alternatives éducatives : des écoles, collèges et lycées différents
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I Obligation scolaire et liberté I Des écoles différentes ? Oui, mais ... pas trop ! Appel pour des éts innovants et coopératifs |
 


LES MATERNELLES
Lundi 16 janvier 2006 - 9 h 00

QUEL AVENIR POUR LES ECOLES RURALES ?
La grande discussion, avec Pierre Champollion, inspecteur d'académie, Frédéric Gautreau, enseignant en classe unique et deux témoins.

Et pendant qu'au Sénat on parle du sexe des anges,
(réforme de la "protection de l'enfance")
l'amendement Seillier propose
l'autorisation d'ouverture de clandés ?!
("/.../ Il est donc nécessaire de permettre aux familles qui le souhaitent, vivant dans un proche environnement,
de se regrouper pour organiser l'instruction à domicile de leurs jeunes enfants. /.../ "
= tout bénéf. pour le medef
... et d'autres :
, "le seul quotidien de la presse nationale et chrétienne" N°6252, 12 01 07 - <</.../Notons d'emblée la nouveauté introduite dans le texte par les députés contre la volonté de Philippe Bas: il s'agit de l'amendement limitant à deux le nombre de familles qui peuvent s'associer pour assurer l'instruction de leurs enfants. C'est une atteinte très grave à la liberté de choix de l'enseignement et une mesure dramatique pour les groupes de familles qui, voulant échapper au sectarisme et à la faillite de l'école officielle, choisissent de créer des petites structures parentales qui ne sont pas soumises aux contraintes beaucoup plus lourdes de la création d'une école hors contrat. /.../
Sachez pour le moment qu'une association, les enfants d'abord, a lancé une pétition contre ces atteintes, déjà consommées ou attendues,
aux droits des parents. /..."
"/.../D'autant qu'elle est menacée. En tout cas en Europe puisque certains Lander allemands, avec la bénédiction de la justice européenne qui n'y voit nulle négation du droit des parents, imposent déjà l'école obligatoire. En attendant de nous intéresser prochainement non au droit de l'école à la maison mais à son opportunité, il faut signaler le grand mouvement américain du home-schooling par lequel de nombreux parents catholiques, souvent en réseau, échappent au désastre de l'enseignement aux Etats-Unis.
Un mouvement qui a reçu l'enthousiaste bénédiction du Conseil pontifical pour la famille /.../ " >>

Pour le président du Front national (FN),
il y a deux catégories d'enfants qui naissent sur le territoire français, ceux des familles françaises "de souche" et les autres. Il propose d'encourager la naissance de petits "Français de souche" en leur réservant les allocations familiales qu'il promet de "revaloriser et d'indexer sur le coût de la vie".

Il désire créer "un revenu parental" pour "les mères ou les pères de famille" qui désirent élever leurs enfants à la maison.

« Le libre choix renforce les inégalités »
On fait croire aux parents qu'ils ont le choix, mais c'est faux !
Ce sont les écoles qui choisissent

Réfléchir à de « Nouvelles formes de financement de l’éducation »
est une chose importante, et qui mériterait un travail plus sérieux.
Rien n’est solidement argumenté, ni réellement démontré quant aux effets bénéfiques qu’apporterait le chèque-éducation (voucher)
Tout ne repose que sur une conviction pré-établie qui dépasse derrière le faux nez du droit des familles et d’une plus grande efficacité :
livrer le secteur - sa partie lucrative, seulement - au Marché.
 
 

17 organisations de l'Education demandent à Villepin de bloquer un décret

20 02 07 - Dix-sept organisations, syndicats enseignants, lycéens et étudiants, fédérations de parents, associations familiales et d'éducation populaire ont écrit mardi à Dominique de Villepin pour lui demander de "ne pas publier" un décret permettant le regroupement des écoles rurales.

Le projet de décret autorise la création, en principe "expérimentale", des établissements publics d'enseignement primaire (Epep).

Ces organisations contestent dans ce décret le feu vert donné à un regroupement des écoles, entraînant le risque d'une diminution de leur nombre et de celui des postes, mais aussi le fait que les Epep seront gérés par des conseils d'administration dirigés par des élus - et non par des directeurs d'école comme actuellement.

