alternatives éducatives : des écoles différentes
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I Une école différente ? Pour une société différente ? Qui n'en veut ?! I Des écoles différentes ? Oui, mais ... pas trop |
| L'heure de la... It's time for ... Re-creation | Appel pour des éts innovants et coopératifs |
I Obligation scolaire et liberté I | Une école différente ? Pour une société différente ? Qui n'en veut ?! I

27 mai 2012,
Monsieur le Ministre de l’Education…
Il y a exactement trente et un ans, en mai 1981, j’écrivais une lettre ouverte à Alain Savary, tout juste nommé ministre de l’Education, que Libération publia un mois plus tard. J’avais écrit «les élections législatives vont être gagnées par la gauche» il a suffi de changer par «sont désormais gagnées…». Aujourd’hui, cette lettre me paraît toujours d’une actualité brûlante ...
...Monsieur le ministre de l’Education, vous avez dit que vous vouliez refonder l’école et que cela ne se fera ni sans ni contre les enseignants, et vous avez raison. D’où mon scepticisme sur la possibilité actuelle d’une telle refondation. Mais il existe des enseignants qui sont prêts à se lancer dans cette refondation, permettez-leur de se regrouper et d’inventer les formes nouvelles dont l’éducation a besoin. Ils existent dans le primaire, l’école Vitruve à Paris en est un exemple, mais il en existe aussi en province comme à Mons-en-Barœul. Ils existent aussi en collèges et lycées et sont las de se battre contre leurs collègues.
Nous sommes nombreux à être prêts à nous investir dans un nouveau Conseil de l’innovation et de la réussite de l’école...(CNIRS)

Quelques autres "rubriques", parmi beaucoup d'autres, toujours d'actualité :

les rapports parents-profs, la maternelle à 2 ans, l'ennui à l'école les punitions collectives,  le téléphone portable, l'état des toilettes, le créationnisme...

Enfin, tant Oslo que les Gorguettes, démontrent que, si on joue franc-jeu avec les adolescents, le résultat dépasse les espérances.
Le C.E.S. n'a pas explosé dans une fuite en avant de revendications impossibles à satisfaire de la part des élèves:
le sentiment de leurs responsabilités a été permanent. C'est que, aussi, ils aimaient leur établissement, qui était devenu pour eux un lieu de vie.
Et non le lieu de mort, ce parking déshumanisé et déshumanisant, qu'il tend toujours plus à devenir aujourd'hui dans notre pays,
contre le vœu profond de la plupart de ceux qui y travaillent.




Le «libéral libertaire» Gabriel Cohn-Bendit s'est amusé ensuite «à prendre à rebrousse-poil» son auditoire,
même s'il est pour le libre choix et partage nombre de positions d'Alain Madelin.

"Monsieur le ministre, le Conseil de l'innovation ne disparaîtra pas"
Gabriel COHN-BENDIT  vendredi 19 juillet 2002

"La démission de certains de ses membres ne remet nullement en cause l'avenir du CNIRS,
qui continuera ses travaux dans le cadre des objectifs qui avaient fait l'objet d'un large débat ..."
Le Ministre - 2 décembre 2002
 

C.N.I.R.S. :
le feuilleton
de l'été/automne/hiver...
 
Le Monde - 09.07.02
La suppression
du Conseil de l'innovation
suscite des réactions mesurées
 

Les enseignants qui cherchent dans une pédagogie différente le moyen de remotiver les élèves vont devoir redoubler d'énergie. Ces "innovateurs", selon le jargon de l'éducation nationale, sont en train de perdre leur principal porte-voix : la nouvelle équipe de la Rue de Grenelle a fait savoir, vendredi 5 juillet, lors d'une réunion interne, que le Conseil national de l'innovation pour la réussite scolaire (Cnirs) allait disparaître. Cette structure, indépendante de l'administration centrale et directement rattachée au ministre, n'aura pas eu le temps d'atteindre sa maturité. Elle a été créée en octobre 2000 par Jack Lang, alors ministre de l'éducation nationale, pour "soutenir, évaluer et diffuser les pratiques innovantes", accompagner les enseignants innovateurs et "organiser le débat sur l'innovation".

