alternatives éducatives : des écoles, collèges et lycées différents
| Présentation | SOMMAIRE |
| Une école différente ? Pour une société différente ? Qui n'en veut ?! I Des écoles différentes ? Oui, mais ... pas trop |
| Appel pour des éts innovants et coopératifs | Obligation scolaire et liberté I L'heure de la... It's time for ... Re-creation |

2017
école autrement, école alternative, école différente ...
Une autre école est-elle possible ?

Quelques autres "rubriques", parmi beaucoup d'autres, toujours d'actualité :
les rapports parents-profs, l'ennui à l'école, les punitions collectives, l'état des toilettes, le téléphone portable, le créationnisme...

Prélèvement d'ADN  : à la sortie des maternelles anglaises ?
Depuis 2004, la police britannique a déjà  le droit de prélever -et conserver -  l'ADN de tout mineur, à parir de 10 ans, mis en cause dans un délit, peu importe qu'il soit par la suite inculpé, ou innocenté.La base de données contient déjà l'empreinte génétique de 1,5 millions de 10-18 ans.Un porte-parole policier vient de déclarer qu'il souhaitait un "débat" en Grande Bretagne afin de déterminer jusqu'où on pourrait aller pour identifier de potentiels délinquants.
Ajoutant que des experts affirment qu'il est possible de repèrer ces délinquants potentiels dès l'âge de cinq ans...
 
 

Il faut de l'ambition pour scolariser les jeunes enfants : promouvoir la pensée plutôt que la soumission et l'exécution, 
la solidarité plutôt que la compétition et la sélection, l'ouverture plutôt que la peur de l'autre.... 
Et c'est possible !


Pas de bébés à la consigne
Pour des modes d’accueil de qualité :
chaque famille doit pouvoir accéder au mode d’accueil de son choix, et sans barrière financière, 
ce que ne garantit pas le projet de décret.

 
Les phénomènes de violence au sein de la famille augmentent...
"Oui, cela me préoccupe. C'est près de 2% des enfants de moins de 18 ans qui sont concernés par des maltraitances, près de 270 000 jeunes. Et pour moi, ce sont 270 000 de trop! Par ailleurs, en 2008, nous avons enregistré 46 homicides d'enfants de moins de 15 ans. Des personnes en situation de profonde détresse ne trouvent pas d'écoute pour se raccrocher et passent à l'acte d'extermination de toute leur famille."
Morano: " Nous allons créer 100 000 places de crèche"
Propos recueillis par Cristel de TADDEO - Le Journal du Dimanche - Samedi 04 Avril 2009


En promo : 50 % gratuit !
Expérimentation de "jardins maternels" en Mayenne suscite des critiques

La scolarisation à partir de 2 ans en question
"Les élèves scolarisés à deux ans ne réussissent pas significativement mieux
que ceux entrés à l'école maternelle à trois ans".
"A l'entrée en 6e, 65% des enfants de cadres et d'enseignants,
mais seulement 24% de ceux d'ouvriers et d'inactifs, sont en situation de réussite", note l'INSEE.

La scolarisation des enfants de deux ans en chute libre
«Les enfants perdent leur temps à jouer plutôt qu'à apprendre», disent leurs contempteurs.
«Ils s'éveillent et se socialisent», répondent leurs défenseurs. 
Faut-il fermer les maternelles ?
Enquête sur une controverse qui alarme parents et enseignants
La scolarisation à deux ans vivement critiquée par les pédopsychiatres :
"fausse bonne idée", "crime", "contre-sens éducatif", "vraie mauvaise idée", "maltraitance"
Les thèses récentes en faveur de l'accueil des tout-petits
en maternelle ne tiennent pas compte des besoins de l'enfant.

À 2 ans, l'école traumatise
Comme l'adolescence est le moment où se réactivent les enjeux du début de la vie, il est illusoire
de vouloir obtenir des résultats si on ne démarre pas cette prévention dès la naissance.
La violence subie dans la petite enfance se retrouve, active, à l'adolescence.
Mais le respect génère le respect et ce sont les générations à venir qui en verront les fruits.

