alternative éducative : une école différente
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2011
école autrement, école alternative, école différente ...
Une autre école est-elle possible ?

Quelques autres "rubriques", parmi beaucoup d'autres, toujours d'actualité :
les rapports parents-profs, la maternelle à 2 ans, les punitions collectives, l'état des toilettes, le téléphone portable, le créationnisme...
  

ON DIRAIT QU'ILS S'ENNUIENT ...

"A bout de souffle, perclus d'habitudes obsolètes, notre enseignement secondaire s'enfonce dans la grisaille. 
L'ennui des élèves dans cette affaire n'est qu'un symptôme parmi d'autres, comme la violence à l'école ou l'absentéisme. 
Des symptômes significatifs d'une inadaptation profonde du système scolaire face aux besoins de culture et de savoir de la population actuelle."
École : le coût de l'ennui
par Paulette Maillard

Dans la dernière enquête de l’OCDE, à la question «vous sentez-vous bien en classe?»,
moins d’un jeune Français sur deux répond «oui».
C’est le plus mauvais score des 41 pays sondés.
Il faut bien l’admettre.
D’autres font beaucoup mieux que nous  avec des méthodes moins brutales.

C’est en France que les élèves souffrent le plus !
Et s’il fallait retenir un seul critère pour caractériser une école qui marche?
  Le plaisir d’être élève.
Sur ce dernier point, la France détient le record du mal-être à l’école
avec seulement 45% des élèves se sentant à leur place en classe,
contre 81% en moyenne dans les pays de l’OCDE.
Un score - referendum ? - qui en dit long sur le chemin qui reste à parcourir pour rendre notre école efficace, performante et plus juste.
L'enquête Pisa menée dans différents pays de l'OCDE montre que nos élèves sont champions du monde de l'inhibition
et qu'ils craignent de répondre aux questions ouvertes, celles dont la réponse n'est pas dans le cours.
Par peur des sarcasmes ?

L'humiliation des élèves, reflet des carences pédagogiques françaises
L'humiliation des élèves va souvent de pair avec une méconnaissance de leurs droits, pourtant renforcés par un décret de juillet 2000. Et les règlements intérieurs des établissements scolaires se déclinent surtout en termes d'obligations, constate Pierre Merle,
sociologue, regrettant que les classes soient souvent des zones de non-droit:
«Humilier, une forme d'autorité très usitée»
Il est fréquent que les élèves se sentent humiliés.
Une enquête statistique avait montré que 50 % des collégiens estimaient avoir été humiliés par un enseignant.

Absentéisme scolaire :
5  % des élèves et 10  % en lycée professionnel
8,5 % des enseignements ne sont pas assurés en collèges et lycées

Absentéisme : 5% des collégiens et lycéens selon le ministère
Plus les établissements ont des effectifs importants, plus l'absentéisme augmente,
à catégorie sociale de la population scolaire égale

ALLERGIES SCOLAIRES
Seine-Saint-Denis : près de 1.000 élèves pas rentrés de vacances

France : l'absentéismetouche 5% en moyenne des collégiens et lycéens
L'absentéisme scolaire touche d'abord les quartiers défavorisés
Enseignants et proviseurs ont également relevé une "forte augmentation depuis 5 ou 6 ans"
d'adolescents exerçant un petit boulot le soir et renonçant à se lever le matin pour aller en cours.
Loin du baby-sitting ou de l'encadrement de centres aérés le mercredi,
c'est "un vrai travail qui est pris en charge par les jeunes", tel que le service dans des fast-food ou la livraison de pizzas...

Absentéisme à l'école : 100 000 collégiens fantômes

École : le coût de l'ennui

Absentéisme scolaire : les mesures déjà prises
"...C'est souvent un révélateur, on ne peut pas le réduire à la délinquance, ni au seul problème des parents démissionnaires",
(Gérard Aschieri, secrétaire général  FSU)

La FCPE réservée sur les mesures de prévention de l'absentéisme scolaire
"comment convaincre les parents de l'importance de suivre assidûment tous les cours lorsque tout au long de l'année, ils sont confrontés à tant d'heures de cours non remplacées?" "Certains rectorats n'assurent les remplacements qu'au-delà de trois semaines, voire un mois d'absence et non seulement les cours ne sont pas assurés mais les élèves sont renvoyés chez eux ou dans la rue"
L'Etat condamné pour le non-remplacement de professeurs absents.
Haute-Garonne:plainte de parents pour non remplacements de professeurs.
Viry-Châtillon : Des parents attaquent en justice l'absence d'un prof.

