alternatives éducatives : des écoles, collèges et lycées différents
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I Obligation scolaire et liberté I Des écoles différentes ? Oui, mais ... pas trop ! Appel pour des éts innovants et coopératifs |
 
 

Promesses, promesses...
Des «assises de l'éducation» ?
Jamais organisées.

"Pas de projet éducatif" au P.S. ?!
Allons, allons !! ... zenfants.
Colloque sur l'hymne national, mardi matin à l'Assemblée nationale.
Organisé par André Vallini, député PS de l'Isère,
avec, entre autres, l'essentielle participation de Geneviève de Fontenay,
grande prêtresse des concours Miss France.

<<Pour André Vallini, qui présentera des propositions en ce sens,
il convient de jouer la Marseillaise très souvent, au-delà des championnats ou commémorations.
Et pourquoi pas tous les lundis matins dans les écoles et collèges.>>
 
 

XIX e
Barrage contre un projet
d' «école différente»
(DEQLIC 19)
 
INNOVANTE ou expérimentale ?
C'est sur ce terrain sémantique que les Verts du XIX e ont choisi de placer le débat pour défendre le projet d'une école innovante, dans l'établissement qui doit ouvrir quai de la Loire à la rentrée.

D'un côté, l'association Déqlic 19, constituée d'enseignants, de parents d'élèves et d'associations, demande à y mettre en oeuvre son projet scolaire « innovant ».
De l'autre, le rectorat, antichambre départementale du ministère de l'Education nationale, est accusé par les Verts de vouloir faire avorter le projet en le taxant d'«expérimental ».
Pascal Jardin, directeur de l'académie de Paris, refuse ce procès idéologique : « Je ne suis pas opposé à leur projet pédagogique, explique-t-il. Il n'est d'ailleurs pas révolutionnaire : la plupart des propositions devraient être à l'oeuvre dans beaucoup d'écoles. »

Les enseignants expriment des souhaits d'affectation L'obstacle est donc technique : les enseignants ne peuvent pas être tous nommés dans cette école. « Les enseignants de Déqlic souhaitaient être nommés d'office, continue-t-il. Cela reviendrait à préempter une école pour une association. Or ils ne peuvent être nommés que dans le cadre des règles du mouvement. » Principe par lequel les enseignants ne choisissent pas l'école où ils vont travailler, mais expriment des souhaits d'affectation.

Soutenu par le Conseil national de l'innovation et de la réussite scolaire (le Cnirs, une instance créée en novembre 2000 par Jack Lang), le projet a été débattu par les conseillers du XIX e arrondissement mardi dernier.
En résulte un voeu pour qu'« un projet innovant validé par le Cnirs puisse voir le jour dans le XIX e arrondissement ». Astucieusement rédigé, le texte permet donc de soutenir l'initiative sans demander au rectorat que les enseignants de Déqlic soient ceux qui la mettent en oeuvre.
Le Conseil de Paris, examinant hier un nouveau voeu, l'a rejeté, au motif que le XIX e arrondissement aurait en fait demandé une étude sur le projet Déqlic.
Un argument erroné.
 

Julie Cloris
Le Parisien , mardi 09 avril 2002

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Extrait du BMO - Débat au Conseil du 8 avril 2002
20 - Vu n° 6 déposé par Mme BARANDA et le groupe "Les Verts" relatif à la mise en place d'un projet innovant pour les 3 cycles primaires
 
 
 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons à l'examen du vu n° 6 déposé par Mme BARANDA relatif à la mise en place d'un projet innovant pour les 3 cycles primaires.
La parole est à Mme BARANDA.

