alternatives éducatives : des écoles différentes
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I Une école différente ? Pour une société différente ? Qui n'en veut ?! I Des écoles différentes ? Oui, mais ... pas trop |
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I Obligation scolaire et liberté I | Une école différente ? Pour une société différente ? Qui n'en veut ?! I

Quelques autres "rubriques", parmi beaucoup d'autres, toujours d'actualité :
les rapports parents-profs, la maternelle à 2 ans, l'ennui à l'école les punitions collectives,  le téléphone portable, l'état des toilettes, le créationnisme...
 
 

Le droit d'apprendre
Ivan Illich dans Une société sans école
proposait, dès les années 70,
une réflexion radicale sur l'échec de l'enseignement à l'école.
Cette dernière, outil d'un Etat,
peut-elle être pensée aujourd'hui autrement
comme il le suggérait il y a trente ans ?

 
 

«Entre show business et rassemblement de secte»

Ségolène Royal rend hommage à la politique de Tony Blair.



BRITISH WAY OF LIFE

Le "modèle" anglo-saxon,  libéral  ... et blairo-socialiste...

  En dix ans, le nombre d’enseignants en Angleterre a augmenté de 10% tandis que celui des assistants (non qualifiés, et 3 fois moins payés) a triplé .

  ÉCOLES ANGLAISES :
Discipline, rigueur et esprit compétitif sont les maîtres mots de la mutation mise en œuvre par le gouvernement travailliste..

   Royaume-Uni : L’uniforme discriminatoire
En imposant un fournisseur unique pour l’achat de l’uniforme, les écoles pratiquent une discrimination à l’encontre des élèves pauvres. 

  Directeur d'école en Grande Bretagne :
« Le métier a beaucoup évolué. Aujourd’hui, on est beaucoup plus responsable,
on a plus de pression, on nous demande plus de résultats. »

  Deux fois plus d’enseignants sont partis en retraite anticipée au cours des sept dernières années. 

  35% des élèves de 11 ans ne savent pas lire.

  Un ado sur cinq ne peut situer son pays sur une carte.

  Ecoles publiques fermées aux pauvres.  Un rapport émis par ConfEd, (une association qui représente les dirigeants du secteur de l’éducation locale) dénonce le manque d’intégrité des processus d’admission dans certaines écoles publiques. Des réunions de "sélection" d’élèves sont organisées, durant lesquelles ne sont admis que les enfants "gentils, brillants et riches".  Ainsi, 70 000 parents n’ont pas pu inscrire cette année leurs enfants dans l’école de leur choix. En écartant les élèves issus de milieux pauvres, ces établissements "hors la loi" espèrent rehausser leur taux de réussite aux examens. 

   Selon l'OCDE, les écoles privées britanniques ont les meilleurs résultats au monde : FAUX !

  ... & Moins de pauvres dans les écoles primaires catholiques.

  Les écoles anglaises pourront être gérées par des "trusts".

  L’école britannique livrée au patronat.  En mars 2000, le Conseil européen de Lisbonne avait fixé comme principal objectif à la politique de l’Union en matière d’éducation de produire un capital humain rentable au service de la compétitivité économique. 

  Le créationnisme aux examens.

   "BAGUE DE VIRGINITE" : Une adolescente anglaise, fille d'un pasteur évangélique, perd son procès en Haute Cour.

  Grande-Bretagne : l'athéisme (bientôt ?) au programme scolaire

  Grande-Bretagne :Les sponsors au secours de l'école

  Empreintes digitales pour les enfants d'une école de Londres. Le Royaume-Uni réfléchit à la mise en place d’une loi pour la création d’un fichier national des enfants de moins de douze ans.

Naître et grandir pauvre en Grande-Bretagne  est encore plus pénalisant que dans d’autres pays développés.

  Un demi-million de «sans-logement». A Londres, un enfant sur deux sous le seuil de pauvreté.

  Un demi-million d'enfants britanniques travaillent "illégalement".

«tolérance zéro» et conditions de détention intolérables. Plus de dix milles jeunes délinquants britanniques sont emprisonnés.  «Le bilan du Royaume-Uni en terme d'emprisonnement des enfants est l'un des pires qui se puisse trouver en Europe.»

  Les frais très élevés d’inscription universitaire dissuadent les étudiants issus de familles modestes de s’inscrire en fac.

  De plus en plus d’étudiantes se prostituent ou travaillent dans l’industrie du sexe pour payer les frais d’inscription de leur université.

