Une
secte au sein de l’Église catholique ?
Sulfureuses
Béatitudes
Un religieux de la communauté des Béatitudes mis en examen pour agressions sexuelles
sa
hiérarchie était au courant depuis 1998
Dans un courrier adressé
il y a un mois à l'ensemble des membres des Béatitudes, il
[frère
Ephraïm, fondateur de la communauté]
explique son peu de foi
dans la justice des hommes, et cite la Bible :
« Lorsque vous
avez un différend entre vous, comment osez-vous le faire juger par
des païens et non par les saints ? »
La controversée communauté
des Béatitudes est aujourd'hui au coeur d'investigations pour «
mauvais traitements ou atteintes sexuelles ».
Les
témoignages d'un ancien élève et des parents d'un
jeune qui s'est donné la mort sont édifiants.
«Nous
demandons aux évêques de France d'arrêter de prier et
d'agir»,
ont insisté les quatre
exclus, une religieuse, un prêtre et deux laïcs
DIEU EST AMOUR
Bienvenue chez les Béatitudes
Huit anciens enfants abusés par un frère de la communauté
des Béatitudes se sont suicidés. L'Église n'hésite
pourtant pas à lui envoyer des curés pédophiles dans
l'espoir d'une guérison ...
D'ordinaire, les catholiques un peu allumés des Béatitudes
savent cultiver leur image.
À Nay, dans sa circonscription des PyrénéesAtlantiques,
un homme politique de premier plan comme François Bayrou ne nie
pas les fréquenter. Bien que légèrement plus distante
avec le Renouveau charismatique depuis Benoît XVI, l'Église
se félicite de pouvoir compter sur la force d'attraction de ce nouveau
mouvement spirituel, présent dans 65 diocèses et 30 pays.
Pas plus tard qu'en février dernier, le journal de France 2
nous vantait ses mérites thérapeutiques: l'Église
lui enverrait certains prêtres pédophiles pour qu'ils méditent,
dans l'espoir d'une rédemption. La communauté doit parfois
aussi gérer ses propres cas. Comme le frère Pierre-Étienne,
l'un des fondateurs, membre de la communauté des Béatitudes
depuis trente ans, qui a récemment confessé avoir agressé
plus de cinquante mineurs, âgés de 5 à 13 ans, entre
1985 et 2000 ..
Il aura fallu la plainte d'une jeune fille en 2003 et le début d'une enquête judiciaire pour qu'un de ses collègues de l'abbaye de Bonnecombe, près de Rodez, se décide à alerter sa hiérarchie. Les versions divergent, mais certaines victimes semblent penser qu'elle savait depuis 1998. Le frère a finalement été exclu, après avoir été mis à l'écart des enfants. Mais ce n'est pas la seule affaire qui embarrasse cette communauté, qui fonctionne comme une secte (voir ci-dessous).
Plus récemment, des élèves du cours Agnès-de-Langeac et du lycée privé de l'abbaye d'Autrey, deux «écoles» privées tenues par les Béatitudes, ont dénoncé des attouchements sexuels. Huit anciens élèves ont mis fin à leurs jours, quinze ont porté plainte. Interrogé par Le Parisien, Nicolas Le Port-Letexier, l'une des victimes, explique que les enseignants étaient en général des bénévoles, souvent peu compétents. Quand les enfants tombaient malades, on les exorcisait car, être malade, c'était être «infesté diaboliquement». Lui-même victime d'attouchements, Nicolas Le Port-Letexier a alerté pas moins de quatre évêques. Tous l'ont envoyé promener. On lui a même répondu que «seul le silence [étancherait] sa soif de justice». Bon chrétien, avant de mettre sa lettre au panier, l'évêque lui a quand même gentiment signalé une faute d'orthographe.
Il existe plusieurs groupes de fidèles. «les Amis de l'Agneau» partagent la vie de la communauté à certains moments, mais vivent au cœur du monde laïque. Les «membres des Béatitudes de la Sainte Famille», mariés ou pas, vivent en communauté. Son objet parait sympathique: les membres disent avoir «en commun le désir d'imiter le plus possible le modèle de la communauté chrétienne primitive par la vie commune" le partage des biens, la pauvreté volontaire, (...) ainsi qu'un engagement actif dans le service des pauvres et l'annonce de l'Evangile». Dans la réalité, le partage des biens s'apparente plutôt à un appauvrissement des adeptes au profit des «bergers», et la vie commune à une suppression totale de l'intimité.
