
Les
écoles publiques en Californie :
"Sodome et Gomorrhe"
!
La
mixité à l’école écornée en douce
Le Parlement a adopté l’autorisation
de cours séparés pour garçons et filles.
Le 15 mai 2008 restera-t-il dans les annales comme la première grande brèche dans le principe de mixité scolaire?
Michel Fize n'hésite pas à
plaider pour l'ouverture provisoire de classes optionnelles non mixtes
au collège.
Trouvaille
pédagogique ou dangereuse croisade rétrograde?
«Tout
le monde est pour la mixité sociale. Mais pour les autres.»
| BRITISH
WAY OF LIFE
Le "modèle"
anglo-saxon, libéral ... et blairo-socialiste...
Beuark.
AMERICAN WAY OF LIFE... |
MIXITÉ
À L'ÉCOLE
A l'avenir, les filles d'un côté, les mecs de l'autre! Dans la France sarkozyenne, le curé est supérieur à l'instituteur. L'enseignement privé est le « modèle 1 » à suivre. Et la valeur émancipatrice de la mixité est définitivement désavouée par la loi. Au départ, un texte censé n'être que la transposition en droit français de cinq directives communautaires « mettant en œuvre le principe de l'égalité de traitement entre les femmes et les hommes dans l'accès des biens et services, et la fourniture de biens et services ». À l'arrivée, une nouvelle arnaque gouvernementale. Et un bel exploit : inscrire une mesure discriminatoire dans une directive de lutte contre les discriminations! Présenté en urgence par le ministère du Travail, des Relations sociales, de la Famille et de la Solidarité, adopté par les deux chambres début avril, le projet de loi comporte une disposition singulière où l'on apprend que « l'organisation d'enseignements par regroupement des élèves en fonction de leur sexe » ne constitue pas une atteinte au principe de non-discrimination. L'Éducation nationale ne relevant pas du droit communautaire, cet alinéa, qui n'apparaît pas dans la directive européenne, a donc été rajouté par le ministère. Pourtant, du cabinet de Valérie Létard, secrétaire d'État à la Solidarité, qui a présenté le texte devant l'Assemblée nationale, à celui de Nadine Morano, secrétaire d'État à la Famille, qui l'a défendu devant le Sénat, en passant par Xavier Bertrand et Roger Karoutchi, chargé des relations avec le Parlement, personne n'est foutu de nous dire qui tenait tant à cet ajout. Protéger la Légion d'honneur
AGATHE ANDRÉ - CHARLIE
21 MAI 2008
1. Nadine Morano, dans le texte, devant les sénateurs.
2. Les maisons d'éducation de la Légion d'honneur sont un cadeau de Napoléon destiné à former « des croyantes et non des raisonneuses ». Inquiétudes sur la mixité à l'Ecole après l'adoption d'une nouvelle disposition AFP - Par Karine PERRET AFP - 22 05 08
Des syndicats d'enseignants, des parents d'élèves ou encore
la Ligue des droits de l'homme estiment que la "mixité à
l'Ecole", voire la laïcité, sont mises en cause après
l'adoption d'une disposition autorisant des enseignements "par regroupement
d'élèves en fonction de leur sexe".
Le 15 mai, le Parlement a adopté définitivement tout un arsenal de mesures censées combattre les discriminations et transposant en droit français cinq directives de l'Union européenne sur la lutte contre les discriminations. Parmi elles, une disposition stipule que "le principe de non-discrimination fondée sur le sexe (...) ne fait pas obstacle à l'organisation d'enseignements par regroupement d'élèves en fonction de leur sexe". Lors du vote ultime au Sénat, les socialistes et les communistes avaient dénoncé cette disposition, craignant une remise en cause de la mixité à l'école. Jeudi, la FSU a exigé le retrait de cette disposition, y voyant "une grave remise en cause de la loi Haby (1975, ndlr), qui marquait le long chemin vers l'égalité dans la scolarisation des filles et des garçons" et une "atteinte au principe de laïcité". "C'est un article de loi très dangereux, car le but de l'Ecole, et de la laïcité, c'est aussi d'apprendre à vivre ensemble", a affirmé la FCPE (première fédération de parents d'élèves du public) à l'AFP, précisant qu'elle allait envoyer un courrier au ministre Xavier Darcos pour savoir de quelle manière il comptait appliquer cet article. La Peep (deuxième fédération du public), s'est dite "surprise" d'une telle disposition, car les cas de non-mixité "étaient jusqu'ici très bien gérés par les enseignants". La Ligue des droits de l'homme s'est indignée : "Prétendre protéger les filles par le retour au passé et par la ségrégation est absurde et inacceptable". De son côté, le Sgen-CFDT, sans vouloir "sonner le tocsin", s'est tout de même dit "inquiet" d'une "régression" qui crée un "climat déplaisant", se demandant ce que le gouvernement "avait comme idée derrière la tête". Pour SE-Unsa, qui a étudié les conséquences juridiques de l'article, il ne devrait toutefois pas y avoir de répercussions pour l'enseignement public et l'enseignement privé sous contrat. Pour autant, "il n'y avait aucune nécessité de traduire la directive européenne par cet article", a-t-il dit, jugeant que "le gouvernement a cédé à la pression du privé sous contrat". De son côté, le ministère s'est voulu rassurant : "Le principe organisateur de l'enseignement dans les établissements publics reste celui de la mixité", a-t-il affirmé. "Limité dans sa portée, cet article ne fait que rappeler un état du droit antérieur", a-t-il ajouté, citant deux cas où les enseignements non mixtes sont permis : certains cours d'EPS (la piscine par exemple, pour des raisons de performances différentes selon les sexes) et l'enseignement de la sexualité au collège, instauré par l'ancien ministre de l'Education, Jack Lang. Dans ce dernier cas, cette séparation a permis, selon de nombreux observateurs, une expression plus libre des adolescents. En outre, "la formulation juridique retenue - « ne fait pas obstacle à » -, exclut toute incitation à développer des enseignements séparés", affirme le ministère. "Le gouvernement a créé par son erreur une situation
complexe", avait reconnu le président de la commission des Affaires
sociales du Sénat, Nicolas About (centriste).
