notre société qui est particulièrement exigeante. Je ne pense pas que cette société puisse vivre très longtemps comme ça. Nous nous éloignons trop de la notion de plaisir...
... le problème ne se pose pas tant au niveau des jeunes, mais des parents, des coachs, qui se mettent à avoir des attentes par rapport aux jeunes. Dans une vie de psychothérapeute, on rencontre beaucoup de jeunes qui ont été sacrifiés par leurs parents pour un sport, pour un rêve de parent non réalisé. ..

... L'hyper-manifestation sportive est pourtant encadrée par un formidable déploiement policier et militaire, la Grande-Bretagne, déjà championne du monde de la vidéosurveillance, en rajoute une couche orwellienne. Gigantisme militarisé de l'amusement.
Les contribuables du monde entier financent le sport dit de haut niveau au détriment d'investissements pour aider pauvres, chômeurs, mal-logés, mal-payés...
... Les Romains avaient leurs panem et circenses ("pain et jeux du cirque") ; nous avons de plus en plus de "circenses" et, pour beaucoup, de moins en moins de "panem"...
... Les contribuables paient donc pour de gigantesques installations qu'ils n'utiliseront jamais. Combien de stades de banlieue, de foyers communautaires, d'écoles ou de centres aérés pourraient être construits avec cette manne déversée sur une toute petite minorité ?..

... Les sommes en cause sont à ce point pharaoniques qu’elles encouragent la presse non financière à concentrer son attention sur des peccadilles, mais à échelle humaine : parents qui touchent des allocations familiales sans s’assurer de la présence de leurs enfants à l’école, salariés grecs qui complètent leur pauvre ordinaire en travaillant au noir. Haro sur eux ; les foudres des gouvernants et de la Banque centrale européenne leur sont réservées...
...  Ceux qui infligent ces châtiments avec le plus de cruauté demeurent auréolés de respect, qu’ils président une banque centrale incontrôlée ou une agence de notation. Quatre ans après le déclenchement d’une des plus grandes crises financières de l’histoire, la question de l’utilité sociale de ces institutions est pourtant tranchée...
 
 


... en limitant la commercialisation des chargeurs à grande capacité, on empiéterait sur un droit fondamental."Le simple fait d'essayer, c'est restreindre notre liberté," a-t-il lancé sur Fox News Sunday.
La liberté de quoi, exactement ? De tirer 100 cartouches sans avoir à recharger ?

... et on arrive alors à un total de plus de 25000 morts...
... les Etats-Unis ont une culture de l’homme armé, une culture “des cow-boys et des Indiens”, du “tire d’abord et pose des questions ensuite”. Et s’il est vrai que le génocide des Amérindiens constitue somme toute une manière assez moche de fonder un pays ...
... Ce qui signifie que les Etats-Unis sont responsables de plus de 80 % des morts par arme à feu survenues dans les 23 pays les plus riches du monde.... Notre propension à tuer n’est pas simplement historique (massacre des Indiens, des esclaves, guerre “civile”). Tuer est notre façon de résoudre les problèmes qui nous font peur. C’est l’invasion comme politique étrangère...

... Les banques voudront s’établir sur la place la moins susceptible de sanctionner ses transactions douteuses. Mais à quoi bon transformer son pays en terre d’accueil pour banquiers malhonnêtes? Cette stratégie de développement économique finira forcément par engendrer un système financier rongé par la fraude...
... Dans l’establishment économique, l’affaire en a scandalisé plus d’un, notamment en Grande-Bretagne; The Economist a même fini par lui consacrer une couverture saisissante, qualifiant les banquiers mis en cause de «Banksters»...
... Alors que les faits sont, sinon connus, du moins suspectés,il y aurait comme une hésitation à s’attaquer à de telles situations potentiellement explosives. Cela nous rappelle qu’il est difficile de contrôler concrètement les abus de la finance. Ils sont le fait de dirigeants ou de traders infiniment mieux formés et rémunérés que ceux et celles qui doivent les superviser. Ils sont aussi soumis à des pressions politiques...
... Les banques continueront-elles à être sauvées avec de l'argent public sans rien exiger des actionnaires et créanciers des banques ?
En France, les spécialistes financiers et professeurs de finance interviennent peu, laissant la parole aux économistes. Pourtant ils sont au cœur des mécaniques complexes de la finance moderne. Souvent par peur d'ennuis professionnels, ils se font discrets, mentent par omission...

