RAPPORT QUALITÉ-PRIX
LE
NOUVEAU SIROP-TYPHON :
DÉPLACEMENTS
DE POPULATIONS ?
CHÈQUE-ÉDUCATION
?
...
OU NON-SCOLARISATION ?
DÉPLACEMENTS
DE POPULATIONS ?
Philippe
Meirieu, qui s’est vu confier une mission (*) pour la réforme des
lycées, venait tout juste de publier
"L’école
ou la guerre civile" (1).
Dans son "résumé
des principales dispositions pour l’école
obligatoire", il préconise le strict
maintien d’une carte scolaire intégrant
les établissements privés sous contrat, avec des classes
délibérément hétérogènes,
«le
chef d’établissement prenant soin de mélanger les origines
sociales, géographiques et niveaux des élèves».
Si l’on ne peut que
souscrire à la quasi totalité des analyses et propositions
de l’ouvrage, celle-ci par contre relève
du pur et dur yakaïsme. Sauf à l'accompagner d’un régime
à la Mao Zedong avec déplacements massifs de populations
- et d’exécutions tout aussi massives pour sabotages - on en voit
difficilement l’application. En moins d’une année scolaire, on assisterait
à des regroupements tout-à-fait volontaires ceux-là,
provoquant un boum sur l’immobilier de Passy à Neuilly, dont les
établissements deviendraient encore plus hétérogènes
qu’ils ne le sont déjà : tous les enfants du Rotary y côtoyant,
de force, ceux du Lion’s, et ceux de la Haute Fonction Publique, les héritiers
des professions libérales.
Mélange explosif
en effet, et fichtrement citoyen.
... Mais pas autant
que dans les quartiers "défavorisés" (par qui ?), qui recueilleraient
pour encore plus d’hétérogénéité,
les enfants des derniers concierges, petits artisans, autres sans-grades
et chômeurs expulsés par la montée des loyers dans
l’ouest.
Pour éviter
des désordres, il suffirait donc au préalable, si je puis
me permettre une suggestion, de penser à
promulguer ce décret : « l'accès à un logement
confortable est gratuit et obligatoire,
chaque maire d’arrondissement veillant à ce que chaque quartier
soit délibérément hétérogène
en prenant soin de mélanger dans chaque immeuble les origines sociales,
géographiques et revenus des habitants ».
Et que fleurissent
les cent fleurs de la révolution immobilière et scolaire
du ministre-président à vie, lumière de l’esprit et
fournisseur d’accès à internet !
Ne conviendrait-il
pas aussi, ou d’abord, à titre expérimental et d’exemple,
de veiller à ce que les enfants de
tous les partisans purs et durs de l’école-pour-tous, y compris
ministres ou enseignants, fréquentent l’école publique de
leur quartier ?
Il est vrai que
la plupart le font déjà de bonne grâce ; ce n’est tout
de même pas de leur faute s’ils habitent
le Marais, le quartier latin, près du Panthéon, ou pas très
loin des "grands" lycées.
CHÈQUE-ÉDUCATION
?
Dans le camp (très)
opposé, on a aussi son réseau d’écoles convenables,
mais pas toutes sous contrat d’association,
ce qui occasionne des frais.
Pour réparer
cette entrave faite au « libre choix », et à l’égalité,
des familles, on y promeut, encore assez mollement en France,
le chèque-éducation.
Le tableau récapitulatif
des propositions pré-électorales du printemps
dernier n’était pas très encombré par le chapitre
sur l’éducation ; on y notait toutefois
la présence du chèque-éducation dans deux cases
: celle du F.N. et celle du M.P.F. (2)
Quelques mois auparavant,
en novembre 1996, l’OIDEL (Organisation Internationale pour le Développement
de la Liberté d'Enseignement), sous le label - et probablement
aux frais - de l'Année Internationale de l’Education, organisait
au Sénat un colloque intitulé
« Nouvelles formules
de financement de l’éducation ».
En collaboration
avec l’épisodique association française Enseignement &
Liberté, réactivée et financée pour l'abrogation
de la loi Falloux ...