Selon l'entourage de Luc Ferry, ministre de l'éducation nationale, c'est la "structure opérationnelle" du Cnirs - l'équipe resserrée autour de la présidente, Anne-Marie Vaillé - qui pose problème. Le Conseil de l'innovation ne disposant d'aucun pouvoir décisionnaire, la négociation technique (budget, postes attribués, etc.) lors du montage de projets innovants a toujours continué de s'opérer avec la direction de l'enseignement scolaire (Desco) - le feu vert ultime relevant in fine de Jack Lang lui-même. "Il y a souvent eu des télescopages entre le Cnirs et la Desco, qui a la responsabilité du pilotage général de l'innovation, a estimé Alain Boissinot, directeur du cabinet de M. Ferry, joint par téléphone lundi 8 juillet. En outre, le Cnirs donnait une sorte de pré-label aux projets. Mais l'ancrage réel des expériences n'était pas toujours vérifié, ce qui a pu provoquer des réactions de rejet dans les académies." Mettant en avant "une double logique de déconcentration et de cohérence", Luc Ferry a donc choisi de rendre à la Desco sa mission d'animation générale de l'innovation et de transférer aux académies le soin d'assurer le suivi des projets. Le SGEN-CFDT, seul syndicat enseignant à avoir immédiatement réagi, a "déploré cette décision ex abrupto" et "ose espérer qu'elle n'augure en rien la politique éducative du ministère en matière d'innovation".

L'avenir du Conseil dans sa version plénière, une assemblée consultative de quarante membres d'horizons variés (enseignants, parents, élèves, élus locaux, spécialistes de la pédagogie, etc.) "n'est pas tranché", a assuré M. Boissinot.

LE CNIRS FAISAIT PARFOIS "DOUBLON"

"Parce qu'il n'a aucune lourdeur institutionnelle, le Cnirs offre un espace de libre-échange du milieu éducatif au sens large, où peuvent éclore des paroles autres que les thèses officielles, y compris en matière d'innovation", plaide Francis Oudot, président de l'Association nationale des directeurs de l'éducation des villes de France (Andev) et membre du Cnirs, qui regrette que les intéressés aient appris par la presse le destin du Conseil de l'innovation : "Il doit exister un dialogue réciproque et respectueux entre l'éducation nationale et les collectivités locales, de qui dépendent les moyens de mise en œuvre, a rappelé M. Oudot. Surtout dans l'optique de décentralisation affichée par le gouvernement Raffarin."

Parmi les innovateurs, deux types de réactions se font jour. D'un côté, les résignés, militants pédagogiques de longue haleine, que le Cnirs lui-même, instrument d'une "volonté de façade" de Jack Lang, a déçus. "Il n'y a pas eu de volonté réelle, et les obstacles au niveau local ou au sein de la hiérarchie intermédiaire de l'éducation nationale n'ont pas été levés, juge Joël Blanchard, président du mouvement pédagogique ICEM-Freinet. L'innovation à grande échelle reste une énorme gageure. Le problème n'a pas avancé d'un iota."

De l'autre, les pragmatiques, qui ne repoussent pas d'emblée l'idée de changer d'interlocuteur, à condition que certaines compétences du Cnirs ne sombrent pas dans l'oubli. "Il nous faut un fédérateur, quelqu'un qui fasse le lien avec les autres structures innovantes, et pas seulement un référent technique. Sinon, ce n'est que du saupoudrage", prévient Eric de Saint-Denis, qui a ouvert en octobre 2000 le "micro-lycée" de Sénart (Seine-et-Marne), destiné aux élèves décrocheurs.

Même si elle ne réfute pas l'argument selon lequel le Cnirs faisait parfois "doublon" avec l'administration centrale, Mme Vaillé pense que le conseil qu'elle présidait "avait réussi à trouver une place indispensable, servant notamment de recours lorsque la machine institutionnelle se grippait". Tout en se disant "inquiète" du silence des nouveaux locataires de la Rue de Grenelle sur la manière de faire perdurer certaines missions du Cnirs, elle veut bien croire dans leurs bonnes intentions, "à condition qu'ils arrivent à faire bouger l'administration centrale". "Chiche ! Qu'ils essayent! , lance-t-elle. Depuis deux ans, certaines ouvertures de sites ont eu lieu aux forceps, c'est vrai. Mais sans cela, il n'y aurait rien eu du tout !"