... "Les pays du Nord s'enrichissent en commettant une orgie dévastatrice et obligent les pays du Sud à être leurs gardes forestiers pauvres, a-t-il poursuivi. Ils veulent nous imposer des mécanismes d'intervention pour orienter et juger nos politiques nationales (...) sous des prétextes environnementaux." ...
... Faute de volonté de la part des protagonistes de s'écouter et de s'entendre sur le sens des mots, le débat n'a jamais eu lieu ...
... Un quart de siècle après son émergence, à la faveur d'un rapport de la Commission mondiale sur l'environnement et le développement des Nations unies, le développement durable reste à réinventer.

... le mouvement pro-abstinence s'est développé aux Etats-Unis vers la fin des années 1970, porté par les chrétiens conservateurs, désireux de peser sur le contenu de l'éducation sexuelle fournie aux enfants américains ...
... l'administration a "cédé à la pression politique des conservateurs et permis à une idéologie de prévaloir sur la santé et le bien-être de la jeunesse"...

... Problème : fraîchement émoulus de leurs universités, les Américains ne parviennent pas à rembourser ces prêts. Au 31 mars, le total des sommes empruntées et encore en souffrance s'élevait à 904 milliards de dollars. Les prêts étudiants sont ainsi devenus le deuxième poste d'endettement des ménages américains en 2010, derrière les emprunts immobiliers ...
... Peter Thiel, créateur du site de paiement en ligne PayPal. Il n'hésite pas à parler de "bulle" et à comparer cet investissement au secteur immobilier, anéanti par la déflagration des "subprimes" en 2007 ...

... En avril 2010, alors même que l’Espagne s’enfonçait dans la crise, deux anciens analystes de la banque centrale espagnole devenus économistes au Fonds monétaire international (FMI), MM. José Viñals et Jaime Caruana, jugeaient le système financier espagnol «fondamentalement sain» et les besoins de trésorerie des banques «très réduits».Il arriverait donc aux experts du FMI — «les meilleurs du monde», selon le mot de M. Michel Camdessus quand il dirigeait cette institution —, de se tromper ? Assez souvent, semble-t-il : c’est ce que suggère un article du New York Times daté du 27 juin ...


... Cette jeune génération de diplômés est unique: ils sont les premiers – depuis 1945 – à devoir s'attendre à vivre moins bien que leurs parents. Ils sont victimes d'un chômage massif: 19% au Royaume-Uni, 17% en Irlande, 50% en Grèce et en Espagne. Tout cela en assistant en même temps à une révolution des technologies et de la communication qui était censée leur donner le pouvoir...

... 80 % des étudiants ne bénéficient pas d'une bourse tandis que la crise affecte la majorité de leurs familles, qui ne sont pas en mesure de les aider, souligne le syndicat.
En conséquence, "le salariat étudiant est devenu la première source de financement des études", déplore l'UNEF. Près des trois quarts des étudiants (73 %) déclarent exercer une activité salariée (48 % il y a six ans). L'étude fait le lien avec "le taux anormalement élevé d'échec universitaire"...

... Fini, les taxes, les parcs ou les régulations publiques, on ne jure plus que par les «instruments de marché» : paiements, enchères, marchés de droits à polluer et de compensation, prêts hypothécaires basés sur la nature… comme la bonne façon «innovante», souple et efficace de gérer l’environnement et de «sauver la planète». De même qu’il y a un projet néolibéral pour l’eau, les services ou pour l’éducation, on voit bien ici se dessiner les contours du projet néolibéral pour financiariser la gestion de l’ensemble de la biosphère et l’atmosphère

Hamburgers in vitro, fromages de synthèse, glu de porc, vache ou poisson transgénique
...  un traitement à l’ammoniaque, substance considérée comme non dangereuse par les autorités sanitaires, et utilisée par ailleurs pour la fabrication d’engrais, le détartrage des métaux, ou la fabrication d’explosifs… Aux États-Unis, le produit est ajouté depuis des années à la viande hachée ou aux hamburgers. Vous en reprendrez bien un peu ?
Ce pink slime – ou « glu rose », tel qu’il a été rebaptisé par ses détracteurs – a déclenché récemment une tempête aux États-Unis. Des parents d’élèves se sont mobilisés lorsque le ministère de l’Agriculture a annoncé qu’il prévoyait d’acheter plus de 3 000 tonnes de cette mixture pour les cantines scolaires...

... Sous les ramures entrelacées d'arbres s'élevant à 30 mètres du sol cohabitent en autosuffisance depuis des siècles 400 000 espèces végétales et animales. Grand comme le Portugal, ce territoire abrite une des biodiversités les plus riches de la planète. Un écosystème longtemps resté intact mais désormais menacé.
Depuis environ dix ans, un mal insidieux ronge en effet cette partie est du bassin amazonien, encore préservée de la déforestation massive observée au Brésil voisin. L'or des sous-sols et des rivières de la Guyane fait aujourd'hui l'objet d'un braconnage à grande échelle ...
... Et pourtant l'Etat laisse faire !" Comme si, à Paris, seule la stratégique base spatiale de Kourou valait qu'on se préoccupe de la lointaine Guyane.

