alternatives éducatives : des écoles, collèges & lycées différents
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I Des écoles différentes ? Oui, mais ... pas trop ! I
 

école autrement, école alternative, école différente, collège lycée innovant, expérimental ...
2017 : Une autre école est-elle possible?

Quelques autres "rubriques", parmi beaucoup d'autres, toujours d'actualité :
les rapports parents-profs, la maternelle à 2 ans, l'ennui à l'école les punitions collectives,  le téléphone portable  , l'état des toilettes, le créationnisme...

LES CHÈQUES "ÉDUCATION" :
L'ÉCHEC !
Depuis une bonne vingtaine d'années - ici aussi, évidemment - le "chèque éducation" (ou "bon scolaire") - en anglais "voucher" -
fait partie d'un blabla yakaiste au sujet des indispensables réformes, "simples, urgentes et radicales", disent-ils, du système scolaire.
USA 2008 - "dans le Milwaukee, il n'y a pas eu de miracle"  : L'un des plus fervents promoteurs du chèque-éducation aux USA,
Sol Stern, vient de faire brusquement volte-face en affirmant, constats à l'appui, que le voucher n’avait pas du tout amélioré le système public.

school choice... charter schools ... vouchers ... flexi-schooling ... home schooling ... :"liberté-d'instruction", disent-ils !

« Main basse sur l'école publique »
L'Éducation Nationale est accusée de « fabriquer des crétins » et d'entretenir le « chaos pédagogique », l'insécurité et le chômage.
Eddy Khaldi et Muriel Fitoussi dévoilent la signification de ces mesures :
des associations de libéraux et de catholiques conservateurs proches du Front national et de l'Opus Dei sont à l'origine de ces propositions.
Au nom de la liberté de choix, on prépare une privatisation de l'Éducation.
 
 

Depuis Savary en 1981, toutes les réformes scolaires ont été refusées.
Pour n'importe quel ministre de l'éducation,
le risque maximum est de vouloir réformer.


(Extrait de l'éd. 2001 du guide-annuaire)
 
 



Des écoles,
des collèges et des lycées différents :
DES ÉCOLES PUBLIQUES EXPÉRIMENTALES

... POURQUOI  TOUJOURS "EXPÉRIMENTALES" ?!
 
Au fil des décennies, des ministres, et donc des réformes, on voit de temps à autre le secteur public donner naissance à des collèges et lycées "expérimentaux", "pilotes", "innovants", "pionniers", ou même - quelle audace ! - à des écoles "ouvertes"(1).
Selon les cas, il peut s'agir d'une opération de plus ou moins grande envergure, avec éventuellement des crédits et/ou des postes supplémentaires, dans le cadre d'un plan à plus ou moins long terme, ou beaucoup plus rarement d'une exception à la règle uniforme, née autour d'un projet pédagogique cohérent, à l'initiative d'enseignants animés de solides convictions et donc de persévérance, en accord et avec le soutien d'un inspecteur d'académie, et d'une municipalité, toutes conditions difficiles à réunir.
Démarche volontariste ne résistant pas toujours aux mutations ou à la lassitude, ou plus rarement, miraculeusement reconduite d'année en année avec diverses péripéties.

 Les plus anciennes de ce type, et les plus connues, sont l'école Vitruve et l'école Decroly. La première, bien que n'étant plus ce qu'elle fut, disent des nostalgiques qui ne sont plus forcément, non plus, ce qu'ils furent, a passé le cap des trente ans d'existence, est maintenant installée dans des locaux neufs, et reste, avec une équipe qui se renouvelle sans trop de heurts, un modèle d'école publique non sélective dans un quartier multi-culturel. La seconde, à l'issue de conflits mémorables et hauts en couleurs, mais qui ont bien failli lui coûter la vie, a finalement - promesse de gauche tenue - été "reconnue", mais aussi du même coup "normalisée"; ceci mettant fin au fonctionnement collégial puisqu'il y a maintenant un directeur par cycle, et au "plus" (de postes) qui permettait en grande partie le "autrement" et le "mieux".
L'une et l'autre ont réalisé des revues, des livres, des films qui restent d'une brûlante actualité et d'un intérêt certain si l'on veut bien ne pas s'attarder, nostalgiques, agacés ou renégats, sur des détails ou un ton des années soixante-dix.

