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Rentrée 2008 :
"à propos de collège expérimental ... où en sont les projets de création de collèges et lycées "expérimentaux" (publics)?"
 
 
 

ÉCONOMIE
Le bateau coule! 
Malgré l'intervention des banques centrales, la crise des « subprimes " se propage. 
Apprêtez-vous à passer à la caisse. 

Définition des « subprimes »: crédits pourris concédés à de pauvres hères, incapables de rembourser (car leur possibilité de remboursement n'était fondée que sur la hausse indéfinie de la valeur de leur immeuble), et proposés par des intermédiaires peu regardants. Ces derniers les repassaient, fraîchement signés, à des banques; les banques les « titrisaient », c'est-à-dire les coupaient en rondelles, et les amalgamaient à d'autres crédits plus respectables; ces nouveaux crédits étaient à leur tour saucissonnés et incorporés à d'autres titres, genre crédits dérivés, puis revendus à d'autres banques. plus les crédits gonflaient, plus les banques prenaient du profit. Axiome: plus la sphère du crédit gonfle, plus l'intermédiaire financier est content, et plus il pousse à la gonflette. 

Retournement du marché immobilier, tout se casse la gueule. Les banques doivent donc payer net des crédits qui n'ont pas de contrepartie: pas de maison, pas de salaire (car ce sont de pauvres hères ... ). Pour payer, elles doivent rogner sur d'autres crédits, sur de bons crédits. Un crédit à l'immobilier, c'est une pile de trente ans de remboursements. Si le crédit à l'immobilier s'effondre, ce sont trente étages qui s'écroulent. Les autres secteurs sont touchés. 

Problème: où sont passés les « subprimes » ? Ils sont mélangés à d'autres crédits. Quelle est l'ampleur du gouffre de crédit? 400 milliards de dollars? 1 000 ? 2 000, comme le craint un grand journal du soir ? 
Merrill Lynch, Goldman Sachs, CityGroup, UBS, Natixis sont touchés. En Grande-Bretagne, la banque Northern Rock menace de fermer ses portes, des files d'épargnants réclament leurs sous, du jamais vu depuis 1930. En fait, toutes les banques sont touchées. Comme elles ne savent pas de combien elles sont plombées ­ car elles ont fermé les yeux sur l'opacité de la titrisation qu'elles organisaient -, elles gardent nerveusement toutes leurs liquidités pour faire face au pire. Plane dès lors la menace d'une crise de crédit qui étoufferait d'abord l'économie américaine, puis l'économie mondiale. 

Prime à la nullité

Et c'est là que la fête commence. 
Les banques centrales (FED, BCE, Banque d'Angleterre, Banque nationale suisse) prêtent. Vingt-cinq milliards d'euros d'ici à janvier. Non seulement c'est dérisoire, vu l'ampleur des crédits pourris, mais ça fout la panique: les marchés se disent « ça va mal » et vendent. 
Les « fonds souverains » interviennent. Un fonds souverain est une masse de dollars possédée par une puissance politique: Abu Dhabi, la Chine, la Norvège, la Russie, Singa­pour, etc. Abu Dhabi achète pour 8 milliards de dollars de CityGroup. Singapour achète un morceau d'UBS. 
Problème: la valeur des banques se casse la gueule, donc les fonds se détournent rapidement d'elles. 
Comment favoriser alors le retour du bon crédit? Par la baisse des taux d'intérêt. Hélas, l'inflation menace, du fait de la hausse vertigineuse de la demande de pétrole et de matières premières de la Chine. Les banques centrales ne peuvent donc pas baisser les taux autant qu'elles le voudraient, car l'inflation est une baisse de la valeur des monnaies, et pour tenir cette valeur il faudrait plutôt hausser les taux d'intérêt. 

Résumé. 
1) Les banques centrales et les fonds injectent un peu de liquidité, qui est tout de suite planquée par les banques privées, mortes de trouille; donc leur action est nulle. 
2) Qui va payer les crédits pourris (car, au bout du compte, il faudra payer ces crédits pourris)? Les titulaires de comptes bancaires. Tous. Les contribuables si ça ne suffit pas (le contribuable étant l'autre nom du titulaire de compte bancaire). 
3) Stanley o'Neal, patron de Merrill Lynch, a été viré suite à la crise. Il est parti avec 159 millions de dollars d'indemnités. La prime à la nullité, à la gabegie et à la cupidité. T'es bon, tu gagnes. T'es nul ? Tu gagnes encore plus. Cherchez l'erreur.

 ONCLE BERNARD - Charlie Hebdo - 19 12 07

 

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