alternatives éducatives : des écoles différentes
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I Une école différente ? Pour une société différente ? Qui n'en veut ?! I Des écoles différentes ? Oui, mais ... pas trop |
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I Obligation scolaire et liberté I | Une école différente ? Pour une société différente ? Qui n'en veut ?! I

Quelques autres "rubriques", parmi beaucoup d'autres, toujours d'actualité :
les rapports parents-profs, la maternelle à 2 ans, l'ennui à l'école les punitions collectives,  le téléphone portable, l'état des toilettes, le créationnisme...
| Appel pour des éts innovants et coopératifs |
 

"Homeschooling" :
mercredi 29 novembre : après le Sénat,
les députés ont adopté l'article 9 de la loi prévention délinquance
prévoyant, entre autres,
le contrôle des enfants inscrits à des cours par correspondance.
"Les enfants soumis à l'obligation scolaire qui reçoivent l'instruction dans leur famille
[ y compris dans le cadre d'une inscription dans un établissement d'enseignement à distance ]
sont dès la première année, et tous les deux ans, l'objet d'une enquête de la mairie compétente,
uniquement aux fins d'établir quelles sont les raisons alléguées par les personnes responsables,
et s'il leur est donné une instruction dans la mesure compatible avec leur état de santé et les conditions de vie de la famille. (...)"
La première lecture du projet de loi s'est achevée vendredi 1 décembre
avant de repartir pour le Sénat pour une deuxième lecture.
Les explications de vote et le vote par scrutin public sur le présent projet de loi auront lieu mardi 5 décembre,
après les questions au Gouvernement, à 9 heures 30.
 
 
 

OBLIGATION SCOLAIRE & "LIBERTÉ D'ÉDUQUER"
1995 - 2006 :
une décennie de commissions, rapports, lois, décrets et circulaires

"/.../ Il ne s'agit pas non plus de sanctionner les quelque centaines de parents qui font le choix d'éduquer eux-mêmes leurs enfants, dès lors qu'ils le font dans l'intérêt réel de ceux-ci : les pouvoirs publics ont le devoir  de s'en assurer.
Il nous est proposé un bon compromis entre ces deux aspects de l'obligation scolaire.

Mais je voudrais appeler votre attention sur les enfants scolarisés par le CNED, le centre national d'enseignement à distance.
Cet établissement étant public, il ne fait l'objet d'aucun contrôle.
Or, dans certains cas, le recours à l'enseignement par correspondance sert à soustraire les enfants à l'obligation scolaire. Il serait particulièrement utile de fixer les critères justifiant un recours à l'enseignement à distance et de contrôler, par exemple, l'invocation de la "phobie scolaire" sur simple certificat médical. Il nous faudra être vigilants, car les sectes sont très promptes à utiliser toutes les failles du contrôle. /.../


 
  ennui

Élèves décrocheurs, décrochés, découragés, révoltés...

120.000 collègiens casqués,
150.000 appareillés,
330.000 humiliés publiquement...
...1.890.000 mastiqueurs-ruminants...
(sur une population d'environ 3 millions de "collègiens")

"A bout de souffle, perclus d'habitudes obsolètes, notre enseignement secondaire s'enfonce dans la grisaille. L'ennui des élèves dans cette affaire n'est qu'un symptôme parmi d'autres, comme la violence à l'école ou l'absentéisme. Des symptômes significatifs d'une inadaptation profonde du système scolaire face aux besoins de culture et de savoir de la population actuelle."
École : le coût de l'ennui
par Paulette Maillard

ON DIRAIT QU'ILS S'ENNUIENT ...