  Plus de 350 000 Britanniques ont quitté leur île en 2005 pour jouir d'une vie meilleure
Les jeunes Britanniques se voient vivre ailleurs.  Difficulté d' acquérir un logement, hausse de la fiscalité et indigence des services publics, en particulier les transports et le système de soins.

M. Ernest-Antoine Sellière, alors président du patronat français :« Je suis un socialiste britannique »

  Londres, paradis des milliardaires.

  Selon des rapports de l’ONU et de la Banque mondiale :  « Au Royaume-Uni, les inégalités entre riches et pauvres sont les plus importantes du monde occidental, comparables à celles qui existent au Nigeria, et plus profondes que celles que l’on trouve, par exemple, à la Jamaïque, au Sri Lanka ou en Ethiopie .»

  Grande Bretagne :  premier pays où chaque déplacement de véhicule sera enregistré.

  Les Britanniques inventent l'ultrason antijeunes.

   De plus en plus de mineurs hospitalisés pour des problèmes d'alcool. Le nombre de mineurs hospitalisés en Angleterre pour avoir trop bu a augmenté de 20% en un an.



AMERICAN WAY OF LIFE...

   "Je t'aime, Alex" : 4 mois de redressement.

Lourde peine pour une écolière amoureuse.
Une jeune fille de 12 ans ayant écrit «Je t’aime Alex» sur les murs d’une école, a été envoyée pour 4 mois dans un établissement "accueillant" des élèves "en difficulté". Parmi de nombreuses autres jolies colonies de vacances du même type : Tranquillity bay". gérée par la WWASP (patronnée par le professeur Skinner, le père de la psychologie comportementaliste).

Pour 3000 dollars par mois, il promet de transformer ces récalcitrants en citoyens dociles et travailleurs.



Les écoles publiques en Californie :
"Sodome et Gomorrhe" !

USA 2008 :"dans le Milwaukee, il n'y a pas eu de miracle" (Sol Stern).
LES CHÈQUES "ÉDUCATION" : L'ÉCHEC.
Depuis une bonne vingtaine d'années, ici aussi, le "chèque éducation" (ou "bon scolaire") - en anglais "voucher" -
fait partie d'un blabla yakaiste au sujet des indispensables réformes, "simples, urgentes et radicales", disent-ils, du système scolaire...
L'un des plus fervents promoteurs du chèque-éducation aux USA, Sol Stern, vient de faire brusquement volte-face en affirmant, constats à l'appui, que le voucher n’avait "pas du tout amélioré le système public".
Après avoir depuis longtemps réclamé, soutenu et contribué au développement des vouchers et des charter schools, Sol Stern pointe les défauts et les insuffisances du voucher. Il cite, entre autres, l’expérimentation de Milwaukee, première ville aux États-Unis à adopter, en 1990, un programme "chèque éducation".



«Tout le monde est pour la mixité sociale. Mais pour les autres.»

Le droit d'apprendre
Ivan Illich dans Une société sans école proposait, dès les années 70, une réflexion radicale sur l'échec de l'enseignement à l'école.
Cette dernière, outil d'un Etat,
peut-elle être pensée aujourd'hui autrement
comme il le suggérait il y a trente ans ?

Des écoles différentes
Des collèges et des lycées différents ?
Oui, mais ... pas trop !
Statiques universitaires-fonctionnaires ou camelots très agités ont en commun, depuis deux bonnes décennies radoteuses sur l’échec scolaire, l’art et la pratique du piratage et de son exploitation en produits dérivés et contre-faits.
NON, les écoles différentes ne sont pas les écoles parallèles (à quoi ?), souvent mortes-nées, dont tout le monde parle depuis 30 ans sans jamais (vouloir) savoir de quoi il s’agit/s’agissait : alternativement synonymes de "dernière chance", de "pas mal, ... pourles autres", le terme étant souvent affublé de "post-soixanthuitardes" par tous ceux parvenus, et  qui en sont revenus sans y être jamais allés; précédé de «ça marginalise un peu, quelque part, au niveau de la socialisation, quand même, non ?» ou suivi de «qu’est-ce que ça serait bien si qu'on en ferait une».

« Main basse sur l'école publique »
L'Éducation Nationale est accusée de « fabriquer des crétins » et d'entretenir le « chaos pédagogique », l'insécurité et le chômage. Eddy Khaldi et Muriel Fitoussi dévoilent la signification de ces mesures : des associations de libéraux et de catholiques conservateurs proches du Front national et de l'Opus Dei sont à l'origine de ces propositions.
Au nom de la liberté de choix, on prépare une privatisation de l'Éducation.

