alternatives éducatives : des écoles différentes
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I Une école différente ? Pour une société différente ? Qui n'en veut ?! I Des écoles différentes ? Oui, mais ... pas trop |
| L'heure de la... It's time for ... Re-creation | Appel pour des éts innovants et coopératifs |
I Obligation scolaire et liberté I | Une école différente ? Pour une société différente ? Qui n'en veut ?! I

Quelques autres "rubriques", parmi beaucoup d'autres, toujours d'actualité :
les rapports parents-profs, la maternelle à 2 ans, l'ennui à l'école les punitions collectives,  le téléphone portable, l'état des toilettes, le créationnisme...

"réforme du lycée"

Il apparaît aussi que les systèmes scolaires les plus efficaces sont ceux où «la mixité, l'hétérogénéité» des élèves est importante. L'enquête montre également que certains pays – comme la Finlande – réussissent à obtenir de bons résultats quel que soit le milieu d'origine des élèves, alors que ceux qui réussissent en France, en Allemagne ou en Belgique sont plutôt issus d'un milieu favorisé.
«Il n'est pas non plus indispensable de dépenser beaucoup pour réussir»

 


BRITISH WAY OF LIFE

Le "modèle" anglo-saxon,  libéral  ... et blairo-socialiste...

  Les petits rapporteurs : Des municipalités anglaises font appel à des centaines de "junior streetwatchers" ("jeunes gardiens des rues"), dés l'âge de  8 ans, et leur offrent des primes pour les inciter à rapporter des délits "contre l'environnement".

  ÉCOLES ANGLAISES :
Discipline, rigueur et esprit compétitif sont les maîtres mots de la mutation mise en œuvre par le gouvernement travailliste..

   Royaume-Uni : L’uniforme discriminatoire
En imposant un fournisseur unique pour l’achat de l’uniforme, les écoles pratiquent une discrimination à l’encontre des élèves pauvres. 

  Directeur d'école en Grande Bretagne :
« Le métier a beaucoup évolué. Aujourd’hui, on est beaucoup plus responsable,
on a plus de pression, on nous demande plus de résultats. »

  35% des élèves de 11 ans ne savent pas lire.

  Un ado sur cinq ne peut situer son pays sur une carte.

  Ecoles publiques fermées aux pauvres.  Un rapport émis par ConfEd, (une association qui représente les dirigeants du secteur de l’éducation locale) dénonce le manque d’intégrité des processus d’admission dans certaines écoles publiques. Des réunions de "sélection" d’élèves sont organisées, durant lesquelles ne sont admis que les enfants "gentils, brillants et riches".  Ainsi, 70 000 parents n’ont pas pu inscrire cette année leurs enfants dans l’école de leur choix. En écartant les élèves issus de milieux pauvres, ces établissements "hors la loi" espèrent rehausser leur taux de réussite aux examens. 

  ... & Moins de pauvres dans les écoles primaires catholiques.

  Les écoles anglaises pourront être gérées par des "trusts".

  L’école britannique livrée au patronat.  En mars 2000, le Conseil européen de Lisbonne avait fixé comme principal objectif à la politique de l’Union en matière d’éducation de produire un capital humain rentable au service de la compétitivité économique. 

  Le créationnisme aux examens.

   "BAGUE DE VIRGINITE" : Une adolescente anglaise, fille d'un pasteur évangélique, perd son procès en Haute Cour.

  Grande-Bretagne : l'athéisme (bientôt ?) au programme scolaire

  Grande-Bretagne :Les sponsors au secours de l'école

  Empreintes digitales pour les enfants d'une école de Londres. Le Royaume-Uni réfléchit à la mise en place d’une loi pour la création d’un fichier national des enfants de moins de douze ans.

Naître et grandir pauvre en Grande-Bretagne  est encore plus pénalisant que dans d’autres pays développés.

  Un demi-million de «sans-logement». A Londres, un enfant sur deux sous le seuil de pauvreté.

  Un demi-million d'enfants britanniques travaillent "illégalement".

«tolérance zéro» et conditions de détention intolérables. Plus de dix milles jeunes délinquants britanniques sont emprisonnés. «Le bilan du Royaume-Uni en terme d'emprisonnement des enfants est l'un des pires qui se puisse trouver en Europe.»

  Les frais très élevés d’inscription universitaire dissuadent les étudiants issus de familles modestes de s’inscrire en fac.

  De plus en plus d’étudiantes se prostituent ou travaillent dans l’industrie du sexe pour payer les frais d’inscription de leur université.

  Plus de 350 000 Britanniques ont quitté leur île en 2005 pour jouir d'une vie meilleure
Les jeunes Britanniques se voient vivre ailleurs.  Difficulté d' acquérir un logement, hausse de la fiscalité et indigence des services publics, en particulier les transports et le système de soins.

M. Ernest-Antoine Sellière, alors président du patronat français :« Je suis un socialiste britannique »

  Londres, paradis des milliardaires.