Depuis 2006, frère Ephraïm est recherché par la police. D'anciens adeptes, notamment Myriam et Pascal Michelena (*), ont porté plainte pour «abus de faiblesse» et «travail dissimulé». Il est vrai qu'en fait de pauvreté, chaque bien des adeptes étant lourdement taxé, le patrimoine immobilier des Béatitudes est impressionnant.
Mais, surtout, sous des allures new age la communauté des Béatitudes diffuse un catholicisme exalté ultraréactionnaire, proche du protestantisme évangélique, fait d'une doctrine hostile au droit à l'avortement et à l'homosexualité et d'une pratique à base de guérisons par contact, d'exorcisme, de séances de «parler en langue» et de transe.
«
Main basse sur l'école publique »
L'Éducation
Nationale est accusée de « fabriquer des crétins
» et d'entretenir le « chaos pédagogique »,
l'insécurité et le chômage. Eddy Khaldi et Muriel Fitoussi
dévoilent la signification de ces mesures : des associations de
libéraux et de catholiques conservateurs proches du Front national
et de l'Opus Dei sont à l'origine de ces propositions.
POUR LA LIBERTÉ D'INSTRUCTION disent-ils...
Réforme
de la Protection de l'enfance (deuxième lecture au Sénat,
à partir du 12 février 2007)
un
projet de décret veut regrouper des écoles de communes rurales
Et
pendant qu'au Sénat on parle du sexe des anges,
M. le Rapporteur : "Si
nous adoptons le sous-amendement, nous allons envoyer un message extraordinaire
:
Article 22 (nouveau)
« Il vérifie
notamment que l'instruction dispensée au même domicile
La commission des Affaires sociales
de l'Assemblée nationale a approuvé mardi 13 février,
sans modification,
Adoption définitive du texte par les députés le 22 février 2007. - Loi "Prévention de la délinquance" (Article 9)
Le
Code de l'éducation
est ainsi modifié
:
- Réforme "Protection de l'enfance" (art. 22) : Le quatrième alinéa
de l'article L. 131-10 du code de l'éducation
est complété par une phrase ainsi rédigée : « Il vérifie notamment que l'instruction dispensée au même domicile l'est pour les enfants d'une seule famille. » Décrets
et circulaires d'application : à suivre...
![]() s'insurgent :
Le "Collectif Pour la Liberté d'Instruction" : "L'amendement n° 6 a été adopté : L'INSTRUCTION EN FAMILLE EST LIMITEE AUX ENFANTS D'UNE MEME FAMILLE ! " Caelum et Terra :
"C’est à raison que Jeanne Smits estime qu’une liberté fondamentale
disparaît ainsi, sans éveiller la moindre réaction.
Au moins, apparente. Je sais pour ma part qu’il y a eu des tentatives pour
arrêter le mouvement. En vain, semble-t-il !"
|
![]() La secte qui prospère avec la bénédiction de l'Église La communauté des Béatitudes et son gourou,
Ephraïm,
A la suite d'une embrouille avec les services fiscaux français,
Ephraïm,
fondateur de la très catholique communauté des Béatitudes,
vient de délocaliser une partie de ses activités sectaires
en Suisse. Gérard Croissant, de son vrai nom, et ses ouailles charismatiques
échapperont peut-être ainsi à la justice des hommes.
Patrimoine divin
A Nouan-le-Fuzelier, en Sologne, le « berger » et ses «
frères et sœurs » ont ainsi hérité d'un «
bel ensemble », composé d'une ferme, d'une grange, de quelques
écuries et d'un pavillon de chasse du XIX°. Sans oublier 30
hectares de terrains et forêts alentour. C'est peut-être là,
le royaume de Dieu ... A moins que ce ne soit en SeineMaritime, où
« la Maison du coeur de Marie » tient plus du château
que de la crèche, ou bien encore en Côte-d'Or, où les
Béatitudes possèdent un impressionnant domaine baptisé
« Notre-Dame-des-septdouleurs ». On les plaint.
Ainsi, la famille M. s'est retrouvée dépouillée de ses maigres économies. Pascal et Myriam, avec leurs deux enfants en bas âge, ont séjourné trois ans au château Saint-Luc, dans le Tarn. Jusqu'en 2003, ils y ont occupé différentes fonctions: jardiniers, secrétaires, infirmiers. «Nous n'étions bien entendu jamais rémunérés, raconte le couple. Il nous était demandé de verser une dîme sur les allocations familiales, le RMI et les dons que nous recevions de notre entourage. » Logée modestement et gracieusement, la famille M. était nourrie, selon la plainte qu'elle a déposée, « grâce à des marchandises périmées données par des commerces. Les repas étaient préparés dans des locaux totalement inappropriés ». Décidément, rien ne remplace les nourritures spirituelles ... En attendant, la petite « entreprise » d'Ephraïm et de ses « bergers » engraisse. Les Béatitudes ont ainsi créé plusieurs associations ou SARL écrans, agréées par l'Etat comme « centres de formation continue », et donc non soumises à la TVA. Des centaines de bedeaux nantis viennent, chaque année, y « guérir de leur histoire familiale » grâce à des techniques « psychospirituelles », de « psycho-généalogie », d'« agapèthérapie » et « recevoir l'enseignement d'Ephraïm », prier ... et alléger leur compte en banque. Multiplication du blé
L'âme et le corps
Didier Hassoux - Le Canard enchaîné -
10 janvier 2007
« Le Canard » a sollicité, par téléphone
et par fax, l'avis de l'épiscopat français sur les pratiques
de la communauté des Béatitudes. Sans succès.