Bien qu’organisé
par deux grosses associations ayant pignon sur rue, et dans
un lieu tout-à-fait convenable, ce colloque présidé
par Alfredo Fernandez, directeur général de l'OIDEL, et "animé"
par l'un de ses "experts", Philippe Némo, n’attira pas plus de trois
dizaines de personnes dont un journaliste de l'extrêmement à
droite «Radio-Courtoisie », et bien sûr, les membres
du fan-club de l'extrêmement libéral Philippe Nemo.(3)
Parmi les autres
"experts" (?!), ou annoncés comme tels, figurait M. Sexton, ancien
conseiller du Ministre de l’éducation de Grande Bretagne.
Son intervention,
après une brève présentation de la situation scolaire
en G.B., visait à présenter
le chèque-éducation, comme étant LA solution
à une réelle liberté de l’éducation,
une meilleure utilisation de l’argent prélevé sur les contribuables
par le gouvernement, et de meilleurs résultats
scolaires grâce à une saine concurrence entre établissements
disposant des mêmes moyens, qu’ils soient publics ou privés.
La proposition est
très clairement celle d’un "marché scolaire" à mettre
en place, ce qui nécessitera du temps,
admet M. Sexton.
Et de décrire
longuement comment pourrait s’instaurer cette
nouvelle distribution des fonds publics pour le plus grand bénéfice
de tous.
En n’omettant pas
de prévoir l’hypothèse de la perte d’un bon, réelle
ou frauduleuse, ou sa revente à des
cumulards, M. Sexton précise que « l’école aurait
toutefois la possibilité de
demander des droits supérieurs à la valeur du bon si les
parents sont d’accord pour payer la différence en liquide ».
... S’ils sont d’accord,
et s’ils en ont les moyens ! Et voilà tout l’édifice par
terre, et le bel argumentaire égalitaire
réduit à néant. Retour à la case départ
: celle que nous connaissons bien en France,
où des établissements sous contrat d’association, ou même
desétablissements publics, et qui devraient donc être totalement
gratuits, restaurent sournoisement, ou tout-à-fait ouvertement,
une sélection sociale de fait, en proposant-imposant de multiples
options (langues rares, séjours linguistiques coûteux, équipements
sportifs ou informatiques de pointe...) pour facturer des frais mensuels
qui finissent par atteindre le niveau des tarifs d’une école privée
hors contrat. Mais la parade à monindignation est prête :
des bourses pour familles nécessiteuses.
Et "méritantes"
? Sur quels critères ? Pour combien
d’élèves ?
Si la proposition
de Philippe Meirieu fleure bon les utopies d’une socialisme-communisme
plutôt totalitaire, celle-ci empeste la naphtaline des ouvroirs et
des bonnes oeuvres de notables. «
Et une maille à l’envers, et une maille à l'endroit ... on
a ses pauvres à soi...»
(de Jacques Brel, pour les jeunes, et les amnésiques).
Autre bond en avant
vers la Belle Epoque : « Les écoles auraient la liberté
de négocier et de payer les
salaires de leurs enseignants sur une base individuelle, et n’auront à
suivre aucun barême national de paiement ».
Il est évident qu’une échelle des salaires comme celle de
la fonction publique, basée uniquement sur les diplômes et
l’ancienneté conduit à des injustices flagrantes : en fonction
de leurs tâches et de leurs compétences acquises, voire du
temps passé en plus, des enseignants mériteraient des salaires
beaucoup plus élevés (4),
et d’autres ... d’avoir à rembourser des rémunérations
abusives, compte tenu de leurs absentéisme chronique ou de leur
incompétence notoire.
Mais la possibilité
pour un chef d’établissement ou la société propriétaire
de l’école de fixer unilatéralement
salaires et emploi du temps reviendrait à traiter les enseignants
comme des employées de maison, « mon petit plombier »
(souvent au noir), ou une caissière
de supermarché.
En précisant
aux récalcitrants que c’est à prendre ou à laisser,
et que dix autres attendent la place.
Ah la belle époque
où des congrégations religieuses se contentaient
d’être logées-nourries-blanchies, avec une place au paradis
! Ce qui est déjà intolérable
pour ces derniers, l’est bien davantage pour des enseignants, en charge
non pas de balais, robinets ou yaourts, mais
d’enfants à instruire et éduquer.
Dans quelle cohérence
? Avec quel projet éducatif ?
Avec quel projet
de société ?
