alternatives éducatives : des écoles, collèges et lycées différents
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I Obligation scolaire et liberté I Des écoles différentes ? Oui, mais ... pas trop ! Appel pour des éts innovants et coopératifs |
 
 

 Le-niveau-qui-baisse
La France moisie :le "pré-rapport" Bénisti
(en pdf, et avec les fautes d'ortographe et de syntaxe d'origine)
Le niveau baisse ... : "Le naufrage de l'écrit"
Sauvez les Lettres !

La déviance, comment ça marche...
Un élu UMP a dressé la courbe du jeune qui «s'écarte du droit chemin».

Le rapport Hermange se veut moins radical.
Même s'il s'en dégage une vision plutôt pessimiste de la jeunesse
(le mineur est dangereux)
(Le rapport Hermange-Rudolph - en pdf)

"Le jeune" est dangereux. "Le jeune" est "déviant", et de plus en plus tôt.
Considéré comme un malade, il doit donc être soigné sans délai,
suivi par des spécialistes et interné si nécessaire.

à la masse :
- Mal à l'aise, Christophe Masse, député (PS) des Bouches-du-Rhône,
admet ne pas avoir "assisté à toutes les réunions du groupe"
- ...assisté d'une autre blasé (sans doute juré aux "assises" du PS...):
M. Jean-Pierre Blazy Député du Val d’Oise, Maire de Gonesse (PS)
 
  

NOSTALGIE
L'école fait son cinéma 
Après «les Choristes» (années 40) et «le Pensionnat de Chavagnes» (années 50), la trilogie sera au complet le 3 novembre avec la sortie d'un film sur l'école des années 60. 

Par Véronique Grousset et Clara Géliot -  Le Figaro-magazine - 30 octobre 2004

Dans les Fautes d'orthographe aussi il y a une chorale. Mais les collégiens sont désespérés et leurs chants ne sont pas les plus beaux. Assis sous un préau, ils s'ennuient ferme en grelottant de froid dans la brume de l'hiver 67. On est à quelques mois d'une révolution estudiantine qui a déjà débuté en Amérique, mais dont les élèves du film de Jean-Jacques Zilbermann ignorent tout ; ce qui ne les empêche pas de couver la même révolte, telle qu'elle explosera en plein réfectoire, dans la dernière scène de ce long-métrage autobiographique. 

En 1967, le réalisateur avait en effet 15 ans. Ce sont ses propres souvenirs qu'il nous livre. Sans pathos ni mélo ; avec une dureté qui choquera peut-être, mais qui correspond à l'ambiance qui régnait effectivement dans beaucoup d'établissements scolaires en ce temps-là. Une discipline pire que sévère, rigide, souvent vexatoire, qui interdisait toute discussion et condamnait par avance les faibles en tous genres : surveillants laxistes, professeurs complexés, élèves différents, tous bizutés par les autres et broyés par un système qui ne connaissait et ne glorifiait que la loi du plus fort. 
On aimera ou pas. Sûrement moins que les Choristes. Probablement moins aussi que «le Pensionnat de Chavagnes». Car cette histoire n'a rien d'attendrissant ni de drôle. Mais il n'est pas moins utile que les deux autres pour se remémorer ce qu'était l'école d'autrefois ; et se mettre ainsi en position de réfléchir à sa réforme nécessaire, sans verser dans un passéisme béat. 

Ce que l'on voit très bien, par exemple, dans les Fautes d'orthographe, c'est que le maintien de l'autorité ne dépend pas de l'étendue de l'arsenal de sanctions dont on dispose : plus on en a, plus on en use, et plus l'autorité vire à l'autoritarisme, au risque de déclencher une mutinerie. Dans le film, ceux qui giflent ou donnent des coups de règle n'obtiennent rien. Quant aux exclusions après conseil de discipline, elles ne font que renforcer le sentiment d'injustice, la solidarité entre élèves, le courage qui leur manquait pour s'unir et se rebeller. 
Le seul qui se fait respecter, c'est un surveillant qui n'élève pas la voix. Il ne cherche pas à se faire aimer, il ne punit pas beaucoup : il irradie ce que l'on nomme une autorité naturelle. Un mélange d'indifférence et d'assurance qui ne s'apprend pas. Et qui ne s'est d'ailleurs jamais appris. Il fait autorité, naturellement. 

Le spectacle de ce qui a changé
Car on l'oublie trop souvent : les enseignants persécutés, incapables de tenir une classe, stressés jusqu'à la dépression nerveuse ou le suicide par ce qu'ils endurent, ont toujours existé. Le phénomène ne date pas de 1968, ni de la réforme Jospin ! A en croire les anciens proviseurs et enseignants aujourd'hui retraités, les chahuts d'autrefois étaient même beaucoup plus spectaculaires que ceux d'aujourd'hui... quelle que soit l'importance des sanctions auxquelles s'exposaient leurs meneurs. 
Ce qui a changé en revanche, et que l'on voit aussi très bien dans le film de Zilbermann, c'est que la parole et les décisions des adultes officiellement investis d'une autorité n'étaient jamais mises en cause par leurs collègues, ni par leur hiérarchie. Il pouvait y avoir désaccord en coulisses, mais pas discussion, ni encore moins désaveu devant les élèves. Quant aux parents, ils n'avaient pas voix au chapitre ; ce qui simplifiait bien les choses. 

