alternatives éducatives : des écoles différentes
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2016
école autrement, école alternative, école innovante, école différente ...
Une autre école est-elle possible ?

Quelques "rubriques", parmi beaucoup d'autres, toujours d'actualité :
les rapports parents-profs, la maternelle à 2 ans, l'ennui à l'école, les punitions collectives, l'état des toilettes, le téléphone portable, le créationnisme...

school choice... charter schools ... vouchers ... flexi-schooling ... home schooling ... :"liberté-d'instruction", disent-ils !

LES CHÈQUES ÉDUCATION :
L'ÉCHEC !
Depuis une bonne vingtaine d'années, ici aussi, évidemment, le "chèque éducation" (ou "bon scolaire") - en anglais "voucher" -
fait partie d'un blabla yakaiste au sujet des indispensables réformes, "simples, urgentes et radicales", disent-ils, du système scolaire.
USA 2008 : "dans le Milwaukee, il n'y a pas eu de miracle" (Sol Stern).
L'un des plus fervents promoteurs du chèque-éducation aux USA, Sol Stern, vient de faire brusquement volte-face
en affirmant, constats à l'appui, que le voucher n’avait pas du tout amélioré le système public.
Après avoir depuis longtemps réclamé, soutenu et contribué au développement des vouchers et des charter schools,
Sol Stern pointe les défauts et les insuffisances du voucher. Il cite, entre autres, l’expérimentation de Milwaukee,
première ville aux États-Unis à adopter, en 1990, un programme "chèque éducation".
 

Sainte Alliance du "Libéralisme" et de "La-Bible" réunis, versions Brutes de Brut made in u.s.a.
De petits groupes, clubs, associations, "collectif pour la liberté d'instruction"
(auxquels adhèrent ponctuellement quelques centaines de parents pratiquant, en France,
l'école, l'instruction, l'éducation, à la maison, à domicile, en famille, avec ou sans cours à distance,
bref soyons modernes et tendance, le homeschooling,)
- et au nom de la "liberté d'instruction, de conscience", des "droits-de", et de la sainte-Famille -
ont réagi en choeur, avec cris d'orfraies et rifs d'harmoniums, au vote de l'article 9 de la loi "prévention délinquance"
puis au rapport 2006 de la commission sur l'influence des sectes :
premier long communiqué mytho-mégalo-parano, en langue de bois indigeste, et questions alarmistes sur divers blogs.

Avec comme effet - quelle surprise -  le "soutien" affiché de mouvances ultra-conservatrices, lobbies sectaires et cathos intégristes.
... et le non-vote du rapport "Fenech", par M. Vanneste, l'un des 30 membres de la commission.
Intéressant.
C.q.f.d. ?
 

"L'enfance volée. Les mineurs victimes des sectes"
la commission d'enquête "relative à l'influence des mouvements à caractère sectaire
et aux conséquences de leurs pratiques sur la santé physique et mentale des mineurs",
(Georges Fenech, président -  Philippe Vuilque, rapporteur),
a adopté 50 propositions

« Main basse sur l'école publique »
L'Éducation Nationale est accusée de « fabriquer des crétins » et d'entretenir le « chaos pédagogique », l'insécurité et le chômage.
Eddy Khaldi et Muriel Fitoussi dévoilent la signification de ces mesures :
des associations de libéraux et de catholiques conservateurs proches du Front national et de l'Opus Dei sont à l'origine de ces propositions.
Au nom de la liberté de choix, on prépare une privatisation de l'Éducation.
 
  

PLURALISME SCOLAIRE (*)
& ÉDUCATION ALTERNATIVE
Roger Auffrand, ablon - mars 2000

 
Avertissement.
Je découvre, souvent par hasard, que des "morceaux choisis" de ce texte sont reproduits dans diverses publications, sans que j'en sois préalablement informé, pour illustrer des thèses, voire des combats, qui ne sont pas, du tout, les miens.

S'il m'arrive de tenir des propos virulents au sujet du "système éducatif" et de son monopole, et que j'assume - ils sont d'ailleurs très modérés par rapport à ce qui se dit parfois dans le huis-clos des salles de professeurs - il doit être clair que ce n'est en aucun cas pour faire la promotion de thèses ultra-libérales ou ésotéro-sectaires et commerciales dont certaines publications, associations, voire même o.n.g., ne sont souvent "à l'insu de leur plein gré" que de risibles faux-nez.

Il est évident que l'approche d'échéances électorales va multiplier les tirs de leurres en tous genres autour de l'école, de l'éducation, du pluralisme, de la liberté de choix des familles, et autres fusées et torpilles multicolores. 
Autant de diversions agencées en de multiples colloques, forums, salons, débats (-vardages) et publications par de vibrionnants activistes.

... Qui par ailleurs participent de fait activement ou passivement au délayage, au sabotage et au refus d'un vrai, solide et long débat tel que proposé récemment sur le plan national par l'Appel pour des établissements innovants et coopératifs.