Mme Violette BARANDA. - Je vais vous éclairer sur autre chose, Monsieur le Maire.
Il y a de cela plusieurs années - je vous fait un petit historique - à la Z.A.C. du bassin de la Villette, des habitants se sont battus pour les futurs habitants et les enfants qui devaient venir dans le secteur car tout avait été prévu, sauf la création d'écoles, de crèches, de locaux associatifs, d'un nombre de choses dont on a besoin quand on arrive quelque part.
A la suite d'une bataille de plusieurs années, une école a vu le jour, ainsi qu'une crèche et une halte-garderie, et le Maire de l'époque, M. TIBERI, nous avait donc donné raison sur ce sujet.
Or, nous nous sommes rendus compte que dans le secteur il y avait énormément d'enfants en déshérence et de gros problèmes dans les écoles du secteur.
Une équipe s'est formée autour de la future nouvelle école, une association a vu le jour. Des enseignants, des parents, des associatifs se sont posés les problèmes de la déshérence de ces enfants et le fait que beaucoup d'entre eux n'allaient plus dans des écoles.
Ils ont travaillé sur un projet, et un projet innovant a vu le jour, soumis au Conseil national pour l'innovation pédagogique, pour la réussite scolaire. Il eu l'accord de ce Conseil en disant que c'était le seul projet intéressant de Paris.
Aujourd'hui, nous avons présenté à plusieurs reprises ce projet au rectorat qui, au vu des nominations, refuse de créer cette école sur le secteur du bassin de la Villette.
Je vais vous lire un petit texte que nous avons produit. Je ne l'ai pas fait seule, je l'ai fait en concertation avec les habitants et les associatifs :
Chacun sait que les enseignants dans leur ensemble font des efforts considérables pour faire leur métier le mieux possible. Ils travaillent souvent bien au-delà de ce qui leur est demandé.
La Ville, l'Etat font des investissements sans cesse plus importants dans l'éducation à tous les niveaux. Des crédits considérables sont dépensés. Cependant, pour beaucoup, il semble qu'il n'y en a jamais assez. On demande toujours plus : plus d'enseignants, plus de moyens. Pourtant, à l'évidence, la crise de l'éducation s'affirme et s'amplifie.
Aujourd'hui, dans les écoles primaires se développent des phénomènes qui n'étaient connus auparavant que dans les lycées, puis dans les collèges. Trop d'élèves sont en situation d'échec, trop d'enseignants et d'enseignés sont en souffrance psychologique. Il y a trop de phénomènes de violence et dès les petites classes. Nous connaissons tous cela dans nos quartiers difficiles, mais aussi ailleurs.
Comme résultat, plus de 50 % des élèves n'ont pas un niveau de lecture et d'écriture suffisant pour bien suivre au collège.
Ne nous leurrons pas, ne nous mentons pas, nous sommes en face d'une crise profonde de l'éducation.
Face à des mutations majeures de la société, un de nos grands écrivains a publié ces lignes : "Les crises de l'enseignement sont des crises de civilisation". Plus loin, il a écrit : "Quand une société ne sait pas enseigner, c'est que cette société ne peut pas s'enseigner, c'est qu'elle a honte, c'est qu'elle a peur de s'enseigner elle-même".
Il terminait par : "Une société qui ne sait pas enseigner, c'est une société qui ne s'aime pas, qui ne s'estime pas ; et tel est précisément le cas de la société moderne."
Ces lignes datent de 1940, elles sont de Charles Péguy.
Le vu présenté a pour but de soutenir et de faire soutenir par le Maire de Paris un projet d'école qui s'inscrit entièrement dans le cadre de l'Education nationale.
C'est le seul projet parisien qui a été est validé par le Conseil national de l'innovation et de la réussite scolaire (C.N.I.R.S.) créé par le Ministre Jack LANG.
Il est prévu dans une école obtenue et construite après une lutte mémorable des habitants d'un quartier pour obtenir des équipements publics dans une Z.A.C., avec l'accord de la mairie d'arrondissement : l'ancien maire l'avait compris, il l'a enfin programmée, elle doit ouvrir à la rentrée prochaine.
Ce projet a été élaboré par les habitants du quartier, des parents d'élèves et des enseignants de l'Education nationale qui sont tous conscients de la crise et cherchent des solutions.
Tous les spécialistes reconnaissent sa qualité et son bien-fondé. Pour des raisons complexe, mais essentiellement parce que les adultes ne s'entendent pas entre eux, M. Pascal JARDIN, vice-chancelier d'Académie s'y oppose.
Certes, la Ville n'a pas de compétence directe sur l'Education nationale. Certes, nous devons payer les murs, les toits des écoles, choisir les couleurs des peintures, et les élus le font avec discernement.
Cependant, la vie de nos quartiers, celle de ses habitants et de leurs enfants ne sauraient nous laisser indifférents.
Les écoles sont un élément essentiel de la vie quotidienne et l'avenir des générations futures en dépend. Le projet est validé par le C.N.I.R.S. et s'inscrit clairement dans les lois de la République. Il sera mené à bien par des enseignants.
Il est en piste pour faire cesser la dé-liaison actuelle entre l'école et la société. Ce vu a pour but de montrer que les élus appuient leur Maire dans la recherche et la mise en place des changements nécessaires et promis aux Parisiens.
N'ayons pas peur de le voter, nous serons fiers plus tard de l'avoir fait.
Merci de votre attention.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous vérifierez la date de la citation de Charles Péguy, je ne suis pas sûr qu'il n'y ait pas une erreur. C'est pour le B.M.O., que l'on ne vous fasse pas dire quelque chose qui n'est pas exact !

Mme Violette BARANDA. - 1904.

M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à M. Eric FERRAND.

