alternative éducative : une école différente
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L'APPEL pour des établissements scolaires innovants coopératifs.
 

Les écoles publiques en Californie :
"Sodome et Gomorrhe" !

La mixité à l’école écornée en douce
Le Parlement a adopté l’autorisation de cours séparés pour garçons et filles.

Le 15 mai 2008 restera-t-il dans les annales comme la première grande brèche dans le principe de mixité scolaire?

Michel Fize n'hésite pas à plaider pour l'ouverture provisoire de classes optionnelles non mixtes au collège.
Trouvaille pédagogique ou dangereuse croisade rétrograde?

«Tout le monde est pour la mixité sociale. Mais pour les autres.»
 

BRITISH WAY OF LIFE

Le "modèle" anglo-saxon,  libéral  ... et blairo-socialiste...
 

  ÉCOLES ANGLAISES :
Discipline, rigueur et esprit compétitif sont les maîtres mots de la mutation mise en œuvre par le gouvernement travailliste..

   Royaume-Uni : L’uniforme discriminatoire
En imposant un fournisseur unique pour l’achat de l’uniforme, les écoles pratiquent une discrimination à l’encontre des élèves pauvres. 

  Directeur d'école en Grande Bretagne :
« Le métier a beaucoup évolué. Aujourd’hui, on est beaucoup plus responsable,
on a plus de pression, on nous demande plus de résultats. »

  Deux fois plus d’enseignants sont partis en retraite anticipée au cours des sept dernières années. 

  35% des élèves de 11 ans ne savent pas lire.

  Un ado sur cinq ne peut situer son pays sur une carte.

  Ecoles publiques fermées aux pauvres.  Un rapport émis par ConfEd, (une association qui représente les dirigeants du secteur de l’éducation locale) dénonce le manque d’intégrité des processus d’admission dans certaines écoles publiques. Des réunions de "sélection" d’élèves sont organisées, durant lesquelles ne sont admis que les enfants "gentils, brillants et riches".  Ainsi, 70 000 parents n’ont pas pu inscrire cette année leurs enfants dans l’école de leur choix. En écartant les élèves issus de milieux pauvres, ces établissements "hors la loi" espèrent rehausser leur taux de réussite aux examens. 

   Selon l'OCDE, les écoles privées britanniques ont les meilleurs résultats au monde : FAUX !

  ... & Moins de pauvres dans les écoles primaires catholiques.

  Les écoles anglaises pourront être gérées par des "trusts".

  L’école britannique livrée au patronat.  En mars 2000, le Conseil européen de Lisbonne avait fixé comme principal objectif à la politique de l’Union en matière d’éducation de produire un capital humain rentable au service de la compétitivité économique. 

  Le créationnisme aux examens.

   "BAGUE DE VIRGINITE" : Une adolescente anglaise, fille d'un pasteur évangélique, perd son procès en Haute Cour.

  Grande-Bretagne : l'athéisme (bientôt ?) au programme scolaire

  Grande-Bretagne :Les sponsors au secours de l'école

  Empreintes digitales pour les enfants d'une école de Londres. Le Royaume-Uni réfléchit à la mise en place d’une loi pour la création d’un fichier national des enfants de moins de douze ans.

Naître et grandir pauvre en Grande-Bretagne  est encore plus pénalisant que dans d’autres pays développés.

  Un demi-million de «sans-logement». A Londres, un enfant sur deux sous le seuil de pauvreté.

  Un demi-million d'enfants britanniques travaillent "illégalement".

«tolérance zéro» et conditions de détention intolérables. Plus de dix milles jeunes délinquants britanniques sont emprisonnés.  «Le bilan du Royaume-Uni en terme d'emprisonnement des enfants est l'un des pires qui se puisse trouver en Europe.»

  Les frais très élevés d’inscription universitaire dissuadent les étudiants issus de familles modestes de s’inscrire en fac.

  De plus en plus d’étudiantes se prostituent ou travaillent dans l’industrie du sexe pour payer les frais d’inscription de leur université.