L'école à deux ans : 60% des parents d'élèves défavorables

L'école à Paris  : une machine à creuser les inégalités
"Dès l'école maternelle, se met en place l'approche élitiste qui mène à ces résultats"

Faible scolarisation à deux ans à Paris: une "honte" selon l'ajoint au maire
Les bambins apprennent surtout la sociabilité en jouant entre eux

Médiocres résultats de la maternelle au lycée et aggravation des inégalités :
Paris, mauvais élève pour l'Éducation nationale
Les dérives commenceraient dès l'école maternelle avec des ouvertures parfois tardives le matin
et surtout une absence des élèves le samedi matin qui ne serait pas que du fait des familles.


 
À 2 ans,
l'école traumatise
Les thèses récentes en faveur de l'accueil
des tout-petits en maternelle ne tiennent pas compte des besoins de l'enfant :

- L'école à 2 ans, la fausse bonne idée

- Les bambins apprennent surtout la sociabilité en jouant entre eux 

- Faible scolarisation à deux ans à Paris: une "honte" selon l'ajoint au maire 

- L'école à deux ans: 
60% des parents d'élèves défavorables 

- La scolarisation à deux ans vivement critiquée par les pédopsychiatres

- La scolarisation des enfants de deux ans en chute libre



OPA des cathos 
sur les bambins.

Les bons pères sont en embuscade pour mettre la main sur un nouveau créneau. C’est la revue «Enseignement catholique actualités» qui, en février 2008, a annoncé la couleur. Dans un dossier intitulé «Place aux tout-petits», les grands prêtres expriment leur désir d’ouvrir des crèches à l’intérieur de leurs établissements pour permettre un accueil précoce des enfants, «dès 18 mois ou même en deçà». Et à la demande du secrétariat général de l’Enseignement Catholique, les directeurs diocésains ont été priés de nommer, dans chaque département, un référent en matière de petite enfance, en vue d’une grand-messe célébrée le 26 novembre 2008 à Paris.

Pas besoin d’une étude de marché : les moins de 3 ans, cela représente 2,5 millions de bouts de chou. Et autant de « clients ». Un bon moyen de capter une clientèle qui, avec un peu de chance, restera dans le privé durant toute sa scolarité. C’est ce qu’on appelle un investissement à long terme. Avec, côté financement, la bénédiction de la Caisse Nationale des Allocations Familiales. Son patron, Jean-Louis Deroussen, était jusqu’à sa nomination, en 2006, le président de la Confédération Française des Travailleurs Chrétiens de l’enseignement privé. Jean-Louis Deroussen a été invité, bien sûr, à siéger au Haut Conseil de la Famille, un machin créé, le 28 octobre 2008, par la secrétaire d’Etat chargée de la famille, Nadine Morano, et présidé par François Fillon.

Extraordinaire hasard, Darcos, ardent supporter de l’Enseignement catholique, a préparé le terrain. Le 14 novembre 2008, devant les sénateurs, le ministre de l’Education affirmait que l’école maternelle était tout à fait inadaptée aux moins de 3 ans, et qu’il vaudrait mieux s’orienter vers des «jardins d’éveil».

En juillet dernier, déjà, Darcos avait poussé ce cri du cœur :
«Est-il vraiment logique, alors que nous sommes si soucieux de la bonne utilisation des crédits de l’Etat, que nous fassions passer des concours à bac + 5 à des personnes dont la fonction va être essentiellement de faire faire des siestes à des enfants, ou de leur changer les couches ?» Excepté le ministre Darcos, tous les parents savent que l’école n’accueille pas les enfants qui ne sont pas propres. C’est même LA condition pour l’entrée des têtes blondes dans le circuit scolaire.

Darcos ne s’est pas appesanti sur cette vérité statistique toute bête : faute de postes d’instits, 40 000 bambins, pour la plupart issus des milieux défavorisés, n’ont pu être scolarisés à la rentrée 2008 – 2009.

Les cathos vont accomplir un miracle?

Brigitte Rossigneux
Le Canard Enchaîné - 26 11 2008
Crèches et maternelles: 
un collectif s'insurge contre un projet gouvernemental

Un collectif baptisé "pas de bébés à la consigne!", regroupant une trentaine de syndicats et associations familiales et professionnelles a à nouveau mis en garde mercredi à Paris contre "les dangers" pesant selon lui sur l'accueil des tout petits en crèches et maternelles.