Du début de la guerre civile espagnole aux années 1990 (après le retour à la démocratie), des milliers d’enfants de familles républicaines ont été soustraits à leurs parents dans les hôpitaux et maternités espagnols. La motivation était idéologique : il fallait les soustraire à la «perversion des rouges», les «rééduquer» dans l’esprit de la dictature. Au total, plusieurs dizaines de milliers d’enfants auraient ainsi été « volés »...

... Tour à tour, les responsables d’ONG comme WWF, Greenpeace ou Oxfam ont dénoncé en termes très vifs les insuffisances et les «trahisons» des résolutions : qu’il s’agisse de l’économie verte, de la gouvernance, de la biodiversité, des océans, de la fiscalité internationale ou du traitement de la pauvreté...
... Définitivement « embedded » dans la machine onusienne, ces grands mouvements veulent sauvegarder leurs petits pouvoirs naissants, sans se rendre compte qu’ils se font eux aussi l’instrument du consensus mou qui gouverne les Nations unies et leurs réunions. Donc, elles tapent sur la table, tonnent puis rentrent vite dans les rangs pour continuer à faire partie du club...
... les responsables internationaux de ces multinationales de la contestation sont bien souvent devenus étonnamment semblables aux hauts fonctionnaires et aux diplomates qu’ils côtoient depuis des années. Ils adoptent de plus en plus le ton, les manières, les prudences et souvent les costumes de ceux qu’ils affirment combattre...

... l’énergie “cultivée dans les champs” n’avait pas que des avantages. Elle contribue à l’augmentation des prix mondiaux des denrées alimentaires. Les fermiers traditionnels des pays en voie de développement sont chassés de leurs terres, sur lesquelles se rue l’agriculture industrielle avec ses pesticides, ses engrais artificiels et son impact négatif sur la biodiversité. Et surtout, des forêts tropicales sont dévastées...

... l'OIT : « (...)Encore 215 millions d'enfants travaillent dans le monde (...) Il existe toujours un grand décalage entre la ratification des conventions sur le travail des enfants et les initiatives prises par les pays pour traiter ce problème (...) »
...  « Il n'y a de place pour aucune complaisance quand il y a encore 215 millions d’enfants qui doivent travailler pour survivre et que la moitié d’entre eux est exposée aux pires formes de travail des enfants, y compris l’esclavage et l’implication dans des conflits armés. Nous ne pouvons admettre que l’éradication du travail des enfants recule parmi les priorités de l’agenda du développementif » ...
... Mais que pèsent le travail forcé des enfants, l'absence des droits de l'homme et la répression syndicale à côté des profits de nombreuses entreprises multinationales dont les pays d'origine participeront demain aux : « débats politiques de haut niveau, événements médiatiques, campagnes de sensibilisation et manifestations culturelles » ...
[ Rapport OIT 2012 - Combattre le travail des enfants - pdf]

... Chaque famille, selon les estimations, jette 20 à 40 kilos de nourriture par an. Si on y ajoute le gaspillage au restaurant, ce sont 95 kilos d’aliments qui seraient jetés en Europe par personne et par an,estime la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), voire 280 kilos, si on inclut les pertes à toutes les étapes de la chaîne d’approvisionnement. Le coût par foyer varie de 200 à 1 500 euros, selon que l’on prenne en compte, ou non, les coûts de production, de distribution et de mise au rebut des aliments gaspillés...


... Des Etats-Unis au Burkina Faso, de l’Inde à la République dominicaine, dès l’âge de six ans, des enfants sont employés dans les exploitations agricoles, vestimentaires, aurifères… Ployant sous des sacs de gravats, de briques, ou de légumes… 
... on assiste actuellement à une régression laissant peu de chances de voir se réaliser l’objectif de 2016 — l’échéance donnée aux Etats signataires pour éradiquer les pires formes d’exploitation des enfants. « L’illettrisme engendre la pauvreté ; le meilleur investissement est donc l’éducation » ...
[ Le film Enfants forçats sera diffusé sur Arte le mardi 29 mai à 20h45.]

... «À raison de 900 dollars d'intérêts mensuels, je devrais avoir fini de rembourser d'ici trente ans, lorsque j'aurai à peu près 60 ans», sourit-elle tristement...
... Tous les jeunes diplômés outre-Atlantique n'ont cependant pas eu la chance de décrocher un job aussi vite qu'elle. Le chômage touche aujourd'hui 13,2 % de la classe d'âge 20-24 ans, alors même que l'endettement moyen d'un jeune diplômé débarquant sur le marché de travail était de 27.500 dollars en 2011...