(*) "Pluralisme scolaire" est un concept intéressant, mais hélas couramment utilisé-détourné  comme faux-nez par différents prophètes et vrp prônant essentiellement les "bonnes vieilles méthodes d'autrefois" ... ou même une "éducation nouvelle" plus proche de "l'Ordre Nouveau" et des courants extrêmement "libéraux" que celle, résolument émancipatrice revendiquée ici (et ailleurs !).
Avec, chez ces adeptes d'un prétendu "pluralisme", un thème gri-gri récurrent : celui du "chèque-éducation"

En 2004, même Fanny Capel, auteur de "Qui a eu cette idée folle un jour de casser l'école ?" et membre du "collectif Sauvons les Lettres" prend ses distances avec l'auteur de "Pourquoi ont-ils tué Jules Ferry ?" :
"Il m'apparaît donc clairement, à l'issue de la lecture du projet que vous m'avez soumis, que les analyses de M. Nemo, et les buts poursuivis par SOS-Education divergent absolument des miens, et de ceux du collectif Sauver les lettres."
 
 

Une nébuleuse idéologique très marquée

Certains reprochent parfois à SOS-Education d'être proche d'une nébuleuse où s'entrecroisent ultralibéralisme et extrême droite. Vincent Laarman, lui, ne veut en tirer aucune conclusion. Des noms, pourtant, reviennent : Contribuables associés, Institut pour la recherche sur les administrations publiques, Réseau Liberté, Conscience politique, Catholiques pour la liberté économique...

Cependant, la seule "référence assumée" de l'association est un manifeste "Pour le pluralisme scolaire", signé du penseur libéral Philippe Nemo, qui "approuve totalement" l'action de SOS-Education tout en précisant n'avoir eu aucun rôle dans sa création.

Ce texte propose "que la collectivité finance l'enseignement, mais que la prestation d'enseignement soit assurée par des écoles indépendantes". 
Trois associations d'enseignants (Sauver les lettres, Reconstruire l'école, Sauver les maths), pourtant elles aussi hostiles au "pédagogisme" (néologisme désignant les excès de la pédagogie), viennent de se démarquer de ces propositions qui, selon elles, équivalent à un "démantèlement" de l'éducation nationale.

"PLURALISME SCOLAIRE 
& ÉDUCATION ALTERNATIVE" ?

 

Où est le problème ? 
Le pluralisme scolaire existe en France.

 
On y trouve en effet des écoles publiques et des écoles privées. 
Et parmi celles-ci des écoles laïques, religieuses, associatives ou commerciales.

Des écoles peuplées presque uniquement de têtes brunes, où l’on parle arabe, sénégalais, malien, chinois ou verlan ... à l’entrée, la sortie et la récré. D’autres, parfois à quelques centaines de mètres seulement, souvent privées mais aussi publiques, où l’on ne voit que des têtes blondes, et brunes mais pas trop, qui ne parlent que français ou anglais.

Des écoles avec un ordinateur, modèle Thomson-Fabius, enfermé dans un placard d’une salle dont personne n’a la clé, pour une initiation épisodique et hasardeuse à l’unformatique avec des enseignants qui ne savent pas et n’ont pas trop envie de savoir s’en servir. D’autres avec quasiment un appareil récent et connecté à internet par élève et un encadrement formé et passionné par ce nouvel outil, devenu aussi banal et indispensable qu’un stylo-bille.

Des écoles de 50 à 250 élèves, et d’autres de 1000 à plus de 2000.  Des écoles où on peut prendre calmement un repas sain et équilibré, d’autres où la conquête d’un carré de poisson pané-purée-yaourt-compote ailleurs que dans les cheveux relève du parcours du combattant, avec comme l’ont relevé des experts, un taux de décibels égal ou supérieur à celui d’une menuiserie industrielle.

Des écoles militaires et des écoles religieuses, des écoles rurales et des écoles urbaines, des internats et des externats, des écoles pratiquement sans sports et d’autres où l’on ne fait que préparer les prochains J.O., des écoles en brique et d’autres en béton.

Vive le pluralisme !
 

Quant à « l’éducation alternative », 
je ne vois pas bien de quoi il s’agit.
Des questions ?
 
 

ET SI MA TANTE ...

Non? Alors je recommence.
Lorsqu’on m’a invité à intervenir à ce « 1° Forum sur l’éducation alternative »,  j’ai accepté bien volontiers d’autant qu’au cours de ces dernières décennies j’ai déjà dû participer à, ou organiser, une bonne trentaine de « 1° Forum sur l’éducation alternative » ou autres titres similaires.
Quant aux sous-titres de cette journée (« Et si on révolutionnait l’école ? Et si on essayait ? Et si on y croyait ? »), ils m’ont immédiatement inspiré le titre réel de mon intervention, que j’ai soumis aux organisateurs et amis connaissant de longue date ma grande délicatesse : « Et si ma tante ... »

Car enfin, sérieusement, entre nous, et puisqu’à cette heure nous sommes encore tous à jeun, QUI, ici ou dans ce pays, a sérieusement envie de « révolutionner l’école, d’essayer, d’y croire » ?
Envie, oui, certainement. De quoi n’a-t-on pas envie ? Et même plus souvent d’envie d’avoir envie ... De n’importe quoi et du contraire de n’importe quoi, du beurre et de l’argent du beurre, avec la vache, la fermière, la ferme, le pré et la clôture. De l’épanouissement des - de ses - enfants et de bac + 7 garanti sur facture, mais sans facture, d’un service public gratuit, égalitaire mais sélectif; d'"autogestion" mais avec salaire, promotion et retraites garantis - s'il te plaît dessine-moi un fonctionnaire libertaire autogéré - ; d’écoles privées mais prises en charge sans conditions par la collectivité, avec cocktail survitaminé dès le jardin d’enfants : bilinguisme, informatique, yoga et cantine bio. Q.I. et RIB à présenter au casting.