L'ennui à l'école,
l'une des causes de la violence scolaire

Absentéisme à l'école : 100 000 collégiens fantômes

École : le coût de l'ennui

Absentéisme scolaire : les mesures déjà prises
"...C'est souvent un révélateur, on ne peut pas le réduire à la délinquance, ni au seul problème des parents démissionnaires",(Gérard Aschieri, secrétaire général  FSU)

ALLERGIES SCOLAIRES
Seine-Saint-Denis : près de 1.000 élèves pas rentrés de vacances
Irlande : L’école buissonnière

France : l'absentéismetouche 5% en moyenne des collégiens et lycéens
L'absentéisme scolaire touche d'abord les quartiers défavorisés
Enseignants et proviseurs ont également relevé une "forte augmentation depuis 5 ou 6 ans" d'adolescents exerçant un petit boulot le soir et renonçant à se lever le matin pour aller en cours. 
Loin du baby-sitting ou de l'encadrement de centres aérés le mercredi, c'est "un vrai travail qui est pris en charge par les jeunes", tel que le service dans des fast-food ou la livraison de pizzas...

Absentéisme scolaire :
5  % des élèves et 10  % en lycée professionnel
8,5 % des enseignements ne sont pas assurés en collèges et lycées 

Absentéisme : 5% des collégiens et lycéens selon le ministère.
Plus les établissements ont des effectifs importants, plus l'absentéisme augmente, à catégorie sociale de la population scolaire égale.

École sans issue pour élèves hors-circuit
La déscolarisation toucherait 1 % des collégiens en France. Exclus pour indiscipline oumal orientés, ils quittent le système sans qualification
"... aucun milieu n'est protégé. Aux côtés des enfants du voyage, des primo-arrivants ou des gamins confrontés à des contextes familiaux en miettes, des enfants issus de milieux favorisés sortent aussi du système ..."

La FCPE réservée sur les mesures de prévention de l'absentéisme scolaire
"comment convaincre les parents de l'importance de suivre assidûment tous les cours lorsque tout au long de l'année, ils sont confrontés à tant d'heures de cours non remplacées?" "Certains rectorats n'assurent les remplacements qu'au-delà de trois semaines, voire un mois d'absence et non seulement les cours ne sont pas assurés mais les élèves sont renvoyés chez eux ou dans la rue".

L'Etat condamné pour le non-remplacement de professeurs absents.
Haute-Garonne : plainte de parents pour non remplacements de professeurs.Viry-Châtillon : Des parents attaquent en justice l'absence d'un prof.

 Violences scolaires, absentéisme : l'école et la police au diapason pour "éradiquer ce cancer".

  humiliations

dans la dernière enquête de l’OCDE, à la question 
«vous sentez-vous bien en classe?»,
moins d’un jeune Français sur deux répond «oui».
C’est le plus mauvais score des 41 pays sondés.
Il faut bien l’admettre.
D’autres font beaucoup mieux que nous
avec des méthodes moins brutales.

C’est en France que les élèves souffrent le plus !

L'enquête Pisa menée dans différents pays de l'OCDE
montre que nos élèves sont champions du monde de l'inhibition et qu'ils craignent de répondre aux questions ouvertes, celles dont la réponse n'est pas dans le cours. 
Par peur des sarcasmes ?

L'humiliation des élèves, reflet des carences pédagogiques françaises
L'humiliation des élèves va souvent de pair avec une méconnaissance de leurs droits, pourtant renforcés par un décret de juillet 2000.
Et les règlements intérieurs des établissements scolaires se déclinent surtout en termes d'obligations, constate Pierre Merle.

Pierre Merle, sociologue, regrette que les classes soient souvent des zones de non-droit:
«Humilier, une forme d'autorité très usitée»
Il est fréquent que les élèves se sentent humiliés.
Une enquête statistique avait montré que
50 % des collégiens estimaient avoir été humiliés par un enseignant.

Vifs débats entre les délégués de classe et les élus du conseil général
- « Nous ne voulons plus des toilettes à la turque »
- "Plus tard ..."

  sanctions
 

Ecole: des sanctions sans appel à la pelle
Deux études font état d'une explosion des exclusions définitives, notamment en collège, souvent au détriment de réponses alternatives.

Fillon rétablit la punition collective à l'école
La dernière circulaire de l'Éducation nationale, parue hier au Bulletin officiel du ministère, fait bondir les syndicats de parents d'élèves.
Le texte que dénoncent les deux principales fédérations, la FCPE et la PEEP, remet en selle la «sanction collective»officiellement bannie des principes de l'Éducation depuis plusieurs années.
Faire de la punition collective sans le dire, donc.
Voire en affirmant le contraire.