« LA FRATERNITÉ RELÈVE DE L'ORDRE MORAL »
 

Christian Delporte est spécialiste de l'histoire des médias et du journalisme, il est professeur en histoire contemporaine à l'université de Versailles, et auteur d'une Histoire de la langue de bois (Flammarion). 
Il revient pour Charlie sur des voeux présidentiels placés sous le signe de la "fraternité".
 

CHARLIE HEBDO: Étonnant de voir Nicolas Sarkozy reprendre un terme rendu célèbre par Ségolène Royal... 

CHRISTIAN DELPORTE: Le phènomène n'est pas aussi étonnant que vous le dites. D'abord, parce que l'un et l'autre ont fait une campagne sur la notion de « valeurs », des valeurs en définitive peu éloignées les unes des autres. Patrie, Ordre, Travail .. . Ce qui me frappe, moi, en tant qu'historien, c'est qu'on parle «valeurs» quand on ne parle plus politique. Quand l'absence de projets devient patente, on se rabat sur la morale. C'est un grand classique de l'histoire politique. 

Reconnaissez qu'en dehors de Ségolène Royal le mot n'a guère conquis la gauche, quelle qu'elle soit ... 

C'est évident. Ségolène Royal elle-même a compris les profondes réticences de son propre camp. La liberté est un droit, l'égalité aussi. Mais, si on y réfléchit bien, il n'y a pas plus flou que la fraternité. 
C'est une obligation qui relève de l'ordre moral, avec une nette connotation chrétienne, d'où sa non-utilisation par la gauche, qui lui a toujours préféré logiquement la notion de justice. Quand la gauche parle de fraternité, c'est toujours dans un cadre non partisan, comme quand la LDH [Ligue des droits de l'Homme] organise un concours de poèmes sur ce thème, etc. Le fonds marxisant de la gauche française a toujours été un frein à son utilisation. 

Le mot « fraternité» est peu utilisé en politique, il est toujours accolé à « liberté» et « égalité », et dans ce cas, il évoque bien sûr la devise de la République. Et le voilà utilisé seul désormais, en quelque sorte monté en épingle. 

L'utilisation du mot « fraternité» hors contexte républicain nous vient de l'extrême droite, plus précisément du poujadisme. Dans les années 1956-1958, leur journal s'appelait Fraternité, et leur groupe parlementaire « Union et Fraternité française ». Aujourd'hui, on retrouve ce mot dans l'univers frontiste, l'association du FN d'aide aux nécessiteux s'appelle « Fraternité française », terme que l'on retrouve dans le chapitre 8 du programme du MNR. Pour le MNR comme pour le FN, il s'agit d'assimiler la France à une famille. A une famille de « Français », évidemment. 

Politiquement, à quoi répond l'utilisation de ce mot, ici et maintenant, dans le cadre solennel des vœux, et par les plus hautes autorités du pays? 

Son utilisation dans le discours présidentiel du 31 décembre répond à un double objectif. Évacuer la notion d'égalité du débat politique, notion qu'il a toujours pris soin d'accoler à un vieil épouvantail de la droite, « l'égalitarisme ». Cette obsession se ressentait parfaitement dans le discours qu'il a prononcé à Bercy à la fin de sa campagne présidentielle. L'égalité, c'est placer les citoyens au même niveau, ce qui n'est pas, c'est le moins que l'on puisse dire, l'essence du sarkozysme. Sarkozy lui préfère de loin la notion d'équité, qui lui permet d'introduire au cœur du débat un thème qui lui est cher, le « mérite ». 
Vous remarquerez que le « mérite » est aussi flou politiquement que la « fraternité ». 
L'autre intérêt de l'introduction du mot fraternité dans le débat est de sortir par le haut du piège de l'identité nationale. Comment mieux occulter l'explosion de dérapages xénophobes, visible sur le site du ministère? On va beaucoup entendre parler de «fraternité» dans les semaines qui viennent, pour éteindre l'incendie. 

Au-delà de l'usage conjoncturel que vous décrivez, l'utilisation de ce mot peut-il laisser des traces dans la mémoire collective? 

Je le pense. Accoler Fraternité à Liberté et Egalité est tout sauf neutre. La fraternité sert à lier entre elles ces deux notions antagonistes que sont la liberté, qui fait appel à l'histoire individuelle, et l'égalité, démarche collective. Seule, je le répète, la fraternité ne signifie pas grand-chose, et la monter ainsi en épingle en la séparant des deux autres n'a aucun sens en République. 

Propos recueillis par Anne-Sophie Mercier 
Charlie Hebdo - 6 janvier 2010

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