Egalement adressée au ministre de l'Education, Gilles de Robien, et à celui de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, cette lettre leur rappelle que ce projet de décret a recueilli 41 voix contre et une pour (celle du Medef) lors d'un vote au conseil supérieur de l'Education (CSE, représentatif et consultatif).

"L'ensemble des intervenants a souligné le manque de concertation, l'absence d'un large débat et la nécessité de tenir compte des avis des élus, des parents, des enseignants et de l'ensemble des citoyens", précisent les organisations dans leur adresse.

Elles proposent d'"engager avec les représentants des parents, des élus, des enseignants, des personnels éducatifs et des associations une large réflexion sur l'organisation et le fonctionnement des écoles".

Les trois lettres sont signées par la CGT, la CFDT, la CFTC, la FSU, le SNUipp-FSU, l'Unsa-Education, le SE-Unsa et le Sien-Unsa, le Sgen-CFDT, l'Unsen-CGT, la Fep-CFDT (enseignement privé), le SNPDEN (chefs d'établissement), la Ligue de l'enseignement, les parents de la FCPE et de la Peep, l'Unef, l'UNL, l'Unaf et A et I.
 

   Le CSE rejette massivement un projet de décret regroupant les écoles rurales

--afp--050207----Le Conseil supérieur de l'Education (CSE), instance consultative et représentative de l'Education, a massivement rejeté lundi un projet de décret qui veut regrouper des écoles de communes rurales au risque conduire à des fermetures, a-t-on appris de sources syndicales.

Le 25 janvier, une intersyndicale d'au moins vingt organisations de l'Education avait refusé de siéger CSE pour dénoncer ce projet de décret, provoquant le report du vote à lundi matin.

"L'examen du projet de décret autorisant la création d'Etablissement publics d'enseignement primaire (Epep) a été massivement rejeté ce matin à 41 voix contre, une voix pour grâce au vote du Medef, une abstention et 4 voix qui n'ont pas pris part au vote", a annoncé à l'AFP Gilles Moindrot, secrétaire général du SNUipp-FSU, principal syndicat du primaire.

"A part le Medef, il n'y a personne dans la communauté éducative qui estime que ce texte est sur la bonne voie", a ajouté Luc Bérille, secrétaire général du SE-Unsa qui espère que le ministre de l'Education Gilles de Robien tiendra compte de ce vote en ne soumettant pas le texte au Conseil d'Etat.

Le CSE est un organisme consultatif de l'Education nationale qui comprend les organisations syndicales, les fédérations de parents, les représentants des maires et des départements et le patronat (Medef). Il est consulté à chaque fois qu'un texte prévoit de modifier les contenus du système éducatif.

"Ce projet de décret qui veut regrouper des écoles entraîne le risque de diminuer ce nombre d'écoles et de postes. En plus, ces écoles seront gérées par des conseils d'administration dirigés par des élus et non plus par des directeurs d'école comme c'est le cas actuellement", a rappelé M. Moindrot.

Projet de décret regroupant des écoles rurales : cinq ans d'expérimentation

Le ministère de l'Education a précisé lundi, après le rejet massif par le Conseil supérieur de l'Education (CSE) d'un projet de décret qui veut regrouper des écoles rurales, que le dispositif sera évalué et expérimenté pendant cinq ans.

"Le projet de décret relatif à l'expérimentation des Etablissements Publics d'Enseignement Primaire (Epep) est un dispositif nouveau, soumis à une évaluation annuelle. Sa création reposera sur (...) le volontariat des élus communaux, l'avis des conseils d'écoles concernés, l'accord de l'autorité académique et du représentant de l'Etat", a précisé le ministère dans un communiqué.

Ce décret sera pris "en application d'un article de la loi du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales, qui permet une expérimentation limitée à 5 ans" a-t-on précisé au ministère, ce qui signifie que le vote négatif du CSE purement consultatif ne sera pas pris en considération.

"C'est l'application de la loi. Contrairement à ce que disent des syndicats, ce décret permettra de sauver des écoles plutôt que d'en fermer car les moyens vont être mis ensemble, par exemple pour des commandes d'outils pédagogiques qui bénéficieront à plusieurs écoles en même temps," a-t-on précisé.

A l'inverse, selon Gilles Moindrot, secrétaire général du SNUipp-FSU, principal syndicat du primaire "ce projet qui veut regrouper des écoles entraîne le risque de diminuer ce nombre d'écoles et de postes".
  