Mais qui veut - du verbe vouloir - réellement, et plus d’une heure,
« révolutionner l’école », et donc, nécessairement en collaboration avec d’autres, créer et faire vivre de réelles « écoles alternatives » ou des «alternatives à l’école» ?
Peut-on trouver deux personnes, dans ce pays, dans cette salle, donnant le même sens, plus d’une heure, à ces expressions, aux valeurs, repères et références s’y rattachant, et surtout à leur mise en pratique, non plus dans les livres ou les débats, mais dans la vie, concrètement, chaque jour, pour de vrai ?
Et qui, dans ce pays et dans cette salle, veut réellement du pluralisme scolaire, pour de vrai ... y compris pour « les autres » ?

Sur de nombreux sujets, et ceux concernant l'éducation en particulier, il conviendrait, en préalable à tout débat, de se mettre d'accord sur un lexique commun !
Epouvantail pour les uns, sirop-typhon pour les autres, le « pluralisme scolaire » cache en effet nombre de malentendus c’est-à-dire de mal-dits et de non-dits.
Les textes fondateurs de notre Constitution, et donc du contrat social qui nous relie, le mentionnent expressément, ainsi que plus d’une dizaine de Traités, Déclarations et Conventions au niveau européen ou mondial. Outre le droit à l’éducation et l’instruction pour chaque enfant de cette planète, tous garantissent aux parents la liberté de choix.

Ne nous attardons pas ici sur le sort de quelques milliards d’individus ignorant tout de ces droits, ou s’ils les connaissent, devant chaque matin consacrer toute leur énergie à tenter de survivre jusqu’au lendemain. La plupart sont d’anciens colonisés, bons ou méchants sauvages auxquels nous avons pourtant généreusement tout donné : notre culture, notre technique et même notre religion.
Et, après pillages (*), massacres, "formation" et soumission d’une « élite » aux ordres, l’indépendance. 
Très « tendance » aussi : notre compassion, et pourquoi pas un de ces jours : notre repentance.
Mais dans ce pays, patrie des Droits de l’Homme et fille aînée de l’Eglise (voir également les rubriques « 1789 », « 1905 », « réforme de la justice », « droit au logement », etc), le droit de choisir a un coût : celui d’une scolarité variant de 500 à 5000 francs par mois, dès lors qu’on ne se satisfait ni du service public ni du service diocésain.

En fait de pluralisme, on ne peut parler en France que d’un dualisme, apparent, car il ne s’agit finalement que d’un système monolithique bicéphale : une grosse tête (environ 80%) appartenant au public, et une petite tête, celle du privé très majoritairement confessionnel sous contrat d’association. Reste une part minuscule pour le privé laïc (commercial ou associatif), dont une tête d’épingle pouvant peut-être entrer dans la rubrique de « l’éducation alternative ». Si elle le veut bien, ce qui n’est pas sûr du tout.

Pour refroidir les ardeurs anticléricales, rappelons aussi que si l’enseignement catholique dépend toujours d’une direction diocésaine, le clergé ne représente plus que 1%  des effectifs enseignants, et que des statistiques récentes viennent de révéler ce que tout le monde a pu observer : la banalisation de cette « alternative » (au sens générique du terme) à l’enseignement public. Plus d’une famille sur deux y a désormais recours pour des raisons tout autres que religieuses. On y recherche notamment une présence plus attentive de l’encadrement, encore souvent réelle du fait d’une tradition de quasi-bénévolat, mais qui va se raréfier sous l’effet conjugué du recrutement d’une nouvelle vague de personnel certainement moins disponible, et d’un afflux massif d’enfants et adolescents rejetés du service public.

Avec beaucoup de variantes d’un pays à l’autre, la question du pluralisme, du droit réel au choix de l’école - y compris celui de s’en passer - est d’actualité. Pas vraiment par soif de diversité et de liberté, mais surtout du fait des nouveaux besoins du marché du travail et du rapport qualité-prix du service public.  Les critiques, statistiques à l’appui, se multiplient : trop cher et pas assez performant ... comme tous les services publics, nous dit la rengaine de la mondialisation. Il faut donc introduire la compétitivité dans ce qui doit devenir un marché comme les autres : le marché éducatif.
Cette argumentation purement économique n’est pas très convaincante pour l’opinion publique, ni d’ailleurs pour des responsables politiques, de droite comme de gauche, ayant encore le sens du bien public - de la république ! - et le souci d’un minimum de cohésion sociale. Les lobbies pressés de conquérir ce marché avancent donc derrière une multitude de faux-nez : pamphlets bâclés contre l’école publique et son niveau-qui-baisse, statistiques incomplètes ou manipulées, odes à la liberté et défense de la Famille, associations-relais et même o.n.g. sponsorisées.
 