  Plus de 350 000 Britanniques ont quitté leur île en 2005 pour jouir d'une vie meilleure
Les jeunes Britanniques se voient vivre ailleurs.  Difficulté d' acquérir un logement, hausse de la fiscalité et indigence des services publics, en particulier les transports et le système de soins.

M. Ernest-Antoine Sellière, alors président du patronat français :« Je suis un socialiste britannique »

  Londres, paradis des milliardaires.

  Selon des rapports de l’ONU et de la Banque mondiale :  « Au Royaume-Uni, les inégalités entre riches et pauvres sont les plus importantes du monde occidental, comparables à celles qui existent au Nigeria, et plus profondes que celles que l’on trouve, par exemple, à la Jamaïque, au Sri Lanka ou en Ethiopie .»

  Grande Bretagne :  premier pays où chaque déplacement de véhicule sera enregistré.

  Les Britanniques inventent l'ultrason antijeunes.

   De plus en plus de mineurs hospitalisés pour des problèmes d'alcool. Le nombre de mineurs hospitalisés en Angleterre pour avoir trop bu a augmenté de 20% en un an.
 

Beuark.
Ségolène Royal rend hommage à la politique de Tony Blair.



AMERICAN WAY OF LIFE...
MIXITÉ À L'ÉCOLE 
A l'avenir, les filles d'un côté, les mecs de l'autre! 

Dans la France sarkozyenne, le curé est supérieur à l'instituteur. L'enseignement privé est le « modèle 1 » à suivre. Et la valeur émancipatrice de la mixité est définitivement désavouée par la loi. 

Au départ, un texte censé n'être que la transposition en droit français de cinq directives communautaires « mettant en œuvre le principe de l'égalité de traitement entre les femmes et les hommes dans l'accès des biens et services, et la fourniture de biens et services ». À l'arrivée, une nouvelle arnaque gouvernementale. Et un bel exploit : inscrire une mesure discriminatoire dans une directive de lutte contre les discriminations! 

Présenté en urgence par le ministère du Travail, des Relations sociales, de la Famille et de la Solidarité, adopté par les deux chambres début avril, le projet de loi comporte une disposition singulière où l'on apprend que « l'organisation d'enseignements par regroupement des élèves en fonction de leur sexe » ne constitue pas une atteinte au principe de non-discrimination. L'Éducation nationale ne relevant pas du droit communautaire, cet alinéa, qui n'apparaît pas dans la directive européenne, a donc été rajouté par le ministère. 

Pourtant, du cabinet de Valérie Létard, secrétaire d'État à la Solidarité, qui a présenté le texte devant l'Assemblée nationale, à celui de Nadine Morano, secrétaire d'État à la Famille, qui l'a défendu devant le Sénat, en passant par Xavier Bertrand et Roger Karoutchi, chargé des relations avec le Parlement, personne n'est foutu de nous dire qui tenait tant à cet ajout. 

Protéger la Légion d'honneur
Ajout entériné une fois pour toutes : la commission mixte paritaire vient à son tour de rejeter les amendements d'hostilité portés par le PS et le PC, franchement isolés dans cette affaire. 
« C'est ennuyeux, cette disposition, commente le bureau de la délégation des femmes du Sénat, mais nous n'avons pas osé aller jusqu'à demander sa suppression, car elle permettrait à tout un chacun d'exiger la fermeture des écoles non mixtes, comme l'école de la Légion d'honneur² ou d'institutions confessionnelles privées. » 
Sauf que, désormais, tout un chacun peut exiger, au nom de considérations religieuses ou culturelles, la séparation des sexes. Ce qui n'était qu'une alternative pédagogique est érigé en principe légal. En résumé, pour conforter les prérogatives de quelques établissements, le gouvernement a sacrifié l'un des fondements de l'école publique. 

AGATHE ANDRÉ - CHARLIE 21 MAI 2008
1. Nadine Morano, dans le texte, devant les sénateurs. 
2. Les maisons d'éducation de la Légion d'honneur sont un cadeau de Napoléon destiné à former « des croyantes et non des raisonneuses ». 