M. Eric FERRAND, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.
J'ai deux choses à dire en réalité sur le projet en lui-même d'abord, et vous le savez, j'ai reçu les porteurs du projet. Je leur ai fait connaître mon avis. Je leur ai rappelé que l'éducation était nationale, ce n'est pas à la Municipalité d'imposer ses vues dans ce domaine, ce n'est pas à elle de construire ou de guider l'instruction publique dans notre pays, même si c'est la Capitale.
Je les ai invités également à revoir leur projet pour qu'il englobe au plus large, puisque vous parlez de la création d'une école en particulier, mais qui est elle-même très proche d'autres ensembles immobiliers comprenant des écoles, et j'ai souhaité qu'ils partagent leur projet avec d'autres écoles installées non loin de là pour ne pas le garder pour soi.
Mais dans la forme, je suis un peu ennuyé, Monsieur le Maire, parce que lorsque la question a été évoquée déjà dans un précédent Conseil - aujourd'hui, on reprend des sujets qui ont déjà été discutés - j'avais demandé à ce que la mairie du 19e soit consultée car elle n'avait pas été consultée. Le Maire du 19e s'est engagé à faire une réunion sur ce sujet. Cette réunion a eu lieu le 2 avril, et le Conseil du 19e a déjà voté sur cette question.
Sur la forme, je suis ennuyé parce que c'est un peu un déni, si je puis dire, du Conseil du 19e avec ses conseillers de Paris, ses adjoints et ses conseillers d'arrondissements qui se sont exprimés en toute sérénité sur ces questions, et aujourd'hui on revient sur ce sujet. On peut donner crédit au Conseil du 19e qui a donné son avis sur la question.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Est-ce que nous nous sommes prononcés sur ce qu'a fait le Conseil du 19e ?

M. Eric FERRAND, adjoint. - Le Conseil du 19e a demandé une étude pour la réalisation de ce projet.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Selon vous, le plus sage, si je me permets d'interpréter votre pensée, serait d'attendre l'étude commandée par le 19e arrondissement ?

M. Eric FERRAND, adjoint. - C'est mon avis.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Ce n'est pas cela la réalité. J'aime que l'on sache où on en est exactement.

Mme Violette BARANDA. - Je vais essayer de vous éclairer de nouveau, nous avons voté effectivement pour qu'une école innovante soit une école innovante. Nous n'avons pas nommé l'association. M. le Maire du 19e est peut-être là... Nous avons voté pour qu'une école innovante voit le jour dans le 19e, si aujourd'hui je me permets d'insister pour que ce vu soit voté au Conseil de Paris c'est qu'il me semble que c'est quand même important si, comme l'a dit très bien Mme MANAUD avant, nous avons quand même des problèmes...

M. LE MAIRE DE PARIS. - Sophie MEYNAUD.
Mme Violette BARANDA. - Excusez-moi, nous avons des problèmes dans toutes les écoles qui sont en Z.E.P. dans Paris, il ne faut pas se voiler la face. Aujourd'hui, les écoles privées dans le 19e, chose jamais vue, refusent des élèves. Il y a des enfants qui s'en vont de l'école publique laïque et obligatoire.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Ne reprenez pas l'argument de fond, ce n'est pas là-dessus que je vous ai interrogée.

Mme Violette BARANDA. - Le vu a été voté, il n'y a pas eu d'étude de votée.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Madame BARANDA, on a compris votre position en tant qu'élue du 19e vous avez bien le droit de porter, à titre personnel ou au nom des Verts, une préoccupation, simplement, nous, conseillers de Paris, qui connaissons moins bien le problème que vous, c'est vrai, sommes tentés de dire puisque le Conseil du 19e est encore plus représentatif que vous, travaille sur le dossier, on a plutôt envisagé, à ce que j'ai cru comprendre de l'intervention de M. FERRAND, d'attendre les propositions du Conseil du 19e arrondissement qui a, lui-même, commandé une étude.

Mme Violette BARANDA. - Il n'y a pas d'étude.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Ne vous énervez pas, c'était pour éclairer le Conseil.
J'ai cru comprendre qu'Eric FERRAND dit : le Conseil du 19e qui vous représente, mais de nombreux autres également, travaille sur le sujet, veut proposer quelque chose et donc nous, nous sommes très attentifs à ce que nous disent les Conseils d'arrondissement représentatifs des habitants de la totalité des habitants.
Cela dit, je mets aux voix, à main levée, la proposition de vu n° 6 déposée par Mme BARANDA.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
La proposition de vu n° 6 est repoussée.
Ce qui ne veut pas dire que le sujet est repoussé.
Vous voulez que l'on recompte, Madame BARANDA ?

Mme Violette BARANDA. - Monsieur le Maire...

M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous vous êtes expliquée, ce n'est pas vous qui présidez la séance. Nous sommes une Assemblée qui a des règles et très gentiment, très doucement, j'entends les faire respecter.
Le vote a eu lieu, vous avez eu l'occasion de vous expliquer, le vu que vous avez proposé a été repoussé, ce n'est pas grave, car le sujet reste au cur de nos préoccupations.
Monsieur FERRAND, je vous demande de saisir le Maire du 19e arrondissement pour que le Conseil du 19e nous donne son sentiment sur ce sujet. Le Conseil de Paris en reparlera, Madame BARANDA, vous pourrez vous exprimer à nouveau.


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