30/01/04 : Luc Ferry dit non aux forces de l'ordre à l'école
17/03/04 : Violences scolaires, absentéisme : l'école et la police au diapason pour "éradiquer ce cancer"
Décrochage scolaire
Californie : Près d'un lycéen sur 4 "décroche" entre 15 et 18 ans
(rapport du State Department of Education - 7 juillet 2008)

France :  École sans issue pour élèves hors-circuit
Nouvelle "Innovation" innovante  (Académie de Créteil - Rentrée 2008-2009)
Pour les décrocheurs- ou déjà "décrochés" - de plus de 16 ans : une annexe (3 classes d'une douzaine d'élèves) au lycée polyvalent Jean Macé de Vitry (1.500 élèves, classé en "zone prévention violence")

École sans issue pour élèves hors-circuit
La déscolarisation toucherait 1 % des collégiens en France.
Exclus pour indiscipline oumal orientés, ils quittent le système sans qualification
"... aucun milieu n'est protégé. Aux côtés des enfants du voyage, des primo-arrivants ou des gamins confrontés à des contextes familiaux en miettes, des enfants issus de milieux favorisés sortent aussi du système ..."

École buissonnière aux USA et en Angleterre
MALGRÉ AMENDES ET PRISON (pour les parents)
LES CHIFFRES AUGMENTENT TOUJOURS
 
 
 

Élèves décrocheurs, décrochés, découragés, révoltés...

120.000 collègiens casqués,
150.000 appareillés,
330.000 humiliés publiquement...
...1.890.000 mastiqueurs-ruminants...
(sur une population d'environ 3 millions de "collègiens")

Aujourd'hui, les misérables se multiplient, de chômage en RMI, et avec eux, les bienfaiteurs. 
Que prétendent faire les seconds ? 
La morale aux enfants de pauvres. Se laver, bien se tenir, entrer sans casquette sur la tête, etc. 
Très bien. 
Mais, comme le dit Alain, il y a un siècle, «comment voulez-vous que la sagesse se soutienne quand elle se bat tous les jours avec des soucis qui renaissent tous les jours comme la tête de l'hydre ?» 
En résumé, «il y a des discours qui vous restent dans les dents»
Beaucoup de professeurs le savent.

Alain, sauveur des cancres
Une étude officielle montre l'inutilité du redoublement brut
Le redoublement frappe par son "caractère massif".
Il touche "tous les milieux sociaux" à l'exception notable des enfants d'enseignants qui présentent un risque deux fois moins élevé que les enfants d'employés de service ou d'ouvriers non qualifiés de redoubler.

 La France détient le record mondial des redoublements
alors qu'elle dépense davantage pour ses collèges et lycées que la moyenne des pays de l'OCDE

Elèves absents, décrocheurs, décrochés...
1% des 3,25 millions de collégiens que compte la France seraient déscolarisés.
Ce phénomène s'opère le plus souvent entre 14 et 16 ans.
Les filles sont presque autant concernées que les garçons.
5% des élèves du second degré sont absents plus de quatre demi-journées par mois.
La moitié des collèges et lycées ayant participé à l'enquête «la Déscolarisation» comptabilisent 2 % d'élèves absentéistes, mais un sur dix en enregistre 15 %.
Le décrochage scolaire, qui désigne les jeunes en voie de déscolarisation, touche 8% d'une classe d'âge, soit 60 000 jeunes par an en France,
selon une étude de l'Education nationale en 2001.

   France :  Nouvelle "Innovation" innovante  (Académie de Créteil - Rentrée 2008-2009)
Pour les décrocheurs- ou déjà "décrochés" - de plus de 16 ans : une annexe (3 classes d'une douzaine d'élèves)

Les 16-18 ans en France et en Europe
Entre 16 et 18 ans, les jeunes dépourvus de diplôme et qui ne sont plus en formation voient leur insertion immédiate et future durablement compromise.