Communiqué du Collectif pour la Défense de l’Ecole Publique de Proximité

Contrairement à une opinion trop répandue et entretenue par les pouvoirs publics, les petites structures organisées en classes à plusieurs niveaux [1] obtiennent des résultats supérieurs aux grosses structures classiques, tant en ce qui concerne les apprentissages que la socialisation et l’absence de violence.
L’hétérogénéité, levier des apprentissages, constitue un modèle pédagogique (même en zone urbaine [2]) repris dans les textes [3].
Il y a 15 ans déjà, des travaux de recherche et des études commandées par le Ministère [4] infirmaient les arguments — tendant à discréditer les petites structures pour mieux justifier leur fermeture — développés depuis 40 ans par l’Institution.
Aujourd’hui encore, les études de l’Observatoire de l’Ecole Rurale [5], et le dernier Rapport de l’Inspection Générale [6] confirment l’intérêt, la valeur et l’efficacité des petites structures.

Dans certaines zones géographiques, les petites structures sont le seul moyen de maintenir un service public d’éducation de proximité et d’offrir aux enfants des conditions de vie scolaire acceptables.
En effet, les effectifs pléthoriques et l’éloignement inhérents aux regroupements d’écoles imposent des journées trop longues et fatigantes, un manque de disponibilité de l’enseignant, des cantines bruyantes, le recours à des distributeurs d’aliments et boisson, des journées alourdies par des temps de transport pouvant souvent atteindre 3h par jour et effectués parfois dans des conditions dangereuses sur des reliefs accidentés et des routes enneigées ; toutes choses préjudiciables à la santé et à la capacité de concentration de l’enfant, donc à la qualité de ses apprentissages et de son éducation.

A l’heure où une escalade de la violence témoigne des limites de nos concentrations urbaines, de l’importance de la qualité de vie dans la prévention de l’agressivité, les petites structures à cours multiples, par l’apprentissage d’une première différence, celle de l’âge, par un fonctionnement coopératif intégré dans le tissu social, offrent un cadre performant d’éducation à la citoyenneté, de développement de l’autonomie et de responsabilisation de l’enfant. Elles sont aussi un élément essentiel de cohésion sociale et de développement territorial : les familles qui le peuvent désertent les villages sans école.

Enfin, l’argument budgétaire avancé pour les regroupements d’écoles est un non-sens économique n’apportant aucune économie d’échelle au regard de la dépense publique. Il s’agit en fait d’un transfert de charges, sans compensation financière, vers les parents et les collectivités territoriales : frais de transport [7], frais de cantine (rendue obligatoire), et surcoût médical (supporté, certes de moins en moins, mais en partie quand même, par la Sécurité Sociale) généré par le préjudice porté à l’équilibre et à la santé des enfants.

Le Collectif pour la Défense de l’Ecole Publique de Proximité
— dénonce le dénigrement systématique sans fondement des petites structures,
— s’élève contre les derniers projets et mesures ministériels (notamment la circulaire du 2 décembre 2005 favorisant l’école privée comme jamais auparavant ; à cet égard, le Collectif soutient la démarche de l’ANDEV de saisine du Conseil d’Etat) [8],
— demande un bilan économique, pédagogique et social de la politique mise en oeuvre depuis 40 ans.
Des alternatives existent, tant au niveau des textes que des réalisations concrètes de projets éducatifs d’écoles et de réseaux [9], ouverts sur leur environnement et le monde, ayant su se saisir, entre autres, des nouvelles technologies de communication.
Le Collectif pour la Défense de l’Ecole Publique de Proximité se fixe pour objectif de soutenir toute forme d’étude et d’observatoire [10] , toute action de défense [11], et de valoriser toute réussite et alternative et tout projet innovant, par des actions de débats/information et de médiatisation, afin de donner au citoyen les moyens de juger en connaissance de cause et de se réapproprier l’école.