Ce collectif a notamment redit son opposition, lors d'un point de presse, aux "jardins d'éveil" pour les 2/3 ans, "avec des capacités d'accueil élargies et des niveaux de formation des personnels moins élevés" que dans les structures existantes en maternelles.

Le collectif déplore aussi la modification envisagée d'un décret sur l'accueil de la petite enfance.
Selon lui, avec cette modification, les titulaires d'un BEP ou CAP petite enfance seraient désormais considérés comme du personnel qualifié au même titre que les éducateurs de jeunes enfants ou les auxiliaires de puériculture, qui ont reçu des formations plus longues.

Ils seraient donc comptabilisés dans le taux légal de 50% de personnel qualifié minimum dans les crèches, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.

"Nous allons vers une dégradation des dispositifs existants au détriment des attentes des familles et des besoins fondamentaux des enfants", précise une déclaration commune du collectif. 
"Il s'agit d'une déqualification, d'une marchandisation avec une volonté idéologique, comme pour l'aide à la personne, de réduire les coûts des services publics" selon Jean-Laurent Clochard, de la Confédération syndicale des familles, membre du collectif.

Pour les deux-trois ans, "68.000 places d'accueil ont disparu depuis neuf ans du fait des suppression massives de postes d'enseignants", a affirmé Gilles Moindrot (FSU).

"Pas de bébés à la consigne!", créé en mars 2009, demande notamment le respect d'un taux d'encadrement d'au moins un adulte pour cinq enfants qui ne marchent pas et pour huit enfants qui marchent.



les jardins d'éveil seront payants 
Des jardins d'éveil pour les 2-3 ans
Le Monde -   14.05.09

 

Il sera peut-être l'un des premiers maires de France à inaugurer un jardin d'éveil : Thierry Barba, maire de Ville-en-Tardenois, une commune de 600 habitants située dans la Marne, compte ouvrir à la rentrée 2009 l'une de ces structures que le gouvernement vient d'inventer. Dès le mois de septembre, les anciens locaux de la poste du village, 80 m2 dans un bâtiment communal, devraient accueillir douze enfants.

"Faire garder mon enfant devient plus simple !", n'hésite pas à promettre le nouveau site lancé, mercredi 13 mai, par la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF). Sur mon-enfant.fr, tous les modes de garde existants (crèches, assistantes maternelles, garde à domicile, accueil de loisirs, etc.) pour la semaine, les mercredis, les vacances scolaires ou après la classe sont expliqués et répertoriés. Les parents peuvent facilement trouver la liste et la description des structures d'accueil dans la commune de leur résidence ou de leur travail et calculer, en fonction de leurs revenus, le prix qu'ils devront payer grâce à un "simulateur de tarification". Reste ensuite à espérer qu'une place sera libre. Mais, cela, le site ne peut bien évidemment pas le garantir... Attention, tapez bien mon-enfant.fr et pas monenfant.fr, site affirmant donner "la liste des cadeaux préférés des enfants" !

Si la commune de Ville-en-Tardenois s'est lancée dans cette aventure, c'est en raison de la pénurie de places d'accueil pour les moins de trois ans. "Nous avons cinq assistantes maternelles, mais tout est complet, soupire le maire. Une microcrèche privée va ouvrir en septembre, mais les neuf places sont déjà prises !"

Lundi 11 mai, Thierry Barba a reçu la visite de la secrétaire d'Etat à la famille, Nadine Morano, qui a profité de ce déplacement pour présenter le mode d'emploi de ce moyen de garde "innovant".

L'idée de créer des jardins d'éveil a été lancée, à l'été 2008, par la députée (UMP) Michèle Tabarot. "Il est rapporté des cas d'enfants qui s'ennuient dans les crèches qui, comparativement à l'école maternelle, proposent plus de jeux libres, écrivait-elle dans un rapport sur la petite enfance. Inversement, si l'école maternelle propose davantage d'activités pédagogiques, elle sait moins bien gérer les temps d'attente."

Michèle Tabarot proposait donc de créer une structure intermédiaire entre la crèche et l'école maternelle. Cette idée a été reprise par Nadine Morano, qui compte ouvrir 8 000 places en jardins d'éveil d'ici à la fin du quinquennat, en 2012. "Ces structures sont beaucoup plus adaptées qu'une préscolarisation, car les enfants de 2 ans ont besoin d'un accompagnement plus personnalisé", estime la secrétaire d'Etat.