Marie-Laure Phélippeau

ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 10.07.02
http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3226--284211-,00.html
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Libération - 19.07.02
Lettre ouverte
au ministre de l'Éducation, Luc Ferry,
après la suppression
du Conseil de l'innovation.
Une disparition symbolique de votre action

 Par Gabriel COHN-BENDIT

vendredi 19 juillet 2002

Gabriel Cohn-Bendit est membre du Conseil de l'innovation, initiateur du lycée expérimental de Saint-Nazaire.

 Monsieur le ministre, le Conseil de l'innovation ne disparaîtra pas. Je ferai tout pour convaincre les membres du conseil de se réunir, s'il le faut de façon entièrement militante.
 

  Monsieur le ministre,Votre nomination au gouvernement, tout comme celle de Jean-Louis Borloo, m'a fait espérer qu'après tout, l'alternance n'était pas la fin du monde et que dans certains domaines, comme l'école ou la ville, il pourrait même y avoir une certaine continuité.

Entre le libéral-libertaire que je suis, et le libéral-centriste que vous êtes, le fossé, pensais-je, était loin d'être infranchissable.

D'autant plus que depuis 1945, les avancées dans le domaine de l'école ont souvent été le fait de ministres aussi bien centristes comme Joseph Fontanet que de gauche comme Alain Savary.

Et brutalement j'apprends par la presse la disparition du Conseil de l'innovation. Vous n'avez même pas trouvé quelques minutes pour rencontrer les membres du conseil ou au moins sa présidente pour l'annoncer vous-même : quel acte d'incivilité !

Dans votre entourage on a parlé de doublon à supprimer. Il y a doublon lorsque deux services administratifs font le même travail. Mais nous, nous ne faisions pas partie de la machine administrative du ministère. Nous étions des hommes et des femmes praticiens de terrain ou chercheurs, enseignants et non-enseignants qui en dehors de tout esprit de corps, échangions librement et faisions des propositions directement au ministre sans passer par la sacro-sainte voie hiérarchique. Et c'est bien là le scandale que l'administration et ses responsables ne pouvaient et n'ont jamais accepté.

Alors, à quand la suppression du Conseil national des programmes que vous présidiez il y a encore quelques semaines, doublon de l'inspection générale, cette institution sclérosée chargée des programmes ; à quand la suppression du Haut Conseil de l'évaluation présidé par Claude Thélot puisqu'il existe une direction chargée de ce travail ?

La grande machine administrative de l'Education nationale n'est pas faite pour innover, pour bouger, ce n'est d'ailleurs pas son rôle, elle est là pour gérer. Comme nous l'a dit Jack Lang votre prédécesseur, au cours d'une rencontre avec la commission permanente du conseil : «C'est par les marges qu'intervient le changement.» Et j'ajoute à condition de le permettre, de l'accompagner et de le fédérer, c'était l'un des rôles du Conseil de l'innovation.

Non seulement nous avons permis l'ouverture d'un certain nombre d'établissements innovants, (plus en deux ans que pendant les vingt années précédentes : les quatre «lycées Savary» viennent juste de fêter leurs vingt ans). Mais le conseil a instauré tout un processus, toute une dynamique qui allait s'amplifiant. La mise en place des pôles académiques a été rendue nécessaire pour répondre à la demande croissante.

Tout cela n'allait pas assez vite aux yeux de certains militants pédagogiques, qui oublient les résistances dans le corps enseignant lui-même et auxquelles ils se heurtent au même titre que le ministre.

Monsieur le ministre, la mise à mort, si importante au niveau symbolique et imaginaire, du Conseil de l'innovation va bien dans le sens de l'image que votre gouvernement veut donner de son action. Certains la mettent sur le dos du très RPR Darcos, votre ministre délégué, votre doublon impossible à supprimer car vous n'en seriez que la doublure.