La solution-miracle, garante de liberté, de justice et d’efficacité est connue dans les pays anglo-saxons sous le nom de «voucher».  En France, on parle de chèque-éducation ou de bon scolaire. Les familles l’utiliseraient, comme elles le font pour les bons-vacances, en le remettant à l’école de leur choix. Ainsi, nous dit-on, même une famille nécessiteuse pourrait avoir accès aux meilleures écoles, et tous les établissements scolaires, publics comme privés, ainsi mis en concurrence n’auraient de cesse que d’offrir le meilleur service. Désertées, celles qui ne donneraient pas satisfaction, n’auraient plus qu’à fermer leurs portes. Et les enseignants sans élèves qu’à chercher du travail ailleurs. 
Cela peut paraître simple et efficace, mais on voit mal comment les écoles réputées les meilleures (selon quels critères ?) pourraient résister à la tentation de maintenir ou rétablir une sélection plus ou moins avouable et refuser l’accès à certaines familles même munies du fameux chèque-éducation, puisque cet apartheid se pratique déjà dans de nombreuses écoles privées sous contrat d'association... comme dans de nombreux établissements publics.

Dans les quelques pays où ce système est très partiellement appliqué, on est peu bavard sur les effets secondaires. Au terme d’une étude-bilan menée à travers le monde, l’OCDE elle-même livre des conclusions très réservées. En France, les seuls partis à promouvoir sans beaucoup d’explications le fameux bon ou chèque scolaire sont, c’est le moins qu’on puisse dire, extrêmement conservateurs.
Quant au colloque organisé au Sénat par l’OIDEL sur ce thème, il n’a rassemblé que quelques dizaines de fidèles nostalgiques d’un « ordre » ancien.

[2008 : Et l'un de ses plus fervents promoteurs-activistes vient de reconnaître son échec aux USA !]

 

CHOISIR SON ÉCOLE ? 
QUELLE DRÔLE D’IDÉE !

Comment donc faire évoluer ce système monolithique vers plus de diversité, et plus d’efficacité, et permettre à des écoles affirmant clairement leurs choix pédagogiques d’avoir les moyens de fonctionner dans le public comme dans le privé, et d’être - réellement - accessibles à tous ?
L’association « Créateurs d’écoles » s’était donné comme objectif dès 1992 d’imaginer un statut permettant plus d’autonomie à des établissements publics ou privés désirant  mettre en oeuvre une pédagogie originale avec des enseignants volontaires.  Il aura fallu attendre que son animateur (Guy Bourgeois) devienne directeur de cabinet du ministre de l’éducation en 1993 pour que l’on commence, notamment dans le secteur privé, à s’intéresser à ses propositions pourtant appuyées d'un solide argumentaire. Pas longtemps, puisque tout semblait plus facile et plus rapide avec l’abrogation à la hussarde de la loi Falloux !
Echec, et dispersion générale car l’animateur n’étant plus en poste, il aurait fallu remplacer les slogans par un véritable travail en profondeur.

Une commission « écoles différentes » survécut quelque temps au naufrage, passant près d’un an à rédiger une « plate-forme », chacun veillant à ce que rien ne puisse sembler favoriser un tant soit peu le collègue-concurrent, que rien ne puisse déplaire un tant soit peu ni aux autorités, ni aux notables de son conseil d’administration, ni à sa clientèle. Aussitôt terminé, le texte pourtant incolore, inodore et sans saveur fut enterré très soigneusement. Les mêmes et quelques autres ne mirent que quelques jours à se mobiliser massivement et efficacement contre un projet de nouvelle convention collective un peu plus favorable au personnel des écoles privées.
 Etonnant, non ?

Au printemps 96, à l’occasion de violences scolaires médiatisées parce que s’étant produites à intervalles rapprochés, ce fut au tour de Gabriel Cohn-Bendit (1) de faire une proposition au même ministre, toujours en place. « Laissez-nous constituer des équipes de volontaires pour aller enseigner autrement avec les jeunes de ces collèges ou lycées » disait la lettre ouverte parue dans Libération. Deux réunions se tinrent à l’école Vitruve pour constituer l’association. Dont une après-midi pour lui trouver un nom : « Initiatives éducatives ».
François Bayrou reçut une délégation : «Votre idée est intéressante, mais je ne suis que ministre. Tenez-moi au courant».  Encore heureux qu’il ne lui soit pas venu l’idée machiavélique de dire « chiche ! », car passées les vacances, il fallut bien se rendre à l’évidence : les « volontaires » se comptaient sur les doigts des deux mains. 
Dispersion.