Point de vue Ecole : la mixité en danger, par Bariza Khiari Bariza Khiari est sénatrice socialiste de Paris
Une fois de plus, l'Europe a bon dos. Au nom d'une prétendue directive
européenne, le gouvernement français vient de faire adopter
par le Parlement, dans un texte de loi destiné à lutter contre
les discriminations, une disposition remettant en cause la mixité
à l'école. Aucun ministre de l'éducation, aussi réactionnaire
fût-il, n'aurait eu "l'audace" d'inscrire dans nos textes, ne serait-ce
que par voie de circulaire, la possibilité d'organiser "des enseignements
par regroupement des élèves en fonction de leur sexe" sans
s'exposer à la foudre des organisations laïques et des syndicats
de l'enseignement.
Les directives européennes, que nous avons à transposer dans notre droit national, sont pour la plupart d'inspiration libérale et il nous a souvent fallu batailler ferme pour préserver en France nos spécificités. Or, dans le cas qui nous occupe, l'Europe n'est pas en cause. Aucune des directives européennes à transposer dans ce texte ne touche au champ de l'enseignement, qui reste une compétence strictement nationale. Dès lors, le gouvernement a menti au Parlement en affirmant, à la tribune de l'Assemblée, que cette dérogation à la mixité à l'école était une exigence de la Commission européenne et qu'on ne pouvait donc s'y soustraire. Au Sénat, tous les groupes parlementaires ainsi que la délégation aux droits des femmes étaient d'accord pour supprimer cette disposition. Or, contre toute attente, le 9 avril, lors de la discussion du texte en séance publique, le gouvernement a maintenu sa position, ordonnant à sa majorité de se plier. Cet épisode parlementaire en dit long sur la liberté de parole et d'amendement de la majorité et augure mal de la façon dont on entend donner plus de pouvoir au Parlement. Il révèle aussi l'influence grandissante des intégristes de tout poil au sein du pouvoir d'Etat. La mixité est un acquis fragile. Parmi ses détracteurs, trois arguments sont invoqués. Le premier, d'ordre pédagogique, met en évidence le frein que peut constituer la mixité aux performances respectives des filles et des garçons. Le second, d'ordre social, souligne la montée des violences dans les établissements, et notamment des violences sexuelles. Le troisième, que l'on peut classer, faute de mieux, dans la catégorie "morale", déplore l'indécence qu'il y aurait à suivre, pour les garçons et les filles, des cours en commun. La délégation aux droits des femmes du Sénat s'était saisie de cette question en 2004. Elle avait conclu que les réponses aux problèmes soulevés se trouvaient non pas dans la ségrégation, mais dans la formation des enseignants, l'encadrement éducatif, le contenu des manuels scolaires et surtout dans la volonté politique d'accompagner les jeunes femmes dans des choix d'orientations professionnelles dont elles ont tendance à s'auto-exclure. CONSERVATISME LIBÉRAL Au-delà de la valeur émancipatrice de la mixité, l'apprentissage du vivre-ensemble commence dès l'école. C'est aussi à ce titre que la mixité est un principe à préserver. Cette remise en cause est une disposition sortie de nulle part et que personne n'a le courage de revendiquer. Rien ne permet d'expliquer la présence de cette mesure alors que tous les protagonistes du débat parlementaire souhaitaient la voir disparaître. Son adoption ne constitue pas un faux pas ou un cafouillage. Au contraire, cette attaque contre la mixité semble issue d'une volonté déterminée, mais non avouée. Elle s'inscrit dans le conservatisme libéral qui caractérise la pensée de M. Sarkozy. Après avoir affirmé la supériorité du curé sur l'instituteur dans la transmission des valeurs ; après avoir voulu imposer les statistiques ethniques, instrument fort utile pour gommer la question sociale et renvoyer les causes de la délinquance à l'origine ; en donnant maintenant la possibilité de déroger au principe de mixité dans l'éducation, on s'en prend une fois de plus à notre modèle laïque et républicain. Avec tant d'autres Européens fervents, j'ai combattu les dérives libérales et parfois conservatrices de l'Europe ; là, je ne laisserai pas dire que c'est la faute à Bruxelles ! Laïcité, égalité, mixité... ce continuum, socle de notre modèle républicain ne cesse de subir des attaques comme si, à la tête de l'Etat, on était en train de mettre en place les éléments d'une reconfessionnalisation de la société française.
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| LE
GUIDE-ANNUAIRE | Commande
| Commande
express sécurisée | Documentation|
Présentation
| SOMMAIRE
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| Le
nouveau sirop-typhon : déplacements de populations ? chèque-éducation
? ou non-scolarisation ? |
| Pluralisme
scolaire et "éducation alternative" | Jaune
devant, marron derrière : du PQ pour le Q.I. |
| Le
lycée "expérimental" de Saint-Nazaire |
Le
collège-lycée "expérimental" de Caen-Hérouville|
| L'heure
de la... It's time for ... Re-creation | Freinet
dans (?) le système "éducatif" (?) |
| Changer
l'école | Des
écoles différentes ? Oui, mais ... pas trop !|
L'école
Vitruve |
| Colloque
Freinet à ... Londres | Des
écoles publiques "expérimentales" |
| 68
- 98 : les 30 P-l-eureuses | Et
l'horreur éducative ? |