"un précédent très préoccupant au moment où s'élabore la future loi d'orientation."
Non au retour des punitions collectives !
Communiqué de presse de la FCPE du 27 octobre 2004

La punition collective : un non-sens éducatif et un déni de droit
CEMEA, CRAP-Cahiers pédagogiques, DEI-France (Défense des enfants international), Education & Devenir, FCPE, FERC-CGT, FOEVEN (Fédération des oeuvres éducatives et de vacances de l'Education nationale), GFEN (Groupe français d'éducation nouvelle), ICEM-Pédagogie Freinet (Institut coopératif de l'école moderne), Ligue de l'enseignement, Ligue des droits de l'Homme, OCCE (Office central de la coopération à l'école), SNPDEN-UNSA, UNL sont signataires de ce texte.

Les parents d'élèves (FCPE  & PEEP) s'opposent au rétablissement de la punition collective

Punitions collectives: "une source de conflit" pour l'Unapel

Les lycéens dénoncent la punition collective comme "source d'injustice"

Punitions collectives: le Snes-FSU dénonce le risque d'"abus"

Mais quel vent rétrograde souffle sur le ministère ?
À quand le cachot ?

On n’instruit pas dans le chantage aux punitions.
L’enjeu est bien en effet, à l’école, d’articuler l’instruction du savoir et l’institution de la loi et,si le droit est bien la structure de nos libertés,
il serait temps qu’un ministre ne soit pas le premier à l’enfreindre par des décisions inspirées par la peur.Bernard Defrance

 " Éducation ":avec Fillon on punit en vrac, on cause ensuite

On croise plus d'avocats en conseil de discipline dans les centre-villes... que dans les Z.E.P.
Pour le "gosse de riche" qui fumait un joint dans les W.C., le conseil de discipline s'est plutôt bien terminé. Pour le jeune garçon à l'origine d'une bagarre, l'expérience n'a pas été concluante.
Leurs deux avocats témoignent.

Les proviseurs expriment leur "ras-le-bol"
 Il n'est "pas rare qu'un élève convoqué en conseil de discipline vienne accompagné d'un avocat"

élimination

A l'école des parcours choisis
L'école d'aujourd'hui non seulement ne forme pas tous les citoyens pour les tempêtes futures de leur vie professionnelle, mais de surcroît elle favorise les naufrages précoces.
Si les inégalités se creusent, si l'ascenseur social est en panne, c'est aussi que notre système scolaire continue à produire trop d'échec.
Au lieu d'assurer à chaque élève une réussite, il continue à fonctionner sur cette exclusion progressive que l'on appelle, par un abus de langage d'une grave inconséquence, «orientation». 

scoop :
Le but de de notre "système éducatif" ?
Repentie, la D.E.P. avoue tout.La suite : aux "assises" de l'éducation...?La D.E.P. (Direction de l'Évaluation et de la Prospective) au ministère de l'Education nationale, a été longtemps dirigée par Claude Thélot. Nommé par Lionel Jospin, ce haut fonctionnaire a servi quatre ministres successifs de 1990 à 1997, et mis en place la plupart des outils d'évaluation utilisés aujourd'hui .
 

  violences


COMPTES D'APOTHICAIRES
Les établissements recensant le plus de violences réunis dans un classement
quelques surprises, notamment le score relativement peu élevé des incidents en Seine-Saint-Denis. 
Mais c'est également dans ce département que les chefs d'établissement font le moins preuve de zèle dans le recensement des actes avec un taux de non-réponse de 23 %, contre 6 % de moyenne nationale.

Philippe Guittet, secrétaire général du SNPDEN-Unsa, premier syndicat de chefs d'établissements:
"Pour nous, Signa est mort" "C'était un outil pour prévenir la violence, pas pour faire un palmarès".

Impasses
Les conseils de discipline tournent à plein, avec pour objectif quasi avoué de se séparer des éléments les plus incontrôlables, quitte à les remplacer par d'autres, par un système d'échange plus ou moins tacite entre établissements.
Ce parti répressif révèle les impasses de l'école d'aujourd'hui, sa difficulté à trouver les modes de régulation et de médiation capables d'enrayer le phénomène.

