alternatives éducatives : des écoles, collèges et lycées différents
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les rapports parents-profs, la maternelle à 2 ans, l'ennui à l'école les punitions collectives,  le téléphone portable  , l'état des toilettes, le créationnisme...
 

École, l'illusion d'un ordre ancien

une réflexion sur l'école qui, loin du modèle républicain, doit aujourd'hui faire face aux multiples identités.
A l'école des individus

« Profondément troublés par l’inadaptation d’un système éducatif hérité du 19° siècle,
dont la centralisation excessive la rigidité et l’inertie leur apparaissent d’autant plus graves au moment où s’effectue,
comme dans les autres grands pays développés, le nécessaire passage à une formation secondaire et supérieure
qui doit être aussi une formation de qualité,
les membres du colloque affirment l’urgence d’une rénovation éducative aussi bien que pédagogique
qui ne peut se concevoir que dans la perspective d’une éducation permanente de la nation ...»
"malaise" lycéen...
68 - 98 : LES 30 "P(l)EUREUSES".
  

"On est dans la cristallisation des inégalités"
FRANÇOIS DUBET, sociologue de l'éducation à Bordeaux-II
Le Monde -  02.06.05
  Propos recueillis par Rémi Barroux
 

Vous avez écrit L'Ecole des chances (Seuil 2004). En quoi l'école a-t-elle contribué à la définition du modèle social français ?

En France, l'école a construit le modèle national, ce qui est tout à fait original. L'école républicaine a installé la culture nationale, universelle et libératrice. Elle a contribué à l'idée que le travail et le mérite constituaient le mode le plus légitime de mobilité sociale, de progression. Et l'école a été perçue comme le facteur d'homogénéité face à la diversité des classes sociales, des religions et des singularités.

Jusqu'à quand l'école a-t-elle rempli cette fonction ?
Cela a bien fonctionné jusque dans les années 1960, quand le développement de l'école était en harmonie avec celui de l'économie. Quand la production de diplômes et de qualifications était à peu près adaptée au développement des emplois. Quand nous pensions que notre modèle culturel bénéficiait d'une formidable légitimité. Quand, enfin, la France se vivait comme un grand pays, maître de son destin et porteur d'une grande culture. Maintenant, ce modèle est en grande crise.

Quelles en sont les raisons ?

Il y a un décrochage des qualifications d'avec les emplois. Aujourd'hui, la massification et l'allongement des études ont fait monter le niveau des exigences des familles et des élèves, et généré des espérances déçues. Cela s'est vu avec le vote sur le référendum, dimanche. Jusqu'à bac + 2, les gens ont voté non et seulement à partir de ce niveau oui. Il faut avoir atteint ce niveau pour avoir un sentiment de rentabilité sociale, d'utilité des études.

Pensez-vous que notre modèle soit en échec ?

La massification n'a pas réduit les inégalités devant l'école. Il y avait un formidable espoir d'égalité qui a été déçu. Les élites ont un recrutement social de plus en plus fermé et homogène, et les élèves en échec viennent du même environnement social. En fait, on a réussi techniquement la massification et, pendant trente ans, on a réduit les inégalités. Depuis une dizaine d'années, on a atteint un seuil et l'on se retrouve aujourd'hui dans un processus qui cristallise les inégalités.

Quelles en sont les manifestations ?
Toute une partie de la population scolaire n'y croit plus, d'où le décrochage, sans compter une forme de ressentiment et de violence. Les gamins disent : "Vous nous avez intégrés pour mieux nous reléguer."

Le deuxième élément, c'est le développement du marché scolaire, tant dans le privé que dans le public. Les familles se comportent en usagers éclairés. Enfin, des enquêtes internationales ont mis à mal la croyance en l'excellence de notre système scolaire. Le niveau moyen des élèves à la sortie de l'école est loin d'être le meilleur dans les pays comparables. Et notre enseignement universitaire, chargé de produire la puissance scientifique du pays, n'est pas à la hauteur de nos ambitions.

Laurence Parisot, candidate à la présidence du Medef, assure que si l'école a été l'ascenseur social du siècle dernier, c'est l'entreprise qui joue ce rôle aujourd'hui...

Il est certain que l'école ne joue plus ce rôle. Elle a été l'institutrice de la nation. Au bout d'un siècle, cet espoir est déçu. Et ce n'est pas un hasard si les enseignants ont voté non : ils ont l'impression que leur rôle central s'est délité. Et ils attribuent cet échec à la mondialisation, à un monde devenu hostile à l'école.

L'école et l'entreprise restent-elles difficilement conciliables ?

Il y a plus de liens entre les deux en réalité, mais nous sommes face à une double hypocrisie. D'un côté, l'école républicaine pense être le seul facteur d'égalité et considère que le monde de l'entreprise, les interventions des parents, comme les identités locales ou religieuses n'ont pas leur place dans son sanctuaire. Et l'entreprise pense qu'il y a trop d'école, alors qu'elle devrait se soucier plus de la formation dans le cadre de la vie professionnelle. S'il n'est pas imaginable de revenir en arrière, à des sorties précoces du système scolaire, il faut sortir d'une vision autocentrée de l'école. Les programmes sont faits pour ceux qui font des études longues. Et quand les enfants ne sont pas "capables" , on les relègue vers l'enseignement professionnel. L'école doit se montrer plus équitable et s'occuper des élèves les plus faibles.

Que faire pour que l'école contribue au bon fonctionnement de notre système social ?

Depuis Savary en 1981, toutes les réformes scolaires ont été refusées. Pour n'importe quel ministre de l'éducation, le risque maximum est de vouloir réformer. L'école échappe à tout contrôle politique. La crise du modèle français, ce n'est pas tant la crise du modèle lui-même que celle du contrôle politique que l'on exerce dessus.

Propos recueillis par R. Bx
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