Ainsi la disparition du Conseil de l'innovation se fait dans la foulée des mesures chocs, balles en caoutchouc contre les jeunes des banlieues, incarcération des gamins de treize ans. Il fallait montrer qu'à l'école aussi le ministre allait rétablir ordre et discipline. Chasse donc à l'illettrisme, avant même que l'on apprenne à lire, dès les premières semaines du CP, chasse à l'absentéisme en sanctionnant les parents.

Si les gosses fuient l'école, l'institution n'y est bien sûr pour rien, seuls responsables les parents démissionnaires et les enseignants novateurs laxistes. Je me suis toujours demandé quand et par qui Chevènement pourrait-il être battu pour le titre peu enviable de «ministre le plus conservateur que la France ait connu depuis la Libération». Contre toute attente ce pourrait être aujourd'hui et par vous.

Monsieur le ministre, le Conseil de l'innovation ne disparaîtra pas. Je ferai tout pour convaincre les membres du conseil de se réunir, s'il le faut de façon entièrement militante en rassemblant autour d'eux tous ceux qui veulent d'une école solidaire dans un monde démocratique et d'une école démocratique dans un monde solidaire. J'entends les mouvements pédagogiques et d'éducation populaire, les syndicats, les parents d'élèves.

Notre rôle sera de résister et de préparer l'alternance, car de toute évidence la droite c'est quand même bien pire que la gauche.

Veuillez agréer, Monsieur le ministre...

http://www.liberation.fr/page.php?Article=42762
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Libération -  20.07.02

Ferry sauve in extremis l'expérimentation
   Par Emmanuel DAVIDENKOFF

samedi 20 juillet 2002
 

   Dérapage contrôlé à l'Education natio nale : Luc Ferry est revenu vendredi sur la décision de supprimer le Conseil national de l'innovation pour la réussite scolaire (Cnirs). Créée en octobre 2000 par Jack Lang, cette structure avait permis la création d'une quinzaine d'établissements expérimentaux. Sa suppression fut pourtant annoncée lors d'une réunion au ministère début juillet. Décision déroutante alors que Jean-Pierre Raffarin venait de vanter dans son discours de politique générale les vertus de l'expérimentation tous azimuts. L'entourage de Luc Ferry fait alors savoir que ce Conseil «doublonne» avec les services administratifs chargés de l'innovation. Changement d'attitude, après la parution dans Libération d'une lettre ouverte à Luc Ferry signée Gaby Cohn-Bendit, membre du Cnirs et fondateur en 1981 du lycée expérimental de Saint-Nazaire : il a reçu vendredi un appel de Luc Ferry l'assurant de la pérennité du Conseil.

http://www.liberation.fr/page.php?Article=42962
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Paris le 23 juillet 2002

Aux Membres du Conseil et des groupes de travail

Bonjour à tous,

Vous avez sans doute eu des nouvelles du Conseil par la presse ces dernières semaines.

Le Directeur de l’Enseignement Scolaire ayant annoncé notre suppression, cela a entraîné de nombreuses réactions dans la presse et chez tous ceux qui ont travaillé avec nous.
A cette occasion, j’ai pu constater que nous avions suscité beaucoup d’intérêt chez tous ceux qui ont envie d’innover pour la réussite de tous les élèves. Il y a eu un grand nombre de manifestations de soutien et de sympathie ainsi qu’une volonté affirmée de continuer à travailler ensemble et je remercie vivement tous ceux qui se sont ainsi exprimés.

Mais l’annonce était inexacte : Le Ministre Luc FERRY et son Directeur de Cabinet ont fait savoir que le Conseil n’était pas supprimé. Il n’y a d’ailleurs pas eu abrogation du décret d’installation.

Le Cabinet du Ministre veut seulement se donner le temps de la réflexion pour redéfinir les missions et le fonctionnement du Conseil.

Il nous sera donc précisé en septembre quelle nouvelle organisation et quelles orientations le Ministre souhaite donner à notre instance.

Bonnes vacances à tous. Bien cordialement.
 