Reformatage
Création de 34 "internats de réussite éducative" pour collégiens

Une pierre dans l'internat vitrine de Sarkozy à Nanterre
A la rentrée, il y avait des caméras tous les jours au collège. 
Les internes se croyaient à la Star Ac

Inserm : la violence scolaire ordinaire progresse et s'indifférencie.
augmentation importante de la violence rurale et de la violence dans les quartiers ou établissements autrefois préservés

Notre pays se distingue par une montée de la violence anti-institutionnelle plus forte qu'ailleurs. 
Une des impasses françaises réside également dans le fait que l'établissement scolaire est déconnecté de la communauté de voisinage. Or, la proximité de l'école par rapport au quartier est un des points forts de la lutte contre la violence scolaire.
Nous sommes au contraire dans une crispation identitaire de l'institution, des enseignants. 
Plus qu'ailleurs, ceux-ci expriment une méfiance à l'égard des parents d'élèves.
Au lieu d'avoir une action commune, on recherche un coupable.
On se prive ainsi des meilleurs alliés possibles.

Agir contre les discriminations dénonce l'existence de ségrégations ethniques à l'Ecole
par la formation de "classes ethniques" dans lesquelles les enfants au noms étrangers sont regroupés.

Violence à l'école : "immense démagogie mondiale sur le sujet"
(Eric Debarbieux - 3e Conférence internationale sur la violence à l'école  )

"Aveu d'impuissance" ou "faiblesse éducative", un rapport décrit la maltraitance à l'école
Brutalités et harcèlement physique et psychologique exercés sur des enfants par des personnels du ministère
(rapport de Nicole Baldet - octobre 2004)

Depuis cinq ans, 
les enfants à l'école sont «dépistés», «repérés», «surveillés», «évalués», «signalés»
Les enfants terribles
Leur nombre aurait doublé en dix ans

LES ENFANTS TURBULENTS RELEVENT-ILS DE LA MEDECINE ?

Trouble des conduites
chez l’enfant et l’adolescent
Une expertise collective de l’Inserm
Le Rapport complet : à télécharger 1,6Mo en pdf
Le "dossier de presse" : env. 100 ko en pdf

Des enfants sages sur ordonnance
"on demande aujourd'hui à la psychiatrie un truc très simpliste, de rabotage des comportements"

Pas de zéro de conduite pour les enfants de trois ans
Appel en réponse à l’expertise INSERM sur le trouble des conduites chez l’enfant

Les tout-petits pris dans le tout-sécuritaire
Mobilisation contre le rapport de l'Inserm qui veut détecter les futurs délinquants chez les jeunes enfants. 
Et dont Nicolas Sarkozy s'inspire pour son projet de loi.

Il ne reste plus qu´à mettre un képi à tout le monde, et à construire encore plus de nouvelles prisons,
pour "prévenir la délinquance".
Comme les juges perdont, en cas de récidive, toute faculté de choix de la sanction, comme aux Etats-Unis, on peut espérer atteindre rapidement le taux d´incarcération américain, 
qui, rapporté au nombre d´habitant, est 8 fois plus élevé que le taux français.

Monsieur le Président,
je vous fais une lettre,
que vous lirez peut-être,
si vous avez le temps ...
Des élèves de BEP expliquent les violences dans une lettre à Jacques Chirac
"On est venu chercher nos parents et grands parents, 
ils ont construit les cités et la France,
et maintenant vous voulez nous jeter"! 

Les contrôles policiers devant les lycées contestés par certains,
... approuvés par d'autres
Ajouter de la sécurité autour des lycées, je crois que personne ne s'en plaindra",
a estimé le président socialiste de la région Ile-de-France Jean-Paul Huchon sur France-Info. Expliquant que sa région a financé des équipements vidéo pour surveiller les lycées
«... la vidéo c'est superbien, il faut en mettre partout»,
dit-on au conseil régional d'Ile-de-France...