Il informe à cet effet :
— d’une émission sur l’école rurale préparée par André Morinet, diffusée le 16 janvier prochain, sur France 5 / Les Maternelles,
— de la mise à disposition sur le site du Collectif, des comptes-rendus de son premier forum citoyen «Education et Territoires» des 24 et 25 novembre 2005, qui s’est tenu à l’Assemblée nationale, à l’occasion du Salon des Maires et du Salon de l’Education,
— du projet d’un deuxième forum, au Sénat, fin 2006 et d’un troisième, prévu sous l’égide d’un Parlementaire européen.
Agenda à suivre sur le site : http://ecoledeproximite.free.fr

Contacts :
Collectif pour la promotion et la défense de l’école publique de proximité
06 22 13 57 29 / ecoledeproximite@yahoo.fr / Site: http://ecoledeproximite.free.fr

Collectif pour la défense de l’Ecole Publique de Proximité : 112 cité Forges - 85000 La Roche/Yon
06 22 13 57 29 / 02 51 37 35 17 - ecoledeproximite@yahoo.fr
_____________________________________
[1] Petites structures, spécifiques du milieu rural et périurbain : les petite écoles de moins de 4 classes et petits collèges de moins de 300 élèves.
[2] Certaines équipes éducatives (militants des mouvements pédagogiques ICEM-Freinet, GFEN) mettent en oeuvre le multiâge avec, parfois, l’accompagnement de l’Institution, comme à Montpellier http://ecoledeproximite.free.fr/MultiageClassesUniquesZEP 
ou dans le Val d’Oise : http://ecoledeproximite.free.fr/debats95.htm
[3] Voir le dispositif des cycles de la loi d’orientation de 1989.
[4] Travaux de Françoise Oeuvrard, DEP (Direction de l’Evaluation et la Prospective), 1990, 1995 ; 2003 (VEI-CNDP, n° 134).Voir aussi le Rapport Ferrier-Vandevoorde, DEP, 1993 et les travaux de l’Iredu.
[5] Travaux de l’OER (Observatoire de l’Ecole Rurale) : suivi de cohortes d’élèves du CM2 à fin de 2de, depuis 1999 : http://www.grenoble.iufm.fr/rural/
[6] Rapport IGEN-IGAEN, Juin 2003: "L’Evolution du réseau des écoles primaires",
p 56 : ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/syst/igen/rapports/evolution_reseau_primaire.pdf
[7] transports dont les coûts vertigineux sont supportés par les collectivité territoriales et les familles (cf en son temps le rapport Mingat-Ogier)
[8] …du projet de Regroupement Darcos, aux amendements à la loi de décentralisation du 13 août 2004 sans débat au Parlement (articles 86, 87 ; article 89 conforté par la circulaire du 2.12.05), en passant par la suppression de l’étude d’impact (avril 2004)… : cf http://ecoledeproximite.free.fr/cadre.htm
[9] Travaux de la Commission Lebossé et Circulaire « Ségolène Royal » sur l’avenir du système éducatif en milieu rural :
http://www.education.gouv.fr/botexte/bo981224/SCOE9803197C.htm
[10] travaux de l’OER ; enquête sur les transports de la FCPE 85 :  http://ecoledeproximite.free.fr/debat85ReseauxEcolesIntercommunalite
[11] Recours au tribunal administratif défendus par Ecole et Territoire, Association Nationale pour la Promotion de l'Ecole Rurale: http://perso.wanadoo.fr/ecole.et.territoire/



1er Forum citoyen « Education et Territoire »
24 et 25 novembre, Assemblée Nationale

Extraits d’interventions

Transports et conditions de vie de l’enfant
Nathalie Moulin : Je suis parent d’élève de Condom d’Aubrac. On est là pour parler des décisions qui sont prises au
niveau du gouvernement, et qui sont complètement inadaptées au milieu rural ; on nous parle tout le temps de logique
comptable ; chez nous ça ne peut pas marcher…
Nous, le problème principal, c’est le transport : on est en milieu rural isolé, en montagne, avec de la neige l’hiver ; il
reste quand même des enfants, mais on ne peut pas leur imposer des transports et de telles conditions de vie.
Certes, il y a maintenant un bon système de déneigement, mais on va être obligé d’imposer à ces enfants des conditions
impossibles, si l’on continue de fermer ces écoles.
Je ne sais ce qu’en pensent les médecins, mais nous en tant que parents, lorsqu’il faut mettre l’enfant dans la voiture
quand il fait moins 10 dehors, et que l’on va mettre plus d’une heure pour arriver à l’école, ce n’est pas raisonnable, et
on est nombreux dans ce cas-là.
Parce qu’on a l’impression, étant dans un petit village, isolé, d’être tout seul ; en réalité, on est très nombreux à subir ce
genre de décision : une classe qui ferme, c’est une montagne de soucis…