 S'agissant des lycées, les innovations les plus "récentes" et les plus audacieuses (désectorisation, cooptation des enseignants et des élèves, liberté pédagogique, relative indépendance administrative...) datent de l'arrivée au ministère de Alain Savary en 1981 qui avait pris le risque de se déclarer publiquement ouvert à toute proposition.
Risque minime puisqu'au cours des quelques mois où "tout était possible", quatre projets seulement, mûris de longue date ou vite ficelés, lui furent présentés, et qu'il accepta.
Quelques autres - mais pas des dizaines ! -  se présentèrent avec plus ou moins de conviction, sous forme de copies plus ou moins conformes des quatre acceptés, mais il était déjà bien tard : l'éphémère "état de grâce" avait disparu.
Disparues aussi, et depuis longtemps en dépit de délires pathologiques, de très vagues "annexes" placées en remorques : le lycée-météore de Anduze (Gard), un "collège autogéré" - s.d.f. (Paris), et les fantômatiques "ateliers de Marly".


 

Des écoles différentes ? Pourquoi? Pour qui ?

Sur les quatre nouveaux établissements ouverts sur le principe de la cooptation de l'équipe pédagogique (Saint-Nazaire, Paris, Hérouville, Oléron), deux semblent avoir trouvé leur vitesse de croisière - ce qui ne signifie pas la routine - sont en mesure de présenter un bilan positif; et donc susceptibles de servir de modèles reproductibles (comme c'est en principe le rôle d'une expérimentation !) : le Lycée expérimental de Saint-Nazaire, et le Collège-Lycée expérimental de Caen-Hérouville.
Très différents l'un de l'autre (un cycle secondaire complet pour "tous publics" à Hérouville, le cycle «lycée» seulement à Saint-Nazaire et pour grands ados un peu décrocheurs-décrochés), diversement insérés et soutenus dans le paysage local, ils doivent leur crédibilité au fait qu'ils ont pu se créer et se développer avec et autour d'une équipe qui a réussi, malgré d'inévitables et indispensables différences de caractères, d'histoires et de pratiques, à élaborer, affiner et faire vivre un projet cohérent et régulièrement évalué.

Plus récemment, et dans un secteur particulier mais qui concerne de plus en plus d'agglomérations - celui des quartiers "défavorisés" , on se demande bien par qui ? -, il faut signaler l'ouverture en 1992 de "l'Auto-école" à Saint-Denis.
Né de l'analyse lucide autant des besoins des jeunes concernés que des défaillances de l'institution, ce "projet", pourtant solidement argumenté, n'a vu le jour que grâce à l'acharnement d'une petite équipe animée par une autre "Madame le Proviseur" quelque peu atypique dans le monde enseignant.
Il est bien évident que cette nouvelle structure suffit à peine aux besoins locaux, et puisqu'on sait que "ça marche", que c'est la dernière chance pour des jeunes que l'école n'a jamais su ni pu - ni voulu ? - intégrer dans ses structures traditionnelles et qu'en aval, la seule porte ouverte est celle de Fleury-Mérogis, elle devrait déjà avoir été reproduite à des dizaines ou des centaines d'exemplaires. Mais cela reposant essentiellement sur des qualités et compétences telles que la prise d'initiatives, de responsabilités et donc de risques, la capacité à imaginer et assumer des pratiques non conventionnelles, toutes choses ne figurant ni au programme de formation ni dans les critères de sélection, d'évaluation, de promotion, et de rémunération du personnel enseignant, on ne doit pas trop s'étonner que cette structure n'ait pas encore été multipliée, ni même dotée d'un statut lui garantissant la survie.
La plupart des "classes-relais" ouvertes depuis par centaines n'en sont que de pâles copies.