"Nous sommes scandalisés par l'utilisation de la lutte contre la violence à des fins médiatiques et de petite publicité mesquine", affirme le syndicat lycéen FIDL.
"Le spectacle ne peut tenir de politique.
Si le gouvernement souhaite lutter contre la violence, ce ne sont pas les cameras des journalistes et les photos d'un ministre dans la presse qui changeront la situation
mais le rétablissement, par exemple des 5.600 postes d'encadrement supprimés par ce même gouvernement"
Ecoles : 8.000 policiers,
un peu de shit

Mais là où l'intention est bonne, pourquoi se fourvoyer dans une gesticulade à grand spectacle, avec policiers et CRS en tenue, l'arme à la hanche, parfois accompagnés de chiens et pratiquant le cas échéant la fouille au corps ? N'est-ce pas plutôt le signe d'une faillite terrible de devoir mobiliser les forces de l'ordre pour rétablir la tranquillité dans certaines écoles ?
Jusqu'où la politique d'éducation d'une nation comme la France a pu faillir
pour aboutir à cette extrémité ?

Très chers enfants
Qui refuserait de donner toutes ses chances à son gamin ?
«Cette situation est à l’origine d’une grande violence sociale, la violence de la pauvreté»
La police observe une forte poussée de la petite délinquance (racket, dépouille, casses) depuis l’arrivée des portables.
«Les vols ont explosé après 1998. Dans la capitale, une plainte sur deux pour vol avec violence concerne un vol à l’arraché de portable.
Aujourd’hui nous en sommes à 27 000 depuis janvier.»
Autre conséquence moins visible, l’émergence d’un marché noir et d’une société de la débrouille.

Justice des mineurs
le vrai défi de ce début de siècle,
«c'est de ne pas se laisser fasciner par une politique qui répondrait au seul slogan :
plus vite et plus fort».

Les jeunes des quartiers difficiles ne voient du «modèle social français» qu'une grise prison.
Piégés par la République
par Didier LAPEYRONNIE et Laurent MUCCHIELLI

Haschisch au collège: exclusion immédiate
Quatre élèves de Colombes renvoyés, alors que la police n'a pas bouclé son enquête.
"Pour rassurer l'ensemble des parents d'élèves, le conseil de discipline a pris la décision d'exclure définitivement les jeunes. Sans évoquer aucune autre sanction à valeur éducative.
Le conseil de discipline était posé comme un simple préalable à l'exclusion définitive"

La police derrière la porte du proviseur
Menottés et emmenés dans une voiture de police stationnée dans l'enceinte de l'établissement.
Pour une vitre brisée.
Quatre heures de garde à vue, fouille anale.
Pour Roger Chudeaud, inspecteur d'académie de l'Essonne, «les choses se sont passées comme elles doivent se passer».

La FSU dénonce des lois privilégiant la répression des jeunes

En occultant une réelle analyse des viols collectifs,
le "scénario" des tournantes a banalisé les "lectures culturalistes"
et les "simplismes réservés à l'extrême droite", 
affirme Laurent Mucchielli
 

"d'un côté, des moyens de communication très développés et, de l'autre, l'adolescent renvoyé à son extrême solitude"



  parents

usagers usagés

TOUJOURS PLUS ?!

DE PLUS EN PLUS CRITIQUES 
ET DE PLUS EN PLUS INQUIETS


(couverture du magazine "Le Point")

Enfants "malades de l'école"
la phobie scolaire tend à s'élargir
 

--afp--08 11 06---- - Du petit enfant nostalgique de sa maman à l'adolescent en révolte contre l'école, le concept de "phobie scolaire", appelé de préférence aujourd'hui "refus scolaire", tend à s'élargir, reflétant l'évolution de la société.

La prévalence du refus scolaire varie autour de 2% des enfants scolarisés en primaire et au collège, selon une communication présentée mardi par le Pr Marie-Christine Mouren, pédopsychiatre (Robert-Debré - Paris), devant l'Académie nationale de médecine.

Les pics de fréquence se situent entre 5 et 7 ans (début de la scolarité primaire), vers 11 ans (entrée au collège) et à partir de 14 ans. La survenue tardive du trouble est un facteur aggravant de même que sa prise en charge tardive, a indiqué le Pr Mouren.