Inquiétudes sur la mixité à l'Ecole après l'adoption d'une nouvelle disposition
AFP - Par Karine PERRET AFP - 22 05 08
Des syndicats d'enseignants, des parents d'élèves ou encore la Ligue des droits de l'homme estiment que la "mixité à l'Ecole", voire la laïcité, sont mises en cause après l'adoption d'une disposition autorisant des enseignements "par regroupement d'élèves en fonction de leur sexe".

Le 15 mai, le Parlement a adopté définitivement tout un arsenal de mesures censées combattre les discriminations et transposant en droit français cinq directives de l'Union européenne sur la lutte contre les discriminations.

Parmi elles, une disposition stipule que "le principe de non-discrimination fondée sur le sexe (...) ne fait pas obstacle à l'organisation d'enseignements par regroupement d'élèves en fonction de leur sexe".

Lors du vote ultime au Sénat, les socialistes et les communistes avaient dénoncé cette disposition, craignant une remise en cause de la mixité à l'école.

Jeudi, la FSU a exigé le retrait de cette disposition, y voyant "une grave remise en cause de la loi Haby (1975, ndlr), qui marquait le long chemin vers l'égalité dans la scolarisation des filles et des garçons" et une "atteinte au principe de laïcité".

"C'est un article de loi très dangereux, car le but de l'Ecole, et de la laïcité, c'est aussi d'apprendre à vivre ensemble", a affirmé la FCPE (première fédération de parents d'élèves du public) à l'AFP, précisant qu'elle allait envoyer un courrier au ministre Xavier Darcos pour savoir de quelle manière il comptait appliquer cet article.

La Peep (deuxième fédération du public), s'est dite "surprise" d'une telle disposition, car les cas de non-mixité "étaient jusqu'ici très bien gérés par les enseignants".

La Ligue des droits de l'homme s'est indignée : "Prétendre protéger les filles par le retour au passé et par la ségrégation est absurde et inacceptable".

De son côté, le Sgen-CFDT, sans vouloir "sonner le tocsin", s'est tout de même dit "inquiet" d'une "régression" qui crée un "climat déplaisant", se demandant ce que le gouvernement "avait comme idée derrière la tête".

Pour SE-Unsa, qui a étudié les conséquences juridiques de l'article, il ne devrait toutefois pas y avoir de répercussions pour l'enseignement public et l'enseignement privé sous contrat.

Pour autant, "il n'y avait aucune nécessité de traduire la directive européenne par cet article", a-t-il dit, jugeant que "le gouvernement a cédé à la pression du privé sous contrat".

De son côté, le ministère s'est voulu rassurant : "Le principe organisateur de l'enseignement dans les établissements publics reste celui de la mixité", a-t-il affirmé.

"Limité dans sa portée, cet article ne fait que rappeler un état du droit antérieur", a-t-il ajouté, citant deux cas où les enseignements non mixtes sont permis : certains cours d'EPS (la piscine par exemple, pour des raisons de performances différentes selon les sexes) et l'enseignement de la sexualité au collège, instauré par l'ancien ministre de l'Education, Jack Lang.

Dans ce dernier cas, cette séparation a permis, selon de nombreux observateurs, une expression plus libre des adolescents.

En outre, "la formulation juridique retenue - « ne fait pas obstacle à » -, exclut toute incitation à développer des enseignements séparés", affirme le ministère.

"Le gouvernement a créé par son erreur une situation complexe", avait reconnu le président de la commission des Affaires sociales du Sénat, Nicolas About (centriste).



Point de vue
Ecole : la mixité en danger, par Bariza Khiari
Bariza Khiari est sénatrice socialiste de Paris 
Une fois de plus, l'Europe a bon dos. Au nom d'une prétendue directive européenne, le gouvernement français vient de faire adopter par le Parlement, dans un texte de loi destiné à lutter contre les discriminations, une disposition remettant en cause la mixité à l'école. Aucun ministre de l'éducation, aussi réactionnaire fût-il, n'aurait eu "l'audace" d'inscrire dans nos textes, ne serait-ce que par voie de circulaire, la possibilité d'organiser "des enseignements par regroupement des élèves en fonction de leur sexe" sans s'exposer à la foudre des organisations laïques et des syndicats de l'enseignement.