Anne-Marie VAILLE
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Lundi 30 09 02 -  Anne-Marie Vaillé devrait quitter prochainement le C.N.I.R.S. qu'elle présidait depuis sa fondation en juin 2000, selon des informations recueillies par L'A.E.F.
Un groupe de travail devrait être constitué pour déterminer l'avenir du  C.N.I.R.S., qui pourrait rester attaché au ministre, ou être rattaché à la Direction de l'Enseignement Scolaire ("DESCO").
Les tâches qu'effectuait son secrétariat permanent ont été confiées au bureau A11 de la direction de l'Enseignement Scolaire, chargé de "l'Innovation et de la Valorisation" ("INNOVALO").

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Lettre de l'éducation  - N° 390 - 7 octobre 2002.

Innovation pédagogique
De nouvelles missions pour le Conseil de l'Innovation ?

Depuis l'annonce de sa vraie-fausse suppression, cet
été, de grandes incertitudes demeurent sur l'avenir du
CNIRS. Au cours d'une réunion avec le directeur de
l'enseignement scolaire, certains membres du Conseil
ont appris qu'un groupe de travail sera monté autour
de cette direction, pour redéfinir les missions du
Cnirs.

Aucune piste de réflexion n'a pour l'instant
filtré; cependant, il paraît acquis que le mode de
fonctionnement du conseil sera modifié : la
"commission permanente", sorte d'organe exécutif placé
jusque-là auprès de la présidente, et comptant une
petite dizaine de personnes dépendra désormais de la
direction de l'enseignement scolaire (Desco). Cette
direction se réapproprie ainsi officiellement le rôle
de soutien à l'ouverture des établissements
expérimentaux, rôle qui ne lui a jamais été contesté,
mais que la commission permanente du Cnirs endossait
parfois pour débloquer des situations.

Moins certain, mais tout de même envisagé :
le Cnirs pourrait adopter un fonctionnement et un statut
proche de celui du comité national des programmes (CNP).
Ce groupe de travail devrait se tenir avant le 31 octobre,
date à laquelle une séance plénière du conseil doit avoir
lieu.
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31  octobre 2002 - AFP

La présidente du "Conseil national de l'innovation" démissionne.

La présidente du "Conseil national de l'innovation pour la réussite scolaire", Anne-Marie Vaillé, démissionne de ses fonctions a-t-elle annoncé jeudi a la presse, se considérant "désaisie" de ses responsabilités et "dans l'incertitude de l'avenir" du Conseil.
Le conseil avait été créé an octobre 2000 et installé en novembre, charge d'encourager l'innovation pédagogique dans tout le système scolaire et de soutenir une "dynamique de changement". Il a notamment participé à la création d'une trentaine de projets expérimentaux dont douze concernant des établissements entiers.
Professeur d'histoire-géographie, enseignante, puis principale de collège en banlieue parisienne, ayant impulsé des expériences innovantes depuis 1973, Anne-Marie Vaillé avait été nommée par Jack Lang a la tête de cet organisme, comprenant par ailleurs une quarantaine de membres dont des personnalités ayant depuis des années pris publiquement fait et cause poux l'innovation dans le système scolaire comme Gabriel Cohn-Bendit, Jean-Claude Guérin, Marie Danielle Pierrelée,
En juillet dernier, on a pensé que la conseil disparaîtrait. Cela avait même été annoncé par le directeur de cabinet du ministre de l'éducation nationale qui déclarait que "ce n'était pas le meilleur dispositif possible et que "cela faisait double emploi avec la Direction de l'enseignement scolaire du ministère (DESCO)".
Après protestations, dont celles de Gabriel Cohn-Bendit dans la presse, le ministre, Luc Ferry, a affirmé qu'il n'était pas question de le supprimer,
Cependant, c'est à ce Moment qu'Anne-Marie Vaillé a prie-sa décision,-qui a été confirmée jeudi en présence du ministre, lors d'une réunion plénière da Conseil, "convoquée, organisée et présidée par la DESCO sans que j'y sois associée", a-t-elle dit.
Anne-Marie Vaillé reste cependant membre du conseil et les autres participants ont décidé après réflexion de ne pas claquer la porte, de ne pas pratiquer la politique du pire et de tenter de continuer à faire avancer ­les choses", selon les termes de Gabriel- Cohn-Bendit.
"Nous ne sommes pas naïfs et si nous perdons notre autonomie de réflexion, si on nous impose une nouvelle présidence issue du sérail, nous pourrons revoir nos positions", a-t-il néanmoins ajouté.