Le fond de la classe au premier rang
Ils ne sont pas là tout à fait par hasard. Leur scolarité a été une longue suite d’échecs, souvent dès le CP.
Habitués des fonds de classe, la plupart ont acquis la conviction qu’ils étaient nuls, tout juste bons à faire le pitre ou à tenir tête au principal pour exister.



Vote de la loi de prévention de la délinquance :
l'Assemblée renforce la lutte contre l'absentéisme à l'école
et étend le contrôle de "l'obligation scolaire" aux élèves inscrits à des cours à distance,
y compris ceux agréés par l'Education nationale (CNED et cours privés)
(homeschooling, instruction en famille, école à la maison, éducation à domicile, etc...)


BRITISH WAY OF LIFE

Le "modèle" anglo-saxon,  libéral  ... et blairo-socialiste...
 

  ÉCOLES ANGLAISES :
Discipline, rigueur et esprit compétitif sont les maîtres mots de la mutation mise en œuvre par le gouvernement travailliste..

   Royaume-Uni : L’uniforme discriminatoire
En imposant un fournisseur unique pour l’achat de l’uniforme, les écoles pratiquent une discrimination à l’encontre des élèves pauvres. 

  Directeur d'école en Grande Bretagne :
« Le métier a beaucoup évolué. Aujourd’hui, on est beaucoup plus responsable, on a plus de pression, on nous demande plus de résultats. »

  Deux fois plus d’enseignants sont partis en retraite anticipée au cours des sept dernières années. 

  35% des élèves de 11 ans ne savent pas lire.

  Un ado sur cinq ne peut situer son pays sur une carte.

  Ecoles publiques fermées aux pauvres.  Un rapport émis par ConfEd, (une association qui représente les dirigeants du secteur de l’éducation locale) dénonce le manque d’intégrité des processus d’admission dans certaines écoles publiques. Des réunions de "sélection" d’élèves sont organisées, durant lesquelles ne sont admis que les enfants "gentils, brillants et riches".  Ainsi, 70 000 parents n’ont pas pu inscrire cette année leurs enfants dans l’école de leur choix. En écartant les élèves issus de milieux pauvres, ces établissements "hors la loi" espèrent rehausser leur taux de réussite aux examens. 

   Selon l'OCDE, les écoles privées britanniques ont les meilleurs résultats au monde : FAUX !

  ... & Moins de pauvres dans les écoles primaires catholiques.

  Les écoles anglaises pourront être gérées par des "trusts".

  L’école britannique livrée au patronat.  En mars 2000, le Conseil européen de Lisbonne avait fixé comme principal objectif à la politique de l’Union en matière d’éducation de produire un capital humain rentable au service de la compétitivité économique. 

  Le créationnisme aux examens.

   "BAGUE DE VIRGINITE" : Une adolescente anglaise, fille d'un pasteur évangélique, perd son procès en Haute Cour.

  Grande-Bretagne : l'athéisme (bientôt ?) au programme scolaire

  Grande-Bretagne :Les sponsors au secours de l'école

  Empreintes digitales pour les enfants d'une école de Londres. Le Royaume-Uni réfléchit à la mise en place d’une loi pour la création d’un fichier national des enfants de moins de douze ans.

Naître et grandir pauvre en Grande-Bretagne  est encore plus pénalisant que dans d’autres pays développés.

  Un demi-million de «sans-logement». A Londres, un enfant sur deux sous le seuil de pauvreté.

  Un demi-million d'enfants britanniques travaillent "illégalement".

«tolérance zéro» et conditions de détention intolérables. Plus de dix milles jeunes délinquants britanniques sont emprisonnés.  «Le bilan du Royaume-Uni en terme d'emprisonnement des enfants est l'un des pires qui se puisse trouver en Europe.»

  Plus de 350 000 Britanniques ont quitté leur île en 2005 pour jouir d'une vie meilleure
Les jeunes Britanniques se voient vivre ailleurs.  Difficulté d' acquérir un logement, hausse de la fiscalité et indigence des services publics, en particulier les transports et le système de soins.