Le Verbe se fait vraiment rare et cher.
Sulfureuses Béatitudes Il se passe des choses étranges dans cette « communauté nouvelle », l'une des plus importantes du monde catholique. Plusieurs de ses membres dénoncent des manipulations mentales, des abus de pouvoir, voire une entreprise de racket. Son fondateur a disparu. La justice est saisie, et l'Eglise bien embarrassée. Enquête de Marie Lemonnier Il a un sourire jovial, une barbe vaguement méphistophélique. Un prénom inoffensif : Gérard. Mais il se fait appeler Ephraïm, du nom de l'une des douze tribus d'Israël. Où est-il aujourd'hui ? En Afrique ? En Espagne ? Gérard Croissant, alias frère Ephraïm, s'est volatilisé en mai 2006. «En ermitage» selon les siens, «en fuite» pour les gendarmes, il est dans le collimateur des organismes de prévention contre les sectes. Un juge d'instruction du tribunal de Castres aimerait bien l'entendre. Comment cet exétudiant en art a-t-il transformé en une trentaine d'années une petite communauté en un vaste mouvement implanté sur les cinq continents, du Liban au Burkina Faso, en passant par la Bosnie, le Canada ou le Mexique ? Comment ce chantre d'une nouvelle spiritualité empruntant à toutes les religions du Livre a-t-il obtenu la reconnaissance du Vatican ? Gérard Croissant est le fondateur des Béatitudes, un ensemble de 77 communautés religieuses présentes dans 30 pays à travers le monde. En France, ses 27 « maisons » (terme utilisé chez les « Béats » pour désigner chaque communauté) ont pignon sur rue à Blagnac, à Nouan-le-Fuzelier, à Lisieux ou à Lourdes. Elles sont installées dans de splendides monastères ou des châteaux. Animées le plus souvent par des chrétiens convaincus, attirant à elles des « communautaires » très engagés tout comme des paroissiens lambda qui se contentent d'assister à ses offices. Elles sont surtout adoubées par l'Eglise catholique. Certes, ces dernières années, l'institution a pris ses
distances avec frère Ephraïm. Lui-même ne dirige plus
le mouvement. Mais il en reste l'un des principaux inspirateurs. Selon
les associations de lutte contre les sectes, en tout cas, ses pratiques
et ses préceptes sentent le soufre. Il aurait franchi la ligne jaune.
Comme quelques autres responsables de « maison », appelés
les « bergers » dans le langage communautaire. Aujourd'hui,
ces associations ont entre les mains une quarantaine de plaintes, émanant
de toute la France.
Selon la légende colportée par frère Ephraïm,
tout aurait commencé autour d'une « quatre-saisons ».
En 1973, en effet, il dîne dans une pizzeria de Montpellier avec
sa compagne Jo et un couple d'amis protestants. Soudain, une «inspiration
divine» frappe Gérard. «Et si on vivait en communauté?»
Aussitôt, les quatre convives créent la Communauté
du Lion de Judas et de l'Agneau immolé (qui sera rebaptisée
en 1991 Communauté des Béatitudes). Gérard a alors
24 ans et il est membre de l'Eglise réformée. Il se destine
à devenir pasteur. Mais il a rencontré Lanza del Vasto, le
disciple occidental de Gandhi, militant de la non-violence et du dialogue
interreligieux, qui a fondé sur le modèle des ashrams indiens
la Communauté de l'Arche dans le sud de la France. Gérard
Croissant a-t-il voulu imiter le philosophe contestataire en créant
sa propre « succursale » ? Un autre événement
décisif va l'influencer. En 1974, il part aux Etats-Unis et découvre
les grands rassemblements évangéliques. Il est fasciné
par ces prédicateurs ébouriffants qui haranguent des foules
de born-again. Il voit des assemblées entières prises de
transe, frappant des mains, habitées par l'Esprit saint. Les fidèles
« parlent en langue », chantent dans un verbiage incompréhensible
et exaltant. Gérard est emballé. Jo, elle, se fait poser
une couronne sur laquelle un dentiste charismatique grave Jésus
!
