
Six
enseignants sur dix
ressentent personnellement un sentiment
de malaise général
et songeraient à une reconversion
ni contraignante ni définitive
| "Personne ne s'en
cache, il s'agit surtout de donner des possibilités de reconversion
aux enseignants qui, précisément, n'ont plus envie d'enseigner
et de s'"investir" dans la vie scolaire."
Seconde carrière des enseignants : PARIS - 19/12/04 - La mise en oeuvre de la réforme de la "seconde carrière" des enseignants qui, après quinze ans, pourront intégrer une autre administration, risque de provoquer des embouteillages au 1er septembre, 400 à 500 postes étant offerts aux quelque 300.000 candidats potentiels. Incluse dans la réforme des retraites concernant les enseignants
du primaire et du secondaire, cette réforme sera examinée
lundi par la commission des statuts du Conseil supérieur de la fonction
publique d'Etat, instance représentative et consultative.
"Ce dispositif est attendu, un certain nombre de collègues nous posent des questions sur sa mise en oeuvre", a affirmé à l'AFP Anne Feray, déléguée FSU, principale fédération du monde éducatif. Côté ministère de la Fonction publique, on restait fixé sur "un premier objectif" qui se situerait "aux alentours de 400 à 500 postes la première année" offerts par les ministères, administrations et collectivités. Le ministère a précisé que ces organismes "n'ont une visibilité de vacance de leurs postes pas plus de six mois à l'avance". "L'ampleur sera limitée car, dans une période où on parle de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux, les administrations vont avoir des difficultés à proposer des supports au dispositif", a estimé Anne Feray pour qui "le décalage entre nombre d'enseignants et nombre de postes offerts peut produire des tensions et des déceptions". "Si on a 4 à 500 postes à soumettre à candidatures par an en régime de croisière, ça rend le dispositif crédible", a nuancé le ministère de l'Education nationale, convaincu que ce sont plus les administrations qui pourraient rechigner à accueillir des candidats extérieurs que les enseignants à tenter une reconversion hors Education nationale. "Ca suppose de limiter les recrutements naturels des administrations (mutations, promotion, concours internes, ndlr), il faut arriver à les convaincre de l'intérêt de prendre des enseignants", a-t-il convenu, évoquant un "travail de conviction qui commence". "S'il y a plus de candidats que de postes, on saura quels sont les enseignants qui ont envie de faire autre chose, c'est l'occasion d'un rendez-vous de carrière : les académies devront repérer les personnes les mieux adaptées pour les faire sortir de l'Education nationale et en repérer d'autres pour diversifier leurs fonctions", a expliqué le ministère. Au-delà de la portée du dispositif, ses modalités font déjà grincer des dents. Les syndicats d'enseignants s'élèvent contre le processus de sélection des dossiers de candidatures où "aucun représentant des personnels n'interviendra" et contre l'évaluation elle-même qui, selon les textes, devra privilégier la "valeur professionnelle" de l'enseignant et son degré d'"investissement dans et hors l'Ecole". Personne ne s'en cache, il s'agit surtout de donner des possibilités de reconversion aux enseignants qui, précisément, n'ont plus envie d'enseigner et de s'"investir" dans la vie scolaire. |