Le pluralisme scolaire, c’est-à-dire la possibilité de prendre des initiatives pédagogiques, de les assumer, et de proposer un véritable choix aux parents et enfants ou adolescents, ne semble donc pas intéresser beaucoup d’enseignants, qu’ils appartiennent au service public ou au secteur privé.

Intéresse-t-il beaucoup de parents ? On peut se le demander tant sont rares les écoles prises en charge totalement ou partiellement par un groupe de parents ayant opté, en collaboration avec des enseignants, pour un type de pédagogie.

La raison de cette situation tient peut-être au fait que dans l’inconscient collectif de notre pays, l’école est un service public, au même titre que d’autres. On y a droit, sans avoir à s’y investir.  A sa naissance, un enfant est pratiquement pré-inscrit dans la crèche ou la maternelle de son quartier. Le passage aux cycles suivants se faisant quasi automatiquement par transfert du dossier. « Choisir son école ? » Quelle drôle d’idée ! Choisit-on sa poste, son commissariat, sa paroisse, son service de ramassage des poubelles ?

Cette passivité vient de loin. L’école initialement affaire d’Eglise, n’est passée que progressivement, et partiellement, aux mains de l’Etat. Les lois de 1882, dite Jules Ferry, qui généralisèrent l’obligation et l’organisation du service public, gratuit-laïque-obligatoire, s’inspiraient point par point de celles promulguées outre-Rhin plusieurs décennies auparavant sous l’impulsion des théories de Fichte. Des deux côtés, il s’agissait de préparer la prochaine guerre, et donc de disposer de soldats disciplinés, suffisamment instruits, mais pas plus, pour comprendre et exécuter les ordres. L’industrie naissante avait à peu près les mêmes besoins.

Il fallut l’effroyable boucherie de 14-18 pour que dans toute l’Europe, on en vienne enfin à soupçonner l’école de n’être qu’un camp d’entraînement à la soumission. Ainsi naquirent presque simultanément les pédagogies dites « nouvelles » : Freinet, Montessori, Cousinet, Steiner, Decroly, Neill, et autres courants tous attachés à considérer chaque enfant comme un individu ayant des besoins, des rythmes, des capacités propres à chacun.  Ce qui est, encore aujourd’hui, d’une belle audace.

De là établir une corrélation entre un projet pédagogique et un projet de société, il n’y a qu’un pas. Que certains mouvements franchirent sans réserve et en affirmant clairement qu’il s’agissait aussi de promouvoir un autre type de société. Tandis que d’autres semblaient - et semblent toujours - s’accommoder de la société «telle qu’elle est»... voire même telle qu’elle était. 
Ce qui est à peu de choses près la définition du conservatisme.  Cette frilosité, ce manque d’imagination d’un côté, et les impitoyables luttes de clans de l’autre expliquent sans doute pourquoi ces courants n’ont, pas plus aujourd’hui qu’hier, l’intention ni la possibilité de s’accorder plus d’une heure sur plus de deux mots. Entre courants, mais aussi souvent à l’intérieur de chacun de ces courants !

Quant à l’opinion, dont la principale caractéristique est de ne pas en avoir, ou d’en changer à chaque nouvelle édition du « 20 heures », elle ne s’intéresse à ces questions que de façon très épisodique et volatile : lorsqu’il s’avère qu’un - son - enfant ne peut décidément pas s’adapter à l’école du quartier telle qu’elle est,
étant bien évident qu’il est hors de question que celle-ci fasse l’effort de s’adapter : ça passe ou ça casse. Et ça casse de plus en plus souvent.
Dans la plupart des cas c’est à ce moment, et à ce moment-là seulement qu’on se pose la question de savoir s’il n’existerait pas d’autres écoles susceptibles de convenir à « son » cas. Qu’on s’étonne et s’indigne qu’il n’y en ait pas davantage. 

Et c’est ainsi que selon le moment et le milieu d’origine de la demande, ces écoles sont de plus en plus contraintes - mais aussi quelquefois «à l’insu de leur plein gré» - à devoir choisir entre le gotha et le ghetto : spécialisées dans l’élevage-sélection de «surdoués» ou dans le sauvetage-dressage des « inadaptés ».
Pour la reproduction par cooptation d’une « élite » très hiérarchisée, par les titres et les salaires, chargée de faire avancer le troupeau après neutralisation-élimination des « sauvageons ». 
Les poètes, artistes, prêcheurs  et philosophes étant priés de mettre en scène, en musique et en couleurs la comédie humaine par un simulacre de débats voire d’agitation - raisonnable - le temps d’une pause - d'une diversion - avant de reprendre la longue marche.
Vers Quoi ?


Pour éviter que le mammifère en voie d’évolution - lente, très lente - connu sous le nom d’ " être humain " ne soit tenté de se servir de ses neurones et d’abuser de leurs connexions, il est une recette vieille comme nos grands parents primates : la peur. De la mort, toujours. De l’inconnu, de l’autre, du différent, encore aujourd’hui.
Si possible, hors des frontières, pour en justifier l’existence et donc celle d’une armée, et du respect lui étant dû, et des sacrifices financiers, et de la préparation à des sacrifices humains ... par une nécessaire « éducation » à la soumission.
Pendant un demi-siècle, ce fut l’armée rouge qui remplit à merveille ce rôle d’épouvantail. Au point qu’une très éphémère ministre de M. Juppé confessa qu’elle avait adhéré au RPR le jour de l’arrivée de M. Mitterrand au pouvoir, persuadée que les chars russes allaient entrer par la Porte de Neuilly. 
Je ne suis même pas sûr que cette anecdote véridique fasse rire Neuilly encore aujourd’hui.