  Selon des rapports de l’ONU et de la Banque mondiale :  « Au Royaume-Uni, les inégalités entre riches et pauvres sont les plus importantes du monde occidental, comparables à celles qui existent au Nigeria, et plus profondes que celles que l’on trouve, par exemple, à la Jamaïque, au Sri Lanka ou en Ethiopie .»

  Grande Bretagne :  premier pays où chaque déplacement de véhicule sera enregistré.

  Les Britanniques inventent l'ultrason antijeunes.

Beuark.
Ségolène Royal rend hommage à la politique de Tony Blair.



AMERICAN WAY OF LIFE...
Les « Højskole » ou l’école alternative des Danois
Pas d’examens, un rythme propre à chaque étudiant, un emploi du temps libre : 
les Højskole ("hautes écoles populaires") proposent une éducation hors compétition, et sans diplômes, qui permet à l’élève d’exprimer sa créativité et de vivre en communauté. 
Un laboratoire éducatif « made in Danemark ».
 

par valeria zincone - Brenderup Traduction : Jane Mery - 08/10/09


Quand je lui demande ce que signifie « Højskole », Ole Dedenroth, qui est président d’une école de ce type à Brenderup au Danemark, s’esclaffe. Il pose sa tasse de café en équilibre instable sur la selle de sa bicyclette. Avec son doigt, il trace un mot sur le mur : « inspirer ». Puis se retourne brusquement et ajoute « et s’inspirer ». Selon lui, éducation rime trop souvent avec obligation. Certes, l’école doit être ouverte à tous, c’est un droit et un devoir. Mais pourquoi ne pas l’associer au concept de plaisir et d’amusement ? « Dans les ‘Højskole’, poursuit Ole, on apprend ce que l’on a envie de savoir. On n’assène pas aux étudiants de grandes vérités mais on les aide à utiliser les outils adaptés pour chercher et trouver les réponses à leurs questions. »

« Dans les ‘Højskole’, on apprend ce que l’on a envie de savoir »

Une utopie ? Non ! Le concept des « Højskole » est une anomalie très danoise. Fondées au 19e siècle par l’évêque Grundtvig, ces écoles se basent sur le principe d’« apprendre » par le dialogue et l’interaction sociale. On n’y délivre pas de diplômes pour construire une carrière, mais c’est là qu’on se colle à « la vie » pour intégrer de nouvelles compétences bien sûr ; mais aussi devenir Homme, évoluer en groupe, se développer comme acteur de la vie maniant les valeurs de la démocratie et de l’égalité, et être créatif au quotidien. Les uns enseignant aux autres.

Au programme

Chaque « Højskole » fonde ses enseignements sur des matières bien précises, à forte dominante artistique. A Brenderup par exemple, les étudiants peuvent choisir parmi plusieurs matières fondamentales : musique folklorique, relations internationales, danois ou art. Puis en soutien, plusieurs options sont proposées, notamment une initiation au danois, à l’anglais, des ateliers de débats ou d’autres plus pratiques en design de produits de recyclage, en céramique… Ces matières sont professionnalisantes, mais des journées entières peuvent aussi être consacrées à l’éducation alimentaire ou à « l’amour en toute sécurité ». Des ateliers hebdomadaires sur l’inter-culturalité s’ajoutent à ce programme, et chacun participe ou organise des activités physiques de toutes sortes, football, volley-ball, badminton…

Le droit à l’erreur

Il y a peu de critères pour s’inscrire dans cette école : il faut avoir 17 ans révolus, parler une langue qui permet de communiquer avec tout le monde, le danois ou l’anglais, plus rarement l’allemand. Toutes les nationalités sont les bienvenues. Ces écoles sont privées, mais partiellement financées par l’Etat via les bourses d’études, ou grâce à des fonds versés directement aux écoles. Chaque établissement doit s’assurer qu’une majorité d’étudiants est de nationalité danoise (ou Groenlandais), mais pour le reste l’inscription à une « Højskole » suffit pour faire la demande d’un visa d’étudiant pour les citoyens non européens. L’âge moyen est de 24 ans et les séjours s’échelonnent de 4 à 10 mois. Les étudiants qu’on y rencontre ont des expériences et des projets d’avenir très différents.

« Ici, tu as la possibilité de développer idées et projets. Et tu as aussi le droit de te tromper »

Anne Marie, 19 ans, est allemande. Je l’interroge sur ses motivations. Pourquoi passer quatre mois dans une école de ce genre ? « En juillet, j’ai fini mes études secondaires, me répond-elle, et en Allemagne il est courant de faire une pause d’un an entre le diplôme de fin d’études secondaires et l’entrée à l’université : la fameuse année sabbatique. » Sigmar a, lui, 17 ans. Il est originaire de la lointaine Islande. A la même question, il lance : « Je terminais la dernière année du lycée, et je me suis demandé si l’école d’art était véritablement ce que je voulais faire ‘quand je serai grand’. Alors j’ai décidé de passer quatre mois ici, dans cette école, pour m’assurer que l’art était vraiment ma voie. » A 27 ans, Marco qui est Mexicain, est l’élève le plus vieux, mais aussi le plus ancien : « Ici, tu as la possibilité de développer idées et projets, conclue-t-il, et tu as aussi le droit de te tromper. »



«L'emploi est inscrit dans la scolarité, dès le collège»
Le bonheur d'être danois...
Plusieurs études universitaires montrent que c'est au Danemark que l'on trouve les jeunes Européens les plus heureux. La sociologue Cécile Van de Velde * explique ici pourquoi
 

Le Nouvel Observateur - 10 avril 2008


Le Nouvel Observateur. - En quoi la jeunesse danoise est-elle différente de la jeunesse française ?