M. Sexton termine
en précisant : «... dans d’autres pays, certaines mesures
décrites ci-dessus ont déjà
été prises. Au R.U., par exemple, il devrait être possible
d’introduire le chèque-éducation
dans les cinq années à venir, car des mesures préalables
ont déjà été mises
en oeuvre. Pour ce faire, cependant, il faut encore une volonté
politique de la part du gouvernement d’aujourd’hui,
qui, à son tour, exige une demande populaire suffisante pour effectuer
ce changement ».
A peine cinq
mois plus tard, la demande populaire exigea un changement : celui de gouvernement.
Et l’on apprend aujourd’hui qu’en fait dès 1996, les Conservateurs
avaient mis en place un projet-pilote dans quatre académies : les
familles pouvaient utiliser des vouchers (chéques) dans les
"nursery schools" de leur choix, et que cela avait été étendu
début avril à l’ensemble du pays.
Mais la somme attribuée
par enfant de quatre ans (1100 livres/an) ne couvre que la scolarité
d’un trimestre, la qualité de l’enseignement est jugée médiocre
par l’inspection dans quatre écoles
sur cinq, et la logistique administrative du système est onéreuse
(20 millions de livres) !
Lancement et démonstration
ratés, bien qu’aboutissement logique de dix-neuf ans de thatchérisme.
Le nouveau gouvernement
travailliste a mis en place dès septembre la scolarisation gratuite
de tous les enfants de quatre ans, et compte l’étendre progressivement
à ceux de trois ans. Travailliste,
mais gestionnaire, il compte financer ces mesures par d’autres moins socialement
audacieuses : économies sur les dépenses sociales, transformation
des bourses d’étudiants en prêts
remboursables, et financement de la formation des professeurs
aux nouvelles technologies et des clubs d’études dirigées,
par les fonds de la Loterie.
Le grand dessein de
Mme Thatcher avait été dès 1980, puis 1988, de démanteler
les autorités locales d’éducation,
jugées trop à gauche, pour rendre les écoles plusindépendantes
... et dépendantes financièrement du pouvoir central, sous
réserve qu’elles jouent la carte de
la concurrence censée les améliorer en facilitant le choix
des familles sur des critères d’« efficacité ».
... Maigre bilan là aussi puisque fin 87, seulement 1500 écoles
sur 24000 avaient opté pour ce nouveau statut, alors que l’objectif
était de 75 %.
[ Pas un
mot sur les quelques rares expériences aux USA en la matière,
qui apparaissent
pourtant comme la terre promise de toutes les "libertés" ...
puisqu'y fleurit
le "home schooling" !
De là à
en conclure que les écoles, notamment publiques,
sont en voie de disparition
aux USA - et qu'il en sera donc, forcément, de même en France
d'ici peu,
comme le proclament
et prophétisent les agités vrp bigots-libéraux bien
de cheux nous...
Il n'en reste pas
moins que l’enseignement public américain représente -
toujours ! -
environ 90% des écoles
primaires et secondaires.
Les écoles
privées demandent des frais d’inscription assez élevés
et les 4/5 de ces
établissements étant administrés par des organisations
religieuses...
Qui n'ont plus trop la cote depuis
quelques années,
et dont le nombre est en chute libre
: Tout
fout l'camp !
Y compris de nombreuses familles
...
ayant donc choisi le (christian,
catholic, evangelic, etc... of course !) homeschooling.]
"Historiquement,
l’enseignement aux Etats-Unis a des bases religieuses et civiques.
Les premières
écoles furent fondées pour préparer des clercs et
former des citoyens vertueux et pieux."

CE N'EST PAS
EN FRANCE ...
Emporté par
l'enthousiasme de sa victoire, le Labour avait annoncé le
gel de cette politique, mais sa position est
devenue très inconfortable lorsqu’on apprit que des dirigeants du
parti avaient choisi d’envoyer leurs enfants dans ces écoles, dont
ils condamnaient publiquement l’existence.
Ce n’est pas en
France qu’on verrait de telles contradictions.
Autre particularité du système britannique : les écoles
très privées du Royaume représentent
7% des effectifs scolaires, mais elles fournissent la très grande
majorité des "élites" administratives
juridiques et politiques : trente sur les trente-trois juges les plus hauts
placés, les hauts fonctionnaires, la plus grande majorité
des courtiers de la City, et 75% des députés
conservateurs de la Chambre précédente.
Ce n’est pas en
France qu’on verrait...