"Le refus scolaire se voit plus fréquemment dans la préadolescence que dans l'enfance", souligne le Pr Mouren, alors que ses conséquences "sont d'autant plus délétères que celui-ci survient tardivement".

Ce sont en fait souvent des enfants qui ont souffert de "troubles de l'apprentissage parfois passés inaperçus" et dont "la scolarité a été marquée par l'échec", explique-t-elle.

Les parents ne sont pas forcément les mieux placés pour détecter le trouble, le dépistage étant surtout l'affaire des différents professionnels de l'école (chefs d'établissement, conseillers d'éducation, infirmières scolaires...). Les médecins généralistes ont aussi un rôle de premier plan, puisque les enfants leur sont souvent adressés en première intention, notamment pour des plaintes somatiques (maux de tête, de ventre...).

Le concept de refus scolaire évolue: si l'accent a d'abord été mis sur des facteurs intrapsychiques, comme la dépendance psychologique à la mère, les facteurs externes entrent maintenant en ligne de compte. Changement d'établissement, incidents (harcèlement, racket...), peuvent être des "facteurs précipitants". "L'école n'est plus obligatoirement un lieu de sécurité", souligne le Pr Mouren.

Les troubles anxieux comme l'angoisse de la séparation, la phobie simple (peur d'un camarade, de la cantine...), la phobie sociale (peur de la moquerie, de la critique...), sont plus fréquents chez les enfants et les pré-adolescents, indique-t-elle. Le trouble anxieux peut passer longtemps inaperçu lorsque son installation est progressive.

Les troubles du comportement (refus des ordres, vandalisme, agressions... ) s'accompagnent souvent d'absentéisme scolaire et se retrouvent davantage chez les adolescents.

"L'enfant doit absolument retourner à l'école", insiste le Pr Mouren, ce qui implique généralement une "alliance" entre les thérapeutes et la famille et les enseignants. La rescolarisation peut être programmée, s'étaler sur plusieurs semaines, l'essentiel est qu'"elle amène l'enfant à retourner à l'école".

Le Pr Mouren estime que "l'attitude de la famille est un facteur essentiel de la pérennité ou non du trouble", soulignant que des parents peuvent "installer l'enfant dans son refus" en lui organisant une vie adaptée: accès aux jeux vidéo, achat d'animaux de compagnie, cours par correspondance...

Au Japon, où le refus scolaire est en constante augmentation depuis 1960, des centaines de milliers de jeunes vivent aujourd'hui enfermés chez eux: ce sont les "hikikomori" ou "socialement exclus".



Quand le refus de l'école devient une maladie
Christine Ducros - Le Figaro -  08 01 2007
La cause de la phobie de l'école n'est pas facile à déterminer. Mauvais résultats, racket, difficultés à établir des relations, sentiment justifié ou non d'exclusion... tout est possible pour ces enfants.

 Pour 2 à 3 % d'enfants atteints de phobie scolaire, prendre le chemin de l'école est un calvaire. À l'hôpital Robert-Debré, des spécialistes tentent de leur redonner l'envie d'apprendre.

SACRÉ FARCEUR de Charlemagne. Sûr qu'en inventant l'école, il n'a jamais imaginé qu'il serait, un jour, le cauchemar de tant d'écoliers. Pourtant, à la veille de la reprise des cours, ils sont nombreux à fulminer contre lui. Louis est de ceux-là. Élève de sixième, il prend quotidiennement le chemin de l'école la mort dans l'âme. « Au collège, je suis mal pendant les récréations. Je suis encore plus mal quand je vais au tableau, j'ai toujours peur que quelqu'un se moque de moi », chuchote-t-il, dans un souffle.