A intervalles réguliers, ce sont les « terroristes » qu’il faut terroriser, en mettant nos villes et nos écoles en état de siège. Ceux-ci se faisant aussi rares que les chars russes, il a fallu se rabattre depuis sur les pédophiles et les sectes, sans oublier les « drogués » qui utilisent des produits non soumis à la TVA. Avec la sécurité dans les transports et l’hygiène dans les fromages, voilà de quoi alimenter les J.T., les talk-shows, les magazines féminins, les colloques, les réunions de parents d’élèves, et le cordon ombilical  de son téléphone portable. A défaut d’ennemi aux frontières, il fallait bien en trouver à l’intérieur.
De quoi justifier aussi non seulement le maintien en temps de paix, mais l’incessante augmentation des forces et matériels de sécurité et de surveillance sous toutes couleurs d’uniformes, mais aussi de plus en plus « banalisés », au ras du sol comme dans la stratosphère.

Depuis la nuit des temps, surtout à la nuit tombante, l’enfant d’homme adore qu’on lui fasse peur avec des histoires de méchants loups, d’ogres et de sorcières. Et que papa-maman le rassure juste avant qu’il ne pleure. Pour qu’il puisse s’endormir en suçant son pouce.
De plus en plus infantilisé, irresponsabilisé, stressé, crétinisé par les chauds et froids de la journée, terrifié par les nouvelles du « 20 heures », contrarié par les « débats » de société jusqu’à 22 heures, mais un peu rassuré par les conclusions du spécialiste et la ferme volonté du ministre à 22h30, l’homme-enfant  peut s’endormir en suçant son portable. Après avoir appelé un numéro vert pour une dernière délation.
Et on voudrait que nos enfants soient « citoyens » ?!

L’école, comme la société,  n’ont en dépit des apparences, toujours pas été décléricalisées : le clergé laïc et le religieux se partagent-disputent les ouailles, toujours passivement soumises aux dogmes, catéchismes de questions-réponses, épreuves d’intronisation,  rites d’excommunication, exorcismes, chasses aux sorcières, lapidations, séminaires et rassemblements.
Ni démilitarisées : les réformes suite à la consultation coordonnée par Philippe Meirieu ne visaient qu’à, légèrement, démilitariser le lycée. Les enseignants-adjudants n’en veulent pas. Les multinationales avec leurs uniformes, badges, méthodes et langages stratégiques, non plus.
Plus étonnant : tandis que le service militaire disparaissait, le look des ados, et des plus jeunes, devenait de plus en plus spartiate : cheveux courts ou crânes rasés, vêtements uniformément sombres, le regard de même, et ... godillots de combat alternant avec les baskets de compétition. 
C’est la guerre. Contre quoi, contre qui ?

Une école alternative ? 
Pour une société alternative ?!
Qui n’en veut ?
 
 

ET AILLEURS ?

Il existe aux U.S.A. une multitude d’écoles « alternatives ». Mais ce terme recouvre là-bas tellement de pratiques, et donc de projets, différents qu’il ne veut absolument plus rien dire, et ne peut être à lui seul  garant d’un " mieux " ni pour les enfants ou adolescents, ni pour la société. Il n’est plus qu’un terme générique désignant tout ce qui est, ou peut paraître, différent de ce que les autorités académiques de chaque Etat proposent en matière de scolarité.
Beaucoup d’états ont d’ailleurs eux-mêmes organisé un secteur
« alternatif » : il s’agit généralement d’écoles ou de lieux pour enfants ou adolescents ne pouvant et/ou ne voulant pas ou plus entrer pas dans le cadre « normal » (minorités ethniques, petits délinquants, ou ce que nous appelons ici lycéens « décrocheurs » ... c'est-à-dire parfois de simples chahuteurs ou doux rêveurs qui s'ennuient. Mais aussi, et de plus en plus souvent, des jeunes de milieux "défavorisés" ayant tellement d'autres problèmes quotidiens à résoudre !).
Le cahier des charges de ces structures, moyennant quelques subventions, est clair : au mieux les remettre dans les plus brefs délais en état de réintégrer le circuit traditionnel, à défaut leur inculquer quelques règles de comportement leur permettant de trouver un petit boulot, et de rejoindre ainsi les millions de « working poors », et a minima les garder quelque temps encore à l’abri des circuits de délinquance menant aux condamnations à répétition et au couloir de la mort.