  Selon des rapports de l’ONU et de la Banque mondiale :  «Au Royaume-Uni, les inégalités entre riches et pauvres sont les plus importantes du monde occidental, comparables à celles qui existent au Nigeria, et plus profondes que celles que l’on trouve, par exemple, à la Jamaïque, au Sri Lanka ou en Ethiopie.»

  Les Britanniques inventent l'ultrason antijeunes.

   De plus en plus de mineurs hospitalisés pour des problèmes d'alcool. Le nombre de mineurs hospitalisés en Angleterre pour avoir trop bu a augmenté de 20% en un an.
 

Beuark.
Ségolène Royal rend hommage à la politique de Tony Blair.



AMERICAN WAY OF LIFE...

Lycées, collèges de Californie :
Près d'un élève sur 4 "décroche" entre 15 et 18 ans

(rapport du State Department of Education - 7 juillet 2008)
L'ennui à l'école,
l'une des causes de la violence scolaire
Lundi 13 janvier 2003 - Le Monde
 
 85 % des jeunes enseignants se disent confrontés au manque d'intérêt des
élèves, et un colloque du Conseil national des programmes doit se pencher,
mardi 14 janvier, sur l'ennui à l'école. Auparavant, on s'ennuyait poliment.
Aujourd'hui, le chahut a laissé la place à des comportements plus agressifs.

Les élèves – une partie d'entre eux au moins – s'ennuient à l'école. 
Le constat est probablement aussi vieux que l'école elle-même, partagé par des
générations successives d'élèves qui n'ont attendu qu'une seule chose : que
des cours jugés interminables s'achèvent enfin ! La nouveauté, c'est que
l'institution s'en préoccupe et choisisse d'en faire un thème de débat. Le
Conseil national des programmes (CNP), chargé de donner des avis sur le
contenu des enseignements, organise un colloque mardi 14 janvier à Paris sur
"la culture scolaire et l'ennui" pour amorcer une réflexion sur le sujet.
L'éducation nationale pouvait-elle d'ailleurs éviter ce questionnement ?
 

Un élève qui s'ennuie est un élève qui décroche, donc potentiellement
perturbateur. L'intéresser, donner plus de sens aux enseignements apparaît
essentiel dans un contexte où la lutte contre les incivilités est devenue une
priorité. Mais comment faire ? "L'école doit-elle résister à la frénésie du
ludique ou s'adapter au règne du divertissement ?", résume, sous forme
d'interrogation, le CNP, qui a rassemblé des philosophes, des sociologues et
des chercheurs en sciences de l'éducation pour répondre à la question.
 
 

"ABSENCE DE DÉSIR"

Car il est évident que l'ennui, s'il a toujours existé, s'est transformé.
"Les élèves avaient appris à s'ennuyer poliment. Ce qui a changé, c'est que
les élèves l'expriment aujourd'hui dans un langage qui n'est pas scolairement
acceptable", explique Philippe Meirieu, chercheur en sciences de l'éducation,
aujourd'hui directeur de l'IUFM de Lyon. Le chahut a laissé la place à des
comportements plus provocants, plus agressifs. L'ennui s'affiche, il est
devenu plus "ostensible", selon l'expression de Philippe Meirieu, qui cite
l'usage de walkman, le maquillage, la lecture de magazines en plein cours. Du
même coup, les professeurs le vivent sans doute plus difficilement. 85 % des
jeunes enseignants se disent ainsi confrontés régulièrement au manque
d'intérêt des élèves, selon une enquête réalisée pour le SNES en mars 2001.
33 % des professeurs de tout âge placent le manque de motivation comme la
principale difficulté dans leurs relations avec les élèves, selon une autre
enquête rééalisée pour le SNES en mars 2002.
 