« Il n'a jamais beaucoup aimé l'école, mais depuis son entrée au collège tout s'est aggravé, confie sa mère. Il ne fait pas du cinéma. Il a les mains moites au moment de partir, son coeur s'emballe. Parfois, ses crises de panique sont si violentes que je préfère le garder à la maison », reconnaît-elle. Aujourd'hui, elle a décidé d'aller chercher de l'aide à l'hôpital Robert-Debré, à Paris. Ici, dans ce grand bâtiment blanc qui ressemble à un drôle de paquebot planté en bordure du périphérique parisien, on soigne d'ordinaire les petits corps ma­lades. Dans le service du Pr Marie-Christine Mouren et du docteur Marie-France Le Heuzey, on accueille de plus en plus souvent des enfants pétris d'angoisse : des gamins malades de l'école. Un trouble pris très au sérieux qui n'a rien à voir avec le banal vague à l'âme d'une collégienne qui n'aime pas son prof de maths ou d'un bon élève qui panique à la veille d'un contrôle de physique.

Stressés par un rythme qui n'est pas le leur, perturbés par des parents qui les poussent à l'excellence ou par des camarades qui les malmènent, ces enfants vivent l'école comme un calvaire. L'enfer de leur vie au quotidien. Il n'y a pas d'âge pour sombrer dans cet engrenage. « Le refus d'aller à l'école intervient parfois très tôt, en maternelle, quand la séparation avec la maman est difficile, au CP quand les écoliers entrent à la grande école, mais aussi au collège et même au lycée », affirme Marie-France Le Heuzey, qui travaille depuis trente ans sur le sujet.

Ne pas céder au chantage

La cause n'est jamais facile à déterminer, explique-t-elle. Mauvais résultats, racket, difficultés à établir des relations, sentiment justifié ou non d'exclusion... tout est possible. Une chose est sûre : la phobie scolaire affecterait de 2 à 3 % des enfants.

« Ce refus anxieux de l'école », comme disent les spécialistes, n'est pas soudainement apparu à l'aube du XXIe siècle. Simplement, il s'ag­grave. Vraisemblablement parce que les parents qui ont eux-mêmes une angoisse à l'égard de l'échec scolaire de leurs enfants exercent sur eux une pression trop forte. « Les enfants n'ont plus droit à l'erreur. Dès qu'ils collectionnent trois ou quatre mauvaises notes, c'est le drame, alors certains ne se sentent plus à la hauteur des espérances de leur famille. Ils craquent, et décrochent », observe un professeur de sciences physiques. Le malaise n'est pas toujours détecté rapidement. « Souvent, quand les enfants nous arrivent, ils ont été déscolarisés pendant des semaines, parfois des mois », observe Marie-France Le Heuzey. Au départ, relève cette spécialiste, les parents patientent, ils veulent croire que la crise d'angoisse est passagère. « Il faut leur dire de ne jamais prendre le malaise de leur écolier à la légère, conseille-t-elle, mais ils ne doivent pas céder au chantage d'un enfant qui promet que, dans une semaine, tout ira mieux et qu'il retournera en classe. Ce n'est pas vrai. Il inventera de nouvelles stratégies d'évitement pour se détourner toujours plus du chemin de l'école. »

Car la phobie scolaire n'a rien à voir avec l'école buissonnière. Elle relève d'un trouble du comportement. À l'hôpital Robert-Debré, des enfants sont parfois hospita­lisés de longues semaines. Une équipe les aide à reprendre confiance. Elle les ramène progressivement à l'école. D'abord dans une discipline que les enfants affectionnent, pour qu'ils y prennent du plaisir.

Certains ne se remettent jamais complètement de leur malaise d'hier. François, aujourd'hui informaticien, en fait partie. Il a été un écolier malheureux. Comme tétanisé pendant des années. « La gorge nouée, je passais mes journées à l'infirmerie, je n'avais pas d'amis. Ce n'est qu'à l'entrée au lycée que j'ai commencé à me sentir moins mal. Il me semblait que j'étais moins jugé. » Le fait même de repenser à cette époque lui donne, dit-il, « des frissons » quinze ans plus tard. En cinquième, l'angoisse chevillée au corps, il avait même réussi à ne pas aller à l'école pendant près de deux semaines. « Ma phobie de l'école m'avait donné des ailes. J'appelais chaque matin le principal en prenant la voix de mon père pour annoncer l'aggravation d'une supposée longue maladie, se souvient-il, je passais mes journées à traîner dans les rues. Forcément, un jour, mes parents ont découvert mon stratagème. Ça a été terrible. »
 

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