Aussi étonnant que cela puisse paraître
au lendemain de « à l’aube du 21ème siècle »,
un enfant ou adolescent n’est pas une éponge,
ni un robot, qui aurait, toutes affaires cessantes, impérativement besoin et envie de tout savoir sur Pythagore le lundi à neuf heures, sur Corneille le mardi à quinze heures, les verbes irréguliers le jeudi à onze heures, et de faire de la barre fixe ou un cross le vendredi juste après la cantine.Même si c’est bon et nécessaire pour son plan de carrière, et puisque nous sommes en guerre, pour notre P.I.B., la plus-value des investissements nationaux et familiaux consentis sur sa tête (le « capital »), et l’honneur de la lignée.
Aussi bizarre et scandaleux que cela puisse paraître; c’est - encore - un être humain, ayant plus ou moins bien et assez dormi, rêvé, mangé, et joué et parlé avec ses parents, frères, sœurs et amis.
L’art d’admettre qu’on doit impérativement en tenir compte, cela s’appelle de la pédagogie; ce terme ne désignant pas seulement les techniques de décorticage d’un texte ou d’une équation, ni la soumission à un règlement intérieur, qu’on s’obstine ("citoyenneté" oblige !) à faire passer pour un contrat, ou même - le culot n’a pas de limite - pour un projet pédagogique.
Les données des « problèmes » de l’école sont parfaitement connues,
de tous,
et depuis longtemps :
depuis l’origine.Et contrairement aux apparences, ou ronchonnades épisodiques, elles sont dans l’ensemble parfaitement acceptées par les adultes.
Tous capables, les enfants.
Et les adultes :
tous ni coupables ni responsables ?(...)
Roger AuffrandExtrait de la préface de l'édition 2002du guide-annuaire des écoles différentes.