Un ancien ministre déclarait récemment : « Aussi
longtemps que le système public, à l’exception d’une poignée
d’établissements, n’offrira pas d’alternative crédible, les
établissements privés continueront à prospérer
et le secteur public à se dégrader ». Il comprend
que des familles recherchent la meilleure formation possible pour leurs
enfants, mais s’indigne de l’hypocrisie qui
entoure ces pratiques : ces privilégiés oublient que le reste
de la population est condamné à une éducation au rabais,
ou pire, vantent les mérites de l’enseignement public, dont ils
ne voudraient en aucun cas pour leurs enfants.
Ce n'est pas en
France ...
Dernière touche d’exotisme : Chris Woodhead, un haut responsable
du système éducatif britannique
ayant déclaré que les écoles primaires comptaient
15000 instituteurs incompétents (5
% de la profession), s’est attiré la sympathie d’un des syndicats
les plus influents, et partisan du retour
aux bonnes vieilles méthodes d’autrefois, inclus les châtiments
corporels.
Ce n’est pas ...
Réfléchir
à de « Nouvelles formes de financement de l’éducation
» est une chose importante, et qui
mériterait un travail plus sérieux que celui livré
par M. Sexton et autres intervenants à
ce Colloque de l’Oidel.
Rien n’est solidement
argumenté, ni réellement démontré quant aux
effets bénéfiques qu’apporterait le chèque-éducation.
Tout ne repose que
sur une conviction pré-établie qui dépasse derrière
le faux nez du droit des familles et d’une plus grande efficacité
: livrer le secteur - sa partie lucrative, seulement - au Marché.
Le reste étant
laissé à la charge d’un Etat réduit au minimum (le
tout sécuritaire), et du bon vouloir
de philanthropes civils, commerciaux et religieux.
Même l’OCDE,
qu’on ne peut guère soupçonner
de gauchisme ou d’idéalisme, et dont le « E » signifie
Economie
et non pas Education, livre prudemment des conclusions très
réservées au terme du rapport
consacré à ce sujet.
... Et réfléchir
à de nouvelles formes d’éducation, préalablement à
leur financement, en est une autre.
Bien plus difficile,
et intéressant beaucoup moins les gigantesques lobbies quis’agitent
autour, ou au sein, des instances nationales et internationales, en les
inondant de rapports bâclés, de statistiques trafiquées,
d’arguments simplistes - sans parler des petits cadeaux - y compris par
le biais d’associations ou d’o.n.g. qu’ils sponsorisent quand ils ne les
créent pas de toutes pièces.
Réfléchir
: pour mieux agir.
C’est bien le plus
difficile, puisque tout est fait pour l’empêcher.
Aux régimes
brutalement totalitaires, s’est substitué un peu partout celui de
la pensée unique (= absence de pensée...). Combien de divisions
? Innombrables, et beaucoup plus efficaces
même à court terme que les blindées, car s’infiltrant
partout entenues de camouflage, recouvertes des paillettes de la Communication
et du Divertissement.
Avec des méthodes
éprouvées puisque millénaires, de l’émotion
au premier degré, de l’indignation,
des rumeurs, de la délation, de la peur, de la haine et du rire
gras. Mais avec les techniques de mystification et de décervellement
d’aujourd’hui, beaucoup plus rapides puisque permettant d’atteindre simultanément
des millions de cibles. Bombardement dès le matin avant l’école
d’appâts animés pour les tout-petits, jusqu’au J.T. de 20
heures, avec l’actualité en flashes stroboscopiques. Les rescapés
non déséquilibrés pouvant, un peu avant minuit, assister
à un débat autiste entre MM. Allègre et Madelin.
OU NON-SCOLARISATION ?
Ou, un autre jour
mais à la même heure, à un échange d’idées
fixes et de clichés sur la non-scolarisation,
- on dit aussi le
homeschooling, l'instruction en Famille, l'éducation à domicile,
l'école à la maison, etc... - avec la
palette complète : un père non-scolarisant face à
une psychologue (et l’image du père
?), un responsable du CNED (il faut une raison sérieuse),
un inspecteur d’académie (c’est légal, mais...), deux
enseignantes crispées (mais la socialisation ?), l’avocat
de service (la loi : école, famille ou toute autre personne...),
et... Estelle Halliday, experte s’il en est (et les bêtises qu’on
fait dans le dos des profs ? et la chimie ?). Avec, insérée
dans le débat, sans doute pour aider à mieux comprendre,
une séquence sur la secte Horus.