Les directives européennes, que nous avons à transposer dans notre droit national, sont pour la plupart d'inspiration libérale et il nous a souvent fallu batailler ferme pour préserver en France nos spécificités. Or, dans le cas qui nous occupe, l'Europe n'est pas en cause. Aucune des directives européennes à transposer dans ce texte ne touche au champ de l'enseignement, qui reste une compétence strictement nationale.

Dès lors, le gouvernement a menti au Parlement en affirmant, à la tribune de l'Assemblée, que cette dérogation à la mixité à l'école était une exigence de la Commission européenne et qu'on ne pouvait donc s'y soustraire. Au Sénat, tous les groupes parlementaires ainsi que la délégation aux droits des femmes étaient d'accord pour supprimer cette disposition. Or, contre toute attente, le 9 avril, lors de la discussion du texte en séance publique, le gouvernement a maintenu sa position, ordonnant à sa majorité de se plier. Cet épisode parlementaire en dit long sur la liberté de parole et d'amendement de la majorité et augure mal de la façon dont on entend donner plus de pouvoir au Parlement. Il révèle aussi l'influence grandissante des intégristes de tout poil au sein du pouvoir d'Etat.

La mixité est un acquis fragile. Parmi ses détracteurs, trois arguments sont invoqués. Le premier, d'ordre pédagogique, met en évidence le frein que peut constituer la mixité aux performances respectives des filles et des garçons. Le second, d'ordre social, souligne la montée des violences dans les établissements, et notamment des violences sexuelles. Le troisième, que l'on peut classer, faute de mieux, dans la catégorie "morale", déplore l'indécence qu'il y aurait à suivre, pour les garçons et les filles, des cours en commun. La délégation aux droits des femmes du Sénat s'était saisie de cette question en 2004. Elle avait conclu que les réponses aux problèmes soulevés se trouvaient non pas dans la ségrégation, mais dans la formation des enseignants, l'encadrement éducatif, le contenu des manuels scolaires et surtout dans la volonté politique d'accompagner les jeunes femmes dans des choix d'orientations professionnelles dont elles ont tendance à s'auto-exclure.

CONSERVATISME LIBÉRAL

Au-delà de la valeur émancipatrice de la mixité, l'apprentissage du vivre-ensemble commence dès l'école. C'est aussi à ce titre que la mixité est un principe à préserver. Cette remise en cause est une disposition sortie de nulle part et que personne n'a le courage de revendiquer. Rien ne permet d'expliquer la présence de cette mesure alors que tous les protagonistes du débat parlementaire souhaitaient la voir disparaître. Son adoption ne constitue pas un faux pas ou un cafouillage. Au contraire, cette attaque contre la mixité semble issue d'une volonté déterminée, mais non avouée. Elle s'inscrit dans le conservatisme libéral qui caractérise la pensée de M. Sarkozy.

Après avoir affirmé la supériorité du curé sur l'instituteur dans la transmission des valeurs ; après avoir voulu imposer les statistiques ethniques, instrument fort utile pour gommer la question sociale et renvoyer les causes de la délinquance à l'origine ; en donnant maintenant la possibilité de déroger au principe de mixité dans l'éducation, on s'en prend une fois de plus à notre modèle laïque et républicain.

Avec tant d'autres Européens fervents, j'ai combattu les dérives libérales et parfois conservatrices de l'Europe ; là, je ne laisserai pas dire que c'est la faute à Bruxelles ! Laïcité, égalité, mixité... ce continuum, socle de notre modèle républicain ne cesse de subir des attaques comme si, à la tête de l'Etat, on était en train de mettre en place les éléments d'une reconfessionnalisation de la société française.

 

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