On y trouve aussi quelques réseaux d’écoles alternatives au sens qui nous intéresse, j’espère, aujourd’hui :
é m a n c i p a t r i c e s, affirmant clairement leur refus d’une société de brutes épaisses - mais néanmoins bigotes - dominée par l’argent-roi justifiant toutes les croisades à l’intérieur comme à l’extérieur de l’empire, derrière la bannière de la sécurité ou de l'ordre moral.
Les parents y tiennent une place prépondérante, participant dès la création au financement et à la définition du projet, puis à sa mise en oeuvre. Certaines, notamment celles du réseau de la N.C.A.C.S. fonctionnent depuis plusieurs décennies, ce qui signifie que de nouvelles familles prennent régulièrement le relais; et qu'il s’en crée constamment de nouvelles.
Il peut s’agir d’écoles au sens où les enfants sont regroupés dans des bâtiments et espaces avec la présence permanente d’adultes, parents comme enseignants; mais aussi d’écoles sans murs : les enfants ou adolescents étant reliés par internet, avec des rencontres ponctuelles, ce qui constitue une formule intéressante du « home schooling ».

Au Québec, une législation plus favorable permet également à un réseau d’écoles publiques et alternatives de fonctionner.  L’association Goeland qui les fédère organise régulièrement des rencontres et colloques donnant lieu à des publications soutenues par des Universités.

Des réseaux plus ou moins similaires, purement associatifs et donc "privés" (= privés de subventions) fonctionnent chez des peuplades étranges voisines de notre grand pays.
En Grande-Bretagne, il s’agit essentiellement des "Small Schools" reliées par l’association « Human Scale Education ».
En Allemagne, et malgré l’hostilité déclarée des autorités académiques de certains «Länder», les "Freie Alternative Schule"   n’ont cessé de se développer ces dernières années, tout comme aux Pays-Bas, les écoles Iederwijs, grâce à une étroite collaboration parents-enseignants qu'on a beaucoup de mal à concevoir et pratiquer en francophonie ...
sauf en Suisse, comme par exemple à l'Ecole de la Grande Ourse.

Mais c’est au royaume du Danemark que la situation est, depuis longtemps, la plus ... révolutionnaire pour les jacobins pétrifiés que nous sommes : des centaines de «petites écoles» reliées à différents courants  pédagogiques fonctionnent selon le principe qu’à partir du moment où un groupe de parents dépose un projet d’ouverture, son financement est assuré à hauteur de 85 % par les fonds publics.
N’allons surtout pas voir si « ça marche » ! Ne profitons surtout pas du prochain colloque du Forum Européen pour la Liberté en Education, qui a lieu dans ce pays début juin. Le plus simple est de se dire que ça n’a rien à voir, que c’est loin, que ce sont des gens tellement différents de nous, d’ailleurs ils parlent danois, que c’est la porte ouverte à toutes les dérives, que mon dieu, les sectes, et les diplômes ?

Depuis qu’à propos d’écoles, sont apparus les termes magiques de «parallèles», «sauvages», «alternatives» et ... «différentes», je pose inlassablement les questions : «de quoi ? pour quoi ? pourquoi ? avec qui ? pour qui ? comment ? 
et ... jusqu’où ?»
C’est l’armature du questionnaire soumis - depuis 20 ans ! - aux écoles publiques et privées figurant dans ce guide-annuaire.
A voir d’année en année les contorsions auxquelles se livrent tant d’écoles pour ne pas y répondre ou répondre à côté - c’est plus facile de s’offrir de coûteux encarts publicitaires dans un catalogue -, 
à constater les mêmes esquives de la part de tant de parents,
je me permets de douter haut et fort de l’appêtit de mes concitoyens en matière de pluralisme scolaire, d’éducation alternative - se réfèrant aux grands courants pédagogiques de "l'éducation nouvelle" (pas à "sos-éducation" !), c’est-à-dire de véritable démocratie.

Le plus surprenant est que d’année en année, les textes officiels se sont enrichis d’innombrables recommandations allant dans le sens d’une plus grande diversité dans le système public. De la loi d’orientation de 1989 aux textes concernant la réforme des collèges du printemps dernier, tout permet désormais le pluralisme à l’intérieur même du système public.

Plutôt que de se lamenter sur le niveau-qui-baisse, le danger des « lycées-light », ou la concurrence du privé, il y aurait de véritables opportunités à saisir. Mais, dogmes obligent, le Manifeste pour une école créatrice d'humanité lancé début février par Marie-Danièle Pierrelée, est superbement ignoré, pour ne pas dire plus, par les mouvements pédagogiques présents dans le système public. Etonnant, Non ?
Bien sûr, l’administration, certains syndicats et autres corporatismes traînent les pieds, font de la résistance passive et active.

Mais les parents-citoyens ? Un sondage paru le 15 août dernier (1999) révèle une forte progression de leur demande de discipline et de travail plutôt que d’un éveil au sens critique. 

Bienvenue à toutes les sectes, religieuses, marchandes ou militaires, dans le meilleur des mondes !
 

AU BOULOOOOOT !