Deux pistes de réflexion pour François Fillon ? Cela se pourrait. En début d'année scolaire, le ministre de l'Education nationale nous avait en effet déclaré que «la restauration de l'autorité des enseignants» était l'une de ses priorités, et qu'il entendait y travailler en modifiant certains textes de façon que «leur hiérarchie les soutienne davantage», notamment «sur les décisions qui engagent leurs compétences pédagogiques, comme les redoublements». 
«Je crois, nous avait-il encore précisé, que le dernier mot doit leur revenir.» 

Un avis qui relève du bon sens. Mais qui ne sera sûrement pas facile à imposer. On connaît en effet l'opposition des deux principales fédérations de parents d'élèves (PEEP et FCPE) à tout «grignotage» des nombreux droits qu'elles se sont arrogés, ou qu'elles ont acquis par la loi, de refuser ou de contester ce que décident les enseignants. Y compris lorsque les parents sont incompétents pour en juger (l'aptitude d'un élève à passer dans la classe supérieure), ou lorsque ces décisions visent à maintenir l'ordre et à protéger les autres élèves (transfert ou exclusion d'un délinquant). 

François Fillon devra donc immanquablement batailler s'il veut aider à rétablir la légitime autorité des enseignants. Mais il aura l'opinion derrière lui. Les sondages sont limpides à cet égard : «La restauration de la discipline dans les classes», qui n'était une préoccupation que pour 51% des parents d'élèves en 1981, l'est devenue aujourd'hui pour plus de 70% d'entre eux. Pour leurs enfants, c'est encore plus flagrant : ils sont désormais 83% à considérer que «l'autorité est une qualité chez un professeur», d'après l'enquête menée en février dernier par le Credoc pour le magazine Okapi. Tandis que, a contrario, les fédérations de parents d'élèves qui sapent si souvent l'autorité des enseignants ne peuvent se targuer, elles, que d'une représentativité extrêmement faible : moins de 5% de votants à leurs élections ! 

En clair, la demande d'autorité est aujourd'hui quasiment unanime : chez les enseignants comme chez les élèves, chez les parents de droite comme chez ceux de gauche, et dans tous les milieux sociaux, dont la ruée vers les établissements scolaires privés ne s'explique souvent que par cette seule raison. Car il est notoire que le secteur privé s'en tire mieux sur ce plan ; avec les mêmes élèves, moins de moyens financiers et moins d'encadrement. Tout simplement parce que les équipes pédagogiques y sont cohérentes et soudées, plus présentes aussi. Et que les parents, comme autrefois, n'ont généralement pas d'autre possibilité que d'entériner les décisions qu'on leur communique. 

Nul besoin, par conséquent, d'en revenir à l'avant 68 que stigmatise si justement le film de Zilbermann : les coups de pied aux fesses et autres douches froides ne fonctionnaient déjà pas en ce temps-là. Personne ne demande leur retour. Mais il est permis en revanche de s'interroger sur la pertinence des changements qui sont intervenus depuis ; même le PS le fait. D'autant que les solutions efficaces et humaines qui pourraient contribuer à la restauration de l'autorité scolaire sont aussi simples qu'évidentes. Elles ne supposent que le respect du slogan favori, mais si rarement appliqué, de l'Education nationale : «Penser d'abord aux enfants, n'agir que dans leur intérêt.» Montaigne, en son temps, ne disait pas autre chose.



Plus d'un élève de seconde sur deux ne maîtrise pas l'orthographe

PARIS 01 02 05 - Plus d'un élève de seconde sur deux en France ne maîtrise pas l'orthographe de base: c'est le constat dressé par un collectif de professeurs de lettres, qui note que leur nombre a doublé en quatre ans.

En septembre 2000, le collectif "Sauver des lettres" avait proposé une dictée de troisième datant de 1998 à un échantillon de 1.724 élèves de seconde. A l'époque, 27,95% avait obtenu un zéro sur vingt. Quatre ans plus tard, le même texte a été proposé à un nouvel échantillon de 2.300 élèves.

Là, le "constat est effrayant", observe le collectif dans un communiqué diffusé sur son site Internet. "En 2004, une grosse majorité (56,4%) des élèves qui entrent en seconde générale et technologique a une orthographe si faible qu'elle aurait été sanctionnée par un 0/20 au brevet des collèges".

Ainsi, en 2000, 27,95% des élèves faisaient au moins dix fautes. Quatre ans plus tard, ils sont 28,99% à en faire au moins vingt. "En d'autres termes, plus d'un quart des élèves de seconde ne peut écrire sans commettre au moins deux fautes par ligne", dénonce le collectif.

Si elle se félicite que le ministre de l'Education François Fillon ait "pris la mesure de la situation", elle regrette qu'il "n'ait pas pris pour autant les décisions qui s'imposent relatives aux méthodes, programmes et horaires". Le ministère de l'Education n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat. 

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