Une grande soirée.
Les mésaventures
de cette secte, ni plus, ni moins, délirante que d’autres tolérées
ou reconnues, avaient été l’occasion
au printemps d’amalgames très malhonnêtes avec les familles
choisissant de se passer d’école. Et d’une demie-page dans Le
Monde, franchement haineuse à l’égard de la déscolarisation.
Et bizarrement alarmiste,
[ "Il y a peut-être
en France environ 20 000 enfants de 6 à 15 ans non scolarisés.
L'Education nationale souhaite pouvoir exercer un contrôle sur leur
éducation "
( Le Monde ,
10/4/97)]
... Comme s’il s’agissait
d’un danger imminent pour la République et ses enfants, alors que
le phénomène de non-scolarisation
en France reste extrêmement minoritaire et très dispersé,
et que les familles qui la pratiquent ne sont
pas plus concernées que d’autres - ni moins - par le danger des
sectes, des drogues, des pédofolies, des vaches folles, des violences
et autres grands sujets de conversation chez
les Deschiens-Bidochon.
Elles présentent
en outre un gros avantage financier puisqu’elles ne coûtent pas un
sou au contribuable !
Du fait que c’est
déjà, et ce le sera de plus en plus avec les nouvelles technologies,
le moyen de prendre des raccourcis en évitant une dangereuse promiscuité,
ce mode de scolarisation sans école peut séduire aussi des
familles assez privilégiées et/ou nostalgiques d'un âge
d'or pré-1789.
Ce qui explique
aussi la connivence de certains milieux libéraux et/ou (très)
conservateurs à leur égard. Pendant plusieurs années,
le seul site web français consacré à l'école
à la maison (disparu depuis !) était d'ailleurs éloquent
quant aux motivations de certaines familles refusant l'école : "Les
dangers que courent nos enfants ne sont pas hélas imaginaires. Il
suffit de parcourir la presse et de lire entre les lignes. Le risque de
voir transformer nos enfants en "babillas de gauche" ou en "Komsomols"
est de plus en plus évident."
Une
nébuleuse idéologique très marquée
Certains reprochent
parfois à SOS-Education d'être proche d'une nébuleuse
où s'entrecroisent ultralibéralisme et extrême droite.
Vincent Laarman, lui, ne veut en tirer aucune conclusion. Des noms, pourtant,
reviennent : Contribuables associés, Institut pour la recherche
sur les administrations publiques, Réseau Liberté, Conscience
politique, Catholiques pour la liberté économique...
Cependant,
la seule "référence assumée" de l'association est
un manifeste "Pour le pluralisme scolaire", signé du penseur
libéral Philippe Nemo, qui "approuve totalement" l'action de SOS-Education
tout en précisant n'avoir eu aucun rôle dans sa création.
Ce texte propose
"que la collectivité finance l'enseignement, mais que la prestation
d'enseignement soit assurée par des écoles indépendantes".
Trois associations
d'enseignants (Sauver les lettres, Reconstruire l'école, Sauver
les maths), pourtant elles aussi hostiles au "pédagogisme" (néologisme
désignant les excès de la pédagogie), viennent de
se démarquer de ces propositions qui, selon elles, équivalent
à un "démantèlement" de l'éducation nationale.
|
Les rafles d'enfants
dont la scolarisation - et l’éducation - sont assurées par
les parents ne sont donc pas pour demain.
Mais s’il s’agissait de légitime protection de l’enfance, on pourrait
déjà s’assurer que tous les enfants ou adolescents inscrits
dans un établissement le fréquentent vraiment (et ce qu’ils
y font vraiment) : on aurait des surprises. On pourrait aussi
d’urgence s’intéresser aux enfants et adolescents de plus en plus
nombreux dans les grandes agglomérations,
qui mendient, seuls ou accompagnés des parents, de jour comme de
nuit.