Les élèves eux-mêmes ne manquent pas de signaler la profondeur de leur ennui,
lorsqu'on le leur demande. A l'occasion de la consultation sur les savoirs au
lycée, organisée par Claude Allègre en 1998, les lycéens avaient ainsi fait
part de leur "absence de désir". Certaines matières avaient recueilli tous
les suffrages, signe du désintérêt des élèves : la grammaire, la géologie,
les dates en histoire, les vecteurs en mathématiques sont, pour les élèves,
des disciplines qui "endorment", selon leurs propres mots. La critique
portait également sur certaines activités. 72 % des élèves citaient les
efforts de mémorisation comme particulièrement rébarbatifs, 61 % l'étude de
phénomènes trop éloignés dans le temps ou l'espace de leur mode de vie, 58 %
l'étude de disciplines jugées secondaires.
 
 

"ENFANTS DE LA TÉLÉCOMMANDE"

"Pour les élèves, la vie est ailleurs", résume Jacques Birouste, professeur
de psychologie, auteur d'une enquête sur l'ennui des lycéens technologiques.
"Ils ont souvent le sentiment de passer d'une classe à une autre, d'une
explication à une autre sans faire de lien. Ils ressentent cela comme une
forme d'atomisation des connaissances", souligne le chercheur, en insistant
sur l'absence de "rapport libidinal au savoir".
 

L'école n'est pas restée inerte face au désintérêt des élèves. Au collège,
par exemple, les itinéraires de découverte visent explicitement à réveiller
l'attention des élèves en sortant des découpages disciplinaires
traditionnels. Au lycée, les travaux personnels encadrés (TPE) sont conçus
pour permettre une "pédagogie active", l'élève étant amené à conduire un
projet autour d'un thème qui l'intéresse. Au sein des disciplines, le recours
aux nouvelles technologies réussit à rendre attractives les matières a priori
les plus rebutantes. Au primaire, l'introduction de la littérature de
jeunesse, aujourd'hui officiellement recommandée dans les nouveaux
programmes, touche des élèves qui autrement risqueraient de rester
insensibles à la lecture. Les manuels eux-mêmes se sont transformés pour être
plus lisibles, mieux hiérarchisés.
 

Toute la difficulté réside dans le fait que l'ennui est moins bien accepté
qu'auparavant. Il est devenu, selon le CNP, "le péché capital de l'âge
contemporain".
 

"Nous sommes face à des enfants de la télécommande. Ils ne supportent pas de
ne pas pouvoir agir", explique Philippe Meirieu. "La culture scolaire s'est
historiquement construite en opposition avec la famille et la religion.
Aujourd'hui, il faut ajouter un autre concurrent : la culture médiatique, qui
est fondée sur la rapidité, les loisirs", analyse Gilles Lipovetsky, membre
associé du CNP et professeur de philosophie. Or, pour le philosophe, "l'école
est le temps de la lenteur", le contraire du "zapping", ce qui rend l'ennui
"inévitable".
 

L'ennui, l'ascétisme, l'austérité comme passages obligés ? Philippe Meirieu
relève que le débat a toujours traversé le milieu enseignant, divisé entre
tenants de la "pédagogie de l'exercice" – pour lesquels la répétition, même
fastidieuse, est formatrice – et défenseurs de la "pédagogie de l'intérêt"
– pour lesquels le travail scolaire doit d'abord partir de l'élève. Le débat
traverse en réalité chaque professeur. "Cette tension est féconde. Un bon
maître est celui qui est capable de travailler sur les deux registres, celui
de l'intérêt des élèves, celui de la rigueur et de la concentration",
souligne le chercheur.
 

Pour cette raison, Luc Ferry ne fait pas de la "chasse à l'ennui" une
priorité. Le ministre de l'éducation nationale, qui avoue s'être lui-même
"énormément ennuyé" à l'école, distingue un "bon" et un "mauvais" ennui.
"La culture scolaire n'est pas faite pour être divertissante. Certains
apprentissages sont difficiles", explique-t-il pour justifier l'absence de
désir dans certaines disciplines, certaines activités. "C'est l'ennui lié à
l'absence de sens qu'il faut combattre. Lorsque l'élève ne voit pas la
signification de ce qu'il apprend, lorsqu'il a un sentiment d'empilement des
connaissances, cela me paraît fâcheux", affirme-t-il. Plus que la recherche
d'activités ludiques, la réflexion sur l'ennui appelle donc un travail sur le
sens des enseignements.
 

Luc Bronner

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