Pour les temps de prière communautaire, Ephraïm applique
les méthodes « américaines » : guérisons
miraculeuses, transe, glossolalie... Et met au point une liturgie très
esthétique (aubes blanches, bougies, fleurs, danses, lectures en
latin, chants en hébreu...) qui séduira bien au-delà
du cercle des résidents des Béatitudes (voir encadré
p. 11).
Car la communauté organise aussi des stages. Ephraïm se
veut une sorte de thérapeute religieux. N'hésitant pas à
faire le grand écart entre théologie et psychothérapie.
Côté théologie d'abord : après plusieurs séjours
en Israël, il élabore une spiritualité mélangeant
judaïsme, protestantisme et orthodoxie sur fond de catholicisme. Comme
certains évangéliques, il est convaincu que seul le rapprochement
de tous les chrétiens avec leurs racines juives peut réaliser
les conditions du retour du Christ sur terre (dont les guérisons
spontanées et autres miracles seraient les premiers signes). Côté
« psy » : il prône des thérapies plus ou moins
New Age censées mener à la « guérison intérieure
». Résultat : dans les « maisons », le «
berger » est à la fois un « médiateur vers Dieu
» et un « accompagnateur psychospirituel ». «On
vous maintient dans une introspection permanente, dans une confusion des
plans psychologique et spirituel complètement déstructurante»,
explique Pascal Michelena. «Il est alors très facile de vous
couper de vos parents en les accusant de ne pas vous apporter tout l'amour
que vous réclamez, mais qu'heureusement vous pouvez trouver en Dieu»,
ajoute Myriam, qui évoque une véritable «manipulation
mentale». Une «emprise» renforcée par la peur
de l'extérieur. Chaque jour, on leur répète que «l'Esprit
du monde est infesté par le Diable personnifié». Un
seul salut, la communauté et le «renoncement au monde»,
«à toute propriété», «à soi»,
«à sa volonté», l'«obéissance»
absolue à la «Règle» et au «berger»
à qui l'on doit «soumission» et «transparence
fraternelle»!
Mme D., par exemple, n'a pas revu sa fille depuis sept ans. «Ces
sessions d'agapéthérapie [« guérison par l'amour
de Dieu »] détruisent tous les liens!», se révolte
cette mère impuissante. En 2005, sa fille l'a cependant contactée
: elle lui a réclamé 250 000 francs... pour la communauté.
Mme D. n'a pas voulu céder. Elle est depuis sans nouvelles.
En 2004 aussi, dans le « petit séminaire » créé
par les Béatitudes (une école hors contrat installée
en 1988 à l'abbaye d'Autrey, dans les Vosges, pour assurer la relève),
un autre prêtre a été accusé de pédophilie.
L'affaire a cependant abouti à un non-lieu. L'un des garçons
qui se disait victime s'est depuis suicidé. Un ancien élève
de l'établissement, très affecté, témoigne
également des «exorcismes pratiqués sur les élèves
qui montraient le moindre signe d'insoumission».
Aux dernières nouvelles, Ephraïm aurait fondé au Sénégal une association pour les enfants de Dakar. Par internet, il réclame «en urgence» à ses fidèles «entre 75 000 et 120 000 euros» pour acquérir «un terrain ou une maison» ! (1) Myriam et Pascal Michelena racontent leur expérience dans « les Marchands d'âmes. Enquête au coeur des Béatitudes : les thérapies chrétiennes en question », Golias. Marie Lemonnier - Le Nouvel Observateur - N° 2212 - JEUDI 29 Mars 2007 |
| LE
GUIDE-ANNUAIRE |
Présentation
| SOMMAIRE
|
| Le
nouveau sirop-typhon : déplacements de populations ? chèque-éducation
? ou non-scolarisation ? |
| Pluralisme
scolaire et "éducation alternative" | Jaune
devant, marron derrière : du PQ pour le Q.I. |
| Le
lycée "expérimental" de Saint-Nazaire |
Le
collège-lycée "expérimental" de Caen-Hérouville|
| L'heure
de la... It's time for ... Re-creation | Freinet
dans (?) le système "éducatif" (?) |
| Changer
l'école | Des
écoles différentes ? Oui, mais ... pas trop !|
L'école
Vitruve |
| Colloque
Freinet à ... Londres | Des
écoles publiques "expérimentales" |
| 68
- 98 : les 30 P-l-eureuses | Et
l'horreur éducative ? |