PARIS, 31  oct (AFP) - Marie-Pierre LARIvée
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31-10-2002 - A.E.F.

Conseil national de l'innovation : climat d'incertitude persistant,
selon sa commission permanente.

"L'ambiguïté sur notre fonctionnement n'est pas levée. Luc Ferry propose d'orienter le fonctionnement du CNIRS (Conseil national de l'innovation pour la réussite scolaire) vers celui du CNP (Conseil national des programmes), mais ils fonctionnent très différemment à tous les points de vue", fait valoir Anne-Marie Vaillé, présidente démissionnaire du CNIRS, à l'issue d'une réunion plénière du Conseil, aujourd'hui, jeudi 31 octobre 2002.
Étaient présents Luc Ferry, ministre de la Jeunesse, de l'Éducation nationale et de la recherche, Alain Boissinot directeur de cabinet du Ministre, et Jean-Paul de Gaudemar, directeur de l'enseignement scolaire. La démission d'Anne-Marle Vaillé, qui date de "plus d'un mois", n'a toujours pas reçu de réponse de la part du cabinet du ministre, Elle resta cependant membre du Conseil.
"Jean-Paul de Gaudemar nous a promis que la prochaine séance plénière ère du CNIRS aurait lieu fin novembre au plus tard", assurent les membres de la Commission permanente du Conseil. Celle-ci souhaite en outre se réunir d'ici 15 jours, pour "préparer la suite du travail". Les membres de la commission affirment être "globalement d'accord" avec le ministre sur le rôle du Conseil, "un rôle de proposition, d'expertise et de stimulation de l'innovation".

"Points d’ombre"
Cependant, restent en suspens la nomination d'un nouveau président ou d'une nouvelle présidente du Conseil et la question de leur autonomie par rapport à la DESCO, En effet, le secrétariat général du CNIRS, auparavant indépendant, est désormais assuré par la DESCO. Mais Luc Ferry, Alain Boissinot et Jean-Paul de Gaudemar ont tous trois affirmé, selon les membres de la Commission permanente, qu'il ne s'agirait pour cette direction que d’assurer les tâches administratives et la logistique du CNIRS, Luc Ferry aurait ainsi précisé que la DESCO ne serait pas son seul interlocuteur sur le plan administratif. "La question du budget n'est pas non plus réglée : il ne semble pas être question que nous en ayons un", rapportent les membres de la Commission permanente. Par ailleurs, Luc Ferry a demandé au Conseil de réfléchir, de façon non exclusive, à certaine thèmes qui lui sont chers : la restauration de l'autorité, la lutte contre l'échec scolaire et les sorties du système sans qualification, la violence et illettrisme, Sur ces sujets, comme sur ceux dont le CNIRS voudra se saisir, il aura une autonomie de communication, annoncent ses membres,
Les membres du CNIRS ont été nommés pour trois ans, renouvelables une fois, en novembre 2000. Ils considèrent que ''ces deux années de travail ont montré qu'il est possible de faire de l’innovation un outil de transformation du système, si les choses sont organisées correctement et s'il y a un soutien politique".

Paris le 31-10-2002 - Cécile Blanchard pour l’AEF
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11-11-22/02 - Lettre de l'Éducation n° 394

Innovation pédagogique :
Luc Ferry passe une commande au Conseil de l'Innovation.

Le Conseil national de l'innovation pour la réussite scolaire (Cnirs) a, comme prévu, tenu une assemblée plénière le 31 octobre dernier (voir La Lettre n° 390). Présent à sa clôture, Luc Ferry est venu lui passer commande de rapports sur les dispositifs innovants dans quatre domaines : la lutte contre l'illettrisme, les jeunes sans qualification, la violence scolaire et l'autorité dans la relation maître/élève. Par ailleurs, Luc Ferry a assuré aux membres du Cnirs qu'ils pourraient continuer à travailler sur des sujets dont le Conseil s'autosaisirait.