Des écoles différentes ? Oui, mais ... pas trop !

Sachant qu'en amont, ce serait tellement plus facile, moins coûteux, moins douloureux pour tout le monde, pourquoi ne pas inciter à la généralisation, sans les mutiler, de pratiques comme celles qui ont - personne ne peut sérieusement le contester - fait leurs preuves dans l'enseignement public, dès les petites classes, avec des enfants de tous milieux (y compris ruraux) : celles de Vitruve, Decroly, et autres îlots pédagogiques comme celles des (rares) écoles ou (nombreuses) classes "Freinet"  ? (2)

L'idéal - la difficulté, l’exploit ! - est bien sûr de réussir à constituer une équipe cohérente, et stable, dans un établissement à taille humaine.
La gestion paritaire (ministère-syndicats) des personnels ne le permet, depuis peu, que pour des établissements très "sensibles".
Mais l'association "Initiatives Éducatives" créée en 1996 à l’occasion de flambées de violence particulièrement médiatisées, n'a guère rassemblé de volontaires. Et bien que l'Auto-École ait largement fait ses preuves, Marie Danièle Pierrelée n'a pu obtenir, en amont, que l'équipe du collège Garcia Lorca de Saint Denis ne soit constituée que de volontaires réunis autour d'un véritable projet pédagogique.
 
 

QUESTIONS POUR UN PROJET

LE PROJET : la capacité, la volonté de se projeter dans l'avenir, de pré-voir, et donc de gouverner, à commencer par sa propre vie - en cohérence avec un projet de société - voilà bien ce qui manque le plus, aussi bien dans l'administration, que chez les enseignants  ... ou les parents.
De véritables équipes (avec solide formation initiale et continue) réunies autour d’un projet éducatif prenant appui sur une pédagogie ambitieuse c’est-à-dire émancipatrice : voilà les conditions essentielles à une transformation en profondeur de notre très vieux « système ».

Quel ministre aura l'humilité - ou le courage - de s’y atteler, en y associant ses collègues (finances, aménagement du territoire...), au lieu de prétendre pendant son bref passage, laisser son nom à une Nième réformette sans lendemain, puisqu'immédiatement enterrée par son successeur sous les motifs les plus divers, même lorsqu'il est du même bord ?

Quelle majorité de citoyens, parents et enseignants inclus, après avoir pris le temps de réfléchir, de s'informer et de se former, aura enfin, évaluations, bilans en mains et tous comptes faits, l'intelligence, le culot et la persévérance de l'exiger, de la Bastille à la Nation - en passant par la Lorraine - la Vendée,(1) et même la République ... avant, ou au lieu de, déléguer hâtivement tous ses pouvoirs un dimanche matin électoral avant le tiercé, ou un triste matin de rentrée scolaire ?

R.A.

(1)Les écoles ouvertes [ RIEN à voir avec l'usage qui est fait du terme "écoles ouvertes" depuis quelques années, pour désigner l'ouverture de certains établissements scolaires, notamment dans les quartiers "difficiles", pendant une partie des vacances scolaires. ]

(2) Cf au chapitre Freinet du guide-annuaire,
le projet pédagogique d'une école publique vendéenne...

 
LE GUIDE ANNUAIRE DES ECOLES DIFFERENTES
| Présentation | SOMMAIRE |
| Le nouveau sirop-typhon : déplacements de populations ? chèque-éducation ? ou non-scolarisation ? |
| Pluralisme scolaire et "éducation alternative" | Jaune devant, marron derrière : du PQ pour le Q.I. |
| Le lycée "expérimental" de Saint-Nazaire | Le collège-lycée "expérimental" de Caen-Hérouville|
| L'heure de la... It's time for ... Re-creation | Freinet dans (?) le système "éducatif" (?) |
| Changer l'école | Des écoles différentes ? Oui, mais ... pas trop !| L'école Vitruve |
| Colloque Freinet à ... Londres | Des écoles publiques "expérimentales" |
| 68 - 98 : les 30 P-l-eureuses | Et l'horreur éducative ? |