Et c’est aussi parmi
des familles, ni privilégiées, ni sectaires, ni droguées,
ni analphabètes, ni incestueuses, ayant
choisi de se passer de l’école telle qu’elle fonctionne, comme parmi
celles créant ou soutenant de véritables écoles, publiques
ou d’initiative privée, différentes ou alternatives, qu’on
peut trouver des personnes - des c i t o y e n s ! - ayant
pris le temps, et la liberté, de réfléchir, et d’agir,
à ce que peut/doit être aujourd’hui une
éducation digne de ce nom.
Avec différentes
formes de « scolarisation ».
Et sans faire l’impasse
ni tours de passe-passe sur leurs motivations, ni sur les questions de
financement, et donc de justice.
Pas de sirop-typhon
! Mais un sérieux travail de réflexion et de concertation
serait nécessaire, et pas uniquement
les veilles d’élection, ou lendemains d’insurrections.
Roger
Auffrand
(Possible
- la Circule-Air - octobre 1997)
Sources
:
O.C.D.E.
OIDEL
EdUKation
Times
Educational Supplement
Human
Scale Education.
&
Correspondants
A
votre disposition pour vous faire votre propre opinion sur le "chèque
- éducation" :
-
«
L’école, une affaire de choix »,
- 180 pages - publié par l’OCDE en 1994 - 2
rue André Pascal, 75775 Paris Cedex
16
-
«
Le bon d’éducation »,
texte intégral présenté par Stuart Sexton au colloque
de l’Oidel (photocopie - 13 pages -,
20 fr fco à l’A.I.E.)
-
«
Qu’est-ce que le chèque scolaire ? » de A. Fernandez et
A. Zalapi
(«
Working papers » 17 pages de l’Oidel, 1996)
-
«
Pour libérer l’école », 180
pages de A. Madelin, Ed. R. Laffont, 1984
NOTES
(1)-
« L’école ou la guerre civile », Philippe
Meirieu et Marc Guiraud, Ed. Plon, 1997.
(2)-
... et, bien sûr, celle du CNI/CNIP :
-
"Les parents, enfin, premiers intéressés pour la formation
de leurs enfants, devraient pouvoir créer des écoles totalement
libres de toute tutelle étatique, où le seul critère
serait la qualité de l’enseignement distribué. Ces écoles
seraient gratuites si l’Etat donnait à chaque famille un "chèque
éducation" afin de les laisser choisir l’école en toute
liberté. Le rôle de l’Etat consisterait à favoriser
les créateurs d’écoles, à contrôler l’équilibre
entre régions riches et pauvres, à inciter à la liberté
afin d’éviter le désastre collectif où mène
le gâchis actuel.
-
C'est pourquoi le CNI demande de "libérer l'école" en :
1°
- Supprimant la carte scolaire et en établissant en chèque
éducation.
Afin
de laisser aux familles et aux étudiants le libre choix de l'établissement
en fonction du projet éducatif, dès lors que le contenu des
programmes établis par le Ministère, soit respecté.
(3)-
« Pourquoi ont-ils tué Jules Ferry ?», Philippe
Nemo, Ed. Albin, 1993
L’auteur, dont l’intervention à ce colloque, devait porter sur les
stratégies,
avoua d’emblée ... n’avoir pas eu le
temps d’y réfléchir, et devant un public très clairsemé
mais conquis, interpréta ses vieux
standards sur la « soviétisation » de l’E.N., et - reprise
obligée - sur les ravages dûs
aux «psycho-pédagogues».
Et
l’on frôla l’apoplexie chez les psychopathes
du troisième âge et du dernier
rang et de l'extrême-droite... tandis
qu’un vieux toujours jeune scout lui criait
sa dévotion. Toujours prêt
!
Un
grand moment.
---
En
2004, même Fanny Capel, auteur de "Qui a eu cette idée
folle un jour de casser l'école ?" et membre du "collectif Sauvons
les Lettres" prend ses distances :
"Il
m'apparaît donc clairement, à l'issue de la lecture du projet
que vous m'avez soumis, que les analyses de M. Nemo, et les buts poursuivis
par SOS-Education divergent absolument des miens, et de ceux du
collectif Sauver les lettres."
- Le
24 octobre 2006, Sauver les lettres, Sauver les maths et Reconstruire
l'école ont publié un communiqué qualifiant SOS
Education de «groupuscule malfaisant»
"Nous
ne tolérerons pas que notre combat soit dévoyé par
le groupuscule malfaisant qui se cache sous l'étiquette de SOS-Education."