Durant cette séance, la présidente, Anne-Marie Vaillé, a présenté sa démission, en grande partie parce qu'elle estime que la question de l'articulation entre le Cnirs, l'administration et le ministre pose problème. Le ministre ne l'a ni acceptée ni refusée, et n'a pas non plus réglé l'intérim. Il s'est en revanche engagé à nommer un nouveau président avant fin novembre. Plusieurs questions ont aussi trouvé des réponses : le secrétariat général du Conseil sera pris en charge par la direction de l'enseignement scolaire; l'examen des projets d'établissements expérimentaux sera effectué au niveau académique; le Conseil devrait formaliser ses liens avec toutes les directions ministérielles.

Mais d'autres, essentielles, restent en suspens : quels moyens budgétaires pour le Conseil ? De qui dépend-il ? Au Cnirs prévaut le sentiment que, de la réponse à ces questions, dépend sa capacité à reprendre de réelles activités.

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samedi 30 novembre 2002, 14h26 - AFP

Education : démission collective au
"Conseil national de l'innovation"
 

PARIS (AFP) - Le "Conseil national de l'innovation
pour la réussite scolaire" connaît une crise grave qui
pourrait aboutir à sa disparition avec la démission
collective de la majorité de ses membres annoncée
samedi à la presse, un mois après la démission de sa
présidente, Anne-Marie Vaillé.

Dans une lettre datée de vendredi adressée au ministre
de l'Education nationale, Luc Ferry, dix sept
personnalités de ce Conseil (sur 31) lui annoncent
collectivement leur démission "prenant acte" d'une
volonté d'entraver son indépendance et même son
fonctionnement.

La lettre au ministre est brève et ne porte pas sur le
fonds du problème. Cependant, les démissionnaires
parlent, dans un communiqué, d'une "mort programmée et
désormais avérée" et affirment "ne plus pouvoir
disposer des capacités d'exercer leurs responsabilités
et donc ne plus vouloir assumer un rôle de pure forme
entretenant des illusions". Le conseil avait été créé
en octobre 2000 par Jack Lang.

Constitué essentiellement - outre sept fonctionnaires
d'autorité et quatre élus politiques - de
personnalités ayant depuis des années pris
publiquement fait et cause pour l'innovation dans le
système scolaire comme Gabriel Cohn-Bendit ou
Anne-Marie Vaillé, il était chargé d'encourager
l'innovation pédagogique et de soutenir une "dynamique
de changement". Il a notamment participé à la création
d'une trentaine de projets expérimentaux.

Mais avec le changement de majorité politique à la
tête de l'Etat, le conseil s'est retrouvé dans le
collimateur du nouveau gouvernement. Le directeur de
cabinet du ministre de l'Education nationale avait
même annoncé en juillet sa probable disparition,
déclarant qu'il n'était "pas le meilleur dispositif
possible" et que "cela faisait double emploi avec la
Direction de l'enseignement scolaire" du ministère
(DESCO).

Après des protestations, dont celles de Gabriel
Cohn-Bendit dans la presse, le ministre Luc Ferry,
avait au contraire affirmé qu'il n'était pas question
de le supprimer, mais il l'a placé sous tutelle de la
DESCO. Anne-Marie Vaillé avait alors décidé de
démissionner, se considérant "dessaisie" de ses
responsabilités et "dans l'incertitude de l'avenir" du
conseil. Sa décision a été annoncée officiellement le
31 octobre lors d'une réunion plénière du conseil,
"convoquée, organisée et présidée par la DESCO sans
que j'y sois associée", avait-t-elle dit alors.

Les autres membres du conseil avaient décidé "de ne
pas claquer immédiatement la porte, de ne pas
pratiquer la politique du pire et de tenter de
continuer à faire avancer les choses", selon les
termes de Gabriel Cohn-Bendit.