Les jardins d'éveil accueilleront des enfants de 2-3 ans, qu'ils soient propres ou non, dans des locaux communaux ou des établissements d'accueil existants. Ouverts de 8 heures à 19 heures au moins deux cents jours par an, ces structures afficheront un taux d'encadrement situé entre la crèche (un adulte pour huit enfants) et l'école maternelle (un pour quinze) : ils compteront, selon les moments de la journée, un adulte pour de huit à douze enfants.

Ces structures seront principalement financées par les caisses d'allocations familiales (CAF) et le "porteur de projet", qu'il s'agisse d'une commune, d'une administration, d'une association ou d'une entreprise. Lors de l'aménagement des locaux, la CAF ou la Mutualité sociale agricole apporteront une aide moyenne de 1 000 euros par place. Elles participeront ensuite aux dépenses de fonctionnement.

Alors que l'école maternelle, qui accueille déjà certains enfants de 2 ans, est gratuite, les jardins d'éveil seront payants : la participation des parents variera en fonction de leurs revenus, comme dans les crèches.

Nadine Morano a présenté un barème indicatif pour la présence d'un enfant vingt jours par mois, dix heures par jour : les familles gagnant un smic paieront 42,50 euros par mois, celles qui gagnent trois smic 127 euros et celles qui gagnent quatre smic 178 euros.

Pour le SNUipp-FSU, le principal syndicat du primaire, le gouvernement souhaite substituer à l'école maternelle "une garderie beaucoup plus coûteuse pour les familles". Les professionnels de la petite enfance sont, eux aussi, sceptiques. "Douze enfants par adulte, c'est 50 % d'enfants en plus par rapport à la crèche, ce n'est pas rien !, souligne Christine Accolas-Bellec, déléguée nationale de la Fédération nationale des éducateurs de jeunes enfants. Comment, dans ces conditions, prendre le temps de développer l'apprentissage du langage ?"

Nombre d'éducateurs comprennent mal le principe même de la création des jardins d'éveil. "Pourquoi créer des structures spéciales pour les 2-3 ans ?, poursuit Mme Accolas-Bellec. Cela les obligera à passer de la crèche au jardin d'éveil, puis du jardin d'éveil à la maternelle, alors qu'ils pourraient tout simplement passer de la crèche à la maternelle. A cet âge-là, les séparations demandent un investissement énorme, mieux vaut éviter les ruptures inutiles."

Dans une pétition nationale baptisée "Pas de bébés à la consigne !", qui a déjà recueilli 13 000 signatures, plusieurs organisations de la petite enfance dénoncent une dégradation des conditions d'accueil.

La Mairie de Paris, elle, a déjà annoncé qu'elle préférait poursuivre sa politique "volontariste" d'ouverture de crèches plutôt que de créer des jardins d'éveil. "Ce nouveau dispositif destiné avant toute chose à augmenter les capacités de "garde" au moindre coût va dégrader la qualité de l'accueil des enfants de 0 à 3 ans", estiment les adjoints à l'école et à la petite enfance, Colombe Brossel et Christophe Najdovski.

Anne Chemin

Morano: " Nous allons créer 100 000 places de crèche"
Propos recueillis par Cristel de TADDEO - Le Journal du Dimanche - Samedi 04 Avril 2009
Qu'en est-il des 200 000 places en crèche promises par Nicolas Sarkozy?
Nous tiendrons les objectifs définis par le président de la République de créer 200 000 offres de garde supplémentaires! L'Etat fait un effort considérable en augmentant le Fonds national d'action sociale (FNAS) de 7,5% par an, soit 1,2 milliard d'euros supplémentaires, qui permettra la création de 100 000 places en crèche. L'ensemble des autres places se fera par la mise en oeuvre des nouvelles dispositions de diversification des modes de garde votées par le Parlement (regroupement d'assistantes maternelles et passage de 3 à 4 enfants par agrément) mais aussi par le développement de l'accueil collectif: crèches classiques, d'entreprise, création des jardins d'éveil, optimisation des places de crèches hospitalières... Dès la rentrée, nous allons expérimenter un autre mode de garde qui viendra compléter la palette déjà proposée, les jardins d'éveil pour les 2-3 ans.