Cycles et multiâge
Jean-Claude Guérin, Inspecteur général honoraire de l’Education nationale
Je rappellerai toujours qu’il y a au moins une loi qui existe encore :
l’instruction est obligatoire, l’école est facultative, et l’enseignement est libre .
Je pense que ces trois termes permettent de dire de quelle manière on peut localement, non pas développer un
enseignement privé, mais un enseignement qui corresponde à la fois à l’intérêt des enfants, et à leur « épanouissement »
— , pour employer un mot qui fâche.
Et cela me fait dire qu’il serait temps d’appliquer là ce qu’est la conception du cycle, et non plus de la classe qui, par
définition, est effectivement de niveau d’âge, et ne prend pas en compte la réalité humaine (c’est très difficile de
continuer.., dès qu’on parle un petit peu, arrive le moment où l’on parle automatiquement de classe) ; or la classe, c’est
effectivement une conception purement administrative, qui traduit, la fameuse trilogie ou « Sainte Trinité » : une heure,
une classe, un enseignant
Le problème est effectivement de dire de quelle manière : par le biais du multiâge, des cycles (5-8ans, 8-11ans..) ce qui
importe, c’est la prise en compte des spécificités de l’enfant.
Et l’on retrouve là des choses qui ont fonctionné du temps des classes uniques — mais attention, qui allait en classe
unique ? — , on retrouve des pratiques comme l’entraide, ceux qui avaient compris aidaient les autres quel que soit
l’âge, en fonction de ce que les uns et les autres pouvaient posséder

Frédéric Gautreau, enseignant /Réseau Pédagogique Vienne-Gartempe (86)
Je suis instituteur dans une école de la Vienne qui fonctionne en réseau, réseau existant de 8 écoles depuis 1981 [1], qui
s’est créée en association depuis 1993

Nouvelles technologies : Le réseau permettait et permet toujours (il reste bien vivant depuis 25 ans) d’avoir une
communication vraiment horizontale entre les enseignants et l’on osait se dire ce qui n’allait pas : on vivait, on vit une
véritable co-formation, un compagnonnage.

Entraide et partage du savoir : C’est plutôt sur les échanges de savoir que les relations se font entre petits et grands.
Ce ne sont pas seulement des grands qui s’occupent des petits mais ce sont aussi les petits qui s’occupent des grands ;
Souvent, dans les classes à cours multiples, les parents disent : « Ça c’est très bien pour les petits mais pour les grands,
c’est nul : ils perdent leur temps ! » Pas du tout, parce que quand les grands ré expliquent aux petits, c’est une manière
de se réapproprier leur apprentissage, de réactualiser et de revalider leurs savoirs.
Par exemple les règles de pluriel ! Les petits se font expliquer aux grands les règles de pluriel et généralement, les
grands disent : « Il faut mettre un s ou un x », ce qui est la bonne règle. Alors qu’un enseignant, aura tendance à dire: «
On met un s sauf aux noms propres, sauf aux mots où il y a un z à la fin et puis souris, il y a déjà un s, tu n’en mets pas
un, et puis les x tu en mets, mais que si c’est e u. Sauf quand… ». L’adulte enseignant a toujours des arrière-pensées,
c’est normal, c’est son métier, mais ce n’est pas forcément efficace au niveau de la tâche immédiate. Or tout ça viendra
sur une deuxième question, mais ce n’est pas le moment. Quand on est enseignant, on a cette tendance didactique et un
peu encyclopédiste que n’ont pas les enfants entre eux. D’abord, ils sont très proches les uns des autres : je ne me
rappelle plus comment j’ai appris à lire. Je ne sais pas, vous, mais moi je ne me rappelle plus. Le gamin qui est en CE2
ou en CM1, ce n’est pas si loin que cela : il se rappelle le chemin, les difficultés, les souffrances…, les joies aussi.
Du coup, cela donne une proximité d’apprentissage qui est importante. Et pour le petit aussi qui peut se dire : il y a
deux ans, il ne savait rien lire du tout et maintenant il sait vachement bien lire ; moi, ce sera pareil. Forcément !
On ne se pose jamais la question de savoir comment un enfant apprend à marcher et on se la pose tout le temps la
question de savoir comment il apprend à lire. Pourtant, c’est pareil ! Exactement pareil !