"/.../SOS-Education n'entend
nullement remettre l'Ecole publique sur les rails. En créant la
confusion dans l'esprit des parents, en les dressant contre les professeurs,
elle orchestre, en réalité, sa destruction dans le seul but
d'imposer sa propre « solution » : le démantèlement
de l'Education nationale au profit d'écoles privées financées
par le « chèque éducation ». SOS-Éducation
s'inscrit ainsi dans cette nébuleuse d'associations rassemblées
autour d'une prétendue « Révolution bleue » pour
construire en France un pôle d'extrême-droite ultralibérale.
Rien ne saurait être plus éloigné de notre propre conception
d'une Ecole de qualité, publique, laïque et gratuite./.../
Reconstruire
l'école
Sauver les lettres
Sauver les maths
(4)
Des salaires modulés en fonction du travail réel - et non
plus seulement des diplômes et de l'ancienneté.:
"S'ils
en bavent vraiment plus que les autres, il faut qu'ils en tirent vraiment
plus de bénéfice. C'est en substance la recommandation que
le Comité national de lutte contre la violence à l'école
a rendue publique hier. En termes à peine plus policés. Rappelant
que les chefs d'établissement et les enseignants confrontés
à des situations difficiles bénéficient déjà
de certaines mesures «qui ont montré leur efficacité»,
le comité préconise «d'autres mesures dérogatoires:
financières, de carrière, de conditions de vie».
(Libération
du 09 02 2001)
Royaume-Uni : Ecoles
fermées aux pauvres
Un rapport émis par ConfEd, (une association qui représente
les dirigeants du secteur de l’éducation locale) dénonce
le manque d’intégrité des processus d’admission dans certaines
écoles publiques. Des réunions de "sélection"
d’élèves sont organisées, durant lesquelles ne sont
admis que les enfants "gentils, brillants et riches". Ainsi, 70
000 parents n’ont pas pu inscrire cette année leurs enfants dans
l’école de leur choix. En écartant les élèves
issus de milieux pauvres, ces établissements "hors la loi"
espèrent rehausser leur taux de réussite aux examens. Pour
lutter contre ces pratiques, le gouvernement s’apprête à proposer
un nouveau système d’admission des élèves dans les
écoles publiques.
The Independent, 5 septembre 2005
7 September 2005
Home Education News
Schools that select 'well-off'
children to face crackdown
By Richard Garner, Education Editor
Published: 05 September 2005
Tough new regulations must be brought in to stop "rogue" state
schools only admitting the children of wealthier parents, according to
a report to be published today.
The report, by Chris Waterman, chief executive of ConfEd, which represents
local education authority leaders, says that the best-performing schools
are closing their doors to the children of less well-off families. They
are using parental interviews to covertly select children from better-off
families in the hope that they will boost their exam league table rankings.
The report also argues that stringent new regulations are necessary
to stop many faith schools offering a segregated education to youngsters.
It follows an Independent survey which revealed that up to 70,000 parents
failed to get their children into their first-choice secondary school this
year. Ministers are at present consulting over a proposed new code of practice
on school admissions to be published this autumn.
The report says they must bring in binding regulations to avoid widening
the performance gap between the children of the better-off and the deprived.
It accuses "rogue" schools of "undermining the integrity of the admissions
process" by insisting on interviewing parents before agreeing to take pupils.
It comes as more than half a million parents are preparing for their
children to start secondary school.
The Government's proposed code, while labelling this as "poor practice",
would only offer guidance as to how schools should operate. Mr Waterman
says that schools that failed to follow the good practice outlined by the
Government "will probably be those that can see some advantage in not doing
so".
"Presumably this advantage must be in terms of being able to select
a better cohort of pupils - with better being defined as a combination
of nicer, brighter and better off," he adds.
He said this undermined parental confidence in school admissions and
encouraged "parental dishonesty". Some parents have invented false addresses
or undergone "damascene conversions" to whatever faith is necessary to
get into the best-performing schools.
On faith schools, the pamphlet warns of the dangers inherent in the
Government's declared intention of encouraging independent faith schools,
particularly Muslim ones, to "opt in" to the state system.
"If [faith schools'] admission arrangements are to be inclusive of all
elements of the population in their area, the argument for requiring all
schools to follow the good practice in the code becomes even more compelling,"
he says.