J’avais pris l’habitude qu’on me demande dans une émission de radio ou de télé, de faire court (les phrases de plus de trois mots et les arguments de plus de trois phrases endorment la ménagère de moins de 150 ans), et surtout de po-si-ti-ver, car l’énoncé des faits lui donne la migraine. Plus surprenante est la même demande venant parfois d’enseignants, jeunes ou chevronnés, dans un amphithéâtre d’université.
Je ne suis pas un publicitaire de chez « Carrefour ». 
Mais je ne suis pas là non plus pour organiser un suicide collectif.
Je vais donc tout de même, enfin, po-si-ti-ver :

Puisqu’en matière de pluralisme scolaire comme d’éducation alternative, nous en sommes pratiquement au point zéro ... tout, ou presque, est à faire, et nous avons, c’est formidable, les outils pour le faire.

C’est quand même plus po-si-tif que de s’entendre dire que « Tout est bien, circulez y a rien à voir ! ».
Non ?

A mon avis, et a posteriori, il est clair que rien ne sortira jamais, 
pas plus aujourd’hui qu’hier,
des stériles débats consanguins franco-français.
Il serait grand temps que d’éventuels amateurs de liberté 
(pluralisme scolaire, éducation alternative), 
aillent s’aérer les méninges (**) et fassent l’effort, prennent le risque,
de bousculer leurs dogmes 

Et se mettent réellement au travail, ici et maintenant.
Pas pour trouver le nom d’une 256° association ou fédération, 
élire son/sa président-e, et susciter illico les vocations de calife-à-la-place-du-calife !

Nos bavardages et querelles sont dérisoires et suicidaires au regard des réalités et des enjeux d’aujourd’hui et de demain.

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Note à propos du titre de "président" qui m'a été donné au début de ce forum :
je ne suis ni n'aspire à être président de quoi que ce soit ...
sauf, et à vie,
et je signe :

R.A.
Président de la commission douche froide-bain de siège.
mars 2000

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(1) Gabriel Cohn-Bendit vient de récidiver (le 28 mars 2000) en expédiant ... une nouvelle "lettre ouverte" au nouveau ministre de l'éducation.

(*) Le pillage se poursuit : Comment prendrions-nous que des bandes d'Africains passent dans nos églises et nos cimetières rafler objets d'art et reliquaires?  "La France amie des pillards"

 (**) Depuis cette suggestion, et avec tarifs low-costs ou pas, c'est fait :
Et des hordes de chercheurs et autres experts - en benchmarking ... "éducatif" - font, refont, vont faire, et refaire, à grands frais, le tour du monde, de la Finlande au Népal en passant par le Poitou, pour en rapporter "les recettes qui marchent ailleurs" : un truc, une ficelle, un tuyau, un gadget, bref un "concept innovant" avec son packaging, qui sorti de son contexte culturel, social, politique, économique, n'a aucun sens, aucune cohérence, aucune autre utilité que celle d'un bricolage, d'une diversion, supplémentaire...
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allègrement ..." (...) Savez-vous que dans les pays scandinaves, vous n'avez pas le droit d'ouvrir une école privée? Ici, non seulement vous pouvez, mais vous obtenez automatiquement des subventions de l'Etat si votre école correspond aux normes. Par conséquent, énormément de gens s'inscrivent dans le privé. Il y a des listes d'attente. (...)"
Claude Allegre - Libération (11 04 2000)
Étonnant, non ?
     - A moins que le Danemark ne fasse plus partie des pays scandinaves, non seulement on y a le droit d'ouvrir une école privée, mais l'Etat finance à hauteur de 75 à 85% d"innombrables "petites écoles" crées par des groupes de parents et enseignants. A constater sur place début juin à l'occasion du Forum Européen pour la Liberté en Education ...
     - Quant à "ici", si on a le droit d'ouvrir une école privée , cela ne peut se faire au départ que "hors contrat", c'est-à-dire non seulement sans subventions mais avec tous les contrôles prévus par la nouvelle loi. Et ce n'est qu'après 5 ans de fonctionnement, qu'une école a "le droit" de demander un statut d'association (simple ou complet) avec l'Etat. Qui ne lui est pas forcément accordé, même si aucun reproche n'est formulé. 
La raison donnée pour le refus est souvent celle de la "carte scolaire" : l'administration estimant que l'offre - en termes de places offertes, pas de pédagogies - est suffisante sur le secteur ...
LE GUIDE ANNUAIRE DES ECOLES DIFFERENTES

| Présentation | SOMMAIRE |
| Le nouveau sirop-typhon : déplacements de populations ? chèque-éducation ? ou non-scolarisation ? |
| Pluralisme scolaire et "éducation alternative" | Jaune devant, marron derrière : du PQ pour le Q.I. |
| Le lycée "expérimental" de Saint-Nazaire | Le collège-lycée "expérimental" de Caen-Hérouville|
| L'heure de la... It's time for ... Re-creation | Freinet dans (?) le système "éducatif" (?) |
| Changer l'école | Des écoles différentes ? Oui, mais ... pas trop !| L'école Vitruve |
| Colloque Freinet à ... Londres | Des écoles publiques "expérimentales" |
| 68 - 98 : les 30 P-l-eureuses | Et l'horreur éducative ? |