Ces jardins d'éveil seront-ils intégrés dans les écoles et comment seront-ils financés?
L'idée est de mutualiser les moyens et d'optimiser les structures et donc oui, ils seront intégrés dans les écoles lorsque cela est possible. Le coût de fonctionnement d'une place de crèche est de 13 000 euros par an, celui d'un jardin d'éveil de 7500 euros. Le financement de 8000 places est prévu dans la nouvelle convention que nous signerons avec la CNAF. Il sera croisé, CAF, collectivités locales, parents en fonction de leurs revenus comme pour une place de crèche, mais aussi les entreprises qui, dans le cadre de leur politique familiale, pourront financer les places de jardins d'éveil tout comme elles financent des places de berceaux.


Bataille pour la scolarisation des 2-3 ans
 

--afp--06.04.2009 -- La bataille de l'école maternelle continue. Le SNUipp-FSU, principal syndicat du primaire, a estimé lundi que l'annonce de Nadine Morano d'expérimenter des «jardins d'éveil» pour les 2-3 ans à la rentrée était un «subterfuge» pour «substituer à l'école maternelle une garderie beaucoup plus coûteuse pour les familles».

 La secrétaire d'Etat à la Famille a affirmé au Journal du Dimanche que des jardins d'éveil pour les 2-3 ans seront expérimentés «dès la rentrée» et «intégrés dans les écoles lorsque cela est possible».

Selon Nadine Morano, le financement de 8.000 places (en jardins d'éveil) est dans la nouvelle convention qui doit être signée entre le gouvernement et la Caisse des allocations familiales. Ce financement sera assuré par la Caf, les collectivités locales, les parents en fonction de leurs revenus, et les entreprises.

«Il s'agit bien avec cette annonce, de substituer à l'école maternelle (...) une garderie beaucoup plus coûteuse pour les familles», écrit dans un communiqué le SNUipp, qui parle de «subterfuge».

Ce alors que Xavier Darcos avait «pourtant affirmé que les conditions d'inscription à l'école maternelle n'étaient pas modifiées à la rentrée 2009».

Le syndicat rappelle qu'on assiste en même temps à une «baisse régulière de la scolarisation des élèves de moins de 3 ans à l'école maternelle» (14.000 élèves chaque année).

«Cette mesure cache mal la volonté d'économiser des postes à l'école maternelle (et) de remettre en cause le principe de gratuité».

Elle «revient sur la loi actuelle qui prévoit la scolarisation des enfants de moins de 3 ans, en priorité, dans les écoles situées dans un environnement social défavorisé».


Un « jardin d'éveil » à la place de la maternelle?
afp - 04 11 08
Le débat sur la scolarisation des 2-3 ans est relancé : 
un rapport du Sénat propose de créer un «jardin d’éveil» à la place de la maternelle pour les tout-petits.

Ce «jardin d’éveil» serait une «structure innovante à mi-chemin entre la crèche et l’école» qui «précèderait l’entrée à l’école maternelle», écrivent les sénateurs UMP Monique Papon (Loire-Atlantique) et Pierre Martin (Somme) au nom du groupe de travail sur «la scolarisation des jeunes enfants».

Selon les auteurs du rapport, l’école offrirait «un milieu peu adapté aux enfants de deux ans». Leur scolarisation serait donc «une fausse bonne idée pour la réussite scolaire».

De plus, les modes de garde de la petite enfance (crèches, assistantes maternelles, etc.) sont largement insuffisants. Dans les années 1990, plus d’un enfant de deux ans sur trois était scolarisé. Mais, depuis le taux a baissé, à 20,9% en 2007 et reste très variable d’une région à l’autre. Par exemple, environ 60% des enfants de deux ans étaient scolarisés en 2007 dans le Finistère ou le Morbihan, contre 2,5% en Haute-Savoie ou 5,0% en Seine-Saint-Denis.

La France (avec la Belgique) est l’un des rares pays d’Europe à accepter d’accueillir à la maternelle les enfants dès l’âge de deux ans.

La scolarisation des tout-petits, un sujet sensible

Ce rapport s’engage clairement en faveur d’une solution alternative à la scolarisation précoce, un sujet polémique, relancé cet été par le ministre Xavier Darcos. Le ministre avait notamment suscité la colère des enseignants de maternelles avec ses propos sur les «siestes» et les «couches » (Cliquez ici pour voir la vidéo).