Cécile Van de Velde. - Ce qui caractérise la jeunesse danoise, c'est son insouciance. La société dans laquelle évoluent les 20 à 30 ans les autorise à prendre le temps de trouver leur voie par le biais d'une alternance institutionnalisée entre études et emploi. Les Français du même âge vivent cette période dans une forme d'urgence dominée par la crainte de prendre une mauvaise filière. En France, l'idée que tout est joué à 25 ans prévaut. Le choix des études prend une importance primordiale puisque le diplôme reste considéré comme la clé de la réussite à venir. L'intériorisation très forte du poids du diplôme, ajoutée à la peur du chômage, exerce une pression très anxiogène.
Au Danemark, l'emploi est inscrit dans la scolarité dès le collège. Plus de 55% des 15 à 24 ans travaillent, contre 11% chez nous. Les études sont envisagées sur un long parcours entrecoupé de passages en entreprise. On peut avoir un bac+2, s'essayer à plusieurs métiers et retourner à 27 ans à l'université. L'expérience ainsi accumulée compte tout autant que le diplôme et valorise fortement un CV. L'Etat joue un grand rôle dans cette liberté de multiplier les expériences depuis qu'il a opté, dans les années 1980, pour une politique de financement quasi total des études. Dès 18 ans, un étudiant danois bénéficie d'un carnet de bons d'une valeur de 1000 euros chacun qui correspond au coût de six années de formation et que le jeune utilise à sa guise selon qu'il étudie, travaille à temps plein ou partiel. Ces bourses ne sont pas calculées en fonction des ressources familiales, comme en France, où seulement 20% des étudiants bénéficient d'une aide directe de l'Etat.
 

N. O. - L'autonomie financière dont disposent les jeunes Danois les autorise, écrivez-vous, à partir très tôt du foyer parental.
C. Van de Velde. - A 20 ans en moyenne, contre 23 ans en France et 28 en Espagne. Les Danois quittent leurs parents à la sortie du secondaire. Les Français doivent patienter jusqu'à l'obtention d'un diplôme de fin d'études et bien souvent d'un salaire. Ce départ se fait avec beaucoup de naturel au Danemark, car l'arrêt de la cohabitation avec la famille n'est pas vécue comme une rupture symbolique. Les enfants sont même parfois mis à la porte par les parents. Rester chez ces derniers après 20 ans est mal considéré. A 25 ans, seuls 3% des Danois s'y trouvent encore.
 

N. O. - Etre contraint de vivre tardivement chez ses parents participe-t-il au mal-être des Français ?
C. Van de Velde. - Forcément. Ils s'en veulent de ne pas pouvoir se débrouiller seuls. Beaucoup éprouvent aussi un sentiment d'échec et de déclassement par rapport à la génération précédente, qui a eu la possibilité plus précocement d'acquérir son indépendance parce que la scolarité était autrefois moins longue et le marché du travail plus ouvert. Comme les Danois, nos jeunes ont un très fort désir d'autonomie. Ici contrarié par l'impossibilité de vite s'émanciper quand on ne vient pas d'un milieu aisé. L'aide au logement, seule aide attribuée à tous, est surtout utilisée par les classes moyennes car, la somme accordée ne suffisant pas à couvrir la totalité d'un loyer, il faut que les parents aient les moyens de compléter. Ceux qui n'ont m bourse m soutien familial font les frais d'une faille dans le système de protection par l'Etat français des 20 à 25 ans : de l'âge de l'arrêt du versement des allocations familiales à celui - en cas de chômage - du droit d'accès au RM.

N. O. - Les jeunes Danois se disent «en attente» de l'avenir. Les Français envisagent celui-ci avec «appréhension». Pourquoi ce pessimisme ?
C. Van de Velde. - Essentiellement à cause de la différence des systèmes pédagogique et d'encouragement à l'autonomie mis en place par les deux pays. Les Danois ont une vision positive et très ascensionnelle de l'avenir. La possibilité qui leur est donnée de se construire sur une longue durée, sans être sanctionnés en cas d'erreur de parcours, accentue leur confiance en eux et prolonge de fait le temps de la jeunesse. Massivement investis de 18 à 23 ou 24 ans dans des études censées aboutir sur un diplôme et aussitôt après sur un emploi, les Français pensent qu'il leur est interdit de louper le coche. Qu'ils n'auront pas le droit à une seconde chance. D'où cette peur, parfois irrationnelle, de l'avenir.

* Auteur de «Devenir adulte : sociologie comparée de la jeunesse en Europe» (PUF).

Sylvie Véran
Le Nouvel Observateur


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