... 101 jours que le Québec connaît un mouvement de manifestations et de grèves étudiantes sans précédent. Mardi 22 mai, plusieurs dizaines de milliers de personnes se sont réunies dans le centre de Montréal pour célébrer la durée des contestations, inédite pour la province.
Parti des universités, et rejoint par des parents, retraités et manifestants de tous horizons, ce conflit oppose depuis trois mois le gouvernement et les syndicats étudiants sur l'augmentation des frais de scolarité...

... Les étudiants voient la logique d’endettement, qui augmente de façon significative. La moyenne, dans les autres provinces du Canada, de la dette d’un étudiant après ses études est de 25 000 ou de 30 000 dollars canadiens [19 000 à 23 000 euros, ndlr]. Au Québec, c’est 15 000 dollars canadiens pour le moment. On endette une génération entière, mais pour des bénéfices illusoires. Les jeunes savent très bien que la situation économique ne leur est pas favorable...
... La question sociale est au premier plan et se pose partout dans le monde. Qui va décider de l’avenir des institutions de nos sociétés ? Cette interrogation en entraîne une autre sur la souveraineté populaire. Mais, le premier message, c’est le rejet par la jeunesse du néolibéralisme...

... Etudiante en sciences politiques, cette jeune femme de 24 ans vit chez ses parents et n'a pas cessé d'aligner les emplois précaires : hôtesse d'accueil, professeur d'italien en soutien scolaire, vendeuse, serveuse à 5 euros de l'heure... Face à elle, une centaine de personnes rassemblées sur la place du 2 Mai, dans le quartier de Malasaña [à Madrid]. Parmi la foule, des chômeurs, des travailleurs, des grands-parents, des parents, leurs enfants. ...
...  "L'une des armes des puissants, c'est la peur", explique la jeune femme. Et contre la peur, rien de tel que le fait de témoigner, de dénoncer ces situations...

... les Apaches, les Cheyennes, les Iroquois, les Sioux ou les Esquimaux ne nous inspirent pas, la plupart du temps, un sentiment extrême de culpabilité. Mais ce n'est rien comparé au pays du Western et de la Country. Pas plus que le Jazz ou le Blues ne suscitent leur part de tristesse chez leurs amateurs et ne réveillent chez eux les souvenirs tragiques des lynchages des Noirs, ces genres populaires ne renvoient à la réalité d'un génocide toujours en cours dans l'indifférence générale...
... "On tira des hôpitaux de Bicêtre et de la Salpêtrière cinq cents jeunes gens des deux sexes pour les embarquer à La Rochelle et les transporter au Mississipi. Les filles étaient dans des charrettes et les garçons allaient à pied, avec une escorte de trente-deux archers." Les charters de l'époque, sauf qu'en ce temps-là la France exportait ses propres ressortissants... 

... “Dire aux gens qu’ils n’ont pas le choix revient à leur interdire de s’exprimer et de penser”, dénonce Ulrich Thielemann, spécialiste allemand de l’éthique des affaires. “Si l’on ne peut plus évoquer les alternatives possibles, c’est la fin de la démocratie”. Techniquement, certes, on continuera d’aller voter. “Mais les gens n’ont plus le droit de choisir, ils n’ont pas d’autre choix que de dire amen à une politique irrévocable – la démocratie ne sert plus dès lors qu’à entériner”...

50,5 % On croirait un résultat électoral de second tour. Un score serré, mais suffisant pour définir une majorité. Or c’est précisément l’existence de cette majorité qui traumatise l’Espagne. Car il ne s’agit pas d’un décompte des bulletins de vote, mais de la proportion de chômeurs parmi les 16-24 ans. Plus d’un jeune Espagnol sur deux débarquant sur le marché du travail fait la queue à l’agence du Pôle emploi local...
... En surchauffe, l’Espagne a explosé en vol, condamnant ses enfants au désœuvrement. Dans un grand élan de mansuétude, le roi Juan Carlos a avoué, il y a quelques semaines, que ce drame de la jeunesse l’empêchait de dormir...

le 17 avril 2012 - "La mort est dans le pré"
sur France 2
Générations Futures rend public un rapport mettant en cause le système d'homologation des pesticides au niveau européen.

... Ils croyaient s’être acheté un coin de paradis dans la Beauce. Ils ont découvert que leur vie et la santé de leurs enfants ne pesaient rien face aux dérives du lobby agro-industriel qui a transformé l’Eure-et-Loir en cauchemar environnemental sans équivalent en France. La moitié des captages d’eau du département sont impropres à la consommation. Si rien ne change l’Eure-et-Loir connaîtra une crise sanitaire sans précédent...
... « De mars à octobre, on vit un enfer, poursuit-il. Les céréaliers déversent des