Le syndicat SE-Unsa déplore que les enfants soient «ravalés à une simple marge de manoeuvre budgétaire» servant à «justifier les suppressions de postes». Les sénateurs ne cachent pas que le «jardin d’éveil» est notamment inspiré des conclusions d’un rapport de la députée UMP Michèle Tabarot, influencées par la Révision générale des politiques publiques (RGPP), politique de réforme de l’Etat et de réduction de ses dépenses.

Pour autant, les sénateurs assurent que ce jardin d’éveil s’inscrit dans «le respect des rythmes et des besoins du jeune enfant dans son développement».



« L'école à 2 ans ne compense pas les déficits sociaux »

Rémy Guilleux, président «éducation jeunesse» à l'Union nationale des associations familiales, est opposé à l'école à 2 ans.

Recueilli par CHARLOTTE ROTMAN - Libération - 04 11 08
«Nous sommes réticents à la scolarisation des moins de 3 ans. Non pas par rapport à l’école maternelle, que beaucoup de pays nous envient. Mais à 2 ans, l’enfant est encore un bébé qui a besoin d’être materné, d’avoir des attentions et un rythme particulier. Il doit avoir une relation de proximité avec un adulte que l’école maternelle ne peut lui donner en raison du nombre d’enfants (jusqu’à 30 par classe), de l’espace, de l’encadrement.

«Aujourd’hui, la scolarisation des 2-3 ans recouvre des situations très diverses : dans le Haut-Rhin, 4 % d’enfants de 2 ans sont scolarisés, 66 % dans le Morbihan. Et beaucoup ne viennent pas à temps plein. Pour eux, l’école est avant tout une forme de mode de garde.

«Nous pensons qu’il en faudrait d’autres, mieux adaptées. Il faudrait développer les microcrèches, assouplir le taux d’encadrement des crèches collectives, créer des jardins d’enfants, établir des schémas intercommunaux d’accueil du jeune enfant. Il faut inventer des lieux et des structures où les bébés continuent à se construire.

«La démonstration n’est pas faite que plus tôt on va à l’école, plus on est enclin à avoir de bons résultats. C’est peut-être un peu vrai en cours préparatoire mais en sixième, on ne constate plus de différences entre ceux entrés à 2 ans et ceux entrés à 3 ans. Ceci vaut aussi pour les enfants de milieux défavorisés : la scolarisation à 2 ans ne compense pas les déficits sociaux.

«La coupure trop tôt avec son milieu familial peut être très angoissante. Certains pédopsychiatres disent même que cela peut être traumatisant, source de retrait ou de violence. L’accueil à l’école peut convenir à certains enfants de 2 ans, les plus mûrs du point de vue affectif et intellectuel. Mais c’est une minorité. Enfin, les pédopsychiatres et les linguistes montrent bien que l’apprentissage de la langue est essentiel, et qu’il se fait dans la relation avec ses parents ou avec un adulte proche. C’est ensuite un outil essentiel pour l’apprentissage de la lecture. Le linguiste Alain Bentolila le dit bien : «Avant l’heure, ce n’est pas l’heure.» A l’école, les enfants parleront davantage entre pairs, et seront privés de la parole d’un adulte disponible qui leur expliquera ce que parler veut dire.»

LE GUIDE ANNUAIRE DES ECOLES DIFFERENTES
| Présentation | SOMMAIRE |
| Le nouveau sirop-typhon : déplacements de populations ? chèque-éducation ? ou non-scolarisation ? |
| Pluralisme scolaire et "éducation alternative" | Jaune devant, marron derrière : du PQ pour le Q.I. |
| Le lycée "expérimental" de Saint-Nazaire | Le collège-lycée "expérimental" de Caen-Hérouville|
| L'heure de la... It's time for ... Re-creation | Freinet dans (?) le système "éducatif" (?) |
| Changer l'école | Des écoles différentes ? Oui, mais ... pas trop !| L'école Vitruve |
| Colloque Freinet à ... Londres | Des écoles publiques "expérimentales" |
| 68 - 98 : les 30 P-l-eureuses | Et l'horreur éducative ? |