His comments are supported by Barry Sheerman, Labour chairman of the
Commons Education Select Committee, which has expressed concern that the
balance of power is "slipping away" from parents choosing schools to schools
choosing the children they want to admit.
Sins of Admission by Chris Waterman is published by the Institute for
Research in Integrated Strategies, an independent think-tank.
Tough new regulations must be brought in to stop "rogue" state schools
only admitting the children of wealthier parents, according to a report
to be published today.
The report, by Chris Waterman, chief executive of ConfEd, which represents
local education authority leaders, says that the best-performing schools
are closing their doors to the children of less well-off families. They
are using parental interviews to covertly select children from better-off
families in the hope that they will boost their exam league table rankings.
The report also argues that stringent new regulations are necessary
to stop many faith schools offering a segregated education to youngsters.
It follows an Independent survey which revealed that up to 70,000 parents
failed to get their children into their first-choice secondary school this
year. Ministers are at present consulting over a proposed new code of practice
on school admissions to be published this autumn.
The report says they must bring in binding regulations to avoid widening
the performance gap between the children of the better-off and the deprived.
It accuses "rogue" schools of "undermining the integrity of the admissions
process" by insisting on interviewing parents before agreeing to take pupils.
It comes as more than half a million parents are preparing for their
children to start secondary school.
The Government's proposed code, while labelling this as "poor practice",
would only offer guidance as to how schools should operate. Mr Waterman
says that schools that failed to follow the good practice outlined by the
Government "will probably be those that can see some advantage in not doing
so".
"Presumably this advantage must be in terms of being able to select
a better cohort of pupils - with better being defined as a combination
of nicer, brighter and better off," he adds.
He said this undermined parental confidence in school admissions and
encouraged "parental dishonesty". Some parents have invented false addresses
or undergone "damascene conversions" to whatever faith is necessary to
get into the best-performing schools.
On faith schools, the pamphlet warns of the dangers inherent in the
Government's declared intention of encouraging independent faith schools,
particularly Muslim ones, to "opt in" to the state system.
"If [faith schools'] admission arrangements are to be inclusive of all
elements of the population in their area, the argument for requiring all
schools to follow the good practice in the code becomes even more compelling,"
he says.
His comments are supported by Barry Sheerman, Labour chairman of the
Commons Education Select Committee, which has expressed concern that the
balance of power is "slipping away" from parents choosing schools to schools
choosing the children they want to admit.
Sins of Admission by Chris Waterman is published by the Institute for
Research in Integrated Strategies, an independent think-tank.
BRITISH
WAY OF LIFE
Le "modèle"
anglo-saxon, libéral ... et blairo-socialiste...
-
"la connaissance la plus compétitive" : Royaume-Uni
: 35% des élèves de 11 ans ne savent pas lire
-
"une plus grande cohésion sociale" :
Un
demi-million de «sans-logement» en Grande-Bretagne. A
Londres, un enfant sur deux sous le seuil de pauvreté
Directeur
d'école en Grande Bretagne :
« Le métier
a beaucoup évolué. Aujourd’hui, on est beaucoup plus responsable,
on a plus de pression,
on nous demande plus de résultats. »
Londres,
paradis des milliardaires
Un
demi-million d'enfants britanniques travaillent "illégalement"
«tolérance
zéro» et conditions de détention intolérables
Plus
de dix milles jeunes délinquants britanniques sont emprisonnés
«Le bilan du Royaume-Uni
en terme d'emprisonnement des enfants est l'un des pires qui se puisse
trouver en Europe.»
Tony
Blair : "tolérance zéro" face aux éléments
perturbateurs dans les écoles
Grande-Bretagne
: Les sponsors au secours de l'école
Plus
de 350 000 Britanniques ont quitté leur île en 2005 pour
jouir d'une vie meilleure
Les jeunes Britanniques
se voient vivre ailleurs : difficulté d' acquérir un logement,
hausse de la fiscalité et indigence des services publics, en particulier
les transports et le système de soins.
AMERICAN
WAY OF LIFE...
«
Les croisés américains du Home Schooling »
Les
créationnistes jouent sur du velours.
Selon un sondage CBS de
novembre 2004, 55 % des Américains croient que "Dieu a créé
les humains dans leur forme actuelle"
(67 % des républicains
; 47 % des démocrates)ervices publics,
en particulier les transports
et le système de soins.
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