Disponibilité de l’enseignant : Quand j’ai un groupe de vingt à vingt-cinq enfants du même âge, il y en plus qui vont
avoir besoin de moi au même moment, donc j’aurai beaucoup plus de mal à répondre aux sollicitations dans une classe à
cours unique que dans une classe à cours multiples.
Modèle urbain, modèle rural : Je pense qu’il y a deux modèles forts, deux modèles forts dans l’imaginaire :
1 il y a le modèle urbain, la classe de ville, vers lequel on doit tendre en gros, ce pour quoi l’on nous forme
2 et puis, il y a l’autre modèle, le modèle rural, c’est-à-dire « celui qui appartient au passé, celui qui va forcément
s’arrêter » et qui correspond à la classe multi âges.

Mais, en réalité, dans les réalités, maintenant, sur le territoire, ces deux modèles peuvent se trouver à la fois en milieu
urbain et en milieu rural. Cela dépend des choix des uns et des autres!
Transfert des charges : Il faut leur expliquer (aux élus) que si l’on regroupe les écoles, à eux, cela va leur coûter plus
cher puisque les transports entre les différents sites ne seront pas pris en charge par l’état mais par les collectivités
locales dont la leur . Il faut aussi leur expliquer que tous les investissements qu’ils vont faire sur un centre regroupé vont
leur échapper et que certains d’entre eux auraient pu être utiles dans un cadre de proximité (un point télécopie, un réseau
d’ordinateurs internet, un vidéoprojecteur…). Comme élu moi-même, je vois bien combien ces arguments peuvent être à
juste titre importants. Il faut aussi dire aux élus (et bien sûr aux parents) combien de temps les enfants vont devoir passer
sur la route, par tous les temps ; leur dire que ce temps sera pris. Il faudra enfin leur dire combien la proximité les
protégent d’une forme de revendication clientéliste de certaines familles.

La différence : Cette institution, comme beaucoup d’autres, mais celle-ci particulièrement, ne s’occupe pas assez des
différences, en tous cas ne les souhaite pas, fait tout pour les faire disparaître. Par contre, elle est toujours à la recherche
des ressemblances : c’est une vraie difficulté. Dans une autre intervention [2], j’ai essayé de développer le fait que la
première différence, celle qui est la plus facile à vivre et facile à faire vivre, c’est celle des âges et que celle-ci dont on
prive le pays tout entier. On nous demande de vivre et de faire ensemble des personnes de cultures très différentes et
dans le même temps, on sépare les enfants d’âges différents, alors que cette différence première pourrait aider chacun à
comprendre l’intérêt de la diversité et ce sur TOUT le territoire, dans tous les villages et les quartiers. Pour faire vite,
peut-être qu’en apprenant à faire vivre ensemble des enfants d’âges différents, on arriverait mieux à faire vivre des
communautés ensemble… Rêve ou réalité ?...
Qu’on se mette bien d’accord ! Je ne suis pas pour la recherche des différences exclusivement, surtout pas pour un
communautarisme. Je pense qu’il faut rechercher les différences en même temps que les ressemblances, sinon une école
n’a pas de sens.

La violence : On ne peut pas dire qu’il n’y a pas de violence à l’intérieur des enfants des écoles à petite structure. Ce
n’est pas vrai. Ces enfants-là, comme les autres sont violents à certains moments — moi aussi, vous aussi, sans doute —
. La différence est que cette violence est traitée autrement dans une école à cours multiples, qu’elle est plus facile à
isoler, à dévier, que le rapport nombre d’enfants donc nombre de relations possiblement conflictuelles n’y est pas le
même. Et puis d’abord, il y a de l’espace — l’on peut faire n’importe quelle expérience et l’on démontrera que si l’on
met des rats tassés dans des cages, ils se bouffent. Si on leur laisse un territoire suffisant, ils coopèrent.
Adaptabilité, sociabilité : Même les profs disaient : « On reconnaît les mômes qui viennent de la classe à cours
multiples parce qu’on voit bien que l’adaptation va vite ; ils prennent leurs repères et ça va vite. »
Compte-rendu du débat 25/11/05, 18h 
__________________________________
[1] RERVG, Réseau d’écoles rurales Vienne- Gartempe (86)
[2] Frédéric Gautreau, « L’hétérogénéité dans les écoles rurales : une chance ! »

LE GUIDE ANNUAIRE DES ECOLES DIFFERENTES

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