Mais un mois après ils ont finalement décidé de
quitter le navire. "La création du conseil avait
suscité beaucoup d'espoirs. Il visait à favoriser la
réussite de tous en libérant la créativité.
Aujourd'hui, au lieu de s'appuyer sur l'innovation
pour répondre aux problèmes réels posés dans les
collèges, on met le conseil en sommeil. Veut-on briser
la dynamique, revenir aux pratiques d'autrefois comme
réponse aux problèmes d'aujourd'hui ?", écrivent-ils.

Les démissionnaires (sous réserve d'erreur ou d'omission) :
Michèle Amiel, Jacky Beillerot, Frédéric Bourcier, Monique Charrier, Gabriel Cohn-Bendit, Gérard Delbet, Pierrick Descottes, Valérie Flavier, Marc Giraud, René Laffitte, Jean-François Berthon, Dominique Madelin, Hubert Montagner, Michèle Narvaez-Goldstein, Clothilde Pontecorvo-Piperno, Antoine Prost, Sarah Blom, Lucien Martin, Anne-Marie Vaillé.

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    Actualités 2002 Discours 2002 Presse 2002 
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Communiqué de presse
Le Conseil national de l'innovation pour la réussite scolaire
2 décembre 2002

Le ministre de la jeunesse, de l'éducation nationale et de la recherche a pris acte, après la démission de Mme Anne Marie Vaillé, ancienne collaboratrice de Mme Ségolène Royal, de celle de dix-sept membres du Conseil national de l'innovation pour la réussite scolaire (CNIRS) dont celle de M. Gabriel Cohn-Bendit, annoncée par une dépêche du 30 novembre.

Cette démission intervient un mois après la réunion du Conseil le 31 octobre, réunion présidée par le Ministre qui avait confirmé et précisé, dans une ambiance de travail et de confiance, les missions et le mode de fonctionnement du Conseil.

Il avait notamment été demandé au CNIRS de resserrer ses liens avec la direction de l'Enseignement scolaire et avec les rectorats, pour que les innovations profitent bien à l'ensemble du système éducatif. De nouveaux thèmes de réflexion lui avaient également été proposés, en lien avec les chantiers en cours, notamment la prévention de l'illettrisme ou la notion d'autorité dans les établissements scolaires.

La démission de certains de ses membres ne remet nullement en cause l'avenir du CNIRS, qui continuera ses travaux dans le cadre des objectifs qui avaient fait l'objet d'un large débat lors de la réunion du 31 octobre.
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© Ministère de la jeunesse, de l'éducation nationale et de la recherche  http://www.education.gouv.fr/presse/2002/cnirs.htm 

A suivre...?!
 Rappel :NOTRE grrrrrrrand SONDAGE DE L'HIVER
blablablablablablablablablablablablablablablablablabla...
Connivences & Révérences
Il existait/existe (1) - il était une fois et il n'y a pas si longtemps - le Conseil National de l'Innovation pour la Réussite Scolaire (C.N.I.R.S.)
Grâce à ses "conseils" (en novLang) - acceptés avec déférence et révérences par l'association D.E.C.L.I.C. 93 (2), sous les présidences successives de Marie-Laure Viaud, Véronique Decker, Martine Bideau et Maryvonne Hallez ..., 
"l'équipe" (?!) , 
après de vertigineux zigzags et tête-à-queues - Stratégiques !
et en éjectant les parents - et "le Projet" ! - sur le bas-côté,
a accepté en fanfare - et "en Partenariat" !
d'aller finalement, tous comptes faits et en fin de compte,
s'échouer (3) - très discrètement - à Grigny-91


"Puf Pufff...On a gagné ! Le Monde est à nous !"


(1) "Monsieur le ministre, le Conseil de l'innovation ne disparaîtra pas."
(2) ...devenue depuis son implosion "déclic national". Tout simplement (=intergalactique).
(3) "Plantage" largement pré-visible (sans oeillères...) et "pré-vu": il suffisait de ne pas être non-voyant

I Tous les 20 ans : 4 ETABLISSEMENTS "EXPERIMENTAUX" I
I Les "droits de l'enfant" à l'école primaire I
I La Plateforme des Equipes Freinet I
I L’école de la république n’appartient pas aux «Républicains»  I
I Chantier de l'innovation : un marché de dupes I

LE GUIDE ANNUAIRE DES ECOLES DIFFERENTES

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